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 Quand petit déj' rime avec survie [Tess]

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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Ven 2 Aoû - 15:55

Bon… En fait, il avait pas prévu de me laisser dans la voiture. J'avais mal vu. Alors quand on retournait à la voiture, bah… J'ai fait profil bas et je récupère mon sac pour le mettre sur mes épaules à mon tour. Je n'avais pas pensé qu'il viendrait récupérer les affaires ensuite. Je n'étais qu'une grosse débile. Comment j'avais pu croire qu'il me laisserait dans la voiture ? J'ai gardé la tête basse tout le long, sans rien dire, tenant les bretelles de mon sac au creux de mes mains. Et puis il avait sa fierté et j'avais la mienne, ça va de soi. Je l'ai laissé passer devant pour monter les escaliers, suivant sans grande détermination. Après tout, c'était lui, l'adulte non ? J'avais dû dire un truc qui lui avait pas plu. Sûrement le truc sur son âge, du fait qu'il avait l'âge d'être mon père. Les adultes détestent qu'on leur rappelle que ce ne sont plus des ados. C'est sûrement ça. Mais dans ce cas-là, sans vouloir le vexer ? Ce qu'il peut être susceptible.

Les deux chambres étaient côte à côte et ça me rassurait. De toute ma vie, je crois que jamais je n'avais été seule. Mes parents partaient rarement en vacances sans moi et quand j'avais la maison pour moi seule, c'était l'histoire d'une nuit ou deux et j'invitais ma meilleure amie. Je crois même pas que ce soit que je n'aime pas être seule ou que ça me fait peur, je pense simplement que ça ne s'est jamais... produit. Mais bon, pour une fois, être seule ne pouvait pas me faire de mal, pas vrai ? J'ai été étonnée qu'il me demande si ça allait aller. Comme s'il lisait dans mes pensées. J'ai pincé les lèvres et j'ai acquiescé en mettant la main sur la poignée de la porte. J'ai relevé les yeux sur lui à sa deuxième question. J'avais besoin de tout un tas de trucs mais est-ce qu'il pourrait y faire quelque chose ? J'en doutais. J'ai légèrement souri et j'ai secoué la tête pour le remercier.

_ Ca ira, merci. Bonne nuit.

J'ai poussé la porte et l'aie refermée derrière moi. Je crois qu'en fait, ça pouvait être mal interprété. Mais je crois aussi que j'avais envie d'essayer. D'être seule pour une nuit, essayer de m'en sortir... "seule". C'est ça, l'impression que j'avais, finalement. Je pense que ça commençait doucement à m'atteindre, toute cette histoire, que, au fil des jours, c'était de moins en moins une fiction qui arrivait à quelqu'un d'autre que moi. C'était de plus en plus réel. En poussant un profond soupir, j'ai laissé mon sac tomber près de la porte en regardant le lit. Un lit. Avec une couverture et des coussins. L'odeur était bizarre et les couleurs carrément pré-guerre mondiale mais c'était... Un lit. Alors je me suis laissée tomber dessus, sautant légèrement dessus pour en apprécier le côté moelleux.

Laisse-moi te dire un truc. T'auras beau être exténué, le plus fatigué des hommes, tu auras beau avoir prié pour un lit, un vrai, en te disant "Cette nuit, je vais enfin dormir comme un roi" avec l'espoir même, de fou, de t'endormir propre après une douche, frais, il n'en sera rien. Ton corps se sera finalement habitué à ton lit de merde de fortune, comprendre ici, la banquette arrière d'une bagnole volée. Mais tu vois, je me suis couchée en me disant "chouette, enfin je vais bien dormir, 8h d'affilée, une vraie princesse. Et puis le silence m'a gagnée. La télé ne marchait pas, je n'entendais pas Neil de l'autre côté. Alors au bout d'un moment, je me suis dit que j'allais dormir, que de toute façon, on n'était là que pour la nuit. Et puis ça m'éviterait de réfléchir. Je détestais être seule, en fait. Je le découvrais. Ce silence, cette nuit noire... Dormir ! Et il n'y paraîtrait rien.

Finalement, il ne m'aura pas fallu beaucoup de temps pour sombrer. Ce qui, dans mon conscient zarbie, m'a rassurée, en fait ! Je le saurai que plus tard mais il ne se passera que deux ou trois heures où j'ai cru que je dormais paisiblement, d'un sommeil réparateur. Et alors les images ont commencé à se former. Un bar, une sorte de comptoir métallique, un road house, plus précisément. J'ai vu une femme avec un fusil et je me suis mise à courir. Je pouvais pas m'arrêter et chaque fois que j'ouvrais une porte censée donner dehors, je me heurtais à l'intérieur du restaurant, ou des cuisines, ou des toilettes. Bref, j'évoluais dans une boucle sans fin. Pis à un moment donné, j'ai vu Neil se mettre à courir lui aussi. J'ai voulu le suivre mais quelqu'un ou quelque chose me retenait par les bras. Alors je me suis mise à hurler quand j'ai vu Neil ouvrir une porte qui donnait dehors. Il n'allait tout de même pas laisser ici, pas vrai ! Il ne pouvait pas me laisser toute seule, c'était injuste ! Je lui avais rien fait ! Je ne cessais plus de me débattre, je voulais qu'on arrête de me retenir, Neil ne pouvait pas me laisser toute seule ici, je connaissais rien à ce monde, je venais à peine de naître, de sortir de l'enfer des hôpitaux, je voulais qu'il m'apprenne la vie, pas qu'il me l'enlève en me laissant ici. Et quand il est tombé, j'ai vu un homme brandir une arme vers lui, prêt à l'exécuter comme un chien. J'ai hurlé le nom de Neil pour qu'il fasse attention, comme s'il ne l'avait pas vu et là, je me suis vue. Je suis entrée dans mon propre champs de vision, une arme à la main et je visais non pas Neil mais l'homme qui le menaçait. Et j'ai tiré. Une balle dans la tête, un véritable perfect. Mais sur mon visage, aucune expression. J'ai baissé mon arme et j'ai regardé l'homme tomber raide mort. Dans l'absurdité de la situation, je crois même avoir ressenti... du plaisir.

Je sais que je hurlais pour de vrai parce que c'est ça qui ma réveillée.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Dim 18 Aoû - 21:11


    A peine quelques mots et elle avait disparue dans sa chambre, en fermant la porte derrière elle. Je crois qu’une sorte de boule s’est formée dans le creux de mon estomac à ce moment précis. Ça me ramène en arrière quand, avec ma propre fille, la vraie, je me disputais pour des conneries avant leur de se coucher et que je refusais catégoriquement qu’on se quitte de cette manière : ne jamais s’endormir en étant fâché l’un contre l’autre. Une règle qu’on avait établie avec ma femme, qui nous avait plutôt bien réussie jusqu’à ce qu’on m’enlève tout ça. S’endormir fâché contre quelqu’un, j’avais toujours trouvé ça horrible, on ressasse, on dort mal, on voit les choses autrement et pas forcément de la bonne façon et on finit par se dire qu’il faut laisser cette histoire de côté. Au final, il ne reste qu’une rancœur sourde, enfouie quelque part au fond de soi et ce n’est pas ce qu’on fait de mieux.

    Tess n’est pas ma fille, je suis loin d’être celui que j’avais été alors, malgré cette boule que je maudis déjà, je détourne le regard de cette porte close et je m’enfonce dans ma propre chambre. C’est plus fort que moi, je ne peux pas m’en empêcher, je regarde le simple mur qui nous sépare. Et dire que cet enfoiré de superman est capable de voir à travers les murs et que je dois simplement me contenter d’éventuels bruits qu’elle pourrait faire. Rien. Je m’inquiète, je prends sur moi, je me résonne, je me force à rester dans cette piaule plutôt que d’aller vérifier que quelque chose se passe mal. Qu’est-ce qui pourrait aller de travers, hein ?

    Je tourne en rond. Je suis claqué mais je n’arrive pas à dormir, c’est horrible. J’ai juste envie de défoncer ce putain de mur, de voir par moi-même qu’elle dort bien, que tout va pour le mieux. La situation est presque ridicule, je soupire, je me relève et je passe doucement la porte de sortie. Direction l’accueil, ça m’emmerde de m’éloigner de la chambre de Tess mais, finalement, c’est mieux pour elle. Faut que je la laisse vivre, que je la laisse seule et que j’arrête de m’inquiéter à chaque seconde qui passe. Mieux, il faut que je fasse en sorte qu’elle ne voit pas que je m’inquiète. J’allais la laissé à sa famille, à un moment ou à un autre alors… Alors… Ma façon de faire était la bonne. Me revoilà devant la femme de l’accueil, qui me regarde presque compatissante, je me tâte à lui faire ravaler ses dents mais, je prends sur moi, je souris, elle me demande si j’ai besoin de quelque chose.

    Je crois bien que ça lui a pris plus de trente minutes pour revenir avec l’objet poussiéreux. Un walkman, qu’un client avait oublié il y a longtemps, que personne n’avait réclamé et, la vieille qui n’en rate pas une pour se faire du fric me sort un prix hallucinant pour que je puisse l’avoir. En d’autres circonstances, je l’aurais envoyé se faire foutre, je lui aurais incrusté le baladeur dans le front pour voir si elle faisait de la musique en ouvrant la bouche mais, là… Putain j’avais besoin de ce truc, je sors l’argent, j’arrive à négocier des piles neuves et je fini par me casser de là, réprimant cette envie de l’encastrer dans le mur quand elle me dit que c’est un plaisir de faire affaire avec moi. Connasse !

    J’ai quand même vérifié que ça fonctionnait, une cassette était dedans avec la voix rocailleuse d’un type qui se voulait hypnotiseurs. Fallait écouter sa voix, ses paroles et il promettait qu’on finirait par s’endormir. Je sors la cassette du lecteur et la fou dans la première poubelle que je trouve. Des conneries tout ça. Je traine un peu, je bloque devant le distributeur en me demandant, comme un con, ce qu’à le droit de bouffer Tess ou pas là-dedans. J’y comprends rien moi à ses aliments à la con. Encore une preuve qu’elle serait mieux dans sa famille. Doucement je remonte les marches qui mènent vers le palier ou se trouve nos chambres, foutant le walkman dans la poche arrière de mon jean. Il me reste cinq marches, avalée en un rien de temps, quand je l’entends hurler mon prénom.

    Mon cerveau imagine forcément que des types sont là, je ne sais pas comment mais je n’ai pas le temps de me poser des questions. Je suis devant sa piaule en trop peu de temps pour avoir le temps de réfléchir à quoique ce soit. Le coup d’épaule que je file – parce que je ne veux pas perdre de temps à ouvrir la porte de manière conventionnelle, si jamais elle l’avait verrouillée. – suffit à ouvrir la porte. Mon regard se porte d’abord sur elle, dans son lit, puis autour. Personne. Mauvais rêve. Je ne prends toujours pas le temps de respirer que je suis déjà auprès d’elle, ce n’est que là, quand je comprends qu’elle n’a rien que je prends conscience que je n’avais pas respiré depuis que je l’avais entendu m’appeler.

    Hey Tess, tout va bien, j’suis là.

    Je ne sais pas ce que j’ai fait mais je me retrouve assis, sur le bord de son lit merdique, une main sur le côté de son visage. Acte complètement involontaire, irréfléchi, si j’avais pu le faire j’aurais jamais fait ça. Mais la panique, la peur, ce que vous voulez avait agi à ma place, j’étais juste inquiet et j’avais agi au lieu de réfléchir. En y repensant, plus tard, au calme, je me trouverais sûrement débile d’avoir agi aussi spontanément mais là, sur le coup, l’inquiétude empêchait toute réflexion, prudence ou envie de paraitre distant et froid. Une vraie connerie. Pour le moment j’ai juste envie de la rassurer, de lui faire comprendre qu’elle ne craint rien et, putain sur je dois dormir sur une moquette crasseuse pour ça et bien… Ce n’était qu’un détail après tout alors, ouais, je le ferais.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Lun 19 Aoû - 18:28

Impossible de reconnaître la réalité. J'étais tellement plongée que l'idée même que tout ça puisse être un rêve ne me venait pas à l'esprit. C'est seulement quand mon corps m'a entendu crier que mon esprit a décidé de me sauver et de me sortir de là. Ca et... Neil défonçant ma porte de chambre. J'ai poussé un nouveau cri en songeant que les hommes venaient encore une fois pour moi. Mais je suis restée figée là, le front trempé à fixer la silhouette de cette homme découpé à travers la lumière de la lune. J'étais à bout de souffle, encore groggy par mon cauchemar. je me serais battue bec et ongle s'il n'avait pas posé sa main sur mon visage. Jamais je ne les aurais laissés me prendre sans me battre, même si je valais rien avec mes poings. Il semblait que j'étais même plus douée avec un pistolet. Mais sa main sur ma joue... Ma poitrine s'est soulevée et ressoulevée en essayant de retrouver mon air pour respirer. Je devais être rouge et trempée de sueur quand j'ai levé des yeux perdus yeux sur lui. Je le voyais mieux maintenant alors... j'ai sauté à son cou.

Des rêves comme ça, j'en avais jamais fait. En fait, j'étais même pas sûre de me souvenir avoir un jour même fait un cauchemar. J'avais l'air de bien prendre tout ce qui m'arrivait mais je crois qu'en fait, mon inconscient, lui, il me chiait une pendule du genre méga sévère. Les yeux ronds parce que toutes les images étaient restées gravées dans ma mémoire, se mélangeant à la réalité, j'étais encore terrifiée par ce que j'avais vu et ce que j'avais fait, mes bras tremblant serrant Neil contre moi. Lequel protégeait l'autre, j'en savais rien. Je savais juste que je découvrais à quel point j'avais peur de le perdre, lui. J'ai dégluti, peinant difficilement à retrouver mon souffle, le coeur cognant fortement contre ma poitrine.

– Il allait te tuer, je l'ai vu, il avait son arme pointée sur toi, il allait te tuer. Je t'appelais mais tu répondais pas, tu le voyais pas, toi. Alors je l'ai fait. J'avais une arme dans ma main, et j'ai tiré, droit entre ses deux yeux. Il est tombé sans même voir mon visage, il saura jamais que c'était moi.

Je parlais de plus en plus vite malgré mon manque d'air et je ne desserrais pas mes bras autour de son cou. J'avais le regard fixé sur la porte comme si je revoyais une partie de mon rêve. Et je tremblais comme une feuille. De froid, de peur, d'adrénaline, tout.

– J'étais obligée de le faire... Il le fallait. Sinon, qui aurait veillé sur moi ? Je devais le faire...

Même si ma voix tremblait et malgré l'émotion... je pleurais toujours pas. Alors c'était quoi le problème avec moi ? J'étais toujours sous le choc ? Pour combien de temps encore ? Je sentais que j'avais envie de pleurer mais c'était comme... Bloqué. En fait, je crois qu'au fond, je voulais que Neil voit que j'étais forte, qu'il pouvait compter sur moi comme je pouvais compter sur lui. Je voulais prouver ma valeur, ne pas qu'il voit que j'étais qu'une gosse de riche qui n'avait rien connu d'autre que sa villa à Vancouver dans les beaux quartiers. Je voulais qu'il croit que j'étais comme lui, une dure à cuire. Pourquoi ?

– Tu l'as fait pour moi, toi.

Pourquoi je voulais pas aller à New York ? Pourquoi je voulais rester avec lui ? Il était dangereux, il attirait tous les ennuis de la terre, il était à peine aimable ! Il s'en fichait de moi, j'étais qu'un paquet à l'entendre. Paf, "je te dépose à New York" et après quoi, il s'en va chercher d'autres gamins mutants qui peuvent soit disant sauver le monde ? Bon sang, je vomissais encore mon lait maternel dans mon propre organisme depuis 17 piges, ils voulaient que je sauve qui ? Je me sauvais même pas moi même.

– Je peux dormir avec toi ?

Ma voix s'était toute ratatinée quand j'avais commencé à retrouver mon air et que mon nez s'était doucement enfoui entre mon bras et son épaule. Il avait beau être difficile à vivre, c'était Neil. Et à partir d'aujourd'hui, il faisait partie de ma vie.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Lun 19 Aoû - 21:40


    J’ai cessé de réfléchir quand elle a crié mon nom. J’ai cessé de respirer en entant dans cette chambre. J’ai cessé d’avoir peur quand je l’ai vu, paniquée. Elle a cessé d’être la personne contre qui je créais un barrage quand elle m’a sauté au cou. Ce n’était plus moi. Non, en réalité, c’était bien, ce que j’étais bien avant tout ça, une époque si lointaine que je ne voulais même plus me souvenir tant la douleur ne diminuait pas. Oui, c’est ça, c’était bien moi qui, sans que je le commande, avait passé mes bras autour d’elle avec une envie de la rassurer, de la protéger quoi qu’il arrive. La protéger d’une menace évidente, je savais que j’en étais capable, la protéger contre un mauvais rêve, je ne pensais pas pouvoir le faire. Une ado, un petit bout de gamine qui était capable de réveiller des choses que je croyais oubliées depuis tellement longtemps. Je ne la déteste même plus pour ça, j’ai même plus envie de me sentir faible, je suis juste inquiet.

    Il n’y a qu’elle, il n’est plus question de moi ou de mon histoire. Je comprends, qu’à partir de maintenant, il me sera juste impossible de la bazarder quelque part, chez des parfaits inconnus. Putain, de n’était même pas sa vraie famille. Je le sais que j’en serais incapable mais une partie de moi, infime, veut y croire, sait que c’est le mieux à faire. Je m’y accroche, inconsciemment mais, c’est foutu, je le sais, je ne veux juste pas l’admettre. Je l’écoute, je m’entends même lui dire que, je suis là, tout va bien. Mais, je crois que je comprends. Je commence à me dire que le fait qu’elle ait tiré sur quelqu’un n’est pas si bien passé que ça. Je savais que ce n’était pas anodin mais, bordel, elle voulait tellement jouer les fortes têtes, comme j’étais censé comprendre les choses ?

    Je m’en veux, j’aurais dû être plus réactif, l’empêcher d’en venir jusque-là. J’aurais dû tirer, pas elle. Tess se décroche doucement de moi, je la laisse respirer un peu. Je pose une main sur son épaule, pendant que l’autre vient retrouver sa joue, je dois avoir son attention pour ce que je compte lui dire. Alors, je ne la lâche pas, je m’assure de capter son regard avant de commencer à parler.

    Tess, écoute-moi. Je baisse légèrement la tête, lève les yeux sur elle, je ne peux pas me faire plus sérieux et, en même temps, je fais en sorte que rien d’agressif n’émane de moi. Tu devais le faire, pour toi et… je prends une inspiration. Pour moi.

    Je le sais depuis longtemps, c’était lui ou moi, elle m’avait choisi. Je lui devais ma survie sur ce coup-là et, peut-être à demi-mots, c’est ce que j’étais en train de lui dire. Ca me coute, parce que devoir sa vie à une gamine, ça fou un cou. Mais, apparemment, elle a besoin de le savoir, de comprendre qu’elle n’avait pas le choix. Ça n’enlevait pas ce qu’elle avait fait mais, peut-être que ça aiderait pour l’accepter. Elle n’avait pas parlé de ce qui s’était passé, ce qu’elle racontait avait quelques différences avec la réalité, sûrement son cauchemar, mais ça ne changeait rien dans le fond. Je n’ai aucune envie qu’elle compare ce que j’ai fait avec ce qu’elle avait fait, les choses étaient différentes sur de nombreux points mais l’heure n’est pas au débat de ce genre.

    Tu as fait ce qu’il fallait.

    Mes mots avaient été prononcés doucement, je voulais qu’elle comprenne qu’elle avait bien agit. Je ne l’encourage pas à recommencer, je préfère même éviter qu’on en revienne à là. Je veux juste qu’elle sache qu’elle n’a pas à s’en vouloir. Plus facile à dire qu’à faire, je veux bien l’entendre, je sais de quoi je parle. Mais qu’est-ce que je peux lui dire d’autre, comment est-ce que je peux l’aider autrement ? Et sa dernière question, qui sort de nulle part. Je crois bien que je souris doucement, il n’était pas dans mes projets de la laisser toute seule de toute façon.

    Je reste avec toi, ok ?

    Parce que, au final, tout ce qui compte c’est qu’elle dorme bien, qu’elle trouve un instant de répit, qu’elle parte loin l’espace de quelques heures. Je la relâche, ma main allant dans ma poche arrière pendant que, mes yeux dans les siens, je lui demande :

    Tu as la cassette avec toi ? Je sors le walkman fraichement acquis et je lui tends. Ca pourra peut-être t’aider un peu ?
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 20 Aoû - 6:18

Il n'avait pas besoin de se montrer sérieux, je savais qu'il l'était et puis, je me voyais mal être autre chose que sérieuse. Je ne sais pas très bien comment j'aurais dû le prendre, finalement. Est-ce que c'était une bonne chose qu'il m'encourage ? Je veux dire, il aurait pas dû m'engueuler ? Me dire de ne plus jamais le faire ? Quitte à me protéger, il ne devait pas aussi me protéger de ça ? Me dire... De ne jamais le refaire ? Il n'était pas censé me protéger des autres et de lui comme de moi-même ? J'ai dégluti alors que je le fixais et j'ai doucement acquiescé, gravement. Neil ne me mentait pas. Là où tout le monde avait fait de ma vie un mensonge, mes parents, mes parents biologiques, mon entourage, les personnes que je pensais mes amis et qui en fait étaient d'un superficiel que je m'en voulais d'avoir cru que tout ça, c'était la vie... Neil était le seul à ne pas me mentir, à ne pas m'épargner. Il me sauvait la vie mais ce n'était pas pour me faire croire que le monde était rose. Non, le monde était dangereux, le monde était rude. Je n'étais jamais sortie de ma ville de riche, de ma jolie petite cage et il ne m'épargnait pas. Ce n'était ni dans mon intérêt, ni dans le sien. Et pour ça, je le remerciais. C'était dur d'entendre qu'on avait fait le bon choix en tuant un homme au profit d'un autre. J'avais jugé de l'importance de la vie d'un homme par rapport à un autre. J'avais jugé que Neil était plus important dans ce monde que celui qui avait cherché à l'éliminer. Ce n'était pas qu'une question de survie, j'avais réfléchis à ma question quand l'homme avait tenté de me faire baisser mon arme. J'avais tiré après avoir répondu à ma propre question.

J'étais lucide, j'étais au clair avec moi-même, je ne regrettais pas, je savais, j'étais consciente de mon acte. J'avais agis par jugement mais avant tout pour ma survie. Neil était ma survie et par conséquent, le sauver, c'était me sauver. Un peu égoïste quand on y réfléchit comme ça, pas vrai ? Je crois que je suis un peu égoïste, oui. Je pensais tenir ça de Neil mais... En fin de compte, si je n'avais toujours pas réagi aux derniers événements de ma vie, du moins, pas comme on aurait pu s'y attendre, le fait que Neil ait pensé à me trouver un Walkman, c'était... J'ai baissé les yeux sur l'objet et j'ai serré les dents avec une envie irrépressible de me mettre à pleurer comme un gros bébé. C'était si étrange de voir quelqu'un, si étranger, vous porter une attention si particulière. En temps normal, je me serais bien marrée de voir une antiquité pareille, j'en aurais fait quoi ? Franchement ! Mais aujourd'hui, les choses étaient différentes, j'étais différente. J'ai acquiescé à nouveau et hoché la tête en silence avant de glisser la main sous mon oreiller pour sortir la cassette de sa cachette (dites le vite sans vous arrêter 10 fois de suite !). Je ne connaissais même pas les noms des mecs sur ce truc. Je connaissais leur voix, je connaissais les paroles mais leur nom ? Un jour, je retrouverai le descriptif, je chercherai sur internet avec les paroles. Je connaitrai leur nom, leur vie, je saurai tout sur eux. J'érigerai un autel pour les remercier de m'avoir également sauvé la vie. J'ai mis la cassette dans le Walkman et j'ai souri. C'était étrange comme sentiment.

– Où est-ce que tu as trouvé un truc pareil ? T'as dû choper le tétanos au passage...

Bon, j'avais vu des manuels sur le net, genre comment ça marche et tout mais je crois que je n'en avais jamais touché un seul, finalement. C'était gros, mais léger. Et à la vue du casque, je parie très inconfortable. J'ai refermé le boîtier dans un clac caractéristique et je l'ai tourné entre mes mains comme pour savourer. Je n'étais même pas sûre que les chansons en elles-mêmes me plaisaient ou me calmaient, c'était juste... Que maintenant, c'était un truc à moi. Je n'avais plus rien. Juste un vieux pull qui pue trouvé dans une station essence et un pantalon que je lavais à la main dans les toilettes de diners parce que j'avais que ça à me foutre. Heureusement, c'était un caleçon, et pas un jean. Imaginez l'horreur, sinon. Mais à moi... Je n'avais plus rien, tout était resté à Vancouver. Ma vie, ma famille, mes amis, mon futur. Dans un silence, je me suis mordue la lèvre avant de reprendre.

– Je sais que j'ai fait ce qu'il fallait. C'est juste que... Ce n'est pas moi.

J'ai relevé les yeux sur lui pour le dévisageais dans la pénombre. Puis, j'ai poussé un soupir et je me suis grattée le coin de la lèvre en regardant ailleurs. Il fallait que je réagisse normalement à un moment donné. Pour moi, pour lui, pour me rappeler que j'étais encore humaine malgré tout. Non, à présent, j'étais ce qu'il avait voulu que je sois pour survivre. Il ne m'avait pas sortie de là pour me laisser crever comme une princesse sur le bord de la route.

– Je suis pas comme ça normalement, c'est tout.

J'ai baissé la tête en tripotant le casque et j'ai haussé les épaules. Je l'ai mis sur mes oreilles et j'ai tapoté l'épaule de Neil.

– De rien.

Me recroquevillant sur moi-même, avant de lancer la musique, j'ai tourné la tête vers lui.

_ Tu t'en vas pas, hein ?
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 20 Aoû - 22:38


    Qu’est-ce que j’aurais dû faire, lui dire que ce n’est pas bien, qu’elle ne doit plus jamais recommencer et la faire culpabiliser encore plus. Putain, il n’était pas question d’éthique morale, ni de ce qu’on apprend à l’école ou dans des livres sur la morale, il s’agissait de survie. Juste de ça. Lui ou moi. Eux ou elle. Tout n’était qu’une question de choix, se faire avoir ou vivre. Je n’ai aucune envie de l’embarqué dans ce genre de choix mais, c’était comme ça. Quand je vous dis que je sais qu’il faut que je la traine dans sa famille, qu’elle retrouve une vie un peu près normale, c’est pas des conneries. Ca me bouffe mais c’est comme ça.

    A voir la tête qu’elle fait quand je lui file le walkman, je me dis que j’ai fait une connerie, que ce n’est pas ce qu’elle veut. J’sais pas, je me dis qu’elle aurait dû être contente, que ça aurait dû la faire sourire. Au lieu de ça, j’ai l’impression qu’elle va chialer, voire peut-être même me le renvoyer en pleine figure. Je ne sais vraiment pas quoi faire avec elle, ni ce qui lui ferait plaisir, j’ai l’impression d’être constamment à côté de la plaque. La garder avec moi ? Un calvaire pour nous deux, à mon avis. Ok, c’est des excuses que je me cherche mais, bordel, il m’en faut. Je préfère m’en inventé, trouver des raisons de l’envoyer dans sa pseudo famille plutôt que de me voir l’enlever pour de vrai, la faire bouger sans cesse, juste pour ne pas avoir à la laisser à quelqu’un d’autre.

    Si quelqu’un à chopper le tétanos, je préfère que ce soit l’autre mégère de l’accueil.

    Je souris, pas vraiment sérieux, personne ne choppe le tétanos avec ce genre d’objet… Enfin, je crois. Je me surprends à le regarder d’un nouvel œil, comme pour déterminer si c’est un objet de mort potentiel pour Tess. Je me sens ridicule, ce n’est qu’un foutu walkman. Une pièce tellement vieille que je suis presque certain que, dans quelques années, ça vaudra de l’or. Les gens aiment retourner dans le rétro, tout n’était qu’un éternel recommencement.

    Faudra aussi que tu te trouves un crayon à papier, ça peut être utile pour… Je désigne la casette qu’elle enfonce dans le walkman en me disant qu’à l’âge qu’elle a, elle ne doit même pas voir le rapport entre un crayon à papier et une cassette. Ouais, enfin tu verras bien.

    Quand la bande de la casette se sera pris dans un truc et sera complètement sortit, elle était assez grande pour se souvenir de ce que je venais de dire et avoir l’idée de foutre un crayon dans un trou de la cassette pour rembobiner la casette. Ou peut-être pas… Ca me semble logique parce que, mine de rien, c’est plus de mon époque que de la sienne. Par contre, je pince mes lèvres sans savoir quoi lui répondre quand elle dit que ce n’est pas elle. Je le sais ou je crois le savoir. Quand tout sera fini, elle pourra retrouver ce qu’elle estime être elle, c’est tout ce que je peux me dire. J’ai bien envie de lui dire que ça sera bientôt fini mais, je m’abstiens. Dès que le sujet de la laisser à New York est abordé, ça part en cacahuète, je préfère éviter ça pour le moment alors, doucement, je souris, un peu, légèrement, c’est déjà pas mal pour moi.

    Je ne bouge pas de cette pièce.

    Je lève la main, comme si je me mettais à jurer. Je sens que je vais regretter de ne pas avoir été cherché l’oreiller qui est dans ma chambre mais, pas grave. Je préfère me chopper des courbatures à la con plutôt que de la laisser toute seule. Si seulement elle savait, tout ce que je veux, c’est que ça aille pour elle. Et dire que je ne sais même pas pourquoi. Enfin, si, je le sais, c’est juste que je refuse de me l’avouer. Je la laisse trouver sa position, toujours assis sur le bord de son lit, et je refous sa couverture sur elle. Manquerait plus qu’elle attrape froid, je crois que j’oublie facilement que c’est un remède sur patte.

    Même si je n’ai rien dit, si je n’ai pas réagi, j’ai bien entendu son « de rien » mais je ne savais pas quoi en dire. Oui, quand je lui avais dit que c’était lui ou moi, c’était une forme de merci, j’avais juste espéré que ça ne soit pas aussi flagrant. Les remerciements, ce n’est pas mon truc bordel. Les réponses muettes, c’était plus mon truc. Enfin je crois. Quoiqu’il en soit je ne décolle pas de ma place. Je savais qu’une fois qu’elle serait endormie, je glisserais sur le sol, le cul par terre, le dos appuyer à ce fichu lit et que je dormirais comme ça. Se payer une chambre, pour dormir assis… Mouais, ça n’allait pas changer des nuits précédentes en réalité.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Ven 23 Aoû - 6:33

Quand je me suis réveillée - malgré tout trop tôt - je crois que j'ai senti des gauffres. Je sais pas si c'est parce que Neil a dormi à côté de moi ou si c'est parce que j'ai accepté le fait qu'avoir tiré sur un homme m'avait plus affectée que je ne voulais bien le dire, mais je m'étais facilement rendormie Faut dire, avec un peu de country en fond sonore, même bas, ça vous change tout une vie. Mais quand j'ai ouvert les yeux et que j'ai vu la tête de Neil complètement cassée par le bord du lit, j'ai froncé les sourcils. Pourquoi n'avait-il pas pris le lit avec moi ? Je veux dire... Ca n'avait pas de sens, pourquoi dormir par terre ? J'étais si grosse ? Je prenais trop de place ?

_ Neil.

J'ai posé main sur son épaule en parlant doucement et je l'ai gentiment secoué jusqu'à ce qu'il se réveille. Je voulais aussi qu'il change de position que ce truc... C'était un coup à vous briser la nuque, je vous jure ! Je me suis redressée en baillant et remis de l'ordre dans mes cheveux avant de m'étirer, comme un chat. J'avais FAIM ! A peine réveillée, j'étais déjà levée et j'enfilais mon pantalon en sautant des deux pieds pour le remonter sur mes hanches.

_ J'ai senti des gauffres en bas, tu crois que c'est un service matinal qui les fait ? Dis, on peut rester en manger un peu avant de repartir ? Je sais que tu voudrais qu'on arrive vite à New York maintenant, mais on peut bien prendre le temps d'une ou deux gauffres, non ?

Parler de cette nuit ? Non. Même si je le voulais, il n'aurait probablement pas voulu. Et puis je me sentais tellement débile, tellement stupide d'avoir hurlé à cause d'un cauchemar. Mais j'avais eu raison, on pouvait passer une nuit dans un motel sans se faire agresser par des hommes armés. Voilà ! Il faudrait dorénavant que Neil m'écoute quand je lui disais quelque chose ! En même temps, comment lui en vouloir... La dernière fois, il avait eu raison. Un avantage à ce cauchemar, c'est qu'il avait fait disparaître notre dispute, si toutefois c'en était une. En tout cas, ça faisait plaisir de savoir que si je l'appelais, il arrivait en courant. Je me demande bien ce que ça peut vouloir dire, au final. J'entends par là... Il semble tellement vouloir se détacher de moi et tout ça, il bougonne, il ronchonne et puis à côté de ça, il débarque en pleine nuit avec un walkman. Tu vois, ces machins là, je pensais qu'il n'y en avait plus un seul sur terre. Tu crois que Sony s'attendrait encore à en trouver dans les mains d'une fille comme moi ? Les gens de mon âge, Sony, pour eux, c'était... Playstation. Je crois... En fait, je crois que Neil m'aimait bien mais qu'il était trop vieux pour le dire.

Avec ou sans gaufres, reprendre la route m'a faite soupirer. Je commençais à en avoir tellement marre. Le paysage n'était plus si amusant de ce côté là du pays, on voyait peu le ciel, plus facilement caché par les arbres ou les buissons… Et puis des champs un peu partout. Je commençais même à avoir hâte qu'on arrive. Je n'en avais pas envie, je voulais toujours rester avec Neil. J'ai poussé un profond soupir et j'ai déplié mon bras de contre la fenêtre pour le regarder en train de conduire.

– Je… m'ennuie. Y a même pas de vache ! C'est nul, les Etats Unis ! Hey ! Tu vas faire quoi quand tu m'auras déposée à bon port ?

Ah ! Parler ! Il y avait longtemps.

– Tu vas… Disparaître dans la nature ? Vaquer à tes occupations ? Tenter de sauver une autre gamine des mains de dangereux cagoulés ?

Je disais ça, néanmoins, avec un certain sourire. Neil était devenu mon héros et il allait beaucoup me manquer. Si seulement je pouvais le retenir...
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Dim 25 Aoû - 19:04


    Je crois que, heureusement, j’ai reconnu sa voix à travers mon sommeil. Me secouer pour me réveiller, surtout quand j’ai passé la nuit à m’inquiéter, n’était pas conseillé. Je ne l’aurais pas reconnu, à sa voix, qu’elle aurait probablement fini sur le sol, maitrisée, jusqu’à ce que je j’ouvre complètement les yeux pour la reconnaitre. On avait évité ça, c’était une bonne chose. Pour la forme, et parce que c’est le réveil, je grogne en redressant la tête et en étirant mes bras. Putain, j’ai mal partout, et ma nuque… Position de merde, tient ! J’aurais dû dormir sur le sol, ça aurait été bien moins douloureux. Je me relève et, force est de constater que je n’ai plus vingt ans. Connerie d’âge !

    Prépare tes affaires, on regardera en descendant.

    Je lui annonce aussi que je vais chercher les miennes, restées dans la chambre à côté. J’évite de penser au fric que je l’ai laissé dans cette piole pourrie pour ne même pas y dormir. En réalité, je m’en fou mais un lit aurait été agréable. Je ne regrette pas vraiment ce qui s’est passé, le choix que j’ai fait mais, je tuerais pour un matelas. Si je dois voler une autre voiture, je prends un break, le truc ou, en rabattant les sièges arrières, je pourrais y foutre un matelas. Peu importe, je passe à la salle de bain, lavage rapide, j’en ai besoin. Un minimum frais, je sors, sac sur l’épaule et je récupère Tess pour qu’on descende.

    Elle a vu juste, il y a une sorte de salle pour le petit déjeuné, les gaufres sont rapidement en vue. D’un signe de tête, j’accorde le petit dej’ à Tess, elle en a envie, qu’elle fasse sa vie. Pour ma part, je regrette très vite, le café est infâme, et les gaufres imbouffables. Vu notre condition, on n’est pas censé se plaindre mais, sérieux, qui faisait la bouffe ici ? Et, voilà, on est repartis, comme on était venu sans de catastrophe à déplorer. Et, j’entends par là, des types armés qui auraient voulus récupérer Tess.

    La voiture démarre, je ne reviens pas sur ce qui s’est passé la vieille. Si elle tient à en parler, il faudra bien que je m’y applique mais dans le cas contraire je préfère laisser ça derrière moi. En fait, je n’ai même pas envie d’y songer, trop de choses à en comprendre que je me refuse d’admettre. La politique de l’autruche, je suis assez doué à ce jeu-là quand je le veux bien. Je souris, dans un soupir en secouant la tête, quand elle prend la parole. Elle ne peut pas s’en empêcher hein, de parler ? Mais ce sourire, aussi peu prononcé qu’il soit, disparu. New York, il était toujours question de New York, de ce qui se passerait après. Quoique, cette fois, il y a une légère variante, il ne s’agit pas de ce qu’elle va faire une fois là-bas mais de ce qu’il va faire lui.

    Aucune chance que je cours vers d’autres gamines.

    Je jette un regard vers Tess, l’air entendu bien qu’un très léger sourire se pointe signe que je ne suis pas des plus sérieux dans ma prochaine réplique.

    Je crois que tu viens de me vacciner pour les 30 prochaines années.

    Il y a un fond de vérité. Enfin, je veux dire, qu’il est hors de question que je prenne en charge une autre gamine. Ce n’est pas à cause d’elle, en fait, c’est juste moi. Incapable de faire ce genre de boulot, c’est tout. Et franchement, la question qu’elle me pose, reste une énigme pour moi. Je reporte mon regard sur la route, passe une main sur ma nuque avant qu’elle ne vienne retrouver le levier de vitesse.

    Franchement, j’en sais rien. J’vais peut-être songer à ma retraite au fin fond d’un bled paumé, à élever des chevaux. Parait que c’est bien les chevaux.

    Qu’est-ce que j’en sais ?! j’veux dire, l’idée est tentante mais combien de temps j’vais tenir avant de me dire que je me fais chier, que je tourne en rond et que j’ai besoin de faire autre chose. Et, en même temps, me retirer quelque part, c’est une idée tentante. J’en ai marre de la bagnole, j’en ai marre de fuir. Un peu de tranquillité n’ jamais tué personne, non ?

    Et toi, tu vas faire quoi ?

    Ce genre de question est plutôt rare de ma part, je la regrette presque aussitôt d’ailleurs. Mauvaise idée que de s’intéresser à ce qu’elle veut faire, ce qu’elle veut devenir.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 27 Aoû - 6:21

Je comprends pas. Je crois que ça vient du fait que Neil est trop difficile. Ces gaufres n'étaient pas mauvaises, il exagérait. Si moi je pouvais les manger alors tout le monde pouvait. Ou peut-être était-ce quelque chose que j'aimais me dire à moi-même ? Je ne sais parce que, quoi qu'il en soit : j'ai tout mangé. Dévoré serait un verbe plus correct. J'avais si faim. C'est sûrement pour ça que les gaufres étaient bonnes. Et puis j'ai même eu droit à du sirop d'érable, rends toi compte. C'est repue que je me suis laissée m'endormir la première heure dans la voiture. Pauvre Neil… je n'avais même pas réussi à le tenir éveillé. Alors quand je rouvre les yeux, faut bien que je me rattrape non ? Et bien sûr que je m'intéresse à lui ! Qui ne s'intéresserait pas à Neil… Neil comment, d'ailleurs ? Il me l'avait jamais dit ! Ce type savait tout de moi, je savais rien de lui. Bon, je savais qu'il y avait une fille, une femme quelque part. La fille n'était plus là. Où était la femme ? Néanmoins - qui utilise encore "néanmoins" dans ses phrases ? - ça me fait rire qu'il puisse se penser vacciné grâce à moi. J'en crois pas un seul mot. Pourquoi ? Simplement parce qu'il m'adore ! Il m'aime ! Je le sais, je le vois : je le fais rire. Une fille qui fait rire un homme gagne à tous les coups. Si y a bien un truc que j'ai appris de mon entourage, c'est ça. Tu sais, j'étais un peu garce, chez moi. C'est fou… Ca me semble être il y a une éternité. J'ai changé si vite… Je crois que je ne préfère pas y penser.

– C'est vrai que t'es un peu vieux, la retraite, tu la mérites !

A mon tour, j'ai un grand sourire. Malicieuse et taquine, voilà qui saurait assez bien me définir avec lui. Normalement, c'est plutôt… Pétasse et provocatrice. Mais que veux-tu, quand on tire sur tes parents pour pouvoir te kidnapper, les choses changent et tu relativises un peu plus sur certains aspects de toi-même. Par exemple : fini de me moquer des boutonneux à lunettes ! … Nan, ça c'est cliché. Je continuerai de me moquer - même gentiment. Je ne mettrai plus de serpent dans le casier de ma rivale - c'était un faux, pour ma défense, je vivais à Vancouver, pas à Albuquerque…

Sa question m'a prise de court. Ce que je vais faire. Où ça, à New York ? Moi ? Je me suis figée en clignant des yeux, le regard sur la route. J'ai réfléchis quelques secondes avant de me dire "Oui, je vais faire quoi une fois là-bas ?" Je me suis grattée la tempe de mon index avant de hausser les épaules.

– Les chevaux c'est bien. Mais je crois que j'ai envie d'avoir un petit copain ! Toutes mes copines en ont un, alors je me demande ce que ça fait quoi ! En fait, j'en sais trop rien moi même. J'ai posé la question pour faire la conversation mais j'en ai aucune idée.

J'ai replié mes jambes contre le tableau de bord et j'ai entouré mes genoux de mes bras.

– En tout cas, je sais que je veux étudier un truc qui rapporte beaucoup d'argent. Comme ça, je pourrais m'acheter tous les chevaux sous capot que je veux. Et une maison. Pas trop grande, on voit ce que ça donne, sinon. Et puis je voudrais un chien. Han, et je voudrais m'acheter… PLEIN de fringues. Plus jamais je porterai de caleçon, c'est fini. J'en ai trop marre, j'ai hâte d'arriver à New York juste pour ça : me changer et avoir des trucs propres. Qui sentent bon, sur mes fesses. Et du vrai shampoing. Neil, tu as vu la longueur de mes cheveux ? Je peux pas me contenter éternellement du shampoing en échantillon...

Ceux-ci me tombaient presque aux fesses. Si je devais les couper, ce serait le drame de ma vie. Impossible, je ne pouvais pas. Un jour, je serai obligée mais avant ça ? Interdit. Non, ce n'était pas possible, je ne pouvais pas. Je tenais trop à mes cheveux. Et puis j'ai haussé les épaules. J'avais envie de l'embêter. J'ai tourné la tête vers lui avec une moue dubitative.

– Sinon, je pourrais vendre des drogues. Des drogues dures ! New York, c'est l'endroit idéal, non ?
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 27 Aoû - 21:59


    Des baffes, cette gamine mérite des baffes. Je soupire, histoire de lui faire comprendre que, bordel, je ne suis pas si vieux que ça ! Foutue adolescente à croire qu’au-dessus de trente ans, on est vieux, croulant, et qu’on a vécu à l’époque des dinosaures. Ok, admettons, je n’ai pas connu les téléphone portable, j’ai vu la télé en noir et blanc, et alors ? Ca fait simplement de moi, une personne avec plus d’expérience. Moi, et mon vieil âge, on saura quoi faire quand la bande de la casette de country sera complètement ressortie ! Et oui, la retraite je la mérite. Quoi que, c’est un peu abusé de ma part, c’est pas comme si j’avais effectué un boulot légal pendant toute ma vie, j’avais essayé, hein, mais, ça n’avait jamais rien donné. A croire que je n’ai jamais été fait pour ça.

    Elle avait envie d’un petit-copain. Bien, moi, j’ai envie de péter les dents au morveux qui s’approche d’elle. Nos envies coïncident enfin. Je retire tout de suite cette idée de ma tête, essaye de reprendre conscience que je ne la verrai pas avec son petit-ami, que je serais déjà loin et elle dans sa foutue famille ! 17 ans, et elle m’a retourné le cerveau, juste parce qu’elle avait crié dans son sommeil. Je la déteste. Je veux dire, je la déteste vraiment. Je me déteste encore plus de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, agir comme si je la haïssais. Elle part dans ses trucs d’ado, les fringues, le shampoing, le genre de machin qui ne m’interpelle pas plus que ça. mais, histoire de montrer de la bonne volonté, je hoche la tête.

    Ouais, ça parait bien, oua… QUOI ?!

    Je veux dire, j’ai bien entendu le mot drogue dans son discours ? Le temps que ça monte au cerveau, que je pose un regard sur elle et je comprends qu’elle se fou de moi… Enfin, j’espère. Je secoue la tête dans un soupir histoire de vraiment lui montrer qu’elle est juste en train de me rendre dingue. Mon regarde se porte à nouveau sur la route… On avance bien, ça tombe bien, j’en ai marre de cette bagnole, de ce trajet.

    Ouais la ville est pas mal pour ça. Enfin, c’est ce qu’on dit parce que je n’y suis jamais aller. Alors, tu vois, le truc avec les drogues, c’est qu’il faut les tester. En vendre c’est bien, vendre de la merde, c’est pourri. Tes clients risquent de ne pas revenir, ou pire, te balancer juste parce que tu leur as revendu un truc qui craint.

    Après tout je ne vois pas pourquoi elle pourrait être la seule à se foutre un peu de moi. Du coup, je suis des plus sérieux quand je parle. En réalité c’est de l’ironie mais, je cache le côté ironique… Ouais, je sais, ce n’est pas vraiment ironique si le ton n’y est pas mais, c’est moi, c’est comme ça. Ca plait ou ça ne plait, en fait, je m’en fou pas mal. En fait, elle finira par comprendre que si ironique quand il sera flagrant que je raconte n’importe quoi, ce qui n’allait pas tarder à venir.

    Et les autres dealers, faut faire super gaffe. Ils n’aiment pas trop qu’on empiète sur leur territoire alors, tu vois, ils vont faire en sorte de te mettre des bâtons dans les roues, ils vont de dénigrer toi et ta marchandises. Et, finalement, si tu ne défends pas ton territoire tout de suite, tu finiras sûrement à vendre des nems dans le métro… cela dit, c’est un moyen comme un autre de gagner sa vie.

    On vend vraiment des nems dans le métro ? J’veux dire niveau hygiène ça ne doit pas être vraiment ça… Si quelqu’un a déjà vu ce genre de vendeur, à coup-sur, cette personne est probablement la plus poisseuse jamais vu. J’sais pas, j’suis pas certain, les transports en commun, en fait, ce n’est pas vraiment truc. En ce qui concerne Tess qu’elle choisisse la drogue ou les mecs, ce n’est pas censé être mon problème. Puis c’est la même merde de toute façon, tu tombes sur un truc bien et c’est l’extase de manière temporairement avant de tomber de haut, ou tu tombes direct sur un produit pourri et là, c’est l’enfer tout de suite.

    Je lâche le volant et je pointe mon index vers Tess, les sourcils un peu froncés.

    Maintenant, jeune fille, si tu pouvais te taire ou t’endormir jusqu’à ce qu’on arrive, je t’en serais reconnaissant. Dans le cas contraire, je prends des ciseaux, et c’est moi qui coupe tes cheveux.

    Quoi ? Un moyen de pression comme un autre pour qu’elle ne pose plus de question et surtout pour m’éviter d’avoir des réactions qui prouveraient qu’elle a de l’intérêt pour moi. Et puis comparer au chemin qu’on vient déjà de se taper, finalement, New York, c’est pas si loin !
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 28 Aoû - 19:47

Je me suis mise à rire en voyant que mon idée faisait mouche. J'aurais pensé qu'il aurait réagi de suite mais non ! Ca me faisait rire de le voir se débattre à tenter de m'expliquer ce qui était le mieux pour moi. Comment je devais m'y prendre. Je l'ai observé pendant qu'il parlait, m'amusant de ses conseils - que je gardais néanmoins dans un coin de ma tête, étonnant, non ?

– Nannnn, ils me balanceront pas, je suis trop jolie pour ça !

Et là, je lui ai vendu genre un grand sourire, de ceux que je donnais lors des Miss Vancouver ! Oui j'ai participé aux Miss Vancouer. J'ai été Miss Vancouver une fois ! Comme quoi, je savais jouer de mes charmes, non ? Il n'avait pas besoin d'être ironique pour que je ne le prenne pas au sérieux. Cela dit, à y réfléchir, si j'avais besoin d'argent, vendre de la drogue, c'était pas stupide. Qu'est-ce qui marchait à New York ? Quelques petites pilules bleues ? Nonnnn, j'allais vendre du VIAGRA ! Aux papys ! Je me ferais leur meilleure alliée et quand ils clamseront, ils me donneront leur héritage. Ca et des pièces détachées de belles bagnoles. Ca sentait bon les nets dans la voiture, je me demande d'où ça venait. Ca me donnait faim. J'avais encore faim ! Alors quand Neil a répété le mot "nem", j'ai tourné la tête vers lui. Zut, j'avais perdu le fil. Il m'avait sûrement dévoilé un des plus grands secrets pour dealer de la drogue à New York et j'avais pas écouté… Ppfff…

Neil a pointé son index vers moi et j'ai louché dessus. Et voilà, j'avais trop parlé, il en avait déjà marre. Tu sais… C'était vraiment pas pratique de se lier avec un mec qui refuse de discuter. Non, vraiment. C'était même assez épuisant ! Très franchement, c'était même super chiant. Mais bon, c'était Neil alors quand il m'a menacée, j'ai pris mes cheveux qui me tombaient sur les épaules et je me suis reculée, la bouche ouverte dans une expression de profonde indignation ! Il n'oserait pas. Il oserait ? Puis, finalement, je lui ai souris. Il était malin mais je serai encore plus maligne. J'ai défait ma ceinture dans un léger soupir et je me suis redressée pour passer à l'arrière. Et entre les deux sièges, je me suis écriée d'un :

– Oui papa !

Je n'avais aucune idée de ce que pouvait provoquer cette expression si anodine. Une fois à l'arrière, je me suis repenchée vers l'avant pour soulever mon sac et en sortir le Walkman. Je lui ai montré fièrement dans un grand sourire et j'ai activé l'autoreverse avant de m'installer sur le dos, un bras calé sous la tête. Le soleil était haut et me réchauffait la tête. Pendant qu'il m'irradiait de sa chaleur, je ne reniflais pas l'odeur de mes vêtements…

Quand je me suis réveillé, la voiture venait de s'arrêter. Mon cou endolori, je me suis redressée en frottant la nuque et j'ai baillé en regardant autour de moi.

– Où est-ce qu'on est ?

On aurait dit Vancouver, mais en beaucoup plus grand encore. Je ne voyais même pas le haut des immeubles en me penchant contre les vitres. Je n'étais jamais sortie de mon Canada natal alors New-York, c'était… grand. J'ai sauté à l'avant et j'ai plaqué mes mains sur les vitres, la bouche ouverte. Encore quelques bulles et je faisais le poisson clown.

– Ouaaahh, c'que c'est haut. Hey, t'as vu, t'as vu, tes taxis jaune en ligne ! ça m'a toujours fascinée… Suffit de lever un bras et PAF ! Un chauffeur à ta disposition pour presque rien. Ca, c'est la belle vie.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 28 Aoû - 23:08


    Sa réaction, presque tout aurait juste pu me faire rire. La manière dont elle avait attrapé ses cheveux, l’air qu’elle avait sur le visage, la façon dont elle était passée à l’arrière pour hurler un truc… Et là, on arrivait au seul point qui, finalement, ne me faisait pas rire. Fallait savoir faire la part des choses, tout ce bordel, je le sais bien… En théorie. Ce n’était que la réplique d’un ado, comme toutes les répliques que l’on pouvait entendre. Mais elle avait 17 ans, elle prononçait le mot qu’il ne fallait pas et j’ai senti mes mains se serrer sur le volant. Ce n’est pas Tess que j’ai vu l’espace d’une courte seconde mais ce qu’aurait pu être ma propre fille. C’est flippant, bien trop pour que je puisse en rire. Qu’elle s’enferme avec son baladeur casette m’arrange parce que je n’ai plus la moindre envie de parler. Ce n’est pas de faute, c’est moi et, le pire, c’est que je le sais très bien.

    Je continue de rouler et, connement, j’ai l’impression d’avoir le fantôme de ma fille qui plane au-dessus de nous. Ça m’emmerde, je me sens pas super à l’aise. Putain, vivement qu’on arrive, j’en peu plus de ce putain de voyage qui n’en finit pas. Dans quelle connerie je me suis encore embarqué. C’est marrant parce que je vois encore le visage de ma femme, inquiet, me dire d’arrêter toutes ses conneries, de rester dans le droit chemin et qu’on finira par s’en sortir. Je ne l’ai pas écouté, forcément, j’étais bien trop con pour ça. Et là, alors que je me dis que j’ai fait une grosse connerie en acceptant ce boulot, en me retournant contre mon employeur, je me dis que, cette fois, elle ne m’aurait pas dit que c’était une erreur. Ouais, il s’agissait d’une gamine alors j’suis presque sûr que ma femme m’aurait encouragé. La vie à un sens de l’humour plutôt particulier. Ca me saoul.

    Je ressasse, ça m’emmerde, ça m’énerve, je me fais chier, on arrive à New York…

    Bordel je ne pensais pas que voir le panneau d’entrée de ville me procurerait un tel plaisir. Fin du voyage, je souris. Fin du calvaire, je jubile. Fin de Tess, je déprime.  New York ça implique sa famille. Putain ce n’est même pas sa vraie famille, je pourrais me contenter de lui dire, qu’on se casse ailleurs. Non, je pourrais même lui dire que j’ai été les voir pendant qu’elle dormait mais qu’ils ne voulaient pas d’elle, ou qu’ils étaient morts, au moins, elle ne se sentirait pas rejeter.  Enfin, je veux dire elle m’aurait cru, non ? Au pire si elle posait trop de question, comme d’habitude, je lui dirais de la fermer… Mais, au moins, j’aurais le plaisir de lui dire de se taire plutôt que de la balancer chez des parfaits inconnus. Et comme un con, plus je m’interroge, moins je réfléchis à la route alors je suis bêtement, inconsciemment, les indications qu’on m’avait donné. La voiture s’arrête et au moment où je me dis que cette histoire de famille morte est une bonne idée, voilà que Tess se réveille… Un plan de foutu à l’eau, je ne sais pas si ça me rassure ou si ça m’emmerde.

    Ou est-ce qu’on est ?! J’ai même pas envie de lui répondre à cette question alors qu’elle passe à l’avant pour halluciner sur la taille des immeubles. Je ne connais pas New York mais, clairement, je déteste cet endroit. Je coupe le contact, je ne jette même pas un regard à Tess pour lui répondre.

    _ On est exactement là, ou on devrait être.

    Tess me reproche de ne pas être des plus expressif, des plus parlant mais, là, j’ai l’impression de retrouver ma voix et mon timbre de voix des premiers jours, celui où elle n’était qu’un paquet, qu’un contrat que j’avais lamentablement foiré. Je ne peux faire que ça, je sais ce qui va se passer ensuite, je vais juste la laisser à des inconnus. La seule envie que j’ai c’est d’appuyer sur l’accélérateur, après avoir remis le contact, qu’on se casse et qu’on oublie toute cette histoire. Le pire c’est que je suis certain que ça lui conviendrait, faut bien que quelqu’un soit raisonnable, non ?

    _ Attrape tes affaires.

    Avant de changer d’avis, j’ouvre la portière, enfonce les clés dans la poche de mon jean et je dégage de cette voiture. Le temps est pourri à New York, mon humeur n’en est que plus massacrante. Je contourne la voiture, pour aller sur le trottoir, devant l’immeuble de ces abrutis finis que je ne connais même pas. C’était forcément des abrutis, fallait voir le quartier où ils vivaient, y a que les abrutis pour vivre dans les quartiers riches. Je viens de le décider. J’attends que Tess sorte de la voiture pour la conduire vers sa, soi-disant, famille.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Sam 31 Aoû - 21:50

En fait, je regardais de l'autre côté. Je pensais pas qu'on était déjà arrivés. Alors mon sourire s'est bien vite effacé. J'ai tourné la tête pour regarder par la fenêtre de Neil, en me penchant légèrement en avant pour mieux voir, une moue sur les lèvres. Quand il est sorti, je l'ai regardé faire. Si j'avais su un instant ce qu'il pensait de tout ça, qu'il avait hésité à monter un bobard pour me garder avec lui, bah j'aurais sauté sur l'occasion. Mais tout ce à quoi j'avais droit, c'étaient des grondements de Dieu là haut dans le ciel. Quand j'ai entendu tonner, j'ai poussé un soupir rebelle et j'ai secoué al tête en me hissant sur le siège de Neil pour le suivre.

– Ouais ouais ça va, je viens.

J'ai attrapé mon sac à bandoulière au passage, sans oublier mon Walkman et j'ai mis les deux pieds à terre. Être debout, ça faisait toujours du bien après des heures en voiture ! Mais là, rien n'aurait été mieux que le siège arrière de ce vieux tas de ferraille pourri. J'ai passé la lanière de mon sac par dessus mes épaules, traînant les pieds et j'ai fait quelques mètres. Je sentais quelques gouttes arriver. Super l'arrivée à New York, non ? J'ai jeté un oeil autour de moi, tenant la bandoulière de mon sac dans la paume de ma mère, mes cheveux coincés dans mon dos. On était dans les beaux quartiers, je crois. En tout cas, je me souvenais pas d'être venue ici un jour. Je devais être trop petite. Et puis ma mère parlait jamais trop de sa soeur. Ou alors toujours avec un soupir de désolation. Quoiqu'il se soit passé entre ces deux là, ça a créé un fossé plus large que les Etats Unis. Bon sang, ça a carrément foutu une frontière entre les deux. Et trois lacs. Et deux barrières de rocheuses. Ouahou. Je rêvais de voir New York mais en fait, là, j'avais envie de me terrer dans mon trou. Ca fleurait pas bon, si tu veux mon avis. Nope.

J'ai jeté un regard à Neil. Il était rudement bien décidé. Il allait bientôt pouvoir retourner à sa vie d'avant moi. Il aurait une vie "Avant Tess" et "Après Tess". Une douce période de sa vie, pas vrai ? Ouais, enfin… Moi… Les émotions, c'est pas super mon truc non plus. Y a qu'à voir, je n'avais toujours pas versé une larme pour ce pauvre type. J'avais eu la trouille, ouais, pour Neil et tout mais… Je crois que je réalisais pas. C'était trop gros pour que ce soit ma vie. C'était forcément celle d'une autre. Une autre Tess. J'ai levé la main pour ouvrir ma paume vers le ciel et regarder à l'intérieur les gouttelettes m'atteindre. En fait… C'était pas un rejet que New York faisait en grondant au-dessus de ma tête. C'était presque un accueil chaleureux. Avec de la pluie. Comme ce gars qui avait pris l'habitude de m'appeler Rain. Il disait que j'attirais la pluie. Rain, comme le diminutif de Raincatcher. En fait… j'adorais ce surnom. Je crois… Que j'allais pas mal l'utiliser ici. Je crois que j'avais besoin de devenir quelqu'un d'autre. Ou quelque chose d'autre (pour toi, référence.)

J'ai soupiré et je me suis enfin décidée à rejoindre la porte avant que le ciel ne nous tombe sur la tête - je te dis, j'attire la pluie. Je trouvais presque bizarre que Neil m'accompagne. Je pensais qu'il se contenterait de me jeter là. J'avais envie de lui dire de partir. J'ai poussé un soupir et je me suis retourné à mi chemin en recalant une mèche derrière mon oreille et relever les yeux sur lui. J'ai cogner un poing dans la paume de mon autre main et j'ai penché la tête en crispant un côté du visage. Non, vraiment, les sentiments, c'était tellement pas mon truc.

– Ecoute euh… C'est gentil de m'avoir amenée ici. T'étais pas obligé. Sans toi je serais sûrement morte à l'heure qu'il est, alors… Mais je voudrais pas te retenir. Tu as accompli ta mission, 007 !

J'ai lancé mon petit poing contre son épaule de Titan dans un rire qui sonnait tout sauf vrai.

– Avec tout le pognon que je vais avoir ici, peut-être que je pourrais t'offrir une bagnole avant que tu quittes New York pour repartir à ta propre vie ! Hein, t'en dis quoi ! Ouais, je savais que tu kifferais. Mon Capitaine !

Je me suis redressée, dans un salut militaire avant de lever ma main dans un au revoir et de me retourner pour repartir vers la porte. Grâce à un éclair, j'ai vu un truc bouger à travers la fenêtre, sûrement celle du salon. Comme u rideau qu'on remet en place après avoir observé quelque chose. Je sais pas trop si ça m'a pas un peu fait comme ce film, Psychose avec la musique horrible. Un truc dans ce genre-là. J'ai fait quelque pas mais j'ai ralenti en me tripotant les mains les unes dans les autres. La porte était face à moi. J'ignorais totalement ce que j'allais y trouver. J'étais chez des riches que je connaissais pas. Mes parents étaient des riches aussi mais eux, je les connaissais pas. Et pis j'étais bien placée pour savoir que les riches sont des abrutis. J'avais été une abrutie avant d'être pauvre avec pour seule musique une cassette pourrie de Country. Je n'étais plus cette gamine riche qui prenait des shampoings à 10$ juste pour la santé de ses cheveux. Je n'étais plus cette princesse qui s'achète un haut et un bas par semaine simplement pour être à la mode du lycée. Je portais les mêmes fringues depuis des jours entiers, des semaines ! Bon sang, ce que j'en avais marre. Je n'avais jamais été aussi humaine et "normale" que depuis que ma vie ne l'était plus du tout ! Bon, avant ma vie n'était pas normale non plus mais je n'étais pas un cas isolé pour autant. Des gens comme moi, intolérants à tout, ça existe ! Sinon, pourquoi on ferait des aliments spéciaux qui coutent chers, hein ? Pppfff… Quelle merde. A seulement quelques pas de la porte, je sais pas ce qui m'a pris. C'était comme retourner à ma vie d'avant mais en étant étrangère à moi-même. Peut-être que c'était ce dont j'avais besoin. Oui mais…

J'ai tourné les talons et je suis partie en courant en direction de Neil. Ce gros ours était celui qui avait fait de moi ce que j'étais aujourd'hui. Je sentais que j'étais meilleure, que j'étais quelqu'un de bien. je me fichais de l'argent, je me fichais de ce que je portais. Je voyais clair dans mon propre jeu, toute ma vie jusque là, j'étais restée concentrée sur mes petits soucis alors que… Alors qu'il y avait tellement plus de choses à vivre dans ce monde ! J'ai foncé droit sur Neil et j'ai ouvert les bras au dernier moment pour le serrer contre moi. Ou pur me serrer contre lui, je lui laissais le choix.

– Envoie-moi des cartes postales. Et ne mange pas trop gras, c'est pas bon pour ton foie. Ne tue pas trop de mecs, non plus… D'accord ?
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Jeu 5 Sep - 12:32


    Tess m’arrange. J’veux dire, les discours larmoyants, les adieu qui ne se finissent pas où tout le monde chiale à la fin, c’est pas mon truc ! J’ai rien d’un Bond, bien plus pourri que ce type, moralement j’entends… techniquement aussi, en même temps. je préfère ne pas revenir sur ma décision de l’avoir trainé jusqu’ici, encore maintenant, je reste persuadée que c’était une mauvais idée. Ok, si je l’avais laissé, j’aurais une information inconnue sur la conscience, ce que je préfère largement au fait de la laisser ici. Je hoche la tête en direction de la porte, pour lui dire de se barrer. Je ne veux pas changer d’avis. Son poing me fait sourire, légèrement parce que j’arrive à moitié à me retenir grâce à un putain de miracle.

    Achètes toi tes fringues, je serais plus là avant que t’es les moyens d’acheter une caisse.

    Comprendre : fais ta vie, oublie moi et vis. Accessoirement, pendant ce temps, j’irais me saouler la gueule dans le premier bar venu en pensant que l’alcool allait me permettre d’oublier ce qui s’était passé. Je torpillerais une autre bouteille quand la mémoire commencera à me revenir et, avec un peu de chance, je reprendrais ma vie à force de trop me voiler la face… Il est beau l’agent 007, hein ? Il faut vraiment qu’elle y aille, la voiture est encore trop près, il est encore possible de changer d’avis alors, bordel, il faut VRAIMENT qu’elle se décide à entrer dans cette foutue maison.

    Je dégluti quand elle tourne les talons, voilà, on touche à la fin du voyage. J’veux dire, là, c’est vraiment réel. Encore quelques secondes et on viendra lui ouvrir, elle s’engouffra dans cette baraque qui pue l’argent et… Au revoir Tess. Elle se retourne, je soupire, pas parce qu’elle m’ennui mais parce qu’elle est en train de mettre ma volonté à rude épreuve.  Ses bras s’enroulent autour de moi, je sors mes mains de mes poches mais je suis un putain d’empoté. Je ne sais pas quoi faire, je ne m’y attendais pas. Je… Saleté de gamine ! Je crois que, après un bon moment d’hésitation, mes bras finissent par l’entourer aussi. Une gamine, juste une adolescente que je laisse chez des gens qu’elle ne connait pas. Je la vois soudainement plus fragile que ce qu’elle est, ou alors c’est juste mon imagination pour me pousser à la décision qui suit.

    J’crois que je vais t’accompagner, sinon tu vas pas arrêter de faire des aller/retour sans rentrer.

    Tu parles, en fait, la seule chose dont j’ai envie c’est de juger les gens qui vont être sa famille. J’ai envie de savoir s’ils ont un intérêt, s’ils sont bien, s’ils la mérite. Et seulement là, j’aviserais de son conseil pour savoir si je vais tuer un peu moins de gens ou non ! ca me parait être un deal honnête et comme je le fais avec moi-même, forcément, je suis d’accord. J’enlève mes bras, je la repousse un peu et je désigne la porte d’un mouvement de tête.

    Allez viens.

    Accompagné de Tess, sous cette pluie merdique, je me retrouve devant la porte à frapper. On fait tâche dans le décor. Avec notre voyage précaire, nos vêtements et nos mines n’ont rien des plus réjouissants. On est trempé, ça va dégelasse leur moquette toute moche… Oui, les riches ont toujours des moquettes ou des tapis moches. Je crois que je vais me faire une joie d’essuyer mes pieds à l’endroit où il ne faut pas. On me vole Tess, faut bien que je signifie mon mécontentement de manière puérile. Question de principe.

    La femme qui ouvre la porte n’est pas la tante de Tess, fallait voir comment elle est habillée. Elle ressemble plus à l’employé de maison qu’à autre chose. ça commence mal, ces gens sont même pas fichus d’ouvrir leur porte eux-mêmes. N’importe quoi. Aucun sourire sur mon visage quand elle nous interroge sur notre venu, je ne mets pas plus de sympathie que ça dans le timbre de ma voix.

    C’est madame Hour qui nous envoie.

    Une vérité en fait, le truc c’est que, entre-temps elle a perdu la vie. On les fait patienter, la porte se referme et, quelques minutes se passent quand elle s’ouvre à nouveau. La préposée à la porte – sûrement à d’autres choses aussi – les invite à entrer en regardant avec insistance le paillasson qui est censé leur servir à se frotter les pieds. Sans un merci et en snobant complètement l’objet en question je rentre dans un énorme couloir où, cette fois, la tante de Tess, accompagnée de son mari, se dirigent vers nous.

    Je peux vous aider ?

    Elle m’énerve déjà avec son sourire de façade, son image de couple modèle mais, putain, je souris intérieurement en la voyant halluciner sur les traces de pas que j’ai laissées derrière moi.

    Ouais, c’est pour elle, Je désigne Tess d’un mouvement de tête. Sa mère m’a demandé de vous l’amenez parce que, disons qu’ils ont eu des ennuis et qu’ils n’étaient pas en mesure de protéger leur fille.

    j’aurais bien balancé de but en blanc que les parents en question étaient mort, juste pour voir la tronche de cette femme mais, je m’abstiens, plus pour Tess que cette femme en face de nous.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Jeu 5 Sep - 19:11

Je m'étais pas attendue à ses bras. En fait, je ne les avais même pas demandés. C'était un peu ma façon de le remercier, de lui dire "Ouais, je sais t'es chiant mais moi je t'aime bien quand même, tu peux me repousser, je m'en fous." Et c'était vrai. Je m'en fichais parce que… Qui j'étais pour le juger ? Qui j'étais pour juger son caractère, sa façon d'être ? J'étais personne. Ni sa fille, ni qui que ce soit, j'étais moi. Celle qu'il avait sauvée d'une mort certaine, ou d'un futur en mode rat de laboratoire. Et quand il dit m'accompagner, j'ai d'abord envie de refuser. Pourquoi faire, il avait fait son job, point ! Mais en fait, je crois bien que ça me rassurait de le savoir à côté de moi. Je savais pas du tout quoi dire. Et puis c'était un peu comme dire "Faites chier et mon grand frère vous file un coup de massue sur le table, ça va vous faire saigner les dents quelques secondes mais après vous vous souviendrez plus de rien." Alors j'ai acquiescé en pinçant les lèvres parce que je savais qu'il n'en avait pas tellement envie, il devait penser qu'il devait encore me sauver, ou un truc du genre. Il avait sûrement le souci du boulot bien fait ! Enfin bref, dans les deux cas nous étions contents l'un comme l'autre !

Quand la porte s'ouvre, j'ai envie de dire bonjour et de demander mon oncle ou ma tante, je connaissais à peine leur prénom. Mais Neil m'a devancée et j'étais assez surprise par le ton employé. Je croyais qu'il serait venu me soutenir, pas… Je croyais qu'il voulait me livrer dans cette famille et se barrer ! Et puis "c'est pour elle". Merci mais j'ai un nom ! Je n'avais pas très envie de rentrer mais je l'ai fait quand même. J'ai même mis un peu de bonne volonté, tu vois. Je partais avec un handicap : je ne sentais pas très bon et mes cheveux luisaient tant ils étaient gras. Sans rire, il me faudrait plus d'une douche pour m'en remettre. Une douche pour le plus gros, un bain pour me prélasser et une autre douche pour me rincer ! Et une bouteille de shampoing entière pour ma tignasse et au moins deux gels douche. Un pour les jambes et l'autre pour le torse. Ouais. J'ai presque eu envie de de fusiller Neil du regard. Si c'était pour me traiter de marchandise, il pouvait repartir en me laissant là ! Mais en fait, quelque chose m'en a dissuadé parce que je commençais à le connaître. Et parce qu'il ne disait toujours rien sur mes parents. En réalité, je me suis rapprochée de Neil quand j'ai vu le regard de ma "tante", et les yeux que son mari a posé sur moi comme si… J'étais un aberration. J'ai froncé les sourcils alors qu'elle faisait un pas vers Neil. Dis donc, elle aurait presque été menaçante.

– Ah oui… Tess. Qu'est-ce que ça veut dire "des ennuis ?"

Disait-elle en me me dénigrant du regard. Dis-donc, c'était quoi son problème ?

– Bah en fait, ils sont morts. Enfin, ma mère, en tout cas, c'est sûr.

J'ai cru qu'elle allait tomber en arrière. Son mari l'a retenue de justesse par les épaules alors qu'elle portait sa main scandalisée à sa poitrine. Elle a même poussé un cri pendant que la gouvernante allait chercher de l'eau. Attendez, j'étais pas certaine de comprendre cdc qu'il se passait, en réalité. Parce que ma tante s'est redressée et je me suis demandée si elle allait pas m'étrangler ou un truc du genre alors j'ai fait un pas en arrière.

– Comment oses-tu venir jusqu'ici pour annoncer une pareille nouvelle avec autant de sang froid.

Cette fois, c'est moi qui aie fait un pas en avant, l'air menaçant. Neil me retiendrait sûrement par le bras mais je l'aurais atteinte par les flèches que je tirais avec mes yeux !

– Hey, j'ai failli y passer aussi, je vous signale ! Et puis d'abord, c'est quoi votre problème ?! Avec ma mère, vous vous étiez plus parlées depuis des années, c'est la première fois que je vous vois ! Vous avez coupé les ponts ! Viens Neil, on s'en va, je t'avais dit que ça servait à rien.

Et cette fois, c'est moi qui ait tiré son bras pour reculer et qu'il ressorte avec moi. Sauf que ma tante - ou celle que je croyais avoir - a pincé les lèvres d'un air mauvais, sa main toujours sur son coeur et je crois même qu'elle a postillonné en m'interpelant.

– Tu n'as jamais été qu'une source d'ennuis pour cette famille. Toi et la lubie de ma chère soeur désireuse de sauver l'humanité ! 

Elle a le mérite d'attirer mon attention. Mais la première chose à laquelle je pense, ce sont mes ennuis de santé qui ont coûté cher à mon père, je ne pense absolument pas à…

– Comme si ça pouvait faire une différence d'adopter un bébé à la condition incertaine à l'autre bout du monde. Elle a misé sur une mutante ! Et voilà ce qu'elle récolte.

Plus que mon attention, cette-fois, je me suis figée. Je crois que ma tante était un peu sadique avec une envie farouche de faire le mal autour d'elle. Ses traits étaient si sévères que ça ne m'aurait même pas étonnée. Mais elle semblait également avoir de la verbe à cracher. J'ai cligné des yeux en lâchant le bras de Neil et je me suis retournée lentement. J'étais entre deux, un pied sur le paillasson, l'autre sous la pluie. J'étais comme à la frontière de ma vie d'enfant et de ma vie d'adulte. Ou un truc dans le genre, prends ce que tu veux comme image, en fait. Elle a dû se ravir de voir ma curiosité attisée parce qu'elle s'est mise à sourire. Son mari n'avait toujours rien dit mais à le voir baisser la tête, soit il n'était pas d'accord avec moi et c'était un couard, soit il n'avait pas les brunes nécessaires pour s'opposer à sa femme c'était un connard de couard ! Dans les deux cas, je n'avais pas voulu venir ici et maintenant j'en avais la preuve.

– Qu'est-ce que vous avez dit ?

J'ai penché la tête légèrement, ma voix basse. J'étais encore assez calme. En fait, je pensais à cet instant qu'elle disait ça juste pour me faire peur. Pourquoi ? Aucune idée mais en tout cas, elle semblait déjà me détester avant que j'arrive. Je te parie qu'en me voyant avec Neil sortir de la voiture, elle savait déjà que c'était moi. Et puis depuis le temps, quelqu'un avait dû la prévenir pour mes parents non ? Et que je manquais à l'appel, aussi, non ? J'en sais rien. Elle se met à secouer la tête et me juge de haut en bas avec un filet de bave fictif. Elle est mauvaise comme la peste, je le sens d'ici.

– Une amie de ma soeur en Irlande ou en Ecosse, pour ce que je m'en fiche, venait d'accoucher, un bébé indésiré, encore un sauf qu'ils avaient déjà un fils sociopathe à gérer et n'avaient pas envie de tenter le diable sur un second. Alors mon héroïne de soeur a décidé de t'adopter. Depuis, tu n'as été qu'une source éternelle d'ennuis plus détestables les uns que les autres.

je crois que j'aurais dû m'énerver. Je crois que sur elle, j'aurais pu tirer sans réfléchir. Juste pour la voir souffrir comme elle me faisait souffrir en ce moment-même. Ce qu'elle disait expliquait bien des comportements de mon père mais ma vie était déjà un fichu enfer et Neil n'avait vraiment rien arrangé. J'ai cligné des yeux. j'avais parcouru le pays tout entier, j'avais mis ma vie en danger, j'avais tué un homme, j'avais couru comme jamais, j'avais eu faim, froid, soif, sommeil… Mais j'avais survécu. Mais ça ? C'était une douleur que je ne me soupçonnais même pas de pouvoir endurer un jour. C'était lancinant, en plein coeur, c'était comme s'éveiller après un long coma - je savais de quoi je parlais. J'ai voulu parler mais ma tante a repris.

– J'ai coupé les ponts avec ma soeur parce que je ne supportais plus de la voir souffrir.

Me faire porter le fardeau de la mort de ma mère passait presque encore mais que toute la vie de ma mère ait été ruinée par mon existence ? Je ne pouvais le supporter, ce n'était pas comme si j'avais choisi. Ce n'était pas comme si j'avais choisi d'être adoptée et encore moins d'être mutante, sans parler de ma mutation merdique ! Même si Neil tentait de me retenir, je crois que j'avais tellement besoin d'être ailleurs, j'étais si fatiguée, si épuisée, je tenais à peine sur mes jambes mais je m'étais mise à courir.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Lun 9 Sep - 22:20


    Je baisse la tête pour cacher un sourire. C’est à Tess que je le cache plus qu’aux deux autres abrutis de bourgeois. En soit, annoncer la mort de sa mère n’est pas amusant mais, c’était sa façon de le faire, cache, spontanée, qui avait manqué de faire faire une crise cardiaque à sa tante. Je n’ai rien contre eux en réalité mais, je m’en fou, personne ne me demande d’être objectif. Parce que de façon très objective, la tante est en droit de trouver les manières de Tess déplacées sauf que, là, encore, c’est à la tante que je donne tort et, comme l’explique assez bien Tess, elle devrait plutôt s’inquiéter de ce qui s’est passé pour elle.

    Ah ouais mais non. Ce n’est pas prévu comme ça. Tess m’entraine vers la sortie, sous le coup de la surprise j’ai rien fait mais, quand j’allais pour la retenir parce qu’elle n’avait pas tellement le choix, c’est l’autre abrutie qui reprend la parole pour dire ce qu’elle n’aurait jamais dû. Parler d’adoption en moins de deux minutes ce n’était pas très fairplay de la part de la tante et, bien que lui expliquer ma façon de penser me traverse l’esprit, je me dis que les histoires de famille ça craint, qu’il ne faut pas s’en mêler. De toute façon, on m’aurait pas laissé en placer une, à croire que c’était entre Tess et sa tante.

    Pour le coup je me sens plus compatissant envers l’oncle de Tess qui, comme moi, assiste à la scène sans intervenir. A croire qu’on savait tous les deux que, si on l’ouvrait, on s’attirait les foudres des deux bouts de femmes. Personne n’en avait envie, croyez moi. Je n’étais jamais très loin de Tess. Je crois bien que j’ai serré les points quand la tante s’est mise à dépiter un tas de conneries sur les ennuis que Tess avait pu apporter à sa mère, quand elle retrace l’histoire de son arrivée dans cette famille qui n’était pas la sienne. C’est quand même aberrant, je viens de me taper tout un voyage en solo avec Tess, en prenant sur moi, ne racontant jamais qu’elle avait été adoptée et cette grognasse, en moins de cinq minutes crachait le morceau. Pour la subtilité, on repassera !

    Je crois que c’est trop pour Tess qui, déjà, n’avait pas envie de venir ici. Beaucoup trop, elle finit par partir en courant. Mon regard se fait assassin quand je le repose sur la bonne femme, j’ouvre la bouche et… Non, en fait, je me contente de poser mon regard sur l’homme.

    J’espère que cette femme est le plus grand regret de votre vie.

    Dire quelque chose de manière musclée n’aurait servi à rien. Juste à me faire plaisir et j’en avais envie mais j’avais une gamine qui venait de se barrer en courant dans une ville inconnue, en plus de venir d’apprendre qu’elle avait été adoptée. Dans ce genre de crise, on a tendance à revoir nos priorités, refaire le portrait d’une personne présente, passant en second plan. Je quitte la maison, la pluie me tape sur le système et je regarde autour de moi. Putain, elle court vite la gamine. J’ai sa direction mais lui courir après était une perte de temps, c’est vers la voiture que je cours en sortant les clés de ma poche.

    Au volant, la voiture en route, j’enclenche rapidement la première pour aller à la poursuite de Tess et, soyons honnête, en voiture c’était beaucoup plus rapide. J’dirais bien que j’étais au sec et que c’était une bonne chose mais vu comment j’étais trempé, dedans ou dehors ne faisait pas de grandes différences. Je me penche côté passage, au ralenti, pour ouvrir la fenêtre une fois à la hauteur de Tess. Mon regard alterne entre la route devant moi et l’adolescente.

    Le prochain marathon est dans 4 mois, tu prends vachement d’avance quand même là.

    J’aurais tout le loisir de me dire que je suis trop con plus tard. On ne m’a pas vraiment laissé le temps de réfléchir à ce que je faisais et, c’était une mauvaise idée. J’aurais dû la laisser partir, elle arriverait bien à se retourner, à trouver une façon de s’en sortir… Elle ne voulait pas vendre de la drogue ? Ce qu’elle allait devenir ne devait pas être mon problème et, si je n’avais pas été pris dans l’urgence, j’aurais eu le temps de réfléchir à ce qu’impliquait le fait de lui courir après.

    Tess, sérieusement, monte dans la voiture, t’as vu ce temps ?

    Bien sûr qu’elle l’avait vu, elle était dessous. Des fois, j’ai envie de me foutre des tartes. Je ne sais pas ce que je dois dire, ni même comment m’y prendre. J’veux dire j’ai jamais eu d’adolescente en crise à gérer, je ne sais pas comment on fait et la voiture ne fournit pas de cuisine et de personnel pour faire des crêpes ou des cookies.

    Tu ne devrais pas les écouter, c’est deux abrutis qui ne sont jamais sortis de chez eux et qui ne comprennent rien. Ils sont même pas fichus d’ouvrir une porte eux-mêmes.

    Une nouvelle fois je me penche côté passager pour ouvrir la portière histoire qu’elle monte dans cette bagnole. Elle va réussir à tomber malade à rester sous cette pluie et je n’avais pas besoin de ça. Quelle merde, j’vais faire quoi moi après, hein ?
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 10 Sep - 5:47

Le fait d'être adoptée expliquait tellement de trucs. Et en même temps, ça me faisait tellement mal parce que depuis toute petite, je me battais avec mes problèmes de santé et à l'adolescence, après ma mononucléose, j'avais dû faire face à un autre souci : la condition mutante. Et puis ensuite, on avait voulu me kidnapper parce que mes problèmes de santé avaient généré chez moi une mutation qui valait cher ! Au final, qui était de mon côté ? Qui voulait de moi ? Pour qui est-ce que je comptais réellement ? Mes parents "adoptifs" savaient quand ils m'ont adoptée ? Est-ce que mes vrais parents savaient quand ils ont décidé de m'abandonner à cette famille ? Pourquoi je n'ai jamais entendu parler d'eux ? J'avais donc un frère sociopathe quelque part, la belle affaire ! Je vous parie qu'il était pas plus sociopathe que moi. Si c'était un mutant comme moi, il avait juste pas eu plus de chance que moi, c'est tout ! Tout ça, c'était rien qu'un paquet de merde ! Je crois que j'arrivais à la limite du supportable et que je n'avais plus envie de faire comme si ma vie était normale. Cela faisait des années que je souriais parce que je ne voulais pas qu'on croit que je m'apitoie sur mon sort, je n'ai jamais voulu que qui que ce soit me domine en pensant que ma vie était pourrie, c'était pas le cas. Seulement… Je ne pouvais plus faire semblant.

Ma tante a fusillé Neil du regard. Elle devait sûrement se demander qui c'était cet abruti dégueu qui avait sali son parquet. Sûrement une aberration comme moi, aucun temps à perdre avec lui, alors. Elle lui a désigné la sortie et l'oncle - faible - a simplement soupiré et s'est frotté les sourcils en secouant la tête. Plus tard, il chercherait à me retrouver. Mais ce jour-là, je n'aurai pas plus besoin de lui que je n'en avais eu besoin maintenant. Je n'avais jamais eu besoin d'eux, quoi qu'il arrive. J'avais toujours eu Neil et rien d'autre n'était nécessaire… Oui, sauf que…

J'avais couru aussi vite et aussi loin que j'avais pu. Loin de cette maison, de cette rue, je voulais sortir de ce quartier et même, m'éloigner de Neil. Pas parce que je ne voulais pas le voir, pas parce que je m'étais attendue à ce qu'il réponde, me défende ou fasse quelque chose pour moi. Je n'avais pas attendu qu'il me sauve une nouvelle fois, comme à Vancouver. Non, je me disais que tout ça, ça expliquait pas mal de choses. Je te dis, l'accumulation de choses a fait que… Je ne pouvais plus rien supporter et j'étais fatiguée. Quand je l'ai entendu depuis la voiture, je me suis arrêtée, mes mains sur mes cuisses et le souffle court. Mes cheveux trempés dégoulinaient de partout et la pluie ruisselait sur mon sac. J'adorais la pluie, c'était comme ma meilleure amie, je n'avais pas peur d'elle et j'adorais recréer son environnement dans une douche que je préférais du coup au bain. Et puis j'ai craqué. Mais d'abord, j'ai essayé de ne pas le montrer à Neil. Je me suis redressée en reniflant - sûrement à cause de la pluie hein ? - et je me suis mise à marcher, même pas vite.

Je n'ai aucune envie de l'écouter, oui j'ai vu le temps et non je n'ai pas envie de remonter dans cette voiture ! Pourquoi pour une fois que j'ai envie d'être seule, c'est lui qui vient m'emmerder ! Il devrait être content, il m'a déposée, je lui avais dit qu'il pouvait s'en aller ! Je me trouverais bien un pont sous lequel dormir ou une âme charitable. On était à New York, il y avait plein de solutions, ici. Alors quand il a repris pour prendre ma défense - enfin - je me suis soudainement retournée et j'ai donné un grand coup de pied dans l'aile de la voiture. Je crois même que j'ai poussé un léger cri.

– Tu le savais !

Et j'ai même redonné un deuxième coup. Peu importait le quartier, peu importait l'heure, et peu importait la pluie. Ma voix s'était brisée. Autant parce que je craquais que parce que ma voix était naturellement éraillée. Vu de l'extérieur, j'étais une adolescente en pleine crise que Papa ne savait pas maîtriser. Et puis les larmes ont commencé à couler sur mon visage en se confondant avec la pluie.

– Tu le savais et tu m'as obligée à venir ici quand même ! Tu as eu plein de semaines pour me le dire ! C'est pour ça que ma mère voulait que tu m'emmènes ici, pas vrai ! Parce qu'elle savait qu'elle n'avait pas le temps de me le dire et que toi t'aurais jamais les couilles de me dire qu'elle était pas ma mère donc elle t'envoie vers cette femme !

D'accord, j'étais peut-être un peu excessive. Bon, admettons, j'avais besoin de m'en prendre à quelqu'un et Neil était tout désigné. S'il tentait de s'approcher, je reculais. Je cognais même ! Et en réalité… Je crois que je me fichais pas mal de faire mal. J'avais tellement mal moi-même que je trouvais ça injuste qu'il n'en ressente pas le quart de ce qui me dévorait.

– Qu'est-ce que tu me dis pas d'autre, hein ! Que mon père est mort aussi ? Que c'est p-e toi en fait mon vrai père qui voulait pas de moi à la naissance, COMME TOUT LE MONDE ! Et si t'étais mon père, sache que je te tuerais ! Tu me fais pas peur, et la pluie me fait pas peur, je pourrais le faire Neil, je te préviens ! Tu m'as menti comme tout le monde tu vaux pas mieux qu'eux !

Neil était la dernière personne dont j'avais besoin en ce moment. Mais c'était aussi la seule personne dont j'avais besoin. C'était surtout la putain de seule personne que j'avais au monde. Il ne restait plus que lui… et moi.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 10 Sep - 21:56


    Putain ma voiture ! Techniquement ma voiture volée, juste un détail, trois fois rien.  Pourquoi est-ce qu’elle se sent obligée de frapper dedans, ce tas de ferraille n’y est pour rien du tout. Évidemment que je le savais, puis sa mère me l’avait dit. Cela dit, je ne vois pas très bien en quoi c’est un problème. Elle refile un coup à ma bagnole.

    Bordel Tess !

    Je comprends qu’elle soit énervée mais, m’inquiéter pour la voiture, ça m’évite d’avoir à songer à un conflit auquel je ne vais rien comprendre. Je ne suis toujours pas sorti de la voiture parce que, soyons honnête, j’ai aucune idée de la marche à suivre dans ce genre de situation.  Je m’en prend plein la tronche et je ne sais même pas pourquoi. Les histoires de famille, j’arrête pas de le dire, ça pu, ça devrait rester en famille.  Je prends sur moi et j’inspire un bon coup avant qu’elle ne me cours sérieusement sur le haricot.

    Elle ne m’énerve pas vraiment dans le fond mais, j’ai besoin de tout exagérer, je me dis que, comme ça, je trouverais bien une raison pour la laisser en plan sur ce putain de trottoir. Ce n’est plus mon problème, ça ne devait pas l’être. Pourquoi, j’appuis pas simplement sur l’accélérateur pour me barrer, alors ? je crois que c’est ça qui me gonfle le plus. J’suis incapable de la laisser là. Alors je la laisse débiter ce qu’elle doit débiter, de toute façon, les grands discours c’est pas mon truc, les crises de ce genre encore moins.

    C’est bon, t’as fini ?

    Je hausse un sourcil, toujours au sec dans la voiture, bien que mes fringues restent trempées. J’emploi pas le meilleur ton qu’il soit mais, je suis comme ça, elle devrait commencer à le savoir non. Le fait que je sois là, comme un con, en disait déjà bien assez long sur moi, sur ce que je pensais d’elle. Alors, ouais, j’estime que parler de cette manière est parfaitement légitime. En fait, ça me saoul, elle veut un point de vue, elle va l’avoir. Je sors de la voiture, les clés restent sur le contact mais je m’en contre fou. Je claque la portière et je fais le tour pour me mettre en face d’elle.

    On est au moment où on met les choses au clair, c’est ça, alors laisse-moi t’expliquer deux ou trois trucs.

    j’suis vraiment nul dans les relations sociales, ça doit être dans ce genre de moment qu’on doit être zen, pacifique, et diplomate. Tout ce que je ne suis pas, en fait.

    Ta famille, ou ta famille adoptive, c’est pas mon problème Tess. C’est pas à moi de t’apprendre d’où tu viens, peut-être que si personne ne te l’a dit c’est qu’il y a une bonne raison à ça alors, t’es gentil mais c’est pas moi qu’il faut engueuler pour ça.

    Là je suis plus que sérieux, ça ne me regardait pas. Que je l’apprécie, que je la traine d’un pays à un autre, n’entre pas en ligne de compte. Je ne suis pas un putain de messager pour des familles qui ne se disent pas la vérité. Ce n’était pas à moi de lui apprendre et, j’aurais su que ça se passerait de cette manière que je n’aurais pas changé d’avis sur la question.

    En ce qui concerne ton père, t’as pas posé la question non plus, je te rappel.

    J’ai rien caché en ce qui concerne la mort de son père adoptif, j’veux dire, elle m’a pas demandé s’il était en vie. Pour être franc, vu la manière dont les choses se sont passées là-bas, j’étais persuadé qu’elle l’avait compris depuis un moment. Il ne risquait pas d’y avoir le moindre survivant dans son ancienne maison.

    Maintenant, Tess, si tu estimes que je suis comme eux alors, vas-y, New York est à toi.

    J’ouvre les mains et je désigne ce qui nous entoure. Aucune envie qu’elle parte mais, aucune envie qu’elle puisse me comparer à ces abrutis qui lui ont menti et qui n’ont pas été capable de la protéger. Je finis par pointer la voiture derrière moi.

    Sinon, monte dans la voiture, je sais où aller.

    Tic tac Tess, prend une décision. Je me pousse d’un pas sur le côté pour qu’elle puisse accéder à la voiture si elle le veut, sans même avoir à me pousser. Si c’est pas gentil ça ? Je l’avais dit, ce genre de situation ce n’est vraiment pas mon truc. On m’agresse, je me sens obligé de faire pareil, c’est plus fort que moi.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 11 Sep - 6:14

Et plus il était sur la défensive, plus je l'étais. Sa façon de m'engueuler, j'avais tellement envie de courir loin de lui. J'avais mes yeux dans les siens, j'étais pleine de colère, je le fusillais du regard, j'avais envie de le cogner. Vraiment. Pourquoi ne voulait-il pas comprendre que tout ce temps où je m'étais efforcée de rester sage et calme ou de faire diversion pour ne pas craquer ou m'effondrer, j'étais en train d'en perdre les murs de béton ? Et il n'aidait pas à les reconstruire, il ne me donnait pas plus de courage, pas comme cette nuit où j'avais cauchemardé au motel. Je m'en étais prise à lui parce que je ne savais pas quoi faire d'autre et en réponse, il se défendait. Je ne comprenais pas pourquoi il ne comprenait pas. S'il pensait qu'il ne s'agissait que d'une crise d'ado, sa propre fille n'avait pas vraiment dû en atteindre l'âge avant de disparaître pour qu'il sache réellement ce que c'était. Mon monde s'était écroulé et il ne pensait qu'à se protéger de ce que je disais de lui ? Bon sang, Neil, pourquoi tu n'es pas plus intelligent ! Si j'étais censée le connaître après des semaines de route, c'était aussi valable pour lui, non ? Il savait pourtant que je n'étais pas le genre à péter un plomb, comme ça.

Je n'estimais pas tout à fait qu'il était comme eux… Je crois que quelque part, j'aurais bien voulu, j'aurais eu une très bonne raison pour le cogner avec mes poings qui s'en trouvaient des ailes. Je n'avais pas posé la question pour mon père parce que d'une, je crois que je ne voulais pas le savoir parce que de deux, je pense que je connaissais déjà la réponse. Et pourquoi je pouvais pas l'engueuler à lui ? Pourquoi il ne prenait pas sur lui comme je prenais sur moi, hein ? Si je pouvais pas l'engueuler lui alors qui est-ce que je pouvais ? Je sentais mes jambes se glacer au fur et à mesure que la pluie m'inondait de l'intérieur. Je commençais à avoir froid mais je ne quittais pas Neil des yeux, je ne cessais de le défier parce que sa réaction, pour moi, c'était un défi.

En tout cas, dans l'état qu'on me connaît sur l'instant, je n'avais aucune envie de l'épargner. C'était mon punching ball, il le fallait, il fallait que je m'en prenne à quelqu'un, c'était ma seule façon de ne rien garder pour moi, de lâcher le leste, évacuer la soupape. Ca tombait sur Neil mais une fois encore, je n'avais que lui, pas vrai ? A qui d'autres aurais-je pu m'en prendre. Il aurait dû me le dire. J'avais les cheveux qui frisaient sous la flotte… Ils étaient très longs… et très bouclés. Misère, je devais ressembler à un caniche malheureux. Il voulait vraiment que je remonte dans la voiture ou bien c'était juste une façon de parler pour que je la ferme ? J'ai pincé les lèvres en me retenant de balancer une autre grosse connerie à son sujet et j'ai fait un pas pour revenir vers la voiture en reniflant, une main se passant sur mon visage. Et puis je sais pas…

Quand je l'ai vu s'écarter, même légèrement, ça a été plus fort que moi. J'avais réellement besoin de m'en prendre à lui. Alors je me suis retournée et je l'ai à nouveau poussé sur le torse de mes deux mains.

– Tu es la seule putain de personne qui me reste et qui a été là pour moi, tu comprends pas ça ?! Alors non, pour moi… Tu ne vaux pas mieux qu'eux, finalement ! Tu es censé tout me dire !

J'ai fait un pas en arrière pour le dévisager.

– Tu devais me dire la vérité, c'était le plan, tu es celui qui me doit sortir de cette merde ! Tu n'es pas supposé me mentir ! Même par omission ! C'était à moi de décider si je voulais venir ici ! Pourquoi t'es encore là, alors hein ? Ta mission est finie, ton paquet est délivré. Tu n'as pas besoin de m'expliquer quoi que ce soit, Neil. Je l'avais déjà compris, tu sais.

J'ai passé mon poignet sous mon nez et j'ai reniflé à nouveau en secouant la tête. J'ai ouvert la portière d'un geste vif et rageur mais au lieu de monter, je me suis tournée vers lui en l'accusant d'un index.

– Je comptais sur toi, j'ai eu confiance en toi depuis le début ! Ma famille, tout ça, c'est pas ton problème, hein ? C'est pas ton problème mais tu juges qu'il y a une raison pour qu'on m'ait rien dit ! Tu aurais dû me le dire. Sinon, tu aurais tout aussi bien dû me laisser là-bas, ça servait à rien de me sortir de cette baraque. C'est moi ton problème, aujourd'hui, Neil !

Ma voix s'était adoucie - façon de parler - mais sur les derniers mots, je me suis montrée de l'index en haussant le ton jusqu'à ce que ma voix se casse. J'étais sûrement un peu violente. Non, en fait, je sais ce que tu vas dire, j'étais même injuste. Quoiqu'il y avait du vrai. En tout cas, je le pensais. J'étais vexée, j'étais blessée parce que j'avais cherché sa reconnaissance pendant des jours et que même maintenant, je n'avais rien. J'avais besoin de lui en ce moment et tout ce qu'il faisait, c'était se protéger de moi. Même lui. Je me suis engouffrée dans la voiture - je n'avais pas vraiment le choix d'autre chose, quand on y pense. J'ai failli y balancer un "je te déteste" mais je dois avouer que là, ça faisait un peu crise d'ado. Cela dit… Je le pensais. Sur le moment, en tout cas.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 18 Sep - 0:46


    L’imaginer rentrer docilement dans la voiture aurait été une pure connerie. C’était Tess. Celle qui venait d’apprendre que sa vie était bâtie sur un mensonge. Celle qu’on voulait abandonner là parce que personne ne voulait d’elle. Celle qui avait besoin de s’exprimer parce que son monde venait d’en prendre un sacré coup. Je ne sais pas ce qu’elle vit, personne ne peut comprendre sans avoir vécu sa situation mais, je conçois. Enfin, je crois. J’en sais rien, c’est confus chez moi aussi. Le PLAN, bordel, c’était de la laisser là et, comme un abruti, j’avais cette impression de joie à l’idée qu’on ne voulait pas d’elle. J’dois avoir un problème parce que ce n’est pas bien pour elle mais, je crois que j’ai juste envie qu’elle reste.

    Une vraie connerie ça aussi. J’ai quoi à lui offrir ? Une cavale parce que, si elle allait être recherchée pour son pouvoir, je n’étais pas en reste non plus à force de vouloir doubler tout le monde. J’aurais jamais dû accepter cette mission, je n’en serais pas là, sous cette foutue plus à me retrouver bousculer par Tess. L’esquiver, la bloquer, la retenir, tout ça était à ma portée. Aussi en rage qu’elle puisse être, j’avais de l’entrainement mais, à quoi bon ? Elle avait besoin de se défouler ? Qu’elle le fasse. J’m’en fou, en fait que ce soit sur moi qu’elle passe ses nerfs, tout ce que je veux, en fait, c’est juste qu’elle aille mieux. Je ne suis pas d’accord avec ce qu’elle dit, je n’ai aucune obligation de vérité envers elle. Mais, ce n’est pas grave. Défoule toi tant que tu veux Tess, défoule toi et reprend toi parce que, à partir de maintenant les choses allaient se compliquer.

    Honnêtement, je la trouve injuste. Ce n’est pas mon rôle de lui dire la vérité sur sa famille, surtout que, bordel hormis le fait qu’elle a été adoptée, j’sais rien d’autres. Je la trouve injuste parce que si elle était qu’un putain de colis, je l’aurais laissé devant la porte de la baraque de sa tante et j’aurais tracé depuis longtemps. Je la trouve injuste parce que si ça n’avait pas été mon putain de problème, on ne serait pas sous cette pluie. Je ne dis rien, je la laisse se défouler et, finalement, elle finit par monter dans la voiture. Je crois, honnêtement, que je suis soulagé.

    Assez en tout cas pour rester comme un con sous cette pluie encore quelques instants avant de me décider à faire le tour de la voiture et reprendre la place côté conducteur. Le contact était encore en route, pas pris le temps de l’éteindre en descendant de la voiture. Une main sur le volant, une autre sur le levier de vitesse, je m’apprête à enclencher la première quand j’abandonne cette idée, que je lâche tout et que je me tourne vers Tess.

    Écoutes, pour être franc je ne sais pas pourquoi on t’a menti et, tu peux penser ce que tu veux, je ne bougerais pas sur l’idée que ce n’est pas à moi de d’apprendre ce genre de chose. Je ne connais pas ta famille, ta mère m’a demandé de te ramener ici parce qu’elle pensait que tu pourrais y recommencer ta vie. Ce n’était pas à moins de décider ce que te dirais ton oncle ou ta tante.

    Je pince les lèvres légèrement, parce que, même si on n’est pas d’accord sur ce point-là, j’estime sincèrement que ce n’était pas mon rôle. Elle est plus qu’un foutu colis à apporter à une famille adoptive, bien plus mais, ça ne change pas le fait que ce n’était pas mon rôle.  Puis, ça se trouve ça mère avait une très bonne raison de ne pas lui dire la vérité. Ils n’avaient pas parlé d’un frangin sociopathe ? Je pense que sa mère a seulement cherché à la protéger, ça serait dommage que Tess oublie ça. je plisse légèrement les yeux en pensant à son oncle et à sa tante, et du coup, je continues dans ma lancée.

    Qui, entre nous, on vraiment l’air de cons finis.

    Ok, peut-être bien qu’il était préférable de se passer de ce genre de jugement de valeur personnel. Mais, sérieux, je leur aurais bien fait bouffer leur moquette, juste pour le plaisir. C’est moi le rustre mais alors eux, ils n’ont pas gagné en tact ou en diplomatie sérieux. Abrutis ! Je reprends un peu de sérieux après cette dernière phrase.

    Je suis désolée Tess, le but n’a jamais été de te cacher quoi que ce soit mais, vraiment, ce n’était pas mon rôle. Ce n’était pas supposé se passer comme ça, tu sais ? Le but s’était que tu retrouves une famille et une vie qui ava avec parce que, de toi à moi, j’ai rien de tout ça à t’offrir.

    Dans l’immédiat,  je sais où crécher pour avoir le temps de se retourner mais c’est tout. Après… Après, ça allait être le bordel, et si elle reste avec moi, ça le sera encore plus. Adieu ses envies de grandes écoles et de bal de promo. Je veux être capable de décoller d’un endroit en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Je peux être plein de de chose mais sûrement pas le synonyme d’une vie stable.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Ven 20 Sep - 6:07





Dans la voiture, j'ai gardé mon sac contre moi et je me suis accoudée à la vitre pour regarder dehors, ma tête dans mon poignet. Quoiqu'il en dise, si lui ne me disait pas la vérité du monde alors qui le ferait ? Comme par hasard, tout le monde tentait de me protéger mais tout le monde me mentait ! Si j'avais connu une fille nommée Maddison, je crois qu'on se serait bien marrées à refaire le monde rien qu'en maudissant toutes les personnes qui nous avaient menti. Soit disant pour nous protéger. Quoi qu'il en soit, Neil ou pas Neil, je lui en voulais. Même sa tentative de se ranger de mon côté en disant que ma tête était une conne finie - mon oncle j'en savais trop rien il avait pas ouvert la bouche - ça ne m'a pas faite sourire ni émue. En fait… je n'ai même pas bougé. Concrètement ? Je n'avais plus envie de l'écouter.


Alors j'ai pris mes écouteurs - enfin ce vieux casque qui me sevrait d'écouteurs et je l'ai posé sur mes oreilles pour faire croire que j'avais la musique à fond et que je ne l'entendais pas. Si lui n'avait rien à m'offrir alors personne n'avait quoi que ce soit à m'offrir. Techniquement, moi les études, les bals de promo… Oui, j'en avais rêvé mais maintenant que j'y pensais, je me rendais compte à quel point tous ces trucs, c'était trivial. Et en fait, à l'heure actuelle, je n'en voulais pas. Du plat de ma main, je me suis essuyé un oeil en reniflant mais je n'avais pas envie que Neil croit que j'étais une poule mouillé ou une chiffe molle. Cela dit, j'avais du mal à me retenir, à ne rien montrer. Il arrivait un moment où… Où je ne pouvais plus faire semblant.


Demain irait mieux. J'ignorais où il nous emmenait, c'était juste le temps de me retourner, peut-être que je trouverais une solution ensuite. A ce moment-là, j'ignorais toujours ce qu'il allait advenir de ma vie. Je m'imaginais devenir serveuse dans un café pourri pour payer un appartement pourri, vivant sur des petits moyens et puis un jour, je rencontrerai un beau et riche jeune homme qui m'emmènerait loin, pourquoi pas en Europe. ce serait un artiste ! J'adore les artistes. Mais tout ça, c'était me bercer d'illusions. C'était une façon de me dire que je pouvais me détacher de Neil comme s'il n'était rien pour moi. C'était pas mon père mais il en faisait toutes les erreurs et en même temps, toutes les attentions. Le Walkman, les blagues pourries, le câlin après le cauchemar, les mensonges "pour protéger" et puis sa façon de conduire… Dans une autre vie, il aurait été mon père que ça n'aurait choqué personne. Mais il était le père d'une autre. Et soudain, le mien me manquait. Il faudrait que je trouve un moyen d'appeler chez moi pour savoir ce qu'il était réellement advenu de lui. Mais quand Neil m'aurait pas sous les yeux. Il flipperait trop.


Non… La vie qui m'attendait j'étais déjà dedans. Je n'avais pas envie d'en vivre une autre. Il m'avait sortie de cette maison alors maintenant, il devrait assumer. "Salut Neil, je suis pas ta fille mais c'est tout comme, on va braquer une banque ?" Hey à bien y réfléchir, l'idée me plaisait vachement. Combien de mutants comme moi ? Combien de mecs comme Neil ? Et si je pouvais faire une différence ? Et si je pouvais aider d'autres mutants comme Neil m'avait aidée, moi ? Après tout, qu'en était-il de mon pouvoir ? Est-ce qu'il servait à quelque chose ?


Finalement, j'ai allumé la musique et j'ai regardé la ville défiler sous mes yeux. C'était… Très particulier la dark country en pleine ville. Alors j'ai soupiré et j'ai fermé les yeux, tentant de revoir dans ma tête ces paysages qu'on avait traversés. Ma mémoire était tout ce qu'il me restait. J'étais à New York maintenant… Et j'étais pas prête d'en partir.

Direction... ELIRYS !
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