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 Quand petit déj' rime avec survie [Tess]

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Neil Campbell
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MessageSujet: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 25 Juin - 20:38

    J’ouvre à peine les yeux, le soleil qui se lève me crame déjà les rétines. Nuit de merde. J’ai l’impression de ne pas avoir dormi, la cassette en fond avait finie de tourner depuis un moment… Je suppose. Je frotte mes yeux, action débile mais j’ai l’impression que ça m’aide à faire face à ce début de clarté. C’est en me redressant que j’ai l’impression d’avoir le dos raide, faut vraiment que je nous trouve une chambre pour les prochaines nuits. Ces conneries, bordel, c’est plus de mon âge. Ma main trouve la manivelle pour redresser le siège et, au prix d’un certain effort, j’arrive à le remettre un peu près droit. J’ajuste le rétroviseur intérieur, je me fou de voir ce qui se passe sur le route derrière moi, ce qui m’intéresse c’est elle.

    Elle dort encore sur la banquette arrière, elle avait mis du temps à s’endormir. J’ai presque des remord en mettant la main sur la clé de contacts, ça finirait par la réveiller mais, on n’a pas le choix. Il faut qu’on bouge. Plus vite on sera arrivé à New York, plus vite je pourrais la bazarder à sa famille, ce qu’elle pense être sa famille. J’avais assez d’ennui comme ça, sans me trimballer une gamine qui avait aussi lot d’emmerde. C’est avec cette idée en tête que je fini par mettre le contact… Loupé. La voiture fait des siennes, je grogne, je la menace, je recommence elle repart. Bonne idée, elle a dû comprendre que c’était mieux pour elle.

    Je jette un nouveau regard dans le rétroviseur sur Tess et me concentre sur la route. Je sais très bien que, quand elle sera réveillée, elle finira par passer sur le siège côté passager. Peut-être même qu’elle mettra ses pied sur le tableau de bord, et que je grognerais pour signifier que ça m’emmerde royalement alors que, dans le fond, je m’en fou. Ne pas se montrer trop agréable, c’était une façon de s’assurer qu’elle ne s’attache pas. En fait, c’était une vérité qui était surtout faite pour moi. La bazarder, c’est la seule chose que je devais faire. Sorti de cette optique c’était s’assurer trop d’ennui.

    5 minutes que j’étais sur la route et déjà un panneau m’indiquait d’un vieux restaurant à une trentaine de bornes. Le genre de restaurant comme on voit dans les films, paumé au milieu de nulle part, avec rien autour, où les employés devaient payer plus cher de frais d’essence que de loyer pour venir. Ce genre d’endroit où la bouffe n’est pas fameux mais, vu qu’ils sont les seuls, ça n’a pas d’importance. Ca répondait seulement à une demande : celle de remplir le ventre des gens qui passeraient dans le coin sans avoir penser à prendre à bouffer avec eux. Je me fou un peu de la qualité, si ça tenait qu’à moi, on ne s’arrêterait même pas mais je me dis que Tess doit avoir faim et que faire une petite pause ne peut pas lui faire du mal.

    Elle allait encore m’énerver, je suppose, à vouloir prendre un tas de chose qu’elle ne peut pas bouffer. Promis, j’essayerais de ne rien dire. Non mais je me connais. Sérieusement, elle ne peut pas se contenter de manger que ce qu’elle peut, j’ai pas vraiment envie de la trainer dans un hôpital, encore moins qu’elle me claque entre les doigts, je dois l’emmener quelque part. Quelle connerie d’avoir promis à ses parents que je le ferais.

    Ca s’agiter doucement à l’arrière, je porte la main à l’autoradio, tourne la casette et l’enfonce à nouveau. Un fond de musique country se mets en route et je me dis que la prochaine fois que je prends une voiture avec une cassette dedans, il faut que je m’assure que ce ne soit pas de la country, on a beau s’y habituer, ça ne restais pas ce que je préférais.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 25 Juin - 23:37

La veille au soir, quand Neil a décidé de s'arrêter sur le bas côté, j'ai pas vraiment voulu grogner. J'étais exténuée et puis de toute façon, je savais pas conduire, alors je pouvais pas le remplacer. Comment il pouvait rester là, à conduire, toutes ces heures, juste pour m'emmener à New York ? Il aurait pu me balancer dans un bus... Ou autre chose. Il a peut-être des remords à me laisser seule ? Boah, tu parles. Ca se trouve, il y a même pas pensé. J'ai enlevé mes pieds du tableau de bord, j'ai fermé mon calepin et je me suis glissée sur la banquette arrière en m'enroulant dans mon pull, tournant le dos légèrement à Neil. Pendant qu'il s'installait, je regardais à travers le pare-brise arrière de la voiture. Dans le désert, le ciel était si clair, je l'avais jamais vu comme ça. Je pouvais presque compter les étoiles, tu sais ? Mais impossible de m'endormir. Pourquoi cette foutue cassette était la seule chose qui me calmait, j'en savais rien. J'en savais pas plus sur ce silence inconfortable. Alors, machinalement, je me suis mise à fredonner cette musique de country qu'on laissait tourner. On l'avait trouvée dans la voiture. Je savais même pas que ça existait encore, ces machins-là. J'ai regardé Neil et je me suis dit qu'il était le seul à pouvoir savoir comment ça marchait ! Je crois qu'il a pas aimé ma blague. En tout cas, il a vite compris que c'était la seule musique qui m'aidait à dormir, même si c'était pas vraiment ce que j'appelais dormir.

Le vrombissement de la voiture m'a réveillée plus que le soleil. La chaleur me réchauffait les pieds mais je commençais à avoir froid alors en fait, quand on y pense, c'est presque comme si j'avais réussi à m'endormir qu'au petit matin. Neil pensait que ça m'amusait d'être malade à bouffer des tas de cochonneries. Pour les Twinkies, je veux bien, j'étais responsable et incontrôlable. Mais pour le reste, loin de chez moi, je n'avais aucun moyen de contrôler mes aliments. En fait, des fois... Je mangeais rien pour la simple et bonne raison que j'avais peur d'être malade, comme avant avec les hôpitaux et tout. Alors je faisais croire que de toute façon j'étais au régime. A me voir, c'était dur à croire. Je parie qu'il a jamais mord à l'hameçon mais il n'en a jamais rien dit non plus. Alors, je sais pas. Tout ce que j'avais dans mon sac, c'était un paquet de galettes de sarrasin trouvé quelques jours plus tôt. Et je les économisais à mort, c'était mon seul repas en dehors des restaurants où Neil nous arrêtait. J'étais morte de faim... Le pain me comblait pas l'estomac mais lui au moins, je le savais, je pouvais le manger sans risque. Quand je l'avais vu sur l'étagère, j'avais presque sauté dessus : c'était le dernier. Quand j'ai demandé au vendeur s'il n'en avait pas d'autre en arrière boutique, il m'a répondu que personne mangeait cette merde et qu'il était content d'avoir enfin réussi à écouler son stock. Si je te dis que j'étais contente de savoir que ce pain était du genre à se conserver longtemps, tu me crois ? Je veux même pas savoir depuis quand il moisissait ici.

Mais j'ai pas envie d'ouvrir les yeux encore. Alors je le laisse conduire... encore. Une foutue routine. J'ai mal partout, j'ai découvert des muscles dans mon corps que je connaissais même pas ! J'ai fini par me retourner pour le voir, calant mes mains sous mon visage. Il a dû sentir que j'étais réveillée parce qu'il a de suite mis la cassette en route. Je me demande pourquoi il fait ça... Il déteste cette musique, je le sais, je le vois dans son regard, je suis pas débile. Alors pourquoi il continue ? Prenant mon paquet de pain, je me suis frayée un chemin devant, tirant mon sac avec moi pour y trouver un truc à lire. J'avais récupéré des magasines dans le dernier drug store pour l'arrêt pipi. J'ai croqué un bout de mon pain et déjà je me sentais pas bien. Pas que c'était pas bon ou que j'allais être malade ! Juste... Bon sang, si je devais encore manger de ce truc en boucle, j'allais me tirer une balle dans la tête.

Ni un bonjour, ni rien, je me suis contentée de bailler à m'en décrocher la mâchoire et j'ai relevé mes genoux pour les entourer de mes bras et regarder la route. J'ai remis un peu d'ordre dans mes cheveux avant de souffler, faisant vibrer mes lèvres. Et voilà, je m'ennuyais déjà. Pendant quelques minutes, j'ai laissé ma tête contre la vitre pour regarder le paysage défiler. Malgré tout, c'était si beau ce que je voyais, j'arrivais pas à m'en lasser. J'ai mordu un nouveau bout de mon pain avant de le ranger. Je ne savais pas que Neil comptait s'arrêter dans un moment alors je me suis bien installée, comme d'habitude et j'ai sorti le magasine tout froissé de mon sac pour le lire.

– Cancer... Ha ! J'aime l'ironie de la vie. Je me lasse jamais de celle-ci. (tin, je l'ai même pas faite exprès celle-là !!!) Travail : encore un effort, c'est presque la fin de la semaine. Santé : Le cholestérol vous guette. Amour : Votre moitié vous demande des comptes, jouez carte sur table.

J'ai roulé des yeux. Ce que ça pouvait être débile ces trucs d'horoscope... Mais je considérais Neil comme ma moitié, alors... J'ai cherché dans les petits paragraphes à quoi il pouvait correspondre. La vérité, c'est que j'en savais foutre rien. Sûrement un truc genre taureau, le genre bien souffleur, jamais content et bourrin. Mais ça m'occupait.

– Quel signe ?
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 0:03


    Pas un bonjour, ni même un « bien dormi », ce genre de question que je trouvais plutôt conne dans le contexte actuel. Elle venait de dormir dans une voiture, n’avait pas connu un lit digne de ce nom depuis que je l’avais tiré de chez elle alors, lui demander si elle avait bien dormie, c’était du foutage de gueule ! Le silence, c’était bien. La cassette le comblait donnant l’illusion qu’il se passait quand même quelque chose, en fait, j’en savais rien. Tout ce que je savais c’est que je n’avais pas envie de lui poser de questions, que je n’avais pas envie qu’elle m’en pose comme si ça permettait de garder une certaine distance entre nous. Comme si ça me permettait de la voir comme un simple colis, une foutue marchandise à balancer dans une ville à l’autre bout du monde. Les illusions avaient quelque chose de bien dans ce genre de situation.

    Je reste le regard sur la route, lui en lance de temps en temps quand elle a les yeux plongés dans son magazine ou qu’elle regarde par la fenêtre. Je ne sais pas comment m’y prendre avec elle mais, dans le fond, je ne suis pas certain de vouloir savoir comment faire. Si seulement on pouvait se contenter de foutre les gens dans un coffre et de les trimballer comme cela, ça me simplifierait grandement la vie. J’avais envie de lui dire de lâcher ce qu’elle bouffait, qu’il l’emmenait manger ailleurs histoire de varier un peu les « plaisirs » mais, je me dis que si elle mange c’est qu’elle doit en avoir besoin. Je ne comprends rien à sa manière de s’alimenter, ce qu’elle à le droit de bouffer, ce qu’elle doit éviter. J’ai les grandes lignes mais je ne peux pas comprendre la difficulté que ça peut représenter. Alors, la laisser gérer, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.

    Je soupire quand elle commence à lire l’horoscope. Des conneries. Des phrases bateau où tout le monde pouvait s’identifier dedans en croyant qu’il y avait vraiment un truc de scientifique ou mystique derrière tout ça. Et puis qui avait envie de connaitre son futur, hein ? Pourtant j’écoute, je ne souris pas mais j’en ai envie quand elle parle d’ironie de la vie, juste à cause du nom de son signe astral. Et voilà qu’elle me demande mon signe. Pff. Je grogne, me concentre sur la route.

    Toutes façons, c’est des conneries alors on s’en fou un peu, non ?

    Je lui jette un regard que je reporte très vite sur la route en me disant que ce qui était des conneries pour moi ne l’était peut-être pas pour elle, que c’était sa façon de passer le temps. Rentrer dans ce genre de jeu était stupide, je me devais de rester sur ma position. Avec un peu de chance, ça la dissuaderait de me poser d’autres questions. Mais elle est là, à côté, en train d’être ballotter dans une voiture parce que j’avais accepté un foutu contrat – quoique, en y réfléchissant bien, si je n’avais pas accepté, d’autres l’auraient fait à ma place – et je crois que je me sens un peu responsable de sa situation. Et merde !

    Bélier.

    Un mot que je regrette déjà d’avoir prononcé, à se demander ce que je pouvais lui refuser ? Ça m’énervait et je n’avais besoin de personne pour m’en prendre à moi-même. Un œil sur le compteur, allez encore une quinzaine de bornes et on serait arrivés. Je me rassure en me disant que quand elle aura une assiette devant elle, des trucs à manger autre que son pain qui a l’air infect, elle aura la bouche trop occupée pour poser d’autres questions. Dans le fond, ce n’était qu’un signe astrologique, j’vais pas en mourir de lui donner. Le cholestérol vous guette. Non mais sérieusement, elle bouffait du pain et se rationnait comme une malade, qu’est-ce qu’elle avait à craindre du cholestérol ! Est-ce que le travail était à considérer comme le voyage qu’elle faisait ? Parce que, oui, c’était presque la fin de la semaine mais, il y en aurait une autre derrière. Son voyage n’était pas fini.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 0:41

Il répondait po. J'étais même pas étonnée. Comme pour le conforter dans son silence, j'ai porté ma main devant ma bouche pour sentir ma propre haleine avant de grimacer. Pour l'amour du ciel, à quand remontait ma dernière véritable douche ? Sans passer par les chiottes publiques d'un taudis pas loin avec une eau qui sent la mort... On était vraiment obligés de passer par des routes que personne d'autre que nous ne traversait ? Foutaises... Et puis il me donnait finalement son signe. Ce à quoi j'ai pouffé de rire. Taureau, bélier... L'un avait de grosses burnes, l'autre de grandes cornes. C'était quoi le mieux ? Quoiqu'il en soit, j'ai inspiré profondément et j'ai haussé les sourcils pour regarder le signe en question.

– Travail... L'avenir vous en dira tant. - J'ai pouffé dans mes lèvres - Santé : petite forme. Non, sans rire. Amour : Rester seul... - j'ai lentement tourné la tête vers lui, un sourire grandissant - ne vous rendra pas plus heureux. - J'ai pointé mon index vers lui, fièrement - Ha HA ! Je le savais.

J'ai croisé les jambes sous mes fesses en riant et j'ai tourné les pages suivantes. Ce magasine, datant d'au moins une semaine, me faisait beaucoup rire, en fin de compte. Et rire, ça, je savais faire. Lisant un article de mode en fredonnant, j'ai repris mon silence. En fait, sans m'en apercevoir, je commençais à connaître les chansons par coeur. Mais je chantais plus souvent pour moi-même alors j'avais cette voix fluette de quand on oublie le monde extérieur. Assurément que Neil devait me haïr à cet instant. Comment te dire : c'était pas important. Le plus important était d'occuper ce putain d'esprit qu'était le mien avant que je saute de cette foutue voiture pour courir à travers les étendues de sable en hurlant, les bras s'agitant dans les airs. Je devenais folle.

– Hey, rappelle-moi pourquoi on peut pas prendre une chambre dans un motel pour une fois ? Tu sais, un vrai lit, de quoi ronfler la nuit, j'en sais rien moi... On a assez d'argent pour prendre la suite nuptiale d'un hôtel de Las Vegas si on le voulait. Bon ok, peut-être pas... Mais au moins la suite du fond d'un motel, tu crois pas ?

J'ai penché la tête en arrière dans un grognement désespéré.

– Rah, j'ai tellement sommeil !

Il s'en fichait peut-être, ça n'avait pas vraiment d'importance.

– Mon royaume pour une douche chaude même s'il fait 45 dehors. Hey, tu crois que ça m'irait bien ?

J'ai levé le magasine devant moi, vers lui, pour qu'il voit de quoi je parlais : une actrice posant pour la nouvelle mode : le côté cow girl. Un chapeau de paille, un mini short ras la touffe et un cache coeur à carreau façon fausse bûcheronne. Et bien sûr, les santiags jusqu'aux genoux et le fouet. Indispensable, le fouet, comment faire autrement. Je restais dans le ton de la musique, et du paysage. Je me demandais s'il allait faire une syncope ou simplement ne même pas réagir. Pour voir ça, j'ai légèrement baissé mon torchon à lettres pour que mes yeux puissent observer son visage... Parfois j'arrivais à susciter une réaction positive. Mais c'était assez rare. Si seulement il pouvait m'aider un peu à rendre ce trajet moins pénible...
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 1:17


    J’ai tourné la tête vers elle, un sourcil relevé ne donnant aucunement l’impression d’avoir envie de rire à ce qu’elle venait de dire, ou du moins, à ce qu’elle venait de lire.  Rester seul c’était un putain de choix que j’avais fait il y a pas mal de temps, non, ça ne rendait pas plus heureux mais ça évitait de voir les gens dont on était proche se faire massacrer. Mais qu’est-ce qu’elle en savait elle, du haut de ses 17 ans ?! Ah oui, elle venait de perdre ce qu’elle pensait être sa véritable famille, du coup, je m’abstiens de tout commentaire et reporte mon attention sur cette route. Ça me déprime de me dire que je peux enquiller des bornes et des bornes sans le moindre souci et que là, 15 pauvres kilomètres étaient en train de devenir une épreuve. Sûrement le fait de me savoir bientôt arrivé qui me rendait encore plus impatient.

    Je ne réponds rien, mon air parle pour moi-même et puis je ne vais pas l’habituer maintenant à réagir à chaque fois qu’elle dit quelque chose sinon je ne m’en sortirais pas. Je me dis que j’échangerais bien ses intolérances contre le fait d’être muette, au moins, elle mangerait de tout et se tairait. Le pied quoi ! J’appuie sur l’accélérateur, me dit qu’on ne risque pas de croiser les flics ici et qu’on n’avait pas grand-chose à craindre d’un contrôle d’identité ou autre. Plus vite on avance, plus vite on arrive, plus vite elle a un pancake ou autre dans la bouche. La logique même.

    Et quand elle reprend la parole je regrette vraiment de ne pas être arrivé, je me dis même que si elle ouvre la fenêtre je serais capable de la faire passer par-dessus bord. Une idée fugace qui me traverse l’esprit, me fait plaisir tout en sachant que je ne le ferais pas. Ce genre de discours avait tendance à m’irriter le poil. Ce n’était quand même pas si compliqué à comprendre comme situation. Toute sa famille venait de se faire massacrer parce qu’un groupe voulait la retrouver, j’avais le même groupe sur le dos pour plusieurs histoires dont le fait d’avoir foutu en l’air cette mission. Alors, avec les moyens qu’ils avaient, non, ce n’était pas possible de dormir dans un endroit digne de princesse Tess.

    Je ne sais pas, peut-être parce que des abrutis, qui ont les moyens, te cherche et que les bons hôtels suivent des registres et vérifie un peu plus les identités. Ou peut-être parce que je ne suis pas capable de créer un endroit où dormir quand on arrive à un endroit désertique en plein milieu de la nuit !

    Si je m’énervais ? Oui, évidemment, parce que ça me dérange qu’elle ne puisse pas comprendre ce genre de chose, et si elle commence à me dire que vire trop parano, je crois que j’envisagerais de la coller à sa fenêtre assez fort pour que ça l’assomme. Juste un peu ? Le temps qu’on arrive ? Et v’là qu’elle me colle son magasine avec une espèce de cruche en petite tenue qui se la joue cow girl. Je ne sais pas, peut-être à cause de sa question d’avant mais, ça m’exaspère. J’ouvre ma fenêtre, j’attrape son magazine avant qu’elle n’est le temps de protester et je le balance par la fenêtre. Je risque d’attirer ses foudres mais, putain, ça fait du bien.

    Va vraiment falloir qu’on te trouve de la lecture digne de ce nom !

    Des livres, des bd, n’importe quoi que ces anorexique en maillot de bain ou assimilé avec ses conneries d’horoscope qui balance tout un tas de connerie. Ma phrase s’est finie dans un soupir qui était censé être exaspérer mais qui s’était transformé en soupir de soulagement. Plus loin, se dessinait le restaurant – pour peu qu’on peut l’appeler de cette façon – qui avait été annoncé avant qu’elle ne passe sur le siège conducteur. D’un doigt, la main restant sur le volant, et d’un signe de tête je lui désigne l’endroit.

    Et ça va commencer avec la lecture d’un menu !

    Je ne suis plus énervé, pas sur les dernières phrases. Ça monte vite, ça redescend tout aussi vite. Je regrette même de mettre un peu emporté, elle n’a rien demandé dans le fond, je ne peux pas demander à une gamine de 17 ans de comprendre ce genre d’enjeu. Finalement, ce repas ça sera un peu mon mea culpa. Une fois en vue, il arrive très vite et je gare la voiture, sur un parking désert, complètement à l’arrache. Ce n’est pas comme si ce genre de lieu grouillait de client en même temps.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 1:36

Tu sais comment j'évite les conflits ? Comment j'évite de m'énerver, de... m'emporter ? Je change de sujet. C'est con, hein ? Mais ça marche. Enfin, la plupart du temps. A son énième discours, j'avais soupiré en secouant la tête, me replongeant dans ma lecture débile. J'avais mouvé mes doigts en un bec de canard qui caquette et caquette encore, jusqu'au bout de la nuit. Bla bla bla, voilà tout ce que j'entendais. Neil était parano, voilà tout. Comme si... Bon sang...

Il avait jeté mon magasine par la fenêtre. Tu le crois ça ? Il avait jeté mon foutu magasine par la vitre, comme un impulsif qu'il était. Et moi je me détendais comment maintenant ? J'étais pas sa fille, j'étais pas sa nièce, tout ce que je voulais, c'était rendre le voyage plus sympa ! Mais non, il fallait toujours qu'il gâche tout. Mais ça ne me perturbait pas. Ca ne m'énervait pas non plus. Mais ça me révoltait. J'ai croisé les bras en regardant par la vitre le paysage. J'étais boudeuse. J'en avais marre. J'avais faim, j'avais soif, j'avais terriblement sommeil... Et je ne pouvais même pas tenter de m'imaginer, l'espace d'une seconde, en cow girl, comme n'importe quelle autre nana du coin.

– J'ai déjà de quoi lire, ok ? J'ai juste envie d'un truc plus simple. T'as jamais tenté de lire Dantec, toi, ça se voit.

Même pas je l'avais regardé. Une fois garés, j'avais ouvert la portière pour sortir de là au plus vite, j'étouffais. J'ai claqué la porte derrière moi et levé les bras en contournant le capot pour regarder Neil.

– Qui veux-tu qui nous trouve ici ?! Bon sang, Neil, on est AU MILIEU DE NULLE PART !

J'avais hurlé ces derniers mots. On était dans un putain de désert à des kilomètres de vue. Le Nevada, plein dedans. On aurait pu passer par le Minnesota et le Wisconsin pour redescendre sur l'Illinois et de là, c'était direct, longer la frontière mais non ! Passer par le coeur de Etats Unis et toutes les pissotières à vous rendre dingue. Je ne m'énervais toujours pas, j'étais... Simplement épuisée.

– T'as qu'à voir les choses dans l'autre sens, si ça te met du blanc dans la barbe. Moins je dors, plus je suis fatiguée, plus je parle, plus je t'emmerde. Ca te va ? Oh et je suis très douée à ce jeu là.

J'vais acquiescé et finalement, en jurant pour moi-même, je m'étais retournée vers le restaurant, poussant la porte d'un coup sec avec mes mains pour m'y introduire. Demander à la serveuse les aliments utilisés, c'était impensable. J'allais devoir faire appel à ma mémoire, me mettre à la place de ma mère. Ma mère... Je n'avais toujours pas pleuré une seule larme pour elle. J'avais eu peur pour ma vie mais je n'arrivais pas encore à comprendre que tout ça était bien réel. Je ne savais pas comment y faire face, je n'y avais jamais été confrontée. Je ne savais même pas quoi en penser. Est-ce que j'étais triste ? Oui, tous les jours. Est-ce que j'étais malheureuse ? Même ça, je savais pas y répondre. Je l'étais et en même temps j'étais son contraire, alors quoi ? De toute façon, quoi que je mange, j'allais encore être malade. Je pouvais pas l'éviter. Plus qu'à espérer qu'ils servent de la viande blanche et des frites... Au moins ça, ça devrait aller. J'allais encore virer pâle mais au moins je garderai tout ! Je demandais même pas à Neil de comprendre... j'avais pas envie qu'il sache. Après tout, il ferait quoi de moi s'il savait ce que j'étais, au fond ? Des heures et des jours de route, pas un mutant croisé. Sauf celui qui entretenait ce fichu désert.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 2:20


    Ça aurait pu être le moment où je pouvais lui expliquer que j’avais vécu en France, qu’on y vivait à deux, puis à trois, qu’on avait mis toutes les chances de notre côté pour se familiarisé avec cette culture nouvelle pour nous, qu’on voulait le meilleure pour une gamine haute comme trois pommes à l’époque. Qu’un type comme Dantec, dont le premier roman se passait en partie en région parisienne, on n’était pas passé à côté. Mais, à quoi ça servirait de lui dire tout ça ? Je ne la comprenais pas, elle ne me comprenait pas. Je ne faisais pas d’effort sur ce côté-là, je veux bien l’accorder mais, je jure que c’est mieux comme ça.

    Je ne dis rien, ça en devient une habitude et je sors de la voiture. Deux pas de fait que je me retrouve face à une Tess qui pose toujours ses questions, qui ne comprend pas et elle n’imagine même pas à quel point je suis en train de prier pour qu’elle ait raison, pour que personne ne nous trouve ici. Je veux qu’elle est raison, je préfère de loin qu’elle me pense parano, qu’elle m’en veuille, plutôt qu’on est à ce retrouver face à une petite armée de type bien décidé à me tuer et à la récupérer.  Un jour peut-être qu’elle comprendra, quand elle sera bien au chaud dans sa nouvelle famille et, même si elle ne comprenait pas, ça n’avait pas la moindre importance tant qu’elle était en sécurité.

    Je la laisse hurler, je ne réponds rien, ça finira par lui passer. Je la laisse me dire de voir les choses autrement et tourner les talons pour entrer comme une furie dans le restaurant. Elle a le dos tourné, j’en profite pour soupirer en essayant de me rassurer, en me disant que les choses auraient pu être pires, qu’elle aurait déjà pu tenter de se casser. Elle était encore là, sans la moindre tentative d’évasion, rien que ça il ne le comprenait pas mais, d’une certaine manière, il en était assez reconnaissant. Lui courir après n’était pas prévu au programme. Je la plains… Enfin, je crois que c’est le cas, je ne sais pas vraiment. Nouveau soupir alors que ma tête se secoue doucement et j’avance à mon tour pour entrer dans le restaurant.

    Je la laisse trouver un table, celle qui lui conviens et je vais m’installer à la même, il me fallait juste une vue sur la fenêtre. J’y peux rien, je si conditionné de cette manière. Mon monde à moi n’était pas aussi rose bonbon que le sien, en même temps, je ne pouvais pas juger ce que je ne connaissais pas. Et combien même son univers avait été rose, fallait voir la gueule qu’il avait maintenant, plus aucun repère, plus de famille – pas celle qu’elle avait connu en tout cas – à suivre un type aveuglément parce qu’il fallait que je la traine à New York. Elle ne se plaignait pas vraiment, pas comme je m’y était attendu. Peut-être que je lui en demandais trop. J’avais oublié depuis longtemps comment gérer des gamins, et je n’avais jamais eu à faire à une adolescente. Finalement, je n’avais que deux références dans ma vie, Beth, à qui je me refusais de penser et encore plus à évoquer son nom. Et puis, il y avait Élirys qui n’avait que 18 ans quand je l’ai rencontré alors, niveau expérience, fallait vraiment que je me mette à la page.

    J’ai le menu dans les mains, j’ai beau le parcourir des yeux je ne capte rien de ce qui est écrit. J’en suis au stade où je me dis qu’une mise au point est nécessaire. Je baisse ce foutu menu, et je porte mon regard sur Tess, je crois qu’on peut difficilement faire plus sérieux.

    Écoute je me doute que c’est loin de tes espérances mais, il va falloir t’y faire. Mes règles. Tu les suis et c’est tout, maintenant, si tu es sûre de t’en sortir mieux toute seule, en prenant moins de précaution… Je désigne la porte. Va.

    Je ne sais même pas si j’ai envie de la voir me prendre au mot ou pas. D’un côté je me dis que la voir se barrer réglerait un tas de problème de l’autre, j’ai fait une promesse. De toute façon, elle ne savait pas conduire, on était au milieu de nulle part, elle n’allait pas risquer de prendre la porte, si ? Avec elle, y a des fois où je me dis que tout est possible, c’est même un peu flippant. Si au moins elle agissait normalement, qu’elle lui reprochait ce qui s’était passé chez elle, si elle posait des questions pour savoir, qu’elle pleurait ses parents… Je ne sais pas, peut-être que ça me paraitrait plus normal, que je serais plus comment réagir. Ou alors, juste j’aurais moins de remords à la bâillonner pour l’enfermer dans le coffre d’une destination à une autre, pour lui donner une bonne raison de se plaindre.

    Bienvenue au Burger Grill, je vous sers quoi ?

    Un sourire ? Un arrêt de mastication abusive de chewing gum ? Un air qui semble plus ravie d’être là ? la liste était longue de ce que je voulais bien en voyant cette serveuse d’une quarantaine d’année qui avait l’air de regretter chaque jours de son existence. Ah, qu’elle arrête de se maquiller comme si elle avait quinze ans, de manière aussi outrageuse et débordante.

    La formule petit dej’

    Pas un sourire non plus, pas une formule de politesse, aucune envie de faire un effort avec ce genre de personne. Elle ne s’en formalisa pas pour autant, posant un regard lasse sur Tess pour attendre d’entendre sa commande.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 10:05

Quand il s'est assis en face de moi, j'ai tourné la tête pour regarder ailleurs. J'avais l'impression d'être face à mon père qui me faisait la leçon. Autant te dire : ça me gonflait déjà. Mais j'ai écouté sans rien dire. Dans mon esprit tordu, j'ai imaginé qu'il faisait ça pour me protéger. J'avais peut-être envie qu'il me protège. J'étais sûrement plus fragile que je voulais bien le laisser entendre. J'avais perdu ma vie, mes parents... J'étais une mutante, qui plus est et j'ignorais totalement de quel côté me poser. Ses règles... encore. J'ai roulé des yeux mais je n'ai même pas soupiré. Bien sûr, ses règles. J'étais un paquet qui devait obéir jusqu'à destination où on me larguerait chez des gens que je connais pas et dont je me fous éperdument. La serveuse, je m'en foutais royalement aussi.

– Okay...

J'ai haussé les épaules en baissant les yeux pour répondre à Neil puis j'ai rendu le menu à la serveuse. Faisons dans le simple, la journée s'annonçait déjà bien longue.

– De toute façon, c'est toi qui a les clés de la voiture et je sais pas conduire. Un bol de corn flakes pour moi. Sans lait, merci.

J'ai croisé les bras sur la table et j'ai attendu en regardant les cadres sur les murs. Des trucs de foot, des employés du mois... Ca me faisait gravement flipper quand j'y pense. Cet endroit était d'un glauque, j'avais presque envie de manger mon petit déjeuner sur le capot de la voiture avec toute la poussière. J'en avais marre de cette situation. Ca m'insupportait pour plein de raisons parce que je comprenais même pas ce que je faisais là. Pourquoi j'étais là au lieu d'être avec mes parents, pourquoi ce type avait décidé de me sortir de là pour me faire traverser le pays alors que j'avais rien demandé ! Il aurait pu me laisser chez moi, s'enfuir seul et laisser ces hommes m'emmener. J'aurais même pas protesté ! J'étais curieuse de comprendre ce qui m'arrivait. Moins d'être un cobaye mais je crois que je commençais à en avoir marre de lutter contre les maladies. Même s'il ne me restait que mes intolérances alimentaires, ça me crevait de lire tous les ingrédients sur chaque truc. C'est épuisant. Alors au lieu de garder le silence, quand les bols sont arrivés, ça a coïncidé avec ma prise de conscience. J'ai levé les mains en haussant la voix, le bol entre mes coudes.

– Pourquoi on doit absolument aller là-bas ? Pourquoi je peux pas juste rester avec toi ! J'sais pas, on pourrait aller au Texas ou au Mexique, personne nous trouverait là-bas ou à Cuba, y a pas d'extradition, là-bas. C'est toi qui viens me chercher et ensuite tu me fais traverser le pays, là, pour m'emmener chez des gens que je connais même po.

J'ai posé mon menton dans la paume de ma main en haussant les épaules et j'ai porté des corn flakes à mes lèvres en regardant ailleurs. Je posais ces questions mais finalement, les réponses je les connaissais pas pis je les attendais pas. J'avais sûrement peur de les entendre. Quand un homme pareil te protège à coup de balle en pleine tête, ça force le respect et tu te dis "Ok, je suis en sécurité, ici, pourquoi j'irais ailleurs ?". La question était légitime, non ? Je vais te dire... j'étais morte de trouille. Ca se voyait pas ?
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 13:35


    Elle peut rouler des yeux tant qu’elle veut, faire la tronche autant de temps que ça lui plaisait, ça ne changeait rien. Il y avait des règles, un point c’est tout. Ça m’énervait un peu de devoir les dire, les redire et encore les dire. Je n’étais pas son père, je n’avais rien à lui offrir et j’étais encore moins responsable d’elle… D’accord peut-être que je l’étais un peu parce que j’estimais être responsable, en parti, de la situation. Mais je ne voulais pas ce rôle, tout ce que je lui demandais, c’était qu’elle suive le mouvement et c’est tout, on n’était pas en colis de vacances avec des activités dans tous les sens, le but n’était pas qu’elle trouve ce voyage cool. Fallait juste la livrer. POINT !

    Je sais très bien qu’elle ne sait pas conduire mais, le fait qu’elle en parle… Putain et voilà, je suis déjà en train de me dire que ces routes sont parfaites pour lui apprendre à conduire, pas un péquin à la ronde, des lignes droites sans maisons pour les border. Merde ce n’est pas mon rôle, faut que je me mette ça dans le crâne une bonne fois pour toute plutôt que de me cacher derrière des excuses comme le fait que ça pourrait être vraiment utile si elle conduisait un peu. Je ne dis rien, je me contente d’un hochement de tête comme si j’approuvais la décision qu’elle venait de prendre, sans vraiment avoir le choix en fait.

    Finalement, le silence s’installe, je regarde dehors et je me sens me demander si je vire vraiment parano. Peut-être qu’elle avait raison, on était au milieu de nulle part, qui nous trouverait ici ? Peut-être que pour une fois, je pouvais faire une entorse, lui accorder une nuit dans un truc pas trop dégeu avec sa douche chaude, sans plafond qui risque de s’effondrer sur elle. J’étais déjà en train de regretter ma décision quand j’ai posé les yeux sur elle, que j’ai ouvert la bouche pour lui faire part de cette idée mais, la serveuse qui venait de poser les commandes sur la table me stoppe dans mon élan et avant que je trouve le courage de me lancer à nouveau, c’est Tess qui se décide à parler.

    C’est gens, Tess, c’est ta famille. Ce que je ne suis clairement pas et, croit moi, tu seras bien mieux avec eux qu’avec moi.

    Je pioche dans mon plat, je ne sais même pas ce que c’est et je m’en fou, ça doit juste remplir le ventre, me permettre de continuer. Je ne veux pas être désagréable avec elle, mon ton était ce qu’on faisait de plus calme mais elle devait comprendre que rester avec moi n’était pas une option. Je ne l’avais pas tiré de là parce que j’avais besoin de compagnie, encore moins parce que j’avais envie de me souvenir de ce que c’était que d’avoir une gamine à charge. J’étais mauvais dans ce rôle. Je n’envisage même pas qu’elle puisse être rejeté à New York. Cette option n’est pas recevable parce que j’étais bien incapable de garder Tess avec moi. Bonjour la vie que j’avais à lui offrir.

    Je ne sais pas pourquoi, un réflexe, une envie de fuir la conversation mais, je lève les yeux dehors au moment où une berline noir vient se poser sur le parking avec trois type qui en sortent. J’avais suffisamment trainé avec ce genre de mecs pour savoir à quel type ils appartenaient. Je devais même avoir assez d’expérience dans le domaine pour ne pas me relevé d’un bond et me mettre à flipper. En fait, je reste super calme en posant ma cuillère et en regardant Tess.

    Laisse tomber le petit dej’, tu vois la porte de derrière ? J’avais pointé mon pouce derrière mon épaule pour qu’elle puisse la voir. On passe par là, on y va.

    Et c’est sûrement parce que j’étais calme, que je m’énervais pas qu’elle devait me prendre au sérieux, qu’elle devait comprendre que je n’étais pas en train de lui faire une crise soudaine ou quelque chose dans ce genre. Elle pouvait protester si elle voulait, ça ne changeait rien. Je me relève, fait un mouvement de la main pour qu’elle fasse la même chose. Fallait vraiment qu’on se casse d’ici, le plus naturellement possible avant que les trois types prennent l’entrée qu’on avait pris un peu plus tôt. Ce que j’ignore à ce moment-là c’est qu’il y a deux autres types, en ce moment qui sont aussi en train de se diriger vers la porte de secours que je compte emprunter avec Tess pour sortir d’ici.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 16:36

– Mais pourquoi ! Je les connais pas, moi ! Tu m'as sauvée là-bas, non ? Alors pourquoi je serais mieux avec eux qu'avec toi, c'est ridicule et je comprends pas ! Quoi, qu'est-ce qui y a ?

J'avais commencé à m'emporter. Et puis j'avais remarqué que Neil ne me regardait même pas. En fait, il fixait un truc dehors. Je savais pas quoi mais en tout cas, j'ai pris une douche froide en le voyant se lever. Neil était quelqu'un de peu communiquant, de peu expressif. Pourtant, je savais à ce moment-là que quelque chose n'allait pas. Il était bon en réflexe et son apparence calme ne servait ici qu'à ce que moi, je reste calme. Ce que j'étais, d'ailleurs parce que je comprenais pas du tout ce qui se passait. J'avais sous mon nez un truc que je pouvais manger facilement et je pouvais même pas le finir ? J'allais encore devoir me contenter de mon pain rassis... Doucement, j'ai acquiescé et j'ai suivi son geste de la main vers la porte de secours.

– Neil ?

J'ai tourné la tête pour m'assurer qu'il était toujours sur mes talons et puis j'ai ouvert la porte. Le temps que je tourne la tête à nouveau pour voir les deux hommes de l'autre côté, que Neil s'était déjà élancé pour faire barrage. Mais l'un des deux hommes avait dû s'y attendre ou juste réagir plus vite et il a poussé Neil vers l'intérieur. L'autre m'avait entourée d'un bras autour du cou pour me plaquer le dos contre lui, pointant une arme contre ma tempe.

– Coucou !

L'autre homme avait un grand sourire à l'attention de Neil. Je commençais à en avoir vraiment marre de cette situation où tout le monde voulait me prendre à la gorge comme bouclier humain. C'est qu'on avait alerté la grosse serveuse qui tarderait pas à revenir avec un fusil à pompe pour faire le ménage dans son restaurant. Sauf à ce qu'il s'agisse de fédéraux avec des jolis plaques dorées, j'étais cuite ! J'ai porté mes yeux dans ceux de Neil en secouant légèrement la tête. Je tenais le bras de mon assaillant dans mes mains.

– Boo.

Ce simple mot et le léger appui du canon sur ma tempe et j'ai hurlé en pensant qu'on venait de me tirer dessus. Mais il n'en était rien et j'étais toujours vivante. J'ai reporté mon regard sur Neil et j'ai tenté de déglutir. Pendant qu'ils tentaient de l'intimider (je te laisse t'amuser avec ça), je l'ai fixé, mon index tapotant lentement l'avant bras de l'homme qui me retenait. Si l'homme n'avait pas déjà tiré... il ne tirerait pas plus maintenant. De plus, s'ils étaient là, c'était sûrement pour moi - du moins ce que je pensais - alors ils devaient savoir que ma vie était plus précieuse que ma mort.

Alors j'ai ouvert la bouche et j'ai mordu de toutes mes forces dans la chair.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 17:18


    J’étais déjà bien loin de ses préoccupations ou de ses questions, je ne les entends qu’à peine. J’ai d’autres choses à gérer pour le moment et je remercie silencieusement le fait qu’elle se lève sans trop broncher. Elle m’interroge mais je ne réponds pas. Dans le meilleur des cas, on sort sans problème et croira à encore une de mes phases parano et le tour sera joué. Je la laisse passé devant parce que, dans mon idée, les types vont arriver de la porte principale et que je veux être entre eux et elle. Vous voulez mon avis ? C’était stupide ce que je faisais, ils l’a voulait vivante, moi, pas forcément. Mais c’était plus fort que moi.

    Je regarde derrière, personne en vue et quand je porte mon attention devant, au moment où elle ouvre la porte, je la pousse pour passer devant. Putains d’enfoirés, ils n’étaient pas que trois, deux autres avaient fait le tour. Je suis repoussé sans comprendre, Tess attraper par un des types. Je reste ou je suis, bascule la tête dans un pincement de lèvre. Un mot, ce type avait réussi à m’énerver. Ce genre de colère qu’on ne voit pas, qui est froide et où tout se passe par un regard. Je relève les yeux sur le deuxième type qui n’a pas de Tess pour jouer les boucliers, lui et son putain de sourire qu’il va ravaler dans pas si longtemps que ça.

    Et l’autre qui s’amusait à faire peur à Tess, je suis partagé sur le premier que j’envoie à la morgue la plus proche. Il ne s’agissait pas de faire dans le détail, ni même de leur laisser la moindre chance. Les laisser en vie c’était leur permettre de repartir de plus belle, il n’en était pas question. Tess à hurler, ma main va vers l’arme que j’ai derrière moi mais l’autre type pointe la sienne vers moi en secouant la tête.

    Trop prévisible Neil, oublie.

    J’oublie mais juste parce que Tess est en jeu mais… Tess… Grande et magnifique Tess qui tapotait le bras du type. Je hoche la tête, enlève ma main vide de dernière mon dos et j’attends. Elle ouvre à peine la bouche que j’ai faits deux pas en avant, que le type se bouffe mon coude sous la mâchoire, j’y ai mis toute la force nécessaire. Déséquilibré, je lui prends son arme pendant que ma main de libre, attrape le bras de Tess que je tire derrière moi. C’est un peu brusque mais je m’assure qu’elle suive le mouvement pendant que le type au bras endolori a perdu de sa prise. Il n’aura pas le temps de réfléchir plus, je lui colle une balle.

    Ma main glisse jusqu’à celle de Tess et je passe la porte avec elle. Il reste trois types qui les tirs ont alertés, ils se sont séparés. Normal. Un des hommes passe la porte au même moment où la serveuse revient dans la salle avec une cafetière remplie de café qu’elle laisse tomber au sol dans une insulte. J’entends ses pas, elle se dirige vers quelque chose, insulte le type et je suppose qu’elle doit sortir une arme parce qu’un autre coup de feu se fait entendre. C’était pour elle. On se retrouve dans un couloir, courir ne sert à rien on donnerait notre position et je ne sais pas où sont les deux autres qui ont quittés celui qui est entré seul.

    Je ne lâche pas Tess, je la regarde mais un index sur mes lèvres pour lui demander de ne pas faire de bruits et, légèrement fléchi j’avance vers une porte. Je la pousse, doucement, pas trop juste de quoi regarder si quelqu’un se pointe. Personne. Ok. Je hoche la tête en direction de Tess pour l’informer qu’on va passer cette putain de porte. Je l’ouvre, je fais un pas dehors et un des enfoirés était planqué derrière. Il avait couru vite, plus vite que ce que j’avais imaginé pour se trouver déjà là. En fait, la seule chose que je capte en mettant un pied dehors c’est un mouvement et la crosse d’une arme qui s’abat sur le coin de mon arcade sourcilière. La douleur est fulgurante, je vois des étoiles, je bouffe le sol. Dans l’action j’ai lâché Tess, ne pas l’entrainer avec moi dans ma chute, allez savoir pourquoi, c’est la seule chose intelligente que j’ai pensé à faire sur le moment.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 17:41

Et là, il m'a attrapée et il m'a collée dans son dos. J'ai crispé les yeux parce que les déflagrations, c'était pas vraiment mon truc, tu vois ? Je me suis accrochée à sa veste dans son dos, plaquée contre lui pendant qu'il tuait un des types. Et puis il m'a entraînée dans sa course et je me suis laissée faire. J'ai bien manqué de tomber une fois mais il me tenait fort, plus que j'aurais pensé. Ou bien, c'était moi. Cherche pas, on se tenait l'un l'autre. Et quand il s'accroupit, je fais pareil. Dans cette courte accalmie, j'ai acquiescé à sa demande de silence. Bien sûr que j'allais me taire, qu'est-ce qu'il croyait ? Mais je suis restée très près de lui, ma main dans la sienne. Alors qu'il progressait, se cachant derrière les meubles, je l'ai observé. Dans ma tête, j'ai revu comment il s'était interposé entre eux et moi, prenant le risque d'une balle pour moi. Combien de fois allait-il menacer sa vie pour moi, encore ? Ce n'était pas la première et pourtant, il ne voulait pas de moi. Je ne comprenais pas. Mais bon, ce n'était pas le moment de demander.

Je l'ai laissé pousser la porte et j'ai acquiescé au bout d'un instant. On pouvait y aller. La voie était libre. On monterait dans cette voiture et on irait partout où il voudrait. Pas vrai ? En tout cas, moi j'irai partout où il irait. Il a enfin ouvert la porte mais aussitôt, j'ai vu une arme s'abattre sur lui.

– NEIL !

Il était déjà au sol et son arme se révélait à moi comme un cadeau. J'ai été plus rapide que l'homme en question. Je l'ai choppée au vol et je l'ai brandie sur lui. Il se serait bien occupé de Neil, je crois, mais je lui mettais le doute. J'ai commencé à danser sur mes pieds. Une seconde, l'homme commença à lever sa main. Deux secondes, son visage se transforma sous l'inquiétude. Trois secondes, mon propre visage était crispé et j'avais du mal à respirer. Mais c'était lui ou Neil. On ne voudrait aucun mal, pas vrai ? Mais on voudrait lui passer sur le corps pour m'avoir vivante. Je ne pouvais pas laisser ça se faire. C'était impossible. Quatre secondes, j'ai serré les dents et j'ai crispé les yeux en tirant. Je crois que j'ai même chouiné à ce moment-là. J'étais sourde. La déflagration avait fait siffler mes oreilles pas habituée.

J'ai regardé l'homme tomber. Je l'avais touché dans le pectoral et il s'est effondré non loin de Neil. Je serrais l'arme dans ma main sans arriver à décrisper mes dents. J'étais figée sur ce que je venais de faire. C'était Neil ou lui. Et j'avais choisi Neil. Sans réfléchir, j'avais choisi Neil. Que me voulaient-ils ? J'en savais rien. Mais ils s'en étaient pris à lui. Mon protecteur. C'était hors de question.

– Neil...

je n'arrivais pas à baisser mes mains. Le mec se vidait de son sang mais il n'était pas mort, il crachotait ce qu'il pouvait et moi, je tenais toujours l'arme fermement entre mes doigts. Pleurer ? Non, toujours pas. Je ne savais toujours pas quoi ressentir. Je ne savais toujours pas à quoi réagir en premier. Mais quelque chose n'allait pas chez moi. Ca, c'était certain.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 18:46


    La voix de Tess me vrille les tympans, le coude sur le sol, j’essaye de me relever mais j’ai la tête qui a décidé de jouer aux montagnes russes. Je grogne, je jure, je ne sais pas trop ce que je fais mais tout est bon du moment que je me relève. Les choses ne vont pas se finir aussi connement. N coup de feu, je ferme les yeux, ma tête fait un nouveau bond mais je pense à Tess et je me relève, l’œil droit à moitié fermé. Il n’a pas mangé mais l’arcade ouverte laisse un filet de sang coulé qui a une ligne directe sur cet œil.

    Je trébuche, me relève une bonne fois pour toute et je me tourne. Tess, une arme à la main, un type par terre en train d’agoniser. Merde. Merde et merde. Ce n’était pas censé ce passer comme ça. Techniquement c’était à moi de la protéger pas l’inverse. Le pire dans tout ça c’est que je crois que je lui en veux à elle, je m’en serais sorti tout seul, elle n’avait pas besoin d’intervenir. Je lui en veux parce que c’est plus simple que de m’en vouloir à moi pour l’avoir mise dans cette position, à tirer sur un homme. Elle n’arrivait même pas à décrocher ses mains de l’arme, ni même à baisser les bras.

    Tess ?

    Ma voix me semble lointaine, je vois un peu flou mais les choses reviennent doucement. Trop doucement. Je me déplace pour me mettre à côté d’elle, un mètre de distance. Je ne sais pas dans quel état elle est et la brusqué ne servirait qu’à me prendre une balle. Je préfère éviter. J’ai les deux mains en évidence. J’avance légèrement une main.

    Je vais récupérer l’arme, Tess, ok ?

    Ma main qui n’avait pas avancé vient s’appuyer quelques secondes sur mon visage, comme si ça allait me permettre d’y voir plus clair. J’avance l’autre main, la pose sur le canon de l’arme, je n’ai jamais fait ça de manière aussi lente. Le temps était contre nous mais je ne pouvais pas risquer de la brusquer, hein ? Mes doigts s’enroulent autour du canon, je prononce son prénom une fois de plus et arrive à récupérer l’arme. Je souffle. Une bonne chose de faite. Tess avait déjà tiré, notre position déjà connu et, je me l’étais dit : pas de survivant.

    Je tourne Tess, comme si on partait dans l’autre direction, je n’ai pas fait un pas que je me suis déjà retourné et que j’ai fini par achever le type. Il risquait de mourir de toute façon mais je ne pouvais pas laisser le moindre doute sur cette possibilité. J’aurais peut-être dû dire quelque chose à Tess mais il reste deux hommes et j’ai d’autres choses à me soucier puis, de toute façon, si je lui dis quelque chose ça va être pour lui aboyer dessus, pour ne pas être resté à l’intérieur, pour avoir pris trop de risque et d’avoir tiré sur un homme.

    On y va !

    Le ton était assez distant, à la hauteur des pensées que j’avais dans la tête. On longe un mur et avant de le quitter je la fait s’arrêter, je passe la tête et je vois les deux types restant autour de notre voiture. Je vérifie l’arme, le chargement, tirer une balle et ne pas en avoir d’autres serait débile. Tout va bien de ce côté-là, il ne faut pas que je me foire c’est tout. Les deux types discutent vivement, ils ne me voient pas.  Je vise mais, par sécurité, j’ai un bras devant Tess pour qu’elle ne se décale pas de se mur, pour qu’elle ne bouge pas ou qu’elle décide de passer une tête pour voir ce qui se passe. Premier tir réussi, le deuxième… En fait j’ai eu besoin de deux balles, c’est que le dernier type avait bougé en entendant le premier coup de feu. La voxi était libre.

    Ok Tess, à la voiture, on se casse d’ici.

    Tant pis pour le petite déjeuné, tant pis pour un tas de chose. Fallait aussi que je change à changer de voiture dans le premier endroit civilisé qu’on trouvera.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 26 Juin - 19:37

A nouveau sur les routes. Mais tout a changé. Malgré la routine, tout a changé. N. m'a demandé de monter dans la voiture et j'ai obéi. N. m'a demandé de le suivre et j'ai obéi. Ca fait des heures qu'on roule maintenant et de toute façon, j'ai plus faim. J'ai plus dit un mot depuis que N. a retiré cette arme maudite de mes mains. Le pire, c'est que j'ai toujours trouvé ça sexy de tenir une arme. Ouais, bah, on déchante quand ça nous arrive. J'ai même pas eu le temps d'avoir envie d'apprendre à tirer que j'avais déjà tué une homme. N. l'a achevé mais je pense qu'il serait mort, de toute façon.

Finalement, il a eu ce qu'il voulait : du silence. Même la musique Country, je l'avais coupée. Et puis, au bout d'un moment, je m'étais faufilée entre les sièges pour aller me rouler sur la banquette arrière. Il nous arrêterait quand il voudrait. Changer la voiture, un motel ou pas, je m'en fichais. J'étais trop tiraillée à comprendre ce qui m'arrivait pour me préoccuper d'un hôtel, d'un motel, d'un restaurant ou de quoi que ce soit d'autre. Jusqu'à ce que, finalement, je finisse par fermer les yeux et m'endormir. C'était une bonne méthode pour gérer une crise. On dit que la nuit porte conseil mais c'est faux. C'est le sommeil qui porte conseil.

Quand je me suis réveillée, le soleil avait changé de côté et Neil venait de claquer la portière. Lentement, je me suis redressée en grognant, dans le silence complet de la voiture à l'arrêt et j'ai baillé à m'en décrocher la mâchoire. Je me suis frottée un oeil avant de glisser mes doigts dans mes cheveux indisciplinés. J'ai finalement posé les mains sur les sièges avant pour me pencher et voir où on était. Un garage... Plein de voitures. Il devait être quoi... 4, 5h ? Je me suis extirpée de la voiture et j'ai arrangé mon débardeur en faisant passer mes cheveux par dessus mon épaule. J'ai promené mon regard autour de nous et je me suis hissée sur le capot de la voiture en fermant un oeil à cause du soleil dans le visage.

Neil dit toujours "reste là." Devine quoi... Je suis restée là. Même pas eu besoin de me le dire. Je me suis servie du parechoc pour poser mes talons et j'ai pris appui sur le bord du capot avec mes mains en attendant Neil, la tête légèrement penchée. Et on faisait quoi là ? Il voulait changer de voiture ? Et puis quoi ? Pourquoi on prend pas le train, ou l'avion ! On serait à New York si vite ! Il pourrait se débarrasser de moi et puis... J'ai secoué la tête à cette optique. Je voulais pas qu'il se débarrasse de moi. Combien de ces mecs chercheraient encore à m'avoir ? Et comment nous avaient-ils trouvés en premier lieu ? Je n'avais plus de portable, je doutais que Neil ait contacté qui que ce soit de dangereux, dans la mesure où ça faisait deux semaines qu'on dormait dans cette caisse pourrie simplement parce qu'il était parano comme un hypocondriaque. Bientôt, il ferait frais. Mais bientôt, surtout, on ne serait du côté ouest du pays. J'avais toujours voulu voir Salt Lake City. Et puis, je commençais à en avoir marre du sable.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Ven 28 Juin - 0:07

    Je regrettais ce qui venait de se passer, pas que j’avais un problème à tuer ses types, c’est une question de survie, je regrette seulement que Tess ait assisté à ça, qu’elle ait eue une arme entre les mains. Ce n’était pas dans mon programme, pas dans le plan. Elle ne dit rien du trajet, à arrêter la musique, je ne sais toujours pas plus comment aborder le sujet. Elle ne parle pas, c’est qu’elle ne doit pas avoir envie de l’aborder plus que moi. Ou qu’elle attend que je dise quelque chose mais je ne vois pas quoi. C’est un peu cliché mais j’ai oublié la première fois où j’ai tué un homme, enfin je sais qui c’était, je sais comment je l’ais fais, j’ai juste oublié ce que j’avais ressentis sur le moment. Il y en a eu d’autre après.

    Elle dort maintenant, c’est sûrement une bonne chose. En fait, je l’envie. Bordel, ce que je ne donnerais pas pour m’allonger et pioncer en attendant demain mais je dois mettre un maximum de distance. J’ai cherché comment les types nous avaient retrouvés et je n’ai vu que le dernier drugstore comme explication, ces foutus magasins minuscules, leurs putains de caméras. Je n’en sais rien. Mon portable est tout ce qu’il y a de plus éteint dans le fond de mon sac, je n’ai pas vu Tess se servir du sien, je prends des bagnoles qui ont pratiquement mon âge voir plus, juste parce qu’elles n’ont pas de système GPS à la con.  Alors ouais on se tape un système d’autoradio à casette de merde mais, au moins, on ne nous localise pas en moins de deux.

    Je commence à en avoir marre de la route qui défile sans rien offrir de plus qu’un putain de désert. J’ai les yeux qui commencent doucement à me dire qu’ils en ont marre aussi, mais ils feront ce que je leur dit de faire. J’ai roulé, roulé et encore roulé jusqu’à arriver à ce petit garage. Parfait.  Il fallait qu’on change de voiture, parce que des gens avaient pu l’identifié et même si je n’avais pas laissé de témoins, on ne sait jamais. OUAIS je sais, je suis parano en attendant, je n’ai pas inventé ses types au restau !

    Je vais pour m’avancer vers les voitures mais, je me retourne pour voir Tess sortir et avant que je lui dise de ne pas bouger, elle reste près du capot de la bagnole. Je tourne les talons, je n’ajoute rien et je vais un tour entre les voitures jusqu’à tomber sur un vieux machin. Le truc en plutôt bon état mais, c’est juste qu’il devait être là à l’air des dinosaures.  J’essaye d’ouvrir la portière mais, forcément, c’est trop simple. Un soupir et je me dirige vers la petite baraque vide à cette heure-ci. Les clés de toutes les voitures sont sûrement dedans. Je m’approche confiant et je me stoppe d’un coup en voyant quelqu’un dedans. Il me faut deux secondes pour me remettre à respirer quand je comprends qu’il s’agit du gardien de nuit qui dort comme un loir sur un vieux fauteuil, les pieds sur une table.

    Ok j’inspire un bon coup, et je cesse de respirer en ouvrant doucement la porte. Je plisse les yeux quand elle couine, que le type marmonne et j’attends qu’il replonge dans son sommeil avant de passer cette foutue porte et de tendre la main vers le panneau ou sont les clés. Il me faut un peu de temps pour trouver celle qui correspond à l’immatriculation de la voiture visée mais j’y parviens et, doucement, TRES doucement le l’attrape, arrêtant chacun de mes geste à chaque fois que l’autre tortille de la moustache. Je retourne à la voiture, j’enfonce les clés dans la serrure et je déverrouille tout, les clés sur le contact je ne la fait pas partir et je retourne à notre voiture qui ne le sera bientôt plus.

    Prends tes affaires on change de voiture.

    J’aurais pu parler normalement, assez loin de la petite baraque ou se trouve mais j’avais à peine prononcé ses paroles comme pour qu’elle comprenne qu’on devait faire le moins de bruit possible. Si ce type se réveillait, ça allait être la merde, d’une on risquait de ne pas avoir la nouvelle voiture à moins de la tuer et j’aimais autant éviter. De deux, je ne voulais pas qu’on apprenne que deux personnes, dont une ado, étaient parties avec une voiture volées parce que, niveau discrétion on avait vu mieux. J’ouvre le coffre et je récupère mon sac et deux trois trucs qui iront directement dans l’autre voiture. Et je me la jouait cool, si ça avait tenu qu’à moi, j’aurais trouvé le moyen de foutre le feu à toutes les voitures ici pour qu’on mette du temps à identifier notre ancienne, et la nouvelle voiture.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Dim 30 Juin - 8:18

J'étais assez excitée par toute cette vie un peu bizarre. Dans d'autres circonstances, j'aurais probablement trouvé scandaleux de voler une voiture. Ici... Ici et bien j'étais trop fatiguée pour me rebeller. J'ai regardé Neil naviguer dans dans les environs en fronçant les sourcils. Que faisait-il, encore ? J'avais l'impression de voyager avec le pire fugitif qui soit. Quelque chose me disait que les hommes de la road house n'étaient pas les mêmes qu'à la maison. Comment avaient-ils pu nous retrouver ? Est-ce que les médias américains avaient relayé les infos du Canada, les événements de la mort de mes parents et ma fuite ? Est-ce que quelqu'un dans un des magasins que nous avons visité, m'aurait reconnue et donc... Non, je ne voulais pas penser à ça. Neil et moi avions passé la frontière pour éviter ça. Qui pouvait savoir où nous étions ? Pas de carte de crédit, pas de train, ni d'avion... Bon sang, je n'avais pas touché un lit depuis des semaines, juste parce que Neil avait peur qu'on nous retrouve de cette manière ! Alors quoi ? Quelqu'un avait parlé de mon arrêt soudain d'être malade et je valais encore plus cher qu'au départ ? Neil devait être furieux. Non, il était furieux ! Même si je n'avais pas ouvert la bouche depuis le road house, lui non plus. Je l'avais senti crispé et je te parie mon mètre de cheveux qu'il m'en voulait et qu'il cherchait une façon de se débarrasser de moi. Peut-être une voiture que je saurais pas conduire pour partir d'ici ?

Je me suis frottée le bras à cause de la fraîcheur et je l'ai vu revenir, me demandant ce qu'il pouvait bien trafiquer. Ppffff, changer de voiture ? Pourquoi faire ?! C'était ridicule. J'ai grimacé en glissant du capot et je l'ai suivi vers le coffre en gardant le même ton de voix. Je lui ai pris son sac des mains, même s'il n'était pas d'accord. J'avais dormi. Pas lui. Et puis j'avais tué un homme. Que Neil l'ait achevé ou non, je l'avais mis à terre. Alors j'avais dorénavant mon mot à dire.

– Neil ! Si on laisse cette voiture ici et qu'on en prend une autre, combien de temps tu crois que ce plan va tenir la route ? Le mec préviendra la police quelle voiture a été volée et tout le monde fera le lien avec celle qui a été abandonnée ici !

Je l'ai fixé avec le sac dans la main et j'ai finalement secoué la tête. J'ai eu une idée. Dangereuse mais une idée. J'ai soupiré, faisant face à la délinquante que je devenais et je lui ai rendu le sac en fouillant la voiture. Le temps de trouver ce que je cherchais qui ferait l'affaire, je me suis accroupie derrière la voiture et j'ai commencé à... dévisser la plaque. Je commençais à comprendre comment ça fonctionnait tout ça. Aller dans le sens de Neil, affronter l'illégal... Je commençais doucement à me faire à l'idée de tout ça, que je le veuille ou non. Ces hommes avaient confirmé les craintes de Neil, nous n'étions pas sortis d'affaire. Qu'est-ce qui ferait qu'on le serait plus une fois à New York ? Aucune idée... Mais ça valait le coup de tenter non ? Cela dit... Qui me protègerait là-bas ? Qui ferait attention à moi ? Cet oncle et cette tante ? Bon sang, on avait cherché à me kidnapper deux fois déjà et des balles avaient vrillé près de mes tympans... Qui pourrait me protéger à l'avenir. A part Neil ? Mon méfait accompli, j'ai fait pareil avec la plaque devant et je suis revenue vers lui pour lui tendre, l'air penaud. Je n'étais pas fière de ce que je faisais. Mais je commençais à entrevoir la philosophie du "Est-ce que j'ai le choix ?" J'ai soupiré.

– Les échanger contre celle de l'autre voiture, ça ralentira au moins... Même si avoir des tas de ferrailles, on est plus facilement repérable que si on avait une voiture banalisée... Qu'on aurait achetée... Et donc pas volée... Personne serait à notre recherche à part ces gars-là.

J'ai haussé les épaules, pris mon sac pour le balancer en travers de mes épaules et je me suis dirigée vers l'autre voiture. D'accord, Neil voulait fonctionner comme ça alors... Je fonctionnerai comme ça aussi. Avais-je vraiment le choix ?
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Lun 1 Juil - 21:45


    J’ai voulu protester, je n’ai laissé passer qu’un soupir et un roulement avec mes yeux quand elle avait pris mon sac. Ça va, je pouvais encore le porter moi-même, je n’étais pas si vieux que ça. Bordel, à la voir, j’avais l’impression d’être un grand-père grabataire incapable de faire quoique ce soit. J’étais fatigué en fait. Vraiment mais, c’est juste que je m’empêchais d’y songer, rien que de laisser passer cette idée c’était la rendre réelle et donc beaucoup trop dangereuse. Sauf que voilà, maintenant, je suis bien forcé d’admettre qu’il me manque une partie de mon cerveau que Tess, elle, à bien gardé de son côté. Je regarde notre voiture, notre futur voiture, je navigue entre les deux et je me dis que ce plan est débile, qu’elle a raison et ça à une tendance à me foutre un peu plus en boule.

    Je ne réponds pas parce que je sais qu’elle a raison mais je m’étonne en la voyant s’animée et se diriger vers les plaques. Il me faut un temps pour comprendre ce qu’elle fait et quand c’est le cas, mon regard se fait différent sur elle. Et merde, qu’est-ce que ce je suis en train de faire de cette adolescente ? Elle vient de tuer un homme, parce que c’est bien comme ça qu’il faut voir les choses, je ne l’ai achevé que pour plus de sécurité mais c’était elle qui avait tiré, elle qui l’avait tué. Et maintenant, la jeune et innocente petite Tess était en train de trouver une solution pour voler une voiture avec un changement de plaque d’immatriculation. Combien de temps encore avant qu’elle ne devienne un peu plus comme je suis ? Ce n’est pas la vie que je veux pour elle, c’est la vie que je ne veux pour personne et je me sens responsable des actions qu’elle peut faire.

    Elle aurait eu l’air fier en revenant avec ses plaques d’immatriculation que j’aurais hurlé, tant pis pour le type qui dormait. J’étais en train de faire d’elle ce que je ne voulais pas qu’elle soit mais, j’suis incapable de le dire quoique ce soit parce que, c’est une bonne idée, parce que j’ai besoin qu’elle réagisse de cette manière. Combien de temps je vais tenir comme ça, sans dormir, à m’inquiéter de chaque endroit qu’on traverse, à lui expliquer encore et encore que la parano avait du bon ? Je n’ai plus 20 ans, mes nerfs non plus d’ailleurs.

    Ok.

    Et en plus je me tape le luxe de ne pas être très loquace, d’être incapable de la remercier parce que je sais que ce n’est pas si bien que ça. Les plaques en mains, je vais vers la nouvelle voiture. Elle s’occupera du transfert d’affaire pendant que je commence déjà à dévisser la première plaque de l’autre voiture pour faire l’échange. J’active parce qu’on n’a pas toute la journée, parce qu’il faut que personne n’arrive et nous voit partir avec cette nouvelle voiture. Les plaques sont mises sur la nouvelle voiture, il reste encore à mettre celles qu’elle avait sur notre ancienne voiture. Il faudra encore plusieurs minutes avant que je les fixe. Tout semble en ordre, je me dis que ça pu un peu comme plan, qu’on ne fait que retarder une recherche sur notre tronche. C’est toujours ça de gagné.

    D’un signe de tête, je demande à Tess de rentrer dans la nouvelle voiture. J’ai laisser les clés de l’ancienne sur le contact avec le trousseau qui donne sa nouvelle plaque d’immatriculation, histoire de ne pas prendre le risque de réveiller le gardien en allant les reposer dans le bureau. Au mieux, ils penseront qu’ils ont laisser sur le contact, au pire ils réagiront plus vite. Tant pis, faut qu’on dégage de là. Je m’installe derrière le volant, je mets le contact et deux minutes plus tard on quittait le garage. Je ne regarde même pas dans le rétro arrière si le gardien s’est réveillé, je crois que je n’ai pas envie de savoir.

    Et voilà, je recommence. Je roule, je ne l’ouvre pas pendant un bon moment, plusieurs heures en fait. C’est après ce temps passé que je m’arrête sur le bord de la route sans prévenir, sans rien dire. C’est juste que j’avais profité de mon silence pour réfléchir un peu, il fallait que Tess puisse s’en sortir s’il m’arrivait quoique ce soit. Et avant tout chose, elle avait besoin de quelque chose d’évident si je ne suis pas là. Je pose mon regard sur elle.

    Je vais t’expliquer comment on conduit, ça te va ? Parce que je ne peux pas être le seul à conduire alors si tu voulais bien m’aider un peu sur ce coup-là ?

    Je préfère lui balancer ce genre d’excuse plutôt que lui dire que je préfère savoir qu’elle peut fuir un endroit sans que je sois là pour prendre le volant. Elle crierait encore à la parano et… Disons que je n’ai pas envie qu’elle pense que je peux m’inquiéter de sa sécurité. Ce n’est qu’un colis !
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 2 Juil - 23:08

A peine Neil s'était remis à conduire que j'avais sorti mon journal pour écrire. Je tremblais dans la voiture mais ça m'était égal. Je m'en fichais royalement parce ma vie ne serait plus jamais la même, alors...

C'est ça notre routine ? Je les tiens et N. tire ? Ou bien, l'inverse ? C'est quoi le plus important ? Sa vie ou la mienne ? Pourquoi ce type continue de me protéger après tout ce temps, pas vrai ? Je comprenais pas. Est-ce que j'avais envie de comprendre, après tout ? C'était passé juste cette fois. Et la suivante ? Il y aurait une suivante ? Bon sang, ces mecs ont débarqué de nulle part, qu'est-ce que j'étais censée faire ? C'était lui ou N. Et... Et je tiens trop à N. pour le laisser se faire tirer comme un lapin dans un restaurant qui sert des céréales molles, en plus. Sûrement le syndrôme du héros, tu sais ? Putain de syndrôme. Mais j'ai eu si peur, si tu savais...

**

Tu veux que je te raconte une blague ? Dans la nouvelle voiture, y a plus de lecteur cassette. J'ai pris celle qu'on avait dans l'ancienne voiture mais là, on a plus rien à écouter. Y a la radio, par contre. J'ai peur de l'allumer, pour tout te dire et je crois que N. a pas très envie qu'on perturbe son silence. Moi, la seule chose que je me demande c'est : comment je vais m'endormir, ce soir ? J'ai pas de Walkman.

**

N. vient de me proposer de m'apprendre à conduire. Moi ! Ouais, c'est ça, j'en ai besoin comme d'un trou dans la tête. Et puis il m'apprendra dans les petites allées, des grandes maisons, ce genre de trucs qu'on aura jamais. Que j'aurai jamais.


J'ai placé mon stylo entre les pages et j'ai finalement relevé la tête après avoir joué la malpolie quelques minutes.

– Bien sûr, oui. C'était ça ou m'apprendre à tirer mais j'ai déjà fait mes preuves, alors... Vu que je t'aide déjà avec une arme, autant que je t'aide avec cette putain d'automobile !

J'étais déloyale, tellement déloyale. J'avais réagi si vite, à l'instinct. Je ne pouvais pas autoriser qu'il arrive quelque chose à Neil, c'était impensable. Il était tout ce que j'avais au monde, aujourd'hui, mon protecteur, ce qui s'approchait d'un père - ou d'un oncle... J'ai rouvert mon journal pour continuer à écrire dedans. Je n'étais pas sûre d'avoir envie d'en parler. J'avais l'impression que si je commençais, je pouvais plus m'arrêter. Pourtant, ça m'empêchait de respirer. Mais... Je crois que ce qui me tuait le plus, c'était que Neil ne veuille pas de moi. Qu'est-ce que je lui avais fait ? Qu'est-ce qu'on lui avait fait. D'un coup, j'ai fermé mon carnet sans même écouter s'il parlait et j'ai tourné la tête vers lui.

– Ils te veulent quoi ces mecs ? Ok, moi je suis recherchée mais toi ? T'as fait quoi ? Il semblait te connaître l'autre. Alors c'est quoi le background ? Que je sache qui je dois buter la prochaine fois et pourquoi, tu vois ?

Je l'ai fixé sans rien dire, attendant ma réponse. Le reste ne m'intéressait pas.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 2 Juil - 23:46


    J’ai soupiré à sa première réponse. J’ai même secoué la tête, il ne valait mieux pas que je réponde parce que ça ne plairait pas parce que ça commençait doucement à me taper sur le système parce que… Et merde, j’ai enclenché la première après avoir remis le contact et j’ai continué à rouler. Tant pis, qu’elle continue de griffonner ses putains de ligne. Mes articulations étaient en train de blanchir sur le volant que je tenais un peu trop fermement. Le modèle muet, je voulais le modèle muet. Et aussi celui qui restait dans son coin, qui ne se sentait pas obligé de prendre une arme pour tirer sur quelqu’un. Non, en fait, ce que je voulais c’est ne plus JAMAIS avoir de colis de cet âge, de n’importe quel âge.

    Qu’elle reste dans son cahier, au moins on a pas à parler. Répit de courte durée selon moi parce que voilà que je la vois fermer son journal avant qu’elle n’ouvre à nouveau la bouche. Je crois que je craque. Dans un coup de volant je fou la voiture sur le côté de la route et je coupe le contact en me tournant vers elle.

    Pour buter quelqu’un la prochaine fois, pour faire tes preuves il faudrait encore que tu arrives à viser juste Tess !

    Là c’est moi qui ne suis pas très cool avec elle mais, je culpabilise assez comme ça sans qu’elle me rappelle dans chaque phrase qu’elle avait tiré sur une personne. Je ne sais pas moi, c’est comme le fait que tout le monde sait qu’un grande partie de la population crève la faim et que la plus part des gens, en le sachant, préfère vivre dans l’avoir devant les yeux. Peut-être que c’était plus simple cette politique de l’autruche. Je sais quand même que j’ai été un peu trop loin, j’en suis pas certaine. Je passe une main derrière ma tête dans un soupir, frottant ma nuque un instant avant de venir reporter mon attention sur elle.

    Et toi, ils te veulent quoi pour te chercher à travers un autre pays, hein ?

    Mon histoire c’était mon histoire. Ce n’était pas la première fois que je lui posais cette question et je ne m’attends toujours pas à ce qu’elle réponde. Tout ce que j’essaye de lui faire comprendre c’est qu’il n’y avait pas de raison que je réponde alors qu’elle-même voulait garder ses raisons secrètes.

    C’est quoi le problème. Faut qu’on en parle de ce que tu as fait ou tu vas continuer de l’insinuer dans toutes tes phrases jusqu’à ce que je te dépose à new York ?

    Il n’y avait rien de facile dans ce qu’elle avait fait mais je comprends pourquoi elle l’avait fait. Oui, d’une certaine manière je lui en suis reconnaissant. Je le suis complètement même. Mais lui dire c’est juste l’entrainer dans cette voix, je ne peux pas le faire. Elle n’est même pas majeure, je ne vais pas lui dire : Bravo petite, tu as tué ton premier homme, tu es une grande maintenant.

    Parce que tu vois, là, on va avoir encore pas mal de route devant nous alors si t’as quelque chose à dire, c’est le moment.

    J’avais désigné la route devant nous d’un mouvement de main et je crois que je préfère que ce ne soit pas le cas mais ça ne sert à rien de continuer comme ça non plus. Enfin, s’il le fallait, je le ferais, j’avais promis que je la ramènerais. Se sentir responsable de quelqu’un, vraiment, c’était la pire chose qui pouvait exister sur cette fichue planète.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 3 Juil - 0:17

Mes yeux avaient tiré des éclairs à sa réflexion. Je m'étais même retenue de le frapper tellement j'étais scandalisée ! En fait, fallait pas le dire, mais j'avais senti une bouffée de larmes me monter dans les yeux. Me reprocher à moi d'avoir mal visé ! C'était faux en plus, j'y faisais pas référence toutes les phrases. J'avais quasiment rien dit depuis, d'ailleurs. Pas vrai ? Quand il me retourna la question, je me suis pas démontée.

– J'ai posé la question en premier. Et puis de toute façon, qu'est-ce que ça peut te faire hein ?

Finalement, je me suis tournée vers lui, une jambe sous les fesses et j'ai écarté ma ceinture pour mieux le voir. Non seulement il manquait pas de toupet ! Ma voix est montée d'un cran et ma tête s'est balancée d'avant en arrière alors que je parlais. Montrant la route derrière nous d'un bras, j'ai repris.

– Tu pourrais au moins admettre que j'ai sauvé ton cul là-bas ! Bon sang, Neil, ils allaient tous te tirer dessus ! Pourquoi tu peux pas juste admettre que je t'ai sauvé la vie ! Comme tu as sauvé la mienne ! Après tout, c'est ça qu'on fait non ? Tous les jours, toutes les nuits... On se protège l'un l'autre, pas vrai ? Alors pourquoi tu veux pas que je reste avec toi ! T'en as rien à foutre de moi et pourtant, tu fais tout pour qu'il m'arrive rien, même à faire ta parano stupide, là ! Si c'était à refaire, bah je le referais !

Ca, c'était pas sûr. Mais je voulais lui montrer que j'en avais autant dans le froc que lui. Après tout, on formait une équipe, une bonne même, pourquoi il voulait pas le voir ? D'accord, peut-être qu'au fond, j'avais envie d'un gros câlin, qu'il me rassure. Je n'avais plus que lui maintenant, alors pourquoi est-ce que je pouvais pas simplement avoir une relation normale avec ce type ?

– Et cette fois, je viserais mieux puisque ça te suffisait pas, pas vrai ? T'as qu'à plutôt m'apprendre ça, alors, puisque je suis nulle à tuer un mec du premier coup pour sauver ton gros cul d'antipathique !

Je me suis laissée retomber sur le siège et j'ai donné un coup de pied dans le tableau de bord.

– J'en ai marre d'être en voiture, je voudrais un lit pour DORMIR ! Les filles de mon âge, la nuit, elle dorme dans des lits ! Et à défaut d'avoir une jolie maison avec une allée pour m'apprendre à conduire dedans simplement parce que t'es pas foutu d'assumer le fait que TOI tu veux conduire sans t'arrêter pendant des heures, et bah on va continuer sur ton plan de merde !

Parce que qu'il soit parano ou pas, les gars nous avaient trouvés. Mais j'avais fini. J'ai posé ma tête dans ma main, accouchée au rebord de la fenêtre et j'ai tourné les yeux vers l'extérieur en pinçant les lèvres. Je ne dirais pas que j'avais envie de "rentrer chez ma mère" mais c'était pas loin. J'ai senti une boule dans ma gorge que j'ai rejetée au fond de moi. Mon pied a glissé du tableau de bord mais je n'ai plus bougé. J'avais craché mon venin. Est-ce que ça servirait à grand chose, j'en savais rien. Probablement pas. Mais moi, ça me faisait du bien. J'avais exprimé mes idées dans le désordre parce que j'étais incapable d'en trouver l'ordre. Un jour, peut-être...
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 3 Juil - 0:46


    Techniquement je suis pratiquement certain d’avoir posé la question le premier, ça ne datait pas d’aujourd’hui c’est tout et puis, merde, c’est quoi cette réponde digne d’une enfant de cinq ans ? Elle marquait un point, qu’est-ce que ça pouvait me faire. Une livraison, rien de plus, pas de questions à poser, ne même pas parler avec le colis. Sauf que, généralement, un colis ça ne parle pas ! Alors c’était ça, elle avait besoin qu’il reconnaisse qu’elle l’avait sauvé. Sérieusement ? À quoi ça pouvait bien avancer, on ne faisait pas équipe, j’étais le chauffeur, elle était la livraison et ça devait s’arrêter là. Sauf que voilà, je sais très bien que ce n’est pas que ça, qu’il y a plus.

    Un psy aurait sûrement parlé de transfert, une connerie de ce genre parce que je n’avais pas pu sauver ma propre fille, je me sentais obligé de le faire avec une autre. Connerie de cerveau et pourtant je vais dans ce sens-là, je ne l’interromps pas quand elle parle parce que je me dis qu’elle en a besoin, que ça lui fait du bien d’extérioriser un peu et que je pourrais peut-être mieux la comprendre à savoir où je mets les pieds avec elle. Et ça, ça m’énerve un peu parce que je m’avoue que je veux l’aider au-delà du fait de vouloir la trainer chez sa famille qui ne l’était même pas. Je lève les yeux au ciel. Antipathique, moi ? Et dire que je n’ai pas toujours été comme ça. Et pas la peine de lui expliquer que je suis pire que ça depuis quelques années et que là je fais des efforts de sociabilisation.

    Les filles de ton âge n’ont pas de personne qui viennent les chercher chez elle et traverse un pays pour la retrouver.

    Je lève une main, signe d’excuse et en même temps pour signifier que je n’ai pas fini. Le meilleur dans tout ça c’est que mon ton n’est même pas élever, je ne suis pas énerver. Si fallait passer par-là alors, passons par là.

    J’en ai rien à foutre de conduire tout seul ou pas Tess, je veux juste que tu puisses te barrer si ça tourne mal et là, avec juste des petites jambes et ta grande gueule je ne vois pas très bien comment tu vas t’y prendre.

    Et croyez-moi, quand je dis à quelqu’un qu’il a une grande gueule sur ce ton-là, c’est le genre de truc à prendre comme un compliment. Elle parlait des filles de son âge mais, franchement, elle n’avait tellement rien à voir avec les adolescentes de son âge. Je plisse les yeux, me pince les lèvres et réfléchi avant de la regarder à nouveau et de continuer sur ma lignée.

    J’ai promis à tes parents de te ramener à new York et, bin tu vois, j’ai promis de te rapporter en un seul morceau et encore vivante. Voilà ce que ça peut me faire ce qui t’arrive. Une promesse. Enlève toi de la tête cette idée comme quoi on fait équipe Tess, si ça part en vrille, tu t’en vas. Ne t’occupe pas de moi, c’est toi qui toi arrivé entière à New York, je ne sais pas pourquoi et, en fait, c’est peut-être mieux comme ça. Mais ne reste pas si y a un problème.

    je n’étais pas suicidaire, je n’avais pas envie de mourir au cours de ce trajet mais, ouais, ce qui était le plus important c’était qu’elle reste en vie. J’avais toujours su mentir en regardant les gens droit dans les yeux, ce que je venais de faire. Ce n’était pas une promesse faite à ses parents qui m’obligeait à continuer, c’était elle, ce qu’elle était, qui elle était avec son caractère à la con qui donnait envie de l’étrangler. Oui, elle était celle que je n’avais pas pu sauver et ça n’arriverait pas deux fois. Je reporte mon attention sur le volant, me recale correctement derrière lui et je mets le contact. Mais avant de foutre la première, y a une dernière chose que je dois dire.

    Pour une première, c’était bien tiré.

    À prendre comme un merci, ce que c’était, parce que je n’avais pas mieux en stock à lui donner. La première fut enclenchée.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 3 Juil - 21:57

Même si je l'ai pas écouté au début, j'ai fini par tourner la tête vers lui. Qu'il lève la main ou non, ça m'était égal. Quand il a commencé à m'expliquer pour la conduite, je me suis vivement tournée vers lui, la bouche grande ouverte, une jambe sous les fesses.

– Mais il est hors de question que je me barre sans toi, Neil !

Il avait promis à mes parents ? Mais pourquoi faire promettre un truc pareil ? C'était une blague ? Mes parents étaient morts. Ma mère, de sûr, en tout cas. Mais j'en voulais pas de New York, je voulais rester avec lui. J'ai continué à le fixer pendant qu'il parlait. J'avais pas envie de l'entendre et pourtant, j'écoutais tout. Pourquoi ? Pourquoi on pouvait pas juste partir, là, tous les deux ? Manger des gauffres, tous les deux... Louer un appart, tous les deux... Ppfff, De rage, je me suis laissée retomber dans mon siège en croisant les bras contre ma poitrine pour regarder ailleurs. Pourquoi il voulait pas de moi ? J'étais si terrible que ça ? Je m'en fichais en soi mais... Qui avais-je d'autre au monde ?

A son compliment, je me suis sentie injuste. Il faisait des efforts. Beaucoup d'efforts et moi je cachais tout, je ne disais rien. J'avais choisi de tirer, j'avais choisi de changer ma vie pour le protéger. En fait, à tort, je me croyais invincible. Je devais rester vivante, s'ils étaient là, c'était pour moi. Donc pour ma mutation, donc ils avaient besoin de moi vivante. Alors je pouvais risquer ma vie, je ne craignais rien. Pas vrai ? J'ai laissé passer un silence, je n'avais pas envie de parler, en fait. Mais Neil commençait à poser beaucoup de questions et je ne pourrais pas lui mentir éternellement. J'ai regardé le paysage défiler sans manquer de m'endormir. Je réfléchissais à toute allure, me demandant quoi faire, et comment le faire, pourquoi le faire... Profondément, j'ai soupiré. Je n'aimais pas mentir, encore moins à lui. Si je lui disais, il pourrait mieux me protéger mais qu'est-ce qui me dit qu'il allait pas profiter de moi ? J'ai tourné la tête vers lui pour l'étudier et rien ne me faisait manquer de confiance en ce qui le concernait. Il me protégeait, même si ce n'était qu'une promesse, il le faisait quand même. Alors j'ai reporté mon regard sur la vitre en penchant la tête. Très bien, il gagnait.

– Je suis une mutante.

Après une respiration, j'ai reporté mon regard sur lui, sans me tourner.

– J'ai rien à voir avec ces... mutants dont on parle partout mais j'en suis une. J'ai un système immunité surdéveloppé. Ils disent qu'à terme, je peux offrir un vaccin contre les cancers, ce genre de trucs, tu vois ? Tu vas me dire ce qu'ils te veulent à toi, maintenant ?

Je n'étais même pas sûre qu'il le fasse. Mais au moins, je me faisais sincère avec lui, n'est-ce pas ? Il l'avait mérité et puis... et puis il fallait bien qu'il sache de quoi il devait me protéger. Et moi, de quoi je devais le protéger ? En fait, il avait intérêt de me répondre. Je l'avais fait, moi. C'était son tour d'être honnête. Peut-être qu'on avancerait mieux ainsi, non ? Soudain, j'ai pouffé de rire mais pas de joie, avec un léger sourire en coin.

– J'ai pas qu'un mauvais caractère et une grande gueule pour moi, pas vrai ?
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Ven 5 Juil - 22:29


    Je roule des yeux et je comprends pourquoi ça ne sert à rien de lui expliquer pourquoi je fais certains choix. Ne pas se barrer sans moi, c’est débile ! Elle devait arriver à New York, elle devait le faire en vie alors, si, elle devait partir sans moi si la situation se présentait. Puis merde aussi, pourquoi est-ce qu’elle voulait absolument que je reste, je la gonflais, je ne répondais pas à ses questions, encore moins à ses exigences concernant le choix d’un lit ou d’un lieu pour bouffer alors, pourquoi est-ce qu’elle ne pouvait pas profiter de la moindre occasion pour se barrer ? Je ne réponds rien, on ne s’entendrait pas sur le sujet et je suis un peu trop claqué pour ne pas risquer de m’énerver… je serais capable de le regretter après. Ça craint.

    Silence. Je déteste ces silences parce qu’ils annonçaient toujours un truc qu’elle allait dire, d’un coup, sans que je m’y attende. Je vous le dit, cette fille pouvait être une plaie. Je devais avoir un côté maso pour la supporter. Ça n’a pas manqué. Mutante. Elle me balance ça, sans trop prévenir, comme on vous balance une news dont tout le monde se fou. Sauf que là, ce n’était pas rien. Je tourne la tête vers elle, surpris, un sourcil relevé. De quoi elle était en train de me parler ? Tess se mettait à table, elle parlait, elle répondait à la question qu’elle avait toujours esquivée jusqu’à présent et, merde, tout était en train de prendre un autre sens dans mon crâne. Je garde les yeux sur la route et j’essaye de me concentrer dessus pendant qu’elle explique ce que peut faire son pouvoir. Je hausse les épaules et je finis par tourner la tête vers elle.

    Et c’est ça que tu ne voulais pas dire ?

    Je souris, amusé en secouant doucement la tête pour reporter mon regard sur la route. Cette réaction c’est juste pour lui faire comprendre que, ça ne change pas grand-chose pour moi, que je m’en fou un peu. En réalité, ça explique pas mal de chose et surtout pourquoi j’avais été envoyé avec un groupe pour aller la récupérer, son sang, c’était juste de l’or en boite. Celui qui trouvait un vaccin grâce à elle, devenait juste… Je ne préfère pas imaginer le nombre de millions que ça peut rapporter parce qu’il était clair que les types qui m’employais ne voulaient pas la récupérer pour distribuer des vaccins gratuits par la suite.

    Je n’ai pas répondu à sa question, je le sais bien. Je n’ai même répondu à rien mais je continue de regarder la route. Heureusement qu’elle est droite parce que j’ai le cerveau qui commence à fumer dans tous les sens tellement je cogite. Les minutes s’étalent et, finalement, je me décide à prendre une inspiration.

    Tu croyais que ça allait se passer comment pour moi, Tess ? J’étais dans le groupe de personne censé te récupérer et, au lieu de ça, je t’emmène ailleurs. C’est une raison suffisante pour les énerver.

    Je l’avais regardé, un instant entre deux ou trois mots. C’était vrai, c’était pour ça qu’ils m’en voulaient. En tout cas c’était cette raison là pour eux et comme, pour le moment, il n’y avait qu’eux qu’on avait croisé, pas la peine de parler du groupe que dirigeait le père de ma femme. Mon ex-femme ? Merde, je ne sais toujours pas comment la définir après tout ce temps. J’ai besoin de casser un peu cette ambiance bizarre et, je pose mon regard sur elle, un quart de sourire sur le coin des lèvres et un regard interrogateur.

    T’es un médoc vivant, et t’es pas foutu de bouffer de tout, sérieux, ça craint !

    Je souris un peu plus franchement, secoua la tête l’air dépité avant de reporter mon attention sur la route.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Ven 5 Juil - 23:00

D'accord, je m'étais souvent demandé comment il savait pas. Sa réaction à la maison, ça montrait quand même qu'il savait un truc, non ? J'ai secoué la tête, étonnée.

– Quoi, tu le savais pas que c'était moi qu'ils voulaient en venant ? Tu faisais partie de ces hommes, non ? On vous a payés pour venir me chercher mais on vous dit pas pourquoi ? C'est bizarre, tu trouves pas ?

C'était parfaitement logique mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je l'ai écouté me répondre, clignant des yeux par curiosité. Je comprenais ce qu'il disait mais ça ne faisait pas beaucoup de sens. D'accord, ils lui en voulaient de les avoir trahis mais de là à lancer des armadas contre lui ? Niel était quoi, un mutant invincible ? J'ai haussé un sourcil à cette réflexion. Quant à sa dernière remarque, et bien...

Je me suis longuement demandé pourquoi j'étais devenue une mutante, pourquoi moi. Pendant des années, je me suis demandée pourquoi j'étais constamment malade comme ça, ça ne s'arrêtait pas et je n'avais aucun moyen de comprendre pourquoi. Ca me mettait en colère au début et puis je m'y étais faite, j'avais... Relativisé. Dans une léger moue, j'ai repris pour m'expliquer.

– Ca t'est pas venu à l'idée que si je suis comme ça maintenant, c'était parce que sans ça, je serais morte ?

Mais si Neil ne savait pas tout, je n'avais pas non plus à tout lui dire, pas vrai ? Et puis, en plus, quel intérêt ? Par contre, je boudais pour autre chose. Oui, je boudais, c'était le mot ! Parce que je trouvais que sa description et ben... Elle craignait un peu. Peut-être que j'avais des humeurs, peut-être que je faisais ma crise d'adolescente, peut-être que j'étais fatiguée, énervée mais j'avais envie de jouer sur les mots.

– Tu m'emmènes pas ailleurs, tu me conduis à New York chez des gens que je connais pas !

Oui, je voulais rester avec lui pour toutes les raisons déjà donnéess : au moins avec lui, je me sentais en sécurité. Comme de médecin que j'avais, étant enfant. Il prenait régulièrement de mes nouvelles, j'étais sa préférée, celle qui revenait régulièrement avec un nouveau truc à traiter. Au moins, il ne s'ennuyait pas avec moi ! Est-ce que Neil s'ennuyait ? Est-ce que, comme mon médecin à l'époque, je l'aidais à dresser un challenge, à chercher des réponses sur lui-même ? Je sais pas... Quelque chose ? Est-ce que Neil ressentait quelque chose pour moi ? Je veux dire... pas ça, hein, non, beurk. Il est beaucoup trop barbu, c'est vraiment pas mon genre. Pis alors, il fait des rêves bizarres, parfois ces bruits qu'il fait, ça me réveille dans la nuit. C'est trop pénible. Mais je me demandais s'il... Enfin, tu vois ? Si lui il se barrerait sans moi ou s'il resterait pour me protéger, quoi qu'il arrive. C'était une question légitime, non, tu trouves pas ? Je trouve que si.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 9 Juil - 23:07


    Non, je ne trouve pas ça bizarre, ça a toujours fonctionné de cette manière. J’ai un colis, un boulot à faire et je le fais sans poser de question. Dans ce milieu, de toute façon, on n’aimait pas tellement les questions. Bien évidemment que je savais qu’on devait récupérer quelqu’un mais, je ne savais pas que c’était une adolescente, je ne savais pas que ses parents feraient beaucoup pour elle et, surtout, je ne savais pas que c’était elle !

    Ça n’a rien de bizarre, c’est comme ça que ça fonctionne. C’est tout.

    Je ne rentre pas dans les détails. Ça ne la regarde pas réellement, je n’ai pas envie que ça la regarde surtout. Et puis, mon boulot c’est une zone privée comme un peu près tout ce qui touche à ma vie de toute façon. Je secoue la tête en regardant la route pour lui dire que, non, ce genre de chose ne m’est pas venu à l’esprit. Je veux dire, déjà j’apprends qu’elle est mutante, on ne va pas, en plus, me demander de comprendre comment ça fonctionne. Mais finalement ça n’avait pas de grande importance. Enfin, ça expliquait beaucoup de chose mais pas tout et surtout, ce n’est pas ça qui la dérangeait fondamentalement. J’ai toujours les mains sur le volant mais je lève les doigts comme j’aurais pu hausser les épaules.

    Ton oncle et ta tante, Tess. Tu ne les connais peut-être pas mais ça reste ta famille, ce que je ne suis pas !

    Mon ton est sec, je le sais bien mais je veux qu’elle le comprenne et surtout, j’ai besoin de m’en persuader aussi. Elle avait raison, je n’étais pas son père, elle n’était pas ma fille et il était temps qu’on arrive à destination que je puisse la déposer chez cette famille qui, en fait, n’avait aucun lien de sang avec elle. Putain, tu parles d’un bordel. Je tourne la tête un instant pour la regarder mais je reviens assez vite sur la route, le but n’est pas de finir dans le décor non plus.

    C’est avec eux que tu pourras reprendre ta vie où elle en était, t’auras tes repas comme tu les veux, un lit tous les soirs.

    La vie sur la route, avec moi, ça ne pouvait pas être pour elle. Je ne voulais pas que ce soit pour elle. Elle voulait un lit dans un hôtel, elle l’aurait une fois dans sa famille. Elle se ferait des amies, ferait du shopping, aurait la vie que toutes les adolescentes de son âge peut avoir. Alors, d’accord, sa vie ne reprendrait pas exactement comme avant parce qu’elle n’avait plus ses parents adoptifs mais, sérieusement, fallait la voir la petite Tess, sa façon de s’adapter et d’être efficace sans réagir comme une môme de son âge. Elle s’en sortirait dans cette nouvelle famille. Peut-être que je cherche juste à m’en persuader pour me rassurer mais, en fait, non, je pense vraiment qu’elle est capable de se relever et de continuer hors des routes et des vieilles bagnoles que je peux lui apporter.

    Tout ce que tu me demande depuis le début, ça devrait te réjouir, non ?

    Y a quand même des fois où elle était difficile à suivre où j’en venais à me demander ce qu’elle voulait vraiment. Elle ne se plaignait pas vraiment, enfin de temps en temps pour passer une bonne nuit. Je voulais bien comprendre que ce mode de vie, celui que je lui offrais, était bien différent de celui qu’elle avait eu avec ses parents adoptifs alors, je ne sais pas mais, elle devrait être contente de pouvoir retrouver un autre « chez elle ». Il faudrait peut-être juste un peu de temps pour qu’elle s’y fasse et qu’elle apprenne à les connaitre. Eux, bizarrement ne m’inquiétais pas parce que je trouve difficilement concevable de ne pas adopter et adhérer direct à une gamine comme elle.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Jeu 11 Juil - 18:47

– Et je reprends ma vie comment ?!

Non mais sans blague. Il voulait rire ? J'ai porté mon regard sur lui pendant de longues secondes en me demandant à quel point il plaisantait. Mais il semblait sérieux. Cet oncle et cette tante, j'avais dû les voir une fois ou deux et je m'en souvenais à peine. J'étais censée faire quoi avec eux ? Non, vraiment ? Je me serais bien mise à bouder mais je comprenais son point de vue. C'était assez marrant d'imaginer son point de vue parce qu'il tentait de voir mon point de vue. Finalement, ni l'un ni l'autre ne semblait certain de ce qui nous attendait. Moi, ce que j'en pense… C'est que c'était de la merde. Je veux dire ! Ma mère est morte, mon père est chais pas où, sûrement mort lui aussi et alors qu'une bande de gars ont débarqué pour m'enlever, l'un d'eux m'a prise avec lui pour me sauver la vie. Sur la route, je bute un mec pour sauver la vie à ce même gars qui m'a emmenée avec lui et maintenant, je devrais juste… Reprendre ma vie ? J'ai 17 ans et je suis humaine, il croit quoi, que je ressens rien ? Bon d'accord, j'avoue, je montre pas grand chose. Mais j'avais pas envie de passer pour une chouineuse. C'était déjà pénible de se sentir indésirée et dans le passage tout le temps. Un véritable fardeau. Il pensait que ça aussi, ça me faisait rien sûrement ? Genre, ça m'amusait de faire la conversation pour combler les blancs ! J'aime pas les silences gênés. C'est pour les asociaux.

J'avais élevé la voix à ma question mais très vite, je m'étais contentée de rire en regardant par la vitre, accoudée contre le rebord, avec une joue dans la main. Sans rire… Reprendre ma vie avec un lit et des repas comme je veux. C'était peut-être ce que je voulais, oui mais… "Fin ça fait pas non plus ! Si ? J'ai poussé un profond soupir en levant les yeux vers le ciel étoilé. J'avais hâte de voir le jour. La nuit, c'était pas trop mon truc. Trop sombre, on voyait pas à 100m, trop dangereux. J'avais pas envie de lui répondre, j'aurais pu être désagréable. Alors j'ai fermé ma bouche et j'attendu d'avoir un truc intéressant à dire. Et puis en me repassant la conversation dans la tête, j'ai froncé les sourcils. Ok, il m'avait demandée à plusieurs reprises ce que ces gars me voulaient et j'avais pas répondu. Et maintenant que je lui disais… Il ne réagissait même pas. Non, à bien y réfléchir, il n'avait pas réagi un instant. Il m'avait simplement regardée avec… Ses yeux, là, sans expressions. Sincèrement ? Des fois il me foutait les jetons.

– Euh, Neil ?

J'ai haussé un sourcil et j'ai tourné la tête vers lui. C'était à croire qu'il ne m'avait rien dit depuis des heures, comme si c'était effacé de ma mémoire. J'ai regardé à droite puis à gauche et j'ai repris.

– Tu n'as pas réagi à ce que j'ai dit… Quoi, tu t'en fiches ? Je veux dire, ces gars-là ont tué mes parents pour m'avoir et toi, tu fais l'inverse, tu me protèges et tout… Donc, eux, ils devaient savoir mais pas toi. Ou alors l'un d'eux savaient, les autres ont fait les moutons. Dont toi. Et maintenant que tu sais que je vaux cher, tu vas juste… Me déposer chez un couple de gonzes qu'on connaît ni toi ni moi ? Je veux dire ! Tu vas pas essayer… De me vendre ou un truc du genre ?

J'ai penché la tête en haussant les sourcils avec un très léger sourire ironique alors que je le détaillais.

– Sans déconner, moi j'le ferais. J'aime trop l'argent pour ça, tu vois ? Alors si tu valais AUTANT que ce que mon médecin m'a dit un jour ? Ouah, Neil, je passerais un coup de fil direct au premier hôpital histoire de me briser la tirelire sur un putain de bar avec des verres en cristal !

Cette fois, je riais.

– Je m'achèterais trop de trucs avec tout cet argent. Une maison avec une trop grosse piscine, tu vois ? Et des chevaux ! Je veux des chevaux et des vaches. Et j'aurais toutes les fringues de l'univers. Ouais bon ok j'en donnerais un peu à la charité, ces trucs là. Pis j'achèterai une place de parking en ton honneur. J'y ferais poser une stèle genre "Cette place de parking appartient au tas de ferraille qui m'a apporté toute cette gloire". Je vois déjà le tableau, ouah.

J'ai ri à nouveau en remontant mes jambes sur le siège pour les entourer de mes bras puis je me suis interrompue d'un coup. Je l'ai regardé avec des yeux ronds.

– Pitié, je t'ai pas donné d'idées, hein ? Mais je comprendrais, tu sais ?

C'était faux. Mais j'aimais bien user de l'humour… C'était plus simple.

– Tu ferais quoi toi avec l'argent que je te ferais gagner ?

Ca… C'était une question très intéressée ! Il ferait quoi de moi, hein ?
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Dim 21 Juil - 15:27

[list]Je ne la comprends pas. Elle me tanne pour un lit, pour faire des activités comme tout le monde. C’est ce que je cherche à lui donner, un retour à la normalité, une vie loin de cette merde, loin de moi. Ça ne semble toujours pas lui convenir. Je n’ai pas de mode d’emploi, pas de manuel pour m’expliquer comment fonctionne ce genre de chose. Je n’ai aucune idée de la manière dont elle doit s’y prendre pour récupérer une vie normal mais, c’est Tess, c’est elle, ce petit bout d’ado qui était là, contre une vitre, à s’adapter, à comprendre les choses et à suivre le mouvement. Si y en a un de nous deux qui sera le plus apte à reprendre une vie normale, ça sera elle, sans l’ombre d’un doute. Je n’ai pas de réponse à lui donner, je n’ai rien, je me tais. Tellement plus simple, tellement moins maladroit.

Je tourne la tête vers elle, je croise son regard quand elle m’appelle. Pas d’expression particulière sur mon visage mais rien que le fait de tourner la tête est une invitation pour qu’elle pose sa question. Elle ne m’avait pas appelé sans raison, ce n’était pas son genre. Merde. Si j’en étais déjà à me dire qu’elle avait un genre, c’est qu’il y a des choses que je comprenais chez elle. Est-ce que c’était le début d’une merde pas possible pour moi ? Ne pas la connaitre, ne pas m’y intéresser, garder mes distances, rester concentré sur la seule chose que j’ai à faire : la ramener. J’entache mes règles, je franchis des lignes que je ne devrais pas et, le pire dans tout ça c’est que j’en suis parfaitement conscient sans être capable de faire marche à arrière.

Je reporte mon attention sur la route, je l’écoute en fronçant légèrement les sourcils sur le début de sa phrase, je lui jette un regard curieux quand elle se met à rire et je me reconcentre sur la route quand elle déballe tout ce qu’elle ferait avec un tas de fric. Je me dis que je ne dois pas enregistrer ce qu’elle dit mais c’est plus fort que moi, je pense à cette baraqua caricaturale, à ces chevaux qu’il faut nourrir. Je hausse un sourcil, la regarde quelques secondes étonné par cette histoire de place à mon nom. Je soupir, secoues la tête, c’est débile.

Tu sais, je ne suis même pas certain que quelqu’un savait pour toi. C’est le principe même, on est payé pour faire quelque chose, te récupérer en l’occurrence et te ramener. On ne connait pas la valeur de ce qu’on transporte sinon… Je lâche un soupire et je hausse les épaules. On serait trop tenté de doubler la personne qui nous paye.

Je comprends que ça puisse paraitre illogique ou que ça donne l’impression d’être juste un mouton mais c’était les règles. Ne pas savoir la valeur de ce qu’on transporte. Ça évite les dérives. Le cas de Tess était une putain de dérive mais, bordel, c’était une adolescente, qu’est-ce que j’étais censé faire, hein ? Je tourne la tête vers elle, mes yeux trouvant les siens dans un air que je ne pouvais pas faire plus sérieux.

Et oui, je vais juste te déposer chez eux.

L’idée de la revendre, même en sachant ce qu’elle était ne m’étais même pas venu à l’esprit. A croire que je perds la main. Non, en fait, je n’avais jamais été comme ça. J’avais des activités douteuses mais une morale. Je veux dire, j’avais cassé tous mes codes quand j’avais décidé de me retourner contre l’équipe qu’on avait monté, ce n’était pas pour revenir sur cette décision maintenant. Qu’elle soit un remède sur patte ne changeait pas une donnée essentielle : Tess était une adolescente. POINT ! Peut-être qu’elle aimait trop l’argent parce qu’elle en avait toujours eu, j’en sais rien. Perso, je m’en tape. Enfin pas tellement mais, je n’y suis pas assez accro pour vendre une gamine. J’avais les yeux sur la route quand je me décide à répondre à sa dernière question.

J’en sais rien Tess, je ne me suis pas posé la question et, honnêtement, y a pas de raison que je me la pose. Je tourne la tête vers quelques secondes. Tu ne me feras rien gagner.

A nouveau sur la route, mes yeux voient le paysage défiler et ça me saoul de conduire. Mais je n’ai pas vraiment le choix. Puis soudainement je repense à un truc qu’elle a dit et ma tête fait un léger mouvement vers l’arrière pendant que mon regard se fait interrogateur.

Des vaches, sérieusement ? Je souris, je secoue la tête en levant les yeux au ciel avant de les remettre sur la route. Faut vraiment plus quoi savoir faire de son fric pour acheter des vaches !
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Dim 21 Juil - 18:02

Bien sûr qu'au moins un des mecs savait, c'était obligé. Et où est-ce qu'ils devaient m'emmener ? Neil le savait ? Je l'ai observé pendant un temps en me posant la question. Que savait-il au final ? A l'entendre, on aurait dit qu'il ne savait rien, que ce n'était qu'un mouton avec un job et un ordre à suivre. Comme s'il était aveugle et sourd et qu'il fonctionnait au radar, sans rien d'autre à faire qu'agir selon ce qu'on lui a demandé. J'aurais bien aimé être capable de ça. Mais en même temps... Il avait désobéi. Et maintenant, nous voilà tous les deux. Lui qui continuait à jouer le sourd et muet et moi qui cherchais à comprendre pour mettre de l'ordre dans ma tête. C'était pas évident, je te ferais dire mais je me trouvais en fait plus calme que prévu. Je crois... Que quelque part, j'avais attendu ça longtemps, que quelque chose se passe. Je me sentais désolée pour ma mère, pas pour mon père. Ma maison ne me manquait pas. Le lycée non plus. Des amis me manqueraient un temps mais bizarrement, je n'y avais jamais été très attachée. En réalité, j'ai toujours cru que si, que cette vie était la seule que j'aurais. Et maintenant que je l'avais quittée, je me rendais compte que j'en voulais pas.

J'ai eu un sourire quand il estima que je n'avais rien à lui faire gagner. Je m'étais attachée à Neil sans le vouloir. Sûrement un de ces syndrômes à la con du sauveur, je sais pas... Ouais, je m'attachais. Il en avait pas l'air mais il prenait soin de moi. A la dure ! Mais mon père n'avait jamais accompli la moitié de tout ça. De mon souvenir, en tout cas. Et puis je crois pas qu'il en soit capable de me protéger comme ça. Est-ce qu'il saurait tenir un gun, déjà ? Pppfff, je crois pas. Avec un peu moins de barbe, une meilleure tenue et un sourire, Neil pourrait être le père idéal ! Je me demande ce que pensait sa famille de lui. Est-ce qu'elle savait ce qu'il faisait ? En avait-il une au moins ? Tout le monde a une famille non ? A y songer... Me voilà sans père ni mère, juste un oncle et une tante que je connais pas. Ok, j'avais une famille sans en avoir une. Ouais donc j'en avais pas quoi ! Donc on pouvait ne pas avoir de famille ? Mais j'avais 17 ans, moi ! Il en avait combien, lui ? 50 ? 55 ? Au moins une femme, non ? ... Non ?

J'ai sursauté quand il a brisé le silence que j'avais installé alors que je réfléchissais. En fait, j'étais même partie à imaginer la vie de Neil en dehors du travail. Mais à présent, c'était lui qui détendait l'atmosphère en faisant de l'humour ! Qui l'eut cru. On faisait du progrès. J'ai souri un peu plus avant de rire et de secouer la tête en le regardant.

– Ca se boit et ça se mange, que demander de plus ?! En plus, je suis sûre qu'on peut faire des courses de vache, tu vois ? En plus, c'est quand même super affectueux. Et puis c'est paisible. C'est ZEN, tu vois ? Tu devrais essayer, franchement. Allez, dis-moi, tu ferais quoi avec autant d'argent ? Imagine, j'en sais rien moi, que je porte LE vaccin contre le cancer des testicules ! Contre TOUS les cancers du monde. Imagine, je suis invincible contre les maladies virales et infectieuses ! Je coûterais quand même super cher, tu crois pas ? Allez, dis un chiffre ! Tu ferais quoi avec tout ça, si j'étais capable de guérir le monde entier ? C'est pas le cas mais ADMETTONS !

Il n'avait toujours pas répondu. Et quelque chose me disait que Neil n'était pas quelqu'un de très accès argent. Sinon il se serait contenté d'obéir.

– Parce que tu sais, ça me dit toujours pas pourquoi tu t'es détourné des autres... Vous deviez m'emmener où, Neil ? Et pourquoi tu l'as pas fait ? Parce que moi, j'ai pas d'argent à te donner et personne te filera de rançon pour moi.

Il fallait qu'il soit franc. Je lui avais dit mon secret... Je m'étais exposée pour faire un pas vers lui, c'était son tour... Il ne pouvait pas me mentir. Pas vrai ?

– Hein, Neil ?
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Sam 27 Juil - 15:17


    Pour une gamine qui venait d’une tour d’argent, elle avait un côté vachement pragmatique avec ses envies de bovins qui filaient de la bouffe et du lait. Elle me donnait envie de me marrer avec ses explications, ses courses de vaches, leur côté zen mais, je me retiens et il n’y a qu’un sourire qui passe sur mes lèvres pendant que je regarde la route. J’aurais préféré qu’on reste callé sur cette histoire de vache plutôt que de l’entendre revenir à la charge sur cette histoire de fric, sur ce que j’en ferais, sur ce qui m’avait poussé à agir dans le sens contraire des ordres.

    Je soupire parce que je sais que je dois éviter ce genre de question mais, en même temps, ça à l’air important pour elle, sans parler du fait qu’elle m’a dit pourquoi elle était importante. A quel point est-ce qu’elle me faisait confiance pour me dire qu’elle était un remède sur pattes ? Est-ce que c’était seulement de la confiance ou de l’inconscience ? Je mise surtout sur le premier choix, Tess n’en fait qu’à sa tête, elle  a son caractère mais elle est loin d’être stupide. Le premier qui croyait ça était le dernier des crétins.

    Je suis crevé, je n’ai pas envie de chercher des excuses, je pourrais en trouver un tas mais, je me sentirais pas des plus crédible. Je suis un bon menteur mais la fatigue attaque ma matière grise et… Bref, lui mentir serait pire que tout, non ? Une de mes mains lâche le volant et vient se poser sur ma nuque. Je soupire et je fini par foutre la voiture sur le côté de la route, le moteur coupé, je récupère les clés avant d’ouvrir ma portière et de sortir sans un regard vers elle, juste une phrase.

    Besoin de me dégourdir les jambes.

    Je me retrouve dehors, la portière claquant derrière moi, je l’ai refermé dans un réflexe. Tess et ses questions, j’ai le crâne qui part dans tous les sens avec des questions que je ne voulais pas réellement me poser. Je veux dire, je sais très bien pourquoi j’ai fait ce que j’ai fait mais, c’est juste que je n’ai pas envie de l’admettre, encore moins à la gamine en question. J’aurais dû l’attacher, la ligoter avec un bâillon sur la bouche et la foutre dans le coffre jusqu’à New York. Je n’aurais pas eu à l’écouter, à essayer de la comprendre, à… Putain, fallait que je me rentre dans le crâne que c’est Tess, qu’elle n’avait rien à voir avec Beth.

    Je me fou derrière la voiture, je m’adosse au coffre, les bras croisés, le regard perdu dans le vague. Putain de fatigue, j’ai l’impression que je vais craquer et je n’aime pas ça. C’était un mur que j’avais construit autour de moi depuis la mort de ma femme et de ma fille. Et il avait fallu qu’une gamine de 17 ans débarque pour que tout s’effrite comme un château de carte. Bravo la solidité des murs. J’entends Tess qui sort, qui me rejoins mais je reste silencieux encore un bon moment, sans même la regarder.  Un tas de minutes s’étalent sans que je sache combien de temps je m’enferme dans mon mutisme et, sans prévenir, le regard toujours rivé  sur un point au loin, je commence à l’ouvrir.

    On devait te récupérer, on avait juste un prénom, un nom, une adresse et te ramener à un point de rendez-vous. C’était ça le contrat. Et, je ne sais pas mais… Je passe une main dans ma nuque, je n’aime pas ce genre de discours. Je m’attendais à voir une adulte. Ma main retombe, je hausse les épaules. Pas toi.

    Dans un soupir je me retire de l’appui que m’offre le coffre de la voiture, un pas en avant, puis deux, je finis par me retourner vers Tess, je la détaille un instant, les lèvres pincés cherchant à me demander si je dois lui dire la vraie raison de mon changement de cap. D’un côté je me dis que c’est ce qu’elle attend, de l’autre je me dis que ça ne la regarde pas et, en plus, je ne veux pas que ce soit quelque chose dont elle puisse se servir contre moi. Mais la franchise dont elle avait fait preuve plaidait en sa faveur alors, je soupire une nouvelle fois, les mains contre mon corps.

    J’avais une fille. Beth et, elle aurait 17 ans si on lui avait donné l’occasion de vivre. Ca a dû jouer dans la balance quand j’ai vu qu’on me demandait de ramener une adolescente alors, tu vois Tess, l’argent que tu peux rapporter, je m’en contre balance comme pas permis.

    Mon air à l’air détaché même si on peut y trouver des failles mais, je n’aie pas envie de m’appesantir sur le sujet, pas envie de donner la preuve que c’était un sujet sensible même si c’était facile de le comprendre. Je ne dirais pas que je me sens coupable, que cette mort est de ma faute, de mes activités, de mon incapacité à voir les choses venir.
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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Sam 27 Juil - 18:20

Je l'ai vue ! Son esquisse de sourire sur son visage, je l'ai touché ! J'ai fait de l'humour et ça l'a atteint. vraiment, on faisait des progrès, c'était rassurant. Je commençais à croire que ce type était vraiment pas capable de rire, tu sais ? Pourtant, il ne rit pas à gorge déployé. Pourquoi, je l'ignore. Peut-être qu'un jour je comprendrais, peut-être qu'un jour, il m'expliquerait. Pourquoi est-ce que ça avait de l'importance pour moi ? Je ne sais pas trop… Je crois qu'en fait, je voulais savoir parce qu'il ne voulait pas me dire. C'était trop curieux et puis, j'étais curieuse. Je ne pouvais pas traverser le pays avec un type sans qu'on s'adresse une fois la parole ! Et puis parfois… Il avait cet air perdu. Il gardait le silence et puis il continuait de rouler. Je sais pas pourquoi. Cette fois, il a même décidé de s'arrêter, ce qui était encore plus difficile à deviner. Mais je crois qu'en fait, il était surtout fatigué. Est-ce que c'était le moment de lui dire que j'avais commencé mes leçons de conduite quand mes parents m'avaient acheté une voiture ? Je pouvais pas encore la conduire mais c'était une bonne motivation pour se mettre à apprendre à conduire non ? Selon mon moniteur, je n'étais pas mauvaise, j'avais surtout besoin de pratique. Neil me laisserait conduire avec mes quoi… Même pas 10 heures au volant dans toute ma vie ? J'ai un doute. Alors quand il est sorti, je me suis penchée pour continuer à le voir, élevant la voix.  

– Neil ?!   

Qu'est-ce qu'il avait encore ? On était en train de discuter ! Et puis il a simplement contourné la voiture pour rejoindre le coffre… C'était ça, se dégourdir les jambes ?  

– Hey, je vais prendre le volant et m'en aller sans toi vers le prochain motel où je vais pouvoir regarder "X Factor" sans toi !   Mais il ne réagissait pas. J'ai soupiré et j'ai regardé la route immobile devant moi. A dire vrai, j'avais besoin de respirer aussi, de marcher, même juste quelque pas. Ce n'était pas parce que je ne conduisais pas que mes jambes n'étaient pas enquilosées par le siège passager. J'ai ouvert la portière et je suis sortie à mon tour en attrapant ma veste. Je l'ai resserrée contre moi, croisant les bras et je me suis approchée de lui, non sans ironie sur le visage.  

– Si tu veux te dégourdir les jambes, il faudrait que tu marches en t'éloignant de la voiture, non ? Enfin, je crois.  

Il répondait enfin à ma question mais fondamentalement, je m'en fichais un peu. Je veux dire, c'était juste pour faire la conversation, le reste… Et puis ça changeait quoi que je sois une adulte ou non ? Il aurait désobéi quoiqu'il arrive, pas vrai ? Je veux dire, c'était Neil ! Il ferait pas de mal à une mouche, j'ai pas raison ? S'il me protégeait, c'était pour une raison, après tout ! C'était dans sa nature, c'était quelqu'un de bien, j'en étais persuadée. Je le sentais en moi sinon je l'aurais pas suivi ! Je suis pas débile et je sais courir vite. Si Neil avait été un danger pour moi, j'aurais facilement pu le semer… Alors… Ca aurait changé quoi ?  

Et puis la bombe s'est abattue sur moi. Je souriais mais j'ai vite déchanté. J'ai entrouvert les lèvres, mes yeux portés sur le visage de Neil. Je n'allais pas dire que je comprenais ce par quoi il traversait mais je pouvais imaginer à quel point c'était épouvantable que des enfants partent avant leurs parents. Neil avait eu une fille de son âge et ça n'excusait pas tout mais ça expliquait beaucoup de choses. J'ai cligné des yeux en faisant deux pas vers lui. Est-ce qu'il aurait voulu que je dise quelque chose ? Je n'en sais rien mais je ne savais pas quoi faire d'autre. Est-ce que… Est-ce que je ressemblais à sa fille ? Comment elle s'appelait ? Où était sa mère, sa femme ? Je ne savais pas quoi dire mais je savais encore moins quoi faire…  

– Neil… Je suis désolée. Je savais pas…  

Bien sûr que non, je savais pas ! Mais je me disais quand même que demander ce qui s'était passé, c'était peut-être trop demander, justement. J'ai fait un nouveau pas vers lui en me massant la nuque. Je grimaçais de pas savoir quoi faire mais j'avais comme l'impression qu'il pouvait me repousser à tout moment.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Dim 28 Juil - 5:15

    Les mots qu’elle avait pu prononcer avaient été lointain, presque inexistants. Je me posais trop de questions pour me soucier de ce qu’elle avait pu dire et puis, franchement, je devais déjà répondre à une question ce n’était pas pour en avoir d’autres en prime. Dans d’autres circonstances je l’aurais écouté, je l’aurais entendu et, si j’avais compris, peut-être même que j’aurais encore du me forcer à ne pas réagir, à ne pas sourire à ses traits d’humour qu’elle pouvait avoir. Mais je n’étais pas dans cette optique-là alors, ouais, j’avais juste parlé, je lui avais juste donné la réponse à une question qu’elle me posait pour la deuxième fois.

    Je ne réfléchis pas tellement, je parle juste, j’explique pourquoi j’ai fait ça et, honnêtement, je le regrette presque aussitôt. En quoi ça la regarde en vrai ? Qu’est-ce que ça pourrait bien changer ? Je ne voulais pas que ça change quoique ce soit parce que, justement, ça ne changeait rien. Je la trainerais chez son oncle et sa tante et, une fois là-bas, je continuerais mon chemin, pendant qu’elle reprendra sa vie. Sans moi. J’avais perdu ma propre fille, ma chair, mon sang, mon union avec ma femme. Alors, sérieusement, à côté de cette perte, laisser Tess dans sa famille, ne devait pas être insupportable.

    Tess s’excuse, elle ne savait pas et moi, comme un con, je trouve ça drôle. Je veux dire, je sens bien que la moitié droite de mes lèvres se relèvent dans un demi-sourire alors qu’elle a fait deux pas en avant. Évidemment qu’elle ne savait pas.

    En général, ce n’est pas écrit au-dessus des gens avec un grand panneau lumineux.

    La phrase n’était pas critique, ni même acerbe comme je l’avais prévu quand j’imaginai cette scène. Les gens désolés m’avaient toujours énervé en temps normal, parce que je ne comprenais pas pourquoi ils étaient désolés. Il ne connaissait ni ma femme, ni ma fille. Ca n’avait toujours été qu’une formule de politesse selon moi mais, là, devant Tess, je me dis que c’est plus qu’une formule de politesse. Qu’est-ce qu’elle aurait pu dire d’autre ? Est-ce que j’attendais seulement quelque chose de sa part, une parole particulière ? Non. Définitivement non. Elle voulait une réponse, je lui avais donné, le sujet était clos. POINT.

    Elle s’approche encore, l’air de ne pas savoir quoi faire. Putain Tess, y a rien à faire, je ne veux rien. J’ai pas besoin qu’on cherche à me comprendre, qu’on soit désolé pour moi, qu’on me réconforte. Tout ce qui s’est passé se trouve être uniquement de ma faute, je ne voulais pas qu’on me trouve des excuses, je voulais qu’on me laisse dans mon truc, qu’on me laisse assumer la douleur comme un châtiment que j’avais mérité. Et, surtout, je n’ai pas envie de m’étendre encore plus sur le sujet alors, je décide de m’en sortir comme je peux, laissant tomber tout le sérieux de cette déclaration.

    Je ne sais pas ce que tu as en tête en approchant comme ça. Et il allait de soi que j’avais mon index pointé vers elle à ce moment-là, le secouant de droite à gauche. Mais oublie tout de suite, c’est forcément une mauvaise idée. Mes gestes se stoppent tout d’un coup pendant que je réfléchis à une option qui devrait satisfaire tout le monde. Tu sais quoi, voilà ce que je propose. On oublie ce que je viens de dire, on enterre le sujet et, en échange, je t’offre une nuit dans un motel pas trop miteux.

    Ok j’avoue, j’’avais aussi besoin d’une bonne nuit de sommeil. La route me tuait, les derniers évènements avaient finis par m’achever. Il fallait que je me repose mais, si ce besoin me servait je me dis qu’il pourrait être utile pour Tess, en plus de permettre de clore ce sujet de manière définitive. Je tends la main vers elle, paume ouverte dans sa direction.

    Deal ?

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Tess Hour
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mar 30 Juil - 21:34

"En général". Qu'est-ce qui pouvait être général à ce type ? Il n'avait rien d'un bonhomme normal, il était… Totalement différent de ce que j'avais pu connaître jusque là. Je veux dire… Ce mec était un psychopathe avec une conscience. Franchement, de toi à moi ? Il me faisait peur et en même temps, j'avais du respect pour lui. Il était comme… Batman. Sans prétention mais avec des supers pouvoirs. Sauf qu'il avait plus de classe que Batman. J'aime pas Batman, de toute façon. Neil, c'était un peu… J'ai même pas honte de dire ça mais Neil, c'était comme le père que j'aurais voulu avoir. Ouais, j'ai grandi dans un truc doré, j'ai eu tout ce que je voulais, ou presque. Mais un père qui me regarderait comme il le faisait ? J'aurais jamais cru que ce type pouvait être un paternel, déjà. C'était presque surréel. Alors il y avait, quelque part en lui, un "super papa" recalé dans un placard ? Quel gâchis, tu trouves pas ? Je crois que j'ai ouvert la bouche pour lui faire cet aveu quand il a brisé le silence. Fronçant les sourcils, j'ai tenté de comprendre de quoi il parlait. J'ai louché suer son index en grimaçant légèrement, je n'aimais pas être jugée. Ma tête s'est donc mise à réfléchir. Il n'avait quand même pas pu deviner ce à quoi je pensais ! Et puis… ça a fait tilt. J'ai fermé les yeux et j'ai fait, je crois, la pire grimace de toute ma vie, genre même moi je me serais trouvée absolument hideuse. Le dégoût s'illustrait à la perfection sur mon visage. J'ai levé les mains et j'ai fait quelques pas en arrière.

– Répugnant ! Beurk !

Je me suis à moitié tournée, une main levée, paume face à lui comme pour le repousser. Puis, j'ai acquiescé.

– T'as raison, on va oublier que t'as franchement une âme de pervers, tu sais quoi ? Non mais genre. Beurk et rebeurk ! Et on va dire que même si j'ai envie de faire de la contre-suggestion en refusant le motel, je dis quand même Deal parce que je ne peux plus physiquement pioncer dans ta bagnole.

J'ai isolé mon index de ma main levée, la reculant pour qu'il ne frappe pas dedans.

– Hahin, je high-five pas un mec qui pourrait être mon père et qui croit que j'ai des idées salaces à son sujet ! High-five toi tout seul.

J'ai haussé les épaules en frissonnant dans un "bbrrr" et je me suis retournée pour retrouver ma place dans la voiture. Penser à lui comme un potentiel père était-ce plus sain que penser à lui comme un amant ou un truc du genre ? J'en sais trop rien… L'un comme l'autre, c'est sûrement une mauvaise idée, quand même, quoi qu'il arrive, pas vrai ? Neil me déposait à New York et puis il repartirait. Il aura fait… sa bonne action, on va dire ? Une bonne action qui aurait pu lui coûter la vie. Il faut croire qu'il aime survivre. Je le soupçonne d'aimer ce genre de vie, d'ailleurs. Psychopathe mais droit dans ces baskets en tout cas. Cela dit, entre lui et moi, le plus dérangé, c'était peut-être pas lui. Hey, c'était moi la mutante, après tout non ?

Quoi d'autre cachait Neil ? Je veux dire… Quels autres secrets il portait, selon toi ? J'ai attendu qu'il reprenne le volant et je l'ai suivi des yeux sans rien dire. Il avait pris une toute autre dimension. Il n'était plus ce gars solitaire qui dormait avec un fusil à pompe sous les fesses, il était devenu ce père éternellement célibataire qui ne semblait plus avoir de raison de vivre. Pourtant, il était là… Il survivait mais restait à savoir pourquoi. Ok, sujet clos pour l'instant, j'avais compris. J'ai désigné le volant du menton et j'ai relevé les yeux sur lui.

– Hey, tu veux que je conduise ?

J'avais posé cette question un peu stupidement. En pleine nuit ? Le plus vite on était dans un motel, le plus tôt on pouvait dormir non ? S'il se mettait à rouler maintenant, j'allais m'endormir contre la vitre en moins de 5 min.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 31 Juil - 9:49


    Je plisse les yeux, paumé, avec la désagréable sensation d’avoir zappé un épisode. Je ne comprends pas pourquoi elle fait cette tête, ce que j’ai ou ce que j’ai pu dire pour la voir aussi dégouté. Je patauge, je réfléchis, je me repasse la phrase que j’ai dite mais, même comme ça, je ne comprends toujours pas. Il faudra attendre qu’elle prononce le mot pervers, puis contre-suggestion, pour qu’un éclair de lucidité me passe par la tête. Si Tess semble dégoutée, j’ai l’air de tomber de haut, ne comprenant pas comment elle a pu penser que… Putain, je n’arrive même pas à songer à cette éventualité-là, comprenant que c’est ma façon de dire les choses qui a posé problème. Ce genre de pensée était tellement impensable pour moi que j’ai encore du mal à comprendre comment ça pouvait être mal interprété. Et, soyons honnête, ça me vexe profondément. Qu’est-ce qu’elle croyait ? Que je mettais retourné contre mes employeurs, que je risquais ma putain de vie, juste pour la trainer dans un motel ? Qu’elle puisse, ne serait-ce qu’y songer me dérange. Je remets en doute la façon dont elle me voit et finalement, je me dis que j’ai été trop con. Rester en retrait, ne rien dire, ne pas l’ouvrir, ne pas s’approcher d’elle et rester le type distant que j’avais été au début de ce voyage aurait sûrement évité ce genre de quiproquo. Essayez de vous montrer sympa, de vous ouvrir un peu et, BAMM, on venait à penser que la seule chose qui vous intéresse c’est de finir dans une chambre unique.

    Je reste là, comme un con pendant qu’elle remonte dans la voiture, toujours sur le cul concernant ce qui vient de se passer. Ok, fini les confidences, les tentatives d’humour ou même d’ironie. Revenir aux premiers jours et ne pas décrocher un mot. Peut-être que comme ça, elle n’envisagerait plus de prendre les choses de travers. Je ne sais même pas quoi répondre à ça, même quand je remonte dans la voiture, l’air toujours aussi étonné par ce qui vient de se passer, je reste sans aucune réponse. J’crois bien que je préfère ne rien dire plutôt que de chercher à me justifier avec autre chose qu’elle pourrait prendre de travers et sortir de son contexte. Putain lui offrir une nuit dans un motel, il n’y avait rien de bizarre là-dedans, je voulais juste lui offrir ce qu’elle voulait, une nuit, dans un vrai lit, dans une vraie chambre où il n’était pas question de moi à côté. Enfin, si, je serais à côté mais dans une autre chambre. Je n’en reviens toujours pas de la manière dont elle a compris les choses alors que je remets le moteur en route. Hallucinant. Mais, au moins, ça a eu le don de me remettre les idées en place et de m’éveiller un peu plus. Assez en tout cas pour que, quand elle me demande si elle veut conduire, je lâche un grognement en secouant la tête et en m’agrippant à mon volant. Après tout, ça devrait la rassurer, si j’ai les mains sur le volant, au moins je ne les aie pas sur elle ! Ok, je crois vraiment que je l’ai mal pris.

    Je reprends la route, qu’elle s’endorme, je m’en fou, ça lui évitera de déblatérer des conneries plus grosse qu’elle. J’ai rien à dire de toute façon pour tenter de la tenir éveillé et, si je l’avais pas aussi mal prit, j’aurais presque été capable de lui demander, avec ironie, si elle était certaine de ne pas avoir peur de s’endormir à côté de quelqu’un qui lui proposait de lui offrir une chambre. Mais, sérieusement, ce n’est pas le genre de sujet avec lesquels j’apprécie rigoler. Putain c’était une gamine, qu’est-ce qu’elle croyait ? Que j’enlevais les gamins à la sortie des cours pour les trainer dans un motel… Sérieux, faut que j’arrête !

    Je ne sais pas combien de temps je roule, j’essaye de revoir les choses sous un nouvel angle, de relativiser en me disant que les interrogations de Tess peuvent être justifiées. Elle ne me connait pas après tout, je ne suis que le type venu l’enlever avant de changer d’avis et de la trainer dans une autre direction. Alors ouais, en y réfléchissant bien, ça pouvait se comprendre. J’en sais rien. Quelques heures passent et, finalement, je vois l’enseigne d’un motel qui n’a pas l’air trop dégueu. Une bonne nuit, pour tous les deux – CHACUN DE NOTRE COTÉ – n’allait pas nous faire de mal. Je me gare et coupe le moteur. Je me tourne vers Tess, les clés de la voiture en main.

    J’vais aller me chercher une chambre, je te laisse dormir ici, histoire d’éviter toute ambiguïté ?

    J’ai souris, je prends quand même un peu sur moi pour faire de l’ironie sur ce genre de sujet. Bien évidemment que je ne vais pas la laisser dans cette bagnole, j’ai quand même de quoi prendre deux chambre, l’une à côté de l’autre. Et, si ça n’avait pas été le cas, je crois que j’aurais encore préféré dormir dans la voiture et lui laisser une piole, plutôt que de risquer de prendre une seule chambre, même avec deux lits séparés. Enfin, cette option ne m’aurait peut-être pas dérangé avant que j’apprenne qu’elle pouvait mal interpréter une phrase que j’avais dite. Je lève légèrement la main dans un signe de salut.

    Repose-toi bien.

    Et voilà, je quitte la voiture en fermant la portière derrière moi pour me diriger tranquillement vers l’accueil histoire de pouvoir réserver les chambres en question. Le pas, pas spécialement rapide, si elle voulait me rattraper, elle n’aurait pas beaucoup de mal à le faire.
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Mer 31 Juil - 21:26

Et voilà, c'est reparti. Monsieur boude. Pourquoi ? J'en sais rien mais c'est soudain glacial dans la voiture. Génial. J'ai secoué la tête en soupirant et comme à chaque fois que je le laisse bouder dans son coin, je suis allée me poser sur la banquette arrière. J'ai sorti de ma poche la cassette audio de country et je l'ai posée à côté de moi. A défaut de pouvoir l'écouter dans une voiture sans lecteur, j'allais les chantonner dans ma tête, ces chansons. Au moins, je le gonflerai pas pendant un temps. Ppff, je lui dis que je suis une mutante, lui qu'il a perdu sa fille qui avait mon âge et nous voilà, chacun de notre côté de la voiture. Si seulement il pouvait comprendre que j'avais été choquée - presque amusée, en réalité - qu'il puisse penser que MOI je songe à lui comme ça sans imaginer l'inverse... il avait bien parlé d'une mauvaise idée, non ? Et j'étais totalement d'accord. Alors pourquoi il boudait ? AUCUNE idée, comme toujours, Neil était impénétrable. En plus... Cette voiture, elle puait carrément plus que l'autre. Je n'arrivais pas à m'endormir, c'est te dire. Les chansons commençaient doucement à s'effacer de ma tête. J'avais très envie qu'on s'arrête à une station essence pour que je puisse voir s'ils avaient pas un baladeur. On trouve toujours de ces trucs sur les routes, j'ai l'impression.

Alors quand il s'est arrêté et bien... Je dormais pas. Sa question, je la prends presque comme une gifle. Mais j'ai fait quoi au juste ? Quelle ambiguïté ? Par tous les saints, ne me dis pas qu'il était resté là-dessus. Pour vrai ?! J'ai grimacé en me redressant soudainement pour le voir fermer la porte après un "repose toi bien" qui pour moi était juste de la grosse blague. Un gag dont je me serais bien passé ! J'ai escaladé les sièges pour m'extirper de la voiture à mon tour et j'ai claqué la portière avant de le rattraper d'un pas décidé.

_ Si tu crois que tu vas t'offrir le luxe d'un lit avec une couverture et un matelas, avec des chiottes séparées de la salle de bain et que moi, je vais moisir toute seule dans ta bagnole qui pue, tu te fourres le doigt dans le nez jusqu'au coude, mon vieux.

J'ai relevé les yeux vers lui, l'air pas commode. Moi aussi, je pouvais faire ma caractérielle bipolaire insupportable ! Il se croyait seul au monde mais il oubliait qui j'étais. Et pan ! Et il oubliait facilement que j'étais là aussi. J'avais proposé de conduire, il m'avait royalement ignorée ! Tant pis pour lui. Ce soir, j'allais dormir dans une chambre séparée.

_ Je vais prendre ma propre chambre, puisque c'est comme ça ! Tu boudes ! Alors moi aussi.

Et j'ai accéléré le pas pour arriver avant lui à l'accueil. Si j'avais été une adolescence débile, je lui aurais même tiré la langue. Mais j'étais plus distinguée que ça, quand même. Sauf qu'au moment de demander une clé à cette grosse dame qui devait carrément se demander si j'étais en âge d'en avoir une, de chambre, dans son motel miteux, bah j'avais pas l'argent sur moi. Forcément. Et quand elle a vu Neil entrer à son tour, elle lui a jeté un oeil l'air de se demander si c'était mon mac ou je sais pas quoi.

_ Une chambre pour deux ?

_ Nan. Deux. Et c'est lui qui paye.

La vieille grosse dame jeta un oeil à Neil et eut un sourire. Elle devait maintenant croire que c'était mon père. Elle lui sourit et tendit des clés avec un :

_ Ah, les adolescents, des perles de Dieu, n'est-ce pas ?

Quelle cave, celle-la... J'ai roulé des yeux.
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Neil Campbell
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MessageSujet: Re: Quand petit déj' rime avec survie [Tess]   Jeu 1 Aoû - 11:33


    Comment est-ce qu’elle compte me laisser prouver que je peux aussi essayer de bien faire si elle prend tous les devants, hein ? Deux chambres, je les aurais pris, elle aurait pu le constater par elle-même mais, non, il fallait qu’elle joue ses putain d’adolescente rebelle, qu’elle demande elle-même deux chambres, comme si elle était certaine que je ne l’aurais pas fait. Elle ne me laisse pas l’occasion de lui prouver que c’est pourtant ce qui se serait passé. Et lui dire n’avait aucune espèce d’importance, ce n’était qu’une parole, pas un acte. Je suis presque certaine que, dans sa petite tête d’adolescente, elle est persuadée que j’aurais pas pris de quoi lui faire passer une « bonne nuit ». Ça m’apprendra à essayer de faire de l’humour ou parler avec ironie quand ce n’était pas compris.

    La personne chargée de l’accueil semble compatir aux problèmes liés aux adolescentes, ça rend plus supportable le premier regard qu’elle nous avait lancé. Je hoche la tête, sans sourire, si seulement elle pouvait imaginer à quel point c’était encore plus compliqué que le seul problème de l’adolescence ! J’attrape les clés, je vérifie que les numéros se suivent avant de m’approcher pour lui demander ce que je lui dois. J’ai bien envie de lui faire ravaler le tarif qu’elle m’annonce, bien trop cher pour ce que c’était. Mais, elle était la seule à avoir un motel dans le coin, le gens ne choisissaient pas de venir ici pour le plaisir, c’était le seul choix qu’ils avaient alors elle se faisait plaisir sur les chiffres. Mon visage se durci un peu plus alors que je sors mon portefeuille de la poche arrière de mon jean pour lui filer le fric qu’elle demandait. Elle tente un sourire et souhaite un bonne nuit, je ne lui réponds pas tellement elle m’est devenue désagréable juste à cause d’un prix. Je remets mon portefeuille en place, et me retourne pour tendre une des clés à Tess.

    Tient, on va chercher nos affaires.

    C’est pas vraiment une question, ce n’est pas un ordre non plus. Juste de la logique. Arrivé à la voiture, j’ouvre le coffre pour récupérer mon sac et j’attends qu’elle prenne ce qu’elle veut avant de le refermer et de regarder autour de moi pour voir où est situé les chambres. Ok, c’est là-bas, un peu plus loin, faut prendre l’escalier extérieur pour monter au premier palier. Je pointe la direction du bout de la main avant de mettre mon sac à dos sur une épaule et de m’y diriger.

    Les deux chambres sont bien à côté et, je dois bien avouer que ça me rassure. La laisser dans sa propre chambre m’angoisse un peu, surtout après l’épisode du dernier arrêt petit déjeuné. Je me rassure en me disant que, dans ce genre de motel, les murs sont comme du papier de verre, à laisser filtrer tous les bruits des chambres autours. Un peu point en vue des circonstances. Je suis devant ma porte mais je me tourne vers Tess avant de mettre la clé dans la serrure.

    Ça va aller ?

    Je me doute que ça va aller mais, ce que je veux vraiment savoir c’est si elle a besoin de quelque chose pour cette nuit. Oui je sais, je suis censé bouder, comme elle le dit si bien, mais je n’ai pas envie de rester fâcher avec elle pendant une éternité. Ce n’était même pas que j’en n’avais pas envie, c’est juste que j’en n’étais pas capable. Faible. Je suis horriblement faible fasse à cette putain d’ado.

    Ou tu as besoin de quelque chose ?

    J’avais un peu de monnaie si jamais elle voulait quelque chose dans un distributeur. Sérieusement, est-ce qu’elle se rendait seulement compte qu’elle pouvait pratiquement me demander ce qu’elle voulait. Sans certitude de l’obtenir, j’essayerais quand même de le faire. C’est con mais c’est comme cette histoire de casette qu’elle avait gardé que l’on pouvait plus écouter. Je savais déjà que je sortirais dans la nuit pour voir si y a pas moyen de dénicher un baladeur ou un nouvel autoradio.
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Quand petit déj' rime avec survie [Tess]

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