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 Sunnydale High School (Salem)

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Adam Tenseï
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MessageSujet: Sunnydale High School (Salem)   Jeu 14 Mar - 19:12

Spoiler:
 

— Tu m’prends pour un Jedi ?

Anne haussa les sourcils d’un air un peu surpris. Les références cinématographiques d’Adam étaient rares. Le jeune homme, qui retrouvait péniblement son souffle, se redressa et, d’un air un peu vexé, souligna :

— J’ai que vingt-et-un ans, j’te signale. J’ai vu des films avant de muter.

La femme haussa les épaules et tendit le bandeau à son poulain. L’Asiatique prit le tissu d’un air très sceptique, poussa un soupir et, finalement, résigné, le noua autour de ses tempes pour cacher ses yeux. Depuis sa mésaventure à la station thermale, quand il s’était fait peloté par un maître-nageur taillé comme une statue grecque, Adam avait tenu promesse et repris tous ses entraînements, un peu négligés à mesure que sa vie se remplissait, avec une ferveur nouvelle — à l’Institut et en dehors, avec Anne.

Et après une séance intensive, Anne s’était montrée un peu désobligeante, en suggérant que ses performances étaient…


— Pas mal.
— Comment ça, pas mal ?
— Non, c’est sûr. Tu es très doué. Pour un humain.
— Je suis un humain.


La mystérieuse Française avait secoué la tête. C’était un point délicat entre eux depuis quelques années ; selon elle, Adam ne tirait pas assez parti de ses capacités et selon Adam, il était dangereux de trop y puiser. Mais le jeune homme devait se rendre à l’évidence : ses réticences ne ralentiraient pas la marche de son pouvoir et s’il voulait avoir une chance de reconduire une voiture — parce qu’il avait sagement pris un abonnement mensuel de transports en commun, malgré ses nombreuses protestations — il devait accepter d’embrasser ses potentialités.

Anne lui avait donc assuré qu’il pouvait être un combattant surhumain puisque, par définition, il était surhumain, mais qu’il fallait qu’il eût un peu confiance en lui (et en elle, accessoirement). Premier étape d’un entraînement d’un nouveau genre : combattre les yeux fermés. Adam se sentait un peu idiot avec son bandeau sur les yeux et, surtout, complètement désorienté. Les premiers coups de la femme n’eurent aucune difficulté à rejoindre leur but et l’Asiatique maugréa :


— Ça sert à rien, ça marche pas.
— Concentre toi. C’est une question d’intuition.


Adam soupira mais, comme il n’avait pas l’habitude — plus l’habitude — de se faire frapper sans répliquer, il se concentra donc. Et au fil des minutes, ses réflexes devinrent des plus précis et des plus redoutables et pour aveugle que le bandeau le rendait, il n’en était pas moins efficace. Au contraire même, son intuition surnaturelle lui offrait une fluidité surprenante et lorsqu’il quitta enfin le morceau de tissu, Anne souriait d’un air pleinement satisfait.

Dans la douche déserte du gymnase perdu dans un recoin de New York, Adam se sentait… différent. Bien. La semaine de retrouvailles avec Salem avait été mouvementée, à leur manière. La plupart du temps, ils avaient goûté à un bonheur plus solide, plus rassurant que tout ce qu’ils avaient connu auparavant. Bonheur souvent scellé par des étreintes que le pouvoir d’Adam avait définitivement transformées. Mais il arrivait souvent qu’un mot malheureux échappé rappelât à l’esprit de l’Asiatique les terribles événements de Boston et alors, tant bien que mal, il cachait une tristesse encore profonde qui étendait son ombre sur la soirée.

Et puis il y avait les pouvoirs. Adam avait entrepris de surveiller étroitement Salem après sa crise spectaculaire. Et Salem n’avait d’autres choix que de surveiller Adam, dont certaines visions paraissaient désormais presque inoffensives, mais dont les autres étaient devenues douloureusement spectaculaires. Il y avait eu des soirs où Adam s’était juste laissé glisser contre le mur, dans un coin de la pièce, prostré de douleur et où il avait été impossible de lui arracher le moindre mot.

Mais ce jour-là, alors que la matinée progressait vers le déjeuner, il se sentait bien. Fort. Son pouvoir longtemps retenu et enfin exploité épanouissait son corps et son esprit, comme une énergie trop frustrée qui trouvait à se dépenser. Et puis, instants de crise mis à part, souvenirs douloureux écartés, la résolution qu’il avait prise, le lendemain de son retour, en regardant Salem dormir, n’avait pas vacillé et leur union était sortie profondément renforcée de leur épreuve.

Bref, Adam était rayonnant, flegmatiquement rayonnant, quand, une fois sorti de la douche et habillé, il entreprit de retrouver Salem pour le déjeuner, de lui faire une surprise, même, en le pêchant à la sortie du lycée — parce qu’il voyait très mal son fiancé se contenter des endives du self quand des plats bien moins diététiques le guettaient à chaque recoin. Autour de l’établissement scolaire, péniblement atteint en bus (quelle misère…), Adam trouva une nuée d’élèves déjà en train de fumer et qui, révélation douloureuse pour celui qui endossait toujours si spontanément le rôle de l’homme mature dans le couple, avaient l’air d’avoir tous à peu près son âge, quand ils ne paraissaient pas plus vieux.

Adam avait été persuadé d’arriver en avance, avant la sortie des cours en tout cas, mais les délais des transports en commun (quel scandale…) ne lui étaient pas encore très familiers et, de toute évidence, il avait mal calculé son coup. Il plissa les yeux pour tenter de voir si Salem n’était pas dans la foule, mais point de petit brun surexcité et tatoué jusqu’aux yeux à l’horizon. Le jeune homme esquissa une moue un peu déçue et sortit son téléphone portable. Il composa le numéro de son cher et tendre et tomba sur le répondeur, parce que Salem, sans doute, était entouré de jeunes gens comme lui, qui passaient leur temps à faire les fous, et donc du bruit, et n’attendaient pas les sonneries de leurs respectables amoureux.


— C’est moi. Je suis à ton lycée et j’voulais… Te faire une surprise. Mais j’suis en retard, et je sais pas trop où te trouver. En plus… Attends…

Une étrange impression venait de s’immiscer dans son esprit. Le regard noir du jeune homme se braqua sur l’établissement. Quelque chose se tramait — il en avait l’intuition.

— …hm… j’te rappelle…

Adam raccrocha, prit l’air aussi lycéen-étudiant que possible et se faufila parmi la foule, sac de sport sur l’épaule, pour rentrer dans le bâtiment. Il avançait au petit bonheur la chance d’une cour à l’autre, en se fiant à son intuition, qui le poussait lentement mais sûrement vers les portes de service, là où les élèves n’étaient pas censés aller : les escaliers qui menaient aux combles, les couloirs qui allaient aux ateliers et, évidemment, les autres escaliers, ceux qui descendaient dans les sous-sols mystérieux et labyrinthiques de cet établissement déjà un peu ancien.

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Ven 15 Mar - 23:49


« C'est toujours pareil, c'est les tatouages, ça, elles m'aiment pas. »

C'était en effet souvent pareil, il était midi moins vingt, les trois camarades de classes avaient profité que les professeurs de langues soient en pleins examens blanc d'ils ne savaient trop quelle classe pour aller manger plus tôt. Mais Salem ne mangeait pas, trop occupé à se lamenter parce qu'on lui avait donné plus de petits pois que Wayne et moins de mousse au chocolat que Kate, sous les sourires goguenards de ses amis. Wayne était tout particulièrement mort de rire et essayait de le faire parler un peu, sachant que c'était cette partie là la plus drôle.

« Y'a pas tellement de différences que ça, t’exagères. »
« Tu plaisantes ? Quarante-sept de plus, c'est énorme, elle l'a forcément remarqué. Puis elle me regarde toujours d'un air méfiant, elle me prend pour un drogué. »
« Et elle veut te sevrer avec des petits pois ? »
« Mais comment tu fais ça, sérieux? »
« Boarf, il dit ça au pif, toute façon personne va vérifier. »
« Si, on peut essayer, cache tes yeux Salem. »
« Hein ? »

Tandis que Wayne luttait avec un adolescent qui ne voulait pas cacher ses yeux, Kate piqua une grosse fourchette de petits pois dans son assiette.

« Et mainte… ? »
« Trente-deux, rah tu m'as tout foutu en vrac… »

Salem venait à peine de relever la tête et semblait plus préoccupé par ses cheveux que l'assiette de qui que ce soit. Kate souleva sa main qui cachait en réalité treize pois et alors qu'elle allait répliquer, il montra d'un vague signe de main deux grains qui avaient curieusement roulés beaucoup plus loin. Les deux le regardèrent avec des yeux ronds.

« Mais comment t'as… »
« Hallå, les amis. »
« Allo Ivan ! Alors, alors avec Ul… »
« Adam va bien ? »
« Oh non, Ivan… »
« Il était trop chou hier ! Je regardais Batman sur l'ordi, lui il lisait et à un moment il s'est couché sur le canapé, Harper est venu sur son ventre et il lui a fait pleins de papouilles. Puis après, on parlait, et il a dit que… »

C'était décidément la routine au lycée général et technique de Sunnydale, Après un repas qui, pour Salem, était constitué d'une mousse au chocolat, de pain, d'une bouché ou deux du plat principal et d'un paquet de chips tiré du distributeur, le groupe quitta le réfectoire. Il n'était pas encore midi, la bande partit profiter du soleil sur le banc de l'une des cours et Salem, après avoir parlé de son fiancé pendant de très longues minutes, souriait bêtement. Il était heureux, Adam était parfait et la semaine avait été très Cordova-Tenseï, il avait aimé plus fort que jamais, avait eu quelques angoisses, vu la tristesse dans les yeux d'Adam, vu des volutes noires dans les yeux d'Adam et avait débattu longtemps sur le fait que pour l'instant, être piéton était le plus prudent pour lui.

Et puis il y avait eu ses propres réflexions sur son pouvoir, sur ce qu'il l'avait poussé à faire et sur ce policier qu'il avait croisé. Il n'était pas sûr qu'il y ait quoique ce soit à tirer de la semaine de crise qu'il avait eu, parce qu'il n'était pas dans son état normal à ce moment-là. Mais lui aussi s’interrogeait sur la façon dont les idées qui lui venaient des calculs qu'il faisait à partir des informations qu'il percevait le poussaient finalement à agir, le plus souvent sans qu'il ne sache pourquoi, parce que cette information était perdue dans le torrent des autres. Salem ne savait pas s'il fallait voir là une évolution de son pouvoir, puisque que ce n'était arrivé que deux fois dans sa vie, a priori. Oui, il n'était pas très sûr, parce qu'il lui arrivait tout de même d'agir en fonction d'une "intuition" qui n'en était pas vraiment puisqu'il réalisait ensuite qu'il avait l'information quelque part, c'était un peu pareil, en fait. Et pour ce qui était de se lever et d'agir pendant ses crises, ça ne lui était plus arrivé depuis.

Si Salem aurait aimé en savoir plus, il n'était pas le seul, Wayne ne le lâchait plus avec cette histoire de petits pois. Les questions stupides fusaient et le pire c'était qu'il ne pouvait se retenir d'y réfléchir à chaque fois.

« Et là, sur le mur, y'a combien de briques ? Et les fenêtres ? Et les brins d'herbes ? Et… voyons voir… »
« Tu ne peux pas vérifier de toute façon, et puis tu me donnes mal au crâne. »
« Pourquoi tu lui demandes toutes ces questions ? »
« Il est super doué en calcul ! »
« Ce n'est pas drôle de se moquer. »
« Non, en maths il est nul, mais il compte super vite. Genre 58 764 x 6 984 130 ça fait combien ? »
« Arrêtes. »
« Wayne, laisse-le, sérieux. »

Les yeux de Salem s'étaient fait plus profond et analytique, il fixa Wayne qui ne semblait pas vouloir arrêter son petit jeu.

« 410 415 415 320 »
« T'es sérieux ? Mais comment tu… et divisé par trois ? »

136 805 138 440

« Et les brins d'herbes, hein ? »
« Wayne ! »

Salem ne répondait plus, il regarda ses amis engueuler Wayne pendant que les chiffres se pressaient dans sa tête. Ah, l'herbe, quelle belle invention, il en avait vu des millions et des millions de brins depuis que son pouvoir s'était développé, tous de tailles, de formes et de couleurs différentes, avec chacun leur façon de bouger au vent, de se redresser après avoir était piétiné, les insectes qui s'y baladent. Son esprit suivit ensuite un chemin tortueux, passant de flash de son enfance à la crise Kevin, puis le flic, les tableaux, presque toute sa journée de cours, les petits pois et cette forme indéfinie devant lui.

« Salem ? »

Salem releva la tête, il était fermement retenu par Ivan mais avait un peu glissé du banc quand même. Ses yeux papillonnèrent tandis que tout le monde le harcelait pour savoir s'il allait bien et que Wayne jurais de ne plus recommencer, mais Salem se fichait un peu de tout ça. Il tenta d'avoir l'air un peu je-m'en-foutiste pour dire ce que tous le monde devait soupçonner maintenant.

« C'est rien, je vais bien, c'était juste une petite… C'est parce que je suis un mutant. »
« C'est donc ça… On s'était posé la question, à force. C'est ce qui te donnes des migraines ? »
« Il y a quelque chose que je dois faire, on en parle plus tard. »

Avant de laisser qui que ce soit réagir, Salem s'était levé et avait filé dans l'herbe, le regard rivé sur le sol où il repérait sans peine des zones fraîchement piétinées qui faisait comme des pas et filait en direction de l'un des bâtiments technique. Une fois entré, par contre, il n'y avait plus de traces, ou plutôt il y en avait des tas et impossible de savoir lesquelles étaient récentes. Adam l'avait un peu aiguillé pour savoir sur quoi concentrer ses observations, mais dans un lycée c'était quand même difficile de trier les données. L'adolescent se tourna quand la porte qu'il venait de passer s'ouvrit et contempla d'un air légèrement paumé un Ivan qui semblait un peu triste.

« Salem, pourquoi tu ne comptes jamais sur moi ? Tu ne m'as pas parlé de ça, ni de ce qui s'est passé avec Adam quand tu es venu dormir chez moi, et maintenant tu t'échappes… »
« C'est que ma vie est un peu compliquée, tu sais. »
« La mienne n'est pas simple non plus. Qu'est-ce que tu as ? »
« La cantine, on était trois, puis quatre… »
« Oui, je vous ai rejoins. »
« Tu nous as rejoins, ça fait cinq. »

Salem était formel, ils avaient quitté le self à cinq, mais leur invitée n'était plus là après sa crise (dans quoi je m'embarque, faut pas me laisser le champ libre, à moi…), elle était venue ici. Maintenant, par contre, les choses se compliquaient, Ivan avait l'air complètement paumé dans tout ça mais ne disait rien. L'adolescent, qui savait bien que son sens de l'amitié laissait parfois à désirer expliqua, l'air de vouloir se faire pardonner, lui parla de son pouvoir, du fait qu'il comptait et mesurait tout ce qu'il voyait pour traiter ensuite ces données, que les informations les plus simples lui arrivaient presque instantanément mais que d'autres plus subtiles lui demandaient plus de temps et d'efforts. Puis il avait parlé de ces données curieuses perçues lors de leur déjeuner, quelque chose qui était là sans vraiment être là et qu'il avait vu sans tout à fait le voir.

« Un fantôme ? »
« Un mutant. Une je dirais, je crois qu'elle a vu Wayne me tester et qu'elle s'est dis que j'avais une chance de capter ses signaux. »
« Et qu'est-ce qu'elle veut ? Mademoiselle ?! »
« Mais cris pas ! »
« Pourquoi ? Elle entend, non ? »

*BAM*

Le duo sursauta alors qu'un boucan se fit entendre dans une salle toute proche, pour le coup Salem fut plutôt content que le Suédois soit là, puisque c'est lui qui osa pousser la porte. C'était une salle de classe ordinaire, sauf que plusieurs pupitres étaient renversés et que sur le tableau apparaissait quatre lettres, "HELP". Au moins c'était clair.

« C'est un peu glauque, selon mon avis. »
« Je t'avais prévenu, et elle n'est pas là. »
« Pourtant elle vient de renverser une chose. Une de plus, non ? »
« Elle est forcément dans le périmètre, elle créée peut-être des illusions, ou je ne sais quoi, mais là, il n'y a rien. Ou alors un truc aussi vague que les impressions qu'il me reste de la cantine. Voyons voir… »

Alors que la sonnerie retentissait, Salem jeta un coup d'œil de chaque côté du couloir, et repéra une porte de service, il avait déjà fais quelques tours dans les souterrains, par curiosité, aussi ne tarda-t-il pas à y entraîner Ivan en disant que c'était le meilleur endroit par où commencer. La balade dans le dédale se fit au trot, les yeux de Salem parcourant les couloirs et les différentes pièces à vitesse grand V, finalement, il repéra un étrange remue-ménage dans la poussière sur le sol, et après la chaudière, ouvrit en grand la porte de ce qui s'avéra être un débarras aménagé ou se tenait un drôle de petit rassemblement. Quatre adolescents, deux garçons et deux filles, dont l'une étalée sur un tas de vieux tapis de sport. Le plus petit d'entre eux, qui portait des lunettes rondes et avait des pansements et des bandages plein les mains, les regarda d'un air choqué.

« Des intrus ! »
« Rah, les gamins et leurs QG… »

Salem fila doit sur la fille étendue et commença par s'assurer qu'elle n'était pas à l'agonie.

« Vous savez ce qu'elle a ? »
« Elle est juste malade. » Siffla la deuxième fille, plaquée sous sa capuche.
« Elle n'est pas malade, elle est mutante, comme vous trois. »
« Vous seriez d'ailleurs plus en sécurité dans la cours que dans cet endroit. »
« On se cache des élèves qui sont méchants avec nous. C'est une salle secrète. »
« Rien n'est jamais secret. »

Les gamins tressaillirent, mais virent bien vite que les deux profanateurs de QG étaient plus inquiets pour leur amie que préoccupés par leurs mutations. La fille se reprit.

« On ne sait pas trop, elle ne vient pas depuis longtemps. Elle a juste dit qu'elle faisait des rêves, qu'elle pouvait visiter le lycée comme elle voulait, c'était pas très clair. Elle a fait ça plusieurs fois, mais quand je suis passé à neuf heures elle était déjà là. »
« D'accord, c'est l'un d'entre vous qui a écrit sur le tableau tout à l'heure ? »

Projection astrale, c'est ce qui semblait le plus probable, après réflexion, et tout le monde s'accorda pour dire que la petite avait dû perdre son chemin. Restait à savoir comment la faire revenir. Ils se creusaient la tête quand le deuxième garçon, qui avait surtout observé jusque-là, lança.

« On vous a suivit. »
« Quelqu'un approche ? J'entends rien… »
« Moi, j'entends. »

Ami ? Ennemi ? En tout cas non, Salem n'a pas pensé à regarder son téléphone avec une aventure pareille. Et moi je vais peut-être penser à publier tout ça, parce que c'est vraiment un sacré message, en format poche ça devrait le faire.


Suis la lumière, petite !
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Sam 16 Mar - 0:51

Un frisson glacé lui descendit l’échine, alors qu’il observait une porte semblable à toutes les autres portes. Adam promena son regard autour de lui. Comme d’habitude, la proximité du danger ne lui inspirait qu’une seule chose : continuer à avancer et sauver ceux qui avaient peut-être besoin de son aide. Ce qu’il découvrait lentement, à mesure que son existence s’améliorait, c’était que sa propension à se fourrer dans les pires ennuis n’avait pas grand chose à voir avec une névrose autodestructrice mais relevait bien plutôt d’une réelle, sincère et douloureuse vocation.

Le devin se détourna de la porte pour gagner les toilettes retirées qu’il y avait là, à l’intérieur desquelles un jeune homme à l’air un peu louche feuilletait un magazine pornographique, la main plongée dans le pantalon. Paralysé par l’arrivée inopinée de cet étrange visiteur dans un endroit où, d’ordinaire, personne ne venait jamais, l’élève en question releva vers un Adam indéchiffrable un regard paniqué — pour recevoir en échange le regard noir et glacial du mutant, qui lâcha simplement :


— Dégage.

Et Adam avait beau avoir encore des traits juvéniles, il était rare qu’on réfléchît à deux fois quand il donnait ce genre d’ordres. L’esseulé masturbateur retira sa main, plus du tout d’humeur à faire danser le petit singe, et, sans prendre le temps de refermer sa ceinture et remonter sa braguette, partit à toute jambe. L’Asiatique leva les yeux au ciel, c’est-à-dire au faux plafond, en laissant tomber son sac de sport sur le sol. Il s’accroupit, fouilla dans ses affaires et sortit deux objets dont il ne se séparait jamais : une lampe torche et un trousseau de crochetage. Adam était toujours prêt — comme un scout, mais en un peu moins légal.

Il referma son sac, poussa la porte d’une cabine, grimpa sur la cuvette, désencastra une dalle du faux plafond, dissimula le sac dans le faux plafond, rajusta la dalle, descendit de sa cuvette et regagna la fameuse porte, qui était fermée et qui, quelques secondes plus tard, ne le fut plus. Le jeune homme descendit la volée de marches qui menait vers une autre porte, crocheta la seconde porte, la poussa à son tour et pénétra dans les souterrains de l’établissement, lampe torche en avant.

Il avançait à pas lents, balayant les murs et le sol du faisceau de lumière et laissant ses sens, et surtout le sixième, capter toutes les sensations possibles. Il avait craint d’être un peu rouillé, mais l’évolution de son pouvoir le rendait plus vigilant que jamais et il retrouvait, malgré la saine angoisse qui l’habitait toujours dans ces cas-là et qui demeurait noyée dans une bonne dose de sang froid, toute son assurance de jadis — beaucoup plus que son assurance de jadis.

Il avait passé son téléphone en silencieux, dans le cas fort improbable où Salem se décidât enfin à le rappeler et où, ainsi enterré, il eût encore du réseau, mais de temps à autre, il vérifiait qu’aucun message ne lui donnait signe de vie de son fiancé. C’était tout à fait irrationnel, sans doute, mais il ne pouvait s’empêcher, dans ces circonstances, de s’inquiéter pour lui. Comme si Salem allait se jeter dans la gueule du loup. Allons donc. Il était probablement en train de charrier Ivan sur son idylle avec Ulysses.

Adam lâcha brusquement sa lampe torche pour se décaler et attraper la main dont on avait sournoisement tenté de lui briser la nuque et se pencher en avant pour faire rouler son agresseur par dessus son épaule et le — pardon, la — jeter au sol. La femme sortie de nulle part se releva d’un bond, avec une souplesse peu commune, et tenta sans attendre de lui déboiter la mâchoire d’un coup de pied bien placé, aussitôt retenu par un avant-bras, tandis que l’autre bras d’Adam, avec son poing au bout, partait dans sa mâchoire à elle. Mais elle se pencha en arrière en défiant l’organisation saine d’une colonne vertébrale normale — en fait elle se jeta au sol, pour le faire tomber d’un balayage circulaire, ce qui eût sans doute été très efficace si Adam n’avait pas, en réponse, tenté de lui broyer la cheville d’un coup de talons.

Le combat prit peu à peu un tour de moins en moins humain. La femme frappait moins fort qu’Adam, beaucoup moins fort, mais elle était beaucoup plus agile et beaucoup plus souple, avec une curieuse aptitude à bondir sur les murs et éviter les coups les moins évitables. En échange, Adam se battait comme en plein jour, même sans lampe, et paraît toujours les coups qui venaient de nulle part. Fort heureusement, il n’y avait pas de spectateurs, parce que même les humains les plus ignorants en arts martiaux eussent compris que les deux jeunes gens étaient des mutants — et Adam et son adversaire eussent probablement rencontré de mal aimables fédéraux.

Au bout d’un long moment, ils se retrouvèrent face à face et Adam, le souffle court, murmura :


— Plutôt douée…

Une voix incrédule lui fit une drôle de réponse :

— Mais tu parles ?
— Euh… Oui. De toute évidence.


Voilà qui était désarçonnant. Il y eut un bruit de tissu, sans doute quelqu’un qui fouillait dans une poche et une seconde lampe torche s’alluma pour se poser en plein sur le visage d’Adam.

— Ah mais t’es vivant. J’me disais bien aussi, pour un zombie, t’étais vachement réactif.

Le devin ramassa prudemment sa lampe torche et éclaira son antagoniste.

— Oh.
— Quoi ?
— J’m’attendais pas à c’que vous soyez aussi…
— Hmm ?
— Blonde.
— Non mais j’t’emmerde. T’as vu ta gueule de chanteur coréen ?


Décidément.

— J’disais pas ça pour être désobligeant…

La jeune femme haussa les épaules.

— Et donc, vous m’avez pris pour un zombie ?

Elle hocha la tête.

— Vous êtes au courant que ça n’existe pas, les zombies ?
— C’était une façon de parler.
— Ah.


D’une voix suspicieuse, la jeune femme lança :

— T’es un mutant aussi ?

Il n’y avait vraisemblablement aucune raison de le nier à présent.

— De toute évidence.
— Et tu chasses les méchants ?
— Les méchants ?
— Ouais. Les tueurs, les violeurs, les terroristes, les trafiquants, les salauds.
— Hmm… On peut voir les choses comme ça…


La jeune femme parut réfléchir un instant puis finalement tendit la main à Adam.

— J’m’appelle Jane.

Il lui serra la main, toujours un peu perplexe.

— Adam.
— Cool. Viens, j’crois qu’c’par là.


Adam haussa un sourcil mais emboîta le pas à Jane qui, de toute évidence, était très décidée. Il ne savait pas trop comment formuler ses questions à sa nouvelle connaissance un brin farouche — en d’autres termes, il venait de rencontrer une version de lui au féminin. À quelques détails près.

— Et hm… Y a quoi, par là ?
— Les zombies.
— Hmoui. Je vois…
— Hey, c’est bon, j’suis pas cinglé. C’t’une façon d’parler, j’te dis. Y a un type, qui vole des corps dans les cimetières, les pompes funèbres et à la morgue de l’hôpital. Aussi dans les facultés de médecine. Et il les anime. Comme des marionnettes. C’est ça son pouvoir. Tu parles d’un pouvoir. Bref, ensuite, il les lance sur des gens. Et les zombies essayent de les dévorer.
— J’ai pas vu « Attaque de zombies » dans les gros titres du New York Times.
— Sans blague. Les flics croient qu’c’est des drogués.
— Ah. Et donc ?
— Donc, j’ai suivi un souterrain depuis la fac de médecine, de l’autre côté du quartier. Une dizaine de zombies au bas mot.
— Rien que ça ?
— P’t’être plus. Tu vas pas m’dire que t’es là par hasard ?
— C’t’une longue histoire.
— Ouais, bref. Donc le plan, on retrouve les zombies et on les tabasse. Généralement, arracher la tête, ça suffit.
— Tu veux qu’j’arrache la tête à des cadavres ?
— Quoi, t’as jamais fait ça ?
— Pas vraiment, non.
— T’as peur ?
— Non.
— Tu peux l’dire, si t’as peur.
— Je n’ai pas peur.


Silence.

— Quand même, c’est pas d’chance.
— Quoi ?
— Ben, des zombies. Pile dans le lycée de Salem. Et d’Ivan.
— C’est qui ça ?
— Salem, c’est mon fiancé. Ivan, c’est un ami de Salem et le petit copain du type avec lequel j’ai failli me fiancer.


Jane s’arrêta net et éclaira à nouveau le visage d’Adam.

— T’es pédé ?
— Gay.
— Ouais, c’est c’que j’voulais dire. Remarque, j’aurais dû m’en douter.
— Et pourquoi ça… ?
— Remarque, tu t’bats bien quand même.
— J’vois pas l’rapport.
— Et en plus, ta vie, ça m’a l’air d’être Queer As Folk.
— Pardon ?
Queer As Folk. La série.
— Connais pas.
— Pas possible. Et Madonna ?
— De nom.
— Ah ouais, en fait, t’es pas vraiment pédé.


Adam ne paraissait plus trop disposé à parler, et ces couloirs n’en finissaient plus. Il songeait activement à rebrousser chemin.

— Et il ressemble à quoi, ton copain, là, Salami ?
— Il est beau.
— Sans blague. Avec ta gueule d’ange, j’me doute bien que tu t’tapes pas un thon.
— Il est… Pas très grand. Enfin, ça va. Il est blanc. Il a de beaux yeux bleus, très profonds, très… il regarde au fond de toi. C’est troublant. Et charmant. Il arrête pas de faire des grimaces adorables. Il a des fesses fermes, et… Il s’habille toujours super bien.
— Enfin, si, t’es vraiment pédé.
— Ça suffit, oui ?
— Pardon, pardon…
— Et il a plein de tatouages.
— J’adore ça, les tatouages. C’est super sexy.
— Oui.
— J’aime bien les basketteurs, aussi.
— Oui.
— Et ceux qui ont un look de mauvais garçons, mais qui au fond sont un peu perdus.
— Hmm…
— Et il faut qu’ils aiment les animaux.


Adam au féminin, on vous a dit. Le jeune homme jeta un regard un peu suspicieux sur la donzelle bien courbée qui fantasmait sur son Salem. Soucieux de détourner la conversation, il revint sur le sujet principal :

— J’veux pas t’contrarier, mais on en a pas croisés beaucoup, des zombies…
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Sam 16 Mar - 13:07

Un gay qui ne vit pas comme dans Queer as folk et qui n'écoute pas Madonna, Adam n'était décidément pas humain. Tandis que celui-ci faisait la connaissance de notre Buffy contre les vampires personnelle, qui s'appelait en fait Jane contre les zombies, le club mutant de Sunnydale était en grande conversation. Après réflexion, emmener Sarah, la petite étalée par terre, à l'Institut pour que d'autres plus expérimentés qu'eux s'en occupent n'était pas une très bonne idée, ils ne savaient pas ce qui arriverait à son esprit à ce moment-là, lui qui était déjà perdu. Salem ne pouvait pas être sûr qu'il les suivrait jusque là-bas, lui qui ne pouvait déjà pas savoir si elle était dans la pièce, tout ce dont il était sûr, après réflexion, c'était que l'adolescente était bien dans la salle de classe qu'ils avaient quittée. Il avait identifié quelque chose d'à peine perceptible, un peu comme de l'électricité dans l'air, mais c'était tellement léger et difficilement mesurable qu'il lui fallait un temps infini pour le déceler. Ce qui était plutôt troublant pour lui, habitué qu'il était à obtenir en un instant des informations précises. Ivan lui, s'intéressait à autre chose.

« Tu peux détecter les mutants ? »
« Moi ? Non, mais je repère les choses un peu étranges, on va dire, c'est pour ça que j'ai dis qu'ils en étaient… Le petit a des centaines de cicatrices sur les mains, lui a des soubresauts trois fois par secondes et elle… »

Salem tenta de jeter un coup d'œil sous la capuche de la petite, qui baissa immédiatement la tête. Pas assez vite pour qu'il ne remarque pas ses veines bien visibles sous sa peau légèrement transparente et ses yeux beaucoup trop verts. La première chose qu'il se demanda fut si ses parents acceptait la chose.

« Et… heu… par exemple… Ulysses ? »
« Ulysses n'est pas normal. »

Salem avait dis ça sans y penser mais réagit rapidement en voyant Ivan se décomposer.

« Tout ce que j'ai vu, c'est qu'il était trop… Il est rigoureusement symétrique, personne ne l'est, crois-moi, on dirait qu'il à été généré par un algorithme tant ses données sont millimétrées, mon œil ne bute sur rien. Il n'a pas non plus de cicatrices, même superficielle et à peine visible. Après je n'ai pas vraiment vu son corps, et il n'y avait rien de vraiment frappant, juste pleins de petits détails. »
« Justement, mon j'ai vu son corps et vraiment… »
« Tu l'as vu à poil ? »
« Ne te préoccupes pas de ça ! »
« Vous l'avez fait, oh mon dieu. »
« Il y a quelque chose. »

Un Salem au regard halluciné et un Ivan rouge comme jamais se tournèrent vers l'adolescent qui écrit en noir, et qui était plongé dans un état d'attente tendue depuis plusieurs minutes, celui-là ne devait pas avoir beaucoup d'amis tant il n'avait pas l'air avenant – il paraissait encore plus froid qu'un Adam en colère, c'est dire.

« C'est un animal. »
« Il n'y a pas d'animal ici. »
« Pas ici sobre idiot, dans le couloir. »

Ivan ne répondit pas et se leva pour aller voir dehors, rien, Salem le suivit et ne vit rien non plus. Le gamin les snoba tous les deux et s'engagea prudemment dans un escalier qui ne donnait plus sur rien qui ressemblât à un lycée, un couloir souterrain un peu craignos, et quelques mètres devant eux, une porte visiblement verrouillée. Quelque chose semblait gratter ou pousser derrière. Une lumière rougeoyante éclaira la troupe quand le petit à lunette enflamma l'un de ses poings.

« Un chien ? »
« Ce n'est pas un animal, et ne fais pas ça, tu vas te faire mal. »

Ivan tira de son sac à bandoulières une lampe torche et entendit immédiatement Salem le supplier de ne pas lui envoyer ça dans les yeux. Une fois rassuré sur ce point, celui-ci partit regarder dans le trou de la serrure ce qui essayait d'entrer, il y resta un moment, tellement que le petit finit par demander.

« Alors ? »
« Vous allez pas me croire. »

De la viande froide, Salem n'en croyait pas ses yeux – un comble ! – il avait vu un bras, celui d'un homme qui devait vraisemblablement peser 78 kilo, un bras glacé. Cela aurait pu être une mutation, mais rien ne faisait palpiter les veines ratatinée de la chose derrière la porte. Il était mort.

Il faisait beau, à Sunnydale, appuyé contre le mur, dans la cours, Salem essayait désespérément de joindre Adam, mais maintenant qu'il avait reçu son message et constaté que personne ne l'attendait dehors après un rapide coup d'œil par-dessus la palissade, il en avait déduit que s'il n'avait pas de réseau, c'est qu'il était peut-être déjà sous terre, à taper du mort-vivant, ça lui ressemblerait bien, tiens. Ivan pianotait sur téléphone à côté de lui.

Ivan a écrit:
[À : Ulysses]Salem a des yeux un peu spéciaux et à l'entendre, il pense que tu es un mutant. Je crois que c'est possible aussi. Là j'ai des choses à faire, mais nous pourrions en discuter plus tard. Ce soir, si tu es disponible.
Je t'aime.

Le Suédois aurait préféré en parler de vive voix avec lui, mais il n'osait pas appeler de peur de déranger, et ne pouvait pas non plus garder ça pour lui. Épineux problème. Ivan soupira en regardant Salem qui continuait de batailler.

« Qu'est-ce qu'on va faire ? »
« Toi rien, moi je vais voir ce qu'il en est, et s'il y a un danger pour les élèves. Pour l'instant la plupart doivent être en train de manger et non d'explorer les souterrains, il faut ouvrir cette porte, voir si cette chose est agressive et s'il y en a d'autres. Vous trois, vous devez surveiller Sarah. Ton ami peut vous alerter des dangers grâce à ses oreilles, il ne faut la déplacer que s'il y a un risque, pour ne pas réduire ses chances de revenir. »

C'est quand même drôle que la seule du lot qui ait un prénom soit dans le coma. Bref, peu importe, après un énième appel raté, Salem et Ivan posèrent leurs sacs dans le débarra et rejoignirent la porte ou la chose continuait de s'acharner en vain avec une opiniâtreté admirable. Salem, qui n'en menait tout de même pas large, surtout parce qu'il aurait bien aimé entendre au moins la voix d'Adam, et peut-être quelques conseils avant de partir taquiner les zombies, déverrouilla la porte, appuya sur la poignée et fila. Doucement, la porte pivota, et un homme grand et émacié avança dans la lumière, ses bras pendaient vers le sol et il les regarda sans vraiment les voir, Salem ne savait pas ce qui était le pire, la vision de ce corps putréfié ou son odeur. À moins que ce ne soit le fait qu'il s'avance vers eux.

En un instant, le zombie – même si c'est une façon de parler – accéléra – à la vitesse zombie – pour se jeter sur eux, ils reculèrent un peu et soudainement la chose s'enflamma comme une torche.

« Hey ! »
« Quoi ? On ne va pas l'inviter à boire un coup ? »

C'est sûr, après vérification le mort-vivant était à classer dans la catégorie des hostiles, et maintenant il était en feu et semblait vouloir croquer du Salem, même si celui-ci l'esquiva sans difficultés et le repoussa d'un coup de pied dans le ventre, le renvoyant ainsi du côté de la porte.

*PAN*

Le coup de feu résonna dans les souterrains alors que le mort s'écroulait sur le sol, une balle entre les deux yeux, et continuait de brûler violemment. Plus un seul mouvement ne l'agitait.

« Ivan ? »

Ivan tenait fermement un colt calibre neuf entre ses petits doigts d'écologiste, il soupira en rabaissant son arme et sa torche. Puis jeta un coup d'œil à Salem et au gamin qui le regardaient d'un air halluciné.

« J'ai une vie compliquée, vous savez. »
« Roh, pardon, je m'excuse de ne pas t'avoir plus parlé de ma vie… »
« Tu as déjà tué des gens ? »
« Je ne sais pas, est-ce que celui-là compte ? »
« Il était déjà mort. »
« Alors, non. »

Sur ce, la fine équipe – les petits ne les lâchaient pas – s'aventura dans les souterrains, après avoir soupçonné Ivan d'être un agent infiltré dans le lycée, ce qui le fit bien rire, ils visitèrent les lieux en parlant des Suédois, des Américains et des armes à feu. Jusqu'à ce que Salem repèrent des traces et qu'ils éteignent leur lampe pour suivre la piste le plus discrètement possible.

De toute évidence, ils ratèrent leur coup.
Au détour d'un tunnel, Ivan entendit un bruit et pointa son arme sur un cadavre de chanteur coréen très véloce, voyant bien que la chose de tout à l'heure ne bougeait pas comme ça et n'était pas en mesure de tendre des guet-apens, il lâcha simplement son arme et se laissa embarquer en parant pour limiter la casse.

« Adam ! »

La lumière chatoyante des flammes que le gamin produisit éclaira un Salem tendrement enlacé avec une belle blonde, qui lui broyait méticuleusement la gorge.

« Des mutants, encore ? Vous êtes combien à traîner dans les sous-sols ? »
« Nous ? Trois ou quatre, on a vu personne d'autre, pas de vivants en tout cas. »


Dernière édition par Salem Cordova le Lun 18 Mar - 11:31, édité 2 fois
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Sam 16 Mar - 13:53

— Mais quand vous faites l’amour, ça s’passe comment ?

Adam avait des envies des meurtres. La version féminine de lui-même était décidément beaucoup moins polie que lui, à son humble avis — certes, il n’était pas un exemple, mais au moins se retenait-il de fouiller dans la vie privée des gens. Sauf pour les manipuler et leur sauver la vie. Ou pour leur arracher des informations. Ou pour se venger parce qu’ils avaient touché à quelqu’un qu’il protégeait. Ou… Enfin, bref, ce n’était pas du tout pareil, il avait toujours été strictement professionnel et Jane, pour une chasseuse de zombies, était extraordinairement bavarde.

— Tu veux un dessin… ?
— Non mais j’veux dire, toi, par exemple, est-ce que tu le laisses t’en…
— Tu vas m’lâcher, oui ?
— N’empêche, ça doit être difficile.
— Quand on a l’habitude, ça va tout seul.


Jane s’arrêta pour regarder son interlocuteur d’un air perplexe, avant de faire une grimace.

— Eeeerk… J’parlais pas d’ça !
— Ah.
— C’est dégoûtant.


Adam haussa les épaules, tout de même sacrément gêné.

— J’voulais dire, avoir quelqu’un. Les autres, ils ne peuvent pas comprendre.
— Comprendre quoi ?
— Notre manière de vivre.
— C’est un mutant aussi. Salem.
— Il sort la nuit pour faire la chasse aux meurtriers ?
— …non.
— Alors c’est c’que j’dis. I’ peut pas comprendre.
— …
— Au fond, les gens comme nous, on est toujours seuls.


Cette ultime remarque dépressive fit une parenthèse durable dans la conversation. Ce ne fut que lorsque, au détour d’un couloir, Adam sentit qu’ils allaient bientôt rencontrer une présence quelconque qu’il sortit de son obstiné mutisme en songeant soudain à un petit détail qu’il avait oublié d’éclairer.

— Et j’suis censé leur arracher la tête à la main ?
— On peut aussi les cramer.
— J’ai une gueule à transporter un chalumeau ?
— J’sais pas, t’aurais pu être prévoyant.
— Donc ?
— Quoi ?
— La tête, je l’arrache à la main ?
— Ah. Non, bien sûr, sois pas stupide.


Jane releva les deux jambes de son pantalon. À chacun de ses mollets était attachée une petite épée, à moins que ce ne fût un long poignard — Adam, qui ne faisait pas de GN, n’était pas capable de faire la défense. La jeune femme en prit une pour elle-même avant de tendre l’autre à l’Asiatique, qui se mit à observer la lame d’un air très circonspect.

— Tu m’as pris pour Zorro ?
— T’as jamais utilisé d’arme blanche ?
— J’ai jamais utilisé d’arme tout court.
— T’as jamais tué personne ?
— Où est-ce que tu trouves des machins pareils ?
— Ben, dans un magasin d’épées. Voyons.


C’était l’évidence même. Adam fit quelques moulinets peu convaincus.

— …j’aurais dû prendre un chalum…
— Euaaargh.
— ?


Une vieille dame de soixante-dix ans, qui certes avait dû épuiser bien des balances, s’avançait vers eux d’un air mécontent et, faut-il le rappeler, passablement cadavérique. Celle-là n’avait pas été péchée dans les frais frigos de la morgue, parce qu’un œil pendait déjà et, à en juger par sa chair déjà un peu putréfiée, elle n’était pas passée entre les mains d’un thanatopracteur très consciencieux. Adam eut un mouvement de recul — non, il n’avait pas peur — mais c’était quand même sacrément dégoûtant.

En fait, il aurait bien laissé Jane régler le retour de Miss Marple, mais en jetant un coup d’œil par dessus son épaule, il se rendit compte que son acolyte était déjà aux prises avec deux corps plus silencieux, quoique guère plus rapides et du petit combat qui s’entamait, une évidence se présentait : un zombie, ça savait encaisser les coups. Fort heureusement, ça ne savait faire que ça — ce n’était ni très rapide, ni très doué en combat. En tout cas, Miss Marple n’était pas experte en ju-jitsu.

La femme s’avançait lentement en titubant. Adam regarda son épée (ou son coupe-papier géant), la grand-mère, l’épée, la grand-mère. Soupir.


— …non mais franchement…

Il s’avançait et d’un geste sec décapita la brave dame déjà amollie. Derrière lui, il entendit le bruit sourd de deux corps qui s’effondraient et le visage chevelu d’un ancien maçon vint rouler à ses pieds. Le mutant se sentit empli d’une vague nausée.

— Et… euh… maintenant… qu’est-ce qu’on en fait ?

Jane haussa les épaules.

— On appellera la police plus tard. Ou les agents d’entretien les trouveront.

Les deux jeunes gens reprirent leur route. Pendant ce temps, non loin de là, Salem, Ivan et leurs nouveaux amis torchaient un macchabée. Jane huma l’air.

— Tiens, ça sent le cochon grillé.
— On approche peut-être des cuisines.
— J’ai faim.
— Et sinon, t’as une idée sur la manière dont il s’y prend, ton mutant, pour contrôler ses…
— …zombies ?
— …Cadavres.
— Mon entraîneur pense que c’est une sorte de projection astrale. Il projette des bouts de lui-même dans les corps, le reste se déplace dans les airs et observe. Là, il doit être en train de dormir quelque part dans l’école.
— T’as un entraîneur ?
— Longue histoire.
— Projection astrale, hein ?
— En gros. Selon mon entraineur, ce s’rait des mutants comme ça qui auraient donné naissance au légende de possessions. Celui-là doit juste pas être assez doué pour s’emparer d’êtres vivants.


Voilà qui laissait bien songeur. D’un côté, il y avait quelque chose de rassurant à se dire que l’auteur des méfaits était quelque part dans leur rayon d’action et qu’ils pouvaient aller tarir le mal à la source, de l’autre, il était un peu angoissant de songer qu’il pouvait être partout et qu’eux étaient incapables de le voir. Pendant ce temps, quelque part sur un autre plan astral — oui, cette histoire devient aussi compliqué qu’un vrai comic Marvel — une toute jeune adolescente était aux prises avec une ombre des plus intimidantes.

Adam s’arrêta brusquement. Il fit un signe de tête vers le couloir.


— Il y aura quelque chose là-bas.
— C’t’un peu l’but. Sinon on irait ailleurs.
— Non mais j’veux dire, si on fonce dans l’tas, on les surprendra. Imaginons qu’il y en ait beaucoup, il nous faut un effet de surprise.
— OK.


Quelques instants plus tard, Adam avait la lame de son épée (ou de son ouvre-boite grande taille) contre la gorge d’Ivan et Jane était en train d’essayer d’arracher la tête de Salem à mains nues — de vrais sauvages.

— Jane, lâche le.
— Certainement pas. J’m’en vais te l’expurger de sa moëlle épinière, moi.
— C’est Salem.


La jeune femme relâcha presque à contrecoeur son étreinte pour se relever, tandis qu’Adam abaissait son épée et croisait le regard de celui qui couchait à présent avec son ancien presque-fiancé. L’Asiatique rougit légèrement avant de détourner les yeux et de tendre la main pour aider Salem à se relever, l’attirer contre lui et l’embrasser sans trop se soucier de : 1) Jane et de son homophobie latente, 2) Ivan et son revolver et 3) les adolescents aux âmes sensibles et innocentes.

Jane, d’ailleurs, observait très attentivement Salem, qui était tout à fait mauvais garçon et tout à fait à son goût. Avant de poser un regard soupçonneux sur Ivan.


— T’es pas un peu jeune pour te trimballer un flingue ?
— C’est vrai ça. Et puis qu’est-ce que vous faites ici ?


On aura deviné à la dernière réplique qu’Adam avait cessé d’embrasser Salem.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Dim 17 Mar - 21:36


Pendant que Salem se faisait successivement étranglé et embrassé, un Ivan un peu froissé se releva, arme à la main et regarda leurs deux agresseurs. Adam et… une amie à lui ? Il avait beau entendre régulièrement Salem parler de son fabuleux fiancé et l'avoir sauvé d'un mercenaire, il n'en savait pas assez pour comprendre ce qu'il faisait sous le lycée avec une drôle de fille et une moitié de sabre. À la question que les deux se posaient, il se contenta de répondre.

« J'ai la majorité, et ceci me paraît préférable à vos cure-dents, si je me permets. »

Il regarda d'un air peu convaincu le rasoir d'Adam tandis que Salem tentait de résumer la suite d'événements douteux qui les avaient conduit jusqu'ici.

« Depuis ce matin j'avais remarqué des trucs étranges, et en fait c'était à cause d'une fille qui est sortit de son corps et qui se balade dans l'école. Avec Ivan on l'a retrouvé endormie dans un débarras du sous-sol qui est en fait le QG de ces gamins, puis celui-là à entendu du bruit, et il y avait un mort qui essayait d'entrer. »
« J'm'appelle Wilfried… »
« Du coup, on venait voir s'il y en avait d'autres, et il y en a d'autre. »

Ivan suivit le regard de Salem, en un instant d'après le coup de feu partit et au coin d'un mur un corps tomba au sol.

« Désolé. »

Non, il ne faisait pas d'excuses au mort mais à Wilfried qui se tenait la tête en faisant une grimace pas possible.

« Tu auras dû rester avec Sarah, c'était ce que nous vous avions dis. »
« On a bien bloqué la porte, ils sont trop bêtes pour pouvoir entrer. »
« Hum… Tu sais d'où viennent ces trucs, Adam ? »

Salem avait posé la question à son homme parce que s'il était là, c'était probablement à cause de ses pouvoirs et qu'il avait donc peut-être comprit quelque chose, mais ce fut la copine d'Adam qui répondit en parlant de son entraîneur et de projections astrale. Un terme qui fit évidemment réagir les plus jeunes des aventuriers, Salem et les gamins, donc. L'idée que ce soit l'adolescente la coupable fut lancée, mais cela paraissait peu probable, déjà parce que Jane – ils avaient prit le temps de se présenter – affirmait que le coupable était un monsieur, ensuite parce qu'il y avait eu ce sos écrit sur le tableau et que Sarah s'était écroulée plusieurs fois sans qu'aucun zombie ne débarque.

Ils étaient encore en train de parler quand les trois lampes des trois vrais aventuriers qui ont apporté leur matériel s'éteignirent toutes en même temps et se rallumèrent. Le très loquace Wilfried s'agita.

« Ils sont nombreux. »

Salem colla son casque de mp3 sur les oreilles de l'hyperacoustique dans le vain espoir de le préserver du boucan qui ne saurait tarder, et en s'enfonçant de quelques dizaines de mètres de plus dans le dédale – parce que s'il fallait les attendre ils en auraient pour la nuit – ils tombèrent sur un tunnel où des morts à la fraîcheur plus ou moins douteuse arrivaient par plusieurs ouvertures, Jane fut la première à se jeter sur eux, cutter en main. La voyant courir dans tous les coins, Ivan indiqua qu'il nettoyait l'une des ouvertures, et opta pour la plus éloignée possible de la folle afin de ne pas la plomber. Le pyrotechnicien en herbe était pendant ce temps-là en pleine leçon, un vieux bonhomme barbu enflammé avançant vers lui en titubant.

« Concentre la chaleur dans sa tête. »
« Mais je ne sais pas faire ça ! »
« Tu le fais très bien au début, mais dès que ça flambe tu te contentes de regarder. Reste focalisé sur sa tête. »

Les genoux du pauvre diable se dérobèrent et il tomba face contre terre, continuant à bouger alors que les flammes le dévoraient. Ivan passa à côté et lui planta une balle dans le crâne.

« Il n'y a que moi que cela stresse de les voir bouger calmement pendant qu'ils brûlent ? »

Le combat dura pas mal de temps parce que les cadavres arrivaient en flot continu, mais finalement un calme étrange retomba dans les souterrains et la troupe se rassembla près de la chaleur réconfortante d'un corps embrasé. Deux questions se posèrent immédiatement.

« Où est Salem ? »
« C'est quoi tout ça ? »

Les lampes torches se tournèrent vers un pan de mur sur lequel était écrit à la craie.

HELP HELP HELP  HE LP HELP
HELP HELP  HE LPHELP heLP
helP HEL P HeLp HELP HElp
HELP HELP Help HEL P HELP
HelP HELP  HELP help HELP

(Oui je me suis beaucoup amusé avec le bbcode, c'est pas tous les jours que ces trucs-là servent.)

« C'était l'écriture qu'il y avait sur le tableau, dans la salle où j'étais avec Salem. »

C'était surtout l'écriture de Salem, que son fiancé ne devrait pas avoir de peine à reconnaître même s'il y avait clairement quelques petits soucis dans les lettres. Salem quant à lui, regardait la craie dans sa main. Il avait une craie dans sa main sans se souvenir pourquoi, 10 h 03 m 15, oui, c'était la récréation, il y avait Wayne, il y avait Kate, il y avait comme de l’électricité dans l'air et il était sortit, il avait marché dans l'herbe. Dans les brins d'herbes. La craie. Le tableau. Le cours de maths. C'était une fille.

Il avait beau ne pas se souvenir de ce qu'il avait fait, il se souvenait de ce qu'il avait vu. Tant qu'il avait les yeux ouverts, il engrangeait des informations, et en ce moment-même aussi, il engrangeait les informations sans rien pouvoir faire d'autre.

« On devrait rejoindre les autres. »

Sur ses talons, la petite sans rom qui savait visiblement se faire oublier et devait secrètement aimer les mauvais garçons elle aussi – décidément – tentait sans succès de le raisonner. Avant de se figer en voyant arriver vers eux trois cadavres bien mieux conservé que les autres et beaucoup plus véloce. Salem s'immobilisa et les fixa, des larmes coulèrent de ses yeux.

« Laisse… moi… Lais… Partir… S'il-te… »

Le chef zombie – celui du milieu, le chef est toujours au milieu – eut une sorte de sourire macabre – normal – et articula un étrange borborygme en avançant vers lui. L'adolescente attrapa le tee-shirt de Salem et le tira de toutes ses forces pour le faire reculer.

« Noir… »
« Viens, bon sang ! Wilfried ! WILFRIED ! »

En désespoir de cause elle se retrouva à jeter des pierres pour les ralentir. Soudainement, Salem lâcha sa craie et jeta un regard un peu perdu à ses nouveaux amis, avant de se laisser cette fois si entraîner dans le premier couloir venu par la jeune fille.


Accroche-toi, petite !
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Lun 18 Mar - 9:05

Adam avait passé un bras autour des épaules de Salem, parce que c’était son Salem, et que mort ou non, personne n’avait le droit de le toucher. Alors entre Calamity Jane, Ivan la Gâchette et la troupe de gamins bizarres, le mutant n’allait certainement pas laissé son fiancé sans surveillance — d’ailleurs, il songeait activement à lui trouver une baby-sitter, assez laide si possible, pour le garder quand il était absent, parce que Salem avait toujours d’ingénieuses idées pour se fourrer dans le pétrin, dès qu’il avait le dos tourné. Si ça continuait, il n’allait pas survivre jusqu’au mariage et Adam serait très fâché.

Adam, d’ailleurs, était passablement fâché. Ou préoccupé. Ou songeur. Ou il s’en fichait. Ce n’était pas très facile à décrypter. Toujours était-il qu’il posait successivement sur chacun des membres de la fine équipe de bras cassés un regard scrutateur peu fait pour mettre à l’aise — d’ailleurs les enfants détournaient les yeux, Jane répondait par un air de défi et Ivan restait, pour sa part, impassible. Ivan. Ivan, Ivan, Ivan. Un nouveau coup de feu partit et un cadavre s’effondra au sol.


— …tu tires bien pour un étudiant en biologie…

Venant du super-combattant prétendument stratège-politicien, le soupçon voilé était un peu étrange, mais Adam ne s’en souciait guère. Tout ce qu’il voyait, c’était que l’entourage de Salem se dégradait à vue d’œil et qu’à ce compte-là, il préférait encore Jenny et Kevin, enfin, juste Jenny. L’idée qu’Ulysses fréquentât un jeune homme qui lui cachait cette part de son existence lui traversa l’esprit pour aller lui fendre le cœur — et aussitôt il se sentit horriblement coupable, ce qui offrit à Ivan un répit bien mérité.

Répit prolongé, d’une certaine façon, par l’irruption intempestive d’une troupe de morts-vivants. Adam poussa un soupir, parce qu’il était contraint d’ôter son bras protecteur des épaules de son mauvais garçon favori pour aller trancher dans le vif. Il posa un regard sur Salem pendant que les autres étaient déjà en train de mouliner du putréfié et murmura :


— Fais pas d’bêtises, toi. J’t’ai à l’œil.

Puis il alla nonchalamment raccourcir quelques zombies. La moisson finie, les aventuriers se regroupèrent, maudirent la médiocre qualité de leur matériel d’éclairage et firent une terrible découverte. Les yeux d’Adam se posèrent sur le mur couvert de graffitis (même possédé, Salem était un petit délinquant) et dans un bruit métallique, son épée (ou sa pelle à tarte disproportionnée) tomba au sol.

Cette démonstration d’inquiétude de la part du très flegmatique Asiatique n’eut pas un effet fort salvateur sur le moral des troupes et ce qu’il en restait (des troupes), c’est-à-dire Ivan et Jane, posa un regard inquiet sur le combattant. Wilfried, lui, souriait.


— Quoi ? Aller, putain, accouche.
— Silence.
— Quoi ?
— Je réfléchis.


Les yeux fixés sur le mur, Adam faisait carburer son redoutable cerveau. Salem. Les yeux. Ivan. Le revolver. Wilfried. Les sons. Jane. La projection astrale. Sarah. La projection astrale. L’écriture. La craie. Le tableau. Le téléphone. Quelque part au loin, Jody, alias la petite sans nom, criait le nom de Wilfried. Wilfried souriait. Ivan. Sarah. Jane. Wilfried. Salem. Jody. Les zombies.

Le regard du devin quitta le mur pour se poser sur Wilfried.


— On s’amuse bien ?
— Quoi ? Non.
— Si tu lui as fait quoi que ce soit, c’est toi que je décapite.


Wilfried prit un air très innocent et regarda Ivan.

— J’ai peur.

Pendant ce temps-là, un zombie pas tout à fait brûlé se relevait aussi discrètement que possible. Adam s’approcha de Wilfried.

— Laisse celui-ci partir.

Le gamin baissa la voix et murmura très bas :

— Ou quoi ? Tu vas le tuer ?

Sans crier gare, alors que le zombie avançait désormais d’un bon pas vers la troupe et avait parcouru déjà un demi-mètre, Adam prit les écouteurs autour du cou de Wilfried, les colla sur ses oreilles et augmenta le son du lecteur au maximum. Le gamin fit une grimace et s’effondra sur le sol — aussitôt, le zombie s’effondra à son tour. Démonstration faite et premier problème réglé, Adam ramassa son épée (ou sa dague de Hobbit) et se tourna vers Jane.

— Toi, tu prends le pyromancien..
— Mon nom, c’est Christopher…
— On s’en fout. Jane, tu prends Christopher, vous sortez et tu patrouilles dans l’école pour voir si personne ne se fait agresser.
— T’es qui pour m’donner des ordres ?


Le mutant planta son regard noir dans celui de la mutante, qui maugréa finalement :

— Ouais, bon, OK. Aller, ramène toi, demi-portion, on va faire un tour.
— Christopher !
— C’est cool. Bouge toi, on a pas toute la journée.


Le duo partait et Adam et Ivan se retrouvaient en tête.

— J’sais pas c’que tu fais dans la vie, mais tu tiens pas ton revolver comme une p’tite frappe des quartiers et de toute évidence, t’as été entraîné. J’en ai rien à foutre pour le moment de ton histoire. Faut aller protéger la gamine. Et ramasser Wilchose, là. Moi, j’peux pas.

Adam se tourna vers le tunnel.

— J’dois retrouver mon mari.

***

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Dim 24 Mar - 19:57

Ivan regarda partir Xena et le pyromane, puis le gamin étalé sur le sol dont les tympans avaient probablement fondus, et finalement Adam qui avait prit le commandement des opérations. Il ne fit pas remarquer au conseiller stratégique que lui aussi tranchait un peu trop bien du zombie avec sa lime à ongles de compétition pour que ça ne parut pas suspect, l’heure n’était pas aux bavardages et pour le moment, lui aussi se fichait un peu de la vie du pro du kung-fu. Il se contenta donc d'hocher la tête aux ordres d’Adam, pas très sûr que les gamins aient bloqué la porte de leur cagibi secret assez solidement pour qu’aucun mort-vivant ne parvienne à entrer, il fallait protéger la gamine, comme il disait. Le Suédois ne perdit donc pas de temps et repartit dans le tunnel. Alors qu'il avait déjà disparu, le pauvre Wilfried dont le corps avait été squatté depuis le début de l'épisode se redressa et, encore un peu sonné, regarda autour de lui d’un air pour le moins perdu. Avant de froncer les sourcils en entendant des coups de feu d'un côté, des bruits louches de l'autre, des pas précipités et il ne savait quoi d'autre encore. Légèrement prit de panique, il regarda la seule personne présente dans ce lieu plutôt glauque, un chanteur coréen dont le cœur battait très, très fort.

Pas si loin de là, dans le dédale, Salem et Jody jouaient à cache-cache avec leurs amis zombies, le petit souci, c'était qu'ils étaient tombés sur ce qui semblait être des boss de fin, et qu'ils n'avaient rien pour se défendre, même pas un pic à brochette comme celui d'Adam. Alors, à défaut, et le temps de trouver un plan, ils tentaient de semer les cadavres, enfin surtout leur chef qui les suivaient à la traces.

« Il faut qu'on retrouve les autres. »
« C'est ce que j'arrêtais pas de te dire ! »
« Ah. Et sinon, toi, tu ne peux pas… faire un truc ? »

La demoiselle lui lança immédiatement un regard méchant.

« Faire quoi ? »
« Et ben… je sais pas… »
« Voler ? Cracher des pointes empoisonnées ? Envoyer des rayons lasers avec les yeux ? Je sais bien ce que tu penses : Que je suis la plus bizarre d'entre vous. »
« Mais pas du tout ! »
« C'est ça, j'ai vu comment tu me regardais. »

Évidemment que Salem l'avait regardé d'un air scrutateur, d'abord parce qu'il regardait toujours tout le monde comme ça, mais aussi parce qu'elle était quand même très spéciale – en plus du reste, il avait cru voir une langue de serpent. Cependant il ne l'avait quand même pas examiné de haut en bas non plus – l'expérience Eigon lui avait servis de leçon – et il sentit plutôt, dans cette manière qu'elle avait d'être sur la défensive et de se cacher sous sa capuche, le même mal-être que celui du mastodonte et de ses fameuses lunettes noires. Avoir une mutation visible par tous devait être un véritable calvaire, il pouvait comprendre qu'elle n'aime pas trop aborder le sujet.

De toute façon ce n'était pas le moment de discuter, pas de ça en tout cas, après quelques détours de plus, Jody adressa un regard un inquiet à Salem.

« Mais… On tourne en rond, là. »
« Je sais, j'essaie de semer nos amis. »
« Mais pas de retourner en arrière ? Pourtant tu peux retrouver le chemin avec tes yeux chelou, non ? »
« »
« Sarah… ? »

Salem adressa un regard coupable à Jody en ralentissant un peu.

« Laisse ce pauvre garçon, on va trouver le moyen de te sortir de là. »

Sarah, qui squattait donc gaiement le corps de Salem, ne semblait pas l'écouter, soit elle était trop préoccupée par son sort pour reculer, soit elle était totalement abrutie par la migraine du pauvre mutant qu'elle squattait et par le flot d'images qui lui traversait l'esprit. Toujours est-il qu'elle retrouva sans peine son chemin dans les tunnels pourtant rigoureusement semblables pour un œil ordinaire, et se retrouva à l'endroit où elles avaient rencontrés quelques instants plus tôt les trois maîtres-zombie qui devaiemt maintenant tourner en rond dans les souterrains. Dans le mur du fond, il y avait une porte.

« Il est là-bas. »

Les deux jeunes filles – plus ou moins – se précipitèrent vers la porte que Sarah essaya d'ouvrir, en vain, elle était verrouillée. Jody lui hurla de faire rapidement quelque chose et un coup d'œil en arrière suffit à comprendre pourquoi, leur trois amis était de retour. Sarah fouilla frénétiquement dans ses poches et en tira des bidules servant visiblement à hacker les serrures, encore fallait-il savoir s'en servir. Alors qu'elle agitait les bidules métalliques n'importes comment dans la serrure, elle perçu un mouvement dans son dos et se retourna vivement en allant coller son talon dans les gencives du cadavre qui l'avait approché de trop près, puis recula de plusieurs pas, effrayée par sa propre performance.

« Wouah ! Comment j'ai… ? »

Réalisant qu'elle pouvait utiliser un peu des capacités de son hôte – et que Salem s'était parfois essayé à imiter les mouvements de combat d'Adam sur les docks pendant sa pause-déjeuner – Sarah tenta de s'oublier un peu et d'agir plus instinctivement pour déverrouiller la porte. Ce fut bientôt fait, une chaise pour bloquer le passage et quelques volées de marches plus tard, les demoiselles couraient dans la fac de médecine.

« Tu es sûr que c'est par là ? »
« Oui, plus on approche, plus il y a cette obscurité et cette… pression ? Tu ne la sens pas ? »
« Si, je crois, ce coin est oppressant. »
« J'ai l'impression que si je sors de ce corps, je ne verrais plus jamais la lumière. »
« Sarah… »

La sensation oppressante venait sans doute aussi du bâtiment, puisque c'était celui des apprentis thanatopracteurs. Sarah avait l'air de moins en moins à l'aise, et quand elle poussa finalement la porte d'une salle et y trouva un garçon étendu sur le sol, elle semblait sur le point de défaillir. Restait à savoir comment l'arrêter. Elle tenta de lui donner quelques bonnes gifles, puis de lui parler mais le corps restait inanimé, finalement, le désespoir aidant, elle serra ses mains tremblantes autour de la gorge du garçon. Peut-être qu'il arrêterait quand ça irait mal pour lui, il fallait qu'il arrête sinon elle n'était pas sûre de pouvoir revenir à elle.
Les zombies tombaient les uns après les autres, ils étaient trop lents pour qu'Ivan rate ses coups, un attroupement s'était formé devant la porte du cagibi et il fallut un moment au Suédois pour dégager la route. La porte était toujours bloquée mais un bon coup de pied suffit à l'ouvrir, Ivan se rapprocha de la gamine étendue sur les matelas et pointa son arme droit sur sa tête avant de s'immobiliser.
Sarah relâcha sa pression, incapable de savoir quoi faire, derrière elle, Jody la regardait d'un air totalement impassible.

« Tu ne le tues pas ? »

Sarah la regarda d'un air suspicieux.

« Retourne dans ton corps, mec. »
« Il y a quelqu'un qui pointe une arme sur ton crâne en ce moment. Tu es à ma merci. »
« Ça t'amuse ? »
« Beaucoup. »
« Tu dois vraiment avoir une vie triste. »
« Toi aussi, nous sommes pareils tous les deux. »
« Certainement pas. »

Voilà le tableau, les deux voyageurs astraux sont en grande conversation dans les corps de Salem et Jody, Ivan a profité de la baisse de l'emprise qui s’exerçait sur lui pour lâcher son arme, Jane et le pyromane – pardon, Christopher – sont sans doute en plein combat et Wilfried, je ne sais pas.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Dim 24 Mar - 23:44

« You come at the king, you best not miss »
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Spoiler:
 

***

— J’ai peur.
— Hmm.
— T’as pas peur, toi ?
— Non.
— Pourquoi ?


Adam poussa un long soupir. Sa croisade justicière dans les sous-sols du lycée s’était transformée depuis quelques minutes en séance de baby-sitting légèrement mouvementée et si, de temps à autre, il tranchait quelques têtes avec un naturel admirable, son occupation principale était désormais de prendre la mesure d’une douloureuse réalité : les enfants, ça posait des questions. Beaucoup de questions.

L’Asiatique dirigea sa lampe torche dans le visage de Wilfried qui plissa des yeux.


— J’t’ai dit qu’tu pouvais rester, mais arrête d’me saouler avec tes questions.
— …


Le duo reprit sa route et quelques secondes plus tard :

— Mais j’ai peur, moi…
— J’avais compris.
— On peut pas parler, alors ?
— Non.


Sans crier gare, Adam pivota sur lui-même et fit sauter le haut du crâne et une partie de la cervelle d’un zombie qui avait tenté de les surprendre en leur tombant dessus dans l’ombre. Depuis quelques mètres, leurs assaillants étaient un peu plus véloces, mais affrontés un à un, ou deux à deux, ils étaient loin de pouvoir mettre en défaut les réflexes surhumains d’un devin très remonté, qui partait sauver son prince en détresse.

— Mais moi, ça me rassure.

Nouveau soupir.

— T’as des enfants ?
— Ça va pas la tête ? J’ai l’air d’avoir trente ans ?
— Hmm… Pas vraiment…
— Ben voilà.
— Et puis, en plus, tu peux pas.
— Et pourquoi ça ?
— Ben toi et l’autre, là, le tatoué, celui qu’a une gueule bizarre…
— Salem. Et il a pas une gueule bizarre.
— Un peu quand même. Ben, vous êtes deux hommes.
— Et ?
— Ben du quoi, vous pouvez pas avoir d’enfants.
— Parce que ?
— C’est comme ça. C’est la biologie.
— Et tes oreilles, elles sont pas biologiques, peut-être ?
— C’est pas pareil. Il y en a trois dans le prochain couloir.
— Je sais, j’avais deviné.


Entre l’extralucide et le gamin qui repérait leurs pieds traînants à des kilomètres, les zombies n’avaient décidément aucune chance. Les trois maîtres-zombies qui avaient failli faire la peau à Sarlahm tombèrent au sol comme de vieux sacs à patates et Adam avait de plus en plus l’impression de moissonner du blé. Au fond de lui, il eût aimé être un peu plus bouleversé par cette étrange activité qui consistait à écourter des cadavres ambulants, mais force était de constater que son pouvoir l’avait trop endurci pour qu’une pareille expédition lui fît encore beaucoup d’effet.

— Bon, tu les entends ?
— Ben non, tu viens de les tuer.
— Pas eux. Salem.
— J’sais pas trop…
— Comment ça, tu sais pas trop ?
— Ben, quand j’essaye de me concentrer sur un truc, j’entends plus grand chose, après…
— Tu t’fous d’moi ?
— C’est pas ma faute ! Et puis j’ai peur !


Adam tenta de maîtriser la panique qui le gagnait. C’était précisément pour ce genre de situations qu’il avait si souvent refusé que Salem l’accompagnât dans ses aventures les plus dangereuses. Quand il était seul, quand il devait protéger même d’autres personnes, il pouvait garder son calme, mais l’idée que son ami était dévoré par de voraces décédés, alors que personne d’autre que lui n’avait le droit de le mordre, risquait fort de lui faire perdre son calme légendaire.

Il inspira profondément et s’accroupit pour se mettre à la hauteur de Wilfried. D’une voix aussi douce que possible, il murmura :


— Je te protège, tu sais.
— Mais tu nous emmènes droit vers le méchant.
— C’est pour que ça s’arrête.
— Mais il sera sans doute protégé…
— Tu as vu comme je me bats bien ?


Le gamin hésita puis hocha lentement la tête.

— Tu vois. Avec moi, tu es en sécurité.

Adam hésita puis, un peu gêné malgré tout, serra Wilfried dans ses bras. Le gamin en profita pour tâter les pectoraux du chanteur coréen et s’assurer qu’il était aussi solide qu’il le disait — il voulait bien accorder sa confiance, mais enfin, mieux valait être sûr de son protecteur. Une fois un peu rassuré, il se dégagea, essuya ses larmes et prit un air très courageux.

— Bon, c’est bon, on peut y aller, là ? C’est par ici.

L’Asiatique esquissa un sourire un peu amusé alors que le gamin montrait une direction. Il se redressa et se mit en marche, talonné de près par Wilfried, qui tentait d’adopter la même démarche assurée que son guide. Quelques minutes plus tard, arrivés fort discrètement devant une porte, les deux aventuriers la considéraient avec circonspection. Adam jeta un regard interrogateur à Wilfried, qui hocha la tête d’un air assuré. Un coup de pied ouvrit le battant avec fracas et, avec un sens théâtral certain, l’Asiatique s’avança dans la pièce, le coutelas tendu à ses côtés.

— Bon les enfants, on arrête de jouer maintenant.

Il pointa Sarlahlm du doigt.

— Toi, sors de son esprit. Il y a des souvenirs interdits au moins de dix-huit ans, là-dedans.

Puis vers Jody.

— Toi, tu me saoules. Regagne ton corps ou j’commence l’amputation systématique.

Laquelle Jody se mit à ricaner d’un air suffisant.

— Tu crois que j’ai peur d’un lycéen armé d’un couteau à huîtres ? Je suis Zakdor, Maître des Ténèbres !

Jody leva les bras vers le plafond et aussitôt, une petit dizaine de cadavres, qui avaient été jusqu’à lors sagement allongés sous leurs draps blancs, sur leurs tables métalliques, attendant que la pause-déjeuner fût finie et que les étudiants revinssent mettre en pratique les enseignements du matin sur l’embaument, se redressèrent. Adam n’en semblait pas très ému.

— Ouais, cool. Moi, j'suis l'Roi du Temps.
— Si tu fuis, je t’épargnerai peut-être. Tu pourras passer ton bac et retourner à ta vie de médiocrité.
— Bon, une fois pour toute : un, c’est pas un couteau à huîtres, c’est une épée courte. Deux, j’ai déjà mon bac, merci bien. Trois, animer des cadavres, c’est pas bien difficile, et ça fait pas de toi le maître de quoi que ce soit.
— Je peux faire marcher les morts et posséder les vivants !
— C’est super. Contrôler des collégiennes, vraiment, très impressionnant.
— Personne ne peut me résister.
— Genre…


Les cadavres, qui s’étaient levés de leurs tables respectives et avaient commencé à s’approcher d’Adam, s’arrêtèrent et arborèrent conjointement un air un peu vexé. Pendant ce temps, le devin était fort occupé à réunir dans son esprit les impressions éparses que lui avaient laissées une vision particulière.

— Tu crois peut-être pouvoir échapper à mon éprise ?
— J’en suis sûr.


Au même moment, Jody tomba par terre, avant d’ouvrir les yeux d’un air confus et de se demander ce qui venait de se passer, tandis que dans un bruit métallique, l’épée courte heurtait le sol et qu’Adam vacillait.

— Alors, on fait moins le malin, mainte…

Mais à peine Zakdor avait-il pris le contrôle que les yeux de son nouvel hôte se remplirent d’une fumée noire et que le corps nouvellement conquis, avec celui de tous les cadavres animés, s’effondra mollement sur le sol.

***

— Où on est ?
— Mauvaise question.
— Où on est ?
— La bonne question, c’est : quand ?
— Pourquoi je ne contrôle plus rien ?
— C’est une vision.
— J’ai une vision.
— J’ai une vision.
— Je ne comprends pas.
— On ne contrôle rien dans les visions.
— Une vision de quoi ?
— On subit.
— Je veux sortir.
— On ne peut pas.
— Je veux sortir.
— Parfois, on est juste spectateurs…
— C’est quoi, une cave ? Un garage ?
— …parfois bourreaux…
— Il est à qui ce corps ?
— …parfois victimes.
— Pourquoi on est attachés ?
— Les points de vue varient, en quelque sorte.
— J’ai entendu quelque chose.
— C’est la porte d’entrée.
— Je veux sortir.
— Le huit juin dernier, Patrick Obsaum a torturé à mort sa jeune voisine avant de se tirer une balle dans le crâne.
— Je veux…
— Tu vas voir, on sent tout en détail.
— …sortir.
— Moi, bien sûr, mon pouvoir m’immunise largement, et d’une certaine façon, j’ai l’habitude.
— …pitié…
— Toi, d’un autre côté, comment savoir…
— La vision va durer combien de temps ?
— …
— Combien de temps ?
— Assez.


***

Il n’y avait plus de combats. Les sous-sols du lycée étaient parsemés de cadavres plus ou moins découpés. Jane faisait des rondes avec son pyromane dans des salles de classe finalement bien tranquilles en pestant contre son inactivité. Et dans la salle d’apprentissage, les cadavres étaient retombés pêle-mêle, le garçon s’était réveillé pour se recroqueville dans un coin, Adam était inconscient et saignait du nez. Jody et Wilfried tentaient en vain de ne pas paniquer.

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Ven 29 Mar - 22:56

Saleté de gamine, voilà la pensée qui occupait l'esprit de Salem alors qu'il ouvrait un œil, la joue contre le carrelage gelé. Contrairement à son habitude, l'adolescent ne se demanda pas l'heure qu'il était, mais combien de minutes lui avait volés Sarah en lui empruntant son corps. Il ne se souvenait pas de ses gestes mais les images étaient toutes là, le fil des événements se reconstruisit lentement. Salem avait remarqué cette étrange électricité dans l'air plus tôt dans la matinée et avait tenté de comprendre ce que c'était bien avant de pouvoir mettre des mots sur ses impressions. C'est au détour d'un couloir qu'elle s'est emparée de lui un bref instant, il ne s'en étais pas du tout aperçu, puis elle avait recommencé, un peu plus longtemps, recommencé encore, et tâtonner jusqu'à pouvoir le faire agir sans son consentement. Il avait été son cobaye, c'était encore plus agaçant que d'avoir dû esquiver des cadavres au lieu de profiter d'un bon restaurant avec son fiancé.

Le fil de ses images le conduisit finalement aux dernières minutes volées, et à Adam, Salem se redressa d'un coup et posa ses yeux sur le corps inanimé de son fiancé. Il se précipita pour le prendre contre lui, la vision était arrivée précisément quand Zakdor le ténébreux s'était emparé de lui. Adam l'avait provoqué – la vision et Zakdor – ce qui signifiait qu'il allait encore souffrir le martyr, tout ça parce qu'un crétin a voulu jouer les maîtres du monde. Encore un idiot qui ne doit pas avoir d'avoir beaucoup d'amis, ni de copine, et qui fantasme sur son professeur de thanatopraxie tout en étant sans cesse dévalorisé par ses parents qui auraient préférés qu'il devienne joueur de foot comme son grand frère. Faire autant de dégâts pour ça, les jeunes n'ont déciment aucun sens de la mesure – se dit Salem qui était sans doute plus jeune que lui.

« Hey, toi là… »
«»

L'adolescent aurait bien vomi sur le maître des ténèbres en herbe un flot d'insultes fleuries qui auraient noyées un instant son inquiétude de le voir éveillé alors qu'Adam était toujours inerte – il aurait clairement préféré que ce soit l'inverse – mais dès que ses yeux se posèrent sur le visage traumatisé de l'étudiant, il perdit beaucoup de sa colère. Il n'était pas vraiment nécessaire d'en rajouter. Salem soupira.

« C'est quoi ton nom ? »
« Isaac… »
« … T'y réfléchiras à deux fois avant de remettre le bordel… »

Moui, tu parles d'une leçon de morale, mais Salem n'avait pas le cœur à faire de la prose de toute façon, il baissa les yeux vers le visage d'Adam dont il caressait la joue et resta silencieux un long moment alors que les gamins le regardaient.

« Il est mort ? »
« Bien sûr que non. »
« J'aime pas cet endroit, il fait peur. »

Salem n'était pas non plus disposé à rassurer le petit, au lieu de ça, il envoya un sms à Ivan pour lui dire que le problème était réglé, et quelques minutes plus tard, le Suédois venait aider à sortir le corps d'Adam de là, avant que les étudiants n'arrivent – et que l'un d'eux ne le prenne pour un macchabée à maquiller – ainsi qu'Isaac, qui risquait d'avoir de gros problèmes en restant parmi les cadavres. La solidarité mutante avant tout, même si c'est Ivan qui avait eu l'idée. Le chemin du retour se fit laborieusement et enfin, Adam fut allongé sur les matelas qui avait jusque-là servis de lit à Sarah, qui se trouvait dorénavant assise sur un vieux cheval d'arceau défoncé, et en grande conversation avec Salem.

« Je suis désolé mais ça ne se fait pas ! »
« Je n'avais pas le choix, il m'empêchait de retrouver mon corps. Il m'oppressait. J'essayais de me sortir de là ! »
« Tu as regardé dans mon pantalon. »
« Ah… C'est que ça prenait vachement de place, et puis je la sentais quand je marchais, du coup j'ai jeté un petit coup d'œil, mais c'était pas… »

Au milieu de toute cette vaillante troupe de bras cassé, Ivan se sentait un peu perdu, faute de mieux il se mit donc à surveiller Adam. Il fut le premier à remarquer son réveil et l’accueillit d'un air ravi.

« Hallå ! »
« Lui parle pas bizarrement, déjà qu'il va être paumé ! Adam, ça va ? Tu es encore tout pâle. »
« Comment il pourrait être "pâle" ? »
« Tu es sorti de ton corps, toi aussi ? »
« Ah non, on en a assez de deux comme vous. »

Voilà qui devrait lui réussir pour son réveil, Salem repoussa un peu tous ces gens qui s'était agglutiné autour de son chéri et le serra dans ses bras, heureux de l'avoir enfin retrouvé même s'il ne savait pas encore exactement dans quel état.

[On a épuisé presque toutes les couleurs xD]
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Sam 30 Mar - 10:45

Pendant que la fine équipe se reposait dans son repaire secret, pendant qu’Ivan regardait Salem se disputer avec la jeune fille qui l’avait possédé, que les autres enfants se narraient leurs exploits, qu’Isaac tentait de déterminer, par des regards détournés, si Jane allait le découper en morceaux et qu’Adam frémissait à n’en plus finir sur son vieux matelas, entre deux saignements de nez que son fiancé épongeait patiemment, les étudiants de thanatopraxie retrouvaient leur salle d’entraînement en désordre et appelaient la police.

En vérité, tout cela commençait à bien faire. Ce n’était pas la première fois que l’on retrouvait un cadavre déplacé ou mal étiqueté, et si, dans les premiers temps, on était passé sur cet humour un peu curieux qui était le propre de ceux qui fréquentaient de trop près la mort, si on avait accepté cette prise de distance salvatrice qui permettait de garder l’esprit serein dans un semblable métier, cette fois, les choses étaient allées trop loin et il fallait circonvenir ce mauvais plaisant.

L’inspecteur Leonard Greggs (qui rassurez-vous ne nous rejoindra pas dans ce sujet pour en compliquer encore les personnages) découvrait l’étrange scène et Adam, lui, émergeait lentement. Avec une quinte de toux spectaculaire dans un mouchoir qui ne tarda pas à être maculé de sang, il répondait au concert cacophonique qui avait accueilli son réveil. S’adossant au mur contre lequel était calé le matelas, il promena lentement un regard presque entièrement noir sur chaque membre de la petite troupe — les enfants reculèrent instinctivement de quelques pas, Isaac tenta de se faire discret, Ivan devait regretter de n’être pas resté tranquillement avec ses poissons et Jane regardait sa montre, pressée de filer en douce.

Adam, qui venait de passer plusieurs heures à découper des cadavres dans des souterrains sans sourciller, se réfugia instinctivement dans les bras de son fiancé, sans vraiment se soucier de briser par ce geste son aura de froide virilité. Wilfried se demandait toujours comment ils allaient bien pouvoir faire des enfants, Jody avait l’air un peu dégoûtée, Jane lorgnait les tatouages de Salem, Isaac lorgnait la porte de sortie, Ivan songeait à Ulysses, Ulysses songeait à Ivan, Léonard songeait aux cadavres, les cadavres ne songeaient à rien.

Tout doucement, l’Asiatique murmura :


— Sur ton tee-shirt. J’suis… désolé, j’ai… je suis… Hmm…



Je. suis. désolé. j’ai. mis. du. sang. sur ton. tee-shirt.


Quelques mètres en retraite, l’assemblée des observateurs de ce moment intime commentait le spectacle.

— Qu’est-ce qu’il a dit ?
— Vous croyez que c’est lui qui fait l’homme ?
— Eeerk, c’est dégoûtant.
— Moi je sais.
— Comment tu sais ?
— J’étais dans la tête du petit, là.
— …il est plutôt mignon, d’ailleurs…
— Le petit ?
— Non, le Chinois.
— Il est pas chinois.
— Qu’est-ce que t’en sais ?
— Pfff, ça se voit. Mais c’est vrai qu’il est mignon.


Tous les gamins se retournèrent vers Christopher le Pyromane, qui rougit jusqu’aux oreilles.

— Ouais, bon, j’dis ça, comme ça, j’sais pas, objectivement, quoi.

Jody avait l’air déçue.

— Mais t’es comme eux ?
— Vous allez la fermer, oui ?


Du fond des bras de Salem, Adam venait de mettre un terme soudain aux spéculations sur sa vie sexuelle, celle de Salem et, accessoirement, celle de Christopher. Il posa un regard un peu plus humain sur le groupe d’adolescents qui venaient de se ranger sagement comme de petits soldats.

— C’est tout ce qui vous préoccupe, de savoir ce qu’on fait dans notre chambre ?

Sarah murmura tout bas :

— Ouais, et sur la table du salon, et dans le bureau, et dans la douche, et dans la voiture, et au parc, et…
— Non mais ça va, on t’dérange ?
— Désolée.
— N’empêche, c’est dégoûtant.
— N’importe quoi, c’est beau, c’est de l’amour.
— Genre. Ça s’trouve, c’est juste pour le sexe.
— Ouais, c’est dégoûtant.


Adam poussa un soupir désespéré. Il reposa les yeux sur Salem, puis Ivan, puis Jane, les seules personnes responsables et censées du groupe.



Il reposa les yeux sur Ivan, la seule personne responsable et censée du groupe.


— ‘Faut qu’on dégage. La police va finir par inspecter les souterrains, et j’suis pas certain qu’on ait des explications très satisfaisantes à lui offrir.
— …qu’est-ce que vous allez faire de moi… ?


Pour une fois, tout le monde se tut et tout le monde regarda Isaac.

— Toi, tu nous accompagnes. On va t’emmener à l’Institut.

Isaac n’avait pas l’air très rassuré : « Institut », ça sonnait comme un endroit où on faisait sauter le crâne des gens pour trifouiller dans leur cervelle et merci bien, il pouvait s’en passer. Mais si Adam n’était de toute évidence pas en état de contraindre qui que ce fût, Jane était toujours en pleine forme et ce fut sous l’autorité morale de l’un et physique de l’autre que la brigade déserta le quartier général, clopin-clopant, pour regagner la cour du lycée.

Revenus à l’air libre, les enfants paraissaient plus détendus.


— On pourrait former une équipe de super-héros !
— Ouais, je contrôlerais les méchants.
— On aurait des costumes moulants.
— Faudrait déjà que tu te contrôles toi-même…


Le professeur ponctuel de suédois suggéra qu’avant de former une équipe de super-héros, il fallait aller en cours et décrocher son diplôme de fin d’années. Ivan se chargea de raccompagner les justiciers en puissance à leur salle de classe, tandis que Jane entreprenait d’entamer la conversation avec Salem, qui était décidément trop séduisant pour se caser avec un voyant coréen.

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Dim 31 Mar - 22:25

Les Cordova-Tenseï s'étaient blottis l'un contre l'autre, ignorants encore que le destin de leur possible fiston tenait peut-être dans les mains d'un étrange et bedonnant professeur de biologie allemand. Salem veillait sur son compagnon avec une extrême douceur, qui surprit un peu Ivan, plus habitué à voir l'adolescent s'agiter et s'amuser qu'occupé à protéger quelqu'un. Il le regarda caresser les cheveux de son compagnon et lui murmurer tendrement.

« C'est rien, t'en fais pas pour ça, amour. »

Certes, c'était quand même un tee-shirt de marque qui avait coûté assez cher, mais Salem n'était pas assez amoureux de ses vêtements pour se préoccuper de ça alors qu'Adam venait de cracher du sang et était encore tout retourné. Malgré tout, les bavardages intempestifs des plus jeunes lui firent tourner la tête, et il fusilla du regard Sarah qui partageait maintenant leur vie intime à tout-va, décidément il allait lui en vouloir longtemps d'avoir squatté son corps. Les sages paroles d'Adam firent cependant lever le camp à tout ce beau monde puis, au détour d'un couloir, le groupe se sépara. Ivan se chargea du baby-sitting tandis que les quatre aventuriers restant s'acheminaient vers la sortie. Jane put d'autant plus facilement papoter avec Salem que ce fut lui qui entama la conversation, tout en aidant Adam à avancer.

« Tu es une amie d'Adam ? »
« Moi ? Pas vraiment. Il m'est tombé dessus dans les sous-sols. »
« Ah… Mais qu'est-ce que tu faisais toute seule sous le lycée, alors ? »
« Ben… je tuais des zombies. »
« Oui, mais… »
« C'parce que je combat les méchants, tu vois… »
« Ah, t'es un peu comme Adam, en fait. »
« Moui, et toi, tu fais quoi de tes journées ? »
« Je suis en apprentissage de mécanique, je fais du basket, j'aime bien le skate, aussi. »

C'était officiel, Jane était séduite. Ils sortirent du bâtiment et, heureusement, l'aventurière avait une voiture et put donc les emmener à l'Institut, et mettre un maximum de distance entre eux et ce nouveau personnage policier qui allait sûrement se poser beaucoup d'excellentes questions en découvrant un certain nombre de cadavres décapités dans les souterrains, avec en prime des cartouches, des traces de brûlés et des mots bizarres sur les murs. Être policier n'était vraiment pas de tout repos.

Une fois dans le noble établissement, Salem s'intéressa moins au cas Isaac qu'à celui d'Adam, il partagea en long et en large ses inquiétudes avec une dame venue à leur rencontre. Tout y passa, les nouvelles évolutions de son pouvoir, les risques d'accidents, les visions provoquées et tous les dégâts de ces manifestations. Bon gré, mal gré, Adam eut alors droit à une bonne batterie d'examens, avant de finalement retrouver Jane et Salem qui l'avait patiemment attendu, elle en se faisant les ongles avec la pointe de son demi-sabre, et lui en dépiautant un yucca en pot.

« Ah ! Alors, ça va ? Ils t'ont dis quelque chose ? Tu craches plus de sang ? Tu peux conduire ou pas, du coup ? »

Salem avait sauté sur Adam dès qu'il était apparu, et le prit par la taille en le scrutant comme pour s'assurer qu'on ne l'avait pas abîmé encore plus – et aussi parce qu'il n'allait pas dire non à quelques câlins supplémentaires, après s'être fait posséder, poursuivre par des zombies, et avoir été séparé d'Adam pendant tant de minutes. Finalement, il reconnu d'un air un peu triste.

« Tu as encore dû venir me sauver, je ne fais que te gêner dans ce genre… d'expéditions. »

Bon, il n'avait pas pensé qu'Adam serait là, au départ, mais justement, s'il n'avait pas été là, comment s'en seraient-ils sortis ? Peut-être Ivan aurait-il pu gérer la situation, mais pas lui, clairement. Salem se sentait plus que jamais inutile dans le rôle du super-héro à la vision parfaite qui soutient son fabuleux compagnon.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Dim 31 Mar - 23:03

Adam surveillait d’un œil fatigué et néanmoins suspicieux la conversation entre Salem et Jane. Depuis l’aventure de Boston, l’Asiatique devait bien reconnaître que sa jalousie lui était bien plus sensible qu’auparavant et s’il ne s’était jamais crispé pour des broutilles, la perspective que son Salem au cœur peut-être beaucoup plus volage qu’il ne l’avait supposé d’abord pût lui filer entre les doigts l’angoissait chaque jour un peu plus ; une angoisse qu’il se faisait fort de cacher sous un front marmoréen.

Isaac, de son côté, se demandait sincèrement pourquoi tout le monde avait l’air de penser qu’il était le plus bizarre du lot, alors que la blonde à forte poitrine se trimballait l’air de rien avec une arme, que les deux homosexuels dépareillés roucoulaient à la vue de tous en présidant l’avenir et probablement tout un tas d’autres choses alors que lui, après tout, n’était guère qu’un marionnettiste d’un autre genre. Bref, il n’avait plus du tout envie de devenir Maître des Ténèbres et n’aspirait désormais plus qu’à une vie paisible dans une morgue sereine.

Sans en être tout à fait conscient, Adam laissa sa faiblesse s’exprimer un peu plus, pour être certain que Salem se préoccupait plus de lui que des seins de Jane. Depuis l’affaire Jenny, le jeune homme avait un peu oublié que son fiancé n’avait pas d’yeux comme pour les Japonais bien sculptés. Mais l’irruption de son double féminin, enfin, en moins distingué (espérait-il), le mettait brutalement face à la cruelle réalité des penchants trop divers de Salem pour être tout à fait rassurants.

Mais évidemment, dans la voiture, Salem monta à l’avant et lui se retrouvait tout seul, derrière, avec Isaac le Nécromant, qui n’en menait toujours pas large. Jane les mena à l’Institut avec un style de conduit fou furieux qui n’était pas sans rappeler celui d’Adam lui-même et n’avait cessé, en grillant les feux rouges et violant une demi-douzaine d’articles du code de la route, de papoter gaiement avec Salem — beaucoup plus gaiement qu’Adam ne se sentait capable de le faire présentement.

Tandis qu’Isaac se persuadait qu’il lui était urgent de trouver un moyen pour se tirer de cette assemblée de cinglés, Jane se gara devant l’Institut. La petite troupe débarqua, Isaac fut présenté aux autorités compétences et Adam s’apprêtait à s’en laver les mains et à retourner chez lui avec son fiancé (pour se laver les mains pour de bon, cette fois-ci), quand Salem le poussa vicieusement dans celles (les mains) de l’infirmière de l’Institut, trop heureuse de profiter de l’ascendant de l’adolescent pour soumettre Adam au contrôle médical qu’elle avait si souvent et sans succès réclamé de lui par le passé.


— Mais… Mais…

Telle fut la défense qu’un Adam désemparé opposa à ce sinistre stratagème, sans pouvoir résister à l’infirmière qui le cloîtra dans son antre pour le fourrer dans des appareils, lui ponctionner des litres de sang, et une biopsie pour la route, et de la lumière dans les yeux, et un tube dans les oreilles, et faites ah, et dites 22, toussez, respirez, baissez les yeux, levez les yeux, suivez mon doigt, lisez ce panneau, montez sur la balance, dites moi ce que vous manger, comment vous dormez, si vous vous protégez.

— Quoi ?
— Est-ce que vous vous protégez, Salem et toi ?
— Ben, on sait se battre et je suis prudent…
— Pendant les coïts, je veux dire.


Adam rougit jusqu’aux oreilles — décidément, tout le monde s’intéressait à sa vie sexuelle ce jour-là. Profitant de son embarras, l’infirmière lui fourra un dépliant de prévention dans les mains. Adam l’ouvrit machinalement et lut à haute voix :

— Il existe des préservatifs féminins qui s’insèrent dans…



Erk.

— Oui, bon, ce n’est peut-être pas entièrement adapté à votre situation.
— J’vous l’fais pas dire.
— Il n’importe, tu dois t’informer.
— J’ai plus seize ans.
— Oui, oui. Bon. Tu as été très courageux, tu as le droit à une sucette.
— Cool !


Pleinement remis de sa vision, Adam reparut dans le couloir une bonne heure plus tard, une sucette à la bouche, pour découvrir Jane et Salem non point en grande conversation, mais en plein désoeuvrement. Un peu rassuré par ce spectacle, le jeune homme accueillit son fiancé en se pressant ostensiblement contre lui, histoire que Jane ne se fît vraiment plus aucune idée sur ses chances de fricoter avec son bad boy attiré dans une skate-parc désert.

— Elle a fait plein d’analyses, mais il faut attendre un peu pour les résultats. Du coup, bon, j’suis censé me reposer, tu parles…

Adam allait entamer une longue série de plaintes, mais il fut coupé net dans son élan par le ton attristé de son compagnon. Un instant, il hésita à conforter Salem dans ses opinions, pour décourager toute velléité d’aventure chez son ami, mais il n’eut pas le cœur à le plonger plus avant dans sa tristesse.

— Dis pas ça, Salem. Tu t’en es vachement bien sorti : t’as veillé sur les gamins et tout.

D’ailleurs, Salem avait une affinité naturelle avec les enfants qui ramenait dans son esprit les propos inquisiteurs de Wilfried. Bon, certes, l’essentiel de la protection musclée avait été exercé par Ivan et son gros revolver, mais la question n’était pas là.

— Et puis ça s’apprend, tu sais. Ça fait des années que j’fais ça, moi. Toi, tu découvres. Ça viendra, avec le temps. T’es déjà super doué. J’suis fier de toi, moi.
— Dites, vous prenez une chambre ici tout de suite ou on peut s’arracher ? Parce que j’ai pas qu’ça à foutre, moi, de vous regarder vous tripoter à longueur de journées.


Jane était un peu contrariée, de toute évidence, par le spectacle, à la fois parce que Salem était un trop beau morceau pour être gâché entre les mains d’un homme, même d’Adam, et parce qu’Adam lui ressemblait trop pour être aussi fleurs bleues. Tout cela n’allait pas : elle ne voulait pas que son jumeau version Jet Li couchât avec son idéal masculin, ça perturbait ses catégories mentales.

— J’dis ça, moi, c’parce qu’y a plein d’morveux ici. Déjà qu’vous avez choqué ceux du lycée tout à l’heure avec votre impudence… impudeur… impruderie… bref. On s’arrache.

Jane tourna autoritairement les talons et comme c’était elle qui conduisait, Adam et Salem furent bien contraints de la suivre. Adam restait quelques pas en arrière, pour pouvoir chuchoter d’un air faussement dégagé qui ne faisait pas du tout illusion :

— Et sinon, Jane, tu la trouves comment ? Elle est très… Sexy. Je crois. Non ?

Adam et les femmes : deux mondes séparés par un océan peuplé de monstres marins.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Sunnydale High School (Salem)   Lun 1 Avr - 14:45

Une heure, c'est long, et Salem finit par se demander quels genres d'examens son compagnon était en train de subir pour que cela dure aussi longtemps. C'est pourquoi le silence finit par s'installer entre lui et la demoiselle, chacun cherchant désespérément un moyen de s'occuper. Après avoir battu son record à tetris sous le regard curieux de Jane, en faisant bien souffrir son téléphone.

Spoiler:
 

Il s'attaqua donc au yucca. C'est dire s'il fut content de voir revenir Adam, Salem allait pouvoir se remettre de ses émotions dans leur cocon confortable et sûr en séchant éhontément les cours, il avait hâte. Amputée d'un membre de plus – qui devait être grandement soulagé de leur avoir faussé compagnie – la troupe retourna donc à la voiture de la demoiselle. La question totalement désintéressée de son fiancé fit sourire Salem, qui fut tenté de le taquiner un peu, mais l'incident Kevin était encore trop récent pour qu'il trouva cette blague amusante, une autre fois peut-être.

« Elle est pas moche, c'est vrai, puis elle est sympa. Mais c'est surtout toi que j'ai trouvé sexy quand tu découpais les zombies avec ta truelle. En plus tu as arrêté ce crétin de maître de la mort, je me demande comment je vais te remercier de nous avoir tous sauvé… »

Bon, faut avouer il ne fallait pas chercher très loin pour trouver en Jane les ingrédients d'une bonne rivale qui se respecte, d'abord, elle était blonde, quand il y a une blonde, Eileen Cordova n'est pas loin, et en plus ils semblaient avoir pas mal d'intérêts communs. Mais enfin, si ça suffisait à vivre heureux ensemble pour toujours, on aurait pas inventé le divorce, Salem avait été beaucoup plus préoccupé par sa survie et de celle d'Adam pour se perdre dans la contemplation des courbes de wonder woman, et même maintenant, il trouvait toujours son compagnon bien plus intéressant. Même s'il n'était pas blond, n'avait pas de seins – enfin si, un peu, mais c'était pas pareil – et qu'il ne pouvait pas regarder un match de basket sans donner les scores et saigner du nez au bout de dix minutes. Il faut croire qu'en matière d'hommes, ses goûts n'avaient rien à voir – oui je m'en donne à cœur-joie. Bref, contrairement à ce que ces montagnes de photos peuvent laisser penser, Salem n'était aucunement disposé à aller voir ailleurs, le séjour d'Adam à Los Angeles lui avait puissamment fait comprendre qu'il ne pouvait se passer de lui.

Malgré cela, Salem se remit à l'avant de la voiture – on y voit mieux – et les papotages reprirent un peu entre lui et la demoiselle, alimentés par la splendide conduite de leur nouvelle amie, qui lui rappelait quelqu'un, et les derniers résultats sportifs. Finalement, elle les déposa au pied de leur immeuble et après un échange de numéros avec Adam, pour les fois où ils auraient besoin d'aide pour faire régner la justice dans ce monde corrompu, et Salem, parce qu'il fallait qu'ils se fassent un match, un de ces quatre – une excellente excuse pour ne pas laisser filer le bad boy – elle repartit. Jetant un dernier regard dépité aux mains des tourtereaux qui ne cessaient de jouer l'une avec l'autre avant de tourner les talons.

Et une fois rentré, Salem entreprit de faire oublier à Adam cette aventure et cette aventurière en le remerciant comme il se devait, dans plusieurs pièces de leur appartement.

FIN
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Sunnydale High School (Salem)

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