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 Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]

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Ulysses Winford
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MessageSujet: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Sam 2 Mar - 21:58

— Vous êtes sur un terrain glissant, Ulysses.

Profondément assis dans le fauteuil, les deux mains sur l’accoudoir, Ulysses avait beau être l’invité dans cet immense bureau, quelque chose dans le comportement de l’homme qui lui faisait face suggérait que les rapports de force n’étaient pas en sa défaveur. La hiérarchie officielle, les institutions, les règles étaient une chose, mais quand un Winford arrivait quelque part, il portait avec lui ses milliards, ses relations et la réputation de tout un clan.

— À cause des mutants ?
— Les mutants, les écologistes, les cliniques d’avortement, le salaire minimum, les droits des homosexuels…


Ulysses resta silencieux quelques secondes.

— Je transmettrais vos inquiétudes à Martha Orckmann.
— Ce n’est pas à Martha que je pensais. Je parlais de vous.


Ulysses haussa un sourcil.

— Moi ?
— Je ne voudrais pas qu’on abuse de votre jeunesse. Qu’on profite de vous.
— Vous me pensez idiot ?
— Ce n’est pas ce que j’ai dit…
— Influençable ?
— Non. Écoutez…
— Naïf, peut-être ?
— Je me suis mal exprimé.
— Semblerait-il.


Un silence pesant s’abattit sur la pièce. Le regard captivant d’Ulysses était braqué dans celui de son interlocuteur, qui paraissait sincèrement navré à l’idée d’avoir froissé la sensibilité de l’ange, parce que… parce que… Il ne savait pas très bien, mais la perspective de déplaire à Ulysses, indépendamment de sa fortune et de son influence politique, le perturbait. Au bout d’une longue minute, le jeune homme reprit :

— Alors nous sommes d’accord, pas de surveillance ?
— D’accord, oui. Bien sûr.


Ulysses s’apprêtait à sortir quand le directeur-adjoint des forces de police sortit de ses pensées.

— Pourquoi vous vous intéressez tant que cela à une réunion d’activistes mutants de seconde zone ?

Le politicien esquissa un sourire énigmatique.

— La politique, Avon, la politique.

***

La réunion de seconde zone allait bientôt commencée. En fait d’activistes, il y avait quelques idéologues plus ou moins inspirés, une bonne part de mutants ou d’humains curieux ou en plein questionnement et quelques têtes fortes bien décidées à échauffer le débat, mais on n’était très loin de la conspiration terroriste. Et Ulysses n’avait certainement pas envie que le soir où il avait décidé de prendre le pouls du milieu mutant fût encadré par des dizaines de policiers — la conversation eût été un peu contrainte.

La salle des fêtes louée à la dernière minute et aménagée à la va-vite témoignait assez des difficultés qu’avaient dû rencontrer les organisateurs de l’événement. Plus le temps passait, plus les mutants affrontaient d’inextricables complications administratives pour mettre sur pied la moindre manifestation et les départements de police, de plus en plus suspicieux, tendaient à pousser, par leur simple présence, les membres de semblables réunions dans leurs derniers retranchements.

Ce soir-là fort heureusement, point de cordon policier ni de barrière, point de fouille à l’entrée, et le public se dispersait petit à petit sur les chaises métalliques, en face de l’estrade plus ou moins stable qui soutenait quelques tables en formica réunies pour l’occasion, sous une banderole maladroitement tendue où s’étalaient les mots « Mutations et problématiques sécuritaires » en lettres inégales. Une bénévole de l’association Ça-m’gène-pas, organisatrice de l’événement, plaçait de petits cartons devant les chaises des orateurs, encore vides, pour indiquer leur fonction : Professeur de sciences politiques, Commissaire de Police, Président de Ça-m’gène-pas, Assistante du procureur.

Ulysses s’était assis au dernier rang et, en attendant le début des festivités, avait sorti son téléphone portable pour lire les derniers messages d’Ivan, sourire comme un idiot et y répondre. Comme cette agréable occupation n’avait, hélas, pas épuisé tout son temps, il se mit à lire les dernières actualités politiques, répondre à ses courriels, bref, travailler, toujours travailler, de cinq heures du matin à minuit, tous les jours, sans se soucier des regards qu’une bonne partie des membres de l’assistance glissaient plus ou moins discrètement vers lui, d’un air pudiquement rêveur ou, parfois, franchement concupiscent.

Il ne détourna son attention du téléphone que lorsqu’on vint s’asseoir à côté de lui. Un « on » très identifié, d’ailleurs. Le regard de l’ange se fit un instant surpris, puis il murmura :


— Bonsoir, Salem…

Les deux jeunes gens ne s’étaient pas revus depuis près de deux semaines et Ulysses avait dû gérer dans l’intervalle un Adam démoli par l’adolescent qui venait de s’asseoir à côté de lui. Quand Adam était revenu bien plus serein au Q.G. de campagne en expliquant que tout était réglé, Ulysses n’avait pu s’empêcher de ressentir une pointe de jalousie à l’idée que Salem s’en tirait à si bon compte. Mais ce qu’il voyait surtout, c’était que Salem avait fait du mal à Adam et chez un Ulysses (très) protecteur, la chose avait un peu de mal à passer.

Le regard vert du jeune homme resta fixé un instant sur ce voisin inattendu avant de se détourner sans un mot de place pour rejoindre l’écran. Il ne lui faisait pas de reproches, mais il ne fallait certes pas lui demander de faire la conversation.

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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Mar 5 Mar - 15:01


    Un front un peu moite se fait tamponner par un mouchoir blanc.

    – Le trac Quire ? La voix féminine se voulait ouvertement moqueuse, quoiqu’une note de gentillesse teintait un peu la chose. Un beau contraste avec la voix sèche et un peu bourrue qui offrit une réponse.

    – Un peu mon, n’veux. Le ton cachait trop bien le contenu « humoristique » des propos.

    – Oh part pitié Quentin, dis ce que tu veux une fois là-bas. Que les mutants ont tous lu Stephen King et qu’ils sont mûrs pour devenir les prochaines Carries, que Micheal Jackson avait un gène X, n’importe quoi ! Mais je t’en supplie, n’essaie pas de faire de blague pour l’amour du ciel. Sinon c’est le camp de concentration assuré !!!

    Un soupir désespéré sortit en trombe de la bouche du télépathe qui baissa la tête comme un homme qui s’apprêtait à aller sur l’échafaud. Mais pourquoi avait-il accepté de venir parler à cette réunion officieuse au nom de l’institut Xavier ? Sur le coup, ça lui avait semblé être une très bonne idée. Un peu de bonne pub après les divers fiascos médiatiques que la communauté mutante à connu. Entre les manifestations mal organisées et les vidéos louches et sombres, on ne pouvait pas dire que le grand public avait de quoi être rassuré sur la situation. Ainsi, Quentin s’était proposé pour venir dire deux trois mots pacifiques, Xavier Style ! Le genre de chose que Jean aurait normalement faite, mais la télépathe était apparemment occupée ailleurs. Décidément, Quentin commençait presque à se demander ce que les autres X-men pouvaient bien faire de leur journée. A part Ororo qu’il voyait partout, les autres semblaient avoir des vies secrètes… Quoique, ce n’était pas le moment de penser à ça.

    – Oh tu devrais jeter un œil, il commence à y avoir du monde !!!

    Quentin leva la main pour se masser la tête, il ne savait pas encore s’il préférait que Bree ouvre ou ferme la bouche. Bree, c’est la femme rousse qui fait des allers-retours entre la salle principale et les petites pièces de « préparation » comme celle dans laquelle se trouvait le mutant. Mantis et elle s’étaient rencontrés un peu avant que Quentin ne parte à la recherche de ses racines, à l’université. Elle partageait son amour pour la littérature et était une révolutionnaire… plus par principe qu’autre chose en fait. Végétarienne, écologiste, féministe, pro gay, pro mutante et si vous aviez le malheur de crier sur votre chien devant elle, vous regretteriez c’en était presque un cliché… Et aujourd’hui, c’était pire. Elle ne s’était pas calmée, même si elle avait quitté son look de hippie (look que Quentin soupçonnait de réapparaître lors d’occasions spéciales…) et que ses cheveux étaient réunis en un chignon si serré que c’en était presque surnaturel. Humaine, au passage, mais ce n’est pas faute de parvenir à changer les humeurs des gens avec sa voix. Elle a beaucoup de contacts à l’université et… partout en fait, c’est par elle qu’il a réussi à se trouver un siège parmi les orateurs : « Professeur de littérature ». Oui bon, ça faisait tâche, mais imaginez le petit effet que cela allait créer quand il sera correctement présenté. Bree était une personne très théâtrale.

    – Enfin, j’imagine que tu es plutôt confiant, mine de rien. Te connaissant, tu as dû leur préparer un speech à faire chialer Gandhi !
    – Je n’ai pas préparé mon discours…
    – COMMEEEEEEEENNNNNNNNNT ?!
    – Moins fort !!!!
    – Mais… Mais… N’as-tu donc rien appris pendant tes aventures excentriques en Russie ?! C’est pourtant la terre des révolutionaires !
    – Maintenant que tu le dis… J’prendrais bien de la vodka.
    – C’est la décadence, Quentin… Tu es sensé être un exemple d’avancée génétique, pourtant !
    – Attends un peu, hier c’était les Français les princes de la révolution !

    Finalement, Quentin aimait bien discuter avec Bree. Elle le calmait, à sa manière. Pourtant il n’y avait jamais rien eut entre eux. Certes, il fallait préciser qu’elle était lesbienne, évidemment.

    Après l’avoir convaincu de renoncer à la Sainte Vodka, Bree partit en éclaireuse voir comment allait se dérouler la chose, parce que (citation) « nous ne sommes pas bien renseignés ici ! ». En attendant, Quentin alla jeter un œil vers le public. En effet, il y avait pas mal de monde. Heureusement, le trac était passé maintenant. Il s’était inutilement mis la pression à cause d’une mauvaise nuit, mais Bree avait chassé tout cela avec son naturel. C’était vrai, il n’avait rien préparé contrairement à ce que disaient les grands enseignements que son amie lui avait prodigués. Il avait compris qu’il s’agissait d’une discussion. Et Quentin faisait confiance à sa répartie naturelle et à ses capacités en général. D’un certain point de vue, finalement, il était peut-être un des rares X-men bien placés pour venir ici… En tout cas, il y voyait mal Logan même si l’ambiance générale avait une tendance pro mutante. Enfin, c’était l’impression que le télépathe avait, mais on est jamais à l’abri de mauvaises surprises.

    Après son coup d’œil, Quentin rentra la tête du côté « préparatifs » et s’adossa contre un mur pour patienter. Après tout, malgré son assurance fraîchement récupérée, c’était la première fois qu’il participait ainsi à un tel évènement. Il valait mieux suivre le rythme…


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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Sam 9 Mar - 9:12

Oui, Salem s'intéressait à la politique, ou plutôt, disons qu'il était difficile de vivre avec Adam et de ne pas du tout s'intéresser à la politique. Il n'était pas rare que son fiancé s'étende longuement sur telle ou telle décision ou idée du parti démocrate, avant de dériver dans le marxisme primaire – cool qu'Adam ne soit pas là, je peux balancer. Alors forcément, en plus d'avoir péniblement fini par intégrer quelques concepts, Salem s'était mis à jeter quelques coups d'œil à l'actualité de son côté. Et finalement, il avait découvert que certaines choses pouvaient l'intéresser, l'urbanisme, par exemple, savoir qu'un grand magasin n'allait pas tarder à ouvrir dans un quartier ou un autre, et qu'il distribuerait sans doute des cadeaux aux premiers clients à cette occasion. La jeunesse et le sport, savoir si son équipe de basket préférée allait gagner le prochain tournois, c'était presque de la politique. La météo… non, peut-être pas la météo.

Toujours est-il que Salem était quasiment un citoyen éclairé et au fait derniers grands événements socio-économique de son pays, quasiment. Et parmi tous les sujets, celui qui retenait son attention à coup sûr – même si les ouvertures de magasins marchaient tout de même très bien – c'était les mutants. Ah, les mutants, vaste programme s'il en est, tous les politiques ont toujours un truc à dire sur les mutants, parce qu'il y aura toujours un journaliste quelque part pour leur poser une question. Et là, on peut s'attendre à tout, du plus encourageant au plus inquiétant, mais dans tous les cas, il vaut plutôt mieux se tenir informé.

C'est ainsi qu'après avoir reçu la newsletter de mars du forum jeunes-et-mutants, Salem s'était décidé à se rendre à cette petite réunion sur les mutants et la sécurité qui avait l'air fort intéressante et pourrait lui permettre débattre longuement ce soir quand il rentrera à la maison, ce sera épatant.

Il y avait déjà pas mal de monde dans la salle quand Salem arriva, ce qui ne l'empêcha pas de remarquer une chevelure blonde familière au premier rang. Décidément, il était à toute les réunions, celui-là, Salem était certain qu'Ulysse ne serait pas ravi de le voir, parce qu'il ne l'était jamais, mais enfin, il préféra la jouer poli et vint s'asseoir à côté de lui. C'était peut-être une bonne occasion d’enterrer la hache de guerre.

« Salut. »

Apparemment non, Ulysses avait l'air encore moins disposé que d'habitude. Il en déduisit que ses dernières mésaventures avec Adam avaient dû retentir sur lui aussi, et fut un bref instant tenté de lui poser la question cash, puis de partir dans un grandiloquent "Mais de quoi tu t'mêles espèce de…" mais ça n'allait probablement pas arranger les choses. Il fallait se la jouer diplomatique, trouver un sujet neutre, la politique, par exemple, c'est d'actualité.

« Madame Orckmann va encore faire une apparition surprise ? »

Après tout, la dernière fois qu'il avait croisé Ulysses, c'était aussi dans un rassemblement militant de seconde zone, il s'était passé un drame, d'ailleurs. Peut-être était-il à nouveau en plein boulot et qu'une équipe installait un buffet débordant de canapés au saumon quelque part pour séduire tout ce beau monde et récolter un maximum de voix. Salem croisa les bras et observa la petite scène installée devant eux, il semblait que les intervenants n'allaient pas tarder à se montrer.

« Moi je suis juste là parce que ça avait l'air bien. Les mutants, la sécurité… tout ça… »

Oui, Salem s'intéressait à la politique, et il en était fier. Après, il ne savait pas exactement de quoi tous ces gens allaient parler, parce que les mutants, d'accord, il voyait ce que c'était, mais la sécurité, ça lui faisait penser aux jeunes qui brûlent des voitures et à la violence dans les écoles, ce qui n'avait pas beaucoup de rapport à moins de faire un gros amalgame raciste. Mais enfin, l'important, c'est de participer, qu'il disait.
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Ulysses Winford
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Sam 9 Mar - 10:03

Ulysses releva les yeux vers la scène pendant que quelqu’un installait l’ultime petit chevalet : « Quentin Quire, Professeur de Littérature ». Le politicien haussa les sourcils. Avec toute la bonne volonté du monde, il avait un peu de mal à voir ce qu’un professeur de littérature pouvait bien avoir à dire sur les enjeux des politiques sécuritaires relatives au mutant. Peut-être, sans doute, était-ce un mutant lui-même, mais comme tous les humains n’avaient pas nécessairement un avis très éclairé sur la géopolitique internationale, Ulysses doutait que tous les mutants fussent particulièrement versés dans l’organisation des forces de l’ordre.

Si le regard de l’ange avait consenti à quitter un instant son téléphone pour observer l’estrade où les bénévoles s’affairaient de plus en plus et où, déjà, quelques conférenciers commençaient à prendre place en scrutant l’assistance d’un air fatigué, anxieux, blasé ou impatient, il évitait en revanche soigneusement de poser les yeux sur Salem, parce que décidément la carte « Sortez de prison » que l’adolescent avait tiré avec Adam avait un peu de mal à passer et que, parallèlement, il se sentait terriblement coupable de cette jalousie, puisqu’il était avec Ivan et que, normalement, tout cela devait lui passer au-dessus.

Donc, Ulysses était finalement moins préoccupé par les tenants et aboutissants politiques de cette petite réunion que par les dédales de sa vie sentimentale et la persistante impression d’être un personnage d’
Amour, Gloire et Beauté ne l’enchantait que modérement, parce qu’elle impliquait qu’il allait bientôt devoir boire du whisky à sept heures du matin en tenant des conversations incompréhensibles avec d’autres hommes en smoking, sans jamais bouger de son bureau, mourir, puis ne pas mourir vraiment, se réveiller pour se rendre que la saison précédente n’était qu’un rêve, même si ça, c’était dans Dallas et avoir continuellement un feu de bois dans sa cheminée.

Quoi qu’il en fût, Ulysses était un peu tendu, et pas par l’effet, je vous vois venir, de son addiction sexuelle. Tendu et donc sur la défensive. La question de Salem sonnait comme une accusation. De toute évidence, l’adolescent lui reprochait d’avoir piraté le mini-congrès écologiste qui devait rester gravé dans sa mémoire comme le jour où Ivan avait fait une apparition dans sa ve et ce reproche, de la part de Salem, impliquait un reproche sous-jaçent de la part d’Ivan — sa vie, décidément, était vraiment très, très compliquée.

Ses doigts s’arrêtèrent sur l’écran du téléphone. Il murmura d’une voix qu’il entreprit de ne pas rendre trop glaciale — avec plus ou moins de succès :


— Non. C’est juste moi, ce soir.

Un esprit plus sadique que celui d’Ulysses aurait sauté sur l’occasion pour forcer Salem à disserter des mutants, de la sécurité et « tout ça » avant de lui donner une leçon d’analyse politique, pour lui prouver qu’Adam eût été bien plus à son aise avec un brillant politicien comme lui, mais cette idée n’effleura pas l’esprit somme toute profondément angélique d’Ulysses, bien plus occupé, maintenant qu’il avait pensé au congrès des écologistes, à s’imaginer Ivan brandissant des pancartes dans une manifestation.

Qu’il était héroïque, tout de même, cet Ivan ! Ulysses recommençait à sourire tout seul en tapotant un énième message sur son portable, sans songer que Salem, qui, comme chacun sait, était une fouine, enfin, un petit curieux, pouvait sans douter lire d’un regard en coin :


Ulysses a écrit:
[Destinaire : Ivan] Ça va commencer. Je te laisse. Passe une bonne soirée. Tu peux passer chez moi après. Ou je peux passer chez toi. Ou on peut se retrouver en ville. On fera comme tu veux.

Enfin, tous les conférenciers étaient là, Ulysses glissa son téléphone dans une poche et, machinalement, se mit à détailler du regard le fameux professeur de littérature. Bree, qu’Ulysses avait de temps à autre croisée dans l’une des nombreuses réunions politiques auxquels les deux jeunes gens assistaient en raison de leur intérêt commun, s’empara du microphone et avec une énergie joviale qui, de toute évidence, n’était pas partagée par tous les membres de l’assistance, où avaient pris place quelques individus à l’air pour le moins patibulaire, entreprit de cadrer le sujet de la soirée.

Après un petit quart d’heure d’une introduction pétulante et un brin partisane, la jeune femme rappela les règles de la soirée — vingt minutes par conférenciers, puis discussions entre les conférenciers pendant vingt minutes, puis échange avec l’assistance — et céda la parole à la première intervenante, Madame Wilhelmina Spen-Foster, professeur en politique publique, consultante indépendante et autrice des fameux ouvrages
Introduction à l’analyse multiscalaire de la gestion de risques dans une République fédérale (1200 pages) et, entre autres Déconstruction des conditions technologiques des biopouvoirs.

Madame Wilhelmina Spen-Foster ne devait certes pas conquérir beaucoup d’hommes. D’ailleurs, les gens dans la rue l’appelaient Madame parce qu’elle avait bien soixante ans, mais elle n’avait jamais été mariée sinon à sa bibliothèque et, de toute façon, c’était Professeure, son titre. De longs cheveux gris rattachés dans une signe très strict surmontaient un visage anguleux et sévère, des yeux bleus et perçants et une voix calme, posée, peut-être un peu réfrigérante, sortait de ce petit corps frêle.

Mais si la professeure Spen-Foster n’allait certes pas poser pour
Jeune & Jolie, elle avait pour elle un esprit acéré et méthodique, certes considérablement favorisé par le fait qu’elle ne dormît jamais, non, jamais, pas une seule heure depuis ses dix-huit ans. Naturellement, cela laissait beaucoup de temps pour lire, réfléchir et écrire. Ce fut donc un exposé brillant et, à la surprise d’une partie de l’audience un peu réticente, fort pédagogique qu’elle présenta à l’assemblée.

Wilhelmina Spen-Foster commença donc par rappeler la nécessité d’une politique sécuritaire dans un État de droit, le caractère polycéphale de cette politique dans une démocratie, la répartition des tâches entre les diverses agences aux Etats-Unis, les moyens du contrôle gouvernementale et congressionnel, les deux mouvements de la décision, des hautes sphères à la population et de la population aux hautes sphères, le lien entre sécurité et psycho-nosographie, etc. Bref, sa conclusion était que la question mutante posait des problèmes pratiques inédits, en raison des capacités potentielles des criminels et terroristes mutants, que néanmoins ces problèmes, d’un point de vue générique, n’étaient pas fondamentalement différents du développement d’un nouvel armement, d’une nouvelle bombe ou de méthodes plus agressives, qu’il ne s’agissait donc pas de revoir la structure du système et que l’urgence était d’empêcher les agents en charge de la sécurité à tout les échelons de l’État de créer des catégories spécifiques d’analyse.

La femme s’arrêta finalement de parler après vingt minutes et une seconde de discours, laissant le conférencier qui se tenait juste à côté d’elle, président de l’association, bien anxieux de passer à côté d’une analyse si détaillée et ambitieuse. C’était un homme d’une trentaine d’années qui, depuis un bon moment, ne cessait de resserrer son nœud de cravate, manifestement peu à l’aise à l’idée de s’exprimer devant une foule si vaste.

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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Lun 11 Mar - 0:35


    Les acteurs principaux de cette soirée commençaient à s’agiter et Quentin finit par comprendre qu’il était temps de « monter sur scène ». Il alla donc prendre place au siège marqué à son nom. Bizarrement, il avait l’impression d’être sur un plateau de tournage, pourtant là il n’y avait pas de film. Bree arriva également et posa une bouteille d’eau devant lui. Par automatisme, le télépathe s’en empara et constata qu’il s’agissait de sa marque préférée, car oui, il avait une marque d’eau de source qu’il favorisait et Bree était une des rares personnes à le savoir, ou du moins à s’en rappeler. Les autres classaient ce détail dans la partie « bizarreries inutiles ». Quentin contempla la bouteille entre ses mains avant de la reposer sur la table devant lui, réalisant qu’il avait bien mieux que de l’eau pour se donner du courage. Il lança un sourire à son amie qui s’attela à ouvrir les festivités, présentant les modalités de la discussion. Elle avait également pour rôle de présenter chacun des invités lorsque c’était à leur tour de parler. Rôle qu’elle tenait à merveille… cette femme pourrait faire briller le dos d’un dictateur tyrannique pendant ses mauvais jours alors nul ne doutait qu’elle était capable de présenter chacun des intervenants sous le meilleur jour possible, et ce, même si elle désirait secrètement les voir remballer leurs idées dans leur balluchon et prendre la direction de la porte de Enfers. C’était une professionnelle.

    La première à prendre la parole fut Wilhelmina Spen-Foster, un nom qui en jetait mais qui faisait moins peur que le professionnalisme dont elle faisait preuve. Discrètement, Quentin déglutit, un brin mal à l’aise. Bien qu’étant confiant, il sentait qu’un débat contre elle serait délicat. Son discours avait une forme pompeuse propre à beaucoup de politicien, pouvant être interprété de multiples façons. Mais globalement, il ne semblait pas directement hostile aux mutants, mais bien évidemment, Quentin n’approuvait pas une seconde la comparaison avec des armes de quelques sortes. La forme tolérante de ce discours ne cachait pas beaucoup un contenu trop catégorique peu humain au goût du télépathe. Mais cela ne l’empêcha pas de faire mouche auprès de l’auditoire. L’enseignant poussa un soupir inaudible tandis que Bree fit la transition entre la Professeur et le prochain intervenant, président de l’association organisatrice. Quentin ne savait pas qui s’était occupé de l’ordre de passage, mais si cette personne connaissait tous les intervenants, elle ne devait pas porter l’association dans son cœur, dur de passer après Wilhelmina et son discours à l’enrobage parfait, même avec un contenu pur comme neige. Les gens accordaient beaucoup trop d’importance à la forme et ne prenaient pas assez la peine d’analyser les choses en profondeur.

    Pendant la transition, Quentin regarda naturellement celle qui prenait la parole : son ancienne camarade de classe. Lorsqu’elle eut fini, elle lui lança un regard insistant, vraiment insistant. Il répondit par un air interrogatif ce qui n’arrêta pas l’attitude bizarre de Bree. Comprenant qu’il n’y avait qu’une seule façon pour eux de communiquer, Quentin préféra vérifier ; il leva discrètement la main au niveau de la tête et se massa la tempe, geste qui la fit discrètement opiner. Le télépathe écouta donc ce que l’esprit de Bree avait à lui dire. Il posa sa main devant lui et regarda la rousse d’un air neutre.

    *Tu passes en dernier*

    Dramatique jusqu’au bout… Quentin répondit un simple et discret : *OK* avant de reporter son attention sur le président de l’association « Ca m’gène pas ». Le trentenaire avait déjà commencé par se racler la gorge au moins cinq fois avant d’entamer son discours qu’il avait préparé mine de rien.



    Le contenu fut plutôt intéressant et aurait de quoi regonfler des rêves de Xavier d’un espoir tout frais. C’était très optimiste, le groupe prônait la tolérance et assurait qu’il n’y aurait aucun problème de sécurité si le Gouvernement n’agissait pas de manière aussi violente et oppressive avec les mutants. Le cœur de son idée avait une teinte de psychologie usée à bon escient, s’appuyant sur des faits avérés, notamment que les mutations apparaissent majoritairement à l’adolescence, un moment charnière pour les jeune car tout ce qui se passait dans leur vie avait une grande influence sur leur personnalité et leur choix jusqu’à leur mort à moins de passer par un processus complexe d’introspection et de remise en question. L’adolescent moyen, confronté à l’oppression de l’état, n’aura pas d’autre choix de se rebeller et de se révolter contre cette injustice et ce manque de compréhension de la part des forces officielles. L’important était donc de changer le discours officiel sur la situation montante et de se montrer plus conciliant sans toutefois manquer de fermeté. En sommes, le Gouvernement devait parler comme un parent, un guide, car c’était ce dont les nouveaux mutants avaient besoin et que sinon, il serait le principal créateur de terroristes.

    Quentin ne trouvait pas de défaut à la logique d’un tel discours, mais il ne put cependant s’empêcher d’être déranger par quelque chose… Ces paroles étaient trop tendres avec les actuels terroristes, elles les présentaient comme des victimes malheureuses, des martyrs, chose qui n’allait pas et qui pouvait clairement être critiquée. Sans parler de l’effet un tantinet négligé qu’avait pris ce discours. Un effet qui ne faisait pas assez professionnel comparé à l’oratrice précédente. Cela dit, on était encore loin du lynchage gratuit. La situation était loin d’être mauvaise.

    Pour la suite, Bree présenta le prochain intervenant : un commissaire de police âgé de la cinquantaine fraîche. Point positif pour lui, il échappait aux clichés que peignait la militante rousse : il n’était pas gras au point de donner l’impression d’être marié à une boîte de doughnuts. Cette pensée fit sourire Quentin alors qu’il dirigea son attention sur cet homme dont le tour de taille était positivement exemplaire et sain.



[Quentin prendra la parole à mon prochain tour, en espérant que ce post ne vous ait pas trop ennuyé ^^ (y a quand même pas grand chose qui s'passe)]
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Lun 11 Mar - 23:19

Les participants n'étaient même pas encore arrivés que Salem s'agitait déjà sur son siège, parce que c'était un peu long, d'attendre. Faute d'autre activités plus amusantes, il fit ce qu'il faisait le mieux, fixer les gens qui l'entourait avec un regard perçant et tripoter les trucs qui dépassent. Il ne tarda pas à remarquer un bout de moquette en partie décollée au sol, et à tenter de l'arracher un peu plus avec les pieds, jusqu'à ce qu'autre chose attire son attention, Ulysses pianotant sur son téléphone. Il avait cru deviner un "Ivan" sur l'écran et se lança donc dans une scrutation pas vraiment discrète, non pas de l'écran pixelisé et dégueulasse qui se rafraîchissait quatre-vingt-dix fois par secondes, mais de ses doigts courant sur le clavier virtuel. Un sourire amusé se forma sur les lèvres quand il comprit que le bellâtre était nettement plus intimidé que ce qu'on pouvait voir habituellement lorsqu'il se retrouvait face à Ivan.

Enfin, les participants s'installèrent et Salem eut immédiatement autre chose à penser que les aventures amoureuses de son voisin froid comme un placard depuis le début de la soirée. Le troisième participant, le commissaire de police qui devait avoir été mis là tout à fait par hasard. Et bien ça tombe mal pour lui, parce que le père biologique de Salem, qu'il n'a pas vu depuis quinze ans, est policier. Et il l'a en fait recroisé il y a une dizaine de jours sans le reconnaître parce que la seule image qu'il a de lui est un dessin, et que Salem a de gros problèmes pour faire le lien entre un gribouillis sur une feuille et une personne et bien vivante, car ce sont évidemment deux choses totalement différentes. Mais puisque ce policier-ci n'est pas trop mal conservé et n'a pas de bouée molle et grasse tout autour de la taille, il fera parfaitement l'affaire pour jouer le papa.

Salem se ratatina sur son siège en reconnaissant le policier d'il y a dix jours, et regretta immédiatement de s'être mis au premier rang. Il ne savait pas pourquoi mais ce type le mettait mal à l'aise depuis le début, pourtant il n'avait pas un physique effrayant. Bien au contraire, il avait de beaux cheveux châtains parfaitement arrangés sous une épaisse couche de gel et un air franc, sans prétention. Une bonne tête de bon flic, en somme, rien a voir avec la toute première participante qui faisant carrément peur et lui donnait l'impression que sa professeure d'histoire de collège était venu pour le manger. Son discours faisait d'ailleurs très peur lui aussi, parce que la sécurité et la noso-bidule, c'était bien gentil, mais dit comme ça, Salem avait un peu l'impression que tous les mutants constituaient de potentielles menaces pour l'humanité. La comparaison avec la fabrication d'armement n'était sans doute pas très judicieuse.

Le second participant eut par contre sa totale approbation, il se reconnaissait très bien dans le rôle de l'adolescent oppressé qui pourrait mal tourner, à cause du méchant gouvernement, et ne fut donce pas très critique pour celui-là. La joyeuse rouquine revint ensuite présenter le participant suivant, et eut alors toute l'attention de Salem. Jon Rockwell, commissaire de police de son état. Alors déjà, soit c'était un prénom étranger, soit celui qui l'avait déclaré avait manqué d'encre dans son stylo et avait viré quelques lettres au prénom. La première hypothèse se confirma quand la langue de Bree s'appliqua à bien dire "Yone" et non "Jaune" (c'est basque, à la base, mais peu importe).

Jon, donc commença à parler du manque de moyen des forces de l'ordre face à cette délinquance d'un nouveau genre. De la difficulté, sur le terrain, d'évaluer le degré de dangerosité d'un mutant, l'étendu de ses capacités, ou de différencier les individus hostiles de ceux qui sont simplement perdus ou en crise. La résultante étant des actions mal proportionnés aux conséquences parfois tragiques pour les uns comme pour les autres. Il termina sur les moyens qui pourraient permettre de réduire ces problèmes, sensibiliser les agents, former des personnes spécialement pour gérer ces problèmes, suivre les individus réputés dangereux… avec bonne parenthèse sur le rôle que peuvent jouer les policiers mutants – une idée ô combien terrifiante pour pas mal de monde.

Le commissaire déborda un peu de ses vingt minutes avec son aperçu très concret de la vie d'un policier face aux problèmes mutants. Bree réapparut ensuite, toute sourire, pour présenter la participante suivante, l'assistante du procureur.
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Ulysses Winford
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Mar 12 Mar - 20:39

Depuis qu’elle avait parlé, Wilhelmina Spen-Foster ne cessait de jeter des regards à Ulysses. En fait, jeter des regarde, c’était beaucoup dire : elle décalait de quelques millimètres les yeux pour sonder ceux du politicien qui, en retour, lui adressait un sourire réconfortant. Parce qu’il la connaissait. Il connaissait aussi le commissaire de police, l’assistante du procureur, Bree, vaguement le président de l’association, mais il suffisait de jeter un regard dans le carnet d’adresses d’Ulysses — certes surprotégé dans un téléphoné codé et recodé par les chercheurs de Winford Electrics puis les ingénieurs de l’Agence — pour se rendre que, de toute façon, il connaissait à peu près tout le monde sur cette côte des Etats-Unis, en tout cas tous les gens qui avaient de près ou de loin un rapport avec la politique, l’armée, la mode, la musique, […], la géographie, les langues orientales, les services sociaux, […], la peinture, l’aéronautique, l’armement, […] et la voile.

Donc, il essayait de rassurer son amie Wilhelmina, avec qu’il avait rédigé quelques rapports pour la Commission Sénatoriale sur les Renseignements, à propos des flux migratoires du Moyen-Orient et des cellules terroristes déjà implantées sur le territoire américain. Le problème, c’était que si on ne faisait pas plus pro-mutants que Wilhelmina, la respectable professeure était beaucoup plus à l’aise devant son ordinateur à rédiger un livre que devant une assemblée potentiellement houleuse et malgré son air rassurant, Ulysses savait pertinemment que son amie n’avait guère remporté l’adhésion de la salle.

De Jon Rockwell, il était moins proche. Il l’avait croisé de temps à autre, dans des événements plus ou moins mondains : le bal de la police, les dîners de charité de l’association des orphelins de la police de New York (dont les Winford étaient de très généreux bienfaiteurs), quelques campagnes électorales. C’était un homme respectable à tout point de vue, de ce qu’il avait pu en juger, et qui se débattait quotidiennement avec une hiérarchie parfois beaucoup plus préoccupée par l’avancement et les taux de résolution des affaires que par l’efficacité réelle des forces de l’ordre au sein de la société.

Et respectable, c’était bien une chose qu’aux yeux d’Ulysses Carol O’Ryan n’était pas. Elle avait une trentaine d’années et, vraisemblablement, une carrière brillante devant elle. Sans doute sa popularité au sein du système judiciaire tenait-elle beaucoup plus à son intelligence qu’à ses charmes et on ne pouvait certes pas lui ôter le mérite d’un esprit bien fait et bien rempli. Mais pour Ulysses, O’Ryan était beaucoup trop carriériste pour être entièrement honnête et pour être élue juge, le jeune homme ne croyait qu’il y eût beaucoup d’arrangements devant lesquels elle reculât.

Sa présence à cette réunion lui parut d’abord inexplicable et, quand son regard croisa celui de Jon, et qu’il lut dans les yeux du policier une certaine perplexité, il comprit que sa méfiance était partagée. Le jeune homme haussa les épaules pour indiquer qu’il n’avait aucune explication, puis reporta son attention sur O’Ryan tandis que Jon, lui, se mettait à observer d’un air fort songeur Salem, qui continuait à se tortiller à côté de lui — Ulysses regrettait de ne pas avoir une injection de morphine à lui faire, pour calmer un peu son agitation.

Mais bientôt, l’épineuse question de la présence d’O’Ryan l’occupa complètement. À sa connaissance, la femme n’avait jamais porté un très grand intérêt aux questions mutantes, parce que ce n’était pas un problème très populaire et que, lorsque l’on cherchait à devenir juge, l’on préférait souvent adopter les positions les plus consensuelles possibles et s’en prendre uniquement à ceux que personne ne viendrait plaindre, les meurtriers et les drogués, principalement.

D’ailleurs, le discours d’O’Ryan était profondément inintéressant, simple succession de formules sans contenu précis, faites pour ne fâcher personne. Même, l’assistante-procureur les délivrait d’un ton peu engageant, comme une affaire qu’elle expédiait avant de se livrer à des tâches plus importantes et en l’écoutant, le mystère, pour Ulysses, s’épaississait. Si elle n’était pas venue pour se donner le beau rôle en public, que diable venait-elle faire là ? Le jeune homme se pencha vers Bree, assise juste devant eux en attendant de pouvoir présenter le non moins mystérieux cinquième intervenant.

Tout bas il murmura :


— Bree ?
— Ah, salut Lys. Ça va ? C’est intéressant ?
— Très. Dis moi, O’Ryan, qui l’a invitée ?


La jeune femme fit un signe de tête vers le président de l’association qui, à sa place, paraissait sur le point de s’endormir.

— Sam.
— Ils se connaissent ?
— J’crois pas.
— Hmm…


Ulysses ressortit son téléphone et tapota :

Ulysses a écrit:
[Destinataire : Adam] O’Ryan est là.

Adam a écrit:
[Destinataire : Ulysses] L’AP ?

Ulysses a écrit:
[Destinataire : Adam] Oui.

Adam a écrit:
[Destinataire : Ulysses] Qui d’autre ?

Ulysses a écrit:
[Destinataire : Adam] Spen-Foster, Sam, Rockwell et un type que je connais pas. Quentin Quire.

Adam a écrit:
[Destinataire : Ulysses] Quentin est de l’Institut. C’est un type bien. O’Ryan est là pour Rockwell.

Ulysses reposa les yeux sur Jon, qui regardait Salem. Le jeune homme se pencha vers son voisin pendant que Carol achevait son discours avec quelques fleurs de rhétorique et que Bree se levait pour aller présenter le dernier orateur.

— Tu le connais, Jon ?

Si Adam avait raison, alors Carol était là pour faire pression sur Jon afin qu’il intensifiât ses arrestations de drogués dans son district : rien de tel pour faire gonfler le taux de résolution du parquet comme des commissariat et c’était toujours beaucoup plus facile que de remonter les réseaux du trafic. Bien sûr, cela n’avait aucun impact sur la consommation de drogue, mais quelle importance ? Comme souvent, la petite réunion de militants idéalistes était l’occasion pour d’autres de se rencontrer loin des feux des caméras.
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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Ven 15 Mar - 13:53


    Le discours du commissaire Rockwell était plutôt encourageant lui aussi. Même en savant que la plupart des personnes présentes étaient en faveur des mutants, Quentin fut plutôt surpris d’entendre des paroles aussi objectives sur la situation mutante, adieu ses aprioris. Bon, peut-être pas, c’était une situation particulière et si le Professeur Xavier avait appris à ses élèves de ne pas faire une généralité des mauvais éléments, les étudiants avaient souvent découvert que l’inverse était également valable. Tout le monde n’est pas méchant, mais tout le monde n’est pas gentil non plus. En simplifiant le raisonnement bien sûr. Pour revenir aux paroles du commissaire, Quentin aimerait bien y revenir par la suite en lui posant quelques questions lors de la « discussion » en tout cas s’il en trouvait l’occasion.
    L’intervenante suivante en revanche ne lui inspirait pas vraiment confiance. Elle semblait être la parfaite représentation de ce que l’on retrouve dans les médias : un visage avenant suivis de paroles passe partout qui rendent tout le monde content tout en ouvrant les débats, mais sans vraiment rien faire avancer. Avec amertume, le télépathe pensa que cette femme avait certainement ses chances dans une carrière politique. Face à une telle personne, Quentin avait un mal fou à résister à l’envie d’user de sa télépathie pour tirer le fin mot de l’histoire. Mais il ne le fera pas, ce serait trop contraire à ce qu’il essaie de faire en venant ici, non pas qu’il y ait vraiment besoin de lui apparemment pour trouver de bons défenseurs de la cause mutante, mais il fallait essayer de mettre un peu d’éclat sur l’institut Xavier. Tout le monde avait son agenda ici, tel était celui de Quentin : présenter l’institut au reste du monde. Le manoir avait encore beaucoup trop un rôle de « coquille », renfermé, secret, à l’écart du monde alors que son but final était l’inverse. Le télépathe était donc venu pour créer une ouverture en passant par l’aspect sécuritaire. Un rapprochement qui n’était pas très difficile à faire, d’autant que d’après ce qu’il savait, l’institut avait toujours brillé de ce côté… Sauf lors d’attaques venant de l’extérieurs (mutants comme humains)… et sauf lorsque les programmes d’entraînement déraillaient… Mais le nombre de mort étant nul ou presque, il pourrait se permettre de passer à côté de ces incidents isolés…
    Lorsque l’assistante du procureur termina son discours inutile (il fallait le dire), Bree se releva pour présenter le dernier intervenant : lui.

    – Et maintenant nous allons entendre un professeur de littérature qui enseigne à l’institut Xavier, un établissement spécialisé dans l’éducation des mutants. Monsieur Quire va donc nous exposer la façon dont la sécurité y est mise en place.

    Quentin sourit en lui-même lorsqu’il entendit son amie préciser ce qu’était l’institut. Une information purement inutile car la plupart des personnes présentes ici, pour ne pas dire toutes, s’y connaissaient suffisamment en mutants pour savoir à quoi cette école faisait référence. Faisant abstraction aux quelques murmures qu’il croyait percevoir, le professeur commença son discours.

    D’abord il commença par préciser que d’un point de vue matériel, la sécurité au sein de l’école était gérée de la même façon que dans n’importe quelle école, à ceci prêt que tout le personnel était entraîné pour contenir un mutant ne contrôlant pas ses pouvoirs. La sécurité, par rapport à ces mutants dont les pouvoirs sont dits potentiellement dangereux » se base sur l’auto discipline des étudiants qui ont pour tâche d’améliorer leur contrôle. A cette fin, l’école a dû mettre à disposition des espaces appropriés pour permettre aux mutants d’utiliser leurs pouvoirs en toute sécurité aussi bien pour eux-mêmes que pour les autres, ils doivent également s’habituer à gérer les pertes de contrôles qui, en dépit de tout entraînement, seront toujours plus ou moins possibles, il faut donc les responsabiliser suffisamment pour leur apprendre à gérer ces crises sans accident. La sûreté des élèves est également assurée par les attentes de l’établissement. Dans toute école ou lycée, les adolescents humains ou mutants sont parfois exposés à des situations violentes, il est donc impensable d’avoir une institution dédiée aux mutants sans prévoir autant d’incident, voire peut-être plus car certains élèves ont subis divers trauma de par leur passé souvent violent. Pour cela l’un des premiers objectifs de l’école est d’aider l’élève à accepter sa condition et à se sentir accepté, au moins dans l’enceinte de l’établissement pour commencer, puis à l’extérieur. Ces simples mesures – pas toujours aisées à appliquer – retirent un poids énorme du stress ressenti par les adolescents.
    Par la suite Quentin expliqua qu’il était important de maintenir une communication saine entre les jeunes mutants et les professeurs et de s’assurer de la santé mentale des premiers car elle est déterminante. Il parla ensuite du système de tutorat qui était développé afin de renforcer ces liens et pour permettre aux tuteurs d’intervenir plus facilement auprès d’un élève lorsque celui-ci est en crise. Il termina en résumant que pour appliquer la sécurité de façon optimale au sein d’une communauté dotée de plusieurs mutants, il fallait que le personnel aient bien identifié les capacités mutantes de chacun, il fallait qu’il en soit de même pour les concernés avec leur propres pouvoirs, assurer un environnement psychologique sain qui prend en compte aussi bien la condition de l’adolescence que la condition de mutant. Il finit par rappeler que pour un nouveau mutant, il y a deux grands dangers : le monde et lui-même mais comme bien souvent, ces dangers ne sont là qu’à cause d’un manque d’information, d’une peur naturelle de l’inconnu. C’est pour cela qu’il faut prendre en compte l’importance des médias et de la communication en règle générale.

    19 minutes et 23 secondes pour expliquer tout cela. Et de façon pas trop diffuse pour quelqu’un qui n’avait pas réellement préparé de speech. Quentin avait simplement exposé les idées fondamentales de l’institut en les mettant en rapport avec le thème mais aussi avec les discours écoutés précédemment. Finalement on pourrait presque dire qu’il y avait eut un travail d’équipe avec Bree qui était responsable de sa dernière position pour le tour de parole. La militante rousse, plutôt satisfaite, se relever afin de passer à la suite.



[Juste pour prévenir: je ne pourrais sans doute pas rp avant lundi, dsl du contretemps ^^']
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Dim 17 Mar - 12:04

Salem essaya d'écouter le discours d'O'Ryan avec tout le calme et le sérieux dont il était capable, mais c'était difficile, d'abord parce que ses capacités en la matière étaient plutôt limitées, ensuite parce que regarder l'assistante du procureur impliquait d'avoir dans son champ de vision le commissaire de police qui n'arrêtait pas de lui jeter des coups d'œil. Ce type le mettait vraiment mal à l'aise, sans doute le regard de n'importe qui posé sur lui comme ça aurait fini par le perturber, surtout si le n'importe qui en question porte un uniforme, mais lui était particulièrement dérangeant. Le discours de la dame lui échappa donc en grande partie parce que Salem passait son temps à croiser les yeux de Jon, mais de toute façon, il paraît qu'il était nul.

Alors qu'il tentait une nouvelle fois de faire semblant d'être passionné par le discours qu'il n'écoutait pas dO'Ryan, Ulysses se pencha vers lui. Il lui répondit presque instantanément.

« Non ! »

Puis, parce que sa propre réaction lui semblait un peu louche, même si c'était la vérité, il compléta après un haussement d'épaules.

« Je lui ai parlé pendant quarante-sept secondes trente-deux, il y a dix jours, je crois qu'il m'a pris pour un drogué. 'Fin, ça expliquerait pourquoi il me mate comme ça, à tous les coups c'est les tatouages. »

Le racisme anti-tatouages, on en parle pas assez, Salem avait bien remarqué que les policiers contrôlaient plus souvent ses papiers que ceux de ses petits camarades à la peau immaculée comme au jour de leur naissance. En plus Jon lui avait posé la question pendant leur très courte conversation, et le fait qu'il tenait à ce moment-là des propos un peu décousus et le regardait fixement avec les pupilles dilatés n'avait sans doute rien à voir, c'était les tatouages. Après un instant à faire comme si le sujet ne l'intéressait pas, il demanda, l'air de rien.

« Et toi ? »

Bree fit son petit retour, et ce fut au tour du Quentin Quire de parler. Par chance, Jon faisait un peu moins attention à lui pour se concentrer sur sa voisine et il le soupçonnait même d'avoir envoyé un ou deux sms pendant que la présentatrice parlait, mauvaise graine, un peu comme lui en cours. Salem écouta donc plus sagement le dernier discours, qui, s'il connaissait assez bien l'Institut, restait très intéressant. Comme quelque mois plus tôt quand il avait apprit l'existence de cette école, Salem ne put s'empêcher de songer rêveusement que s'il avait pu connaître un endroit comme ça, son adolescence aurait été un peu plus simple. Il était rassurant de voir que ce professeur semblait très préoccupé par le bien-être et la sécurité des jeunes mutants dont il avait la charge, ces choses-là devaient être très complexes à gérer dans la pratique.

Retour de la pétulante demoiselle qui cette fois-ci annonça le lancement des hostilités le début des discussions entre les participants. Les choses commencèrent gentiment, mais assez vite le ton monta entre les participants qui, s'ils étaient tous plus ou moins pour la cause mutante, avait tout de même pas mal de petits points de divergences. Cependant, Salem ne comprit pas tout, parce que la sécurité, les mutants et tout ça ce n'était quand même pas trop son domaine (l'auteur n'a aucune responsabilité là-dedans, c'est la faute du personnage). Il se contenta donc d'observer le débat en admirant comment chacun défendait sa position.

[Bon, c'était un peu nul, mais la discussion je la sentais vraiment pas ]
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Ulysses Winford
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Dim 17 Mar - 12:43

— Un peu…

Il connaissait un peu Jon, pas assez à son goût, un peu Carol, beaucoup trop à son goût. Entre Jon qui connaissait Salem, qui connaissait Adam, qui connaissait Quentin, qui connaissait Bree, qui connaissait Ulysses, qui connaissait (presque) tout le monde, il y avait quelque chose d’un peu décourageant — parce que, de toute évidence, les personnes préoccupées par le bien-être de la cause mutante ne formaient pas une population très nombreuse et qu’il y en avait dans le tas qui étaient là pour tout autre chose. Accessoirement, Ulysses commençait qu’il y avait décidément dans sa vie beaucoup de coïncidences — pour un peu, il allait finir par s’imaginer qu’il était le personnage d’une histoire étrangement ficelée.

Allons donc.

Le jeune homme se força à chasser ces réflexions de son esprit pour se concentrer sur l’intervention de Quentin Quire, qu’il ne connaissait pas (pour une fois), qui était un chic type (lui avait-on dit) et qui venait de l’Institut. Pendant longtemps, l’Institut avait été pour Ulysses l’espace de donjon infernal dans lequel l’amour de sa vie était parti s’enfermer pour ne plus jamais le revoir mais si, en toute bonne fois, Adam avait vécu pendant des mois hors de l’Institut après leur rupture. Et puis, le temps aidant, la raison aussi, il s’était contenté d’éprouver pour l’endroit une espèce de vague curiosité, sans jamais avoir trouvé l’occasion ni le temps de s’en soucier.

Du reste, il n’avait pas grand chose à y faire, parce qu’il était humain. Certes, sa présence distrayait une partie de la salle beaucoup plus occupée à imaginer tout ce qu’elle pouvait faire avec un beau morceau comme ça qu’à écouter les arguments des intervenants successifs ; certes, après l’avoir vu passé, Jacques, dit Jacquot le Macho, le gros biker au dernier rang, s’était brutalement découvert des passions homosexuelles qui ruinaient entièrement une identité patiemment construite et certes, tout cela n’allait pas tarder à prendre un tour un peu dramatique — suspens — mais enfin, il était humain.

Allons donc.

Ce qu’il entendit le rassura un peu. Oui, parce que connaissant Adam, il s’était demandé si l’Asiatique un brin austère n’avait pas choisi pour refuge une espèce de monastère ascétique où les gens s’entrainaient jour et nuit. Apprendre que l’Institut ressemblait beaucoup plus à centre social de tout premier plan qu’à un repaire de ninjas assassins aux desseins douteux était un soulagement. À cela s’ajoutaient des réflexions plus professionnelles : Quentin s’exprimait bien, il présentait bien, il était en effet un chic type. Avec un petit coup de pouce, il pouvait devenir un représentant efficace pour la communauté mutante.

Pendant qu’Ulysses élaborait machinalement la future carrière politique de Quentin dans un coin de son cerveau (on ne se refait pas), la discussion commençait. Carol, qui avait bien sondé la salle, une fois le débat échauffé, crut que le moment était venu pour attaquer Spen-Foster, une cible facile dont la défaite assurée, dans un échange brûlant, lui attirerait sans aucun doute la sympathie de l’assistance. Cuisante erreur : Spen-Foster se défendait et elle le faisait très bien.

Singulièrement, elle donnait le menu des condamnations douteuses prononcées par les tribunaux new-yorkais à l’égard des mutants, soulignant que la marge de manœuvre était entièrement laissée à l’appréciation des juges et que l’absence de définitions fines était la porte ouverte à la tyrannique. Carol tenta de tourner les arguments de la professeure en la présentant comme une partisane du fichage des mutants, à quoi Spen-Foster répliqua que, de toute évidence, donner la définition d’une catégorie générale n’était pas décrire tous les individus et qu’il y avait dans la loi une catégorie « crime haineux » sans qu’il fût nécessaire de recenser tous les néo-Nazis des Etats-Unis.

Sur ce, Jon sauta sur l’occasion pour souligner qu’en l’absence d’appréhension globale du phénomène, on ne pourrait pas élaborer de programmes de formation pour les policiers et les échauffourées continueraient à s’aggraver. Au milieu de tout cela, Sam, le président de l’association, était tout à fait perdu et ne cessait de lancer à Bree des regards de détresse, pour qu’elle ouvrît la discussion à la salle. La jeune femme bondit finalement sur ses pieds, s’empara du microphone, coupant un intervenant en plein discours avec un sourire d’excuses et se retourna vers le public pour ouvrir le débat aux questions.

Les questions fusèrent, les débats reprirent. Jusqu’à ce qu’une vieille dame très, très musclée, levât la main et interrogea d’une voix très, très virile :


— Mais n’est-ce pas aux représentants du peuple, plutôt qu’à la justice ou à la police, d’élaborer des lois ? N’est-ce pas comme cela que doit fonctionner une démocratie ?

Trop heureuse d’être lancée sur un terrain politique, Carol s’empara du microphone de la table et avec une perfidie consommée répondit :

— Hélas, Madame, les politiques ne semblent pas éprouver un intérêt très vif pour la cause mutante. Tenez, même les plus libéraux, comme Martha Orckmann, relèguent cette question aux oubliettes, au profit de débats plus populaires et moins engageants. Mais Ulysses ici présent répondrait à cela bien mieux que moi.

Elle avait fait un signe de tête vers le premier rang. Sans laisser à vrai dire au jeune homme le temps de répondre, elle compléta.

— Mais on ne gagne pas des voix en étant courageux…

Ulysses esquissa un sourire amusé — parce que, vraiment, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité, et il allait répondre comme Bree lui tendait le micro, quand une voix forte s’éleva du fond de la salle.

— Laissez-le tranquille !

Tout le monde se retourna pour apercevoir le chevaleresque défenseur d’un Ulysses opprimé et tout le monde pût reconnaître Jacquot le Macho, qui avait l’air très remonté. Ulysses murmura :

— …oh non, pas encore…

Oui, parce que, voyez-vous, les gens avaient une curieuse tendance à se battre pour ses beaux yeux. C’était inexplicable, mais il n’était pas rare que certaines discussions un peu vives dégénérassent parce qu’on voulait le protéger de ceci ou de cela. Déjà, de l’autre côté de la salle, des cris fusaient :

— Laissez la finir.
— Elle a raison !
— Mais non, il n’a rien fait !
— Tous pourris !
— Vive la révolution !
— C’est un salaud, comme les autres.
— Mais enfin, regardez le.
— En plus, il est pédé. J’l’ai lu dans un magazine.


Une chaise vola à travers la salle, lancée par Jacquot le Macho sur cet imprudent homophobe. La chaise s’écrasa contre le mur. Il y eut un petit silence interdit.

Jusqu’à ce que quelqu’un commençât à assommer les gens avec ses tentacules.

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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Mar 19 Mar - 15:39


    La discussion s’avéra être en fait un terrain miné sur lequel les personnes réunies pour discuter s’échangeaient joyeusement diverses grenades de répartie. Quentin n’avait pas vu cela depuis la fois où Siobhan s’était lancée dans un débat avec le Professeur, mais il s’empêcha de replonger dans ces doux souvenirs pour se concentrer sur la situation, d’abord parce qu’il était censé participé et que Bree l’étoufferait sous une tonne de reproches s’il osait s’effacer, mais aussi parce que mine de rien, ce genre d’échange en disait long sur ses participants. Ainsi il vit Spen-Foster sous un jour plus clair et l’assistante du procureur lui semblait être là uniquement pour décocher des flèches à tout le monde, le mutant voyait, à la façon dont elle le regardait lorsqu’elle criblait la table avec ses yeux perçants, qu’il n’allait pas tarder à être sa cible. Raisons politiques ou simple manque d’adrénaline, impossible de le dire, pour l’instant Quentin se contenta de rester simple observateur, son regard qui n’avait rien à envier à celui de Carol.

    Voyant que tout cela manquait de cohérence, Bree ne tarda pas à prendre les rennes afin de calmer les ardeurs des intervenants et de créer un point de départ précis qui pourrait mener vers une conversation constructive. Mais c’était sans compter sur les réflexes manuels de Carol qui s’empara du micro pour, non pas répondre, mais répandre un venin de zizanie. Dans une autre vie, cette femme devait avoir inventé le concept de propagande. Pour commencer, elle ne répondit point vraiment à la question posée, ensuite elle se permit même d’attaquer un jeune homme qui ne faisait pas partie des personnes assises à table. Etant relativement extérieur à ce cercle de personne politiquement actives, Quentin ne connaissait pas cet homme, ce qui ne l’empêcha pas de le dévisager sans raison apparente.

    Le dénommé Ulysses se trouvait être un jeune homme au physique extrêmement avantageux et dont les traits étaient parfaitement bien tracés, on dirait la représentation humaine d’une œuvre d’art, et cela d’un point de vue aussi objectif que celui du télépathe. Ce dernier pouvait parfaitement comprendre qu’on puisse trouver Ulysse attirant, cependant il y avait quelque chose d’autre chez ce garçon, quelque chose que Quentin ne pouvait expliquer, mais qui l’intriguait et le poussait à essayer d’en comprendre la source. Dans une certaine mesure, cela lui rappelait les effets des pouvoirs de Siobhan… Le mutant fut violemment tiré de ses pensées par l’intervention virulente d’un spectateur qui semblait décidé à défendre à tout prix Ulysses l’opprimé (alors que ce dernier ne semblait pas souffrir le moins du monde). Et telle une étincelle dans un lit d’essence, ce cri marqua le départ d’une fusillade de répliques toutes plus inutiles les unes que les autres et bien sûr, aucune ou presque n’avait pour but de calmer la situation. Ce fut bien le contraire. Avant même que Bree, pourtant habituée, puisse réagir, on en était venu à la violence à coup de chaise lancée et de tentacules déployés. Au départ, l’assistance demeura interdite, tout cela avait commencé beaucoup trop abruptement, sans véritable raison, aussi personne n’y était préparé. Quentin lui-même, pourtant entraîné à réagir à ce genre de crise, eut un moment d’hésitation.

    Le mutant qui attaquait les gens à coups de tentacules n’était autre que la cible de la chaise volante envoyé par le Protecteur d’Ulysses. D’un simple coup d’œil, Quentin put voir que cette personne avait perdu le contrôle de ses émotions et était entrée dans une frénésie agressive. Il fallait calmer le jeu avant que les coups tentaculaires ne provoquent de graves blessures. Après son petit diagnostique, Quentin se leva d’un bond, il fut le premier à table à réagir. L’enseignant se précipita sur le micro tenu par l’assistante du procureur, s’en empara sans sommation et déclara avec une voix puissante et contrôlée :

    – Que tout le monde évacue la salle le temps que la situation soit gérée.

    Car elle allait se calmer, il y croyait. Après tout ce mutant était vraisemblablement venu avec des intentions pacifiques. En tout cas le télépathe l’espèrerait car il aurait du mal à neutraliser un tel mutant à lui seul. Quentin lâcha le micro, jeta un regard à Bree qui avait compris et commença à prendre les rennes de l’évacuation, tous deux avaient longuement discuté de la façon dont il faudrait réagir dans l’éventualité d’un tel incident. Il se dépêcha ensuite d’aller à l’encontre du mutant à tentacules, slalomant entre les personnes qui bougeaient dans tous les sens, il concentrait son esprit sur cet homme afin, d’une, d’essayer d’élaborer une stratégie, de deux, pour ne pas laisser sa télépathie emportée par le flot de panique psychique qui venait d’envahir les lieux. Sur son chemin, il vit le lanceur de chaise courir en direction d’Ulysses, mais il n’y accorda pas plus d’importance, sa priorité était de gérer la crise « mutante ». Pas question que cet accident se transforme en catastrophe et n’entache la réputation d’une politique pro mutante qui s’avérait plus prometteuse qu’il ne l’aurait cru avant de venir ici.

    Quentin resta à quelques mètres du mutant, hors de portée de ses tentacules. Il lui tournait le dos et frappait les jambes de la dame musclée qui avait posé la première question ouverte. Utilisant sa télépathie, il lui lança :

    * HEY! On se calme maintenant avant d'empirer les choses!*

    Son interlocuteur semblait vraiment hors de lui, mais avec un peu de chance, ce bruit fort désagréable pour un non habitué de la télépathie allait le calmer un peu ou au moins attirer son attention. Quentin remarqua que ses tentacules du nombre de six, étaient situés au niveau de ses omoplates et avaient déchirés ses vêtements. Le mutant semblait avoir la trentaine, peut-être un peu moins, ce qui pouvait être à la fois un bon et un mauvais signe. Il pourrait avoir une certaine maîtrise de son pouvoir et les choses devraient se calmer. Mais ça pourrait aussi dire qu’il agissait de manière volontaire…

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Sam 30 Mar - 16:31

Salem aurait pourtant juré que tout le monde était plus ou moins d'accord, ou du moins allait dans le même sens, avec leurs discours respectifs, pourtant dès que les discussions commencèrent chacun se mit à pilonner son voisin. Enfin, c'était surtout l'assistante du procureur qui avait donné le ton tout de suite en attaquant Spen-Foster, lui permettant ainsi de donner quelques éclaircissements bienvenus sur son discours précédent. Finalement, elle ne prenait peut-être pas les mutants pour des dangers publics. Le reste du débat devint de moins en moins à sa portée, jusqu'à ce que la discussion soit ouverte au public et que les choses commencèrent à devenir incontrôlables.

Tout ce passa très vite, d'abord cette Carol se mit à parler à Ulysses comme si elle était chez elle, Salem haussa un sourcil et regarda son voisin, il devait avouer qu'il avait d'abord eu une petite angoisse et croyant que c'était lui qu'elle regardait – le commissaire de police l'avait rendu un tantinet parano – mais même sans ça, c'était tout de même étrange d'apostropher un membre du public. Cette tentative théâtrale de désarçonner le parti démocrate fut coupée court quand un biker dans le fond, sans doute sous doute sous overdose de Redbull pour ne pas citer de substances moins légales, et vraisemblablement responsable d'une partie de la mauvaise réputation des tatoués dans la société, se leva et se mit à hurler.

« Ah, c'est un de tes prétendants ? Garde Ivan, il est moins impulsif. »

L'air las d'Ulysses laissait supposé à l'adolescent que le biker le harcelait sans doute, ce qui n'était pas inconcevable vu le physique avantageux du secrétaire de presse. Il n'eut cependant pas le temps de parler amour, puisque l'instant suivant, une chaise traversa la salle, et que l'homophobe aux tentacules se mit à gifler violemment tous ceux qui se trouvaient à portée. Il semblait avoir totalement perdu la tête, rien de surprenant, les homophobes sont des êtres fragiles qu'un simple couples de garçons se tenant la main peut perturber, alors une chaise volante, imaginez les dégâts. Alors que tous les gens censés tentaient de gagner les sorties ou, celles-ci étant embouteillées, de s'éloigner au maximum, Salem, lui, s'approcha de l'individu en furie. Bien sûr, il n'était pas stupide et garda avec le tentaculeux une distance de sécurité raisonnable d'un mètre 282, ce qui faisait tout de même qu'il se retrouva le plus près de tous, mais le fait de pouvoir évaluer avec exactitude la portée des tentacules et d'anticiper en partie leurs mouvements aidaient beaucoup.

C'est d'ailleurs pour ça qu'il s'était approché, il était plus apte à esquiver les tentacules le temps que l'homme se calme, et il valait mieux que ce type s'intéresse à lui qu'à la pauvre vieille dame recroquevillée sur le sol.

« Hey ! Calme toi ! »

Bon, la vérité c'est que Salem n'avait pas du tout de plans – Adam s'interrompit dans la lecture d'un document important en ayant la très forte impression que son fiancé faisait encore des conneries – mais, sûrement, s'il restait calme, l'autre finirait par se calmer aussi. Sûrement, oui. L'autre justement, se tourna vers lui, prêt à discuter. Sûrement.

« C'est toi qui a fait ça ? »
« Qui t'ai parlé ? Oui. »
« J'te permet pas de rentrer dans ma tête ! »
« Hein ? »

Salem lui jeta un regard d'incompréhension, d'accord, ce type entendait des voix, il était peut-être plus incontrôlable qu'il ne l'avait cru. L'adolescent recula tandis que la distance de sécurité se réduisait rapidement, il n'y avait plus grand monde dans la salle, à part le professeur de littérature de l'Institut – qui devait être habitué aux mutants fous furieux, il aurait dû le laisser passer devant – et une poignée de badaud à bonne distance. Alors que Salem s'était prudemment replié de son côté, une main autoritaire se posa sur son épaule, il regarda avec des yeux ronds le commissaire de police. C'est drôle tout de même, sa tête avait comme un air de… il n'aurait su dire, mais il y avait quelque chose de troublant. Enfin, pour le moment il était surtout furieux.

« Qu'est-ce que tu fais encore là, petit ? On vous a dit d'évacuer la salle, c'est dangereux ! »
« Mais il s'en prenait à une pauvre vieille ! J'essayais de faire diversion… Enfin, désolé, je vais retrouver Ulysses… »

Retrouver Ulysses, sa réplique lui fit comme un déclic, certes, Salem avait seulement voulu dire qu'il comptait le rejoindre, et il avait donné son nom puisqu'il Ulysses lui-même avait dis qu'ils se connaissaient, mais il y avait autre chose. En un instant Salem ramena à lui Ulysses et ses mensurations parfaites, puis la chaise, les tentacules, la panique, et Jacquot le barjot se précipitant dans le tumulte de la foule pour aller protéger l'ange de tous ces gens bruyants et agressifs, et probablement l'enfermer dans un placard où il sera en parfaite sécurité jusqu'à ce qu'il meurt de déshydratation.

« Le biker a emmené Ulysses. »
« Quoi ? C'est pas vrai…»

Machinalement, Jon regarda du côté des places où était précédemment assis l'éphèbe, mais il n'y avait plus rien à y voir, Salem profita de cet instant d'inattention pour se défaire prestement de son emprise et filer vers la sortie.

« J'vais l'aider ! »
« Non, att… ! »

Trop tard, Salem avait laissé derrière lui le professeur, le flic et le tentaculeux, il ne lui fallut cependant pas partir bien loin pour retrouver son camarade. Il y avait foule dans le couloir, et le biker s'était fait intercepter dans sa tentative de kidnapping par d'autre amoureux d'Ulysses, à moins que ce soit des gens qui veuillent le massacrer, le chahut était tel qu'il été difficile de le déterminer. Certains s'en prenaient au biker, d'autre essayaient de connaître la position d'Orckmann vis-à-vis des mutants, d'autre parlaient de l'actualité people, et puis il y en avait encore le même ahuris qui gueulait vive la révolution. Salem se fraya laborieusement un chemin.

« Mais laissez-le, bon sang ! Ulysses, ça va ? »
« Police ! Que tout le monde se calme, écartez-vous ! »

Jon était de retour avec le professeur – en admettant qu'il ne soit pas resté tout seul dans la salle – son autorité n'eut d'effet que sur les plus raisonnables du lot, Jacquot restait accroché à l'éphèbe, provoquant la colère de certains qui continuaient à se presser autour de lui, le commissaire excédé se mit à appréhender manu militari chacun d'entre eux pour pouvoir sortir Ulysses de là.
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Ulysses Winford
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Sam 30 Mar - 17:29

— Mais vous allez me lâcher, oui ?
— Mais c’est pour te protéger, mon amour.
— Pardon ?
— Tu m’as ouvert les yeux.
— Ah. Eh bien, refermez-les, j’ai déjà quelqu’un.
— Pas grave. Je la tuerai.
— C’est un garçon.
— Ça change rien. Je le tuerai.


Ulysses se sentait un peu puéril à tambouriner sur le dos massif de Jacquot le Macho tandis que Quentin, Jon et Salem tentaient (sans grand succès, soit dit sans vouloir être désobligeant) de ramener le calme parmi la tumultueuse assemblée aux génomes bigarrés qui avait entrepris de démolir méthodiquement le mobilier patiemment loué et agencé par Bree pour l’occasion, tandis que Carol observait le résultat de ses manigances d’un air paisible, sous l’œil soupçonneux de Spen-Foster.

— Au moins, lâchez-moi.
— Tu promets de ne pas t’enfuir ?
— C’est ça, je promets.


Jacquot déposa au sol son précieux fardeau furibond et vexé, mais l’empoigna aussitôt par le bras pour le traîner vigoureusement dans le couloir, sourd aux protestations renouvelées d’un Ulysses qui se tordait le cou pour tenter d’apercevoir comment Salem s’en sortait dans la salle voisine. Mais les mutants commençaient à affluer et, toujours sous l’emprise de son ravisseur, le politicien ne parvenait pas à voir grand-chose. Il tenta vainement de se dégager, ce qui n’eût pour effet que de resserrer l’emprise de Jacquot.

— Vous me faites mal.
— C’est pour ton bien.
— Hé, regardez, c’est Winford.
— Vive la révolution !
— Avec Jacquot.
— À mort les bourgeois !
— Je rêve où il est en train de l’enlever ?
— Ah, ça ira, ça ira, les aristo…
— Mais ta gueule !


Une petite troupe ne tarda guère à se former autour de l’étrange duo pendant que Quentin, Salem et Jon se débattaient avec le poulpe sous hormones de croissance. Ulysses accueillit cette excellente diversion avec reconnaissance et s’employa à répondre à moitié aux questions qu’on lui posait, à se plaindre de Jacquot et à souligner le danger sans doute imminent de l’arrivée des forces de l’ordre pour faire monter la mayonnaise du chaos, dans l’espoir que son kidnappeur se mit à paniquer et le laissât s’enfuir.

Hélas, Jacquot était imperturbable, vraisemblablement parce qu’il était déjà très perturbé, et malgré la cacophonie ambiante, il refusait fermement de relâcher son étreinte. Ulysses tourna un regard plein d’espoir vers le trio hétéroclite de justiciers qui émergeait à son tour de la salle, laissant une pieuvre tristement désoeuvrée seule avec ses chaises, Spen-Foster qui attendait que le tout se tassât et Carol qui rédigeait quelques messages sur son téléphone.

La question de Salem fut accueillie par un regard irrité d’Ulysses, qui de toute évidence, non, n’allait pas très bien. Mais ce fut surtout l’arrivée de Jon qui retint l’attention de la population. Des murmures s’élevèrent dans les rangs.


— La police !
— C’est la police !
— L’État opprime et la loi tricheeuh…
— Ils vont nous arrêter.
— L’impôt saigne le malheureeux…
— Poussez-vous, vers la sortie, allez.
— Nul devoir ne s’impose au richeeuh…
— Mais non, restez calme, c’est le comiss…
— Le droit du pauvre est un mot creux !
— Et Ulysses ? Qu’est-ce qu’on fait d’Ulysses ?
— C’est assez languir en tutelle !
— On s’en fout d’Ulysses, j’veux pas finir en taule.
— L’égalité veut d’autres lois !
— Vous savez ce que la police fait aux mutants ?
— Pas de droit sans devoir dit-elle…
— Ils les vaccinent.
— Ils les font disparaître.
— Ils les tuent.
— Égaux, pas de devoir sans droit !
— N’importe quoi, c’est des histoires, tout ça.
— C’eeeeessst la luuutteeeeuh fiiiinaaaale…
— Mais ta gueule !


Avec tout cela, Ulysses n’était pas beaucoup plus avancé. Il le fut d’autant moins que Jacquot défonça brusquement un mur d’un coup de pied surhumain et, quand le fracas et la poussière se furent dissipés, beugla à la ronde :

— J’retournerai pas en taule ! Plutôt crever avec Ulysses.
— Oui, enfin, si on pouvait évit…


Le contact froid du canon du revolver que Jacquot venait de poser contre sa tempe interrompit la vaine protestation du malheureux politicien. Aussi calmement que possible, Ulysses tenta de souligner la cruelle évidence :

— Écoutez, Jack, je suis très touché par votre euh… sollicitude. Mais vous devez comprendre que c’est une très mauvaise idée de m’enlever. Beaucoup de gens viendront à ma recherche. Des gens fort entrainés. Vous devriez…
— Silence, mon amour, tu ne comprends pas.
— Certes, néanmoins, si nous agissions tous avec un peu plus de pondération…
— RENTREZ PAS DANS MA TÊTE !


Une chaise vola à travers le couloir pour s’écraser sur la tête de Jacquot, à qui cela ne fit ni chaud ni froid. Toujours était-il que le mutant aux tentacules venait de sortir de la salle, par désoeuvrement sans aucun doute, et agitait maintenant ses très nombreux appendices en progressant dans le couloir, pas du tout calmé. Pendant que l’assistance médusée se retournait vers l’ambulante et vigoureuse méduse, Jacquot se faufila aussi subrepticement que sa considérable carrure le lui permettait par l’ouverture habilement pratiquée dans le mur dans la maison des associations, poussant sans ménagement l’amour de sa vie devant lui. Les risques sécuritaires posés par les mutants ? Quelle bonne blague !

***

Spoiler:
 
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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Mer 3 Avr - 11:10


    Le plan de Quentin ne fonctionna pas, mais alors pas du tout. Le fou furieux plein de tentacule, non content d’avoir le sang chaud était stupide car il s’en prit à un jeune homme qui avait eut le courage (la folie ?) de s’approcher pour essayer de calmer les ardeurs du mutant rebelle. L’X-man reconnu ce « héros » comme étant celui qui était assis à côté dudit Ulysses. En guise de récompense, l’homme aux tentacules s’en prit à lui comme si c’était le jeune homme qui venait d’utiliser la télépathie. Bon, on peut oublier la technique de la solidarité entre mutants, Quentin allait devoir passer au plan B… Il allait également devoir trouver un plan B… Tandis que le commissaire prit sur lui de s’occuper de la sécurité du garçon qui avait attiré l’attention du mutant calamar, Quentin s’avança vers ce dernier pour attirer son attention, sans télépathie cette fois.

    – Non, c’est moi, m’sieur !

    Pas de pouvoir psy histoire de ne pas le mettre dans une rage incontrôlable, mais il fallait mettre un peu de provocation dans ses propos pour bien détourner son attention du flic (qui n’hésiterait peut-être pas à utiliser son arme), du jeune homme innocent et de la vieille dame sans défense. De ce point de vue, son plan marcha plutôt bien, par contre il n’avait pas vraiment d’idée pour la suite.

    – J’ai dit, on entre pas dans ma tête !

    On le saura, pensa le télépathe avant de voir le mutant tentaculaire lever un de ses members avant le l’abattre sur Quentin. La cible parvint à rouler sur le côté pour éviter l’impact, bon il atterrit douloureusement sur une chaise, mais au moins il n’était pas assommé. Pendant ce temps là, le policier évacua le jeune homme. Une bonne chose, sauf qu’il restait la grand-mère qui avait du mal à se relever. Le regard du télépathe s’attarda trop sur elle car le mutant violent tourna la tête dans sa direction lui aussi avant de lever un tentacule en direction de la bonne femme. Sans réfléchir, car même les plus aguerris ne prennent pas toujours le temps de penser dans ces situation, Quentin se précipita entre la victime en devenir et la masse dangereuse. Seulement l’agresseur avait prévu son coup, à croire qu’il était entré volontairement dans cet état de violence, et au dernier moment, un autre tentacule frappa Quentin de nulle part. La force de l’impact, heureusement, ne cassa rien, mais elle propulsa le professeur à quelques mètres, faisait glisser son corps le long du sol sur une dizaine de mètres, le souffle coupé. Pensant avoir réglé le compte du télépathe, son agresseur se dirigea vers le couloir où s’étaient accumulés les spectateurs. Mantis, lui, se tourna pour se mettre sur le dos et récupérer de l’attaque, avec une amertume non négligeable dans la gorge, il repensa à la politique anti-arme des X-men…

    – Vous pouvez dire ce que vous voulez, Charles, je pense qu’on devrait toujours avoir une arme sur soi. Toujours…

    Tout aurait été tellement plus simple avec un bon pistolet, surtout qu’après tout ce temps passé à jouer aux soldats, on pouvait dire que Quentin s’avait mieux tirer que l’Américain moyen qui se procure une arme par simple paranoïa ou juste pour défendre son jardin… Il était sur le point d’envisager sérieusement une proposition à présenter à Ororo lorsqu’il se rappela qu’il était en pleine crise. Douloureusement, il parvint à se relever et à rejoindre la foule. Lorsqu’il rattrapa le mouvement, Quentin vit le fou furieux lancer des chaises à tout va. C’en était trop. Il était impossible de raisonner ce mutant, en tout cas dans son état. Il représentait clairement un danger pour tous ces gens et s’il l’avait compris, il savait que l’agent de police (peut-être plus au singulier) présent n’allait pas tarder à s’en rendre compte également. Si on voulait éviter l’exécution d’un mutant à l’occasion du débat, il fallait agir. L’enseignant n’osait même pas imaginer la réaction de Bree si une telle tragédie devait avoir lieu à son petit évènement. Après un rapide balayage visuel de son environnement, Quentin s’empara de l’objet qui pourrait le plus servir d’arme à savoir une chaise (histoire de rester dans le ton de la réunion) et s’approcha rapidement et discrètement – pas très nécessaire vu le vacarme ambiant – du dangereux mutant avant de l’assommer d’un grand coup de chaise derrière le crâne. Archaïque comme méthode, mais un grand classique, et puis il n’avait pas cogné au point d’ouvrir le crâne. L’effet fut immédiat et l’homme tomba comme une masse sur le sol, son corps inconscient rétracta automatiquement les tentacules dans un bruit de succion. Quentin mit un genou au sol prêt de lui pour vérifier son état. Puis, voyant qu’il « dormait » comme un bébé, il leva la tête pour chercher de quoi… Bingo.

    – Monsieur le Commissaire, pourriez-vous menotter cet homme ?

    Le professionnalisme qu’il venait d’utiliser pour s’exprimer était typiquement X-men, la formule polie en revanche était un poil plus personnelle. Sans attendre la réponse du policier, Quentin regarda les alentours pour examiner la situation, vu les propos qu’il entendait, il se croirait dans une manifestation étudiante improvisée, et croyez-le, il en avait vécu quelques unes. D’ailleurs, une des anciennes grandes militantes fit face à la foule pour hurler des consignes d’évacuation et de calme dans un mégaphone qu’elle semblait avoir sorti de nulle part, mais connaissant Bree, le télépathe ne prit même pas la peine de se poser la question. Voyant qu’elle avait prit l’initiative, Quentin la laissa faire et examina les personnes qui se trouvaient près de lui, le commissaire donc, le jeune homme qui s’était attiré les foudres de l’homme tentacule, plus loin, il pouvait voir les autres orateurs de la table ronde, dont l’assistante du procureur un peu à l’écart avec son téléphone portable, mais il semblait manquer quelqu’un. Quentin avait surtout cette impression lorsqu’il regardait le jeune homme de tout à l’heure… Puis ça lui vint à l’esprit ; Quentin avait associé ce garçon avec un autre qui avait attiré son attention et qui était sur le point de prendre la parole avant que la réunion ne dégénère. Sourcil froncé, il s'adressa à Salem:

    – Où est passé votre ami ? Ulysses, c’est ça ?

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Dim 7 Avr - 19:05

Salem était en plein milieu de la foule et quand la police, ou plutôt le policier, débarqua, il se fit joyeusement chahuter par tout le monde. La fille devant lui craignait que le commissaire sente son haleine parfumée au cannabis et recula, le poussant contre un grand type à la peau écailleuse. Puis le retour retentissant du tentaculeux et de ses chaises volantes n'arrangèrent pas les choses, bientôt tout le monde filait vers la sortie et il lui fallut pas mal d'efforts pour ne pas se faire entraîner avec. Heureusement, la présentatrice surgit soudain, armée d'un mégaphone, et régla avec professionnalisme l'évacuation. Alors qu'il se remettait de ses émotions à deux pas du Poulpy étalé par terre, le professeur de littérature, qui venait de l’assommer avec une chaise – c'est du costaud, les professeurs de l'Institut – lui parla d'Ulysses.

Ulysses ? Salem se redressa d'un coup et regarda la foule redevenue calme, puis le trou qu'elle cachait encore.

« Rah, c'est pas vrai, ça continue… »

Décidément, il fallait surveiller le blondin comme du lait sur le feu, quelle drôle de manie de se faire kidnapper toutes les deux secondes. Salem se dirigea rapidement vers le trou, talonné par le commissaire.

« Évacue avec les autres, petit, ce n'est pas à toi de… »
« Il est armé ! »

Salem venait d'apercevoir le kidnappeur en train de traverser le parking avec Ulysses, il s'empressa de passer par le trou. Le commissaire eut un geste pour le retenir, mais l'adolescent l’esquiva et fila, le laissant derrière, à rager. Il regarda Quentin d'un air presque accusateur, essentiellement parce qu'il avait le malheur d'être tout près.

« C'est lui que j'aurais dû menotter, et puis, il n'y a vraiment personne pour assurer la sécurité, ici ? »

C'est vrai, quoi, lui et Quentin se retrouvait à jouer les gros bras alors qu'ils n'étaient que deux intervenants, c'était tout de même ridicule. Qui était le hippie qui n'avait pas jugé nécessaire d'encadrer mieux que ça cette rencontre ? (C'est Ulysses !) Un coup de feu retentit, lui faisant cesser ses réclamations. Il chercha des yeux le gamin, qui venait de se rabattre derrière une voiture et tentait visiblement de discuter avec kidnappeur, sans grand succès, cette fois encore. Il fallait décidément qu'il arrête d'essayer de jouer les négociateurs pour mutants en crise. Plus loin, ceux qui sortaient de la maison des associations par la porte comme des gens normaux, et étaient venus récupérer leur voiture, se mirent à paniquer à nouveau en voyant ce qu'il se passait. Jon, ne sachant plus où donner de la tête, sortit son revolver, puis son portable, et il commença par appeler des renforts. Puis il se faufila à son tour entre les voitures pour rejoindre le gamin kamikaze qui était en grande conversation avec le ravisseur.

« Tout ce que tu veux, c'est me le prendre ! »
« Non, vous en faites pas, j'aime pas les blonds. Écoutez, m'sieur… »
« Ulysses et moi on va se marier, personne nous en empêchera ! »
« Vous marier ? Mais… aïeuh ! »
« Qu'est-ce que je dois faire pour que tu te tiennes tranquille, petit ? »

Salem venait de se prendre une pichenette derrière l'oreille et regardait Jon avec les sourcils froncés.

« Mais je me tiens tranquille, là. »
« Et en plus tu te fous de… »
« Je voulais juste voir la voiture, au cas où il l'emmènerait, il faudrait au moins la plaque. Vous croyez quand même pas que j'allais me battre contre lui ? Il a cassé un mur et en plus il est armé, faudrait être timbré ! »

Jon eut un haussement de sourcil qui en disait long sur ce qu’il pensait de l'état mental de son coéquipier de fortune. Il ne prit cependant pas la peine d'épiloguer, un coup d'œil par-dessus le véhicule leur indiqua que Jacquot venait d'atteindre, non pas sa voiture, mais sa moto – forcément – mais avant qu'il ait pu forcer Ulysses à grimper dessus, deux coups de feu retentirent, et les pneus de la Harley se dégonflèrent piteusement. Ça faisait un problème de réglé, mais restait à savoir comment arrêter le grand costaud, qui ne se laisserait probablement pas assommer si facilement. Salem observait le tout avec de grands yeux curieux, quand le policier lui appuya sur la tête pour qu'il se cache.

« Vous allez lui tirer dessus ? »
« Je préférerais éviter, en plus il est trop près d'Ulysses. »

Puis vu le thème de la réunion, ce serait quand même ballot qu'il y ait un mort, derrière leur voiture, le duo chercha un moment l'inspiration. Pendant ce temps-là, le motard perdait patience – même s'il ne devait pas être bien patient de base – le flic allait le renvoyer en prison pour avoir Ulysses rien qu'à lui, sa moto était à plat et il avait déjà des problèmes de couple, il paraissait de plus en plus évident qu'Ulysses et lui n'était pas sur la même longueur d'onde. Tout ça commençait à faire beaucoup pour son petit cœur sensible. Il lâcha un instant Ulysses pour attraper rageusement sa moto devenue inutile et la jeter du côté du policier et du gosse agaçant, Jon dû rouler sur le côté pour l'éviter. Salem était quant à lui déjà partit, un peu trop à l'aise dans ce genre de situation depuis qu'il avait rencontré Adam, il était venu se faufiler près du prof de littérature et demanda d'un air presque innocent.

« Dites, c'est vous qui rentez dans la tête des gens ? Vous pourriez pas… je sais pas… lui dire "Salut, c'est Dieu. Arrête ça où je me fâche" ? »

De toute évidence, Salem ne voyait pas du tout de problèmes à rentrer dans la tête des gens, pour peu que ce ne soit pas dans la sienne. Il jeta un coup d'œil au motard.

« De toute façon, il ne tourne déjà pas rond. Ça ne devrait pas faire beaucoup de différence. »
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Ulysses Winford
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Lun 15 Avr - 14:05



***

Ulysses n’avait pas l’impression que ses protestations le servissent puissamment auprès de son amant un peu trop intransigeant. Il en avait connu, des hommes un peu insistants, des hommes qui prenaient trop vivement les devants pour pouvoir le jeter dans leur lit encore défait de la veille ; oh, et il en avait entendu, des serments d’amour soudainement jetés alors que l’on n’y s’attendait pas, au détour d’une conversation, mais ses prétendants indésirables, ils n’avaient pas souvent la carrure d’Hercules ni la barbe d’Abraham, non ses prétendants indésirables ne cassaient pas d’ordinaire les murs de briques de leurs gros poings serrés en hurlant leur amour à une composite assemblée.

Le jeune homme trébucha sur quelques débris du mur — enfin, il fit sembler de trébucher, pour gagner un peu de temps, et regarder nerveusement, par dessus sa délicieuse épaule, si par hasard un commissaire ou un autre mutant ne venait pas à sa rescousse. La sensation d’être une demoiselle en détresse n’avait rien de très flatteur et si Jacquot voulait conquérir son cœur il allait devoir apprendre à le flatter — à le flatter comme le faisait Ivan, à collectionner ses portraits dans une pièce obscure en admirant les contours de sa belle figure.

Oui, voilà, il s’y retrouvait maintenant : il était la princesse des jeux vidéos d’Adam, qui se faisait enlever par un gorille et qu’un petit plombier italien, acrobate et circassien, poursuivait amoureusement, en grimpant les échelles. Et lui il tapait sans grand succès sur le dos trop large de ce grand benêt de singe. Un nuage noir au-dessus de la tête, les mains enfoncées dans les poches, Ulysses trainait des pieds.


— Dépêche-toi, mon amour, ils vont nous rattraper.
— Ne m’appelez pas comme ça.
— Ma biche ?
— Non.
— Mon lapin ?
— …
— Mon sucre d’orge ?
— Arrêtez ou je vous mords.
— Comme tu es sauvage, mon chat !

Ah, si Ivan était là, ça ne se passerait pas comme ça. Lui, il n’aurait pas hésité à raccourcrir les jours tumultueux de Jacquot le Macho d’un bon pruneau entre les deux yeux. Ulysses commençait à trouver le temps long et ses sauveteurs timorés ; déjà ils avaient atteint la fin du couloir dans lequel la virile vivacité de son empressé compagnon de voyage les avait jetés ; déjà, oui, déjà Jacquot défonçait de son énorme épaule une porte de service, en tenant bien fort de sa main libre le bras gracieux d’Ulysses.

— Et on va où comme ça ?
— On trouvera une cabane au fond des bois.
— Ce sera loin de mon travail.
— On vivra d’amour et d’eau fraiche.
— Je préférerais avoir Internet.
— Ulysses, parfois, j’ai l’impression que tu ne m’aimes pas.

Ulysses s’arrêta près de la moto et planta ses magnifiques yeux verts dans les lunettes noires de Jacquot.

— Ce n’est pas qu’une impression.
— Je sais. Il y a l’autre. Je le tuerai.
— Vous aurez du mal. Il est très…

Ulysses se mit à réfléchir à Ivan. Bon, il n’était pas très grand. Il n’était sans doute pas très fort non plus. Et pour l’heure, Ulysses ignorait qu’il était armé. C’était un écologiste pacifiste ; forcément, on fait plus menaçant. Mais il pouvait sans doute dresser des écureuils enragés. Il ne fallait pas plaisanter avec la rage. De toute façon, Jacquot ne prêtait guère attention à ses menaces. Précautionneusement, le jeune homme tenta un repli en direction de la maison d’associations, mais fut bien vite rattrapé par la main puissante de son kidnappeur, qui gronda :

— Reste là.
— Vous avez une drôle de façon d’aimer les gens…
— Si je ne peux pas t’avoir, je te tuerai pour que personne ne t’ait.

Le politicien déglutit péniblement. Son motard gentiment cinglé venait de devenir fort inquiétant. Alors sans doute tout le monde allait-il trouver qu’il faisait un très beau macchabée mais Ulysses n’était pas très pressé de mettre sa beauté à l’épreuve des flambeaux funèbres. À nouveau, il jeta un regard par dessus son épaule, en manquant de se déboiter le bras retenu par Jacquot et il vit la tête de Salem se hisser au-dessus du capot d’une voiture pour engager une conversation improbable avec son ravisseur.

Raisonner Jacquot, Ulysses avait déjà essayé et ce n’était pas très probant. Où diable était le professeur de l’Institut, qui probablement pouvait envoyer des boules de feu ou anesthésier les gens à distance ? C’était bien la peine de travailler dans une école de mutants si c’était pour ne pas téléporter les politiciens innocents quand ils se faisaient sauvagement enlevés par des électeurs un peu trop dévoués. Malgré son découragement, Ulysses tenta à tout hasard d’en rajouter une couche.


— Si vous continuez, ils vont vous enfermer, vous savez…
— Rien à foutre. Je me suis déjà évadé de l’asile le mois dernier, je peux recommencer.
— Tout s’explique…

Comme providentiellement on leur tirait dessus, Ulysses profita des coups de feu, de la distraction de Jacquot et du porté de moto pour partir à toute jambe aussi loin que possible du mutant. Impossible de le contourner pour rejoindre Quentin, Salem et Jon, mais il pouvait au moins mettre une certaine distance entre lui et le colosse et il commença à se faufiler entre les voitures du parking, tandis que l’assemblée, attroupée à l’entrée du parking, regardait le spectacle d’un air médusé.

En passant de Ford en Range Rover, Ulysses regrettait de n’avoir pas pris auprès d’Adam des cours de vol de voiture : il aurait pu en emprunter une. Il tendit aussi discrètement le cou pour tenter d’apercevoir la sienne, qui était encore à une bonne dizaine de mètres. De son côté Jacquot, qui n’avait plus ni moto ni amant, promenait autour de lui un regard désemparé. Soudain il beugla :


— Uuuulyyysssees… Tu ne m’échapperas pas…

Et en effet il commençait à repousser les voitures qui lui entravaient le chemin à grands coups de coude.
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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Lun 22 Avr - 14:56


    Le commissaire Jon se montra plutôt coopératif pour un policier – Quentin en fut relativement surpris mais il se retint de faire la moindre réflexion – et menotta l’homme poulpe. Un problème de moins. Mais c’était sans compter sur l’effet domino qui emblait diriger le monde et plus particulièrement la sphère divine qui contenait tout ce que l’on pouvait répertorier comme étant des problèmes. Ainsi le prénommé Ulysses jugea bon de se laisser kidnapper par un mutant à la force colossale. Au temps pour l’image publique des mutants… Le policier en profita pour lancer une remarque à l’intervenant mutant qui ne se laissa pas faire pour autant.

    –C'est lui que j'aurais dû menotter, et puis, il n'y a vraiment personne pour assurer la sécurité, ici ?
    – Hey, me regardez pas comme ça, je ne suis qu’un invité moi !

    Naturellement, le télépathe ne se fit pas désirer pour suivre le duo de choc à la suite du ravisseur, mais il resta un peu en retrait histoire de mieux observer la situation, une manie de télépathe peut-être. Après avoir esquivé le regard mi interrogateur mi courroucé de Bree, Mantis arriva derrière les deux héros de service pour voir ce qu’il en était. Et il fallait avouer que ce Jacquot n’avait pas l’air d’avoir toute sa tête. Il donnait même l’impression de ne pas être dans son état normal. Sans pouvoir être très précis à cette distance et dans cette situation, le professeur avait l’impression que le motard était confus, à bien des égards. Mais heureusement, le fameux Ulysses était parvenu à s’extirper des griffes de son « Roméo », en l’observant, Quentin resta immobile, se rappelant qu’il y avait quelque chose de vraiment intriguant chez lui, un truc qui faisait qu’en le regardant, on était momentanément stupéfait… en tout cas c’était l’impression qu’avait le mutant. Ce ressaisissant, il entendit la voix d’un jeune homme s’adresser à lui tandis que des coups de feu résonnaient dans le parking. Jon braquait Jacquot et Salem demanda de l’aide au professeur qui fut plutôt surpris de constater que ce garçon avait comprit la nature de ses pouvoirs, y avait là un bon potentiel intellectuel sans doute.

    – Oui enfin avoir un mutant à la force surhumaine et à l’esprit dérangé, je ne suis pas sûr que cela arrange les choses.

    Mais il devait avouer que Salem marquait un point. Il fallait qu’il fasse quelque chose, par principe, mais aussi parce que la scène commençait à avoir un public. Quels idiots, ils entendent des coups de feu et viennent voir de quoi il est question, bonjour l’instinct de survie. Le problème, c’était qu’en usant de sa télépathe, Quentin avait la même voix qu’en temps normal. Et vu que Jacquot faisait partie de l’audience, nul ne doutait qu’il serait capable de le reconnaître. Donc pas question de jouer à « Jeanne, c’est Dieu au téléphone ». Même si le mutant semblait perturbé, il valait mieux ne pas compter sur ce facteur. Avant toute chose, il posa les yeux sur Jon pour lui envoyer un message mental.

    *Ulysses s’est arraché des pattes de son kidnappeur. Je vais essayer de le calmer, mais s’il fait mine d’être violent, n’hésitez pas à tirer… dans les jambes si possible.*

    Encore une fois, Quentin allait tout faire pour éviter que cette histoire finisse avec un mort. Mais bien sûr, tout ne dépendait pas que de lui, le facteur humain était à prendre en compte, et malheureusement il était de nature imprévisible, surtout lorsqu’on ne savait rien ou presque de ses « alliés ». Après s’être légèrement avancé, Quentin posa les yeux sur sa cible et activa ses méninges pour trouver quelque chose d’intelligent à dire ainsi que pour utiliser son pouvoir.

    *Jacquot, réfléchis. Tu ne veux pas faire ça, tu n’es pas venu ici pour enlever un jeune homme contre sa volonté. Respire un bon coup et penses-y. Tu ne le connais meme pas.*

    Il avait trouvé ces informations en fouillant un peu dans la tête du mutant, mais ce n’était pas assez pour le convaincre, il n’avait pas déterré assez de renseignements pour pouvoir le convaincre tout de suite. Et en plus des limites qui lui imposaient ses capacités, Mantis vit que l’esprit de cet homme était… en quelques sortes hypnotisé, mais le télépathe ne comprit pas par quoi. Tout ce qu’il parvenait à trouver, c’était un nom « Ulysses », le chaos psychique qu’il vit était complètement inédit.

    *bon sang, faites que ce ne soit pas encore un lavage de cerveau*


Spoiler:
 
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Lun 17 Juin - 20:51


Tandis que les quatre protagonistes risquaient vaillamment leur vie, le peuple, qui ne venait plus exclusivement de la maison des associations puisqu'un nombre de moins en moins négligeable de badauds s'était joins à eux, dissertaient sur la sécurité, les mutants, et tout ça. Au moins, l'intervention du monumental motard avait eut le mérite d'ouvrir le débat pour de bon, et les avis les plus tranchés s'exprimaient librement, allant du fichage systématique à la chambre à gaz. Il faut dire que quand il s'agissait d'une minorité mal représentée, il était facile de faire d'un seul cas une généralité universelle. Et dans la tête des plus simples d'esprits de cette assemblée, les choses étaient claires, les mutants étaient dangereux , par chance, beaucoup étaient trop occupé à se demander si la belle blonde allait finir broyé par King Kong pour que cette conclusion ne pénètre tout à fait leur esprit.

Occupé à chercher un moyen d'arrêter ce kidnapping foireux, Jon ne prêtait aucune attention à l'agitation des passants, il suivait des yeux la fuite éperdue d'Ulysses quand une voix retentit dans sa tête, le faisant légèrement frémir. Reconnaissant son propriétaire, il se tourna vers le professeur mutant et hocha la tête, au point où ils en étaient, il pouvait bien le laisser tenter sa chance. Il murmura en faisant quelques gestes pour être sûr de se faire comprendre même s'il n'était pas tout à fait à côtés.

« Au moindre problème, je tire. »

On est en Amérique, après tout, s'il arrive quelque chose à Ulysses sans qu'il ait tiré, il pourrait presque se retrouver responsable, qui sait. Après cela il posa son regard le plus menaçant sur Salem.

« Et toi, tu ne bouges pas. »
« Mais… »
« Je veux rien savoir, c'est comme ça. »

L'air mécontent, Salem se contenta de constater qu'Ulysses arrivait à mettre un peu de distance entre lui et son prétendant trop entreprenant. Le colosse avait en effet presque stoppé sa progression après que Quire ait posé ses yeux sur lui, et il avait maintenant l'air en plein dilemme. C'était vrai, après tout, qu'il n'avait pas fait le chemin jusqu'à la maison des associations pour enlever quelqu'un, et que lui et Ulysses se connaissaient à peine, mais même si leur brève histoire avait connue des hauts et des bas, il y avait quelque chose, c'était indéniable. Il fut interrompu là par le vacarme des sirènes qui se rapprochaient, bientôt, la police encerclait la zone, et la foule s'empressa de les mettre au courant de la situation.

« Abattez-le, c'est un monstre ! »
« Les mutants comme lui sont une menace pour la société ! »
« Il a agressé un pauvre et beau jeune homme ! »
« Vive la révolution ! »
« Ben alors ? Vous dormez ou quoi ? Faites quelque chose ! »

Maintenant qu'il avait été déconcentré et que son ange blond n'occupait plus toutes ses pensées, Jacquot prenait conscience de la situation, il promena un regard pour le moins perdu sur la foule prête à le jeter aux lions. Pour tout avouer, il n'était pas sûr de savoir comment il en était arrivé là. Plus d'une fois, il avait bien malgré lui provoque la haine ou la peur chez ceux qui le côtoyaient à cause de ses pouvoirs, mais jamais les choses n'avait prises autant d'ampleur en si peu de temps. Légèrement paniqué, il lança un appel au secours.

« Ulysses, où es-tu ? Je n'allais pas te tuer, c'était pour rire… Reviens… »
« Mains sur la tête ! Mettez les mains sur la tête ! »


Où que soit partit Ulysses, il n'avait – à priori – pas l'intention de revenir, tout à son désespoir, Jacquot le manchot – ce prénom casse tous mes effets dramatiques – souleva la voiture la plus proche, visiblement pour aplatir le policier qui venait de hurler. Plusieurs coups de feu fusèrent immédiatement, difficile de dire si cela eut le moindre effet sur motard. Il resta debout, et se contenta de faire retomber le véhicule dans le silence religieux qui venait de s'abattre sur le parking.
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Ulysses Winford
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Lun 17 Juin - 21:44

Il s'en sortait presque. Si si. Si on faisait abstraction du colosse qui balançait des voitures en hurlant son nom, des policiers qui commençaient à affluer vers la maison des associations, du télépathe qui tentait d'apaiser tout le monde sans grand succès pour l'heure, de Salem qui devait sans faire une bêtise et du commissaire qui allait vraisemblablement déclencher un bain de sang d'une minute à l'autre, il s'en sortait plutôt bien : pour l'heure, il n'y avait pas de journalistes et, sans doute, il allait pouvoir contrôler l'information.

C'était ce à quoi Ulysses pensait à se faufilant d'une voiture à l'autre, non sans jeter de réguliers et prudents coups d'oeil par dessus son épaule, pour évaluer l'état de ses affaires. La popularité dont il jouissait était assurément très flatteuse, mais alors qu'une carcasse de scooter retombait à un mètre de lui, il se prenait à rêver d'une vie plus anonyme et plus commune, loin du feu des projecteurs et de la concupiscence musclée de parfaits inconnus.

Heureusement, les parfaits inconnus en question étaient spectaculairement (c'était le cas de le dire) plastiques aux suggestions mentales et si le charme, certes surnaturel, mais loin d'être contrôlé, d'Ulysses avait pu produire ses petits effets sur Jacquot, nul doute que les télépathies tentatives de conciliation de Quentin allaient porter ses fruits. Hélas pour la petite troupe, le professeur de l'Institut n'était plus le seul à surveiller de près le mutant en furie et une tension électrique nuisait sérieusement au calme de toutes les parties.

Ulysses avait finalement atteint sa voiture et, tandis qu'il s'interrogeait sur le moyen de gagner le volant le plus discret, il promena son regard sur la foule des badauds, qui avait l'inintelligence de le pointer du doigt en commentant la situation. Grâce au ciel, Jacquot était trop préoccupé par les voix qui s'invitaient dans son cerveau et, accessoirement, parmi les canons qui se dirigeaient vers sa cervelle, pour prêter attention aux indications très précises que lui offraient les passants arrêtés.

Dire que la soirée avait été un échec relevait du coupable euphémisme. Bree allait certainement lui en vouloir d'avoir (involontairement) transformé son meeting pacifiste en concours de lancer de voitures. Le jeune homme pas du tout pauvre mais très beau en effet rêvait désormais à l'opération de presse qui réparerait tous ces dégâts, en ouvrant très discrètement la portière passager de sa voiture avant de serpenter à l'intérieur.

Ce fut donc de son luxueux habitacle qu'il put voir quelques balles de revolver se heurter comme une grêle inoffensive sur le vaste torse de son prétendant de la soirée. Les grains de métal tombèrent au sol pendant que Jacquot, pris de stupéfaction, promenait un regard hébété aux alentours, beaucoup plus perturbé par ce qui se passait dans sa tête, à vrai dire, que par des coups de feu qui, de toute évidence, ne lui faisaient ni chaud ni froid.

Il retrouvait peu à peu l'usage de la raison, ce qui ne lui était pas d'un très grand secours. Difficile de plaider l'innocence, il en avait bien conscience, et s'il s'expliquait assez mal cette soudaine passion homosexuelle — qu'il n'avait du reste pas très envie de s'expliquer — ce qu'il voyait, c'était que la fuite était vraisemblablement la meilleure des attaques. Hélas, sa moto avait disparu de la circulation et avec son poids pour le moins considérable, il n'irait pas très loin en courant.

Donc, il lui fallait un otage. Il se mit à chercher du regard sa cible toute désignée, qui démarrait subrepticement sa voiture. Ni une, ni deux, Jacquot se précipita vers la berline hors de prix qui se précipita sur Jacquot, avant d'effectuer un dérapage très contrôlé au dernier moment, de slalomer entre les carcasses et de s'échapper par la première sortie de parking venue. Jacquot avait beau suivre de toute la force de ses grosses jambes, il n'allait pas rattraper le bolide et, bientôt, il fut arrêté dans son généreux élan par une rangée de policiers armés de carabines et d'un air déterminé.

Le motard sans moto s'arrêta net — par conséquent la voiture s'arrêta net, mais de l'autre côté de la ligne. Un revolver, ça allait, dix carabines, c'était un peu trop, même pour Jacquot. Ulysses sortit de son véhicule et revint d'un air méfiant vers les forces de l'ordre, pour observer à une distance raisonnable son agresseur.


— Ça va mieux ?

Jacquot haussa ses larges épaules, pendant que le sergent local se grattait la tête en se demandant quel genre de menottes, exactement, il allait devoir utiliser. Ulysses regarda du coin de l'oeil le policier, dont il soupçonnait qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour arriver à des mesures un peu trop radicales. L'ambiance n'était pas propice à la demi-mesure, et si le jeune homme n'avait qu'une affection modérée pour son ex-kidnappeur, il ne tenait pas absolument à le voir soudain victime d'un zèle policier anti-mutant.

Le politicien tendit le cou pour tenter d'apercevoir, sur le parking, les silhouettes du commissaire et du professeur de l'Institut. À eux deux, sans doute, familiers comme ils devaient l'être de ce genre de problèmes, ils ne manqueraient pas de trouver une solution appropriée. Pendant ce temps, une jeune policière qui avait plus l'habitude de la circulation et des stationnements interdits que des scènes d'apocalypse, s'approcha de lui d'un air émerveillé et l'interrogea d'une voix admirative :


— C'est vous la victime ?
— Hmm ?
— C'est vous qu'il a tenté de tuer ?
— Qui ? Lui ? Il n'a tenté de tuer personne.

La jeune femme détacha à contrecoeur son regard du visage d'Ulysses pour observer le champ de ruines qu'était devenu le parking.

— En fait, il ne s'est pas passé grand-chose.
— Euh...

Là-bas, les roues des voitures retournées continuaient à grincer dans le vide.
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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Jeu 5 Sep - 14:23


    Les choses ne s’arrangeaient pas vraiment. Gérer une telle crise à lui seul était impossible. Quentin se surpris à regretter l’absence d’un ou deux X-men, il aurait dû en inviter un par mesure de précaution. Kitty aurait été parfaite pour sécuriser l’otage temporaire de Jacquot. Ororo aurait très bien pu créer une diversion ou une couverture brumeuse qui aurait empêché les regards condamnateurs de contempler la scène, celui des flics notamment. Mais il le savait bien, c’était inutile de reconstruire le monde avec des si. Il était seul, aidé pour l’instant d’un flic qui semblait avoir une certaine expérience des affaires mutantes, d’un jeune homme qui n’avait pas froid aux yeux et d’un politicien en herbes dont la priorité devait probablement être de mettre le plus de distance entre ces lieux et ses fesses. Rien de désespéré donc...

    Devant la violence de Jacquot – qui avait apparemment les réactions brutales d’un adolescent rebelle – les membres des forces de l’ordre s’employèrent à ouvrir le feu. Chose qui ne tarda pas à se révéler inutile face au cuir épais qu’était la peau du motard. Quentin étant habitué aux mutations, il ne tarda pas à comprendre ce qu’une telle résistance pouvait également impliqué. Par mesure de précaution, et malgré le peu de chance qu’il avait de se faire obéir, il hurla aux policiers d’arrêter leurs tirs car ils couraient le risque de voir leurs balles rebondir sur des victimes innocentes. L’avaient-ils écouté ou bien un miracle s’était produit ? difficile à dire, en tout cas personne ne fut blessé par cette rafale et Jacquot avait bien cessé de jeter des véhicules à tout bout de champ. Maintenant, Quentin le voyait dans son esprit, il pensait à fuir et pour ce faire, il avait besoin d’un otage et qui de mieux que sa première victime ?

    Le télépathe fit part de ces informations à Jon et la police s’organisa en conséquence. Mantis ignorait si cela faisait partie de leur plan initial ou bien si c’était leur façon de réagir à cette annonce, mais ils s’organisèrent en conséquence, permettant à Ulysses – qui maniait le volant avec une grande fluidité – de se mettre à l’abri et empêchant ensuite Jacquot de l’atteindre. Ils avaient troqué leurs armes de poing pour une artillerie plus lourde qui avait bien plus de chance de blesser le motard, surtout vu leur nombre. Ils l’avaient fait, ils avaient arrêté Jacquot. Cela dit, le plus dur restait à faire. Comment allaient-ils l’incarcérer convenablement ? Car vu sa récente tentative de fuite, Jacquot ne manquerait probablement pas la première occasion de se faire la belle. Et étant donné le peu de moyens dont disposait la police municipale, Quentin était prêt à parier qu’ils étaient incapables de neutraliser la force du criminel de façon sûre. Les solutions disparaissant au fur et à mesure qu’on les trouvait, il en resta une qui était à la disposition du professeur ; la discussion. Néanmoins, s’il était prêt à tout faire pour éviter que cette journée se finisse encore plus mal, il n’avait pas non plus envie de se mettre dans une situation qui ferait pointer un ou plusieurs canons sur sa tête. Décidant de faire les choses bien, il s’approcha des policiers qui entouraient le motard et alla parler à celui qui semblait diriger les opérations tout en faisant en sorte d’être entendu par Jacquot. Il fallait lui montrer que les choses n’allaient peut-être pas finir aussi mal qu’elles ne le paraissaient. Le mutant à la force surhumaine était dans un état psychique inquiétant et le télépathe avait l’impression qu’une force extérieure et indépendante de la volonté du motard en était responsable. D’une certaine manière, il était innocent et cela devait être pris en compte, malheureusement, ce ne serait pas facile à prouver et même à expliquer aux forces de l’ordre ici présentes.    

    – Ecoutez, je peux lui parler et le convaincre de se rendre sans poser plus de résistance. A mon avis, c’est dans son intérêt et aussi dans le votre...

    Quentin était sûr que le chef des opérations n’avait pas envie que cette histoire se finisse par une exécution publique. Il n’était pas sûr que cela l’aide dans sa carrière ou dans le financement de son travail. Et surtout, cela pourrait provoquer une émeute. Néanmoins, Quentin ne pouvait pas dire qu’elle serait sa réponse, son pouvoir était encore concentré sur Jacquot pour éviter qu’il ne fasse d’autres bêtises.

    Cerise sur le gâteau, le mutant entendit au loin une voix féminine tenter de se faire entendre « Excusez-moi ! Laissez-moi passer ! ». C’était Bree. Son arrivée pouvait avoir plusieurs raisons : calmer les policiers, être informée de la situation, défendre les intérêts de Jacquot ou même assassiner ce dernier car après tout il venait de mettre une sacré pagaille à son événement qui lui avait demandé tant de temps et d’énergie. Rien n’était moins sûr avec elle, mais Quentin était tout de même content de la voir arriver.

[HJ ; je tiens à m’excuser pour cette absence prolongée... désolé]
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Dim 8 Sep - 11:01

[J'ai eu un peu de mal à m'y remettre, mais content de te revoir, Quentin !]

Pour une fois, Salem se tint à carreaux, essentiellement parce qu'il n'avait aucuns plans et que le commissaire, qui semblait décidé à ne pas le lâcher d'une semelle, l'avait attrapé par la peau du col pour le forcer à se mettre à couvert avant que les policiers ne tirent. Quand le silence retomba, les deux se redressèrent prudemment pour constater que la tentative radicale des policiers était un échec cuisant. Le motard, non content d'être gigantesque et bulletproof, était aussi plutôt borné, et laissa à peine le temps au public d'inspirer avant se ruer de nouveau sur sa victime du jour comme si de rien n'était. Sauf qu'Ulysses fila à toute vitesse dans sa voiture de luxe, avec une aisance remarquable. Salem n'en crut pas ses yeux.

« Wouah, la classe ! »
« Encore un danger public… Bon, toi ne fais rien d'idiot. »
« Ouais, ouais, d'accord papa»

Jon, qui venait de se lever, prêt à apporter du renfort aux autres policiers, se figea pour poser sur l'adolescent un regard emplit de doutes et de soupçons. Salem eut un léger mouvement de recul, l'air de plus en plus mal à l'aise.

« J'disais ça comme ça, façon de parler… »
« Heu… Oui, bien sûr. »

Le commissaire quelque peu troublé rejoignit le sergent en charge des opérations, pour chercher avec lui le meilleur moyen de mettre en garde à vue un homme qui peut trouer les murs d'un seul coup de poing. Salem, de son côté, ne fit pas de trucs idiots, mais fila quand même hors du parking pour venir s'intercaler entre Ulysses et la policière, l'air toujours un peu fébrile après avoir dû faire face à deux mutants pour le moins agités.

« Ça va, il t'as pas fais mal ? Dis donc, c'est sacrément dangereux, la politique. »

Il faut bien avouer que les deux seuls rassemblements politiques auxquels l'adolescent aient participé ont à chaque fois donné lieu à un kidnapping, alors soit le milieu politique était beaucoup plus agité qu'il ne l'aurait cru, soit il portait vraiment la poisse. Son regard se posa finalement sur le professeur de littérature qui tentait une nouvelle fois de tempérer la situation. Décidément, celui-là ne manquait pas de bonne volonté, même si la carrure imposante du mutant et son comportement étrange en aurait découragé plus d'un. Après quelques mots de plus échangés avec Jon, le sergent lui répondit par l'affirmative, bien conscient que l'enseignant était certainement bien plus capable d'apaiser la situation qu'eux et leurs armes tout juste décourageantes. Les policiers rechignaient cependant à abaisser leurs carabines, sans doute par crainte que Jacquot en profite pour foncer dans le tas et se faire la belle. Salem, d'ailleurs, pensait à peu près comme eux.

« Tu es sûr que tu as bien fait de rester, ce type peut t'arriver dessus en moins de huit secondes vingt-deux. 'Fin, on dirait qu'il s'est calmé, mais quand même… »

Comme les autres, Salem tourna la tête quand une voix féminine se fit entendre dans la foule. Laborieusement, la dame qui avait présenté les différents participants arriva, un peu essoufflée et décoiffée. Elle regarda tour à tour Ulysses, le professeur Quire, les policiers et le géant, et eut un soupir avant de continuer à avancer vers eux.

« Et bien, quelle pagaille. »
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Ulysses Winford
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Dim 8 Sep - 14:48

Pour un politicien, Ulysses avait certainement une aisance suspicieuse dans les situations dangereuses. Mais quand il parlait, il conservait la même tranquillité polie et délicate, le même sourire angélique, et l’on oubliait qu’il venait d’établir un plan pour infiltrer une base ennemie ou, ce jour-là, d’offrir une démonstration de conduite en situation de crise tout droit sortie du manuel des services secrets. S’il y avait bien quelqu’un qu’il était difficile de soupçonner de quoi que ce fût, c’était Ulysses Winford.

Néanmoins, le champ de bataille dévasté qu’était devenu le parking dont il venait de s’échapper ne semblait pas beaucoup l’émouvoir et c’était avec un calme rêveur qu’il observait les voitures renversées, les cartouches tombées à terre, le géant perdu et la maison des associations au mur éventré. La policière, qui était persuadée, parce qu’elle était pleine de bon sens, que les victimes de kidnapping, en général, se trouvaient en état de choc après l’épreuve subie, le regardait d’un air perplexe — puis admiratif — puis elle oublia qu’il y avait un problème.

Le regard d’Ulysses se posa sur Salem qui venait vers lui. Il esquissa un sourire tranquille et, à côté de lui, la policière se mit à baver.


— Disons qu’on ne s’ennuie jamais.

Par dessus l’épaule de Salem, Ulysses observa, en plissant un peu des yeux, Quention, Jon et le sergent qui dirigeait les opérations. Il craignait un peu que des mesures trop radicales fussent prises contre Jacquot. Jamais le géant ne l’avait précisément menacé et il n’était pour lui que trop évident que son propre pouvoir avait beaucoup plus à voir dans l’affaire que la rage, pour les autres sans doute inexplicable, du malheureux titan.

Et Ulysses, qui aurait appris le sens du devoir à Socrate s’il l’avait rencontré, ne comptait pas rester là les bras croisés tandis que le blâme du chaos tombait sur le pauvre Jacquot. Bree cependant émergea de la foule. Après avoir résumé en quatre mots le sentiment général, elle glissa un regard à Ulysses et souligna habilement :


— Ce sera hors de prix de remettre tout ça en état.
— Hmm…

Ulysses suivait désormais du regard, de loin, Quentin qui s’approchait courageusement de Jacquot. Si Quentin était professeur à l’Institut, on pouvait raisonnablement supposer qu’il était un mutant lui-même, mais Ulysses ignorait tout de la nature de son pouvoir. Il se mit à se demander ce qui serait le plus indiqué dans le cas de Jacquot. Un calme télépathique pour contrebalancer les effets de sa propre influence qui, supposait-il, devaient s’atténuer désormais qu’il n’était plus dans le champ de vision du géant ? Une sorte d’empathie ? Un tranquillisant surnaturel ?

Bree, elle, poursuivait sur sa lancée, peu concernée par ce qui se tramait dans son dos :


— Je ne suis pas sûre que l’association pourra couvrir tous les frais, on risque fort de faire banqueroute.

Ulysses comprit enfin que c’était à lui qu’on s’adressait. Il détourna son regard de Quentin pour le poser sur Bree. De toute évidence, la jeune femme attendait une réponse.

— Je verrai ce que je peux faire.
— Parfait ! Alors, à ce propos, je me demandais, tu sais qu’ils veulent construire une nouvelle aérogare et…

Maintenant qu’elle avait harponné Ulysses, elle comptait bien lui détailler toute la liste de ses préoccupations actuelles, qui couvraient en fait une bonne partie de l’agenda altermondialiste. Ulysses déclara brusquement :

— Tu devrais en parler à Salem.
— Qui ?

Le politicien prit Salem par les épaules et le cala devant Bree.

— C’est un jeune sympathisant du Parti, et il est très intéressé par ces problèmes. Je suis sûr qu’à vous deux, vous pourriez produire une synthèse éclairante pour les cadres et réussir ainsi à soulever ces questions essentielles lors des prochaines assemblées.

Bree détailla du regard le junkie qu’on lui présentait, mais les tatouages n’eurent pas l’air de l’arrêter. Elle vrilla son regard dans celui de l’adolescent et reprit la litanie de ses revendications. Pendant ce temps-là, Ulysses leur faussa compagnie. Il avait repéré Carol, l’assistante du procureur, qui était entrée en grande conversation avec le sergent en charge — tout cela ne lui disait rien de bon.

Il s’approcha d’eux alors que la femme terminait une phrase :


— …de faire un exemple.
— Mais Quire, là, entame des négociations.
— C’est une excellente idée.
— Tiens, vous êtes là, vous ?
— Avec tout ce public, une effusion de sang risquerait fort de tourner au désavantage de la NYPD. La situation est déjà assez tendue dans certains quartiers et les commissionnaires chercheraient un responsable à offrir à la vindicte populaire. Toujours la même histoire.
— Mais…
— Évidemment, les choses sont différentes, au bureau du procureur. Là-bas, on ne voit ces choses que de très loin.

Le sergent avait l’air convaincu et Carol, qui aurait souhaité quelques coups de feu pour prouver qu’à New York, on ne pardonnait pas le crime — après tout, les élections pour la procuration approchaient — avait l’air particulièrement irritée. Ulysses échangea un regard avec la femme et glissa soudain, d’un air dégagé :

— C’est un camion de CNN, là-bas ?

Aussitôt, Carol se mit à chercher frénétiquement dans la direction qu’il avait désignée d’un vaste signe de tête. Pendant ce temps, il échangeait sa poignée de main la plus ferme et son sourire le plus sincère avec le sergent.

— Ulysses Winford, je suis un ami du commissaire Rockwell.

À partir de quel moment le sergent n’eut plus qu’une seule idée : résoudre cette affaire de la façon la plus diplomatique possible.
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Quentin Quire
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Mar 10 Sep - 11:24


    Lire dans les esprits était inutile pour comprendre les intentions de la majorité des spectateurs ici présents. Même les regards de ceux qui braquaient encore leurs armes sur Jacquot laissaient transparaître l’idée qui dominait leur pensée. Mais Quentin était optimiste, en cela il était un digne héritier de la philosophie Xavier. Après tout, s’ils avaient voulu tirer, ils l’auraient déjà fait. Un constat pas très réjouissant mais qui permit au télépathe de croire que le plus dur était passé. Et surtout, le mutant à la force de colosse semblait s’être calmé. Cerise sur le gâteau, sa demande fut exaucée et il put entamer les négociations avec Jacquot.

    Pas question de lui promettre la lune, il fallait rester réaliste, il y avait des dégâts de faits et d’une manière ou d’une autre, quelqu’un allait devoir les payer. Le coupable se montrait étonnamment compréhensif ce qui s’expliquait peut-être dans le fait qu’il se sentait honteux de ce qu’il avait fait, et surtout de ce qu’il avait ressenti. Un mystère qu’il ne s’expliquait pas et qu’il n’abordait pas sans perdre son sang froid.

    – Je ne sais pas moi ce qui m’a pris !!! Je... c’est juste que je l’ai vu et...

    Conscient qu’il valait mieux éviter de hausser le ton quand on était encerclé par des personnes armées et aux intentions peu pacifistes, Mantis choisit d’apaiser le mutant :

    – D’accord, d’accord ! Calme-toi ! Ecoute, je ne sais pas ce qui t’es arrivé mais quelque chose est sûr, ton esprit a été influencé par une force extérieure... Oui je suis entré dans ta tête, et toi tu as failli entrer dans le lard de la police alors tu te remettras.

    Jacquot allait émettre une objection, jugeant que son esprit méritait bien un peu d’intimité, mais le ton autoritaire de Quentin l’empêcha de faire le moindre commentaire. Il lui rappelait d’ailleurs certains de ses professeurs, à l’époque lointaine où il allait encore à l’école. Le télépathe parvint même à le faire réfléchir car il avait apporté un élément de réponse au problème qu’il essayait de résoudre tout en rejetant une potentielle sortie de placard.  

    – Quelqu’un m’a contrôlé ?
    – Je ne sais pas, c’est difficile à dire. J’ignore si c’était volontaire ou non, mais ton esprit a été marqué par... ta victime.

    Vraisemblablement, la terminologie avait son importance ici. Pourtant malgré son sérieux, Quentin ne pouvait s’empêchait de comparer ce qu’il avait vu avec une scène de King Kong, le gratte-ciel en moins. Mais encore une fois, le patient Jacquot était à traiter avec des pincettes. Il n’était pas question de le mettre accidentellement en colère, aussi bien pour éviter de le voir se faire exécuter que pour éviter de recevoir un coup qui, dans le meilleur des cas, enverrait le professeur de littérature à l’hôpital pour un long séjour. Aussi il prenait son temps avant de parler, et ça tombait bien car moins ils s’agitaient, moins ils rendaient les policiers nerveux. Le motard lui jouait plus ou moins volontairement le jeu car son état psychologique était des plus confus et le forçait à se concentrer pour mettre de l’ordre dans ses pensées.  

    – Mais en attendant, on peut conclure que tu as agit sous l’influence d’une espèce d’hallucination. J’espère juste que tu n’as pas de casier judiciaire...

    Le télépathe hésita en jugeant son « client » du regard. Il avait apprit à ne pas tenir compte des préjugés et établir des conclusions à partir de la simple apparence d’un homme ne faisait pas partie de ses habitudes. Néanmoins, en dépit de son objectivité, il était assez réaliste pour tenir compte des aprioris des autres... de la majorité. Et à vue de nez, le cas de Jacquot allait être délicat à défendre. Mais pourquoi n’avait-il pas décidé d’adopter un look « Père Noël » ?

    – En tout cas, je te conseillerai de garder les yeux rivés sur le sol. Il faut éviter un malheureux contact visuel qui pourrait provoquer une rechute...
    – J’ai tout gâché...

    Quentin considéra le mutant un instant. L’absence de geste ou de sanglots exagérés indiquait qu’il ne parlait pas d’Ulysses, il faisait sûrement allusion au débat qu’il avait brutalement interrompu. L’X-man hésita à la rassurer. Vu comment les choses ont commencé, il serait difficile de ne pas l’accuser lui ou encore le mutant tentaculaire... D’ailleurs qu’est-ce qui lui avait pris à celui-là ? Mantis se surprit à espérer que ce dernier faisait partie des Damnés et avait simplement voulu se défouler en embêtant tout le monde. Pas sûr que Magneto approuve en même temps... mais pour la cause mutante, c’était l’éventualité... la moins pire.

    – Si on arrive à mettre tout ça sur le compte d’un accident, c’est possible de limiter les dégâts... On pourrait même utiliser cet accident pour illustrer la situation.

    Oui c’était possible, avec une incroyable dose de chance, une équipe de soutient logistique, et des personnes assez charismatiques et maniant assez bien la rhétorique pour convaincre un enfant des effets magiques des brocolis. Le regard de Quentin se posa sur Bree qui était en pleine discussion avec le jeune homme qui avait donné un coup de main plus tôt. Après avoir rassuré Jacquot, le télépathe déclara qu’il devait parler avec quelqu’un. Le motard, qui semblait avoir recouvré son calme accepta. Après avoir fait signe aux policiers que tout allait bien – cela ne les fit pas baisser leurs armes bien sûr – il s’approcha de Bree et l’interrompit dans ses propos passionnés.

    – Bree... ce mutant a subit un choc psychique. Quelque chose ou quelqu’un a perturbé son esprit. Tu penses pouvoir défendre ça ?
    Cette femme était le genre de personne capable d’aborder tout un gang de skinhead pour discuter politique, il avait confiance en elle. Malheureusement, elle n’était pas le seul facteur à prendre en compte. Et puis encore fallait-il qu’elle soit d’accord. Quentin comprendrait qu’elle préfère éviter de prendre davantage de risque...

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]   Jeu 26 Sep - 19:49

Pendant que Quentin tentait avec courage de sauver le motard perturbé, et qu'Ulysses poussait très certainement des rires diaboliques dans sa barbe inexistante, Bree s'approcha de Salem et se mit à lui parler de budget, de projets, tout en expliquant à quel point toutes les dépenses qu'elle avait en tête étaient nécessaires avec force d'arguments soigneusement réfléchit. Bien sûr, si Salem avait quelques bases en comptabilité et avait participé au nombre incroyable de deux réunion du parti, il était loin de maîtriser toutes les subtilités de ce que lui racontait Bree, et qu'elle prenait d'ailleurs soin de noter sur son bloc-note, histoire que le junkie n'oublie aucuns détails quand il exposerait tout ça. De son côté, Salem jetait des regards désespérés tout autour de lui, partout où Bree ne se trouvait pas, mais aucune échappatoire ne se présentait à ses yeux.

Heureusement, le professeur Quire, dans sa grandeur d'âme – parce que lui il est gentil – décida de le sauver en interpellant Bree, occupé à lui expliquer en détail en quoi la rénovation du planning familiale situé à quelques rues de là permettrait de mieux accompagner les familles découvrant que leurs adolescents sont mutants, ou pire, bientôt parents. Aussi important que puisse être cet espace d’accueil, la jeune femme s’interrompit immédiatement quand Quentin fit appel à ses services. Elle abandonna alors Salem pour le rejoindre, ainsi que le motard.

« Bien sûr, tu peux compter sur moi. »

Mais cette affaire ne se réglera là, sur un bout de parking, et tandis que le professeur et son amie discutait, Jon prit les choses en main. Prouver que l'esprit du motard avait été manipulé – oui, il a écouté la conversation, c'est un policier, après tout – serait très loin d'être évident, il leur fallait un maximum d’informations. C'est ainsi qu'il se tourna pour faire face à la foule.

« Nous allons avoir besoin de témoin ayant assisté à... »

Ce fut plus efficace qu'un « circulez, y'a rien à voir », la foule commença à se disperser dans tous les sens, étrangement, une bonne partie des personnes présentes ne semblait pas avoir une folle envie de poireauter dans un commissariat pour aller raconter en détails ce qu'ils avaient eu tant de plaisir à regarder. Jon tenta quand même de signaler, à tout hasard, qu'ils pouvaient aussi passer au commissariat dans quelques jours mais il savait bien qu'il pourrait s'estimer heureux si un on deux de ces badauds se décidait finalement à les aider. Avec un soupir, Jon rejoignit Quentin et Bree.

« Je vous préviens tout de suite, parler de manipulation mentale dans une affaire comme celle-là pourra difficilement passer. Et dans tous les cas, ce monsieur doit se rendre au commissariat sans opposer de résistance. Et sa victime aussi, d'ailleurs. »

Jon se mit à chercher des yeux Ulysses, qui serrait des mains non loin de là – pas de doutes, c'est bien un politicien – le commissaire s'excusa et faussa compagnie à Quire pour le rejoindre. Il avait beau ne pas être en service, il ne pouvait s'empêcher d'essayer de maîtriser la situation – en oubliant qu'il avait perdu de vue son fils potentiel, mais enfin. L'air un peu fatigué par cette mésaventure, il approcha de l'ange blond.

« Tout vas bien ? Pas trop secoué ? »

Pour tout avouer, la question paraissait un peu inutile, pour quelqu'un qui venait d'être victime d'un kidnapping, Ulysses ne semblait même pas avoir transpiré.
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Mutant ou pas, ça m'gène pas [Salem, Quentin]

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