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 Un bug dans la Matrice [William Baley]

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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Un bug dans la Matrice [William Baley]   Sam 9 Fév - 19:42


    Et voilà, c'était officiel, Douglas était entré à l'université. Son père ayant des contacts un peu partout dans le pays, l'inscription administrative se fit sans trop de problème. Ainsi mentionner que le jeune homme habitait le fameux institut pour mutants ne fut pas un vrai problème. il semblerait presque que la chose soit bien prise à cause d'une certaine manifestation qui avait eu lieu sur le campus il y a quelques temps. La politique... encore une de ces choses que le mutant ne comprenait pas vraiment, le code utilisé dans ce domaine lui était inconnu. Le voilà donc mutant et étudiant, obligé à faire les allers-retours pour se rendre en cours. Les professeurs de l'institut avaient préféré insister sur ce point, par pure prudence et ses parents s'étaient montrés d'accord avec eux. Certes majeur, Doug préféra leur obéir, ayant été témoin direct des risques que comportait le statut de mutant...

    Cela faisait donc quelques mois qu'il avait commencé les cours. Pour son plus grand plaisir, la masse de travail exigée était assez imposante pour l'empêcher de ruminer de sombres pensées... Un dimanche soir, après avoir terminé ses travaux et pris une douche bien méritée, Doug parcourait l'environnement informatique de l'université lorsqu'il reçut une note de l'équipe informatique qui avait pour but de donner quelques codes aux diverses utilités. Par réflexe et pour s'amuser, Cypher y jeta un oeil, laissant son pouvoir mutant s'en donner à coeur joie. C'est alors qu'il remarqua un petit problème, il manquait un chiffre quelque part de telle sorte qu'en utilisant ce code, il serait impossible d'utiliser certains accents pourtant indispensables dans quelques langues. L'erreur était des plus mineures, humaine pour ainsi dire, mais c'était le genre d'erreur qui, une fois repérée, demandait plusieurs heures laborieuses de vérification. Pointilleux sur ce genre de détail et sur l'informatique en règle générale, et aussi possédant un besoin particulier de se concentrer sur quelque chose de précis pour ne pas penser à Calisto, le jeune mutant s'attaqua au problème. Malheureusement, à cause de son pouvoir, la solution ne fut pas longue à trouver. Une fois sa découverte effectuée, par principe, il envoya une notification d'erreur à l'équipe de gestion informatique de l'université, lui-même aimant être informé d'une faute dans son travail.

    Le lendemain, avant d'aller à la fac, il reçut un mail le remerciant de son aide et lui demandant de se rendre dans le bureau de l'équipe pour que celle-ci le remercie directement. Son désir de s'occuper en permanence se coupla avec l'espoir de pouvoir parler informatique de façon concrète mais aussi avec les conseils des professeurs de l'institut le forçant à travailler sa sociabilité, de fait, il accepta l'invitation. Les cours du jour ne comportèrent aucun évènement marquant, le plus dur pour Douglas, c'était de ne pas se laisser emporter par son pouvoir à chaque fois que ses yeux rencontraient un code. Un problème qui se révélait délicat lorsque les enseignants demandaient justement d'analyser des codes. Bizarrement, c'était là le but de toute sa formation. Pas encore habitué au rythme universitaire, Doug se retrouva assez fatigué lorsque sa journée fut terminée, sous le coup des 16 heures, mais il décida de se rendre tout de même au bureau de l'équipe informatique, non sans s'être pris une barre de céréales dans un distributeur automatique sur le chemin. Il dégustait encore sa recharge de glucose lorsqu'il se retrouva devant le bureau. Espérant ne pas tomber dans les pommes avant de retrouver son lit, il frappa à la porte.

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William Baley
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MessageSujet: Re: Un bug dans la Matrice [William Baley]   Mer 6 Mar - 14:56

Quatre heures. Cela faisait quatre heures qu’il était plongé dans son livre, et William arrivait maintenant à la fin de l’ouvrage. Il l’avait attaqué juste après le repas, avec la bonne résolution de, pour une fois, passer la soirée autrement que face à l’écran de son PC. En quelque sorte, il avait tenu parole : La soirée était finie. A présent c’était la nuit, et le faible bruit de la ventilation de la tour l’attirait irrésistiblement. La relation qu’il entretenait avec cette machine était particulière. Durant toutes ces années passées à éviter ses semblables autant que possible, la seule façon qu’il avait eu de ne pas entièrement se couper du monde avait été d’explorer celui-ci par informatique interposée. Pour ce faire, il disposait en tout et pour tout de trois alliés : Sa machine personnelle, son poste de travail à l’université et son terminal de poche. Trois instruments. Trois fidèles partenaires. Et tels qu’il les considérait bizarrement, trois amis sur lesquels il avait pu compter et qui ne lui avaient jamais fait défaut. Il les connaissait par cœur. Chacune de leurs qualités, chacun de leurs défauts. Ce dont ils étaient capables. Leurs façons de réagir à ses sollicitations. Il les soignait, leur portait une attention particulière, et en retour ils mettaient à sa disposition toutes leurs ressources sans jamais rechigner à la tâche. A travers eux il accédait au monde. A travers eux il existait.

La dernière page tournée, il ne se passa donc pas plus d’une seconde avant que William se lève et se dirige vers son clavier. L’écran sortit de sa veille à la première sollicitation, dévoilant l’invite de connexion. Quelques instants et un mot de passe à rallonge plus tard, William était à pied d’œuvre. Il savait qu’il avait du courrier électronique. La notification émise par son smartphone avait résonné sans ambigüité plus tôt dans la soirée, et il lui avait fallu toute sa volonté pour ne pas se précipiter pour voir de quoi il s’agissait. Il n’en ressentait aucune fierté. Simplement, William mettait un point d’honneur à tenir ses engagements, même ceux qu’il ne prenait qu’envers lui-même.

William était tout de même intrigué. Etant donné ses relations personnelles assez… limitées, ses mails pouvaient être classés en deux groupes. Ceux reçus dans le cadre de son travail, et les spams. Donc soit un spam était parvenu à traverser impunément ses filtres, soit quelqu’un de l’université travaillait un dimanche soir. Dans un cas comme dans l’autre, c’était fort étonnant. Ce fut donc avec curiosité qu’il ouvrit sa boite de réception… et tiqua légèrement. Le nom de l’expéditeur ne lui disait absolument rien, et son adresse ne correspondait pas à celles utilisées par l’université. Rien ne paraissait suspect, et le sujet du message était… attirant. D’un double clic rapide, William en dévoila le contenu.

Bon. C’était donc cela. Un bourde éventuellement découverte par un étudiant dans un quelconque code. Décevant. Il n’était pas dans les attributions directes de William de s’occuper des étudiants, du moins directement. Bien évidemment cela lui arrivait pour dépanner un collègue ou en cas d’urgence. Il ne comprenait donc pas vraiment pourquoi ce mail avait atterri dans sa boite. Son adresse devait trainer quelque part, sans doute. En tout cas le code en question – puisque à destination des étudiants – émanait sans nul doute de quelqu’un d’autre dans le service informatique, et la logique voulait donc que ce soit le collègue en question qui réponde. Ceci étant dit, rien n’empêchait William d’y jeter un œil avant de transférer le message. Par simple intérêt intellectuel bien entendu.

La pièce jointe était apparemment un simple document texte. Rien de dangereux au premier abord. Et dans le pire des cas, cela faisait longtemps que William ne traitait plus rien venant de l’extérieur qu’à l’abri d’une machine virtuelle dédiée à cet effet. Un premier coup d’œil lui permit d’identifier l’auteur du code. Effectivement, c’était bien un collègue. Quelqu’un de sérieux, pour autant que William pouvait en juger. Bien entendu personne n’était à l’abri d’une erreur, mais en général les outils fournis aux étudiants étaient un minimum relus. Il serait donc fort étonnant qu’une erreur grossière ait pu s’y glisser.

Le code était court, ce qui ne voulait rien dire en soit mais permettait à William de l’afficher entièrement à l’écran. Un simple outil de transformation de texte, pour gérer les problèmes d’encodage des caractères accentués. Rien de bien sorcier à première vue, mis à part qu’encore une fois l’auteur n’avait pas choisi la manière la plus facile d’y arriver. A croire que pour de nombreux développeurs, l’adage « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » était promu au rang d’axiome. Mais ce n’était pas cela qui surprit William. La correction proposée par l’étudiant n’était rien de plus que le remplacement d’une valeur numérique par une autre. Classique. La seule question était : Que diantre cela pouvait-il bien corriger ?

Une recherche rapide lui apporta une réponse, qui le laissa perplexe. L’amélioration proposée remédiait à une mauvaise prise en charge de certains caractères. Les háček étaient interprétés comme des brèves, ce qui posait un problème si vous écriviez… en tchèque. William se gratta nerveusement la tête. On lui avait déjà fait des coups tordus, mais de ce genre c’était une nouveauté. Ou alors…

Le serveur administratif de l’université était bien pratique pour répondre à certaines questions. Quelques secondes plus tard William avait une réponse, qui ne l’avançait guère. Rien dans le dossier de ce Douglas Ramsey ne laissait supposer qu’il connaissait le tchèque. Evidemment, ces dossiers étaient loin d’être détaillés. L’université n’était pas le FBI. L’espace d’un instant, William le regretta. La somme d’informations que cette agence pouvait avoir à sa disposition devait être… intéressante ! Mais peut-être serait-il possible de simplement en savoir un peu plus sur cet étudiant en cherchant tout simplement sur les réseaux publics ? Il était hallucinant de voir tous les renseignements que les gens laissaient trainer sur les réseaux sociaux. A l’instant où William allait lancer sa recherche, il interrompit son geste.

* Non mais cela ne va pas bien dans ta tête non ?
* Pourquoi ? Collecter des informations ne nuit à personne.
* Techniquement non. Mais le principe ne te gène pas un peu aux entournures ?
* Pas plus que cela non. Et puis je ne me suis pas gêné pour le faire au sujet de cet Alan. Tu n’a rien trouvé à y redire à ce moment-là non ?
* Oui… mais non. Ce n’était pas la même chose tout de même !
* En quoi est-ce que ce serait différent ? Je ne vais pas aller voir ce Ramsey et lui demander gentiment comment se fait-il qu’il arrive à corriger un encodage en tchèque !
* Pourquoi pas ? Il ne va pas te bouffer !
* Tu sais très bien pourquoi.
* Arrête ! Sors de ta tanière. Ou alors oublie cette histoire.
* C’est stupide.
* Sur ce point-là je suis d’accord.


Avec un grognement, William ferma sa session. Rien ne l’autorisait à farfouiller dans la vie privée d’un étudiant pour satisfaire sa curiosité personnelle. Même si c’était facile. Même si c’était tentant. Demain, il renverrait le message à son collègue et tâcherait d’oublier cette histoire. En attendant, il fallait qu’il dorme.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Une poignée d’heures plus tard, William était à nouveau devant son clavier. Laisser une question sans réponse était quelque chose qu’il avait décidément du mal à faire. Son doigt effleurait nerveusement la touche Enter, tandis que curiosité et raison livraient leur bataille finale dans sa tête. La première l’emporta, provoquant l’envoi de l’e-mail qui demandait à l’étudiant de passer le voir à son bureau pour le remercier. Après tout, quel était le risque ? De perdre le contrôle de la situation ? Que pouvait-il bien se passer dans l’environnement calme et aseptisé de son bureau ? Ces derniers jours, William avait appris à gérer des situations plus stressantes que cela… ou du moins il essayait de s’en persuader.

Après un petit déjeuner léger, William prit la direction de l’université. Le temps était au beau fixe, et la simple chemise blanche qu’il avait revêtue suffisait amplement à le protéger de l’air frais du matin. Il était encore tôt, mais il préférait nettement éviter la cohue des heures de pointe. Evitant avec soin de croiser les passants de trop près, il atteignit le campus, et par la suite le bâtiment du service informatique, sans encombres. Ce ne fut que lorsqu’il fut assis à son bureau – et n’ayant eu à affronter ce jour-ci les salutations enjouées que d’un seul collègue – que son esprit se concentra sur les tâches qui l’attendaient. Il ne savait pas à quelle heure l’étudiant pourrait se libérer, ni même s’il passerait. De toute façon, l’agencement de la pièce était prévu de manière à pouvoir gérer les visites impromptues. La largeur du bureau écartait suffisamment de lui les quelques visiteurs qu’il n’avait pas réussi à dissuader de passer. Bien entendu il avait cette fois-ci invité lui-même ce Ramsey à venir, mais la règle resterait la même. Chacun d’un côté du bureau, et tout se passerait bien.

La journée suivit son cours sans que rien de particulier ne vienne troubler la routine habituelle. Jusqu’à ce que, sur le coup des 16 heures, des coups résonnent à sa porte. Se déplacer pour accueillir ses visiteurs rendait plus difficile de ne pas leur serrer la main en suivant, et William avait donc pris pour parti de ne plus le faire.

« Veuillez entrer je vous prie. »

William se leva néanmoins pour faire signe au jeune homme qui venait d’ouvrir la porte de prendre place sur le fauteuil devant le bureau.

« Refermez la porte derrière vous s’il vous plait. Nous serons… plus tranquilles. »

Il s’agissait bien du jeune Ramsey. La photographie de son dossier universitaire ne laissait guère de place au doute. William tenta de se montrer aimable en affichant un sourire discret tandis qu’il se rasseyait. Après tout, c’était lui qui avait invité l’étudiant à passer.

« C’est sympathique de votre part de vous être déplacé. Je voulais vous remercier de votre… contribution… à l’amélioration des outils que nous proposons aux étudiants. Il est assez peu fréquent… d’obtenir ce genre de participation. »

Malgré l’environnement sécurisant de son bureau, William était mal à l’aise. Il essayait tant bien que mal de le dissimuler, mais autant être assis lui permettait de se détendre physiquement, autant son trouble de langage reprenait le dessus.

« Toutefois, je dois vous avouer que votre message m’a laissé quelque peu… perplexe. Bien entendu, une erreur résiduelle dans nos scripts est toujours… possible… et il est important d’avoir des retours des utilisateurs. Cependant… »

Etre direct était quelque chose de difficile pour William. Pourtant, quelqu’un lui avait dernièrement conseillé d’appliquer cette méthode quand il désirait savoir quelque chose. Quelqu’un qui avait pris une place particulière à ses yeux. Peut-être était-il temps de commencer à appliquer ses préceptes autrement qu’en sa présence. William prit une discrète inspiration.

« Je me demande par quelle démarche vous êtes-vous rendu compte de ce souci d’encodage ? Je sais bien que les problèmes d’accents sont… récurrents… mais ceux concernés ici sont très peu usités. »

Bon. Pour une fois il n’avait pas mis deux heures à arriver au sujet qui l’intéressait. Satisfait, William jeta discrètement un coup d’œil plus approfondi en direction de l’étudiant. Mis à part un air un peu fatigué – ce qui paraissait logique après une journée de cours – rien de notable. Tout en se laissant aller contre le dossier derrière lui, William attendit la réponse du jeune homme.
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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Un bug dans la Matrice [William Baley]   Sam 9 Mar - 22:19


    Quelques secondes après avoir frappé à la porte, Doug entendit une voix masculine lui demander d’entrer. Ce qu’il fit donc afin d’arriver dans un bureau qui semblait bien rempli, mais paradoxalement comportait assez d’espace pour éviter toute crise de claustrophobie. Il balaya la pièce du regard et se dit que ce devait être un endroit agréable pour travailler. Peu de distractions, pas de sentiment d’oppression… Son regard s’arrêta naturellement sur un homme qui s’était levé pour l’accueillir. L’employé de l’université semblait savoir qui il était car il demanda à Doug de s’asseoir. L’adolescent tiqua un instant. Il était sûr de ne jamais avoir rencontré cette personne, pourtant il semblait faire comme s’il le connaissait. Les gens agissaient-ils toujours comme ça à l’université. Ne se présentaient-ils pas ? Ce n’était pas tant le problème de l’identité qui dérangeait Douglas, d’une certaine manière ils s’étaient déjà présentés par mail, mais d’un point de vue sociologique, le jeune mutant avait jusque-là la certitude que les présentations faisaient partie des codes à respecter lors d’une première rencontre. Lui qui pensé avoir pris ce fait comme étant un acquis, le voilà bien chamboulé. Et toute une théorie à revoir maintenant…

    Docilement, Doug fit se qu’on lui demanda, il ferma la porte et s’installa sur le fauteuil qu’on lui avait désigné. Intérieurement, il commençait à se demander ce qu’il pouvait bien faire ici, il avait pourtant passé assez de temps avec l’administration requise par les inscriptions universitaires pour ne pas être pressé de renouveler l’expérience. Cela dit, le mail de réponse l’avait intrigué, il pensait que cette rencontre lui permettrait de parler informatique dans un cadre non pédagogique et avec un professionnel, une expérience qui ne pourrait qu’être intéressante aux yeux de Cypher. D’autant plus qu’elle ne demandait aucun travaux pratique, une aubaine car il était un peu fatigué de s’esquiver pour empêcher son pouvoir de le transformer en machine à codes. Cependant, en entrant dans se bureau, il se rappela que les relations sociales n’étaient pas son fort et qu’il avait toujours des difficultés à ce niveau. Les bienfaits apportés par Calisto s’étant pour la plupart envolés dès le départ de ce dernier.

    Logiquement, Doug devait se trouver face à monsieur William Bailey, l’homme qui avait répondu à son mail et qui l’avait invité ici. Un homme normal en apparence, mais le jeune mutant sentait qu’il y avait quelque chose de bizarre dans la façon dont il parlait. Un peu comme s’il manquait de souffle ou qu’il luttait contre une sorte de bégaiement. Loin de lui l’envie de mettre le doigt sur des détails qui, potentiellement (il l’avait lu), pouvaient déranger les personnes concernées si on leur faisait remarquer. La communication n’étant pas bloquée par cette particularité, Doug décida de ne pas en tenir compte, même si, pour une raison qui lui échappait, il avait l’impression d’être responsable d’une sorte de malaise chez son interlocuteur. Mais il était trop fatigué pour pouvoir se permettre d’analyser des choses qui étaient hors de son domaine. Le mieux était de s’en tenir à la logique.

    En réponse aux remerciements de cet homme, Doug ne produit qu’un simple hochement de tête affirmatif. Ayant cette impression inexplicable que monsieur Bailey éprouvait des difficultés à s’exprimer, il préféra ne pas l’interrompre et même ne pas prendre la parole tant que son interlocuteur ne lui demande pas. Au lieu de parler, Douglas essayait de comprendre pourquoi il avait été convié ici. De toute évidence, de par ses difficultés d’élocution, William Bailey ne voulait pas seulement le remercier de vive-voix, un simple mail aurait largement suffit, il devait donc y avoir autre chose. Non sans mal, son hôte y vint et l’interrogea sur la façon dont il avait procédé pour déceler le problème dans le codage. Doug fut relativement surpris, il pensait qu’il s’agissait simplement d’une erreur d’étourderie et que donc le groupe de maintenance préfèrerait ne pas l’ébruiter. Mais les employés, ou en tout cas celui-ci, semblaient plutôt curieux et avides d’amélioration, ce qui dans le fond était plutôt normal dans un lieu comme celui-ci.

    – Oh…

    Après cette petite exclamation de surprise, Doug détourna automatiquement les yeux. La question en elle-même n’avait rien d’embêtant, mais il devait réfléchir un minimum à sa réponse. Certes, l’université savait qu’il résidait actuellement à l’institut Xavier, il était même fiché en tant que mutant, mais il ignorait si cet homme était au courant et il ne voulait pas prendre le risque de l’annoncer à un parfait inconnu juste pour satisfaire sa curiosité informatique. Cela dit, Douglas n’était pas un grand adepte des mensonges. A moins d’y être forcé, il préfèrera contourner la chose ou encore donner de partiels éléments de réponse. Se voyant mal tourner la conversation vers la météo, Cypher opta pour sa seconde technique. Etrangement, sa réponse fut formulée de manière similaire à celle de son interrogateur par un processus de mimique inconsciente combiné à une maladresse sociale naturelle chez le garçon.

    – Eh bien… j’ai simplement jeté un œil au codage que votre équipe à envoyé. Et c’est là que j’ai remarqué… une imperfection. J’ai testé le code pour trouver l’erreur… Je savais qu’elle se trouvait au niveau des symboles alphabétiques alors j’ai essayé tous ceux que je connaissais.

    Doug s’arrêta là, conscient que monsieur William lui avait seulement demandé comment il avait repéré l’erreur, pas comment il l’avait résolue. Conscient également que ces explications étaient un peu hasardeuses, il ajouta avec une voix pas très assurée qui se termina en une tentative de sourire et de légèreté :

    – Je dois avoir eu un coup de chance…

    Pour sûr, c’était une chance pour qu’une équipe de maintenance tombe sur quelqu’un avec des capacités comme celles de Cypher. Ce dernier n’était toutefois pas sûr que le terme « chance » contienne autre chose qu’une définition purement attachée à la notion de hasard. Du moins dans le cas présent. Dans une vaine tentative pour dévier la conversation dans une direction moins délicate, il demanda :

    – Est-ce que le code que je vous ai envoyé pose des problèmes ?

    Question dont il n’avait absolument pas besoin de réponse, sachant que son pouvoir lui avait assuré la perfection dans son travail. Restait à voir si elle allait tenir son rôle et lui permettre d’échapper à une série de questions dont il préférait ne pas donner les vraies réponses.


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William Baley
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MessageSujet: Re: Un bug dans la Matrice [William Baley]   Mar 21 Mai - 6:37

Le jeune homme qui avait pris place devant lui ne semblait pas perturbé plus que cela par le fait de se retrouver ici. D’accord, il n’avait aucune raison particulière de l’être, mais les rares étudiants que William avait pu – ou plus précisément dû – faire venir dans son bureau s’étaient montrés soit mal à l’aise, soit surexcités. Celui-ci semblait… William hésitait sur la qualification à lui donner… éteint ? Bien que curieuse, c’était la description qui paraissait le mieux convenir. Et il ne s’était pas attendu à cela.

L’étudiant l’avait laissé dérouler jusqu’au bout son entrée en matière, sans plus de réactions qu’un hochement de tête. N’étant pas très doué pour les relations humaines, William préféra ne pas se soucier davantage de l’attitude de son interlocuteur, et ce d’autant plus que celle-ci l’arrangeait bien. Avoir à gérer des démonstrations émotionnelles était tout sauf ce qu’il appréciait. En un sens, cela le rassurait sur le fait que convoquer cet étudiant n’était pas une si mauvaise idée. La curiosité était un vilain défaut d’après l’adage. Pour une fois, cela ne semblait pas vouloir lui revenir dans la figure.

Seule sa dernière question sembla faire réagir le jeune homme. Voir même l’embarrasser un peu à en juger par sa façon de détourner les yeux. Etonnant. William avait essayé d’être direct – chose qui n’était jamais simple pour lui – mais il n’avait pas pensé que sur un sujet aussi technique cela puisse poser un problème. Comme quoi la nature humaine pouvait réserver bien des surprises. Mais cela, ce n’était pas nouveau pour lui. Ce qui était ennuyeux, c’était quand il n’arrivait pas à les éviter. Heureusement, rien ne laissait présager que cette fois-ci cela prête à conséquence, mais il valait mieux être vigilant. Au pire, William avait toujours la possibilité de renvoyer l’étudiant à ses études avec un peu plus de précipitation que nécessaire. Cela ne serait pas la première fois qu’il passerait pour le lunatique de service.

Autre élément positif : William n’avait pas à simuler l’intérêt qu’il portait à la réponse de Douglas. Ce fut donc avec attention qu’il l’écouta commencer à expliquer par quel moyen il avait trouvé la correction à effectuer. Impassible – une des rares choses qu’il savait faire parfaitement – William ne laissa pas transparaitre son impatience. Il n’avait pas obtenu la réponse à sa question. En effet, il n’avait pas demandé la façon dont le jeune homme avait corrigé l’anomalie, mais comment il s’était rendu compte qu’elle existait. C’était cela qui intéressait William. Le reste… c’était amusant, sans plus. Comme réaliser une recette de cuisine. On peut apprendre beaucoup en suivant celles des autres, mais le but final reste d’arriver à créer les siennes. Ici, ce qui l’intéressait était la démarche qui avait amené l’étudiant à trouver l’erreur.

Comme William ne voyait aucune raison qui amènerait le jeune homme à éluder sa requête, il pensa que comme à son habitude il ne s’était pas montré suffisamment précis. Rien de bien nouveau. Il avait fini par s’habituer à son inaptitude à communiquer. D’ailleurs le jeune Douglas ne semblait pas très confiant non plus sur ce point-là, ce qui ne manqua pas d’amuser William.

* Tiens. Lui aussi semble avoir du mal à trouver ses mots.
* C’est souvent ce qui arrive quand on est mal à l’aise. Tu crois que tu l’impressionnes ?
* Je ne sais pas. C’est possible. Peu probable. Il est peut-être juste timide ? Je sais ce que c’est.
* Non, toi tu bafouilles simplement parce que tu es un crétin. C’est différent !


Préférant éviter un nouveau conflit avec lui-même, William se reconcentra sur les propos de Douglas, qui mentionnait un « coup de chance ». Effectivement, tenter toutes les possibilités était une technique possible pour résoudre un problème. Ce n’était pas la plus subtile, ni en général la plus rapide, mais c’était la plus simple. Cependant, il n’était pas plus avancé concernant ce qui l’intéressait vraiment. Forcément, il allait falloir ramener cela sur le tapis. Après-tout, il n’avait pas fait venir cet étudiant pour le plaisir d’avoir de la compagnie.

William avait beau ne pas être très doué pour les relations humaines, il était persuadé que quelque chose dérangeait Douglas. Mais quoi ? Si cette invitation le dérangeait, pourquoi l’avoir acceptée ? Après tout, William n’était qu’un membre comme un autre du département informatique, pas un enseignant ou quelqu’un pouvant avoir une influence quelconque sur le cursus universitaire de l’étudiant. Rien ne pouvait donc empêcher ce dernier de refuser poliment de venir le rencontrer si cela ne lui convenait pas.

– Est-ce que le code que je vous ai envoyé pose des problèmes ?

William hésita un instant. Etait-ce cela qui avait amené ce jeune homme à venir ? Une inquiétude sur son travail ? Ce serait une raison tout à fait acceptable, qui expliquerait qu’il se soit forcé à se déplacer.

« Non. Absolument aucun. Simplement… de la curiosité. »

Ce qui était absolument vrai. William avait souri en disant cela. Pendant un instant, il se revoyait à la place de ce garçon, quelques années plus tôt, avant que sa vie ne parte en éclat. Etait-il possible de retrouver une partie de l’insouciance de cette époque-là ? Il y a peu, il aurait donné très cher pour cela, pour pouvoir revenir en arrière. A présent, il n’en était plus certain. La culpabilité le rongeait toujours, mais le prix à payer pour rayer ses dernières années de sa vie était soudain devenu… exorbitant. Rencontrer Emma avait tout changé.

Regagnant à la réalité, William se demanda si, avant d’en revenir à ce qui l’intéressait, il serait possible de faire en sorte que ce garçon se détende un peu. En ce qui le concernait, la seule chose qui l’amenait à être plus bavard était de l’amener sur un sujet technique. Il ne s’était pas lancé dans l’informatique pour rien. Sachant que Douglas – il l’avait lu dans son dossier universitaire – suivait un cursus d’ingénierie dans ce domaine, peut-être que le lancer sur ce sujet aurait le même effet ?

* Tu sais… tu aurais un autre moyen de le persuader de se détendre.
* Même pas en rêve !


William s’étonna lui-même d’avoir eu une idée pareille, et la rejeta avec une sorte de véhémence intérieure qui provoqua une légère crispation de sa main. Il avait auparavant eu l’idée d’utiliser son pouvoir sur d’autres personnes, mais toujours dans un but louable, du moins de son point de vue. Soit pour les aider – il n’avait jamais franchi le pas – soit pour apprendre à domestiquer ses capacités et ainsi empêcher son pouvoir de se déclencher n’importe comment, ce qu’il avait toujours strictement limité. Déclencher sa mutation par intérêt personnel ? Non. Ce n’était pas acceptable. Certainement pas.

Croisant ses bras dans le but inconscient de masquer sa petite tension passagère, il reprit d’une voix posée.

« J’ai vu que vous suivez le cursus d’ingénierie informatique. Cela vous plait ? »

Bla bla bla. Question bateau s’il en était. C’était nullissime. Mais bon, le but n’était pas de philosopher.

« Y a-t-il une branche que vous préférez ? Les débouchés sont nombreux, mais certaines voies sont plus… ouvertes… que d’autres. »

Nouvelle tentative, tout aussi pitoyable que la précédente. Et en plus il se remettait à chercher ses mots. Il était temps de revenir aux choses sérieuses.

« Je suppose qu’en algorithmie vous avez déjà abordé certaines méthodes. En tout cas la technique « brute force » vous est connue. »

L’allusion à la technique que le jeune homme avait utilisée pour trouver la correction était claire, et William avait usé d’un ton relativement jovial pour que cela ne soit pas pris pour un reproche dissimulé.

« En recherche de bug, vous avez dû être formé à différentes méthodes. En avez-vous utilisé une plus particulièrement pour identifier le problème dans notre script ? Une méthode formelle peut-être ? »

Le piège était grossier. Les méthodes formelles permettaient de vérifier qu’un algorithme était correct, pas qu’un crétin l’avait codé de travers. Si l’étudiant mordait à cet hameçon, soit il n’avait vraiment rien suivi en cours, soit il ne voulait pas répondre. La discussion tournerait alors court, William n’ayant pas l’intention de passer le reste de la journée à le cuisiner. Si ce garçon ne se laissait pas prendre, le risque était que William passe pour un incompétent capable de suggérer une hérésie pareille, ce qui ne serait pas dramatique. Il était parfaitement capable de s’asseoir sur son amour propre quand le besoin se faisait sentir. Après tout, son but était de découvrir comment Douglas avait procédé, pas d’étaler son propre savoir.
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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Un bug dans la Matrice [William Baley]   Jeu 23 Mai - 14:27


    Le problème lorsqu’un cerveau fatigué se mettait à tourner à toute vitesse et qu’en plus il tournait sur une route qu’il ne maîtrisait pas vraiment – à savoir les rapports humains – son efficacité se retrouvait fortement diminuée. C’était comme s’attaquer à une équation particulière sans connaître la formule adéquate pour la traiter. Certes, dans le cas de Douglas, la formule venait instinctivement de part son pouvoir mutant mais la situation présente n’ayant rien à voir aux mathématiques, la comparaison se retrouvait limitée. Ainsi donc, il n’était pas là à cause d’une erreur de sa part. Tant mieux pour son égo, dommage pour la déduction qu’il croyait avoir faite. Comme quoi, avoir Edward Livingston comme tuteur, c’était bien pour apprendre à raisonner, mais encore fallait-il être doué. Là, Doug avait l’impression de réfléchir dans le vide. Il décida donc de laisser tomber, d’arrêter d’essayer de deviner ce qui pouvait bien se passer dans la tête de monsieur Baley – s’il n’était pas télépathe, c’est qu’il y avait une bonne raison – et choisit de garder son énergie pour défendre ses propres intérêts si jamais ils se trouvaient menacés. Chose qui était possible car il semblait que sa présence soit justifiée par une curiosité de la part de l’informaticien. De la curiosité purement intellectuelle probablement, mais Douglas avait tout de même l’impression de se retrouver à la place d’une souris de laboratoire ce qui n’était pas franchement agréable et qui n’était probablement pas avéré. Avant, le jeune homme n’aurait jamais réagit comme ça... mais c’était avant... Maintenant qu’il avait vécu à l’institut Xavier, qu’il avait apprécié sa condition de mutant et qu’il avait été kidnappé, c’était différent. Il ne répondit rien et se contenta de hocher la tête une fois, sans grand enthousiasme. Il déglutit discrètement.

    Son interlocuteur croisa maintenant les bras avant de poser une question plus banale et plus personnelle qui donna à Douglas le sentiment de passer un entretien quelconque, ou encore une fois de faire face à un scientifique avide de pratiquer des expériences sur lui. Le jeune homme chassa cette dernière image qu’il savait insensée avant de fournir une réponse claire, détaillée et, d’un point de vue lexical, particulièrement étoffée : il hocha la tête... en esquissant un air satisfait cette fois. Mouvement de tête sincère car ce qu’il apprenait à l’université lui plaisait réellement, la seule chose qu’il regrettait peut-être, c’était de devoir dissimuler ses capacités réelles, mais ça, l’institut l’y avait préparé. Même s’il ne possédait pas le pouvoir d’éternuer de la lave, les enseignants avaient fourni un minimum d’effort pour lui apprendre des techniques afin d’éviter qu’il entre en mode machine à décryptage en public. L’université lui permettait maintenant de les mettre en pratique au quotidien. Mais qu’est-ce que ça pouvait être frustrant. Pour enchaîner dans cette voix sans faire de commentaire sur le manque d’interaction de la part de Douglas (se dernier remerciait intérieurement cette attention de la part d’un inconnu, peut-être que William était un peu comme lui en fait...), l’informaticien orienta la conversation vers la carrière de l’étudiant. Vaste sujet.

    – Pas vraiment, tout m’intéresse... J’aimerais bien travailler dans la création ou la maintenance de logiciels... Quelque chose d’utile.

    Réponse vague et très bateau, car bien sûr, quelqu’un qui suit de telles études va forcément s’occuper de logiciels. Mais tout résidait dans le mot utile, maintenant l’information qui manquait était une précision : Doug voulait se rendre utile pour les mutants, pour les X-men. Créer des programmes pour les aider à accomplir leurs tâches et missions, mais ça, il ne pouvait pas vraiment le préciser. Quoique...

    – Peut-être dans la criminologie...

    Doug ne doutait pas du fait qu’il voulait tout faire pour éviter qu’une tragédie comme celle qui eut lieux dans les entrepôts se reproduise, ou au moins punir les coupables. S’orienter dans cette branche serait donc une bonne idée. Peut-être pourrait-il devenir une sorte d’Abby de NCIS ou encore une Garcia dans Esprits Criminels. Ca lui plairait bien, l’idée faillit le faire sourire lorsque la référence à Esprits Criminels le fit penser à un autre évènement triste : une rumeur circulait selon laquelle une élève de l’institut aurait été violemment attaquée par un psychopathe au sein même de l’établissement. Doug ne savait pas de qui il s’agissait, mais rien que de savoir cela, il fut presque parcouru de frissons et l’envie de sourire disparue comme neige au soleil, laissant place à une expression sérieuse, en attendant la suite. Car après tout, monsieur Baley n’était pas, d’après ce que le jeune Ramsey savait, un conseiller d’orientation. Doug chassa les pensées sombres qu’il venait d’avoir et qui avaient probablement teinté son expression pour se concentrer sur la suite. Maintenant, ils revenaient sur le codage et la technique employée par le jeune homme pour trouver la petite bête. Il commenta la méthode employée par l’étudiant ce qui fit sourire ce dernier, nullement gêné. Il eut envie de préciser qu’il s’ennuyait ce soir-là mais se ravisa, jugeant une telle information trop peu modeste et pas vraiment avérée. Mais comment pouvait-il dire qu’il avait vu l’erreur comme on voit un nez au milieu d’une figure ? Un début de réponse se formait dans son esprit lorsque William enchaîna avec une autre question de méthodologie un peu bizarre. Doug n’aurait pas été aussi interloqué si le professeur Logan s’était mis à parler de théorie quantique dans ses cours. Il fronça les sourcils mais se dit rapidement qu’il s’agissait peut-être d’un test. William voulait-il vérifier si Doug avait corrigé le code tout seul ou s’il avait été aidé par un vrai expert en informatique ? Drôle de raisonnement, car après tout, Doug suivait des études qui indiquaient qu’il était parfaitement capable de venir à bout à ce genre de problème par lui-même. Mais là, on entrait dans un raisonnement socio cognitif, ce qui était loin d’être son fort, rappelons-le. Le jeune mutant se contenta donc de répondre à la question. D’abord de façon parfaitement claire et catégorique :

    – Non bien sûr. Puis de façon moins certaine car l’idée n’avait pas encore complètement mûrie dans son esprit : Je n'ai pas utilisé de méthode particulière. Disons que... c’est un peu comme ces gens... vous savez ceux qui peuvent visualiser les choses en 3D de façon instinctive... des architectes par exemples. Moi c’est un peu pareil... mais avec les codes. J’ai l’œil...

    Il s’arrêta là avec un air gêné sur le visage. Pour le coup sa réponse n’avait rien de modeste. Et il n’aimait pas vraiment étaler ses capacités, surtout devant des inconnus. Mais au moins, il n’avait pas mentionné de faculté mutante et son explication tenait debout... enfin d’après lui. Après tout il existait des gens naturellement doués en mathématiques, d’autres en psychologie, d’autres en sports... Les chances pour que William découvre le pot aux roses étaient plutôt minces. Dommage que Doug ait l’air aussi mal à l’aise. En plus, il ne manquerait plus qu’on lui demande une démonstration...

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William Baley
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MessageSujet: Re: Un bug dans la Matrice [William Baley]   Ven 2 Aoû - 15:26

S’il souhaitait travailler dans le monde du logiciel, ce jeune homme avait bien choisi sa voie. Mais William avait tendance à penser que comme ambition cela faisait un peu mince. Heureusement, Douglas précisa rapidement sa réponse, qui fit sourire intérieurement William. Quel enfant n’avait jamais été tenté par les mystères et les enquêtes ? Mais pourquoi pas. Pour autant qu’il le savait, les places dans ce genre de métier étaient chères, mais avec du talent et un peu de chance, tout était possible. L’étudiant ne paraissait pas plus convaincu que cela par sa réponse, mais cela n’avait guère d’importance. Ces questions n’avaient eu pour objectif que de détendre l’atmosphère. William n’était pas persuadé d’y être parvenu, mais il était hors de ses possibilités de continuer à bavarder sans but. Et de toute façon il était bien trop pressé d’en arriver à ce qui l’intéressait vraiment.

Le petit piège qu’il avait tendu était grossier. Mais il n’en attendit pas moins la réponse de Douglas avec un intérêt qu’il dissimula d’autant moins qu’il était parfaitement logique. Celle-ci arriva, et le laissa un peu perplexe. L’étudiant nia avec véhémence avoir exploité la méthode proposée par William – totalement inadaptée au contexte – ce qui était une bonne chose, mais prétendit ne pas en avoir utilisé une autre. Bien entendu, ce n’était pas impossible. C’était juste hautement improbable. La suite de son explication fut plus embrouillée. Pour un peu William aurait cru s’entendre parler. Ainsi ce garçon serait simplement doué. La façon dont il avait présenté la chose ne le rendait pas prétentieux. Au contraire, on l’aurait presque cru défaitiste. Cela poussait William à le croire, d’autant plus que cela cadrait bien avec la situation. En général, on appliquait une méthode pour identifier une erreur quand on savait qu’il y en avait une. William n’imaginait personne – et encore moins un étudiant qui devait avoir autre chose à faire dans sa vie – en train de se dire « tiens, je me lirais bien un petit script système histoire de voir si je peux trouver un bug ». Qu’il soit tombé dessus par hasard et que cela lui ait attiré l’œil, voilà qui était plus logique. Fort curieux… mais crédible, tout du moins si l’on acceptait le fait que ce garçon soit doté de sacrées capacités. William était tout à fait prêt à l’admettre, mais quelque chose le gênait. Primo, croire les gens sur parole n’était pas vraiment dans ses habitudes, surtout quand il s’agissait du travail. Secundo, ce garçon paraissait mal à l’aise, ce qui pouvait être dû à plusieurs raisons mais pouvait également masquer autre chose. Tout cela faisait que William ne savait toujours pas vraiment à quoi s’en tenir. Cela n’avait aucune espèce d’importance, et l’entretien avec l’étudiant pouvait tout à fait s’arrêter à ce stade. Mais intellectuellement parlant ce serait totalement insatisfaisant. Et l’occasion de tomber sur un passionné d’informatique, doué, et qui de surcroit ne se comportait pas comme un excité ne se laissait pas passer, si elle s’avérait vraie. Là était toujours la question.

A moitié songeur, le regard de William divaguait un peu… jusqu’à ce qu’il se pose sur trois piles d’imprimés posés sur un meuble près de la porte de son bureau. Un petit sourire germa sur son visage. Il tenait peut-être là un nouveau moyen de savoir ce qu’il en était. William regarda ostensiblement sa montre et tenta de feindre la surprise.

« Oh. Je vous prie de m’excuser quelques minutes, je n’ai pas vu passer le temps et je dois régler une petite affaire de service. Je n’en ai pas pour longtemps. Si vous voulez vous distraire… et si cela vous intéresse… vous pouvez jeter un œil sur ces quelques énoncés d’exercices. Vraiment désolé de cette… interruption. »

Tout en parlant, William avait désigné les feuilles empilées d’un geste de la main. Puis avant que son visiteur puisse répondre, il s’était dirigé vers la porte et l’avait franchie, la refermant derrière lui. Aucun risque à laisser l’étudiant seul, car tout ce qui pouvait avoir de l’importance était sous clef et son terminal était verrouillé. Il lui fallait juste trouver à s’occuper cinq minutes tout en donnant le change à ses collègues de service. Circuler dans les couloirs avec un air affairé et suffisamment renfrogné pour qu’on ne le dérange pas de façon futile devrait suffire, et de plus il en avait l’habitude. Il s’y attela donc.

Les énoncés qu’il avait proposés à Douglas étaient des reliquats d’exercices de travaux dirigés de codage en différents langages de programmation. Cela allait du Java à l’assembleur, en passant par le C, Scheme et Prolog. Bref, que du plaisir. Ce qui était moins évident résidait dans le fait que les trois piles étaient issues de la même formation, mais à trois niveaux différents, du débutant au spécialiste, ce qui n’était pas indiqué sur les énoncés. Il ne s’agissait ici que d’énoncés d’exercices, pas d’examens. Du coup, William attendait avec impatience de voir auquel Douglas se serait attaqué, si toutefois ce dernier se laissait tenter. Ce serait encore plus amusant si l’étudiant trouvait une nouvelle erreur. C’était peu probable, ces énoncés étant particulièrement vérifiés par les enseignants qui les créaient. Mais William s’était contenté de mettre de côté les surplus d’impressions, sans vraiment y jeter un œil. Du coup il ne connaissait que partiellement leur contenu.

Cinq bonnes minutes étaient passées, et William posa la main sur la poignée de la porte de son bureau. L’instant de vérité était arrivé ! William s’amusa une brève seconde de son petit jeu un peu puéril. Si cela se trouvait, Douglas était resté assis sans rien faire sur sa chaise à l’attendre. Ou même en aurait profité pour battre en retraite après s’être retrouvé planté par un individu fort peu courtois, ce qui serait encore moins courtois mais restait dans le domaine des possibles. Il tourna la poignée et poussa la porte.

« Veuillez m’excuser encore une fois pour l’attente. »
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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Un bug dans la Matrice [William Baley]   Sam 7 Sep - 12:36


    Mal à l’aise à l’idée de mentir sur ses capacités, Doug faisait de son mieux pour se montrer convainquant mais ce n’était pas sa spécialité. Finalement, monsieur Baley décréta qu’il avait quelque chose d’urgent à faire. L’étudiant s’apprêta alors à se lever pour prendre congé, mais son interlocuteur lui assura qu’il n’en avait pas pour longtemps et le pria de patienter un peu. Il lui proposa également de passer le temps en jetant un coup d’œil à une pile de copies. Le piège était grossier... Il voulait manifestement tester ses capacités. Doug ayant l’habitude de méthodes pédagogiques plus tordues – via son cher tuteur – il n’eut aucun mal à deviner ces intentions. Chat échaudé... Cela dit, s’il savait où William voulait en venir, il ne savait pas trop comment réagir. Si bien qu’il n’eut pas le temps de répondre que son hôte avait quitté le bureau.

    Voilà maintenant que Doug se retrouvait seul et confronté à un dilemme ; jouer le jeu ou non. D’un côté il était curieux de voir avec quels outils monsieur Baley comptait le tester, mais d’un autre, il jugeait plus prudent de dissimuler ses capacités car elles étaient trop liées à sa mutation... d’autant plus que ses pouvoirs ont déjà était mis à rude épreuve aujourd’hui. Non la prudence était le meilleur choix. Tandis que ce débat intérieur se déroulait, le corps du jeune homme gesticulait sur la chaise. Il n’arrêtait pas de changer de position et lançait régulièrement des coups d’œil en direction de la pile de copies. Evidemment, la curiosité l’emporta et il tendit le bras pour approcher les documents, décidant de se contenter de les feuilleter rapidement.

    Il y avait trois types d’énoncés dont la difficulté était croissante. La première catégorie que Doug rencontra était la plus facile, il n’avait même pas besoin de ses pouvoirs pour trouver les réponses. La deuxième était plus délicate, mais il ne s’arrêta pas dans son geste même si après les avoir toutes faites défiler, il avait mentalement trouvé les résultats des calculs présentés. Le dernier énoncé en revanche était plus délicat et mettait ses facultés à rude épreuve. Les codes étaient complexe, un peu trop pour son pouvoir qui avait du mal à visualiser la chose. Sans s’en rendre compte, car son pouvoir mutant s’était bien réveillé et l’avais mis en mode robot, Doug s’empara d’un stylo posé sur le bureau et s’attaqua aux exercices. C’étaient là les plus durs qu’il avait rencontré à ce jour, mais il finit par en vaincre deux, corrigeant les codes proposés ou encore en énonçant ceux qui permettraient de répondre au problème posé. Sa main commença à guider le stylo vers le troisième exercice lorsqu’elle reçut une goute de liquide rouge brun. L’esprit de Doug se déconnecta de l’énoncé pour observer cette tâche et lorsqu’elle fut suivie de plusieurs autres, son pouvoir s’arrêta. Cypher réalisa qu’il saignait du nez car il avait trop forcé sur son pouvoir. Malheureusement, le déferlement commença ensuite à s’étendre sur une partie de la copie qui lui faisait face.

    – Oh non...  

    A peine avait-il commencé à – à la fois – essayer d’arrêter l’écoulement et de nettoyer le bureau que la porte s’ouvrit laissant apparaître William Baley qui s’excusa pour son absence. Le regard coupable, le nez encore plein de sang et les mains rouges écarlates, Douglas essaya de s’expliquer.

    – Désolé je...

    Mais il fut interrompu par un intense mal de crâne qui lui donna le vertige et le fit tomber de sa chaise car il s’était retourné trop vite pour voir l’occupant du bureau revenir dans son lieux de travail. A genoux par terre, le jeune homme essayait maintenant de se relever, mais l’action était plus délicat qu’elle n’y paraissait, surtout parce qu’il essayait du mieux qu’il pouvait de ne pas trop salir les lieux avec son petit problème physiologique.
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