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 L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]

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Salem Cordova
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MessageSujet: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mar 22 Jan - 19:59

« Et là, elle s'est arrêtée, comme ça, en plein dans les embouteillages. »
«»
« C'était vraiment embêtant, vous savez, ils se sont tous mis à klaxonner derrière moi. »
«»
« Vraiment embêtant, et puis j'avais des rendez-vous, des rendez-vous très importants, c'est que j'ai des responsabilités, vous voyez, et puis… »

Salem observait le moteur sous ses yeux en essayant de se concentrer malgré l'interminable bavardage du type cravaté planté à côté de lui. On lui avait pourtant dit qu'il pouvait repasser chercher son véhicule en fin d'après-midi, mais monsieur exigeait qu'on arrange son problème tout de suite, et voulait rester là, vraisemblablement pour ne pas qu'on la lui raye.Cependant, comme il tenait assez à son Audi pour payer un petit supplément, l'esprit très corruptible de Brad n'avait pas hésité longtemps, et on avait envoyé le stagiaire, bien sûr.

Ça n'avait pas vraiment dérangé Salem, depuis des semaines, il ne voyait que de vieilles carcasses grippées dignes de rivaliser avec la voiture de son fiancé. Il paraît que c'est de saison, les médecins généralistes sont submergés d'appels de pauvres malheureux coincés aux toilettes pour deux ou trois bons jours, et les garagistes voient débarquer chez eux tous les vieux tacots qui démarrent mal à cause du gel. Une Audi encore pimpante, ça changeait, en plus elle n'avait pas grand-chose, ce serait vite bouclé, il se baissa pour fouiller dans sa caisse à outils. Le type se tendit un peu.

« Vous n'êtes pas un peu jeune pour… »
« Je sais ce que je fais, ne vous en faites pas. »
« Je n'en doute pas, mais, c'est une Audi, vous savez. »
« Oui je sais, les voitures, je connais un peu. »
« Mais vous savez combien ça coûte ? »

Rah, il allait l'étouffer avec une clé de douze, sans plus tenir compte de ses remarques inquiètes, Salem s'attaqua aux réparations, à côté de lui, le cravaté semblait frôler la crise cardiaque au moindre petit bruit métallique ce qui déclenchait invariablement une moue exaspérée chez l’adolescent.

Qui se transforma en sourire très, très aimable et absolument ravi quand le charmant monsieur, heureux de voir que son petit bijou d'amour allait mieux, lui donna un beau pourboire. Salem s'empressa de le fourrer au fond de sa poche et retourna faire son boulot sur une des vieilles carcasse qui l'attendait sagement, le sourire aux lèvres, et sans se plaindre un instant de son dernier client. C'était suspect, et Brad ne tarda pas à venir rôder autour de lui, tel une hyène affamée.

« Alors, combien ? »
« Je ne vois pas de quoi tu parle. »
« N'essaie pas de me la faire, ça se voit à ta tête, combien il t'a donné ? »
« Oh, pas grand-chose… »
« C'moi l'patron, j'ai droit aux deux tiers. »
« Tu rêves, fallait y aller à ma place, c'est le jeu. Mais je veux bien partager si tu me bats au basket. »
« … Espèce de fourbe. »
« C'est toi qui dis ça ? »

Bref, c'était la routine qui avait reprit son cours tranquille, depuis que la bande des vainqueurs avait tiré Adam de son guet-apens. Maintenant, Adam l'impliquait plus sérieusement dans ses affaires, et ça commençait par un grand apprentissage pour l'adolescent. La plupart de ses missions s'étaient pour l'instant limité à repérer des endroits pouvant correspondres aux visions de son ami, à déposer tel objet à tel endroit pour qu'à telle heure telle personne le trouve, peut-être, si les circonstances sont réunies. Bon, le concept des futurs qui s'entrechoque continuaient de le perturber…

Spoiler:
 

En gros, pas de mission-suicide dans les tréfonds de New-York pour le moment, et c'était très bien, il faut dire que l'incroyable descente de police dans les petits commerces de Gonzalez et de quelques types dans son genre avait calmé pas mal de monde dans le milieu. Ce n'était pas les jeunes fiancés qui allaient s'en plaindre – Salem devait encore remercier Ulysses, décidément. Ivan, quant à lui, avait plusieurs fois essayé d'en savoir plus sur ce que les grands de la drogue avait pu vouloir à Adam, ou ce qu'Ulysses avait voulu dire en disant qu'il était parfois un héros et ce genre de choses. Lui aussi n'avait pas envie de voir Salem – et Ulysses – brisés par la disparition de l'asiatique, mais Salem s'était bien gardé de partager tous les détails avec lui.

Comme d'habitude, le petit magot qu'il venait d'obtenir ne lui donnait qu'une envie, dépenser, à la pause de midi, après avoir avalé son sandwich et écrasé Brad qui avait voulu tenter sa chance au basket quand même – dès qu'il y a une mise en jeu, on pouvait compter sur lui – il envoya un petit message à Adam, sans appeler pour ne pas le déranger s'il se trouvait en pleine réunion ou repas avec toute une tripotée de cravatés barbants comme son client. Il ne comprendrait jamais comment il pouvait supporter ça.

Salem a écrit:
Tu peux venir me chercher après le boulot ? On ira faire les boutiques ! Ou au restaurant. Ou à la patinoire… Je sais pas trop encore, lol.

Bsx, j't'M :)

Nul besoin d'être devin pour comprendre que le jeune garagiste venait de gagner quelques sous. Après le boulot, Salem partit sur les docks avec son skate, il savait qu'il devait patienter un peu, parce qu'Adam finissait toujours plus tard que lui, qu'il serait sûrement retenu par quelques crétins qui aurait quelque chose de très important à lui dire, là, maintenant, avant de partir, et puis il y aurait les embouteillages. Mais ce n'était pas bien grave, il adorait traîner sur le port de toute façon. Il partit donc en expédition, en regardant les traces au sol pour s'entraîner, tout en multipliant les figures sur son skate même si elles n'apportaient rien à son "enquête".

Le soleil commençait à se coucher sur la vue panoramique de Manhattan quand il sauta par-dessus le terre-plein qui le séparait du parking et se laissa paresseusement glisser jusqu'à l'entrée. Quelques minutes plus tard, la vieille carcasse arrivait au loin. Elle démarrait encore, elle. Cette voiture devait vraiment être mutante. Il s'assit à côté de son fiancé et lui fit une belle bise.

« J'ai eu un super pourboire aujourd'hui ! Alors on pourrait aller…



ou alors, je pourrais économiser…

On va à H&M ? Juste pour voir.
»
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mer 23 Jan - 10:00

— Mais pourquoi vendre des armes à des pays dont nous sommes sûrs qu’ils nous feront la guerre ?
— …
— C’est à cause des bases aériennes.
— …
— …non ?
— Si. Si, d’une certaine façon. Bon, prenons cette carte.


Martha Orckmann était une talentueuse économiste, une brillante urbaniste, une femme en pointe de son époque pour les questions de société, douée d’une profonde compréhension des industries culturelles et médiatiques, mais s’il y avait bien un domaine qui avait toujours eu tendance à lui échapper, c’était celui de la défense nationale et son conseiller Adam Tenseï n’était pas non plus très versé dans les considérations militaires.

C’était l’un des nombreuses raisons qui avaient conduit à l’embauche d’Ulysses. Certes, les observateurs extérieurs n’eussent pas aisément supposé que l’ange blond était un spécialiste des questions de défense, de géostratégie et de renseignements. Mais le nom Winford évoquait aux plus informés une très longue liste d’amiraux, de généraux et de directeurs d’agence. C’était en quelque sorte une tradition familiale — que le dernier né de la famille tentait tant bien que mal de transmettre à une audience un peu rétive.

Il fallut bientôt se rendre à l’évidence : ce n’était pas ce soir-là qu’il ferait comprendre à sa supérieure et son collègue les failles de la dissuasion nucléaire entre l’Inde et le Pakistan, ni les subtilités assassines de la Françafrique. Les troupes furent finalement libérées et Adam sortit son téléphone pour consulter le message qu’il avait vu éclairer l’écran quelques minutes auparavant, pendant que Martha, pire qu’une élève de lycée, se précipitait vers la sortie de peur de se faire rattraper par une remarque sur la dénucléarisation de Kazakhstan.

Ulysses éteignait son ordinateur pendant qu’Adam pianotait — c’était beaucoup dire — l’un de ses fameux messages laconiques.


Adam a écrit:
OK.

Le blond leva les yeux vers le brun.

— Il va bien ?
— Hmmm ?
— Salem va bien ?
— Oui, merci. Tu… Tu as fini de travailler là, ou tu vas encore faire des trucs ?


Ulysses prit un air aussi dégagé que possible.

— Je vais à l’aquarium.
— C’est un bar ?
— Non, Adam. C’est un endroit avec des poissons.
— Merci, je sais. Mais pourquoi tu vas…


Adam s’interrompit et commenta sobrement.

— Oh, je vois.
— Quoi ?
— Rien rien.
— Arrête de sourire.
— Hmoui. J’y vais.


Une bonne demi-heure plus tard, tandis qu’Ulysses admirait les poissons tropicaux, Adam se garait près des docks. Il n’avait même pas pris la peine de se changer en une tenue plus confortable, et c’était dans l’un de ses costumes-cravates tout neufs qu’il accueillit Salem d’un long baiser, avant de l’observer d’un air rêveur. Manifestement, il n’avait pas enregistré tout de suite les désirs dépensiers de son ami, puisqu’il répondit :

— Tu es tellement beau…

Comme après chaque crise, les deux jeunes gens nageaient dans un nouvel océan de bonheur. Adam avait suivi sagement les conseils d’Ulysses et avait commencé à mettre Salem systématiquement au courant de ses activités : les noms utiles, les stratégies de base, l’organisation de ses dossiers, tout. C’était la première partie de la réforme. La seconde consistait en la recherche de moyens beaucoup plus détournés que les premiers pour résoudre la plus grande partie des visions, afin de ne pas s’impliquer directement.

Bref, les deux fiancés travaillaient de concert. Il fallut quelques secondes à Adam pour sortir de son admirative contemplation, démarrer la voiture et s’engager à nouveau sur la route du centre-ville, qui ne permettait guère à cette heure-là ses habituels excès de vitesse, tant elle était encombré. Il jeta un œil aimablement soupçonneux à son ami.


— T’as réparé une Ferrarri ou un truc comme ça, hein ?

Adam ne faisait guère de commentaires sur les dépenses de Salem. Le couple alimentait le fameux compte commun à proportion de leurs revenus — en pratique, Adam payait les trois quarts de tout, mais ne paraissait guère dérangé par la situation. Il fallait avouer qu’en dehors de cela, il paraissait extraordinairement porté aux économies. Alors Salem pouvait bien profiter de son argent.

Ils se mirent donc à bavarder de choses et d’autres : de la journée au travail, donc de Brad qui continuait ses entourloupes et d’Ivan et Ulysses, des voisins Karl et Bethany qui les avaient invités à dîner, des salles qu’ils avaient repérées pour le mariage, des nouveaux venus à l’Institut, de Hoover qui commençait sérieusement à prendre du poids. A force de patience, ils parvinrent à se garer et, dans les rues inondées par la foule, à trouver H&M — parce que Salem avait un sixième sens en matière de magasins de vêtements.

Comme à son habitude, Adam ne paraissait pas dans son élément, une fois entré dans le magasin. Quelques regards se tournaient vers eux alors qu’ils déambulaient dans les rayons, un peu étonnés par cet étrange duo où l’adolescent à la mode côtoyait apparemment l’homme d’affaires asiatique. Les clients se perdaient une ou deux secondes dans des spéculations sur les liens qui pouvaient bien unir deux êtres de toute évidence si différents, puis retournaient à leurs patientes recherches.

De temps à autre, Adam tirait à tout hasard un cintre d’un rayon, observait sans conviction un vêtement et le reposait. Il esquissa une moue et avec une obstination parfaite déclara :


— C’est pas juste. Toi, tout te va, mais moi, j’ai pas le même… J’sais pas. T’as de la chance.

Il prit un pantalon, qui à ses yeux ressemblaient à tous les autres pantalons, et l’observa d’un air perplexe.


Dernière édition par Adam Tenseï le Mer 23 Jan - 22:48, édité 1 fois
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mer 23 Jan - 22:30

Salem était aussi dans une de ses périodes où il lui suffisait de voir Adam, ou de penser à lui, pour qu'il ait le sourire aux lèvres et que le monde soit beau. Il était devenu digne des héros de comédie romantique, quoique, même eux ne sont peut-être pas aussi accro, ni aussi fascinés par des choses aussi banales qu'Adam se promenant avec un jean judicieusement choisit pour le mettre en valeur, Adam mangeant un yaourt, Adam essayant de diriger super mario pendant que Hawk mordille sa manette, et ainsi de suite. Et oui, elle était loin l'époque où il se demandait ce que ça pouvait bien faire, d'être amoureux.

« Moui, c'était pas aussi bien qu'une Ferrari, mais le pourboire valait quand même le coup. C'est un juste retour des choses, Brad m'envoie toujours faire les petits boulots agaçants, je crois qu'il doit encore être en train de le regretter, cette fois. »

Et ce n'était sans doute pas faux, puisque Redford faisait ses comptes tous les soirs après la fermeture, Salem était ravi rien que d'y penser. Bien fait. Ces joyeuses considérations furent cependant balayées quand la vieille voiture se mit à cheminer dans le centre-ville et que ses yeux furent attirés de tout côtés par les enseignes lumineuses. Malgré leurs bavardages, Salem avait bien repéré une dizaine de boutiques dans lesquelles il devait absolument jeter un œil avant qu'Adam n'ait trouvé une place. À peine descendu, il fila au H&M qu'il avait vu à quatre cent-cinquante deux mètres et demi de là et s'y engouffra.

Comme à chaque fois, c'était un peu comme si une tornade était entrée dans le magasin, Salem filait droit sur tous les vêtements qu'il repérait, Adam, lui, suivant derrière d'un air nettement moins inspiré. L'adolescent avait déjà cinq haut et trois bas dans des mains quand il se mit à parler. Salem secoua la tête comme si son ami n'était qu'un pauvre inculte.

« C'est plutôt le contraire, regarde-toi, même en costard j'ai envie d'aller te coincer dans une cabine d'essayage, et je dois pas être le seul. Alors que moi j'aurais l'air ridicule. Le plus dur avec toi, c'est de pas te rendre trop beau, sinon tout le monde te tournerais autour… »

Il regarda la tenue d'Adam fixement pendant quelques secondes, alors qu'une terrible prise de conscience s'insinuait en lui, s'il avait l'air ridicule en costard, il aurait l'air ridicule à leur mariage. C'était la fin du monde, la panique totale, il ne voulait pas être moche à son mariage. En un instant, il se débarrassa de toutes ses affaires dans les bras d'Adam et se mit à regarder autour de lui, l'air un peu angoissé.

« Il faut absolument que je teste un truc… »

Comme s'il connaissait le magasin par cœur, il s'empressa d'attraper une chemise blanche, puis s'arrêta un instant devant les cravates, hum… Rouge ? Non, certainement pas. Saumon ? Perle ? Va pour perle. Le temps d’attraper un pantalon et une veste blanche et voilà Salem qui disparaissait dans une cabine. Il en ressortit quelques minutes plus tard, en chaussettes et un peu incertain, et partit se regarder dans une des grandes glaces inondée d'une lumière bien forte.

« Ça va, tu trouves ? J'ai pas l'air trop… ou pas assez… tu sais, ce genre de choses… »

Maintenant, ceux qui se posaient des questions sur la nature de leur relation devaient être fixés, deux beaux garçons en costards, le petit jeune en blanc et le grand viril en plus sombre, le message devait être clair pour pas mal de monde. Salem ne cessait d'arranger son col pour se donner une contenance, l'air visiblement troublé, il n'avait pas du tout l'habitude de se voir vêtu comme ça, et cette tenue n'avait rien d'anodin. Pour la première fois, aucunes de ses connaissances en mode ne lui étaient utiles, il avait besoin du ressenti d'Adam.

Et comme je ne peux pas résister, je vais attraper la perche négligemment posée bien en évidence, là, à mes pieds. Bien sûr, ce soir, comme de nombreux autres soirs, Ivan était à l'Aquarium, que celui qui me trouve un meilleur endroit pour parler de poissons me jette la première pierre. Il venait régulièrement pour tenter de faire comprendre aux gens que la mer à l'air belle, comme ça, en bocal, mais que dans la réalité les choses n'étaient pas aussi idylliques. Il distribuait même des petites brochures faites par ses soins, aujourd'hui, c'était Sally qui était venu l'aider, même si elle passait plus de temps à observer l'énergie remarquable déployée par le jeune homme pour sa cause qu'à tenter de convaincre les quelques visiteurs venus se détendre ici.

« C'est fou comme tu peux être passionné, quand même. »
« J'y peux rien, j'adore tout ce qui touche à la mer depuis que je suis tout petit. En maternelle je voulais devenir dresseur de dauphins, il paraît. Tu restes tard aujourd'hui, pas de pizzas à livrer ? »
« Oh, je ne suis plus livreuse depuis longtemps, j'travaille au Starbuck maintenant, pour trois mois. »
« Au Starbuck ? Ça doit être un peu pénible. »
« Non, ça va, j'aime bien. »

Tout en papotant, Ivan c'était mit à regarder l'immense aquarium devant lequel ils se trouvaient, il y avait des requins, des raies, des anges et des étoiles de mer, et tout un tas d'autres bestioles qui nageaient paresseusement dans un festival de formes et de couleurs. Il perdit rapidement le fil de la conversation pour se contenter d'admirer le spectacle d'un air fasciné. Jusqu'à se qu'un autre spectacle non moins fascinant fasse son entrée. Ivan tourna la tête en voyant quelqu'un arriver, un nouveau client pour eux ? Non, pas vraiment.

« U-Ulysses ? Heu… bonsoir, ça va bien ? Je… m'attendais pas à te croiser ici. C'est pour la campagne ? »

Il regarda un instant la porte comme s'il s'attendait à voir arriver Orckmann, tout en arrangeant ses cheveux d'une main.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mer 23 Jan - 23:09

Un sourire ravi s’était installé sur le visage d’Adam. Il avait certes de sérieux doutes sur l’objectivité de Salem et, à son humble avis, il était très loin d’être aussi beau que son fiancé l’assurait, mais il lui suffisait que ce dernier le pensât pour être, de son côté, pleinement satisfait. Il devait bien avouer que, parfois, quand le regard de Salem déviait vers le mannequin d’une affiche pour parfum ou quand, à la télévision, alors qu’il cuisinait, il surprenait Salem rêveur devant un basketteur qui venait d’enlever son maillot, Adam sentait son estomac faire la révolution et un vent de panique monter en lui.

Alors quelques compliments de temps à autre, et il fallait avouer qu’avec l’adolescent ils étaient plus que fréquents, ne faisaient pas de mal. Et ils venaient de donner à l’Asiatique une conviction nouvelle : c’était donc avec grand sérieux qu’il commençait à chercher un nouveau jean, en tentant de se souvenir des conseils dont Salem l’inondait d’ordinaire quand ils visitaient un magasin de vêtements : il y avait un truc avec la couleur des coutures, sur les poches arrières, pour mettre en valeur les fesses, mais il ne parvenait plus à s’en souvenir très exactement.

Seulement, sa quête était un peu perturbée par un phénomène plus qu’inhabituel : Salem ne parlait pas. D’ordinaire, Adam devait suivre de longues et enthousiastes explications sur les nouvelles coupes, les nouvelles couleurs, les nouvelles marques, les anciennes marques qui faisaient retour, et combien les gens s’habillaient mal, et combien il était nécessaire de faire plusieurs magasins afin d’être tout à fait sûr d’avoir la bonne tenue, tout en gardant à l’esprit qu’il faudrait après trouver la bonne coiffure.

Ce jour-là, un mystérieux silence s’était abattu sur le jeune homme. Adam glissa un regard en coin vers Salem et haussa un sourcil en le voyant choisir une chemise très sage et se diriger vers le rayon des cravates. Certes, Salem portait des chemises, mais savamment froissées. Certes, Salem portait des cravates, mais savamment dénouées. Et c’était — enfin, si Adam avait bien compris — des tenues pour les soirées. Pas si courant que cela. L’étrange passion de son compagnon pour les collections sérieuses l’intriguait.

Le devin qui ne devinait rien pour l’heure abandonna ses propres recherches, récupéra les vêtements choisis par son ami qu’il avait accrochés à côté de lui et emboîta le pas à son styliste en chef en pleine crise de doute. Adam se retrouva donc à attendre à l’extérieur des cabines d’essayage, avec les femmes de cinquante ans qui aidaient leur mari à choisir le même polo que d’habitude, les mères de famille qui tentaient de convaincre leur grand dadais d’adolescent de s’habiller un peu mieux et les petites copines qui tentaient d’emballer la marchandise pour crâner auprès de leurs amies.

Adam adressa des sourires un peu nerveux à celles d’entre elles qui posaient un regard circonspect sur lui, tout en cherchant désespérément un endroit où poser les affaires dont Salem l’avait chargé. Finalement, le dit Salem sortit de la cabine d’essayage et les regards circonspects se firent parfois un peu suspicieux. Adam s’approcha de son fiancé et le regarda de haut en bas.


— Mais euh… J’veux dire, d’habitude, tu t’habilles pas comme ça… C’est une envie soudaine ?

Comme Salem paraissait sur le point de faire une crise cardiaque (ou de l’étrangler) s’il ne répondait pas concrètement aux questions, Adam abandonna sa curiosité pour commenter d’un œil aussi professionnel que possible la tenue de l’adolescent.

— Je suis pas super convaincu par le blanc, parce que c’est tout de même un peu formel, un peu cérémonieux et…

Adam s’interrompit alors que la lumière s’allumait enfin dans son petit cerveau.

— Oh. D’accord. Je vois. Alors…

Il examina d’un œil nouveau Salem.

— Je ne sais pas. Encore une fois, le blanc, c’est pas trop mon truc. Mais c’est vrai qu’on a pas décidé des couleurs. Le nœud de cravate est un peu… Euh… Artistique ? Bref. Et tu peux prendre une taille en dessous : c’est fini les costumes flottants des années quatre-vingt-dix.

Adam n’avait pas lui-même une passion très prononcée pour le costume-cravate. Il se rapprocha de son ami et le prit par la taille, sans vraiment se soucier des observatrices éventuelles. Tout bas, il murmura :

— Ça t’inquiète ? Tu seras très beau, tu sais. Mais si tu veux essayer des costumes, ‘faut pas le faire ici. On peut aller dans un magasin spécialisé. Pas forcément un tailleur de luxe, mais un magasin de costumes. Ici, ils seront toujours mal taillés. Là bas, il y aura plus de choix et des trucs pas trop stricts. Tu veux aller voir ?

C’était le monde à l’envers : Adam conseillait Salem pour ses vêtements. Pendant ce temps, à l’autre bout de la ville, Ulysses, qui lui avait pris le temps de se changer pour revêtir des habits plus décontractés, tout à fait hors de prix et qui lui allaient à ravir, parcourait à pas lents les allées de l’aquarium et prenait tout son temps pour lire, aussi scrupuleusement que possible, les cartons informatifs de chaque espèce.

Il était plongé dans le guide des lieux, occupé à noter mentalement les spécimens qu’il avait vus déjà et ceux qui restaient à découvrir, quand une voix familière lui fit relever les yeux et battre le cœur. Les beaux yeux verts se posèrent successivement sur Ivan, puis sur Sally, puis sur Ivan. Un sourire un peu timide s’installa sur le visage de l’ange.


— Bonsoir, Ivan. Non, je suis là pour… Enfin, je m’informe, tu sais. Sur les poissons. Pour mieux comprendre ce que tu dis. Disais. Ce que vous disiez, au séminaire d’écologie. Ce n’est pas vraiment mon domaine d’expertise, alors j’essaye de m’instruire.

A nouveau, ses yeux se reposèrent sur Sally qui, pendant quelques secondes, était restée silencieuse, absorbée dans une contemplation esthétique plus communément appelée : effet Ulysses.

— Bonsoir, Mademoiselle.
— Hmm… ? Ah. Bonsoir.
— Je m’appelle Ulysses Winford, enchanté de vous rencontrer.


Il lui serra la main, lui sourit et la regarda droit dans les yeux, lui donnant aussitôt l’impression qu’ils étaient bons amis depuis toujours et qu’elle pouvait fonder en luie une confiance absolue. La jeune fille serra machinalement la main tendue et répondit d’une voix presque assurée :

— Sally. Sally Tyller.
— Vous êtes passionnée d’océanographie également ?
— Oui. Non. Enfin, j’aide un peu Ivan. Pour ses brochures.
— C’est très aimable à vous de vous impliquer comme cela. Cela vous intéresse, le contact humain ?
— Euh. Oui. Je suppose.
— Excellent, excellent.


S’intéresser à chacun : les règles fondamentales de la politique paraissaient être pour Ulysses une seconde nature. Il reporta son attention sur Ivan et, d’un air un peu embarrassé malgré tout, conclut :

— Mais je ne voudrais pas vous déranger plus longtemps, vous avez sans doute beaucoup à faire…

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Ven 25 Jan - 23:40

Salem, qui n'était déjà pas très sûr de lui en costume, pâlit littéralement en entendant les premières remarques d'Adam. Déjà, son fiancé n'aimait pas le blanc, c'était donc mal partit pour le costume, qu'il avait évidement choisit en fonction de ce que lui s'attendait plus ou moins à porter le jour J, mais aussi pour les fleurs qu'il avait remarquées chez ce fleuriste à quelques pâtés d'immeubles de chez eux, pour les nappes qui avaient retenues son attention dans un magazine de décoration qu'il avait récupéré pour s'inspirer, pour… Un mariage sans blanc ? Salem avait beaucoup de mal à imaginer, il est vrai qu'en discutant et en faisant leurs recherches, Adam lui avait paru vouloir quelque chose de plus sobre que lui, et il était prêt à concéder pas mal de choses, mais tout de même. Un mariage sans blanc?

Et la cravate n'allait pas non plus, ni la taille de la veste, silencieux, Salem ne vit là que la confirmation de ce qu'il craignait, pour lui ce n'était pas les vêtements qui posaient problèmes mais plutôt le garçon à l'intérieur, il était ridicule en costard, voilà tout. Les paroles rassurantes d'Adam n'y changèrent pas grand-chose, même s'il hocha la tête quand il lui dit qu'il sera très bien, il n'en paraissait pas moins angoissé.

« Non, non, pas la peine, puis je suis pas tellement inquiet… Je vais me changer. »

Salem s'empressa d'aller retirer cette tenue dans laquelle il se sentait de moins en moins à l'aise. Une fois changé, il sortit du magasin en laissant derrière les vêtements qu'il avait pourtant choisis avec soin, c'est dire s'il était perturbé. Une fois dehors, il marcha silencieusement en jetant par moment des coups d'œils dérobés à son compagnon, avant de lâcher un peu abruptement.

« Ça me va vraiment pas le blanc ? Parce que bon, quand même… »

Oui, quand même, c'est un mariage et puis surtout, aucun d'entre eux n'est une femme. Oui, car en y réfléchissant, une femme, même un vert kaki, avec la traîne et les froufrous adéquats, elle ressemblera à une mariée. Bon, ce n'était peut-être pas une raison pour oser le kaki, en plus la mode est passée depuis longtemps, en admettant qu'il y en ai eut une un jour. Mais un costard, c'est un costard, s'il n'est pas blanc, alors autant récupérer celui de l'enterrement de grand-mère Juana, quelle différence cela pourrait bien faire ?

« Et les fleurs blanches, tu n'aimes pas non plus ? Et les nappes ? On va pas mettre des nappes grises, quand même ? »

Vu sa tête, rien que l'idée le choquait horriblement.

« Tu sais, je vais les garder dans ma tête pendant un bon moment, ces images, l'air de rien, j'veux… j'veux que ce soit merveilleux, qu'on en ait encore des étoiles pleins les yeux en le racontant à nos enfants, ce genre de choses… »

Toujours en plein chambardement internes, Salem jetait des coups d'œils aux vitrines, essentiellement pour ne pas avoir à regarder Adam, et qu'il comprenne que tout cela le travaillait sérieusement, même si ses mots le trahissait déjà. Mais tout dans les vitrines lui faisait penser au mariage, parce tout était brillant, lumineux et enviable. Évidemment, Adam était plus réaliste, même en préparant tout minutieusement, leur mariage ne ressemblerait pas à un conte de fée. Après tout, ils allaient juste dire deux mots, se faire un bisou, et se serait fait, qu'est que la couleur du costume-cravate ou les décorations de table pouvait bien y changer ? Leurs enfants seraient fiers d'eux quand même…

Heu… pourquoi parlait-il d'enfants depuis tout à l'heure ? Un moment d'égarement, sans doute, Adam n'avait pas du faire attention, mais mieux valait passer à autre chose, au cas où.

« On peut aller dans un des magasins dont tu parlais ? Juste… pour voir… mais je te laisse choisir, comme tu as pu le remarquer j'y connais vraiment rien. »

Voilà, découvrir ce que son compagnon avait envie de le voir porter pour leur mariage était sûrement une bonne idée, peut-être que ça lui plaira, même se ci n'est pas blanc.
Pendant que l'adolescent envisageait son lointain projet de mariage avec une légère angoisse, c'est un Ivan non moins inquiet qui tentait pour sa part de réaliser un projet plus immédiat : écouter Ulysses parler pendant des heures. Mais pour l'heure le sage blondinet ne voulait surtout pas le déranger dans sa mission, il s'empressa de répondre.

« Non, non, on comptait s'en aller, en fait. »

Sally le regarda d'un air étonné, d'habitude, pour qu'Ivan daigne quitter l'aquarium, il falait que l'heure de fermeture soit largement dépassée et que deux vigiles l'attrape par chaque bras. Enfin, ce n'était pas tout à fait à ce point, mais limite. Son intuition toute féminine bénéficia rapidement d'une confirmation de ce dont elle se doutait déjà.

« On peut sortir ensemble, si tu veux. Heu… On peut quitter le bâtiment, ensemble, tous les trois, par la porte. Tu as besoin d'informations ? Je sais que je suis loin d'avoir toutes les connaissances qu'il faudrait, mais je peux t'expliquer quelques trucs, si tu veux. »

La modestie dont Ivan venait de faire preuve pouvait rivaliser avec celle d'Adam, en quelques phrases, il fit la preuve non seulement de connaissances solides sur les différentes espèces qu'ils croisaient, mais également d'une véritable passion. Cette fois-ci, son discours ne fut pas obscur comme pendant la conférence de la dernière fois, qui rassemblait des connaisseurs venus aborder des sujets précis dans lesquels on ne pouvait pas se plonger facilement sans un minimum de connaissances. Cette fois, Ivan montrait les différents poissons qu'ils croisaient en donnant leurs noms et leurs caractéristiques principales, sans oublier des anecdotes amusantes ou insolites sur la façon de chasser de l'un, le nombre de dents de l'autre, ou le pourquoi du comment du poisson-clown caché dans l'anémone. C'était tout de même nettement plus intéressant que de lire des pancartes ou des brochures, même Sally, qui avait dû entendre ses histoires des milliers de fois, semblait apprécier malgré tout.

Le groupe cheminait lentement, si Ivan avait dit qu'ils étaient censés partir, il n'avait pas l'air d'être si pressé de quitter les lieux. Ils arrivèrent finalement dans l'une des dernières salles, où se trouvait un aquarium immense qui, de loin semblait vide.

« Celui-là, c'est mon préféré ! »

Ivan accéléra le pas et posa ses deux mains sur la vitre, du coin, un orque arriva et se mit à parader devant eux, l'adolescent n°2 avait l'air tout à fait fasciné, il en oubliait même de faire sa petite présentation, et ce n'est que quand Ulysses et Sally furent à son niveau qu'il sembla se rappeler sa mission.

« C'est une orque naine, une femelle, elle ne mesure que cinq mètre trente de long. C'est super intelligent une orque, mais je suppose que tu le savais déjà, regarde. »

Ivan, se recula un peu, et regarda l'orque en faisant un cercle de la main, et l'immense cétacé fit un tour sur lui-même.

« Bon c'est pas vraiment un signe intelligence… mais je l'adore quand même, il y avait aussi un super aquarium, à Göteborg (qui se prononce évidemment, click!. J'adore déjà le suédois) mais il n'y avait pas d'orques. Quoique c'est pas plus mal, elle serait mieux dans la mer. »
« Ah, ça y est, le défenseur de poissons revient au galop. »
« Bah, quoi ? Regarde comme il est vide, ce bassin, tu trouves pas ça triste, toi ? »

Sally haussa les épaules, pas plus perturbée que ça, ce n'était qu'un poisson, après tout.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Sam 26 Jan - 12:51

Les regards qu’Adam posait sur son compagnon depuis qu’ils étaient sortis du magasin de vêtements étaient à la fois un peu gênés et un peu timides. Le jeune homme se savait singulièrement dépourvu de tact et il craignait que ses commentaires dans lesquels il avait tenté de mettre autant de douceur que possible n’eussent pas tout à fait rempli leur mission ; Salem, peut-être, était désormais tout à fait démoralisé à l’idée de se marier avec lui et de devoir porter un costume qui devait lui paraître un déguisement.

C’était que les vêtements étaient une affaire sérieuse pour l’adolescent et ses projets de mariage étaient, autant qu’Adam avait pu en juger, grandioses. L’Asiatique lui-même n’était pas dénué d’un solide sens romantique, mais il avait préféré endosser un rôle plus austère et pondérer de temps à autre les imaginations de son fiancé pour que Salem ne fût pas trop déçu quand les choses se réaliseraient en effet.

Cela dit, il ne prévoyait pas un mariage fait de bouts de ficelle. Son salaire était confortable, ses économies ne l’étaient pas moins, les Tenseï avaient adopté Salem très volontiers et ne rechignaient pas à participer, en mettant à profit leur longue expérience des fournisseurs et des gros chiffres, Martha Orckmann comptait bien à ce que le maire de New-York en personne officiât, bref, tout était réuni pour que l’événement fût féérique.

Sauf la bonne humeur du principal intéressé. Adam attendait avec une certaine appréhension le moment où Salem fonderait en larmes parce que sa vie était fichue, après la découverte que certains vêtements pouvaient, en certaines circonstances, ne pas lui aller, ou bien Salem se mettrait en colère parce qu’il avait osé critiquer son choix, ou bien… Il ne savait pas trop, mais il allait se passer un truc, c’était absolument certain.

Le truc se passa. Adam s’arrêta pour se retourner vers Salem, qui avait plus ou moins l’air de l’accuser de ne pas vouloir d’un mariage magique. L’Asiatique avait un peu l’impression d’avoir refusé d’adopter un chaton ou d’avoir déclaré que la Saint-Valentin, c’était trop commercial et que ce soir-là, il resterait travailler. L’heure était grave. Adam posa les mains sur les épaules de Salem et les yeux dans les siens.


— Hé. Zen. Bien sûr qu’on prendra des nappes blanches. Et probablement une autre couleur dominante en perpendiculaire, pour que ça ne fasse pas baptême. Bien sûr qu’il y aura des fleurs blanches.

Après tout, il tenait à avoir tous ces symboles de leur parfaite virginité au moment de leur mariage.

— Tu sais, je suis comme toi. Je veux un beau mariage, un mariage parfait, élégant, princier. C’est juste les costumes blancs. Les costumes blancs, ça fait music hall ou prestidigitateur. On peut nuancer — par exemple quelque chose de plus cassé, ou de crème. Ou bien prendre une couleur dominante. Tu sais quoi…

Adam promena son regard autour de lui, pour s’orienter de tête dans les méandres de sa ville natale. Après quelques secondes de réflexion, il libéra les épaules de Salem et décréta :

— On va pas aller dans un magasin de costume-cravate. On va aller ailleurs, viens.

Le mariage, ils en parlaient, ils faisaient des plans, des projets, rêvaient plus ou moins à leur exécution concrète, mais les choses paraissaient tant inquiéter Salem que, ce jour-là, Adam se décidait à passer à la vitesse supérieure. Il guida son ami dans les méandres d’une galerie commerciale fort élégante et, au bout de quelques minutes, les deux jeunes gens se trouvèrent devant la vitrine d’un tailleur de toute évidence destiné aux futurs mariés. Uniquement aux futurs mariés.

Adam regarda la vitrine. On y voyait des couples, toujours : un homme et une femme. L’idée de franchir la porte et d’expliquer leur situation commençait en vérité à l’intimider un peu. Il y avait aussi les petites filles qui faisaient les demoiselles d’honneur. Il interrogea d’une voix songeuse :


— J’avais pas pensé à ça, les demoiselles et les garçons d’honneur. T’en connais, toi, des enfants ?

Un détail auquel il n’avait pas pensé non plus illumina brusquement son cerveau. Un peu perplexe, il murmura encore :

— Et puis, il me faut un témoin…

Il se voyait mal demander à Anne de l’accompagner au mariage. A Ulysses, encore moins. Et son frère, ça manquait de piquant. Adam réfléchit pendant quelques secondes avant de chasser cette pensée de son esprit, de poser une main au bas du dos et de guider Salem vers l’entrée de cette boutique si intimidante — les jeunes d’abord. Courageux mais pas téméraire, Adam.

Courageux mais pas téméraire, Ulysses s’apprêtait à battre en retraite, parce que certainement cette Sarah était la compagne d’Ivan et que du coup… Du coup, il ne savait pas très bien, mais enfin, il n’avait pas envie de les déranger, voilà. Ils distribuaient des tracts tous les deux, c’était un moment de couple et lui, comme à son habitude, était un intrus. Lui autour de qui volaient des nuées et des nuées de prétendants et prétendantes n’avait personne de sa vie. Il était comme ces poissons solitaires qui…

Sortir ensemble ? Le politicien réprima tant bien que mal un mouvement de surprise et s’employa à calmer son esprit en entendant le Suédois — qui sans doute ne maitrisait pas parfaitement les nuances de l’anglais car, c’est bien connus, on parle très mal les langues étrangères en Suède — préciser sa pensée.


— Des informations ? Je veux bien. Je ne sais pas trop quoi précisément. Je te laisse carte blanche.

Et il écouta religieusement les explications enthousiastes d’Ivan. Ulysses devait bien l’avouer, il appréciait cette passion entière, débordante, qui le changeait d’un pragmatisme parfois un peu cynique dans lequel il évoluait quotidiennement. Il était convaincu que l’une comme l’autre étaient nécessaires, mais le travail politique ne le mettait guère en contact avec des gens aussi innocemment impliqués.

Le petit groupe s’arrêta devant l’aquarium de l’orque et Ulysses tomba sincèrement en admiration devant la créature — l’orque, pas Ivan. Il y avait là une majesté naturelle qui imposait le respect. Alors, bien entendu, voir Ivan contrôler d’un seul geste de la main une créature si imposante n’était pas un spectacle anodin. Ulysses regarda tour à tour son nouvel ami et l’amie de son nouvel ami d’un air un peu perplexe. Mais comme ni l’un ni l’autre ne paraissaient s’étonner de cette prouesse, il en déduit simplement qu’Ivan avait dû dresser des orques et des dauphins dans des parcs d’attraction, ce qui certes ne collait pas trop avec ce qu’il savait du jeune homme, mais après tout, pourquoi pas.

D’une voix songeuse, il glissa :


— J’apprendrais bien le suédois.

Sally lui lança un regard avec un petit sourire en coin.

— Comment tu dis ? Yacht-board ?
— Göteborg.
— C’est un peu éloigné des autres langues que je parle, je crois…


Sally, qui n’avait jamais passé le lycée et les petits boulots et ne parlait que l’anglais — pas toujours sans faute — haussa les sourcils.

— Parce que tu parles combien de langues ?
— Cinq.


Il y eut un petit silence perplexe et Ulysses précisa :

— Enfin, couramment. Il y en a deux ou trois autres où je me débrouille. Et deux ou trois autres que j’arrive à déchiffrer.

Quand il se rendit compte que, contrairement à ses habitudes, il venait de chercher à se mettre en valeur, le jeune homme rougit un peu et, honteux, chercha à détourner le sujet de son accès prétentieux :

— Enfin, bref, peu importe. C’est très impress…
— Lesquelles ?
— Pardon ?
— Les langues que tu parles, c’est… ce sont lesquelles ?
— Ah euh… L’anglais, bien sûr. L’arabe, le farsi, l’ourdou. Et le français.


Bref, à part l’anglais, l’arabe et le français, que des langues dont elle n’avait jamais entendu parler. Avec une irrépressible curiosité (parce que les langues exotiques l'intéressaient beaucoup plus que la liberté des poissons), elle décida de pousser l’interrogatoire, sans se rendre compte qu’elle mettait sa nouvelle connaissance un peu mal à l’aise :

— Et les autres ? Celles dans lesquelles tu te débrouilles ?
— Hm. Le dari. Le pashto. L’espagnol.
— Et celles que tu déchiffres ?
— Le portugais et l’italien, surtout. Un peu le kurde.
— Mais comment tu as fait pour apprendre tout ça ?
— Ce sont des langues plus ou moins de la même famille. Et puis j’ai eu de très bons professeurs.


Car, de toute évidence, Ulysses n’avait pas été éduqué dans les écoles publiques de banlieue où la moitié des classes d’espagnol n’avaient même pas de manuels — quand au moins elles avaient un professeur.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Sam 26 Jan - 23:16

Les nouvelles remarques d'Adam rassurèrent enfin l'adolescent, il y aura du blanc à son mariage, mais un peu moins blanc que celui du H&M, ça, pas de problèmes. Salem, devient un peu moins blanc lui aussi, et fit un mince sourire à son fiancé, il y avait juste eu un petit malentendu sans gravité. C'est donc plus serein qu'il suivit Adam jusqu'à… un tailleur pour mariés ? Salem regarda la boutique avec des yeux ronds en virant au rose pivoine. Si Adam sembla alors se rappeler qu'ils auront besoin de recruter quelques personnes pour la cérémonie, Salem, lui, se mit à voir les choses devenir plus concrètes en observant les couples et leur famille en train de faire leurs achats.

« Il y a mon frère qui pourrait l'être, faudra juste le convaincre qu'apporter les bagues dans une voiture téléguidée n'es pas une bonne idée, et sinon j'ai quelques cousins et cousines. Tu as des neveux ou des nièces, toi, non ? »

Salem ne savait pas si Laura accepterais de leur prêter ses enfants, mais ils pourraient toujours demander. L'idée du témoin le rendit un peu triste, Salem en avait un tout trouvé et qui accepterait sûrement, un certain Kevin. Mais l'inviter à son mariage n'était sans doute pas très correct, il n'osait même pas imaginer la tête que ferait Adam en voyant débarquer cet ami d'enfance un peu particulier dont ils n'avaient jamais beaucoup parler. Bon, là, ce n'était vraiment pas le moment, une fois encore. Tout en se faisant pousser vers l'entrée par son froussard de compagnon – qui l'avait pourtant amené jusqu'ici – Salem ajouta simplement.

« Ouais, faudra réfléchir à tout ça. »

Et trouver une autre idée pour sa part, priorité absolue, sinon il pouvait dire adieu à son mariage magique. Quoique, le mariage sera-t-il vraiment parfait sans son meilleur ami… ? Non, il ne valait mieux pas, le plus important était qu'Adam se sente bien, et ça ne serait pas le cas s'il y avait dans la pièce celui qu'il considérait sans doute comme un rival – à tort, selon Salem. D'un autre côté, c'était du passé, et puis ils n'étaient même pas sortis ensembles, puis Kevin ne tenterait rien, ce n'était pas son genre alors… Et il y avait Jenny, aussi, est-ce qu'elle se sentirait mal s'il l'invitait, et s'il ne l'invitait pas, elle lui en voudrait ? C'était une fille, elle pouvait faire les deux choses en même temps, mais qu'est-ce qu'Adam en penserait ? Tout cela promettait d'être très compliqué…

Tandis qu'il entrait dans la boutique, l'air un peu pensif, une dame au sourire commercial vint l’accueillir avec un air faussement complice.

« Bonsoir, bienvenue. Vous accompagnez votre ami pour… ? »

Salem se tourna vers Adam, bien sûr, avec son physique mature, son costume-cravate et son air un peu intimidé, il ressemblait bien plus à un marié que l'ado à l'écarteur. L'ado en question se rendit compte qu'il n'avait pas du tout réfléchit à la manière d'expliquer leur situation. Un peu pris au dépourvu, il tenta de la corriger.

« Non, c'est pas ça… »
« Oh pardon je suis navrée, vous paraissez tellement jeune. Dans ce cas, si vous voulez bien me suivre, votre ami peut s'asseoir sur les bancs pendant que nous… »
« Non, non, il nous faut un costume, à tous les deux. »

Il y eut un silence pendant lequel la vendeuse les regarda.

« Ah. »
« Oui, nous allons nous marier, ça pose un problème ? »
« Pas du tout, c'est un plaisir, pardon de n'avoir pas compris… »
« Ce n'est rien, y'a pas de mal. »
« Venez, avez-vous déjà quelques préférences pour… »
« Blanc, pas trop trop blanc non plus, mais blanc quand même, avec peut-être de la couleur et… je sais pas trop. »
« Je vois, pour commencer, je vais vous montrer les différents… blancs, que nous avons. »

Salem suivit la dame dans la boutique, en jetant des regards curieux à tous les couples qu'ils croisaient, c'était tout de même étrange de se dire que tous ces gens allaient se marier. Un regard attira son attention, une petite fille les regardait fixement, Salem haussa un sourcil.

« Tiens, mais on la connaît. »

Il l'avait déjà vu en tout cas (et connaissait la propension du Destin à faire ressortir de son chapeau tout un tas de personnages insignifiants) mais il n'arrivait pas à retrouver précisément l'endroit et le moment où il l'avait croisée, c'était il y a longtemps, probablement dans un parc. Voyant qu'il l'avait remarqué, elle se leva de son banc et arriva en sautillant dans sa robe à froufrou.

« Vous n'êtes plus fâchés ? »
« Hum… On était fâché ? Non, comme tu vois on va même se marier. »

La fillette fit la moue.

« Ma maman aussi va se marier… »
« Et tu n'es pas contente ? »
« Non, moi je veux qu'elle retourne avec mon papa… »

Ah, bon, au moins il n'y avait pas que lui qui vivait des aventures compliquées. Salem se passa une main dans la nuque en cherchant le meilleur moyen d'aborder les choses.

Pendant, ce temps-là, Ivan, lui, était parfaitement détendu, parce qu'il était avec son amie l'orque. Il ne savait pas très bien pourquoi, mais l'eau et toutes les créatures plus ou moins pensantes qui l'a peuplait lui avait toujours procuré une sensation de bien-être, et c'était particulièrement le cas avec le gigantesque cétacé. À tel point qu'il en oubliait même de se sentir intimidé par Ulysses, ou que pouvoir faire faire un tour à un animal qu'il n'avait jamais pu que regarder depuis l'autre côté d'une vitre était un petit exploit pas forcément donné à tout le monde. Le soudain intérêt de son ami pour les langues nordiques le détourna cependant de sa béatitude. Il écouta la longue liste de langues qu'Ulysses connaissait avec le même intérêt fasciné que Sally.

« C'est fabuleux, tu as pu discuter avec des gens qui parlaient ces langues ? Moi j'ai juste des notions d'allemand, en plus du suédois et de l'anglais, je peux déchiffrer le finlandais et le danois aussi, ce genre de choses, c'est tout. Mais c'est vraiment super de découvrir des cultures, des mentalités différentes. Les États-Unis m'ont vraiment fait bizarre, au début, quoique y'a certaine choses que je comprendrais jamais, comme les gens qui affichent leur drapeau partout et les caissières qui emballent nos courses dans des poches… M'enfin, ça fait tout le charme. »

Il regarda Ulysses avec un mince sourire.

« Tu aimes apprendre de nouvelles langues ? Si tu te mets réellement au suédois, préviens-moi, je pourrais t'aider. La prononciation, c'est vraiment important. »
« Oh oh, tu veux lui donner des cours de langue ? »
« Bah, oui ? Si ça peut aider… J'aurais bien aimé des cours pour devenir un meilleur orateur, moi, mais bon, je pense que je fais déjà des progrès. »

Hé oui, Ulysses ne lui avait pas vraiment répondu pour l'affaire des cours, et il faut croire qu'Ivan n'est pas un pnj de troisième catégorie qui se laisse oublier facilement. Loin de là.

Cela faisait un petit moment qu'ils étaient devant l'aquarium, connaissant sa forte tendance à rester collé devant ces vitres pendant des heures, Ivan se dit que c'était peut-être qu'on attendait qu'il se décide à s'en aller. Il poursuivit donc la visite, même si cela lui faisait un peu de peine de laisser l'orque. Elle était tellement triste, il ne comprenait pas comment Sally pouvait être aussi insensible à la douleur pourtant si criante de ce pauvre animal. Personne n'y faisait jamais attention, d'ailleurs, c'était à croire qu'il n'y avait que lui pour le voir. L'océanographe se promit de revenir la semaine suivante pour lui tenir un peu compagnie.

Il ne restait plus beaucoup de chose à voir ensuite, l'orque était un peu le clou du spectacle, le trio se retrouva donc rapidement dans le hall. Et si Ivan avait été très bavard durant la visite, il ne sut plus trop quoi dire maintenant qu'il fallait faire ses adieux, et se remit à jeter des regards à Ulysses à la dérobé. Il avait une furieuse envie de lui demander son numéro de téléphone, mais d'un autre côté, il avait déjà récupéré l'autre jour, et l'avait même appelé, alors c'était peut-être une requête stupide. Le problème c'est qu'il avait eut ce numéro en fouillant dans le portefeuille d'Adam, alors peut-être que c'était mal de le conserver précieusement au fond de son téléphone. Et puisil n'avait aucune raison de l'appeler, sans doute, alors toutes ces réflexion étaient inutiles. Sally les regarda tous les deux.

« Bon, je vous laisse, mon copain va bientôt sortir du boulot, je vais lui faire la surprise en l'attendant à la sortie, ce n'est pas très loin. »
« Ah ? Harvey a changé de travail ? »
« Harvey était un crétin, lui, il s'appelle Matthew et c'est vraiment un amour, ça fait quinze jours qu'on est ensemble. Je te l'ai dis tout à l'heure, mais tu devais encore être ailleurs. »
« Possible… désolé. »
« C'est rien, j'ai l'habitude, je vais pas m'immiscer entre toi et tes poissons. Bonne soirée en tout cas. À toi aussi, Ulysses, et à bientôt peut-être ! »

La rouquine leur fit un sourire et les laissa là, Ivan se sentit un peu drôle de se retrouver une nouvelle fois seul avec l'ange, sans doute était-il temps de dire au revoir aussi.

« Heu… J'espère que j'ai pu t'apporter quelques informations utiles, pour ton travail. Hésite pas si tu as besoin de quoique ce soit. Tu veux mon numéro ? Je t'avais appelé l'autre fois, mais tu ne l'as peut-être plus… »

Il sortit son téléphone pour se donner une contenance, et tomba sur un message.

Sally a écrit:
Il est très charmant, ton copain :)
Ivan a écrit:
Tu veux déjà remplacer Matthew ?
Sally a écrit:
Non, pas du tout, c'était juste pour dire. T'inquiètes pas.

T'inquiètes pas ? Il n'était pas inquiet, Sally était une jeune fille charmante et Ulysses un très beau garçon, ils feraient un couple adorable s'il n'étripe pas la rouquine avant. Ivan ne voyait vraiment pas ce qui pouvait l’inquiéter.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Dim 27 Jan - 7:47

Adam avait beau être, sous ses airs réservés et parfois indifférents, un incorrigible romantique, il n’en demeurait pas moins un mâle incorrigible, que la perspective de passer des heures dans un magasin de mariage rendait un peu nerveux — quand il songeait qu’ils étaient beaucoup trop jeunes, aux yeux de bien des gens, pour se marier, qu’ils formaient un couple interracial et homosexuel, les choses lui paraissaient décidément bien compliquées.

Fort heureusement, il lui était resté encore assez de courage pour désigner Salem volontiers et, après avoir confirmé qu’il avait un neveu, il emboîta le pas à son fiancé dans le magasin et se mit à regarder un peu partout d’un air très absorbé, à la fois pour prendre ses marques dans ce nouvel environnement peut-être très hostile et pour tenter de paraître savoir exactement ce qu’il était censé faire.

Il y avait les couples qui se disputaient à voix basse sur la variété de vert que les demoiselles d’honneur porteraient, les couples où le futur époux restait sagement en arrière, comptant les secondes pour mesurer son ennui, soucieux d’aller recruter le groupe de musique plutôt que de choisir les robes, les femmes seules, qui n’en étaient plus au stade des couleurs mais à celui de l’essayage et qu’accompagnaient, qui une mère, qui une amie, pour commenter la fameuse robe.

Un frisson parcourut l’échine d’Adam. Tous ces gens qui préparaient fébrilement un futur plus ou moins proche éveillaient son sixième sens prophétique — certains faisaient naître chez lui un profond sentiment de malaise, et alors une tristesse l’emplissait en songeant que ce mariage qui n’était pas encore formé courait peut-être déjà à sa perte, d’autres diffusaient une impression de bonheur.

Ses yeux se posèrent sur Salem — enfin, cherchèrent Salem, qui s’était enfui. Adam traversa la boutique à grandes enjambées pour tenter de retrouver son compagnon. Sentir s’agiter à quelques mètres de lui un futur terrible pour des couples qui avaient l’air si heureux avait éveillé en lui une vive tristesse et il avait besoin de poser les yeux sur son fiancé, pour sentir une nouvelle fois, et avec toute l’objectivité dont il était capable (c’est-à-dire aucune), que l’adolescent était bien l’homme parfait qui illuminerait son existence.

Le jeune homme s’arrêta brusquement. Salem était en train de discuter avec une petite fille qui, à lui, ne lui rappelait rien du tout — mais il n’avait pas la mémoire de son compagnon. Quelque chose dans la scène le troubla, sans qu’il fût capable de savoir si son pouvoir lui suggérait quelque chose (mais quoi ?) ou si cette impression était entièrement humaine — enfin, il était touché, attendri et, sans doute, un peu nerveux.


— Je peux vous aider ?

Adam manqua de sursauter. Pour une fois, ce n’était pas Anya qui était apparue de nulle part mais la vendeuse, qui avait fort traditionnellement quitté l’arrière-boutique pour les retrouver avec son nuancier de couleurs et de tissus. Elle suivit le regard du jeune homme vers son compagnon. Elle esquissa un sourire en voyant l’air absorbé d’Adam.

— Vous me rappelez mes parents.
— Ah.
— Après cinquante ans, ils passent toujours leur temps à se regarder comme deux tourtereaux.
— Ah.
— Evidemment, c’était plus compliqué, à l’heure époque.


Adam consentit enfin à détacher son regard de Salem pour s’intéresser plus ou moins à ce qu’on lui racontait.

— Comment ça ?
— Eh bien, c’était un temps où deux hommes ne pouvaient pas se marier. Encore moins avoir un enfant. Et puis, ils n’avaient pas la même couleur de peau.


Le jeune homme resta un peu interloqué — donc, il avait exactement la même expression qu’auparavant. Il tenta d’évaluer l’âge de la vendeuse. Quarante ans peut-être. Donc ses parents s’étaient rencontrés au moins quarante-cinq ans plus tôt. Quelque chose comme cela. Une telle conviction forçait le respect. A nouveau, son regard se tourna vers Salem. Quarante-cinq ans ? Et leur fils serait président des Etats-Unis.

Un sourire rêveur gagna ses lèvres.


— Vous voulez regarder les couleurs ?
— Oui… Oui, bien sûr.


Elle le guida vers des fauteuils qui, autour d’une petite table basse, formaient un salon confortable. Adam se mit à passer en revue les différents tissus d’un air plus ou moins concentré, alors que ses pensées voguaient invariablement vers Salem, Salem qui discutait avec un enfant, Salem qui voulait un mariage en blanc. Mais il avait beau essayer de percer l’avenir, il n’avait de certitudes que celles de ses sentiments.

L’on ne pouvait pas en dire autant d’Ulysses et Ivan, qui eux, contrairement à Sally, n’étaient sûrs de rien. Le politicien hochait la tête.


— J’ai des amis d’un peu partout, là-bas, oui. Et puis il y avait mes professeurs. Mon master de géographie était spécialisé dans la géopolitique du Moyen-Orient. De toute façon, j’ai appris tôt. L’Europe, en revanche, je connais moins bien.

Il laissa la visite reprendre sans trop rien rajouter, tandis que les allusions ponctuelles de Sally ne parvenaient pas à lui faire prendre conscience que son intérêt pour les poissons n’était peut-être pas entièrement innocent. Pas entièrement, parce qu’il était tout de même émerveillé, tout simplement émerveillé, par les différentes espèces et les détails pittoresques que délivrait Ivan — Ulysses avait toujours été curieux de tout.

Ils étaient maintenant devant le bâtiment et les anges passaient (avec les New-Yorkais). Ulysses savait pertinemment qu’Ivan et Sally devaient être impatients de mettre en pratique les remarques du premier sur les techniques de parade et de reproduction des poissons-clowns (par exemple), mais il ne parvenait pas à se convaincre de laisser le couple en paix. Ce fut donc Sally, qui décidément était plus intelligente que ses deux compères, qui prit l’initiative de clarifier la situation.

En entendant parler de Harvey et de Matthew, Ulysses se sentit soudain tout heureux et comme il était loin d’être toujours aussi flegmatique que son ancien presque-fiancé, un sourire ravi illumina son visage angélique. Sorti de ses pensées, il salua la jeune fille, en se disant qu’elle était vraiment formidable. Mais bien vite, le tête-à-tête avec Ivan (et les dizaines de passants qui passaient) fit naître en lui une nervosité nouvelle. La proposition du Suédois n’arrangea rien à l’affaire. Ulysses sortit à son tour son portable high-tech pas encore sur le marché et répondit d’une voix aussi posée que possible :


— Non c’est bon. Je veux dire, je l’ai enregistré, l’autre soir. Dès que je suis rentré chez moi.

Il ne savait pas trop pourquoi il tenait à ce qu’Ivan sût que la première chose qu’il avait faite, après une soirée mouvementée où il avait observé mélancoliquement son ancien compagnon, avait été non point de retrouver les anciennes photographies de leurs époques heureuses mais d’enregistrer un numéro dans son téléphone.

— Mais on pourrait peut-être… On pourrait peut-être se voir. Un rendez-vous. Pour les cours.

Bien, Ulysses était en train de perdre ses talents d’élocution, ce qui n’avait guère pour effet que de le rendre encore plus angélique qu’à l’ordinaire.

— Je t’échange des cours de rhétorique contre des cours de suédois.

Et comme ça, ils auraient une excellente raison pour se voir régulièrement.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Lun 28 Jan - 20:57

Ce fut au tour d'Ivan d'avoir un sourire sincèrement heureux en entendant qu'Ulysses avait gardé son numéro, même s'ils n'avaient pas beaucoup parlé et qu'il n'était que l'ami de l'ami de son ex. Il se mit à tripoter son téléphone en essayant d'avoir l'air dégagé, même s'il donnait surtout l'impression de faire une timide confession.

« Moi aussi j'ai enregistré le tien. Alors heu… quand est-ce que tu serais disponible, pour les cours ? On pourrait se voir dans un café pour commencer, je vais déjà t'expliquer comment ça marche, l'alphabet, la structure des phrases, tout ça… »

Après, quand ils auront besoin d'un peu plus de calme, ils pourront aller chez l'un ou chez l'autre, mais c'était un plus intimidant – et plus excitant aussi, au sens pur et innocent du terme – comme perspective. En tout cas, pour ce qui était de donner des cours, Ivan ne se faisait pas trop de soucis, depuis son arrivée à New-York, il passait régulièrement dans un lycée où des jeunes apprenaient avec plus ou moins de facilité sa langue natale. Bien sûr, il ne donnait pas de vrais cours, se contentant d'essayer de faire parler tout le monde, mais il avait tout de même finit par comprendre quelques-uns des différents points qui pouvaient poser problème à son auditoire new-yorkais. Et puis, c'est là qu'il s'était lié d'amitié avec Kate, qui lui avait présenté Salem, et par corollaire, lui avait permis de croiser la route d'Ulysses, alors ces cours étaient la meilleure chose qui lui soit arrivé à New-York.

Tandis que les deux nouveaux amis, illuminés l'un par l'autre, se donnaient rendez-vous et se dévoraient des yeux une dernière fois avant de se séparer, Salem était en grande discussion avec la représentation vivante d'un futur probable à moyen ou long terme de la petite famille qu'il aura avec Adam. Il ne s'était pas aperçu du trouble de son compagnon, essentiellement parce qu'il n'était pas lui-même tout à fait dans son état normal, au milieu de tout ces beaux vêtements et ces gens qui lui rappelaient qu'il allait se marier. C'était tout de même incroyable, comme projet, enfin, c'était très ordinaire, mais incroyable en même temps. Il avait un peu de mal à se rendre compte que c'était vraiment son tour, mais contrairement à son compagnon, il n'avait pas vraiment peur pour leur avenir commun. Il aimait Adam plus que tout, et n'imaginait pas la vie autrement qu'avec lui, comme le couple qu'un terrible futur attendait, c'est vrai, mais même s'il ne pouvait jurer de rien, Salem avait confiance en eux.

Après une longue conversation sur les "vrais papas" et les "faux papas", selon les mots de la petite, ils finirent par conclure que le plus important, c'était que tout le monde s'aime très fort. La fillette n'était pas convaincue au début, mais Salem trouva un argument choc, si lui, un jour, avait une petite fille comme elle avec Adam, il serait triste qu'elle n'en aime que l'un d'entre eux sous prétexte qu'un seul papa suffisait. L'âme de yaoiste de la petite s'embrasa. Après quoi une jeune femme, que ces tenues de mariage semblait rendre complètement nerveuse, sortit du coin des essayages en regardant partout et repéra l'enfant.

« Emily ! N'embête pas les clients ! »

La petite yfille fit une moue en soupirant et retourna s'asseoir, attendant sagement que sa mère reparte pour continuer à rôder dans le magasin. Salem, quant à lui, ne put s'empêcher de penser qu'un jour, peut-être, lui aussi engueulerait son gamin dans les boutiques, parce qu'il déballerait toutes les chaussures. Avant de se dire qu'il était bien trop jeune pour avoir ce genre de pensées.

C'est alors qu'il se rendit compte qu'il avait perdu le futur marié, une brève recherche plus tard, Salem vint s'asseoir aux cotés de l’intéressé, en regardant le catalogue de tissus, puis son visage. Il était beau quand même, son homme, et puis il s'occupait bien des chats, et il faisait bien la cuisine, et il était adorable et… Salem le dévorait des yeux, il avait beau chercher, c'était le mari idéal, il se félicitait d'avoir osé lui faire sa demande. Sa main glissa dans son dos tandis qu'il s'intéressait à nouveau au catalogue. Pour une fois, il se dis que la teinte de ses vêtements n'avait pas une si grande importance, le principal, c'était la promesse qu'ils allaient se faire, ce jour-là.



Sauf qu'ils étaient justement venus là pour le rassurer au niveau vestimentaire, maintenant qu'il voyait les différents blancs – pas si différents que ça – ses craintes lui paraissaient bien futiles.

« Je t'aime. »

Certes, ce n'était pas tout à fait nouveau, mais c'était toujours bon à dire. Il se rapprocha un peu d'Adam et regarda encore un moment les blancs, avec un profond désintérêt, avant de poser à nouveau ses yeux bleus sur lui. Il avait

« T'as toujours été gay, toi. »

Encore une évidence.

« Du coup, t'as pas souvent du te dire qu'un jour, tu te marierais, que peut-être, t'aurais des enfants, ce genre de truc. Ça te fais pas bizarre, tout ça ? Même moi ça m'impressionne un peu. »

La question sortit tout innocemment de sa bouche sans qu'il n'y réfléchisse. La première inquiétude qui lui venait maintenant que leur mariage et ce qui s'en suivait lui apparaissait de façon plus concrète, était que tout cela effraie un peu son compagnon.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Lun 28 Jan - 21:42

Ulyssses était tout impatient. Certes, il avait toujours eu une grande passion pour les langues et la perspective de découvrir une nouvelle grammaire, aussi austère qu’elle fût pour la plupart des jeunes gens de son âge, avait toujours constitué pour lui l’annonce d’une sorte de fête, mais ce jour-là, sans qu’il s’en rendît tout à fait compte, son excitation n’était pas entièrement justifiée par ses futures découvertes linguistiques, qui seraient somme toute fort éloignées des langues indo-iraniennes, sa terre de prédilection.

Et puis Ivan avait enregistré son numéro, alors cela voulait dire, nécessairement qu’ils seraient bons amis. Bien sûr, l’immense majorité de la population avait une curieuse tendance à vouloir s’attirer l’amitié d’Ulysses, en tout bien tout honneur parfois, souvent avec quelques arrière-pensées charnelles, mais le jeune homme n’en avait pas vraiment conscience et puis, cette fois, c’était un peu particulier.

D’un geste sur la surface de son téléphone, il fit apparaître son calendrier.


— Hmm…

Le logiciel affichait des semaines où s’entassaient des événements multicolores à ne plus savoir où donner de la tête et, la plupart du temps, Ulysses semblait avoir des journées de vingt heures surchargées. Tout cela était savamment organisé avec des codes alphanumériques et des abréviations qui, sans doute, devaient aider au classement pour le jeune homme mais qui achevaient de nimber cet emploi du temps de ministre d’un mystère des plus complets.

— Le jeudi de six heures du matin à sept heures ?

Il releva les yeux vers Ivan et, en songeant qu’il s’adressait, tout de même, à un adolescent, il se reprit et conclut de lui-même avec lucidité :

— C’est peut-être un peu tôt. Alors… Le dimanche. Le dimanche de quatorze à seize heures. Mais, enfin, du coup…

D’une voix un peu triste qui anticipait sur un hypothétique refus d’Ivan, il hasarda :

— Tu as peut-être autre chose à faire, le week-end, que de me donner des cours de suédois…

Ivan avait sans doute une copine, par exemple, dont il fallait s’occuper et qui devait l’aider à concevoir ses petits tracts océanographiques. Cela dit, il avait un rendez-vous professionnel avec Adam le lundi en début de soirée, il pouvait très bien le déplacer. Après tout, Adam ne lui en voudrait sans doute pas : il avait une bonne raison. C’était pour apprendre le suédois. De toute façon, Adam, lui, ne songeait plus qu’à une chose : le blanc.

Comme chacun sait, les Esquimaux ont plus de mots pour décrire le blanc que n’importe quel autre peuple. Adam, lui, ne se sentait pas l’âme d’un Esquimau. D’abord, ses pensées ne cessaient de vagabonder vers l’avenir et, pour une fois, elles étaient entièrement inefficaces. Ensuite, même avec la meilleure volonté du monde, il n’arrivait pas à cerner les nuances entre tel et tel tissu, quelque enthousiasme que la vendeuse mît à lui en décrire l’impression.

Il y avait le blanc élégant et le blanc formel, le plus qui donnerait un petit côté années trente et le blanc décontracté. Comme un blanc pouvait être décontracté, cela demeurait un mystère pour Adam. Il hochait de temps à autre la tête, histoire de ne pas passer pour un rustre profond, mais la vérité, c’était qu’il commençait un peu à paniquer et il se tordit le cou pour voir si son fiancé spécialiste de mode aux yeux surhumains ne voulait pas par hasard le rejoindre — il s’en tirerait mieux que lui sans doute.

La vendeuse, soit qu’elle eût autre chose à faire, soit qu’elle sentît que son client avait besoin d’un peu de répit pour se remettre des infinies variations de la neige, le pria de l’excuser et s’éclipsa pour escorter vers la sortie des clients qui venaient de passer une bonne heure à méditer sur de la dentelle. Enfin Salem vint et Adam tenta d’avoir l’air très informé, spécialiste pour ainsi dire, en restituant les explications qu’on lui avait données sur le nuancier, d’un ton plus ou moins assuré.

Mais il fut vite interrompu par la déclaration de Salem. Le regard insondable d’Adam resta fixé sur son fiancé tandis qu’une nouvelle angoisse se formait en lui, bien plus sensible que la petite inquiétude de ne pas arriver à choisir la couleur adéquate. Il se faisait peut-être des idées, mais il avait la très nette impression que Salem venait de lui dire quelque chose comme « faisons un bébé ». Au-delà des difficultés techniques de la chose, Adam ne se sentait pas là, immédiatement, de taille à avoir un enfant.

Ils l’avaient évoqué parfois, mais ça n’avait jamais été qu’une façon de parler — du moins, c’était ce qu’Adam avait cru. Mais désormais repassaient dans son esprit toutes les occasions où il avait vu Salem avec un enfant et force était de constater que l’adolescent se débrouillait bien — tout cela avait l’air de lui plaire. Adam, lui, était généralement désemparé devant tout individu âgé de moins de seize ans et Julian avait constitué une exception très notable.


— Tu… euh… Hm…

Il détourna son regard de Salem et commença à tripoter très nerveusement le nuancier. Les chatons, c’était déjà un peu envahissant, alors un bébé… Il se trouvait trop jeune pour cela. Quelques mois auparavant, il se fût trouvé trop jeune pour se marier.

— Non… Oui… Je veux dire…

De loin, la vendeuse leur jetait des coups d’œil en accueillant d’autres clients. En bonne professionnelle, elle savait ménager aux futurs mariés des instants d’intimité : ses journées étaient faites de rencontrer avec des couples plus ou moins jeunes qui avaient tous en commun une nervosité palpable. Parfois, elle avait l’impression de tenir un cabinet de psychothérapie plutôt qu’une boutique de vêtements.

Adam inspira profondément.


— Non, je ne me suis jamais dit que j’allais me marier. Oui, ça me fait un peu bizarre.

Il avait soigneusement évité la question centrale des enfants.

— Mais je suis vraiment très heureux qu’on le fasse. Qu’on se marie. Vraiment.

Il y eut un petit silence, puis Adam consentit à abandonner les échantillons de tissu et se tourna vers Salem.

— Tout à l’heure, tu m’as demandé si je voulais un mariage en blanc, là tu me demandes si ça me fait bizarre… est-ce que… Je sais pas. T’as l’impression que je m’implique pas assez ? Je suis désolé, tu sais. Si je suis pas très démonstratif…

Le ton sincèrement navré d’Adam témoignait de son inquiétude.

— J’veux pas te donner l’impression que… J’sais pas. Que j’aie pas envie ou quoi. J’ai très envie. Qu’on soit mari et… mari. Tu me crois, dis ?

Plus ou moins discrètement, Emily avançait à pas de loup derrière eux pour tenter de surprendre leur conversation.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mar 29 Jan - 22:30

Avec une certaine curiosité, Ivan regarda son nouvel ami pianoter sur son engin, l’air de savoir ce qu’il faisait en fouinant au milieu des obscures cases colorées qui emplissait chacun des jours de sa semaine. De toute évidence, Ulysses était un homme très occupé. Certes, le suédois ne s’était pas attendu à ce qu’il ait beaucoup de temps pour lui, avec son travail au parti, mais tout ça, pour son travail ? Ça semblait tout de même un peu trop. Le dimanche à onze heures par exemple, il n’avait quand même pas de réunion-boulot avec Adam ? Peut-être qu’il avait beaucoup d’amis, ou alors de collègues de travail qui utilisaient l’excuse de vouloir absolument boucler un dossier pour le monopoliser, un samedi de… vingt-et-une heure à vingt-deux heure trente ? Qui était ce "H.C." qui se permettait de monopoliser Ulysses à une heure pareille ? Il voulait des noms.

Oui, la question des fréquentations d'Ulysses était d’importance pour Ivan, c’est le sens de l’amitié, v’voyez. Il se demanda immédiatement si, avec tout ça, son ami avait le temps de bien dormir et de bien manger, certes, il avait l’air en bonne forme, rayonnant même, mais qui sait. Ses réflexions s’interrompirent cependant quand Ulysses lui proposa un premier horaire, qui était plutôt… tôt, bon, l’avantage, c’est que ça n’empiétait pas sur son propre programme. Et puis de toute façon, il lui aurait donné rendez-vous à deux heures du matin dans une ruelle sombre de Hell’s Kitchen qu'il aurait accepté quand même. Heureusement, non seulement le joli garçon n’aurait pas fait ça, mais en plus, il lui trouva un créneau plus convenable – et il gagnait une heure, c’était tout bon. En voyant la moue inquiète d’Ulysses, Ivan s’empressa de répondre.

« Non, non ! Dimanche, c’est parfait ! On pourrait se retrouver… au café du centre culturel ? »

Voilà, il était sûr qu’Ulysses devait connaître l’endroit – pour y être déjà allé avec Adam, par exemple, ceci est tout à fait fortuit. Pendant ce temps-là, Salem et Adam en était à une étape beaucoup plus avancée. Qu'on se rassure tout de suite, Salem ne voulait pas de bébé, il n'était pas fou, tout de même, il avait à peine dix-huit ans et comptait bien profiter de sa jeunesse encore un petit moment, et puis il n'avait pas encore de vrai travail, qui paie un minimum. C'est que ça coûte cher, ces petites bêtes là.
Bref, il était rationnel, mais cela ne l'empêchait pas d'y penser, parce que la famille, pour Salem, c'est important. Pour Adam aussi, mais lui il ne s'en rend pas autant compte, alors il était tout à fait possible que de voir arriver à grands pas la cérémonie qui les liera à jamais et les chérubins baveux qui pourraient venir avec lui fasse un peu peur. Le contraire serait même inquiétant. La main de Salem remonta dans son dos jusqu'à ses épaules, tandis que son compagnon faisait une bouille trop craquante.

« Bien sûr que je te crois, t'inquiètes pas, tu es parfait. C'est moi qui… 'fin, j'ai mes idées, je réagis un peu vivement, puis du coup, on se retrouve là. J'veux pas trop t'imposer de choses non plus, ou aller trop vite ou… je ne sais pas, que mon idéal soit trop éloigné du tien et que tu sois pas à l'aise. »

Même Salem aurait eut du mal à dire s'il parlait uniquement du mariage ou de la vie qu'il voulait construire avec Adam de façon plus générale. Sans doute y avait-il un peu des deux. Il regarda le catalogue de tissus posé sur le banc.

« Je pense que les blancs numéros 17, 24 et 39 sont bien, ils sont chaleureux, et je n'ai jamais vu de prestidigitateurs porter ces teintes-là. Ah, et il y a une espionne dans la penderie. »

Un petit rire s'éleva de la dite penderie, et une robe s'agita tandis que la petite fille filait entre les vêtements pour aller plus loin et faire comme si tout ça n'avait était que le pur fruit de l'imagination du mutant. Il fit mine de la surveiller un instant avant de tenter de reprendre le fil de la conversation.

« Je sais pas si tu t'en rend compte mais… t'exige jamais rien de moi. Je veux dire, moi je t'ai poussé à parler plus, j'ai voulu qu'on s'installe dans un plus grand appart, qu'on ait des chats, que tu m'impliques dans ta vie. T'as même changé de boulot. Ça fait beaucoup, et dans le même temps, tu m'as presque jamais rien demandé alors, j'espère que c'est pas parce que t'as peur que je m'énerve, ou ce genre de trucs. S'il y a des choses dont tu veux parler, ou n'importe quoi qui te tienne à cœur, tu peux, tu sais. »

Salem le scruta un peu, il avait bien conscience que ses colères pouvaient parfois faire peur, et qu'avec un Adam prompt à se jeter toutes les pierres, ça pouvait être particulièrement dévastateurs. Alors c'était probablement sa faute, si Adam ne se plaignait jamais, ne donnait pas facilement son avis ou ne posait jamais de questions, il craignait trop ses réactions. Ça devait sûrement être pour cela qu'il évitait le sujet des enfants – Salem connaît la feinte, à force, ça ne marche plus aussi bien. Le devin n'en voulait pas, de toute évidence, mais craignait sa réaction s'il l'avouait.

L'adolescent sortit de ses pensées pour se pencher et regarder sous le banc, un nouvel éclat de rire s'éleva, la fillette s'interrompit alors qu'elle rampait discrètement à deux mètres d'eux.

« Comment tu m'as vu ? »
« Je suis le pro du cache-cache. »

Il la regarda sortit de sous le meuble avec un petit sourire, mais n'était cependant pas aussi rayonnant que d'habitude, quand il s'amusait avec un enfant. C'est qu'il enterait Ewan dans sa tête, alors ça lui enlevait quand même un peu de sa pêche.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mer 30 Jan - 8:51

Adam avait l’étrange impression de commettre erreur sur erreur et de revivre l’une de ces nombreuses conversations qu’il avait eue, jadis, avec ses anciens compagnons. Bien sûr, il y avait eu ceux qui avaient profité de lui, il y avait eu les violences et les cris, mais certains avaient été normaux, ni parfaits ni affreux. Et, au bout de deux semaines, d’un mois, lorsqu’ils lui avaient proposé la moindre forme d’engagement — rencontrer les amis, passer un week-end ensemble — lorsqu’ils n’avaient fait qu’évoquer la possibilité de songer à un futur commun, Adam s’était enfui à toutes jambes.

Désormais, les choses étaient bien différentes. Et pourtant, incapable sans doute de mesurer très exactement les immenses progrès qu’il avait accomplis auprès de Salem, Adam ne pouvait s’empêcher de craindre que ces progrès ne fussent pas aussi considérables qu’il l’avait d’abord pensé, que, tout du moins, Salem les trouvât insuffisants et que, dans les réponses qu’il venait de faire, son fiancé entendît plutôt la confirmation de ses doutes que l’assurance de son affection.

La réponse de Salem ne le rassura pas. C’était une évidence désormais : son ami doutait de lui. Il n’avait pas été assez affectueux. Assez enthousiasmé par le mariage. Il aurait dû, bien sûr, il aurait dû prendre en main l’organisation et accélérer les choses. Peut-être qu’il le trouvait froid ? C’était une chose, par exemple, qu’on lui avait beaucoup reproché : « Adam, on ne peut pas rester ensemble, tu es trop froid pour moi » ou « Adam, tu ne souris jamais » ou « Adam, j’ai l’impression que tu n’as pas de sentiments ».

Il n’en faisait pas assez. Voilà, c’était la triste réalité et l’étrange conclusion d’Adam. Alors que Salem s’efforçait de lui faire prendre conscience qu’il pouvait lui aussi, sans inquiétude, occuper un peu le terrain et faire valoir ses droits, Adam n’était capable de songer qu’à son ami, qu’aux exigences que son ami ne voulait pas formuler et à combien il s’en montrait indigne.

L’Asiatique avait baissé à nouveau les yeux sur les tissus comme un enfant coupable, repassant machinalement les numéros que Salem avait choisis. Ils étaient très bien. Tout ce que faisait Salem était toujours très bien. Même sa façon de faire cramer les courgettes était parfaite. Et lui, tout ce qu’il arrivait à faire, c’était à le décevoir. Dans son état bien entendu, le ton un peu mélancolique que son compagnon adopta avec la petite fille ne passa pas inaperçu.

Emily sortit de sa cachette pour venir se planter devant le couple et les regarder l’un et l’autre alternativement.


— Pourquoi vous êtes tristes ?

Adam releva les yeux vers l’enfant. D’une voix peu convaincante il murmura :

— J’suis pas triste.
— Tu mens pas très bien. Alors ? C’est à cause des couleurs ?
— Non. Un peu. Je ne sais pas.


La petite fille prit un air fort sérieux et circonspect, pour constater en toute innocence :

— A chaque fois que je vous vois, vous êtes tristes. Ou fâchés. Vous êtes tout le temps tristes.

Outre la déduction un peu douteuse, Adam était surpris par les prémisses. A chaque fois qu’elle les voyait ? Il l’observa. Elle lui disait un peu quelque chose, mais enfin, toutes les petites filles se ressemblaient, à cet âge-là. Tout à fait inconsciente de la brutalité de ses remarques, l’enfant continua à délivrer sa sagesse d’un ton imperturbable :

— Ma Maman dit toujours qu’il ne faut pas rester avec les gens qui vous rendent tristes. Vous feriez peut-être mieux de changer, non ?

Adam murmura un peu mécaniquement :

— Ta mère te cherche.

Une seconde plus tard, une voix retentit dans le magasin :

— Emily ! Emily, reviens là tout de suite.

La petite fille partit en courant. Sa mission était accomplie. Adam resta silencieux, le nuancier entre les mains, avant d’interroger d’une toute petite voix :

— Je sais qu’on se dispute souvent et que… Et que… Et que souvent je fais pas les choses comme il faut… Et puis les gens que tu connais, ils m’aiment pas tellement. Ça va un peu mieux, c’est sûr, mais enfin, ils m’aiment pas tellement. Alors… Je sais pas. Tu me trouves trop triste ?

Adam, lui, n’avait pas l’impression d’être triste. Cela arrivait, bien entendu, mais la plupart du temps, avec Salem, il se sentait heureux. Et cependant, il mesurait la différence qui existait entre lui et tel ou tel ami de son compagnon, entre lui et Jenny, par exemple. Lui, il n’avait pas ri depuis… des années. Il ne souriait qu’avec un air réservé. En bien des aspects, il était l’exact opposé de son fiancé.

— Et toi, tu es triste, avec moi ? Est-ce que… je sais pas, est-ce que…

Adam se mit à battre très vite des paupières. Il renifla un peu, prit une inspiration pour se calmer et confessa enfin :

— Des fois… Des fois j’ai peur que tu partes. Parce que…

L’esprit d’Adam s’illumina — c’est-à-dire qu’il s’obscurcit encore un peu :

— Est-ce que c’est pour ça que tu me demandes si je trouve que ça va trop vite ? Parce que toi tu trouves que ça va trop vite ? Tu te sens piégé… ?

Adam se voyait déjà en train de déménager ses affaires de l’appartement pour vivre ailleurs et laisser à Salem son espace vital. Pendant ce temps, Ulysses et Ivan étaient loin de songer à se séparer. Un sourire lumineux avait rayonné sur le visage de l’Américain quand Ivan avait promptement accepté son invitation — certes, tous les sourires d’Ulysses étaient lumineux, mais celui-ci avait encore quelque chose de particulier.

Avec un enthousiasme point du tout dissimulé, le jeune homme s’exclama :


— C’est super !

Oui, parce que, si Ulysses se contrôlait à merveille devant la presse, dans la vie courante, il était beaucoup plus spontané. Le jeune homme rosit légèrement en mesurant l’enthousiasme peut-être un peu excessif dont il venait de faire preuve et baissa à nouveau les yeux sur son téléphone, pour inscrire le rendez-vous.

— Le café du centre culturel. C’est très bien. N’hésite pas à m’appeler, d’ici là.

Il y eut quelques secondes de silence avant qu’Ulysses précisa un peu confus :

— Je veux dire, si jamais tu… Enfin, si tu as un empêchement, un truc comme ça. Tu peux m’appeler. Ou m’envoyer un message. Tu as mon adresse mail ? Je vais te donner mon adresse mail.

Il fouilla dans ses poches à la recherche d’une carte de visite, mais elles étaient restées dans son costume. Revenu bredouille de sa quête, il interrogea :

— Tu n’aurais pas un stylo ? Et un bout de papier pour noter ? Ou alors, je peux t’envoyer un sms… Mais du coup, si tu effaces la mémoire de ton téléphone…

Ulysses était peut-être (légèrement) nerveux et donc (légèrement) volubile. Mais que voulez-vous, c’était toujours une perspective très excitante que d’apprendre une nouvelle langue.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mer 30 Jan - 22:18

Non mais quelle sale gosse, y'a des claques qui se perdent, j'vous jure. Salem allait lui répliquer qu'elle était trop jeune pour comprendre – c'est énervant d'entendre ça tout le temps, quand on est jeune – mais déjà elle retournait dans les jupes de sa mère. IL arrêta de la fixer d'un air meurtrier pour poser un regard largement plus doux sur son ami. Qui semblait presque au bord des larmes, l'adolescent se demanda immédiatement s'il avait encore dit les choses un peu trop rudement, mais les paroles d'Adam lui firent rapidement comprendre qu'il venait de trouver une nouvelle raison de se faire un bon paquet de reproches.

Un bref silence suivit les paroles et les questions inquiètes de son compagnon, après quoi Salem lâcha, l'air presque étonné.

« C'est fou, t'as tout compris à l'envers. »

Il réfléchit un moment, pour bien peser ses mots et éviter de donner à Adam encore plus d'inquiétudes qui n'avait pas lieu d'être.

« On se dispute souvent ouais, sauf que c'est pas des vrais disputes, j'm'emporte un peu et l'instant d'après tout ce que je veux c'est te serrer dans mes bras. Et puis mes amis t'aiment bien, vous vous connaissez pas beaucoup, c'est sûr, mais regarde, Ivan a pas hésité à partir à ta recherche. Tu vas pas me dire qu'il t'aime pas ? Et puis… même si c'était le cas, admettons. On s'en fiche. On peut pas plaire à tout le monde, l'important c'est que toi, tu t'aimes.

Et t'as vraiment un gros problème à ce niveau-là, je sais vraiment pas comment te faire comprendre à quel point t'es génial, t'illumines ma vie, tous les jours, j'ai besoin de te voir, de te parler, de te toucher, tu m'apprends pleins de choses, tu m'as fais découvrir pleins de jeux, t'es, t'es adorable, t'es intéressant, t'es tellement de choses pour moi qu'il me faudrait au moins toute la nuit pour en parler. Mais s'il faut, je vais le faire, parce que ça me tue de voir que malgré tout, tu continues d'avoir peur, de penser que tu ne comptes pas pour moi ou que tu n'oses jamais demandé quoi que ce soit. Je me dis que, moi, j'en fais peut-être pas assez, ou que, moi, je t'impose des choses qui ne te convienne pas, et que tu n'oses pas le dire. Parce que, si j'étais triste avec toi, je pense je te l'aurais fais savoir depuis un bon moment alors que toi, c'est pas tellement ton style.

J'me sentirais pas rassuré tant que tu seras continuellement en train de te descendre, parce que je veux que tu sois heureux. Pour de bon, pas que tu sois juste moins malheureux qu'avec tes exs, tu mérites beaucoup mieux que ça.
»

Ouf, ça, c'est dit. Salem lui fit un petit sourire, espérant que tout ça le ferait peut-être un peu réagir, mais au cas où ça ne suffirait pas, il montra du doigt le catalogue de couleur.

« Tiens, pour t'entraîner, tu vas choisir la couleur pour notre mariage. T'es même pas obligé de prendre du blanc, je veux bien porter du rose fuchsia à pois verts, si c'est toi que j'épouse. »

Voilà, puisque les mots ne suffisaient pas, peut-être que quelques petits exercices d'applications à difficultés croissantes l'aideront à s'exprimer. Grâce au ciel, Ivan et son camarade n'avait pas du tout ce genre de problèmes d'expression. Il était aussi facile de lire en Ulysses que dans un livre d'images, et sa joie rejaillit sur Ivan, qui eut un grand sourire en le voyant soudain tout excité. Apparemment, il aimait vraiment beaucoup les langues étrangères. Tout ça le rendait absolument craquant. Ivan fouilla dans ses propres affaires, et sortit un stylo et l'un de ses tracts pour un obscur rassemblement de défenseurs des mers.

« Tiens, ça devrait faire l'affaire, mais en général, les dimanche, je les passe à travailler. Il y a peu de risques que je te fasse faux-bond. Tu égaieras ma journée. »

Ivan baissa les yeux vers le tract, le cœur battant. Avant de se rappeler que son ami avait, contrairement à lui, un emploi du temps très chargé.

« Toi aussi tu peux m'appeler, si tu as un changement de programme, ou pour autre chose. Si je peux aider, je le ferais. »

Après tout, Ulysses était venu à l'aquarium pour son travail, en la matière, il pouvait aussi apporter sa modeste contribution, surtout si cela peut permettre de parler un peu avec Ulysses.

Bon, il était sans doute temps de se séparer, Ulysses avait sûrement d'autres choses de prévues dans son programme de la journée, et Ivan ne voulait surtout pas qu'il ait des problèmes à cause de lui. Pourtant, il ne bougea pas, et se mit à triturer le bas de sa chemise.

« C'était bien de discuter, enfin, c'était sympa. J'espère que je ne t'ai pas trop ennuyé avec mes histoires, des fois je ne fais pas très attention. »

Salem lui disait souvent à mot couvert qu'il était un peu lourd, quand il s'y mettait, et ce n'était pas le seul. En général, ça ne lui importait pas beaucoup, mais il craignait sincèrement qu'Ulysses pense la même chose.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mer 30 Jan - 22:50

— Qu’est-ce que tu leur as dit ?
— Mais… Rien…
— Je t’interdis de leur parler.
— Pourquoi ?
— Parce que ?
— C’est parce qu’ils sont autosexuels ?
— Homosexuel. Et puis, ne dis pas ce mot.
— Tata Andy aussi, elle est autosexuelle…
— Emily !


Pendant qu’Emily passait presque un sale quart d’heure, presque parce que sa maman n’avait jamais été très douée pour avoir l’air vraiment fâchée, même quand sa petite fille discutait avec des autosexuels inconnus, Adam regardait Salem avec de grands yeux d’enfant sage et un peu perplexe. Salem avait beau lui répéter qu’il était merveilleux, Adam avait un peu de mal à comprendre les choses — manifestement, son intelligence ne s’exerçait pas également dans tous les domaines.

Il hocha la tête d’un air très concentré, comme si Salem venait de lui expliquer quelque chose d’extrêmement compliqué qu’il croyait comprendre mais qu’il n’était pas certain d’avoir complètement assimilé. Son regard ne se détourna pas de son compagnon lorsque celui-ci essaya d’attirer son attention sur les échantillons de tissu. Et puis, il était toujours sur le point de pleurer — d’émotion plutôt que de tristesse, cette fois-ci. Mais comme cela ne faisait pas très viril, il se retenait.

Tout bas, dans un chuchotement, après un moment de silence, il souffla :


— Je suis fou amoureux de toi.

Il rougit aussitôt et reprit timidement :

— C’est un peu bête comme façon de parler. J’aimerais bien être doué pour les discours. Tu mériterais de belles déclarations. Mais enfin, c’est la vérité. Tu m’as sauvé. Je t’aime.
— Alors, des idées ?


Adam manqua de faire une attaque. Son regard un peu humide se détourna de Salem pour se poser sur la vendeuse, qui se tenait devant eux avec un sourire parfaitement naturel, comme si elle ne remarquait pas l’air ému de ses clients. Mais, à vrai dire, tout le monde pleurait un peu tout le temps dans ce magasin : l’organisation d’un mariage était propice à susciter rage, désespoir et bonheur euphorique. Adam et Salem étaient loin de remporter la palme des clients les plus atypiques.

L’Asiatique du reste ne tarda pas à se recomposer un visage impassible, mais il avait pris la main de Salem dans la sienne et il la serrait doucement.


— On voudrait, euh… Du blanc pas trop blanc.

Comme cette vendeuse, on l’aura compris, était exceptionnelle, cette indication pour le moins vague, qui tenait des « je veux la même coupe mais en plus court » chez le coiffeur, ne sembla pas le moins du monde la décontenancer.

— Je vois. Vous avez une idée de la couleur secondaire ?
— Euh…


Adam jeta à Salem un regard vaguement désarçonné. Décidément, c’était bien compliqué, toutes ces questions. Ils ne pouvaient pas simplement tirer au sort ?

— Avec du blanc, on peut mettre du bleu marine, du noir, de l’or, de l’argent, du vert. Mais vous pouvez tenter des mariages plus audacieux.

A mesure qu’elle énumérait les associations possibles, elle les montrait sur le nuancier et Adam, très concentré, les observait scrupuleusement les unes après les autres.

— Alors euh…

Il regarda à nouveau Salem, mais l’adolescent avait décidé qu’il devait choisir. L’Asiatique se concentra de nouveau.

— Blanc-noir, c’est un peu trop Cruella… Blanc-vert, c’est un peu commun. Bleu marine, c’est joli, mais c’est sombre. Or et argent, c’est sympathique. Mais avec de l’or, les fleurs seraient… ?
— Jaunes, a priori.
— Et l’argent ?
— Blanches.
— Hmmm.


Pendant qu’Adam réfléchissait, Ulysses euphorisait. Il était presque tenté d’effacer tout son emploi du temps du dimanche pour réserver la journée à l’apprentissage intensif du suédois. En écoutant la réponse de son nouvel ami et professeur, il se rendit incidemment compte qu’il n’avait aucune idée de ce à quoi Ivan pouvait bien travailler le week-end, ni du genre d’études qu’il faisait, si toutefois il faisait des études, ni de son âge à vrai dire et encore moins de son nom de famille.

Il se promit de récupérer le programme du séminaire auquel il l’avait rencontré, pour trouver ce fameux nom et, ensuite, chercher le reste sur Internet. Avant de résister à la tentation d’utiliser des ressources beaucoup plus secrètes pour satisfaire sa curiosité plus ou moins innocente. Ulysses secoua la tête et assura d’un ton absolument décidé :


— Il n’y aura pas de changement de programme. C’est noté, c’est décidé. J’ai hâte.

De toute façon, Ulysses avait un certain goût de l’ordre et de la ponctualité : les retards et les changements de dernière minute étaient rarement de son fait et le dimanche avait ceci d’avantageux que les rendez-vous n’y étaient pas trop hasardeux. Bref, tout était merveilleux, sauf qu’Ivan cherchait à partir. Ou bien il ne voulait pas l’empêcher de partir lui ? Ou alors… Ulysses ne savait pas trop.

En tout cas, il s’empressa de rassurer son interlocuteur.


— Non. C’était bien, c’était très instructif. Tu es très intéressant. Ce que tu dis, c’est très intéressant.

Le jeune homme se mit à réfléchir à toute vitesse pour trouver une question à poser qui pût retenir Ivan encore un peu. Il commença d’abord lentement, tout en continuant à fouiller dans ses pensées :

— Mais euh… Il y a une chose… que je n’ai pas très bien comprise… à propos de… hm… de… du zooplancton. Voilà. Les baleines mangent le plancton, soit. Mais le zooplancton, lui, il mange quoi ?

Bon, l’illusion n’était peut-être pas parfaite, mais Ulysses n’avait pas envie de quitter Ivan. Parce qu’il aimait bien la compagnie — en général — bien entendu.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Ven 1 Fév - 17:52

Salem n'était probablement pas un grand romantique, mais entendre Adam parler ouvertement de ses sentiments lui faisait toujours un petit effet. Un mince sourire se dessina sur son visage tandis que ses joues rosissaient. Pas besoin de grandes déclarations enflammée, l'émotion de son compagnon était bien plus touchante que les mots. Il serra sa main alors qu'Adam tentait de répondre aux questions de la vendeuse – qui devait avoir un lien de parenté avec Anya.

Pour la couleur principale, Adam était visiblement d'accord avec lui, la couleur secondaire, par contre, ils n'en avaient pas discutés, essentiellement parce que Salem ne savais pas vraiment comment tout cela marchait. Mais enfin, c'est vrai que ne porter que du blanc, cela aurait sans doute donné un effet bizarre, comme s'ils essayaient de cacher la profondeur de leur dépravation derrière une tenue immaculée. Cette deuxième couleur étaient donc capitale, surtout que la couleur des fleurs en dépendait, et probablement aussi celle des bouts de nappes qui seront perpendiculaires à la nappe blanche. Salem s'agita un peu sur le banc, bien sûr, il avait fait son choix dans les couleurs proposées par la vendeuse, mais s'il demandait à Adam de prendre plus d'initiative, cela voulait dire qu'il devait lui aussi apprendre à ne pas toujours tout contrôler. Parce que finalement, c'était une position assez confortable pour lui de savoir que son compagnon le suivrait toujours, quoiqu'il décide de faire.

« L'argent, ce serait bien, non ? »

Arf, décidément, ce n'était pas évident de déléguer, Salem regarda les couleurs, puis Adam.

« Enfin, c'est toi qui choisis, vas-y, je te laisse faire. »

Salem laissa donc faire, en surveillant, quand même, parce que la couleur de la nappe et des fleurs, c'était très important, oui. Et puis ça ne faisait pas partie de l'exercice d'application qu'il lui avait donné, alors il pouvait bien proposer ses idées aussi. Voilà une excuse parfaite. Une excuse parfaite, Ivan en avait aussi une, si Ulysses avait besoin d'un complément d'information, il était obligé de rester pour lui répondre – quelle vie difficile il avait.

Il lui fallut cependant un peu de temps pour trouver ses mots, parce que son camarade venait de lui dire qu'il l'avait trouvé intéressant. Ce n'était pas rien, Ivan ne se rappelait d'ailleurs pas avoir déjà entendu quelqu'un parler de ses longues explications en ces termes, on lui avait souvent dit que c'était instructif, on avait reconnu sa passion et son enthousiasme. Mais à part ses professeurs et quelques grands passionnés aux discours encore plus obscures que les siens, personne ne s'étaient vraiment prit d'intérêt pour ses recherches. Si Ivan avait ponctué son discours de petite anecdotes insolites, c'était d'ailleurs parce que ce genre de détail réveillaient un peu l'intérêt de son auditoire, et lui permettait d'être écouté pendant une seconde ou deux. Enfin, il se décida à réfréner sa joie et à donner les explications demandées.

« Il y a deux choses dans le plancton, le zooplancton, qui est composé de toutes sortes d'animaux minuscules, allant de la méduse aux crabes en passant par… toutes sortes de choses. Et le phytoplancton, qui contient quant à lui différentes algues minuscules. Il n'a l'air de rien comme ça, mais son importance est capitale, c'est ce qui sert de nourriture au zooplancton, et l'ensemble sert de base à l'alimentation de presque tous les poissons. Mais c'est aussi qui produit les deux tiers de l'air que nous respirons en ce moment. Très loin devant la forêt amazonienne. »

De toute évidence, ce sujet avivait une petite flamme dans l'esprit d'Ivan, qui ne put s'empêcher d'ajouter.

« Les personnes ont souvent l'air de croire que ce qui se passe dans la mer ne les concerne pas, comme si c'était un autre monde totalement séparé du nôtre. Je suis sûr que beaucoup croit même que si la mer était entièrement vide, ça ne changerait rien. Ils n'auraient juste plus de poissons dans l'assiette. Mais ce c'est pas correct, si cela arrivait, nous mourrions tous, et d'ailleurs nous n'existerions même pas. Les écosystèmes marins peuvent se passer des écosystèmes terrestres, mais pas l'inverse. »

Bon, il y aurait sans doute quelques biologistes en herbe de sa connaissance qui lui auraient sautés au cou en entendant ça. Mais c'était son avis.

Hum, il avait maintenant terminé son explication – et bien plus que ça – sans doute était-il temps de laisser le sage Ulysses vaquer à ses occupations ? Après tout, peut-être ne lui avait-il dit qu'il était intéressant en faisant une moue adorable que parce qu'il était poli et expert en communication. Ce n'était pas impossible et, Ivan n'étant pas très doué pour interpréter les signes d'ennui, était peut-être en train de l'embêter en parlant de la supériorité de la mer. En plus, ils étaient plantés devant l'aquarium, à regarder les passants passer, depuis un petit moment.

D'un autre côté, Ulysses était quand même plutôt souriant – mais il devait l'être avec tout le monde, il était aussi attentif – mais c'était quelqu'un de calme et studieux, de toute évidence. Et puis il lui avait quand même dit qu'il était intéressant, ce n'était pas rien. Peut-être que la géobiologie marine l'intéressait vraiment. Un peu incertain, parce qu'il avait l'impression qu'il risquait de faire une grosse bourde à tout moment, il hasarda.

« Si tu veux discuter de ça, on pourrait… boire un verre ? Ou faire autre chose… et on est pas obliger de ne parler que de ça… Enfin… tu as sûrement un tas de choses à faire… »

Ivan avait graduellement perdu toute sa confiance en lui à mesure qu'il parler, pour finir par regarder ses pieds, bien sûr qu'il devait avoir mieux à faire que l'écouter parler, regretter la belle époque où il était encore en couple avec Adam, par exemple.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Lun 4 Fév - 9:32

Pendant que Salem bouillonnait à ses côtés, Adam regardait silencieusement et avec une concentration extrême les différents échantillons de tissu, superposant au blanc les couleurs évoqués, agitant dans son esprit les images des différentes fleurs — même si, en matière de fleurs, il n’y connaissait pas grand-chose — et les tables, et les décorations, et la vaisselle, et les costumes à nouveau. Et il ne parvenait pas à se décider.

Tout cela, à vrai dire, le mettait un peu mal à l’aise — non, pas exactement mal à l’aise. Simplement, il se sentait quelque peu oppressé. Plus les secondes passaient, moins il parvenait à se concentrer ; les images de leur future salle de réception se brouillaient dans ses pensées et il ne parvenait plus à forcer les différents accessoires à changer de couleur pour se faire une idée.

Jamais il n’eût imaginé qu’un pareil choix pût être une telle épreuve — fort heureusement, alors que sa main commençait à frémir dans celle de Salem, sans qu’il s’en rendît compte, l’adolescent vola à sa rescousse et lui épargna la difficile tâche d’avoir à choisir. Finalement, Adam s’en était bien tiré : il n’avait eu à choisir ni la couleur primaire, puisqu’il s’était contenté de suivre les exigences de Salem, ni la secondaire, puisque Salem avait décidé à sa place.

Certes, ses progrès n’étaient du coup pas très sensibles, mais il se contenta malgré tout d’approuver docilement :


— J’suis d’accord. Argent, c’est bien. Ça fait…

Il chercha un qualificatif un peu convaincant, leva les yeux vers la vendeuse qui, avait un grand sourire, lui tendit généreusement une perche.

— Magique ?
— Oui, voilà. Magique.


Toujours était-il que Joséphine — car la vendeuse s’appelait Joséphine — avait compris la situation. Dans la plupart des couples qui franchissaient la porte de cette boutique, il y avait un décideur et un suiveur. Plus précisément, dans l’immense majorité des cas, il y avait une décideuse et un suiveur. Et, de toute évidence, son duo un peu atypique du jour n’échappait pas de ce point de vue à la règle : c’était Salem qui prenait les décisions, au moins pour le mariage, elle en était convaincue.

C’était donc lui qu’il fallait convaincre. Comme Joséphine, nous l’avons vu, était une experte, elle n’en délaissait pas pour autant Adam, et quoique ses paroles s’adressassent essentiellement à Salem, son regard volait d’un fiancé à l’autre, avec une douceur prévenante qui tenait tout à la fois de l’infirmière, de la conseillère conjugale et de la psychiatre. Elle entreprit donc d’expliquer la suite des opérations.


— Alors, nous avons des modèles prêt-à-porter pour l’essayage. Je veux en montre quelques-uns, vous les essayez et ensuite, s’il y a quelque chose qui vous plait, nous prenons les mesures pour faire sur mesure.

Très diplomatiquement, comme généralement celui qui suivait était également celui qui payait, elle demanda à Adam :

— Est-ce que vous avez une idée du budget ?
]— Pour les deux costumes ?


Joséphine hocha la tête, en parcourant déjà mentalement l’entrée de gamme : des jeunes qui se mariaient seraient probablement plus préoccupés par le groupe de musique que par les costumes. Seulement, de musique, il n’y en aurait pas et les jeunes en question, au moins l’un d’entre eux, avaient des économies, un bon salaire et des dépenses de loisir qui, pour le cas d’Adam, frôlaient le néant.

Adam haussa évasivement les épaules.


— Je sais pas. Mille. Mille six cents.

Joséphine, qui était occupée à parcourir le nuancier de tissu, releva vers Adam un regard brillant. Elle sortit de sous la table un volume en cuir et se mit à tourner lentement les pages où des hommes souriants exhibaient leurs beaux costumes. Adam ne put s’empêcher de remarquer que parmi tous ces messieurs promis à un beau mariage, il n’y avait aucun Asiatique ni aucun Noir. La boutique avait encore quelques progrès à faire.

D’ailleurs Joséphine remarqua d’un air désinvolte.


— Pour vous, il faudra plus d’essayage, bien sûr.
— Comment ça ?
— Eh bien, vous comprenez, avec votre teint, c’est parfois plus difficile de trouver quelque chose d’harmonieux.


Très naïvement, Adam répéta d’un air d’incompréhension :

— Mon teint ?

Qu’est-ce qu’il avait, son teint ? Il se sentait un peu fatigué, certes, mais enfin. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que « teint » était un aimable euphémisme pour « couleur de peau ». Imperturbable, Joséphine s’enfonçait à grandes pelletées.

— Vous êtes Chinois ?

Un peu froidement, Adam répondit :

— Je suis Américain.
— Oh, oui… Oui, bien sûr. Je voulais dire : de quelle origine êtes-vous ?


Adam avait définitivement cessé de s’intéresser aux costumes.

— …de New-York…

Pendant ce temps, Ulysses, qui soit dit en passant descendait en droite ligne de l’un des passagers du Mayflower, écoutait Ivan religieusement. A vrai dire, si Ivan avait été une vieille dame couverte de verrue, il l’eût écouté avec une attention presque égale parce qu’en vérité, Ulysses aimait apprendre de nouvelles choses. Tant qu’il parvenait à comprendre et que les explications n’étaient pas trop absconses, le jeune homme était ravi de couvrir des domaines aussi variés que la fission de l’atome et la littérature tchèque. Il n’était pas sûr de tout retenir tout le temps, mais enfin, tout cela finissait toujours par stimuler son imagination.

Des tous petits crabes qui mangeaient de toutes petites algues avant de se faire manger par d’énormes baleines, c’était tout de même… Il ne savait pas trop comment dire. Merveilleux ? Intimidant ? Beau, d’une certaine façon. Evidemment, Ivan n’était pas une vieille femme vérolée et cela ne gâtait rien : les yeux vert-bleu d’Ulysses restaient fixés sur son interlocuteur et un sourire émerveillé flottait sur les lèvres de l’ange.

Mais quand Ivan lui proposa d’aller prendre un verre, et quand cette proposition se nimba d’une étrange timidité, le plaisir qu’Ulysses ressentit n’était peut-être pas entièrement le fruit de sa curiosité pour le vaste monde dans lequel il vivait. Ses joues rosirent un peu et, assez timidement, il murmura :


— Je suis libre.

Avant de préciser presque aussitôt :

— Je veux dire, je n’ai rien à faire. On pourrait aller… J’ai vu un salon de thé, en venant. C’est un peu, euh… Ça fait un peu grand-mère. Mais le bar, là-bas, de l’autre côté, il est un peu glauque. Enfin, je te laisse choisir.

Et quand Ivan eût décidé, ils se mirent en marche.

— Tu fais de la plongée ? Quand j’étais un peu plus jeune, j’en ai fait, un peu. Mon père m’emmenait, quand on partait en vacances. Tu sais, pour lui, c’était un moyen… Je ne sais pas. Il a toujours tenu à ce que je fasse des activités physiques. Il me trouvait trop rêveur. Et…

Le ton d’Ulysses s’était fait mi-songeur, mi-triste.

— …je ne sais pas, il voulait m’endurcir, je suppose. Donc, on allait plonger, et il essayait de me faire croire qu’il y aurait des requins. Il me montrait les gros poissons. Mais je préférais les petits poissons. Parce que les prédateurs, c’est facile. On comprend toujours bien comment ça marche. Comment ils font pour vivre. Mais les petits poissons, c’est toujours plus compliqué ou plus original. Il faut croire qu’on ne pouvait pas m’endurcir.

Cette histoire avait un curieux air d’apologue et elle paraissait devoir détenir un sens caché, tant elle laissait Ulysses songeur — à moins que ce ne fût le souvenir mêlé des poissons et de son père qui l’absorbât de la sorte.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Lun 4 Fév - 14:47

Pour ce qui était de laisser Adam prendre les devants, c'était un peu raté, mais ce n'était qu'un premier essai, est-ce que les shadoks avaient abandonnés après leur première tentative ? Non. Il fallait persévérer, voilà. De toute façon, ce n'était pas les exercices d'applications qui manquaient, entre le choix des fleurs et des décorations, et la marque de croquettes allégées qui plairaient à Hoover, ils auraient l'occasion d'être mit à l'épreuve à nouveau.

Et d'ailleurs, Joséphine avait une nouvelle épreuve pour, eux, après le choix des couleurs, c'était celui de la tenue auquel il fallait réfléchit. C'était l'étape qui faisait un peu peur à Salem, surtout maintenant que son compagnon l'avait persuadé que les costumes, ça ne lui allait pas du tout - enfin, il ne l'avait pas dit comme de cette manière, mais au final, c'était plus ou moins ce qu'il avait retenu - il n'était pas du tout rassuré.

Jusqu'à ce que la vendeuse se mette à glisser sur un sujet tout à fait différent, l'adolescent leva le nez du catalogue de tenues pour regarder Joséphine s'embourber. Il ne voyait vraiment pas le rapport entre le "teint" d'Adam et les vêtements qu'il pouvait porter. Déjà, parce que lesdits vêtements seraient blancs, on peut difficilement faire plus neutre, ensuite parce qu'il s'occupait de choisir les vêtements d'Adam – tiens, là aussi c'est lui qui décidait – depuis pas mal de mois déjà, et qu'il n'avait jamais basé son choix en fonction de la couleur de sa peau. Non, il cherchait plutôt de belles choses à la mode qui ne soit pas trop bling-bling, parce que ce n'était pas le genre de son compagnon, et qui le mettent bien en valeur sans aller jusqu'à prendre le risque qu'il se fasse sauter dessus par des groupies enragées – d'après sa sœur, il avait une tête de chanteur célèbre, ça pouvait arriver. En plus de ça, Adam portait un costume-cravate en ce moment même, si je me souviens bien, et la tenue lui allait parfaitement, il n'y avait rien de compliqué là-dedans.

Les sourcils froncés, il regardait alternativement la pauvre dame qui tentait de se rattraper, et Adam qui s'était complètement refermé sur lui-même. Il serra la main de son compagnon dans la sienne.

« On va chercher une autre boutique. »

Avant qu'elle n'ait pu répondre quoique ce soit, il ajouta.

« Toute ma famille est porto-ricaine, si déjà Adam vous pose problème, j'imagine même pas ce que ça doit être avec les demoiselles d'honneur et le reste. »
« Non mais… il n'y a pas de problèmes, c'était juste… »

Trop tard, Salem filait déjà en entraînant Adam à sa suite, à peine sortit, il lui fit un petit sourire.

« On repassera dans quelques jours, je suis sûr qu'elle nous parlera plus de teint ou je-ne-sais quoi d'ici-là. »

Salem avait trop vu les gens considérer son frère et sa sœur différemment à cause de leurs couleurs de peaux, il fallait faire comprendre aux gens comme ça qu'ils faisaient fausse route. Tout cela était donc totalement désintéressé.

« Puis comme ça, je pourrais me préparer mentalement à porter un costard blanc… »

Totalement désintéressé, donc, il eut une moue quelque peu inquiète avant de de regarder à nouveau aux boutiques environnantes. Pendant ce temps-là, Ulysses avouait à Ivan qu'il était libre, ça tombe bien, le libre aussi, ça intéressait aussi beaucoup notre jeune écologiste des mers. Les logiciels libres, les livres libres, les musiques libres, les beaux garçons libres, tout cela l'attirait indéniablement.

Bon, Ulysses parlait juste de sa soirée, mais là encore, c'était un début. Ivan cacha ses joues rosies en observant les endroits indiqués, le bar avait effectivement l'air douteux.

« Ce salon de thé m'a l'air très bien, on y va ? »

Tout en cheminant, il écouta le récit de son camarade, qui le laissa songeur lui aussi. Il se choisit une table terrasse, puisqu'il faisait un temps doux, enfin, pour lui, mais il n'a jamais froid depuis qu'il vit aux USA, en même temps.

« Moi aussi, on me trouvait trop rêveur. »

Ce qui ne répondait certes pas à la question, mais semblait avoir plus d'importance pour lui, il poursuivit.

« J'ai fais de la plongé pas mal de fois oui, j'avais toujours eu de la chance, d’ailleurs, à chaque fois, il y avait des poissons partout, même les moniteurs étaient surprit. Le mieux, c'était à la Réunion, dans une réserve, j'étais encore petit mais je me souviens très bien que je ne voulais plus sortir de l'eau tellement c'était beau à voir. J'ai pris un coup de soleil pas possible cette fois-là.

Les prédateurs sont intéressants aussi, je trouve, d'abord parce qu'ils sont presque toujours la proie de quelque chose, et puis, ils font aussi des choses surprenantes, comme les requins qui vivent avec les poissons-pilotes.
»

Que ce soit à cause de ses connaissances ou d'une certaine philosophie, Ivan ne classait pas ses compagnons favoris en prédateurs/proies. Les choses étaient bien plus complexes et profondes que cela pour lui, à n'en pas douter. Mais alors qu'il commandait un thé glacé au citron au serveur venu prendre leur commande, leur duo fut interrompu.

« Tiens, y'a des couples qui se forment ici ! »

Salem les avait repérés depuis le bout de la rue, et s'était sentis obligé de venir les embêter, bien, Ivan essaya de ne pas virer au rouge pivoine, en vain.

« Très drôle, Salem. »
« C'est pas ça ? Tu viens toujours au bowling, jeudi, hein ? »
« Oui, t’inquiètes. »

Vu sa tête, Ivan avait surtout envie que Salem continue à faire ce qu'il avait à faire, pour pouvoir profiter encore un peu d'Ulysses et ne pas le voir en compagnie de son ex qu'il aimait sans doute encore. Mais l'adolescent ne semblait pas s'en apercevoir, il posa ses yeux bleus sur Ulysses.

« Ça te dirais, un bowling, Ulysses ? »

Le suédois le regarda avec des yeux ronds, heureusement qu'il était assis, parce qu'il ne se serait pas imaginé que son ami, qui semblait avoir des relations très tendu avec le joli blond, lui fasse une proposition pareille.
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Lun 4 Fév - 15:31

La plupart du temps, Adam lui-même ne songeait guère à la couleur de sa peau. Ce n’était certes pas dans le petit monde du Parti Démocrate, et certainement pas dans la sphère d’influence de Martha Orckmann, que l’on se fût permis le moindre commentaire désobligeant. Il était vrai cependant que, par le passé, il n’avait pas toujours navigué sans dommage entre les écueils d’une Amérique plus profondément divisée encore qu’elle ne voulait pas bien se l’avouer.

Le jeune homme n’avait jamais senti de volonté identitaire — de la même façon qu’il n’avait jamais songé à revendiquer particulièrement son homosexualité, il n’avait jamais trouvé beaucoup d’intérêt à s’impliquer dans quelque groupe que ce fût, sur le critère de ses origines. Ses parents l’avaient élevé à l’américaine et de ses origines japonaises, il ne lui restait rien à vrai dire que son nom de famille et son type physique : il n’était jamais allé au Japon, il ne connaissait que deux ou trois mois de la langue, n’avait aucune idée de la manière de composer un haïku, de fabriquer un éventail, de forger un katana ou de lire un manga, il ne savait pas qui était Junichiro Tanizaki, ignorait le nom de l’Empereur actuel et était incapable de replacer les ères successives sur une frise chronologique.

Bref, Adam se sentait Américain pur sucre, même si sa généalogie était loin d’être aussi précise et aussi ancrée que celle d’Ulysses — mais à vrai dire, il n’y en avait pas beaucoup qui le fussent autant. Mais dès son enfance, il avait vite compris que tout le monde ne le trouvait pas aussi Américain qu’il en avait pour lui l’impression. Pour bien de ses petits camarades d’école, il avait été un Asiatique, c’est-à-dire, en gros, un Chinois, dont les parents devaient avoir une blanchisserie ou un restaurant, qui vivait sans doute dans un intérieur plein de bibelots dorés et de bouddhas bedonnants, avec des odeurs de friture.

Les choses s’étaient encore compliquées quand il s’était rendu compte que, pour les Sino-Américains, il était avant tout un Japonais, c’est-à-dire un envahisseur sanguinaire dont la principale passion devait être de massacrer les gens en Mandchourie — et d’ailleurs certains Américains n’avaient pas encore tout à fait digéré Pearl Harbour. S’il y en avait bien quelques-uns pour lui demander avec enthousiasme ce qu’il pensait de l’industrie du jeu vidéo, de la diffusion des mangas ou de la fabrication des sushis, les réactions n’étaient pas toujours très cordiales.

Mais enfin, au fil du temps, ces petites remarques se faisaient plus rares, essentiellement parce qu’il avait pris une certaine stature, qui tenait autant à un charisme glacial peu engageant qu’à une musculature que les vêtements choisis par Salem s’ingéniaient désormais à ne plus laisser aussi discrète qu’elle l’avait été jadis dans les tee-shirts trop amples d’Adam. Et cependant, de toute évidence, il n’était pas encore tout à fait à l’abri des petits préjugés quotidiens qui continuaient à alimenter l’esprit de ses compatriotes.

Adam était un peu désemparé. Quand on s’en prenait à son homosexualité, il savait à peu près ce qu’il fallait répondre. C’était un problème plus préoccupant à ses yeux et les remarques, aussi, étaient plus fréquentes. Il avait, pour le meilleur comme pour le pire, l’habitude de ce genre de discussions. Mais quand on en venait à son ethnie, comme disaient les Américains, il ne savait pas trop par quel bout prendre les choses : il n’y avait jamais réfléchi, n’avait jamais eu de problèmes et ne pouvait donc pas se fonder sur les précédents.

Un peu choqué, il laissa Salem répondre et se leva mécaniquement pour rejoindre l’extérieur du magasin en compagnie de son ami. Ils commeçaient à s’éloigner déjà, toujours main dans la main, ce qui ne manquait pas, comme n’importe laquelle de leurs démonstrations publiques d’affection, de leur attirer quelques regards étonnés, quand Adam jeta un coup d’œil par dessus son épaule, vers le magasin, où Joséphine se lamentait intérieurement sur le millier de dollars qui venait de filer, avant de murmurer d’une voix lointaine :


— Ça faisait super longtemps que…

Il haussa les épaules en serrant un peu plus la main de Salem dans la sienne et conclut :

— J’ai pas trop l’habitude, en fait.

Ils étaient sortis de la galerie et s’engageaient dans l’une des avenues transversales, sans qu’Adam parût décidé à libérer la main de son fiancé. D’ordinaire, il n’était pas un grand spécialiste de ce genre de signes, par timidité pudique beaucoup plus que par froideur ou par honte, mais il arrivait souvent qu’un petit événement le fît rechercher la présence de Salem avec un naturel et une spontanéité que son assurance habituelle rendait un peu désarmants.

Les yeux noirs se posèrent sur le visage de Salem.


— C’est gentil de m’avoir défendu, Salem. Je suis désolé de…

A nouveau, il se perdit quelques secondes dans ses pensés, tentant de démêler ce curieux mélange d’humiliation et d’indignation que la scène avait éveillé en lui.

— … Je sais pas. Je voulais pas te mettre dans une situation comme ça.

Assis à la terrasse, Ulysses essayait de ne pas regarder Ivan avec des yeux trop brillants — alors il examinait la carte, sans vraiment la voir, relisant pour la troisième fois la liste des thés, tandis que les grands-mères tout autour d’eux commentaient le temps qu’il faisait, l’amabilité de leur proctologue et les succès scolaires de leurs petits-enfants. Dans la vitrine du magasin, derrière les quelques tables de la terrasse, des pâtisseries se succédaient.

Le blond très américain hocha la tête en entendant Ivan parler des prédateurs et, d’une voix songeuse, commença à répondre :


— Je crois que j’ai trop vé…

Mais il fut interrompu par une voix claironnante qui commençait à lui devenir familière. Il leva les yeux de la carte, les posa sur Salem, descendit le long du bras de Salem pour remonter le long du bras d’Adam et aussitôt son cœur se serra, en observant le couple dans son ensemble. Ses yeux bleus se perdirent dans les yeux noirs d’Adam et, pendant quelques secondes, le reste du monde cessa tout à fait d’exister.

Il entendit dans le lointain son prénom.


— Pardon ?

Son regard s’était détaché d’Adam pour se poser aussitôt sur Ivan d’un air un peu angoissé — puis il avait rougi très légèrement et reconcentré son attention sur Salem.

— Euh, je sais pas… J’ai jamais joué…

Il avait fait de l’équitation, du tir, de l’escalade, de la plongée donc, du golf bien entendu, de la voile, de l’aviron, mais les plaisirs simples du bowling ou de la borne d’arcade lui étaient parfaitement étrangers. Avec son fameux sourire en coin qui disait « je lis en vous comme dans un livre ouvert », Adam prit la parole et remarqua incidemment :

— C’est très facile, tu devrais essayer.
— Euh, oui… Peut-être…
— Il y aura Salem, moi, Sally, Wayne, Kate, Cole, Mary, Alicia et Suzy.
— Ah.
— Et Ivan, aussi, donc.
— Quel jour ?
— Jeudi soir.


Ulysses sortit son portable et afficha le calendrier où, bien sûr, le jeudi soir était plein de couleurs et d’acronymes. Prestement, Ulysses rangea l’appareil et conclut :

— J’ai rien à faire jeudi soir. C’est parfait.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mar 5 Fév - 20:00

Pour Salem, il était temps d'enterrer la hache de guerre, Ulysses n'était pas un mauvais garçon, pour ne pas dire qu'il était parfaitement innocent, inoffensif et irréprochable. Certes, il avait la fâcheuse manie de fixer longuement son fiancé avec l'air triste et nostalgique d'un personnage de film à l'eau de rose. Mais il ne pouvait pas totalement le haïr pour ça, si Adam lui devenait inaccessible, il ne s'en sortirait pas mieux. Et puis, avouons-le, Salem n'avait pas vraiment l'attirail pour jouer les méchant, il était certes tatoué, mais ça ne suffisait pas. Il avait usé son stock de pics désagréable et de toute façon, Ulysses était trop gentil pour entretenir une guérilla, il se contentait d'être blessé, et du coup, l'adolescent s'en voulait, un peu, tout en lui en voulant, quand même, tout ça était donc très compliqué.

Puisqu'il n'arrivait pas à détester son rival, Salem avait donc décidé d'adopter une autre approche. Fini les regards noirs et le reste. En plus, il pourrait peut-être apprendre quelques petites choses sur Adam, à la longue, même si son compagnon était devenu encore moins secret depuis l'intervention de son ex.

Après, évidemment, si Ulysses déclinait l'invitation, ça compliquait les choses, et tout poli et éduqué qu'il fut, celui qui se proclamait bourgeois ne sut pas vraiment masquer à quelle point la sortie proposée ne l'emballait pas. Il faut dire qu'il ne connaissait pas le bowling – ça existait donc, ce genre de gens – et qu'il n'avait probablement pas envie de le voir main dans la main avec son ex, comme il l'avait imaginé. Tant pis alors, Salem n'allait pas non plus le supplier à genoux, il ne comptait pas insister. Mais Adam, qui était plus clairvoyant que lui – après les passants qui passent, voici le voyant clairvoyant – trouva un argument choc, Ivan.

Même sans être clairvoyant, Salem remarqua tout de suite le changement d'attitude et la réponse beaucoup plus intéressée du blondinet, tout à coup. Son rival était nettement plus démonstratif que son fiancé. La prompte et affirmative réponse de l'ange sembla aussi étonner Ivan, qui sans être clairvoyant, et sans avoir l'œil d'un aigle, ne put s'empêcher de se demander d'où sortait cette soudaine soirée de libre. Il avait vu son portable chargé de rendez-vous et, quelques minutes plus tôt, Ulysses n'avait pas pu lui proposer autre chose qu'un rendez-vous, le jeudi, c'est vrai, mais à six heures du matin, et un autre le dimanche. Tout cela demandait réflexion.

« Parfait ! Tu verras, ils sont très sympa, puis ce sera marrant, et le bowling n'est pas dur à trouver. Et heu… on vous laisse… discuter ? Tu veux une pâtisserie avant de repartir, Adam ? Je me suis toujours pas servis de mon pourboire avec tout ça. »

Salem alla jeter un coup d'œil à la vitrine chargée de tartelettes aux fruits, d'éclairs au chocolat et de baba au rhum, tout ça était très intéressant, pour Adam, pour sa part, ça manquait un peu de bretzels. Quand son compagnon se fut approché de lui, il lui chuchota.

« Heu… c'est moi ou Ulysses à l'air d'avoir des vues sur… Ivan ?! »

Il lui jeta un regard incrédule, c'était apparemment difficile à croire pour lui, peut-être qu'il n'avait pas encore remarqué que le suédois n'était plus tout à fait un pnj de troisième catégorie, et qu'il avait lui aussi une vie qui permettait ce genre d'aléas, désormais. Il hasarda.

« Et puis, Ivan n'est pas… Enfin… »

Il s’arrêta un instant, on pouvant facilement deviner qu'une bonne quantité d'images de son camarade défilaient dans sa tête, avant qu'il ne conclut d'un air navré.

« Y'a que les poissons dans sa vie. Ça lui suffit, je crois. »

Salem ne se souvenait pas l'avoir vu avec une fille, les regarder un peu, peut-être, mais sans plus, et il n'avait rien remarqué non plus côté garçons. Ce qui ne voulait pas dire grand-chose, il est vrai, surtout avec le peu de temps qu'il le connaissait – quelques mois à peine. Mais enfin, Ivan avec un garçon, ça lui faisait un peu bizarre. En même temps, il n'avait jamais vu deux garçons ensembles, à part sur internet, dans des vidéos pas toujours très recommandables, il manquait donc un peu d'expérience en la matière.

De son côté, Ivan s'intéressa à nouveau à Ulysses, même s'il n'avait pas vraiment cessé de l'observer depuis l'arrivé de son rival à lui – ça fait presque un carré amoureux, on se croirait dans Plus belle la vie, en mieux.

« Ça va aller ? J'imagine que ça doit te déprimer de le voir… »

Il baissa les yeux, apparemment ça le déprimait aussi. Il tritura le bas de son menu.

« Tu… tu l'aimes encore beaucoup ? Enfin, ça ne me regarde pas. Je n'aurais pas dû demander, désolé… »

Effectivement, il n'avait rien à voir avec ça, et ils étaient loin de se connaître assez pour qu'Ivan les entraînent sur ce terrain glissant, il s'en voulu immédiatement d'avoir posé la question. Sans doute, cela allait blesser un peu plus son ami, ses regards étaient déjà suffisamment lourds de sens. Il ne sut pas lui-même pourquoi il se sentait le besoin d'avoir une réponse encore plus précise et claires sur ce sujet.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mar 5 Fév - 20:35

Tout cela n’avait rien à voir, enfin. Ulysses était simplement un jeune homme sportif qui aimait découvrir de nouvelles activités, le bowling par exemple, c’était sur sa liste des choses à faire, en cent trente-troisième position après le saut à ski et le tressage des paniers en osier — comme aucune opportunité alpine ni aucun cours de macramé ne s’était présenté à lui, le bowling venait de gagner quelques positions. Tout simplement. Et, tout simplement, Ulysses était un jeune homme curieux, qui allait régulièrement à des expositions au musée, dans les galeries scientifiques et oui, Monsieur, pourquoi pas, à l’aquarium.

Parfaitement insensible au sourire entendu d’Adam, au regard perplexe de Salem et à l’air interrogatif d’Ivan, Ulysses se replongea dans son menu, quoiqu’il ne comptât pas prendre de pâtisseries, parce que les pâtisseries, il n’aimait pas cela, mais il restait tous les thés entre lesquels choisir, cela exigeait du temps et de la réflexion. Fort heureusement, il y avait des priorités dans la vie d’Adam et recaser son ancien compagnon avec un Suédois dont il ignorait à peu près tout, qui était peut-être un tueur psychopathe pour ce que l’on en savait, n’était pas aussi important que les gâteaux.

L’Asiatique hocha donc la tête et suivit Salem jusqu’à la vitrine. Il n’empêchait que ce petit spectacle lui remontait un peu le moral. Il avait beau avoir tiré un trait depuis longtemps sur son ancien quasi-fiancé, se savoir perpétuellement la source de la tristesse d’Ulysses n’était pas une situation très confortable et voir le jeune homme voler vers un autre nid avait quelque chose de réconfortant.

Mais en la matière, Adam avait appris depuis très longtemps à se montrer fort prudent. Il haussa les épaules à la question de Salem, en parcourant scrupuleusement du regard la description des gâteaux.


— Ulysses est toujours un peu… Comment dire… Il a du mal à ne pas avoir de compagnie.

Adam ne savait pas trop comment tourner la chose. Il y avait certains milieux où la réputation d’Ulysses était un peu sulfureuse et, sans doute, l’ange blond n’était pas réputé pour sa passion de la solitude ni, à vrai dire, pour ses principes d’abstinence. Quand Adam n’était que son ami, avant qu’ils en vinssent à former un couple, le devin avait renoncé à garder le compte des jeunes gens, hommes ou femmes, qui passaient dans la vie d’Ulysses — pour une nuit, souvent.

Il avait compris assez vite que ce n’était pas un esprit libertin qui poussait son ami à chercher toujours un(e) partenaire, même pour quelques heures, mais une soif inextinguible d’affection, dont le caractère parfois un peu maladif n’avait pas joué un médiocre rôle de leur séparation. Dénué de confiance en lui-même, Adam n’était pas fait pour calmer les doutes de ce curieux tempérament. Le spectacle du tourbillon de tristesse et d’abandon dans lequel vivait Ulysses avait fini par devenir trop décourageant.

D’une voix un peu peinée, Adam murmura :


— Il a toujours besoin de quelqu’un, disons. J’sais pas trop comment expliquer… Mais enfin, je crois qu’il passe son temps à tomber amoureux.

Dans la vitrine, il jeta un coup d’œil au reflet d’Ulysses et d’Ivan qui continuaient à parler. Ulysses releva les yeux de la carte, de toute évidence interloqué par les questions pour le moins indiscrètes de sa nouvelle connaissance.

— C’est…

D’ordinaire, il eût envoyé Ivan sur des épines, mais la nervosité de son interlocuteur, qui égalait presque la sienne, constituait une excuse assez efficace pour qu’Ulysses ne songea pas à le reprendre brusquement. Seulement, la question était inattendue, la situation point très confortable, bref, Ulysses en avait un peu perdu de son sens de la répartie. Il réfléchit pendant quelques secondes, en silence, avant de déclarer très sincèrement :

— Je ne sais pas.

Il esquissa un sourire triste qui ajoutait encore à sa beauté — mais il était probable qu’un peu de boue eût ajouté à sa beauté.

— C’est surtout que…

Il s’interrompit. Il n’avait ni l’envie ni le courage de se lancer dans l’explication de toutes les complexités de sa relation avec Adam, qui naissaient autant de son tempérament que de celui de l’Asiatique. Plus il y songeait désormais, avec le temps passé et le recul, plus il lui semblait qu’ils étaient aussi incompatibles qu’il était possible de l’être, mais cette amère constatation transformait les souvenirs de sa demande en fiançailles en une humiliation plus cuisante encore.

Le jeune homme laissa échapper un soupir et balaya ces épisodes lointains désormais.


— Non, laisse tomber, c’est compliqué et puis… Et puis c’est passé.

De toute façon, une serveuse, enfin une grand-mère un peu plus jeune que les grands-mères qui étaient assises, avec un beau tablier et un air affable, s’était approchée d’eux, le calepin à la main, le crayon de papier apprêté, et les interrogeait sur leur commande. Pendant ce temps, Salem était en train d’émettre des suppositions soupçonneuses sur la nature des relations qu’Ivan entretenait avec ses poissons.

Adam esquissa un sourire amusé.


— Tu sais, j’en ai vu, des garçons hétéros jusqu’au jour où ils ont rencontré Ulysses.

Son sourire s’effaça soudainement.

— D’ailleurs, il y en a certains qui apprécient pas trop la révélation… Enfin, on verra bien. On les mettra dans la même équipe, au bowling.

Oui, Salem et Adam jouaient les marieurs et s’ingéniaient à former des couples aussi improbables que le leur (et à fonder par là même, mais sans le savoir probablement, un empire financier américano-européen, riche en ports et en centrales électriques). Adam fit un geste du menton, qui avait l’avantage de désigner la moitié des pâtisseries dans la vitrine.

— J’prendrais bien ça, moi. Tu veux manger ici ou on prend à emporter ? Tu veux peut-être voir d’autres magasins de vêtements, avant.

Adam tendait le bâton pour se faire battre, mais il lui semblait que Salem avait bien mérité de retrouver un univers moins oppressante que les boutiques de mariage.

— J’suis certain qu’il y a une nouvelle de paires de… euh…

Il chercha désespérément une marque avant de se résigner à une prudente généralité :

— …chaussures, qui manque à ta collection. Hmm ?

Ulysses, lui, avait commandé son thé vert sans pâtisserie, merci, et interrogea de la voix la plus dégagée possible :

— Et toi, tu as quelqu'un ? Vous avez l'air de bien vous entendre, avec Sally...

Puisqu'Ivan avait amené un sujet embarrassant dans la conversation, autant valait en profiter.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Jeu 7 Fév - 23:06

Jouer les manieurs était clairement un rôle qui plaisait à Salem, à tel point qu'unir un jeune homme qui tombe amoureux de tout le monde à un autre qui n'affectionne que les thons – sans mauvais jeu de mots – ne semblait pas l'effrayer outre mesure. Il se mit lui aussi à chercher ce qu'il pourrait faire subir aux deux pauvres malheureux à cette soirée bowling.

« Excellente idée, en plus Ulysses ne sait pas jouer, il va devoir lui expliquer… J'espère qu'il sera très mauvais, parce qu'Ivan est plutôt bon, il fait toujours plus de points que moi. »

Former des couples, c'était bien, mais gagner, ça comptait aussi.

« Ou alors on les prend dans notre équipe, d'ailleurs, ça va être compliqué, les équipes, on est impair maintenant. »

Absorbé dans ses calculs, il laissa à Adam tout le temps qu'il désirait pour choisir ses pâtisseries, même si celui-ci devait avoir du mal à se décider, puisqu'il sembla vouloir prendre à peu près tout ce qu'il voyait, au mépris de ses convictions diététiques. Mais ce n'était pas Salem qui allait l'en empêcher, il le trouvait beaucoup trop mignon quand il grignotait des sucreries. Il prit d'ailleurs les devants pour aller lui acheter une pleine boite de gourmandises en tout genre, parmi celle qu'il avait désignées, et celles dont il le savait friand, et se choisit une crêpe au sucre pour l'accompagner. Il eut un sourire amusé en voyant Adam tenter de parler de mode d'un air très connaisseur (presque).

« Hum… Je ne sais pas. J'en ai envie, mais d'un autre côté j'aimerais trouver autre chose, sinon je vais encore avoir l'impression de gaspiller… »

Il se mit à réfléchir intensément.

« Un piercing à la langue… hum, non. On continue notre petit tour, en tout cas, sinon ça va perturber les tourtereaux. »


Les tourtereaux étaient d'ailleurs en train de parler amour, enfin, plus ou moins, parce qu'Ulysses avait tiré un joker. « C'est compliqué et c'est du passé. » Hum… tout cela demandait aussi réflexion, si cette histoire faisait vraiment partit d'un passé, daté, archivé, les choses ne devraient pas être si compliquées à exprimer. À moins qu'ils ne soient simplement pas assez intimes pour parler de tout ça. En gros, la nature exacte de la relation entre le joli blond et son ex demeurait bien opaque, mais il restait toujours les regards mélancoliques qu'Ulysses adressaient à son ancien compagnon pour le laisser penser qu'il éprouvait encore des sentiments à son égard.

Heureusement, Salem n'avait pas totalement vidé le stock de gâteaux, et la serveuse lui amena le muffin à la fraise qu'il avait commandé pour accompagner son thé et lui remonter le moral. Il en grignotait un petit bout quand Ulysses lui renvoya plus ou moins sa question. Sa première réaction fut de regarder son camarade d'un air étonné.

« Moi ? »

C'est à deux doigts s'il ne s'était pas retourné, on ne sait jamais, il s'adressait à quelqu'un derrière lui, mais puisqu'il parlait de Sally, c'était sans doute bien à lui qu'on parlait. Il fronça un peu les sourcils comme si même le vocabulaire pour en parler lui manquait.

« Sally est vraiment cool, c'est une amie d'Adam, comme on arrêtait pas d'insister pour qu'il nous en présente, il l'a invitée. Mais elle m'aide juste un peu, je n'ai pas de… je n'ai personne, depuis un bout de temps. »

Ivan avait un peu honte d'avouer qu'il était seul, ou plutôt, il avait honte d'être trop obnubilé par ses recherches pour prendre le temps de se trouver de la compagnie, ou des moyens de faire durer les quelques relations tissés ça et là avec de charmant personnes, et qui s'étaient fanées avant même de fleurir. C'était pour lui la preuve que ses parents avaient raison, il était trop ailleurs pour avoir une vie normale, pourtant sur cet aspect-là, il souhaitait vraiment être comme Salem, Sally ou Wayne, qui coulait le parfait amour et avait même parfois quelqu'un à retrouver en rentrant chez eux, les veinards. Tout ça était décidément un peu déprimant, mais il haussa les épaules comme si de rien n'était.

« Je ne suis pas très doué en amour, on va dire, mais je n'ai pas encore testé New-York, peut-être que ça me réussira mieux. »

Parce qu'avec Astrid, Ebba et Lawrence de Göteborg, Christina et Rachel de Stockholm, Irvin de Copenhague, Stjepan de Prague, Sofia de Sofia, Charline de Paris et les deux Mary de Londres, les choses ne s'étaient pas toujours très bien passées, il faut le reconnaître. En attendant, les deux tourtereaux – non pas eux, les autres – revinrent, les bras chargés de gâteaux.

« Bon, on va continuer nos courses, nous, on se revoit jeudi ! »

Salem n'avait toujours pas trouvé ce qu'il allait s'offrir, pourtant il avait passé en revue tout un tas de de choses, allant du dessous sexy pour Adam aux jeux vidéos en passant par un nouveau téléphone – la seule chose dont il avait peut-être besoin. Mais rien ne le satisfaisait, ce qui aurait sans doute amené une personne normale à se dire qu'elle ferait mieux de rentrer chez elle, et qu'il valait mieux garder son argent pour une prochaine occasion. Malheureusement, Salem n'était pas de cette espèce-là, lui avait des envies d'achats aussi irrésistible que dénuées de raisons valables. Après avoir salué le futur empire financier, il se mit à user ses yeux pour tenter de repérer quoique ce soit parmi la foule d'objets à vendre qui puisse satisfaire ses désirs compulsifs.

« Y'a rien, ou alors des trucs que j'ai déjà… »

Tout ça commençait à le rendre nerveux, et le défilé des images s'intensifiait dans sa tête, lui brouillant presque la vue. Ivan quant à lui n'avait pas très envie de s'attarder sur la partie "amour" de sa vie, qu'il considérait complètement raté, il profita donc de la diversion de Salem pour passer a autre chose.

« T'inquiètes pas pour jeudi, le bowling, c'est vraiment simple, je te montrerais comment jouer. Je me débrouille pas trop mal. »
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Ven 8 Fév - 18:22

La perspective de voir un jour Ivan se lover dans les bras d’Ulysses après une âpre partie de bowling, que les muscles de leurs corps seraient sculptés par la sueur de l’effort, occupait assez Adam pour qu’il délaissât miraculeusement, pendant quelques secondes, les pâtisseries du regard, en observant les reflets dans la vitrine. Un vague sensation de malaise montait insidieusement en lui.

Il était peut-être, un peu, jaloux. Il ne savait pas trop pourquoi. Mais il y avait, après tout, quelque chose d’un peu flatteur à être la raison de la mélancolie si profonde qu’il avait vue souvent dans les yeux de son ancien amant et à songer qu’un être si beau que la moitié de la ville fût tombée sans hésiter à ses pieds (ou à peu près) se consumait d’amour près de lui et qu’il lui demeurait inaccessible.

Mais ce sentiment n’était pas très moral et Adam s’empressa de le chasser de son esprit. Il était difficile, à vrai dire, de ne pas se laisser posséder par la jalousie quand on gravitait autour d’Ulysses : les conquêtes que le jeune homme comptait par dizaines n’étaient pas faites pour rassurer ceux qui l’approchaient et, même après le chaos de leur relation, Adam se demandait encore parfois s’il n’avait été qu’un homme au milieu d’un carnet de bal un peu trop rempli.

Il contemplait depuis quelques instants un éclair au chocolat sans le voir, lorsque son amant très présent et beaucoup, beaucoup plus rassurant qu’Ulysses, le rappela à la réalité et à la dure loi des équipes paires. Adam rosit légèrement, comme si Salem avait pu lire dans ses pensées et les condamner, et répondit d’un air un peu confus :


— Ah… Euh… Oui… On peut… Je peux inviter quelqu’un d’autre, sans doute. Y a James, par exemple. C’est un stagiaire à Emily’s List mais il vient d’arriver à New-York et il connaît pas grand-monde. Il a l’air sympa. Je lui proposerai.

Adam n’en avait jamais parlé et la chose, sans doute, eût été un peu suspecte si le jeune homme n’avait pas pour habitude de constamment les gens qu’il croisait dans son travail, ou dans le reste de son existence à vrai dire, d’un silence à peu près complet d’abord, qu’il ne commençait qu’à dissiper pour se plier aux exigences de Salem et rendre sa vie un peu plus transparente.

Du reste, Adam était peu fait pour inspirer des soupçons. Il fallait lui mettre la photographie d’un mannequin dénudé sous les yeux, au hasard d’une publicité, pour éveiller en lui le moindre intérêt qui ne concernât pas exclusivement Salem et encore n’était-il pas distrait très longtemps. Le reste du temps, il ne prêtait pas la moindre attention aux jolis garçons qui passaient dans la rue.

Bref, James était tout simplement celle de ses connaissances qui paraissaient avoir le plus besoin de rencontrer des gens dans cette ville parfois un peu trop vaste pour ne pas être hostile et Adam avait l’intuition qu’il s’entendrait bien avec le petit groupe qui entourait Salem. Son esprit enfin apaisé par cette résolution, il reporta toute sa religieuse attention sur les religieuses justement qui l’attendaient dans la vitrine et rejoignirent bientôt la boîte que le couple emportait à l’extérieur.

Ils saluèrent Ivan et Ulysses qui n’avaient pas exactement l’air radieux. Adam se dit que la partie de bowling allait devoir avoir quelque chose de bien exceptionnel pour leur redonner le sourire, si leur première conversation autour d’un thé les plongeait dans une ambiance aussi sinistre. Mais pour l’heure, ses capacités (relativement réduites) de Cupidon demeuraient en sommeil et il se contentait d’écouter les projets de Salem pour enrichir la garde-robe qui occupait l’essentiel des placards communs.

Le piercing à la langue, surtout, attira son attention. Il se demandait ce que cela faisait d’embrasser quelqu’un avec un piercing à la langue — il n’avait jamais essayé. Et ce que cela faisait de… Adam eut l’air soudain un peu rêveur. Et puis, il y avait aussi…


— Hmm…

L’idée ne lui paraissait pas sans charme — tout dépendait cependant de la forme du piercing. Ceci étant dit, les projets de Salem s’arrêtaient là et même cette dépense qui eût dû l’enchanter n’avait pas l’air de le séduire autant qu’à l’ordinaire. Adam sortit de ses rêveries peu innocentes pour poser un regard d’abord un peu surpris, et bientôt un peu inquiet, sur l’adolescent qui marchait à ses côtés.

Il ne s’était jamais beaucoup inquiété de la fièvre dépensière de Salem — c’était de son âge, de son caractère et puis, après tout, ils ne manquaient pas tellement d’argent. Mais ce jour-là, les choses étaient un peu différentes. Adam avait toujours supposé que Salem achetait des choses parce qu’il en avait envie et il n’avait jamais imaginé que ce dont l’adolescent pouvait avoir envie, c’était peut-être simplement d’acheter des choses.

Fort heureusement, les addictions étaient loin d’être un terrain inconnu pour Adam, dont la connaissance des circuits de la drogue avait des racines très concrètes dans des époques désormais révolues et qui avait côtoyé Ulysses et Brad assez longtemps pour savoir que les narcotiques n’étaient pas les seules drogues du monde : le besoin parfois compulsif d’affection physique de l’un et la passion du jeu de l’autre lui avaient montré que le danger prenait bien des formes.

L’Asiatique commença donc à guider leurs pas en direction de la voiture, bien décidé à mettre un terme à leur errance urbaine pour rejoindre leur foyer et parler plus paisiblement à Salem. En attendant, il entreprit de sonder le terrain en glissant des réflexions raisonnables dans les réflexions de son ami.


— Tu pourrais acheter un nouveau téléphone, par exemple. Ce ne serait pas superflu. Mais on peut commencer par regarder sur Internet ce que les gens conseillent. Les différents modèles. Pour choisir le plus approprié.

Adam essayait de suggérer tout un processus dont l’achat serait un moyen transitoire, mais ni la motivation, ni la fin. S’il en avait été capable, il eût suggéré à Salem de chercher un film ou un concert à aller voir, pour vérifier si la possession des objets matériels était le nœud du problème ou si la nervosité palpable de son compagnon s’étendait à toutes les dépenses d’argent — mais comme il ne pouvait accompagner Salem ni à l’un, ni à l’autre, la tentative lui sembla de toute façon vouée à l’échec.

A tout hasard, le jeune homme tenta même une ouverture plus ambitieuse :


— Ou sinon, tu peux toujours ouvrir un compte d’épargne et commencer à économiser pour le moment où tu ouvriras ton garage.

Pendant qu’Adam tentait de sauver Salem de la banqueroute, Ulysses, lui, passait par toute sorte d’émotions qu’il contenait en observant s’élever de sa tasse de thé vert d’élégantes volutes de fumée, pendant qu’il tournait très lentement et avec une immense concentration sa cuiller dans le breuvage brûlant. Des mèches blondes cachaient son regard baissé — bref, il tenait (presque) du caméléon.

D’un côté, il était content d’apprendre qu’Ivan n’avait personne. Cela lui paraissait une excellente nouvelle. De l’autre, il se reprochait de se réjouir de la peine évidente de son ami. D’un côté, si Ivan était malheureux, c’était qu’il n’était pas opposé à la perspective de trouver quelqu’un. De l’autre, Ulysses n’avait aucune raison de s’intéresser à la question. D’un côté, Ivan paraissait ouvert aux expériences new-yorkaises. De l’autre, cela impliquait qu’il allait tomber dans les bras de la première océanologue venue.

Sur les montagnes russes de ses pensées, enveloppé d’un brouillard de mauvaise foi, Ulysses tentait de trouver un moyen pour demander subtilement à Ivan s’il préférait les filles ou les garçons. Comme il n’y avait vraiment pas de solution élégante, il se contentait donc de tourner encore et encore sa cuiller dans son thé, avant de ne relever les yeux que pour saluer à demi-mot Salem qui partait avec Adam.

Pour une fois, il ne suivit pas l’Asiatique d’un regard langoureusement mélancolique et ses yeux revinrent dans ceux d’Ivan. Ulysses ne savait pas trop quoi dire. Aucune transition bienvenue ne se présentait à son esprit et il craignait que ce long silence embarrassé ne le fît passer pour un interlocuteur trop sinistre. Il allait donc se jeter sur le premier sujet venu, c’est-à-dire la saveur du thé, et les muffins, et combien on trouvait de salons comme celui-ci à New-York, quitte à faire la liste de tous ceux où il avait mis les pieds dans sa vie pour meubler le silence pendant des heures s’il le fallait, quand Ivan vola à son secours.

Le jeune homme se fendit d’un sourire de reconnaissance qui illumina aussitôt leur coin de terrasse.


— C’est gentil. Normalement, je ne suis pas trop, trop maladroit. Ce doit être un peu comme du tir, finalement, le bowling. Il y a une cible et il faut viser. Alors ça devrait aller. Il y a des choses qui m’ont toujours échappé, comme le ping-pong, et une fois, je me souviens, quand j’avais…

Il était donc bien parti pour le meubler, le silence, quand une mélodie épurée résonna. Ulysses s’interrompit, adressa à Ivan un sourire d’excuse guère moins ravageur que la version « reconnaissance », sortit à nouveau son téléphone, jeta un coup d’œil à l’écran qui affichait le nom, ou le mot, ou l’acronyme, ou le code LOC.

— Je dois prendre cela, désolé.

Il effleura l’appareil et le porta à son oreille — le volume réglé au minimum, pour être sûr que personne n’entendît son interlocuteur.

— Winford.
— Langley Operation Center. Votre ligne est en cours d’évaluation, merci de patienter.


La cuiller s’était finalement arrêtée dans la tasse. Quelques secondes passèrent pendant qu’Ulysses écoutait une version automatique de la Marche Turque.

— Ligne sécurisée. Vous êtes connecté.
— Winford, nous avons un dossier pour vous.
— Vraiment… C’est que, là, je suis un peu…
— C’est un transfuge.


Ulysses avait perdu son sourire : la perspective de passer la nuit à éplucher des informations sur quelque obscur physicien iranien n’avait pas le même charme qu’une tasse de thé en compagnie d’Ivan, quelque embarrassante que fût la conversation. Il poussa un soupir qui dût passer pour un accord, parce qu’à l’autre bout du fil, son interlocuteur reprit :

— On vient vous chercher dans une demi-heure. Rendez-vous 17.

Et on raccrocha. Une demi-heure pour être à l’autre bout de la ville, il n’y avait pas de temps à perdre. Ulysses fourra le téléphone dans la poche de son blouson et reposa le regard sur Ivan.

— Ecoute je… J’ai un truc important à faire, là… C’est pour le travail. Je suis vraiment désolé. Mais… Enfin, on se voit dimanche, et puis ça m’a fait plaisir de discuter avec toi, et puis j’ai hâte de… D’apprendre à jouer au bowling.

Ulysses jeta un coup d’œil à sa montre, se releva, coinça un billet de cinquante dollars sous sa soucoupe et murmura d’un air sincèrement navré :

— Je dois vraiment y aller… A… A dimanche.

Un petit sourire timide plus tard et le blond avait disparu à grands pas dans la foule des passants.


Dernière édition par Adam Tenseï le Sam 9 Fév - 18:10, édité 1 fois
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Sam 9 Fév - 9:28

Salem pensait au bowling, dans un coin de sa tête, et à des moyens d'opérer un rapprochement entre les deux jeunes hommes qui, le nez plongé dans leurs tasses respectives, semblaient ne pas trop savoir comment s'y prendre. Mais les remarques d'Adam sur les nombreuses relations qu'Ulysses nouaient avec les hommes l'incitait tout de même à la prudence. Ivan était son ami et il ne voulait pas le voir souffrir en tombant amoureux de quelqu'un qui butine à droite et à gauche. Même si cette nouvelle le rassurait, en même temps, parce que cela signifiait que son rival ne le serait peut-être plus très longtemps, car il aurait tôt fait de jeter son dévolu sur un autre.

Mais pour l'instant, Salem n'était pas tout à fait en état d'établir un plan d'action, il y avait ses sous dans sa poches qui le démangeait. C'est en scruta les boutiques d'un air un peu ailleurs, absorbé, qu'il suivit Adam sans vraiment savoir où il l'emmenait. Il se triturait les doigts en observant une boutique de bijoux fantaisies quand Adam lui fit quelques suggestions.

« Un portable… oui, le mien n'en peut plus… »

Son esprit fut immédiatement envahit par tous les derniers téléphones qu'il avait pu voir, et il y en avait un certain nombre. Quantités de personnes de tout âge et tout genre passaient près d'eux en tripotant des bidules tactiles, c'était ce qui était à la mode, clairement, mais il n'était pas sûr de savoir se servir d'un truc pareil, et puis pour passer quelques appels et envoyer des sms par tonnes, il n'en fallait pas tant. Peut-être aurait-il eu besoin d'un peu de temps pour y réfléchir, mais l'idée de remettre les choses à plus tard l'effleura à peine avant de disparaître, ce n'était pas assez instantané à son goût.

« J'ai déjà un compte d'épargne pour ça, il y a un virement automatique de trente dollars qui se fait dessus tous les mois, et j'ai mis un peu de l'argent que l'avais gagné avec Brad aussi. Donc… oui, je pourrais mettre l'argent dessus, en plus, j'en avais enlevé, il n'y pas longtemps. J'aurais pas dû, mais bon… puis ma mère me le surveille, elle va me demander pourquoi j'ai fais ça. »

Salem détestait quand il touchait à ce compte-là, il se sentait coupable à chaque fois, cet argent était très important, mais parfois il y "empruntait" quelques billets, et les remettait ensuite par petits bouts. Il avait pour le moment cinq prêts à rembourser à lui-même, ce qui était peu, parce qu'il avait pu tout remettre, et même beaucoup plus, grâce aux paris de Brad, mais depuis qu'il avait arrêté, il s'était remis à piocher dedans. Même si l'idée était pertinente, Salem ne renflouerait probablement pas ses caisses aujourd'hui, quelques dizaines de mètres avant le parking où ils s'étaient garés, il s'arrêta devant une boutique de téléphones portables. Les modèles présents et les prix s'ajoutèrent à ses statistiques tirées de tout ce qu'il avait pu observer en la matière.

Après un bref tour dans le magasin, il en ressortit avec beaucoup moins d'argents dans les poches, et un galet de chez Samsung gui ne devrait pas être trop démodé d'ici à l'année prochaine. Salem suivit alors plus aisément Adam jusqu'à la voiture, l'air plutôt content de son nouveau jouet. Il était encore en train de configurer l'engin en montant dans la véhicule, mais après avoir testé le jeu de casse-brique de l'appareil, il s’arrêta pour lancer d'un air songeur.

« J'aurais peut-être dû garder un peu de sous pour le garage… bon, d'un autre côté, j'en avais besoin. »

Il glissa le téléphone dans sa poche et s'amusa distraitement à remettre le carton d'emballage dans sa forme d'origine, tout ça ne le comblait pas autant qu'il l'aurait voulu.

Ivan, quant à lui, était un peu inquiet, sa réponse avait laissée Ulysses silencieux, le visage baissé, il supposa immédiatement qu'il devait être d'un ennui mortel, parce que c'était toujours la première chose qu'on lui reprochait. Puis, compte tenu de leur conversation, que son camarade devait le trouver bizarre, parce qu'il était seul et que cela l'affectait. Peut-être trouvait-il ça stupide ? Ou alors il ne comprenait pas, parce que lui, sans aucuns doutes, ne devait pas avoir de mal à attirer ou séduire, tandis que lui n'avait pas les même atouts. Ou alors… il ne savait pas, mais pour la forme, il s'en voulu d'en avoir peut-être trop dis, parce qu'il avait maintenant l'impression d'avoir laissé transparaître toutes ses difficultés en quelques phrases et qu'en les voyant, Ulysses eut pris peur, ou ne veuille plus passer de temps avec lui, ou… ou… quelque chose du même genre.

Le bowling leur offrit une ouverture bienvenue, mais Ivan continuait de s’inquiéter un peu, tout en commençant à ce demander pourquoi tout cela l'affectait autant, après tout, ils se connaissaient à peine, ce n'était pas très raisonnable. Il but cependant ses paroles, en ayant peut-être quelques pensées coupables lorsqu'il entendit le "Je ne suis pas trop maladroit". Ivan aurait bien discuté comme ça pendant des heures, mais le téléphone d'Ulysses les interrompit, il se contenta de lui faire un signe de la main pour lui faire comprendre qu'il pouvait décrocher. Apparemment, cet appel était vraiment important, puisque son camarade devint immédiatement très pressé et très embêté, Ivan se leva avec lui, il sortait son portefeuille quand Ulysses le devança.

« Il n'y pas de problèmes, je comprends. À dimanche alors, il me tarde. »

Le petit sourire que l'ange lui lança le cloua sur place quelques secondes, pendant lesquelles il le regarda disparaître dans la foule, l'air totalement sous le charme. Il se reprit finalement et partit de son côté, en quête d'un taxi, qu'il trouva rapidement dans une avenue adjacente. Après lui avoir donné son adresse, il regarda la ville défiler par la fenêtre, ses pensées tournées vers Ulysses, jusqu'à ce que son téléphone sonne.

« Strömberg. »
« Langley Operation Center. Votre ligne est en cours d’évaluation, merci de patienter. »

Il tapota l'épaule de son chauffeur.

« Il va y avoir un changement, je vous dis cela dans deux minutes. »

Si Ivan n'avait pas paru tellement perturbé lorsqu'il avait retrouvé Adam, kidnappé par des trafiquants de drogues, ce n'était peut-être pas sans raisons.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Sam 9 Fév - 18:30

Pendant qu’Ivan et Ulysses se tournaient autour comme les deux adolescents aux premiers émois qu’ils n’étaient plus et se séparaient comme deux adultes très sérieux qu’ils n’étaient pas encore tout à fait, Adam tentait de maîtriser les vagues successives d’inquiétude qui montaient en lui, maintenant qu’il s’était mis en tête d’examiner toutes les fois où il avait vu Salem décider de dépenser de l’argent pour une raison ou une autre — du papier toilette, des jouets pour les chats, des vêtements, de nouvelles éponges.

Même si, objectivement, il n’était pas certain que son fiancé eût jamais pu lui apparaître, par le passé, plutôt comme un acheteur compulsif et névrosé que comme un jeune homme simplement un peu dépensier, Adam n’en trouvait pas moins de certains petits signes qui accéléraient les battements de son cœur et lui faisaient se demander si, par exemple, Salem n’allait pas finir par jouer tout son argent en bourse ou dans un casino, ce qui, du point de vue de l’esprit peu enclin au capitalisme financier d’Adam Tenseï, revenait à peu près au même.

L’Asiatique ne parvenait pas à se décider si Salem joignait juste un tempérament insouciant à une compréhension un peu trop schématique de l’épargne et s’il allait suffire de lui montrer calmement qu’avec trente dollars par mois, dans un compte qui stagnait parce qu’il n’arrêtait pas de le débiter et créditer, il n’était pas prêt de constituer le fonds de commerce nécessaire à la réalisation de ses projets, ou s’il y avait là un problème beaucoup plus profond qui dépasserait de très loin ses faibles tentatives d’explication.

D’ailleurs, ses tentatives, elles commençaient déjà à échouer. Un peu désemparé, Adam ne protesta que faiblement quand un Salem très déterminé s’engouffra dans le magasin de téléphonie pour choisir un nouveau portable — pas du tout le patient processus de réflexion qu’Adam avait imaginé, devant un écran, bien au chaud à la maison, loin des tentations de la ville aux vitrines bariolées.

Adam se sentit un peu impuissant. Il retrouvait cette sensation désastreuse qui l’avait si souvent saisi lorsque le soir, en retrouvant Ulysses dans son loft immense, au milieu de son univers féérique et doré, il avait retrouvé l’ange assis dans un coin à pleurer ; c’était la même incompréhension devant un comportement qu’il ne comprenait pas, dont il ne parvenait pas à évaluer exactement la gravité et qui le laissait sans ressource.

Du calme. Installé au volant de sa voiture, Adam rassemblait sa maîtrise de soi. Ce n’était pas aussi facile que de se jeter dans un combat ou que de poursuivre une enquête, mais il allait très certainement y arriver. Ulysses était loin derrière lui ; loin derrière lui le temps où il était lui-même trop misérable pour aider qui que ce fût. Et puis, Salem avait un problème avec l’argent — ce n’était pas aussi désastreux que les peurs incontrôlables de son ancien amant. Tout allait bien se passer.

Le devin essaya donc d’avoir l’air pleinement convaincu et rassurant en répondant à son ami :


— Tu as raison. Comme ça, on n’aura plus besoin d’essayer trois fois pour pouvoir te joindre. Ce sera plus pratique.

La voiture démarra et le reste du voyage fut pour le moins silencieux, preuve que tout n’était pas si normal que cela. De temps en temps, Adam jetait de brefs coups d’œil à Salem qui tripotait sans conviction son nouveau téléphone ou le carton d’emballage, et il en venait à se demander si, comme les chat(on)s, l’adolescent ne préférait pas les boules de papier aux objets qu’elles contenaient, parce que les objets n’avaient aucune importance et que seul le charme de la nouveauté, ou de la possession, comptait.

Est-ce que c’était cela ? La nouveauté ? Est-ce que Salem avait un besoin perpétuel de nouvelles choses ? Est-ce qu’il allait finir par se lasser de lui pour trouver un nouvel homme (ou une nouvelle fille, quelle disgrâce) ? Du calme. Peut-être était-ce la possession. L’idée de contrôler tous ces objets. Ou de tenter de combler un manque. Un manque affectif ? Salem avait l’air de lui reprocher, parfois, de ne pas être assez démonstratif. Ou quelque chose du genre. Alors cela voulait dire que c’était de sa faute, et…

Du calme.

À voir les deux fiancés monter les marches qui les menaient à leur appartement, on eût cru qu’ils revenaient d’une séance d’un film de Lars Von Trier. Ce qui ne froissa en rien la voix féminine au net accent italien qui les accueillit sur le pallier :


— Bonjour, chers voisins !

Adam quitta ses pieds du regard pour relever les yeux vers leur commune interlocutrice et répondit d’une voix neutre :

— Bonjour, Mademoiselle Gianelli.
— Allons, appelez-moi Silvia.
— Silvia.
— C’est beaucoup mieux ! Dites, Karl et moi, nous voudrions vous inviter à dîner chez nous. Pour vous souhaiter la bienvenue.


Adam jeta un regard à Salem et, dans l’idée que dîner avec les voisins allait un peu avec le mariage en blanc et la présentation aux familles, que donc cela ferait plaisir à son soucieux compagnon, le jeune homme esquissa un vague sourire et accepta l’offre.

— Ce serait avec plaisir.
— Jeudi soir ?
— Non, jeudi soir on a… Un truc de prévu.


La coopération économique americano-suédoise passait avant tout.

— Alors mardi ?
— Très bien.
— Dix-neuf heures trente ?


Une nouvelle fois, Adam sonda son compagnon du regard pour s’assurer qu’il n’avait pas prévu d’aller tagger des murs à dix-neuf heures trente le mardi suivant (ou faire du skate-board, ou boire des bières dans un entrepôt désaffecté, bref, un truc de jeunes, quoi). Puis il hocha la tête. Silvia exclama une nouvelle fois son bonheur avant de disparaître dans les escaliers pour aller faire les courses, tandis que les deux jeunes gens rentraient dans leur appartement, accueillis par un regard ensommeillé et plus ou moins indifférents des chats qui, dans le salon, dormaient contre le radiateur.

Adam se débarrassa de ses chaussures, de son manteau et partit poser la boîte aux gâteaux, qui ne parvenait plus désormais à susciter son intérêt, sur le meuble de la cuisine. Il se tourna vers Salem et tendit les mains vers lui.


— Viens là, mon cœur…

Ses mains ne tardèrent pas à rejoindre la taille de Salem.

— Est-ce que ça te dirait qu’on regarde, pour le garage ? Qu’on fasse des prévisions, qu’on calcule un peu… Pour y voir plus clair…

Le coup du téléphone n’avait pas marché, mais Adam n’était pas prêt de lâcher l’affaire.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Dim 10 Fév - 22:17

La frénésie du shopping passée, Salem prit soudain conscience du silence qui s'était installé entre lui et Adam, et en y regardant de plus près, son compagnon n'avait pas tout à fait l'air dans son état normal. Il paraissait soucieux. Bon, avouons-le, Adam avait souvent l'air soucieux, pour presque rien parfois, mais là, il ne c'était strictement rien passé de spécial. En sortant de la boutique de mariage, les choses allaient à peu près bien, mais maintenant, plus du tout. Ce n'était tout de même pas la rencontre avec Ulysses qui l'avait mis dans cet état ? Non, après Ulysse, ça allait encore à peu près bien.

Alors c'était à cause du portable ? Pourtant ce n'était pas la première fois qu'il faisait du shopping avec lui, et même la fois où il l'avait suivis toute une après-midi pour les soldes, il ne s'était pas plains un instant…

Voilà, c'était ça, Salem lui avait demandé de lui faire des remarques, de prendre des initiatives, alors, comme sa mère avant lui, il avait décidé de s'attaquer à sa manie du shopping. Le pauvre. N'empêche qu'il avait fait une timide tentative, il lui avait proposé d'épargner et n'avait pas parut très emballé en le voyant entrer dans la boutique de mobiles. Mais Salem ne l'avait pas écouté, il n'avait même pas remarqué ses efforts, alors, bien sûr, Adam était sans doute très fâché maintenant.

Tout cela conforta l'adolescent dans l'idée qu'il n'aurait pas dû acheter ce téléphone, Adam avait parfaitement raison d'être furieux, et s'il n'arrive pas à monter son garage, ce sera entièrement de sa faute. Une boule gonfla dans la gorge de Salem alors que sa culpabilité se faisait plus forte qu'elle ne l'avait jamais été après l'un de ses achats. Il resta silencieux et penaud le reste du trajet, et laissa même Adam gérer la conversation avec leur nouvelle voisine, se contentant pour sa part de lancer les politesses de base et d'approuver son fiancé.

Salem aussi se mit un peu plus à l'aise une fois rentré, il regarda d'un air passablement inquiet la boite de pâtisseries posé sur le meuble. Il n'y avait presque pas touché, signe qu'ils traversaient une crise majeure. Son regard anxieux se raccrocha à celui d'Adam quand il le prit contre lui.

« Oui, ce serait bien, tu sauras mieux gérer ça que moi. »

Mais sans doute qu'une chèvre gérerait mieux ses comptes que lui. Maintenant que la conversation lui confirmait ses craintes, il murmura, l'air au bord des larmes.

« Je suis vraiment désolé tu sais, d'être comme ça, je sais qu'il faudrait que je fasse attention, parce que sinon j'y arriverais jamais mais… je sais pas… des fois, j'y pense plus. Faudrait déjà regarder combien j'ai d'argent. Tu viens ? »

Cette fois-ci, Salem suivait totalement Adam, peut-être que cela calmerait sa colère, et puis, lui aussi avait envie que les choses bougent depuis longtemps, même s'il n'avait jamais réussis à changer ne serait-ce qu'un peu son tempérament. Direction la chambre, mais pas pour y faire des choses particulièrement intéressantes, cette fois. Salem s'assit sur le lit avec son ordinateur sur les genoux, pour aller voir comment se portaient ses comptes. Première nouvelle, déterminer le capital de l'adolescent n'est pas aussi aisé qu'on peut le croire, parce qu'il avait ouvert pas mal de compte dans pas mal de banques. Il y avait les comptes ouverts pour avoir les vingt dollars offerts, ceux qui avaient des taux intéressants pour les jeunes, ceux qui lui avaient permis d'avoir des prêts à taux zéro pour déménager, et que sa mère gérait en grande partie, des actions, des OPCVM, des comptes courant dans le rouge et d'autres bloqués pour encore plusieurs années, qui était les plus remplis.

Il n'y avait pas vraiment de grosses sommes, mais mis bout à bout, tout cela faisait tout de même un montant non négligeable, constitué essentiellement de l'héritage de sa mère, qui fleurissait ça et là, et de l'argent de sa famille d'adoption, avec un peu des paris de Brad. Un petit tour dans les détails des comptes suffit cependant à se rendre compte que tout cela va de paire avec une somme conséquente de frais bancaires, ainsi que plusieurs assurances dont l'utilité reste à déterminer. Mais il y avait de toute évidence un peu de ménage à faire.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Lun 11 Fév - 9:52

Le désintérêt adamien pour les pâtisseries était un signe infaillible, en effet, que quelque chose ne tournait pas rond. Et en effet, en voyant l’air contrit de son compagnon et en entendant sa réponse, Adam commença à se demander si ce n’était pas un combat perdu d’avance. Bien sûr qu’il gérerait mieux ses comptes que lui : un hippopotame aveugle atteint de dyscalculie s’en sortirait probablement mieux. Mais l’Asiatique n’avait aucune intention de devenir une seconde Mama Cordova et c’était à Salem qu’il voulait confier la gestion de l’argent de Salem.

Comme Adam n’était en fait pas du tout en colère et que Salem était sur le point de pleurer, le premier serra plus fort le second contre lui et murmura avec autant de douceur et de conviction qu’il lui était possible :


— Hé… C’pas grave. T’es jeune, c’est normal, ça s’apprend.

Certes, tous les jeunes ne frôlaient pas la crise d’angoisse que leurs séances de shopping se révélaient infructueuses, mais cela, c’était un détail. Après tout, ils avaient tous les deux traversé assez de difficultés pour ne pas se laisser arrêter par une vulgaire question de sous et, de toute façon, Adam s’estimait fort mal placé pour reprocher à qui que ce fût, et Salem au premier chef, le plus léger déséquilibre mental. L’adolescent l’avait souvent soutenu et c’était à lui, ce jour-là, de lui renvoyer l’ascenseur.

Il suivit donc Salem dans la chambre, en marchant lentement, pour se donner le temps de construire une stratégie. Il avait beau se montrer (beaucoup) plus pédagogique qu’à son ordinaire lorsqu’il s’agissait d’expliquer quelque chose à son fiancé, tout n’était pas toujours facile et, ce jour-là, comme le grand projet de la vie de Salem était en jeu, il voulait s’assurer d’employer la meilleure méthode et de ne pas laisser la moindre zone d’ombre.

Il laissa Salem s’installer sur le lit et allumer son ordinateur et, afin de s’offrir encore quelques secondes méditatives, glissa :


— Je me change et j’arrive.

Et avec son sens habituel et très relatif de la pudeur, Adam dédaigna de s’éclipser dans la salle de bain pour retirer sa cravate, sa chemise et son pantalon, offrant à Salem une distraction bien plus séduisante que le réseau incompréhensible de ses investissements financiers. Le jeune homme attrapa un jeans et un tee-shirt, recouvrit un semblant de décence et, après un détour par le bureau pour récupérer un bloc-notes et quelques stylos, il vint s’installer tout près de Salem.

Ce fut là qu’il découvrit la chose. Des comptes par dizaine. Des assurances-vie de découverte, qui constituent vraisemblablement le produit le plus superflu du marché bancaire, des comptes promotionnels qui seraient rapidement vidés de leurs bonus de départ par les frais de gestion, des investissements boursiers arbitrés en dépit du bon sens — bref, Salem était dans la même situation que des millions d’Américains, perdus dans les méandres d’un système bancaire presque entièrement dérégulé.

Avec une exubérance totale, Adam haussa un sourcil et murmura :


— … ah ouais… quand même…

Il inscrivit sur sa feuille le salaire de Salem, puis le salaire supposé quand le jeune homme aurait fini son apprentissage, puis la liste des comptes, les types de placements et sur une autre feuille, il inscrivit en gros et en grand « Garage » avant de faire quelques colonnes : « Immobilier », « Machines », « Pièces », « Frais énergétiques », « Assurances », « Retraite », « Communication », « Croissance », « Salaire ». Fort heureusement, comme Salem avait pu le constater en passant, lorsqu’il avait exploré les dossiers de son ordinateur, Adam n’en était pas à sa première réflexion sur le projet de l’adolescent.

— OK. Donc. Tu comprends que les intérêts sont proportionnels à la somme investie. Si ton compte rémunère à, disons, 1,5%, que tu ais un compte à 2000 dollars ou deux comptes à 1000 dollars, ça ne change rien : tu gagnes la même en somme. En revanche, un certain nombre de frais de gestion sont fixes. Mettons que ça te coûte 2 dollars par moi pour un compte, si tu as deux comptes à 1000 dollars, tu perdras 4 dollars par moi, si tu as un compte à 2000 dollars, seulement 2.

En plus, plus tu as de l’argent sur un compte, plus tu es susceptible de bénéficier d’avantage. Là, tu as plein de comptes courants, avec des petites sommes dessus. Mais plusieurs comptes courants, ça ne sert à rien. Un compte courant, ça rémunère pas beaucoup et ça n’évolue pas. C’est juste pour avoir de l’argent disponible. Tu peux donc regrouper tous tes comptes courants en un seul. Celui-là, celui-là, celui-ci et… celui-ci.


Adam indiqua les comptes concernés sur l’écran de Salem.

— Ensuite, il te faut de l’épargne, c’est-à-dire de l’argent que tu n’utilises pas mais qui fructifie, pour un projet futur. Typiquement le garage. Ce qui est important, avec l’épargne, c’est que plus tu as une grosse somme et plus elle est là depuis longtemps sur ton compte, plus les prêts que ta banque t’accordent sont avantageux. Encore une fois, c’est mieux de ne pas disperser ton argent. Evidemment, avant, les banques d’investissement et les banques d’épargne étaient séparées, du coup…

Le jeune homme s’interrompit et jugea qu’il n’était peut-être pas très opportun de se lancer dans une grande explication des réformes successives du système bancaire américain. Il conclut simplement :

— Peu importe. Disons que c’est bien d’avoir deux banques, une grosse banque active, qui proposera beaucoup de choses, et une petite banque, qui fera juste de l’épargne, mais qui, comme elle n’investira pas en bourse, ne risque pas de dissiper ton argent. Mais au-delà, c’est plus de la prudence, c’est la dispersion. Bon.

Ensuite, il y a une épargne rémunérée sur les unités et pas sur les dollars. Ce sont les actions que tu as là. C’est pas forcément une mauvaise idée. C’est beaucoup plus aléatoire, parce que tu peux te retrouver à perdre ton argent, mais ça peut aussi être plus rentable. Le but, c’est pas de faire des super-profits mais d’avoir une rémunération d’un ou deux pour-cents au-dessus des épargnes bancaires. Il faut juste t’assurer que ta banque place ton argent sur des actions à faible croissance, donc peu aléatoire et, sur le long terme, c’est moins aléatoire.

Le problème, c’est qu’une épargne sur actions, ça exige des frais d’arbitrage. C’est en gros le salaire que tu payes à ton banquier pour qu’il place ton argent. Les frais d’arbitrage sont généralement fixes. Du coup, mieux vaut avoir une seule banque où tu places ton argent et ne pas changer souvent ton arbitrage : décider en amont de ta stratégie. Alors, comme ça reste un placement aléatoire, il vaut mieux ne pas compter dessus et inclure dans tes calculs uniquement ton épargne bancaire. Ce qu’il te reste en surplus, tu le places en action, et ça pourra servir à financer la croissance de ton entreprise, dans dix ou douze ans.

Le but premier, c’est donc de trouver de bonnes épargnes immobilières : ce sont des comptes où tu vas investir le plus d’argent possible et qui seront bloqués pendant un certain temps, disons cinq ou six ans. Plus ton argent reste sur le compte, plus tu auras un taux intéressant pour ton prêt immobilier quand tu voudras acheter ton garage. Et ensuite, une épargne d’entreprise, pour tes machines. En gros, chaque dollar que tu investiras là-dedans, ce sera comme acheter un petit bout de ton garage.

Est-ce que… Ça va ? C’est clair ?


Et Adam posa un regard un peu anxieux sur son ami.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mar 12 Fév - 18:50

Salem n'était peut-être pas un jeune homme tout à fait ordinaire en matière de shopping, par contre lorsque son compagnon se déshabillait devant lui, quand bien même il le voyait dans son plus simple appareil très régulièrement depuis des mois, il leva quand même les yeux de ses comptes pour se perdre dans une sage (presque) contemplation. Le manque de pudeur de son ami ne le dérangeait pas beaucoup, pour sa part.

Il se remit cependant à regarder l'écran une fois la distraction rhabillée, c'était évident, mais écrivons-le noir sur blanc, Salem ne comprenait rien au système bancaire. Il était attiré par les cadeaux et les taux intéressants et se laissait très facilement influencer par la langue bien pendue de ses dizaines de banquiers. Le petit cours pratique d'économie que se mit à dispenser Adam était donc plus que nécessaire, même les explications les plus évidentes sur la répartition des frais bancaires méritait d'être dites, Salem en avait bien besoin.

Le problème, avec les leçons, c'est que les capacités de concentration de l'adolescent en la matière étaient plus que limitées, ce n'est pas pour rien que les mathématiques ou l'anglais étaient pour lui un long chemin de croix. Mais cette fois-ci, c'était Adam, le professeur, et le cours avait un intérêt pratique très important, aussi fit-il de son mieux pour rester attentif et tout comprendre. Ce qui lui fit de plus en plus froncer les sourcils et plisser les yeux au fil de la conversation, particulièrement lorsqu'Adam se mit à s'égarer sur le fonctionnement des banques d'hier et d'aujourd'hui.

Heureusement, il ne s'y attarda pas pour se concentrer sur des informations plus concrètes. Silencieux, Salem s'accrochait courageusement en se disant que la gestion, ce n'était décidément pas son truc, et qu'Adam était tout de même très, très intelligent. Le silence s'installa après sa longue explication, Salem fixait un point indéfini dans le mur d'en face, le front tout plissé.

« Oui. »

Oui, ça allait, il devrait s'en remettre. Oui, c'était clair, même s'il n'était pas sûr d'avoir tout retenu. Quelques secondes s'écoulèrent encore tandis que les informations faisaient leur chemin dans son pauvre petit crâne.

« Donc, deux banques, pas plus, un seul compte courant et une épargne immobilière… Je vais commencer par ça, ce sera déjà bien. Il faut que je note. »

Salem emprunta une feuille et un stylo à Adam pour écrire tout ce qu'il avait à faire et les explications qu'il avait retenues. Il comptait sincèrement faire les efforts qu'il fallait pour avoir son garage, et montrer à Adam sa bonne volonté en matière de gestion. La liste des tâches le fit tout de même soupirer quand il l'eut finie.

« Ça va me prendre du temps de fermer tous ces comptes, les banquiers ne sont pas très coopératifs, pour ça. »

Le parcours du combattant qui l'attendait n'aurait pas grand-chose à envier aux mexicains et aux kidnappeurs payés par la mafia, il allait devoir être fort et déterminé. Mais finalement, mettre de l'ordre dans ses comptes étaient peut-être la partie facile, parce que le marché de l'immobilier de New York n'était sans doute pas triste lui non plus, et il ne devait pas se faire avoir comme pour son ancien appartement qu'il payait bien trop cher. Il fallait faire les choses sérieusement.

« Ça se trouve sur internet, les fonds de commerce ? J'ai demandé à Brad combien il estimait son garage, mais j'ose même pas te dire le prix. Bon c'est sûr qu'il a de gros clients, aussi, mais il aime beaucoup l'argent,, alors ça ne doit pas être très fiable. »

De toute façon il doutait que Brad ait une bonne connaissance du marché, il gérait son affaire depuis bien longtemps et ne comptait pas la lâcher de si tôt, il n'avait donc aucun besoin d'aller se renseigner sur les prix.

En tout cas, les choses avançaient, mais cela ne comptait pas si son ami continuait à lui en vouloir – parce que oui, il n'avait pas dû oublier que Salem ne l'avait pas du tout écouté tout à l'heure, c'était sûr. Avant de se lancer dans les comparaisons entres les garages, il tenta donc.

« J'essaierais de moins dépenser aussi, il faut pas que je dépense. »

Il réfléchit au moyen de réparer ses bêtises en la matière.

« Peut-être même que je devrais… vendre. Enfin, je ne sais pas… mais j'ai beaucoup de choses, quand même, ça ferait pas mal d'argent. »

Ce qui n'avait pas l'air de l'enchanter plus que ça.

« Mes chaussures, faut pas les vendre quand même, quoique, y'en a que je met presque jamais, mais elles sont bien. Puis c'est moins important que les fonds pour le garage. Qu'est-ce que tu en penses ? »

Son regard un peu inquiet se posa sur Adam, voir tous ses achats faisaient plus culpabiliser l'adolescent qu'autre choses, alors peut-être valait-il mieux mettre de l'ordre, là aussi. Cela soulagerait certainement sa conscience, même si ça risquait de faire très mal, sur le coup. En tous les cas, l'avis d'Adam était d'importance – il est prévenu.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Mar 12 Fév - 19:23

Contrairement à ce que les apparences pouvaient laisser penser, Adam n’avait pas une passion secrète pour les banques, la gestion comptable et les investissements financiers ; mais la fratrie Tenseï, malgré de nombreuses récriminations, n’avaient jamais réussi à échapper aux cours de Sakura. C’était que les Tenseï Senior ne comptaient pas non plus gérer leur magasin toute leur vie et, un jour, un jour prochain même, ils avaient la ferme attention d’aller en France, en Espagne, en Italie, en Suède (comme tout le monde). La retraite, ils l’avaient prévue très en avance et ils avaient veillé à ce que leur chère progéniture pût reprendre l’affaire familiale.

Adam s’en fichait comme d’une guigne et Sarah préférait de loin enseigner les mathématiques, alors William était le poulain le plus probable, mais au cas où, ils avaient tenu à ce que chacun comprît bien les bases élémentaires de toutes ces histoires. Le cadet de la famille n’avait pas trop fait la sourde oreille et il en avait retenu assez pour faire fructifier un pécule que sa carrière sportive avait un temps rendu confortable et que sa carrière politique recommençait à grossir petit à petit.

Du moment que Salem ne lui demandait pas comment placer son argent en bourse, ni ne voulait entrer dans les détails de la finance monétaire, tout allait bien. Travailler au Parti Démocrate le poussait certes à s’intéresser à ces questions plus globales et, progressivement, il avait commencé à acquérir deux ou trois notions, mais pour ces questions, Martha Orckmann se débrouillait fort heureusement très bien toute seule. Et les rares fois où Ulysses avait tenté de lui expliquer quelques principes de macro-économie, Adam s’était senti très, très bête.

Bref, les dizaines de milliers de dollars et le garage, c’était encore dans ses cordes — fort heureusement, Salem ne paraissait pas vouloir bâtir séance tenante un empire financier. Le jeune homme laissa son ami assimiler les informations, tout en l’imaginant aller de banque en banque, attirer par les panneaux publicitaires, et se faire embobiner par des banquiers sadiques. Tout cela avait quelque chose de très… attendrissant.

Parce que, avouons-le, Adam aimait bien sentir que Salem avait besoin de lui — à la fois parce que cela flattait un peu sa virilité, qui certes n’avait pas grand chose de défaillant, et parce qu’il avait souvent l’impression d’être un poids dans l’existence de l’adolescent, de l’entraîner dans une nébuleuse de problèmes, de peurs et de violences, et qu’il fallait bien que, de temps en temps, il se rattrapât et fût une source de réconfort.

Attendri et viril, Adam passa donc un bras autour des épaules de Salem et le regarda prendre sagement des notes. Les deux jeunes gens furent bientôt rejoints par une Harper Lee qui avait décidé qu’un radiateur avait finalement moins de charme que ses fauteuils-gratteurs-verseurs de croquettes. Elle sauta agilement sur le matelas, piétina sans vergogne les feuilles, donna un coup de patte dans un stylo pour la forme et s’installa sur les genoux de Salem, sans vraiment se soucier de l’ordinateur qui les occupait déjà.

Pendant ce temps, Salem, lui, méditait de sinistres projets. Adam haussa les sourcils — les deux — en l’entendant évoquer la possibilité de se séparer de sa collection de chaussures. Certes, l’Asiatique était parfois un peu perplexe devant ces rangées de baskets pour lui toutes plus ou moins identiques les unes aux autres et dont un bon nombre n’avait, selon lui, jamais vu les pieds de Salem, mais encore une fois, il y avait quelque chose de réconfortant à être envahi par les affaires de Salem.

Et puis, ce n’était pas comme s’ils étaient sur la paille ni comme si l’adolescent allait acheter son garage dans deux jours. Adam posa sa main libre sur le menton de Salem pour lui faire tourner le visage vers lui.


— Du calme. On est pas en train d’faire banqueroute. Et puis, t’as le droit d’acheter les trucs qui te font plaisir.

L’image de la boîte au fond du placard où il gardait lui-même une collection beaucoup plus réduite mais bien moins innocente s’imposa dans son esprit — il rosit un peu et s’en tira, comme à son habitude, avec un brio incontestable :

— Enfin, j’veux dire… Des trucs qui… Tu vois. Qui te fassent te sentir bien. Enfin, qui te plaisent. Bref, une collection.

L’angélique Asiatique tenta de se recomposer un air neutre et sérieux.

— Donc. Y a une marge entre dépenser moins et vendre ce que tu as. T’as l’temps, pour ton garage. Et puis, tu sais…

Adam médita quelques secondes son explication. Il avait toujours essayé de gommer la différence de revenus entre son compagnon et lui. Il ne savait pas trop si Salem s’en souciait particulièrement, mais c’était, à ses yeux, une affaire de délicatesse ; il n’avait aucune envie que le jeune homme se sentît dépendant ou redevable dans le domaine. Mais enfin, il préférait aborder les choses de front plutôt que de retrouver Salem en larmes, un soir, devant ses boîtes de chaussures vides.

Avec une timidité certaine, il reprit donc :


— Quand on sera marié, nos biens seront communs, légalement. Sauf si on fait un contrat de mariage qui stipule le contraire, mais bon, j’vois pas pourquoi…

Il jeta un regard soudainement un peu inquiet à Salem :

— Enfin, bien sûr, on peut en discuter, j’veux dire, on f’ra comme tu veux, mais c’est juste… Voilà, si nos biens sont en commun, on pourra faire un prêt à deux, et puis j’ai des économies aussi, j’épargne beaucoup, ça devrait aider pour le garage. On pourrait demander à mes parents de nous avancer un peu d’argent, aussi, qu’on rembourserait progressivement sans intérêt.

Bon, les choses étaient dites, et Adam s’empressa de changer un peu le sujet, pour ne pas s’étaler la question : il suffisait que Salem sût que leur capital était plus considérable qu’il ne l’imaginait et il n’y avait pas besoin de tergiverser.

— Pour les fonds d’commerce, j’sais pas du tout. J’dirais qu’on trouve plutôt ça avec un réseau de connaissances, de spécialistes, mais vraiment, j’en sais rien. Mes parents doivent savoir comment ça marche.

Adam venait, en moins de cinq minutes, d’évoquer deux fois ses parents — une petite révolution dans sa vie. Il fallait dire que depuis le salvateur quoique difficile dîner où Salem avait séduit (presque) toute la famille Tenseï, le cadet avait renoué contact avec Sakura et Kunsaki. Encore une chose dont il était redevable à son dépensier partenaire — tout cela méritait bien quelques paires de chaussures.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]   Jeu 14 Fév - 15:29

~♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥ Nyappy Valentine's ♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥~



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Salem n'avait certes pas l'intention de bâtir un empire, mais son garage, il y tenait, et puisqu'Adam venait de lui dire qu'il valait mieux avoir beaucoup d'argent depuis longtemps sur un compte pour espérer un prêt, il pouvait faire quelques difficiles concessions pour s'en charger. Bon, les chaussures seraient vraiment passées en tout dernier, si vraiment il n'y avait plus rien à vendre, même pas les chats, non, il aurait gardé les chats, quand même. Heureusement, son compagnon vint à la rescousse de sa collection de chaussures. L'adolescent eut l'air sincèrement rassuré en entendant qu'il n'avait pas besoin de tout emmener à la friperie du coin.

Une fois qu'Adam lui eut fais tourner la tête – au sens propre – Salem fut tout ouïe, et ne put pas rater son rougissement. Il lui fallut un brin de réflexion avant que ses yeux ne glisse du côté de la boite posée sur l'étagère, et reviennent ensuite sur lui, alors qu'un sourire discret s'étirait sur ses lèvres.

« Qui me fasse me sentir bien, oui, je comprends… »

Son sourire s'agrandit, c'est qu'il s'enfonçait tout seul, en plus – déjà que l'innocence d'Adam était très relative, maintenant que son auteur doit passer d'Ulysses à lui, forcément, ça ne s'arrangeait pas. Mais Salem commençait à peine à envisager tout un tas de choses très concrètes et tout à fait gratuite qui lui ferait vraiment très plaisir, là, maintenant, quand Adam le prit par surprise en lui avouant son désir de l'épouser sous la communauté de biens. Il en resta bouche-bée une seconde, son petit cœur se mettant à battre fort dans sa poitrine.

« Je pensais que tu aurais un peu peur, à cause de mes dépenses… »

Cette nouvelle avait l'air de beaucoup le toucher, il se serra un peu contre Adam en le regardant avec amour.

« En plus tu me dis ça la veille de la saint Valentin. T'es trop romantique. »

Et sans se rendre compte qu'Adam n'avait pas du tout fait le rapprochement – parce que je suis sûr qu'il l'avait oublié, c'est bien son genre, tiens. Salem rabattit l'écran de son ordi sur le chat et vint le câliner. Il hocha tout juste la tête en entendant parler des fonds de commerces, pour signifier qu'ils iraient voir les parents d'Adam pour leur demander conseils, un de ces quatre. Avant lui voler un baiser.

L'économie, Salem en avait assez fait pour aujourd'hui, et puis ses capacités de concentrations n'était pas très élevées, il avait donc bien besoin d'une pause. Voilà pourquoi, après avoir longuement caressé Harper Lee pour se faire pardonner, il enroula ses bras autour du cou de son compagnon et l’entraîna avec lui sur le lit.

« Je ferais pas de bêtises avec les sous, c'est promis. Dès maintenant, je vais faire attention, comme ça je serais entraîné. »

Ses lèvres effleurèrent celles d'Adam, avant qu'il ne semble réfléchir encore.

« De toute façon, en ce moment, y'a pas de chaussures qui m’intéressent, alors comme ça le problème est réglé. »

Vu comme Salem avait désespérément cherché autre chose à acheter, ce n'était probablement pas si simple, mais qui sait, peut-être qu'il avait évolué en l'espace de quelques minutes – haha. Sa main glissa lentement sous le t-shirt d'Adam alors qu'il l'embrassait pour de bon, cette fois.

« Par contre, le piercing à la langue, je me tâte, quand même. »

Et il ne tâtait pas que ça d'ailleurs, sa main parcourait le torse et le dos de son compagnon. Salem gardait encore cette curieuse manie de réfléchir et de parler énormément pendant leur début de leurs ébats, mais maintenant, il se rendait plus vite compte des moments où Adam n'était plus vraiment en état d'écouter. Aussi cessa-t-il finalement de parler pour utiliser ses lèvres autrement, une fois le tee-shirt en grande partie dégagé du chemin.

Mais épargnons-nous la longue et rébarbative description de leurs corps brûlants serrés l'un contre l'autre exprimant, leur affection mutuelle par des effleurements lascifs et des caresses plus explicites. Cela n'intéresse personne, non, pas aujourd'hui, c'est la saint Valentin, et raconter exhaustivement comment Salem a renversé la boite de sextoys sur le lit pour mieux trouver ceux qu'il n'avait pas encore essayés, ce n'était pas romantique. Pas plus que la façon dont il chevaucha son fiancé et s'offrit finalement à lui, les yeux brûlants de désir et le fondement consciencieusement préparé par un attribut en silicone dont le jumeau avait pour sa part trouvé sa place au chaud en Adam. Non, vraiment, tout ça n'a aucun intérêt.

C'est donc à minuit une, enroulés dans leurs draps humides, cernés par les sextoys, le corps encore tremblant et le souffle court, que le duo commença sa première saint Valentin en couple. Il était temps de trouver une phrase très romantique qui restera gravée dans les mémoires jusqu'à l'année prochaine.

« Hum… Harper Lee, pousse-toi… »

Mais avant cela, il fallait lutter contre le chat pour avoir la plus grosse surface sur les abdominaux d'Adam.
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L'argent ne fait pas le bonheur, dépensez-le ! [Adam]

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