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 Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]

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Salem Cordova
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MessageSujet: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Dim 9 Déc - 19:26


« Et là, il a essayé d'éteindre le feu avec une bâche, mais je sais pas trop comment il a fait, elle s'est enflammée tout de suite, et il l'a lancée. Mais elle a atteint la montagne de peluches, elles ont flambées d'un coup, les flammes touchaient le plafond et on s'est retrouvé coincé. Enfin, je croyais qu'on était coincés, mais elle... Enfin, disons qu'on a eu de la chance, tout est bien qui fini bien. »
« Certes. »

Salem se faisait tout petit sur la banquette arrière du véhicule, autant parce qu'il avait réellement envie de disparaître que parce qu'il manquait un peu de place, coincé qu'il était entre un gamin à la carrure imposante et une donzelle aux grands yeux bleus, sans parler des trois petites boule de poils qui gigotaient sur ses genoux. Tous étaient couverts de suie et essoufflés. La voiture se gara finalement sur le parking d'un bâtiment à l'air très officiel, où beaucoup de gens très cravatés tenaient il ne savait quelle réunion, fête ou rassemblement. L'asiatique, qui avait silencieusement écouté le récit en conduisant, se contorsionna pour les regarder.

« Mais en fait, vous êtes qui ? »

Salem se mordilla la lèvre, espérant que Dieu lui fasse un signe, pour le rendre invisible, lui permettre d'effacer le passé, ce genre de chose – mais son Créateur lui tira la langue et lui répondit qu'il l'avait bien mérité avant de pousser un rire diabolique. Finalement, comme rien ne venait, il hasarda.

« Lui, c'est Rylan et elle, elle s'appelle Anya, et, moi je suis Salem, donc, le... le fiancé de votre frère... »

Il y eut un long silence pendant lequel Salem s'enfonça autant qu'il le pouvait dans son siège.

« D'accord... Bon, il m'a dit qu'il attendrait près de l'entrée, je vais voir si je le trouve. Vous, vous restez là et surtout, vous ne touchez à rien»

Les trois jeunes acquiescèrent et le regardèrent partir, Salem se passa une main dans les cheveux en soupirant. La journée avait pourtant été parfaite, tout était parfait depuis leurs fiançailles, une dizaine de jours plus tôt, ils avaient ouvert un compte commun, visité pas mal d'appartements, averti leurs familles, cherché un chat. Pour l'appartement, les choses étaient d'ailleurs en bonne voie puisque l'un des derniers qu'ils avaient vu leur plaisait à tous les deux et n'était pas trop mal placé par rapport aux trajets qu'ils avaient à faire pour leurs boulots.

La seule chose qui n'avait pas beaucoup bougé était les visites à la famille, le samedi précédent, Salem s'était cherché tout un tas d'excuses pour ne pas aller voir tout de suite la famille d'Adam, celui-ci n'était sans doute pas dupe, mais avait laissé faire, ils iraient voir les Tenseï après le baptême du feu d'Adam chez les Cordova. Dans le même temps, Salem avait pu reprendre le basket, à sa plus grande joie, et par la même occasion, se remettre à faire tout un tas de bêtises.

Et justement, des bêtises, il en avait fais quelques-unes aujourd'hui. Tout a commencé par de la frustration, internet était bourré jusqu'au fond de la bande passante de photos de chatons et eux, ils n'étaient pas foutus d'en trouver un seul. Entre les adorables présentations sur les fiches des refuges où il s'avérait finalement que le chat voulu s'était fais adopter depuis un bail, les numéros des petites annonces qui sonnaient dans le vide quand on ne leur disait pas que la portée entière était réservée, et les amis d'amis d'Untel qui finalement avait changé d'avis et décidé de garder les chats, le parcours du combattant était ardu. Surtout qu'à l'approche des fêtes, ils n'étaient pas les seuls à chercher un matou. Les choses se faisaient pourtant de plus en plus urgent car bientôt, l'année des I allait commencer.

Salem prit donc les choses en main, Brad lui avait nonchalamment balancé qu'il ne voyait pas comment il pouvait avoir du mal avec ça puisque les chats, il en traînait par dizaines rien que sur les docks. Affaire entendue, le lendemain, Salem était sur les docks avec un paquet de jambon et Rylan, le jambon, pour attirer les chats, et Rylan parce qu'il était grand et costaud.

« Alors, tu vois quelque chose ? »
« Non... »

Salem descendit des épaules du demi-géant avec une moue contrariée, cela faisait déjà pas mal de temps qu'ils tournaient en rond, ils avaient d'abord essayé d'attirer les félins en lançant des « minous minous » mais tous ceux qu'ils avaient croisés s'était plutôt enfuit en courant sans s'intéresser au jambon, ils s'étaient donc mit à regarder dans les bâtiments. Rylan lui ébouriffa les cheveux comme s'il était le plus vieux des deux.

« On va en trouver, t'inquiètes. »
« Mouais... On va regarder dans celui-là ? »

Et c'est ainsi qu'ils recommencèrent leur manège, Salem grimpa sur les épaules du jeune adolescent pour qu'il soit juste assez haut pour jeter un coup d’œil à l'une des minuscules lucarnes du hangar, ils continuèrent ainsi un moment avant que Salem ne se mette à hurler.

« Là ! Y'en a ! Ils sont trop mignons ! »

Salem sauta à terre trop heureux, et après s'être enthousiasmé tout seul pendant plusieurs secondes, se mit chercher comment entrer. Il y avait la porte, bien évidemment fermée, et quelques trous dans la tôle assez grands pour de petites bestioles poilues mais pas pour lui, et encore moins pour Rylan.

« Bon j'ai pris mes trucs pour ouvrir les serrures, viens, on retourne à la por... »

Un horrible bruit métallique le fit sursauter, Rylan s'était mit à agrandir l'un des trous à grands coups de pieds.

« Ok... Comme tu veux. »
« Il est sacrément costaud, ton copain. »
« AAAAAAAAAH ! OH MON DIEU ! »

Salem recula d'un coup en manquant de s'étaler au sol, Anya était là, à côté de lui, toujours aussi enjouée. Il regarda ses yeux bleus rieurs d'un air complètement affolé.

« Mais, qu'est-ce que tu fais là, toi ?! »
« Et ben, vous m'aviez dit qu'Adam faisait des combats une fois par mois et son dernier remontre à presque un mois maintenant, alors comme je n'ai pas trouvé d'infos sur internet, à part le fait qu'il vivait à New York et bien... je suis venu. »
« ….............. Mais qu'est-ce que tu fais , devant moi ? »
« Ah... En fait, je me suis perdue et... »
« Non ! Les probabilités pour que tu viennes à New York et que tu me tombes dessus ici, au milieu de nulle part, sont de une sur... »

Il y eut un long silence avant qu'il laisse tomber.

« Tu aurais plus de chances de gagner au loto. »
« Je suis assez chanceuse, j'avais combien de chances que mon boxer préféré viennes dans mon restaurant ? »
« Rah, je rêve... »
« Qu'est-ce que vous faites ? »
« On a trouvé des chatons. »
« Oh c'est vrai ! Ils sont là-dedans ? »

Pressée sans doute de mettre fin à la conversation sur son arrivée ici, Anya se faufila dans le trou.

« Oh ! Trop mignonnes ! »
« Quoi ? C'est des femelles ? »
« Non, je parle des peluches ! »

Salem lui emboîta le pas et effectivement, le hangar était rempli d'animaux en peluche enroulés dans des bâches en plastique. Il n'y prêta pas attention et gravit la montagne de plastique en crabe, jusqu'à atteindre l'échelle qui permettait d'accéder à l'espèce de balcon en hauteur, où étaient blottis trois minuscules chatons.

« Oh ! Ils sont trop choux. »

Pour une fois, Salem n'entendit pas la voix d'Anya tout près de son oreille, mais bien d'en bas, là où il l'avait laissée, ce qui était plutôt reposant. Il jeta des morceaux de jambon aux petits, ce qui, quelques reniflements et coups de dents plus tard, suffit à attirer l'un d'entre eux. Salem le prit par le cou et le fourra dans son sac à dos, l'un des deux autres s'était recroquevillé dans le coin du mur, il lui bondit donc dessus et le captura. Sa manœuvre effraya le troisième qui partit en courant, trébucha et tomba dans les peluches, esquivant ensuite Anya qui tenta de l'attraper, pour passer entre les jambes de Rylan et faire un roulé-boulé en renversant de vieux bidons d'huiles crades entassés dans un coin. Après quoi il tenta de remonter sur le balcon en escaladant, sa patte appuya malencontreusement sur des interrupteurs fixés au mur, les lumières s'allumèrent le transformateur cracha une volée d'étincelles, enflammant la flaque d'huile qui s'était formée. Salem se laissa tomber dans les peluches pour descendre plus vite, Rylan essaya d'éteindre l'incendie avec une des bâches qui s'enflamma aussi. En quelques secondes, c'était au tour des peluches de prendre feu, Salem tenta de rejoindre le trou le plus vite possible pendant que des flammes de plusieurs mètres de haut s'élevaient derrière lui, jusqu'à ce qu'on lui attrape le bras.

Salem resta figé un moment, Anya lui souriait, une peluche de panda dans les bras, Rylan avait l'air aussi hébété que lui et serrait le troisième chaton dans ses mains. Ils étaient dehors, à quelques dizaines de mètres du hangar en feu et à part une bonne nausée, Salem n'avait rien.

« Heu... si on partait ? »
« Bonne idée... »
« Je vous suis, si vous le voulez bien. »

Après avoir prévenu les pompiers, la petite troupe partit en direction de l'arrêt de bus le plus proche. Mais alors qu'ils traversaient le parking, Salem s'arrêta en fixant un asiatique, appuyé contre une vieille voiture, oui, à lui aussi ça lui rappelait quelque chose, mais la voiture n'était pas si pourrie que ça, ce n'était pas Adam. Voyant qu'on le regardait, l'inconnu fit de même.

« Salem ? »

Sur le trajet, il expliqua rapidement qu'il était le frère d'Adam, et passa le reste du temps à écouter leur histoire pour le moins inédite, même si Salem omit quand même certains détails. Et les voilà maintenant sur le parking de l'endroit où son fiancé était en plein boulot, et devait sans doute se faire un sang d'encre. Si Adam n'était pas le fiancé le plus reposant qui soit pour Salem, l'inverse aussi était vrai.


Dernière édition par Salem Cordova le Dim 16 Déc - 8:51, édité 1 fois
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Dim 9 Déc - 20:08

S’il y avait une chose qui était agréable dans les réunions politiciennes, c’était que personne, jamais, ne vous reprochait d’utiliser votre portable. Tout le monde était perpétuellement en train de pianoter, de lire des papiers discrètement tendus par des assistants, de répondre en quelques mots brefs, de se lever pour aller régler une affaire importante, de revenir — la seule chose désespérante, pour les non-initiés, c’était que malgré tout, tout le monde savait toujours très précisément ce dont il était question.

Depuis deux heures, le débat autour de la stratégie de la prochaine campagne législative faisait rage. Adam n’était pas trop certain de son rôle dans cette réunion. Martha avait tenu à ce qu’il fût présent, mais ces discussions sortaient de très loin du cadre de ses attributions et constituaient implicitement une promotion éclaire. Il restait donc assis au bout de la table, prenait des notes et, de temps en temps, surveillait son portable.

C’était qu’il avait envoyé, quelques heures plus tôt, un message cryptique à son frère William : « Entrepôt 1234B, 17 : 34, Salem. » Le problème, c’était que le message était cryptique même pour lui et qu’il n’avait strictement aucune idée de ce dont il pouvait s’agir. Depuis quelques jours, ses intuitions avaient gagné une acuité sans précédent, mais leur précision et leur efficacité le déboussolaient un peu et introduisaient une certaine tension dans sa vie quotidienne.

Elle n’en manquait pas, pourtant. Entre les différentes prospections relatives au mariage, qu’il fallait manifestement prendre en main très tôt pour ne pas se retrouver avec des camélias fanées dans une salle de fête aux murs moisies pour un prix exorbitant, les recherches immobilières et les visites, le calvaire de l’adoption féline et l’angoisse des rencontres parentales, le rêve éveillé des fiançailles avait parfois des allures de cauchemar.

Bien sûr, dès qu’Adam posait les yeux sur Salem ou dès qu’il disait, dans une conversation, les mots « mon fiancé », tous ces menus soucis s’envolaient pour laisser la place à une impression de parfaite béatitude. Il n’empêchait pas qu’il était plus fatigué qu’à l’ordinaire, que la béatitude rendait les nuits parfois très courtes, et que son pouvoir ne se décidait toujours pas à lui faciliter le quotidien.


— Qu’est-ce que vous en pensez, Adam ?

Le jeune homme releva brusquement les yeux de ses notes pour les poser sur son interlocuteur, en tentant de dissimuler sa panique.

— Je vous demande pardon, Sénateur ?
— Nos positions sur le mariage homosexuel, qu’est-ce que vous en pensez ?


Tous les regards étaient braqués sur lui, tandis que le sien cherchait un signe sur le visage de Martha. La politicienne hocha la tête avec un sourire en coin. Adam savait que la question n’était pas une question de fond — le consensus au sein du parti démocrate était à peu près atteint et tendait à la légalisation générale du mariage homosexuel — mais une question de stratégie politique.

Adam rassembla son courage et déclara :


— Toutes les lois locales qui définissent le mariage pour deux individus de sexe différents constituent une réduction des principes de la Constitution et par conséquent devraient pouvoir être cassées au niveau fédéral. Le mariage est un instrument juridique de transmissions des biens, de l’identité, des droits et des devoirs, dont les conséquences sont applicables dans toutes les décisions de juste, de sorte qu’aucun Etat ne devrait pouvoir appliquer des mesures particulières sur cette question, que la description doit venir de l’Etat fédéral et je pense que c’est sur ce point que nous devrions axer notre stratégie.

Le Sénateur échangea un regard plein d’assentiment avec Martha, hocha la tête et conclut :

— Ce sera ajouté au rapport de réunion. On passe maintenant à la réforme des commissions de financement de…

Adam n’était pas certain de ce qui venait de lui arriver, mais, à en juger par l’air satisfait de Martha et les regards dépités d’un certain nombre des assistants, il devait s’agir de quelque chose de très bon pour sa carrière. La réunion fut levée après une nouvelle heure et, alors que le jeune homme remballait ses affaires, Martha s’approcha de lui et murmura à son oreille :

— Félicitations. Retrouvez-moi à la mairie, demain, à 10 heures. J’ai des projets.

Adam hocha la tête, tout en se demandant si tout cela était très rassurant. De toute façon, Martha était déjà partie serrer des mains et renégocier la moitié du contenu de la réunion de manière officieuse. Et puis un message l’attendait, lui, sur son téléphone : « Je les ai récupérés. On est en bas. » Adam fronça (métaphoriquement et intérieurement) les sourcils. Comment ça, ils étaient plusieurs ?

Le devin se faufila aussi rapidement mais innocemment que possible hors de la salle de réunion, puis des couloirs du siège new-yorkais du Parti Démocrate, une entreprise rendue difficile par la quantité de gens qu’il était nécessaire de saluer en passant, soit que leur sympathie naquît de la conscience aiguë qu’il venait de marquer des points auprès des dirigeants, soit qu’il les connût personnellement et de longue date.

Il lui fallut une bonne dizaine de minutes pour rejoindre le hall et apercevoir son frère. William lui tapa virilement dans le dos et, sans autre préambule, Adam interrogea :


— Ils sont plusieurs ?
— Salem, Rylan et… une fille. Anya, je crois. Et des chatons.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Ils ont fait cramer un entrepôt, mais les pompiers s’en occupent.
— On les a vus ?
— J’pense pas. Qu’est-ce qu’on fait ?
— On peut aller chez toi, ou ça te dérange ?
— Non, Jessica est chez sa mère.
— Vous avez des problèmes ?
— Elle est juste chez sa mère, Adam. C’que tu peux être parano…


Le jeune homme haussa les épaules et bientôt, les deux frères sortirent du bêtement. Si le costume-cravate d’Adam tranchait avec l’allure décontractée de son frère et l’air antique de la voiture, il y avait indubitablement un certain air de parenté, quoique les traits du cadet fussent plus féminins que ceux de son aîné. Adam s’installa sur le siège passager, attacha sa ceinture et se retourna vers la fine équipe qui le regardait derrière — Anya, absolument ravie d’être là, Rylan, totalement terrorisé de se retrouver face à un homme dont son père lui avait un tableau sinistre et Salem, qui essayait d’avoir l’air attendrissant (avec ses chatons) pour ne pas se faire morigéner.

La voiture démarra.


— On va chez mon frère. Le premier qui casse un truc, je l’éviscère. Est-ce que c’est clair ?

Après avoir récolté l’approbation générale et silencieuse, Adam braqua ses yeux noirs droit dans les yeux de Salem.

— Qu’est-ce qu’il fait là, lui ?

Il parlait de Rylan, bien entendu, qui essayait de se faire aussi petit que possible dans son siège — ce qui, étant donnée sa carrure, n’était pas une tâche aisée.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Lun 10 Déc - 7:55

La fine équipe attendait plus ou moins sereinement le retour des Tenseï, Anya agitait sa peluche sous le nez des chatons, Salem se tordait le cou pour tenter de voir quelque chose entre les voitures et Rylan cherchait une excellente excuse pour s'en aller, mais était retenu par le fait qu'il ne savait pas bien où il se trouvait. Cette agitation stoppa cependant quand les deux frères furent en vue, en un instant, les jeunes gens furent sages comme des images. Voire même totalement pétrifiés quand Adam et sa célèbre aura de blizzard s'installèrent à l'avant, les trois jeunes gens hochèrent la tête à la question – car s'ils avaient survécu à un incendie de peluches, ce n'était pas pour se faire éventrer par un kickboxeur japonais. Puis les festivités commencèrent pour Rylan, qui avait certainement laissé un souvenir impérissable à Adam et par corollaire, pour Salem qui l'avait fait venir.

« Et ben... Il est venu au garage pour s'excuser, une fois, du coup on a discuté un peu. Puis Brad nous à passé des places pour un film de karaté qu'il avait gagné dans un pari et j'ai bien aimé. Et en fait, Eigon, il a plein de films de combat chez lui, du coup Rylan m'a invité et puis, bah... On est devenu ami, et il est venu m'aider à trouver des chats. »

Il resta pensif un instant, cherchant la meilleure stratégie à adopter, mais en la matière il était loin d’être excellent.

« Il est pas méchant tu sais, l'autre jour, c'était pas sa faute. »

Salem réfléchissait beaucoup et s’il pouvait parfois faire fausse route, son esprit terre-à-terre et sa capacité de déduction lui permettait, même s'il fallait parfois du temps et des efforts, de prendre du recul, de comprendre, et donc de pardonner. Ce fut pour Rylan d'autant plus aisé qu'il connaissait déjà son père, et savait donc bien que la tentative de meurtre dont il avait fait l'objet n'en été pas vraiment une. Rylan avait de plus fait de beaux progrès depuis ce jour, et aucun incident grave n'était à déplorer, son père avait bien prit les choses en main.

« Puis, c'est plutôt ce qu'elle fait là qui est bizarre... »
« Moi ? »

Anya eut un air parfaitement innocent, pendant que Salem tentait de reporter toute l'attention sur elle. Le fait est qu'à part lui, personne n'était vraiment à sa place sur la banquette, même les chatons semblaient ce demander ce qui leur arrivait.

« Moi je suis simplement là pour me renseigner sur les matchs de boxes, et je crois que j’ai bien fait de venir. »
« Ça, c’est sûr… »
« C’est Salem qui a gagné au loto ce soir. »
« Oui, bon, ça va… »

Le trajet se termina sur un nouveau récit de leur aventure, en version encore plus allégée et minimisée, Avant qu’il n’arrive devant l’immeuble où vivait son futur beau-frère. Le temps de grimper dans un ascenseur, et la troupe se retrouva devant l’appartement modeste mais propret de William. Rylan, qui avait prit presque entièrement pour lui les menaces d’éviscération, et ne tenait de toute façon pas à énerver le glacial fiancé de Salem, resta pétrifié sur le pas de la porte. Il ne tenait vraiment pas à abîmer le mobilier ni quoi que ce soit et jeta un regard mi-suppliant, mi-inquiet à Salem et Adam.

« Je pourrais appeler mon père pour qu’il vienne me chercher, non ? »
« Tiens, Adam quand il était petit ? Ça c’est collector… »

Salem se désintéressa du pauvre adolescent et entra dans l’appartement, Anya s’était déjà acheminée dans le salon et regardait les quelques photos de famille accrochées ça et là. La plupart représentaient William et ce qui était probablement sa femme, mais sur celle que regardait la serveuse se trouvait ses beaux parents et leurs enfants, dont, bien sûr Adam, qu’il reconnu de suite. Il les regarda tous avec curiosité et écoutant Anya chuchoter que son fiancé était adorable, ce avec quoi il était parfaitement d’accord.

Mais Salem avait d’autres problèmes à régler, lui qui avait tant craint la rencontre avec sa nouvelle famille et avait tout fait pour la retarder se trouvait maintenant face à l’un de ses membres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’avait pas offert l’image du jeune homme tout à fait recommandable qu’il aurait tant voulu avoir. Après un dernier coup d’œil à la photo, il partit poser les chatons dans un coin du salon, enleva son blouson, et son écharpe pour enrouler deux des chatons dedans, avant de rattraper le chaton gourmand qui partait déjà en exploration – le peureux, lui, ne bougeait pas, et le pyromane semblait vouloir se reposer un peu de ses précédentes aventures. Après quoi Salem leur ordonna de rester sage et de dormir, et rejoignit les Tenseï avec sa mine la plus contrite possible.

« Vraiment désolé pour le dérangement. J’aurais jamais cru que ça finirait comme ça… »

Effectivement, il aurait pu difficilement le prévoir, mais le bon côté des choses, c’est que maintenant, ils l’avaient, leur chat.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Lun 10 Déc - 9:47

Rylan tentait d’avoir l’air de ne pas exister, une entreprise relativement difficile pour un garçon de sa corpulence — de sorte qu’en désespoir de cause, il jetait également par la vitre de la voiture des regards désespérés, en se demandant si, au prochain feu rouge, il ne pourrait pas simplement ouvrir la portière, sauter et s’enfuir à toutes jambes dans l’une es rudes adjacentes, pour ne jamais reparaître, par exemple en partant au Chili.

Adam avait écouté les explications de Salem d’un air parfaitement impassible, ce qui certes n’eût pas été extraordinaire, dans la mesure où il n’était pas exactement réputé par la large gamme de ses mimiques faciales, si par ailleurs son regard n’avait témoigné une froideur inhabituelle. Il fallait bien avouer que la soudaine révélation « le type qui m’a planté un couteau dans le ventre et moi on est devenus amis, tiens, je te l’avais pas dit, c’est drôle ça » avait un peu de mal à passer.

Blessé de n’avoir pas été jugé assez digne de confiance pour que cette information fût partagée et conscient, tout à la fois, que c’était précisément à cause de la réaction glacialement menaçante qu’il était en train d’avoir que Salem lui avait menti (par omission), Adam jeta un regard sur Anya et murmura :


— On parlera d’elle plus tard.

Du coup, la jeune fille en perdait un peu de sa bonne humeur. En somme, en cinquante secondes montre en main, Adam était parvenu à abattre sur le trio infernal une chape de plomb. Il se retourna en direction de la route pour ne plus jeter un regard aux adolescents, ni offrir au récit de Salem, que l’atmosphère ambiante contraignait à laisser les détails épiques de côté, le moindre commentaire.

Pendant que tout le monde retombait dans un silence un peu anxieux et qu’Adam, la tête appuyée contre le siège, regardait défiler la route sans remuer un seul cil, tournant et retournant dans son esprit les raisons qui avaient poussé Salem à lui cacher son amitié pour Rylan, les motifs réels de la présence d’Anya, que sa paranoïa justement soulignée par William étoffait de bien des noirceurs et les dangers que Rylan continuaient à représenter pour son fiancé.

De temps à autre, William jetait des regards un peu inquiets à son frère. Il était manifestement le seul à échapper au courroux du devin. Il paraissait envelopper Adam d’une sorte d’affection protectrice née de son rôle d’aîné qui jurait un peu avec l’aura polaire du cadet. Parfois, ses regards se levaient vers le rétroviseur central, quand la voiture était arrêtée par l’encombrement de la circulation, et il observait songeusement Salem.

Finalement, pour le soulagement général des passagers arrières, le véhicule se rangea dans le parking d’une petite propriété privée des quartiers modestes de New-York et la troupe hétéroclite s’extirpa un peu péniblement de l’habitacle pour s’entasser dans l’ascenseur et gagner, finalement, le petit appartement que William occupait avec sa campagne Jessica, une Texane (personne n’est parfait) de vingt-six ans qui travaillait dans la publicité.

Adam abandonna son manteau sur les paternes de l’entrée et murmura à son frère, en continuant à éviter soigneusement du regard Salem et ses acolytes.


— J’peux t’emprunter des vêtements ?

William hocha la tête. Comme à peu près toutes les connaissances proches d’Adam, il avait réservé dans ses placards un petit espace pour les affaires de son frère, en prévision des nombreuses occasions où le jeune homme débarquait de nulle part, blessé et confus, pour demander l’asile temporaire et de quoi se refaire une image. William avait pris l’habitude de ne pas poser trop de questions, se contentant de deviner, en très gros, le genre de vie que son cadet menait.

Après avoir fait signe à Rylan d’entrer dans le salon avec ses petits camarades, William laissa les adolescents s’extasier sur la bouille contrariée du petit Adam photographié et céda à un réflexe aussi japonais que britannique : faire du thé. Quelques secondes plus tard, alors que la bouilloire commençait à vibrer, il fut rejoint dans la cuisine par son frère, qui avait troqué son costume-cravate pour des vêtements plus confortables.

Les yeux noirs d’Adam se posèrent dans les yeux noirs de William.


— J’suis désolé.
— J’ai l’habitude.
— J’suis encore plus désolé, du coup…
— Adam. Je suis là pour ça. Tu sais, ça ?


Le jeune homme hocha la tête. William versa l’eau bouillante dans la théière, y jeta deux sachets et se rapprocha de son frère.

— Est-ce que… Enfin, tu as l’air fatigué. Ça va ?

Avant qu’Adam ne pût répondre, un Salem se faufila hasardeusement dans la cuisine. Adam se mit à regarder un espace indéfini entre les pieds de l’adolescent et, quelques secondes après les excuses de son fiancé, il murmura d’une voix lointaine :

— J’vais voir c’que font les autres.

Puis, en contournant Salem, il quitta la cuisine, passa dans le salon, prit un téléphone sur une base et le tendit à Rylan.

— Tiens, appelle-le.

Pendant que le colosse de deuxième catégorie appelait le colosse de première catégorie dans le hall d’entrée en le suppliant de venir le tirer de son improbable situation, Adam fit signe à Anya de s’asseoir sur le canapé et, comme la jeune fille s’exécutait d’un air absolument ravi, tira un fauteuil en face d’elle et s’assit à son tour.

Après quelques instants de silence, Adam lâcha :


— T’as les mains propres.
— Pardon ? Ah oui, bien sûr, je me les lave souvent, c’est important l’hygiène, d’ailleurs Grand-Mère dit toujours…
— Vous étiez dans un entrepôt. Si t’es rentrée dans l’entrepôt, t’as dû te glisser par une ouverture. Tu devrais avoir de la poussière, de l’huile, de la crasse. Sur les mains. Mais t’as les mains propres. Comment t’es rentrée dans l’entrepôt ?
— Je…
— Et comment t’as retrouvé Salem ?
— Ben…


Pendant ce temps-là, l’intéressé était coincé dans une cuisine avec un inconnu qui faisait partie de la vie d’Adam : une habitude, en somme. A ceci près qu’à la différence d’Anne ou d’Eigon, William avait l’air beaucoup, beaucoup plus normal et beaucoup plus sympathique. En une minute, il avait déjà servi du thé à Salem, lui avait proposé des petits gâteaux, lui avait dit de ne pas s’inquiéter et lui avait demandé s’il voulait autre chose.

Au bout d’un moment, un peu gêné, William se décida à aborder les points qui fâchaient.


— Tu sais, Salem… A propos d’Adam. C’est pas quelqu’un de…

Alors que le mot « bien » planait dans la pièce, n’attendant que William pour l’attraper et le coller à la suite de la phrase devenue canonique, l’homme acheva :

— Bien. Dans sa peau. C’est un chic type, je crois, mais… Il est tombé sur des garçons pas terribles. Il a pas l’air, comme ça, mais il est un peu fleurs bleues, et il est vraiment tombé sur des loosers. J’ai pas envie qu’on lui brise encore le cœur.

Entre ces recommandations inédites et les photographies du salon, l’aura de vengeur ténébreux d’Adam en prenait tout de même un sacré coup.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Lun 10 Déc - 18:04

Bon, Salem ne s'attendait pas à ce qu'Adam le félicite, sa réaction était aussi prévisible que les raisons du silence de Salem était claires – il avait eu peur de l'énerver autant que de l'inquiéter. Il n'était par ailleurs pas très sûr qu'Adam puisse comprendre son attitude car il doutait lui-même d'avoir pu si facilement pardonner Rylan si c'était lui l'avait vu penché sur le corps ensanglanté de son fiancé. Mais toutes ces plus ou moins bonnes raisons s'effondrèrent devant la conclusion qu'il avait encore fait du mal à Adam. La mine basse, Salem était venu présenter ses excuses et c'est sans oser le regarder qu'il le laissa passer, avant d'accepter bien volontiers la tasse de thé que William lui tendait avec un sourire réconfortant.

Après avoir chipé trois madeleines et échangé quelques politesses, le sujet de conversation arriva sur Adam. Salem du presque se retenir de répondre « Je sais » alors que son futur beau-frère commençait sa phrase, qui semblait aussi traditionnelle que de faire la connaissance de tous les proches d'Adam dans la cuisine. Il fut du coup un peu étonné, mais surtout soulagé de ne pas entendre les sinistres avertissements que d'autres un peu moins bienveillants envers le devin avaient pu lui faire jusque-là.

« C'est un chic type, ça tu peux me croire. »

Cette affirmation redonna un instant l'éclat que ses yeux avaient perdus dans le stress et la tension des derniers événements. Il semblait être à la fois convaincu de ce qu’il disait et brûler d’envie d’en convaincre William, ou du moins de le rassurer. Salem doutait beaucoup qu’Adam soit du genre à partager ses aventures avec sa famille, vu la réserve dont il faisait déjà preuve avec lui et la réticence qu’il avait à parler de sa famille – c’en était presque surprenant de voir que son frère était si sympathique et semblait vivre une vie tout à fait normale. Il se doutait donc que les inquiétudes qui pouvaient parfois l’habiter étaient probablement les mêmes que celles de son beau-frère, à part que celui-ci en savait encore moins que lui au sujet des escapades d’Adam – ce qui ne l’empêchait visiblement pas de venir l’aider comme il venait de le faire.

Mais si c’était une chose d’avoir assuré à William que son frère était un bon garçon c'en était une autre de faire de même pour lui, la tâche paraissait nettement moins aisée, autant à cause de l’histoire de l’entrepôt brûlé que parce qu’il doutait lui-même, en cet instant, d’être vraiment le fiancé qu’il méritait.

« Je veux vraiment le rendre heureux, même si là je vaux sans doute pas mieux que les loosers dont tu parles. »

N’écoutant que d’une oreille les paroles qui suivirent, Salem prit pour excuse de vouloir rendre service en portant le plateau de tasses de thé jusqu’au salon. Il put alors constater que, comme promis, Adam s’était attaqué au cas Anya. Après avoir posé les tasses sur la table basse et observé la demoiselle qui s’embourbait encore dans une histoire abracadabrante tout en ayant l’air de vouloir s’évaporer pour échapper à l’interrogatoire du devin – pourtant elle pouvait le faire, semble-t-il. Salem décida d’intervenir.

« Elle est… spéciale, elle aussi. »

Anya fournissait une excellente excuse pour s’adresser à Adam, Salem n’hésita donc pas à s’emparer du sujet et vint s’asseoir sur le bras du fauteuil de la serveuse pour regarder son ami.

« Elle se… matérialise… ? En se servant des gens comme point d’ancrage ? En tout cas les trois fois ou je l’ai vu elle s’est téléporté à moins d’un mètre cinquante-sept de quelqu’un. J’ai bon ? »

Il jeta un coup d’œil incertain à la demoiselle, qui eut l’air plutôt étonnée.

« Mais… Ça n’a pas l’air de beaucoup te surprendre. »
« On va dire que j'en ai vu d’autres, depuis quelques temps, alors tu te téléportes vraiment ? C'est grave classe, quand même... »
« Heu… oui ? Mais pas par rapport aux gens c’est juste que… c’est plus précis si j’ai un point de repère… »

La demoiselle posait ses yeux interrogateurs sur les deux garçons, sans doute parce qu’elle attendait de savoir si eux aussi étaient un peu spéciaux, malheureusement pour elle, ce n’était pas écrit sur leur front, et ils ne paraissaient pas vouloir le dire. Adam regardait un point indéfini et Salem fixait Adam, du coup elle reporta son attention sur le demi-géant qui était venu siroter un thé discrètement en écoutant la conversation.

« Toi c’est sûr, tu es un mutant. »
« Heu… oui, j'tiens ça de mon père… »

Il lui expliqua rapidement, en oublia le fait que son pouvoir lui avait déjà fait poignarder quelqu’un. Salem pour sa part restait silencieux, il aurait peut-être volontiers parler mutation dans d’autres circonstance, mais pour l’heure, la seule chose qui l’intéressait était Adam et ses yeux obstinément fixés sur… n’importe quoi, pourvu que ce ne soit pas lui, sa tentative de rapprochement était donc en bonne partie un échec.

« Adam… »

La voix désolée de Salem fit taire les deux autres, mais il n’avait pas vraiment envie partager sa conversation avec tout le monde, il finit par se lever et lui attraper le bras d'Adam en lui demandant de le suivre. Il prit une des portes au hasard... la salle de bain, tiens, pour changer, et se tourna vers lui.

« Pardon. »

Il chercha le regard de son ami.

« Écoutes, ce qui s'est passé avec Rylan, ça a été vraiment traumatisant pour tout le monde. Toi, moi... et lui. J'ai... essayé de surmonter ça, de le voir, parce que je voulais pas qu'il ait l'impression d'être un monstre. Les pouvoirs, quand ça apparaît, c'est jamais facile. Mais j'avais un peu peur de t'inquiéter, ou de te rappeler de très mauvais souvenirs. J'me cherche pas d'excuses, mais voilà... c'est juste pour que tu comprennes... »
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Lun 10 Déc - 18:58

William s’était toujours demandé les raisons mystérieuses qui rendaient la vie de son frère cadet si compliquée. Quand ils étaient plus jeunes, il avait supposé que c’était une question d’intelligence — tous les surdoués avaient des problèmes, il avait lu cela dans une magazine — puis le consensus familial avait été que, d’une manière ou d’une autre, Adam avait une maladie psychologique, quelque chose comme de la dépression, ou bien de l’hyperactivité, ou un mélange plus ou moins grave des deux. Depuis quelques années, il ne savait plus très bien.

Ce n’était même plus les grandes étrangetés de la vie d’Adam qui suscitaient chez lui l’étonnement le plus vif. Il avait fini par s’habituer aux visites tardives, aux explications improbables pour justifier telle ou telle blessure, aux bagarres qu’il supposait, aux activités vaguement illégales. Toutes les familles ne comptaient-elles pas un marginal qu’il était de son devoir de soutenir ? Non, ce qui le surprenait, c’était que même dans ce qu’elle avait de plus quotidienne, la vie d’Adam était atypique.

Par exemple, pourquoi diable ne parvenait-il pas à mettre la main sur un petit copain normal ? Pas un illuminé comme Ulysses débarqué des bibliothèques pour jeunes filles en mal d’amour. Pas un adolescent couvert de tatouages, qui faisait brûler des entrepôts pour récupérer des chatons avec un colosse et une témoin de Jéhovah. Juste un type normal, qui écouterait du Madonna et travaillerait dans la grande distribution.

William observait Salem d’un air un peu désemparé. Il s’était plutôt attendu à des justifications, à un plaidoyer pour le futur mariage (lui aussi complètement dément, de son point de vue), qu’une confirmation aussi peu engageante que « je vaux sans doute pas mieux que les loosers dont tu parles ». L’Asiatique laissa échapper malgré un soupir avant d’avaler une gorgée de thé.

Fort heureusement, Salem n’attendait pas de réponse et en profitait déjà pour rejoindre les autres timbrés dans son salon. Le chauffeur de bus attrapa le paquet de biscuits et se mit à grignoter, pour se remettre de ses émotions — c’était qu’il n’était ni kick-boxeur, ni milicien, ni super-héros nocturne et que voir un entrepôt en flammes était déjà une sacrée épreuve dans le cours paisible de son petit quotidien.

De son côté, Adam était fort occupé à pousser Anya dans ses retranchements, pour la forcer à avouer quelque chose qui lui paraissait déjà évident : qu’elle s’était téléportée. En recoupant l’état de ses mains, sa présence incongrue sur les lieux de l’incendie, dans une ville aussi grande que New-York, et ses apparitions suspectes au restaurant, le cerveau d’Adam, rompu aux déductions et informé en bizarreries par des années passées à l’Institut, avait eu tôt fait de tirer les choses au clair.

Ce qu’il voulait déterminer surtout, c’était si, sous l’enthousiasme de la jeune fille, ne se cachait pas des motivations plus sombres ; s’ils avaient affaire à Madame Sourire ou une dangereuse détraquée qui projetait de les découper en morceaux dans sa cabane au fond des bois. Salem — qui était revenu et qu’Adam continuait à royalement ignorer — ne semblait pas partager ses inquiétudes. Il fallait dire que Salem, de ce point de vue, était un peu plus équilibré que lui.

La présence de l’adolescent avait réduit son fiancé au silence, qui se contentait de fixer le parquet sans rien dire, cultivant ainsi très activement sa réputation de boute-en-train. Rylan jetait de fréquents coups d’œil à l’heure sur la chaine hi-fi, dans l’espoir que la demi-heure qui le séparait de l’arrivée salvatrice de son père fût passée comme par magie ; Anya était partagée entre l’excitation de découvrir des gens à peu près comme elle et l’envie de retourner voir Grand-Mère sans demander son reste, parce que la vie était quand même beaucoup plus simple chez elle. La serveuse et le presque-meurtrier en cavale se retrouvèrent donc dans une conversation qui avait le mérite de les aider à échapper un peu à la tension pour une fois pas du tout sexuelle qui s’était installée entre le couple.

Le prénom d’Adam prononcé par Salem les rappela brusquement à la dure réalité. Anya, qui ne cessait, depuis leur visite au restaurant, de s’extasier intérieurement sur le joli couple qu’ils formaient (tout en triomphant, sur d’obscurs forums d’Internet, où couraient les paris sur l’orientation sexuelle de tel ou tel sportif oublié du grand public), était navrée par ce qu’elle supposait être une rupture imminente (car, dans son monde d’euphorie, quand tout n’était pas rose, c’était que tout était noire) ; Rylan, qui avait déjà failli les séparer de manière très définitive en tranchant Salem en deux, ne se sentait guère d’intervenir dans une situation dont il ne trouvait pas beaucoup d’exemples dans ses films d’arts martiaux.

Fort heureusement, Adam n’avait aucune envie d’étaler verbalement les difficultés de son couple face à cette assistance intéressée et mutante, aussi se laissa-t-il docilement entraîné vers la salle de bain, pendant que William émergeait de sa cuisine avec un plateau de petits gâteaux, pour le plus grand plaisir de ses « invités », qui commençaient à se demander comment quelqu’un d’aussi glacial et intimidant qu’Adam pouvait avoir un frère aussi compréhensif et bienveillant.

Dans la salle de bain, les yeux fixés au sol, fuyant obstinément le regard de son ami, Adam était adossé au mur, les bras croisés. Les explications de Salem furent accueillies par un silence réfrigérant, puis l’Asiatique (numéro deux, ou un, ou trois, selon les points de vue), desserra enfin la mâchoire :


— Et tu comptais me dire ça quand, au juste ? Genre, au mariage : tiens, au fait, Adam, tu te rappelles de Rylan, tu sais, celui que tu as retrouvé penché sur mon cadavre baignant dans le sang, eh bien j’l’ai invité et en fait, on est amis depuis six mois. Ou alors t’avais précisément prévu de faire cramer un entrepôt pour me le présenter, tu dis que c’était l’occasion.

Adam consentit finalement à relever les yeux vers Salem.

— Tu sais, la nuit où il a failli te tuer, son père est venu à l’hôpital, manifestement persuadé que j’allais retrouver son fils, l’attacher à un arbre dans les Rocheuses et le faire dévorer par les ours. Un truc comme ça. J’voudrais juste savoir, c’est un consensus collectif, que j’vais l’buter, le gamin, ou c’est juste un accord tacite entre Eigon et toi ?

Puis le jeune homme dévoila l’une des parties les plus importantes de ce douloureux problème :

— Comment t’as pu préférer aller chercher notre chat avec lui plutôt qu’avec moi ? J’sais pas, j’suis vraiment si… si…

A mesure que ses mots le fuyaient, il avait baissé les yeux et s’était mis à cligner des paupières pour refouler les larmes de frustration. Il conclut d’une voix un peu éteinte :

— Vieux… Sinistre… Désagréable…
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Lun 10 Déc - 20:59

Salem se sentait tendu à chaque fois qu'Adam se murait dans son silence, ce qui était à peu près le cas pour tout le monde, il est vrai, mais cette fois-ci, l'entendre parler le fit encore plus paniquer. Il faisait complètement fausse route, aussi se mit-il à répéter non, non, non, les yeux écarquillés alors qu'il l'écoutait. Non, il n'allait pas attendre six mois pour le dire. Non, bien sûr, cet accident n'avait rien à voir avec le mini-colosse. Non, grand Dieu non, il n'avait jamais imaginé qu'Adam s'en prendrais à Rylan. Non, son ami n'avait aucune raison d'être jaloux, et il n'était ni désagréable ni rien de tout ça. Comment lui faire comprendre que c'était lui, le looser, qu'il n'avait encore rien à se repprocher, que c'était lui qui compliquait toujours, même lorsqu'il faisait de son mieux ou qu'il était plein de bonnes intentions. Pourquoi rien ne marchait jamais bien avec lui, c'était tout de même désespérant. Oubliant pour un instant tout ce qu'ils avaient réussis, Salem se persuada qu'il était un minable, un idiot et un pauvre. Il s'emporta un peu et haussa le ton pour que le message pénètre, qu'Adam arrête de se descendre par sa faute, quitte à ce que tout le monde soit au courant.

« Mais justement, tu es parfait bordel, tu es foutrement romantique, tu me plais à mort, tu mérites mieux. Je sais pas, moi, que je t'emmène au marché de noël, qu'on se partage une barbe à papa dans la grande roue et qu'on passe tellement de temps à se dévorer les lèvres que même moi je verrais pas le paysage, ou que je te gagne une peluche énorme qu'on saura pas où mettre, ou qu'on essaie la patinoire qu'ils ont installé là-bas et qu'on se tienne tellement fort la main qu'à chaque fois que l'un tombera l'autre partira avec, ou, ou même qu'on fasse rien, qu'on allume pleins de bougies juste parce que c'est beau et qu'on se roule sous la couette. Tu m'as payé un super hôtel y'a même pas quinze jours, on a passé un week-end de rêve et tu crois que moi, en échange, je vais te traîner dans des trous dégueulasses, des hangars gelés, pour courir après des chats pouilleux ? Non mais tu rêves ! C'est hors de question ! Moi aussi je veux faire des trucs cool pour toi... J'suis pas un looser... »

Salem n'avait pas autant d'argent qu'Adam, mais ce n'était certainement pas pour ça qu'il comptait rester derrière pour tout ce qui était surprises et cadeaux. Loin de là, sa fierté et son envie de plaire à Adam lui donnait envie d'en faire toujours plus, ce n'était pas juste en lui achetant quelques jeans à la mode qu'il allait se sentir satisfait. Et effectivement, avant que le plan foire complètement, l'idée d’accueillir Adam rentrant du travail avec dans les mains le chat qu'ils avaient tant cherché ne paraissait pas si mauvaise. Mais même pour des cadeaux qui ne lui demandait pas de pomper dans son tier de smic mensuel, il trouvait le moyen de se planter. Et en plus il lui avait caché qu'il s'était mit à voir Rylan, quel boulet, j'vous jure.

« J'suis vraiment désolé, pour tout... »

Salem ne savait vraiment plus quoi dire pour arranger les choses, parce qu'en plus de ça, il devait sûrement passer pour un fin psychopathe auprès du grand frère. Avec son chat pyromane et ses copains timbrés. Celui-ci, sûrement, allait parler de tout ça auprès de leurs parents, et ceux-ci désapprouveraient le mariage et ne l'aimerait jamais. Déjà qu'il était juste l'inverse de ce que sa belle-famille attendait, si en plus il se retrouvait avec une réputation de délinquant taré – et probablement drogué – avant même de les rencontrer, il était foutu. Peut-être même que ça aussi, ça rendra Adam triste, et ce serait encore de sa faute.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Lun 10 Déc - 21:26

Mais Adam n’était pas du tout jaloux, voyons ! C’était juste que Rylan était quand même beaucoup plus musclé que lui et Salem, s’il avait bien compris, il aimait cela, les muscles. Son compagnon ne vantait-il pas la fameuse photographie où il se caressait les abdominaux ? Et Rylan, des abdominaux, il devait en avoir de sacrément impressionnant. En plus, il était plus jeune que lui, probablement plus en phase avec Salem, et puis, bien entendu, lui, il pouvait regarder des films, écouter de la musique, et il ne parlait certainement pas de politique. Si l’on exceptait la soirée où il avait tenté de poignarder Salem, ils eussent formé vraisemblablement un couple parfait.

Alors, bien entendu, Adam se les imaginait dans un entrepôt, sur les docks, là où Salem et lui avaient eu l’un de leurs tout premiers rendez-vous, il imaginait Rylan soulever Salem du sol, le plaquer contre un mur et l’embrasser tellement fort qu’il mettait le feu à des peluches (même si Adam n’avait pas très bien compris cette histoire de peluches). Quelque chose comme cela. Mais à part ces menus détails, Adam n’était pas jaloux.

Il fallait dire que sa perspicacité et sa rationalité lui faisaient singulièrement défaut quand Salem était une donnée de l’équation qu’il devait résoudre. Ce petit manque de lucidité méritait bien une mise au point et Adam eut l’air un peu hébété quand Salem haussa le ton pour lui enfoncer dans le crâne sa propre perfection — c’est-à-dire qu’il avait les yeux un peu plus écarquillés que de coutume.

Peu à peu, les raisonnements (idiots) qui parasitaient l’esprit de son compagnon devinrent un peu plus clairs, pour lui. Adam avait déjà songé que Salem pût se sentir gêné par la disparité de leurs ressources personnelles, mais comme il ne lui avait jamais semblé que l’adolescent y accordât la moindre réflexion, que lui-même ne s’en souciait guère, il avait rejeté l’idée comme sans importance.

Mais il se rendait compte à présent qu’il n’était pas le seul à paniquer, à se dire que tous les autres garçons dans la rue étaient décidément beaucoup plus beaux que lui (et devaient vraisemblablement être beaucoup plus drôles, et bien meilleurs au lit) et à craindre que Salem rencontrât, au détour du rayon fruits et légumes (si toutefois Salem se rendait dans le rayon fruits et légumes), un bellâtre souriant et bodybuildé (plus que lui).

Pendant que dans le salon la conversation autour des biscuits s’était éteinte pendant quelques secondes, quand la voix de Salem portait par bribes au-delà de la porte de la salle de bain, Adam murmura malgré lui :


— Hé… Mon cœur…

Avant de rougir et de bafouiller très virilement :

— J’veux dire, Salem. Viens, approche.

Parce qu’évidemment, il pouvait entretenir à l’endroit de Rylan une colère froide toute son existence et soupçonner la souriante et inoffensive Anya en permanence, mais résister au discours désespéré et au regard de chaton perdu de Salem plus d’une dizaine de secondes, c’était une autre histoire et, dans le domaine, Adam abandonnait la partie très volontiers.

Il avait donc tendu la main pour attraper la ceinture de Salem et pêcher son fiancé par la même occasion, l’attirant contre lui pour le presser contre son torse, qui finalement devait être assez musclé comme ça, en l’enfermant dans ses bras. Le jeune homme déposa un baiser dans les cheveux de son fiancé et murmura :


— Bien sûr que t’es pas un looser. Sauf à la Wii.

Il força doucement Salem à se reculer un peu (mais pas trop), pour pouvoir le regard dans les yeux et ajouta :

— J’aime bien les entrepôts dégueulasses, tu sais. J’aime bien les vieux bâtiments désaffectés, j’aime bien me promener dans la ville la nuit. J’le fais pas seulement parce que j’suis obligé. J’trouve ça… Intéressant. J’ai pas besoin que tu m’invites dans des hôtels, ou j’sais pas. J’veux bien la fête foraine et tout aussi. C’est juste…

Adam haussa les épaules.

— J’tiens pas absolument à ce qu’on vive une comédie romantique. Qu’on mange que dans des restos classes et qu’on aille à des réunions mondaines. Si faut galérer pour trouver un chat, j’veux bien le faire avec toi. Si j’ai réservé l’hôtel, c’tait pour qu’on soit tous les deux. C’pas une compétition de portefeuille et de paquets cadeaux, tu sais.

Le jeune homme avait posé une main sur la joue de Salem pour la caresser du pouce — de toute évidence, la nécessité de consoler son ami avait chassé, au moins pour un temps, toute sa mauvaise humeur.

— T’es vraiment, vraiment pas un looser. J’te l’dis peut-être pas assez, mais j’suis bien avec toi. Pour les autres, avant, j’étais… J’sais pas. Un trophée, ou alors un partenaire sexuel, ou alors un vague petit copain en attendant de trouver mieux. Sauf pour Ulysses, mais honnêtement, on vivait dans deux univers différents et il rejouait ses romans plutôt qu’il ne faisait attention à moi.

Toi, t’es là, pour moi, tu prends soin de moi, tu fais attention à moi. J’sais que des fois y a des problèmes, et qu’on s’comprend pas bien, et qu’y a des trucs qui coincent. Mais j’t’assure, j’préfère cent milles fois ça à tout le reste. J’sais pas c’que t’as dit William, mais faut pas faire attention. C’est un grand frère protecteur, comme tous les grands frères, je suppose. Il sait que j’ai pas été malin en choisissant mes précédents copains, alors il se méfie.

Mais toi t’es pas mon copain. Tu es mon futur époux.


Bien sûr, il fallait être Adam et Salem pour ne pas songer que cette conclusion était délirante, dans une salle de bain, après avoir fait brûler un entrepôt, quand, de l’autre côté, un chauffeur de bus discutait avec une téléporteuse et un géant. Mais c’était précisément le monde étrange, dysfonctionnel et improbable qu’Adam aimait — celui qu’il partageait avec Salem et qui tenait à moitié de la comédie romantique, à moitié de la parade de monstres.

Du reste, la téléporteuse, le géant et le chauffeur de bus s’entendaient fort bien. Ils étaient même très occupés à regarder les photographies de famille dans l’album que William venait de tirer de sa bibliothèque et où l’on pouvait voir Adam bébé — dans son bain, en train de jouer sur son camion en plastique, à quatre ans en train de souffler ses bougies d’anniversaire, etc.

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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Mar 11 Déc - 20:44

Mon cœur ? Salem jeta un regard hébété à Adam, après l’avoir vu le fuir et lui lancer des regards noirs, il ne se serait pas attendu à ce changement aussi rapide que radical. Il lui fallut donc un petit instant pour réaliser qu’Adam ne lui en voulait peut-être pas tant que ça pour son mensonge (par omission) et pour avoir incendié un hangar avec Rylan plutôt qu’avec lui. Il se laissa donc docilement attraper et se serra contre le torse bien assez musclé de son compagnon, tandis que celui-ci lui rappelait qu’il était au moins aussi bizarre que lui. Et donc que la prochaine fois qu’il lui prendrait l’envie de traîner dans des endroits craignos et crade en pleine nuit, il fallait qu’il l’invite. Mais même si Adam tentait de sauver les apparences en cachant son petit cœur de jouvencelle en fleur sous une carapace digne de ironman – mais, comme pour son image d'innocent, on y croit plus trop – Salem avait maintenant bien l'intention de ménager des pauses romantiques dans leur vie un peu hors norme. Il pouvait très bien jouer le prince charmant de temps à autre – enfin, il n'avait encore jamais essayé, mais il n'est pas trop tard.

Pour l'heure, le prince charmant en herbe avait trouvé refuge contre le torse musclé de sa jouvencelle et regagnait, à mesure qu'il l'écoutait, à la fois l'assurance qu'il n'était peut-être pas si nul, et son sourire le plus stupide. La dernière phrase d'Adam l'acheva complètement, il se serra un peu plus contre lui.

« Je t'aime, si tu savais... Promis, ma prochaine bêtise, on la fera ensemble. »

Conclusion délirante, en effet, mais puisqu'ils sont heureux comme ça, après tout. Salem, rayonnant, scella leur réconciliation d'un baiser, et puis d'un deuxième baiser, et d'un autre, avant de se rappeler qu'il était chez le grand frère d'Adam et de retirer ses mains qui avaient inopinément glissées sous le haut de son ami – par accident, ça peut arriver.

« Heu... Bon, je... suis content qu'on ai pu parler. Maintenant, je vais essayer de pas avoir l'air trop minable devant ton frère, quand même... »

Avec un peu de chance, s'il arrivait à sympathiser avec William, l'écho de ses méfaits de la soirée n'arriveraient pas aux oreilles de ses beaux-parents. Il avait une réputation de gendre idéal à défendre et là-dessus, les choses avaient plutôt mal commencées. Il serra la main d'Adam dans la sienne avant d'ouvrir la porte – même un prince charmant en devenir à parfois besoin d'être rassuré.

« On y va ? »

Le duo de choc retourna dans le salon, et en voyant l'album photo, Salem oublia qu'il avait besoin d'être rassuré et lâcha la main d'Adam pour regarder une version beaucoup plus jeune de lui déguisée pour le carnaval de l'école maternelle.

Spoiler:
 

« Trop mignon ! »
« Oui tu as vu ! Attends, je te montre celle où il est dans la baignoire, avec son frère. »

Anya ne retrouvant pas la photo, l'album fut remis à la première page, ce qui n'empêcha pas tout le monde de refaire des commentaires sur chacune des images. Bien sûr Adam n'était pas le seul de la fratrie Tenseï à avoir parfois les fesses à l'air, les cheveux ébouriffés ou à faire des têtes drôles ou adorable, mais son attitude sérieuse et parfois un peu glaçante tranchait tellement avec les photos du tout petit garçon qu'ils pouvaient voir que le gros des commentaires tombaient sur lui. Les joyeux bavardages ne s’interrompirent que quand la sonnette de la porte retentit. William se dévoua pour aller ouvrir – il faisait comme chez lui, en gros – et eu tout de même un mouvement de recul en voyant le vrai géant se baisser pour entrer dans l'appartement tout en le regardant de derrière ses lunettes

« B'soir. »
« Heu... Bonsoir. »
« P'pa ! »

Anya aussi avait l'air choquée, il était facile d'imaginer que la carrure du papounet de Rylan l'impressionnait aussi. Que nenni.

« Mais... mais c'est Rick Valentine ! Je vous adore ! J'ai vu presque tous vos combats ! À part quand j'étais trop petite ou que c'était à l'étranger... Quelqu'un aurait un papier ? Je veux son autographe ! Vous êtes beaucoup plus impressionnant en vrai. Pourquoi est-ce que vous avez disparu comme ça, d'un coup ? »
« Heu... »

Eigon regardait d'un air un peu perdu la jeune femme qui s'était soudainement retrouvé devant lui et appuyait maintenant un doigt sur son bras pour en tester la dureté, les yeux brillants, tout en continuant de chanter ses louanges. Salem, lui, se demandait dans combien de compétitions sportive la jeune femme avait pu se matérialiser depuis que son pouvoir était apparu, il la voyait bien attendre le jour des matchs pour se téléporter là où s'affrontaient ses idoles, ni vu ni connu. Il jeta un coup d’œil à Adam et soupira, presque résigné.

« C'est pas avec ça que ton frère va me trouver normal... »
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Mar 11 Déc - 21:29

Parfois, de temps à autre, comme ça, pour se distraire, Adam essayait de compter le nombre de plaintes contre X et d’affaires criminels dans lesquelles il eût été un suspect potentiel s’il n’avait pas appris à couvrir ses traces — entre les entrées par effraction, les meurtres auxquels il était mêlé, les trafics de drogue, les viols, les bagarres, les accidents de la circulation, les innombrables infractions au code de la route, les incendies, les attentats terroristes, il était probablement bon pour une dizaine de peines capitales et des milliers d’années de prison.

Alors une bêtise de plus ou de moins, ce n’était pas très grave. Il préférait du reste de très loin que Salem fût avec lui et profitât de sa longue expertise dans le domaine de l’illégal et de sa capacité à prévoir très en avance les conséquences funestes de leurs actes présents, plutôt qu’avec Rylan qui, en toute objectivité, n’était probablement pas le génie du crime des décennies futures.

Et puis, l’immense majorité de leurs bêtises communes se soldaient, une fois les blessures pansées et les disputes enterrées, par des baisers, et les mains de Salem sur son torse, et ses mains à lui sur les fesses de Salem, et d’autres baisers, et ses mains dans le pantalon de Salem, et — tiens, oui, ils n’étaient pas chez eux et, de l’autre côté de la porte, trois personnes attendaient qu’ils revinssent pour commenter plus abondamment toutes ces photographies de l’époque où il était encore beaucoup plus innocent.

Malgré cette rude constatation, Adam examina un peu malgré lui la possibilité d’être vraiment très discrets et de sceller leur réconciliation de manière très concrète. Mais Salem se montra beaucoup plus raisonnable que lui. L’Asiatique fut donc contraint d’abandonner ses projets qui impliquaient quelques acrobaties sur le lavabo pour adresser à son fiancé un sourire rassurant et murmurer :


— T’inquiètes, William, c’est vraiment, vraiment pas le dragon de la famille.

C’était même un euphémisme. William Tenseï était à peu près l’incarnation de la bienveillance et de la gentillesse. Il partageait avec Adam un certain calme, mais si ce calme s’exprimait, chez le cadet de la fratrie, d’une manière souvent un peu inquiétante et si le regard analytique, distant, habituellement froid d’Adam était peu fait pour mettre en confiance, chez William au contraire, il y avait tout d’une sage et patiente bonhommie, qui passait philosophiquement sur les petites contrariétés de l’existence.

Adam n’en abandonna pas pour autant Salem à son sort et, serrant la main de l’adolescent, il l’accompagna dans le salon, pour constater, à sa plus grande horreur, qu’un crime plus affreux encore que le vandalisme d’un entrepôt, lui assuré contre les dégâts, était en train de se commettre : on en voulait à sa réputation. Le jeune homme foudroya du regard son frère aîné, qui se contenta de hausser les épaules avec un sourire très légèrement narquois et de tourner une nouvelle page.

Naturellement, Salem avait abandonné toute idée de solidarité maritale et même de camaraderie masculine pour se précipiter vers l’album et exiger que l’on reprît les photographies depuis le début. On y suivait la croissance d’Adam de sa naissance à son adolescence, parce que l’album s’interrompait un peu brutalement autour de ses dix ou onze ans ; jusqu’à cet âge, on y voyait Adam boudeur, Adam extatique, Adam endormi, Adam penché sur ses cahiers de vacances, Adam déguisé en pirate.

Parfois, une légende, avec des noms, une date et un lieu, venait éclairer sur un petit carton, en dessous de la photographie, les circonstances du cliché. C’était ainsi que l’on comprenait que la jeune fille un peu plus âgée que les deux frères était Laura, la sœur ainée — quant au couple asiatique qui apparaissait de manière récurrente, c’était manifestement Papa (dont la ressemblance avec William était frappante) et Maman (qui avait dans le regard quelque chose de ce qu’était devenu Adam). De temps à autre, des oncles, des tantes, des cousins venaient compléter les tableaux.

Dans l’embarras que manifestait Adam à voir défiler sous ses yeux et les remarques de ses « amis » les épisodes de son enfance il entrait une certaine mélancolie, une tristesse secrète, mais qui, bientôt, devint palpable pour celui qui était de plus longue date habitué à décrypter ces signes silencieux et, au moment où la sonnette retentissait, William était déjà en train de fermer l’album.

Pendant que son frère allait ouvrir, que Rylan partait récupérer son blouson et qu’Anya tendait le cou avec curiosité pour apercevoir l’arrivant, les yeux du devin rencontrèrent ceux de son compagnon et Adam ne put guère forcer qu’un sourire éphémère à l’adresse de Salem, avant de détourner le regard, peu désireux d’imposer sa mélancolie à l’adolescent alors qu’il venait tout juste de se réconcilier.

Il se mit à observer les chatons, qui s’étaient entassés les uns sur les autres pour profiter d’une bonne sieste réparatrice. Dans le vestibule du petit appartement, William subissait « l’effet Eigon » (et s’inquiétait pour son mobilier), tandis qu’Anya chantait les louanges du nouveau venu. En entendant la remarque de son ami, Adam lui adressa un nouveau sourire, cette fois un peu plus convaincu.


— Il s’attend pas à c’que mon fiancé soit normal, tu sais.

Eigon s’était finalement frayé un chemin jusqu’au salon et, après avoir adressé un signe de tête à Salem, son regard lunetté se posa dans le regard d’Adam — et à nouveau la température ambiante chuta de quelques dizaines de degrés.

— Adam.
— Eigon.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Un incident. Rien de grave. Personne de blessé.


Le géant tourna les yeux vers son fils, comme pour s’assurer qu’Adam n’avait pas profité de l’occasion pour l’abîmer un peu. Au bout d’une ou deux secondes d’examen, il conclut :

— On va y aller.
— On peut pas rester un peu ?
— Ça n’me dérange pas, vous savez.
— Oh oui, dites ! Vous ne parlerez de la belle époque, quand vous avez combattu Jo le Barjo !


Eigon regarda Adam — Adam regarda Eigon.

— Non, on y va.

Et quelques minutes plus tard, Rylan et Eigon étaient partis, après de nouvelles politesses, de nouvelles offres de rester et de nouveaux refus. Ils laissaient derrière eux un William et une Anya pour le moins perplexes — ni l’un ni l’autre n’avait vraiment compris les raisons des regards lourds de passé échangés pendant les cinq minutes de la visite entre Eigon, Rylan, Salem et Adam.

Anya d’ailleurs commençait à trouver que toutes ces histoires, dont on ne lui expliquait rien, étaient beaucoup plus compliquées que les combats de boxe et, comme la pièce n’était plus occupée que par Adam, Salem et un représentant de leur famille désormais commune, elle se sentait un peu en trop. Peu désireuse de subir les silences embarrassés qui, selon elle, ne manqueraient pas de s’installer, elle entreprit de profiter du mouvement pour s’éclipser à son tour, avec un naturel saisissant :


— Oh la la ! Mais vous avez vu ? Déjà vingt heures trente. Dire que Grand-Mère m’attend pour dîner. Il ne faudrait pas que je tarde. Monsieur, c’était très gentil à vous de venir nous chercher et de nous accueillir — votre appartement est super sympa, d’ailleurs. Ça manque peut-être de tapis, mais vous savez ce qu’on dit, les goûts, les couleurs, tout ça, et puis votre femme, sur les photos, elle a l’air très belle — Adam, Salem, c’était super cool de vous revoir, j’suis sûre qu’on va bien s’amuser tous les quatre, avec Rylan, il faudrait qu’on se fasse quelque chose, un de ces quatres.

On eût dit que William était venu les chercher à un goûter d’anniversaire ou une soirée bowling et que Rylan, Salem, Adam et elle-même étaient une bande d’amis soudée depuis des années, qui ne passait pas une semaine sans se réunir. Ce flot de paroles qui avait plongé les trois mâles dans un océan de perplexité désemparée l’avait portée jusqu’à la porte, qu’elle ouvrit et referma, avant de disparaître on-ne-savait-trop-comment pour on-ne-savait-où.

Adam mit quelques secondes à sortir de son état second et détacher son regard de la porte.


— Bon bon bon…
— Vous restez dîner ?

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Mer 12 Déc - 12:10

Du salon, Salem observa la fuite des pnjs – il faut dire qu'ils commençaient à prendre de la place, surtout le dernier. Le départ incongru de la demoiselle le laissa mi-amusé, mi-perplexe, elle semblait à des kilomètres des problèmes et des embrouilles qu'avait pu connaître tous les autres. Il se dit pensivement qu'elle n'avait même pas pris la peine de leur demander leur numéro de téléphone pour les recontacter – mais peut-être n'était-ce pas si indispensable pour elle, qui devait sans doute pouvoir les retrouver en cas de besoin – il fallait sans doute se préparer à de nouvelle crises cardiaques.

Une fois la porte fermée et la serveuse probablement évaporée, Salem s'approcha d'Adam dont il avait remarqué l'air un peu triste avant la débandade des autres, et il supposait que c'était encore de sa faute – surtout pour son rendez-vous en tête-à-tête avec Rylan dans un hangar en feu. Il vint l'attraper par la taille et allait sans doute s'excuser encore avant que le frangin ne les invite à dîner. Après un coup d’œil interrogateur à Adam, Salem acquiesça.

« Oui, avec plaisir. »

C'est que Salem avait quand même envie de connaître un peu son beau-frère, maintenant qu'il l'avait rencontré, et aussi qu'il continuait sa croisade pour être un bon gendre – à défaut d'être un gendre idéal, il avait quand même revu ses ambitions. Il entreprit donc d'aider en ramenant les tasses et de dresser la table – en se trompant de placard deux fois sur trois – pendant que William avait sortis des magrets – qui intéressait beaucoup Salem – et des haricots verts – qui l'attirait beaucoup moins – et s'était mit aux fourneaux. Même si la pièce n'était pas immense, Salem ne manqua pas de remarquer que le risque de se rentrer dedans était ici minime.

« C'est quand même vachement mieux d'avoir une vraie cuisine. »

Il jeta un coup d’œil à Adam tout en se visualisant les derniers appartements qu'ils avaient visités, ça allait vraiment leur changer la vie, mine de rien.

« Pourquoi, elle est comment la cuisine, chez vous ? »
« Hum, ben, tu prends la table, là, tu lui rajoutes 57.2 centimètres de côté et t'as la superficie de notre cuisine, à peu près... »

Pendant que les magrets cuisaient, la conversation partit donc sur leur appartement, puis sur ceux qu'ils avaient visité, avant de dériver sur leur rencontre et un résumé de certains des épisodes précédents. Si Adam n'était pas très généreux en détails sur leur relation auprès de son frère, William pouvait compter sur Salem pour rattraper ça. Les yeux brillants, il se perdit dans le récit de leurs premiers émois, de leurs premières disputes, avec un luxe de détails, et sans oublier de préciser quand Adam s'était vraiment montré craquant.

« Et le week-end d'avant, là, et ben il m'a invité dans un super hôtel ! »
« Ah oui ? »
« Oui, c'était une surprise, j'avais vu qu'il était un peu drôle avant ça, mais j'aurais jamais deviné qu'il préparait quelque chose, et c'est là-bas qu'on s'est fiancé. Je suis pas près de l'oublié, ce week-end. »

William le regarda avec un sourire en coin alors que Salem se repassait les événements avec un air de bienheureux fini, il se leva finalement pour servir le repas. La nourriture dévia un peu Salem de ses souvenirs romantiques et la suite de la conversation tourna plutôt autour de William et de son amie, jusqu'à ce qu'ils furent interrompus par un miaulement plaintif.

Le fumé du magret avait réveillé trois estomacs affamés, le chaton gourmand en tête s'était présenté à l'entrée de la pièce, et n'hésita pas longtemps quand celui qui lui avait déjà donné du jambon lui montra un petit bout de viande. Le pyromane suivit après quelques hésitations – mais le gourmand avait vraiment l'air de se régaler, alors forcément. Le peureux, lui, avait suivis ses frangins pour ne pas se retrouver tout seul dans ce lieu inconnu, mais restait cependant à la porte en couinant piteusement – parce que ça sentait quand même super bon. Salem resta un moment silencieux à regarder toutes ses mignonnes petites choses, avant de penser que justement, il y en avait plusieurs.

« Bon du coup, on l'a notre chat, enfin, avec quand même deux de trop, si y'en a que tu veux pas Adam, tu peux choisir. »

Salem lui ne s'en sentait pas trop capable, et puis c'était Adam le super-héros viril qui ne fait pas de sentiments, alors il allait savoir trancher, de façon impartiale, et décider de qui ils pouvaient garder et de qui serait jeté dans l'Hudson.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Mer 12 Déc - 16:17

Adam n’avait aucune envie de rester dîner, bien entendu. Ce n’était pas (seulement) qu’il désirât retrouver sa propre salle de bain, sans personne dans la pièce d’à côté, pour montrer à Salem combien il le pardonnait d’avoir rencontré Rylan sur leurs docks à eux, mais aussi parce que la perspective de s’engager dans le cercle infernal des présentations à la famille, qui devenait bien formel désormais qu’ils étaient seuls tous les trois, l’inquiétait toujours autant — ce qui expliquait vraisemblablement le peu de résistance qu’il avait opposé à Salem, quand ce dernier n’avait cessé, au cours des derniers jours, de repousser la date fatidique.

Hélas, l’adolescent était beaucoup plus téméraire que lui. Docilement, Adam suivit son frère et son fiancé dans la cuisine et apporta une aide (très limitée) à la mise en place du dîner, laissant Salem alimenter la conversation. C’était que le jeune homme était sidéré par l’aisance de son compagnon, certes grandement aidée par le tempérament bienveillant et accessible de William. Adam ne pensait pas être moitié si à l’aise devant les Cordova.

Ponctuellement, le devin intervenait, pour donner les dimensions de tel appartement, dire qu’ils avaient en effet déposé quelques dossiers, situer le lieu dans New-York (généralement à partir d’une ligne de bus), mais plus la conversation avançait, plus il était silencieux — et fasciné. Car l’enthousiasme dont faisait preuve Salem, la manière dont ses yeux brillaient, les détails qu’il donnait à foison sur toutes leurs petites aventures (du moins celles qui n’étaient ni sexuelles, ni illégales — ce qui réduisait un peu le champ), toute cette vivacité lui faisait l’effet d’une nouvelle et vibrante déclaration d’amour.

William lui-même laissait bien volontiers l’adolescent parler, réconforté à mesure que Salem développait l’histoire de cette relation qui, il devait bien se l’avouer, lui avait paru de prime abord un peu douteuse. Quand il comparait les détails concrets, anodins, que Salem donnait aux sentiments abstraits qu’Ulysses avait jadis professés, qui peut-être n’avaient pas été moins sincères, mais que William avait toujours trouvé fragiles et illusoires, le puîné des Tenseï commençait à comprendre ce qui avait poussé son frère cadet, si réticent d’ordinaire à toute forme d’engagement, à se laisser pour une fois capturer.

De temps en temps, le propriétaire des lieux jetait des coups d’œil à son frère, mais c’était peine perdue : Adam était perdu dans la contemplation admirative de Salem. C’était une chose enivrante de l’entendre dire « je t’aime », une chose tout aussi merveilleuse de faire l’amour avec lui, mais l’entendre ainsi retracer leur parcours était un plaisir nouveau et particulier. C’était à peine si, une fois le repas servit, Adam se rappelait le chemin de la fourchette entre son assiette et sa bouche.

Il advint cependant que l’on s’adressa à lui.


— Hmmm ? Quoi ?

Le jeune homme détacha à contrecoeur le regard de Salem pour considérer l’invasion féline qui partait à la conquête de la cuisine. Il les avait oubliés, ceux-là. D’ailleurs, il ne leur avait pas prêté une très grande attention, trop occupé à évaluer les cas Rylan et Anya, à se disputer avec Salem, à se réconcilier avec Salem, à dresser dans son esprit des temples et des autels pour Salem. Il se rendit enfin compte que tel Dieu de l’Ancien au Nouveau Testament, leur chat unique annoncé était devenu une trinité.

Donc, il fallait choisir.


— Mais… euh…

Adam posait les yeux tour à tour sur chacun des trois chatons, qui venaient habilement se frotter contre la main qu’il avait machinalement tendue vers eux. Il se retourna vers son frère.

— Tu veux pas un chat, toi ?
— Jessica est allergique.
— Et Laura, elle veut pas un chat ?
— J’sais pas mieux qu’toi. Puis c’est ta sœur aussi. En même temps, tu vas pas le lui amener à Chicago.
— Hmmm…


Le mutant essayait de ne pas lever les yeux vers Salem, dont il sentait le regard peser sur lui — ce qui impliquait d’un autre côté de continuer à regarder les chatons, une méthode guère plus efficace pour ne pas céder à la tentation.

— C’est-à-dire que… C’est vrai que là on est dans le studio, et que c’est un peu petit, mais on devrait avoir une réponse pour l’appart’ dans deux ou trois jours, du coup, peut-être…

Il se mordit la lèvre.

— En même temps, ça fait quand même beaucoup…

Ce fut à ce moment que l’un des chatons éternua pendant qu’un autre commençait à faire sa toilette. Bon, il restait le troisième, qui sans doute n’était pas en train de faire quelque chose de mignon — si, il léchait les doigts de Salem qui venait de lui donner à manger. Adam se sentait aussi dépourvu de volonté que lorsque Salem se penchait pour ramasser un objet — quoique les causes et les conséquences de cette coupable faiblesse de caractère fussent très différentes.

— On peut… On peut peut-être les garder tous les trois… Genre, le temps de trouver des gens pour en adopter deux.

Bien sûr. Et comme ils travaillaient, qu’ils cherchaient un appartement, qu’ils allaient déménager, qu’ils préparaient leurs voyages, qu’ils jouaient à des jeux vidéos, visitaient des immeubles abandonnés, allaient au restaurant, discutaient jusqu’à tard le soir, passaient leur vie à se tripoter, ils n’auraient probablement pas le temps de chercher des foyers potentiels. Et ils seraient obligés de les garder.

Quel dommage.

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Mer 12 Déc - 19:12

YOU LOOSE !

Le timide, le gourmand et le pyromane remporte cette manche.
(La première d'une longue série)

Salem, c'est vrai, n'aurait pas pu beaucoup l'aider sur ce coup-là, affronter des racailles, des géants lanceur de meubles et des demi-géants armés de couteaux de cuisine, ça ne lui posait pas trop de problèmes, mais pour le petit trio qui avait maintenant investit les lieux, il avait abandonné depuis bien longtemps, avant même que les peluches ne prennent feu. Aussi eut-il un sourire quand Adam avança qu'ils auraient bientôt beaucoup plus de place et pouvait donc éventuellement tous les garder, avant de le perdre quand il ajouta que trois, ça faisait quand même beaucoup, puis de le regagner franchement à la conclusion d'Adam, qui était bien sûr tout à fait rationnelle puisqu'en tant que baroudeur viril de première catégorie, ce n'est pas six petits yeux brillants et trois truffes humides qui l'auraient influencé.

« Ok ! Je demanderais autour de moi, un peu. »

Mais vraiment un tout petit peu, histoire de ne pas tomber sur quelqu'un de trop intéressé. Déjà, il avait pris dans ses mains le plus timide des trois, qui était finalement venu grignoter et se mit à lui faire des bisous et des grattouilles derrière les oreilles d'un air soulagé et heureux. Avant de se rappeler d'un petit détail.

« Mais ça veut dire qu'il faut trouver trois nom en H ? Pfff... J'arrivais déjà du mal à en trouver un seul, j'ai même cherché dans le dictionnaire, t'imagines ? Y'avait Hamlet de sympa... Hermès, hum... Hegel, Huxley... Huxley ? »

Il regarda le chaton qui restait de marbre, seulement préoccupé par le fait que Salem avait arrêté ses caresses pour réfléchir.

« Puis d'ailleurs, c'est des mâles ou des femelles ? Y'a rien qui dépasse chez celui-là... c'est normal ? Faut les emmener chez un vétérinaire pour être sûr, peut-être, en plus ils sont pas vaccinés, ni pucés, ni vermifugés. Et ils sont sans-papiers ! Peut-être même qu'ils sont déshydratés... »

Salem se leva rapidement et récupéra un petit bol – maintenant qu'il connaissait la plupart des placards – qu'il remplit d'eau et posa par terre avant d'amener tous les petits autour. C'est que maintenant qu'ils avaient décidé de ne pas les jeter du haut du pont de Brooklyn, il fallait veiller à leur santé, le poids des responsabilités pesait sur ses épaules. Il les regarda se mettre tous à laper dans le bol en même temps – ce qui achèverait probablement de convaincre Adam.

« Et voilà, ils étaient déshydratés, ça commence bien, puis j'ai acheté qu'un panier, du coup... et seulement deux peluches... »

Heureusement, en allant acheter le nécessaire pour faire la surprise à Adam, Salem avait craqué sur quatre colliers, un bon paquet de balles de toutes couleurs et textures – qui seront bientôt savamment réparties dans les coins les plus improbables de l’appartement – et toutes sortes d'autres choses plus ou moins utiles allant des croquettes kitten premium croissance, poils brillant, haleine fraîche et oméga 3 au set de table antidérapant. C'est sûr, avec un papa pareil, les petits n'allaient manquer de rien, ce qui ne l'empêchait pas de continuer à chercher tout ce qui pouvait manquer pour que le bonheur de ses protégés soit total.

« On les emmène chez le véto demain, hein ? On sait jamais, ils sont peut-être malades, il faisait très, très froid dans l'entrepôt. Et puis il aura sûrement des bons conseils pour bien les élever... faudra que je regarde sur internet, tiens... »

Ça promet pour le petit Ewan, Salem n'est pas du tout un papa stressé et surprotecteur.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Mer 12 Déc - 19:44

William regardait tour à tour son frère, dont le regard admiratif et attendri se posait alternativement sur Salem et sur les chatons, et Salem, qui déployait pour s’occuper des petits chats une attention active que ses tatouages de drogué n’étaient pas exactement faits pour suggérer. Il avait certes renoncé depuis longtemps à comprendre entièrement tant la psychologie que l’existence de son cadet, mais il devait bien avouer que ce soir-là, de l’entrepôt en feu à la scène de vie familiale qui se déroulait sous les yeux, Adam et son entourage battaient des records.

Adam pour sa part était trop occupé à se sentir transformé en guimauve sucrée au spectacle de Salem gratouillant affectueusement les oreilles d’un chaton pour sentir le regard de son aîné peser sur lui et il se mit à son tour à réfléchir aux noms qu’il serait possible de donner à la bande infernale — car même s’ils comptaient les donner (bien sûr), il fallait bien, en entendant, trouver des noms auxquels ils ne réagiraient jamais.


— Honduras ? Herpès ? Non, pas herpès. Hooligan ? Harpe ? Hadès ?
— Haiti ?
— Houblon ?
— Hochet ?
— Hoover ?


La tâche n’était pas aisée. Mais déjà Salem s’affrontait à de nouvelles difficultés. Adam haussa les sourcils en entendant le flot d’interrogations existentielles que son fiancé déversait d’abord sur les chatons, puis sur lui-même, en le regardant d’un air plein d’espoir, comme si lui, qui n’avait jamais eu à s’occuper du moindre animal, pouvait répondre à toutes ces questions, juste en observant de loin sa nouvelle famille.

— Ben, j’sais pas, oui, on ira chez le véto.

William s’était levé pour commencer à débarrasser et Adam venait lui prêter main forte, tandis que Salem s’affairait autour des animaux, pour tenter de déterminer, d’une manière ou d’une autre, la répartition des genres. Le devin, pour sa part, haussa les épaules en croisant le regard aimablement moqueur de son frère aîné, sans trop savoir ce que le regard en question sous-entendait.

William posa une corbeille de fruits au centre de la table — à croire que les repas équilibrés étaient une obsession familiale chez les Tenseï — et Adam attrapa une pomme dans laquelle il croqua, en se rasseyant, après avoir tiré sa chaise près de Salem. D’un ton presque entièrement sûr de lui, histoire de faire illusion, il assura :


— T’inquiètes pas, Salem. Ils ont l’air en pleine forme. On les nourrira en rentrant, on les emmène chez le véto demain et ce sera très bien. Tiens, prends une pomme.

Et il posa d’autorité une belle Golden devant son ami, avant de se tourner vers son frère, qui gobait des grains de raisin.

— Will ?
— Hmm ?
— Tu crois que ça s’passera comment, avec les parents ?


Un petit silence s’installa dans la pièce, peuplé de ronronnements et de miaulements intermittents. Conquis par Salem et surtout par la manifestation de son esprit de famille (fût-il consacré à des chatons pour l’heure), William n’avait guère envie d’effrayer son futur beau-frère. Mais d’expérience, il savait que mentir à Adam était à peu près aussi aisé que de pécher le requin avec un filet à papillons.

Il reposa la grappe de raisins.


— Difficilement.

Le laconisme dans les moments intimes, une autre marque de fabrique Tenseï. Sous l’insistance du regard fraternel, William poursuivit d’un air embarrassé :

— A défaut de pouvoir te refiler Ikuko, ils aimaient bien Ulysses et j’crois pas qu’ils aient accepté que tu l’ai plaqué.

Adam poussa un soupir.

— Je sais.

William posa les yeux sur Salem et lui adressa un sourire complice.

— Mais ils étaient les seuls à aimer Ulysses, en même temps.
— Vous vous entendiez bien, non ?
— C’était un bourgeois.
— C’est vrai, mais…
— Laura le trouvait prétentieux.
— Un peu, en même temps…


Adam s’interrompit et murmura d’un ton gêné :

— Au moins, il était gentil avec moi.

Un nouveau silence s’abattit sur le trio, laissant assez entendre que ceux qui avaient précédé Ulysses n’avaient pas été gentils — à un degré que la mine fermée des deux Tenseï laissait supposer critique. Ceci dit, quelques mérites objectifs et subjectifs qu’eût le prédécesseur de Salem, Adam n’avait guère envie de chanter ses louanges. Il rompit le silence et hasarda :

— Salem est mille fois mieux. C’est lui que j’ai choisi, ça devrait leur suffire.

Pudiquement, William répondit :

— Ca me suffit à moi.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Jeu 13 Déc - 17:00

Encore occupé à chercher à la fois un nom pour les chatons et tout ce qu'il manquait a leur trousseau de soin, Salem prit pensivement la pomme en marmonnant un merci et croqua dedans, avant de s'arrêter net. La conversation qui venait de se lancer entre les deux frères était à la fois très intéressante et très inquiétante. Arrêté net dans sa mastication, il tourna son regard plutôt inquiet vers eux, ses yeux se posant alternativement sur celui qui parlait. Bien sûr, il ne s'attendait pas à un commentaire particulièrement enthousiaste, mais entendre ses doutes confirmés ainsi n'arrangea pas son stress. En plus ses futurs beaux-parents aimaient bien Ulysses, le type qu'Adam avait failli épouser – et le fait que ce soit Adam qui ait refusé ne changeait rien à l'idée pour lui que ça aurait pu se faire.

Salem fit un fugace sourire à William pour avoir l'air parfaitement serein même si ses inquiétudes ne cessaient d'augmenter. Peut-être... peut-être qu'il pourrait ne jamais rencontrer les autres membres de la famille Tenseï et se contenter du grand frère, qui lui, était très sympathique et ne semblait pas trop mal l'accepter. Non, quand même pas, pour Salem, la famille occupait une place importante, il savait bien qu'il ne serait pas vraiment heureux en restant caché. Après, si eux ne pouvaient absolument pas le voir, ce serait peut-être autre chose, mais il comptait bien essayer. Il se remit à grignoter sa pomme, l'air tout de même un peu éteint par ces révélations, occupé qu'il était à évaluer les chances d'égaler son rival, Ulysses, en faisant changer les parents d'Adam à son tour – elles lui paraissaient proches de la nullité absolue.

Il était d'autant plus silencieux que la conversation avait dérivée sur un sujet de toute évidence difficile, les exs d'Adam. Soudainement, il comprit qu'il avait peut-être un peu sous-estimé les « loosers » dont William avait parlé. De toute évidence, son compagnon avait traversé des moments plus difficiles qu'il avait imaginé à cause de ces garçons, et dire qu'il s'était mit dans le même sac qu'eux, mais quel crétin. L'ambiance était maintenant un peu lourde, et même le consensus des deux frères à son sujet ne parvint pas tout à fait à faire revenir des pensées positives dans son crâne inquiet. En gros, il valait mieux que la bande d'enfoirés qui avait fait du mal à Adam, mais était moins présentable que cet Ulysses qu'il avait presque épousé. Soit... En tout cas c'était sûr, il mettrait un pull à col roulé, enlèverait tous ses bijoux et se ferait une raie au milieu avant de partir rencontrer les parents, histoire d'avoir l'air le plus propre sur lui possible.

Peut-être qu'apprendre le japonais le ferait monter dans leur estime, Ikuko devait savoir parler japonais, et Ulysses devait avoir des conversations intéressantes. Avec un nom pareil, ce devait être un philosophe, un voyageur et un guerrier. Peut-être qu'en apprenant bien son texte, Salem pourrait rivaliser avec lui, séduire les parents et vivre un heureux et beau mariage avec tous leurs proches présents pour leur jeter du riz à la gueule sur les marches de l'église. Car avoir un mariage réussis était tout de même un de ses objectifs principaux, et sans les parents d'Adam, ce serait quand même autre chose. Ses yeux bleus de chaton triste se posèrent sur William.

« C'est les tatouages, c'est ça ? Ils vont croire que je sors la nuit pour brûler des voitures... »

Il eut un instant de réflexion, vu ce qui s'était passé plus tôt dans la journée, ce n'était peut-être pas une bonne façon de présenter les choses.

« L'entrepôt c'était pas moi, c'était lui ! »

Le chaton pyromane pencha la tête sur le côté alors qu'on tendait un doigt vers lui, puis vint se frotter contre les jambes de Salem en ronronnant, mais même ça ne lui remonta pas le moral.

« Je sais vraiment pas quoi faire, je veux pas que tout ailles mal dans ta famille à cause de moi, tu sais... J'veux qu'ils soient là pour le mariage et qu'ils nous soutiennent, c'est important, c'est vraiment important pour moi. J'ai bien vu que ça avait pas dû toujours bien se passer entre vous mais au moins ils sont là, encore... et ils veulent le meilleur pour toi... Si je rends les choses plus difficiles, je vais vraiment m'en vouloir... »

Il baissa piteusement les yeux.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Jeu 13 Déc - 21:23

Adam ne s’était pas étendu sur la question de ses anciens compagnons. D’ailleurs, à part Ulysses, il n’en avait évoqué absolument aucun, n’avait pas donné de noms, ni de dates, et encore moins un aperçu de la relation. Sa vie sentimentale était demeurée très flou pour Salem et en dehors de l’information très générale que « les choses n’avaient pas marché », le sujet était resté en friche. Certes, il en allait à peu près de même pour les trois quarts du passé d’Adam.

Mais le jeune homme n’avait eu aucune envie de raconter à Salem combien il avait pu être humilié, trompé ou brutalisé. Sans doute quelques détails bien choisis eussent contribué à éclaircir, pour son fiancé, sa manie de se dévaloriser et sa propension à la culpabilité, mais Adam qui, comme souvent, faisait preuve envers lui-même d’un aveuglement inversement proportionnel à la finesse de ses intuitions psychologiques pour autrui, ne saisissait pas le rôle que ces relations infortunées avaient eu dans son existence.

Il y avait au moins une chose qu’il percevait clairement, c’était qu’en toute objectivité, Salem était un ange tombé du ciel à côté de la ribambelle d’authentiques détraqués qui avaient ponctué son existence, Ulysses mis à part. Le problème, c’était qu’Ulysses avait été le seul qui eût rencontré les parents du jeune homme et était devenu, par conséquent, le point de comparaison. Or, il fallait reconnaître qu’entre l’élégant grand bourgeois tout droit sorti des publicités pour montres d’un magasine pour jeunes filles et son fiancé tatoué, il y avait tout un monde.

Adam était à deux doigts de proposer à Salem de s’enfuir au Paraguay ou de se marier sur un paquebot quand l’adolescent confia ses propres inquiétudes. En l’écoutant, Adam se reprocha de n’avoir pas saisi quelle place essentielle occupaient pour Salem ces présentations, qui pour l’Asiatique tenaient beaucoup plus de la formalité terrifiante que de l’étape cruciale vers le bonheur. Le devin se trouvait bien idiot et bien peu attention de n’avoir pas saisi ce que cette nouvelle famille représentait pour son compagnon, alors même que ce dernier avait évoqué, lors de leur week-end de fiançailles, les inquiétudes et les espoirs qu’avaient toujours suscités ces liens chez lui.

Soudainement, tout devenait à la fois plus clair et plus important. Si Salem se souciait tant de devenir le gendre idéal, ce n’était pas uniquement par souci d’organiser un mariage digne des plus beaux films, c’était également pour assurer à son fiancé que sa famille resterait sa famille et pour ne pas rester, lui, à l’écart de ce nouveau cercle. Adam, qui avait passé, depuis son adolescence, le plus clair de son existence à chercher des moyens de vivre à la marge de ce cercle familial, ne pouvait que difficilement comprendre le besoin qui était celui de Salem — mais à défaut de le comprendre, du moins pouvait-il le concevoir et l’accepter.

S’il fallait écrire toutes les répliques de Salem et l’entraîner pendant des jours pour qu’il se sentît fin prêt à affronter l’assemblée des Tenseï, Adam était prêt désormais à le faire — prêt à ne plus se rendre à reculons à cette réunion de famille, mais à s’investir dans sa préparation comme les inquiétudes de son compagnon l’exigeaient. Il allait proposer à Salem de rentrer pour se remettre de cette soirée éprouvante quand William, qui avait réfléchi pendant quelques instants aux propos de son beau-frère, reprit la parole d’une voix calme et posée.


— Il faut que tu comprennes que pour eux, pour nos parents, tout ça, c’est un peu particulier. Tu vois, ils ont toujours tout fait pour qu’on soit des Américains normaux. Les prénoms, l’éducation, l’école. On parle pas un mot de japonais, par exemple. Eux, ils ont grandi dans un entre-deux et je crois qu’ils en ont souffert. Ne pas savoir à quel pays ils appartenaient, ce genre de choses. Et puis, c’est pas comme s’il y avait une grande communauté japonaise. Y a pas Japantown comme de Chinatown, par exemple. Et puis, Pearl Harbor, c’est pas du passé pour tout le monde.

Bref, pour eux, la normalité, c’est le Saint Graal de l’intégration sociale, si tu veux. Une femme, des enfants, un chien, tout ça. Comme notre sœur, quoi. Ils arrivent pas à concevoir que l’intégration, c’est aussi le fait de pouvoir vivre différemment sans pour autant être un paria. Alors, tu vois, ils se raccrochent à ce qu’ils peuvent pour sauver ce qui, de leur point de vue, doit être sauvé chez Adam.

Si j’dis que ce sera difficile, c’est pas pour te mentir. Mais ce qu’ils veulent, c’est le bonheur de leurs enfants. Comme la plupart des parents. Juste, il faut leur laisser le temps. Qu’ils se rendent compte que t’as beau pas être une fille, ou pas être un fils à papa de la bourgeoisie, t’es le fiancé parfait. Entre celui-là…


Il désigna d’un geste de la main son frère, qui écoutait songeur cette analyse perspicace de leur situation familiale qu’il n’avait jamais songé à faire lui-même.

— …et les parents, c’est un sacré concours de têtes de mule. Y en a pas un pour faire un pas vers l’autre, pas un pour exprimer ses sentiments. Alors forcément, y a beaucoup de choses à dire avant que tout reparte sur de bonnes bases. Mais c’est des gens censés, au fond — enfin eux, oui, Adam, c’est pas sûr — et j’crois que ce sera difficile de pas t’apprécier.

Bon. Adam avait un peu envie de pleurer et William lui-même avait l’air un peu ému. Les chatons regardaient ces trois grandes créatures étranges d’un air perplexe. Adam renifla plus ou moins discrètement et essuya d’un revers de manche ses yeux — un baroudeur viril, bien sûr, ça ne devait pas pleurer. William, soucieux de ne pas s’enfoncer dans le sentimentalisme, se leva et décréta :

— Bon, il est un peu tard, et vos bestioles ont sans doute faim. J’vous ramène chez vous.
— T’embêtes pas, t’en as assez fait. On va prendre le bus.
— Dis pas n’importe quoi. Aller, en route.


Et il sortit de la cuisine, officiellement pour mettre ses chaussures, officieusement pour laisser les deux fiancés (et leurs trois chatons) quelques instants tout seuls. Adam plongea son regard dans celui de Salem et renouvela les assurances qu’il lui avait déjà données, mais avec une force de conviction toute nouvelle :

— Ça se passera bien, Salem. Je ferai des efforts avec eux. De vrais efforts. J’te l’promets.

Et il se leva pour pouvoir se pencher vers lui et sceller cette nouvelle résolution par un baiser presque maritale. Quand leurs lèvres se détachèrent, la voix de William résonna dans le couloir.

— Au fait, il t’a dit qu’il avait peur des pigeons, Adam ?

Les joies d’avoir un grand frère.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Ven 14 Déc - 16:54

Si Adam avait du mal à comprendre l’importance que le cercle familial avait chez Salem, celui-ci avait aussi des difficultés à imaginer les raisons qui faisaient qu’Adam avait tant de mal avec ses parents. En fait il s’était d’abord imaginé qu’ils devaient être d’horribles personnages, mais les photos qu’il avait vus et le discours de William contredisait cette hypothèse. C’était de toute évidence des gens ordinaires, qui n’avait pas imaginé leur adorable petit bébé – car Adam avait été un bébé adorable, il y avait aussi vu des photos qui le prouvaient – marié à un type au style qui, il pouvait bien le reconnaître, n’était pas forcément fait pour rassurer. Salem se trouvait donc encore entre deux eaux, ses beaux-parents n’étaient peut-être pas si horribles qu’il avait peu le penser, mais cela ne voulait pas dire qu’ils allaient l’accepter facilement, loin de là. Enfin bon, la famille, ça n’avait jamais été vraiment facile pour lui de toute façon, alors ça devrait aller, sûrement… il n’était pas tout à fait rassurer pour autant…

Il remercia William de sa gentillesse pendant qu’Adam essayait d’être le moins redevable possible de son frère – ou de lui fausser compagnie rapidement, il n’aurait su dire – puis écouta son ami lui dire qu’il ferait des efforts. Pour parler à ses parents. Il y avait décidément des choses que Salem ne comprenait pas trop à cette histoire, mais vu le déferlement d’émotions de toutes sortes qui avait eut lieu entre Adam et son frère au cours de la soirée, il préféra ne pas poser plus de questions pour le moment.

« Merci. Moi aussi je vais faire de mon mieux… »

Son compagnon avait encore les larmes aux yeux quand il vint l’embrasser, aussi mit-il toute sa tendresse dans ce baiser dans l’espoir sans doute vain de lui faire un peu oublier ses blessures passées. Avant que son beau-frère embraye sur un sujet radicalement différent.

« Les pigeons… ? Non, il blague ?  »

Un sourire en coin se forma sur ses lèvres alors qu’il mobilisait tous ses efforts à tenter de ne pas rire. Il partit récupérer son blouson et, en voyant le frangin et son sourire narquois ne put s’empêcher d’ajouter.

« Il m’en avait un peu parlé et je l’ai vu devenir tout blanc en voyant un crabe en aquarium et une araignée dans l’appartement, mais les pigeons, il avait oublié de le préciser, bizarrement… »

Le pauvre Adam eut droit à quelques taquineries sur le chemin de la voiture, puis le sujet partit sur, Jessica et son allergie, Salem qui lui, au contraire, adorait les bestioles, mais qui par contre était moins à l’aise dans l’eau, et sur William qui avait un peu peur du noir et avait été sauvé par son frère cadet une nuit où il s’était perdu après être aller faire pipi au camping des quatre pins quand ils étaient petits. Bref, l’ambiance était redevenue agréable, mais le beau-frère refusa quand même d’aller boire le café chez les Cordova-Tenseï, arguant qu’ils avaient bien assez à faire avec leurs trois petits protégés. Et en effet, il n’avait pas tord, une fois entré Salem mit tous les chatons dans leur panier – qu’il avait choisit bien design et tout – mais ceux-ci préfèrent largement se jeter dans la boite en carton qui contenait toutes les balles et les peluches. Après une petite pause croquettes. Ils entreprirent aussi de visiter tous les recoins de l’appartement, inaugurèrent leur litière – et le tapis de bain, pour ce qui était du gourmand – avant de de rendre compte qu’il y avait un deuxième panier, nettement plus grand et confortable que le premier, qui sentait bon l’odeur des deux géants qui les avaient caressé et nourrit, et de se remettre de leurs fabuleuses découvertes en dormant les uns sur les autres au milieu de la couette. Salem, qui n’avait cessé d’observer ses petits gambader et faire des bêtises, en profita pour ramasser tous les jouets, mettre le tapis de bain au sale et faire un énorme câlin à Adam.

« Et ben, c’est fatiguant de s’occuper de chats quand même… »

Et ce n’était que le premier soir, m’enfin, il y avait d’autres sujets plus importants, pour l’heure, que la trace de griffure qu’Hoover – parce que le pyromane s’appelait maintenant Hoover - avait fait sur le minibar, ou qu’il avait déjà saturé son téléphone de photos trop mignon qu’il devait absolument lui montrer.

« Ton frère est vraiment sympa, faudra l’inviter à la crémaillère.  »

Salem eut un sourire, au moins, même si les choses seraient sans doute difficiles avec les parents, il savait qu’il avait un beau-frère sur lequel il pouvait compter, ce qui était déjà bien, surtout que ça n’avait pas été joué d’avance. Il tenta ensuite d’avoir l’air parfaitement motivé pour qu’Adam le soit aussi.

« Faudra que tu me parles un peu de tes parents, avant qu’on aille les voir, mais bon comme ce week-end, c’est les miens qu’on va voir, ça peut attendre. Tu te sens prêt ?  »
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Trois p'tits chats, chats, chats ! [Fini]   Ven 14 Déc - 18:50

Le sens de la psychologie était de toute évidence largement partagé dans la famille Tenseï, car la remarque anodine de William sur les petites phobies animalières de son frère (et, à vrai dire, elles étaient nombreuses) avait considérablement contribué à alléger l’atmosphère, de sorte que le voyage en voiture ne fût pas la longue et douloureuse rumination d’une conversation compliquée qu’il avait été en passe de devenir, quelques minutes plus tôt, dans la cuisine.

Adam s’était contenté de répondre, d’un air bouder, que les pigeons c’était sale, d’une part, et qu’en plus ça n’avait pas de bras, argument en somme inverse de celui qu’il avait avancé à propos des arachnides, qui eux avaient trop de bras. Pour empêcher son frère d’évoquer la fois où il avait refusé de monter sur un cheval en arguant que c’était probablement très, très dangereux, il enchaîna habilement sur la peur du noir de son aîné et sur sa propension à se sentir mal à l’aise dans les espaces réduits — ce qui naturellement n’était pas très pratique, quand on connaissait le marché immobilier de New York.

Malgré le café refusé, le voyage s’acheva dans des assurances que l’on se reverrait, peut-être même avant de rencontrer les fameux parents Tenseï, histoire de mettre au point un plan d’attaque. Salem et Adam regardèrent la voiture s’éloigner, pendant que William songeait avec impatience au lit qui l’attendait, lui qui s’était levé ce matin-là à quatre heures, pour assurer le premier service — décidément, la vie turbulente de son frère n’était vraiment pas faite pour lui.

Le couple remonta dans leur studio dont l’exiguïté fut, pour une fois, salvatrice : au moins les chatons n’avaient pas de recoins inaccessibles dans lesquels se perdre. Après avoir paré à tous les dégâts, veillé que personne n’allait maladroitement mordiller les fils électriques, ni tenter de grimper sur l’évier où séchaient encore les couteaux, ni fourrer des volées de poils dans les ventilateurs des ordinateurs, ni vomir dans le placard à vêtements les croquettes enfin consommées, Adam accueillit Salem dans ses bras, debout à côté du lit monopolisé par les trois envahisseurs.

Après avoir déposé un baiser dans les cheveux de son fiancé, Adam observa les trois chatons.


— Ils sont pires que toi, en fait. Toujours à faire des bêtises.

De la part d’un homme qui passait une bonne partie de sa vie à s’exposer à tous les dangers à cause de prédications incertaines, la remarque ne manquait pas de mauvaise foi, mais comme elle insinuait également que Salem était plus adorable encore que les chatons, sans doute y avait-il matière à la pardonner. Puisque les chatons dormaient, donc, Adam crut qu’il ne choquerait personne en glissant ses mains sous le haut de Salem pour les poser au bas de son dos.

Toutes ces histoires avaient presque réussi à lui faire oublier que le week-end fatidique arrivait. En toute objectivité, il estimait que son épreuve était bien plus terrible que celle de Salem : non seulement il allait rencontrer les Cordova, mais il allait devoir vivre pendant tout un week-end avec les Cordova et il n’y aurait personne, parmi cette assemblée dont il n’était même pas certain de cerner exactement le nombre et la composition, pour le soutenir comme William soutiendrait l’adolescent.

Alors que ses mains avaient commencé à descendre pour poursuivre leur exploration, elles se figèrent à la lisière du pantalon. Adam murmura :


— Pas du tout. J’suis terrorisé. D’ailleurs, tu conduiras à ma place, sinon j’vais nous flanquer dans un mur, à force de trembler.

Cependant, la conversation qu’ils venaient de voir avait fait prendre conscience à Adam de l’importance que ce processus revêtait aux yeux de Salem et, quelque peur qui l’habitât, il était bien décidé à faire son possible. Pour qu’au moins son compagnon ne fût pas entièrement tétanisé à l’idée de retrouver sa famille (ce qui devait tout de même constituer une occasion de réjouissance pour lui), Adam précisa :

— Mais ça va aller. J’t’ai dit, je ferai de mon mieux. Et puis, en plus, je suis un peu le gendre parfait. J’veux dire, à part le fait de pas être très, très féminin…

En fait, c’était la clé : aborder les présentations comme une réunion politique. Il fallait présenter son meilleur visage. Bien sûr, les réunions politiques duraient quelques heures tout au plus et personne ne le scrutait lui particulièrement — il n’était jamais que le second ou troisième couteau. Là, évidemment, tous les projecteurs seraient tournés sur lui, tout le monde ferait des commentaires.

Mais, pour l’heure, Adam avait eu sa dose d’interrogations angoissées et probablement insolubles sur leur futur prochain qu’aucune vision, pour une fois, ne venait éclaircir. La journée avait été longue et une constatation s’imposait.


— J’crois que pour l’instant, le lit est occupé.

Ses mains avaient recommencé leur courageuse épopée et s’étaient faufilées sous les vêtements de son ami pour atteindre les fesses de Salem, afin de donner une définition un peu extensible à « faire un câlin ».

— On devrait peut-être… Prendre une douche… Tu dois en avoir marre de sentir la fumée, et tout, et puis c’était poussiéreux, l’entrepôt, t’as dit.

Adam ne retira ses mains fort bien placées que pour prendre celle de Salem et l’attirer dans la salle de bain. Une soudaine ferveur hygiénique l’habillait et c’était bien sûr par souci de débarrasser son compagnon de toutes ses impuretés qu’il le déshabillait puis par souci écologique d’économie de l’eau qu’il se déshabillait à son tour afin de partager une douche. Et comme la cabine était toujours aussi petite, ils étaient obligés, très naturellement, de se serrer l’un contre l’autre.

Pendant que Papa Salem et Papa Adam faisaient des choses de grandes personnes humaines dans la salle de bain et que le bruit de l’eau couvrait leur conversation de soupirs et de gémissements, les chatons s’étaient réveillés et avaient décidé de repartir en quête de distraction, de renverser le carton de jouets soigneusement rangés et de les repartir anarchiquement dans le studio. A chacun les jeux de son âge.

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