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 Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -

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Laura Kinney
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MessageSujet: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Dim 30 Sep - 15:55

    Laura leva les yeux au ciel, d’un bleu éclatant et un étrange sourire lui parcourra la lèvre. Ca faisait un peu plus d’un an qu’elle n’avait pas mis les pieds dans cette rue qui, pourtant à l’époque, était celle qu’elle avait le plus fréquenter après celle dans laquelle elle travaillait. Une rue, simple, comme des centaines d’autres si on enlève cette librairie de livres anciens. La boutique n’était plus si loin, peut-être une cinquante de mètre et pourtant elle avait l’impression qu’après avoir fait un pas elle en faisait deux en arrière. C’était complètement stupide d’agir de cette manière, que perdait-elle à avancer et à entrer ? Elle se demandait seulement si elle avait le droit, après tout ce temps, de revenir comme si plus de 12 mois ne s’étaient pas écouler, comme si elle n’avait pas été cachée dans cet endroit, comme si elle n’était pas partie en demandant une arme… Est-ce qu’il se souvenait d’elle ? Elle imaginait que oui, ce n’était pas de la prétention juste de la logique. Le propriétaire de cette librairie lui avait appris à lire, l’avait hébergé et fournit une arme alors, à moins qu’il fasse ce genre de chose avec toutes les adolescentes passant dans sa libraire, il y avait peu de chance qu’il puisse l’avoir oublié.

    Pour elle, les choses étaient un peu différentes. Arkady n’était pas simplement celui qui l’avait caché et fournit en arme. Il était le seul, après sa fuite d’un laboratoire, à l’avoir aider. Il avait été la première figure de confiance – si relative qu’elle ait pu être – et, pour ça, elle ne pouvait pas l’avoir oublié même si sa vie avait commencé à prendre un autre tournant à partir du moment où elle était partie de chez lui. On pouvait probablement se demander pourquoi elle avait mis autant de temps à revenir dans cette rue mais, selon Laura, cela s’expliquait d’une seule raison : la confiance. Elle avait eu besoin de temps pour laisser certaines choses se tasser et surtout pour voir si Arkady n’avait pas contacter la police après ce qu’elle avait fait. Elle aurait pu revenir plus tôt mais non, une longue période lui avait assuré qu’il n’avait rien entreprit contre elle. Une longue période qui avait fait passer une confiance relative à une réelle confiance.

    Alors elle était là, parce qu’elle estimait lui devoir des explications, parce qu’elle savait qu’aujourd’hui elle pouvait lui donner en confiance. Ce qu’elle pensait de lui était parfaitement clair et c’est ce qui l’avait mené jusqu’ici. Mais, si ce qu’elle pensait de lui était clair, elle se mettait à se demander si la réciproque était de mise. Là, à 50 mètres de la libraire, elle commençait à se dire que si elle trouvait que c’était une bonne idée, Arkady ne verrait peut-être pas les choses de la même manière. Après tout, elle avait disparue de la circulation en un instant avec son arme et n’avait plus jamais donné signe de vie, son arrivée n’était peut-être pas une chose dont il avait envie. Et, rien que pour ce doute, elle se sentait capable de faire demi-tour. C’est sûrement ce qu’elle aurait fait un an en arrière mais le temps qui s’était écoulé lui avait permis d’en apprendre un peu plus sur une façon plus humaine de faire les choses. Avant de partir, elle lui avait promis de ne pas se faire blesser par l’arme d’Arkady, ni par une autre, n’était-ce pas le moment de lui montrer qu’elle avait tenue promesse ? Et si quelqu’un se pose la question : non, elle n’aurait pas pu le faire avant parce qu’elle manquait de confiance et surtout parce que sa morale ne lui avait pas appris à agir de cette façon.

    Si elle hésitait à avancer c’est – sans qu’il n’en ait conscience – Arkady qui la décida à travers une cliente qui venait de sortir de la libraire furibonde contre ce libraire dont les manières étaient réellement à revoir. Elle avait réellement l’air furieuse et, étrangement, ça rassura Laura qui se disait qu’Arkady était resté Arkady. Dans un sourire, Laura reprit sa marche pour se retrouver devant la porte de la librairie qui, une fois poussée, laissa retentir la clochette qui se trouvait dessus. Et, sans savoir si on pouvait appeler ça une habitude, Laura ouvrit et ferma la porte cinq fois de suite, histoire d’être certaine d’attirer l’attention du gérant. En tout cas, pour être certaine d’avoir plus d’attention qu’une simple – et légendaire – GO AWAY qu’il était capable de réservé aux gens.

    A y regardé de plus près, Laura n’avait pas réellement changé, toujours ses long cheveux d’un noir profond, contrastant avec ses yeux d’un vert perçant. Niveau vestimentaire, pas de grand changement non plus, toujours des sortes de rangers aux pieds, un pantalon en cuir qui lui collait à la peau et un débardeur noir en dessous d’une petite veste en cuir de la même couleur. Il avait beau faire beau, le temps s’était rafraichi et bien que, dans le fond, elle s’en foute complète il fallait bien faire semblant d’être affecté par tout ce qui pouvait toucher les humains. En fait, il y avait une chose de réellement notable par rapport à avant, sur son visage s’était accroché un sourire. En fait, son visage laissait complètement transparaitre ce qu’elle pouvait ressentir : une joie de le voir, et un petit sentiment désolé de ne pas s’être montré un peu plus tôt. Et, comprendre ce qu’elle pouvait penser était une nouveauté par rapport au visage neutre qu’elle avait pu faire valoir pendant bien longtemps. Elle savait toujours avoir cet air neutre mais elle avait appris à laisser apparaitre certaine chose.

    Bref, elle était là, devant la porte qu’elle avait refermée pour la cinquième fois juste pour faire tinté la clochette, son regard braqué sur Arkady.

    Salut. J’ai quelque chose qui t’appartient.

    Ouais, elle avait gardé l’arme d’Arkady, même si elle ne s’en était servie qu’une seule fois. Et, pour être honnête, elle avait l’impression – avant de venir – que ça lui donnait une bonne raison de débarquer mais, en le voyant, elle en était à se dire qu’elle se foutait de cette raison. Même sans avoir quelque chose à lui rendre, elle était contente d’être là même si elle n’avait aucune idée de la réaction que pourrait avoir le libraire en la voyant. Elle avait un tas de chose à lui dire mais, finalement, elle se trouva bloquée en attendant de voir sa réaction.
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Arkady O. Romanov
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Mar 16 Oct - 15:18

Il y avait une chose qui allait de pair avec l’ennui. Le temps. Et plus le temps passait, plus Arkady avait tendance à s’ennuyer, notamment lorsque il n’y avait personne à proximité pour assurer son divertissement… Et heureusement, le russe exerçait un métier qui lui permettait d’avoir en permanence une quantité satisfaisante de gens à énerver et à choquer pour assurer au russe de ne pas sombrer dans une léthargie profonde.

Les clients de sa librairie y pénétraient parce qu’ils avaient besoin de quelque chose de suffisamment particulier pour ne pas être trouvé ailleurs, ce qui assurait un flot continu de clients plus ou moins courageux et prêts à supporter Arkady. Ce qui est encore plus appréciable au final, parce que les clients ont suffisamment besoin d’un livre particulier pour être prêt à subir à peu près tout ce qui passera par la tête du russe. Les américains avaient ce petit quelque chose en plus qui permettait de les irriter sans réellement le chercher ou sans réfléchir à quelque chose de très élaboré, et Arkady n’avait qu’à forcer encore davantage son accent slave pour voir des sourcils se froncer et des ailes de nez tressaillir sous le coup de l’incompréhension et de l’exaspération mêlés. L’american dream n’était déjà qu’un horrible mensonge pour les étrangers issus de pays frontaliers, alors il ne fallait pas s’attendre à ce qu’un russe à fort accent soit accueilli avec des sourires et des regards bienveillants. Alors Arkady en jouait, avec parcimonie toutefois, mais il en jouait et observait ces sentiments d’exaspération prendre possession des visages des gens. C’était l’un de ses nombreux plaisirs impossibles à faire comprendre à d’autres personnes, du genre de ceux que l’on garde pour soi pour n’en profiter que davantage.

En un an, Arkady avait eu le temps d’agrandir la librairie. Enfin pas vraiment l’agrandir du point de vue de la surface, mais certaines étagères avaient été tournées pour accentuer le côté labyrinthique, et au final libérer davantage d’espace dans la pièce du bas pourtant très vaste. En un an, Arkady n’avait cessé d’être tourmenté par les morts qu’il avait laissé dans son sillage – c’était devenu une habitude dérangeante, mais le russe faisait son possible pour supporter au mieux ses insomnies. En un an, cette obsession pour sa femme disparue s’était faite plus présente, plus pressante également, et il ne se passait pas une journée sans qu’une femme ressemblant vaguement à son Irina surgissant au détour d’un rayonnage ou pénétrant dans sa librairie ne ravive cette envie de savoir ce qui avait pu lui arriver… Autant dire que s’il avait été capable de considérer qu’un psychiatre puisse avoir une quelconque utilité, Arkady aurait prit un rendez-vous en urgence.
Mais ce jour-là, ce n’était pas exactement le fantôme de sa femme qui avait surgi dans sa librairie…


Après s’être débarrassé d’une cliente un peu trop coincée, Arkady s’était installé au comptoir, derrière la caisse, comme à son habitude. Lorsque la clochette de la porte tinta, il n’y prêta guère attention, encore une fois parce qu’il avait des choses plus importantes à faire que de souhaiter la bienvenue aux gens en sachant pertinemment qu’ils n’étaient pas les bienvenus s’ils venaient là pour le déranger – et son expérience du commerce lui avait permis de comprendre que tout le monde venait toujours forcément pour le déranger. Sur la liste des choses importantes, il y avait une partie d’échecs en cours, réplique parfaite d’un tournoi perdu par un Grandmaster contre un autre deux ans auparavant. Pour Arkady c’était clair : l’issue aurait pu être tout à fait différente si l’actuel perdant avait choisi de sacrifier sa Reine à quelques coups de la fin… Seulement on ne lui laissa pas le temps d’en faire pour lui-même la démonstration, parce que la clochette de la porte de sa boutique était en train de se faire maltraiter. Un vague sourire fendit la face du russe en deux lorsque lui revint en mémoire la dernière personne qui s’était amusée à ce petit jeu pour attirer son attention, et rapidement il se répéta une énième fois qu’il n’aurait peut-être pas du lui filer cette foutue arme pour la voir disparaître dans la nature. Peut-être libre et en vie, ou alors réduite en esclavage par plus fort qu’elle. Ou morte dans un fossé… Ces pensées furent laissées de côté, et il accueillit ce nouveau perturbateur de la manière traditionnelle :

GO AWAY !

Sans quitter son échiquier des yeux, le russe avait accompagné ses paroles d’un mouvement de tête dépité, un peu comme s’il avait à présent la certitude que la Terre entière s’était passé le mot pour le faire chier… Seulement, la voix qui résonna dans sa boutique acheva de lui donner l’impression de louper quelque chose pour la deuxième fois, et son regard bleu clair s’orienta en direction de la porte pour voir si vraiment il s’agissait de la personne à laquelle il pensait – plus clairement, cette gamine de mauvais poil qui semblait la seule à être capable de supporter sa présence et ses sarcasmes.

Laura… ?!

Ce n’était pas vraiment le genre de retrouvailles larmoyantes qu’on voyait dans les films pour ados – ou pour les ménagères déçues de la vie – mais le simple fait qu’Arkady n’ajoute pas autre chose témoignait déjà bien du fait qu’il était perturbé par cette irruption dans sa boutique. Pourtant, ce n’était pas les réflexions qui lui manquaient, si on considérait tout ce qu’il avait en tête à ce moment précis concernant les leçons qu’elle avait manqué, l’inquiétude qu’elle avait provoqué chez lui… , mais rien ne semblait plus fonctionner correctement dans le cerveau d’Arkady. Alors il se leva calmement de son tabouret et s’approcha lentement de Laura, comme s’il craignait d’avoir une fois encore affaire à une hallucination, un mauvais tour que lui jouerait son cerveau.

Seulement, contrairement aux fois où il avait cru apercevoir sa femme, l’adolescente qui ressemblait tant à Laura ne s’évapora pas, si bien qu’il finit par lui toucher l’épaule du bout de son index en ayant l’air de ne pas vraiment y croire. Mais le contact se fit, et Arkady eût toutes les difficultés du monde à dissimuler un certain bouleversement qui fut ensuite masqué par un sourire :

Tu as un peu plus d’un an de retard pour ton cours… - Il marqua une courte pause. – J’ai botté des culs pour beaucoup moins que ça !

Parce qu’en prenant cette arme, elle n’avait jamais évoqué le fait qu’elle disparaîtrait aussi longtemps. Pourtant, le métier d’Arkady autant que son vécu auraient normalement du l’amener à cette conclusion très rapidement, mais il fallait croire que dans le fond, il aimait vraiment cette gamine…

Son regard s’attarda un peu sur elle pour vérifier que tous ses membres étaient là. Elle avait grandi, paraissait un peu plus femme aujourd’hui… et semblait avoir un visage différent. Là, le regard d’Arkady se fit plus insistant à mesure qu’il percevait dans le regard jadis neutre et presque mort des choses qu’il n’y avait jamais lues auparavant, et une ébauche de sourire. Là, il ne pu s’empêcher de reprendre la parole :

Et tu as appris à sourire, aussi… - Aucune trace de moquerie dans ses paroles, mais un léger sourire étira ses lèvres malgré tout. – Est-ce que tu pourrais refaire la gueule juste deux secondes pour que je vérifie que tu es bien la Laura qui pouvait presque prétendre rivaliser avec moi sur ce point… ?

La demande n’était peut-être pas trop « normale », mais beaucoup de choses ne l’étaient pas chez Arkady, ne serait-ce que parce qu’il avait toujours eu cette tendance à vivre en marge de tout.
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Laura Kinney
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Mar 16 Oct - 21:36

    Il ne fallait, à Laura, qu’un « GO AWAY ! » pour s’assurer qu’elle avait toujours à faire avec le même homme qui, il y a un an, avait accepté de lui apprendre à lire. Ça lui avait suffi à avoir ce léger sourire sur le coin des lèvres alors qu’Arkady se tournait vers elle après qu’elle ait pris la parole. Elle aurait pu répondre à la question d’Arkady, elle aurait pu hocher la tête positivement pour certifié que, oui, c’était bien elle mais… Elle ne fit rien en le voyant se relever. Avait-il si changé que ça pour se demander si c’était bien elle ? Elle se voyait tous les jours et n’avait pas l’impression d’avoir changé alors ça lui paraissait tout aussi étrange, comme le fait qu’il continuait de s’approcher d’elle. Si il continuait à s’approcher autant et qu’il avait le malheur de la prendre dans ses bras, elle lui balancera son poing en travers la tronche en lui demandant de lui rendre Arkady, le vrai ! Parce que celui qu’elle connaissait n’aurait jamais agi de cette manière et elle ne voulait pas que ça commence maintenant. Elle l’appréciait pour un tas de chose et notamment pour ce que tout le monde détestait chez lui. Elle aima sa distance prise, son manque d’enthousiasme à tout et à rien, sa façon de se détacher des choses et t’envoyer chié qui que ce soit sur cette terre.

    Si elle fronça que légèrement les sourcils l’air de dire « Non mais qu’est-ce que tu t’apprête à faire là ?! » elle ne bougea pas pour autant et, quand il fut à portée de bras d’elle, comme au ralentit elle le vit tendre le bras vers elle. Son poing était prêt mais rien de ce qu’elle avait imaginé ne se passa. Il lui toucha l’épaule avec l’index ce qui accentua son air d’incompréhension. C’était peut-être une nouvelle façon, à la mode, où à la Russe, de dire bonjour chaleureusement sans avoir à s’enlacer comme des gamins – ou des sangsues, c’est au choix – alors, s’en réfléchir d’avantage, et un peu intriguée, elle tendit son bras droit – devant monter sur la pointes des pieds – pour, à son tour toucher l’épaule d’Arkady. Bon, elle n’était pas très convaincue de son geste mais, c’était peut-être hyper important – dans la culture à Arkady – de rendre ce geste et elle ne voulait pas le braquer en moins de 30 secondes, surtout après un peu plus d’un an d’absence. Bref, ses talons se posèrent à nouveau sur le sol pendant qu’Arkady expliquait son retard et le fait qu’il avait corrigé des personnes pour moins que ça.

    Est-ce qu’ils avaient tous des excuses aussi bonnes que la mienne ?

    Elle n’en avait donné encore aucune mais, venant d’elle, on pouvait imaginer qu’elle ne donnerait jamais une excuse déjà entendu par n’importe quel élève. Elle ne s’excusa pas, parce qu’elle n’aurait pas pu venir plus tôt, elle n’était pas désolée parce qu’elle avait choisi la date de son retour. Mais toutes excuses – ou plutôt, explication, serait venir en temps et en heure – alors, en attendant, elle haussa juste les épaules pour ajouter un truc à ce qu’il venait de dire.

    J’ai une aversion pour les bottages de cul… Après c’est toi qui voit mais, c’est à tes risques et périls.

    Ok, elle ne le découperait pas en pièce, ça serait un peu mal vu maintenant. Mais il était clair qu’elle n’était plus une enfant que l’on réprimandait. Surtout que ses punitions et la répression qu’elle avait pu vivre n’avait jamais rien eu à voir avec ce qu’on voit dans une famille normale. De toute façon elle ne pensait vraiment pas avoir besoin d’en arriver là parce qu’elle doutait franchement qu’Arkady veuille lever la main sur elle, ou le pied dans ce cas précis. Et si elle en était si certaine c’est parce qu’elle n’avait pas pu passer à côté de la tête qu’il avait fait, de cette expression qu’il avait eu avant de chercher à la cacher derrière un sourire. Et dire, qu’après ça, c’est lui qui osait dire qu’elle avait appris à sourire.

    Avant ça, il l’avait pourtant regardé avec insistance comme si il cherchait la moindre faille prouvant qu’elle n’était pas elle. Il pouvait regarder autant qu’il voulait, même après 3h, il serait forcé de constater que c’était bien elle. Alors oui, quand il parla de sourire, elle ne put s’empêcher de sourire d’avantage parce qu’après la tête qu’il avait faite elle trouvait ça un peu gonfler de venir lui rappeler qu’elle souriait. Mais puis que c’était demandé si gentiment, elle retrouva son visage impassible en moins d’une fraction de seconde. Elle n’avait jamais fait une croix sur cette tête, elle s’était juste contenté d’apprendre à être un peu plus expressive ce qui, au final, ne changeait rien à ce qu’elle était. Et c’est avec cet air impassible et neutre sur le visage qu’elle reprit la parole dans une voix qui ne fut tinté d’aucun sourire.

    C’est justement parce que je cherche à rivalisé avec toi que j’ai adopté ce sourire. Parce que, sérieusement, si tu te voyais dans une glace maintenant, tu pourrais presque paraitre jovial. J’te jure, c’est carrément flippant !

    Oui, c’est clair, ce n’était pas les retrouvailles que les gens pouvaient imaginés, c’était leurs retrouvailles à eux, en marge de tout parce que c’était probablement ce qui les représentait le mieux. Si Laura faisait des efforts pour paraitre plus humaine, elle voulait rester elle et jamais elle ne sauterait dans les bras de qui que ce soit, elle ne savait même pas si elle était capable de pleurer de joie ou de tristesse en public. La première et dernière fois qu’elle l’avait fait, c’était devant lui, un grand moment d’égarement où elle avait cherché à se reprendre rapidement. Arkady était une personne spéciale pour elle mais ça ne voulait pas dire qu’elle allait partir dans le larmoyant en le revoyant. Elle était heureuse de le retrouver, ça ne faisait pas le moindre doute mais, pour s’en rendre compte il fallait un peu la connaitre, lire entre les lignes. Et, si elle ne lui parlait pas sèchement, si elle ne se mettait pas à chercher à le découper en petits morceaux, alors c’était une preuve suffisante qu’elle était vraiment heureuse de le retrouver.

    Tu fermes dans combien de temps ?

    Là encore, même pas elle demandait si elle dérangeait ou quelque chose dans ce genre. Elle avait toujours trouvé ces répliques un peu gnian-gnian et puis, soyons honnête, si elle dérangeait Arkady il était bien capable de le faire savoir sans même qu’elle ait à poser la question. Par contre, si on lisait entre les lignes, on pouvait comprendre qu’elle demandait, à la fois, si personne n’était dans le coin et si ils allaient être tranquilles un petit moment. Sous-entendu, elle était prête à parler, à donner des explications ou, au moins, à le rassurer sur le fait qu’elle n’avait pas fini dans un ravin avec une balle entre les deux yeux mais plutôt dans une école, entouré d’autres mutants. Et si avec une autre personne elle se serait sentie obligée de rajouter qu’elle voulait parler, elle savait qu’avec Arkady ce n’était pas la peine. Sous ses air d’ours, qui gueulait des « GO AWAY » à tout va, Arkady restait une personne très intelligente qui cogitait bien plus vite que ce qu’on pouvait imaginer. Cela dit, elle savait depuis longtemps qu’il n’était pas seulement un simple libraire, sans pour autant savoir de quoi il retournait réellement.
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Arkady O. Romanov
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Mer 17 Oct - 15:16

Echangez Laura contre un agent du Mossad, et là vous seriez surpris de voir Arkady agir en sachant parfaitement quoi faire. Mais face à cette adolescente surgie de nulle part un an plus tôt, le russe ne savait pas vraiment quelle attitude adopter. Tout son être lui disait de ne pas y croire, et de plutôt considérer qu’il s’agissait d’une hallucination de plus et qu’elle s’évaporerait à son approche… mais rien de tout cela ne se produisit tandis qu’il s’approchait de Laura avec lenteur. Il ne passa pas à côté de cet air halluciné un peu inédit qu’elle affichait, parce que visiblement elle avait l’air de comprendre encore moins que lui cette scène…

L’index d’Arkady entra finalement en contact avec l’épaule de l’adolescente. La sensation était assez banale, un peu comme s’il avait touché l’épaule de n’importe qui, mais c’est la symbolique du geste qui l’ébranla encore un peu plus, l’amenant à esquisser un sourire très léger – ce qui n’était pas dans ses habitudes, encore une fois. L’incompréhension de Laura se dissipa quelque peu avant qu’elle ne se hisse sur ses pointes de pieds et n’étende l’un de ses bras dans sa direction pour laisser son index toucher également son épaule massive. Arkady ne sentit pas grand-chose, mais le but de la manœuvre n’étant pas de le blesser, cela devait être normal même si sur le coup il se demanda quel pouvait bien être le but de ce contact… Quelques secondes passèrent avant qu’Arkady ne trouve une ébauche de réponse dans le fait que l’adolescente puisse également avoir du mal à le reconnaître pour une quelconque raison. Ce qui était plus ou moins ridicule si on considérait le fait que Laura était entrée dans la librairie parce que c’était celle d’Arkady, et que de ce fait elle savait pertinemment qu’elle le trouverait ici…

Concernant le fait qu’elle ne revienne que maintenant, avec plus d’un an de retard pour sa leçon de lecture, Laura lui demanda si toutes les personnes en retard avaient une aussi bonne raison qu’elle de se pointer des mois après, et Arkady parut considérer la question l’espace de quelques secondes. Pour répondre en toute honnêteté, il aurait fallu qu’elle commence déjà par lui exposer son excuse pour justifier cette si longue absence. Peut-être qu’elle avait une excellente raison. Mais peut-être aussi qu’elle avait simplement essayé d’esquiver ses leçons de lecture. Non, Arkady chassa cette idée de son esprit en se remémorant le fait qu’elle aurait bien pu lui taper dessus lorsqu’il lui avait répondu qu’il ne l’aiderait pas dans son apprentissage. Alors elle n’avait pas cherché à l’esquiver, elle n’était pas morte dans un fossé… donc quelle excuse lui restait-il exactement ?

Aucune idée. Faudrait déjà que tu m’expliques pour que je puisse me prononcer…

Il n’y avait aucun reproche dans sa réponse, hormis peut-être un léger ton bourru à côté duquel elle ne pourrait passer. Arkady étant ce qu’il était, il ne fallait pas espérer qu’il ait changé en une année, et surtout dans les domaines de l’amabilité ou de la sociabilité. Laura avoua son absence d’amour des bottages de culs, précisant que le russe pouvait toujours essayer sur elle mais que cela resterait malgré tout à ses risques et périls. Un rire secoua le russe massif, avant que son visage ne retrouve ce demi-sourire presque anecdotique et qu’il ne reprenne la parole :

Ouais, oublie ça. Pour l’instant…

Sous-entendu, il pourrait toujours essayer de lui botter le cul après avoir entendu son excuse et déterminé s’il s’en satisferait ou non.
La suite consista en une remarque assez piquante de la part d’Arkady concernant le fait que Laura ait appris à sourire durant son absence. A sa demande, elle retrouva cet air renfrogné que le russe trouvait particulièrement approprié et en adéquation avec le caractère de l’adolescente. Laura finit par lui faire remarquer à juste titre que sa remarque était d’autant plus déplacée qu’il était lui-même presque jovial et que c’était complètement flippant, et que dans le fond, elle n’avait cherché qu’à rivaliser avec lui. Le sourire pourtant discret du russe s’évapora et fit de nouveau place à cette tête de tueur à gage qui n’était jamais très loin derrière les sourires et les prétendus efforts de sociabilité qu’il s’infligeait pour obtenir des faveurs…

C’est pour appâter le client. C’est foutrement contagieux, leur bonne humeur et leurs sourires béats… - Une excuse qui en valait une autre et qui sonnait bizarrement dans la bouche de l’anticonformiste qu’était Arkady. – Mais toi aussi, tu es flippante…

Malgré tout, il était ravi de la revoir, qu’elle sourit ou qu’elle tire la même tronche de six pieds de long qu’habituellement. On ne pouvait pas vraiment parler de retrouvailles chaleureuses en ce qui les concernait, mais la scène était sans doute aussi « chaleureuse » et pleine d’émotion qu’Arkady et Laura pouvaient le supporter. Arkady ne la connaissait pas tant que cela, mais il avait pu l’observer suffisamment pour comprendre que l’adolescente n’était pas trop amatrice des émotions facilement lisibles sur son visage, et si elle avait quelques fois « dérapé » en présence du russe, elle s’était toujours rattrapée de manière suffisamment rapide pour que cela se voit le moins possible. Et même si Laura avait été du genre à lui sauter dans les bras, le russe aurait apporté un soin tout particulier à essayer d’échapper à toute manifestation de ce genre. Il n’était pas à moitié asocial pour rien, et moins il avait de contacts avec les gens, mieux il se portait.

Laura lui demanda finalement dans combien de temps il fermerait sa librairie, et le russe jeta un œil à l’énorme pendule à chiffres romains qui avait fait son apparition sur le mur faisant face à la caisse environ deux mois plus tôt. Il ne restait qu’une petite heure avant l’heure de fermeture, mais Arkady savait parfaitement quoi faire pour se débarrasser des derniers clients – gênants – qui étaient au nombre de trois, et déambulaient encore entre les rayonnages. Le russe s’éloigna assez rapidement de Laura et passa derrière son comptoir, ouvrant une petite trappe dans le mur protégeant deux commandes de déclenchement de l’alarme incendie. Avec autant d’habitude que de précision, Arkady actionna celle de gauche et l’alarme incendie se mit à rugir dans la librairie.

CE N’EST PAS UN TEST D'ALARME !

Sa voix grave portait suffisamment pour être audible même des clients les plus éloignés, si bien que les trois clients encore présents ne mirent pas longtemps à déguerpir à toutes jambes, persuadés que la librairie était en feu et qu’ils allaient tous y rester. Lorsque la zone fut dégagée, Arkady se dirigea vers la porte et la verrouilla, avant de retourner l’écriteau qui y était accroché pour préciser que la boutique était à présent fermée. Les stores furent ensuite descendus afin de procurer un peu de tranquillité, et le russe repassa derrière le comptoir pour couper l’assourdissante sirène. Lorsque le silence revint enfin, il se tourna vers Laura, un sourire ironique fendant sa face en deux :

Beaucoup plus pratique pour fermer plus tôt.

Son visage indiquait qu’il était fier de sa trouvaille. Qui pouvait en effet prétendre avoir déjà eu l’idée de faire installer un second déclencheur d’alarme incendie dérivant du système obligatoire reliant les commerces au central des pompiers de New York ? Même effet pour ce qui concerne le déclenchement de la sirène, mais avec l’intervention des pompiers en moins, et au final c’était tout bénef pour lui parce qu’il pouvait fermer la librairie à volonté en virant tout le monde sans en avoir l’air.
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Laura Kinney
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Mer 17 Oct - 22:52

    Ils ne s’étaient pas compris sur le geste d’Arkady et encore moins sur le fait que Laura lui avait rendu ce même geste. Le truc, c’est qu’apriori, ça ne gênait aucun des deux de ne pas savoir, ils avaient chacun leur théorie sur ce qui venait de se passer sans juger important de vérifier si elle était bonne ou non. Quelque part c’est quelque chose qu’elle appréciait chez lui, tout ce qui était sans importance restait sans importance. Qu’est-ce qu’on s’en foutait dans le fond de savoir pourquoi ils avaient agis de la sorte, si leur théorie respective leur convenait ce n’était pas la peine de se prendre le chou plus loin, à essayer d’expliquer pourquoi telle ou telle chose avait été faite.

    Par contre, il y avait des choses auxquelles elle tenait. C’était le cas de son explication, elle se devait de le faire parce que c’était elle qui était venue le chercher pour qu’il lui apprenne à lire. C’est encore elle qui avait insisté devant son refus et quand, finalement, elle avait eu son accord, c’était définitivement elle qui avait fuie après lui avoir demandé une arme. Alors, bien évidemment, elle estimait lui devoir des explications. C’était, pour elle, une question de morale ou un truc dans le genre. En fait, elle ne savait pas réellement ce que c’était, peut-être que, dans le fond, elle se sentait redevable et que fournir une explication effacerait cette espèce de dette… personne n’aimait avoir de dette et encore moins elle. Bien sûr Arkady estimait devoir entendre cette explication pour juger si elle était acceptable ou non. Pouvait-elle lui en vouloir ? Elle hocha simplement la tête pour lui dire qu’elle lui expliquerait mais, là, tout de suite, elle ne pouvait pas le faire en sachant que des personnes étaient présentes dans la librairie et que d’autres étaient capables de faire leur entrée. Son explication n’était pas de celle qu’on criait sur tous les toits sinon, autant se rendre aux fédéraux tout de suite.

    Elle s’était quand même sentie obligée de le prévenir sur le fait que s’il cherchait à lui botter le cul, elle se défendrait. Ce n’était pas une menace, bien évidemment – si c’était le cas, on pouvait largement estimer que c’est lui qui avait commencé – mais elle trouvait plus loyale de le prévenir. Ce qui, chez Laura, était déjà une très grande preuve de respect parce que, en temps normal, elle se s’embarrasse pas de prévenir, elle attaque et hop, voilà, on n’en parler plus. Non, si elle devait en venir à ce point avec Arkady, elle voulait juste s’assurer qu’il soit au courant sur le fait qu’il rencontrerait forcément une résistance. Après, c’était à lui de voir. Mais, en vue de sa réponse, il préférait passer à autre chose pour le moment. Cela dit, il ne disait pas qu’il s’interdisait de lui botter le cul à un autre moment et, franchement, rien que ça fit sourire l’adolescente qui, au fil des minutes, retrouvait l’Arkady qu’elle avait laissé un an plus tôt. En fait, plus ça allait et moins elle ne regrettait d’avoir passé cette porte quelques minutes plus tôt et encore moins il y a un an. Elle changerait volontiers plein de choix dans sa vie mais ses deux-là resteraient sans le moindre souci.

    Laura, qui avait promis de garder un air neutre – air reprit après la demande d’Arkady – s’empêcha de sourire en voyant qu’Arkady laissait tomber son sourire après qu’elle lui ai dit qu’il était flippant avec son air jovial. Les gens devaient trouver ça trop bizarre de voir deux personnes, se retrouvant, se demandé mutuellement de faire la tronche. Ce n’est franchement pas ce qu’on était en droit de s’attendre de retrouvaille. Mais allez demander à ces deux-là d’être un semblant normaux ! Il s’en sortait pas trop mal concernant son excuse trouvé sur le coup : appâter le client… genre c’était contagieux. Malgré tout, Laura hocha la tête donnant l’impression de croire à fond à cette explication qui ne collait franchement pas avec le personnage. Mais elle estimait qu’il valait mieux faire semblant de le croire plutôt que de lui balancer qu’en fait il souriait parce qu’elle était revenue le voir. En tout cas, à la place d’Arkady, elle aurait préférée qu’on fasse semblant de la croire plutôt que lui balancer la vraie raison à la figure. Le sentimentalisme ce n’était pas son truc et quand elle s’y risquait sans le faire exprès, ce n’était pas la peine de lui rappeler sous peine de se prendre une mandale – et ça c’était si elle était de bonne humeur.

    Elle ne répondit pas sur le fait qu’elle était flippante. Débat stérile. Elle préférait de loin lui fournir enfin l’explication en s’assurant que personne ne les dérangerait. Pour ce qui était de la méthode pour virer les gens, elle avait pensé à un tas de chose mais sûrement pas au départ d’Arkady qui venait de lui permettre de déclencher une alarme. Elle ne s’y était tellement pas attendu que le bruit lui perça immédiatement les tympans. Déjà que ça dérangeait toute personne normalement constituée, imaginez ce que ça pouvait donner sur cette mutante aux sens ultra développée ! Instantanément Laura fronça les yeux en se recourbant légèrement pendant qu’elle portait les mains à ses oreilles. Elle ne capta même pas Arkady hurlant aux gens que ce n’était pas un test d’alarme. Dans les secondes suivantes, tout était décuplé. Laura sous cette alarme horrible à ses oreilles, entendait les gens sortir dans la panique mais elle ne bougea pas d’un millimètre. Les yeux fermés elle essayait de se concentrer sur les pas plutôt que sur l’alarme. Un jeune homme, bien bâti, courait carrément pour sortir sous la panique et, sur sa trajectoire se trouvait Laura qui ne bougeait pas et l’homme ne semblait pas changer sa trajectoire. Pourtant, une seconde avant l’impact, sans que Laura ouvre les yeux, elle pivota sur elle-même en se décalant sur le côté droit, l’empêchant ainsi de se prendre l’homme en pleine poire et la vieille dame qui déboulait derrière lui sur la gauche. Ce qui était sur c’est que sous la panique, aucune des personnes présentes ne fit attention à ce qui venait de se passer. Ce fait était beaucoup moins certain pour Arkady…

    La sonnerie d’alarme cessa et Laura ouvrit à nouveau les yeux. Ses mains, toujours sur ses oreilles, elle essayait de les faire cesser de siffler. Le regard qu’elle porta sur Arkady à ce moment-là était plutôt plein de reproche, alors que lui s’était mis à sourire. N’importe qui d’autre, et il aurait fini façon viande à Kebab ! Il annonça quelque chose qu’elle n’entendit pas vu le bordel que c’était dans ses oreilles mais, elle arriva tout de même à le comprendre en lisant sur ses lèvres. Sérieux c’était carrément tordu d’avoir une fausse alarme pour virer tout le monde. Mais… En y réfléchissant, elle n’était pas certaine que ce soit vraiment choquant de la part d’Arkady. Elle leva une main pour lui demander deux secondes, tout en ajoutant.

    ATTENDS JE RECUPERE MES TYMPANS.

    Ne s’entendant pas, forcément, elle hurla sa phrase alors qu’Arkady fermait la porte de la librairie. Petit à petit le sifflement s’estompa et bien qu’elle est l’impression d’avoir le cerveau en compote, elle finit par se redresser complètement et de retrouver l’air qu’elle avait toujours eu sur le visage. Elle secoua légèrement la tête, une dernière fois pour faire filer ces sifflements et, ensuite, elle s’installa sur le canapé qui lui avait servi à apprendre à lire. D’un regard, elle invita Arkady à s’installer aussi. Puis, comme elle avait pu le faire souvent, elle s’installa en tailleur et alla poser son regard sur Arkady.

    Désolée de ne pas avoir spécialement appréciée l’alarme mais j’ai des sens plutôt sensibles… Carrément sensibles, même.

    Ça aurait été une bonne entrée en matière pour lui dire qu’elle était mutante. C’était au programme mais ce n’était pas dans ce sens qu’elle voulait le faire. Alors, elle fouilla dans un sac en bandoulière qu’elle avait pris avec elle. De là, elle en sortie une arme. L’arme d’Arkady et une boite de munition. N’étant pas spécialement suicidaire, aucune balle ne se trouvait dans l’arme. Laura avait prévu d’expliquer TOUT à Arkady sans pour autant savoir la manière dont il pouvait réagir et, de ce fait, elle ne lui donnerait pas l’avantage d’une arme à portée de main. Elle posa l’arme et la boite sur la petite table basse avant de reposer son regard sur l’homme.

    Elle a servi à tuer un homme, celui qui m’employait. Ou comment ne pas passer par 50 chemins. Du coup, on peut considérer que j’ai démissionné.

    Elle ne se sentait nullement obligée de lui expliquer pourquoi elle avait tué son mac. Les explications de ce genre étaient, selon elle, une façon de se déculpabilisé, ou de donner une BONNE raison de tuer un homme. Hors, elle ne culpabilisait, même pas un petit peu et n’estimait pas non plus avoir besoin de bonne ou de mauvaise raison. Son choix avait été fait, avait été réfléchi, un point c’est tout. Cela dit, il y avait vraiment des raisons qui l’avaient poussé à agir de cette façon, la première étant que jamais il ne l’aurait laissé partir.

    Et je ne pense pas que tu puisses avoir de problème parce que, depuis le temps, l’affaire a été abandonnée depuis longtemps. Enfin bref, comme tu vois, je ne me suis pas faite blessée et encore moins tuée, j’ai fait quelques boulots depuis et, maintenant, j’ai repris les cours.

    Elle aurait pu citer l’institut Xavier vu qu’elle comptait dire qu’elle était mutante. Mais elle ne préférait pas donner le nom de son école. En étant mutante elle pouvait effectivement être à l’institut Xavier mais elle pouvait aussi être dans une école basique, cachée sa mutation n’était pas un problème après tout.

    Mais comme ça n’explique pas pourquoi j’ai disparu si longtemps, je vais commencer par le début. Je m’appelle, en réalité, X-23, née d’un projet du gouvernement pour tuer. A aucun moment elle ne semblait regretter son sort, en tout cas elle ne demandait pas à ce qu’on la plaigne. Toute mon éducation à été dans ce sens, alors la lecture et tout ce genre de chose, ce n’était franchement pas au programme, d’où mon manque de connaissance dans ces domaines. Enfin bref, on m’a faite mutante, seule façon de tuer une personne en particulière, en fait, j’suis même née à partir des gènes de cette personne. J’ai fini par m’enfuir, par avoir un prénom et un nom à l’âge de 17 ans. Et c’est là que j’ai commencé à travailler pour ce type… Alors ouais, y a beaucoup de gens qui pensent que ce n’est pas très moral comme métier mais, franchement, moi, ça me parait carrément plus moral que ce que j’ai pu apprendre. Enfin bref, je ne suis pas revenue tout de suite parce que il fallait que je me fasse discrète et parce que je voulais savoir si tu allais déclarer ton arme comme voler, ou si tu parlerais de moi en voyant qu’un mac avait été tué le soir où je suis partie.

    Autant dire les choses comme elles sont, même à propos de cette sorte de test qu’elle avait fait sur lui. Elle ne voyait pas l’intérêt de lui mentir à ce propos, au moins les choses étaient claires. Pour conclusion, elle haussa les épaules.

    Disons que j’ai coûtée très cher au gouvernement et que comme ils voudraient bien me voir revenir d’une façon ou d’une autre, j’aime que ma confiance ne soit pas quelque chose de facile à avoir.

    Et à y réfléchir, hormis ceux qui l’avait créé et qui connaissait le projet d’arme-X, il n’y avait qu’une autre personne qui savait qui elle était : Logan. Même à l’institut les choses n’avaient pas été dites. Quand elle disait qu’elle n’accordait pas vraiment sa confiance, ce n’était franchement pas des paroles en l’air.
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Arkady O. Romanov
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Sam 20 Oct - 16:51

L’incompréhension mutuelle du toucher d’épaule faisait partie des petites bizarreries qui leur étaient propres. C’était un peu comme lorsque Laura reniflait la nourriture pour des raisons impossibles à imaginer pour Arkady, et que ce réflexe passait comme une simple manie bizarre aux yeux du russe, ou – au pire – comme un moyen de vérifier qu’il ne lui servait pas un truc dégueulasse ou avarié. Les vraies raisons lui échappaient, mais son esprit se satisfaisait de l’explication qu’il avait lui-même trouvée, ce qui au final évitait bon nombre de questions inutiles dans leurs conversations. En fait, c’était peut-être ce qui rendait leur relation si étrange, ce décalage perpétuel qui existait entre eux et que personne ne voulait faire mine de combler. Pas de questionnements inutiles, pas d’interrogations métaphysiques sur le pourquoi du comment… ; chaque mot échangé entre ces deux-la était utile, avait une raison précise d’être prononcé, et appelait à une réponse toute aussi utile et précise. Aucune fioriture ou aucun effet de manches n’avait perturbé ce fait, et même si Laura avait disparu de la circulation pendant plus d’un an, elle n’avait visiblement pas l’air d’avoir changé.

Concernant les bottages de culs, Laura esquissa un sourire amusé suite à la réponse d’Arkady : elle n’appréciait pas, et lui éludait la question tout en laissant entendre que ça pourrait éventuellement être de nouveau d’actualité suivant son humeur et la tournure de la conversation. Et ça la faisait sourire, comme si c’était normal de se faire accueillir après une longue absence avec une proposition de coups de pieds au cul… Ces deux-la avaient vraiment un gros problème, parce qu’Arkady acquiesça en réponse au sourire de l’adolescente. Il n’avait pas spécialement envie de lui botter le cul pour le moment, mais c’était toujours l’action qu’il évoquait avec elle ou d’autres lorsque les choses l’exaspéraient, un peu comme la fois où elle avait laissé entendre qu’elle lui ferait bouffer sa caisse enregistreuse ou d’autres objets, mais en plus soft et sans casser tout le mobilier.

Après s’être fait la gueule mutuellement parce que voir des sourires sur le visage habituellement fermé de l’autre était flippant, Arkady avait rapidement déclenché l’alarme incendie – la fausse – pour faire fuir les clients. S’il arrivait ordinairement à prévoir un certain nombre de choses, il ne parvint pas à prévoir la réaction de Laura, qui sembla vraiment très affectée par le bruit comme en témoignait la position qu’elle avait adoptée, pliée en deux, les mains sur les oreilles. Une posture qui intrigua le russe, parce qu’aucun des clients se ruant au dehors ne semblait aussi incommodé par le bruit. Pour ce qui le concernait, à force de faire exploser des trucs et de s’entraîner au tir, on pouvait dire qu’il s’était plus ou moins habitué aux bruits désagréables et pouvait les supporter jusqu’à un certain point… mais là, comparer Laura à sa clientèle habituelle fournissait un résultat qui n’était pas aussi logique que toutes les autres choses pour lesquelles Arkady trouvait ordinairement une justification.

La suite l’intrigua d’autant plus lorsque Laura parvint à éviter un homme et une grand-mère qu’elle n’avait en principe pas la possibilité de voir compte tenu de ses yeux fermés sous le coup de la douleur – c’est ce qui paraissait le plus probable – et le russe haussa un sourcil, son regard clair s’allumant d’une lueur de vif intérêt, comme chaque fois qu’il se trouvait face à un phénomène imprévu suffisamment intriguant pour qu’il ne décide pas de l’ignorer tout simplement. Une fois la porte verrouillée après la désertion de la librairie par les clients, Arkady rejoignit Laura en affichant fièrement sa satisfaction vis-à-vis de son petit système d’évacuation des gens pénibles, et il se heurta assez rapidement à un regard lourd de reproches avant qu’elle ne lui fasse signe d’attendre un peu avant de hurler qu’il lui fallait récupérer ses tympans. Le russe acquiesça et conserva le silence un moment, mettant cette demande sur le fait qu’elle possédait peut-être des oreilles plus sensibles que la moyenne, un peu comme ces gens indisposés par les claquements de portes ou les courants d’air un peu avant de se taper une otite… Et finalement, le naturel reprit le dessus :

Ouais. Enfin je suis loin d’être sourd, hein…

Un sourire fendit sa face l’espace d’un instant, avant qu’il ne retrouve son air impassible, beaucoup plus naturel. Ils s’installèrent ensuite dans le canapé où elle avait reçu ses cours de lecture, et Laura retrouva rapidement cette position en tailleur avant d’expliquer qu’elle avait les sens sensibles. Jusque là, rien de bien affolant, parce qu’il avait pu en juger assez rapidement. Lui-même avait rapidement senti s’estomper la gêne occasionnée par l’alarme, mais le temps avait été beaucoup plus long pour Laura. Mais là encore, cela ne permettait pas de partir dans des suspicions de mutation ; Arkady ne faisait pas partie de ces gens qui croyaient voir des mutants à tous les coins de rue.

Laura déposa ensuite sur la table basse une arme, précisément celle qu’Arkady lui avait prêtée ou tout du moins, une arme très ressemblante. Il penchait plus pour la première possibilité, parce que si l’adolescente avait eu les moyens de remplacer une arme par une autre identique, elle n’aurait jamais demandé à ce qu’Arkady lui en fournisse une - question de logique. Laura déposa ensuite les munitions près de l’arme avant d’expliquer qu’elle avait utilisé l’arme pour tuer un homme, et donc qu’elle avait démissionné. Si n’importe qui se serait montré horriblement choqué par cet aveu, le visage du russe ne se troubla pas avant que l’adolescente ne mentionne sa démission, ce qui se traduisit par un demi-sourire renforçant l’air d’être un tueur à gages qui collait parfaitement bien avec la physionomie du colosse si propice à impressionner les gens. Après, Arkady estimait que les raisons ayant conduit Laura à tuer cet homme ne le regardaient pas d’avantage que son identité, alors il ne vit pas vraiment l’utilité de poser des questions. Le seul moment où il poserait éventuellement une question, cela serait éventuellement le jour où elle le menacerait ou essaierait de le tuer… Un jour qui n’était pas prêt d’arriver d’après lui, mais quand on avait vu tout ce qu’il avait vu au cours de ses missions, on ne jurait plus de rien et on avait plutôt tendance à se méfier de tout le monde.

Laura précisa qu’elle avait laissé passer suffisamment de temps et qu’il n’aurait donc aucun problème à cause de cette arme. Elle avait raison sur ce point, et Arkady se contenta d’acquiescer tout en se disant que toute gamine qu’elle était, elle avait tout de même une assez bonne connaissance des pratiques policières. L’adolescente précisa qu’elle avait fait quelques petits boulots l’année passée et qu’elle suivait à présent des cours. Une nouvelle qui produisit un peu plus d’effets sur Arkady que la mention de l’homme qu’elle avait tué, un peu comme si quelque part il accordait davantage de poids à cette information concernant une scolarité qu’à la vie qu’elle avait ôtée à un homme avec probablement autant d’émotion qu’en temps normal – c'est-à-dire aucune. L’adolescente expliqua ensuite qu’elle ne s’appelait pas Laura, mais X23, et Arkady prit brièvement la parole :

Tu t’es sortie des pattes de ton mac, je pense que tu peux considérer que ton prénom est vraiment le vrai. Et non un code barre sexuel, ou un truc dans le genre… X-23, sérieusement… ?!

Le coup du nom qui ressemblait à une référence de site de charme, c’était vraiment bizarre. Un peu comme si son mac avait vraiment eu un gros problème mental et prenait plaisir à numéroter ses filles… Mais le russe n’eût pas le temps d’y réfléchir davantage, parce que la suite des explications lui procura une sensation bizarre, et Arkady écouta silencieusement Laura expliquer qu’elle était un projet gouvernemental qui avait foutu le camp du jour au lendemain. Si elle n’avait pas paru aussi sérieuse il aurait presque pu éclater de rire, mais il s’en abstint néanmoins parce que les paroles de l’adolescente trouvèrent une résonnance étrange dans l’esprit d’Arkady… Pas une seule fois il ne chercha à l’interrompre, mais son regard se voila légèrement, alors que lui revenaient en mémoire les détails les plus incongrus de ses rapports avec Laura, qu’il s’agisse de ses réflexes, des mouvements précis qui désarmaient les braqueurs… Et finalement elle avoua être une mutante, et là la lumière atteignit le cerveau du russe, qui ne lâcha pas l’adolescente du regard avant qu’elle ne conclut de manière assez décalée qu’elle avait attendu aussi longtemps parce qu’elle voulait simplement savoir si elle pouvait avoir confiance en lui ou non… Arkady resta silencieux encore un long moment, se demandant à quoi répondre en premier mais surtout, recollant toutes les pièces du puzzle entre elles avant de finalement reprendre la parole :

Je savais bien que personne ne pouvait se contenter de ces foutues boîtes de conserve… - Il marqua une courte pause avant de poursuivre. – Ca fait quand même pas mal de choses en une seule fois…

A croire que même en ayant été assuré d’être face à un projet dressé pour tuer, Arkady n’avait pas l’air de vouloir changer son comportement nonchalant au plus haut point. Pourtant, même s’il avait un peu de mal à tout encaisser en même temps, il n’avait manqué aucun détail…

Je ne pensais pas un jour faire face à un « projet », peu importe de quel programme il s’agit… - Il marqua une pause. – Mutant, de surcroît. – Une lueur de malice dansa dans son regard, un peu comme s’il s’amusait de ces révélations. – Pas que ça pose un problème… je suis juste curieux de savoir ce que cette mutation te permet de faire en plus d’éviter des gens ou de rattraper des objets que tu ne vois pas… - Le sourire d’Arkady fut de nouveau visible, et il désigna sa propre tête de son index gauche. – J’ai une excellente mémoire, et je sais repérer les détails qui clochent. Et même si à présent ma curiosité est en partie satisfaite, je reste néanmoins frustré de n’avoir pas été capable d’envisager tout ça tout seul…

Il ne changeait pas d’attitude et paraissait même encore un peu plus insolent que la normale, ce qui était assurément un bon signe lorsqu’on le connaissait un minimum. Le russe n’avait pas trop réfléchi à la suite de la conversation et n’envisageait pas de répondre sur chaque point soulevé par l’adolescente. Il aurait pourtant pu poser des questions sur celui qu’elle devait tuer, ou sur la manière dont on lui avait inculqué une moralité déplorable pour tout humain ayant grandi libre, mais il n’en avait pas réellement envie. Le russe devinait plus ou moins que si elle lui accordait à présent sa confiance, c’était à la fois parce qu’elle l’avait surveillé et à la fois parce qu’elle était encore en liberté à l’heure actuelle…

Je bosse pour le gouvernement, Laura. – On pouvait appeler ça jouer avec le feu, ou faire un putain de coup de bluff, mais ce qui était certain, c’était qu’Arkady était plutôt doué à ce petit jeu. – Tu te demandais si les libraires recevaient des formations d’auto-défense, et le fait est que je ne suis pas vraiment un libraire…

Est-ce qu’elle allait prendre la fuit ? Lui sauter à la gorge ? Les deux possibilités auraient été justifiées, notamment parce qu’Arkady lui balançait ça à la tronche après qu’elle lui ait accordé sa confiance, mais le russe avait envie de voir si la réciproque était vraie et s’il pouvait lui aussi lui faire confiance… Aucun mouvement ne fut fait pour ne pas induire une fausse impression de tentative d’agression, et le regard d’Arkady ne quitta toujours pas l’adolescente, scrutant le moindre signe qui laisserait présager de l’issue de cette conversation…

Comme tu l’as dit, je ne t’ai pas dénoncée, et je n’ai pas l’intention de le faire davantage maintenant parce que le Gouvernement n’élève pas de gamines en captivité… du moins, pas celui qui m’emploie.

C’était peut-être difficilement compréhensible, mais dans le fond, Arkady ne travaillait pas pour les américains mais pour le S.H.I.E.L.D, et même si son supérieur était adepte des coups de Trafalgar, il n’avait pas la cruauté nécessaire pour enlever des gamins et les élever comme des chiens d’attaque… En tout cas, Arkady l’espérait sincèrement. Ce qui pouvait porter largement à confusion également, c’était son accent russe plus perceptible que jamais, qui pouvait amener à croire que sa loyauté allait à un gouvernement de l’Est, et non au gouvernement des Etats-Unis, mais Arkady n’avait pas vraiment envie de parler de la politique de l’organisation qui l’employait, pas plus que de son vécu.

Je vais éviter de te poser trop de questions pour éviter que ça ne provoque un malentendu… - Il laissa échapper un soupir léger. – Ce qui ne veut pas dire que je trouve normal le quart des informations que tu viens de donner…

Il lui avait demandé de laisser dès le départ ses ennuis à la porte lorsqu’elle venait dans sa librairie, et c’était plus que jamais d’actualité à ce moment précis. Arkady se souvenait également de ce qu’il lui avait promis lorsqu’elle était arrivée en pleur au beau milieu de la nuit, et il ne se voyait pas renoncer à honorer cette promesse un peu étrange :

J’ai tendance à descendre assez facilement les gens qui entrent ici sans invitation, et je pense pouvoir faire de même pour tout agent américain qui viendrait fourrer son gros nez d'ordure capitaliste dans le coin… - Il marqua une pause avant de poursuivre. - … s’ils doivent t’attraper, ça ne sera pas dans ma librairie. Les emmerdes doivent rester à la porte.

Il ne promettrait pas de descendre tout agent fédéral se ramènerait dans le coin, mais il éprouvait tout de même un dégoût profond envers ces gens qui avaient été capables de recourir à des pratiques discutables pour avoir un super-soldat qui ne discuterait aucun ordre donné… Peut-être que le Gouvernement russe avait fait ou faisait encore la même chose sans qu’il ne l’ait jamais appris, mais cela ne changeait rien : le procédé était condamnable, et la raison même pour laquelle Laura existait été condamnable… ce qui n’impliquait pas qu’il doive jurer de la protéger ou un truc du genre, mais en tout cas si un tel cas de figure devait se présenter, il ferait ce qu’il pourrait pour qu’ils repartent sans elle, quitte à ce qu’ils repartent les pieds devant.

Et ils veulent te rattraper pour quoi ? T’envoyer en formation de reclassement ?

L’ironie avait repris le dessus comme pour dissiper l’atmosphère un peu pesante qui s’était sans doute installée.
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Laura Kinney
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Sam 20 Oct - 19:47

    Arkady n’était peut-être pas sourd mais c’était bel et bien son cas à elle, sur le moment. Enfin, elle préféra mettre ce problème de côté et de ne pas lui en tenir rigueur dans la mesure où il n’y avait pas écrit sur le front de Laura qu’elle avait les sens développer. Elle se serait peut-être permis d’être bien plus virulente si Arkady avait été au courant de ce détail. Récupérant doucement –mais sûrement ! – ses capacités, elle avait préféré prendre place sur le canapé et de commencer son explication auprès d’Arkady. D’ailleurs elle avait à peine prit la parole qu’elle était déjà coupé pour quelque chose qu’elle ne comprenait pas trop sur le coup. Il lui fallut deux petites secondes pour comprendre qu’Arkady avait associé son nom à un nom donné par son mac. Ne prenant pas en compte la remarque, elle décida de continué son récit, ce qui aurait pour but de lui faire comprendre que son nom n’avait rien à voir avec le métier qu’elle avait pu exercer. Si son mac lui avait donné un numéro, de toute façon, il y avait fort à parier qu’elle l’aurait tuée bien avant qu’elle ne s’y décide réellement. A croire qu’elle avait développé une réelle aversion pour ce qui était de parquer les gens et de leur donner des numéros comme on le ferait avec du bétail.

    La suite de son récit se fit dans le silence pour Arkady qui semblait réellement l’écouter, voir même réfléchir comme si il cherchait à assembler des éléments avec ce qu’elle était en train de lui dire. Elle ne s’en formalisa pas dans la mesure où elle aurait fait pareil à sa place. Arkady, loin d’être stupide avait forcément remarqué des choses étranges chez l’adolescente – tout comme elle en avait remarqué chez lui – et c’était normal de pouvoir enfin réussir à faire un parallèle grâce à ses explications.. Elle ne s’attendait pas réellement à le voir réagir, du moins pas de manière aussi expressive que certaine personne. Pourtant, elle ne put s’empêcher d’apprécier le fait qu’il ne s’indigne pas, qu’il ne saute pas au plafond et encore moins sur son arme ou sur son téléphone. Ce n’est que quand elle eut finit qu’il reprit la parole après un temps de silence, probablement le temps d’entendre tout ce qu’elle venait de balancer. Après tout, ce n’est pas tous les jours que quelqu’un vous annonce ce genre de chose, elle se félicita néanmoins d’avoir été prise au sérieux.

    Elle n’avait pas réellement cherché à savoir ce qu’il pourrait en dire, peut-être aurait-il émis un simple son avant de hausser les épaules et passer à autre chose. Peut-être qu’il aurait été content de savoir qu’il y avait bien quelque chose de louche à propos de cette adolescente. Elle s’était arrêté à ses deux théories ne cherchant pas trop à comprendre la psychologie humaine et encore moins celle d’Arkady. Ce qui était certain c’est qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’il fasse référence aux boites de conserves contre lesquelles Laura n’avait rien à leurs reprocher. Dans un très léger sourire face à cette réplique, elle se contenta de hausser les épaules l’air de dire que les choses étaient ainsi… Elle aimait les boites de conserves, parce que c’était genre de la gastronomie par rapport à ce qu’on avait pu lui servir avant. Et comme il estimait que ça faisait beaucoup d’un coup, elle préféra restée silencieuse le temps qu’il mette tout en ordre dans sa tête.

    Il appréciait quand même le fait de ne pas être jugée pour le meurtre du mac, encore moins d’être plainte pour la vie qu’elle avait eu. Les gens avaient tendance à se montrer compatissant, avec leur « je comprends »… Phrase qu’elle détestait parce que, honnêtement, qui pouvait comprendre sans avoir vécu ce genre de chose ? Qui pouvait prétendre savoir ce qu’elle vivait ? Le pire était que ces personnes qui, soit disant comprenaient, avaient cette tendance à la plaindre alors qu’elle ne trouvait pas vraiment qu’il y est lieu de la plaindre. Elle n’avait pas grandi avec le mode morale des gens, ce qui leurs semblaient horrible ne l’était pas pour elle, c’était un mode de fonctionnement tellement différent qu’elle commençait à saturer de ces personnes compatissantes. Arkady était cool pour ça, quel que soit son avis sur la question, ça ne semblait pas être son problème et il évita tout ce qui était jugement de valeur. Ca valait bien le coup de supporter son sal caractère, même si elle ne considérait pas son caractère de la sorte.

    C’était pareil pour cette histoire de projet, elle n’avait pas parlé de quel projet exactement mais il ne demanda pas à savoir. Par contre, il semblait plus intéresser par la mutation de Laura, peut-être que ça pourrait l’éclairer sur pas mal d’autres petites choses. De base, elle n’avait pas prévue de lui cacher ses mutations mais les choses avaient quelque peu changé. En réalité, une seule chose avait changé entre le moment pu elle avait décidé de tout lui dire sur sa mutation et ce moment précis : la fausse alarme à incendie. Ça pouvait paraitre stupide ou pouvait même n’y voir aucun lien mais pour Laura ça faisait une différence majeur. En cas de problème avec Arkady, il savait qu’un bruit trop prononcé pouvait porter préjudice à Laura – surtout pas préparé – et, partant de ce principe elle se devait de pouvoir conserver un avantage en cas d’affrontement. Bien sûr, elle ne comptait pas lui foutre sur la tronche, mais sa confiance était – comme elle l’avait déjà dit – quelque chose de très compliqué à avoir. Un début de confiance ne voulait pas dire confiance absolue et, de ce principe, elle cacherait deux facettes de sa mutation dans un souci de conservation d’avantage en cas de litige.

    J’ai les sens surdéveloppé…

    un lança un regard en direction de l’endroit où se trouvait la fausse alarme, en estimant que ça suffirait à faire comprendre pourquoi elle avait réagi aussi mal à l’alarme. Même si elle pensait ne pas avoir besoin de ce geste pour qu’Arkady fasse le lien tout seul. Elle avait même hoché la tête l’air de dire « je sais » quand Arkady avait laissé entendre qu’il savait voir les détails qui clochaient chez les gens. Elle ne s’excusa pas sur le fait qu’il n’ait pas deviner tout seul, et, en même temps, elle se demanda comment il aurait pu le deviner. Le principe d’un projet secret c’est que personne ne s’imagine ce genre de chose, alors le deviner parce qu’une adolescente semblent un peu bizarre, ça aurait plus qu’étonnante.

    Elle ne lui avait rien demandé en échange de ce qu’elle lui avait dit. Cela n’empêcha pas le russe de balancer, comme ça, sans préavis, qu’il travaillait pour le gouvernement. Laura se figea un quart de seconde avant de reprendre son allure de neutralité parfaite en continuant de regarder Arkady : d’une parce qu’elle voulait savoir ce qu’il avait à dire et, de deux, parce qu’au moindre mouvement suspect il se retrouvait avec deux griffes dans le torses ! elle cherchait surtout à deviner si ce qu’il disait été vrai parce que si c’était une blague elle était vraiment dangereuse – mais comme rien ne l’étonnait de la part d’Arkady, elle ne pouvait pas écarter cette piste – et, en même temps, si c’était la vérité ça expliquait beaucoup de chose venant de l’homme. Il affirma par la suite qu’il n’était pas réellement libraire. Laura haussa un sourcil.

    Vraiment ?!

    L’ironie était au rendez-vous et son manque apparemment de surprise –hormis le sourcil relevé volontairement – signifiait clairement que cette info n’était pas une surprise pour elle. Ce qui l’était c’était le fait qu’il travaille pour le gouvernement, sur le papier tous ceux du gouvernement étaient à éliminer. Et, en y réfléchissant bien elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle ne s’était pas encore relevée pour l’achever sur place. C’était censé être si clair dans son esprit : gouvernement = menace. Mais il y avait aussi une autre équation : Arkady = confiance… Alors, que devait-elle faire dans ce genre de cas, créer une autre équation ? Ne se baser que sur la deuxième ? Ne sachant quoi faire, elle resta à l’écouter parce que ça lui semblait être le mieux à faire pour le moment.

    Si Arkady n’avait pas à chercher à savoir de quel projet elle faisait partie exactement, Laura ne s’intéressa pas plus au gouvernement qui employait Arkady. Américain ou Russe, elle s’en foutait c’était un peu la même chose pour elle. Elle avait juste tendance à penser qu’Arkady était un peu naïf sur le fait que le gouvernement ne créait pas des enfants dans un labo, elle était persuadée que ça devait se faire partout de manière plus ou moins aboutie. Il marqua probablement un point en ajoutant qu’il ne poserait pas trop de question afin d’éviter un malentendu. Mais elle avait décidée de lui accorder sa confiance – en partie – alors si jamais les questions ne lui plaisaient pas, elle se contenterait de ne pas répondre. Cependant, il ajouta ne pas trouver normal ce qu’elle venait de lui dire. Laura ne bougea toujours pas elle ne se permise de prendre la parole à ce sujet.

    Avec la façon dont j’ai été élevée, j’aurais tendance à te dire que, moi, j’trouve ça normal. Les moyens employés justifient d’un besoin. Un jour j’ai entendu quelqu’un dire qu’on ne gagnait pas une guerre sans casser d’œufs… Un truc comme ça. Sur le coup j’ai pas trop compris parce que je voyais pas le rapport, enfin, tu vois, j’vois pas les gens se balancer des œufs à la tronche pour gagner une guerre. Mais, après réflexion, j’crois que je suis l’œuf cassé du gouvernement.

    Bon c’était carrément bizarre de ce comparé à un œuf cassé mais c’était pourtant l’idée. Le gouvernement était en guerre contre quelque chose – ou quelqu’un dans ce cas – il fallait trouver une méthode pour détruire cette menace et la seule solution entrevue était-elle, 23ème essai… On lui avait enseigné à ne pas reculer face à une cible, et si cette dernière n’était pas accessible, alors il fallait trouver d’autres moyens et tant pis pour les dommages collatéraux. C’était elle le dommage collatéral mais ça ne pouvait pas la choquée en vue de son éducation. Ce qu’elle apprenait aujourd’hui, sur la morale et tout ce genre de chose, lui donnait envie d’éviter que ces choses-là puisse se reproduire parce que ce n’était pas « bien » mais en aucun cas elle ne se plaignait dans la vie qu’elle avait menée.

    Elle retrouva un semblant de sourire quand il lui rappela que les emmerdes devaient restés à la porte de sa libraire, ce qui impliquerait le fait qu’elle n’aurait pas de soucis à se faire ici. Elle ne lui demanda même pas jusqu’où il pouvait aller pour tenir cette promesse intacte parce que, dans le fond, elle pensait bien le savoir. Mais elle lui avait également promis, un an plus tôt que les ennuis ne viendraient pas dans cette libraire, et c’était une promesse qui était, également, toujours d’actualité.

    Il n’y a aucune raison pour qu’un agent du gouvernement passe cette porte en voulant m’arrêter… Ah moins que tu l’ai voulu.

    Elle ne mettait pas la parole d’Arkady en doute, elle expliquait juste qu’il ne pouvait pas y avoir de fuite de son côté. Elle n’avait jamais parlé d’Arkady, ni de cette librairie à qui que ce soit. Personne ne savait où elle était et Laura était assez douée pour se permettre de se déplacer en s’assurant ne pas être suivit. Elle n’apporterait pas ses problèmes ici, encore plus en sachant qu’Arkady bossait pour le gouvernement. Parce que, si il ne la balançait pas et que, par miracle, les fédéraux débarquent ici, il y avait fort à parier qu’il aurait autant de problème qu’elle pour ne pas l’avoir balancé. Mais Arkady s’interrogea sur les raisons qui poussaient le gouvernement à vouloir la rattraper, en parlant ensuite de formation de reclassement. Ultime phrase qui remit Laura dans l’attitude qu’elle avait en se posant sur le canapé, avant qu’Arkady ne lui annonce qu’il travaille pour le gouvernement.

    Faut croire que les gens « normaux » aiment avoir avec eux ce qui leur a coûter une petite fortune, surtout quand le truc dans lequel ils ont investis à refuser de faire ce à quoi c’était destinée.

    En gros, elle disait qu’elle n’avait pas faite la mission pour laquelle elle avait été créée de base. Elle ne s’en sentait même pas honteuse ou un truc dans le genre, sa confrontation avec Logan, elle l’avait eu, elle avait même eut le dessus mais il faut croire que l’éducation de sa mère avait pris le dessus avant qu’elle n’achève une mission pour laquelle elle n’avait même plus besoin d’obéir, ça avait été le but en fuyant après tout. Elle s’amusa quand même de savoir qu’Arkady avait considérer qu’il y avait eu beaucoup d’infos en même temps alors que, pourtant, elle n’avait donné que la version courte de l’histoire. Si elle avait parlé de sa mère, ça aurait pris trois plombes de plus et inutiles.

    Restant, quand même vigilante sur les mouvements que pouvait faire Arkady, Laura se mise à réfléchir sur ce qu’il avait pu lui dire en retour. Le gouvernement, elle avait toujours du mal à avaler la pilule étant donné le nombre d’années qu’elle avait passé à les détester et à vouloir se venger. A l’institut ont lui avait appris qu’il y avait des nuances chez les gens, comme par exemple vis-à-vis des mutants. Tous ne les détestaient pas, ou les adoraient, il y avait les autres, sans avis, qui s’en foutait ou qui ne les aimaient pas mais qui faisait l’impasse parce que, un jour, ils s’aperçoivent que c’est leur enfant qui est un mutant. Arkady était loin d’être l’enfant de Laura mais il semblerait qu’elle était prête à en faire une exception quand même. Elle se félicita néanmoins de ne pas lui avoir tout dit pour sa mutation parce que, maintenant, entrait en jeu l’occupation d’Arkady. Plus que jamais elle devait garder l’avantage en cas de problème et sa régénération, ainsi que ses griffes, le serait sans l’ombre d’un doute.

    Elle avait toujours su qu’il fallait se méfier d’Arkady dans le sens où il n’était pas le péquin de base, dans le sens où un affrontement avec lui ne serait pas si aisé que ça. Et maintenant elle prenait tous ces éléments avec bien plus d’importance. Elle avait fini par se demander si une confiance absolue était possible, elle avait envie de se dire que oui par pure sentimentalisme. Le problème était que le sentimentalisme n’était pas son truc et que la logique et l’instinct de conservation primait largement. Si elle était toujours dehors c’était bien grâce à ça, entre autres choses.

    Tu sais, j’ai jamais cru que tu étais un simple libraire. En fait je crois que je l’ai su le premier jour, avec les types qui sont entrés dans la librairie pour te braquer. Mais le gouvernement…

    Elle soupira très légèrement, à croire qu’elle aurait préférée qu’il soit autre chose… Elle l’aurait vraiment préféré en réalité parce que ça aurait rendu les choses un peu moins compliquée dans sa tête ou tout était censé être blanc ou noir, mais pas vraiment un mélange des deux. En même temps elle aurait dû s’en douter, avec Arkady rien n’est simple, rien n’est normal, rien n’est conventionnel et c’est pour ça qu’elle l’appréciait. Peut-être que, juste pour son boulot, elle aurait préféré que ce soit un peu plus normal, genre militaire à la retraite, flic suspendu de ses fonctions… ce genre de chose. Elle posa son regard dans celui d’Arkady.

    … Enfin, je crois que je vais m’y faire. C’est juste bizarre de chercher à fuir le gouvernement à longueur de temps pour s’apercevoir qu’y en a un tout proche depuis un moment. Elle s’arrêta un instant, puis très sérieusement, elle se décida de reprendre. Est-ce que j’ai quelque chose à craindre de toi ?

    Il avait laissé entendre qu’elle n’aurait pas de problème dans cette librairie et elle le croyait volontiers. Mais jouer avec les mots étaient une chose dont elle avait appris à se méfier. Le monde ne se résumait pas à cette libraire alors il pouvait très bien monter quelque chose en dehors de cet endroit et, dans ce cas, il aurait tenu promesse. En clair, cette dernière question était bien plus importante pour elle que ce qu’il paraissait. Et le sérieux qu’elle avait à ce moment-là ne faisait pas de doute.

    Parce que, si c’est le cas ou même, si tu le préfères en vue de la situation, je peux parfaitement disparaitre à nouveau sans revenir.

    Ce n’était pas son envie, bien sûr. Mais encore une fois ça prouvait son manque de sentimentalisme et expliquait sûrement pourquoi elle avait réussi à fuir le gouvernement autant de temps. Laura ne s’attachait jamais réellement à ce qu’elle avait, du moins, elle pouvait tout décider de plaquée pour sauver sa peau. Son sentimentalisme, le jour de sa fuite, l’avait ramené chez sa mère et avait conduit Laura à la tué à cause d’une simple odeur. Le genre d’évènement qui vous apprend très vite à faire abstraction de ses envies !
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Arkady O. Romanov
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Dim 18 Nov - 17:22

Il était vrai que l’alarme incendie avait un son désagréable, mais c’était tout de même un excellent moyen pour évacuer rapidement les clients de la librairie lorsque Arkady décidait qu’il les avait assez supportés pour la journée. Bien sûr, ses oreilles n’avaient pas apprécié ce son strident, mais cela restait tout de même largement supportable, peut-être même plus supportable que bien d’autres sons désagréables comme les explosions de bombes, les avions à réaction ou les scies à métaux… Pour résumer, on pouvait dire que même s’il éprouvait une légère gêne, Arkady s’en sortait bien. Les tympans de Laura ne pourraient certainement pas en dire autant à ce moment précis, mais il n’y avait réellement rien qui ne laisse transparaître la gêne profonde qu’elle éprouvait à ce moment précis, pas plus qu’il ne pouvait être évident qu’elle était une mutante aux sens hyper développés.

Ils s’étaient installés sur le canapé en cuir, et le russe avait fait ce qu’il savait le mieux faire, à savoir sonder les gens en un regard. Le récit de Laura laissa Arkady un peu à côté de ses pompes, passant complètement à côté du fait que X23 n’était pas son matricule de prostituée, mais bien un matricule donné par des militaires. Pourtant, cela aurait du être plus qu’évident pour quelqu’un qui comme lui baignait dans ce monde de secrets et de projets visant à anéantir la moitié de la planète pour le bien de ceux qui font partie de l’autre moitié…

Au fil du récit, Arkady essayait de lier avec le tableau global toutes les petites précisions et révélations que lui fournissait l’adolescente, et un mutant capable d’utiliser des rayons X aurait sans doute pu apercevoir sans réellement fournir d’effort particulier que ça carburait à une vitesse incroyable dans la tête du russe. Laura eût tout de même la décence de lui laisser le temps d’emmagasiner toutes les informations, parce qu’elle lui en avait livré pas mal en très peu de temps. Lorsque la pilule commença à passer lentement, le visage du russe ne s’anima pas davantage, un peu comme s’il était prêt à en entendre plus ou que même ce genre de révélations aux relents de complots n’était pas suffisantes pour lui faire perdre son calme ou ce masque de neutralité à la limite du je-m’en-foutisme qu’il revêtait en permanence.

Ce qui était certain malgré l’absence de réaction de sa part, c’était qu’il avait cru à l’histoire de Laura parce qu’il avait vu suffisamment de choses pour que son cerveau intègre la probabilité qu’existent des gens capables d’effectuer ce genre de modifications sur des humains. Les recruter et les éduquer aux arts militaires était une chose, mais ce n’était pas de cela dont Laura parlait. C’était un peu comme si à défaut d’être initiée à ces tactiques, on l’avait dressée pour qu’elles deviennent partie intégrante de sa manière de penser et d’agir…

Alors Arkady tenta de détourner l’attention en faisant mine de n’avoir été choqué que par l’amour de Laura pour les boîtes de conserve, un peu comme si tout le reste était normal. Loin de s’énerver et de lui casser les dents sur le coin de la table basse, l’adolescente trouva le moyen de sourire avec amusement. Le silence persista pendant de longues minutes, alors qu’Arkady essayait de comprendre ce que Laura avait du vivre pendant toutes ces années. Il y mit toutes ses facultés et tourna les choses sous à peu près tous les angles, mais la réalité était là : il comprenait en pratique ce qu’elle avait vécu, à l’écart du monde, à la merci de ses bourreaux mandatés par le Gouvernement… parce que lui-même avait connu les tortures et les humiliations aux mains de ses ennemis. Mais tout le reste lui échappait, qu’il s’agisse de l’aspect mental ou de la manière dont elle avait géré ça pour réussir à conserver un semblant d’humanité là où tous ne cherchaient qu’à faire d’elle un chien d’attaque… Alors ce demi-brin d’adolescente toute chétive, avec toutes ses contradictions, le russe la trouvait toujours aussi intéressante sinon plus, notamment grâce aux éléments qu’elle lui avait livré sur son passé et ses activités un peu spéciales. Cela ne l’incitait pas pour autant à tomber dans les travers d’une grande majorité de gens qui se seraient empressés de câliner Laura pour soit-disant compenser l’affection dont elle avait été privée en captivité, simplement parce qu’Arkady ne mangeait pas de ce pain-là. Le sentimentalisme était une cruelle perte de temps, et c’était encore plus vrai pour le russe qui avait été habitué très jeune à ne pas s’encombrer de sentiments et autres boniments afin de garder son esprit le plus alerte possible. Ce qui excluait d’emblée le fait de laisser ces sentiments indésirables obscurcir son jugement, sous peine de se faire démasquer – ça, c’était vrai pour les missions autant que pour sa pseudo-couverture de libraire – ou de connaître une mort rapide mais non moins douloureuse des mains de ses ennemis…

Pour ce qui était de la mort de l’ancien mac de Laura, Arkady n’avait pas vraiment vu l’utilité d’affecter un air choqué ou de faire mine de ne pas comprendre la raison de son geste. La réalité faisait qu’il était sans doute le mieux placé pour comprendre ce type d’actes provoqués par une pulsion, et le russe aurait ainsi était bien hypocrite de blâmer l’adolescente pour son geste. Ce n’était pas comme si ce type avait vendu le corps d’une adolescente aux pervers les plus offrants, et à ce titre il méritait très clairement de connaître une mort douloureuse. Ce qui était en principe sensé choquer également, c’était le fait qu’une ado toute frêle se soit lancée dans cette entreprise et y soit parvenue. Ce qui était dans un sens parfaitement normal à présent que Laura avait abordé le volet « projet entraîné à tuer » de son histoire…

Le sujet de la mutation s’était rapidement révélé comme un point d’intérêt pour Arkady, et Laura finit par expliquer qu’elle avait les sens surdéveloppés. Un sourire en coin accueillit cette révélation, et le russe finit par reprendre la parole :

Je prends note de ce détail important… - Le début de phrase pouvait prêter à confusion, et Arkady laissa son sourire s’agrandir et le doute s'installer avant de poursuivre. - … il va falloir que j’apprenne à arrêter de marmonner des trucs en pensant que personne ne peut les entendre. Parce que là, ça change la donne…

Laura hocha ensuite la tête pour confirmer qu’Arkady était plutôt doué pour voir ce qui clochait chez les gens de manière générale, parce qu’en effet, même s’il n’était peut-être pas le meilleur observateur qui existe au monde, sa survie dépendait en grande partie de son aptitude à flairer les sources potentielles de danger et à les éviter – ou les éliminer. Par la suite, l’adolescente sembla même cesser de respirer peu après qu’Arkady ait admis travailler pour le Gouvernement, mais rapidement cette impression se dissipa au profit de cette profonde neutralité de visage propre à Laura. Alors elle ne lui avait pas sauté à la gorge et n’avait pas non plus cherché à fuir, ce qui devait sans doute être la preuve qu’elle était capable de réfléchir un minimum au fait que les gens n’étaient jamais ou tous blancs ou tous noirs dans la vie, et que le fait qu’Arkady travaille pour un Gouvernement qu’il n’avait pas nommé ne signifiait pas qu’un commando débarquerait dans trois minutes pour l’attraper et la renvoyer en cellule. C’était une faculté que de nombreux agents avaient du mal à acquérir, et il n’était pas rare que certains décident de foutre sur la tronche d’un agent théoriquement ennemi alors que leur collaboration aurait facilité la réussite d’une mission commune.

L’adolescente haussa un sourcil avec perplexité peu après avoir entendu le russe déclarer qu’il n’était pas vraiment libraire. Cependant, en dehors de ce sourcil levé, tout – timbre de voix et intonation – laissaient entendre qu’elle n’était absolument pas étonnée par cette information. En même temps, il était difficile d’imaginer qu’un asocial du genre d’Arkady ait un jour eu la vocation de devenir libraire et de côtoyer à longueur de journée des clients… Comme quoi, même sans connaître son appartenance aux services secrets, l’information était déjà presque évidente, mais beaucoup trop évidente pour qu’on y prête attention.

Laura précisa ensuite que contrairement au russe, tout ce qu’elle venait de dire lui paraissait bien normal. Elle partit ensuite dans une explication qu’Arkady parvint à suivre jusqu’à ce qu’elle se focalise sur des œufs qu’il était stupide de lancer sur des gens pour gagner une guerre… Le regard d’Arkady resta fixe pendant quelques instants avant de s’animer de nouveau de cet éclat d’amusement avant que finalement Laura ne conclut qu’elle était l’œuf cassé du gouvernement. C’était certes la première fois qu’Arkady rencontrait un projet créé de toutes pièces, mais c’était également la première fois que quelqu’un utilisait cette appellation devant lui.

Un œuf en général, ça a tendance à ne servir à grand-chose et à ne pas réfléchir… - Il marqua une pause avant de poursuivre.C’est peut-être pas plus mal que tu sois cassée, au final… - Un sourire fendit son visage buriné par le temps. - … enfin ce n’est que mon avis.

Si un œuf parfait était un petit soldat bien sage et prêt à se faire exploser sur commande, cela n’était visiblement pas le cas de Laura qui, malgré son air un peu simple et contemplatif avait à cœur de comprendre les choses, de comprendre les choses… et avait soif d’indépendance, comme en témoignait sa fuite et le meurtre de son mac qu’elle assumait parfaitement. Elle avait beau se voir de cette manière, Arkady était beaucoup plus enclin à la voir bien autrement. Il aurait pu l’étiqueter « apprentie » parce qu’au-delà de la lecture, il l’amenait à poser un autre regard sur le monde sans réellement le chercher, mais son caractère impossible faisait que cette situation était inédite pour le russe au moins autant qu’elle devait l’être pour Laura.

Un sourire revint sur son visage après qu’Arkady ait répété que les emmerdes de toute sorte devaient rester à la porte de sa librairie. C’était sans doute la principale condition de leur collaboration, d’une part parce qu’il était hors de question de voir débarquer qui que ce soit dans la librairie qui vienne pour autre chose que pour acheter des livres, et d’autre part parce qu’Arkady n’avait aucune envie de s’impliquer dans des problèmes personnels qui portaient très bien leur nom et ne le concernaient absolument pas. La réponse de Laura fut teintée d’une légère teinte de méfiance, un peu comme si elle était parfaitement certaine qu’un débarquement d’agents à la librairie ne pourrait jamais être de son fait, et par conséquent qu’Arkady serait le seul responsable si on remontait sa piste jusqu’ici. En réfléchissant un peu ça paraissait logique, surtout parce qu’elle avait quand même réussi à tuer un homme et à disparaître un an sans laisser de traces… Il y avait bien entendu l’idée sous-jacente qu’Arkady la donne au Gouvernement, et le russe affecta un air profondément choqué, conservant la bouche entrouverte et posant une main contre son torse avec un air de diva offusquée par une critique assassine :

Non, sérieusement ? – Il adopta de nouveau son air neutre fétiche. – De mon point de vue, s’il y a un débarquement de fédéraux ici, ça ne serait pas de mon fait… Tu apprendras rapidement tout l’amour que ces pingouins en costume m’inspirent.

Ces quelques mots pour signifier que même si ses raisons étaient différentes de celles de Laura, Arkady ne portait pas non plus les fédéraux dans son cœur, et cela parce qu’ils avaient toujours eu une fâcheuse tendance à mener une guerre d’influence avec le S.H.I.E.L.D sur pas mal de plans, et toujours pour des motifs à la con. Pour ce qui était d’avoir des ennuis en ayant des contacts fréquents avec un ancien projet hors de prix, autant dire que c’était le dernier des soucis du russe qui n’avait, de toute manière, de comptes à rendre qu’à Nick Fury. Alors les fédéraux pouvaient aller se faire voir chez les Grecs…

Laura expliqua ensuite qu’elle n’avait pas rempli la mission pour laquelle elle avait été créée, et Arkady se demanda l’espace d’un instant quel genre de mission pouvait être prévue suffisamment à l’avance pour avoir le temps de prévoir et planifier l’entraînement d’une personne à ce point… Aucune réponse ne sembla venir, mais le russe s’abstint néanmoins de poser la question à Laura, toujours par crainte de provoquer un malentendu par excès de curiosité. Leurs aveux respectifs étaient sans doute trop frais, même pour une question formulée sur le ton de la plaisanterie ou de la raillerie, et Arkady avait appris avec l’âge à déterminer les moments les moins opportuns pour les discussions sérieuses et à les éviter soigneusement pour éviter de se prendre un coup de couteau.

Ouais… Faut croire que tes ex-patrons avaient une notion assez particulière de la propriété.

Tout dans le ton employé indiquait qu’il désapprouvait cette manière de faire ou de considérer une personne de la même manière qu’une voiture de sport. Payer pour une voiture et vouloir en disposer était tout à fait normal, mais dans le cas d’un être humain – ou même d’un mutant – c’était d’autant plus difficile à concevoir… Alors peut-être qu’il n’était au fond de lui qu’un foutu idéaliste de la première heure incapable d’imaginer que l’on puisse s’adonner à des expériences sur les humains avec l’accord d’un Gouvernement quelconque, ou peut-être que justement, il imaginait très bien ces choses pour les avoir vues pratiquer et qu’il ne pouvait s’empêcher de désapprouver. La question était très complexe, et pour l’instant Arkady préférait éviter de trop s’épancher dessus.

Et donc ils voudraient que tu fasses ce qu’ils attendent de toi…

Un soupir lui échappa. Laura restait immobile et attentive, toujours installée sur le canapé, un air légèrement amusé flottant sur ses traits. L’adolescente finit par livrer elle aussi son ressenti, précisant qu’elle n’avait jamais cru qu’il puisse être libraire, notamment lorsque des types avaient essayé de voler la caisse le jour de leur rencontre. Le russe se fendit d’un sourire, amusé par cette révélation qui tendait à prouver que Laura n’était pas née de la dernière pluie, mais également par le fait qu’elle n’aurait jamais pu l’imaginer bosser avec le Gouvernement. Elle soupira et ajouta après quelques secondes que la situation était bizarre parce qu’elle avait cherché à fuir une entité toute sa vie pour au final venir se frotter à l’un de ses membres sans même en avoir conscience… C’était sacrément ironique, au point que cela tira un rire au russe. Rire qui s’arrêta net lorsque Laura lui demanda cash si elle avait quelque chose à craindre de lui, parce qu’Arkady retrouva dans la seconde son air neutre afin de ne pas donner l’impression de se foutre d’elle :

Tant que tu respectes mes règles, que tu ne voles rien… on va dire que je réussirais à ne pas te botter le cul. Pour ce qui est de te vendre à ceux qui te cherchent, je ne mange pas vraiment de ce pain là… - Il marqua une légère pause qui laissait deviner un « mais » et une nuance dans son discours. - … sauf si tu es l’un de ces mutants qui s’éclatent à poser des bombes partout et à terroriser des gens pour le plaisir. Là, même si ça ne fait pas partie de ce pour quoi on m’emploie, j’espère que tu comprendras que nos routes doivent se séparer… - Ca tombait sous le sens, déjà parce qu’Arkady n’avait aucune envie de finir en cellule pour haute trahison, mais également parce qu’étant lui-même un humain, il n’avait pas vraiment envie qu’on laisse des gens s’en prendre à lui en gardant les bras croisés sous prétexte que l’oppresseur était une connaissance. - Si cela peut te rassurer, les russes sont quand même beaucoup plus fair-play que ce que leur réputation laisse entendre : si ça ne colle plus pour les raisons citées précédemment, tu le sauras bien avant d’avoir les fédéraux sur le dos…

Ca pouvait sonner comme une menace, mais cela n’en était pas une – du moins pas complètement. Arkady était réputé pour ne donner que très rarement dans la nuance, mais cette gamine presque analphabète qui aimait disparaître dans la nature, elle lui avait manqué d’une certaine manière… Est-ce que cela signifiait que le russe se ramollissait ou qu’il tombait dans le sentimentalisme ? Dans un sens, c’était un peu ça, à la différence près que n’importe quel terroriste se prendrait une balle de la part d’Arkady sans autre forme de procès. Pour ce qui était de Laura et dans l’hypothèse où elle ferait un jour quelque chose de condamnable selon les critères du russe, il lui laisserait la possibilité de disparaître. Enfin du moins, pensait-il en être capable sur le coup, mais Arkady était également assez réputé pour son manque de patience dans de nombreux domaines… A savoir s’il réussirait à faire preuve de suffisamment de contrôle sur lui-même pour tenir cette espèce de promesse qu’il avait formulée, là c’était une autre histoire. L’adolescente évoqua la possibilité de partir et de ne jamais revenir si cela pouvait rendre les choses plus faciles pour Arkady, et le russe la considéra un instant en silence en se demandant jusqu’à quelle point Laura pourrait faire preuve de cette abnégation complète vis-à-vis de ses envies…

Ca ne tient qu’à toi, comme ça a toujours été le cas depuis le début… Je pose les règles, et le choix t’appartient de les respecter ou non, Laura. Avec toutes les conséquences que cela implique…

Fréquenter un ancien projet top secret était une chose relativement folle pour un agent tout aussi secret que le projet en lui-même. Cependant, Arkady n’était pas fou et était bien conscient que malgré tout l’intérêt et la sympathie que lui inspirait Laura, il ne pourrait prendre le risque de se faire jeter en cellule par pur plaisir. Ou elle respectait ses règles, ou elle devrait aller voir ailleurs avec une meute de fédéraux à ses trousses…
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Laura Kinney
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Mar 20 Nov - 14:26

    Laura avait annoncé sa mutation comme on annoncer que l’on va faire ses courses, pas de grande cérémonie pour l’annoncer et encore moins un suspens à couper le souffle. C’est peut-être cette façon assez simple et directe de dire les choses qui laissait peu de place au doute concernant une autre mutation potentielle, voire deux autres. Elle en gardait sous le coude de manière à garder l’avantage parce que la confiance absolue ne pouvait pas exister. Et, partant de ce principe elle était consciente qu’Arkady pouvait, également, lui cacher des choses en oubliant certaines précision comme le département pour lequel il travaillait au gouvernement. Un déballage de vérité ne voulait pas dire qu’il fallait TOUT exposer au regard de l’autre. Et c’est ce manque de confiance absolu qui fit tiquer Laura quand Arkady annonça prendre bonne note de son pouvoir. Il prenait bonne note comment ? Comme pour pouvoir s’en servir contre elle ? Comme un moyen de défense ? Comme… Comme éviter de marmonner quelque chose en pensant être le seul à s’entendre. Cette explication venait de suffire à la détendre un peu, elle haussa les épaules.

    Dommage, je suis certaine que les trucs marmonnés sont très… Instructifs. Pour ne pas dire amusant.

    Un léger sourire sur le visage avant qu’elle ne retrouve son air neutre à la fin de sa phrase. Elle s’amusait d’imaginer toutes les choses que pourrait dire Arkady sous le coup d’une situation qui l’aurait saoulé, parce qu’il avait une façon de dire les choses qui amusait beaucoup Laura. Elle avait dit « instructifs » parce que, effectivement, elle ne voulait pas dire « amusant » mais, finalement, elle avait expliqué cela parce qu’elle trouvait qu’instructif pouvait porter à confusion. Laura n’était franchement pas le genre à chercher à entendre quelque chose pouvant lui en apprendre plus sur Arkady. Si elle devait savoir quelque chose de lui, cela viendrait du libraire et elle espérait que cela n’est pas à venir d’une autre personne. Après, il donnait les infos qu’il veut, quand il veut. Laura était patiente et tellement peut curieuse qu’elle pouvait passer sa vie avec le peu de chose qu’elle savait de lui. En y réfléchissant bien, quand Laura commençait réellement à s’interroger sur une personne et à se renseigner c’est que cela était mauvais signe pour la personne en question. Connait ton ennemi ! Voilà ce qu’on lui avait appris. Se renseigner était bien souvent le signe qu’elle finirait par s’attaquer à la personne.

    Laura avait bien conscience de s’embrouiller avec son histoire d’œuf mais ce n’était pas de sa faute si des gens utilisaient des expressions complètement débiles ! Mais, apparemment, Arkady avait compris ce qu’elle essaye de dire – elle ne savait toujours pas comment il avait fait – avant de conclure que c’était une bonne chose qu’elle soit cassée. Laura plissa légèrement les yeux en essayant de comprendre en quoi il était mieux d’être cassé plutôt qu’opérationnel. Mais très vite elle comprit que c’était le fait d’être « cassée » qui lui donnait la possibilité d’être là où elle était aujourd’hui et non pas en train de répondre aux ordres d’un type du gouvernement. Alors, une fois qu’elle eut compris ça, elle hocha la tête semblant être presque fière qu’on puisse la qualifiée d’œuf cassé… Ok, c’était bizarre mais qu’est-ce qui ne l’était pas entre eux deux ? Et si elle avait la notion de l’humour étrange, elle aurait été capable de venir la prochaine fois avec un t-shirt « J’suis un œuf cassé et fière de l’être »… Des fois, avoir vécu dans une cage évitait de faire des choses totalement stupides !

    Par la suite Arkady sembla étonnée que Laura puisse sous-entendre que, si débarquement de fédéraux il y a, cela de sa faute. Elle ne put réprimer un léger sourire en le voyant se désigner comme offusquer par cette déclaration avant qu’il n’ajoute que cela ne serait pas de sa faute. Il trouva même intéressant de préciser qu’il n’aimait pas les fédéraux, qu’il considéra comme des pingouins. Étrange ? Pourquoi des pingouins ? Voilà qui échappait totalement à Laura qui ne comprenait pas le lien… Si il rigolait parce qu’elle faisait le parallèle entre un œuf et elle, elle allait franchement trouver ça déplacer venant d’un type qui associe les fédéraux aux pingouins. L’espace d’un instant elle alla même fouiller dans sa mémoire remontant à la dernière course poursuite avec les fédéraux, se remémorant leur façon de courir… Non, vraiment, elle ne voyait pas de lien.

    Ce qui l’intriguait en revanche c’était la raison qui semblait poussé Arkady à ne pas aimer les fédéraux alors qu’il disait travailler pour le gouvernement. Pourquoi travailler avec des gens que l’on n’apprécie pas. Du coup, c’est assez facilement qu’elle s’orienta sur le fait qu’Arkady ne devait pas travailler pour les fédéraux américains, au moins ça expliquerait qu’il ne les apprécie pas. Entre pays, ça ne devait pas être la meilleure entente. De manière erronée, Laura songea qu’Arkady était un agent Russe, en tout cas quelque chose qui devait s’en approchait. Elle ne posa pas la moindre question cependant. Si Arkady avait voulu lui dire ce qu’il faisait exactement et pour qui, il l’aurait fait. Ça se trouve c’était un espion à la solde de la Russie pour découvrir des secrets Américains. Mouais, de toute façon Laura ne se sentait pas assez Américaine pour chercher à déjouer un complot contre ce pays, qu’ils se débrouillent ses « pingouins » - comme le disait si bien Arkady – en costume !

    Laura ne put s’empêcher de légèrement hocher la tête quand Arkady expliqua que, selon lui, les patrons – créateurs, serait plus juste – de l’adolescente avait une notion particulière. Franchement, elle ne pouvait pas réellement leur en vouloir, ce n’était pas cool pour elle mais ça devait être compliqué de voir fuir un projet dans lequel beaucoup à été investi. Surtout qu’elle n’était pas la seule à avoir fui de cette manière. Tel père, telle fille, comme on dit. De quoi faire enrager les personnes responsables de ce programme qui avait, eux-mêmes, dû sérieusement se faire hurler dessus par leurs supérieurs. Mais, dans le fond, cette perspective lui plaisait bien. Arkady ne semblait vraiment pas apprécier ce genre de méthode, elle pouvait le comprendre, mais elle ne se considérait pas assez humaine pour se dire que c’était vraiment mal. Il avait fini par comprendre que les « patrons » de Laura voulaient la récupérer pour finir ce pour quoi elle était créée. Ce qui était appréciable dans cette phrase c’est que ce n’était une question, à aucun moment Arkady lui demanda concrètement ce qu’elle était censée faire. Si elle ne lui posait pas de question sur ce qu’il ne disait pas, Arkady faisait de même. Une attitude qui allait entre le respect des savoirs de l’autre et un fond de méfiance pour ne pas paraitre trop « intéressé » par le discours de l’autre et créer un quiproquo suivit d’une situation qui pouvait très vite dégénérer.

    Oui, je crois que c’est l’idée.

    Et bordel, qu’est-ce qu’elle aurait aimé dire qu’ils se foutaient le doigt dans l’œil, que jamais elle n’accomplirait sa mission et qu’ils l’auraient tous de travers. Mais, elle était incapable d’affirmer une telle chose. Elle s’était aussi dit qu’elle ne pourrait pas tuer ce qui lui avait servi de mère – au moins sur un point de vue biologique – et c’est pourtant ce qu’elle avait fait. Foutu parfum. Elle avait déjà réussi à avoir le dessus sur Logan, une fois, alors si il se retrouvait asperger de ce fameux parfum, elle savait qu’elle ne pourrait se contrôler. C’était sûrement ça le plus compliqué, elle était incapable de promettre de ne pas s’en prendre à telle ou telle personne. Une ombre passa dans son regard. D’un léger mouvement de tête elle chassa ce genre de pensée pour ce rattraper à ce qu’était en train de dire Arkady.

    le rire de l’homme avait prouvé que la situation, inédite, dans laquelle ils se trouvaient tous les deux l’amusait. Mais très vite un certain sérieux apparu de nouveau sur son visage pour rappeler ses règles et que, si elles étaient respectées alors il n’y avait pas de raison que Laura risque quoique ce soit venant de lui. Bien sûr il y avait des restrictions à son silence, comme par exemple le fait qu’il ne protègerait pas vraiment son secret si elle se mettait à tuer un peu tout le monde et, surtout, au hasard. Un léger sourire passa sur les lèvres de la jeune adolescente parce que, malgré l’air bourru d’Arkady il était quand même vachement attaché à une certaine morale, les innocents et tout le bordel. Mais elle nota surtout le fait qu’il la préviendrait si ça devait foirer entre eux deux, ce qui était plus qu’appréciable et prouvant un certain… Elle ne savait pas trop, un certain respect, non ? Elle planta son regard dans celui d’Arkady.

    Je ne fais jamais rien pour le plaisir, encore moins pour m’amuser et il est très rare que je tue une personne sans que ce soit prévu et pour une raison qui me parait bonne.

    Elle mettait en avant sa notion de « bonne » parce qu’elle savait très bien qu’une raison qu’elle trouvait justifiée pour elle, ne l’était pas forcément pour d’autre. Par exemple, son ancien mac : elle trouvait la raison parfaitement justifié mais, pour d’autre, ce n’était pas une raison suffisante. Elle n’avait pas dit non plus n’avoir jamais tuer de personne qui n’avait rien à voir avec sa cible première parce qu’elle avait déjà eu des dommages collatéraux et parce que, d’autres fois, on s’était servi d’une odeur spécifique pour lui faire tuer des gens sans qu’elle le veuille. Finalement, en y regardant de plus près, on pouvait difficilement faire plus sincère comme réponse, suffisait juste de faire attention à la tournure de ses phrases et elle ne doutait pas un instant qu’Arkady saisisse les nuances de son discours. Et puis, elle décida d’alléger les temps.

    Le jour où je me ballade dans la rue, en posant des bombes – bien que ce ne soit vraiment pas mon style – ou en tuant tout ce qui passe, je crois que je ne t’en voudrais pas de faire en sorte que je ne puisse plus nuire.

    Parce que si elle en arrivait là c’est qu’elle aurait perdu le semblant d’humanité qu’elle s’efforce de garder et qui l’empêche d’être un « projet » à temps complet. Elle avait bien assez de lacune niveau humanité pour risquer de perdre le peu qu’elle avait. Elle avait fini par dire qu’elle pouvait tout aussi bien disparaitre si la situation était trop compliqué pour Arkady, admettant de ce fait qu’il pouvait être difficile pour lui de concilier son activité et de garder le secret sur une mutante venant d’un projet gouvernemental. Il y eu un moment de réflexion et, finalement, il expliqua que le choix lui revenait à elle, en disant qu’après tout le choix lui était toujours revenu. Ça lui rappelait à quel point elle avait disparue soudainement pour revenir comme une fleur sans qu’il ne bronche. Tolérant l’Arkady, quand même. Alors c’est tout aussi sérieusement qu’elle décida de lui répondre.

    Tes règles ne m’ont jamais posé le moindre souci, tu sais. Si ça n’avait pas été le cas, je ne serais pas là aujourd’hui, et je me serais trouvé une autre personne pour apprendre à lire. J’voulais juste m’assurer que la situation était cool pour toi.

    Cool ? Elle n’était pas certaine que ce soit le terme approprié mais, dans l’immédiat elle n’en n’avait pas d’autre, fallait qu’il fasse avec. Mais, tout ça pour dire, qu’elle n’avait pas le moindre problème avec ses règles et qu’elle les trouvait même légitime en vue de la situation. Elle aurait même eut tendance à trouver étrange qu’il n’y ait aucune règle à respecter, là, au moins, les choses étaient posées. Alors ouais, elle pouvait estimer que c’était « cool » ! Et puis, tout d’un coup, comme si tout ce qui venait de se dire avait autant d’importance que la couleur des serviettes de bain à associées à la salle de bain, Laura reprit un air un peu plus animé afin de reprendre sur un truc qui n’avait strictement rien à voir.

    Ca veut dire qu’on va pouvoir reprendre la lecture ? Parce que tu sais, maintenant que j’suis dans une école j’ai fait pas mal de progrès depuis la dernière fois. Mais, en fait c’est super énervant, parce qu’ils parlent de trucs en cours que je connais même pas.

    Son cours avec Quentin lui revenait forcément en mémoire où elle avait fini par sortir parce que ça la saoulait d’entendre les théories de tout le monde sur « Alice aux pays des merveilles » alors qu’elle n’y connaissait strictement rien. Surtout que la morale des personnes présentes n’était pas franchement en adéquation avec celle de Laura mais, là, c’était encore une autre histoire.
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Arkady O. Romanov
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Mar 2 Avr - 15:53

Depuis leur rencontre, absolument rien n’avait été tout à fait normal entre Arkady et l’adolescente. Mais ce qui était le moins normal compte tenu du contexte actuel, c’était sûrement cette manière qu’elle avait de balancer des bombes en ayant l’air de parler de la pluie et du beau temps. Sa mutation était la parfaite illustration de ce détachement un peu étrange, parce qu’elle n’avait même pas cherché à y aller par quatre chemins pour aborder le sujet et avait abordé le sujet de manière frontale. Il en avait été de même également pour son statut de projet gouvernemental raté. Et en y réfléchissant bien, Arkady avait encore l’exemple de son boulot – prostituée – en tête pour témoigner du fait que rien ne la gênait réellement lorsqu’il s’agissait d’aborder des sujets un peu glissants avec les gens qui l’entouraient. En quelque sorte : Laura était un OVNI qui ne pouvait pas laisser Arkady indifférent sur bon nombre de plans…

Un an s’était écoulé depuis leur dernière entrevue, et rien ne semblait avoir changé de ce côté. Par contre pour ce qui était de l’expressivité du visage de l’adolescente c’était tout autre chose, au point même qu’Arkady s’étonnait de voir apparaître ça et là quelques expressions bien connues, mais rarement entrevus sur le visage de Laura. C’est ainsi que le russe cru deviner une certaine méfiance l’espace de quelques secondes, avant que cette impression ne se dissipe complètement un tout petit peu avant que Laura ne plaisante en rebondissant sur les propos du russe. Instructifs, les trucs qu’il marmonnait ? Tout dépendait du point de vue duquel on se plaçait, mais en définitive elle n’avait peut-être pas complètement tort : les choses désagréables, Arkady adorait les hurler à la face des gens qui l’exaspéraient, alors si le volume sonore était trop bas pour être complètement audible, ce n’était pas forcément une mauvaise chose pour la personne concernée par le marmonnement. Quoi qu’il en soit, il répondit au sourire de la jeune fille par l’un de ses rictus habituels, indiquant d’un geste ample du bras qu’il valait mieux oublier ça, jusqu’à ce que Laura précise que ça pourrait être plus amusant qu’instructif. Un sens de la nuance qu’il ne lui avait pas connu jusque là et qui était donc à mettre dans la catégorie « améliorations » concernant l’adolescente. Mais le russe espérait tout de même que d’autres améliorations plus chiantes n’accompagnait pas celle-ci et cette amélioration globale de son expressivité ; manquerait plus que la gamine devienne aussi chiante que tous ces ados qu’il virait de sa librairie presque à coups de pieds au cul !

Amusants, instructifs… pas certain du mot exact, mais ça pourrait l’être sans aucun doute.

L’air railleur propre au russe avait le don de faire peur à ceux qui ne le connaissaient pas ou qui ne l’avaient pas fréquenté suffisamment pour comprendre qu’au-delà de son mauvais caractère réel, Arkady y recourait assez souvent comme une façade pour éviter de paraître trop humain, amateur d’humour au même titre que n’importe qui d’autre, ou même capable d’avoir une interaction sociale avec une personne autre que lui-même sans qu’une arme n’entre dans l’équation. Le russe aimait cultiver son côté un peu asocial, et à force d’y jeter toutes ces forces, il avait fini par le devenir encore un peu plus qu’en temps normal… mais ce n’était pas pour lui déplaire, bien au contraire !

L’histoire des œufs cassés avait un peu laissé tout le monde perplexe, mais Arkady avait fini par comprendre ce que Laura avait voulu dire et par donner son avis sur la plus grande utilité des œufs cassés. Une explication un peu étonnante au final surtout venant de la part d’un homme de terrain, mais on ne pouvait pas non plus lui reprocher de trouver plus intéressante une personnage avec un peu d’épaisseur par rapport à un gentil toutou dressé à l’attaque et totalement incapable de réfléchir par lui-même, parce qu’il était avant tout humain avant d’être un professionnel dans sa branche d’activité hermétiquement fermée.

Les connaissances de Laura concernant les différentes agences inter-gouvernementales ne semblaient pas vraiment optimales, mais Arkady n’avait malheureusement aucun moyen de le deviner parce qu’elle ne posa aucune question concernant les sujets qui lui échappaient. En revanche, elle sembla d’accord avec le fait que ses anciens patrons avaient une notion assez jusqu’au-boutiste de la propriété, un peu comme si Laura ne s’appartenait plus à elle-même mais n’était rien de plus qu’un jouet entre leurs mains… Le simple fait d’y penser lui fit froid dans le dos, mais le russe n’ajouta rien de plus à ce sujet, peu désireux d’avoir l’air trop insistant ou trop moralisateur vis-à-vis d’une situation à propos de laquelle il ne savait au final que trop peu de choses. Et quand on faisait un rapide bilan, dans le fond il valait certainement mieux qu’il ne sache rien de trop précis sur le programme duquel était issu Laura, au risque de devenir parano ou de soupçonner le pire chaque fois qu’elle le regarderait de manière trop insistante. Arkady n’était pas à ce point obsédé par sa survie, mais il était prêt à faire ce qui était nécessaire pour rester en vie…

Après qu’Arkady ait expliqué très sérieusement qu’il ne lui enverrait pas les Fédéraux s’ils venaient à avoir un désaccord, Laura posa sur lui un regard assez difficile à déchiffrer parce qu’elle avait évolué loin de lui, ou du moins suffisamment pour qu’il ne puisse saisir chaque nuance de sa palette d’expressions faciales simplement parce que la neutralité originelle de Laura court-circuitait à peu près tout ce qu’Arkady avait appris au cours de sa formation d’espion. Cependant, il aurait pu parier une bouteille de sa vodka préférée que c’était une forme d’appréciation qu’il avait lue dans le regard de l’adolescente. Laura apporta également quelques précisions sur sa manière de faire qui pouvaient être résumées par « je ne tue pas sans raison ni sur un coup de tête », et Arkady hocha la tête avec satisfaction sans réellement s’en cacher. Ce n’était pas vraiment le fait qu’elle tue des gens qui était susceptible de le faire mal réagir – ça aurait été l’hôpital qui se foutait de la charité, en même temps ! – mais plutôt le fait de d’en arriver à de telles extrémités sans raison valable. « Valable » étant ici une notion variable en fonction de l’éducation reçue et de tout un tas de facteurs propres aux valeurs de la personne en question. Il n’y avait pas de bonne ou de mauvaise raison de tuer pour Arkady, la seule chose condamnable à ses yeux était de donner la mort gratuitement, juste parce qu’on estimait en avoir le pouvoir et le droit… Il y avait seulement certaines raisons de tuer qui étaient plus compréhensibles que d’autres, mais il n’avait pas envie de se lancer dans ce genre de débats. D’une part parce que ça serait incroyablement glissant, et d’autre part parce qu’il n’avait pas envie que l’adolescente disparaisse à nouveau et n’emporte avec elle l’étincelle d’intérêt qu’elle éveillait chez le russe chaque fois qu’elle faisait ou disait quelque chose qui ne collait pas avec son image d’adolescente fragile.

Concernant les bombes, la réponse de Laura fut au-delà des espérances d’Arkady, et il se contenta d’un hochement de tête, l’air grave, avant de finalement affecter un air beaucoup moins neutre. Le sujet des règles d’Arkady ne les occupa guère longtemps : Laura expliqua n’avoir jamais eu aucun problème, précisant qu’elle se serait adressée à quelqu’un d’autre pour apprendre à lire si ça avait été le cas. En conclusion, elle expliqua avoir voulu s’assurer que la situation était « cool » pour lui, et Arkady esquissa un demi-sourire avant de répondre sur le même mode…

C’est cool pour moi.

Laura reprit la parole pour relancer Arkady sur la lecture, le sujet qui les avait amenés à faire quelque chose tous les deux là où ce n’était clairement pas gagné au départ. Un sourire amusé esquissa les lèvres du russe peu avant que la jeune fille n’explique qu’elle était à présent élève dans une école et qu’elle avait fait des progrès. C’était une bonne nouvelle, et il ne manqua pas de le lui faire savoir :

Des progrès ? Il va falloir que je vérifie ça… au cas où les profs de cette école soient un peu trop mous avec toi. – Un grand sourire avait accompagné cette phrase pour montrer qu’il ne mettait pas en doute les capacités de la mutante, mais bien celles de ces professeurs. – C’est un genre d’école pour adultes ?

Le fait qu’elle ait parlé d’école avait quelque chose d’appréciable même si au fond de lui Arkady aurait sans doute tenu à garder le monopole de l’apprentissage de la lecture à sa protégée - qu’il ne nommait jamais ainsi en public, ça allait de soi. Elle avait réussi à se faire admettre dans une école pour rattraper son retard. Mais effectivement et comme elle le disait elle-même, les autres parlaient souvent de choses qu’elle ne connaissait pas…

Ca viendra avec la pratique. On ne nait pas en sachant tout faire ou en connaissant toutes les techniques de combat… - Il marqua une courte pause. – Ca te plaît, sinon ? Ils te font lire des choses intéressantes ?

Il y avait fort à parier que oui, mais cette question en apparence stupide permettait de lancer la conversation, parce que lui n’avait pas fait grand-chose d’extraordinaire ces 12 derniers mois…
A aucun moment il n'avait cherché à savoir si la mutation de Laura était bien tolérée par ses camarades ou par ses professeurs. Pas parce qu'il s'en foutait, mais simplement parce qu'Arkady n'était pas plus partisan de l'encouragement global à la psychose liée aux pouvoirs dangereux des mutants qu'il n'était attaché à la distinction mutant / humain. Et puis la question ne se posait même pas, parce que Laura avait été capable de dissimuler sa mutation à Arkady, alors il ne se faisait aucun souci concernant le renouvellement de cet exploit auprès d'un public nettement moins observateur.
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Laura Kinney
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Mer 3 Avr - 18:28

    C’était assez marrant, d’une certaine manière. Un certain nombre de personne – même si elle n’en avait pas conscience – était souvent étonné de cette façon qu’elle avait de dire les choses, ce qu’elle ne comprenait pas. Pour elle, les choses devaient être claires, simples et dites sans détour sinon c’était une perte de temps. Certaines choses n’étaient pas dites parce que les gens n’étaient pas fiers de ce qu’ils avaient fait – une forme de honte – sauf que Laura ne partageait pas cette conscience collective que l’on inculque à tout le monde dès la naissance. Se faire payer pour coucher n’avait rien d’un problème pour elle, personne ne lui avait dit que c’était mal. Vouloir tuer le type qui venait de vous insulter, n’avait rien de grave, on l’avait éduqué de cette manière – bien qu’elle avait fait des progrès à ce niveau-là – et, s’estimer être un projet raté du gouvernement était une stricte vérité. Il n’y avait, selon elle, pas d’autre manière de dire les choses. Soit elle mentait et gardait son secret, soit elle sortait la vérité comme elle était. Ce n’était pas plus compliqué que ça. Finalement, en y regardant de plus près, il n’y avait rien de bien compliqué à comprendre chez elle, elle fonctionnait seulement à la manière qui lui semblait être le plus simple et sans détour.

    Et c’est sûrement parce qu’elle fonctionnait de cette manière qu’elle appréciait pouvoir discuter avec Arkady qui n’était pas étonné ou choqué à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche pour dire quelque chose. Ça pouvait paraitre étrange mais, pour elle, ça avait quelque chose d’agréable de pouvoir de discuter sur le fait de tuer quelqu’un – et sérieusement, en plus – sans qu’on vienne crier au scandale. Ouais… Y a qu’avec lui qu’elle avait presque l’impression d’avoir une discussion normale, ce qui en disait long sur sa notion de normalité. A côté de ça, elle trouvait inutile de répondre à des choses qui ne mèneraient à rien. Discuté juste pour discuter ne faisait pas partie de ses attribues, ni même de ses évolutions en tant qu’« humaine », elle se contenta d’hocher la tête quand il répliqua sur ses marmonnements. Elle n’ajouta rien d’autre parce que, de toute façon, elle n’était pas certaine de savoir comment, concrètement, elle devait définir ce genre de marmonnement.

    Elle ne se formalisa même pas sur l’intonation de sa phrase. Elle l’avait déjà vu énervé et, franchement, il y avait une putain de différence entre ce moment-là et maintenant. Du coup, elle se disait pouvoir savoir quand il serait énervé contre elle ou quand ses paroles seraient faites pour être blessante. Il aimait juste emmerder le monde et en avait développé une façon de parler particulière qui, si elle avait été un plus normale, l’aurait juste fait fuir dès la première rencontre. Maintenait, elle ne savait pas comment réellement l’expliquer, mais le timbre de voix d’Arkady faisait partit du personnage, du paysage, elle commencerait à s’inquiéter quand il lui parlera normalement du début jusqu’à la fin… Ou quand il essayerait de la prendre dans ses bras pour la réconforter : là, c’était sûr, elle l’assommerait et prendrait les jambes à son cou. Si lui n’avait pas envie qu’elle devienne une adolescente chiante, il était clair qu’elle n’avait pas envie de le voir comme « monsieur tout le monde ».

    La discussion s’était enchainée, de manière très étrange si quelqu’un d’extérieur l’avait suivi mais qui, à eux, ne semblait poser aucun problème. Arkady sembla même approuver le fait qu’elle ne tuait pas sans raison, en même temps ça lui paraissait logique d’agir de cette manière. Même sous Arme X elle ne tuait pas sans raison, juste pour les bien d’une mission. C’était peut-être ça le problème avec Laura, c’est que « sans raisons » ne voulait pas dire grand-chose en fait. A sa sortie, il suffisait qu’on lui dise un truc de travers pour qu’il existe une raison de tuer cette personne. Bien sûr, elle avait appris à vivre aux milieux de gens et, c’était calmé sur ce genre de chose. Disons que, maintenant, quand elle voyait quelqu’un elle commençait d’abord à se demander pourquoi il ne fallait pas le tuer et, généralement, elle trouvait toujours une excuse pour ne pas le faire. D’accord ce n’était pas le raisonnement optimal mais, vu l’endroit d’où elle venait, c’était déjà un bon début. De toute façon Laura n’avait jamais réellement été capable d’agir sur un simple ordre. Elle le faisait parce qu’elle le devait mais, elle s’était toujours posé des questions, c’est ce qui avait été à la base de sa suite. Et c’est probablement grâce à ça qu’elle évoluait le plus vite possible et qu’elle ne laissait plus autant de cadavre derrière elle.

    Elle arrivait même à apprécier le fait qu’il hoche la tête quand elle avait dit préféré être mise hors d’état de nuire plutôt qu’on la laisse poser des bombes un peu partout. Elle voyait ce hochement de tête un peu comme un « si tu déconne, je te tue » et elle trouvait ça cool. Vraiment cool. Parce que, vraiment, elle n’aimait pas l’idée de pouvoir déconner à ce point et que, quitte à se faire tuer, elle préférait que ce de quelqu’un qui puisse avoir de l’expérience et un minium de ressource pour espérer y arriver. Parce que, envoyer le premier type du quoi pour la tuer si elle fondait une durite c’était s’assurer de le revoir venir en petit morceau… Peut-être même qu’elle se prendrait la tête à faire un plan de construction mode Ikea pour reconstruire le type tellement il sera dispersé. Cela dit, cela impliquait un problème. Laura savait que, potentiellement, elle pouvait perdre les pédales sans le vouloir. Il y avait cette odeur, dès qu’elle la sentait, la personne devait mourir, c’était plus fort qu’elle. Et dans ce cas de figure, elle aimerait bien que ce ne soit pas considéré comme un dérapage, même si s’en était un, parce que ce n’était pas vraiment de sa faute. Elle avait ouvert la bouche pour l’expliquer mais… Non, en fait, elle se ravisa. Il y avait des choses qui n’avaient pas besoin d’être dites.

    Quelques instants plus tard, elle ne put s’empêcher de sourire en voyant Arkady reprendre l’expression qu’elle avait employé. Le mot « cool » dans la bouche du Russe, c’était juste magnifique, assez en tout cas pour la faire sourire. Un jour peut-être elle essayerait de lui faire enfiler une casquette de travers, de le faire secouer les bras et les mains dans un « yo mannnn ! »… Enfin, elle allait sûrement attendre qu’il soit vieux, sénile et hors d’état de nuire pour lui proposer de faire ce genre de chose. Là, il était encore trop capable de lui « botter le cul » - comme il le disait si bien – pour se risquer dans ce genre de demande. Hormis cette idée un peu folle, elle était contente parce qu’Arkady avait l’air de l’être aussi quand elle avait annoncé avoir repris les cours. Elle n’aurait pas vraiment su l’expliquer mais elle se demandait si ce n’était pas la sensation que l’on ressentait quand on avait l’impression que quelqu’un était fier de ce qui avait été fait. A aucun moment il ne doutait qu’elle puisse échouée, si c’était le cas, c’était limite à cause des profs et non d’elle. C’était presque mignon.

    C’est un genre d’école pour… En fait c’est un mélange, y a des jeunes, des plus vieux. Elle plissa légèrement les sourcils en y réfléchissant. En fait, c’est un peu bizarre comme système mais ça semble fonctionner.

    Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle n’avait pas dit que c’était une école pour mutant. Ça aurait facilité sa réponse mais, d’un autre côté, c’était une réponse qui n’avait pas de rapport avec la question d’Arkady et, Laura avait encore du mal quand il s’agissait de donner plus d’information que nécessaire. Pour preuve, elle avait quand même passé un an à se préparer à cette rencontre et à choisir ce qu’elle allait dire pour donner des informations sans avoir de question. Alors, dans le cas présent, la question d’Arkady était plus axée sur l’âge des personnes plus que leurs capacités extraordinaires, pourquoi donner une réponse qui n’irait pas dans ce sens ?

    Crois-moi, les profs de cette école sont vraiment trop mous mais, je crois que c’est plus parce qu’ils veulent s’assuré que tout le monde va toujours bien. Je crois qu’en fait, ils nous prennent tous pour des sortes de cas sociaux qu’il faut protéger.

    Ce qui était presque flippant. En tout cas, ça l’était pour elle. On ne lui avait jamais autant posé la question « ca va ? » que dans cette école, en attendant vraiment une réponse. Et puis, si vous aviez le malheur de dire qu’un truc n’allait pas, alors là, une cible s’accrochait sur votre tête et vous devenez « LA personne à aider ». Mais à côté de ça, c’était cool. Elle avait un toit sur la tête, elle allait en cours et, surtout, elle apprenait la vie en collectivité en essayant de ne découper personne en rondelles fines. Mais, si elle avait donné cette réponse, c’était surtout pour en venir là :

    Je crois bien qu’il n’y a que toi qui est capable de m’apprendre convenablement la lecture.

    Un sourire était apparu sur ses lèvres, elle n’avait même pas menti. Bien que de bons profs soient présents à l’institut, ils n’apprenaient pas à lire, ils apprenaient à comprendre et à exploiter un texte ce qui était bien différent. Sans parler du fait qu’apprendre avec Arkady avait quelque chose de rassurant, ne serait-ce parce qu’il avait sa façon bien à lui de dire les choses et que quand ce n’était pas bien, il n’y passait pas par quatre chemin.

    Mais oui, ça me plait. Elle s’interrompit, se mise à réfléchir. En fait j’en sais rien. J’entends juste des gens débattre sur un tas de chose que je ne comprends pas toujours mais je crois que j’aime juste l’idée que chacun d’entre eux ont leur propre idée et qu’ils peuvent se les exposer sans s’entre tuer ensuite.

    D’où elle venait on ne lui demandait pas vraiment son avis, on lui implantait une idée dans la tête avec assez de coups pour qu’on s’assure de sa compréhension et de sa collaboration, et puis voilà. Si jamais elle avait eu le malheur de proposer une idée ou d’un critiquer une, c’était… En fait, il y a des choses qu’il ne valait mieux pas se souvenir. En fait cette école c’était à des années lumières de ce qu’elle était, ce qui rendait les choses vraiment compliquées mais, elle essayait de s’accrocher comme elle pouvait. Mais, ne voyant pas l’intérêt d’exploser ce genre de chose, elle se contenta de répondre aux questions d’Arkady.

    Le dernier cours était sur Alice aux pays des merveilles. Le truc censé être ultra connue, laisse tombé, j’ai carrément dû aller à la bibliothèque pour voir prendre le livre et me renseigner sur l’auteur.

    Une virée qui l’avait mené à rencontrer un certain Ulysses et où de nombreuses choses s’étaient passé dans la petite tête de l’adolescente. Le genre de truc qui était, d’ailleurs, typiquement « adolescent ». C’était sûrement le fait de parler de cette virée à la bibliothèque qui lui rappela cette rencontre et toutes les interrogations qui avaient découlées de cette journée. C’est pour cette raison que, sans la moindre transition – Laura, quoi -, elle releva les yeux vers Arkady l’air des plus sérieux.

    Dis, c’est normal de rougir quand on voit quelqu’un ? Une personne m’a dit que oui mais, je ne lui fait pas vraiment confiance. Je sais pas, c’est peut être un défaut de fabrication, je dois voir un médecin ?
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Arkady O. Romanov
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MessageSujet: Re: Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -   Jeu 10 Oct - 17:09

(le redémarrage est dur… mais ça va le faire !)

Arkady n’était vraiment pas du genre à se formaliser lorsqu’on lui disait les choses clairement ou même un peu abruptement. Bien au contraire, il avait plutôt tendance à apprécier les excès de franchise là où une personne un peu plus urbaine se vexerait tout simplement, ou réagirait très mal. S’il y avait une chose à faire pour s’attirer les foudres du colosse russe, c’était bien de mettre les formes et de lui faire perdre son temps en alambiquant son discours ou en disséminant trop de nuances en une seule fois. Non pas qu’il soit simple d’esprit ou un peu limité – au contraire – mais Arkady aimait les choses claires et précises. Et il y avait certaines situations où les nuances étaient très peu prisées, notamment dans les situations où il fallait faire un choix rapide, ou face à un danger immédiat… Alors le fait que Laura aille droit au but chaque fois qu’elle ouvrait la bouche avait quelque chose d’appréciable parce qu’au moins, elle ne lui faisait pas perdre son temps. Et elle ne débitait pas de conneries à un rythme effréné – ce qui était également un autre bon point.

Tout en n’appréciant pas vraiment l’ancien métier qu’avait pu exercer Laura pour avoir un toit sur la tête et à manger, Arkady n’avait jamais vraiment jouer les moralisateurs. Il aurait d’ailleurs été mal placé, surtout si l’on considérait que fut un temps, il était payé pour buter des terroristes et autres déchets menaçant la paix mondiale. Certes, coucher pour vivre n’était pas à placer sur le même plan, mais dans un cas comme dans l’autre, les motivations se défendaient plutôt bien… Cependant, cela ne l’avait jamais empêché de ne pas apprécier ce genre de moyens de gagner sa vie – même sans le dire clairement à l’adolescente parce que dans le fond, elle ne devait pas vraiment faire cas de son avis.

Le fait d’ôter la vie d’une personne avait une importance à côté de laquelle Arkady ne passait pas. Lui-même avait été amené à tuer des gens, toujours avec ce qui lui était présenté comme une « bonne » raison de le faire, et il avait suivi les ordres. Pour Laura, ça avait sans doute été la même chose, ça il le savait. Ce qui le rassurait en revanche, c’était qu’elle n’ait pas pété les plombs à sa sortie… Un peu comme ces soldats surentraînés, capables de tuer à mains nues, qui finissent au placard quand on n’a plus besoin d’eux et qui, sous prétexte de leur supériorité musculaire et de leur morale américaine bien pensante à la con, estiment avoir les capacités et la légitimité pour faire eux-mêmes justice. Laura avait peut-être eu du mal à distinguer les bonnes des mauvaises raisons de tuer, mais le fait est qu’elle ne tuait pas gratuitement… Et ça, cela suffisait largement à Arkady. A noter qu’une personne normalement constituée aurait bloqué d’entrée sur le fait que Laura ait tué, mais pour le russe c’était différent pour pas mal de raisons.

Alors du coup, le fait de lui faire comprendre qu’il lui botterait le cul si elle venait à se prendre pour une pseudo-justicière ou une terroriste en herbe était tout ce qu’il y avait de plus naturel pour Arkady et ne lui coûterait rien parce qu’il adorait botter les culs des personnes récalcitrantes ou qui le gonflaient. Ce qui lui coûterait en revanche, ça serait le défi à relever, parce qu’aussi bon agent de terrain qu’il ait pu être, il savait qu’il ne tiendrait pas longtemps face à un ancien projet secret de l’armée conçu et éduqué pour tuer… Il ne se leurrait pas là-dessus et savait qu’il serait rapidement en difficulté face à l’adolescente, mais cela ne l’empêcherait pas pour autant de faire ce qu’il avait toujours fait jusque là : être une putain de tête de lard et foncer dans le tas quand il en avait envie, ou quand il estimait que le « tas » en question commençait à le gonfler.

Le fait que Laura ait repris des cours avait réussi à tirer une expression humaine lisible et facilement interprétable au russe, indiquant que cette nouvelle lui faisait plaisir. A son sens et si on lui demandait son avis, ce projet Arme X faisait un beau gâchis en n’apprenant que peu de choses à ses cobayes, parce que Laura était loin d’être un pantin. Elle était capable de réfléchir et de comprendre les choses, sauf dans les situations faisant appel à des références qu’elle ne possédait pas justement parce qu’on ne l’avait pas éduquée en ce sens. Ce qui permettait de comprendre que ce qu’Arkady voyait comme un gâchis n’était en fait que du bon sens, dans la mesure où un cobaye éduqué prendrait tout de suite conscience de lui-même, des horreurs auxquelles on le soumet, et utiliserait ses connaissances pour buter tout le monde et se tirer de là… impensable pour les commanditaires de ces projets. Arkady s’était retenu de poser davantage de questions sur ce programme, mais il ne manquerait pas d’essayer de creuser la question la prochaine fois qu’il passerait au QG du SHIELD… les informations étaient sans doute classifiées, mais il trouverait peut-être deux ou trois infos à se mettre sous la dent. Ce qui était certain, c’était que Laura était une sorte de miraculée et qu’elle avait de la chance d’être « ratée », comme elle disait.

Elle fournit d’autres précisions sur l’école où elle prenait ses cours, précisant qu’il y avait un peu tous les niveaux. A première vue, rien qui n’indique clairement qu’elle était dans une école de mutants. En seconde vue non plus, en fait, parce qu’il existait des écoles « de la deuxième chance » dispensant des cours à tous ceux qui voulaient bien les suivre. Un instant, Arkady se demanda si tout ça était gratuit. En Russie, ce genre d’établissement l’aurait été, mais ici… Il ne chercha pas à poser de question, considérant toujours qu’il n’avait besoin que des éléments importants et non des détails trop précis qui pourraient donner l’impression qu’il se renseigne sur elle en vue d’un débarquement de Fédéraux pour la rattraper.

Au final, le mélange est peut-être pas plus mal… Vous n’avez peut-être pas tous le même niveau ; ça permet un partage d’expérience.

Son sourire en coin laissait planer le doute sur le fait qu’il croit à ce qu’il venait de dire ou non. En fait, il y avait autant de bon que de mauvais dans le fait de mélanger tous les niveaux, mais il ne voulait pas se lancer dans ce genre de débat : si ça lui plaisait et si elle progressait, c’était le principal. Laura finit par formuler une remarque sur les profs « mous » qui enseignaient dans cette école, et le russe laissa résonner son rire sonore dans la pièce.

Pourquoi ça ne m’étonne pas… ! Pas de menace de bottages de culs ? – Le mot « cas sociaux » fit hausser un sourcil à Arkady, avec une certaine inquiétude. – Attends… tu es sûre que c’est une école et pas un centre de redressement ou un centre social ? Parce que s’ils font de toi une attardée, ils vont passer un sale quart d’heure…

Il s’interrompit assez rapidement, songeant qu’il venait de montrer de manière beaucoup trop évidente son attachement à l’adolescente. Trop évidente pour lui, compte tenu de ce qu’il acceptait de laisser entrevoir à propos de lui-même. Trop évident pour elle, parce qu’elle ne devait pas le savoir, ou du moins pas de manière aussi évidente… S’ils faisaient d’elle un cas social doublé d’un légume incapable de faire autre chose que de regarder piteusement un écran de télé en attendant que le temps passe, il n’irait peut-être pas foutre le feu à cette école, mais il ferait sans doute quelque chose s’y apparentant… Après tout, quand on avait démantelé des réseaux et fait échouer des attentats, il y avait quelques petites choses que l’on retenait et que l’on pouvait réutiliser pour laisser entendre qu’une école abrite des fabricants de drogue ou pire encore… Aux Etats-Unis, on appelait ça « abus de pouvoir », apparemment.

Laura finit par conclure qu’il n’y avait qu’Arkady qui puisse lui apprendre correctement à lire, et la réaction du russe fut un mélange de surprise et de… joie ? Oui, c’était sans doute ça. Elle avait un caractère aussi horrible que le sien – même si Arkady la battait haut la main pour ce qui était de faire chier son monde – mais ils réussissaient tout de même à travailler ensemble. Beaucoup mieux que ces profs mous qui enseignaient à des cas sociaux.

En toute modestie : je le savais. – Son visage se fendit en deux en un sourire. – Et puis je me doutais aussi que ma méthode était la meilleure.

Il n’en savait rien, parce que personne n’avait jamais été assez inconscient pour lui mettre une nouvelle recrue ou une personne dans les pattes. Il était resté lui-même avec Laura, n’avait pas cherché à s’adoucir ou à paraître tout spécialement attentionné parce qu’il savait qu’il était incapable de se forcer à l’être et de paraître sincère. Bien sûr, il pouvait être doux et attentionné, mais très peu de personnes lui tenaient à cœur pour percer cette épaisse cuirasse de dur que le temps lui avait forgé. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir toujours pris soin de nourrir Laura en plus de lui apprendre à lire, simplement parce que ça lui paraissait normal et que ça ne lui coûtait rien. Financièrement, ça lui coûtait – peu, mais ça lui coûtait. Mais vis-à-vis de lui-même, Arkady ne s’était jamais forcé à quoi que ce soit vis à cis de l’adolescente, ce qui était vraiment agréable dans un sens parce qu’avec elle il savait qu’il n’était pas forcé de faire comme s’il était aimable, prévenant, drôle… Il était ce russe caractériel qui pouvait vous balancer un tabouret à la gueule si l’envie lui prenait, et Laura le savait pour l’avoir vu à l’œuvre avec des braqueurs. Et ça n’avait pas l’air de lui poser de problème. Donc c’était parfait.

La jeune fille expliqua que ce qu’elle faisait dans cette école lui plaisait. Et rapidement elle sembla réfléchir une nouvelle fois à sa réponse avant de préciser qu’elle écoutait surtout les autres débattre de choses qui parfois lui échappaient… Arkady eût un sourire un peu différent, ni cynique, ni moqueur, juste un sourire en fait. Il aimait le fait qu’elle soit capable d’apprécier les choses sans forcément toutes les comprendre, un peu comme si elle était capable de se nourrir de ce que les autres disaient d’une œuvre pour se forger sa propre opinion sur une œuvre qu’elle ne comprenait pas.

A force d’écouter, de lire, tu pourras bientôt donner ton point de vue de la même manière que tous ces gens. Et échanger avec eux, sans être uniquement spectatrice. Et sans tuer personne. – Sa main gauche balaya l’air avec désinvolture. – Tu en auras toujours qui essaieront d’imposer leur point de vue. Des gros abrutis, si tu veux mon avis. Mais même les abrutis ont le droit de s’exprimer, on appelle ça « démocratie »…

Jouer le vieux réactionnaire communiste était également l’une de ses postures favorites, parce que ça avait tendance à irriter des interlocuteurs triés sur le volet : démocrates / républicains, retraités qui avaient connu la chasse aux sorcières… Arkady aimait parfois donner dans la provoc avec une petite phrase qui faisait mouche. La démocratie était une chose fantastique, aussi longtemps que les gens n’élisaient pas un gros abruti à la tête de leur pays. Mais malheureusement, comme tout le monde pouvait voter – abrutis compris – le risque de voir une grosse andouille diriger une grande puissance était élevé. Si on lui demandait son avis, Arkady citerait Bush fils en exemple d’andouille au pouvoir.

Laura le ramena dans la conversation en évoquant Alice au pays des Merveilles qu’elle ne connaissait pas au moment du cours, et sur lequel elle avait du aller se renseigner là où les autres connaissaient déjà tous ce dont il s’agissait.

Même les vieux lecteurs ne connaissent pas tout. Trop de choses ont été écrites, Laura. Une vie ne te suffira pas pour tout lire.

C’était vrai. A moins de posséder un don d’immortalité, il paraissait assez difficile d’imaginer pouvoir lire absolument tous les livres existants. Certains érudits en rêvaient, et beaucoup foulaient régulièrement le parquet ancien de sa librairie en quête d’un livre précis. Mais à moins de lire vraiment en permanence, Arkady ne voyait pas comment cela pouvait être possible.

Tes cours sont aussi faits pour ça, te faire découvrir des choses que tu ne connais pas.

La conversation prit une toute autre tournure lorsque Laura lui demanda s’il était normal de rougir quand on voyait quelqu’un. Arkady haussa un sourcil en signe d’interrogation, ne comprenant pas très bien ce que cette question avait à voir avec la précédente, ou même avec la conversation qu’ils avaient. Sa mâchoire manqua de se décrocher lorsque Laura précisa avec un sérieux assez troublant qu’on lui avait dit que c’était normal, mais qu’elle restait malgré tout sceptique. Avant de finalement évoquer un « défaut de fabrication » et de demander si elle devait voir un médecin pour ça…

Ce quelqu’un en question qui provoque des rougissements, c’est… euh… une personne que tu apprécies ? - C’était bien sa veine, aborder ce genre de sujets avec une ado qui avait l’air un peu perdue sur le sujet. – Pour le défaut de fabrication, tu peux être tranquile : tout est normal. Sauf si tu transformes en tomate quand il – ou elle – arrive. Ca dépend du degré de rougissement…

Là, clairement, Arkady venait de sortir les rames.
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Vaut mieux tard que jamais, non ? - Arkady -

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