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 Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]

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Salem Cordova
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MessageSujet: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Sam 8 Sep - 14:11

Planqué dans la réserve, un catalyseur à la main, Salem observait discrètement par la porte entrouverte, mais rien à faire, de là où il se trouvait, aucun moyen de voir ce qui se passait dehors.

Le garage Redford était un vaste bâtiment de tôle bleue mangée par la rouille, situé en bordure de la zone industrielle. Il avait pour principale clientèle les nombreux camionneurs qui acheminaient leurs marchandises dans les entrepôts alentours, et les rares automobilistes qui connaissaient l'endroit pour l'avoir vu depuis la route. Il y faisait une chaleur insoutenable bien que la porte d'entrée, suffisamment large et haute pour faire entrer deux trucks côte-a-côte, soit grande ouverte. C'est ici que Salem faisait son apprentissage depuis deux semaines, le travail était dur et sa famille lui manquait, mais il se débrouillait bien et ses collègues étaient sympas.

Enfin... Sympas... Salem était jeune, il débutait, il venait de débarquer dans la ville, alors certes les cinq olibrius avec qui il travaillait l'avaient accepté, lui expliquaient bien les choses et lui filait des bons plans pour faire des économies ou s'amuser à New York. Mais, unis comme ils étaient par 30 ans de travail d'équipe, ils n'hésitaient pas non plus à lui faire quelques sales coups de temps à autre, histoire de rire un peu.

Et justement, il n'avait pas manqué de remarquer que l'ambiance dans le garage était soudain devenue bizarre. Alors que l'instant d'avant, tout le monde s'occupait de son travail, les cinq s'étaient soudain rapprochés de l'entrée, et tous murmuraient en se jetant des coups d’œils, de grands sourires aux lèvres, c'était mauvais signe. Salem serait bien resté caché là jusqu'à ce que tout revienne à la normale, mais ça aurait été louche, et la réserve était l'endroit où l'atmosphère était la plus humide et étouffante. Finalement après moult hésitations il poussa la porte le plus doucement possible, celle-ci pivota sur ses gonds en grinçant bien fort et bien longtemps.

Raté.

Tant pis, Salem, fila avec son catalyseur sans regarder les autres pour ne pas éveiller l'attention.

« Hey le bleu ! Y'a un client pour toi ! »

La voix forte du patron fit résonner la ferraille, il se tourna pour regarder les expressions amusées du club des cinq et se résigna à aller voir ce qui se passait dehors.

« Ok j'y vais, le vieux. »

Après avoir posé son truc sur un établi encombré Salem sortit en s'essuyant les mains dans le bas de son débardeur, il s'arrêta net devant l'entrée.

« Wouah... »

Échouée dans le bas-côté se trouvait une poubelle comme on en fait plus, cette voiture devait déjà être vieille à sa naissance, il n'arrivait même pas à en déterminer le modèle. En temps normal il aurait pensé que quelqu'un l'avait simplement abandonnée là par flemme de se rendre à la casse, mais là le capot était ouvert, et un petit chinois - parce que c'est bien connu, tous les gens typé asiatique sont petits et chinois - regardait le moteur, sûrement pour déterminer l'origine de l'étrange fumée noire qui s'en échappait.

Sans grande conviction, Salem parcouru la centaine de mètres qui le séparait de l'engin à l'agonie et pencha la tête pour regarder le chinois avant de lancer.

« Je peux vous aider, m'sieur ? »

Il n'était même pas sûr de pouvoir faire quelque chose pour lui, un coup d’œil sur le moteur et il remarqua des pièces qu'il n'avait jamais vues ni sur les camions ni sur les voitures sur lesquels il avait travaillé, ça commençait bien. Il lui fallut un moment d'observation pour comprendre un peu comment tout ça pouvait fonctionner, même si certains bidules lui semblait totalement obscurs. L'état lamentable du moteur lui sautait aux yeux, on voyait que certaines parties avaient été rafistolé à la Mac Gyver, et si ce n'était que le moteur... De l'intérieur comme de l'extérieur le véhicule faisait peine à voir. Ça n'aurait tenu qu'à lui, Salem aurait gardé deux choses, les jantes pour décorer son studio et la banquette arrière pour aménager un coin pour s'asseoir dans le garage.

« Sinon y'a pas mal de gens qui déposent des petites annonces chez nous pour des voitures d'occasions vraiment pas chères, vous devriez jeter un coup d’œil... »


Dernière édition par Salem Cordova le Mer 12 Sep - 20:22, édité 1 fois
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Dim 9 Sep - 14:07

Le spectacle n’était pas rare, dans les quartiers démunis de New-York, sur les routes de l’Etat, au-delà même parfois, ou simplement dans le garage du Manoir, à l’Institut, d’un homme penché sur la mécanique passée d’âge de son véhicule — cet homme, c’était Adam Tenseï, qui tentait courageusement de combattre les inlassables assauts du temps et le long, lent outrage des années qui passaient.

Car elles avaient passé, hélas ! comme les neiges d’antan, pour abandonner derrière elles la carcasse et la rouille. Il ne restait plus grand chose de la splendeur passée qui avait été celle de cette voiture ; depuis longtemps on en avait remplacé sur le marché toutes les pièces, et ce n’était plus dans les casses et dans les garages douteux que l’on retrouvait encore, de temps à autre, des éléments qui pussent y trouver leur place.

On aurait pu croire que si Adam s’acharnait avec tant de ferveur à prolonger, en dépit de tout bon sens presque, l’existence de sa vénérable automobile, c’était par une sorte de sentimentalisme masculin, un attachement à l’histoire de ces rouages et de cette mécanique, une forme de nostalgie, en quelque sorte.

Et rien n’était moins exact cependant. Ce n’était pas non plus que le jeune homme n’eût pas les moyens de s’offrir, sinon un véhicule neuf qui pût combler ses désirs, du moins un engin d’occasion et de bonne tenue toutefois, comme il en eût trouvé aisément sans doute en remuant le vaste cercle de ses nombreuses connaissances. Non, ni l’économie ni les sentiments ne poussaient le mutant à lutter contre l’obsolescence.

Pour Adam, la voiture était devenue une sorte de puzzle, un défi quotidiennement adressé à son intelligence et à son sens de la ressource. Tout était à réparer et tout manquait de ce qui était le plus nécessaire ; cette difficile entreprise exigeait de lui qu’il déployât des trésors d’inventivité — qui d’ailleurs ne s’embarrassaient guère des législations en vigueur en matière de sécurité.

Peut-être y avait-il encore une raison plus profonde et moins avouable, qui était la secrète satisfaction d’avoir une emprise certaine sur les événements de son existence. Sa voiture, c’était la seule chose qu’il pouvait constamment réparé, le seul paramètre de sa vie qui n’échappât pas totalement à ses tentatives de se sauver du naufrage. Elle était la preuve ambulante de sa combattivité.

Mais l’heure était venue.

Le temps avait trop passé. Il fallait se résigner. Sans sorcellerie, Adam ne voyait pas le secret d’arriver à faire rouler encore longtemps sa fidèle compagne. Le jeune homme avait examiné encore en détail le moteur, puis il avait examiné plus scrupuleusement encore ses économies. Elles étaient assez considérables, pour un homme de son emploi : ses dépenses étaient fort rares et une bonne partie de ses salaires s’accumulaient silencieusement sur ses comptes. Il ne payerait pas rubis sur l’ongle le dernier modèle de luxe, mais il pouvait se permettre quelques largesses.

Il fallait se défaire de l’ancien cependant. Ce n’était pas les garagistes qui manquaient dans son carnet d’adresses — qui du reste ne manquait jamais de rien. Il en avait croisé certain quand il boxait encore, d’autres dans les manifestations de Monstertrucks, d’autres encore dans sa quête de pièces de rechange. Le patron du garage Redford était du nombre de ces familiers.

Adam était du reste curieux de confirmer son propre diagnostic sinistre de l’avis d’un professionnel de la mécanique — peut-être y avait-il après tout des ressources qu’il n’avait pas encore employées, et il eût été ravi d’en apprendre un peu plus. Il se mit donc en route pour Redford, en direction du port.

Soucieux sans doute de lui représenter très clairement que le temps n’était plus aux rustines, le destin voulut que, dans un râle cahotant, la voiture s’arrêta brusquement devant l’établissement. Le mutant quitta le volant, ouvrit le capot et plonge un regard flegmatiquement résigné sur les rouages que son esprit un peu dérangé avait là assemblés.

Des projets de branchements tous plus saugrenus les uns que les autres fleurissaient déjà avec ses pensées, quand un voix tira l’Asiatique, qui n’était pas Chinois et certes pas petit, de sa muette méditation. Mais la voix n’avait rien de la rauque brusquerie de Brad Redford et ce fut un peu soupçonneux qu’Adam se redressa pour tourner ses yeux noirs vers Salem.

Monsieur ? Personne ne l’appelait jamais monsieur. Et puis, c’était qui, lui ? Jamais Adam ne l’avait vu ici et il était certain de connaître tous les employés de Redford. Machinalement, le mutant porta son regard vers l’entrée du garage où des silhouettes familières et, pour l’heure, goguenardes, lui adressaient des signes de connivence. C’était un peu comme confier un cas médical inextricable à un interne fraîchement arrivé.

Rendu un peu dubitatif par cette tentative d’humour douteux, l’Asiatique reposa les yeux sur son garagiste nouvellement attitrée que l’ampleur de la tâche n’avait pas l’air de beaucoup réjouir. Il en était déjà à battre en retraite, d’ailleurs, et à lui proposer d’abandonner aussi sec le véhicule.

Avec une innocence parfaitement factice et néanmoins presque convaincante, Adam interrogea :


— Pourquoi ? Ca se répare pas ?

D’un vague geste de la main il désigna le bric-à-brac qui lui servait de moteur et dont les pièces, toutes plus exotiques les unes que les autres, ne devaient certes pas être abordées lors des formations des écoles d’apprentissage.

Sans laisser vraiment à Salem le loisir de répondre à ce qui n’était, du reste, qu’une question rhétorique, Adam enchaina aussitôt :


— Vous êtes nouveau ici. Très…

Le mutant plissa les yeux, comme s’il apercevait sur son interlocuteur quelque chose d’invisible pour tout autre — et c’était en effet une aura de possibilités fluctuantes, de passés informulés et d’avenirs incertains, que le don d’Adam sentait frémir autour de l’adolescent.

— …nouveau.

L’Asiatique se décala d’un pas sur le côté pour laisser au mécanicien le loisir d’inspecter le monstre.

— Qu’est-ce que vous avez fait pour vous retrouver coincé avec moi ? Cassé la cafetière ?
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Dim 9 Sep - 20:13

Salem haussa un sourcil à la question, alors le chinois tenait vraiment à faire rouler cet engin ? Arf, encore un dommage collatéral de la crise, sans doute les temps étaient rudes pour tout le monde. Il s'abstint de répondre, parce qu'il n'était sûr de rien et parce que, de toute façon, l'autre s'intéressait déjà à autre chose, lui. Il avait d'ailleurs une étrange façon de le regarder, comme s'il essayait de deviner ce qu'il se passait dans sa tête, ou peut-être que sa réticence à s'occuper des réparations l'avait énervé. En tout cas Salem ne pu s'empêcher de lui rendre la pareille, le scrutant dans les moindres détails.

La honte, le petit chinois mesurait dix centimètres de plus que lui, et n'était peut-être pas totalement chinois, d'ailleurs. Par contre il avait du mal à déterminer son âge et ne savait plus trop comment s'adresser à lui, avec le « vous » parce que même fauché ça reste un client, ou le « tu » parce qu'il faisait presque plus jeune que lui ?

« Tu... Heu... Vous connaissez la maison ? Ça fait une dizaine de jours que je suis là. »

Il profita de l'espace que le garçon lui laissa pour se pencher sur le moteur. Bon, un moteur, c'était pas bien compliqué, les schémas qu'on lui avait montrés étaient gravé dans sa mémoire comme une photographie. Et même s'il y avait des dizaines et des dizaines de différences entre le modèle de son cours et le barda qu'on venait de lui confier, ça ne voulait pas dire que c'était sans espoirs. L'engin s'était bien traîné jusque ici d'une façon ou d'une autre.

— Qu’est-ce que vous avez fait pour vous retrouver coincé avec moi ? Cassé la cafetière ?


Salem eut un petit rire même s'il ne détacha pas ses yeux du moteur.

« Même pas, le patron veut sûrement me voir laisser tomber, il va être déçu. »

Pour lui, c'était clairement un défi, et il était hors de question qu'il abandonne, ils allaient voir, rira bien qui rira le dernier, nan mais. Son observation finie il se redressa et jeta un coup d’œil au garçon.

« Elle démarre ? Tu peux essayer pour voir ? »

Voir la chose en action l'aiderait sûrement à comprendre l'utilité de certains des bidules encore non identifiés, pour peu qu'elle soit encore capable de faire quelque chose. Il fallut un peu de temps au grand chinois pour que la vénérable dame de tôle veuille bien démarrer, tous les bidules se mirent à tressauter dans un douloureux roucoulement et très vite un des gros machin au milieu se remit à fumer. Salem recula comme si ça allait sauter.

« Ok ok, d'accord. Bon, je vais déjà voir ce que je peux trouver. Attends-moi là. »

Comme s'il allait partir... Salem retourna au garage et tenta d'avoir l'air parfaitement sûr de lui.

« Tu vas t'en sortir, le bleu ? »

« 'videmment, qu'est-ce que tu crois... T'avais dis que je pouvais me servir dans les trucs du fond, c'est ça ? »

« Ouais... Tu vas vraiment fouiller là-dedans ? M'enfin, tant que tu fais rien exploser. »

Brad le regarda entrer dans la réserve avec un sourire un coin. « Les trucs du fond » étaient en fait un amoncellement de caisses et de cartons débordant de pièces de toutes sortes, la plupart usagées ou cassées, d'autres neuves, mais toutes largement obsolètes. Vestiges de réparations effectués il y a des décennies, d'achats qui n'ont jamais servis, et si consciencieusement entassés que personne ne prenait plus la peine d'y chercher quoique ce soit depuis bien longtemps.

Bon, il n'y avait plus qu'à s'y mettre, Salem renversa le carton le plus accessible, et chercha dans son contenu tout ce qui ressemblait de pas trop loin ou d'un peu moins près à ce qu'il avait pu voir, puis remis tout en vrac et passa au suivant. En quelques minutes à peine il se retrouva couvert de sueur et de crasse, il maudissait intérieurement ses collègues même si l'idée de leur refourguer le bébé le séduisait de plus en plus. Au bout de dix minutes, et même s'il était très loin d'en avoir vu le bout, il sortit de là, histoire de pouvoir respirer. Voyant sa dégaine le patron lui proposa de prendre la relève mais il déclina l'offre et retourna à la voiture avec un carton plein de pièces, une boite à outils et un rouleau de ruban adhésif ultra-résistant, pour les cas vraiment irrécupérables.

Il posa sans ménagement son bordel au pied du véhicule, et prit une seconde pour inspirer un grand coup et profiter de la brise à peine perceptible, en cet instant c'était un vrai bonheur.

« Désolé, j'ai été un peu long, mais mates-moi ça. »

Il sortit de sa boîte à trésors un bidule parfaitement identique à celui qui fumait gaiement quelques minutes plus tôt, flambant neuf et encore dans son emballage d'origine. Et il n'était pas peu fier de sa trouvaille, il faut dire qu'il l'avait repéré, bien au fond, alors qu'il chamboulait tous les paquets, et qu'il avait failli se faire fracturer le crane par un carburateur de camionnette des années 40 en allant le chercher.

« Bon, pour le reste ça va être plus compliqué, mais on va y arriver, déjà ce truc là tient pas du tout... »

Il tripota un bout de tuyau coudé, qui effectivement valsait de droite à gauche dès qu'on le forçait un peu, et bien qu'il ne soit pas trop sûr de son utilité, se mit en quête de la solution qui réglerait le problème. Au final, elle était un peu plus amusante que les trucks, cette voiture.
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Lun 10 Sep - 16:14

Adam était ravi. Il était rare, si rare, de croiser dans New York une personne dont le destin ne s’imposât pas à sa conscience comme le nœud inextricable où se mêlaient les fils de tant et tant de quotidiennes rencontres, si rare que la fraîcheur, passagère et éphémère sans doute, d’un entre-deux existences passât dans son esprit, qu’il éprouvait à chacune de ces occasions exceptionnelles une sorte d’indescriptible soulagement.

Fort heureusement pour lui, son don ne s’exprimait de la sorte qu’en un petit nombre d’occasions. Il arrivait parfois cependant que des visions informulées pussent se maintenir à la limite de ses pensées, sans parvenir à s’imposer tout à fait, sans mettre en branle tous les pénibles processus, mais en laissant monter malgré tout en lui le sentiment de quelque chose qui s’apprêtait à être, comme une illusion nauséeuse qui troublait le cours du monde.

Et d’autres fois au contraire, comme ce jour-là, l’individu qui se présentait à lui venait de tourner une nouvelle page de son existence, il était jeune encore, assez jeune pour que son passé ne pesât pas plus que son avenir, et alors il y avait un vide, une sérénité précaire mais délectable, qui libérait pour quelques secondes à peine Adam du poids oppressant d’une universelle fatalité.

Mais le miracle s’était produit — il était révolu — il s’était estompé. Ces instants de semi-clairvoyance confuse étaient beaucoup plus rares que les intuitions précises et les visions développées, entièrement inexploitables, et ils passaient en une fraction de minute. Plus de sens pour Adam que les cinq qu’il partageait avec le reste de l’humanité — mais le rideau un instant levé avait éveillé sa curiosité si prompte à l’ouvrage et son attention se concentrait désormais sur le garagiste.

Que le patron voulût le voir échouer, Adam n’en était pas sûr. Si l’équipe de Redford travaillait de concert depuis bien des années, c’était que le propriétaire n’était pas homme à confier ses clients et leurs machines à n’importe qui ; une conscience professionnelle à toute épreuve et un solide sens commercial le poussaient à assurer un service de qualité qui faisait du garage une adresse fiable et incontournable.

Si Salem avait été engagé, même à l’essai, c’était que ces qualités en la matière devaient être fort prometteuses. Sans doute le cas Tenseï représentait-il une sorte de test malgré tout. Le résultat de cette petite expérience intéressait désormais Adam et, bien docilement, le jeune homme se réinstalla au volant pour faire démarrer la voiture et donner un peu de puissance au moteur.

Et son garagiste ainsi éclairé ne tarda pas à s’enfuir en direction du garage. Le mutant suivit l’adolescent du regard. Il était jeune. Loin de sa famille peut-être. Dans une ville immense et tentaculaire. Cette réflexion inspirait à l’Asiatique un brin de nostalgie et il ne pût s’empêcher de sentir soudain un peu vieux — plus sage sans doute — plus désabusé. Il n’était pas très sûr.

Il ressortit de la voiture après avoir coupé le contact et claqua la portière pour s’y adosser. Les bras croisés, il considérait le garage ; de temps à autre on entendait, non loin de la zone industrielle, les cornes des bateaux qui s’approchaient du port, que bientôt les grues allaient décharger et qui repartiraient le lendemain avec une nouvelle cargaison. On était loin de la verdure et du calme faussement historique des quartiers bourgeois.

Adam laissa ses pensées vagabonder sur ces vagues réflexions pendant un moment, jusqu’à ce que son garagiste émergeât à nouveau de l’entrepôt dans un état un peu moins reluisant que celui dans lequel il y était d’abord entré. Adam haussa les épaules. C’était à croire qu’il s’était roulé dans le cambouis sciemment pour offrir un spectacle plus pittoresque au client. Dans quels recoins jamais explorés était-il aller se fourrer dans l’espoir fantaisiste de dénicher les pièces hétéroclites qui composaient la mécanique de la voiture ?

Adam jeta un œil à la pièce que Salem arborait fièrement.


— Magnifique.

Difficile de savoir s’il était ironique, plaisantin ou parfaitement sérieux : un demi-sourire flottait au coin de ses lèvres mais son regard indéchiffrable n’offrait pas beaucoup d’indices. Le mutant quitta la portière pour se rapprocher à nouveau du moteur et observer Salem à l’ouvrage. L’ardeur juvénile de l’adolescent attendrissait quelque peu Adam — il fallait dire que le défi était plus stimulant que de changer des roues.

— C’la dit, si on en est à faire les antiquités, j’crois que ça m’reviendrait moins cher d’acheter une nouvelle voiture que de me fournir en pièces de collection.

En regardant le curieux assemblage qui composait le moteur de l’engin, on pouvait douter de la bonne foi d’une pareille déclaration. Maintes fois réparée de toute évidence, cette voiture était probablement bien peu rentable. Mais Adam était curieux de déterminer les limites de la conviction du jeune apprenti.

D’un air parfaitement innocent, le coursier ajouta :


— Enfin bon, si jamais t’es perdu, j’suis sûr que Brad pourra jeter un coup d’œil.

Il suivit du regard la danse du mystérieux tuyau, dont il n’était plus sûr lui-même de pouvoir exactement déterminer la fonction. C’était qu’il n’avait jamais suivi un plan très précis dans ses interventions sur l’engin, se contentant de rafistoler où jour le jour ce qui ne tournait pas rond.

— T’es nouveau, j’voudrais pas t’déranger.

Titiller la fierté masculine en matière de voiture était toujours une excellente idée.

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Lun 10 Sep - 20:52

Malgré l'ampleur de la tâche, Salem était gonflé à bloc, cette carcasse finirait par démarrer, c'est sûr. Il remarqua vite que son principal ennemi dans ce combat était en fait ses connaissances, son cerveau jouait à noter les différences entre ce qu'il voyait et ce qu'il avait pu apprendre, autant dire qu'il était complètement parasité, mais il tenait bon. C'est alors que le chinois se mit à parler de s'acheter une nouvelle voiture, Salem le regarda comme s'il venait de lui piquer son jouet.

« Ah non ! Je t'en ai parlé avant et t'as pas voulus, j'ai pas fais tout ça pour rien. De toute façon vu l'endroit où il traînait, le machin, ça serait du vol de te le faire payer. »

Trop occupé à planifier sa réparation, il en oubliait un peu de surveiller ses paroles, il n'y avait plus qu'à espérer que le patron soit du même avis. En attendant, le garçon semblait prendre un malin plaisir à le décourager.

« Je ne suis pas perdu, c'est mon boulot, nouveau ou pas je peux le faire, et puis... rah... »

Il était perdu, cette chose était d'un niveau largement supérieur au sien, ce n'était même plus une question de niveau de toute façon, elle venait des enfers et puis c'est tout. Pas assez sûr de ce qu'il y avait à faire, Salem se contentait d'arranger les pièces unes à unes, en sentant bien qu'il pédalait dans le cambouis. C'est alors qu'une tape entre les omoplates lui fit faire un bon.

« Alors, ça roule ? Qu'est-ce que tu as trouvé ? »

« Heu... »

Un peu tendu tout d'un coup, Salem expliqua rapidement ce qu'il avait fait, changer le bidule qui fumait et resserrer quelques trucs branlants, en gros. Brad l'écoutait en inspectant le moteur, et c'était tout autre chose d'un coup, l'expérience du patron en la matière ne faisait aucun doute, et à peine Salem eût-il terminé ses explications qu'il lui lança.

« C'est du bon boulot, sauf que si tu rallumes maintenant ta pièce neuve va flamber comme l'autre... tu sais pourquoi ? Et où t'as dégoté ça, d'ailleurs ? Je ne sais même plus combien ça vaut... »

« ….............. »

Salem était en pleine réflexion, donc le truc qui fume n'était pas à l'origine de la panne, il se mit à essayer de se faire le circuit à l'envers pour voir ce qui pouvait poser problème.

« Alors en fait c'est... »

« Attends, attends, je vais trouver... »

Un sourire en coin sur les lèvres, Brad le laissa patauger un peu, avant de lui donner la solution, et ça paraissait tellement simple une fois bien expliqué qu'il se sentit encore plus bête de ne pas avoir réussit. Après quoi le grand chef prit les commandes, s'occupant lui-même de faire ce qu'il venait de lui dire. Salem, lui, se retrouva au rang des spectateurs, à côté du chinois, et au vu de sa moue boudeuse ça ne le réjouissait pas beaucoup. Il était en train de ruminer sa défaite, en scrutant chaque geste du mécano pour les graver irrémédiablement dans son esprit, la prochaine on ne l'y prendra pas.
La vraie raison qui l'avait poussé à tout faire pour épater le patron, il ne l'avouerait pas même à lui-même. Brad était grand, fort, il maîtrisait la mécanique et s'était montré bienveillant avec lui, en gros c'était comme ça qu'il imaginait un père, il avait d'ailleurs deux filles « de son âge ». Maintenant qu'il devait se débrouiller seul, c'était rassurant pour lui de l'avoir, et il ne voulait pas passer pour un boulet. Enfin bon, il se rattrapera un jour.

« Au fait Adam, désolé pour le dérangement, je te ferais une ristourne pour la perte de temps, il faut bien les faire réfléchir un peu, ces jeunes... »

Adam, pas très chinois, Salem n'aurait pas imaginé un prénom pareil et se remit à le dévisager de haut en bas. Oh, en fait ça lui allait pas mal, avec son petit air lointain, d'ailleurs il arborait encore une de ces expressions difficiles à comprendre. Salem se souvenait encore très nettement de son absence de réactions quand il lui avait montré sa trouvaille, lui qui pensait qu'il tenait à sa voiture, il avait été déçu.

« Et je te fais cadeau des pièces de rechange si tu me surveille un peu ce gamin-là. »

« Quoi ?! »

« Il vient d'avoir 18 ans et il se croit grand, il est venu à New York sans rien. »

« Non mais ça va j'ai un peu d'argent... »

« La semaine dernière il m'a appelé parce qu'il arrivait plus à retourner chez lui. »

« Mais ça arrive à tout le monde de se perdre ! »

« Il paie un loyer pas croyable pour une chambre de bonne et je suis sûr qu'il bouffe que des cochonneries, non vraiment, faut faire quelque chose. »

Salem avait viré au rouge pivoine, au moins ça confirmait ce qu'il pensait, Brad était un peu comme un papa new-yorkais, et il était fournit avec tous les inconvénients en options. Il regarda Adam d'un air horrifié, hors de question pour lui de se retrouver avec un baby-sitter qui a presque son âge.

« Ne l'écoute pas j'ai besoin de personne. »

« Je crois bien que ce machin là valait 1500$ à l'origine, faut que je vérifie... »
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Mar 11 Sep - 13:55

[justify]S’il y avait bien une chose qu’Adam appréciât, c’était la ténacité. Le mutant avait beaucoup de qualités, mais certes pas celle de se montrer très compréhensif et sa patience à l’égard de ceux qui l’entouraient dépendait étroitement de leur capacité à se montrer à la hauteur de la tâche que l’existence (en la personne d’Adam souvent) mettait sur leur chemin et la faiblesse des corps, des caractères ou des esprits ne trouvait pas beaucoup de compassion chez le jeune homme.

Sans doute n’érigeait-il pas cette attitude en système. Il n’avait rien, a priori, contre ceux qui avaient besoin d’un peu d’assistance et il était loin, très loin, d’avoir la rigueur sans pitié d’un anarchiste qui estimerait que chacun devrait être capable de se débrouiller par soi-même et s’il se montrait impatient, ce n’était certainement pas par principe, mais par l’effet de la rudesse de son caractère — une rudesse qu’il se reprochait lui-même souvent.

Il n’y songeait pas toujours cependant et il avait été loin de penser à mal en mettant son cadet à l’épreuve. D’ailleurs, Salem lui-même n’avait-il pas semblé vouloir s’affronter à la mécanique byzantine de la voiture ? L’habitude de proposer des énigmes plutôt que des solutions gouvernait bien souvent le comportement d’Adam et il y entrait une sorte un peu curieuse d’altruisme, convaincu qu’était le jeune homme qu’il était toujours plus profitable de s’interroger que d’écouter des réponses déjà formulées — dans les petites comme dans les grandes occasions.

Ainsi la réaction décidée du garagiste attira-t-elle un sourire amusé mais bienveillant sur les lèvres d’Adam et le devin s’abstint de faire plus de remarques. Il n’exigeait du reste pas particulièrement que Salem réussît et il lui suffisait qu’il essayât. D’un regard attentif, il observait les diverses manipulations des petites mains dans le cœur de la machine, et son intérêt ne fût détourné que quand il sentit approcher une présence que Salem était trop occupé pour percevoir.

Adam adressa un signe de tête à Brad avant de le laisser traumatiser sa nouvelle recrue. L’Asiatique avait une haute opinion des capacités de Redford, une estime qui s’étendait au-delà de la mécanique. C’était un homme droit, responsable et charitable et si ses employés n’avaient que peu changé depuis des années, ce n’était pas un hasard : le patron prenait soin d’eux et ne s’en séparait pas au premier problème.

Adam ne pouvait parfois s’empêcher d’envier cette générosité sincère, qui allait de l’avant sans trop s’interroger et procédait avec une simplicité directe. Le jeune homme songeait de temps à autre qu’il eût troqué volontiers une bonne partie de sa fameuse intelligence pour un peu plus de cœur ou, tout du moins, un cœur un peu plus simple et bienveillant.

Et la conversation qui s’engagea entre l’artisan et son apprenti était faite pour le conforter dans son avis. Adam, qui était notoirement incapable d’expliquer quoi que ce fût à qui que ce fût avec la moindre apparence de clarté, trouvait la scène touchante ; les suppositions de Salem, les précisions de Brad, les explications que suivaient des démonstrations, tout cela était — attendrissant.

Une sensation qui ne perçait guère sur le visage imperscruptable d’Adam, sur lequel continuait à flotter un sourire énigmatique. Il n’avait du reste pas survécu dans les milieux hyper-masculins qui avaient toujours été les siens sans une certaine dose de virile pudeur, parfois un peu mal placée. La sensiblerie, ce n’était pas ce genre ! Enfin, pas trop. Enfin, pas en public.

La proposition inattendue de Brad le tira de sa contemplation songeuse et chassa pendant quelques instants le sourire de son visage. S’occuper de quelqu’un ? Lui ? Adam n’était même pas sûr de pouvoir faire pousser un cactus en pot. Sa vie était aussi labyrinthique que son cerveau, alors il se voyait très mal dans le rôle du tuteur.

Le jeune homme s’apprêtait à appuyer les propos de Salem pour se défaire d’une responsabilité à la hauteur de laquelle il était loin de se sentir quand Brad Redford, qui décidément ne perdait pas le nord, annonça le prix de la pièce de rechange. Adam déglutit péniblement. A ce prix-là, autant racheter une nouvelle voiture.

Sans guère laisser aux deux jeunes gens le temps de beaucoup réfléchir, Brad leur fit signe de le suivre pour établir la facture. Il était très fier de lui, Brad Redford. C’était qu’il s’inquiétait autant pour Adam que pour Salem sans doute — il n’était pas dupe des airs tranquilles de l’Asiatique et il savait pertinemment qu’un peu de responsabilités pouvait l’aider à mettre de l’ordre dans sa vie. S’il avait eu un poste dans une association à lui donner, il l’eût fait avec le même raisonnement.

La petite troupe arriva dans le bureau du patron, le temps de traverser la rue et, pour Adam, de saluer chacun des mécaniciens. Adam s’assit sur une chaise tandis que Brad, dans son fauteuil, pianotait évasivement sur un ordinateur passé d’âge, le temps de faire monter un peu plus la pression. Finalement, le garagiste releva le regard vers son client et interrogea :


— Alors ? Qu’est-ce que tu dis de ma proposition ?

Adam n’avait guère le choix — des économies, c’était une chose, mille-cinq-cents dollars la pièce, une autre. D’un air dégagé qui ne cachait pas tout à fait son incertitude quant à la curieuse tâche qu’on lui confiait :

— OK. J’lui f’rai manger des légumes verts.
— Se coucher tôt.
— Se laver les dents.
— Mettre des sous-vêtements propres.
— Etre poli.
— Appeler à la maison.
— Etre chaste avant le mariage.
— Poli avec les vieilles dames.


Brad éclata d’un rire franc avant de se mettre pour de bon à l’établissement de la facture, tout en profitant de l’occasion pour faire la conversation à son fidèle client.

— Et sinon, ça va ?
— Ouais.
— Le travail ?
— Ca va.
— Et ton frère ?
— Fatigué. Il fait le soir.
— Toujours dans le même quartier ?


Adam hocha la tête.

— Un combat d’prévu ?
— J’sais pas. P’t’être le mois prochain.
— Avec qui ?
— Jared, j’crois.


A nouveau, le rire du garagiste se fit entendre.

— Bonne chance à lui.

Adam haussa modestement les épaules. Brad lui tendit finalement la facture que l’imprimante venait de péniblement régurgiter. Le jeune homme sortit quelques billets qu’il tendit au garagiste, puis Brad se releva et poussa Salem vers la chaise qui se trouvait à côté d’Adam.

— Pose-toi là mon gars et entends-toi avec Adam. Tu pouvais pas tomber mieux.

Adam, lui, n’en était pas si sûr. Brad leur adressa un grand sourire plein de confiance avant de quitter le bureau, après avoir lancé un :

— Prends soin d’lui.

Et il était difficile de savoir celui à qui le conseil s’adressait.
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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Mar 11 Sep - 19:43

La situation venait de prendre une tournure qui échappait totalement à Salem, lui qui n'aimait déjà pas qu'on l'aide de trop dans son travail supportait encore moins qu'on gouverne sa vie. Il n'avait pas quitter Boston pour se retrouver avec deux baby-sitters. Même s'il devait reconnaître que se retrouver indépendant était un peu plus compliqué qu'il ne l'avait prévu. Ne serait-ce que pour ne pas manger n'importe quoi ou ne pas oublier mettre le réveil. Et que se retrouver dans une ville nouvelle et immense apportait forcément son lot d'imprévus plus ou moins désastreux, les montants des loyers étaient l'un d'eux. Il n'en était pas rendu au point de faire machine arrière ou de demander de l'aide.

Il tenait à son autonomie, peut-être parce qu'il avait été un peu trop baladé de droite à gauche dans sa jeunesse, si pouvoir s'appuyer sur d'autres avait un coté rassurant, c'était un peu risqué aussi. Et puis, il ne le connaissait pas, le Adam, et même s'il avait tendance à sourire, il restait difficile à cerner. Salem n'avait rien pu tirer de ses observations, ni tics nerveux, ni regards fuyants, rien qu'une allure posée et un regard énigmatique. Il se doutait que Brad ne confierait pas sa vie à n'importe qui, loin de là, s'il avait pris cette décision c'est qu'Adam devait être quelqu'un de valeur, mais quand même.

Salem suivit le mouvement jusqu'au bureau et s'appuya contre le mur, à côté de la porte, ne prenant pas la peine de réagir à l'énumération de bonnes résolutions qu'on comptait lui faire prendre, son avis était visiblement accessoire dans tout ça. Un « Chaste... ? » lui échappa tout de même et il eut un regard interloqué en direction de l'asiatique. Ça dépassait largement le cadre du simple tutorat, et puis d'abord, il ne comptait pas juste faire semblant le temps d'avoir sa réparation à prix cassée ? Quoique ça n'échapperait sans doute pas à la vigilance du patron.

Il écouta le reste de la conversation avec un mélange de curiosité et d'incompréhension, c'était presque du langage codé à ce stade. Qui faisait des combats, là, le frère ou lui ? Et puis il était si important que ça, le quartier ? Ça devait être un coin mal famé pour qu'il en parle comme ça, ou pas. Tout à ses réflexions il n'eut même pas le temps de se plaindre quand Brad l'empoigna fermement pour le poser sur la chaise, avant de les laisser en tête-à-tête. Il le regarda claquer la porte vitrée et repartir s'occuper de son boulot comme si de rien n'était, puis tourna la tête vers son baby-sitter. Avant que le silence ne s'installe, il préféra prendre les devants.

« Heu... Ah, Brad, un chic type, pas vrai ? Mais il a un peu tendance à en faire des caisses, je n'étais pas si perdu que ça l'autre jour et je me brosse les dents. Je suis pas un gamin quand même... »

Malheureusement pour lui, la moue boudeuse qu'il afficha en disant ça lui enlevant une partie non négligeable de sa crédibilité. Il croisa les bras.

« En tout cas tu as eu une réparation du tonnerre pour presque rien grâce à moi, alors surveillance ou pas tu me dois un verre... et un hot-dog, ouais... Je mettrais une feuilles de salade dedans comme ça t'auras fais ta B-A. »

Voilà une bonne façon de joindre l'utile à l'agréable, il s'y voyait déjà, se faire balader dans New York et manger à l’œil, finalement le tutorat pouvait avoir du bon. Tiens, en y réfléchissant un peu, il trouvait d'autres choses, s'occuper de la paperasse, faire la vaisselle et le ménage, et les courses, aussi. Finalement, l'indépendance, c'est négociable quand ça l'arrange. Il se prit à rêver, parce que oui, ça relevait du rêve, autant parce qu'Adam n'avait pas l'air du genre à se laisser marcher dessus que parce que Salem n'était pas de ceux qui abusent des autres. Il ne pouvait pas se contenter de s’intéresser à lui dans une relation, et c'est d'ailleurs avec curiosité qu'il se re concentra sur son interlocuteur.

« Et sinon toi Adam, tu fais quoi dans la vie ? Qu'est-ce que t'aime faire ? Et puis d'abord, t'as quel âge ? Moi aussi je vais jouer les tuteurs avec toi si tu m'embête, tu vas voir, je suis sûr que je serais le pire ! »

Il eut un petit rire, son papa New-yorkais n°2 avait l'air un peu trop calme pour qu'il le prenne au sérieux. De toute façon il n'en avait probablement rien à faire, leur relation se résumera sans doute à quelques coups de fils de temps à autre. Un peu comme avec Jenny, à peine quinze jours et ils ne s’appelaient plus autant, d'ailleurs pour lui c'était déjà une ex, ou plutôt une amie. Ces choses-là ça va déjà vite avec les connaissances quand on est jeune, alors avec les coups arrangés en douce...
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Mar 11 Sep - 20:35

Adam maudissait intérieurement la douceur de son tempérament. Certes, il était peut-être la seule personne qu’il le connût à estimer que son tempérament fût en quelque manière doux, mais tout de même, il se trouvait ce jour-là bien malléable. D’ordinaire, il eût envoyé balader un peu vertement quiconque eût tenté de lui imposer une tâche aussi lourde que de veiller sur une parfaite inconnue, mais il s’était fait avoir par la conjonction favorable d’une remise non négligeable, de l’affabilité légendaire de Brad et d’un reste d’attendrissement ressenti devant le spectacle paternel, quelques minutes plus tôt, devant sa voiture.

Décidément, sa douceur le perdrait. Et le voilà qui se retrouvait avec un adolescent sur les bras, à ne pas savoir qu’en faire. Il était à ses propres yeux la dernière personne du monde pour organiser la vie de quelqu’un. Et, en bon cadet, dont on s’était occupé mais qui ne s’était occupé de rien, il ne pouvait pas trouvé dans son expérience familiale de ressources à transposer. Et son instinct paternel était loin, très loin, de s’être éveillé.

Mais s’il y avait bien une chose dont son esprit chaotique disposait, c’était d’un solide sens du devoir et, puisque Brad l’avait chargé d’une mission, puisque Brad était un ami, puisque Salem était (plus ou moins) en détresse, il fallait bien qu’il se montrât à la hauteur de la tâche qui lui avait été confiée, dans la faible mesure de ses moyens.

Le regard noir de l’Asiatique s’était donc posé sur sa pupille, reprenant aisément son intensité analytique. Adam était très, très loin de savoir par où commencer et s’il se reposait sur ses habitudes d’observateur circonspect, c’était beaucoup moins pour passer Salem au crible de son intelligence que pour se laisser quelques minutes de réflexion — et se donner une contenance — car il avait une réputation à conserver — bien entendu.

Il hocha la tête à la première question de son interlocuteur. Brad était un chic type, oui. Et même si Adam avait la vague impression que le garagiste venait de lui faire une sorte de crasse, il ne pouvait se départir de la bonne opinion qu’il avait de lui. Si la pièce qu’il lui avait offerte coûtait autant qu’il l’avait prétendu (mais il y avait lieu d’en douter), le patron devait beaucoup tenir à sa nouvelle recrue pour payer le bien-être de cette dernière à un tel prix.

Pendant que Salem tentait (sans grand succès) de le convaincre qu’il avait toute la maturité nécessaire pour naviguer dans la Grande Pomme, Adam récapitulait les informations dont il disposait sur le jeune homme. Pas de la région — dix-huit ans — perdu. Une autre donnée frémissait au bord de sa conscience. Une intuition collectée par son don dans le fil des événements.

Et tu t’appelles comment ? — Salem. La bribe de conversation s’était brusquement imposée dans l’esprit d’Adam, sortie toute droite d’un futur bien proche qui n’adviendrait jamais, précisément parce que le pressentiment en avait rendu la survenue inutile — un des multiples paradoxes temporels de l’existence d’Adam. Salem, quel drôle de prénom. Et pouvait-il vraiment avoir dix-huit ans ? Il paraissait si jeune.

Adam sortit de sa méditation un peu lointaine alors qu’un flot de questions se déversait sur lui.


— Tu parles beaucoup, dis moi.

Finalement, le mutant ne tiendrait peut-être pas toutes ses promesses : ce ne serait pas avec lui que Salem apprendrait les règles du savoir-vivre. Mais son observation avait été formulée d’un ton amusé qu’il était difficile de prendre en mauvaise part et l’on voyait bien que, dans la bouche d’Adam, elle n’avait rien d’un reproche.

Adam se pencha sur son siège, vers Salem.


— J’suis coursier. Avant j’étais boxeur pro. Kick-boxeur pour être précis. Mais tu vois, j’me fais vieux…

Difficile à croire, dans la mesure où, sans son regard et son assurance, on ne lui eût pas donné beaucoup plus de dix-huit ans. Mais, comme à son habitude, la conversation d’Adam oscillait entre sincérité tranquille et rétention d’informations dissimulée sous une ironie dégagée, si bien qu’il était toujours un peu délicat de savoir quand s’arrêtait la première et commençait la seconde.

— Du coup, bon, j’m’occupe. J’me promène. La nuit. Dans les bâtiments déserts. C’est bien les bâtiments déserts. Toujours quelque chose à côté.

A côté de quoi, allez savoir ! Mais définitivement l’Asiatique n’avait pas l’air du genre à reprendre simplement aux questions et à s’en tenir aux passe-temps traditionnels d’un jeune homme de son âge. Peut-être n’avait-il même jamais joué à un jeu vidéo de sa vie. On l’imaginait finalement plus aisément avec une loupe torche à la main en train d’explorer une ancienne gare que les yeux rivés à son écran. Ce qui peut-être n’était pas très rassurant.

— Alors Salem. Comme j’suis un adulte de vingt-et-un ans et par conséquent beaucoup plus vieux qu’toi, j’t’invite à manger ce soir. Un hot-dog. Si tu veux. Et un verre. Peut-être.

Appeler son interlocuteur par un prénom dont personne ne l’avait informé ne semblait guère déranger Adam. D’un signe de tête il désigna le débardeur couvert de cambouis de l’adolescent.

— Bon, évidemment, ‘faudra t’changer avant. Pour pas faire fuir les gens.

Adam se leva finalement de son siège, empocha sa facture et reposa les yeux sur Salem.

— Tu finis à quelle heure ? J’passe te prendre où ?

Oui, en vérité, c’était parfois une bien bonne pâte qu’Adam Tenseï.

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Salem Cordova
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Mer 12 Sep - 19:32

À trop vouloir empêcher le silence de s'installer, Salem s'était lancé dans de longues tirades, il en avait conscience et c'est avec un sourire qu'il prit la remarque d'Adam. Il l'écouta ensuite avec curiosité, son expression devenant de plus en plus étonnée à mesure que l'autre parlait. Coursier, bon, c'est du classique, et ça expliquait pourquoi il avait voulu faire baisser sa facture.

Kick-boxeur, c'est déjà un peu moins banal, les yeux de Salem glissèrent vers son ventre et ses bras pour tenter de juger de sa musculature mais avec les vêtements, pas facile d'en juger. En tout cas il n'avait pas une carrure de camionneur, et c'est lui qui allait se battre le mois prochain ? Difficile à croire.
Il haussa un sourcil en l'entendant parler de son « âge » ce devait être de l'humour, probablement... et se balader la nuit dans des endroits vides, c'était aussi une blague ? Salem commençait un peu à s’emmêler entre le vrai et le faux, la façon de parler d'Adam était quand même un peu spéciale, ou alors c'était le fait que son attitude n'était pas en phase avec ce qu'il disait. Dans tous les cas, il y avait de quoi se perdre un peu.

Ah, une info qui avait peu de risque d'être fausse, il avait 21 ans, pas si vieux donc, et il connaissait son nom. Salem ne se rappelait pas le lui avoir donné ou que Brad le lui ai dit, mais si sa mémoire visuelle dépassait la norme, sa mémoire auditive, elle, était aussi volatile et influençable que celle de n'importe qui d'autre. Adam l'avait dit de façon tellement naturelle qu'il ne se posa pas vraiment de questions, ça avait dû fuiter dans la conversation sans qu'il n'y fasse attention. Et puis de toute façon, c'était plutôt la suite qui intéressait l'adolescent, il avait gagné son hot dog, peut-être même qu'il pourrait choisir quelque chose de mieux, et il aurait peut-être son verre avec. La soirée s'annonçait sympa, lui qui n'était pas beaucoup sortit ses derniers temps, lassé de se perdre, se réjouissait d'avance, avec quelqu'un qui connaît la ville il aura moins de problèmes. Salem se leva avec lui, histoire de suivre le mouvement.

« Je finis vers 17h30, Brad me dépose à un arrêt d'où je peux prendre la ligne directe pour Crown Heights, c'est par là que j'habite. Je vais avoir besoin d'une bonne douche, je pense, mais après on peut se voir. Où tu veux aller ? Je devrais pouvoir te rejoindre à priori»

Le « à priori » avait son importance, car si la mémoire visuelle de Salem est excellente, elle se contente en générale de prendre des « photos ». Aussi, lorsqu'il devait aller faire les courses, il visualisait parfaitement le magasin, la vitrine, l'intérieur... Mais pour ce qui était de l'itinéraire à suivre c'était autre chose, une sorte de : « Longer le mur de brique, traverser le carrefour, bifurquer après le banc tagué, contourner le clochard et ses chiens, passer devant la voiture bleue aux jantes alu... ». Autant dire que ce n'était pas l'idéal, surtout dans une ville comme New-york.

« Mais au cas où je préfère prendre ton numéro quand même, ça vaut mieux.  »

Il s'essuya vaguement les mains sur son jean pour récupérer son vieux portable et rentrer le numéro tout en le raccompagnant à sa voiture. La pauvre avait toujours une triste allure, mais au moins sous le capot c'était autre chose et il ne pu s'empêcher d'éprouver une petite fierté. C'était lui qui l'avait réparé, presque tout seul. Du coup il resta à côté pour pouvoir assister au « décollage ».

« Tu vas voir, grâce à moi tu vas pas la reconnaître, ta bagnole ! Vas-y fais tout péter ! »
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Casse-tête chinois grandeur nature [Fini !]   Mer 12 Sep - 20:03

Salem n’était pas le seul à qui ce rendez-vous apportât un salutaire changement. Adam n’était pas très sûr de se souvenir de la date de son dernier rendez-vous normal, quelle qu’en fût la nature. Cela faisait bien des semaines qu’il n’avait pas rencontré un ami pour simplement prendre un verre, des semaines encore qu’il n’avait pas pris le temps de déjeuner avec son frère, sa sœur ou ses parents et, quant aux rendez-vous plus sérieux avec la gente masculine, ils n’avaient pas su se frayer une place dans son calendrier depuis des mois.

Et si le jeune homme aimait assez sa vie décousue et marginale, s’il éprouvait un plaisir certain à se perdre dans les bâtiments abandonnés, à suivre le fil de ses prédications, à sauver parfois, quand il avait de la chance, une victime d’un crime non encore commis, il devait bien reconnaître au fond de lui que, depuis quelque temps, un semblant de vie sociale normale lui manquait.

Un éclair de lucidité lui traversa l’esprit et il comprit que c’était peut-être précisément pour remédier à cette errance involontairement misanthropique que Brad lui avait donné la charge de ce nouvel arrivant. Combien de fois en le voyant combattre le garagiste lui avait-il demandé si tout, dans son existence, se passait bien, comme s’il avait lu dans ses coups la solitude qu’Adam précisément s’abstenait en toute circonstance de formuler ?

Adam considéra Salem d’un œil nouveau. Etait-il vraiment capable de s’occuper de lui ? Qu’est-ce que cela voulait dire, d’ailleurs, au juste ? Une vague appréhension le saisit. Habitué à fuir les responsabilités qui excédaient la mesure d’une seule action héroïque, expert de la fuite en avant, Adam ne se sentait guère à la hauteur du genre d’entreprise que Brad lui proposait. A la peur d’échouer se mêlait, plus indistincte, la peur de réussir et d’abdiquer une sorte de liberté.

Le mutant ne parut écouter que d’une oreille distraite les informations sur lesquelles précisément il venait d’interroger son interlocuteur, sondant son propre avenir avec, pour une fois, la faiblesse de moyens tout humains. Cette fois-ci, point de clarté surnaturelle dans les événements à venir : Adam n’y voyait goutte. Aucune intuition, pas le plus petit indice sur ce qu’il convenait de faire.

S’extirpant péniblement de ses pensées, le jeune homme fit l’effort de concentrer à nouveau son regard sur l’apprenti.


— Hmmm ?

L’esprit d’Adam mit quelques minutes à renouer les fils de la conversation.

— Ah. Oui. Bien. Bon, alors, disons dix-neuf heures trente devant le centre cultural, à Soho. On trouverait un truc dans le coin. C’est typique, c’est bien.

Ce n’était pas exactement le genre de quartiers que le jeune homme avait l’habitude de fréquenter, mais il lui semblait préférable de ne pas attirer de but en blanc sa nouvelle connaissance dans les tréfonds d’Hell’s Kitchen quand rien ne l’imposait. Si Salem, qu’il voulût l’avouer ou non, se sentait un peu perdu, mieux valait lui présenter dans un premier temps la face la plus riante et la plus sûre de New York, quelque standardisée qu’elle fût aux yeux de l’Asiatique.

Adam, les mains dans les poches, se mit en route vers le véhicule fraîchement réparé tout en dictant son numéro de téléphone à Salem. La foule des choses qu’il lui restait à faire ce jour-là s’assemblait dans son esprit et, sans qu’il s’en rendît entièrement compte, il était en train de bouleverser une bonne partie de son agenda pour ce rendez-vous : chercher un bar, un endroit où manger, trouver une tenue, s’assurer que personne ne le dérangerait — toute une foule de précautions qu’il n’aurait pas prises en d’autres circonstances. Même si les circonstances présentes échappaient un peu à sa conscience.

Arrivé à sa voiture, Adam se sentait un peu — gêné. Il allait aborder toute une partie de l’existence dans laquelle il ne s’était jamais montré très doué : les relations sociales. Son remarquable sens de la psychologie était entièrement dévoué à une hybridation curieuse de manipulation plus ou moins bienveillante, de ponctuelle intimidation et d’analyse indiscrète et son art de la conversation, lui, relevait plutôt de l’interrogatoire sournois que des salons mondains.

Adam suivit le regard de Salem vers la voiture, soudainement devenue la cadette de ses préoccupations.


— Oui. Oui, c’est bien. Bon…

Il n’avait pas l’air très convaincu.

— Du coup, je vais… Voilà. A ce soir. Dix-neuf heures trente. Merci pour le coup d’main.

Il esquissa un vague sourire, jeté beaucoup plus au garage derrière Salem qu’à Salem précisément et s’installa au volant de son véhicule, qu’il ne tarda pas à démarrer. Ce n’était pas le rugissement puissant du dernier modèle, mais le moteur tournait avec beaucoup plus d’aisance qu’il ne le faisait à l’arrivée et Adam venait sans doute de repousser l’achat d’une nouvelle voiture de quelques semaines encore.

Un dernier signe de tête à Salem — puis l’engin et son propriétaire disparurent au coin de la rue, pour s’éloigner de la zone industrielle — et au volant Adam était tourmenté par une question de la toute première importance : que diable allait-il pouvoir porter ?
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