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 Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]

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Alexander Cash
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MessageSujet: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Jeu 26 Avr - 13:30

Le New-York Times, probablement le journal le plus diffusé aux Etats-Unis et le plus connu à l'extérieur de leurs frontières, avait embauché à peine plus d'un an plus tôt Alexander Cash, un jeune diplômé prometteur en Economie et Communication. Celui-ci fut, après avoir passé quelques mois dans les sections les plus inintéressantes du journal - rubriques nécrologiques, entre autres -, affecté au supplément économique. Lui qui était friand de chiffres, statistiques et autres enquêtes, des sujets s'intéressant aux financements des entreprises, aux fluctuations des marchés financiers, ne pouvait pas mieux tomber. Un an et nombre d'articles lui ayant valu des félicitations par ses collègues et directeurs de publication plus tard, il travaillait toujours dans la même division du N-Y Times, et avait la reconnaissance - relative - de ce milieu.

On lui demanda de faire un article assez différent de ce qu'il avait l'habitude de faire: une enquête sur les sentiments des populations immigrées quant à la protection sociale du district de New-York. La plupart d'entre eux étant dans une situation précaire, les réponses furent en tous points semblables: les aides sociales étaient insuffisantes pour leur permettre d'avoir recours à une assurance sociale correcte, et le coût des soins de santé demeuraient trop élevé. Il n'eut aucun mal pour recueillir ces premières données, puisque tous parlaient l'anglais. En revanche, il en fut autrement pour les populations provenant d’Amérique centrale et du sud, moins importantes à New-York que les populations chinoises et hindoues.

Grâce au bouche à oreille - un journaliste apprenait très rapidement à laisser ses oreilles traîner un peu partout - il eut vent d'une association basée à Hell's Kitchen visant à aider des étrangers à s'intégrer dans la population New-Yorkaise, par des recherches de travail, la création de réseaux, etc. Beaucoup d'entre ces personnes étaient porto-ricaines. Il demanda au président de l'association, présent à son arrivée, s'il était possible de lui fournir un traducteur. Un homme se porta volontaire. Après beaucoup de discussions, Alexander apprit beaucoup de cet inconnu: né à Porto Rico, une île-Etat indépendante mais associée aux Etats-Unis, il est catholique pratiquant et activiste, ainsi que fumeur compulsif. Même si le journaliste n'était pas d'accord avec la vision de voir les faits d'Esteban, il aimait son comportement, son dévouement pour une cause qu'il jugeait juste. Le porto-ricain n'était pas avare de travail, et il accomplit sans problème et avec perfection la mission qui lui avait été assignée. Grâce à lui, Alex put finir son article plusieurs jours à l'avance et fut encore une fois complimenté pour la qualité de ce-dernier. Le jeune homme tint à payer son traducteur, lequel refusa cet aspect financier de la rencontre, même s'il s'agissait d'un travail à part entière. Il demanda simplement un service.

Esteban - Alejandro mendosa-Posenotti de son vrai nom - recherchait une collocation et l'appartement qui allait avec. En effet, ses moyens étaient limités. Il sollicita donc Alexander, le priant de mettre sa courte annonce dans un recoin du N-Y Times, ce qu'il fit avec plaisir. Tous les deux jours pendant plus d'un mois, il inséra le petit texte dans la rubrique "Annonces" d'un des suppléments du journal. Ils échangèrent leur numéro, après quoi Alex demanda à Esteban de le tenir au courant en cas de réponse. Et un mois plus tard, il n'avait toujours pas reçu d'appel. En buvant un café à la terrasse d'un bar sur la 4ème avenue, il eut un déclic. Il vivait dans une petite chambre d'un hôtel pas particulièrement agréable, il n'avait pas de place et n'aimait pas l'endroit, malgré le charme du quartier. Ses revenus étaient assez modestes. La solution était simple, et il s'en voulut de ne pas s'en apercevoir plus tôt: la collocation. A 24ans, c'était quelque chose d'acceptable, surtout à Manhattan.

Lorsqu'il rentra chez lui, il fit plusieurs recherches d'appartement à louer dans plusieurs quartiers. Il appréciait particulièrement Soho, un coin calme, charmant, même si un peu trop touristique à son goût. Les loyers n'y étaient pas donnés, mais à deux, ils devenaient largement accessibles. Il trouva quelques appartements plutôt sympas et assez spacieux pour accueillir deux personnes que tout opposait à la base. Il appela Esteban pour l'en aviser. Son téléphone portable ne répondit pas, il appela à son bureau, et laissa un message. Il savait que le samedi, ni l'un ni l'autre n'était censé travailler. Il lui donna donc rendez-vous à 10h, sans être sûr que cette cohabitation correspondrait au porto-ricain.

Deux jours plus tard donc, il se rendit au coin de Spring Street et Mercer Street, dans Soho, comme convenu. Il s'assit à la terrasse d'un café, sirota un jus d'orange accompagné d'un expresso, attendant son potentiel futur colocataire. La suite de la journée promettait d'être intéressante !
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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Re: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Jeu 26 Avr - 22:17

Esteban avait été surpris de recevoir un tel message d'un homme qu'il jugeait important. Mister Cash avait fait bonne impression: La volonté d'avoir recours à un homme du pays pour l'aider à comprendre les immigrés latinos, les investigations qui étaient intéressantes sans être dégradantes... Et puis il faut avoué que pour une fois qu'un blanc s’intéresse au bien être des porto-ricains... Cela méritait d'être salué. Le contact avait été facile; En bon professionnel, le journaliste savait être un caméléon social et savait aussi se placer en observateur et non en juge. La collaboration avait été fructueuse, Esteban s'était fait un contact et le journaliste avait eu des témoignages les plus authentiques qu'il soit. Le porto-ricain avait été la caution ainsi que le sésame d'Alexander. Ensemble il avait interviewer les plus intégrés des latinos autant que ceux qui faisaient encore la manche même après des dizaines d'années de vie sur le sol Américain.

Alors qu'il marchait vers son lieu de rendez-vous, Esteban faisait un travail mental pour se rappeler de tout ce que le journaliste et lui avaient partagé: Les "viernes sociales" à boire du rhum et de la téquila en compagnie de jeunes femmes, mais aussi parfois en famille, bercés par la musique de "banderas" d'une soirée jouant de la rumba ou bien de la cumbia. Ces vendredis sociaux sont une vraie institution à Porto-rico, ainsi que et surtout à Cuba, et même plusieurs semaines après Esteban était toujours bluffé par l'aisance d'Alexander à partager ces nuits de fiestas. Puis le revint les souvenirs moins faciles: La pauvretés des logements sociaux, des gens qui n'avaient plus de dents ou à qui il manquait un membre. Esteban avait expliqué que la plainte et la compassion affichée était réservée à l’Église et que le comportement le plus "normal" possible était celui à adopter pour avoir des informations.

Bref, Mister Cash avait une image d'homme compétant et engagés qui plaisait à Esteban. C'est pour ces raisons qu'il avait accepté de le rencontrer à nouveau. Le front un peu plissé et la mine songeuse, Esteban tourna au coin de la rue donnant sur le café. Il avait en main un plan du quartier, preuve que ce dernier était encore un mystère pour lui. Il avançait un peu maladroitement, bousculant parfois quelques personnes. Il n'était plus qu'à quelques mètres de son lieu de rendez-vous.

Le latino presque trentenaire portait un simple débardeur noir, mettant en évidence sa multitude de tatouages, accompagné d'une paire de jeans trouvée de couleur noir. Il avait un sac besace, qui semblait neuf et ce dernier semblait être une source d’anxiété d'Esteban qui contrôlait que ce dernier était toujours là très fréquemment. Ses cheveux bouclés étaient tirés vers l'arrière à l'aide d'un serre-tête aux teintes neutres et sa barbe était en fouillis. Une fois ne vue d'Alexander, il écrasa sa cigarette à moitié fumée et s'approcha la main tendue et la fumée s'extirpant de chaque coté du franc sourire d'Esteban:


"Señior Cash!?! Merci de m'avoir appelé. Je suis ravi d'avoir de vos nouvelles. J'ai lu votre articles et les félicitations sont de mises! "

Une fois les formalités d'usage finies, il s’essaya avec empressement et commanda un café. Il se tourna alors vers Alexander, le regard enjoué:

"Alors, vous avez quelque chose pour moi? Ou plutôt pour nous?"
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Alexander Cash
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MessageSujet: Re: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Ven 27 Avr - 0:39

Le jeune journaliste arriva avec une demi-heure d'avance le samedi du rendez-vous. La ponctualité n'était pourtant pas un de ses points forts, mais il avait eu quelques petites choses à régler avant de venir. Dans sa petite chambre, il réécrivit certaines phrases de l'article qu'il était en train d'écrire actuellement, par soucis de syntaxe. Il était particulièrement pointilleux dans tout ce qui concernait l'écriture, et il lui arrivait souvent de réécrire une même phrase une demi-douzaine de fois d'affilées. Maniaquerie, obsession, manie... On lui avait souvent soufflé ses mots accompagnés d'un sourire gentiment moqueur. Dans son travail, il était quelqu'un de perfectionniste. Et, étonnamment, à l'extérieur, il était tout l'inverse. Il ne fallait que voir sa chambre d'hôtel pour s'en rendre compte: des affaires traînaient, la vaisselle utilisée moisissait. Alexander espérait que le choix de prendre le porto-ricain pour colocataire se révélerait commode: cohabiter avec quelqu'un que l'on ne connait que peu est un pari risqué, surtout quand les deux intéressés sont aussi singuliers.

Pendant sa courte attente, il s'attarda sur les passants, pressés. Des visages qui ne semblaient pas savourer leur samedi, comme bon nombre de New-Yorkais. La vie dans la ville qui ne dort jamais était à l'image de cette réputation: non-stop. Ceux qui survivaient dans ce monde aussi sauvage que moderne étaient ceux qui se donnaient le temps de respirer, qui prenaient des week-end à rallonge... Bref, ceux qui étaient, généralement, bien loin de l'idée du self-made-man. Alexander en faisait partie, ainsi que le natif de San Juan. Lorsqu'ils parlèrent ensemble, lors des premiers jours d'enquête au sein des familles immigrées hispanophone, ils partagèrent de nombreuses discussions, sur tous les points. Ils en vinrent inévitablement à leurs occupations extra-professionnelles, et donc au temps libre qu'ils s'accordaient chaque semaine. Esteban semblait avoir une notion semblable au journaliste, en la différence qu'il passait ce temps-libre à aider les autres, à faire beaucoup d'activités assez enrichissantes, contrairement à Alex qui aimait flâner et sortir dans des bars. Il s'agissait d'un point qui rendrait encore plus originale leur collocation.

A peine fut-il 10 heures qu'Esteban pointa la bout de son nez à l'angle de la rue où la rencontre avait été prévue. L'homme arriva avec la démarche qu'Alexander lui connaissait: décontracté, probablement pas rasé depuis des semaines, en jeans et débardeur noirs. C'était la première fois que le plus jeune des deux voyait les tatouages de l'autre. De longues écritures s'étendaient sur les bras, dont la signification lui échappa. La paire d'individu devait être surprenante à voir: d'un côté, un homme recouvert en partie de tatouages, habillé simplement, et de l'autre un grand blond avec un visage typiquement américain, habillé à la manière décontractée New-Yorkaise (t-shirt blanc, veste noire, jean de marque, chaussures en cuir). Alexander accueillit le nouvel arrivant avec un sourire. Celui-ci lui rendit et lui tendit la main après avoir jeté sa cigarette. Le professeur d'économie lui serra volontier et l'invita à s'asseoir d'un geste du bras, ce qu'il fit après l'avoir félicité sur son article.

- Ah, tu l'as lu ? Eh bien merci, ça me fait hyper plaisir que tu l'aies apprécié ! Et je t'en prie, tutoie moi, tu es plus vieux que moi et c'est moi qui ai l'impression d'être un ancien !

Dès qu'Esteban fut assis, il commanda à café et demanda, l'air enjoué, ce qu'avait trouvé son interlocuteur.

- Alors... Oui j'ai trouvé pas mal de petits plans qui ont l'air assez sympas. Le plus proche est à deux pas d'ici. C'est un appartement assez basique, au 5ème étage d'une petite rue. Après, il y en a pas mal vers Greenwich et West Village. Bon, je vais pas tous te les décrire parce qu'on en aurait pour une plombe. De toute façon tu les verras rapidement. Il s'arrêta avant de se taper intérieurement sur le front. Il avait oublié deux ou trois choses à raconter. Ah, autre chose! Peut-être que ça te plaira, mais il y a une ou deux maisons qui paraissent pas très chères. Elles sont pas grandes, mais il y a de quoi faire. Sinon, c'est surtout des appartements, abordables. Et assez grands, ça c'est cool. J'étais étonné, mais quand on sait un peu à qui demander, les loyers baissent rapidement ! Tu en dis quoi ? T'es prêt pour une journée de visites ? Il va falloir être productif aujourd'hui !



Hrp: A toi de voir si tu veux continuer à discuter ou directement commencer les visites :) Fais comme tu le sens, je m'adapterai !
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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Re: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Sam 28 Avr - 0:24

"Juas... J’avoue que je suis tenté par les maisons... C'est typiquement le genre de biens que je ne pourrais jamais m'offrir seul. Non et puis le barbecue... Les chaises longues et tout ce qui va avec... Tu sais que je ne me suis jamais allongé sur une chaise longue de ma vie!"

Le quasi trentenaire ria un peu bruyamment, puis se ravisa regardant autour de lui, très gêné. Le serveur déposa le café et Esteban se permit de régler la note des deux consommations, sans dire un mot. Machinalement, il touilla le contenue de la tasse sans y ajouter quoi que ce soit. Il observa un instant le petit tourbillon formé par la cuillère au centre du liquide ambré et fumant: Les américains faisaient un café déplorable mais celui-ci avait néanmoins un parfum appréciable. Il fut tiré de ses pensés par un petits groupes de jeunes, peut être âgés d'une 20ene d'années, qui venaient d'installer des instruments de musiques rudimentaires. Esteban les fixait avec un regard curieux puis enjoué: Les jeunes avait une paire d'amplis de qualités médiocre relié à leurs voiture. La jeune femme tenant la basse lança les hostilités: Une reprise conforme de the Hollow de A Perfect Circle. Les jeunes avaient du talents mais leur matériel obsolète nuisait à la qualité de la prestation. Esteban se leva et se tourna vers Mister Cash et dit

"Allons-y! Prenons deux minutes"

Il invita Alexander à le suivre d'un geste de la main et il alla se mélanger à la dizaine de personnes massées devant les musiciens. Le jeune chanteur ramena ses cheveux longs vers l'arrière quand il entama sa partie chantée:

Run desire run
Sexual being
Run him like a blade
To and through the heart
No conscience
One Motive
Cater to the hollow

Screaming feed me here
Fill me up again
Temporarily pacify this hungering
So grow


Esteban oscillait de haut en bas, pliant ses genoux en cadence. Le caractère sexuel de la chanson ne le gênait étrangement pas, se laissant emporté par le rythme. Pendant l'espace d'un instant il était seul avec la musique. Esteban était un musicien dans l'âme et ce petit concert impromptu le rendait heureux.

Libido throw
Dominoes of indiscretions down
Falling all around
In cycles
In circles
Constantly consuming
Conquer and devour

Cause it's time to bring the fire down
Bridle all this indiscretion
Long enough to edify
And permanently fill this hollow


A présent le latino bougeait ses lèvres en synchro avec les paroles, donnant des accoues en rythme avec sa tête, ses mains frappant ses cuisses. Ses lèvres arboraient un rictus de plaisir évidant, ses yeux lançaient des éclairs de bonheur.


Screaming feed me here
Fill me up again
Temporarily pacifying

Feed me here
Fill me up again
Temporarily pacifying


A présent l’audience était composée de 20 personnes et ils reprenaient tous en chœur le refrain, y comprit Esteban. La chanson s’arrêta, dans une semonce d’applaudissements de la part de l'assistance, composée de quelques passant comme Esteban ainsi que des amis intimes des membres du groupe. Puis le latino extirpa un billet de 20 dollars qu'il plaça dans l’étui à guitare prévu à cet effet. Enfin il se préoccupa à nouveau d'Alexander, tout sourire:

"T'avais raison! J'adore ce coin! Bon allé! Ces maisons ne vont pas se visiter seules! Let's go!"

Il emboita le pas du journaliste, d'une humeur plus que joviale.

[HRP: Je te laisse mener les visites, tu as l'initiative du lien mais aussi du RP: Ce n'est que justice:)]
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Alexander Cash
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MessageSujet: Re: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Lun 30 Avr - 1:09

La rencontre avait été aussi facile que dans les souvenirs du jeune journaliste: une poignée de main, un échange de sourires complices, et, quelques secondes plus tard, la discussion avait commencé. Le porto-ricain écouta dans un premier temps ce qu'avait à lui dire Alexander, tout en s'asseyant et commandant un café. Lorsque le serveur revint, Esteban lui donna de quoi payer l'ensemble des consommations de la table, ignorant les contestations de son compagnon de terrasse. Il fit rapidement part de détails supplémentaires concernant ses attentes pour la future collocation. En plus des deux chambres séparées, de la cuisine équipée, ainsi que d'un bureau voire deux si l'une des chambres ne permettait pas d'installer une table en plus d'un lit double, il tenait à avoir un endroit où poser un barbecue et des chaises longues. La remarque ne manqua pas de faire sourire Alex, alors que son interlocuteur ria à ses propres paroles.

Son attention fut vite attirée par un autre sujet: un groupe de jeunes musiciens partageait l'art qu'ils affectionnaient tous avec une reprise d'un groupe de rock que le journaliste ne connaissait pas. Les deux hommes avalèrent la fin de leur café en quelques secondes puis se dirigèrent vers la source de musique, à quelques dizaines de mètres de la table où ils s'étaient installés. Se mêlant à la foule, Esteban semblait être dans son élément. Il commença timidement par bouger les genoux, puis finit par chanter les paroles tout en souriant, vraisemblablement heureux de vivre cet instant, si court fût-il. Alexander accompagna timidement son futur colocataire, les bras croisés, en se tapotant les coudes de ses mains. Quelques minutes plus tard, les artistes s'arrêtèrent sous les applaudissements du petit attroupement qu'ils avaient réuni. L'homme du Sud alla déposer un billet dans l'étui à guitare posé devant les musiciens, et replaça son attention sur l'ancien universitaire, tout en lui faisant comprendre son engouement. Ce-dernier l'invita à avancer dans la direction de la première visite en ajoutant:

- Le premier est à une rue d'ici. Il y en a deux dans le coin, après on ira vers Greenwich. Allons-y !

Ils se dirigèrent donc vers le premier appartement à visiter. Arrivés devant un immeuble en bon état, Alexander sonna vingt bonnes secondes avant qu'on leur ouvre. L'endroit était manifestement ancien, puisqu'il n'y avait pas d'ascenseur. Cinq étages plus tard, ils se retrouvèrent devant la porte de l'appart' à visiter. Ils toquèrent, et ce fut un agent immobilier qui leur ouvrit. Il était apparemment en train de faire une visite pour un couple de trentenaires avec un enfant de 3 ou 4 ans, et en profita pour présenter le bien immobilier aux nouveaux arrivants. D'un coup d'oeil réciproque, les deux hommes se mirent d'accord: l'endroit n'avait pas de cachet, et monter tous les jours jusqu'au cinquième à pied... Même Alex, pourtant sportif, ne semblait pas convaincu. Après remerciements, il redescendirent et allèrent, deux rues plus tard, sonner dans l'immeuble accueillant le deuxième lieu à louer. Cette fois-ci, le bâtiment était mal entretenu, tout autant que l'appartement. Dommage, le coin était agréable et le Bao'Bar n'était qu'à deux minutes de l'entrée.

Ils continuèrent leur chemin et atteignirent Greenwich Village. Là, ils eurent une demi-douzaine de visites à faire dans l'après-midi. La première fut semblable aux suivantes: des studios, lofts typiquement New-Yorkais avec le côté "mode" du quartier, connu pour être particulièrement chic, et des loyers élevés, bâtiments modernes. Pas une seule fois ils n'eurent le coup de foudre, ni même l'envie de s'approprier les lieux. La plupart du temps, les critères des deux hommes étaient réunis, sans être suffisants. Il devait être 17 heures quand ils sortirent de la dernière visite, une maison immense, réellement hors de prix, plutôt destinée à quelque couple de petite célébrité New-Yorkaise. Déçu, Alexander s'excusa auprès d'Esteban.

- Bon, c'était la dernière. C'était vraiment pas ça, aujourd'hui... Mais c'est tout ce que j'ai trouvé dans un coin sympa. Sérieusement, c'est quoi ces loyers ? C'est du n'importe quoi, franchement. Après quoi il lacha un long "pffffffffffffffffffff". Désolé Esteban, j'crois bien qu'on est pas tombés sur les appart' les plus intéressants de New-York. En même temps... Il s'arrêta soudain et commença à fouiller dans sa poche de pantalon. Il tourna la tête et dit à voix basse: Excuse moi, c'est ma mère.Puis il reporta sa voix sur le téléphone et entama une discussion qui dura en tout et pour tout 3 minutes. Allô ? Oui oui, ça va ? Non non, rien d'intéressant.

- Oui oui. Non. Non. Bah, je sais pas. Quoi ? Qui ça ? C'est bon ça ! Et quand ? Sérieusement ? Tu penses qu'on peut y aller tout de suite ? C'est quoi l'adresse ? Ok, impec', merci ! Oui, je te rappelle dès qu'on est fixés. Merci en tout cas ! Bye, à plus tard.

La mine réjouie, il tourna son regard vers le porto-ricain. Au fil des secondes, son sourire s'agrandit, jusqu'à lui frôler les oreilles. Sous le regard interrogateur d'Esteban, il résuma la discussion et lui annonça la nouvelle.

- Alors, ma mère connait quelqu'un qui cherche à louer sa maison. En fait c'est une de ses collègues, genre médecin plutôt bourrée de tune, qui habitait pas loin d'ici et qui a décidé de bouger de New-York. En gros, elle veut pas vendre sa maison, mais ne veut pas non plus la laisser inoccupée. Elle vient de mettre une annonce dans une agence immobilière du quartier, et ma mère vient de l'apprendre à l'instant. Il fit une courte pause, et enchaîna. Rien n'est dit, mais comme elle la connait bien, peut-être qu'on pourra avoir un loyer pas trop trop élevé. Il s'arrêta de nouveau, et ajouta: Bon, ça restera pas donné, mais comme c'est sur l'extérieur de Greenwich, c'est moins bien côté qu'ici. Mais en même temps, c'est qu'à 5 minutes, donc on reste dans le Village. Au niveau de la taille, je sais pas trop ce que ça donne, mais je pense que ça devrait le faire ! On peut aller la visiter maintenant, on y va ?

Sans attendre la réponse de son interlocuteur, Alexander s'orienta vers une rue perpendiculaire à celle dans laquelle ils se trouvaient. Effectivement, à peine cinq minutes plus tard, ils débouchèrent sur une rue un peu plus petite. Ils cherchèrent tous deux le numéro que leur avait indiqué Mme Cash. Arrivés devant, ils virent l'annonce de l'agence immobilière sur la façade de la maison en question. Plutôt étroite, des murs en vieilles briques rouges donnant un charme fou à l'endroit, une porte verte en bois en guise de porte d'entrée, et quelques marches pour accéder à cette-dernière. Les fenêtres visibles donnaient un style vieux New-York à l'habitation. Sans dire un mot - mais son visage parlait pour lui - le jeune journaliste savoura pleinement la vue et l'idée que cet endroit pourrait être son chez-soi dans peu de temps. Ils montèrent les cinq petites marches séparant le trottoir de la porte d'entrée et sonnèrent à plusieurs reprises... sans réponse. Ils allaient devoir prendre leur mal en patience...

- Alors, t'en dis quoi pour l'instant ? Perso... J'adore !


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James C. Donovan
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MessageSujet: Re: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Mar 1 Mai - 15:00

C'est en ouvrant un œil et en apercevant la femme nue couchée à ses côtés que la soirée lui revint en mémoire. James observa où il avait atterri malgré la pénombre dans laquelle baignait le studio de... Catherine ? Caroline ? Christine ? Bref, de la « meuf bonne » qu'il s'était faite ce soir-là, comme il pouvait en déduire sans mal de la situation et des emballages de préservatifs dispersés un peu partout près du lit. Un bordel indescriptible trônait fièrement et il semblait très compliqué de pouvoir poser un pied par terre sans écraser quelque chose. Sans compter que, bordel, le monde tournait vachement vite.

Après avoir tâtonné d'une manière hasardeuse autour de lui pour retrouver ses fringues, il s'habilla sans bruit. Il hésita quelques instants à déguerpir avant d'apercevoir la bouteille de Jack Daniel's vidée au trois-quart posée sur la table de chevet. Dans un état de flottement typique aux soirs de fête, il alluma une cigarette et s'empara de sa meilleure amie. Vingt minutes durent s'écouler tandis qu'il fumait et terminait de se murger à grandes gorgées. Il ne la rappellerait pas. Seulement après, James se décida à se mettre en route. Il quitta l'appartement aussi silencieusement qu'il le pouvait et manqua de s'éclater dans les escaliers. Taser mis bien dix bonnes minutes à retrouver sa voiture qui était pourtant garée juste en face de l'immeuble qu'il venait de quitter. Il grimpa non sans mal dans l'épave qui lui servait de véhicule et eu tout autant de difficulté à mettre le contact. Sa carcasse de bagnole n'était d'habitude pas simple à démarrer et avec trois grammes dans chaque bras, l'épreuve lui semblait équivalente à la mise en marche d'une machine à laver. (Très compliqué dans son cas). Après de longs efforts, la voiture démarra dans un ronronnement furieux. Il existe un Dieu pour les alcooliques : ce soir-là, James était un cul-béni. Non seulement il réussit à garer (tout est relatif) sa vieille cadillac en ruine devant « chez lui » mais il avait surtout échappé à de nombreuses collisions au volant. Grimpant les escaliers avec difficulté, James réussit à se hisser à hauteur de l'appartement qu'il squattait. Rentré, il se précipita avec maladresse dans les toilettes en sentant une nausée caractéristique l'envahir.

Les premiers rayons du soleil qui se faufilaient à travers la lucarne vinrent transpercer la chaire de ses paupières closes. Péniblement, il les releva. La tête penchée dans la cuvette, les mains agrippées sur le rebord, James avait l'impression qu'on lui avait fait un trou dans le crâne à la perceuse. Quel jour, quelle heure était-il ? Il eut à peine le temps de réaliser qu'il n'était pas mort qu'il aperçu la porte des toilettes s'ouvrir sur Tina : sa logeuse et accessoirement son ex-femme.

James Charles Donovan.
Aïe. Quand elle l'appelait par son nom complet, c'est que les choses tournaient mal. Même semi-comateux, il était facile de comprendre qu'elle allait gueuler.

Tu tombes à point,
dit-elle avec une ironie glaciale. J'avais justement à te parler.
Mmmh mh,
répliqua James pour montrer qu'il était à l'écoute, toujours la tête dans la cuvette. Cette situation avait de bon qu'il n'était pas obligé d'affronter le regard de Tina et qu'il pouvait tranquillement continuer de gargouiller avec lâcheté. De toute façon, l'état lamentable dans lequel il se trouvait et la douleur qui lui vrillait les tempes étaient suffisants. Elle savait qu'elle n'aurait pas besoin d'en rajouter.

Puisque t'es capable de trouver un emploi
-James hésita à relever la tête pour apporter des précisions à sa situation malgré tout précaire mais ne trouva pas la force suffisante- tu peux aussi trouver un logement, non ? Elle n'attendait évidemment pas de réponse et enchaîna : T'en fais pas, je m'en suis occupée pour toi puisque tu n'en fous pas une. Il y a une annonce -James entendit vaguement un bruit de papier qu'on agitait- et si tu ne veux pas te retrouver dehors dès ce soir, tu vas t'y pencher de plus près et aller visiter. C'est entendu ? termina-t-elle d'un ton faussement aimable.

Mmmh mhhh
, gargouilla James en guise d'acquiescement. Après une attente interminable dans cette position inconfortable, le mutant trouva finalement la force de se relever. Il pouvait entendre Tina chantonner depuis le salon. Un rapide coup d’œil dans la pièce lui indiqua qu'elle faisait ses cartons avec une bonhomie peu usuelle.

James avait retrouvé des couleurs après avoir englouti un petit-déjeuner sommaire. Il n'était plus phosphorescent mais ses cernes et ses cheveux en batailles trahissaient la nuit qu'il venait de passer. Vêtu de sa veste en cuir, d'une chemise et d'un jean, il devait être 17 h quand il fût prêt à partir. Le jeune homme jura avec force en constatant que sa voiture s'était faite embarquer par la fourrière. Ce qu'il ne savait pas, c'est que c'était Tina qui avait appelé. En fouillant dans ses poches, il trouva quelques billets et rassembla la somme nécessaire pour prendre un taxi. Direction Greenwich Village. Les minutes s'écoulèrent et parurent interminables à James qui dû supporter la radio adolescente du chauffeur.

C'est ici ?
demanda un James interloqué alors que la voiture s'arrêtait.
C'est l'adresse que vous m'avez donné.

James sortir du taxi avec un soupir et régla le chauffeur qui embraya aussi sec. Perplexe, il contemplait la maison qui lui faisait face, de l'autre côté de la rue. Elle était belle mais Tina avait complètement craqué. Comment pourrait-il un jour avoir les moyens de se payer une telle habitation ? Il était cuisinier, pas macro. Et alors qu'il songeait à une reconversion en allumant une clope, ses yeux se posèrent sur deux silhouettes postées devant la porte.
Bonjour, articula-t-il non sans peine, peu familier aux usages du quotidien.Excusez-moi... c'est bien ici, pour la visite ? Il avait rejoint les deux hommes en quelques enjambées et était maintenant à leur hauteur. Encore dans les choux, il n'avait pas vu la pancarte posée par l'agence immobilière et se moquait bien que sa question soit stupide.
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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Re: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Mer 2 Mai - 20:09

La première chose que la dite maison inspira à Esteban fut un franc et massif:

"Puta... No me joda..."

Se couvrant la bouche par réflexe, Esteban regarda de droite et de gauche, espérant que son nouvel ami n'ait pas relevé les grossièretés.

"C'est grand, peut-être trop... Mais alors c'est beau!

Esteban compta mentalement sa monnaie. Il plongea ses mains dans ses poches, dénombrant le nombre de billets de banque. Il blêmit un peu, toussota légèrement... Puis il montra la bâtisse du doigt en disant


"Et ça... Madre de dios, jodo... Ça coute combien par semaine?"

Avant qu'Alexander ne puisse répondre, un troisième homme entra dans la discussion. Esteban toisa James quelques secondes, le détaillant dans son entier. Esteban n'était pas homme a avoir des préjugés, il regardait alors avec un regard neutre. Son sourire avenant invitait littéralement James à venir participé à la visite. Esteban avait connu des dortoirs masculins lors de son séminaire et n'avait pas peur de partager son habitat avec deux hommes au lieu d'un. Et puis la faible liasse de billets dans sa poche lui disait qu'il était plus sage de tenter d'inclure cet inconnu dans le processus de logement d'Esteban.

"Hola! Et bienvenue. Je suis Esteban et voici Mister Cash. Vous venez pour la maison vous aussi?"

Puis Esteban se mit en retrait. Il savait qu'Alexander était plus avisé que lui pour jauger les personnes et pour négocier. Esteban était un mouton de Panurge, autant laisser faire le carnassier au bon cœur qui allait être son colocataire.
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Alexander Cash
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MessageSujet: Re: Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]   Mar 8 Mai - 13:44

Spoiler:
 


Les deux hommes n'arrivaient pas à détacher les yeux de l'habitation qui pourrait être la leur, si leur porte monnaie le leur permettait. Elle n'était pas large pour une maison du quartier: six à sept mètres. Mais le cachet dont elle bénéficiait laissait imaginer le plus bel intérieur. Esteban laissa sa bouche parler pour son coeur, alternant de l'espagnol et de l'anglais. Alex, n'en saisit que les plus connus: puta, madre de dios... Cela le fit sourire davantage. Il était maintenant convaincu que son futur colocataire aimait ce bien immobilier au moins autant que lui. Les étoiles semblant briller dans ses yeux allaient dans le sens de cette affirmation. Le porto-ricain demanda au jeune homme combien ça leur coûterait probablement. Ce-dernier ne donna pas de réponse, il n'en savait rien. Il y avait de fortes chances pour que ça soit du 5000 ou 6000 dollars par mois... Lorsqu'il se mit la réalité en tête, son sourire s'estompa aussi rapidement qu'il était arrivé. Ni l'un ni l'autre pourrait assumer une telle charge financière.

C'est à ce moment là qu'un inconnu débarqua de nul part, une cigarette allumée au coin de la bouche. Celui-ci faisait au minimum dix centimètres de moins qu'Alexander. Il avait les cheveux bruns, décoiffés, un visage pâlot, habillé d'un jean, d'une chemise, d'une veste en cuir. Le genre de personne qui - lorsqu'on prenait en compte l'odeur d'alcool qu'il dégageait - avait une vie assez atypique, voire chaotique. Chose qui ne dérangeait pas le journaliste, habitué à fréquenter toute sorte de gens. Lorsqu'il demanda si c'était l'endroit pour la visite, Esteban répondit à l'affirmative, puis les présenta tout deux. Après quoi ce fut au tour d'Alex de prendre la parole.

- Salut. Tu peux m'appeler Alexander, dit-il en tendant sa main vers le nouvel arrivant. Bon, tant qu'on est trois, autant faire la visite à trois. Vous en pensez quoi ?

Comme à son habitude, il n'attendit aucune réponse pour faire les quelques mètres qui les séparaient de la porte d'entrée. Il grimpa les cinq marches, et était sur le point de retenter l'expérience qui, deux minutes plus tôt, se révéla infructueuse. Son doigt arrivait au niveau de la sonnette au moment où la porte s'ouvrit. Une femme, qui devait être proche de la soixantaine, passa son visage par la porte. Elle semblait souriante, et reconnut rapidement le fils d'Anna Cash, sa collègue.

- Le fils Cash ! Ta mère m'a appelé, elle m'a dit que tu passerais ? Et bien, tu as grandi depuis la dernière fois que je t'ai vu. Enfin, vas-y, entre, entre ! Dit-elle, accompagnant ses paroles de gestes l'encourageant à la suivre.
- Bonjour, Madame Jenkins. Effectivement, ça faisait longtemps... Euh, je ne suis pas tout seul.

Sur ces derniers mots, le médecin se retourna et regarda derrière le grand blond. Elle y découvrit effectivement deux hommes de styles très différents... et relativement peu accordés au quartier. Elle haussa un sourcil, signe qu'elle jaugeait les deux hommes qui affichèrent leur plus beau sourire. Elle-même excentrique, et malgré son statut social, elle ne rentrait pas toujours dans les codes stylistiques du coin. Elle acquiesça sans un mot, comme si cela lui importait peu, et leur permit d'entrer. L'entrée dans laquelle ils étaient tous les trois n'était pas un couloir, comme les vieilles maisons New-Yorkaises. Ici, tout était ouvert, peu de murs donc peu de pièces. En revanche, tout semblait à faire. Les murs n'étaient pas peints, les tuyaux et prises électriques traînaient dans tous les sens, sortaient des murs. Ils étaient dans ce qui semblait être le salon. Mme Jenkins les entraîna au milieu de la pièce d'une grosse soixantaine de mètres carrés. Indiquant du doigt l'espace proche de la porte d'entrée, elle décrivit l'espace:

- Là, ça serait le salon - salle à manger. Jusque là, montrant l'autre côté de la pièce rectangulaire, où ce serait la cuisine. Style cuisine américaine, avec ou sans bar. Ça fait un bel espace. On continue ?

Ils se dirigèrent ensuite vers l'escalier en colimaçon en métal moderne, probablement la seule pièce neuve de toute la maison. Au premier étage, un couloir et deux pièces d'une trentaine de mètres carrés chacune, avec des petits balcons au niveau des fenêtres donnant sur la cour intérieur de la maison que les trois hommes n'avaient pas encore eu l'honneur de visiter. Il y aurait largement la place pour faire des chambres-bureau avec salles de bain. Mme Jenkins fit des commentaires sur tout ce qu'il y avait à faire faire avant d'emménager: plomberie, électricité, maçonnerie, isolation...

Elle les emmena au deuxième étage, où l'espace était à peu près également réparti qu'à l'étage précédent, à la différence qu'il n'y avait pas de couloir mais que l'on arrivait directement dans une des deux pièces. L'autre pièce fermée, à peu près équivalente en taille à celles du dessous, quoi qu'un peu plus grande à cause de l'absence de couloir, ferait sans problème office de chambre. La première pièce ouverte, dans laquelle on arrivait directement par l'escalier, pourrait servir de bureau, de salle-télé, bref, d'à peu près tout ce qui est imaginable dans trente mètre carrés. Cette pièce ouverte donnait sur un balcon - orienté vers la cour intérieur - plus large qu'en dessous, avec assez d'espace pour installer une petite table et quatre chaises. Enfin, un nouvel escalier en colimaçon menant dans une véranda fermée d'une quinzaine de mètres carrés et sur le toit.

- Bon, ici, il faudra que je fasse refaire toute l'isolation de la véranda, parce qu'on perd énormément de chaleur. Et la, à l'extérieur, j'avais en tête de faire un toit-jardin. Plus précisément, je voulais recouvrir le sol de dalles en lames de bois clair, et mettre des plantes çà et là. Voilà voilà, je crois qu'on a tout vu... Ah non, la petite cour ! Désolé, j'ai oublié de vous montrer ça.

Ils redescendirent l'ensemble des escaliers pour arriver à l'endroit de l'hypothétique cuisine. Sur le côté, une porte en bois parsemée de carreaux en verre transparents, que aucun des trois n'avait remarqué jusqu'à présent. La propriétaire ouvrit la porte, descendit les quelques marches menant au sol, et leur montra la "cour extérieure". Il s'agissait d'une cour pavée ouverte, commune à toutes les habitations autour de celle-ci. Des enfants jouaient à la balle, entre deux arbres. Il y avait quelques bancs en bois, un peu de végétation. Ce fut le coup de foudre pour Alexander. Cette maison, il n'avait pas le choix, il devait vivre dedans ! Le jeune journaliste était bouche-bée, si bien que quand il voulut parler, aucun son ne sortit de sa bouche. L'endroit était parfait à tous les égards.

- Voilà, vous avez tout vu. Et il y a aussi un petit sous-sol, où il y a le compteur d'eau, le chauffage au gaz, et une petite salle d'une vingtaine de mètres carrés. Ça nous sert de débarras, mais on peut facilement projeter d'y faire un labo photo, par exemple. Mon mari voulait y installer une salle de musique, la première fois qu'il l'a vu.
- Et pourquoi vous ne vous y installez pas ? demanda Alexander, une fois son mutisme levé.
- C'est un investissement, on a déjà une maison où on s'est installés, et où on est bien. C'est à l'extérieur de Manhattan, mais c'est bien plus grand, et dans un quartier calme. Bientôt la retraite, il nous faut un endroit où on puisse se reposer en permanence. Enfin, c'est ce que mon feignant de mari dit, ajouta t-elle avec un sourire franc.
- Je vois... Et, au niveau du loyer, ça donne quoi..?
- Une fois que la maison aura été refaite à neuve, donc d'ici quatre ou cinq mois, il faudra voir dans les... Je te dirais 6000 dollars le mois. On a pas encore décidé, en réalité.

Alexander semblait anéanti par cette nouvelle. Même avec toute la meilleure volonté du monde, il serait incapable de payer ne serait-ce que la moitié de ce loyer. Greenwich Village aurait leur peau, décidément... Il retrouva son mutisme pendant quelques longues secondes, réfléchissant à toute vitesse d'une solution possible. Emprunter à ses parents ? Non. Trouver un job supplémentaire ? En plus des deux siens, certainement pas. Cette maison, ils devaient s'y installer, Alex en avait la certitude, la conviction absolue. Il savait qu'Esteban avait lui aussi des moyens très limités. A la rigueur, trouver un autre colocataire... Dans la détresse, il y aurait toujours cet homme, inconnu des deux autres. C'était donc une éventualité. Réfléchissant à ça, il tilta.

- Et si on vous faisait les travaux nous-mêmes ? Ça ne vous coûterait que les matériaux, pas de main d'oeuvre. Je suis sûr qu'on est capables de refaire toute la maison. Et puis ça vous éviterait le risque de retrouver votre maison squattée, pas de gardiennage nécessaire le weekend et les périodes où les ouvriers ne travailleraient pas !
- C'est envisageable, oui... A vrai dire, je n'y avais jamais pensé. Et puis c'est pas comme si tu m'étais inconnu. Tes parents se porteront garants, j'imagine ?
- Oui, sans problème.
- Alors ça me parait faisable...
- De combien est-ce que vous pourriez baisser le loyer alors ?

La femme proche de la retraite se mit à réfléchir. La question n'était pas anodine, d'un côté comme de l'autre. Elle baissa les yeux, regarda ses mains, comme pour se concentrer. Quelques secondes plus tard, elle releva le menton, et dit d'une voix ne laissant place à aucune négociation supplémentaire:

- 2000.
- Ce qui ferait... 4000 ? 4000 dollars ? Je suis dés...
- Non, le coupa t-elle. 2000 dollars par mois. Je ne peux pas descendre en dessous.

La chose semblait maintenant bien plus abordable. Alexander regarda Esteban avec un sourire trahissant sa joie quant à cette négociation hasardeuse, attendant sa réaction. Il regarda ensuite le dernier arrivant, et ajouta simplement:

- A trois, ça me parait jouable...

Mme Jenkins regarda sa montre et fit écarquilla les yeux. Elle parla tout en raccompagnant les trois hommes vers la sortie.

- Déjà 19 heures ??? Holalalala j'ai pas vu le temps passer. Désolé, Alexander, je dois y aller, j'ai réservé au restaurant pour 20 heures. Merci à vous d'être passés, décidez-vous vite et appelez moi quand vous serez fixés.
- Merci à vous, Mme Jenkins. Nous vous rappellerons sans faute. Au revoir.

Sur ces mots, la porte claqua. Les trois hommes descendirent les marches et se retrouvèrent sur le trottoir. Alexander se contenta de lâcher:

- Alors ?



Hrp: Voilà, je retourne à ma sociologie maintenant ^^ J'espère que je n'ai pas trop accéléré le truc, c'était pour vous permettre de ne pas rester en plan... Si vous voulez décrire davantage un passage, ou même l'ensemble, en plusieurs posts, n'hésitez pas, du moment qu'on arrive tous les trois au même point (= au moment où Alex dit "Alors?") Wink
Hrp2: Et désolé pour la longueur, je pensais pas avoir écrit autant ^^'
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Les recherches sont souvent plus profitables que le succès. [Esteban]

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