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 Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]

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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Sam 7 Avr - 4:28

Esteban regardait sa montre avec lassitude, les yeux rougit par une journée de travail au foyer catholique. Il se faisait tard, très tard et le latino profitait du calme dans les galeries désertées. Dans à peine une demie heure, il lui faudrait retourner aux tumultes new-yorkais et il goutait à la sérénité protectrice et apaisante procurée par ce métro si tranquille. D'un pas lent, l'homme s'assit sur un banc de plastique, soupirant pour aider cette fatigue à sortir de son corps.

*Oi! Madre de dios*

Dit-il dans un souffle qui sentait le dépit. Son dos se vouta, et ses mains accueillirent sa tête, massant légèrement ses tempes. Ses paupières papillonnèrent un peu puis demeurèrent closes; Pour se réchauffer le cœur et il entonna un chant, à voix basse:

"Riu, riu, chiu
La guarda ribera
Dios guarde el lobo
De nuestra cordera."

Il fit une légère pause, ouvrant les yeux tout en souriant. Il fit craquer nonchalamment son coude gauche, puis reprit machinalement son chant, légèrement plus fort:

"El lobo rabioso la quiso morder,
Mas Dios poderoso la supo defender;
Quisole hazer que no pudiesse pecar,
Ni aun original esta Virgen no tuviera."

La chanson était lente, une pavane classique, d'un espagnol désuet du 17eme siècle. Une fois qu'il eut fini de chanter, il se leva et réveilla son corps à l'aide d'un petite marche... Faisant les cent pas le long du quai lentement. L'homme, malgré une fatigue apparente, jouissait d'un physique agréable et d'une forme acceptable. Les crissements de son pantalon de cuir neuf trouvait écho à chacun de ses pas au sein de la galerie vidée de toute vie. Parfois il observait une petite pause, prenant un air pensif et se grattant sa barbe en silence. Ses yeux noir se vidaient alors, ne fixant plus rien comme si son âme quittait son corps pour un voyage au loin.


Après de longues minutes d'immobilisme, Esteban s'étira dans le but de faire craquer son dos fourbu... Un sourire de satisfaction traversa son visage lorsqu'il y arriva. Ajustant son vieux trois quart élimé, il fixa une dernière fois ce paradis silencieux et se dirigeait, à présent, d'un pas lent vers les escaliers où le panneau "exit" trônait... En fredonnant et cherchant dans son sac besace ses écotueurs


"Hay veces que...
mi alma baila tangos con la soledad,
y necesito de tabla tu amor,
para asirme a ella en mi tempestad.
Pensando en ti,
paso el dia pensando en ti.
Enseñame..."
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Neve S. Wardle
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Mar 10 Avr - 16:24

Les jours de congé avaient quelque chose de drôlement agréable aussi longtemps que l’on pouvait en profiter, et malheureusement Neve n’en avait pas réellement profité… Son récent enlèvement par des inconnus l’avait laissée encore plus méfiante qu’à son habitude, et elle craignait de voir surgir au détour d’une ruelle ces militaires qu’elle avait fui il y avait bien longtemps. Elle savait que la prudence exigeait qu’elle prenne encore son sac pour partir loin d’ici, par sécurité, mais le fait de ne pas avoir de réelles attaches en ville ne rendait pas la fuite plus simple, contrairement à ce qu’elle avait cru jusque là.

Neve n’avait pas un métier véritablement recommandé aux jeunes filles de bonne famille puisqu’elle était serveuse dans un bar de striptease. Et stripteaseuse également. Elle aurait sans doute pu sans problème retrouver le même genre de boulot dans n’importe quelle autre ville, alors qu’est-ce qui la retenait ici exactement ? Peut-être son engagement auprès des Damnés, ainsi que la sensation d’être utile à quelque chose à défaut de trouver sa place dans la société. Neve avait mis un certain temps à passer du statut de captive ayant grandi dans une cellule de 5 mètres carrés à celui de mutante libre, et parce qu’elle n’avait jamais éprouvé un aussi fort sentiment d’appartenance à un groupe, elle considérait que les Damnés étaient un peu sa famille. Et elle ne pouvait pas abandonner sa famille, même si certains éléments étaient complètement inutiles à l’épanouissement de cette famille…

C’était à peu près ce qu’elle avait en tête lorsqu’elle descendit de la rame de métro sensée l’amener sur son lieu de travail où elle prendrait son service dans moins de 2 heures à présent. Vêtue d’un pantalon de cuir très ajusté et d’une veste en jean laissant entrevoir un débardeur sombre tout simple, la féline était perchée sur des talons d’une hauteur impressionnante et portait sur son épaule gauche la lanière d’un sac contenant sa tenue de travail. Devant lui sur le quai, il y avait un homme visiblement d’humeur à chanter malgré l’heure qu’il pouvait être. La jeune femme n’écoutait que très peu de musique et ne connaissait guère d’autre langue que l’anglais, alors elle ne pu réellement juger de la portée des paroles ou de la musicalité, mais elle trouva l’enchaînement des syllabes assez mélancolique. Mais peut-être se trompait-elle en pensant cela parce qu’après tout, elle n’y connaissait rien…

L’escalier menant à l’extérieur fut bientôt en vue, et Neve fut bousculée par une bande de gosses puants – son odorat surdéveloppé les lui présenta de cette manière, mais ce n’était peut-être pas le cas – et la jeune femme préféra ne pas protester parce qu’elle ne souhaitait pas arriver en retard pour décharger les caisses d’alcool qui devaient être livrées dans la soirée.

Toujours dans la station, les gamins qui avaient bousculé Neve préparaient leur prochain mauvais coup. Ils faisaient partie de ces bandes de jeunes organisés pour dépouiller des voyageurs dans les transports en commun, et la moyenne d’âge des trois gamins était assez basse. Lorsqu’ils eurent repéré et identifié Esteban comme cible potentielle, ils s’élancèrent derrière lui en silence, l’un d’entre eux sortant doucement de sa poche un cutter dont la lame ne tarda pas à jaillir. Pourquoi avaient-ils préféré s’attaquer à lui plutôt qu’à Neve ? Tout simplement parce qu’on ne mettait que rarement son portefeuille ou de l’argent dans un sac de sport, alors qu’on avait toutes les chances de trouver ces éléments tant désirés dans une besace…

Silencieusement, le plus petit d’entre eux s’approcha au plus près et trancha d’un mouvement net la lanière de la besace pendant qu’un second beaucoup plus vieux attrapait le sac et tirait dessus. L’idée de base était de grimper dans la prochaine rame de métro qui ne tarderait plus à arriver de manière à empêcher leur victime de leur faire la peau ou de tenter quoi que ce soit…
Absorbée dans ses pensées, Neve n’avait pas réellement prêté attention à ce qu’il se passait.


(Je te rejoins et j’espère que tu ne m’en voudras pas pour cette tentative de vol à l’arrachée, xD ! Tu peux tout à fait rattraper les gosses toi-même, ils sont encore juste derrière Esteban. N’hésite pas à me mp en cas de problème et j’éditerais mon message ^^)
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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Mar 10 Avr - 21:06

Esteban fut tiré de sa torpeur musicale par une bande de "chiard"... du moins ce fut la première pensée qui lui vint. D'un air choqué, il resta interdit regardant le larcin s'accomplir. Esteban n'avait pas l'âme d'une sentinelle toujours aux aguets et encore moins d'un guerrier prêt à défendre son sac... Les enfants tirèrent sur le sac et ce dernier céda une fois les sangles coupées. Et Esteban resta là, une pleine seconde à se demander quoi faire.

Puis la machine se mit en branle, Esteban s'élança après les enfants qui avaient à présent quelque avance. Il s'élança, de façon mal-habille après la marmaille et de fait il percuta la jeune Neve, avec force. Il entreprit de continuer sa poursuite quand enfin il se rendit compte de ce qu'il venait de faire... Il s'immobilisa, considérant la situation, puis...


"Vale... tans pis pour mes affaires... j'espère au moins qu'ils en avaient réellement besoin."

Gêné, rouge tomate, il s'approcha de la jeune femme, entreprenant de l'aider à se relever. Il laissa les sangles du sac choir à coté et tendit la main vers sa "victime":

"Désolé, miss. Prit dans mon élan, je ne vous avez pas vu. Vous avez toutes mes confuses et j'espère que le préjudice causé n'est pas d'importance..."

L'homme qui se tenait devant Neve était dans la deuxième partie de sa vingtaine. Son sourire, presque béa, se voulait franc et limpide: Bien que les divers tatouages ainsi que les vêtements de cuir d'Esteban pouvait effrayer, son visage était tout à fait dénué de malice et de sous-entendus. Ses yeux se promenèrent un peu le long du corps de Neve, objectivement et visiblement non pas par vice mais cherchant une blessure quelconque à panser.

L'homme sentait un parfum d'homme musqué teinté d'une odeur secondaire de sueur encore fraiche. son accent était typique des immigrés latinos, roulant les "R" et étant incapable de prononcer la lettre "J" convenablement. Pour finir sa dentition était parfaitement alignée et blanche malgré une barbe fouillis, non entretenue et hirsute.


"je suis Esteban, désolé une fois encore, pour cette collision."

Tendu, son anglais actuellement parlé, comprenait de nombreux hispanismes flagrants
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Neve S. Wardle
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Jeu 12 Avr - 14:12

Le retour à la réalité fut assez brusque, comme à chaque fois que Neve coupait les ponts entre elle et le monde extérieur. Les ricanements des gamins autant que leurs bruits de pas précipités suffirent à la tirer de cette méditation, et elle n’eût pas vraiment le temps de comprendre ce qu’il se passait : les gamins courraient vers elle et le plus grand d’entre eux tenait entre ses mains une besace, et derrière eux le type qui chantait un peu plus tôt en sortant de la rame semblait les observer avec une incrédulité assez évidente. Ce n’est qu’au moment où les gamins passèrent près de Neve que l’homme se mit à courir, et malheureusement pour elle, la mutante n’eût pas la possibilité de l’esquiver parce qu’elle se retourna trop tard… S’en suivit un vol plané assez impressionnant de la part de la jeune femme, parce qu’il était plus que clair qu’elle n’était pas exactement taillée pour résister à ce genre de collisions.

Ruminant dans ses moustaches, Neve avait envie de faire la peau à la terre entière. Un peu comme à chaque fois que quelque chose ou quelqu’un venait à accomplir un acte qu’elle n’appréciait pas ou qui lui portait préjudice. Là, très précisément, elle était à terre sur un quai de métro, avait un coude douloureux parce qu’elle avait voulu amortir sa chute comme elle avait pu, et ses yeux semblaient vouloir foudroyer l’homme qui l’avait renversée sans même s’excuser et qui maintenant s’était immobilisé un peu plus loin, sans doute parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas suivre les gamins indéfiniment. Alors c’était pour abandonner la poursuite qu’il l’avait bousculée… les hommes ne manquaient plus une occasion de confirmer ce que Neve pensait d’eux depuis des années.

Alors qu’elle sentait son coude se remettre tout seul du choc – merci la régénération ! -, Neve vit finalement l’homme revenir sur ses pas et s’approcher d’elle. Elle ne manqua pas la rougeur extrême de son visage, un peu comme s’il était gêné de l’avoir précipitée ainsi par terre… Il s’arrêta devant elle et s’excusa de ne pas l’avoir vue et de l’avoir percutée de cette manière avec un accent chantant qui permettait grossièrement d’identifier son origine géographique, même si Neve n’était pas vraiment douée pour ce genre de devinettes. La mutante considéra longuement sa main tendue, méfiante comme à son habitude parce que les fédéraux aussi pouvaient employer des gens polis pour piéger des mutants, et détailla longuement du regard son interlocuteur. Le visage d’Esteban n’avait rien d’inquiétant, pas même le commencement d’une intention hostile, mais ce n’était pas suffisant pour qu’il bénéficie d’une confiance aveugle de la part de la féline. En revanche, Neve ne se sentait pas davantage en danger du fait de sa tenue de cuir… Et d’ailleurs elle-même portait également dans cette matière, alors il aurait été vraiment mal venu de décider de se méfier d’Esteban à cause de ses vêtements. Le seul élément un peu intimidant aurait pu être cet aspect un peu hirsute induit par sa barbe et ses cheveux… mais Neve n’était plus une petite fille depuis longtemps, et il lui en fallait tout de même davantage pour commencer à paniquer.

La jeune femme sentit le regard de l’inconnu glisser sur elle, et elle haussa un sourcil en ayant l’air de lui demander ce qu’il était en train de faire exactement. La réaction instinctive passée, elle comprit qu’il ne cherchait probablement pas autre chose que de vérifier si elle ne s’était rien cassé en tombant sur le quai, et que cette façon de la regarder n’avait rien de commun avec celle dont les porcs pour lesquels elle se déshabillait la regardaient chaque soir… Neve se releva donc par ses propres moyens par pur esprit de contradiction et aussi parce qu’elle estimait n’avoir besoin de personne, ce qu’elle ne manquait pas de faire comprendre aux gens en adoptant notamment cette attitude de femme complètement indifférente à tout. Seulement, elle avait tout de même encore un peu mal parce que son facteur guérisseur n’était pas aussi rapide que celui d’autres mutants…

Ya pas de mal… - Elle se fendit d’un sourire aimable peu après que l’inconnu se soit présenté. – Neve.

La mutante fixa un instant la lanière abandonnée au sol avant de poser de nouveau son regard sur Esteban :

En général, ils s’en débarrassent dans la première poubelle qu’ils trouvent et ne gardent que l’argent… - Près d’eux, la rame sonna avant que ses portes ne se referment et qu’elle ne quitte la station. – Avec un peu de chance, ils n’auront pas eu le temps de prendre ce métro…

Là, c’était à Esteban de trouver ce renseignement, parce qu’en faisant connaissance avec le sol la jeune femme n’avait pas pu suivre des yeux les déplacements de la bande de gamins. Ce qui était certain, c’était que s’ils n’étaient pas montés dans ce métro, les gamins se trouvaient encore dans les couloirs de la station avec le fruit de leur larcin.
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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Jeu 12 Avr - 22:32

Esteban réprima un sourire quand Neve se leva seule: Esprit d'indépendance ou de contradiction? Peu importe... Le geste était "classe" et Esteban aimait ça. Il se redressa, rengaina sa main sans animosité et inclina sa tête très légèrement, en signe d’acceptation. Quand Neve fit référence aux gamins, Esteban fut surprit qu'elle semblait plus préoccupée que lui au sujet de ses affaires. L'espace d'un instant, Esteban se sentit en décalage: Un peu comme une note de musique dissonante. Une étrangère était préoccupée par le devenir de ses affaires, alors que lui pas du tout.

"Vous savez ce ne sont que des affaires: Du matériel. Si vous n’êtes pas blessée c'est le principal puis ils avaient un cutter... Remarquez, peut-être que nous pourrions..."

Les mots d'Esteban moururent, perdus dans le vide des quais. Il venait de se rendre compte que hors de ces escaliers, le métro était vraiment très sombre... Ses dons étaient apparus depuis peu et il ne savait pas encore les dompter. Parfois, ils se manifestaient sans trop prévenir et vous savez quoi? Ses lunettes de soleil étaient dans le sac. Cette remarque fit sourire le latino, souriant tristement devant sa propre impuissance.

"Bueno. Erm... Señorita?.. Je veux dire mademoiselle... Ne ne devrions peut-être pas nous risquer à une exploration. Enfin je m'en voudrai de vous mettre dans l’embarras. Comme je l'ai dit: Estes son cosas, nada mas... Ce ne sont que des affaires! Est-ce que ça vaut vraiment le coup? je veux dire, qui sait ce qui se passe là bas, dans l'obscurité?"

Il y avait un stress évidant dans la voix d'Esteban. Peur de l'obscurité? peur des gamins chapardeurs? Non probablement pas. L'angoisse du presque trentenaire semblait plus profonde. Une angoisse incontrôlée, apparue depuis qu'il sait qu'il est mutant. Il ne voulait pas que Neve, toute inconnue qu'elle soit, soit horrifiée devant sa condition comme le fut ce prêtre lors de sa dernière conféssion. Il lui faudrait trouver une pirouette pour ne pas avoir à affronter ce noir.

"Bah. Osea, un baladeur, des lunettes et un sweat-shirt: Ça se remplace aisément. Pour mes papiers, j'irai les refaire faire. Quant à l'argent: je n'ai pas de grosses sommes en liquide, c'est un luxe hors de ma bourse."

Il se fendit d'un sourire tendu, dans le but de cacher sa gêne. A présent, il évitait le regard direct avec Neve, juste au cas où ses yeux feraient de nouveau des lumières étranges. Il prenait de profondes respirations pour garder son calme, passant sa main le long de sa nuque.

"je vais plutôt vous raccompagner en lui sur... Ça vaut mieux."

Cette phrase était presque suppliante mais elle était criante de vérité. Esteban ne représentait aucun danger pour son interlocutrice, cela était évidant. Par contre, celle dernière pourrait se rendre compte que le latino a un problème d'estime de soi ou une grande angoisse cachée.
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Neve S. Wardle
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Ven 20 Avr - 13:41

L’indépendance de Neve faisait qu’elle réagissait très souvent d’une manière laissant entendre qu’il était beaucoup trop fière pour être normale. C’était vrai dans beaucoup de cas, mais la mutante mettait un point d’honneur à n’accepter l’aide de personne lorsqu’elle pouvait s’en passer, précisément parce que la dernière personne qui l’avait aidée sans rien exiger en échange avait été tuée par les soldats lancés aux trousses de la féline… Une fois debout, le parfum musqué d’Esteban sembla prendre d’assaut ses narines et Neve fit son possible pour s’y habituer. Posséder des sens améliorés pouvait présenter pas mal d’avantages, mais amenait également son lot de contraintes, comme notamment le fait d’être assez rapidement à la limite de tourner de l’œil lorsqu’une odeur trop forte atteignait ses récepteurs olfactifs.

Comme toute personne se retrouvant dans une situation similaire, Neve s’était d’abord inquiétée pour les affaires contenues dans le sac dérobé avant de songer à se plaindre d’avoir été déséquilibrée, même si elle n’était pas réellement du genre à partager ses états d’âme avec tout le monde. Pour elle, il était normal de s’en faire même s’il n’y avait pas une fortune dans le portefeuille d’Esteban, parce que lorsqu’on perdait sa green card, il y avait un certain nombre de démarches à accomplir pour en obtenir une nouvelle… et pour avoir obtenu la sienne très récemment grâce à l’aide du Réseau, Neve savait à quel point les bureaucrates étaient pointilleux lorsqu’il s’agissait d’interdire à des étrangers de stationner sur leur territoire bien aimé…

Mais Esteban était plutôt préoccupé par l’état de la jeune femme, comme en témoignèrent les quelques mots qu’il lui adressa, toujours avec cet accent hispanique bien perceptible. La féline eût du mal à ne pas dissimuler son étonnement lorsqu’il commença une phrase par « nous pourrions » avant de finalement la laisser en suspend. Le « nous » n’était pas vraiment employé spontanément par Neve même si elle faisait beaucoup d’efforts là-dessus. Le « je » était beaucoup plus spontané, principalement parce qu’on l’avait élevée de cette manière et bien conditionnée à prendre ses décisions elle-même quoi qu’il puisse arriver. Elle se composa un visage aimable – ça aussi, elle y travaillait régulièrement – et sourit à son interlocuteur :

Certaines affaires sont plus difficiles que d’autres à récupérer… - Elle le vit l’expression de son visage changer en quelques secondes. – Des tas de gens se font dépouiller et tout le monde a appris à le vivre plus ou moins bien… J’espère que vous n’allez pas vous mettre à pleurnicher… ?

Neve n’était pas non plus connue pour sa capacité à mettre les formes pour ne pas froisser les gens, et il n’y avait vraiment que son sourire qui puisse dissiper l’impression d’avoir envie de se moquer d’Esteban que pouvait induire sa question. Le jeune homme conclut finalement qu’il valait mieux éviter d’explorer la station de métro, précisant une nouvelle fois qu’il ne souhaitait pas la mettre dans l’embarras à cause de simples affaires. Neve songea que pour ne pas la mettre dans l’embarras, il aurait fallu éviter de la percuter pour rattraper les gosses, mais elle se contenta d’un sourire plus aimable que le précédent.

Il en faudrait quand même un peu plus pour m’embarrasser, faut pas vous en faire…

Neve perçut ensuite assez distinctement le stress qui animait son interlocuteur sans réellement le comprendre. Son regard parcourut le quai désert du regard dans l’espoir de comprendre ce qui pouvait causer une telle tension : avait-il peur de se faire aggresser une seconde fois et de ne rien avoir pour monnayer sa vie face à des voyous plus âgés que les enfants qui l’avaient dépouillé ? Neve n’en savait rien, et cela la dépassait à juste titre : qu’est-ce qu’une bande de voyous pouvaient éventuellement faire à cet homme de pire que ce que les militaires lui avaient fait à elle ? C’est certain qu’un tel raisonnement tendait à faire passer chaque évènement du quotidien pour une blague, mais Neve n’avait que des comparaisons personnelles à établir compte tenu de son manque d’amis et de son absence totale de sociabilité…

Esteban relativisa une fois de plus au sujet du contenu de son sac et Neve se contenta d’acquiescer en silence. Son sourire s’étira néanmoins lorsqu’il commença à fuir le regard de la féline, parce que Neve considéra cet acte comme l’aveu du fait que c’était elle qui le mettait mal à l’aise, et non les circonstances ou sa mutation. Elle se trompait mais n’avait aucun moyen de le savoir…
Il la supplia presque de la raccompagner, et Neve retint un sourire amusé :

Tout dépend de ce que vous considérez comme étant un lieu sûr. J’bosse dans Hell’s Kitchen, si vous voyez un peu de quel quartier je parle…

Son accent hispanique pouvait éventuellement laisser entendre qu’Esteban ne connaissait pas New York, alors Neve n’avait pas pu s’empêcher de le mettre au parfum de ce qu’était l’endroit « sûr » dans lequel il avait proposé de la raccompagner.

Mais faut pas vous inquiéter si vous deviez changer d’avis, j’trouverais bien mon chemin toute seule !

Difficile en la regardant et en considérant sa carrure chétive et sa petite taille que l’on se trouvait face à un assassin capable de tuer en une poignée de secondes… Mais quand on voyait la nervosité d’Esteban, il était clair qu’il valait mieux s’abstenir de partager avec lui cette information.

Vous habitez dans le quartier ?
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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Ven 20 Avr - 14:56

Quand la jeune femme accepta de renoncer à parcourir l'obscurité, le visage du latino changea. Son air inquiet se dissipa laissant place à un visage plus joviale.

"Mais faut pas vous inquiéter si vous deviez changer d’avis, j’trouverais bien mon chemin toute seule !"

"Non non, je m'en voudrais de paraître impoli... Et puis si cela vous gêne de vous faire raccompagner, alors dites vous que c'est vous qui me raccompagnez en lieu sur..."

Esteban eut un sourire sympathique. Il emboita le pas à la jeune fille, ne regardant pas en arrière, les yeux fixés sur la luminosité salvatrice. Sa respiration devenait plus lente et mesurée, se sentant de plus en plus en confiance.

"Vous habitez dans le quartier ?"


"je squatte ici et là. Je suis employé par une association qui fait de son mieux pour me loger quand j'en ai le besoin. Mais Hell's Kitchen je connais un peu, j'y traine les soirs où je n'ai pas envie de rentrer dans un foyer rempli de gens... Qui sentent le fromage français... Alors je passe la nuit dans un bar ou deux, comme ça l'alcool m'aide à supporter l'odeur..."

Il ria à sa propre blague mais c'était un rire de bon cœur. Il allait mieux et la jeune fille bien que peu avenante, ne lui inspirait aucune antipathie. Il l'avait rattrapée et marchait à ses cotés, sans trop la regarder histoire de ne pas avoir l'air trop insistant ou impolie. Il était évidant qu'Esteban avait pour habitude de ne pas trop se coller aux femmes... Il gardait allait quelques distances pour éviter toute promiscuité. Il fixait Neve ou directement dans les yeux ou à des endroits clairement asexués. Il s’arrêta en haut des escalier une fois à l'air libre. D'une voix sincère il reprit:

"Euh... Je vais vous donner mon numéro, euh je ne veux pas paraître mal-poli mais disons que mon cercle social est proche du néant total... Et vous ne m'avez pas encore tué, frappé ou que sais-je... C'est un bon signe... Et puis si une place de collocation de libère dans votre entourage... Prévenez moi! J'en ai marre d'être clodo."

Il avait prit soin de ne pas demander le numéro de Neve, pour ne pas paraitre intéressé ou libidineux. Cela pouvait surprendre Neve, car malgré ses déclarations, son apparence n'était pas négligée et son odeur commune à la plupart des hommes. Toujours avec et air innocent, il regardait Neve au niveau de son nez, pour ne pas avoir à affronter son regard en cas de refus mais pour donner une impression d'être attentif. Son langage corporel affichait de la tension et une position défensive en attente d'un éventuel rejet. Son teint avait aussi légèrement blêmit
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Neve S. Wardle
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Mer 25 Avr - 13:29

Apparemment, Neve avait réussi sans trop réfléchir à dissiper cet air inquiet qui avait pris place sur le visage d’Esteban. C’était d’autant plus étonnant qu’en général, la jeune femme était une source d’inquiétude non négligeable pour pas mal de gens, et notamment pour ceux qui la contrariaient ou la considéraient comme une femme faible… Ce qui lui permit de comprendre avec une certaine satisfaction qu’elle n’était pas le déclencheur de cette angoisse. Esteban avoua ne pas vouloir être impoli en changeant d’avis et en la laissant traverser Hell’s Kitchen seule. Il ajouta assez rapidement et avec un large sourire que si l’idée d’être raccompagnée lui posait problème, elle pouvait tout aussi bien considérer que c’était elle qui raccompagnait Esteban. La proposition eût le mérite de tirer un sourire amusé et sincère à la féline, ce qui constituait un évènement suffisamment rare pour être signalé.

On va faire comme ça, alors !

Son sourire toujours bien visible, Neve se mit en route aux côtés de son interlocuteur. Ses sens surdéveloppés lui permettaient de ressentir le calme qui s’installait chez lui, à travers notamment le ralentissement des battements de son cœur et le rythme normal retrouvé de sa respiration. Clairement, cet homme avait du ressentir une peur assez compréhensible dans la station de métro, et le fait qu’il ait été agressé expliquait assez logiquement cette panique sans que Neve n’en vienne à soupçonner l’existence d’autres raisons. Poursuivant ses efforts de sociabilisation, la féline lui demanda assez rapidement s’il habitait le quartier, et Esteban avoua squatter un peu partout parce qu’il n’avait visiblement pas de quoi se payer un logement fixe. La mention des foyers blindés de gens laissa à Neve une impression bizarre de déjà vu, parce qu’elle-même était passée par là lorsqu’elle avait décidé de sortir de sa forêt pour se réinsérer dans une société où elle était civilement morte – une charmante attention de la part de l’armée pour s’assurer qu’elle galèrerait à jouer à la parfaite petite humaine sans histoires. Bref, elle comprenait parfaitement ce qui pouvait inciter Esteban à éviter de passer la nuit au milieu de gens pas toujours très propres ou très sobres… En revanche, l’allusion au fromage français ne lui évoqua rien de particulier. On l’avait « dressée » sur le sol Canadien, mais malgré tout elle ne connaissait rien de ce vaste pays… elle était en quelque sorte étrangère dans tous les pays du monde ; aucun n’était réellement son foyer.

Il y a pas mal de bars sympas dans le quartier, ça laisse pas mal de possibilités pour passer une bonne soirée.

Neve n’était pas très bavarde mais faisait pourtant de son mieux. Ils arrivèrent en surface et la jeune femme indiqua la direction à prendre d’un mouvement de main.

Vous n’avez pas songé à prendre un boulot d’appoint pour avoir un peu d’argent en plus ? Certains bars ont besoin de types pour faire la plonge, servir des cocktails ou mettre des gens dehors… - Elle esquissa un sourire amusé. – On peut trouver de tout dans le quartier. Moi, je suis serveuse.

Ils n’étaient plus très loin du Coyote Ugly à présent, et Neve jeta rapidement un œil à sa montre pour s’assurer qu’elle ne serait pas en retard. C’est à ce moment qu’elle remarqua réellement l’autre gêne d’Esteban et le soin tout particulier qu’il mettait à ne jamais la fixer directement ou à loucher dans son décolleté comme le faisaient pourtant l’ensemble des clients qu’elle servait.

Vous savez, je ne vais pas vous en coller une si vous décidez de me regarder bien en face, au contraire… - Un sourire accompagnait cette phrase pas vraiment à sa place dans la bouche d’une jeune femme. – En général, c’est même plutôt le contraire…

D’un mouvement de main, elle tenta de lui relever le menton pour s’assurer qu’il arrêterait de fixer ses genoux de cette manière. Etait-elle si intimidante que cela ? Habituellement c’était le cas lorsqu’elle commençait à rouler des mécaniques, mais là ? Neve se montrait aimable et souriante, ce qui n’avait vraiment rien d’intimidant en soi… Esteban s’arrêta finalement en haut de l’escalier et Neve fit de même, écoutant avec une perplexité grandissante cet aveu de solitude absolument inattendu.

Je ne suis pas sûre de pouvoir vous aider pour la collocation parce que j’habite déjà avec une colocataire… euh… - Quelques secondes passèrent et la jeune femme préféra ne pas achever sa phrase. – L’avantage que vous avez, c’est d’être propre et de bien présenter, ce qui peut vous permettre de décrocher facilement un petit job d’appoint pour lequel votre accent ne sera pas un problème. Vous ne serez pas PDG, du moins pas tout de suite, mais il y a beaucoup de postes vacants à Hell’s Kitchen… - Neve afficha un sourire amusé. – Ouais, c’est bien une serveuse qui essaie de te faire une sorte de plan de carrière pour l’avenir. Tu m’excuseras, j’ai un peu de mal avec le vouvoiement.

Son sourire n’avait pas bougé. Le tutoiement n’était aucunement une forme de respect chez Neve, mais si elle avait une bonne connaissance de l’utilité du vouvoiement, elle était toujours obligée de se forcer à l’utiliser et de réfléchir, ce qui rendait son discours beaucoup moins spontané.

J’ai juste un déchargement de livraison à faire pour ma patronne, donc si tu veux on peut aller manger un truc ensemble et pour la suite on avisera…

Neve n’appréciait pas beaucoup de gens, mais elle trouvait assez incroyable la manière dont Esteban avait essayé de lui refiler son numéro de téléphone, surtout parce que ce n’était pas avec l’idée de lui faire une proposition déplacée, mais simplement parce qu’il cherchait un toit et parce qu’il estimait que si elle ne l’avait pas encore réduit en miettes, c’était parce que le courant passait plutôt bien entre eux.

Par contre, sans vouloir jouer les emmerdeuses… Si c’est un numéro de portable que tu veux me donner, je crois qu’il va d’abord falloir rattraper les gamins qui ont volé ton sac.

Neve partait du principe que le portable se trouvait dans le sac volé par les gamins, alors forcément ça compliquait pas mal les échanges de bons tuyaux…
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Esteban Mendosa
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Jeu 26 Avr - 0:31

Quand elle souleva son menton, Esteban se laissa faire: Autant par politesse que par peur du contact avec la gente féminine... Un peu comme un lapin devant un phare de voiture.

Vous savez, je ne vais pas vous en coller une si vous décidez de me regarder bien en face, au contraire… En général, c’est même plutôt le contraire…

Esteban réfléchissait à une réponse savante... Excusant et expliquant, sans faire fuir Neve, le pourquoi du comment. Du coup, la petite blague de Neve fut zappée par le cerveau d'Esteban jusqu'à ce qu'elle dise:

"Par contre, sans vouloir jouer les emmerdeuses… Si c’est un numéro de portable que tu veux me donner, je crois qu’il va d’abord falloir rattraper les gamins qui ont volé ton sac."

Cette phrase stoppa net toute action d'Esteban. L''homme ressemblait plus à une statue de cire qu'à un être humain, il respirait à peine. Sa bouche s’entrouvrit, laissant un large filet d'air s’échapper;

"Gulp"

Puis telle une mécanique se mettant subitement en branle, Esteban se fendit d'un fou rire éclatant. Ses yeux pétillaient de malice et son rire était de bon cœur!

"Joder! Hahahaha, putain je suis trop con! Putain ouais merde, mon téléphone appartient maintenant à une bande de gamin surexcités..! Ben ouais du coup j'ai l'air d'un boulet là avec ce papier... Hey... Euh ouais bon alors... Euhhh..."

Esteban rougit, genre pivoine. Ses yeux papillonnèrent alors que son cerveau était en quête de quelque chose de spirituel à dire. Mais ça ne venait pas. Le silence ce fut pendant deux ou trois longues secondes.

"Alors ce que je fais faiiiireeee... Oui voilà, vous allez décharger la cargaisons de votre... Ta patronne et moi je vais aller me racheter un portable bas de gamme avec une carte pré-payée 100% arnaque... Et puis hop l'air de rien: Je reviens! Avec un truc super sympa à dire et un numéro valide."

Esteban consulta le contenu de sa poche et il en extirpa une liasse de billet conséquente, représentant une semaine de salaire... Cela était preuve de la naïveté d'Esteban ou alors c'était un appel au vol:

"Ça devrait aller!" Souriant à la femme tout en rangeant le fruit de son dur labeur.

Esteban avait un regard plein de malice et de joie. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas rit de bon cœur. Neve, à sa façon, lui paraissait plutôt relaxante et posée: Ce qui était un plus du point de vue d'Esteban. Pour la première fois, il regardait la jeune femme droit dans les yeux, sans défi ni charme... Toujours ce regard franc mais cette fois teinté de rire. Par contre, Esteban n'était pas encore prêt à regarder toute partie féminine... Globalement tout ce qui était en dessous des épaules. Son regard plongé dans celui de Neve il continua;


"L'argent... Je suis un des rares à ne pas en vouloir toujours plus voir même en avoir trop. J'en ai assez pour payer une petite piaule mais disons que mon air d'étranger ajouté à mes tatouages n'inspirent pas la jeune proprio propre sur elle... J'ai du mal à envoyer des signaux disant que je suis un mec "clean" "

Esteban humidifia ses lèvres, à l'aide de sa langue puis il continua son speach, semblant enfin à l'aise auprès de Neve.

"Et puis... Mon taff est plutôt prenant... Par ailleurs, plutôt que de faire de l'argent, je donne de mon temps aux pauvres ou aux étrangers un peu perdu en ville... Disons que je ne cours pas après le pognon mais plutôt après le bonheur de mon prochain. Ça fait toujours con de dire ça mais tricher avec les gens ça ne mènent nul part... Et puis je parle 3 langues, autant utiliser ce talent!"

L'ascendance italienne d'Esteban était à présent visible: Il parlait avec les mains et un sourire enjoué ne disparaissait pas de son visage. Jusqu'à aujourd'hui la seule femme avait qui il avait été à l'aise était sa mère: Ce qui expliquerait pourquoi ses habitudes italiennes remontaient à la surface.

"Après vous avoir fait la terrible impression d'être un mec coincé, que l'on peut dépouiller aisément... Je prends votre invitation à manger ensemble pour le cadeau qu'elle est et je l'accepte avec grand plaisir"

Cela était la première fois qu'il allait manger, en tête à tête, seul avec une femme. Dans d'autre circonstance: Il aurait été mal à l'aise mais Neve n'avait rien d'une mante religieuse, en apparence, et Esteban était sur de pouvoir s'excuser poliment si elle voulait aller plus loin. Cette fille était cool, à sa façon... La rendant aussi étrange qu'Esteban lui même... C'est sans doute pour ça que ses défenses "anti-femmes" étaient en mode silencieux..
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Neve S. Wardle
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MessageSujet: Re: Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]   Dim 17 Juin - 13:40

Ce qui était assez étrange avec Neve, c’était cette impression de se retrouver parfois devant un mec bien plus que face à une femme sensée gagner sa vie en jouant de ses charmes chaque soir. C’était probablement le contrecoup d’une enfance en captivité où les cosmétiques et le maquillage n’avaient strictement aucune importance face à la nécessité d’accomplir une mission de manière optimale et à la satisfaction que cela suscitait chez la féline. Non, Neve n’avait vraiment rien de féminin quand on la surprenait dans ce genre de situation ou qu’elle parlait de manière spontanée, comme à l’instant lorsqu’elle avait précisé à Esteban qu’elle ne lui casserait pas la gueule s’il venait à la regarder bien en face. Ce n’était pas vraiment ce que l’on avait l’habitude d’entendre sortir de la bouche d’une femme, et malgré son désir de se fondre dans la masse et d’être comme tout le monde, Neve n’avait aucune envie de changer cet aspect de sa personne… Réflexe identitaire, en quelque sorte.

Lorsqu’elle expliqua à Esteban qu’elle ne ferait rien de son numéro de portable parce qu’il devait probablement se trouver dans les poches des gosses qui lui avaient volé son sac, la réaction de ce dernier fut assez logique parce qu’il resta la bouche grande ouverte, un peu comme s’il venait de renoncer à parler sous le coup de cette nouvelle qui dans le fond n’était pas aussi inédite que cela. C’était probablement la manière dont réagissaient les gens normaux lorsqu’ils réalisaient qu’ils s’étaient fait dépouiller, et Neve eût peur l’espace de quelques secondes qu’Esteban ne se mette à pleurer en réalisant que vraiment, on lui avait tout volé… Mais cela n’arriva pas – heureusement – parce qu’il éclata de rire de manière suffisamment communicative pour que Neve esquisse un sourire amusé, ce qui était de loin la plus perceptible marque d’hilarité que l’on pouvait apercevoir chez elle.

Son interlocuteur s’avoua « trop con » à plusieurs reprises, avant de finalement s’emmêler les pinceaux et de rougir de manière assez impressionnante pour que la féline s’imagine qu’il était en train de s’étouffer sur place. Lorsqu’il reprit la parole, il évoqua la possibilité d’aller acheter un portable bas de gamme prépayé pour rester joignable pendant que Neve irait décharger quelques trucs au Coyote. La mutante acquiesça :

On fait comme ça. – Elle s’interrompit en voyant une liasse de billets surgir devant ses yeux. – J’vois qu’apparemment, t’es bien payé…

Son sourire s’était étiré avec amusement pour montrer que ce n’était pas une critique. Neve avait encore du mal à paraître vraiment normale et civilisée aux yeux des gens, alors il arrivait souvent qu’elle accompagne une phrase un peu brusque d’un sourire et en général, sa franchise paraissait beaucoup moins choquante. Esteban avoua ne pas être de ceux qui couraient après la fortune, et Neve acquiesça, trouvant que c’était assez étrange de la part d’un type qui avait une grosse liasse dans la poche… mais après tout, ça pouvait aussi vouloir dire qu’il ne savait pas quoi faire du peu qu’on lui versait en rémunération. Un peu comme Neve, au final, qui lorsqu’elle avait payé son loyer restait avec quelques dollars sur les bras qu’elle dissimulait dans une boîte métallique planquée sous une lame de parquet branlante dans sa chambre miteuse…

Esteban évoqua ses difficultés à convaincre des propriétaires de lui faire confiance pour louer leur appartement, et aussi son boulot très prenant qui lui permettait d’aider d’autres étrangers en difficulté dans un pays qu’ils ne connaissaient pas. La charité était une chose que Neve ne comprenait pas vraiment, pas parce qu’elle était matérielle ou égoiste, mais plutôt parce qu’on ne l’avait pas élevée en incluant cette notion dans son apprentissage. Faire quelque chose pour satisfaire un tiers, c’était au moins aussi courant dans l’armée que de prendre un café avec son ennemi sur la ligne de front… alors elle se contenta d’acquiescer et ne dit rien de plus pour ne pas passer pour la grosse ignorante de service. Pourtant elle aurait voulu savoir comment il était possible de se satisfaire d’avoir aidé une personne qui ne nous donnerait jamais rien en retour… En revanche, elle retrouva bien vite la parole lorsque son interlocuteur expliqua parler trois langues :

Trois ? Tu voyages beaucoup ?

On était parti du principe qu’elle ne serait qu’une machine à tuer, alors on lui avait enseigné le minimum en anglais et basta. Se trouver face à une personne parlant trois langues donnait un peu à Neve l’impression d’être une gamine de 6 ans galérant avec ses tables de multiplication face à un prix nobel de mathématiques ou à une personne capable de réciter les 500 premières décimales de Pi. Autant dire qu’elle se sentait d’autant plus insignifiante qu’en temps normal, et sa fierté l’amena à détailler son interlocuteur pour rétablir une vérité génétique disant que malgré sa grande taille et ses trois langues, c’était quand même Neve la prédatrice et lui le steak… Fin de la comparaison.

Esteban accepta finalement l’invitation de la mutante tout en donnant l’impression de s’excuser de lui avoir donné l’impression d’être une victime facile à dépouiller pour peu que l’on soit inventif, et Neve éclata de rire avant de répondre :

T’inquiète pas, va ! – Elle s’interrompit un instant pour regarder l’heure à sa montre. – J’te propose qu’on se rejoigne devant le Coyote Ugly dans 30 minutes, ça nous laisse le temps de faire ce qu’on a à faire. Et après, on voit pour ce qu’on mange…
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Mon âme danse le tango avec la solitude [Libre]

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