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 Parcours initiatique [PV Adam]

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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Parcours initiatique [PV Adam]   Sam 4 Fév - 19:02


    Dire qu’il avait la rage était probablement adapté. Jamais Douglas ne s’était sentit aussi… aussi en colère. Lui qui relativise tout avec l’aide de la raison et de la logique, cette fois, ne pouvait plus utiliser ses armes pour se protéger de l’armée de sentiments qui l’attaquaient en permanence. Et si au moins il n’y avait que ces sentiments… Mais non, ils n’étaient pas seuls, il y avait aussi des souvenirs et des images fortes qui les accompagnaient. Cette femme qui se fait tordre le cou sans que personne ne fasse rien pour l’en empêcher… Des agents qui braquent leurs armes sur lui… Une mutante massacrant ces mêmes agents… Un fourgon en proie à une explosion… Et David qui se vidait de son sang… Cette mésaventure ne l’avait pas laissé indemne et il s’en remettait difficilement. Certes, d’un point de vue physique, il n’en était ressorti qu’exténué. Mais d’un point de vue mental… c’était autre chose.

    D’un côté il s’en voulait de ne pas avoir été capable de protéger cette mère, et d’un autre, il était contente que cela ce soit terminé ainsi car il savait qu’autrement, il ne serait jamais sorti de ce container vivant. La culpabilité finale qui en découlait était des plus douloureuses. En cours, ses interventions et réponses aux questions s’étaient réduites au minimum. Il faisait toujours preuve d’autant d’intelligence, mais il avait arrêté de s’en servir de lui-même. Après tout, cette « intelligence » n’avait pas suffit à l’aider quand il le fallait… La plupart du temps, au lieu de se consacrer aux études, il ressassait ses évènements, les tournaient dans tous les sens, les regardaient sous tous les angles qui lui étaient accessibles et essayait d’en trouver une résolution acceptable afin qu’au final, il sente que cette expérience l’ait aidé à s’améliorer et surtout qu’il saurait quoi faire si jamais une telle chose se reproduisait… Mais non, rien… Pas de solution miracle. Et il se refusait de penser que c’était parce qu’il n’y en avait aucune tout simplement. Pas question.

    Socialement parlant, ces changements ne bouleversaient pas grand-chose. A cela près qu’il avait arrêté de faire des efforts afin d’avoir des interactions de ce type avec les autres. Mais étant donné que ces tentatives n’avaient jamais été très glorieuses, cela passa inaperçu, pour ce qu’il en savait. Après, il y avait sa relation avec Calisto… relation qui, du coup, se résumait à quelques messages échangés par-ci par-là. A ce niveau, Doug voyait bien que ses messages à lui perdaient de leur entrain… et ils n’étaient pas les seuls… Il n’avait pas vraiment envie de revoir son ange car il sentait que s’il le prenait dans ses bras, il allait craquer. Et le jeune mutant ne voulait pas imposer ça à son aîné, ni même à personne en fait. Même ses parents. Ceux-ci avaient bien sûr remarqué un changement dans le comportement de leur fils lors de leurs conversations téléphoniques et e-mails réguliers. Mais Doug avait réussi à mettre cela sur le compte du stress des examens et de l’après diplôme. Manquerait plus qu’ils veulent le retirer de l’institut…

    – Je vous assure, tout va bien… C’est juste que je… j’ai la tête ailleurs en ce moment… avec les révisions et l’université…

    Car oui, l’université n’était pas loin. Il était temps de s’occuper de ces choses administratives liées à une inscription potentielle, choisir la fac en question… Quoique, ce choix-ci sera probablement simple : rester à portée des X-men tant qu’il ne maîtrisait pas son pouvoir. Ok, il n’avait pas la capacité de transformer une maison en un tas de cendres, mais ce serait bien de ne pas se bloquer sur chaque pseudo équation qui lui passait devant les yeux… Un bouton off pour ses décodages ne lui ferait pas de mal de temps en temps, et ce serait discret aussi. Aspect non négligeable… Sans parler bien sûr de la situation avec les mutants qui n’était toujours pas au top. Bref, cela ne réglait pas le problème de cas de conscience du jeune mutant.

    Cependant, il y avait quelque chose qu’il n’avait pas essayé, du moins pas avec toute sa volonté. Il avait remarqué qu’après un cours de sport de monsieur Logan, il avait beaucoup moins de problème à dormir ou même à penser sans se torturer psychologiquement. Le sport, d’après ses enquêtes internet, pouvait libérer des substances chimiques aux effets des plus appréciables sur le cerveau humain. Une expérience valait le coup. Surtout que le prochain cours de sport n’était pas avant une semaine et que là, tout de suite, Doug aurait bien envie de se vider la tête.

    Habillé de baskets de sport, d’un jogging et d’un sweat à capuche, Cypher partit affronter le froid de la fin d’après midi, direction les bois du parc, plus précisément, la partie que monsieur Logan avait aménagée en un parcours du combattant. Parcours que Doug n’a jamais réussi à terminer convenablement. C’était l’occasion de s’entraîner. L’adolescent prit le temps de s’échauffer avant de commencer. Première constatation: ça marchait plutôt bien, passé les premiers obstacles, Doug avait déjà “oublié” cette histoire de kidnapping et s’était focalisé sur les actions qu’il devait accomplir pour avancer. L’état de sa tenue vestimentaire et même de ses membres l’importait peu tant il désirait cet oubli. La douleur et la fatigue arrivèrent bien vite, car forcément, il se mettait dans des conditions « Logan » et faisait de son mieux pour progresser le plus vite possible. Ramper au sol, monter à la corde, passer au dessus d’obstacles, la poutre, les cordes à escalader. N’étant pas le plus sportif des adolescents, Douglas put savourer très vite les effets de ses efforts physiques. Cependant, plus il se fatiguait, moins il réfléchissait à ce qu’il faisait exactement, ce contentant d’agir au lieu de réfléchir, pour une fois. Si bien que lorsqu’il s’apprêta à escalader un mur vertical, il ne fit pas les bons mouvements et glissa pour retomber sur le sol et sur le dos… Le genre de chute qui vous coupe l’élan et la respiration, mais rien de plus grave.

    Au sol, Douglas se mit à tousser faiblement, une fois sa crise de toux passée, il constata qu’il valait mieux rester allonger quelques instants, sinon une autre quinte arriverait. Agacé, il laissa son dépit s’exprimer en donnant un coup de poing au sol, énervé par sa bêtise. Et la fatigue ayant mis à mal ses alliées qu’étaient la raison et la logique, le jeune homme ne parvint pas à calmer sa rage. Un autre coup frappa le sol, puis un autre… Et plus il frappait plus les souvenirs revenaient… et avec eux les sentiments… N’en pouvant plus, il finit par pousser un hurlement de rage, intense mais bref, bref parce qu’il se remit à tousser. S’il était encore doté de suffisamment de raison, il se trouverait drôlement pathétique à laisser ses satanées émotions s’exprimer ainsi. D’autant plus que ce n’était pas discret, mais bon… vu le froid et vu l’heure, y avait peu de chance que quelqu’un l’ait entendu… quoique, avec les super ouïes qui peuvent résider ici. Ceci dit, ce n’est même pas la peine de mentionner ce genre de chose car c’était le cadet des soucis du jeune mutant. Pouvant respirer de nouveau, il essaya de se calmer à renfort d’inspirations et expiration contrôlées, une sorte de mini yoga. Il était tellement concentré sur sa respiration qu’il ne remarquait même pas que ses yeux s’étaient changés en fontaines. Mais les larmes firent vite venir des sanglots, puis des tremblements, et Doug finit par constater que ses nerfs étaient en train de lâcher et qu’il pleurait au sol. Il se laissait enfin allé à ses émotions, principalement parce que l’exercice qu’il venait d’accomplir l’avait trop fatigué pour qu’il songe à se contrôler. Ceci dit, ses pleurs furent les seules choses qu’il remarquait, car il ne fit pas attention à l’arrivée d’une autre personne.



(dans le genre situation gênante, je savais que je pouvais faire mieux que la salle de bain ^^
n’hésite pas à me le dire s’il faut que j’édite)
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Ven 24 Fév - 19:31

A cette histoire si triste
Tra la la la la la la la
Tous les gens pleureront
Tous les gens pleureront
Ne pleure pas Jeannette, comptine populaire

« Espèce de crétin ! Incapable ! Chintok de seconde zone ! »

C’était en ces termes que Mademoiselle Alberta Jones, membre associée du cabinet Johns, John & Jones, avait choisi d’exprimer un courroux qui, sans être tout à fait illégitime, tendait à se tromper de cible. Il manquait des pages au dossier et, comme il arrivait souvent, le messager était l’objet des critiques que l’on eût aimé adresser au responsable.

La femme, d’un âge mûre déjà, et que ses collaborateurs appelaient en secret « La Vouivre », fixait un regard noir sur l’imperturbable coursier. Adam, doué ce soir-là d’un calme à toute épreuve qui naissait beaucoup plus de son envie d’abréger le conflit pour pouvoir retourner au plus vite à l’Institut que d’une soudaine adoption de la philosophie zen, s’obstinait à tendre silencieusement l’appareil sur lequel Mademoiselle Jones était supposée produire sa signature.

Après quelques nouvelles vociférations, que le mutant accueillit toujours par un silence où commençait cependant à bouillonner l’impatience, Mademoiselle Jones s’empara du stylet, griffonna des arabesques indéchiffrables et congédia d’un geste agacé de la main le coursier qui n’était que trop heureux de partir. Adam enfila son casque et, quelques secondes plus tard, il retrouvait au bas de l’immeuble la salvatrice moto qui le conduirait à des terres plus hospitalières.

Retour au building central de la société — remise des reçus — rendu des clefs de la moto — récupération de ses affaires dans son casier — enfin : sa voiture. Le jeune homme s’installa au volant et, sans démarrer le véhicule, poussa un long soupir de satisfaction. La journée avait été longue, les courses nombreuses, les clients désagréables, la pause déjeuner sacrifiée et le café particulièrement douteux. Son havre de paix à quatre roues était plus que bienvenu.

Sans doute était-il le seul à considérer la voiture obsolète qui lui servait de moyen de locomotion, et dont il paraissait perpétuellement qu’elle dût bientôt rendre l’âme, comme un habitacle protecteur ; mais enfin il avait pour elle la même tendresse qu’un cow-boy pour son cheval, il aimait les vieux sièges en cuir usé, les musiques démodées qu’il passait dans son autoradio, la chaleur intenable en été, le froid mordant en hiver, les portes qui grinçaient, les vitres qui vibraient, le moteur qui cahotait.

Ce fut donc porté par cette mélodie mécanique qu’il se mit en route pour l’Institut et le trajet prit le temps désespérant qu’avaient tous les déplacements new-yorkais pour qui ne disposait pas d’un deux roues susceptibles de se faufiler entre les embouteillages et les feux byzantins. Alors, malgré toute son affection pour sa vieille voiture, Adam ne fut pas fâché de l’abandonner, une fois arrivée à l’Institut, pour rejoindre une douche brûlante.

Douche prise, vêtements changés. Entre tous ses jeans et tous ses tee-shirts, Adam avait institué de subtiles nuances et son armoire, quoique presque entièrement dévolue à un style jeune et confortable, avait les mêmes hiérarchies presque kafkaïennes que les catalogues de haute couture ; aux yeux des observateurs extérieurs, toutes les coupes se valaient sans doute, mais pour Adam, il y avait ce qui convenait au travail, à la détente, au sport, aux soirées, aux explorations. Un monde de distinctions.

Ce soir-là, c’était promenade. Il s’était levé suffisamment tôt pour avoir pu passé, le matin, quelques heures à s’entraîner ; il avait beau avoir quitté le circuit professionnel, c’était une habitude qu’il n’avait jamais perdue et qui lui paraissait aussi vitale que ses petits-déjeuners gargantuesques (qui la rendait sans doute vitale, d’ailleurs). Mais, le soir, il jouissait de la tranquillité du parc.

La nuit était tombée et le froid avec elle. Même Adam, peu frileux, avait revêtu un blouson pour parcourir les allées désertes. L’heure et la température avaient chassé les promeneurs moins courageux ; la plupart dinait probablement ou bien se réunissait devant le film du soir. Le mutant passa donc de longues minutes paisibles avant d’entendre, à quelques dizaines de mètres de lui, un hurlement.

Un moment d’hésitation suspendit ses gestes. Combien de fois s’était-il précipité au hasard dans les rues de la ville, pour répondre à un appel de détresse qu’il venait d’entendre, mais qui, en réalité, était vieux de plusieurs semaines déjà ou bien ne s’était pas encore produit ? Il était las de ses sauvetages avortées, parce que trop précoces ou trop tardifs, mais las surtout de ne jamais parvenir à faire la distinction entre ce qui était, ce qui avait été et ce qui serait.

Mais si le doute était permis, l’inaction ne l’était pas. Le hurlement venait du parcours du combattant et il était tout à fait plausible que quelqu’un se fût blessé, à cause d’un faux mouvement et l’âme d’éternel bon samaritain d’Adam ne se serait jamais pardonné s’il avait laissé une créature frêle et innocente (car tous les membres de l’Institut n’étaient-ils pas de douces colombes ?) dans la détresse.

Il ne fallut donc pas deux secondes au mutant pour sortir de son hésitation et se précipiter vers l’endroit d’où avaient émané les cris et bientôt, il put contempler un spectacle pour le moins singulier. L’hypothétique victime était manifestement en pleine possession de ses moyens moteurs, qu’elle employait à agresser un sol pourtant placide dans une crise de nerfs qui n’était pas loin de relever de la psychiatrie.

Adam s’arrêta net et considéra quelques secondes la situation. Les choses venaient de se compliquer sérieusement. Un bras cassé, c’était facile : on soulevait le blessé délicatement, on l’amenait à l’infirmerie, on le rassurait si besoin était. Mais là, qu’était-il censé faire ? S’éloigner pudiquement, par souci de discrétion, pour ne pas imposer à une personne déjà triste le poids de l’humiliation ? Ou présenter, au contraire, une épaule secourable ?

Le jeune homme se savait peu diplomate et, généralement, les gens ne se tournaient pas vers lui pour trouver du réconfort. Ses raisonnements un peu froids ou un peu bourrus, sa « virilité de Far West », comme disaient certaines de ses amies (une expression qui le laissait certes un peu dubitatif), n’étaient pas toujours du goût de ceux dont il essayait pourtant, en toute bonne foi, de soulager la détresse psychologique.

Mais il n’allait tout de même abandonner il-ne-savait-qui (car l’obscurité ne lui permettait pas de bien distinguer son futur interlocuteur) à une détresse qui trouvait pour s’exprimer des moyens si radicaux ; tourner le dos à la misère, voilà bien une chose dont il avait toujours été parfaitement incapable. Il se rapprocha donc.

Il mit un genou à terre à côté de Douglas. Car c’était de Douglas qu’il s’agissait. Tout se compliquait encore. Adam était à peu près persuadé que le jeune homme avait pour lui une vague animosité, qu’il ne s’expliquait absolument pas, mais qu’il déduisait de la propension de son camarade à l’éviter. Il l’avait croisé une fois, ne lui avait adressé tout au plus que trois mots, mais il lui semblait que depuis ce jour, Douglas le fuyait comme la peste.

Mais enfin, son camarade ne lui avait jamais rien fait et, d’ailleurs, Adam n’avait à son endroit aucune réticence particulière. Ses considérations ne l’empêchèrent donc pas de tirer d’une poche de son blouson un paquet de mouchoirs et de le tendre à son cadet. Il joignit à ce geste les paroles les plus rassurantes du monde :


« Tu d’vrais sécher tes larmes, sinon elles vont geler et tes yeux vont éclater. »

Evidemment, c’était parfaitement faux — tout du moins l’espérait-il — mais Adam avait un don pour donner aborder tous les phénomènes de manière singulière, pour ne pas dire un peu dérangé.

« T’es tombé. »

C’était moins une question qu’une déduction à la suite de l’observation : mur vertical, Douglas peu sportif, Douglas par terre, tenue de sport.

« T’as mal ? Tu veux qu’j’te porte jusqu’à l’infirmerie ? Tu veux un chocolat ? »

Et, tel le professeur Lupin dans Harry Potter (qu’il n’avait jamais lu), il sortit d’une autre poche de son blouson une barre chocolatée — elle ferait de toute façon un meilleur travail de consolations que ses paroles, il en était convaincu.
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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Sam 3 Mar - 18:52


    Tourmenté par tous ces sentiments qu’il ne comprenait pas mais dont il devinait vaguement la signification, Douglas ne fit pas attention à Adam jusqu’à ce que ce dernier s’approche de lui. Bon, les faits étaient là, pour le coup, son camarade l’avait entendu pleurer, voire même peut-être hurler. Que faisait-il ici à une heure pareille ? Bonne question, mais Doug ne se la posa pas une seconde, il avait d’autres préoccupations.

    Déjà, essayer de cacher ses larmes, un peu inutile, il le concevait – et impossible soit dit en passant – mais par pudeur, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Tandis qu’il s’y attelait, il entendit son camarade lui proposer quelque chose. Après avoir jeté un coup d’œil, le traducteur vit un paquet de mouchoirs, un accessoire qui ne manquerait pas d’utilité tout de suite maintenant. Occupé à la fois à contrôler son flot de larmes et à utiliser les politesses d’usage, Doug ne fit pas vraiment attention aux paroles d’Adam. Il ne retint que la partie « sécher les larmes ». Du coup, il prit le paquet tendu et émit un faible « merci » en guise de réponse.

    Il ouvrit le paquet et s’empara d’un mouchoir pour sécher son visage et faire disparaitre les traces d’émotions. Peine perdue, ses yeux resteraient rouges et larmoyants pour un petit bout de temps. Enfin ce n’était pas le plus grave, surtout dehors et à cette heure-ci, le manque de luminosité devrait rendre ce genre de détail invisible ou presque. Doug s’abstint bien sûr de fixer celui qui venait de le sauver des larmes. Pas question de lui imposer cet embarras, d’autant plus que leurs relations n’étaient pas vraiment amicales. Surtout parce que Douglas évitait soigneusement de croiser son chemin. Si ça se trouve, Adam aurait envie de se moquer de lui, et vu l’état émotionnel du traducteur, impossible de dire comment il réagirait face à ce genre de comportement. Au mieux il partirait sans demander son reste, au pire il en viendrait aux mains ce qui n’aurait rien de beau à voir.

    Préférant garder le silence, Doug se concentrait du mieux qu’il pouvait pour reprendre le contrôle de ses émotions et de ses réactions physiques. Pas de bol pour lui qui voulait justement se laisser aller à ce niveau. Aussi, c’était peine perdue car il n’arrêtait pas de trembler, pas suffisamment fort pour faire croire à une crise d’épilepsie, mais assez pour inquiéter tout bon observateur. Ce fut Adam qui brisa le silence en exposant ce qui était une évidence. Même si ce n’était pas vraiment une question, il fallait dire quelque chose. Avec une voix neutre, Douglas répondit :

    – Oui.

    En temps normal, déjà, il n’aurait probablement pas su quoi répondre, là il ne cherchait même plus à réfléchir et disait ce qui lui passait par la tête. Il était doublement fatigué par son parcours et par sa crise de nerfs, donc Adam allait devoir faire avec les capacités sociales de Doug déployées au minimum. Mais ce qu’il ne savait pas sur son aîné, c’était que lui aussi avait quelques difficultés à ce niveau. Difficultés qui se manifestèrent par une suite de question qui, dans l’esprit épuisé de Doug, n’avaient aucun rapport entre elles.

    En conséquence, Doug ne put s’empêcher de tourner la tête vers Adam et de le fixer du regard pour voir ce qui se passait chez lui. Ces faibles capacités d’analyses anthropologiques combinées à ses déductions logiques un peu plus performantes conclurent qu’il était perturbé de voir un de ses camarades dans une telle position et qu’il ne savait pas quoi faire. La bienséance voulait peut-être que Douglas le rassure et lui dise que tout allait bien, mais il n’avait pas la force de s’y contraindre. Au lieu de cela, il choisit la solution de facilité et répondit à chacune des questions posées avec une concision extrême.

    – Je vais bien… Non, ça va aller… Non merci.

    Comme tout à l’heure, sa voix demeurait absolument neutre. Après avoir répondu tout cela, Doug détourna encore une fois le visage. Il renifla par réflexe ce qui le fit réaliser qu’il avait besoin d’un autre mouchoir. Il se servit donc et réalisa autre chose ; il avait encore le paquet offert. D’un geste vif et maladroit, il tendit l’objet à Adam et se contenta d’un bref mais tout aussi maladroit :

    – Merci.

    Note personnelle; ne pas tenter la moindre interaction sociale complexe en état de fatigue. Résultats lamentables imminents.


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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Sam 3 Mar - 20:02

Adam n’avait pas l’habitude de pleurer. Non, ce n’était pas, comme la mécanique automobile ou le sport, l’une des nombreuses manifestations de sa virilité ; c’était comme cela, voilà tout : quand il était triste, il ne pleurait pas, il se morfondait, et quand, par hasard, il pleurait, c’était un tout petit peu, quelques larmes silencieuses, rien de très impressionnant. Alors, évidemment, il était un peu décontenancé par cette manifestation qui lui faisait feu l’effet d’un feu d’artifices — en plus désespéré.

Par exemple, est-ce que c’était bien normal, tous ces tremblements ? Parce que si Douglas se mettait à faire une crise d’épilepsie, lui, Adam, il ne savait pas trop quoi faire. Sans doute pas lui mettre des gifles pour qu’il reprît conscience, certes, mais enfin. Les pleurs excessifs provoquaient-ils seulement des crises d’épilepsie ? Et l’asthme ? Douglas était-il asthmatique ? Adam prêta une oreille attentive à sa respiration.

Car le jeune homme avait beau paraître un peu bourru et un peu sobre dans les consolations qu’il proposait, il n’en était pas moins attentif, protecteur — très protecteur. Et l’air fragile de Douglas, il fallait bien l’avouer, n’était pas fait pour tempérer les velléités d’Adam, qui probablement ne s’estimerait rassuré qu’une fois qu’il aurait enterré son camarade sous trois couvertures, dans une chambre surchauffée, avec une tasse de chocolat chaud arborant un marshmallow gigantesque dans les mains.

Et à vrai dire, il n’était pas certain que cela suffît. Douglas avait beau être sorti de son état dangereusement pré-catatonique pour s’emparer des mouchoirs et mettre fin aux dégâts des eaux, les monosyllabes par lesquels il s’exprimait ne brillaient pas de placide bonhommie, c’était le moins que l’on pût dire. Or, il en fallait beaucoup, beaucoup moins pour susciter la compassion d’Adam.

Par scrupule de politesse, le jeune homme résista à l’impérieux instinct de prendre Douglas dans ses bras pour le bercer comme un enfant et lui dire que tout était fini et que maintenant, il le protègerait (contre quoi, mystère). Les chatons dans les arbres, les grands-mères au feu tricolore, les jeunes gens dans les parcours du combattant, c’était du pareil au même pour Adam.

Mais, de la même façon qu’il se méfiait des griffes des félins et des coups de cannes des aînées, Adam redoutait l’humeur peut-être massacrante qui serait celle de Douglas après avoir été découvert dans une posture peu brillante par quelqu’un qu’il appréciait pas. Car Adam était toujours fermement convaincu que son camarade avait quelque chose contre lui, pour une raison ou pour une autre, et que cette secrète et unilatérale inimitié assombrissait l’aide qu’il pouvait présentement lui apporter.

Mais entre prendre le risque de recevoir quelques remarques sarcastiques et amères d’un jeune homme mal embouché et celui de laisser ce même jeune homme greloter dans la neige et le malheur, tel Rémi sans famille en plein hiver, le choix, pour Adam, était vite fait. Et puis, ce n’était pas les « je vais bien » de Douglas, aussi convaincants que le sourire adressé par le boucher à la vache qui se rend à l’abattoir, qui allait l’aider à passer au-dessus.

D’ailleurs, Adam n’attendait nullement que son camarade le rassurât sur son état. Non, il n’allait pas bien : c’était évident. Pourquoi dire le contraire ? L’esprit logique (d’un certain point de vue) d’Adam était un peu heurté par ces conventions sociales et il était bien le dernier à exiger de Douglas qu’il lui donnât le change. C’était précisément parce qu’il n’allait pas bien qu’il était venu le secourir. Quel eût été l’intérêt de venir, sachant qu’il se trouvait mal, si c’était pour ne pas vouloir le voir dans cet état ? Tout cela n’eût fait aucun sens — même si c’était précisément en ce qu’elle avait de parfaitement sensée que la conduite d’Adam, parfois, ne l’était pas.

L’Asiatique ne cherchait pas non plus à satisfaire une curieuse morbide. La vie passée et future des gens lui défilait déjà assez souvent dans la dette sans qu’il eût besoin de rien demander pour qu’il les forçât en plus, de son propre chef, à lui en révéler les détails qu’il en ignorait encore ; il n’était pas opposé à ce que Douglas se confiât à lui si, comme c’était peu probable cependant, il le désirait, mais il n’irait certainement pas défoncer les portes de son âme avec son propre bulldozer.

Adam posa sa main sur la main de Douglas et referma délicatement les doigts de son camarade sur le paquet de mouchoirs.


« Garde. J’en ai plein. »

C’était parfaitement faux, mais comme il ne se prévoyait pas une grippe foudroyante dans les minutes à venir et qu’il n’était pas habitué des saignements du nez (en dehors du ring), il en avait en effet bien moins besoin que Douglas. La main du boxeur quitta celle du jeune homme, pour ne pas l’importuner. Après tout, Douglas avait fui en courant (ou presque !) la dernière fois qu’il l’avait vu torse nu, Dieu seul savait quel genre de dégoûts pouvait bien lui inspirer ce contact, même éphémère.

Adam se redressa légèrement, ôta son blouson, pour se retrouver en tee-shirt dans le froid, et s’agenouilla à nouveau près de Douglas pour passer le vêtement supplémentaire autour des épaules du garçon. Lui, il n’était pas frileux et, surtout, il ne venait pas de faire du sport : il ne s’en porterait pas plus mal. Ou alors, pas trop.


« T’es gelé. »

Cette fois-ci, son ton ne s’était pas contenté de la simple constatation : une inflexion de tendresse attentionnée s’y était mêlé. Adam, qui l’avait entendue lui-même, esquissa une moue vaguement contrariée : il avait une réputation à tenir, que diable ! Certes, il était le seul à croire encore à ses airs de baroudeur insensible et son cœur d’or était bien connu au sein de l’Institut, mais tout le monde se berce d’illusions.

« Ecoute, Douglas… »

Adam eut un air un peu gêné. Il y avait un fossé entre avoir l’habitude de dire ce que l’on pensait et celle de parler ouvertement de sentiments, même ceux qui étaient aussi anodins, et finalement fort courants, que la vague animosité qu’il supposait à Douglas en son endroit. Mais c’était encore l’un des traits de sa virilité parfois mal placée que de s’exprimer mal aisément sur ce genre de choses.

« Bon. Euh. J’sais que tu m’apprécies pas trop, et tout, parce que… Ouais, bon, j’sais pas pourquoi. Bref. On s’en fout, c’pas la question. »

Brusquement, le jeune homme tourna la tête vers sa gauche, pour scruter les buissons, comme s’il avait entendu quelque chose puis, semblant se raviser, il reporta son attention sur son interlocuteur.

« Pas encore. »

A Douglas de comprendre, si toutefois il le pouvait, que le bruit qu’il avait entendu ne s’était pas encore produit et qu’il n’y avait donc pas de raison de s’inquiéter. Tout était logique.

« J’disais quoi ? Oui. Tu m’aimes pas. Bon. Mais là, t’as froid, et tout, et… J’veux pas t’laisser comme ça. Tu vas attraper la crève et ce sera pas un mouchoir mais un parachute qu’il te faudra. »

Très poétique.

« J’te ramène au manoir. On monte à ta chambre, et puis j’te fais un truc chaud à boire et ensuite j’te fiche la paix. Qu’est-ce que t’en dis ? »


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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Mer 7 Mar - 22:55


    Adam Tenseï, Douglas ne le connaissait pas vraiment en fait. Ce qu’il savait de lui se résumait à ce que son dossier contient et à ce qu’il avait aperçu dans la salle de bain, cette dernière partie fut assez décisive et coupa court à de potentielles relations futures du point de vue de Douglas. Mais ça, c’était avant la révélation Calisto, comme on pouvait nommer ce phénomène. Doug commençait à accepter ce genre de désirs et même à les assumer, petit à petit avec son ami ailé. Enfin, là encore, cette évolution a été stoppée net par les évènements récents…

    Bref, il ne savait que peu de chose sur Adam, des choses superficiels comme sa date de naissance, son curriculum… son pouvoir. Et bien qu’il ne s’en souvienne pas sur le bout des doigts, le traducteur avait assez de données pour savoir qu’il ne risquait pas de finir brulé en sa présence. Le pouvoir du jeune homme avait quelque chose à voir avec le temps, d’après sa mémoire. Donc, que ce camarade vienne prêt de lui pour essayer de le « consoler » (c’est bien le mot, non ?) le surprenait à moitié. Parce qu’il ne lui avait jamais parlé, parce que lui n’aurait peut-être pas essayé d’en faire autant à sa place et aussi parce que tout ce qui touchait les contacts humains avait tendance à surprendre le jeune Ramsey. En parlant de contact, Adam initia un contact physique avec la main de Doug. Celui-ci, par gêne (pudique ou physique, allez savoir en cette situation…) réagit par un tremblement et posa rapidement le regard sur cette source de chaleur inattendue et temporaire, car Adam retira sa main peu après. Il lui dit aussi de garder le paquet. Pourquoi pas… dans son état, Doug ne s’en formalisa aucunement et n’insista pas plus, gardant l’objet en question. Il n’avait pas la force de débattre ni même de raisonner sur un sujet aussi dérisoire.

    Jusque là, la présence d’Adam et ses actions n’avaient que peu d’impact sur Douglas car il se concentrait sur le contrôle de lui-même et essayer de reprendre ses esprits. Question de priorité, mais bizarrement, l’instinct semblait être un élément plus impliqué que la raison pour une fois. Sauf que, les rouages de son cerveau commençaient lentement à se remettre en place, et la machine repartie lorsqu’il sentit un nouveau poids sur son corps : celui du blouson d’Adam. Doug bloqua de nouveau ses émotions par ses raisonnements et se concentra sur ce qui se passait, donc sur Adam. Une bonne chose parce que comme ça, il ne tremblerait plus, mais une mauvaise parce qu’à la base, il n’était pas venu pour ça et aurait préféré en découdre avec ces satanées émotions. Il tourna une fois encore la tête en direction de son camarade qui l’informa de sa température corporelle. Doug n’avait pas conscience du froid, son esprit était occupé ailleurs, et même lorsqu’il le réalisa grâce aux informations données par Adam, il s’en moquait et n’en souffrait pas. Après une crise pareille, ce n’était pas ce froid qui allait le faire trembler, pas dans la demi heure qui allait suivre en tout cas. Sans noter l’intonation utilisée par le jeune mutant, Doug répondit simplement :

    – Ca ne me derange pas.

    Faux bien sûr, une part de son cerveau pensait déjà au rhume qu’il risquait d’avoir le lendemain, mais la majeure partie de son esprit s’en fichait un peu.

    Suite à cette réponse, Adam amorça une annonce qui fut coupée par un comportement étrange. Douglas considéra le spectacle avec un air perplexe pendant une bonne seconde avant que sa mémoire ne lui revienne : son dossier disait qu’Adam pouvait voir des évènements passés et futurs. Ceci devait expliquer ça. Dommage, la curiosité scientifique de Douglas l’aurait probablement poussé à s’y intéresser et à entamer une vraie discussion – la première avec Adam – mais il n’était toujours pas dans les meilleures dispositions. C’est vraiment pas de bol pour Adam qu’il lui tombe dessus à un tel moment.

    La reprise des propos d’Adam, Doug ne les écouta pas vraiment, occupé à réfléchir sur ce qu’il convenait, ou plutôt sur ce qu’il devait… non… sur ce qu’il voulait faire maintenant. Parce qu’il n’avait vraiment pas envie de partir dans une discussion à cet instant. Il avait d’autres préoccupations plus urgentes. En fait, ce n’était pas très important mais… sans comprendre pourquoi, cela lui semblait vital et nécessaire : il devait finir cet horrible parcours. Adam parlait encore que Douglas observait d’un air calculateur l’obstacle responsable de sa chute récente. Il calculait son coup. Le pouvoir d’Adam venait tout juste de se manifester, à son niveau (statut d’étudiant oblige) le manque de maître devrait l’empêcher d’avoir une vision dans l’immédiat. Théoriquement, parce qu’avec les pouvoirs mutants, on ne savait jamais). Cela pris en compte, Doug s’attaqua ensuite au mur et se revisualisa la technique que monsieur Logan leur avait enseignés pour le franchissement de ce genre d’obstacles, technique qu’il avait réussit à réutiliser pour un cours spécial avec mlle McGillicuddy, donc réalisable… suffirait de prendre un minimum d’élan.

    Adam lui demanda ce qu’il pensait de sa proposition et reçu pour réponse une affirmation qui était au deux tiers adressée à Doug lui-même :

    – Je dois finir ça d’abord…

    Et sans rien dire de plus, le traducteur se leva, comme s’il était sur ressorts, laissa le blouson-couverture glisser parterre, prit juste ce qu’il fallait d’élan et escalada le mur d’une manière qui lui aurait valu une félicitation (ou une bière) de la part de monsieur Logan si cela c’était produit pendant un cours. Une fois de l’autre côté, Doug continua sa course comme si rien ne l’avait arrêté. Il ne se retourna même pas pour voir si Adam le suivait ou lui hurlait de revenir, ou les deux. Par contre, sans en avoir conscience, il avait toujours le paquet de mouchoirs dans la main.




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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Mar 13 Mar - 10:04

« D’accord… »

Adam observa Douglas se relever et repartir de plus belle dans son parcours, abandonnant son précieux blouson sur la terre humide et escaladant avec une ferveur un peu névrotique le mur d’obstacle. L’Asiatique rattrapa son vêtement, se releva et rendossa le blouson, avant d’observer songeusement le parcours et l’obscurité dans laquelle son camarade venait de disparaître.

Bien des gens eussent sans doute pris cette réaction comme une insulte. A peu de choses près, Douglas venait de l’envoyer paître. Fort heureusement, Adam avait la ténacité d’une tique et ce n’était pas le comportement étrange de son camarade qui allait le rebuter — bien au contraire, l’inhabituel excitait sa curiosité comme à l’ordinaire et il n’y avait pas pire moyen de se débarrasser de lui que d’agir d’étrange façon.

Il ne se précipita pas pour autant à la poursuite du mutant. Les mains enfoncées dans les poches de son blouson, il se mit à observer le mur d’obstacle en laissant son cerveau se mettre en branle et ses petits neurones toujours si efficaces suivre une chaîne de déduction qui éclairerait un peu la situation. Son parcours scolaire avait beau être une catastrophe, Adam n’en restait pas moins un petit génie.

Du reste, c’était une nécessité. Il avait bien été obligé de développer un sens de l’observation et de la déduction relativement efficace pour se tirer de ses visions parcellaires et, la plupart du temps, incompréhensibles. Donner du sens à partir de fragments du réel, telle était la vraie exigence de son pouvoir et le jeune homme était beaucoup moins travaillé par des problèmes de puissance que de bonne compréhension.

Donc, il méditait. La première et la plus évidente de ses observations fut qu’il était parfaitement inutile de poursuivre Douglas au galop. L’état d’essoufflement de son camarade au début d’un parcours qu’Adam, en bon élève de Logan, considérait comme ridiculement facile témoignait assez qu’arrivé à l’autre bout de cette épreuve, Douglas ne s’enfuirait pas en courant et qu’il serait aisé à rattraper.

Fort de cette certitude, Adam se mit à longer d’un pas tranquille le parcours. Il ne connaissait pas beaucoup Douglas et cet éloignement ne facilitait pas les réflexions. Il savait ce que l’on en pouvait savoir en écoutant, vaguement, les bruits de couloir — c’était un jeune homme sérieux, peut-être un peu austère, guère porté à la franche camaraderie, mais gentil et relativement serviable, à ce que l’on disait.

C’était un tableau qui ne prédisposait pas aux crises de nerf dans les profondeurs nocturnes d’un par cet Adam était porté à supposer que quelque chose de grave s’était passé. Bien : la réflexion progressait. Le jeune homme s’arrêta quelques secondes pour observer, d’un air brutalement absorbé, un buisson que rien ne distinguait des autres, avant de secouer la tête et de reprendre son chemin.

On pouvait pleurer et hurler pour des choses personnelles, c’était indubitable. Douglas s’était peut-être fait plaqué par sa petite copine — car Adam, malin mais certes pas infaillible, s’imaginait très bien son camarade avec une jeune fille rangée, protestante sans doute, quelque chose de très classique. Mais cette hypothèse ne le satisfait pas.

Car on n’agissait pas comme un robot à cause d’une peine de cœur. Il fallait pour motiver un tel comportement un événement traumatique, il fallait que le réel se brisât brutalement pour révéler l’horreur d’un monde chaotique, fait d’injustices et d’absurdités, qui vivait sournoisement sous l’écorce du quotidien et dont il surgissait de temps à autre pour déchirer l’esprit des honnêtes gens.

Supposer que Douglas souffrait de stress post-traumatique n’était guère difficile pour Adam : il lui suffisait de reconnaître chez son camarade les symptômes qui avaient été les siens des années auparavant, quand son don s’était manifesté pour les premières fois et qu’il n’avait pas encore trouvé le moyen de surmonter le spectacle quotidien des horreurs les plus diverses.

Bref, Adam était finalement convaincu qu’il n’y avait aucune raison de se formaliser du comportement de Douglas. Son camarade n’avait sans doute pas toute la maîtrise de soi-même à laquelle il devait être habitué et il eût été bien déplacé de le lui reprocher. Tout au contraire, l’état dans lequel il devait se trouver, qui était sérieux et grave, invitait à la plus grande compréhension.

L’Asiatique parvint finalement au bout de ses conclusions et au bout du parcours qui, décidément, était beaucoup plus agréable à faire en passant paisiblement par le côté. Il scruta pendant quelques secondes l’obscurité et, guidé par son ouïe beaucoup plus que par sa vue, parvint rapidement à l’endroit où Douglas reprenait son souffle après un effort considérable auquel il n’était peut-être pas habitué.

Adam vint s’asseoir à côté de son camarade, dans l’herbe, adossés au tronc d’un chêne vénérable. Après quelques secondes de silence, la voix du jeune homme émergea de la pénombre.


« Ma première vision — je devais avoir, je ne sais pas, un peu plus d’une dizaine d’années — c’était une petite fille qu’un type torturait. Un psychopathe, un pédophile, sans doute. C’était un truc qui s’était passé quelque temps avant, en Arizona je crois. Je ne sais pas trop ce qui a déclenché mon pouvoir — un reportage à la télé, sans doute. »

D’ordinaire, Adam restait plutôt discret sur les possibilités de son pouvoir et, surtout, sur le contenu de ses visions. Il fallait dire qu’elles n’offraient que rarement des sujets de conversation très joyeux.

« Depuis, ça n’a pas arrêté. Je suppose que les choses les plus horribles doivent laisser quelque part une marque plus forte et que c’est pour ça que je peux les prévoir ou les revoir. Mais évidemment, je vois rarement assez pour faire quoi que ce soit. C’est juste comme si le monde tenait à me témoigner combien il est affreux. »

Comme à son habitude, Adam ne passait pas par les chemins les mieux connus ni les plus aisés pour rassurer son interlocuteur et l’on pouvait même douter que ce fût réellement son objectif.

« Au début, j’étais tout le temps traumatisé. Vivre comme ça, ça paraissait impossible. Tu sais ce que dit Nietzsche : à trop regarder l’abîme, l’abîme aussi regarde en toi. Mais souffrir de l’horreur est le signe que l’abîme n’est pas notre miroir. Il ne faut jamais s’habituer à cela, et cependant trouver la force de le combattre. »

Et il ajouta, tout doucement :

« Et c’est une force que l’on n’a pas si l’on meurt de froid. »
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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Dim 25 Mar - 18:03


    Le jeune mutant se précipita donc en direction du parcours qu’il n’avait jamais réussi à finir en une fois (ce qui lui valait généralement des notes moyennes). Mais ce soir, il ne s’arrêta pas, aucun point de côté ou manque de souffle pourrait l’arrêter. En fait, il préférait endurer cette douleur physique, pour lui, c’était plus gérable que l’autre douleur… celle qui ne saignait pas mais qui blessait tout de même. Obstacles… exercices d’équilibre… Doug les franchissait tous le plus vite possible – ce qui ne suffirait probablement pas à satisfaire le professeur Logan – sans en ressentir la moindre satisfaction, juste le plaisir sauvage d’avoir mal, de ressentir quelque chose qu’il comprenait enfin, une douleur qu’il arrivait à nommer sans problème et à laquelle et pourrait donner une explication logique.

    Une dizaine de minutes plus tard, Doug était arrivé à la fin du parcours (oui, ce n’était pas le niveau le plus difficile, ils n’étaient pas à l’armée tout de même !), essoufflé, il essayait de reprendre une respiration normale, mais ça, n’importe quel passant pourrait l’entendre. Assis par terre, il était épuisé, pas assez pour être vautré sur le sol comme une loque. D’autant plus que su le dos, il risquait de se remettre à pleurer, et ce n’était pas vraiment ce qu’il désirait là tout de suite. D’autant plus qu’Adam était dans les parages. Doug n’était pas sûr qu’il aille essayer de le rejoindre, vu comme il était parti, mais on ne savait jamais. Mais surtout, la douleur précédente, celle qui l’avait poussé à se jeter à corps perdu dans cette course, était beaucoup moins lancinante qu’avant. Présente certes, mais un peu atténuée, par la fatigue peut-être… Qu’importe, pour une fois, il n’avait pas envie de s’arracher le cœur et d’aller à l’infirmerie réclamer une dissection pour voir ce qui n’allait pas. Parce qu’une souffrance pareille, ça devait laisser des marques physiques, c’était pas possible autrement.

    Après quelques instants consacrés à son souffle et à sa respiration. Doug repéra la présence d’Adam qui revenait à la charge. Ou plutôt qui revenait vers lui, tout simplement. Mais qu’est-ce qu’il lui voulait celui-là ? Doug avait suffisamment à gérer avec ses propres émotions pour être confronté à un problème social qui d’ailleurs, même en temps normal, était plus complexe que la moyenne. Ce qui n’était pas peu dire. Mais là, tout de suite, cela ne faisait pas partie des choses qu’il voulait ou même qu’il pouvait affronter. Aussi, tant que son camarade demeurerait silencieux, Doug en ferait de même, allant jusqu’à ignorer la présence du jeune homme tant que celui-ci resterait silencieux… ce qui malheureusement ne dura pas. Adam semblait avoir attendu la période pile nécessaire à ce que le traducteur retrouve son souffle et soit physiquement capable de parler. Quand il entendit le premier son, Douglas s’apprêtait à se relever et à s’éloigner, il était venu ici à cette heure pour avoir la paix et c’était encore ce qu’il désirait. Sauf qu’il s’arrêta dans son geste lorsqu’il comprit ce dont Adam lui parlait : de son pouvoir et de ses premiers déboires, soit quelque chose d’assez personnel alors qu’ils ne se connaissaient ni d’Eve, ni d’A… bref, ils n’étaient pas les meilleurs potes du monde.

    Le traducteur se demandait pourquoi il lui parlait de ça, pourquoi il se livrait autant alors qu’il n’avait rien demandé. C’est alors que, dans ses histoires, Doug reconnut quelque chose qui était grandement similaire à ce qu’il avait vécu récemment… « L’horreur », « souffrir », « horribles »… que des mots qui trouvaient des échos dans les souvenirs tout frais de Douglas. Aussi, il prit son temps pour digérer ces paroles. Mais, mine de rien et surtout sans comprendre pourquoi, ces mots semblaient avoir un effet positif sur l’état émotionne du jeune Ramsey. Un peu comme si on avait enfin commencé à verser de l’eau sur le feu qui le brûlait de l’intérieur ces derniers jours. Doug avala sa salive – qui avait un goût de médicament, soit dit en passant – et leva les yeux vers le grand sage qui venait de lui prodiguer les premiers soins tant attendus. Le regard toujours larmoyant à cause de l’éclat de tout à l’heure, et aussi à cause de la course effrénée, il fixa celui d’Adam, espérant y trouver quelques réponses mais sans rien demander. Il resta ainsi quelques instants silencieux avant de réaliser qu’il ne trouverait certainement pas de réponse tout de suite (et sûrement tout seul). Il se souvint alors de la dernière chose que le coursier avait dite, quelque chose de légèrement différent du reste de ce discours miraculeux.

    – Je ne vais pas mourir de froid. Il faudrait que je dorme ici pour que cela arrive. Et encore, vu la température de la région, ces jours derniers, la pneumonie serait la conséquence la plus probable. Et la médecine actuelle permet de traiter cette maladie avec un taux de réussite relativement élevé.

    Le contenu de ces propos pouvait probablement passer pour prétentieux, digne d’un premier de la classe intello qui disait cela pour prouver qu’il savait ce qu’il faisait et qu’il n’avait pas besoin de conseils de la part de ses aînés. Pourtant, le ton qu’il avait employé n’avait rien de prétentieux, il était même plutôt neutre, un peu comme celui qu’on a lorsque l’on parle de la météo avec un inconnu. Pour Doug, bien sûr, cela équivalait à une phrase cool au potentiel super social et recelant un humour fin et intelligent. Mais ça, c’était une autre preuve de son décalage avec les autres jeunes, et vu qu’il n’avait jamais eut de conversation avec Adam, il était difficile de prévoir comment ce dernier allait réagir.

    – Et je ne compte pas dormir dehors.

    Une petite phrase en plus pour rassurer Adam, car maintenant que sa déflagration émotionnelle commençait à être contenue, Doug pouvait réfléchir à peu près normalement. Et il commençait à croire que si son camarade était là, c’était parce qu’il s’inquiétait. Doug avait même dit cela en esquissant un sourire, qui disparut vite certes, mais un sourire quand même.




[dsl, gros manque d’inspiration ces derniers temps, si cela ne te plait pas, envoie moi un mp et j’éditerai]
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Sam 31 Mar - 14:35

Pour être fin psychologue, Adam n’en était pas pour autant un expert quand il s’agissait de consoler les gens. C’était que des deux sortes de peines qui traversent une vie humaine, il ne savait s’adresser qu’à l’une et l’autre, moins importante à ses yeux, n’éveillait que difficilement la sympathie nécessaire à se mettre en quête des bons mots, qui ne sont pas les mots habituels et convenus.

Les petits tracas du quotidien, Adam avait en effet l’habitude de les balayer, chez lui comme chez les autres, d’un revers de main peut-être un peu dédaigneux, peut-être un peu brutal, estimant qu’il était toujours trop aisé de se lamenter et beaucoup plus profitable d’y exercer sa volonté. Agir plutôt que se plaindre était l’un de ses principes, qu’il inculquait parfois avec un peu de rudesse à ceux qui, par malheur, cherchaient en lui une oreille compatissante à leurs menus déboires.

Sans doute était-ce que le spectacle répété, jour après jour, depuis des années, de drames véritables, avait éteint en lui la faculté de s’apitoyer sur les riens de l’existence et tant d’horreurs, si elles n’avaient pas encore eu raison de sa santé mentale et de son envie de vivre, avaient malgré tout profondément modifier son comportement.

Or, d’une certaine façon, il trouvait qu’il ne s’en portait justement pas plus mal et que la fréquentation quotidienne de la mort avait éveillé en lui sinon une forme de sagesse authentique, du moins une conscience de la vie, qui lui offrait le recul nécessaire pour affronter les grandes douleurs, celles, d’abord muettes et hurlantes, qui ne trouvaient pas toujours les mots pour s’exprimer, ni pour se laisser aborder.

Il était rare cependant que ce talent né de l’expérience trouvât à s’exercer. Les souffrances véritables étaient souvent trop discrètes pour qu’il pût les surprendre et il fallait souvent des circonstances, sinon exceptionnelles, du moins fort improbables, pour que celui qui savait les mots croisât le chemin de celui qui souffrait, au moment exact où l’un et l’autre étaient disposés à s’exprimer ou, plutôt, s’exprimaient malgré eux, forcés hors d’eux-mêmes par leur incommensurable infortune.

Après tout, quel enchaînement de petits événements infimes, de grandes affaires aussi, avait conduit Douglas à s’abandonner, ce soir-là, aux larmes, à l’instant précis où Adam, mieux placé que quiconque peut-être pour les comprendre, passait près du parcours ! En songeant à cela, Adam, qui voyait constamment s’entremêler passé, présent et futur, s’interrogeait une fois de plus sur le destin.

Sans doute ne croyait-il pas fermement qu’une force supérieure les guidât, mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir une responsabilité inattaquable de veiller sur Douglas, au moins pour quelques minutes, tant la rencontre lui paraissait improbable et pourtant réelle. Impossible pour lui de ne pas songer que le monde avait, en quelque manière, un sens, quand se heurtaient ainsi sous ses yeux le plausible et le véritable.

Le regard de l’Asiatique, presque uniformément noir, dans l’obscurité surtout, était indéchiffrable. Le sourire léger qui flottait sur son visage lui donnait une expression d’une insondable assurance, et il était difficile de ne pas sentir, près de lui, un confus sentiment de sécurité comme si, perpétuellement en contrôle des événements, taillé pour les affronter, il étendait autour de lui une aura protectrice.

Le sourire du jeune homme s’affirma un peu plus encore en entendant la réponse de Douglas. Le jeune homme lui fit immanquablement penser au détective privé de l’Institut. De Douglas, Adam ne connaissait que les bribes qu’il ressemblait dans les couloirs et, peu attentif en règle générale aux ragots, il ne savait pas grand-chose de son interlocuteur, si ce n’était qu’il était un élève modèle. Le style de la réponse n’était ainsi guère surprenant.

Adam leva un doigt devant Douglas, comme pour le subjuguer par quelque tour d’hypnotiseur puis, à voix basse, sur le ton de la confidence, il commença à lui souffler :


« La pneumonie, c’est une chose, mais encore faut-il se prémunir des Glacelots. Car, quand la température baisse, les Glacelots, qui vivent ordinairement dans les couches supérieures de l’atmosphère, descendent vers nous. Ce sont des oiseaux minuscules, transparents comme l’eau des lacs, si petits qu’il est impossible de les voir à l’œil nu et, d’ailleurs, quand on les capture, ils fondent, s’évaporent, et rejoignent leur royaume natal. »

Le regard d’Adam semblait bien décidé à ne pas laisser s’échapper celui de Douglas. Il racontait son histoire avec un tel air de conviction, semblable à celui que l’on emploie pour évoquer aux enfants les aventures des fées, qu’il était difficile de n’avoir pas l’impression qu’il croyait, au fond de lui, à son étrange zoologie.

« Donc, les Glacelots descendent et parfois, ils volent jusqu’à nous, ils se glissent au coin de nos yeux et s’installent dans notre cerveau. C’est pour ça que parfois, on a l’impression qu’il se passe quelque chose au coin de notre regard. »

Parfaitement logique.

« Bien entendu, ce n’est pas très grave pour nous, parce que les Glacelots ne tardent pas à fondre dans notre cerveau, mais alors ils ne peuvent plus s’évaporer et ils doivent attendre que l’on éternue pour pouvoir sortir. Ce n’est pas beau à voir : quand ils remontent, ils ont les ailes toute poisseuses. »

Adam détourna le regard et, le temps d’une ou deux secondes, fit mine de réfléchir. D’un temps songeur, il finit par ajouter :

« Mieux vaut donc les sauver de leurs propres instincts. »

Comme si cette conclusion était parfaitement naturelle et que l’histoire qui l’avait permise n’avait rien eu d’étrange, qu’encore il était parfaitement normal de raconter ce genre de contes à un jeune homme qui avait passé de beaucoup l’âge de la crédulité, Adam se releva et tendit la main à Douglas, comme il l’avait fait quelques minutes auparavant, pour l’aider à en faire de même.

Pourtant, l’histoire d’Adam procédait de la même philosophie que ses précédents propos, beaucoup plus noires : si le monde était sinistre, la mission de la réenchanter n’était pas moins importante que celle d’y agir à la mesure de ses moyens. Et à son humble avis, les Glacelots étaient une explication beaucoup plus engageante pour les rhumes que les microbes.
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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Dim 22 Avr - 15:40

[encore pardon comme d'hab, si y a des choses qu'il faut changer, changer je ferai ! (ouch, pas sûr que même Yoda parle comme ça)]


    Il n’avait pas vraiment eu de plan précis pour ce soir, juste quelques idées. Mais Doug était à peu près sûr qu’il voulait rester seul. Par pudeur ou pour une autre raison, il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il sentait qu’il serait bien mieux seul pour régler cela. Ou plutôt : il n’avait pas envie d’en parler, surtout pas à un camarade… Mettre des mots sur ce qu’il ressentait était beaucoup trop difficile pour lui, déjà qu’il ne savait pas trop quoi penser ni même comment il devait réagir face à ce torrent d’émotions. Mais Adam insistait, et il semblait plutôt sûr de lui, ce qui ne manquait pas de désarçonner d’avantage Douglas. Comment une personne extérieure pouvait-elle être sûre d’elle dans une telle situation alors que lui-même était complètement perdu ? Encore une belle énigme (une de plus). Mais cette fois, ce n’était pas la curiosité sociale qui poussa Doug à rester auprès d’un quasi inconnu, mais plutôt son désespoir. C’était triste à dire, mais il était à court de solution… Ok la fatigue physique et le froid l’aidaient à repousser sa douleur, mais il était conscient de la superficialité de ces procédés. Alors autant faire confiance à quelqu’un qui semblait avoir l’habitude de ce genre de chose.

    Pourtant, la méthode d’Adam n’avait rien de professionnelle, le mutant semblait essayer de captiver son attention comme s’il était un enfant (ou un débile mental ?). Intrigué par cette originalité et essayant de voir où son camarade voulait en venir, Doug resta concentré et fixa son interlocuteur d’un air songeur. Des Glacelots ? Ok, même sans être un expert en zoologie, le traducteur en savait assez sur les sciences et les possibilités physiques de ce monde (mutations exclues) pour savoir que de telles créatures n’existaient pas. Du coup, il en déduit qu’il y avait une sorte de message caché ou de morale derrière ce conte pour enfants, mais peut-être à cause de la fatigue, de son état émotionnel ou tout simplement à cause de sa personnalité, il ne la trouva point. Mais ce n’était pas faute d’écouter jusqu’au bout. Adam avait même fini depuis quelques secondes quand Doug reprit ses esprits. Inconsciemment, il saisit la main secourable de son camarade et s’en aida pour se relever. Une fois sur ses deux pieds, il laissa son esprit repartir dans le monde imaginaire des Glacelots en quête de réponse ou plus précisément, d’une clé pour pouvoir déchiffrer leur signification. Mais il ne trouva toujours rien.

    Douglas posa un regard interrogateur sur Adam, espérant y trouver des indices quelconques, mais rien. Certes, il fallait avouer qu’il n’avait jamais été particulièrement doué dans l’analyse des expressions faciales… Aussi, comme s’il était en cours, il se permit de poser une question, après tout, c’était toujours le meilleur moyen d’avoir une réponse. Enfin disons que c’était le moyen le plus direct et le plus simple.

    – Je ne suis pas expert en ornithologie, mais je pense que ces oiseaux n’existent pas dans ce monde, non ?

    Bon certes, ce n’était pas une question, pas vraiment. Mais cela montrait bien qu’il n’avait aucune idée de ce qu’Adam voulait dire et que s’il avait un message à faire passer, il faudrait être un peu plus explicit. Car d’une certaine manière, Douglas était bel et bien handicapé. Ce qui ne l’empêchait pas de se sentir coupable du peu qu’il venait de répondre suite à la longue histoire d’Adam. Mais le plus étonnant, c’était que sans même en avoir conscience, Doug arrivait à se concentrer sur quelque chose d’autre que ses sombres souvenirs, pour la première fois depuis… plusieurs jours déjà. Et il ne le remarqua même pas, de ce fait, difficile à dire si l’on devait attribuer cela à la fatigue ou à un autre facteur pour l’instant inconnu même du subconscient de Cypher…


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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Dim 22 Avr - 17:32

Adam était réputé pour ses histoires et ses explications farfelues. Parmi les élèves de l’Institut qui avaient un jour eu affaire à lui et auxquels il avait présenté le monde d’une manière inédite, plusieurs théories circulaient. Certains, en se fondant sur son physique asiatique, voyaient en lui une espèce de Maître Zen à la dérive, riche en apologues étranges aux méandres insondables.

D’autres, un peu plus terre-à-terre, supposaient qu’il était juste un peu dérangé, un rêveur qui vivait dans son monde et qui devait avoir du mal à se confronter à la dure réalité. D’autres encore estimaient qu’il cherchait simplement à se rendre intéressant — une hypothèse souvent démentie par son manque de conviction quand il s’agissait de récolter les fruits d’une supposée popularité : Adam fuyait les fêtes, les cérémonies ou les repas de groupe et, finalement, il faisait un peu figure de farfadet de conte de fées, les muscles en plus.

Mais si ces histoires avaient souvent quelque chose d’enchanteur, elles pouvaient également être un peu frustrantes. Il n’était pas rare qu’à qui cherchait de leur donner du sens, Adam, pressé par des questions de livrer la morale de son histoire, répondait en haussant les épaules qu’il s’agissait là d’une explication comme une autre — mais il le faisait, bien sûr, avec un sourire un peu espiègle qui achevait de convaincre du contraire.

Fort heureusement pour Douglas, Adam n’avait rien d’un lutin sadique qui se plairait à voir les autres se débattre avec ses indications nébuleuses, du moins, pas tout le temps. Le traducteur était suffisamment désespéré pour qu’Adam ne décidât pas de le laisser macérer de son incompréhension jusqu’à ce que mort cérébrale s’ensuivît (ou, à défaut, une solide migraine).

Alors, quoique la question de Douglas ne demandât pas explicitement la morale de l’histoire, Adam se trouva disposé à la donner. Attrapant l’autre main de son camarade pour les réchauffer entre les siennes (avec la nette impression que s’il ne le ramenait pas bientôt à l’intérieur, Douglas finirait congelé), il entreprit de répondre en le frictionnant.


« Ca dépend de tes critères ontologiques. »

Ca, c’était une réponse inattendue. Quand on observait Adam, quand on le voyait descendre de sa voiture passée d’âge, quand on l’entendait vanter les mérites de telle ou telle course de super-camions, quand on l’entendait parler avec son accent un peu populaire, quand on songeait à ses faux-airs de cow-boy, on ne pensait pas une seule seconde qu’il pût connaître le mot « ontologique », encore moins savoir ce qu’il pouvait bien vouloir dire.

Le jeune homme libéra les mains de son camarade et, enfonçant les siennes dans son blouson, il l’invita d’un signe de tête à se mette en route vers le Manoir.


« Quand Hume nous dit que le principe de causalité nait d’une habitude de la contiguïté des choses et que si nous supposons que le Soleil se lèvera demain, c’est parce qu’il l’a toujours fait, sans pourtant que ce second effet implique nécessairement la cause qui produirait le premier, il ne nous dit pas que le principe de causalité est inutile. »

L’explication n’était pas forcément plus compréhensible que le conte lui-même et, comme d’habitude, il n’était pas évident de voir où le mutant voulait en venir.

« Ayant pris conscience de cela, notre esprit peut créer des explications du monde qui peut-être sont moins justifiées que d’autres, qui peut-être ne sont pas vérifiables, mais qui servent une partie de notre expérience humaine. »

Ils avaient quitté les recoins du parc où s’étendaient parcours du combattant et parcours d’orientation et s’engageaient à présent dans l’une des allées principales.

« Savoir que tu as un rhume ne te guérira pas plus que de prétendre que ce sont les Glacelots. Un rhume, ce n’est pas très grave, ça passe tout seul. La seule différence, c’est que les microbes, c’est moche et les Glacelots, mignons. »

Du coin de l’œil, de temps à autre, Adam vérifiait que Douglas, pour une raison ou une autre, ne sombrait pas brutalement à nouveau dans une crise de désespoir. C’était bien joli de discuter philosophie, mais il fallait encore que son camarade ne cédât pas à l’angoisse qui l’avait possédé, quelques minutes plus tôt.

« Ce que le monde est, c’est un chaos indivis. Seule notre intelligence organise le réel en la réalité et donne du sens aux choses. Il y a des domaines dans lesquels ce sens peut être infirmé ou confirmé. Mais dans bien des situations, nous sommes libres d’agir. Alors, si nous restons près de ce qui nous semble nécessaire, de ce qui toujours nous a paru évident, si nous adoptons les explications les plus simples et les plus familières, les plus communément admises, nous n’associons jamais à notre esprit des choses étrangères, nous ne nous développons — nous nous contentions de reproduire éternellement nos mêmes souffrances. »

Ils avaient atteint enfin le perron monumental du Manoir. Adam ouvrit la porte et s’effaça pour laisser Douglas passer d’abord, avant de lui emboîter le pas dans le hall bien plus chaleureux que les étendues glaciales du parc, à cette heure de la nuit.

« Rêver n’est pas seulement un plaisir de distraction — c’est un devoir éthique. »

Puis, sans laisser à Douglas le moindre temps de battement qui eût fait la transition entre les considérations moitié philosophiques et moitié poétiques qu’il venait de développer et sa question soudainement beaucoup plus concrète, Adam désigna d’un geste de la tête le couloir qui menait à la cuisine laissée en libre service aux élèves et au personnel, et interrogea d’un ton dégagé :

« T’as faim ? On peut aller manger un morceau. »
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Douglas Ramsey
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Ven 4 Mai - 14:04


    Intrigué par ce professeur zen un peu bizarre, Doug vit ses mains être attrapées pour se faire réchauffer entre celles du jeune homme. Complètement paralysé émotionnellement, il était incapable de dire ce qu’il pensait d’un tel contact. En plus le traducteur réfléchissait encore à ce que son camarade lui avait dit sur les glacelots. Et à cela finit par se rajouter d’autres explications plus convaincantes mais pas forcément plus claires. Peut-être était-ce la fatigue, mais Doug ne voyait pas du tout où Adam voulait en venir, surtout qu’ils parlaient d’un simple rhume à la base. Certes, Douglas avait l’habitude des raisonnements un peu tirés par les cheveux avec le professeur Livingstone, mais là on partait un peu trop loin pour lui.

    Avec son esprit usé ainsi sollicité, le corps de l’adolescent n’opposa aucune résistance aux efforts que son camarade apportait pour le faire se lever et marcher vers l’institut. Ceci dit l’impression d’avoir des membres de plus de 100 kilos était des plus nettes. Mais il fit comme si de rien n’était, merci la digestion lente mais progressive des propos d’Adam. Arrivé sur le perron, cependant (déjà, Doug se demanda comment cela se faisait qu’il était arrivé ici, mais cela n’étant pas la question…) il n’entra pas à l’intérieur comme Adam le désirait manifestement. Il resta comme un piquet sur le perron à regarder le jeune homme d’un air songeur.


    - Mais ce serait renier la réalité tout ça… Oui, peut-être que les glacelots c’est mignons et tout, mais il n’empêche que les microbes existent bel et bien, c’est un fait. Et… et le monde… ce n’est pas un rêve. Rêver oui, il faut… notre cerveau en a besoin, c’est un fait, mais il faut aussi se réveiller et se confronter à la réalité. Les microbes sont bien plus complexes que les glacelots et il faut prendre en compte cette complexité pour les éviter. Simplifier les choses aide peut-être les enfants à dormir mais… on ne reste pas toujours un enfant et… et on ne peut pas passer sa vie à dormir !

    Sans s’en rendre compte, le ton de la voix de Douglas avait quelque peu monté, comme si ce qu’il disait était de la plus haute importance et qu’il fallait absolument le prendre en compte sans quoi il serait impossible de continuer… de continuer. Il ne savait pas pourquoi il agissait ainsi et disait cela, mais c’était venu de manière naturelle, comme une sorte de mécanisme de défense qui s’active lorsqu’on essaie de baisser un voile d’illusion pour cacher la nature véritable du monde. Celui-ci n’a pas de glacelots, pas de Père Noël, pas de fées, mais il comporte des choses plus vraies et plus horribles qu’il faut prendre en compte car elles ne disparaîtront pas en un clin d’œil. Douglas avait largement dépassé ce stade où il savait que de telles atrocités étaient commises comme si c’était normal et qu’il fallait faire avec. Il n’acceptait plus cette barrière de protection faite à base de mots, d’idées et d’images agréables qui rendaient le monde plus… juste ou il ne savait quoi…

    Bien sûr, il ne savait pas si tout cela était l’intention d’Adam, mais telle était la réaction que le discours de ce dernier avait provoquée chez Cypher qui avait utilisé le peu de logique qui lui restait pour essayer – en vain – de voir quel était le point qu’Adam essayait de démontrer. Sans savoir pourquoi (et une chose de plus qui s’ajouta à sa pile de frustration), il sentait que son camarade essayait de l’aider pour une raison ou pour une autre (autant ne pas essayer de réfléchir à cela aujourd’hui). Passant partiellement volontairement à côté de l’invitation à manger quelque chose, Doug resta posté ainsi à regarder Adam avec une expression de désespoir dessinée sur le visage, expression dont le jeune traducteur n’avait pas du tout conscience sur le coup. Son esprit semblait d’humeur à faire la grève…



[Si tu tiens à poursuivre le rp à l’intérieur, je propose que tu en ouvres un autre dans la section appropriée pour que ce soit plus clair. Je m’arrangerai pour que Doug te suive dans ma réponse ^^]
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: Parcours initiatique [PV Adam]   Dim 6 Mai - 14:16

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Parcours initiatique [PV Adam]

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