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 L'appel du ventre ( pv Adam Tenseï )

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Emily Fischer
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MessageSujet: L'appel du ventre ( pv Adam Tenseï )   Ven 3 Fév - 21:03

Grrrrrr......
J'ai faiiiiiiiiiiiiiiiimmmmmm.........
En des termes plus humains, cela signifie qu'il est aux alentours de midi et que mon estomac prends le pas sur mon esprit. Il faut dire que je ne mange pratiquement plus depuis ma mutation, avouez que ce genre de pouvoirs à de quoi couper l'appétit. Et ce matin, comme ils ne semblent pas vouloir se manifester, mon estomac prend leur relève et cri de plus belle. Je n'ai rien avalé depuis au moins 24 heures, pas étonnant qu'il se fasse entendre le bougre. Inutile de compter sur Chiffon pour me rappeler de manger, cette fichue poupée et toujours aussi muette qu'en perpétuel état de décomposition.

Grrrr......
Argh, si je ne mange rien, c'est moi qui vais me décomposer sur place ! Ce serait pas une première mais refaire le remake de la journée des morts-vivant dans le quartier de Central Park, pas sûre que ce soit une bonne idée. Ce n'est pas dans cette désastreuse optique que j'ai établit ma "boutique" sur les marches d'un bâtiment en construction. Quoique c'est un beau moyen de repli en cas de crise mais ce n'est pas pour ça que je suis ici. Le vieux Jo Barton, un marginal que j'ai croisé dans les métros hier alors que je tentais de vendre mes poupées dans une station, il m'as dit un bon plan pour manger à l'œil. Ce n'est pas une méthode très honnête, en plus je me méfie des humains depuis que je ne suis plus comme eux, mais l'appel du ventre et le plus fort et puis, en plein Central Park, qu'est-ce que je risque ?

Rien, c'est bien pour ça que je décide de déployer à l'endroit indiqué ma superbe boutique constituée d'un essuies et de cinq poupées de chiffons à terre. Comment vagabonder devant un immeuble à l'abandon peut-il me faire manger à ma faim ? C'est ça l'astuce m'a dit Jo. A New-yorr, il y a toutes sortes de timbré. Des mutants mégalomanes aux starlettes droguées, on trouve de tout. Et l'un des cinglés de cette ville, ne trouve rien de mieux que d'appeler tout les midis une dizaine de restaurant qui livrent à domicile. Un obèse affamé ? Peut-être, mais son trip, c'est d'envoyer tous les livreurs sur de fausses adresses ou des lieux abandonnés ou en construction. Du coup, se sont des pizzas chaudes sans personne pour les manger. C'est là que les marginaux rendent justice à cette nourriture gâchée. Si j'ai compris le plan, il faut marchander avec le livreur pour lui racheter la commande à la modique somme d'un dollar, ou moins. Ça tombe bien, un billet vert, c'est ce qu'il me reste en poche. Entre les économies et mon estomac, la loi du plus fort est toujours celle qui prévaut.

Grrrrrr....
Hey, j'ai compris ! C'est pas en grognant que tu vas te remplir plus vite. De toute façon, c'est même pas sure qu'un livreur se pointeras. Mais que faire d'autre ? Ce n'est pas comme-ci j'avais des cours à suivre ou des amis à rejoindre. Ici, dans cette grande ville, je vis en créant des poupée et en les revendant à des touristes chinois. Alors que tu grognes ou non, je reste ici ! C'est soit ça, ou retourner dans les poubelles du McDo me sortir un Bigmac menu froid à volonté. C'est pas la classe, mais je suis accroc au cheeseburger. Et puis, je peux bien me permettre une cure gastronomique dans les fast-food, j'ai toujours ma fine silhouette. Mais qu'est-ce que je ferais pas pour une pizza ou des nouilles, j'échangerais même mon statut de mutant rien que pour un plat chaud.
...

Allez, j'ai de l'espoir ! Il va venir ce coursier, aujourd'hui j'ai vraiment la dalle ! Faut dire qu'après deux jours à vagabonder devant cet immeuble en construction, ça serait bête de revenir bredouille. parfois j'ai comme l'impression que le vieux Jo Barton c'est bien payé de ma tête. J'ai de la patience mais quand même, si je ne vois pas un seul livreur d'ici cinq minutes, c'est décidé, j'appellerai moi même un livreur à cette adresse ! Hey, je ne suis pas si naïve après tout !
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'appel du ventre ( pv Adam Tenseï )   Ven 3 Fév - 21:46


« Tu connais Arnaldo le Barjot ? »

Adam posa un regard circonspect sur Lizzy, l’hôtesse d’accueil, et répéta d’une voix incrédule :

« Arnaldo le Barjot ? »

La jeune femme se pencha au-dessus du comptoir d’accueil, manœuvre soigneusement calculée pour offrir à Adam une vision plongeante sur son généreux décolletée. Le jeune homme, fidèle à ses habitudes désespérantes pour la gente féminine des lieux, gardait son regard invariablement planté dans celui de son interlocutrice.

« C’est une légende chez les coursiers. Arnaldo le Barjot serait un sadique psychopathe qui s’amuserait à voir les livreurs sillonner les rues de New-York. Il passe de fausses commandes et les observe avec des jumelles. On dit même qu’il a des photographies chez lui et que le soir… Enfin, tu vois quoi, il se fait plaisir. »

Adam haussa un sourcil — un seul, le gauche — et esquissa une moue dubitative. Il était partagé entre sa conviction que New-York abritait à peu près toutes les formes de perversion et un bon sens profondément ancré qui lui soufflait qu’Arnaldo le Barjot était une légende urbaine. Lizzy, qui espérait faire sensation avec son histoire d’épouvante, eut l’air un peu déçue.

J'ai un pote qui travaille à Lucio Pizza et qui m’a dit qu’Arnaldo le Barjot a commandé une quatre fromages pour l’envoyer à un immeuble abandonné sur Central Park.
— S’ils savent que c’est Arnaldo le Barjot, pourquoi ils envoient la commande quand même ? »


L’hôtesse ouvrit la bouche pour répondre, puis réfléchit quelques secondes et haussa les épaules, tentant d’emporter la conviction de son collègue par un subtil papillonnement de cils.

« Et sinon tu fais quoi vendredi soir ?
— J’ai piscine. J’te laisse, c’est ma pause-déjeuner. »


Ce fut en ces termes d’une discutable galanterie qu’Adam abandonna la jeune femme à son sort. En arpentant les rues à la recherche d’une sandwicherie dont la file d’attente ne lui imposât pas de patienter une heure pour un déjeuner aux qualités nutritives douteuses, Adam réfléchissait à la légende d’Arnaldo le Barjot. Malgré qu’il en eût, son âme fantasque était séduite par ce récit improbable et il avait très envie d’en vérifier la véracité.

Et puis, les mots « immeuble abandonné » avaient naturellement titillé sa passion d’explorateur urbain. Au pire, après avoir conclu à l’inexistence d’Arnaldo le Barjot, il passerait sa pause-déjeuner à découvrir de nouveaux étages dépeuplés, et son temps n’aurait pas été trop mal employé. Tout à gagner, rien à perdre : sa décision était prise. Il se mit en route vers Central Park.

En chemin, il mit la main sur la Formule Super-Midi de Goergia’s Coffee : un sandwich au thon + un cookie + un boisson 50 cL de votre choix. Georgia’s Coffe, le Coffee qui vous fait dire Oh La La. Adam médita quelques secondes sur la profondeur géniale de ce slogan avant de mordre dans son sandwich et de reprendre sa route, promenant son regard au hasard sur le paysage : les immeubles, les fesses des garçons, les voitures qui passaient, les fesses des garçons, la vitrine des magasins, les fesses des garçons.

Soixante-dix paires de fesses et un quart d’heure plus tard, Adam achevait son tour de Central Park pour s’arrêter devant ce qui tenait vraisemblablement lieu « d’immeuble abandonné » dans la geste héroïque d’Arnaldo le Barjot. Il n’était pas vraiment abandonné, cet immeuble, il était en construction. Entre deux maîtres d’œuvres, sans doute, comme bien des chantiers victimes de la spéculation immobilière, et de ce point de vue, relativement abandonné, certes, mais enfin. Ce n’était pas exactement la même chose.

Evidemment, pas de livreur désespéré à l’horizon, cherchant du regard un client hypothétique et même mythique et pas de pervers aux jumelles tirant un plaisir sadique de ce spectacle guignolesque. Rien. Arnaldo le Barjot rejoignait Nestor l’Alligator dans le fonds folklorique des légendes new-yorkaises. Adam était un brin déçu. Il jeta l’emballage de son sandwich dans une poubelle, empocha son cookie et traversa la rue.

Pour se retrouver devant l’étal de fortune d’une vendeuse de… euh… Adam essaya de deviner la nature des objets, qu’il trouvait particulièrement hideux. Des poupées. Ses yeux noirs remontèrent vers la « propriétaire » de ce riche étalage, qui ne devait pas avoir plus d’une quinzaine d’années et qui, manifestement, ne connaissait pas encore l’opulence du rêve américain.


« T’as pas une tête à t’appeler Arnaldo et je parie que tu livres pas les pizzas. »

Il l’observa avec intensité pendant dix secondes, comme s’il se fût attendu à ce qu’elle se transformât, d’un instant à l’autre, en un livre de Lucio Pizza. Ou en pervers à jumelles. Puis son regard dériva de part et d’autre de la rue, qui n’offrait toujours pas de meilleure perspective. Après un soupir de déception, il reporta son attention sur la jeune fille.

« T’as faim ? J’te paye un truc ? »

Stop chrono. Trente secondes. Il avait fallu trente secondes pour que le spectacle d’une jeune fille réduite à vendre des poupées dans les rues de New-York réveillât les instincts chevaleresques d’Adam. Défenseur de la veuve et de l’orphelin : c’était lui. Bourru, certes, un peu désaxé, mais défenseur quand même.

Mais qu’on ne comptât pas sur lui pour acheter une de ces poupées !
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Emily Fischer
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MessageSujet: Re: L'appel du ventre ( pv Adam Tenseï )   Mer 15 Fév - 15:49

Quatre minutes cinquante-six secondes... Quatre minutes cinquante-sept secondes... Quatre minutes cinquante-huit secondes... Quatre minutes cinquante-neuf secondes... Cinq minutes !

C'est officiel, le vieux Jo Barton n'est qu'un baratineur de première ! Trois jours que je me pose près de ce chantier en construction et pas l'ombre d'un livreur ni la moindre odeur de pizzas chaudes ne sont venues égayées mes journées. Et je ne suis pas bête, si il m'a envoyé balader si loin, c'est parce qu'il ne touchait plus rien à faire la manche dans le tunnel du métro. Les gens préférait s'arrêter devant ma petite échoppe et me donner quelques pièces plutôt que de subvenir aux besoins alcoolisé d'un ivrogne pathétique. Rhaaaa, je me suis bien fait avoir ! Ne jamais faire confiance à un homme portant une vieille barbe blanche mal rasée.

Bon, je ne vais pas passer une minutes de plus à perdre mon temps dans cette rue. En plus personne ne semble intéressé par mes poupées ici. Tiens, il faut que je me dise cela pour que quelqu'un s'arrête devant et les observe. Euh, il pourrait au moins faire l'effort de ne pas avoir une mine dégoutée en les regardant, même si c'est subjectif, mes poupées de chiffons sont de vraies œuvres d'art ! Un peu putréfiée et en lambeaux mais je n'ai pas encore le pouvoir de tout transformer en or ou en diamant. Quand le jeune homme lève enfin ses yeux vers moi, je dévisage un asiatique aux yeux sombres et perçants. Un asiatique ? Chouette, les touristes chinois et japonais sont de loin ceux qui raffolent le plus de ces poupées et qui laisse de jolies billets verts sans demander de monnaie ensuite. Sauf que là, il ne ressemble en rien à un touriste. De un car il ne se déplace pas en bande, et de deux je ne vois pas d'appareil photo pendu à son cou.

Pire même, je le regarde avec des yeux ébahis quand il me compare à un certain Arnaldo ou à un livreur de pizzas. Je reste un instant bouche bée sans savoir que répondre. Il est clair qu'il n'est lui même pas un livreur à moins qu'il ne cache dans ses poches l'un ou l'autre plat. Et cela m'étonnerais que ce soit Jo Barton qui l'envoie également se perdre ici. Alors comment peut-il être au courant de cette histoire ?

" Non, et je ne sais absolument pas de quoi vous voulez parler ! Arnaldo n'envoie que des livreurs ici. Et vous n'ont plus vous n'avez pas l'air d'être un livreur de pizzas ! "

Oui, non ! Vue sa déception, il n'est ni l'un ni l'autre. Et il est encore moins intéressé par ce que je vends. D'ailleurs il scrute la rue comme-ci il attendait quelque chose. C' n'est pas un détraqué qui veut enlever une jeune fille comme moi au moins ? Pas que je suis sans défense, mais je répugne à l'idée de le démontrer. Difficile donc ensuite d'interpréter sa proposition. Il veut me payer à manger ? Pourquoi ? Je me méfie toujours de tous le monde, surtout d'eux, les humains ! Et comme je n'ai jamais vue un seul autre mutant comme moi, je ne fais confiance à personne ! Alors pourquoi à lui ? Est-il différent ? Ou est-ce juste de la pitié ?

Non c'est louche, en plus il n'a même pas l'air d'aimer mes poupées !

" Non merci ! Je n'ai pas faim ! "

Grrrrr.... Évidement, c'est à ce moment là que mon affamé d'estomac se décide à me trahir en laissant planer un long gargouillement. J'en rougis instantanément de gène et de confusion. Mes doigts jouant avec une mèche de cheveux alors que je cherchais encore mes mots.

" Non, c'est pas ce que mon ventre a voulu dire ! Moi, ici, je n'attendais juste qu'un livreur passe et se débarrasse de sa commande. Enfin, vous voyez euh... Ce n'est pas vous qui deviez venir mais quelqu'un d'autres et puis.. Je ne suis pas une mendiante, ne me payez pas à manger. En plus je vous connais pas et tout ! Mais si vous voulez, vous pouvez m'acheter une poupée, elle ne sont pas chère et ça fera plaisir à votre petite copine ! "

Olala, je ne suis pas la reine des relations sociales mais là j'atteins encore des sommets dans l'incompréhension. Autant me taire avant d'enchainer plus de bourdes. D'un autre côté, voici ma plus longue conversation avec un être humain, je ne compte pas ma poupée chiffon, depuis que je suis arrivée à New-York. Alors ma vieille Emily, tais-toi ! Ne dis plus rien et..euh..Regardes tes pieds ! Oui c'est une bonne idée !
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Adam Tenseï
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MessageSujet: Re: L'appel du ventre ( pv Adam Tenseï )   Ven 24 Fév - 20:30

Adam observait l’air éberlué de la gamine avec un zeste d’impatience. Eh bien quoi ? Elle voulait manger ou non ? Ce n’était pas une question compliquée et le jeune homme n’aimât pas qu’on s’éternisât sur les problèmes simples. A vrai dire, il n’aimait pas qu’on s’éternisât sur quoi que ce fût, et certainement pas pendant sa pause déjeuner, déjà assez courte, et encore moins quand il n’avait pas encore mangé. Ou alors, juste un sandwich. Mais ça ne faisait pas beaucoup — une réponse, et plus vite que cela !

Non. Elle n’avait pas faim. Adam posa sur la jeune fille un regard soupçonneux, comme si c’était elle, et non pas lui, l’homme qui paraissait tenter de kidnapper une innocente demoiselle dans la rue, qui était suspecte de quelque chose. Il fallait avouer que le ventre sonore d’Emily ne jouait pas exactement en sa faveur et que d’autre part Adam n’était pas la personne du monde la plus facile à baratiner.

Ce qu’il prouva en offrant une conclusion explicite à l’argumentaire de vente de la jeune couturière.


« Non. »

Ces poupées, elles étaient hideuses, et il faisait déjà un effort considérable de politesse pour ne pas le lui dire. Il n’allait certainement pas débourser le moindre centime pour acquérir un objet dont il ne ferait que s’empresser de se débarrasser. L’idée que cette transaction pût servir à ménager la fierté de son interlocutrice ne l’effleura pas une seconde et le tact, indubitablement, n’appartenait pas à la liste de ses nombreuses qualités.

« En plus, j’ai pas d’copine. Et t’imagines, si j’en avais un, j’lui offre un truc comme ça, il prend peur et c’est la rupture. »

La copine hypothétique avait singulièrement gagné en virilité au cours de sa phrase, mais Adam ne s’en souciait guère : cela faisait bien longtemps qu’il avait abandonné l’idée, et même tout simplement l’envie, de cacher son orientation sexuelle. Il en voyait d’autant moins la nécessité que les rares personnes à se permettre des remarques désobligeantes n’avaient généralement pas l’audace de pousser plus loin leur hostilité — ou bien elles le regrettaient très rapidement.

En passant, sa bonne résolution de ménager la sensibilité professionnelle de l’adolescente en ne s’étendant pas sur les qualités esthétiques discutables de son artisanat s’était envolée et Adam avait retrouvé le franc-parler aux charmes pour le moins austères qui lui était habituel. Il jeta un nouveau regard aux poupées, comme par acquis de conscience, avant de relever les yeux vers la fillette.


« Bon, Emily, tu t’décides. T’as faim ou pas ? On va pas crever la dalle pendant des heures. »

Le prénom de son interlocutrice lui était venu dans l’une de ses nombreuses intuitions, sans qu’il s’en rendît compte : comme bien souvent, il se contentait de savoir que telle ou telle information était exacte, et il eût fallu qu’il fît retour sur ses propos pour départager, dans ce qu’il venait de dire, ce qui relevait des informations acquises par les voies les plus normales et ce qu’il devait à son pouvoir.

Toujours était-il qu’Emily, il l’aimait plutôt bien : son opiniâtreté à refourguer au chaland ses affreuses poupées et sa fierté mal placée à l’égard de la mendicité lui rappelaient un peu son propre (mauvais) caractère, et il se sentait naître pour cette inconnue une affection un peu fraternelle, qui devait sans doute beaucoup pour la bonté d’âme qui le poussait systématiquement à porter secours aux oiseaux tombés du nid.

En parlant, il avait promené son regard autour de lui, en quête d’une sandwicherie qui ne fût pas assaillie par un flot de clients. Il n’était décidément pas d’humeur à attendre des heures pour accéder à son second sandwich (le plat de résistance, en somme). Mais l’affaire n’était pas facile et son observation lui prenait plus de temps que prévu ; en tendant le cou pour apercevoir ce qui se passait au-dessus de la tête de lointains passants, il continua à parler.

Car son principal souci était de ne pas laisser son interlocutrice placer un mot. Si elle se remettait à parler, elle tenterait soit à nouveau de lui vendre l’une de ses créations soit de recommencer à refuser son invitation à déjeuner, et il faudrait des négociations interminables pour qu’elle abandonnât ses résistances, négociations dont le développement éloignerait un peu plus encore la probabilité de trouver un sandwich décent dans les stocks pris d’assaut des commerces locaux.


« T’sais, quand les gens invitent d’autres gens à boire un verre, c’pas forcément parce qu’ils sont des mendiants. ‘Faut pas être si nerveuse dans la vie. Moi, c’que j’vois, c’est qu’on a tous les deux étaient floués par quelqu’un qui nous a débité une histoire pourrie et que du coup, ‘faut qu’on s’serre les coudes dans l’adversité et qu’on s’remonte le moral avec quelque chose à manger. »

Car « manger » figurait très haut dans la liste des solutions contre les divers problèmes de l’existence et il était probable que, dans le subconscient d’Adam, la panacée eût la forme d’une immense tablette de chocolat ou bien d’une raclette monumentale. Et puis, de ce qu’il avait entendu des explications et de l’estomac d’Emily, la mutante devait partager, au moins pour l’heure, son analyse alimentaire de la situation.

Un sourire éclaira son visage quand ses yeux se posèrent sur un vendeur de kebab dont l’aspect plus traditionnel que les échoppes modernes qui l’entouraient n’avait pas su attirer l’intérêt de la population bourgeoise qui se déversait, à cette heure-ci, des bureaux dans les rues et dont les critères de sélection gastronomique semblaient parfois, aux yeux d’Adam, être indexés sur la quantité de cellophane qui composerait leur déjeuner.

Le jeune homme, ravi de sa découverte, reposa son regard sur son interlocutrice.


« Aller, remballe ta marchandise, on va au kebab au coin de la rue. C’est ouvert et tout, si j’essaye de t’agresser, tu pourras toujours me donner un coup de genou bien placé et t’enfuir en hurlant. »

Et il disait cela pour la rassurer — fidèle, de ce point de vue, à sa réputation dans ce domaine.
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