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 Premiers pas au sec [terminé]

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Lorena Marquez
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MessageSujet: Premiers pas au sec [terminé]   Lun 10 Jan - 21:50

Une fois sa décision ferme et définitive, du moins aussi définitive que peut l’être ce genre de décision, Lorena a nagé d’une traite pour remonter la vaste baie de New York. Elle a rasé le fond tout du long, pour rester au plus loin des rives constellées de lumières et des immenses formes des paquebots et des porte-conteneurs, qui fendaient la surface dans le terrible fracas de leurs hélices, avant d’être pris en charge par les remorqueurs à l’approche du port comme autant de poissons pilotes guidant leur protecteur à travers les récifs. Mais à mesure que s’approche la ville, le refuge de la profondeur s’amenuise, et la frontière avec l’air se fait trop proche. D’ordinaire, la mutante aquatique évite de dépasser ce stade. Il ne fait jamais bon s’approcher trop près de la civilisation, des gens, des polices et des prisons. Mais aujourd’hui, elle est là pour ça. Pas les prisons, non, mais pour les humains, et surtout les mutants. Elle doit les rencontrer, apprendre, comprendre si possible.

Lorena s’arrête un instant, submergée d’odeurs et de goûts nouveaux. Elle est à la convergence des courants de l’Hudson et de l’East River, cherchant ses repères dans l’eau mélangée et instable, tantôt salée tantôt douce, chaude ou froide, pure ou sale. La masse sombre devant sur la gauche, c’est Liberty Island. Les immigrants y voyaient la fameuse statue française comme un symbole de l’arrivée dans un nouveau monde. Mais vu d’en dessous, la dame de métal et sa couronne hérissée sont flous et troubles, comme le concept même de la liberté pour ceux qui sont un peu moins – ou un peu plus – qu’humains. Un peu plus loin à gauche d’ailleurs, côté New Jersey, Ellis Island était autrefois un centre de tri, où les candidats à l’Amérique étaient parfois dramatiquement refoulés. A droite, le long de Brooklyn, Governor’s Island.

Elle se ressaisit et reprend sa nage prudente en direction de la côte, tous les sens aux aguets. Où aborder ? Une plage serait trop risquée, elle préfère finalement l’anonymat industriel du port. La respiration presque bloquée comme on ferait dans un air enfumé pour éviter de trop avaler de cette eau grasse et chargée d’hydrocarbure, elle longe les pontons, se faufile entre les pilotis des quais et des premiers entrepôts puis, enfin, émerge, ne laissant dépasser que les yeux et les oreilles.

Tout est calme, cette baie de chargement est déserte, mais Lorena sait d’expérience que cela peut changer rapidement : la fin d’une pause déjeuner, l’arrivée d’un navire, et l’endroit peut devenir une ruche en quelques instants. Faisant taire à grand peine sa peur et son appréhension, elle se hisse hors de l’eau et se recroqueville au sol quelques instants, laissant avec de douloureux hoquets sa respiration retourner au mode aérien. Elle s’ébroue pour éviter de laisser une trace humide trop évidente, et se glisse à pas silencieux jusqu’au vestiaire des dockers. Il est presque vide, mais elle se contente de peu. Ce pantalon de jogging un peu grand, qu’un bout de ficelle aidera à tenir, ce T-shirt pas spécialement propre, et surtout ces providentielles lunettes noires, suffiront bien à passer inaperçue le temps de trouver mieux. Elle enfile le tout par-dessus son maillot de main élimé, se rappelle de justesse qu’il lui faut aussi des chaussures et déniche une paire de bottes franchement immenses, mais toujours préférables à se balader pied nus dans les rues. Elle est consciente d’avoir une allure de clocharde, mais hélas ce n’est pas ça qui choquera dans une grande ville de nos jours.

Quittant l’entrepôt, elle longe des bâtiments du port, en direction des tours visibles par-dessus les toits arrondis, quand un bruit attire son attention et la fait se plaquer dans l’ombre. Certes, ce n’est pas ce qu’il y a de plus discret comme réaction, mais il ne faut pas trop lui en demander d’un coup !
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Mer 19 Jan - 17:01

    Liam avait encore une fois travaillé jusque tard dans la nuit, et le gardien de la tour abritant la TB Corp. ne s’était guère montré étonné de le voir franchir le poste de sécurité peu après une heure du matin. C’était une nuit comme les autres dans une ville qui ne l’était pas vraiment, parce qu’après avoir connu Nairobi et Quebec, New York prenait rapidement des airs de village-vacances tant la vie y était tranquille. Désespérément tranquille. Enfin en apparence du moins, parce que le danger était aussi omniprésent qu’il l’était en Afrique ou dans n’importe quel autre pays du globe : voyous, dealers… mendiants avinés et violents… A cette pensée, Liam jeta un œil par-dessus son épaule afin de vérifier qu’aucun paria de la société ne s’était mis en tête de le suivre pour le dépouiller ou pour lui faire passer un sale quart d’heure. Rien. Tant mieux, dans le fond, parce que le mutant n’avait aucune envie de se sortir des ennuis qu’il n’aurait absolument pas cherchés…

    Ses pas le conduisirent dans une station de métro de la 5th Avenue, et Liam s’engouffra dans une rame de métro peu avant la fermeture des portes. Trouver une place assise ne fut guère compliqué à cette heure, et il ne tarda pas à se laisser tomber sur une banquette pour deux personnes. Son regard clair se perdit au-dehors, observant les gaines des câbles électriques et les stations qui défilaient. Cet immobilisme et la sensation de bercement finirent par le plonger dans un demi-sommeil dont il ne sortit pas avant un bon moment. Ou pour être plus précis, il n’en sortit que lorsqu’une voix d’homme résonna avec force sur sa gauche : sursautant et manquant de tomber de sa banquette, le regard endormi de Liam se posa sur le conducteur de la rame :

    M’sieur, c’est le terminus. Il faut que vous descendiez.
    Uh ?
    C’est le terminus. On va fermer la station.

    Erwann se frotta les yeux et tenta de rassembler ses idées, cherchant au-dehors une indication sur l’endroit où il se trouvait alors que le chauffeur l’observait avec curiosité.

    Où sommes-nous ?
    Zone industrielle, M’sieur.
    Et je suis sensé attendre là jusqu’à demain 6 heures ?
    Fallait pas vous endormir, hein…

    Liam ne releva pas mais aurait bien voulu secouer ce type qui débitait une certaine quantité d’évidences dérangeante. L’employé lui adressa un sourire bienveillant :

    Vous pouvez appeler un taxi, vous serez chez vous en moins de deux.
    Pas le choix, de toute façon.

    Liam se leva de la banquette et salua le chauffeur avant de quitter la rame. Son trajet jusqu’à la surface ne fut guère long, et il constata avec exaspération qu’il se trouvait effectivement à l’entrée de la zone industrielle, là où normalement aucune personne normalement constituée ne s’aventurait en pleine nuit. Sortant son portable avec l’intention de faire venir un taxi au plus vite, Liam constata qu’il ne l’avait plus sur lui, et une image très précise s’imposa à son esprit : son portable était resté posé sur le plan de travail du laboratoire où il était resté enfermé près de 18 heures d’affilée. Et à ce moment précis, il en avait plus que besoin… Questionnant le gardien sur le point de partir, Liam obtint à peu près l’emplacement d’une cabine téléphonique, mais il lui faudrait traverser une bonne partie de la zone pour l’atteindre. Le sort s’acharnait sur lui, c’était plus que clair à présent.

    Pressant le pas dans la direction indiquée par son bon samaritain, Liam traversa maintes ruelles plongées dans la pénombre, prêtant une oreille attentive au silence ambiant de manière à détecter tout danger qui pouvait lui tomber dessus sans prévenir. Au loin, la silhouette d’un homme tenant un chien en laisse s’approcha de lu à vive allure, et une lampe torche lui brûla les rétines, le laissant aveugle pendant quelques secondes :

    Vous n’avez rien à faire ici, c’est une propriété privée !
    Je cherche une cabine téléphonique. On m’a dit qu’il y en avait une qui n’était pas très loin…
    Dans une zone industrielle ? En pleine nuit ?
    Je me suis endormi dans le métro, en fait…

    Le visage de l’homme se détendit un peu.

    Excusez-moi, je vous ai pris pour l’un de ces junkies qui viennent vandaliser les entrepôts pour s’amuser...

    Un bruit métallique résonna dans la nuit, et le chien du gardien commença à grogner de manière assez intimidante, incitant Liam à reculer par sécurité.

    Lee, t’as entendu un truc ? – Le chien grogna de nouveau, humant l’air nocturne. – Monsieur, vous feriez mieux de trouver cette cabine au plus vite et de rentrer chez vous. C’est pas un coin très sûr pour les civils… Déjà que c’est pas très sûr pour les gens armés…

    Le gardien attrapa son arme à sa ceinture et s’éloigna avec son chien dans la direction d’où semblait provenir le bruit.

    Et pour la cabine ?
    Tout droit, et vous prenez la deuxième à gauche. Rentrez chez vous !

    Liam se dirigea dans la direction indiquée, mais ne trouva pas la cabine téléphonique malgré le complément d’informations donné par le gardien. Son esprit commença à imaginer que l’ombre abritait des formes hostiles, et ce martèlement caractéristique se fit plus fort dans son esprit alors qu’il décidait de changer de direction en comptant sur sa chance pour trouver seul la cabine téléphonique. Quelque chose sembla bouger un peu plus loin devant lui, et Liam se figea :

    Il y a quelqu’un ? – Liam était presque certain d’avoir vu quelque chose bouger. – Vous pouvez taguer ou fumer ce que vous voulez… Je cherche juste une cabine téléphonique…

    Plus jamais il n’oublierait son téléphone portable au bureau.
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Mer 19 Jan - 23:02

Repérée ! Que faire ?
Se tasser plus dans l’ombre en espérant que l’inconnu s’en aille ? Jouable, mais encore plus suspect s’il décide d’approcher. Fuir ? Retourner à l’eau, déjà, après seulement quelques instants au sec, quelle belle victoire sur ses peurs et quelle détermination… Surtout qu’il n’y a encore, objectivement, aucune menace. Pas sûr qu’un homeless ou un vigile soit tellement plus dangereux qu’une femelle épaulard décidée à nourrir son petit avec vos jambes. Lorena laisse glisser sa main le long de sa cuisse, ses doigts passent sous le jogging trop grand et caressent le manche du couteau de chasse fermement sanglé à son mollet puis, réalisant ce qu’elle est en train de faire, ramène délibérément son bras et relâche sa respiration, se forçant au calme. Allons, c’est normal, se dit-elle. On est à la surface, en ville, il faut bien s’attendre à croiser des gens, tôt ou tard.

Se redressant légèrement, elle jette un coup d’œil furtif par-dessus les caisses qui la camouflent. La lumière est chiche, elle ne peut compter que sur une vague lune filtrant entre les nuages et les reflets d’un lampadaire maladif un peu plus loin, mais c’est tellement plus que ce dont elle doit se contenter d’habitude ! Sous la mer, dès que la profondeur augmente, le soleil n’est plus qu’un souvenir, un halo indistinct suffisant tout juste à savoir où se trouve le haut. La nuit, ou quand on descend encore plus bas, ce guide n’est même plus disponible. Ce ne sont plus que des formes, des impressions, des masses, et parfois les éclairs monstrueux et les gueules de cauchemar des créatures bioluminescentes des abysses. Bref, ce n’est pas ce crépuscule urbain qui va l’empêcher de se faire une idée de celui qui arrive.

Un homme, seul, plutôt bien habillé et pas l’air très sûr de lui. Pas mal, ce qui ne gâche rien. Lorena n’hésite qu’un instant. Elle a si souvent songé à ce retour à la surface, échafaudé tant de plans et de stratagèmes qu’il ne lui reste qu’à choisir lequel appliquer… tout en sachant qu’il faudra tout revoir au moindre imprévu et qu’il y en aura forcément. En l’occurrence, le rôle qui se prêtera à la situation lui fait horreur, mais l’occasion est idéale, et c’est celui qui expliquera au mieux sa méconnaissance du monde actuel, son absence d’argent et de papiers, ainsi que sa tenue pour le moins dépareillée. Elle retire ses lunettes de soleil qui feraient plus bizarre encore dans la pénombre que les reflets couleur d’améthyste qu’ont parfois ses yeux – il suffira d’éviter de trop croiser le regard de son interlocuteur, et puis rien n’interdit d’avoir de beaux yeux, non ? – et se relève avec précautions.

Elle est consciente de prendre un grand risque. L’habit ne fait pas le moine, si ça se trouve ce gars d’apparence ordinaire est un dealer, un mac, un yuppie en quête de défouloir pour sa violence… Mais elle est relativement confiante dans sa capacité à se défendre. Pas assez pour s’exposer inconsidérément, mais suffisamment pour oser quand il le faut. Sans compter que c’est un peu ça ou rien…

Elle fait deux ou trois pas chancelants vers l’inconnu, s’arrête à quelques mètres de lui.
« S’il vous plaît, aidez-moi ! » fait-elle de sa voix rauque, qu’elle n’a pas utilisé depuis longtemps, avant de simuler un malaise et de s’assoir lourdement. Le tout est de ne pas en faire trop… et de rester prête à réagir si, au lieu de se comporter en gentleman, il s’avisait d’abuser de la situation.
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Ven 21 Jan - 20:27

    Liam n’était pas vraiment un adepte des ballades au clair de lune dans les zones portuaires. Il n’était pas non plus amateur de promenades, d’ailleurs. C’était quand même assez irritant de voir à quoi un banal oubli pouvait mener, et la perspective qu’un dealer mal embouché lui tombe dessus pour défendre son territoire défilait en boucle dans sa tête, et c’était précisément ce qui l’avait incité à signaler sa présence de manière claire lorsqu’il avait entendu du bruit et vu quelque chose bouger. S’il s’agissait d’un chat ou d’un gros rat, il n’y aurait pas de suites et il pourrait poursuivre sa recherche de la cabine téléphonique perdue. S’il s’agissait d’un dealer défoncé avec sa propre marchandise, le fait d’avoir annoncé que quelqu’un se trouvait là lui éviterait de se prendre le couteau en pleine tronche, en supposant déjà que le type soit suffisamment clair pour atteindre sa cible avec un projectile aussi difficile à maîtriser.

    La lune disparut brièvement derrière un nuage et Liam étrécit les yeux pour être certain de ne rien manquer de ce qui était susceptible de se passer devant lui. Il n’était pas intimidé ou effrayé, mais était surtout sur ses gardes – ce qui était complètement différent. Lorsque la lune éclaira de nouveau la ruelle de ses rayons blafards, Liam crut apercevoir une silhouette sans réellement en avoir la certitude parce que trop de caisses disposées n’importe comment pouvaient donner l’impression de voir des formes qui n’en étaient pas. Et finalement, une silhouette assez épaisse émergea du bazar ambiant, chancelante. L’alcool faisait des ravages sur les sans-abris, ce n’était pas qu’un mythe lorsqu’on apercevait cette silhouette…

    Une voix féminine l’interpella finalement pour lui demander de l’aide, et Liam se retint à grand-peine de ne pas se frapper le front du plat de la main. Non mais sérieusement : est-ce qu’il avait la tête d’un bon samaritain ou d’un type qui prenait son pied en aidant les autres ?! Son asociabilité n’eût guère le temps d’aller plus loin dans les pensées négatives concernant cette personne qui venait de lui parler, parce que la silhouette s’effondra sur l’une des caisses, visiblement mal en point. De longues secondes passèrent avant que Liam n’envisage de répondre ou de bouger pour faire autre chose que rebrousser chemin, et d’autres secondes s’écoulèrent également pendant qu’il se demanda ce que pouvait décider de faire une personne sociable – et naïve – dans cette situation particulière. Ah oui, déjà il fallait commencer par s’approcher, et ensuite demander des nouvelles.
    Liam se remit en mouvement avec lenteur pour indiquer qu’il n’était absolument hostile.

    Ca va aller ? – Bien entendu que cela n’allait pas aller pour elle vu l’expression que son visage affichait. – Vous êtes… euh… blessée ?

    Rester enfermé des jours durant dans son laboratoire avait amoindri ses aptitudes sociales. Mais avec un peu de pratique, cela reviendrait peut-être assez spontanément.

    Que faîtes-vous dans cette ruelle sordide ? Perdue ?

    Liam s’était immobilisé près de la jeune femme. Prenant note de l’état de ses vêtements et du fait qu’ils n’étaient absolument pas adaptés pour la silhouette d’une femme, le mutant se demanda avec un peu plus de curiosité ce qui avait pu lui arriver…
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Sam 22 Jan - 12:19

En toute discrétion, Lorena ne perdait pas un détail de la réaction du jeune homme, et ce qu’elle en voyait pour le moment la rassurait, un peu. Certes, il hésitait et ne se précipitait pas au secours de la demoiselle en détresse, mais vu le contexte c’était tout à fait normal, et même plutôt rassurant pour sa santé mentale. Mais il s’enfuyait pas non plus en faisant comme s’il n’avait rien vu – une réaction hélas si courante de nos jours – ni n’avançait agressivement vers une proie facile. Bref, un parfait compromis, elle avait de la chance. Pour un peu, elle en regrettait presque d’avance le plan qu’elle pensait mettre en œuvre. Non qu’abuser de la générosité d’un humain la dérange plus que ça, mais justement. Si ce type prenait la peine de l’aider et qu’elle le trahissait, plus jamais il ne ferait cet effort à l’avenir, et c’est comme ça qu’on créé petit à petit une civilisation d’égoïstes. Cela dit, il lui fallait bien un moyen de se remettre le pied à l’étrier dans la vie moderne… Il allait simplement falloir agir en douceur.
Elle se redressa légèrement à son approche, secoua la tête.

« Blessée ? Non, je ne crois pas, je ne sais pas… » Elle porta une main à son front, fit mine de vouloir se relever avec difficulté. « En fait je ne sais plus trop comment je suis arrivée là… »

Elle choisissait ses mots, s’appliquait à parler, ne serait-ce que pour ne pas trop montrer qu’elle n’en avait plus du tout l’habitude. Difficile de dire si elle y parvenait, mais qui pourrait imaginer cela de toute façon ? Elle essayait aussi de se donner un accent américain neutre, en masquant son accent néo-zélandais pas très fort, mais qui pouvait suffire à amener des questions auxquelles elle n’avait pas envie de répondre. Elle se palpa à recherche d’une plaie, regarda ses habits dépareillés, fouilla ses poches, avec sur les traits une expression croissante d’horreur et de désarrois.

« Ce ne sont pas mes vêtements… je n’ai pas mes papiers… oh mon dieu, ai-je été agressée ? Je ne me souviens de rien… »
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Dim 30 Jan - 12:54

    Liam luttait intérieurement contre cette envie de rentrer chez lui. Il avait beau être un asocial de premier ordre, il ne pouvait tout de même pas ne penser qu’à lui et laisser une femme égarée livrée à elle-même dans ce genre d’endroit sordide. Pour être complètement honnête, Liam n’était lui-même pas très rassuré de trainer dans ce quartier désert même si cela ne se voyait absolument pas sur son visage, alors il avait un peu du mal à imaginer une brindille dans le genre de cette inconnue dans la même situation et face à la bande de drogués que Liam avait imaginée quelques minutes plus tôt, dans un moment d’égarement…

    Liam avait donc interrogée la jeune femme pour connaître son état, et elle avoua ne pas savoir quoi répondre à cette question avant d’essayer de se lever. Un infime froncement de sourcil anima les traits ordinairement figés de Liam lorsqu’elle porta une main à son front de cette même manière que les actrices qui essayaient de convaincre un mari jaloux de leur faiblesse pour ensuite leur planter un couteau à steak dans le dos après avoir endormi leur méfiance. Liam n’avait pas une grande expérience des comportements humains, mais de toutes ses collègues qui frôlaient l’évanouissement à cause des produits chimiques saturant l’atmosphère, jamais aucune n’avait portée la main à son front de cette manière. Liam mit cette théâtralité sur le compte de l’égarement de la jeune femme, alors qu’elle avouait ne pas savoir comment elle était arrivée là.

    Quel est votre souvenir le plus récent ? Êtes-vous allée à une fête ou à quelque chose de ce genre ?

    Liam ne s’expliquait pas l’accoutrement carrément trop grand que portait la jeune femme et était persuadé que tout pouvait être expliqué s’il commençait par l’aider à se souvenir de l’endroit où elle s’était trouvée avant de se retrouver ici sans aucun souvenir.

    Où avez-vous eu ces vêtements ?

    Cette réponse devait en principe être en rapport avec celle de la précédente question, et cela permettrait d’y voir un peu plus clair. Etant canadien, Liam ne remarquait pas que l’accent de la jeune femme était assez bizarre, parce que pour lui un accent américain restait un accent américain, qu’il soit du nord ou du sud de ce vaste pays, ou qu’il vienne d’un état rural… Bref, ce n’était pas ce qui risquait le plus de le choquer ou de l’aider à comprendre.

    La jeune femme commença à se palper et finit par paniquer en expliquant qu’elle n’avait pas ses papiers et que les vêtements n’étaient pas à elle. Elle se demanda finalement si elle avait été agressée, et Liam ne pu que hausser les épaules dans un mouvement d’impuissance parce qu’il ne possédait aucune des réponses qu’elle aurait sans doute bien voulu obtenir. La détresse de cette jeune femme parvenait à endormir les manies habituelles de Liam, et notamment cette faculté à se défiler lorsqu’une interaction avec un autre être humain commençait à lui courir sur le haricot…

    Je m’appelle Liam. Et vous ? Vous n’avez peut-être pas vos papiers, mais vous vous souvenez sans doute de votre nom et de l’endroit où vous vivez… - Le jeune homme s’approcha un peu plus, tendant une main pour l’aider à se relever. – Mieux vaut ne pas rester là. L’endroit n’est pas très sûr en pleine nuit, et j’allais justement appeler un taxi…
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Dim 30 Jan - 14:08

La jeune femme en question accepta avec gratitude la main tendue mais retira rapidement ses doigts dès qu’elle fut debout. Elle fit un effort pour ne pas le montrer, mais c’était le premier contact qu’elle avait avec un humain depuis bien longtemps et bien qu’il ne fut en rien désagréable, elle ne tenait pas à le prolonger plus que nécessaire.

Elle prenait soin de garder les doigts serrés, inutile d’attirer l’attention sur ses doigts palmés. Oh, en cas de question, elle savait quoi répondre, depuis le temps elle s’était renseignée : la syndactylie, de son petit nom, est une anomalie héréditaire qu’on retrouve dans de nombreux symptômes. A ceci près que dans son cas, la mutation était bien plus profonde. D’ailleurs, depuis quelques temps, elle avait constaté que ses palmures, à peine visibles au début, avaient tendance à gagner du terrain, à mesure que sa maîtrise de la nage s’améliorait ; elle se demandait d’ailleurs avec inquiétude si sa mutation allait continuer à progresser jusqu’à l’empêcher de passer pour une humaine normale. Déjà que sa grande pâleur était parfois confondue avec un signe de mauvaise santé…

Son nom. Evidemment. Elle passa rapidement en revue les quelques alias qu’elle avait prévu, préféra couper au plus simple et dire la vérité, c’était moins risqué.
« Lorena. Je m’appelle Lorena. Et je suis tout à fait d’accord pour partir d’ici, à défaut de savoir de savoir comment j’y suis arrivée ! Merci… Liam. Quant à savoir où aller… un lieu plus sûr serait un bon début. »

Tandis qu’ils se mettaient en route vers la cabine de téléphone, et qu’elle luttait un peu pour avancer normalement entre ses bottes trop grandes et la sensation désagréable d’avoir sous les pieds un sol dur et figé – bon sang que marcher n’est pas un mode de déplacement efficace par rapport à l’élégante fluidité de la nage ! – elle jetait des regards à Liam. Ses traits avaient beau être neutres, il n’avait pas l’air heureux d’être là, mais certes les conditions ne s’y prêtaient guère. Décidément elle n’aimait pas lui mentir, la duplicité n’entrait vraiment pas dans son caractère, mais comment faire autrement ? « Salut, je suis une sirène, je ne connais rien au monde moderne, tu me fais visiter ? » ne risquait pas de la mettre dans ses bonnes grâces.

Derrière eux, vers la gauche, un bruit soudain résonna sur les parois de la ruelle, et le silence revint aussitôt. Une caisse s’était effondrée d’une pile, ou quelque chose dans ce genre là. Ca pouvait n’être qu’un coup de vent, un chat en maraude qui s’était enfuit avant même que la boîte atteigne le sol. Mais ça pouvait aussi être un voyou en planque ou, pire, un flic. Elle interrompit de justesse le mouvement de dégainer son couteau. Chez elle, elle se serait attendue à quelque prédateur marin. Ici, il était peu probable d’avoir affaire en pleine ville à leurs équivalents terrestres, loups ou ours. Ca voulait donc dire un humain, et qui dit humain dit questions, problèmes. Allons, ca pouvait tout aussi bien n’être rien du tout… Elle jeta un coup d’œil à son compagnon improvisé. Comment réagissent les gens normaux dans ce cas, déjà ?
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Ven 4 Fév - 0:05

    Liam fut partiellement soulagé que l’inconnue ne prenne pas peur comme une adolescente effarouchée, parce qu’autant dire la vérité, il aurait été bien incapable de réagir de manière adéquat – excluant donc la possibilité d’être profondément blasé. Le fait qu’elle ne prolonge pas ce contact au-delà de ce qui était nécessaire tira un demi-sourire au jeune homme, qui appréciait le fait qu’elle ne se pende pas à son cou pour se lamenter sans même savoir s’il était du genre à aider les femmes égarées ou à les détrousser. Et plus si affinités. Mais fort heureusement, Liam était plutôt dans une autre catégorie, du genre de celle qui était inscrite en gros sur son front en lettres rouges. « Handicapé social ». Oui, c’était parfaitement cela…

    Liam n’avait que vaguement aperçu les mains de l’inconnue avant qu’elle ne libère sa main, et en toute honnêteté il n’avait absolument pas vu cette malformation à cause du cruel manque de lumière. Et quand bien même y aurait-il eu davantage de lumière, il aurait d’abord pensé à une simple malformation qu’il convenait d’ignorer poliment pour ne pas paraître grossier avant d’envisager la possibilité d’une mutation. Liam n’était pas comme les gens mutants insouciants qu’il croisait parfois en ville et qui juraient se trouver face à des mutants à chaque fois qu’un phénomène étrange – ou non – se produisait sous leurs yeux. Non, définitivement, Liam était bien éloigné de ce genre de préoccupations, même si le fait de savoir qu’il n’était pas le seul à posséder un don un peu hardcore le rassurait quelque peu.

    Liam avait donc demandé son nom à la jeune femme et l’avait vu hésiter pendant quelques secondes. Sans doute était-elle plus choquée que ce qu’elle pensait, parce que pour en arriver à oublier jusqu’à son identité… Mais finalement, elle sembla retrouver son prénom et tomba dans la foulée d’accord avec le jeune homme concernant la nécessité de quitter cet endroit peu propice à la discussion. Remerciant Liam, elle avoua ensuite ne pas vraiment savoir où aller. Se mettant assez rapidement en route en silence, Liam espérait toutefois qu’ils atteindraient assez rapidement la cabine téléphonique avant de réellement tomber sur un os. C’est cette perspective qui incita le mutant à demeurer silencieux alors pourtant qu’il aurait pu essayer de trouver quelques mots pour rassurer sa compagne. Faisant néanmoins fi de la prudence, il se décida à préciser un détail qui avait son importance après avoir jeté un regard circulaire autour d’eux :

    Il y a dans les environs une cabine téléphonique. Si nous la trouvons, nous appellerons un taxi et quitterons ce coin sordide de la ville… Vous souvenez-vous d’être passée devant cette cabine téléphonique ? – Liam s’en voulut immédiatement d’avoir posé une question aussi stupide. – ca pourrait nous aider à partir d’ici plus rapidement, mais je me doute que ce n’est pas le détail que vous avez cherché à retenir à tout prix…

    Il l’avait trouvée en état de choc, alors elle se foutait sans doute éperdument de cette cabine téléphonique. Le bruit d’une caisse qui chuta au loin incita Liam à se figer presque instantanément, et il remarqua l’espèce de réflexe qu’avait eu la jeune femme qui l’accompagnait. S’il ne s’agissait pas de ses vêtements – ce qui ne faisait plus aucun doute – il était fort possible que dans la foulée elle se soit trouvé une arme improvisée pour pouvoir se défendre au cas où elle croise une personne plus malveillante que Liam… Et si elle se mettait en tête de l’utiliser contre lui au final ? Et voilà que la paranoïa du mutant se refaisait surface, simplement à cause d’une caisse puant le poisson.

    Liam, lui, n’avait aucune arme susceptible de servir dans une situation critique, mais en revanche il était plutôt débrouillard. Avisant un morceau de tuyau assez épais et long comme son avant-bras abandonné là, le jeune homme le prit en main et le serra fermement avec l’intention de frapper la première personne louche venue qui essaierait de les détrousser. Liam n’était pas du genre bon samaritain, mais il n’allait pas non plus partir en courant pour sauver ses fesses d’un danger éventuel en laissant cette jeune femme égarée livrée à elle-même… Lui murmurant de rester tranquille, Liam s’avança dans la direction d’où provenait à présent un autre bruit, et serra de plus belle son morceau de tuyau métallique dans sa main droite, étrécissant les yeux pour tenter d’apercevoir quelque chose dans la pénombre. Ce n’est qu’au dernier moment qu’il fut surpris par un gros chat noir, qui sauta lestement sur le couvercle d’une benne à ordures, provoquant le claquement métallique de son couvercle contre le bord : Liam sursauta et sembla faire un bond en arrière, brandissant devant lui son arme improvisée alors que ses yeux scrutaient nerveusement la ruelle. Fusillant le chat du regard avant de reculer de nouveau vers Lorena, le jeune homme lui tendit sa main libre avec nervosité :

    Nous ferions mieux de trouver cette cabine téléphonique au plus vite avant que je ne finisse par éventrer un chat… Vous allez pouvoir marcher ?

    Liam avait attendu la réponse de la jeune femme pour savoir quoi faire la concernant, en sachant que si réellement elle ne se sentait pas capable de marcher, Liam lui offrirait un appui solide. Après quelques minutes passées à tourner en rond dans le dédale formé par les entrepôts, ils finirent par atteindre la cabine téléphonique tant désirée. Liam y glissa quelques pièces et appela une société de taxi en essayant de donner le plus de détails possible sur l’endroit où ils se trouvaient. Pas vraiment motivé pour envoyer un taxi dans un coin mal famé – et de nuit ! – l’opérateur de la compagnie exigea que Liam se rende à un endroit précis pour prendre son taxi, à moins de vouloir passer la nuit sur place. Après un soupir un peu las, le mutant avait accepté. Pas le choix, de toute manière…
    Se tournant de nouveau vers Lorena, le jeune homme lui adressa un sourire un peu désolé :

    Je suis désolé… Nous allons devoir marcher encore un peu…
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Mer 9 Fév - 9:16

Si marcher était plus ou moins un problème en soit, marcher encore un peu était une excellente occasion de repousser ne serait-ce que de quelques minutes le moment redouté où il faudrait s'enfermer dans une petite boîte de métal à roues, pour aller s'enfermer dans une grande boîte de béton à fenêtres. Deux perspectives inévitables, mais tout répit pour s'y préparer était bon à prendre.
« Bien sûr, vaut mieux ne pas trop rester sur place de toute façon », répondit Lorena, se rappelant à temps qu'une réaction de sa part était sans doute attendue.

Ils marchèrent ainsi quelques minutes en silence, qui aurait pu être inconfortable si l'un ou l'autre avait tenu en vain à le meubler. Mais puisqu'ils partageaient un mutisme communicatif, à défaut d'en apprendre beaucoup sur leur compagnon d'infortune, c'était presque agréable de se promener ainsi à la lueur de la lune montante, dans l'air vivifiant et salé venu du large.

Ils arrivèrent en vue d'une voie passante, où se profilait parfois le faisceau lumineux d'une voiture comme un phare à passage unique les guidant vers la côte de la civilisation. Il allait falloir à Lorena trouver rapidement une réponse, Liam allait lui demander où elle allait... autant prendre les devants. Tandis qu'ils s'arrêtaient dans le rond du lumière d'un des rares lampadaires rescapés, là où le chauffeur les trouverait sans peine, elle se tourna vers le jeune homme et leva sur lui ses yeux couleur de rivière teintés de nacre.

« Liam, je... il faut que je vous dise quelque chose. Je ne l'ai pas fait plus tôt car j'ai eu peur que vous refusiez de m'aider, j'espère que vous me pardonnerez. »
Elle détourna le regard un instant, attendant un début de réaction qui ne vint pas, il attendait simplement qu'elle continue.
« Je ne ne peux pas vous dire exactement pourquoi, mais je suis en fuite. Pas par rapport aux autorités, rassurez-vous, plutôt de moi-même et d'une ancienne vie que je dois laisser dernière moi. Je ne sais pas où aller, et je ne connais personne ici. Vous avez été gentil et voulu m'aider, je ne veux pas vous mentir. Je ne demande rien, notamment pas d'argent, ce n'est pas la question, mais je voulais vous le dire avant que le taxi arrive. Et je comprendrais tout à fait si vous préférez le prendre seul. »

Elle se tut, un peu essoufflée, elle n'avait plus l'habitude de parler plus de quelques mots et n'avait pas bien géré ses inspirations d'air – comme quoi même les réflexes les plus ancrés peuvent se perdre à force. Elle espérait ne pas avoir grillé son premier contact new-yorkais, mais ne pouvait décidément pas de résoudre à entamer cette nouvelle vie en mentant, autre que par omission ou le strict nécessaire, surtout avec quelqu'un prêt à l'aider de façon désintéressée. Elle n'était même pas sûre que les samaritains existe encore, elle avait la chance d'en trouver un dès son arrivée, ce n'était pas pour tout gâcher. Ou alors si, mais volontairement et honnêtement, dans la mesure du possible. A lui de choisir.
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Dim 13 Fév - 19:30

    Par chance, Lorena s’était révélée en forme suffisante pour pouvoir utiliser des jambes et marcher jusqu’à la cabine téléphonique. Liam n’était pas vraiment le genre d’homme qui dissimulait un gentleman au plus profond de lui et était capable de proposer de la porter pour lui épargner le fait de marcher, mais bien un homme qui considérait ses intérêts personnels avant de proposer inutilement de l’aide. Bien entendu, il avait proposé son aide à Lorena sans rien exiger en retour, mais cela ne signifiait pas qu’il prolongerait cette aide jusqu’au bout de la nuit et durant les jours qui suivaient ; sa sociabilité avait ses limites même si la jeune femme n’avait pas l’air d’être désagréable.

    Après avoir appelé un taxi, ils durent marcher de nouveau pour s’approcher de la rue passante où le mutant était arrivé en sortant de la bouche de métro. Leur progression se fit dans un silence épais, et Liam apprécia tout particulièrement le fait que la jeune femme ne cherche pas à l’assommer avec des banalités ou à le faire parler de lu à grand renfort de questions auxquelles les gens civilisés répondaient généralement de bon cœur, saisissant là l’opportunité de parler d’eux et de se faire bien voir. Liam n’était pas comme ça, et cultivait son asociabilité profonde à chaque minute qui passait ; c’était un peu sa marque de fabrique.

    Lorsqu’ils s’immobilisèrent sur le trottoir pour attendre le taxi, ils purent constater que l’endroit n’était pas aussi désert que cela parce que quelques voitures passaient de temps à autres, tantôt avec la musique à un volume élevé, ou en accélérant par crainte que les deux personnes sur le trottoir soient des malfrats… Quelques minutes passèrent avant que la jeune femme ne reprenne la parole en s’excusant de ne pas lui avoir dit une certaine chose plus tôt. Cela éveilla très naturellement la méfiance de Liam qui n’était déjà guère confiant envers ses semblables, et cet aveu confirmait plus ou moins les soupçons qu’il nourrissait en permanence sur ses semblables.

    Lorena avoua être en fuite, et Liam haussa un sourcil réprobateur de manière presque instantanée. Elle précisa néanmoins que sa fuite n’avait rien à voir avec les autorités, ce qui soulagea partiellement Liam qui n’avait aucune envie de se trouver impliqué dans ce genre d’affaires louches… La jeune femme évoqua une ancienne vie qu’elle souhaitait laisser derrière elle, avouant qu’elle avait tenu à le prévenir parce qu’il était gentil et qu’il avait bien voulu l’aider. Gentil ? Ce n’était pas vraiment le mot qui lui allait le mieux, en toute objectivité. C’était assez déstabilisant, quand on y réfléchissait. Alors qu’il songeait à lui donner un peu d’argent, à lui laisser le taxi et à tenter sa chance seul et à pieds, la jeune femme précisa qu’elle ne lui demandait rien, lui laissant le choix de monter seul dans le taxi si tel était son souhait.

    Je ne sais pas ce que vous avez pu faire pour être obligée de prendre la fuite, mais si vous souhaitez disparaître efficacement, il vaudrait mieux éviter de faire ce genre d’aveux à des gens que vous ne connaissez pas. – Ca sonnait comme un reproche, et c’en était sans nul doute un. Liam avait proposé son aide, mais pas la thérapie qui allait avec. – Les taxis étant à tout le monde, je ne vois pas d’inconvénient à ce que vous y montiez avec moi… En revanche, je ne veux rien savoir de ce qui vous a poussée à fuir.

    C’était décidément peu charitable de sa part, mais Liam était avant tout un formidable scientifique qui n’était guère plus doué en termes de relations humaines qu’en danse classique.
    Un taxi finit par arriver, et Liam fit signe à ce dernier, observant le ralentissement du véhicule avant d’être apostrophé par le chauffeur :

    Vous allez où ?

    Liam se tourna vers Lorena, l’interrogeant du regard. Volontairement, il avait choisi de ne pas répondre le premier au chauffeur, parce qu’il redoutait une demande d’hébergement provisoire de la part de la jeune femme, principalement parce que c’était une option qui n’était absolument pas envisageable. Le jeune homme était capable de se forcer à paraître sociable, mais il y avait quand même des limites...
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Lun 14 Fév - 22:17

Difficile d’avoir une réaction plus neutre que ça. Il ne la jetait pas, mais ne l’aidait pas plus pour autant. Mais après tout, se dit la jeune femme, c’est sans doute exactement comme ça qu’elle-même aurait réagit si les situations étaient inversées.
« Déposez-moi simplement en centre ville, je me débrouillerai, merci. » fit-elle au chauffeur dont l’expression montrait clairement qu’il était partagé entre la méfiance face à son accoutrement dépareillé et une attirance grossière pour ses formes et son charmant visage. Il se contenta d’un grognement en désignant d’un signe de tête les sièges arrière, où Lorena se glissa avec appréhension, se décalant aussitôt pour laisser monter Liam.

Perdue sur la banquette de faux cuir malodorante, elle ferma les yeux, se forçant au calme, les rouvrit rapidement, ne voulant pas en plus du reste dévoiler sa claustrophobie. Elle se dépêcha d’ouvrir la vitre en grand sur l’air nocturne, et ne fit pas attention à ce que son compagnon taciturne disait au chauffeur.

Quand la voiture jaune démarra, le vent frais s’engouffrant par paquets par la fenêtre, comme des vagues canalisées entre des rochers de métal, lui fit du bien, même s’il restait encore trop sec à son goût. Tout restait donc à faire ; elle allait débarquer à Time Square vêtue comme une clocharde, ce qui ne choquerait personne, mais savait d’avance que même en plein Downtown, il ne faisait pas bon se balader seule de nuit. Décidément, quelle piteuse arrivée ! Mais comment se préparer plus en ne partant de rien ?

Le taxi avait monté le son de sa radio qui crachait de la mauvaise pop, son voisin se taisait toujours, et les entrepôts sinistres du port défilaient au dehors, cédant peu à peu la place à des bureaux miteux, quelques habitations, des commerces fermés, tout était calme.

Soudain, alors que la voiture montait la courte rampe d’un petit pont enjambant un bras de mer s’infiltrant dans Brooklyn, une silhouette floue apparue dans le faisceau des phares. Un long manteau déchiré, une barbe hirsute, une bouteille au bout d’un bras décharné, il n’y eu pas le temps d’en voir plus. Avec un juron, le chauffeur donna un violent coup de volant, le taxi bondit sur le trottoir, défonça la rambarde et plongea vers l’eau noire en contrebas.
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Dim 27 Fév - 23:32

    Lorena ne formula aucune critique ou supplique face à l’horrible neutralité teintée d’indifférence dont Liam avait fait preuve suite à ses aveux concernant sa fuite et son besoin d’aide. Le jeune homme ne s’en voulut pas une seconde, parce que son vécu autant que son pouvoir lui interdisaient de baisser complètement sa garde au point de laisser quiconque atteindre ce qui se dissimulait sous une épaisse carapace. Oui, il avait un cœur, comme n’importe quel être humain. Mais non, il ne nourrissait aucune réelle envie de passer pour le bon samaritain de service, le meilleur ami sur lequel on pouvait compter, ou le type au cœur d’or prêt à aider une demoiselle en détresse. Malgré cette épaisse carapace, Liam n’était rien de tout ça, sans non plus aller jusqu’à dire qu’il n’était au final qu’un salaud parmi tant d’autres… Cependant, il n’était pas non plus l’homme le plus attentionné et altruiste qui soit. Et ça se voyait sans doute encore pire qu’un poteau rouge dans une pièce peinte en blanc.

    Lorena demande simplement à ce qu’on la dépose en ville, expliquant qu’elle se débrouillerait - c’était une bonne nouvelle pour Liam. Un silence s’installa dans l’habitacle alors que le chauffeur redémarrait sans réellement oser lancer la conversation. Liam ne remarqua pas vraiment le regard qu’il avait posé sur sa voisine, mais sans doute aurait-il formulé une réflexion bien épicée si cela avait été le cas. Pas parce qu’il souhaitait défendre la jeune femme ou parce qu’il l’avait prise sous son aile, mais simplement parce qu’il y avait des comportements qui lui tapaient royalement sur le système, et le fait de reluquer avec autant d’insistance en faisait partie au même titre que les pleurnicheries.

    La fenêtre de Lorena laissa bien vite pénétrer dans le taxi un air frais qui chassa l’odeur un peu âcre qui flottait dans l’habitacle. Le chauffeur jeta un œil dans son rétroviseur avant de reporter son regard un peu éteint sur la route et de quitter le quartier du port que tout chauffeur normalement constitué aurait pourtant préféré éviter. La note risquait d’être salée pour compenser le risque encouru du côté des entrepôts, Liam sentait la chose arriver comme une évidence…
    Le son de l’autoradio fut monté comme si le chauffeur cherchait à se maintenir éveillé, parce que ce n’était pas le silence dans lequel ses passagers s’étaient enfermés qui pouvait le gêner de manière sérieuse. Ils quittèrent la zone portuaire pour finalement arriver quelques minutes plus tard sur une voie qui traversait une zone résidentielle, et Liam posa son regard à travers la vitre pour apercevoir un quartier qu’il ne connaissait pas. Ce fut un peu après cela que le taxi dévia brusquement de sa trajectoire, arrachant définitivement Liam à sa contemplation…

    Tout s’était passé très – trop – vite en réalité, et le mutant n’avait guère eu le temps d’apercevoir davantage qu’un bras tenant une bouteille, appartenant sans doute à un clochard trop défoncé pour traverser la rue sans encombre. Le taxi avait sans doute essayé de l’éviter en vain, et deux secousses successives avaient ébranlé les passagers, l’une lorsque le véhicule avait heurté le trottoir, et l’autre lorsqu’il avait défoncé la barrière d’un pont. La voiture bascula bien vite dans le vide alors que le chauffeur hurlait sans trop savoir quoi faire et que Liam ouvrait sa portière sans se doute que cela n’était pas un exercice recommandé dans ces circonstances. Le véhicule heurta la surface de l’eau, et le chauffeur fut assommé sur le coup lorsque sa tête heurta le volant. Liam manqua de peu de se faire couper une jambe lorsque la porte se referma brusquement à cause du choc, coupant toute issue alors que l’eau commençait à s’infiltrer par la fenêtre ouverte un peu plus tôt par la jeune femme. Le regard de Liam sembla bloquer sur cette ouverture alors que la panique paralysait son cerveau pourtant plus performant que la moyenne et que son visage se crispait pour à peu près les mêmes raisons :

    Il faut fermer cette fenêtre, l’eau entre trop rapidement !

    Le taxi coulait progressivement, et le niveau de l’eau était à présent suffisamment haut pour tremper Liam jusqu’à la taille. Se penchant en avant après avoir détaché sa ceinture, il tenta de réveiller le chauffeur, mais sans succès… Son cerveau surdéveloppé n’avait jamais été confronté à ce genre de situations, et Liam était à ce moment précis incapable de réfléchir ou de trouver la moindre solution à cet épineux problème : la voiture coulait et empêchait les portes de s’ouvrir. S’ils sortaient maintenant, ils finiraient noyés parce que l’eau s’engouffrerait alors beaucoup trop rapidement dans l’habitacle. S’ils attendaient pour sortir en espérant faire de l’apnée, ils mourraient noyés au fond de la baie.
    Non, définitivement, Liam n’avait aucune solution à apporter, et c’était bien la première fois de sa vie…
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Lun 28 Fév - 11:12

Que s’était-il passé ? Un instant Lorena commençait à somnoler sur le trajet, laissant retomber la tension maintenant qu’ils étaient à l’abri dans le taxi, et cherchant à résister à la tension née justement du fait qu’ils étaient à l’abri dans un taxi, et l’instant suivant…

Sa tête avait douloureusement heurté le montant de la portière à la deuxième secousse, assez fort pour la sonner provisoirement. Le temps qu’elle reprenne ses esprits, une sensation merveilleuse commençait à s’emparer de ses membres. L’eau amie, l’eau qui était son air, l’eau qu’elle avait si récemment quitté et qui lui manquait déjà tant, venait à sa rencontre. Elle se secoua, soudain tétanisée. Comment ça de l’eau plein la voiture ? Hey, mais ce n’était pas du tout le plan ! Prenant brusquement conscience de la situation, du chauffeur assommé à l’avant, du jeune homme terrifié à côté, elle se précipita sur le bouton pour remonter la vitre, mais le circuit électrique était bien sûr hors service.

A ce rythme, elle avait déjà de l’eau jusqu’à la taille, l’homme inconscient devant jusqu’à la gorge. Outre les remous du liquide s’engouffrant par le moindre interstice et aération, la pression empêchait d’ouvrir les portes et aspirait la voiture toujours plus bas. Pour Lorena, ce n’était pas un problème, il suffisait d’attendre que le véhicule soit rempli pour en sortir et remonter tranquillement, mais c’était plus compliqué pour ses compagnons. Bon, pas le choix. Encore que… elle avait su conserver un total anonymat toutes ces années, à sa connaissance personne n’imaginait même qu’il y eu des mutants aquatiques, sauver une vie justifiait-il de compromettre la sienne ? Elle pouvait déjà remonter le chauffeur, étant dans les vapes il ne saurait pas comment il avait été sauvé. Quant à Liam… elle allait y réfléchir.

Se débarrassant rapidement de ses bottes trop grandes, elle empoigna la vitre à moitié baissée et tira jusqu’à ce qu’elle se brise, dégageant un passage suffisant pour sa frêle silhouette. Le flux d’eau s’intensifia encore dans l’habitacle, mais une poche d’air emprisonnée dans la lunette arrière allait former une bulle où Liam pourrait respirer une fois les remous calmés, mais pas le temps de lui montrer, le chauffeur étant déjà entièrement submergé.

Lorena se glissa par la fenêtre brisée, non sans y laisser une partie de son T-shirt et s’éraflant copieusement le ventre, et une fois à l’eau libre laissa échapper l’air qui lui restait dans une gerbe de bulles, avant de le remplacer avec une profonde inspiration d’eau salée, sentant les branchies s’ouvrir sous son sternum et son corps renaître. Pas de temps à perdre, chaque seconde comptait. En quelques brasses vigoureuses, elle avait fait le tour du taxi et ouvert la porte du conducteur, détachait sa ceinture, le faisait sortir sans ménagement et filait vers la surface en le tirant. Elle l’emmena jusqu’à la rive et, à défaut de pouvoir lui faire du bouche à bouche avec ses poumons plein d’eau, le gifla jusqu’à ce qu’il se remette à respirer. Dès qu’il se mit à tousser et à se débattre, elle fit demi-tour et replongea.

Avec une efficacité à faire pâlir les meilleurs champions de natation, elle rattrapa la voiture pratiquement arrivée au fond du bras de mer. Et là… dilemme. Son regard se perdit un instant vers le large obscur. Si elle partait maintenant, personne ne saurait jamais ce qui s’était passé. Le chauffeur mentionnerait sans doute la demoiselle qui accompagnait le noyé, mais on conclurait qu’elle avait été emportée par le courant… Puis son regard croisa celui, paniqué, de Liam toujours enfermé dans la voiture, luttant pour aspirer les dernières goulées d’air. Il la regardait suspendue avec aisance entre deux eaux. Il savait ce qu’elle était maintenant, sans hésitation. Mais il savait aussi qu’elle pouvait encore le sauver, et si elle ne le faisait pas, ce serait en connaissance de cause. Advienne que pourra.

Quelques instants plus tard, ils prenaient pied sur le sable sale de la berge au pied du pont, à quelque distance du chauffeur toujours évanoui, mais vivant.
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Dim 6 Mar - 14:21

    Liam avait assez rapidement cédé à la panique après que plusieurs secousses aient ébranlé le véhicule qui s’enfonçait dans les eaux troubles. Il n’avait pas peur de l’eau mais ne se sentait pas non plus en confiance dans ce milieu, particulièrement lorsqu’il se trouvait pris au piège comme une pauvre sourit entre les griffes d’un chat…

    Sa voisins avait cessé de somnoler mais ne faisait pas preuve de la même panique que lui. Cela n’inquiéta pas vraiment Liam, puisque l’état de choc dans lequel elle se trouvait lorsqu’il l’avait trouvée pouvait très logiquement induire une fatigue nerveuse capable d’expliquer que d’autres choses la préoccupent au point de lui faire oublier la présence de l’eau, le niveau de l’eau qui montait et le taxi qui s’enfonçait progressivement dans la baie.

    La fenêtre restée ouverte accentua la panique de Liam, et il avait très vite interpelé Lorena à ce sujet. Elle ne répondit rien et ne hurla pas. Là, c’était déjà nettement moins normal… Liam lui aurait probablement sauté à la gorge si son cerveau ne l’en avait pas empêché, notamment lorsqu’elle avait attrapé la vitre pour la briser et ainsi faire entrer davantage d’eau. Le jeune homme avala une lampée d’eau qu’il recracha ensuite avant d’être pris d’une toux qu’il lui fut impossible de calmer à cause de la panique. L’eau montait toujours un peu plus, et Lorena n’avait fait qu’aggraver les choses… Pff !

    La jeune femme se glissa hors du véhicule sans un mot et attrapa ensuite le chauffeur inconscient avant de disparaître du champ de vision du mutant. Non mais c’était quoi son truc ? Elle était championne d’apnée ? Sauveteur en mer ? Egoïste ? Non, pas égoïste parce qu’elle avait emporté le chauffeur avec elle… mais et Liam, alors ?!
    C’est à ce moment que Liam remarqua les traces noirâtres sur le bord de la vitre brisée, indiquant que si Lorena paraissait à l’aise dans l’eau, elle était à présent blessée. Arriverait-elle jusqu’à la surface avec le chauffeur ? Si c’était le cas, réussirait-elle à le ramener jusqu’à la rive ? Et aurait-elle ne serait-ce que l’envie et la force de revenir pour l’aider à quitter sa cage de métal après qu’il ait clairement manifesté son plus vif désintérêt pour ses problèmes ?

    Liam continua de paniquer, pesant le pour et le contre de chacune des actions qu’il envisagea pour se tirer de là tout seul. Le temps semblait défiler au ralenti, et son esprit carburait à une vitesse bien trop élevée pour produire le moindre raisonnement logique. La place commença à manquer au fur et à mesure que l’air se raréfiait dans l’habitacle, et Liam finit par se réfugier sur la lunette arrière du véhicule, dernier espace accueillant l’air qui était vital à son organisme. Ses doigts humides agrippèrent avec difficulté les deux barres correspondant aux pare-soleils arrière et lui assurèrent ainsi une prise qui ne l’obligeait pas à battre des pieds pour conserver la tête hors de l’eau. Levant de plus en plus la tête afin d’avaler le moins d’eau possible, Liam commençait à voir la fin arriver, ne serait-ce que du point de vue de la raréfaction de l’air engendrée par a descente de la voiture vers le fond. Il ne savait pas ce qui était arrivé à Lorena, et à vrai dire il n’avait pas vraiment envie de s’en soucier parce qu’il était en train d’asphyxier. La dernière goulée d’air fut avalée, et l’eau engloutit Liam, glaçant un peu plus son sang et lui enlevant encore un peu de volonté.

    Plus rien ne paraissait important à vrai dire, et le simple fait d’être un génie doublée d’un scientifique remarquable ne lui était d’absolument aucune utilité dans ce cas précis. Qu’il reste là en attendant d’hypothétiques secours ou qu’il essaie de s’échapper par lui-même, au final il finirait par manquer d’air de la même manière… Mais mourir dans une caisse de métal était nettement moins poétique que de mourir à l’air libre. Enfin dans l’eau. Mais sans être enfermé dans quoi que ce soit… Liam fut animée d’un dernier élan de forces, et commença à tambouriner comme il le pouvait contre la vitre arrière, espérant que cela suffirait à la brise. Droit devant lui, il pouvait apercevoir les contours d’une silhouette qui semblait l’observer, en suspension dans les eaux sombres… Une sirène ? Le manque d’oxygène rendait sa vue trouble, et Liam n’était même pas certain qu’il apercevait à ce moment précis une chose vivante et non un sac poubelle qu’un plaisancier avait balancé là en laissant le soin à la nature de l’éliminer. L’air lui manqua finalement et Liam tourna assez rapidement de l’œil, glissant mollement vers l’avant du véhicule…

    Il n’assista pas à son propre sauvetage du fait de son inconscience, mais quelqu’un finit par le tirer de son inconscience après ce qui lui parut être une éternité. Recracher toute l’eau avalée fut horriblement douloureux, et Liam bascula mollement sur le côté, recroquevillé légèrement sur lui-même alors qu’il cherchait à retrouver une respiration normale. Devant ses yeux hagards se trouvait Lorena… Peut-être n’avait-il pas halluciné dans le fond.

    Une sirène, hein… ? – Une violente quinte de toux ébranla son corps, et Liam commença à frissonner à cause du froid ambiant. – Comment avez-vous fait pour… ?

    Vu la carrure de la demoiselle, il était complètement exclu de penser qu’elle avait pu sortir du fond de la baie et sans effort un grand gaillard comme Liam… Le canadien n’était pas un athlète, mais avait tout de même un corps bien développé. Comment expliquer ce miracle sans songer à une quelconque capacité hors-normes ?
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Ven 11 Mar - 8:29

Lorena détourna le regard en serrant les poings. L’incognito, son bien le plus précieux, n’aura pas duré bien longtemps. Elle espérait ne pas avoir à regretter d’avoir finalement opté pour le sauvetage. Mais il était trop tard, c’était fait, et elle n’imaginait tout de même pas – du moins pas consciemment – la possibilité de le ramener sous l’eau maintenant. Que faire alors, essayer de mentir ? L’adrénaline avait bon dos, mais aucune explication rationnelle ne serait crédible après ça. Simplement partir et disparaître à nouveau ? Ou, une fois encore, alternative idéale mais rarement applicable, dire la vérité.

On n’entendait pas encore de gyrophares, si ça se trouvait personne ne s’était encore donné la peine de prévenir les secours, ce n’était pas un quartier où les gens appelaient le 911 s’ils pouvaient l’éviter. Un peu plus loin sur la berge boueuse, le chauffeur toujours inconscient grogna et fit un geste dans son sommeil, c’est donc qu’il allait relativement bien.

Elle reporta son attention sur Liam, cherchant sur les traits crispés de son visage humide, sur les contours de ses lèvres pâlies de froid, dans ses yeux écarquillés par le passage si près de la mort, s’il était digne de confiance, sans pouvoir se décider. Elle ôta son pull déchiré et trempé et le posa sur lui, à défaut de le sécher ça couperait un peu le vent, et ce n’était pas comme si elle en avait besoin.

« Une sirène ? Oui si on veut. Je me débrouille à la nage, disons. Vous avez bien dû le comprendre, je suis… » elle fit une pause, réalisant que c’était la première fois qu’elle le formulerait à haute voix. « Je suis une mutante. »

Elle commença à se relever, en serrant une main sur la vilaine estafilade qui courrait sur son ventre et formait sur son T-shirt lacéré une tâche rouge grandissante, sans retenir une grimace et un petit gémissement de douleur.

« Je vais chercher de l’aide, vous risquez l’hypothermie. J’apprécierais franchement que vous ne parliez de moi à personne. Adieu. »
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Ven 1 Avr - 20:01

    Liam grelottait un peu plus au fur et à mesure que les minutes passaient. D’ailleurs, les minutes semblaient à présent interminables et n’étaient plus égrenées que par les battements désordonnées d’un cœur qui avait failli s’arrêter faute d’air dans son sang. Tout asocial qu’il était, Liam ne pouvait nier que sur ce coup-là, il aurait été bien embêté pour se sortir de là tout seul si Lorena n’avait pas été présente sur la banquette arrière avec lui, ou s’il ne l’avait pas trouvée dans la zone industrielle. Les gens pouvaient avoir une utilité plus importante que ce que Liam s’évertuait à laisser entendre à la terre entière, et cette mésaventure ne faisait que le confirmer une nouvelle fois.

    Le mutant avait bien essayé de remettre son cerveau en état de marche, mais le froid qui mordait ses chairs semblait avoir gagné cet organe également, et ses efforts étaient vains. Une question stupide plus tard, Lorena répondait qu’elle était une sirène « si on veut », ce qui revenait à peu près à souligner la stupidité de la question de Liam sans froisser sa susceptibilité pour autant. Une attention que le jeune homme congelé sur place apprécia comme il le devait, s’interrogeant toutefois sur la manière dont elle avait pu le sortir du taxi qui avait cru qu’il était amphibie. Les choses tendaient de plus en plus vers un soupçon de mutation, et Lorena le confirma quelques secondes après que e cerveau givré de Liam ne le comprenne. Devait-il faire comme tous ces humains stupides et prendre peur ? Devait-il faire preuve d’hystérie parce qu’il était avec l’un de ses semblables ? Rien de tout cela. Liam se contenta de se masser douloureusement les tempes avant de greloter de plus belle, semblant tout à coup avoir besoin de se remettre les idées en place…

    Après maints tremblements dus au froid accentué par ses vêtements mouillés, Liam trouva suffisamment de force pour acquiescer à la demande de Lorena lorsqu’elle lui avait demandé de ne pas parler d’elle. De manière toute à fait objective, Liam ne se sentait pas d’humeur bavarde ou enclin aux confessions du genre « eh, j’ai rencontré une mutante », mais les secours lui poseraient sans doute un paquet de questions pour comprendre ce qui avait bien pu se passer..

    Liam remarqua un peu tardivement que celle qui lui avait porté secours était vilainement blessée, mais à peine avait-elle terminé de parler qu’elle lâchait un « Adieu » qui semblait sans appel. Le vent acheva de congeler un peu plus le jeune homme dont les yeux commencèrent à papillonner. C’était le coup classique en cas d’hypothermie, et force était de constater que si Liam était déjà très fatigué à la base, sa trempette dans les eaux de la baie, sa bataille contre la mort et le froid n’avaient rien arrangé à son état.

    Le mutant perdit progressivement contact avec la réalité, sombrant dans une somnolence qui ne l’empêchait pas d’avoir conscience de ce qui se passait près de lui et du froid et de l’humidité qui ne cessaient de se répandre en lui…
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Lun 16 Mai - 9:23

En s’éloignant à la recherche d’un moyen d’appeler les secours, Lorena était en proie à une foule d’émotions conflictuelles que la douleur lancinante de son ventre blessé n’aidait pas à trier. Elle avait presque oublié à quel point les humains étaient fragiles, à peine quelques instants dans l’eau objectivement pas si froide du port de New York, et les voilà déjà au seuil de la mort. Il faut dire, Liam n’avait déjà pas l’air très chaleureux par nature, pas étonnant qu’il se refroidisse si rapidement ! Elle se sermonna intérieurement pour son mauvais esprit, qu’aurait-elle dit et fait si les situations avaient été inversées ? Elle n’était même pas sûre qu’elle aurait accepté de partager le taxi, alors… Sans compter que, elle venait de le réaliser, elle se sentait bizarrement responsable du jeune homme. Ainsi les films et les livres disaient vrai, sauver la vie de quelqu’un vous liait tous les deux ?

Elle se plaqua soudain dans l’ombre, grimaçant de nouveau quand le mouvement brusque tira sur son estafilade. Des éclairs bleus et rouge, un hurlement strident en approche rapide… si, finalement, un voisin compatissant mais anonyme avait, à défaut de sortir avec des couvertures, pris la peine d’appeler les secours. Sans doute mieux que rien, il ne fallait pas trop en demander.
Le temps qu’elle revienne vers la rive boueuse où elle avait laissé les deux rescapés, deux ambulances repartaient déjà en urgence, elle n’eut que le temps de relever le nom de l’hôpital. Bon, voilà qui était fait, ils étaient hors de danger, et elle n’avait plus qu’à retourner au large, ou tenter une autre approche pour se rapprocher de la société des humains. Assise seule dans l’ombre, insensible au froid mais gagnée par la fatigue et la faim, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si Liam allait bien. Il avait vraiment l’air d’avoir souffert, plus que ce à quoi elle s’attendait. Pourquoi ne pas chercher à en savoir plus ? Ce n’était pas comme si elle avait mieux à faire.


Tout était calme dans l’hôpital, la nuit finissait, déjà le ciel s’éclairait au dessus de l’Atlantique. La porte de la chambre où Liam achevait de rassembler ses esprits, une perfusion dans le bras et une couverture chauffante sur lui, s’ouvrit en silence pour laisser le passage à une silhouette furtive. Ses longs cheveux noirs masquaient en partie son visage, mais sa tenue dépareillée, où une blouse d’infirmière avait remplacé le vieux pull déchiré et tâché de sang, ne laissait guère de doute sur la personne.
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Jeu 9 Juin - 21:06

    Le noir. Le froid. C'était quand même assez étrange, pourquoi est-ce que l'on avait systématiquement froid et que l'on sombrait systématiquement dans le noir quand on approchait de la fin ? Avec un grand F, la Fin. C'était peut-être quelque chose de culturel, ou de complètement stupide. Encore que les plus stupides étaient sans doute ceux qui, en étant persuadés qu'ils gambaderaient tous nus dans un champ de paquerette, avaient malgré cela l'impression de s'enfoncer dans le noir... Liam ne comprenait pas comment on pouvait s'aliéner de la sorte. La religion, c'est au final un peu comme la psychologie: on ne croit que ce à quoi on ne veut bien croire; tout le reste c'est de la connerie pure.

    Liam n'avait pas eu d'éducation réellement basée sur la religion - il ne remercierait jamais assez ses parents pour cela ! - mais durant ses années de lycée, il avait eu un camaraque de classe Evangéliste qui avait essayé de le convertir à défaut d'être enclin à lui expliquer en quoi sa religion consistait... Premier rapport à la religion foiré. Le second ne fut guère mieux et concerna principalement l'une de ses tantes, qui par respect pour son Dieu hypothétique avait refusé une opération du coeur à sa petite fille âgée de 8 mois. "Parce que c'était contre nature", comme elle disait. La gamine avait fini par mourir et en 8 mois, elle n'avait eu le temps que de constater la connerie de sa mère... Second rapport à la religion loupé. Au final, Liam s'était dirigé vers des études touchant aux sciences et avait laissé de côté et sans aucune considération ces billevesées dont les autres s'encombraient l'esprit. Ainsi, s'il fallait que le froid paralyse son coeur au point de l'empêcher de repartir, il ne serait plus qu'un amas de chair et d'os, dont l'esprit se serait éteint avec lui. Pas de vierges pour l'accueillir au Paradis, pas plus que d'élévation spirituelle, de voyages dans l'espace avec les extraterrestres.. S'il devait mourir à cet instant précis, il serait juste... mort. Et c'est tout.

    Un infirmier qui n'avait pas obtenu son diplôme par hasard avait bondi hors de l'ambulance peine celle-ci immobilisée sur la petite plage et avait rapidement fait un état des lieux: un type conscient qui toussait beaucoup, et un type inconscient. Sans hésiter, il s'était occupé du type inconscient - Liam - et lui avait prodigué les premiers soins. L'inconscience aidant, le bouche à bouche de cet homme passa comme une lettre à la poste là où Liam aurait farouchement protesté si on lui avait demandé son avis... Quelques massages cardiaques plus tard, le coeur de Liam retrouvait un rythme normal, et on l'enroulait dans une couverture de survie en aluminium avant de le sangler solidement sur un brancard. Toujours inconscient, le jeune homme fut chargé dans l'ambulance avec une facilité qui témoignait du professionnalisme des infirmiers, et bien vite tous montèrent à bord après avoir fait monter le chauffeur de taxi à l'arrière, lui aussi enroulé dans une couverture de survie. Le nom de l'hôpital le plus proche fut crié au chauffeur par le co-pilote qui avait les yeux rivés sur le GPS situé à l'avant du véhicule, et la sirène fut de nouveau enclenchée, déchirant le silence de la nuit.

    L'arrivée à l'hôpital fut fracassante. Au sens littéral du terme. La voiture d'une femme enceinte sur le point d'accoucher avait été garée en plein milieu de la file réservée aux ambulances par un futur papa un peu perturbé, et au détour du virage qui permettait d'accéder à l'entrée des urgences, l'ambulance percuta l'arrière du véhicule, provoquant la chute de la banquette du chauffeur de taxi et de l'ambulancier qui s'occupait de Liam. Par chance, le brancard avait été convenablement arrimé, donc Liam ne souffrit pas du choc. On peut même se demander s'il ressentit quoi que ce soit... Les deux blessés furent emmenés à l'intérieur, et on plaça Liam directement dans un couloir en attendant qu'une place se libère pour lui faire passer une radio, afin de voir s'il n'avait rien de cassé. A ses côtés, sur une chaise, le chauffeur de taxi patientait également en s'interrogeant à voix haute sur la manière dont il allait expliquer à son patron que son taxi était au fond de l'eau dans la baie. Il se ferait peut-être même virer, et il lui serait alors impossible de payer le crédit contracté pour l'achat d'une maison et le paiement des frais de scolarité de son ainé. En une fraction de secondes, l'homme fondit en larmes, attirant une horde d'infirmières qui croyaient les larmes dues à une blessure que les ambulanciers avaient manquée...

    Liam fut emmené en radiologie puis installé au calme dans une chambre où dormait paisiblement un homme dont les deux jambes étaient plâtrées et suspendues en hauteur pour permettre au sang de mieux circuler. Les deux infirmières quittèrent la chambre, laissant Liam se reposer après lui avoir enfilé l'horrible chemise de nuit que portaient tous les malades et recouvert de deux couvertures relativement fines mais qui devaient tenir vraiment chaud. Une perfusion de glucose lui fut également posée, afin de le réhydrater (encore que, manquer de se noyer aurait normalement du lui assurer un bon apport en eau...). Les effets du liquide perfusé et de la chaleur contribuèrent à le faire émerger de son inconscience après une vingtaine de minutes, et Liam prit conscience de ses courbatures et de ses poumons sur le point d'exploser à chaque respiration. Le grincement de la porte sembla résonner avec fracas dans sa tête, et Liam laissa sa tête basculer en direction de la porte par laquelle venait d'entrer une infirmière à l'air drôlement familier...

    Parce qu'en fait... - reprendre sa respiration fut compliqué - ... vous êtes infirmière ?

    Une quinte de toux ébranla sa grande carcasse, et le jeune homme tenta de se redresser légèrement. La perfusion autant que la fatigue qui engourdissait ses membres le maintinrent allongé.

    Je pourrais avoir un peu d'eau ?

    Inutile de préciser que l'état de désorientation dans lequel se trouvait Liam ne lui permettait pas de remarquer l'incohérence de la tenue de la jeune femme. Elle portait une blouse, donc pour lui, elle était infirmière. L'esprit humain était parfois borné, et ne voyait que ce qu'il voulait bien voir..
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Lorena Marquez
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Lun 20 Juin - 17:40

Il la prenait vraiment pour une infirmière maintenant ? Soit ses médicaments étaient dosés un peu fort, soit le manque d’oxygène avait causé des dommages cérébraux. Pourtant il n’était vraiment pas resté longtemps immergé. Lorena préféra ne pas répondre à la question plutôt qu’être cassante, et se contenta de lui servir en silence un verre à la carafe qui attendait sur une tablette, avant de se rapprocher de la fenêtre. A part le taxi, c’était la première fois depuis bien longtemps qu’elle se trouvait enfermée dans une pièce. Un plafond, quelle hérésie pour elle qui n’avait même pas de murs ! Elle reporta son attention sur le jeune homme allongé, après tout c’était pour lui qu’elle était venue, et mieux valait se concentrer sur autre chose que l’espace si restreint où vivaient les gens de la surface.

Il avait vu sa mutation, il savait qui elle était, et il était le seul. Mais désorienté comme il semblait l’être, en avait-il seulement conscience ?

« Vous allez mieux ? »

Elle aurait voulu lui laisser du temps, mais elle devait être fixée dès à présent sur un point crucial.

« Vous souvenez-vous de ce qui vient de se passer ? En avez-vous parlé à quiconque ? »

Elle regardait nerveusement la porte, craignant d’être surprise au mieux par une vraie infirmière, au pire par des policiers alertés sur la présence d’une mutante. Il était peu probable que, même si Liam avait tout raconté, l’information leur soit déjà parvenue, mais elle ne voulait prendre aucun risque. Enfin, aucun risque… si c’était vrai, elle ne serait pas ici, mais déjà à quelques miles au large des côtes.
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Liam Blackwood
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MessageSujet: Re: Premiers pas au sec [terminé]   Lun 27 Juin - 9:15

    Liam essayait de recoller les morceaux épars de ses souvenirs des dernières heures, mais rien ne semblait venir pour le moment. Pour lui, il n'y avait rien de complètement stupide à identifier à une infirmière une personne qui en portait la blouse. Bon d'accord, c'était un peu réducteur dans n'importe quelle situation, mais dans un hôpital, les personnes qui portaient ce type de vêtements - on pouvait parler d'uniformes, d'ailleurs - faisaient partie du personnel hospitalier. Médecins, infirmières... bref, ce genre de personnes qui hantaient les couloirs des hôpitaux pour dispenser les soins requis par les patients amenés ici à un rythme morbidement régulier.

    Si Liam avait pu entendre les pensées de Lorena, il se serait insurgé qu'on le diminué. Être hors service ne faisait pas partie de ce à quoi il avait été habitué, et le fait qu'on le considère abusivement comme cérébralement déficient l'aurait sans doute placé de de très mauvais dispositions vis à vis de la jeune femme. Liam n'était déjà pas très agréable avec ses semblables en temps normal, alors il valait mieux ne pas le croiser lorsque l'on ne faisait pas partie de ceux qu'il pouvait supporter en les ignorant tout simplement. Heureusement pour elle, Liam n'était pas télépathe. Et heureusement pour lui aussi, parce que s'énerver n'était vraiment pas conseillé lorsque l'on avait échappé de peu à la noyade et à l'hypothermie... D'ailleurs en y repensant, c'était sans doute pour cela qu'il n'était pas capable d'identifier Lorena comme cette femme un peu paumée rencontrée dans la zone portuaire mais comme une banale infirmière parmi tant d'autres parce que justement, après un accident il était tout à fait normal d'être en état de choc. C'était tellement évident !

    La bouche pâteuse et la gorge aussi sèche que le désert, Liam avait demandé s'il pouvait avoir un peu d'eau. On lui servit un verre que le mutant eût quelques difficultés à attraper, parce que l'intense fatigue générée par ses péripéties avait engourdi ses muscles au point qu'il était compliqué de coordonner ses mouvements de manière satisfaisante. Au prix de plusieurs pliages-dépliages de doigts, Liam fut en mesure de soulever le verre de la table sur laquelle il était posé, et le porta à ses lèvres, le récipient tremblant de manière évidente entre ses doigts malhabiles. L'eau qui coula dans sa gorge déclencha d'abord une sorte de brûlure due à l'irritation causée par la suffocation lorsqu'il s'était retrouvé sous l'eau glacée et qu'il avait malgré cela cherché à respirer quand même, plus par instinct de survie que suite à une réflexion intense; l'être humain réagissait la plupart du temps instinctivement ou stupidement dans une situation de danger... Une quinte de toux qui ébranla tout son corps plus tard, Liam savourait le liquide frais, allant même jusqu'à terminer son verre avant de le reposer d'une main toujours aussi tremblante.
    L'infirmière lui demanda s'il allait mieux, et un demi-sourire fendit sa face avant qu'il ne réponde quelque chose à son image:

    Prêt à courir le prochain marathon de New York... !

    Sérieusement, venant d'une infirmière qui connaissait son job, il était assez mal venu de poser cette question à quelqu'un d'aussi affaibli - et frigorifié. Malgré cela, Liam apprécia cette attention, ce qui était à mettre sur le compte de la fièvre - il mourrait littéralement de froid maintenant qu'il avait bu - et non sur le compte d'une quelconque amélioration de son caractère désastreux... Une autre question suivit bien assez rapidement, où elle lui demanda s'il se souvenait de ce qu'il s'était passé et s'il en avait parlé à quelqu'un. Encore une question stupide. Non bien sûr, Liam avait gardé le secret sur cet accident. C'est vrai qu'il aimait bien préserver sa tranquilité ainsi qu'un certain nombre de ses actes, alors naturellement, il n'avait dit à personne ici qu'il avait eu un accident et qu'il avait failli y rester. C'était à la fois tout bénef' pour lui parce qu'on lui foutait la paix, mais également pour les médecins, parce que ça leur permettait de tester leurs aptitudes en termes de devinette.. Plus sérieusement: bien sûr qu'il en avait parlé ! Liam ne jugea donc pas utile de formuler sa réponse à voix haute, posant sur Lorena un regard assez perplexe, mais légèrement irrité de tant de questions stupides en une seule fois...


    edit du 13/10: rp terminé pour ma part.
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Premiers pas au sec [terminé]

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