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 Rien ne se passe comme prévu [ Will ]

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Emma Frost
Mutante de niveau 4

Nombre de messages : 139
Date d'inscription : 08/05/2010
Localisation : du côté des damnés. NY.
Age du personnage : dans les environ de 400 ans. En paraît 25
Pouvoirs : Grande télépathe, peau de diamant
Profession : PDG de la Frost International et Patronne du Coyote Ugly
Points de rp : 127

MessageSujet: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Ven 1 Oct - 0:48

    Le bar venait de fermer ses portes, les employés étaient partis, le calme régnait enfin dans le Coyote Ugly. Emma jeta un œil sur l’ensemble du bar, déjà rangé et nettoyé pour le lendemain, ce qui ne lui laissait plus qu’à faire un peu de compta et d’être disponible. Hors de question pour elle de s’attarder plus qu’il ne le faudrait vu que c’était le soit ou William devait la rejoindre pour une sortie nocturne. Leur dernière rencontre à la statut de la liberté remontait à quelques jours et, finalement, ils n’avaient pas mit longtemps à se contacter à nouveau. Comment aurait-il pu en être autrement ? Emma avait bien essayé de se raisonner ces derniers jours pour qu’elle comprenne que cette histoire n’apporterait rien de bon. Sa place pouvait être trop facilement remise en cause, William pouvait si facilement devenir une cible de choix pour l’atteindre personnellement. Soyons honnête, être dans le club des damnés amenait à avoir une place convoiter par des gens qui ne reculaient devant rien. William devenait son point faible, trop facilement exploitable. Mais voilà, elle ne pouvait pas se résoudre à laisser tomber. Après tout elle avait bien tenté de lui dire de passer outre certaine chose, d’avancer. Il était peut être temps qu’elle applique ses propres conseils.

    Les instants passer sur le monument historique étaient encore ancrés dans sa mémoire, surtout les derniers mots qu’il avait pu prononcé sur le parking, quand il avait prit l’initiative de chasser quelques mèches blondes. A quel point elle était merveilleuse. Ca avait été ses mots à lui, elle en avait sourit. Touchée. Mais William imaginait-il à quel point il se trompait ? Elle n’avait jamais rien eu de merveilleux. En tout cas ses actions n’étaient pas là pour le prouver. Emma restait une femme attiré par le pouvoir, superficielle en tellement de point. Elle était la définition de l’arrogance tellement elle pouvait être sur d’elle. Cela aurait sûrement pu passer, et s’expliquer par sa longévité, mais vu le rôle qu’elle avait dans le club des damnés de New York, il n’y avait pas grand espoir sur le fait qu’elle puisse être quelqu’un de bien. Après tout, le club, c’était quoi ? Juste le regroupement de personne riches et influentes finançant les actions des damnés et participant même activement à certains plans, tout en se gardant de rester dans l’ombre et ne pas se faire connaître sous ce mauvais jour. Et dire que William avait trouvé le moyen de la trouver merveilleuse… Finalement ce n’était peut être pas si étonnant que cela, elle avait toujours su cacher ce qu’elle voulait cacher, montrer que ce qu’elle avait envie de laisser voir, apparaître de la meilleure manière qu’il soit juste pour être certaine de plaire. Elle était née manipulatrice et avait eu près de 400 ans pour parfaire ce trait de caractère.

    La seule chose de notable, dans cette histoire, c’est qu’elle n’avait pas envie de lui mentir. C’était un risque à prendre, elle en était consciente. Mais William avait quelque chose de différent, qu’elle n’expliquait pas, et c’était avec lui qu’elle avait envie de se trouver. Sauf qu’elle n’avait pas envie de fausser la donne, pas envie d’être mise sur une sorte de piédestal juste parce qu’il n’aura pas conscience de ce qu’elle peut être. Merveilleuse ? Sûrement pas. Ce bar était le témoin privilégier de quelques unes des ses actions. Il y a deux jours, le soir, une altercation avait eu lieu ici. Des types cherchant à s’emparer de la caisse, et deux étudiants qui s’étaient trouvé à ce moment précis dans ce lieu. A aucun moment elle n’avait hésiter à signer leur arrêt de mort juste pour tester Neve, une employé, pour une intégration dans le groupe des damnés. Ce n’était que des mômes, qui n’avaient rien demandés, pourtant elle n’avait pas éprouvé de remords. Pouvait-on encore la qualifier de merveilleuse en sachant ce genre de chose ? Est-ce qu’il était seulement possible de lui trouver des excuses ?

    S’échappant de ses pensées elle se dirigea derrière le bar pour s’occuper des recettes de la soirée, allumant la radio au préalable. Pendant qu’elle comptait, triait et rangeait l’argent de la soirée, elle écoutait les informations délivrer par un présentateur radio. La tentative de libération d’Alice Drake. Ca ne parlait pratiquement que de ça aujourd’hui, mais ça avait le don de taper sur les nerfs d’Emma. Tout était dit de manière à ce que les gens puissent voir les damnés comme les mauvaises personnes de l’histoire. D’accord le lieutenant Drake avait été enlevé, mais le reste était pure spéculation. Dire que Janelle avait été tuée parce qu’elle se trouvait là, au mauvais endroit, au mauvais moment, était les conneries les plus énormes qu’elle n’avait jamais entendu. SI Drake avait été enlevée s’était, en partie, pour l’échanger contre Janelle que les fédéraux avaient attrapé et séquestrer. Mais ça c’était le genre de détail qu’on se passait bien de donner pour ces pauvres petits humains qui avaient besoin de voir, chez les mutants, la pire des incarnations à éradiquer de la surface de la terre. Il n’aura fallu à Emma que quelques minutes pour éteindre la radio et balancer un cd dans un lecteur.

    Une musique venue d’une autre époque passa doucement en fond, signe d’une certaine nostalgie pour une certaine époque. Une musique qui lui rappelait qu’à cette époque, toute femme qui se respectait avait envie de danser comme Joséphine Baker. Ces années 1920 où le charleston avait son côté non-conformiste. Ou les tenues étaient légères, le coup enroulé dans des écharpes en plume, le front encerclé par une bande de tissus, souvent remonter d’une fausse fleure. Si il y a bien une chose qu’elle regrettait dans l’évolution que prenait le monde, s’était la musique, les danses. La première qu’elle avait apprit était la valse à trois temps, bien qu’elle ne portait pas encore ce nom à cette époque. Une danse qui la mena bien vite à un sourire en resongeant à ces grands bals italiens, avant les année 1800, qui avait un certains goûts pour la mise en scène. Un sourire et des pensées qui venaient de s’évanouir rapidement quand une voix se fit entendre.

    « Tu sais qu’on a des musiques bien plus récente ? »

    Un homme venait d’entrer dans le bar, laissant son regard se porter sur l’ensemble de l’endroit tout en traversant la pièce de part et d’autre. Il ne porta même pas un regard sur Emma, se contentant d’observer les lieux. Emma, de son côté, venait de finir sa compta et avait refermer le tiroir caisse, tout en suivant le nouvel arrivant du regard. Elle avait, en premier lieu, voulu demander comment il était entré. La question aurait été stupide, elle avait laissé ouvert pour que William puisse entré facilement. L’homme, Alan, ne lui était nullement inconnu en réalité. Ils avaient été amants, quelques temps, mais elle s’était très vite lassé de lui. De son côté, Alan convoitait une place dans le club des damnés. Dans un sourire amer, Emma ne pu s’empêcher de penser qu’il avait le profil idéal. Propriétaire d’une riche entreprise, ambitieux et atrocement cruel tant un cœur lui fait défaut. Mais il n’avait jamais réellement songé à détrôner Emma, son objectif se trouvait plus dans Sebastian, le roi noir. Prendre cette place, se retrouver auprès d’Emma, voilà ce qui l’intéressait bien. D’ailleurs cette envie qu’il pouvait avoir l’arrangeait bien, en temps normal, vu qu’Emma voulait voir Sebastien tomber, mais pas au profit d’Alan, plutôt pour que Shinobi reprenne les rênes. Une politique à part, bien compliqué, ou aucunes règles n’existaient vraiment. Voyant qu’elle ne répondait pas, Alan s’arrêta, au milieu de la pièce, pour poser son regard brun sur la damnée.

    « Un peu d’enthousiasme. Ca serait appréciable. »
    « Que tu fasses demi-tour. Ca, ça serait appréciable. »

    Dans un rire, Alan attrapa le dossier d’une chaise pour s’y installer à l’envers, passant une jambe de chaque de la chaise. Attitude qui servait juste à montrer qu’il ne comptait pas partir dans la minute, ce qui n’arrangeait pas Frost qui avait d’autres projets pour la soirée que devoir gérer un type comme Alan. Elle n’irait absolument pas dire qu’elle avait peur de lui, mais il serait mentir de dire qu’elle ne craignait pas ce dont il était capable, et jusqu’où il serait capable d’aller pour arriver à ses fins. Ce qu’elle aimait encore moins avec lui s’était son pouvoir : l’hyper vitesse. Ca avait quelque chose de franchement désagréable quand, sans s’y attendre, il pouvait se trouver face à quelqu’un sans qu’on l’ait vu arriver. Et, Alan était particulièrement friand de ce genre de démonstration.

    « Qu’est ce qui t’es arrivée ? »

    D’un geste de la main il avait désigné sa propre arcade sourcilière, pour montrer qu’il parlait de celle d’Emma. Elle avait presque oublié ce détail dans sa tenue de soirée. Ce léger pansement blanc lui barrant les deux points de sutures qu’elle avait du faire suite à la tentative de vol de l’avant-veille. Un mauvais calcul, et son visage avait heurté le coin de la caisse enregistreuse, l’arcade avait cédé sur le coup. N’étant pas douée de régénération spontanée, elle allait devoir se trimballer ce pansement discret quelques temps, bien qu’une mèche blonde passait dessus pour tenter de cacher la blessure. A croire qu’aucun détail n’échappait à Alan.

    « Pourquoi t’es là ? »

    Ne pas répondre à ses questions était une stratégie, visant à dire que cela ne le regardait pas. D’ailleurs, Alan marqua un léger sourire qui n’annonçait rien de bon en voyant qu’elle éludait la question, pour en posant une qui n’avait rien de vraiment sympathique. Il prit un air faussement offensé, mimant le fait qu’elle était en train de lui briser le cœur. Elle détestait qu’il en faisait ce genre de chose. Pourquoi maintenant ! Pourquoi ce soir ! Ca aurait été n’importe qui, Emma l’aurait déjà renvoyé chez lui en quatrième vitesse, mais c’était Alan, et les répercussions étaient toujours des plus horribles. D’accord, finalement, peut être qu’elle en avait un peu peur. Mais elle demeurait bien trop fière pour le dire.

    « Il se dit, mais ce n’est que des rumeurs, que la reine blanche du club des damnés à jeter son dévolu sur une nouvelle victime. Et comme jusqu’à présent, c’est toi qui occupes ce rôle, je me demandais si c’était vrai. Tu as quelqu’un en ce moment ? »

    Les mains d’Emma étaient sur le bord de la caisse et quand Alan émit sa question, avec ce sourire horrible sur le visage, sa main droite glissa, comme dans un sursaut. Une maladresse qu’elle tenta de cacher rapidement, mais le sourire d’Alan s’agrandissait un peu plus, confirmant ainsi les rumeurs qui pouvaient être dites.

    « Tu devrais être bien placé pour savoir. J’ai toujours quelqu’un, jusqu’au prochain. »

    Emma avait beau voir les choses différemment cette fois, il était hors de question de le laisser comprendre à Alan. Bien qu’elle doutait de l’utilité de ses rattrapages foireux. Il la connaissait bien… Mais elle refusait de mettre William en danger d’une manière ou d’une autre et, Alan, s’était un danger.

    « Je serais curieux de le rencontrer ! »
    « C’est pas ton genre… »

    La phrase avait été lancée sur un ton acerbe, juste histoire de lui faire comprendre que ce n’était ni le lieu, ni le moment, ni le sujet à aborder. Mais elle avait à peine eut le temps de finir sa phrase qu’elle se retrouvait, la main d’Alan autour du coup, plaquer contre le mur. Foutue hyper-vitesse. Le choc avait été plus surprenant que brutal, mais assez pour lui laisser échapper une petite plainte qu’elle ravala bien vite pour planter son regard dans celui d’Alan qui n’était qu’à quelques centimètres du sien. Tout s’était passé tellement vite, qu’elle n’avait même pas eu le temps de réagir.

    « Il a intérêt à n’être que de passage, comme tous les autres, parce que je serais la seule personne qui peut demeurer aux côtés de la Reine Blanche… »

    Il profita du fait que sa phrase s’ancre bien dans l’esprit d’Emma pour jeter un œil à la tenue qu’elle portait. Il trouvait que cette robe blanche et légère, qui lui tombait au dessus de genoux, lui allait parfaitement bien, sans parler du haut de la robe, rehausser par de fine bretelle que laissait apparaître un gilet cintré tout en transparence légère. Un instant il se perdit dans les long cheveux blond qui se finissait par de légère boucle. Un regard qui la scrutait, pendant que, de son côté, Emma vit William…

    Pour elle, il venait juste d’arrivée dans la pièce, mais il aurait pu être là depuis quelques minutes, dans le couloir qui menait à la pièce qu’elle ne l’aurait pas su. Ce qui, bien évidemment, aurait donné pas mal d’information sur l’activité dont elle ne lui avait pas parler. Mais cette possibilité ne lui traversa même pas l’esprit. Tout ce qu’elle comprenait c’est qu’il avait fait son apparition au moment ou elle avait été plaqué contre ce foutu mur. D’une il fallait empêcher qu’il agisse, surtout contre Alan. De deux, il fallait absolument faire en sorte qu’Alan ne comprenne pas qu’il s’agissait de William. Et, dans la précipitation, une seule idée lui vint en tête.

    ** William, fait semblant d’être un client, un touriste qui veut un renseignement, n’importe quoi, mais fait en sorte qu’on ne se connaisse pas. **

    La phrase était télépathie, ce qui avait de quoi surprendre étant donné que le son semblait provenir de partout et de nulle part à la fois, mais il était primordial qu’il fasse ce qu’elle lui demandait.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 6 Oct - 22:56

Sans les effets des calmants, le cœur de William aurait sans doute déjà bondit hors de sa poitrine, pour diverses raisons. La première et non la moindre étant qu’il était en route pour retrouver Emma, et rien que cela aurait suffit pour déclencher chez lui une tachycardie carabinée. Mais pour cela il n’aurait pas eu besoin des cachets. Emma était la seule personne avec laquelle il ne craignait plus de se trouver. Non… il avait pris les calmants pour une toute autre raison.

Il ne s’était passé que quelques jours depuis leur dernière rencontre, et ils lui avaient semblés durer une éternité. Mais ils avaient finalement décidés de se retrouver ce soir là, pour une sortie nocturne qui était censée assurer le fait de minimiser les rencontres potentielles. Et quand Emma lui avait proposé de passer la chercher à la fermeture de son établissement, il avait accepté. Sur le moment cela avait paru une excellente idée. Mais depuis ce matin il se demandait comment il avait pu se laisser convaincre. Le Coyote Ugly était situé dans Hell’s Kitchen, et s’il y avait une partie de la ville qu’il aurait juré ne pas avoir l’occasion de visiter de sitôt c’était bien celle-là ! Mais elle lui avait assuré qu’à l’heure de la fermeture le quartier serait calme. Alors…

Ce qui le rassurait un peu était qu’il avait trouvé un taxi qui avait accepté de l’y conduire à cette heure tardive, étant donnée qu’il était hors de question qu’il s’y rende en transports en communs. D’où… les cachets. En six ans, la seule fois où il était remonté dans une voiture sans les prendre avait été avec Emma pour aller visiter la statue de la liberté. Cette fois-là elle l’avait surpris, et il s’était juré de dorénavant avoir toujours sur lui un tube de calmants.

Il y avait autre chose dont il s’était fait la promesse après qu’Emma l’avait raccompagné à l’université. C’était de ne plus se présenter devant elle habillé comme un épouvantail. Le souci était que quand il était arrivé dans cette ville, il n’avait pris la peine que de déballer que les quelques T-shirts et pantalons qui lui seraient nécessaires pour assurer le quotidien. Le reste était toujours rangé dans les cartons, et remettre la main dessus avait plus tenu de la spéléologie que de la préparation vestimentaire.

Le livreur avait dû se demander ce que contenait cet étrange paquet qu’il s’était fait livrer en express. Il ne devait pas être très courant de commander par correspondance une table et un fer à repasser. Mais vu l’état dans lequel étaient ses chemises et ses costumes, et étant donné que le pressing de son quartier était nettement trop fréquenté à son goût, il n’avait trouvé que cette solution. Il avait donc soigneusement préparé une chemise blanche et un costume gris clair d’une coupe pas trop guindée, qui lui semblaient appropriés.

Si le pressing était bien achalandé, que dire du fleuriste ! Mais heureusement il était nettement plus habituel de faire livrer des bouquets que des planches à repasser. Et comme William désirait apporter lui-même le bouquet à Emma, il se l’était fait livrer chez lui. Il avait été par contre extrêmement embêté quand on lui avait demandé de choisir ce qu’il voulait. Son choix s’était arrêté sur une composition de vingt-quatre roses sauvages blanches et rouges, et il espérait que cela serait du goût d’Emma.

C’était donc avec un costume qu’il n’avait pas porté depuis des années, son bouquet à la main et à moitié dans le brouillard à cause des cachets qu’il était monté dans le taxi qui était venu le chercher. En principe, il avait calculé son coup pour que l’effet des calmants s’atténue durant le trajet. A force de pratiquer, il était devenu relativement bon à ce jeu. Mais en attendant, le chauffeur ne devait pas le trouver particulièrement éveillé pour quelqu’un qui visiblement se rendait à un rendez-vous. Celui-ci avait bien essayé d’entamer la conversation mais même avec les cachets, et peut-être aussi à cause d’eux, ce n’était pas dans les capacités de William qui se laissa bercer par la musique qui sortait de l’autoradio.

Celle-ci fut interrompue par un bulletin d’information. Parmi d’autres nouvelles, on annonçait la libération d’un inspecteur de police qui avait été enlevée par un groupe de mutants qui se faisait appeler « les damnés ». Ce que retenait surtout William était le gâchis que tout cela représentait. Dix personnes étaient restées au tapis, et ce n’était jamais une bonne chose quelles que soient leurs convictions. En tout cas ils avaient réussis à attraper l’un des malfrats.

William avait bien évidemment déjà entendu parler des mutants extrémistes qui usaient de méthodes discutables pour promouvoir la suprématie des mutants. Il n’approuvait pas ces méthodes, pas plus qu’il ne pensait les mutants supérieurs aux humains. En tout cas pas à tous. Mais il ne les aurait pas cru capables de kidnapper un inspecteur de police ! Tout le monde savait que c’était le meilleur moyen de se retrouver avec toutes les forces de l’ordre sur le dos.

Mais les derniers propos du présentateur, qui évoquait la possibilité que cet évènement amène à relancer le fichage systématique des mutants et reconsidérer la place des mutants dans la société, lui laissèrent un goût amer. Quelques excités faisaient les imbéciles et tout le monde était mis dans le même panier. Ceci dit, quand il repensait à ce que lui-même avait fait… peut-être qu’effectivement ils étaient trop dangereux. Mais ils avaient quand même le droit de vivre non ? Son esprit était trop embrumé par les calmants pour être capable de continuer à réfléchir sur ce sujet, et dès que la musique reprit il laissa à nouveau la torpeur l’envahir.

Il n’avait pas si mal calculé son coup, et quand son cerveau s’averra à même de fonctionner presque normalement, ils étaient déjà dans Hell’s Kitchen et d’après le chauffeur presque arrivés à destination. Le quartier était fidèle à sa réputation. Pourquoi diantre Emma avait-elle ouvert un bar ici ? Il faudrait qu’il lui pose la question. La voiture s’arrêta devant la porte du Coyote Ugly, et William régla la course, ajoutant un pourboire substantiel mais faisant consciencieusement attention à ne pas entrer en contact avec le chauffeur en lui donnant les billets. Son pouvoir ne se déclenchait pas forcément plus tout seul par contact qu’à distance, mais cela faisait partie des vieilles habitudes dont il avait du mal à se débarrasser. Après s’être assuré plusieurs fois que personne n’était en vue sur le trottoir, il se décida à sortir du véhicule.

Son bouquet à la main, il entra dans le bar silencieux, hormis une musique qu’il n’aurait pas pensé entendre ici. Une brève nostalgie des soirées dansantes, auxquelles il avait bien évidemment renoncé, l’emporta quelques secondes mais il avait appris à rapidement repousser ces souvenirs qui chamboulaient ses émotions. Un passage semblait mener à la salle et il s’apprêtait à s’y engager quand il entendit la voix d’Emma.

« Pourquoi t’es là ? »

Etant donné qu’il n’était pas encore entré dans la salle, ce n’était bien évidemment pas à lui que cette question s’adressait. C’était curieux car elle lui avait assuré qu’à cette heure il n’y aurait plus personne. Mais après tout elle pouvait avoir une visite impromptue. Perplexe, il ne savait pas s’il devait entrer tout de même ou attendre qu’ils aient fini. Avant qu’il ne se soit décidé, une voix masculine se fit entendre.

« Il se dit, mais ce n’est que des rumeurs, que la reine blanche du club des damnés à jeter son dévolu sur une nouvelle victime. Et comme jusqu’à présent, c’est toi qui occupes ce rôle, je me demandais si c’était vrai. Tu as quelqu’un en ce moment ? »

William mit un petit moment à réaliser ce qu’il venait d’entendre. Pas de toute, c’était bien la voix d’Emma qu’il avait reconnue juste avant. Et cet inconnu l’avait appelée comment ? La « reine blanche du club des damnés » ? Qu’est-ce que c’était que cette histoire ! Et qu’était donc ce fameux club ? Avait-il un rapport avec les damnés évoqués à la radio ? En extrapolant, cela pouvait expliquer la réserve d’Emma quand à ce qu’elle était capable de faire, mais c’était bien trop ahurissant pour qu’il envisage sérieusement cette possibilité. De toute façon cela ne servait à rien de tirer des plans sur la comète, il lui suffirait de lui poser la question en temps voulu… et d’assimiler la réponse à ce moment là.

Par contre la voix inconnue avait parlé d’une… nouvelle victime ? sur laquelle elle aurait jeté son dévolu. Cette phrase pouvait bien avoir plusieurs sens, mais en général celui qu’on lui prêtait était clair. Et cela correspondait bien à la réalité. Mais dans ce cas non seulement les rumeurs allaient décidément bon train, mais surtout de quoi se mêlait-il, ce malotru ?

« Tu devrais être bien placé pour savoir. J’ai toujours quelqu’un, jusqu’au prochain. »

William sentit son cœur s’arrêter. Cette phrase faisait mal… mais replacée dans le contexte de la durée particulière de l’existence d’Emma, ce n’était sans doute que la réalité. Il n’empêchait qu’il ne s’était pas préparé à entendre ce genre de propos ce soir, et il dû lutter pour ne pas laisser ses émotions déborder. Ce n’était pas le meilleur moyen d’annoncer son arrivée !

« Je serais curieux de le rencontrer ! »

« C’est pas ton genre… »

Si c’était bien de lui dont ils parlaient, elle n’avait visiblement pas envie d’épiloguer sur ce sujet avec son visiteur. Mais la phrase d’Emma s’était interrompue un peu trop brusquement… et il lui semblait avoir entendu juste après un son qu’il n’était pas certain d’apprécier. Très faible… rien de certain. Mais de toute façon cette conversation ne semblait pas enchanter Emma, et lui commençait à se trouver un peu stupide, planté derrière la porte avec son bouquet. Etant données les circonstances, il se voyait mal entrer avec ses fleurs à la main. Il les posa donc derrière la porte et pénétra ensuite dans la salle au moment où la voix mystérieuse reprenait.

« Il a intérêt à n’être que de passage, comme tous les autres, parce que je serais la seule personne qui peut demeurer aux côtés de la Reine Blanche… »

Ce qu’il vit ne lui plu pas du tout. Un type qui semblait tout sauf animé des meilleures intentions tenait Emma par le cou, plaquée contre le mur. Instantanément, la colère commença à bouillir dans les veines de William, et il aurait sans doute eu bien du mal à la contenir si la voix d’Emma ne s’était pas mise à emplir sa tête d’une bien curieuse façon.

** William, fait semblant d’être un client, un touriste qui veut un renseignement, n’importe quoi, mais fait en sorte qu’on ne se connaisse pas. **

La surprise fit retomber son irritation comme un soufflé. A la distance à laquelle il était, le malandrin n'avait pas pu voir passer le bref voile sombre qui avait un instant obscurcit le regard de William. Lui-même était le premier surpris des pensées qui l'avaient assailli concernant ce gaillard. Jamais il n'avait souhaité à quiconque ce qu'il venait d'envisager pour lui. C'était... perturbant... tout comme l'était la requête d'Emma. Visiblement elle ne souhaitait pas que son visiteur l'identifie comme celui dont ils parlaient à l'instant... la nouvelle victime de la reine blanche. La bonne question était pourquoi ? Soit elle ne voulait pas s'afficher avec lui, soit elle voulait le protéger de quelque chose. Elle seule pourrait répondre à cette question. En attendant, le mieux était de se comporter de la façon qu'elle lui avait demandé. Mais là il y avait un petit souci. Il n'avait jamais été très bon acteur. Ceci dit, s'il suffisait de se comporter comme un abruti, ça au moins il avait l'habitude de le faire.

Il fallait qu'il réfléchisse... et vite si possible ! Se faire passer pour un client ou un touriste ? Pourquoi pas, mais il devait trouver une raison de s'incruster si ce charmant individu lui demandait de partir. S'il y avait une chose qui était peu probable, c'était que l'individu en question parle français. Alors peut-être qu'il y avait un coup à jouer avec cet atout là.

« Heu... Bonsoir ! Ah... Good evening ! I would like some... heu... renseignements... for a private party... comment dire... un enterrement de vie de garçon ! On m'a dit que c'était... heu... the perfect place ! »

Le tout avec un air innocent et un accent français à couper au couteau. Sa mère ferait des bonds monumentaux si elle l'entendait massacrer sa langue de cette façon. Il ne restait plus qu'à ne rien comprendre à ce qu'on allait lui répondre, et alors le seul moyen de le faire sortir serait de le raccompagner à la porte ce qui présentait au minimum l'avantage de voir Emma retrouver sa liberté de mouvement.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Jeu 7 Oct - 11:50

    Le cœur d’Emma avait fait un bon à l’arrivée de William, partager entre la joie de le voir, la gêne qu’elle pouvait ressentir d’être dans une telle position et la peur qu’elle pouvait éprouver face à cette situation. Elle s’était brillamment empêcher de sourire en le voyant arrivé, lui et sa tenue dénotant à celles qu’elle avait pu voir jusqu’à présent, lui donnant encore plus de prestance qu’elle était capable de voir chez lui dans un simple jean et t-shirt. Qu’est ce qu’elle n’aurait pas donné pour éviter de se retrouver dans cette position, pour éviter qu’il puisse la voir ainsi, ou pour ne pas avoir à retrouver William et Allan dans la même pièce. Mais il y avait des choses qui ne se commandaient pas, des choses pour lesquelles elle n’avait, malheureusement, aucun contrôle. Pourtant elle aurait tellement souhaité que tout cela se passe autrement, et encore, elle ignorait – ou refusait de penser – à ce que William avait pu entendre de la conversation. Ce qui, dans le cas présent, était une bonne chose parce qu’elle devait faire un effort plus que notable pour ne pas changer d’expression, pour ne pas laisser comprendre quoique ce soit… Pour le protéger lui, parce que, dans le fond, c’était la seule chose qui comptait à ce moment bien précis. Et dire que, la seule idée qui lui était venu en tête était de lancer un message télépathique pour demander à William de jouer un rôle. Jamais elle n’avait autant souhaité qu’on l’écoute et qu’on fasse ce qu’elle demande sans poser la moindre question. Bien évidemment, elle aurait pu assurer ses arrières, user de ses pouvoirs pour obliger William à agir d’une certaine manière. Après tout, le contrôle mental servait à ça ! Mais elle était incapable d’user de telles méthodes sur William. Sans vraiment s’en rendre compte, elle lui accordait une confiance qu’elle laissait que trop peu aux personnes qui pouvaient l’entourer.

    De son côté, Allan s’attendait à une réponse de la part de la damnée. Une réponse acerbe, tinté d’un ton déplaisant. Une envie qui pouvait paraître étrange, mais tout était tellement plus gratifiant quand ce n’était pas simple, quand il y avait un certain défi. Le goût des défis, n’était-ce pas ce qui les avait réunis en premier lieu ? Tout ce qui était simple avait un goût tellement fade, ce qui, en générale, était loin d’être le cas avec Emma. Pourtant, rien n’était sortie de ses lèvres cette fois-ci. Alors, en toute logique, il releva son regard vers celui de la damnée pour s’apercevoir, avec stupéfaction, qu’elle regardait derrière son épaule. Encore plus étonnant, quand elle comprit qu’il l’avait vu faire, elle reporta rapidement son regard sur lui. Loin d’être stupide, Allan ne mit pas longtemps à comprendre que quelqu’un d’autre se trouvait dans la pièce et, à cette idée, un sourire presque malsain se dessina sur ses lèvres. Et si la personne qui venait d’arriver était ce fameux William ? La coïncidence serait vraiment impressionnante, il y avait peu de chance que ce soit possible, mais cette perspective était tellement séduisante. Allan avait tellement de chose à dire à cet homme. Protéger ses intérêts de manière forte ou intimidante était une de ses spécialités et il le faisait toujours avec un plaisir déplacé. Mais il devait se rendre à l’évidence, il y avait trop peu de chance pour que ce genre de chose arrive. Surtout que si c’était le cas il avait imaginé Emma se décomposer un peu, ce qui n’avait pas été le cas.

    « Heu... Bonsoir ! Ah... Good evening ! I would like some... heu... renseignements... for a private party... comment dire... un enterrement de vie de garçon ! On m'a dit que c'était... heu... the perfect place ! »

    Et voilà, Allan avait parfaitement deviner les choses. Un client. Un foutu client venu d’un pays de paysan se trimballant qu’en vélo avec une baguette sous le bras et friands de fromages aux odeurs nauséabondes… Belle image de la France. Allan lâcha Emma, mais prit un certain plaisir à jouer un rôle. Sans atteindre, il passa son bras autour de la taille d’Emma pour avancer avec elle de manière à se retrouver, au plus près, derrière le comptoir. Dieu qu’elle détestait cette main sur elle. Elle détestait encore plus de ne rien pouvoir dire, ou ne rien pouvoir faire. Si le but était de faire comme si elle avait à faire à un nouveau et potentiel client, elle se devait de donner une bonne image. S’entretuer avec un homme présent n’était probablement pas la meilleure chose à faire devant un client. Sauf que, bien sur, William n’avait rien d’un vrai client. Autant dire que, même si elle ne le montrait pas, elle n’était pas des plus à l’aise avec ce bras autour de sa taille, et ce devant William. Mais elle se devait de faire comme si de rien n’était, sinon Allan serait capable d’avoir des doutes et c’était vraiment la chose qu’elle ne souhaitait pas.

    Allan plissa légèrement les yeux face à la demande de ce client potentiel, dont il ne comprenait pas vraiment tous les mots. Il avait toujours trouvé le français compliqué à apprendre et n’avait jamais cru bon de savoir parler ce genre de langue. De son côté, Emma, eu quand même un effort à faire pour comprendre ce qui était en train de se dire. Elle avait vécue suffisamment longtemps en France pour en connaître la langue. Mais cela remontait à tellement longtemps, qu’elle était persuadée qu’aujourd’hui elle ne comprendrait plus grand-chose si on venait à lui parler français « jeune »… Les langages évoluaient tellement. Dans le cas de William, ce n’était pas les mots qui étaient compliqués à comprendre, mais l’accent qu’il employait. N’empêche que, si elle avait pu, elle aurait sourit pour cette entrée qui ne pouvait qu’être crédible. Elle avait juste envie de le remercier pour avoir réagit comme elle lui demandait, alors que beaucoup serait monter à l’affrontement dans l’espoir d’appuyer leur position de « mâle dominant ». Le genre de chose qui aurait été totalement stupide, voir suicidaire avec un type comme Allan.

    « Vous devriez prendre place sur une des chaises, je m’occupe de vous dans deux minutes. »

    La phrase avait été dite en français, notant un léger accent américain depuis le temps ou elle vivait dans ce pays, qui était aussi son pays d’origine. Quoiqu’il en soit, si William avait été un vrai client, c’est sûrement dans cette langue qu’elle se serait exprimée pour être certaine de se faire comprendre. Elle avait, en plus, sortie son sourire des plus commerciale, juste pour pouvoir donner le change et ne pas émettre de doute dans l’esprit d’Allan. D’ailleurs sa main de libre vint agripper le poignet d’Emma alors qu’elle sentait déjà son souffle près de son oreille, tant il s’était penché vers elle afin qu’elle soit la seule à entendre ce qu’il allait dire.

    « A quoi tu joues ? »

    La question n’avait été qu’un murmure et c’est, dans la proximité qui les unissait, qu’Emma dégagea son poignet de la main d’Allan pour planter son regard dans celui de l’homme.

    « Je m’occupe de ma clientèle et, il serait agréable que tu viennes pas mettre en l’air mes affaires. Je ne te montre pas où se trouve la sortie ? »

    La réponse d’Emma était sèche, comme à chaque fois qu’elle avait répondue aux questions d’Allan, ne changeant pas son ton d’un iota afin de ne pas donner l’occasion à l’homme de douter de qui pouvait vraiment être le client potentiel. Si il y avait bien une chose qu’Allan respectait s’était bien la manière dont Emma gérait ses affaires, suffisait de voir la réussite de la Frost ainsi que de ce bar. Interférer dans les affaires de la damnée était se tirer une balle dans le pied, il prit donc la décision d’arrêter là… Pour aujourd’hui. Mais il n’était pas question pour lui d’abandonner. Son bras quitta la taille d’Emma et, il s’apprêta à partir. Mais voilà, Allan avait besoin de faire dans la provocation, sans prévenir, il passa une main sur la nuque d’Emma pour pouvoir poser un baiser sur ses lèvres. Gestes inattendus et difficilement évitables, avec sa main sur la nuque d’Emma pour être certain de ne pas la voir se défiler.

    C’est là que ce fut le plus dur. La première envie d’Emma, à défaut de vomir, fut de lui coller la claque de sa vie. Elle ne pouvait pas le faire. Allan justifierait son geste de normal, assurant qu’il a fait ça pour sauver les apparences face aux clients qui était arrivé alors qu’Allan plaquait Emma. Oui, il expliquerait qu’il a fait cela seulement dans le but de laisser comprendre à ce client potentiel que tout ce qui s’était passé à son arrivé était normal. Emma soupçonnait même qu’Allan puisse avoir ce genre de geste juste pour voir la réaction qu’elle pouvait avoir. Si elle réagissait avec trop de véhémence, il se mettrait trop facilement à avoir des doutes sur le pseudo client. Une fois encore elle fut obliger d’accepter, de sauver les apparences, alors que son envie première était de s’enfoncer sous terre pour ne plus en ressortir. Toujours pour rester dans le jeu d’Allan, et ne rien laisser paraître, elle lui servit un sourire. Un sourire qu’il adorait et qu’il pensait des plus sincère, parce qu’ils n’en n’avait jamais eu d’autre venant de la part de la damnée. En fait, la seule personne capable de savoir qu’il manquait une certaine sincérité à ce sourire était William, rare personne à avoir vu un sourire réel chez elle, ou un véritable rire.

    « On se revoit bientôt, histoire de finir cette discussion »

    Et c’est sur ces mots, qui pouvaient être entendus, qu’Allan quitta le bar pour sortir de l’établissement. C’est en passant dans l’entrée qu’il vit les fleurs posées. D’accord ce n’était pas une preuve en soit, mais loin d’être stupide – en plus d’être totalement paranoïaque – il va de soit que son esprit lui somma bien vite que le client n’était peut être pas si étranger que cela, et encore moins un véritable client. Revenir sur ses pas, avec le bouquet dans les mains pour demander des explications était la chose la plus stupide qu’il pouvait faire. Il y avait fort à parier qu’Emma, ou ce mystérieux client, puissent fournir des excuses. Le mieux était encore de reposer les fleurs au sol, de mémoriser le visage du client potentiel, et de faire son enquête, en laissant les deux imaginer qu’il ne se doutait absolument de rien. Les choses seraient tellement plus amusantes dans ce sens là. Un sourire sur les lèvres, l’esprit rempli de divers plans de bataille, il piétina les fleurs et sortit définitivement du bar… Pour cette fois.

    Pendant ce temps, Emma était resté derrière le comptoir refreinant sa furieuse envie de vomir le dernier geste d’Allan. Sentant encore sa présence – du moins, sa présence cérébrale, n’étant pas douée d’un odorat hors norme -, elle préféra ne pas dire un mot. Sa seule envie, qu’elle s’activa à satisfaire, fut d’attraper un verre pour y glisser du Whisky à l’intérieur. Dos à la pièce principale, elle avala le verre d’une traite, comme si cette simple action pouvait la laver de quoique ce soit, voir de la désinfecter des mains, ou des lèvres d’Allan… Peine perdue… Peut être que si elle enchaînait assez de verres, elle pourrait s’imaginer que rien ne s’était passé. Mais cela ne serait pas l’aider, son cerveau risquait d’être tellement en bouillie qu’elle serait capable de ne plus réussir à s’exprimer. Et elle allait probablement avoir besoin de sa capacité de réflexion pour trouver un truc à dire à William. Remonter le temps… Punaise, ça c’était un pouvoir qui devait être des plus utile… Surtout dans cette situation.

    C’était horrible, elle avait envie de ne plus sentir la présence d’Allan. Qu’il parte pour de bon. D’un autre côté, sa présence empêchait Emma de se confronter à William, de peur de laisser comprendre qui il pouvait être. Son cerveau fonctionnait à une vitesse folle, elle se sentait tellement mal de ce qui venait de se produire. Sans parler des explications qu’elle allait devoir fournir. Pourtant elle le savait, depuis le début… Dans quoi s’était-elle embarquée, alors qu’elle savait très bien se qu’elle traînait derrière elle ! Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Pire, comment pouvait-elle mettre William dans une telle position. Allan saurait, à un moment ou à un autre. Et si il comprenait qu’Emma ressentait quelque chose pour William ? Non, elle n’osait même pas imaginer cette éventualité. Bravo… Et dire que sa dernière envie était de protéger William, elle avait juste eu l’intelligence – de manière ironique – de faire tout le contraire…

    L’empreinte cérébrale d’Allan avait disparue pour de bon… Attrapant deux verres, une bouteille de whisky, elle quitta le comptoir pour aller s’installer à la table qu’elle avait désigner à William un peu plus tôt, prenant soin de prendre une grande inspiration le plus discrètement possible. Le moment qu’elle redoutait devait bien finir par arriver. Le tout était de savoir si elle allait sortir une excuse à dormir debout, ou si elle devait se montrer franche avec William… Et là une question assassine lui traversa l’esprit : Et si William avait entendu plus de chose que ce qu’elle voulait bien croire ? Une question qui avait fini de l’achever alors qu’elle s’installait sur la chaise, en posant les verres et la bouteille sur la table. Par où commencer ? Qu’est ce qu’elle devait dire, maintenant ?

    « Ok, alors je sais que les apparences sont contre moi, mais c’est pas ce que tu crois. Enfin, je veux dire que y a rien entre lui et moi, c’est juste… »

    Justification bancale. Emma avait tellement peut l’habitude de se justifier qu’elle ne savait même pas comment elle devait s’y prendre. Et puis, c’est juste quoi ? Sa première envie avait été de dire que c’était juste un client qui s’y croyait un peu de trop. L’excuse aurait pu passer, mais c’était prendre William pour un idiot, il y avait sûrement trop de signe pour que cela ne paraisse pas si crédible que cela. Encore plus si il avait entendu plus de chose qu’elle pouvait bien imaginer. Mais définir qui était Allan relevait de l’impossible, parce que ça impliquait tellement de chose. Ne sachant comment poursuivre, ce qu’elle devait dire, ou ne pas dire, elle attrapa la bouteille pour se servir un verre.

    « Un verre ? »

    Un verre ? Non sérieusement, elle avait vraiment réussi à lui proposer cela ? C’était tellement pitoyable qu’il serait peut être bon d’oublier cette phrase. Il devait se poser tellement de question et elle… Elle, tout ce qu’elle trouvait à dire s’était de lui proposer un verre. Bravo… Vraiment trop forte, sur ce coup !
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Lun 11 Oct - 22:02

Ayant réussi à articuler les quelques mots justifiant sa présence en ces lieux, William pouvait prendre quelques secondes pour faire le point sur la situation. Décidément rien ne se passait comme prévu, et cette soirée était en train de prendre une tournure désagréable. Qui était donc cet énergumène ? Il devait être passablement dangereux pour qu’Emma ne réagisse pas, alors qu’il était bien placé pour savoir ce dont elle était capable. Ou alors elle avait des raisons qui le dépassaient, ce qui était nettement plus plausible. Quoi qu’il en soit, elle était en fâcheuse posture et lui avait pourtant nettement signifié de ne pas intervenir, allant même jusqu’à lui demander de masquer son identité. Il avait la nette impression d’avoir débarqué au beau milieu d’un jeu qui le dépassait, et il n’aimait pas cela du tout. Lui qui aimait contrôler tout ce qui l’entourait était complètement décontenancé. Enfin… il aurait dû l’être nettement plus. C’était peut-être le plus surprenant dans tout cela. Ordinairement une situation pareille l’aurait immanquablement fait paniquer. Or là il avait réagit froidement, cherchant une réponse acceptable à la sollicitation d’Emma. Jamais il n’avait agi de cette façon là auparavant, du moins aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir.

Mais il n’eut pas l’occasion de pousser plus avant ses réflexions, son arrivée ayant apparemment incité le malotru à lâcher Emma. Celui-ci semblait avoir accepté son histoire… mais il valait mieux rester prudent. William continua donc à afficher un sourire niaiseux. Il avait bien fait de choisir un rôle d’andouille, cela au moins il savait le jouer. Mais visiblement le bonhomme ne sembla pas plus ennuyé que cela et venait de passer son bras autour de la taille de la jeune femme. William continua d’afficher son sourire de façade, réfrénant le flot de questions qu’il montait en lui. Plus tard… les réponses viendraient plus tard. Pour le moment il devait rester concentré.

En tout cas avoir misé sur la barrière de la langue semblait avoir été bien joué, car l’homme paraissait perplexe face à sa demande. Emma par contre répondit dans un français tout à fait correct si ce n’était une pointe d’accent tout à fait acceptable, et William se vit contraint de réfréner un sourire de surprise en découvrant cette nouvelle facette. Mais même s’il n’y était pas complètement arrivé, il n’était de toute façon pas anormal qu’un touriste soit agréablement surpris de trouver quelqu’un qui parle sa langue. Voulant continuer à jouer son rôle, il écarta donc une chaise de l’une des tables et s’y installa.

L’homme qui tenait toujours Emma contre lui ne paru par contre pas enchanté de cet échange dont il était exclu, mais malheureusement William ne put entendre ni ce qu’il lui murmura à l’oreille, ni la réponse de la jeune femme. Il vit par contre parfaitement Emma se dégager de son emprise ce qui le ravit profondément. La suite lui fit au contraire l’effet d’une grande claque, en voyant le butor soudain embrasser Emma… et celle-ci se laisser faire. Il avait bien fait d’accepter de s’asseoir ! Et heureusement que l’attention du bonhomme était focalisée sur elle car il ne put donc voir les yeux de William se fermer brièvement pour endiguer le flux d’émotions qu’il sentait monter en lui. Ce n’était vraiment pas le moment de faire l’imbécile. Pour cela aussi… plus tard… il y aurait forcément une explication… ou pas. Emma l’avait bien prévenu… non… c’était absurde… Il sentait sa maitrise de lui se fissurer secondes après secondes… il devait se calmer. Il avait confiance en elle, et c’était la clé de tout. Une chape glacée s’abattit brusquement sur le feu qui avait commencé le consumer, et il se contenta de jouer avec ses doigts sur la table comme quelqu’un qui attendait qu’on s’occupe de lui pourrait le faire. Et cela présentait également l’avantage de lui permettre de fixer ses yeux sur ses mains, détournant ainsi un regard noir qui l’aurait immanquablement trahi de la scène qui se jouait devant lui.

Quand il releva les yeux, Emma souriait à celui qui se tenait près d’elle. William ne savait plus quoi penser. En fait, il se refusait même à penser quoi que ce soit. Il fut néanmoins surpris par l’expression de la jeune femme. Elle ne ressemblait pas à celle qui était avec lui il y a quelques jours. Il y avait quelque chose de différent, de moins… sincère ? Oh comme il aurait bien aimé être capable de lire dans les pensées à cet instant précis ! Avoir la certitude que l’attitude présente d’Emma n’était que comédie ! Mais ce n’était pas dans ses possibilités, et il se réfugia dans la conviction qu’il éprouvait que les mots qu’ils s’étaient échangés alors, que le baiser qu’elle lui avait donné représentaient autant pour elle que pour lui.

William vit avec soulagement l’homme prendre enfin la direction de la porte, assurant à Emma la revoir incessamment sans même daigner lui demander son avis sur la question. Ce type était décidément tout ce qu’il y avait de plus antipathique, et en ce qui le concernait il ne souhaitait pas le recroiser de sitôt. William porta son regard vers Emma qui s’était tournée et n’avait pas dit un mot. Il lui semblait qu’elle avait saisi une bouteille de quelque chose mais de là où il était il ne pouvait déterminer de quoi il s’agissait, ni savoir ce qu’elle en faisait exactement. Qu’attendait-elle ainsi ? Pourquoi ne lui adressait-elle pas la parole ? Devait-il la rejoindre ? Avait-il mal compris sa demande et lui en voulait-elle de ne pas être intervenu ? Ne sachant quoi faire il restait stupidement assis sur sa chaise, perturbé par l’étrange l’impression qu’Emma attendait quelque chose qu’il n’arrivait pas à déterminer.

Ce temps d’attente laissa libre cours aux questions qu’il repoussait depuis tout à l’heure. Ce type mystérieux avait tenu des propos surprenants que William n’avait pas eu le temps d’analyser. Il l’avait appelée « reine blanche du club des damnés ». Quelle signification cela pouvait-il avoir ? Cela faisait très… mystérieux. Et terriblement romantique. Cela le serait nettement moins s’il y avait un rapport avec les fameux damnés dont il venait d’entendre parler à la radio, et hélas le comportement particulièrement brutal de son visiteur ne détonnait pas dans un tableau pareil. Mais ce pouvait tout aussi bien être une simple coïncidence. Et puis même si… Ah cela ne servait à rien de tourner en rond sur une question dont il n’avait pas la réponse. Elle seule pourrait la lui donner… si elle le souhaitait. Mais là il craignait dans le cas contraire d’avoir du mal à ne pas chercher à assouvir sa curiosité.

Reine blanche… ce surnom lui allait parfaitement. D’une reine elle avait bien des attributs. Dès la première fois qu’il l’avait rencontrée, il avait été séduit par sa grâce et son assurance. Coïncidence ou pas là aussi, il ne l’avait toujours vue habillée qu’en blanc, et aujourd’hui ne faisait pas exception. Mais tout cela était bien trop fantastique pour être réel, et il devait y avoir une explication plus… rationnelle.

Restait que visiblement le bonhomme s’intéressait de près aux relations d’Emma. Si William avait pu avoir le moindre doute sur le fait que ce type cherchait à en savoir plus à son sujet, la réaction d’Emma qui lui avait demandé de ne pas se faire connaître avait achevé de le convaincre. La bonne question était donc : pourquoi ? Etait-il un amant éconduit et jaloux ? Y avait-il toujours quelque chose entre eux ? En tout cas il n’avait pas renoncé à se tenir aux côtés de la « reine » d’après ses propres propos. Et bien là il y avait un souci si c’était bien d’Emma dont il s’agissait, ce dont le doute n’était pas vraiment permis. Car si William était bien entendu curieux d’en savoir plus à ce sujet, c’était avant tout Emma qui lui importait et à moins qu’elle ne le lui demande, il n’était pas prêt à céder sa place auprès d’elle… pour rien au monde.

A sa grande joie Emma quitta le bar pour se diriger vers lui, une bouteille et deux verres à la main. Mais Emma semblait particulièrement perturbée par ce qui venait de se passer, et à vrai dire on le serait certainement à moins. Se retrouver plaqué contre un mur, une main autour du cou, ne devait franchement pas être une expérience des plus agréables. Après avoir pris place à la table, elle prit enfin la parole.

« Ok, alors je sais que les apparences sont contre moi, mais c’est pas ce que tu crois. Enfin, je veux dire que y a rien entre lui et moi, c’est juste… »

William laissa un petit sourire égayer son visage. Toute cette histoire avait beau être rocambolesque, il était ému du fait que les premiers mots d’Emma soient pour le rassurer à leur sujet. Emu et quand même un peu surpris de constater que l’agression dont elle venait d’être la victime semblait passer au second plan.

« Un verre ? »

Souriant cette fois-ci pleinement, il s’adossa à sa chaise et laissa échapper un petit éclat d’un rire totalement spontané mais qui n’avait rien de moqueur.

« Tu es… absolument surprenante. Je crois que je n’arriverai jamais à prévoir tes réactions. »

Retrouvant rapidement une attitude plus modérée qui était plus habituelle chez lui, il se demanda s’il devait accepter le verre qu’elle lui proposait. Il ne buvait jamais d’alcool en dehors de chez lui, et même dans ces cas là il le faisait seul. Il savait qu’il avait besoin de toute sa vigilance pour minimiser les risques d’activation involontaire de son pouvoir. Mais là… et bien il n’y avait qu’elle et lui… à moins bien entendu qu’un nouvel invité surprise fasse son apparition, ce qui n’était jamais à exclure. La présence d’Emma était toutefois rassurante, et après tout il n’était pas obligé de finir son verre. Il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il prenait un risque inconsidéré, et ce fut d’une voix mal assurée qu’il lui répondit.

« Je veux bien… un verre. Juste… un fond. Merci. »

Du whisky. Si elle appréciait elle aussi cet alcool, ils avaient un autre point commun ! Mais ce n’était pas vraiment le moment de parler de cela. Il reprit cette fois-ci plus sereinement et sur le ton de la plaisanterie, essayant de détendre maladroitement l’atmosphère.

« Tu avoueras quand même… que l’on ne s’ennuie pas avec toi. Ne m’annonce pas maintenant que la salle n’est en fait pas vide… parce que là cela ferait beaucoup. »

Mais elle devait bien s’imaginer que de nombreuses questions tourbillonnaient dans sa tête, et même si elle choisissait d’en éluder certaines il ne pouvait pas s’abstenir de les poser. Plongeant son regard dans l’océan bleu de celui d’Emma, l’intonation de sa voix prit une teinte plus sérieuse.

« Tu n’as pas a te justifier devant moi de ce qui s’est passé. Je ne sais pas qui est ce… personnage. Mais quelqu’un qui agit de la sorte… ne te mérite pas. »

Le problème était qu’il n’était pas convaincu de lui-même mériter l’attention qu'Emma lui portait. Mais il était toutefois certain que quoi qu’il puisse se passer il ne se comporterait jamais de cette façon. Il ne voyait même pas ce qui pouvait pousser quelqu’un à le faire.

« Ne te sens pas obligée de répondre, mais… je souhaiterais comprendre… pourquoi t’a-t-il appelée... reine blanche ? »

Il n'osait pas aborder directement cette histoire de damnés, d'autant plus qu'il y avait peu de chances qu'il y ait un rapport quelconque et dans ce cas autant éviter de faire des analogies maladroites. Par contre ce surnom était trop intriguant pour qu'il ne s'y intéresse pas. William se souvint tout à coup du bouquet qu’il avait laissé dans l’entrée, et avant qu’Emma n’ait pu répondre il se leva et bredouilla.

« Ah... Une petite seconde... J'ai laissé... quelque chose dans l'entrée. »

Quelques pas rapides le menèrent dans le passage où il constata les dégâts. Il ne pouvait que se dire à posteriori qu'il n'avait pas été très malin de ne pas mieux cacher le bouquet. Mais d'un autre côté, comment aurait-il pu deviner ce qui se tramait dans la salle ? En tout cas, à moins que ce personnage soit un parfait crétin, il devait maintenant avoir de sérieux doutes concernant la raison de sa venue en ces lieux. Et flûte ! Non seulement cet homme était une brute, mais en plus il avait visiblement un caractère de cochon mesquin.

Ayant ramassé ce qui restait des malheureuses roses, William s'en retourna piteusement vers la table. Il ne lui vint même pas à l'esprit de cacher ce menu détail à Emma. Si cet homme était aussi dangereux qu'il le craignait, il fallait impérativement qu'elle sache qu'il pouvait se douter de quelque chose, quitte à ce que lui-même passe pour un imbécile à ses yeux. Cela il pouvait le supporter... mais pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. Regardant celle à qui il avait pensé offrir ce bouquet en hommage, il parla d'une voix blanche.

« Je suis... désolé. Je crains... que ton visiteur ait, par ma faute, compris... le but de ma visite. »

L'état du bouquet qu'il tenait à la main était suffisamment parlant pour qu'aucune autre explication ne soit nécessaire. Se disant que rester planté debout avec ses fleurs qui ne ressemblaient plus à rien à la main n'était pas forcément des plus adéquat, il posa ce dernier sur la table et reprit place sur sa chaise, n'osant plus regarder en face celle qu'il venait forcément de décevoir.


Dernière édition par William Baley le Lun 18 Oct - 15:57, édité 1 fois
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 13 Oct - 14:18

    Si il y a bien une chose qu’Emma décida de laisser de côté, pour cette conversation, s’était sa capacité à lire dans les pensées. Certes, l’exercice aurait été plus facile si elle entrait dans la tête de William, elle aurait un temps d’avance sur ses questions, elle saurait quoi lui répondre pour le rassurer, elle apprendrai ce qu’elle doit éviter de dire, … Mais tout cela n’aurait rimer à rien, ce n’était pas de cette façon que les choses devaient se faire. Son pouvoir ne devait pas le sortir d’un mauvais pas, elle se devait de faire les choses dans les règles, même si elle risquait le plantage, même si ça lui tenait étonnement à cœur. Et, la première chose qui lui était paru la plus importante, c’était de le rassurer ce qui pouvait exister entre Allan et elle. Une première phrase qui semblait rassuré William qui marqua un léger sourire, alors qu’il devait se poser tellement de question et que les scènes précédentes ne devaient pas donner envie de sourire de la sorte, aussi légèrement que ce soit.

    Mais c’est bien vite que ses certitudes s’ébranlèrent, elle ne savait quoi dire, par où commencer, ce qui convenait de révéler ou non. Alors la proposition de boire un verre, aussi ridicule soit-elle, était la seule chose qui lui était venue à l’esprit. Envie d’oublier ce qui venait de se passer, de ne plus penser au fait que rien ne s’était passé comme c’était prévu. Un verre ? C’était vraiment la seule chose qu’elle avait trouvé à dire ? Que c’était pitoyable ! A croire que c’était surtout elle qui avait besoin de boire pour l’aider à faire face à la situation. Pourquoi est ce que tout avait une tendance à devenir plus compliqué quand il s’agissait de William ? Et pourquoi, diable, avait-il fallu qu’Allan fasse son apparition aujourd’hui, à cette même heure où devait arriver William ? Si le destin existait, il avait vraiment un humour des plus douteux et Emma se serait bien fait une joie de lui faire parvenir sa façon de penser.

    Regardant son verre, qu’elle remplissait, Emma osait à peine relever les yeux vers William. Remercions l’action qu’elle était en train de faire qui lui permettait d’avoir une excuse pour ne pas affronter le regard de la personne qui lui faisait face. Il y a une réaction qu’elle n’avait même pas envisagé, c’était d’entendre le rire de William. Perplexe, elle arrêta de se servir, leva les yeux, et le vit souriant franchement. Là, sur le coup, elle du noter un certain blocage parce qu’elle ne comprenait pas vraiment ce qui pouvait l’amuser de la sorte. La situation semblait devoir apporter tout le contraire, pourtant.

    « Tu es… absolument surprenante. Je crois que je n’arriverai jamais à prévoir tes réactions. »
    « Je ne suis pas certaine que tu te sois vu ! »

    Pas de critique dans le timbre de sa voix, bien au contraire. La réponse était sortie de manière spontanée et irréfléchie. C’est juste qu’elle trouvait trop fort qu’on qualifie ses réactions de surprenantes, alors que lui venait de rire un peu. Logiquement il aurait du poser des questions, marquer un air septique, hurler dans le pire des cas, n’importe quoi mais rire… C’était vraiment surprenant. Mais c’est quand même elle qui était qualifiée de cette manière ! Le monde devait tourner à l’envers. Bien évidement elle avait marqué un demi sourire, qui ne pouvait pas être complet parce que son esprit n’arrivait pas encore à croire à 100% que William avait pu avoir une telle réaction. C’était tellement loin de ce qu’elle avait imaginée, qu’elle en gardait, encore, une certaine perplexité. Mais ça allait lui passer rapidement. Très rapidement, puisque William reprit une attitude qu’on pouvait qualifier de plus « normale » en vue de la situation.

    Il sembla hésiter sur l’acceptation du verre, ce qui fit hausser légèrement le sourcil valide d’Emma. Il ne lui fallu, cependant, que quelques secondes pour prendre conscience de là ou se trouvait le problème : le pouvoir de William. Elle ne pouvait oublier la crainte qu’il avait de la perte de contrôle de sa mutation, l’alcool ne devait donc pas être monnaie courante chez lui. Quelques secondes pour faire ce diagnostic et, donc, quelques secondes pour se mettre à regretter une question aussi indélicate. La surprenant, une nouvelle fois, il accepta le verre, du moment que cela n’était qu’un fond. Il était ridicule de le mettre à l’aise en demandant une confirmation, ou en lui expliquant que rien ne l’obligeait à boire. Maintenant qu’elle avait posé la question sans réfléchir, il serait indélicat de revenir en arrière. Elle servit donc un fond de Whisky dans le verre qu’elle poussa vers William, pour ramener rapidement sa main vers elle.

    « Tu avoueras quand même… que l’on ne s’ennuie pas avec toi. Ne m’annonce pas maintenant que la salle n’est en fait pas vide… parce que là cela ferait beaucoup. »

    Le ton avait beau être à l’humour, fait pour détendre l’atmosphère, Emma ne pu s’empêcher de faire un sourire mêlé d’une moue navrée. Un mélange qui n’appartenait qu’à elle, mais qui se dessinait par la culpabilité qu’elle ressentait face à la situation, face au fait qu’on ne s’ennuyait pas avec elle. Si elle avait eu le choix, elle aurait préférée ne pas s’ennuyer d’une autre manière, plutôt que d’avoir à faire à la venue d’un ex-amant un peu trop psycho sur les bords. Mais cette mimique se transforma en un bref rire, accompagné d’un sourire tout aussi rapide, quand il évoqua ce qu’elle avait pu lui faire à la statut de la liberté. Un sourire tinté d’espièglerie, un peu comme si elle voulait faire croire qu’elle était désolée pour cet épisode, tout en laissant parfaitement comprendre que ce n’était pas du tout le cas. Mais elle finit tout de même par secouer légèrement la tête, de manière négative, afin de le rassurer sur le fait qu’elle n’était pas entrain de cacher un certain nombre de personne à son esprit.

    Ce qu’elle n’aimait pas dans ce genre de ton, ce genre d’humour, dans ce type de situation c’est que cela annonçait toujours le moment ou il fallait passer aux choses sérieuses. Alors son sourire diminua doucement, relevant les yeux qu’elle laissa dans ceux de William, pendant que, lui aussi, décidait de reprendre sur un air plus sérieux. Il fallait bien que ce moment arrive, non ? Et pourtant, qu’est-ce qu’elle aurait souhaité éviter ce genre de moment… Ce genre de situation…

    « Tu n’as pas a te justifier devant moi de ce qui s’est passé. Je ne sais pas qui est ce… personnage. Mais quelqu’un qui agit de la sorte… ne te mérite pas. »

    Elle sui s’attendait à un flot de question fut, encore une fois, surprise par les mots qui s’échappèrent. Il s’était retrouvé dans une situation pouvant laisser libre court à toute une imagination possible et inimaginable. Il avait tous les éléments pour lui en vouloir, formuler des questions accusatrices. Tout cela aurait été parfaitement justifié. Mais non. Il trouvait le moyen de la gratifier d’une sorte de compliment. Et, qu’en plus, elle n’avait pas à se justifier. Emma allait dire quelque chose mais, bouche légèrement entrouverte, elle plissa les yeux pour finalement se retenir et reprendre une posture faciale plus normale. Qu’est ce qu’elle pouvait bien dire à cela ? Est-ce qu’il avait vraiment oser dire qu’elle réagissait de manière étonnante ?! A aucun moment il ne semblait avoir envie de l’accuser de quoique ce soit, tous les torts étaient donné à Allan. D’où lui venait cette confiance qu’il plaçait en elle de la sorte ? William en serait resté là, qu’elle aurait été capable de rester bouche bée, cherchant à comprendre ce qui la dépassait totalement.

    Peut être qu’elle n’avait pas une vision très objective d’elle-même mais, comment William était capable de lui faire confiance à ce point ? Ca, ça la dépassait complètement. Si elle se savait incapable de comprendre les raisons qui le poussaient à réagir de cette manière, elle ne pouvait pas nier ce battement de cœur que le sien avait loupé face à cette phrase. Cette joie folle qui se terrait dans un coin de son corps et qu’elle s’efforçait, pourtant, de faire taire. Le méritait-elle seulement ?

    « Ne te sens pas obligée de répondre, mais… je souhaiterais comprendre… pourquoi t’a-t-il appelée... reine blanche ? »

    Finalement, il fallait vraiment passer par les questions. Emma détourna le regard un court instant, le temps de réfléchir rapidement à ce qu’elle devait répondre. La première interrogation étant aussi simple que : vérité ou mensonge. Si elle optait pour la vérité, elle savait ce qui lui restait à dire. Si elle optait pour le mensonge, il fallait qu’elle trouve quelque chose qui tienne la route. Franchement, elle préférait cette dernière option. Mais c’était William, et le fait qu’il soit présent l’empêchait de trouver quelque chose de crédible, parce qu’elle n’avait pas envie de lui mentir.

    Ca doit être à ce moment que William fit sa première erreur : partir un court instant. Il avait laissé quelque chose dans l’entrée, et dans un sourire elle l’avait regardé s’éloigner. Il ne lui fallait que quelque seconde pour trouver un mensonge à dire, les yeux de William n’étant plus sur elle, tout redevenait plus facile. Après ça, il lui serait difficile de nier l’influence qu’il pouvait avoir sur elle. Mais pour le moment, il était retourné à l’entrée et elle en profita pour boire l’intégralité de son verre cul sec, effectuant une très légère grimace en reposant son verre sur la table. La seconde d’après, son verre était à nouveau rempli, et son esprit tournait à une vitesse folle, cherchant diverses explications à toutes les questions qui pouvaient lui tomber dessus. Partir, ne serait-ce qu’un bref instant, avait vraiment été une mauvaise idée, surtout quand on attend une certaine sincérité dans les réponses… Il venait juste de lui donner tout le loisir d’inventer une excuse probable.

    C’était horrible, parce que loin du regard de William, elle savait que mentir n’était pas une chose de bien. Mais, son raisonnement intérieur était plus fort, étant seule, et elle était capable de se trouver mille et une raisons de mentir. Un choix qu’elle arrêta en moins de quelques secondes. Difficile de croire, après ça, que c’était lui qui avait de la chance de tomber sur elle… Elle était loin de le mériter lui !

    « Je suis... désolé. Je crains... que ton visiteur ait, par ma faute, compris... le but de ma visite. »

    Le ton employait l’inquiétait et elle releva les yeux vers lui, s’était concentré sur son verre. A sa main un bouquet, enfin, ce qu’il en restait Il était toujours possible de reconnaître des roses, deux couleurs différentes : rouges et blanches. C’était difficile à décrire mais Emma avait envie de sourire pour l’intention, mais n’y arrivait à cause du discours de William. Allan… Comprenant le but de la visite de William. Connaissant l’homme il y avait peu de chance pour qu’il oublie le visage de William, peu de chance pour qu’il ne fasse pas son enquête. Loin d’être déçue, parce qu’il n’y pouvait rien, elle était surtout inquiète. Si Allan finissait par comprendre, elle laissait William courir un risque. Ne se l’était-elle pas interdit ?

    Emma resta un moment silencieuse, ce qui pouvait passé pour quelque chose de mauvais. Facile de croire qu’elle en voulait à William, alors que ce n’était pas le cas. Tristement une pensée lui traversa l’esprit : si il pensait qu’elle lui en voulait, ne serait-ce pas mieux de le laisser penser ainsi ? Peut être qu’il partirait de lui-même – elle, étant incapable de lui demander de le faire – et que cela lui assurerait une certaine sécurité. Attrapant son verre, elle bu une longue gorgée, le reposa et inspira profondément. Il était peut être temps d’apporter certaines explications.

    « Ne soit pas désolé. De toute façon, il aurait comprit à un moment ou à un autre. » Essayant d’alléger le ton, elle reprit « Il a toujours eu une tendance assez tenace » Reprenant plus sérieusement « Mais c’est pas grave si il a comprit quelque chose »

    Le sourire qu’elle faisait à la fin de sa phrase se voulait rassurant. En tout cas elle espérait berner les esprits de cette manière parce qu’elle était tout, sauf rassurée. Un point qui pouvait peut être se voir par son regard fuyant. Dans le fond elle avait peut être envie de préservée William, peut être qu’elle pouvait agir plus vite qu’Allan et régler le problème par elle-même. En même temps, si elle n’arrivait pas être plus rapide que lui… Si elle ne disait rien à William, elle le mettait sûrement un peu plus en danger. Etait-il judicieux de l’avertir du danger potentiel ? Argh ! Tout s’embrouillait, elle ne savait pas. Pourquoi tout devait être aussi compliqué. Elle marqua un court instant de silence, puis se décida. Plongeant son regard dans celui de William.

    « Histoire de commencer par le début. Reine blanche c’est juste un nom. Un peu comme un nom de scène, vu l’endroit ou je travail c’est pas étonnant. Toutes les filles, ici, on un surnom : diamond, crytal, et ainsi de suite. Je gère l’établissement, il a été décidé que pour moi ce serait Reine. Blanche, c’est juste parce que je passe ma vie habillée en blanc. »

    Elle y avait mit toute la conviction dont elle était capable, mais son regard restait fuyant un peu trop souvent. Ce qu’il pouvait être difficile de lui mentir. Les doigts d’Emma ne cessaient de jouer sur le tour de son verre, en le faisant tourner sur lui-même, comme mal à l’aise. Mal à l’aise ?! Normal, elle était juste en train de mentir à la seule personne à qui elle n’avait pas envie de le faire. Elle serait parfaitement ennuyée si il avait ajouté le nom des damnés dans le lot, parce que sa théorie ne tiendrait plus et il lui serait encore plus dur de s’en sortir sans une véritable explication. L’avantage de commencer par cette explication, c’est qu’elle enchaîna rapidement sur une autre, comme si elle cherchait à passer son mensonge sous silence.

    « Pour ce type, c’est… Disons que c’est une relation brève qui s’est assez mal finie. Il à un tempérament assez jaloux et quand il a bu, ce qui était le cas aujourd’hui, il serait capable de foncer sur n’importe qui. D’où la demande de jouer les touristes. Je suis navrée que t’es assisté à ça, ce n’est vraiment pas ce que j’avais prévu. »

    Un sourire désolé passa sur ses lèvres alors qu’elle reportait son attention sur le bouquet de fleurs qui avait subi les foudres d’Allan. Passant une main sur l’ensemble du bouquet, elle finit par reposer son regard sur William.

    « J’vais pas dire que le bouquet est magnifique, sinon je vais pas être crédible pour la suite » Lança t-elle dans un sourire avant de reprendre plus sérieusement « Mais l’intention l’est, en tout cas. Merci. »

    Et comme une adolescente rougissante, ne sachant plus quoi faire de ses mains, elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille. Opération qu’elle s’était interdit de faire car s’était précisément cette mèche qui lui permettait de cacher le pansement, discret, qu’elle avait au niveau de son arcade sourcilière. Le pire, c’est qu’à ce moment précis, elle ne s’en rendit même pas compte.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Lun 18 Oct - 15:56

William se serait giflé. Prendre soin de ne pas rentrer avec son bouquet à la main pour le poser bêtement en évidence derrière la porte avait été d’une stupidité rarissime. Mais c’était fait et il ne pouvait plus revenir là-dessus. Le silence d’Emma ne faisait hélas que souligner l’idée qu’il se faisait de l’avoir cruellement déçue. Il n’était décidément pas bon à grand-chose. Juste à n’apporter que des ennuis aux personnes auxquelles il tenait. Il perçu chaque mouvement de la jeune femme, jusqu’à la profonde inspiration qu’elle prit avant de lui répondre. Il en prit chacun comme une lance qui lui transperçait le cœur.

« Ne soit pas désolé. De toute façon, il aurait comprit à un moment ou à un autre. Il a toujours eu une tendance assez tenace Mais c’est pas grave si il a comprit quelque chose »

Il mit quelques secondes à assimiler ce qu’il venait d’entendre. Pouvait-elle vraiment lui pardonner ce faux pas extrêmement maladroit ? Le ton employé et le sourire que William put voir en relevant les yeux vers elle semblaient le confirmer, et le rassura quelque peu concernant les conséquences de son manque de discernement. Mais il se jura de se montrer plus prudent à l’avenir. Emma marqua un temps avant de reprendre, et il dut se forcer à ne pas se perdre dans le regard qu’elle posait maintenant sur lui.

« Histoire de commencer par le début. Reine blanche c’est juste un nom. Un peu comme un nom de scène, vu l’endroit ou je travail c’est pas étonnant. Toutes les filles, ici, on un surnom : diamond, crytal, et ainsi de suite. Je gère l’établissement, il a été décidé que pour moi ce serait Reine. Blanche, c’est juste parce que je passe ma vie habillée en blanc. »

Tout simplement. C’était bien de lui cela, toujours chercher des explications compliquées en réponse à des questions simples. Cela semblait pourtant tellement logique de cette façon là. Il aurait dû y songer de lui-même, et éviter de se ridiculiser en posant cette question totalement hors de propos étant donné ce qui s’était passé. Décidément ce soir il n’était pas capable de réfléchir trois secondes avant d’agir ou de parler. C’était… pitoyable. Mais il n’eut pas le temps de commenter la réponse d’Emma qu’elle reprenait déjà.

« Pour ce type, c’est… Disons que c’est une relation brève qui s’est assez mal finie. Il à un tempérament assez jaloux et quand il a bu, ce qui était le cas aujourd’hui, il serait capable de foncer sur n’importe qui. D’où la demande de jouer les touristes. Je suis navrée que t’es assisté à ça, ce n’est vraiment pas ce que j’avais prévu. »

Même s’il ne le lui avait pas demandé, elle s’était sentie le besoin de lui expliquer qui était ce sinistre personnage, et William lui en était reconnaissant. S’il y avait une chose qu’il appréciait particulièrement, c’était d’engranger des informations. Le travail qu’il avait accepté en arrivant ici était parfaitement dans cette lignée, lui donnant accès à une quantité de données dont il n’avait en fait pas fait un grand usage… pour le moment. Il avait été beaucoup trop focalisé sur sa petite existence. Donc même s’il aurait parfaitement compris qu’Emma ne souhaite pas revenir sur le sujet, le fait qu’elle lui en dise plus l’intéressait énormément. Peut-être que cela lui permettrait de mieux la comprendre.

Là aussi, l’explication d’Emma était tout ce qu’il y avait de plausible, d’autant plus qu’il ne voyait pas pourquoi elle irait lui raconter des histoires. Il y avait juste un petit élément qui le faisait tiquer. Un petit rien… mais cela le perturbait. Ce malotru avait bu ? Tant que cela ? William n’était pas un spécialiste de ce genre de chose, mais il n’avait remarqué aucun signe qui pouvait laisser penser cela. Surprenant. Bon, après tout il ne l’avait pas approché de suffisamment près pour être certain de quoi que ce soit, ce qui n’était hélas pas le cas d’Emma qui devait donc bien savoir ce qu’elle avançait. Mais c’était quand même curieux. Etait-ce cela qui lui fit remarquer la façon un peu fuyante dont elle le regardait depuis quelques instants ? Mais pourquoi irait-elle inventer des choses pareilles. Non… il fallait qu’il cesse de se monter des romans à partir de rien. Pour ce regard aussi il devait y avoir une raison simple… peut-être tout l’avait-il réellement déçue. Mais jusque là, quand il avait joué les imbéciles, elle avait toujours su le lui dire. Alors… il ne savait plus quoi penser.

Quoi qu’il en soit, Emma paru sincèrement désolée de la mésaventure des fleurs qu’il avait apportées. Son sourire et le geste qu’il l’accompagnait firent instantanément oublier à William ses doutes infondés.

« J’vais pas dire que le bouquet est magnifique, sinon je vais pas être crédible pour la suite. Mais l’intention l’est, en tout cas. Merci. »

William ne su quoi répondre à ce compliment concernant son intention. Il avait simplement voulu lui faire plaisir. Et peut-être un peu plus… Les fleurs avaient un langage. Loin d’être un spécialiste dans ce domaine, il avait essayé de s’appliquer dans le choix de celles-ci. Les roses rouges étaient connues pour symboliser la passion. Les blanches l’étaient un peu moins pour ce qui touchait à l’amour pur. Quand au choix des roses sauvages… était-il effectivement prêt à la suivre quoi qu’il arrive ? Son cœur lui répondait que oui. Son cerveau que c’était absurde. Ce dernier n’avait pas voix au chapitre, mais étant donnés ses derniers faux pas peut-être serait-il judicieux qu’il lui relâche un peu la bride. Quoi qu’il en soit, il se trouvait un peu ridicule d’être encore une fois allé compliquer ce qui n’était en fait que le simple geste d’offrir un bouquet ! Il ne savait même pas si la jeune femme en avait compris la signification. Mais peut-être que l’important n’était pas ce qu’elle avait pu interpréter, mais ce que lui avait voulu faire passer. Il avait choisi cette composition en fonction de ce qu’il ressentait… peut-être était-ce là l’essentiel.

Il aurait pu continuer à se laisser aller à ces considérations, d’autant plus qu’Emma était ravissante avec son petit air gênée, si ce n’était le geste qu’elle fit pour dégager une mèche de cheveux et qui laissa apparaître un pansement discret au dessus de son œil. L’expression de joie à l’idée qu’elle avait apprécié son geste venait de se figer en un masque d’inquiétude soudaine. Comment s’était-elle donc fait cette blessure ? Bien entendu, cela pouvait arriver à tout le monde de se cogner. Là aussi, c’était une explication simple. Mais seulement quelques jours avant les évènements de ce soir… cela faisait une coïncidence qui le mettait mal à l’aise.

La vue de la blessure d’Emma lui fit également prendre conscience à quel point il s’était montré indélicat ce soir ! Pris dans l’élan des questions qui étaient issues du passage de ce visiteur indésirable, il en avait oublié l’essentiel. Il était impardonnable ! Se rapprochant doucement de celle dont il aurait dû s’enquérir de l’état bien avant, il demanda d’une voix inquiète.

« J’espère qu’il ne t’a pas fait trop mal. »

Inutile de préciser qu’il avait vu la façon dont cet homme l’avait maintenue contre le mur. Elle savait pertinemment qu’il était présent à ce moment là. Laissant son regard dériver vers le pansement qu’elle portait, il reprit.

« Tu n’as pas de chance en ce moment. Visiblement… tu as déjà eu quelques… soucis. »

Rien à faire, il n’arrivait pas à s’enlever de l’esprit que cela faisait quand même beaucoup en peu de temps. Et puis… en repensant à la scène qui s’était déroulée plus tôt… il y avait là aussi quelque chose de curieux. Il était bien placé pour savoir ce dont Emma était capable. Elle lui avait même dit pouvoir aller jusqu’à contrôler l’esprit de quelqu’un. Alors… il serait étonnant que contre une brute lambda elle se soit laissée faire ainsi. Il n’y avait qu’une conclusion qui s’imposait… du moins avec une forte probabilité. Trop forte.

William regarda Emma. Toutes les discussions qu’ils avaient eues la dernière fois lui revinrent en mémoire. Il lui avait dit qu’il redoutait par-dessus tout lui faire courir le moindre risque. Elle lui avait dit à peu près la même chose. Et là il ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle craignait pour lui autant qu’il se souciait de son état et de ce que cet individu pourrait lui faire. Louable… et charmant. Mais il se refusait à être un fardeau qu’elle porterait, d’autant plus que cela risquait d’avoir pour conséquence qu’elle le rejette pour le protéger. Et cela… c’était inenvisageable.

« Merci de tes précisions… concernant cet homme. Mais… dis-moi… quelles sont vraiment… ses capacités ? »

Il avait insisté sur le dernier mot. C’était la seule explication probable. Un mutant, lui aussi, capable de quelque chose qui suffisait à faire hésiter Emma à prendre le risque de lui réarranger un peu les synapses. Si jamais il devait revoir ce sinistre personnage, autant qu’il en sache le plus possible. Et si cela pouvait persuader Emma qu’il n’était pas aussi naïf qu’il le paraissait, qu’il pouvait l’aider… et bien ce serait un pas dans la bonne direction… celle qui lui permettait de rester avec elle.

William n’avait pas touché à son verre depuis qu’Emma le lui avait servi. Il prit une gorgée, avec toute l’appréhension que le fait de boire de l’alcool en dehors du cadre protecteur de son appartement pouvait faire naître en lui. Et si l’homme revenait ? Il avait été à la limite du contrôle de son pouvoir tout à l’heure, alors avec une dose de whisky dans le sang cela n’allait pas s’arranger. C’était complètement déraisonnable ! Sa décision d’accepter un verre avait été prise en se reposant sur la capacité d’Emma à se protéger de son pouvoir. Mais pourrait-elle le faire si à côté de cela elle devait affronter une autre menace ? Il reposa finalement son verre à peine entamé.

Tout ceci était perturbant. William avait beau être un mutant lui-même, il avait l’impression de ne commencer que maintenant à prendre conscience de ce que cela impliquait réellement… de l’univers qui gravitait autour de ce concept. Ces « damnés » dont il venait d’entendre parler à la radio… il n’y avait jamais vraiment prêté attention jusqu’ici.

A propos de damnés… En suivant la logique de l’explication d’Emma concernant son surnom de « Reine Blanche », qui lui allait à merveille ceci dit, on en arrivait à la conclusion logique que c’était cet établissement qui était surnommé « club des damnés ». Ou alors il y avait encore quelque chose qui lui échappait. Pensant détendre l’atmosphère, et également désireux d’assouvir ce reliquat de curiosité, il sourit à Emma et parla d’un ton plus léger.

« Au fait, pourquoi avoir surnommé cet endroit « club des damnés » ? »

Ce ne fut qu’après avoir posé cette question qu’il ne réalisa que pour cela aussi cela faisait beaucoup de coïncidences. Des damnés, un club du même nom, une reine, un mutant violent et un groupe terroriste… Et Emma au milieu de tout cela. Soit il commençait à devenir vraiment paranoïaque… soit il y avait quand même quelque chose qui continuait de clocher dans tout cela.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mar 19 Oct - 19:33

    Une simple gêne. Un simple geste. Une grossière erreur…

    Emma s’était empressée de replacer une mèche de cheveux, le geste n’avait pas vraiment été calculé, ça tenait plus du réflexe d’adolescente qui se sentait gêner face au présent qu’on lui présentait. Un geste qu’elle n’aurait jamais du faire, ce qu’elle comprit au moment même ou le sourire de William s’effaça pour laisser place à un visage inquiet. Oui, elle comprit à ce moment bien précis qu’elle venait de lui donner accès au pansement qu’elle s’était efforcer de cacher derrière cette mèche de cheveux qui n’aurait jamais du bouger de sa place. Le visage de la damnée se figea un instant. Un court instant pendant lequel elle regrettait de ne pas pouvoir s’envoyer elle-même des rafales mentales, juste pour qu’elle comprenne qu’elle était plus que stupide. Comme si il n’y avait pas assez de chose à expliquer, elle était, en plus, obliger de faire étalage de blessure. Bravo. On pouvait difficilement faire plus fort, sur ce coup.

    « J’espère qu’il ne t’a pas fait trop mal. »

    En vue du rapprochement qu’il avait effectuer, de l’inquiétude qu’il avait marqué sur son visage à la vue du pansement, elle ne s’attendait pas à cette première remarque, s’imaginant plus un « qu’est ce qui t’es arrivée ? ». Au lieu de cela, il préféra s’inquiéter, en premier lieu, d’un sévices quelconque qu’aurait pu avoir Allan sur sa personne. Qu’il s’inquiète était vraiment adorable, mais elle aurait tellement préféré que toute cette situation n’est pas eu lieu. Sans même attendre, elle secoua doucement la tête de manière négative pour lui assurer qu’elle n’avait pas eu mal. Un peu secouée, serait plus juste, mais elle se garderai bien de le dire. La douleur n’était pas physique de toute façon, mais mentale. Surtout quand elle songeait à ce que tout cela pouvait apporter, à tous les torts que ça pouvait causer à William. Et tout ça pourquoi ? Parce qu’elle n’était pas foutue de s’éloigner quand elle le devait. Parce qu’elle était incapable de faire une croix sur des envies qu’elle avait et qui, pourtant, pouvait protéger William. Parce qu’elle était assez stupide pour croire que les choses se passerai bien, que toutes ses actions passées et futures pourraient rester en dehors de leur histoire à eux d’eux. Depuis quand était-elle devenue aussi naïve ?

    Le fait que William cherche à savoir si elle n’avait pas eu mal, lui rappelait une fois de plus qu’il en avait vu bien trop. Jamais, jamais, les choses n’auraient du prendre ce tournant. Jamais il n’aurait du se retrouver là au même moment qu’Allan. Jamais il aurait du être témoin de tout ce qu’il avait pu voir. Emma se serait bien passé de ce genre de situation, aussi bien pour elle que pour William, qu’elle cherchait à préserver de sa vie à elle. C’était vraiment utopique de vouloir le séparer de sa vie. Au fond, elle ne faisait que récolter ce qu’elle semait. William n’avait pas à faire les frais de tout cela.

    « Tu n’as pas de chance en ce moment. Visiblement… tu as déjà eu quelques… soucis. »

    Elle avait vu le regard de William dévier vers cette petite bande blanche, qu’elle portait au dessus de l’œil. Difficile de ne pas comprendre à quoi il était en train de faire allusion. Si elle devait compter les erreurs de William : ne pas poser de questions clairement, mais les sous entendre, faisait partit des plus grandes erreurs quand on s’adressait à Emma. Il lui laissait la possibilité, et s’était tout à son honneur, de ne pas répondre. Il signifiait juste qu’il avait remarqué, après c’était à elle de décider si elle voulait expliquer ou non ce point. Ce qu’elle ferait, sûrement. Mais en l’absence de question limpide, elle s’accorderait une réponse qui ne collerait pas spécialement avec la vérité. Lui laisser un large choix de manœuvre, s’était risquer de la voir répondre par un mensonge, ou par une vérité dont elle oublierait de révéler la majeure partie des informations.

    « Rien de grave, erreur d’inattention »

    Avait-elle lâcher dans un souffle, sans chercher à donner plus d’explication. D’ailleurs la justification pouvait se servir à elle-même, en l’absence de réponse concrète. Elle ne voyait pas ce qui justifierai une explication plus poussé, expliquer la tentative de braquage qu’avait subi l’établissement, la manière dont elle s’était mangé le coin de la caisse enregistrer, ni les cadavres qui avaient occuper le parquet il y a moins de 48 heures. Plus aucunes traces ne restaient, le comptoir avait été remis à neuf. Un détail que William ignorait, vu qu’il n’avait pas mit les pieds dans ce lieu avant ce nouveau comptoir. Le pire c’est qu’elle n’avait pas menti en sortant cette phrase. C’était effectivement rien de grave. Et une véritable erreur d’inattention vu qu’elle avait préférée s’inquiéter de l’état de sa nouvelle robe et des débris qui le recouvrait, plutôt que de se transformer en prévision de la réaction d’un des braqueurs.

    Ce n’est pas qu’elle prenait un malin plaisir à ne pas donner toutes les informations, mais la séance à laquelle il venait d’assister était déjà bien suffisante, sans avoir à ajouter les derniers évènements. Il n’était pas nécessaire de l’inquiéter davantage. En réalité, une part d’elle n’avait simplement envie de le voir fuir pour un enchaînement de chose, dont elle se passerait bien, mais qu’elle ne trouvait pas étonnantes outre mesure. C’était des incidents fâcheux, qui pouvaient la mettre sur les nerfs, mais en aucun cas elle ne considérait ces évènements comme quelque chose de grave, ou d’inquiétant. Quoique, le retour d’Allan, c’était assez fâcheux. Mais même pas pour elle-même, s’était surtout vis-à-vis de William.

    « Merci de tes précisions… concernant cet homme. Mais… dis-moi… quelles sont vraiment… ses capacités ? »

    La façon dont il avait d’insister sur le dernier mot, comme si cela ne faisait aucun doute qu’Allan soit un mutant, fit relever les yeux d’Emma vers William. Elle esquissa un léger sourire, parce qu’il en vienne à ce genre de déduction ne l’étonnait guère. Il avait sa façon bien à lui de retenir les informations, de les ressortir et d’en faire quelque chose. A aucun moment elle n’avait prit la liberté de croire que William était stupide, ou incapable de réfléchir. Naïf ? Elle ne savait pas encore, peut être qu’il pouvait l’être sur certain sujet. Mais, quoiqu’il arrive, ce n’est pas le premier qualificatif qu’elle donnerai si elle devait le décrire. Bien au contraire.

    Un court instant, elle fixa William de ses prunelles bleues. La question ne permettait pas de s’échapper par une pirouette verbale, contrairement à d’autre. Elle avait juste besoin de réfléchir sur le fait de lui répondre ou non. Elle ne savait pas encore si le fait de lui répondre allait donner une sorte de danger potentiel, sous entendre que la situation était plus critique que ce qu’elle avait bien voulu dire. D’un autre côté, répondre par la négative serait ne pas être sincère sur un point qui ne semblait pas faire le moindre doute. Elle mentait, et oubliait de dire certaine chose, de manière assez importante pour ne pas risquer de perdre sa crédibilité sur des choses qui ne laissaient pas de doute. Alors que William semblait s’interroger sur le fait de boire, ou non, son verre, Emma se décida à répondre doucement.

    « Hyper-vitesse. C’est un mutant de niveau 2 qui, par définition, peu surprendre par sa rapidité d’action. »

    C’était loin de justifier les raisons qui la poussait à ne pas agir contre lui, mais la question ne lui était pas poser. Elle se passerai donc de réponse à ce sujet. Elle ignorait encore si c’était une bonne chose de lui dire cela, ce que cela pouvait entraîner. Elle n’avait aucune envie de tirer une sonnette d’alarme, et encore moins inquiéter William. Mais il y avait un point qui l’avait fortement décidé à lui dire : Allan était un acharné, si il avait comprit qui était William, il y avait de trop grandes probabilité qu’il cherche à le rencontrer. La mutante se passerai bien de ce genre de chose et se promit de tout faire pour éviter cela, mais elle ne pouvait pas non plus avoir un contrôle totale sur les actions d’Allan ou de William. Ca, par contre, c’était carrément flippant. Pas qu’elle n’avait pas confiance en William, mais elle savait de quoi était capable Allan. Et dire qu’elle avait osé répondre qu’Allan avait été une brève relation… Deux ans, ça tenait du record, pourtant !

    La damnée en avait sûrement trop dit en parlant de niveau de mutation difficile de paraître crédible en disant qu’elle le connaissait sans plus. C’est pas comme si les mutants se baladaient avec une banderole lumineuse annonçant leur niveau de mutation. Mais, en donnant le niveau, elle avait surtout espéré pouvoir minimiser le danger qu’Allan pouvait représenter. Comme si il avait besoin d’un pouvoir pour être inquiétant. A croire qu’il avait été à bonne école. Une pensée qui suffit a démoralisé Emma, se souvenant de ce qu’elle était capable de faire. Le pire c’est que c’était surtout instinctif et, maintenant, elle s’embarquait dans une histoire avec une autre personne. Comment pouvait-elle croire que cela serait différent avec William ? Qu’elle ne lui causerait aucun tort ? Comment pouvait-elle, seulement, être aussi naïve avec elle-même ?

    Le regard d’Emma se posa un instant sur le bouquet, une lueur légèrement inquiète dans le regard, semblant lointaine une courte seconde. 400 ans d’existence servaient à avoir certaine connaissance. Il fut un temps ou on offrait des fleurs en les choisissant pour des raison précise et non pas parce qu’elles sont belles, ou parce qu’elles sont moins chères que d’autre. Chacune ayant une signification. Une connaissance pas très prononcée, mais assez pour savoir ce que représentaient les couleurs et les fleurs choisies. Une connaissance qu’elle n’avait pas eue envie de signifier, préférant parler d’intention plus que d’autre chose. Cela serait se mentir que de dire qu’elle n’avait pas fait un blocage sur le choix des fleurs, ainsi que sur la couleur blanche. Est-ce que lui savait ce que ça signifiait ? Est-ce qu’il était vraiment prêt à la suivre ? Parce qu’elle, elle n’arrivait pas à en être certaine. Du moins, l’idée la dérangeait dans le sens ou elle était persuadée de lui causer plus de tort qu’autre chose, et elle se demandait encore si elle pouvait l’accepter sans rien dire. Est-ce qu’il était logique de penser tenir à une personne, tout en sachant que cela risquerai de faire souffrir cette dite personne ? Parce qu’elle trouvait qu’il y avait comme un décalage.

    « Au fait, pourquoi avoir surnommé cet endroit « club des damnés » ? »

    Il ne lui fallu pas plus d’un quart de seconde pour relever un visage blême vers William. Visage qu’elle tenta d’effacer rapidement pour laisser place à un visage perplexe. Ca se n’était pas prévu au programme, loin de là. Pourquoi fallait-il qu’il parle de damnés. Et pourquoi pensait-il que le Coyote Ugly s’appelait le club des damnés ? Elle se souvenait parfaitement des raisons qu’elle avait donné pour justifier son statut de Reine Blanche. Et son cerveau ne mit pas bien longtemps à se souvenir qu’Allan avait sortie un truc du genre « Reine Blanche du club des damnés ». Mais depuis combien de temps William était-il là ? Qu’est ce qu’il avait entendu au juste. Et là, elle culpabilisait de manière horrible. Parce que le ton de la voix de William, indiquait qu’il ne pensait pas à mal, que sa question n’avait pas vraiment de répercussions.

    Il lui suffirait, pourtant, de sortir pour voir que l’enseigne indiquait « Coyote Ugly », rien à voir avec « Club des Damnés ». Si elle trouvait une excuse pour répondre à sa question, il comprendrait à un moment ou à un autre qu’elle avait menti. D’un autre côté, lui donner les vraies raisons, signifiait aussi de lui dire qu’elle lui avait déjà mentie. Et là, elle se retrouvait dans une situation encore plus inconfortable que prévue. Ce qui devait se voir à sa manière de baisser les yeux sur verre, de laisser ses doigts jouer avec le tour de celui-ci, tout en cherchant ce qu’elle pourrait dire.

    « Le club des damnés n’a rien à voir avec cet endroit. »

    Aucune joie dans ce qu’elle était en train de dire, laissant son regard vogué sur son verre, n’osant même pas affronter celui de William. Sa voix était audible, mais demeurait basse. Finalement, elle préférait quand les questions étaient moins ciblées, moins directes. Elle avait une marge de manœuvre plus importante. Là, elle se retrouvait bloquer entre le fait de lui mentir, et lui faire comprendre que c’était déjà fait. On pouvait difficilement espérer trouver pire situation pour un début. Décidément, elle était incapable de faire les choses bien, ou de les faire normalement. En même temps, qu’est ce qu’il y avait de normal quand on avait la vie qu’elle possédait ?

    Et maintenant, qu’est ce qu’elle devait faire ? S’arrêter là, en attendant patiemment la prochaine question, ou devancer le tout et répondre par avance. On avait pas mal parler du groupe des damnés ces derniers temps, surtout depuis la prise d’otage d’Alice Drake. Est-ce que William avait fait un rapprochement entre les deux. Elle était en train de le laisser patauger avec des termes comme : Damnés, un type qui sortait de nulle part et ne semblait pas des plus amical, une blessure sur l’arcade sourcilière (même si ça n’avait pas de rapport, avec le reste) et elle esquivait ses questions comme elle pouvait. Franchement qu’est ce qu’elle pouvait imaginer qu’il puisse penser à son tour ? Laissant son verre tourner entre ses doigts, qu’elle ne quittait pas des yeux, elle s’appuya sur le fond de sa chaise. Un court instant, plus tard, elle leva les yeux vers William.

    « Il faut voir ça comme une sorte de comité de soutient envers un groupe, dont les membres ne peuvent se faire connaître directement en vue de leur activité ou de leur place dans la société »

    Pas la peine de dire qu’elle groupe elle « soutenait » en vue du nom du club. Bien que, dans son cas, elle faisait plus que soutenir financièrement, elle avait assez prouvé une certaine loyauté pour pouvoir recruter pour le groupe des damnés. La dernière recrue en date étant Neve. Elle n’était même pas foutue de rester comme une bonne donatrice, en restant dans son coin ! Et maintenant elle se retrouvait stupide à devoir expliquer un tas de chose. Cela dit, si elle s’accordait le droit d’en parler c’est parce qu’à ce moment très précis, elle imaginait qu’elle ne laisserait pas partir William sans un léger effacement de données dans un coin de son cerveau. Elle ne pouvait risquer de laisser une personne avec ce genre d’information, parce que, pour elle, il y avait peu de chance que les choses soient prit de la meilleure manière qu’il soit.

    « Les place sont désigné par les pièces d’un échiquier, selon l’importance des membre, ainsi que des couleurs… Le surnom qu’Allan à pu employé, n’a rien à voir avec cet endroit. »

    Envie de s’enfoncer au plus profond de la terre, ne pas voir sa réaction, attendre que ça passe et tout effacer. L’avantage – de manière ironique – c’est que si il réagissait mal, elle effacerait tout et cela la motiverait à couper les ponts avec lui. C’était hallucinant d’avoir une partie de soit qui demande qu’il réagisse mal, et une autre partie qui cherche à comprendre sans émettre de jugement trop hâtif… En même temps, y a pas de jugement hâtif, mais des jugements justifiés dans ce genre de cas !
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 10 Nov - 16:55

Une erreur d’inattention. Oui… cela pouvait arriver à n’importe qui. En tout cas c’était donc ce qui était à l’origine du pansement ornant l’arcade sourcilière d’Emma. Elle n’avait pas donné plus de précisions et la formulation employée laissait penser qu’elle ne souhaitait pas s’étendre sur ce sujet. William resta donc discret, mais son inquiétude devait être palpable. Et puis il n’aimait pas voir ce doux visage blessé ainsi. Et puis penser qu’elle ait pu avoir mal le perturbait. Et puis… et puis zut ! Il ne pouvait pas l’entourer de coton et la protéger dans un écrin, alors il allait bien falloir qu’il s’habitue à l’idée qu’elle pouvait se blesser, comme tout le monde.

Mais rien à faire, pour le moment cela restait un sujet sur lequel il était particulièrement sensible. Et si en plus des individus patibulaires se mettaient à roder autour d’elle, cela n’allait pas arranger les choses. Elle avait beau avoir répondu par une dénégation muette quand il lui avait demandé si son visiteur lui avait fait mal, rien ne prouvait que celui-ci n’allait pas revenir et se montrer encore plus brutal. D’ailleurs l’homme lui avait bien dit qu’ils allaient se revoir pour « finir cette discussion ». A cette simple idée William sentit son sang se glacer.

Et en plus Emma confirmait donc que ce sinistre personnage, en plus d’être antipathique, possédait bien lui aussi un pouvoir. Hyper-vitesse ? Voilà qui n’allait pas simplifier les choses, du moins pour autant qu’il pouvait deviner ce à quoi ce talent pouvait bien correspondre. Ceci dit, Emma avait également parlé de rapidité de réaction et après tout, le terme d’hyper-vitesse laissait peu de place à beaucoup d’interprétations possibles. Par contre, cette notion de niveau laissait William perplexe. Au cours de ses petites recherches, il avait bien trouvé ce concept employé comme une sorte de classification du potentiel des mutants… de leur nuisibilité potentielle surtout d’ailleurs. Il avait été tenté d’essayer de deviner à quel niveau lui-même pouvait bien se trouver… mais il n’était pas arrivé à une réponse probante, pensant être sans doute quelque part entre les deux premiers niveaux. Mais au vu de ces dernières informations, il devait être en fait bien plus près du niveau un ! Difficile de croire que quelqu’un qui contrôlait aussi mal son pouvoir que lui pouvait se montrer aussi confiant que l’homme qu’il avait vu tout à l’heure ! Il faudrait à l’occasion qu’il pose cette question à Emma. Elle saurait sans doute mieux que lui évaluer son niveau, étant donné qu’elle lui avait dit avoir enseigné dans une école pour mutants. Elle n’avait d’ailleurs pas hésité concernant quelqu’un qu’elle n’avait connu que brièvement.

Quoi qu'il en soit, Emma ne s'était pas énormément attardée sur le sujet de son visiteur. William commençait à se dire que s'il souhaitait avoir vraiment plus d'informations le concernant, il allait falloir qu'il soit plus direct dans ses questions. Mais il hésitait... si elle ne souhaitait pas lui en parler, de quel droit pouvait-il se montrer aussi indiscret ? A contrario, il ne pouvait rien faire sans en savoir plus... et il était hors de question qu'il reste sans rien faire. Il ne pouvait pas laisser quoi que ce soit arriver à Emma. Mais il n'était pas stupide, et savait pertinemment qu'agir sans en savoir davantage ne ferait qu'augmenter les risques. Donc la conclusion s'imposait d'elle même : Il fallait qu'il en apprenne plus sur cet homme. Si cela ne venait pas d'Emma, il faudrait qu'il se débrouille par lui-même. Mais sans même savoir son nom, cela pouvait s'avérer une tâche assez compliquée !

Il n'arrivait décidément pas à discerner dans l'attitude d'Emma ses sentiments réels vis à vis de ce qui venait de se passer. Chacune de ses questions ne recevait qu'une réponse relativement réservée... et c'était à peu près tout. Il restait persuadé que quelque chose clochait, les quelques regards inquiets brièvement surpris dans les yeux de la jeune femme ne faisant que le conforter dans cette impression. Mais ne voulant pas se montrer trop pressant, il avait voulu changer de sujet... et à ce moment là tout était réellement devenu inquiétant !

Il avait simplement voulu en savoir plus sur cette façon de surnommer les personnes et visiblement les lieux. Du moins c'était ce qu'il avait déduit de l'explication d'Emma concernant la « reine blanche ». Mais en voyant soudain le visage d'Emma blêmir, il se demanda quelle gaffe il venait encore de commettre ! Heureusement cette expression ne dura pas... mais ce fut hélas pour la voir porter son regard sur son verre. Comment cette question en apparence anodine pouvait-elle provoquer une telle réaction ?

« Le club des damnés n’a rien à voir avec cet endroit. »

Ah. Lui et ses déductions à la noix... Cela lui avait pourtant paru logique. S'il était capable de se tromper sur une chose aussi simple, il fallait vraiment qu'il s'inquiète sur ses capacités de raisonnement ! Mais avec la meilleur volonté du monde, mis à part s'être encore une fois rendu ridicule aux yeux d'Emma, il ne voyait pas très bien pourquoi cela avait semblé tellement la perturber ?

Mais avant qu'il se soit décidé à répondre, elle relevait son regard vers lui et poursuivait de la même voix basse qui le laissait franchement penser qu'il avait manqué un épisode dans toute cette histoire !

« Il faut voir ça comme une sorte de comité de soutient envers un groupe, dont les membres ne peuvent se faire connaître directement en vue de leur activité ou de leur place dans la société »

Un comité de soutien ? Dit comme cela, il ne voyait pas vraiment pourquoi elle semblait hésiter à en parler. Etre engagé dans un mouvement était plutôt une bonne chose en général, non ? Il ne savait pas encore quelle était la teneur du groupe en question, mais pour cela il suffisait de lui demander quelques précisions concernant les activités de ceux que soutenait ce fameux clubs des... heu... damnés ? Ho ho !

Ces dernières années avaient appris à William au moins une bonne chose : arriver à rester relativement calme quand lui tombait sur la tête un... imprévu. Et là... c'était un bel imprévu. De taille ! Fichtre ! Mais peut-être valait-il mieux ne pas tirer de déductions hâtives. Il s'était trompé en associant le surnom d'Emma et ce fameux club, alors si cela se trouvait il était encore en train de s'imaginer des histoires ! Mais s'il ne se trompait pas, les implications étaient... heu... il aurait bien dit intéressantes mais là il n'était pas tout à fait certain que cela se limitait à cet aspect. Quoi qu'il en soit, rester stoïque était la meilleure chose à faire tant qu'il n'était pas sûr d'avoir bien compris les choses !

* Rester stoïque ? C'est une plaisanterie ? Tu crois vraiment que tu peux te tromper cette fois-ci ? Que quelqu'un aurait trouvé amusant d'appeler un club comme ça si ce n'était pas pour l'associer aux damnés ? *
* Ben c'est quand même un peu incroyable non ? *
* Peut-être mais là ça fait beaucoup. Et puis cela expliquerait quand même bien pourquoi un gars de l'acabit de celui de tout à l'heure graviterait dans le coin ! *
* En même temps, on est dans Hell's Kitchen. Des types louches, ce ne doit pas manquer par ici ! *
* Des qui connaissent Emma ? Des suffisamment dangereux pour qu'elle se soit laissée faire ? *
* Non mais tu vois sincèrement Emma liée à ces, heu… damnés ? *
* Je n'en sais rien. Et je ne sais pas si je tiens à le savoir ! L'instinct de survie commande un repli stratégique relativement rapide ! *
* Depuis quand il a voix au chapitre celui-là ? Et puis, ces damnés, qui sont-ils… exactement ? *
* Tu es un grand malade toi ! Tu n'as pas entendu la radio ? Il te faut quoi de plus ? Une revue de presse ? *
* Non mais... si à l'époque... les journaux avaient été au courant de ce qui s'était réellement passé... pour l'accident... qu’auraient-ils dit de moi ? *
* Tu n’as pris personne en otage que je sache ! Alors arrête avec tes questions existentielles. Ils n'ont pas pu inventer tous ceux qui y ont laissé leur vie ! *
* Sans doute mais... je ne sais pas... c'est peut-être... plus compliqué que cela n'en a l'air. *
* Misère... Quand les ennuis ne te tombent pas dessus, tu ne trouves vraiment rien de mieux à faire que d'aller les chercher ? On va encore droit dans le mur ! Cesse de te rattraper aux branches et accepte la réalité. *


Perplexe, William ne savait plus quoi penser. Il fallait qu'il mette de l'ordre dans ses idées ! Et vite ! Parce qu'à le voir figé comme un imbécile Emma allait finir par se poser des questions ! Finalement, peut-être qu'avoir accepté ce whisky n'était pas une mauvaise chose. Reprenant son verre, il en vida la moitié d'une seule gorgée. Cela n'allait pas l'aider à garder sa maîtrise de lui, mais après tout ce n'était peut-être pas ce qu'il lui fallait à ce moment précis. Il posa son regard sur Emma, cherchant une confirmation quelconque de la conclusion hallucinante à laquelle les dires de la jeune femme et le nom de ce club l'avaient menés. Mais il ne continuait qu'à voir celle qui occupait ses pensées depuis peu, et il était bien près de se dire que c'était tout ce qui lui suffisait. Mais cela aurait été mentir... à lui-même... et à elle.

« Les place sont désigné par les pièces d’un échiquier, selon l’importance des membre, ainsi que des couleurs… Le surnom qu’Allan à pu employé, n’a rien à voir avec cet endroit. »

Ah. Il ne s’était donc pas trompé en associant les deux dénominations. Rassurant… c’était bien la seule chose qui l’était ! Parce que incidemment cela signifiait qu’Emma lui avait sciemment menti. La seconde moitié du contenu de son verre disparut aussi rapidement que la première.

La bonne question était : Pourquoi ? Pourquoi lui avait-elle menti ? Ne lui faisait-elle pas confiance ? Alors que lui n’avait plus rien à lui cacher. Un instant, il sentit son cœur tanguer comme un bateau ivre. Il représentait donc si peu à ses yeux ?

Rester calme. Surtout ne pas laisser les émotions prendre le dessus. Cela avait été la clé pendant longtemps, et c’était certainement encore la meilleure chose à faire. Laisser l’esprit reprendre le dessus… trouver la réponse à cette fichue question : Pourquoi ?

William plongea son regard dans celui d’Emma. Non… là encore il se trompait. « Pourquoi » n’était pas la bonne question… tout simplement parce qu’il n’avait pas à se la poser. En toute logique, elle ne lui avait rien promis. Elle l’avait même prévenu. Si lui avait décidé de ne rien lui cacher, cela ne lui donnait aucunement le droit d’attendre la même chose en retour. Il faisait ses choix… Emma faisait les siens. Sous cet éclairage, la bonne question devenait : Pouvait-il l’accepter ?

Ces derniers jours défilèrent dans ses pensées comme un film dont on essaye de se rappeler les passages importants. Tant de choses… tant de petits détails… dont certains prenaient tout à coup un sens nouveau. En fait, plus les jours passaient, et plus il se rendait compte qu’il ne savait rien d’elle.

Quant à ces… damnés… il n’avait pas la moindre idée de qui ils étaient en réalité. Le seul élément dont il était persuadé était que dévoiler les connaître ne devait pas être extrêmement prudent. Et pourtant Emma venait de le faire devant lui. Il n’était décidément qu’un idiot ! Il ne réalisait que maintenant ce que recelait exactement les propos de la jeune femme ! Et s’ils étaient les immondes terroristes tels que présentés par les médias ? Si Emma était réellement impliquée là dedans ? Et si… et si… et zut. Chaque chose en son temps.

* Je suis sensé accepter la réalité… c’est bien ça ? *
* Il serait temps, oui. *


En fait il ne savait qu’une seule chose. Tellement évidente qu’elle lui brûlait les yeux. Tellement simple qu’il réalisa qu’il ne l’avait jamais formulé clairement.

« Emma… Je t’aime. »

C’était… concis. Pour le moins. Que ne donnerait-il pas pour être capable d’élaborer de belles phrases ! Mais en tout cas c’était la réalité. Sa réalité. Il ne pouvait qu’espérer qu’elle la partage. Si c’était le cas, alors peu importait qu’elle lui ait menti. Peut importait ce qu’elle avait fait. La seule chose qui comptait était ce qu’ils allaient faire… ensemble.

« Je dois t’avouer… que tout ceci est un peu… perturbant. En fait, je ne sais des… damnés… que ce que l’on veut bien en dire. Et… ce n’est pas a priori très… engageant. »

Reine blanche... Cela lui allait vraiment bien. Si elle était amatrice d’échecs… à lui de lui montrer qu’il n’avait pas l’intention d’être un pion. Un petit sourire naquit sur ses lèvres.

« Mais j’ai pris la mauvaise habitude… de ne me fier qu’à moi. Du moins… avant de te connaître. Alors pour être sincère je ne sais pas vraiment quoi en penser. Mais si ton visiteur de tout à l’heure en fait partie… il y en a au moins un qui ne me plait pas. A ce propos… serait-ce trop te demander de connaître son nom ? »

On ne sait jamais… cela pouvait toujours servir.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Jeu 11 Nov - 0:51

    Emma avait vaguement répondu quand il avait fait référence à la légère blessure qu’elle avait au niveau de l’arcade sourcilière. Il faut dire que l’absence concrète de William avait aider à cette réponse des plus vagues, et elle était plus que contente. Le fait qu’il soit inquiet mais ne pose pas plus de question, se contentant de la réponse qu’elle lui avait fournit, la laissa cependant sur deux ressentis différents. Elle était heureuse de ne pas le voir poser plus de question, de comprendre qu’elle n’avait pas eu envie de répondre et de le respecter. C’était tellement rare de réagir de cette manière. Mais, à côté de cela, à sa place, elle n’aurait pas supporter le quart des réponses vagues qu’elle pouvait donner. Comment est ce qu’il arrivait à ne pas poser plus de question, le poussant à une confiance aveugle qu’elle ne méritait même pas. Son dernier mensonge n’était pas si vieux, puisqu’elle avait donné une fausse information sur le surnom par lequel elle avait été appelé par Allan. Mais non, William se contentait de réponse vague, ne cherchant pas plus de réponse alors que son visage exprimait des envies de savoir. Était-ce par confiance ou/et par respect pour elle qui ne cherchait pas plus loin ? C’est clair, à sa place, elle n’aurait jamais accepté tout cela. Jamais.

    A moins, qu’en réalité, il ne s’inquiète peu de sa blessure, préférant ce concentrer sur ce qu’il avait vu de l’entretient entre Allan et Emma. D’ailleurs elle ne tarderai pas à comprendre qu’il en avait entendu bien plus qu’elle avait bien voulu l’imaginer. Mais là encore, cette hypothèse ne collait, ou alors il était très bon comédien car son inquiétude était visible. Bien qu’il était possible de mettre cette expression sur le précédent entretien. Elle ne savait que penser. Elle ne savait jamais quoi penser quand il s’agissait de William. Il était tellement singulier dans sa façon d’agir, de voir les choses. C’était déroutant et atrocement déconcertant. Tout aurait été tellement plus simple si elle avait été capable de le détester juste pour ce point là. Elle en était incapable.

    Même en ce qui concerne Allan et sa mutation elle avait été vague, franche, mais vague. Elle n’avait donner que le strict minimum imposé par la question plus directe de William. Il semblait bien s’interroger, du moins, il semblait réfléchir dans son coin. Elle aurait eu toutes les facilités du monde à aller faire un tour dans la tête de William, ne serait-ce que pour voir ce qui lui traversait l’esprit, ce qu’il se disait, ce qu’il en pensait. Oui, ça aurait été tellement facile mais, pourtant, elle se l’interdisait. Les choses ne devaient pas se résoudre de cette manière. Elle ne pouvait pas lui reprocher – et en même temps apprécier – le fait qu’il ne cherche pas à avoir de réponse par des questions simples et directes, pour faire la même chose de son côté en utilisant ses pouvoirs. Ca ne serait pas juste. Vraiment pas vis-à-vis de lui.

    Et puis voilà, il avait chercher à changer de sujet, à passer à quelque chose qui puisse avoir moins d’implication, de moins personnel, de plus joyeux. Sauf que la question, aussi innocente soit-elle, n’eu pas la réaction escomptée. Elle aurait pu mentir, s’était tellement à sa portée. Mais son mensonge aurait finit par se savoir trop facilement. Alors elle avait parler, donner les grandes lignes de ce club auquel elle appartenait et dont il avait entendu parler à cause de l’imprudence d’Allan. Lui parler du club n’avait pas été le genre de chose qu’elle avait prévu. Mais si elle ne disait rien et qu’il se renseigne dans son coin ça pouvait, non seulement, le mettre en danger lui, mais aussi elle si il venait à poser trop de question. Alors plutôt qu’il ne cherche des réponses par ses propres moyens, risquant d’éventrer le secret d’Emma, il était plus judicieux de le dire. Il en avait entendu beaucoup trop. Sans oublier, qu’à ce moment précis, il était évident pour elle qu’elle lui ferait oublier cette conversation, ne pouvant le laisser dans de telles confidences.

    Sur le coup, alors qu’elle venait de lui dire appartenir une sorte de comité de soutient des damnés, William n’eu pas vraiment de réaction. Et là, à ce moment précis, elle se demanda ce qui ne tournait vraiment pas rond dans sa tête. Si il lisait un minimum les journaux, ou regardait les infos à la télé, le nom des damnés étaient partout. Ils avaient fait ceci, ils avaient fait cela, tous membres sont activement recherchés, et ainsi de suite… Le tableau n’était jamais flatteur, bien au contraire. Et il y avait sûrement de bonnes raisons à cela. Alors pourquoi… Pourquoi est ce qu’il n’avait pas la moindre réaction ? Est-ce qu’elle devait lui dire qu’elle avait prévu de mettre une bombe sur un monument touristique pour le faire réagir, lui demander de répondre quelque chose ? Que ce soit clair, ce genre d’activité n’était pas du tout au programme. Pas à sa connaissance, en tout cas.

    Mais non, William resta figé, semblant se perdre dans ses propres réflexions plutôt que d’émettre la moindre hypothèse, la moindre question, le moindre reproche. Comment est ce qu’il faisait ? Non, mieux encore, pourquoi le faisait-il ? Parce que ce n’était pas faute de l’avoir prévenu : elle n’était pas le genre de personne à qui il convenait de se fier. La seule chose ou elle lui avait demandé d’avoir sa confiance s’était sur le fait qu’elle ne mettrait personne délibérément en danger avec ses pouvoirs à lui. Mais sur tout le reste, elle n’avait rien demander parce qu’elle n’était pas une personne à qui il fallait faire confiance. Est-ce qu’il avait décidé de ne pas la croire quand elle lui avait dit ça ? A quoi est ce qu’il s’attendait, que le seul reproche qu’on puisse lui faire est d’avoir voler un paquet de chewing gum à l’épicerie du coin ? Pourquoi Diable ne réagissait-il pas ?

    Elle était un peu sévère, car au bout d’un certain moment il avait daigner prendre son verre pour en boire la moitié. Il avait eu l’air un peu réserver quand elle lui avait proposer ce verre, l’alcool, la perte de contrôle, les pouvoirs. Ca pouvait se comprendre. Boire la moitié d’un verre en une seule gorgée prouvait qu’il ne prenait pas ce qu’elle avait dit pour une information basique et sans intérêt. C’était déjà ça. Mais elle avait été plus loin en expliquant le surnom par lequel Allan l’avait appelé. Et, elle le savait, ce n’était pas pour l’avantager davantage. Non seulement elle disait qu’elle était reine d’une échiquier mais, surtout, elle avouait avoir mentit quelques minutes plus tôt sans qu’il ne mette sa parole en doute. Déteste moi William, c’est la seule chose intelligente à faire. Ce fut la seule pensée qui traversa son esprit. Si elle n’était pas capable de prendre le large, lui pouvait le faire pour elle et tout retrouverait une simplicité à toutes épreuves. Le mot « compliqué » n’ayant jamais prit autant de sens que depuis qu’elle l’avait rencontré.

    Le verre de William fut vidé à cette compréhension de mensonge qu’elle avait fait délibérément. Mal à l’aise. Mal vis-à-vis de lui, elle n’osait pas le regarder mais du s’y résoudre quand il se mit à la fixé. Elle était désolée, elle avait envie de lui dire mais ce n’était pas le genre de chose à faire. La détester, voilà ce qu’il devait faire. Voilà la solution à toute ce histoire. La détester, elle lui donnerait toutes les raisons qu’il faut si cela n’est pas suffisant, parce que c’est la seule issue favorable qu’elle voyait à tout cela. Plus de cas de conscience. Plus d’incapacité à réfléchir correctement. Mais, plus important encore, plus de danger pour lui, plus de menace. Oui, elle lui donnerai les raisons nécessaire à être détester. Elle était désolée mais c’est ce qu’elle devait faire. Elle n’avait pas d’autre choix, et s’en sentait soudainement déterminée.

    « Emma… Je t’aime. »

    Elle avait été déterminée, parce que tout venait de s’envoler en éclat. Le verre qu’elle avait porté à ses lèvres pour se donner le courage de mettre son plan à exécution resta en suspension dans ses mains, à quelques centimètres de ses lèvres. Avec un peu moins de maîtrise elle l’aurait laisser tomber au sol. Son regard se figea, comme tout son corps. Les yeux rivés dans ceux de William, elle ne comprenait pas. Pourquoi ? Pourquoi est ce qu’il lui disait ça ? Pourquoi il le faisait au moment où elle avait prit la décision de se faire haïr de lui, de lui prouver qu’elle était loin d’être une bonne personne.

    Elle avait mal entendu. C’était le seule explication logique. Elle venait d’avouer, sous entendre, qu’elle avait menti de manière parfaitement consciente et avec pas mal d’aisance sans qu’il ne se doute de rien. Elle lui avait fait comprendre qu’elle soutenait un groupe qui, aux yeux des médias, paraissait pour des brutes épaisses. Soyons honnête, il y avait du vrai dans leurs méthodes. Et lui, qu’est ce qu’il répondait ? Qu’il l’aimait ? Non, elle avait forcément mal entendu, c’est pas ce qu’il aurait du dire. Cette idée n’aurait même pas du traverser son esprit, encore moins ses lèvres. Pourquoi lui faisait-il cela ? Comment pouvait-il à se point ébranler toutes les certitudes qu’elle avait concernant la marche qu’elle devait suivre ?

    Il lâchait ça comme ça, à la manière du bombe qui explosait en plein visage de la damnée. Sans prévenir, sans même laissez entendre que ce genre de déclaration allait survenir. Il lâchait ça comme si ça expliquait tout, comme si ça donnait les raisons de son peu de curiosité ou pour le fait qu’il ne voulait pas lui tenir rigueur de son mensonge ou de ses activités. Ce n’était pas comme cela qui devait réagir. Pas du tout. Et là, elle paniquait, avec son verre à la main, incapable de la moindre réaction. Elle avait juste envie d’exploser, de hurler que c’était des conneries, qu’il ne pouvait pas ire cela sérieusement, qu’il se trompait, se mentait à lui-même, que ce n’était pas possible. Pas possible…

    Une envie fortement réduite à silence par un tout autre sentiment qui venait prendre sa part vis-à-vis de cette révélation si ouvertement exprimée. Il était impossible pour elle de savoir combien de fois elle avait entendu ses quelques mots, tellement cela avait été fait à nombreuses reprises. Combien de personne lui avait dit cela, aveuglé par ce qu’elle était capable de laisser paraitre d’elle-même – que les bons côtés, même si ils n’existaient pas – juste pour pouvoir arrivé à ses fins. Pour avoir un nom de plus à mettre à son tableau de chasse qui la rapprochait du score de Sélène afin de répondre à un concours. Toutes ses fois, dont elle ne se rappelait pas de la moitié, et dont elle ne parlait pas sans se moquer aisément du mal qu’elle avait pu causer, ou du côté pathétique de cette révélation… Toutes ses fois, même réunies, étaient encore bien loin – très loin – de ce qu’elle ressentait par ces quelques mots provenant de la bouche de William… Qui ne venait pas seulement de es lèvres, elle n’en doutait pas. Comment pouvait-elle seulement s’énerver, mettre son plan à exécution, quand un sentiment aussi précieux venait adoucir toutes les échappatoires qu’elle avait pu inventé en cours de route… Aucune envie de s’échapper.

    Elle arriva à reposer son verre, mais ne pu prononcer aucune parole, William reprenait.

    « Je dois t’avouer… que tout ceci est un peu… perturbant. En fait, je ne sais des… damnés… que ce que l’on veut bien en dire. Et… ce n’est pas a priori très… engageant. »

    Perturbant ? Ses révélations l’étaient ? Sûrement. Mais avait-il seulement la moindre idée de à quel point elle était elle-même perturber. Pour un nombre infime de mot, pour de si peu nombreuses lettres. Il l’aimait, alors qu’est ce qu’elle se foutait de ce qui était perturbant, des damnés et de tout le reste ? Emma ! Elle se rappela à l’ordre sévèrement, se secouant intérieurement pour s’égarer aussi facilement. Bien sur que tout le reste avait une importance. Capitale même. Les quelques mots qu’il avait prononcé n’était qu’une explication pour dire pourquoi il acceptait tant de chose. Mais cela n’excluait pas le fait de vouloir des explications de la part d’Emma. Elle devait se concentrer, rester maitre de ses propres émotions et de ses pensées. Ne pas répondre à côté de la plaque, analyser ses paroles pour déterminer ce qu’il veut réellement savoir vu qu’il ne posait jamais les questions directement.

    Elle avait raison sur ce dernier point. En avouant avoir juste un point de vue médiatique, elle croyait sous entendre vouloir savoir si c’était fiable ou non. Peu engageant ? Qu’est ce qu’il voulait savoir ? Dans quoi elle était réellement embarquer. Et dire qu’avec ce genre de phrase elle était capable d’apporter des réponses aussi vague que « faut pas croire tout ce qu’on dit » ou encore « il n’y a jamais eu de fumée sans feux », selon l’idée qu’elle avait envie de véhiculer. Le tout était de savoir si elle devait rester sur ses réponses vagues en vue des questions qui n’était pas explicitement présentes, ou si elle devait faire un effort, l’avertir réellement.

    « Mais j’ai pris la mauvaise habitude… de ne me fier qu’à moi. Du moins… avant de te connaître. Alors pour être sincère je ne sais pas vraiment quoi en penser. Mais si ton visiteur de tout à l’heure en fait partie… il y en a au moins un qui ne me plait pas. A ce propos… serait-ce trop te demander de connaître son nom ? »

    Là encore, pas de question directe. Une supposition sur la place d’Allan. En réalité, la seule question qu’il posa directement, tout en donnant la possibilité de refuser, était celle qu’elle n’avait pas envie d’entendre. Elle impliquait beaucoup trop de chose. Pourquoi vouloir son nom ? Pourquoi même s’y intéresser ? C’était beaucoup trop risqué, elle ne pouvait pas se permettre d’accepter ce genre de chose. Qu’est ce qu’il ferait de ce nom à part se renseigner ? Voir, dans le pire des cas, le chercher ? Elle était dans une situation si inconfortable. Mais… Mais il l’aimait, alors elle avait juste envie d’en sourire jusqu’au oreille et ne plus se soucier du reste. Oublier Allan et les damnés, oublier…

    **EMMA !**

    Cette fois, sans qu’elle ne s’en rende compte réellement, l’appel à l’ordre qu’elle s’était fait avait été si violemment exprimé que sa télépathie lui échappa. Ce ton de reproche, ce rappel à l’ordre dans ce simple prénom n’avait pas été entendu qu’elle mais avait raisonner dans la tête de la personne qui lui faisait face. Mais les yeux baissés sur son verre, elle ne s’était rendu compte de rien, s’était désolant. Finissant, finalement, son verre d’une traite, elle fini par se resservir un nouveau verre et poussa la bouteille vers William, dont le verre était également vide.

    « William, à l’avenir, laisse moi te conseillé de poser des questions plus simplement et plus directement. Tu laisses beaucoup trop de marge de manœuvre qu’il est tentant de saisir. Il est clair qu’il y a des sujets que je n’ai pas envie d’aborder avec qui que ce soit, mais qu’il me semble nécessaire avec toi. Les raisons étant aussi simple que quelques mots »

    Qu’elle se refuserait probablement de prononcé à jamais. Impliquant beaucoup trop de chose et se connaissant que trop bien sur ce genre de sujet. Aimer quelqu’un elle avait déjà eu l’impression d’avoir succomber à ce sentiment des centaines et des centaines de fois. Jamais elle n’avait ressentit les choses comme s’était le cas en ce moment, jamais ça n’avait été aussi compliqué dans sa petite tête. Et pas que dans sa tête. Mais par principe, elle s’y refusait. Cela dit rien ne l’empêchait de le sous entendre de manière pas forcément compréhensible.

    Mais ce qui lui paraissait surtout important, était qu’il comprenne qu’elle n’était vraiment pas fiable, comme elle le lui avait déjà dit, et que ce fait il fallait s’y prendre d’une autre manière si il ne voulait pas toujours la voir se défiler. Oui, elle n’avait pas envie de parler de certaines choses, mais il avait besoin de réponse et, juste pour cela, elle voulait bien faire un effort. Mais fallait qu’il signifie de manière plus directe quand une question lui tenait à cœur, elle ne pouvait pas toujours tout deviner se refusant une connexion télépathique à longueur de temps.

    « Allan, il s’appel Allan. Pour son nom, j’ai du mal à en voir l’importance. Je veux dire que, qu’est ce que tu vas faire de ces informations ? Parce que je ne veux pas que tu cherche à te renseigner sur lui, ou même à te décider de le trouver. C’est hors de question. Elle posa son regard sur William, pour laisser peu de doute à la suite de ses paroles. Et si il faut pour, m’en assuré, que je te fasse oublié ce que tu as vu, je ne vais pas hésiter. »

    Est-ce qu’elle était sérieuse ? Sûrement. Cependant elle n’avait aucune envie d’en arriver là. Parce que s’efforcer de lui faire oublier un détail de cette soirée deviendrait une tentation beaucoup trop grande pour lui faire oublier tout le reste. Chose qu’elle s’était imaginer faire vu qu’il en savait trop. Mais maintenant, elle n’était plus certaine de rien. Tout ce qu’elle voulait s’était éviter une confrontation entre William et Allan. Elle ne doutait pas spécialement du premier, mais connaissait trop bien le second pour savoir que c’était une très mauvaise idée.

    « Pour ce qui est de sa place dans le club, comme tu sembles le supposer, ce n’est pas le cas actuellement. Cela dit, ça pourrait être le cas prochainement. »

    Rien d’énigmatique là dedans. Mais une place venait de se libérer avec la « mort » de l’un de ses membres. Détail dont elle ne parlerait ne serait ce que pour le supposer mort, qui tenait à le rester aux yeux de tous. Et puis expliquer comment fonctionnait le club, et comment on y entrait n’était pas franchement le sujet qu’elle avait envie d’aborder. Comment je suis devenue Reine blanche ? Oh, j’ai poussé l’ancienne à bout, ça n’a pas fonctionné, alors je l’ai rayé de la carte. Ce qu’elle avait fait ? Rien, elle occupait juste une place voulue. C’est pas ce qu’on faisait de mieux comme explication, franchement.

    « Pour ce qui est des damnés, de ce qu’on en dit dans divers médias et la vérité. Les méthodes ont une part de vérité, disons que rien qui est fait ne pourrait être considérer comme non blâmable pour quelqu’un ayant une conscience biblique. »

    Soit un bon trois quart des américains. Tous étaient d’accord pour avoir une arme pour peu que leur état leur accorde, ils étaient aussi pour tuer le voisin qui passait dans leur jardin sans autorisation. Mais qu’un groupe de mutant se décide à s’en prendre et tuer certaine personne, pour une cause, là par contre, ça coince. Les américains et leurs contradictions. C’était incroyable. Bon, elle restait vague, c’était clair, mais aborder les méthodes des damnés avec une personne qui n’en faisait pas partie, cela ne faisait pas partie de ses attributions. Il n’était pas question de lui mentir ou de lui cacher quelque chose. Mais elle ne pouvait pas car ça ne la concernait pas seulement elle. Planta son regard dans celui de William, elle prit une inspiration et c’est de la manière la plus sincère qu’il soit qu’elle laissa échapper la suite.

    « Merci… je sais pas vraiment pourquoi, enfin y a trop de chose. Mais je comprend pas… Je comprend pas que tu sois encore là. »

    D’accord ça pouvait porter à confusion, mais c’était plus un compliment qu’une critique. Non, elle ne comprenait pas qu’il puisse l’aimer, parce qu’il ne savait pas grand-chose d’elle. Rien, en réalité. Même si elle avait dit certaine chose, elle avait 400 ans de vécus derrière elle, alors non, elle n’avait rien dit si on parlait en terme de pourcentage. Ce qu’elle avait pu avouer ne jouait pas en sa faveur et, pourtant, il était encore là face à elle, à l’écouter. Non elle ne comprenait pas. Mais oui, elle le remerciait vraiment sincèrement.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mar 23 Nov - 23:36

Elle s'était figée. C’était tout ce qu'il avait obtenu de la part d’Emma quand il lui avait dit l’aimer. A vrai dire, il avait sans doute attendu autre chose. Il ne savait pas bien quoi… mais une réaction quelconque. Ceci étant dit, en soit ne pas réagir était une façon de réagir, mais cela le perturbait un peu. Seul son merveilleux regard s’était porté sur lui, mais il n’arrivait pas à y lire la moindre indication concernant les pensées de la jeune femme. Il commençait à se demander sérieusement s’il n’avait pas encore une fois exprimé ses sentiments d’une bien mauvaise façon.

Puis elle avait enfin bougé, pour simplement reposer le verre dans lequel elle n’avait finalement pas bu. Mais toujours sans un mot, sans un sourire, sans même une rougeur aussi minime soit-elle qui aurait montré que ce qu’il lui avait dit l’avait touchée d’une manière ou d’une autre. Alors il avait repris la parole tout en se maudissant pour le manque de subtilité dont il faisait preuve, persuadé maintenant d’avoir mal choisi le moment et le lieu pour une déclaration pareille.

Pourtant il n’avait jamais ressenti autant que maintenant le besoin de le lui dire. Lors de leur dernière rencontre, tout était allé si vite ! Elle l’avait quitté à l’université alors qu’il n’était pas encore certain d’avoir tout à fait compris ce qui s’était passé. Tout avait été si nouveau, si… inattendu. Il fallait bien avouer que la soirée d’aujourd’hui avait également réservé son lot de surprise, mais cela n’avait rien à voir. Quoi que… peut-être justement que c’était tout ce qui s’était passé, ce qu’il venait d’apprendre, qui l’avait poussé à lui montrer que cela ne changeait rien à ce qu’il ressentait pour elle. Ou alors c’était de la psychologie à deux dollars et il n’était qu’un gros sentimental maladroit. Possible…

Quoi qu’il en soit le fait qu’il trouve ce qu’il venait d’apprendre un peu perturbant était la vérité. Enfin… ce qui était particulièrement dérangeant pour lui était ce manque crucial d’informations. Cela lui faisait se rendre compte à quel point il avait ces dernières années été déconnecté de la réalité. Il avait bien entendu parler de ces damnés, mais franchement il n’y avait prêté qu’une attention toute relative. Toute son attention avait été focalisée sur sa propre petite personne... lui et son fichu isolement. Mais maintenant, il avait l’impression de passer pour un abruti fini. Heureusement qu’en venant il avait entendu aux informations les dernières nouvelles, sinon il aurait bien été capable de ne pas du tout faire le lien !

Les dernières nouvelles… du moins celles que l’on voulait bien diffuser. Parce que autant on était au courant de la moindre péripétie issue d’un pouvoir plus ou moins contrôlé, autant on n’entendait jamais dire qu’un mutant avait sauvé une vie ou quoi que ce soit pouvant s’apparenter à une bonne action. Et il avait beau avoir été déconnecté de la réalité, William trouvait quand même cela un peu curieux. Jusqu’à présent, peu lui avait importé. Mais à présent, il avait besoin de savoir à quoi s’en tenir. Si les autorités orientaient les courants de pensée, alors quelle était la part de vérité dans ce que l’on racontait au sujet des damnés ? Et si Emma était liée à eux… ah ! Il fallait qu’il réfléchisse ! Mais comment ? Il n’avait aucun point de départ, hormis Emma et son visiteur discourtois. Elle pourrait certainement lui en dire beaucoup, si elle acceptait de le faire. Mais passer par elle le perturbait. Il s’était déjà une fois montré maladroit et elle avait alors mal interprété ses propos, pensant à tort qu’il désirait se servir d’elle. Autant qu’il le pourrait, il ne réitérerait pas cette erreur ! Si elle désirait lui parler, elle le fera quand elle le jugera opportun. En attendant ce moment, il ferait avec les moyens du bord !

Il ne restait donc que la piste du visiteur. Mais s’il voulait l’exploiter, ce serait plus simple s’il connaissait au moins son nom. Sur ce sujet là au moins, elle ne pouvait penser qu’il profitait d’elle ! Alors autant lui poser simplement la question… dont acte !

Mais s’il avait sincèrement espéré une réponse à sa question, ce qui se produisit à ce moment là faillit le faire tomber de sa chaise ! Il avait beau avoir acquis l’habitude de contrôler ses réactions, rien ne l’avait préparé à cela. Un seul mot, direct et péremptoire, raisonnant encore dans sa tête, lui avait donné l’impression de sentir le tonnerre s’abattre sur lui ! Instinctivement il serra la main sur son verre, comme pour y transférer sa tension nerveuse. Heureusement, celui-ci était solide ! Au bout du compte il n’avait finalement qu’à peine bronché, mais ses pensées déjà perturbées s’affolaient maintenant comme une volée de moineaux à l’arrivée d’un chat.

Mais pourquoi ? Pourquoi ? Il n’avait rien dit de bien particulier ! Ou alors il était encore un fois passé à côté de quelque chose de d’important… Mais quoi ? Et pourquoi cette impression de reproches ? N’osant plus ajouter un mot, il se contenta de la regarder, un peu décontenancé par ce qui venait de se produire. Si elle lui reprochait quoi que ce soit, pourquoi ne se contentait-elle d’observer son verre ? Et puis après tout, pourquoi requérir à la télépathie alors qu’ils étaient seuls dans cette salle ?

C’est alors qu’il réalisa qu’il était effectivement passé à côté de quelque chose. De crucial ! Si elle s’était adressée à lui, cela n’aurait pas été en employant son propre prénom ! Alors logiquement… ce qu’il avait entendu ne lui était pas destiné. Oh fichtre… il n’y comprenait plus rien !

Après avoir s’être resservie, elle venait de pousser la bouteille dans sa direction. William hésita un bref instant, avant de remplir lui aussi son verre. L’alcool n’allait certainement pas l’aider à conserver le contrôle de la situation, mais de toute façon il n’avait encore une fois rien maîtrisé depuis le début ! Alors si au moins cela pouvait l’aider à faire atterrir les moineaux !

Cela n’avait pas de sens. Ou du moins, lui n’en voyait pas. C’était comme si elle avait ressenti le besoin de recadrer ses pensées. Ce qu’il n’arrivait pas à comprendre était pourquoi sa simple question avait provoqué une réaction de cette ampleur ? Mais peut-être valait-il mieux ne pas trop y réfléchir et attendre patiemment la réponse qu’elle allait lui faire. Quoi qu’il en soit, il restait perturbé. Il n’était pas dans ses intentions de gêner Emma d’une quelconque façon, bien au contraire ! Mais… d’un autre côté… c’était rassurant. Il avait bien souvent croisé des personnes sûres d’elles, qui avaient toujours une réponse toute faite à n’importe quelle question. Il les avait fuies comme la peste ! Bon d’accord pas uniquement celles-là… mais en tout cas jamais il n’avait pu leur accorder le moindre crédit. Rien n’était aussi simple qu’elles ne le prétendaient. En un sens, voir Emma réagir de la sorte lui laissait penser qu’il avait une certaine importance pour elle… et égoïstement… il en était heureux. Pas au point cependant de se montrer suffisamment malpoli pour faire comprendre à la jeune femme que quelques-unes de ses pensées s’étaient malencontreusement échappées ! Alors il resta impassible, autant qu’il le pouvait.

« William, à l’avenir, laisse moi te conseillé de poser des questions plus simplement et plus directement. Tu laisses beaucoup trop de marge de manœuvre qu’il est tentant de saisir. Il est clair qu’il y a des sujets que je n’ai pas envie d’aborder avec qui que ce soit, mais qu’il me semble nécessaire avec toi. Les raisons étant aussi simple que quelques mots »

Oh… Nécessaire ? Il avait pourtant tout fait pour ne pas l’obliger à quoi que ce soit, alors quels pouvaient bien être ces quelques mots en question ? Quelques mots… il ne voyait que… mais il ne lui avait pas dit cela dans ce but ! Décidément, chaque mot qu’il prononçait se muait en erreur à un moment ou à un autre ! C’en devenait effrayant !

Mais ce qui le surprenait surtout était qu'elle lui suggère de poser ses questions différemment. Plus simplement, cela ne l'étonnait guère... il savait pertinemment que ses phrases étaient embrouillées. Mais plus directement ? Il avait beau tourner les mots qu’elle avait prononcés en tous sens, il n’arrivait qu’à une seule interprétation possible : Elle lui demandait clairement de lui laisser le moins possible l’opportunité d’éviter de répondre à ses questions. Surprenant ! Elle avait toute latitude de répondre si elle le souhaitait sans qu’il soit nécessaire de l’y forcer, alors pourquoi une telle requête ? Avait-elle à ce point pris l’habitude de dissimuler la vérité ? Plus il passait de temps avec elle, et plus il découvrait à quel point elle pouvait être complexe. Et bien… si elle le souhaitait vraiment, il essayerait de se montrer plus direct. Mais c’était une pente bien glissante, et maladroit comme il l’était, la certitude de chuter à un moment ou à un autre l’effrayait terriblement.

« Allan, il s’appel Allan. Pour son nom, j’ai du mal à en voir l’importance. Je veux dire que, qu’est ce que tu vas faire de ces informations ? Parce que je ne veux pas que tu cherche à te renseigner sur lui, ou même à te décider de le trouver. C’est hors de question. Et si il faut pour, m’en assuré, que je te fasse oublié ce que tu as vu, je ne vais pas hésiter. »

Oula ! Elle semblait on ne peut plus sérieuse, et le regard qu’elle portait sur lui appuyait fermement ses propos. Cela allait devenir compliqué. A quoi s’attendait-elle ? A ce qu’il reste sagement dans son coin à attendre en espérant que ça se tasse, ou qu’elle ait réglé elle-même le problème ? Il était tout à fait probable qu’il ne puisse pas faire grand chose de toute façon, mais il était hors de question qu’il se contente de regarder à moins qu’elle ne lui donne une diantrement bonne raison ! Cependant il ne doutait pas un seul instant qu’elle soit capable de lui faire oublier la scène de tout à l’heure, et ce serait assurément efficace. Il marchait sur des œufs… et il était certain de ne pas être très doué à ce jeu.

« Pour ce qui est de sa place dans le club, comme tu sembles le supposer, ce n’est pas le cas actuellement. Cela dit, ça pourrait être le cas prochainement. »

William avait du mal à cerner les conséquences que l’accession d’Allan à ce club pourrait avoir, si ce n’était que cela le rapprochait de ce qui semblait être son objectif. Grand bien lui fasse, du moment qu’il ne touchait plus à Emma ! Mais espérer qu’il renonce à elle était sans doute assez vain. En un sens… il pouvait le comprendre.

« Pour ce qui est des damnés, de ce qu’on en dit dans divers médias et la vérité. Les méthodes ont une part de vérité, disons que rien qui est fait ne pourrait être considérer comme non blâmable pour quelqu’un ayant une conscience biblique. »

Ah… la conscience ! Ce fichu concept qui le hantait depuis des années ! A moins que ce ne soit plutôt le remord, ou quelque chose entre les deux. Ainsi ce que l’on disait de ces damnés était au moins partiellement vrai. Mais quelle part ? Celle qui faisait d’eux des terroristes, des assassins ? Ou bien était-ce le reflet déformé de quelque chose qu’il n’appréhendait pas encore. L’histoire avait souvent montré que l’on pouvait passer aussi rapidement de sauveur à tyran que de terroriste à héro. Bien souvent seules les motivations différaient… et également quelques façons de procéder quand même !

Il avait l’étrange impression qu’Emma tournait autour d’un pot dans lequel elle ne souhaitait pas mettre la main. Ceci dit, si elle fréquentait effectivement ces damnés et qu’elle était au courant de quoi que ce soit, il ne serait certainement pas recommandé d’aller le crier sur les toits ! Et après tout elle n’avait pas de raison de lui faire des confidences à ce sujet, d’autant plus qu’il était probable qu’elle soit déjà allée au-delà de ce que la prudence recommandait. Mais hélas tout ceci avait éveillé chez lui sa curiosité naturelle, et si elle lui avait confirmé que certaines des méthodes employées pouvaient être discutables, il lui manquait l’essentiel : Que recherchaient-ils exactement ? Et que venait faire Emma là-dedans !

Emma… qui à présent le regardait intensément. La télépathie n’était pas son seul pouvoir, et pas le plus puissant. Elle pouvait certainement lui faire oublier des souvenirs, ou le faire agir à sa guise. Mais arrêter le temps et réduire l’univers à la seule douceur de sa présence, balayer d’un battement de cils tout ce qui pouvait ternir le bonheur d’être présent à ses côtés… rien ne pouvait égaler cela.

« Merci… je sais pas vraiment pourquoi, enfin y a trop de chose. Mais je comprend pas… Je comprend pas que tu sois encore là. »

Pourquoi le remerciait-elle ? Il n’avait rien à lui offrir, si ce n’était sa piètre compagnie et le lot de problèmes qui semblait venir systématiquement avec. C’était très curieux… et pourtant cela le touchait, d’autant plus qu’elle-même disait ne pas savoir pourquoi. Peut-être parce qu’il avait la conviction que la force d’un sentiment était étroitement liée à la difficulté que l’on pouvait avoir à le décrire, et sans doute aussi parce que cela semblait venir du plus profond d’elle-même.

Quant à savoir pourquoi il était encore là… sans doute faisait-elle référence aux diverses choses qu’il venait d’apprendre à son sujet. Mais en fait il ne savait encore rien ! Tout ce qu’il avait n’était qu’un ensemble de bribes d’informations éparses. Le peu de temps qu’il avait passé auprès d’elle, la complexité qu’il avait souvent pensé discerner, le persuadait que la réduire à quoi que ce soit qu’il pourrait déduire du peu qu’il connaissait serait une monumentale erreur. Timidement, il laissa apparaître un sourire.

« Tu pensais que j’allais partir en courant ? C’est une offense à mon opiniâtreté, qui est peut-être le seul domaine où je suis certain de surpasser cet… Allan. »

Il remettait ça sur le tapis. Il aurait pu laisser toute cette histoire de côté et ignorer également la mise en garde d’Emma. Mais ce n’était pas possible. Si elle se demandait pourquoi il était encore là, et bien en tout cas ce n’était pas parce qu’il se voilait la face. Et il espérait que sa dernière phrase montrait clairement qu’il ne sous-estimait pas le danger que représentait l’individu en question.

« Je t’ai dit… ce que je ressentais pour toi. J’espère que tu voudras bien me pardonner si j’ai été trop… direct. Ce n’est pas… dans mes habitudes et j’ai sans doute été maladroit. »

Il s’était remis à hésiter, perdant son sourire à l’idée d’à nouveau laisser échapper une parole malencontreuse.

« Bien évidemment, ta relation avec ces damnés est… inattendue. On raconte beaucoup de chose à leur sujet. Tu m’as dit que leurs méthodes étaient… pouvaient être critiquables. Beaucoup de choses peuvent l’être… surtout indépendamment du contexte. Mais… c’est un groupe… et seule toi m’importes. »

Il commençait à s’embrouiller. Emma lui avait demandé d’être clair et direct, et il n’en prenait pas le chemin. S’il le fallait…

« En admettant que tout ce qui est dit à leur sujet soit vrai, peux-tu me dire franchement si tu cautionnerais l’ensemble de ces actes ? »

Ce n’était pas une question piège. Simplement un moyen de tenter de savoir si elle approuvait toutes les méthodes que l’on prêtait aux damnés. Si c’était le cas… cela serait perturbant. Sinon, et bien cela le conforterait dans l’idée que le simple fait de savoir qu’elle était liée à eux ne voulait rien dire en soi.

« Mais avant que tu ne répondes… je voudrais revenir sur Allan. Ne compte pas me voir le laisser te nuire, nous nuire, sans rien faire. Je suis conscient de ne pas être… très au fait de ce genre de situation. Alors oui je t’ai demandé son nom pour me renseigner à son sujet. J’ai quelques moyens de le faire sans trop attirer l’attention. Si tu ne le souhaites pas, ne me tiens pas en dehors du jeu… ou alors effectivement tu devras faire appel à tes talents. Je… je tiens à toi plus que tout. Je peux comprendre devoir rester discret si je suis plus gênant qu’autre chose, mais pas sans savoir à quoi m’en tenir. Tu ne peux pas me demander de faire comme s’il ne s’était rien passé.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Dim 28 Nov - 21:04

    Son manque de réaction était notable, peu approprié, elle en avait pleinement conscience. Pourtant, elle demeurait incapable de bouger ou d’avoir ne serait-ce qu’un sourire, une parole, ou même un battement de cil. Tout lui était tombé dessus si vite, sans prévenir, que sa seule façon de se défendre était de ne pas bouger, de rester stoïque le temps que son cerveau daigne faire le point sur ce que William avait pu dire. Emma demeurait consciente du fait que sa réaction n’était pas approprié, qu’en général, les gens attendaient une manifestation quelconque. Elle en était incapable. Incapable de savoir quoi dire, quoi répondre, comment réagir. Qu’est ce qu’il attendait, qu’est ce qu’elle devait faire ? Rougir, baisser les yeux, sourire béatement ? Ca faisait tellement longtemps qu’elle était sortie de ces clichés d’adolescente. Elle avait déjà eu cette réaction tellement de fois que cela ne voulait plus rien dire pour elle.

    Il l’ignorait et n’avait, malheureusement, aucun moyen de le savoir mais son absence de réaction était la chose la plus importante qu’elle pouvait lui donner. C’était tellement positif de ne pas avoir la moindre réaction parce que cela signifiait qu’elle ne planifiait pas un sourire, ou une rougeur, un mot ou un sentiment de malaise. Emma était tellement habituer à mentir et à jouer qu’elle était capable d’avoir la réaction qu’on attendait d’elle presque instantanément. Mais cela n’avait jamais été réel, juste des attitudes travailler d’année en année, de décennie en décennie, de siècle en siècle ? Si aucune réaction n’était apparente c’est qu’elle ne savait pas comment réagir correctement et, si elle ignorait cela, ça signifiait qu’elle n’avait pas pu travailler un sentiment qu’elle ne connaissait pas. Si elle avait comprit ce qu’elle avait ressentie à cette annonce, elle aurait, de manière inconsciente, attraper la réaction qui va avec. Mais là, comment aurait-elle pu faire une telle chose ? Comment pouvait-elle comprendre ce qui lui tombait dessus, alors qu’elle ne savait même pas ce qu’elle ressentait elle-même. Il y avait un tel mélange, tellement de ressentis aussi fort les uns que les autres, qu’elle aurait pu passer par toutes les expressions de visage possible et inimaginable pour décrire ce qu’elle était en train de vivre. Une telle déferlante n’avait réussi à se traduire d’une seule façon : l’absence de réaction apparente.

    Emma était consciente que son manque de réaction pouvait faire douter, voir blesser la personne qui venait de lui faire une telle déclaration. Ce n’était pourtant pas le but, elle aurait pu le jurer solennellement, mais comment expliquer à William que tout cela était positif ? Elle se doutait bien que sa façon d’agir n’avait rien de « normal » et rien d’encourageant, pourtant ce n’était pas ce qu’elle voulait laisser transparaître. Mais chaque début d’explication à donner qui se formait dans sa tête paraissait tellement ridicule, tellement puéril, qu’elle se refusait de s’expliquer à voix haute. Elle n’était même pas certaine de réussir à mettre des mots clairs sur sa façon d’agir pour être comprise. C’était navrant. Désolant… Elle s’en voulu.

    Le plus stupide dans cette histoire c’est qu’elle avait une action, toute simple à faire, pour qu’il comprenne ce qu’elle était en train de ressentir. Si elle avait eu, au moins, le réflexe de lui prendre la main, d’avoir le plus petit des contact avec lui, alors peut être que le pouvoir de William se serait déclenché, peut être qu’il aurait simplement pu sentir ce qu’elle ressentait elle-même à défaut de pouvoir y mettre des mots. Mais elle était restée bêtement stoïque, réfléchissant beaucoup trop tard à ce genre d’alternative qui aurait pu donner une explication à sa façon de faire, ou de ne pas faire. Si seulement elle avait apprit à être un peu plus spontanée au lieu d’apprendre à toujours tout contrôler.

    Et puis, son esprit divaguant encore sur ce qu’il venait de dire, l’empêchant de réfléchir normal aux questions qu’il posait, elle avait fini par se rappelé à l’ordre. Mais, les yeux penchés vers son verre, pour ne pas laisser paraître son trouble, elle laissa passer la réaction de William. Aussi infime fut le mouvement de sa main sur son verre de Whisky, elle aurait du le voir et elle aurait comprit que son rappel à l’ordre avait été partagé. Mais trop… Trop quoi ? Trop fière ? Trop elle-même ? Elle avait préférée garder le regard sur son verre, pour ne rien dévoiler, pour sauver les apparences. C’était l’action la plus stupide qu’elle avait pu faire, celle qui l’avait fait passer à côté de celle de William. Finalement, c’était une bonne chose qu’elle ne s’en rende pas compte, parce qu’elle s’en serait beaucoup trop voulu d’avoir laisser ses pensées s’échapper de son esprit. Ce n’était pas concevable. Pas pour elle.

    Si ce n’était pas lui, elle l’aurai juste maudit pour ce qu’il produisait chez elle.

    Elle avait relevé la tête bien trop tard pour comprendre quoique ce soit. Et puis son mouvement n’avait été fait que pour pousser la bouteille en direction de William, après qu’elle ne soit resservie. S’en était suivit un silence de sa part, le temps de toute remettre en ordre dans sa tête, et voilà qu’elle débitait des réponses, toutes tintés d’un certaine avertissement : Pas fiable… Elle n’était pas fiable. D’ailleurs c’est ce qu’elle avait laisser comprendre en premier lieu, en lui demandant de se faire plus direct. Il était beaucoup trop tentant de fuir des réponses et elle savait si bien le faire. Mentir tenait plus du réflexe qu’autre chose, si il lui en donnait trop la possibilité, elle s’en servirait et elle le savait.

    C’est après qu’elle avait prit le parti de ne pas laisser de doute en laissant des menaces planées, si il venait à se montrer trop entreprenant avec Alan. Elle voulait bien donner les informations de base, mais il devait rester loin de lui. Si sa sécurité devait passer par un nettoyage dans ses souvenirs, elle le ferait. Sans aucun doute. A moins qu’elle apprenne à faire confiance, à son tour. Mais là, c’était compliqué. La confiance était une chose à laquelle elle ne croyait que moyennement et qu’elle avait accordé à autant de personne que comportait de doigt sur sa main droite, voir moins. Pourtant en 400 ans, elle avait eu largement le temps de faire des rencontres. Alors accordé une confiance totale à une personne qu’elle venait de rencontré. D’accord il y avait ce qu’elle ressentait, mais elle savait aussi que, la plus part du temps, tout était toujours éphémère avec elle. Alors, se lancer dans un principe de confiance aveugle pour tout et pour rien. Hors de question.

    Dans le cas présent, son manque de confiance se traduisait d’une manière très précise : William contre Allan ? Elle donnait Alan gagnant. Emma n’était sûrement pas des plus objective parce qu’elle connaissait très bien Alan, elle savait de quoi il était capable, et elle savait ou il avait apprit pas mal de chose. William, elle ne savait pratiquement rien de lui à se niveau là. Il portait sur sa conscience la mort d’une personne, accidentelle, et jusqu’à présent s’était réfugier dans une bulle pour ne pas voir les choses se reproduire. Elle le voyait donc comme une personne avec une conscience bien trop élevée pour pouvoir prétendre faire le poids contre Allan. Donc, non, dans sa façon de le menacer de lui effacer la mémoire, elle n’avait aucune envie de laisser le moindre doute planer.

    Pour ce qui était des damnés, le sujet était franchement délicat. Elle laissait quelques infos passer, mais rien n’était dit comme une vérité absolue, et les détails n’avaient rien de compromettant. Cela dit, elle estima nécessaire de signifier qu’il ne fallait pas non plus dénigrer ce que pouvait dire les journaux. D’accord les choses étaient arrangées à leur manière, suffisait de voir ce qui avait été dit sur la libération d’Alice Drake. Un grand tissu de mensonge. Il suffisait de prendre l’exemple de Janelle qui, selon les médias s’était retrouvé là par hasard. N’importe quoi. C’était les fédéraux qui la retenaient, c’était contre elle qu’Alice devait être échangé, et voilà que sa mort passait pour un acte accidentel ?! Du grand n’importe quoi. Mais malgré les mensonges qui pouvaient résulter des médias, le fond était vrai. Les damnés avait bien enlevé Alice Drake, ils s’étaient bien défendus, et on pouvait facilement les accuser de méthodes blâmables. En même temps, c’était la seule façon de se faire entendre dans ce pays.

    Malgré tout ce qu’elle avait dit, elle se sentait redevable. Elle ne savait pas comment, mais les seul moyen de l’exprimer était de le remercier. William semblait étonné par ses remerciements, alors qu’elle ne savait même pas pourquoi elle le remerciait réellement. Il y avait tellement de chose, que faire une liste prendrait des heures N’empêche qu’elle avait réussi à le faire sourire de manière timide, et elle trouvait que rien ne pouvait valoir cette réaction. Une réaction qui, de manière incontrôlée, la fit sourire doucement à son tour.

    « Tu pensais que j’allais partir en courant ? C’est une offense à mon opiniâtreté, qui est peut-être le seul domaine où je suis certain de surpasser cet… Allan. »

    Oui elle avait sourit, un peu gênée, à la première question de William. Dans le fond, ça aurait simplifié tellement de chose qu’il en vienne à partir, ça aurait réglé les choses de manière définitive. Mais non, il restait malgré ce qu’elle était, malgré ce qu’elle avait pu lâcher sur elle. Mais son sourire fini par se perdre quand il continua. Remettre le couvert avec Allan ! Pourquoi est ce qu’il avait fallu qu’il remette ça sur le tapis ? D’un sourire, elle en était venue à se fermer, avec un regard légèrement plissé qui n’annonçait pas une joie. Bien au contraire. Dans un léger mouvement de tête, un peu lasse, elle détourna le regard pour venir se concentrer sur son verre. La bonne nouvelle, si on pouvait considérer les choses de cette manière, c’est qu’au moins il ne prenait pas Allan pour un petit joueur dont on pouvait se débarrasser si facilement. Hésitant entre être directe et spontanée, quitte à ne pas faire plaisir, ou réfléchir un peu plus longuement à comment elle allait aborder les choses. La deuxième solution s’imposa d’elle-même vu que William reprit assez rapidement.

    « Je t’ai dit… ce que je ressentais pour toi. J’espère que tu voudras bien me pardonner si j’ai été trop… direct. Ce n’est pas… dans mes habitudes et j’ai sans doute été maladroit. »

    Le sourire qu’il avait pu avoir s’était évanouie, et elle le retrouvait hésitant, peu sur de ses paroles. Est-ce qu’elle voulait bien le pardonner ? La question ne se posait pas réellement vu ce qu’elle avait ressentie en entendant ses mots. Mais, c’est juste qu’elle trouvait que cela tombait mal. Comme si il y avait un moment pour ce genre de chose. Parler d’Allan, pour exprimer des sentiments par la suite, c’était… Un peu hors de propos. Pourtant, elle était incapable de lui en vouloir, incapable de se dire qu’elle aurait préférée ne rien entendre. Elle détestait se retrouver avec des ressentis tellement à l’opposé.

    Et puis, elle avait peur. Elle avait peur que tout cela ne soit pas réel, que ce soit juste un illusion qu’il se donne à lui-même. Après tout il avait passé tellement de temps à s’isoler, que recommencer un peu à s’ouvrir devait jouer en faveur d’un sentiment amoureux. Mais ce n’était qu’une illusion, il n’y avait rien de sérieux là dedans. Si William commençait doucement à sortir de sa bulle, il prendrait sûrement conscience qu’il y a d’autre personne. D’autre femme qui correspondrait sûrement plus à ce qu’il attend d’une personne et d’une relation. En fait, dans le fond, elle avait juste peur de croire à ce qu’il pouvait dire. Le fond de son verre était donc quelque chose qu’elle trouvait très intéressant à voir, se rendant incapable de réagir d’une manière ou d’une autre à ce qu’il était en train de dire. C’était stupide, elle le savait, et se sermornerait sûrement pour ce genre d’attitude. Elle ne savait pas comment elle devait s’y prendre, avait peur de l’encourager, alors qu’elle le souhaitait en même temps. Pourquoi tout devenait compliqué avec lui ?

    « Bien évidemment, ta relation avec ces damnés est… inattendue. On raconte beaucoup de chose à leur sujet. Tu m’as dit que leurs méthodes étaient… pouvaient être critiquables. Beaucoup de choses peuvent l’être… surtout indépendamment du contexte. Mais… c’est un groupe… et seule toi m’importes. »

    Inattendue. Voilà la seule chose que ça lui inspirait. C’était… étonnant. Cela dit, William était toujours étonnant dans ses réactions. Combien de personne auraient eu un regard affoler, une moue de dégoût, ou des choses dans ce genre là ? Non, lui, il trouvait cela, juste étonnant. Il avait vraiment un rapport avec les informations qu’il devait encaisser assez étrange. Cela dit, c’est ce qui faisait qu’elle s’intéressait à lui. Il ne ressemblait à personne d’autre, sortait de tous ses clichés que l’on pouvait facilement faire. Elle ne savait jamais à quoi s’attendre avec lui, lui donnant un côté surprenant. C’était très appréciable. Cela dit, elle ne savait pas vraiment où il voulait en venir avec ce genre de discours.

    La fin de sa phrase la fit lever les yeux vers lui, pour esquisser un léger sourire remerciant. Il voulait faire la différence entre elle seule et le groupe que représentaient les damnés. Mais, alors que son sourire était remerciant, on pouvait aussi y déceler un peu de regret. Elle n’était pas une personne à part d’un groupe, elle vivait ce groupe. Cela dit, William s’essaya bien vite à la question directe.

    « En admettant que tout ce qui est dit à leur sujet soit vrai, peux-tu me dire franchement si tu cautionnerais l’ensemble de ces actes ? »

    Peut être que ça n’avait pas été une si bonne idée que ça de lui demander d’être plus directe. Demander ce genre de chose, impliquait qu’elle devait, à son tour, se montrer plus franche. Sauf que… Qu’est ce qu’il avait envie d’entendre ? Qu’est ce qu’elle devait lui dire. Oh, elle trouvait rafraîchissant le fait de ne jamais savoir comment il allait réagir, mais c’était aussi très perturbant. Elle avait toujours su ce qu’elle devait faire, ce qu’elle devait dire, parce que tout le monde réagissait de la même manière. Mais lui était tellement différent sur ce point, qu’elle ne savait pas à l’avance l’impact que pouvait avoir ses paroles, et la réaction qui en résulterait. Elle savait qu’elle devait répondre, mais elle apprécia qu’il reprenne la parole pour qu’elle puisse avoir un peu plus de temps pour réfléchir.

    « Mais avant que tu ne répondes… je voudrais revenir sur Allan. Ne compte pas me voir le laisser te nuire, nous nuire, sans rien faire. Je suis conscient de ne pas être… très au fait de ce genre de situation. Alors oui je t’ai demandé son nom pour me renseigner à son sujet. J’ai quelques moyens de le faire sans trop attirer l’attention. Si tu ne le souhaites pas, ne me tiens pas en dehors du jeu… ou alors effectivement tu devras faire appel à tes talents. Je… je tiens à toi plus que tout. Je peux comprendre devoir rester discret si je suis plus gênant qu’autre chose, mais pas sans savoir à quoi m’en tenir. Tu ne peux pas me demander de faire comme s’il ne s’était rien passé »

    A peine avait-il prononcé le nom d’Allan, qu’Emma se mit dans le fond de sa chaise, cachant un soupir, et attrapant son verre. Elle regrettait qu’il ait assisté à cela. Le sujet ne la blasait pas, mais elle préférait l’éviter pour le protéger William. Sauf que plus ce dernier avançait dans sa phrase, et plus Emma commençait à réfléchir de manière différente. Et si les rôles avaient été inversés ? Est-ce qu’elle resterait sans rien dire ? Non, bien sur que non. En fait, elle aurait fait bien pire que William. Elle n’aurait rien dit, poser aucune question, elle se serait contentée de faire son enquête dans son coin et d’agir sans en avertir personne. Voilà qui changeait toute la donne.

    Elle avait conscience, que si les choses étaient inversées, elle aurait agit de manière qu’elle aurait sembler logique. Alors comment pouvait-elle en vouloir à William de revenir sur le sujet. Et puis, Will possédait une façon de faire qu’elle n’avait pas : il mettait les cartes sur la table, il prévenait de ce qu’il comptait faire et annonça qu’il ne pouvait pas rester les bras croisés. Il y mettait même, en quelque sorte, des conditions : si elle voulait qu’il ne fasse rien, alors elle ne devait pas le mettre à l’écart. Emma releva les yeux vers lui, étonnés… Agréablement étonnée par les paroles qu’il pouvait prononcé. Il tenait à elle, et ne pouvait rester en dehors de tout ça. Du coup elle se retrouvait face à un choix : faire preuve de transparence, pour au moins avoir un contrôle – ou du moins, savoir- ce que William ferait. Ou, elle continuait de faire l’autruche et risquait de voir William se mettre en danger, sans qu’elle puisse en avoir pleinement conscience. Si ses motivations étaient vraiment de le protéger, alors le choix était tout tracé.

    « Très bien. Tu veux qu’on parle d’Allan, on va parler de lui. Mais, avant, laisse moi répondre à tout le reste, car le sujet risque d’être un peu long. »

    Elle s’était redresser sur sa chaise, pour remettre ses avant bras sur la table, buvant une gorgée de sa boisson, elle reposa ensuite son verre pour se lancer.

    « Tu n’as rien à te faire pardonné pour ce que tu as dis… Ce que tu ressens. Ne m’en veux pas de ne pas y répondre comme il le faudrait. Le côté direct n’est pas dérangeant, mais l’idée en elle-même à quelque chose de perturbant pour moi. Sans entrer dans les détails, disons que c’est quelque chose d’assez nouveau pour moi, et j’ai du mal à comprendre comment tu peux penser ce genre de chose avec tout ce que je peux t’apprendre, alors qu’il y en a tant d’autre que je te cache. »

    Elle ne savait pas vraiment comment exprimer ce qu’elle ressentait de son côté, ou la manière dont elle vivait les choses. Entendre un « je t’aime » n’était pas quelque chose de nouveau pour elle, surtout pas pour elle, mais l’entendre de la part d’une personne qui comptait vraiment pour elle était nouveau. Désorientant. Perturbant… Pourtant, tellement agréable. Elle avait juste besoin de temps pour comprendre, pour savoir ce qu’elle voulait. Compliqué. Mais, une fois de plus, elle laissa sous entendre que tout ce qu’elle avait pu dire sur elle n’était rien par rapport à ce qu’elle était vraiment, à ce qu’elle avait pu faire, ou aux idées qu’elle défendait. D’ailleurs, c’est assez naturellement qu’elle se décida à poursuivre sur la question qui lui avait posé concernant les idées qu’elle avait sur les méthodes des damnés.

    « Tu voulais savoir si je cautionnais, ou cautionnerais, l’ensemble des actes que peuvent faire les damnés. La réponse la plus juste est, probablement, oui. Il y a sûrement des points qui peuvent me déplaire, des façons de faire que je verrais d’un mauvais œil au début, mais au final, je cautionnerai toujours parce que la violence n’a rien de gratuit mais véhicule quelque chose, une idée que je soutiendrais. »

    Ce n’était peut être pas vrai à 100%. Elle avait toujours du mal quand ça touchait les enfants et les adolescents. L’histoire de la statut de la liberté : tuer une adolescente pour faire fonctionner une machine, elle n’était pas franchement pour ce genre de chose. De toute façon, soyons honnête, elle n’était pas spécialement pour l’idée principale. Faire des mutants alors que les gens ne sont que de simples humains, très peu pour elle. La mutation devait rester quelque chose de naturel, divisant les gens. Mais ce n’était pas parce qu’une idée, ou une façon de faire, ne lui convenait pas qu’elle ne cautionnait pas les actions des damnés. Mais rentrer dans ce genre de détail et de nuance ne lui paraissait pas être une nécessité absolue. A lui de réagir et de faire ce qui semblait le plus approprié à cette annonce. Après tout, c’est lui qui avait voulu une réponse, elle ne pouvait pas se contenter de dire ce qu’il pouvait avoir envie d’entendre. Pour peu qu’elle comprenne comment il fonctionnait et ce qu’il avait envie d’entendre… Ce n’était pas gagné avec lui.

    Elle pu une gorgée de plus, mit ses idées en place, et repris.

    « Pour ce qui est d’Allan… Je ne suis pas pour le fait de te donner des informations, parce que je refuse de te voir d’impliquer, ou te fourrer dans quoique ce soit qui puisse le concerné. Mais comme j’ai le choix entre ne rien dire, ce qui impliquera que tu te débrouilleras tout seul, et le fait de t’en parler et ainsi éviter que tu t’attires des ennuis… Talbot, c’est son nom de famille. Ca fait cinq ans que je le connais et on a vécu pratiquement deux ans ensemble… Voilà pour l’histoire. »

    Assez directe comme façon de dire les choses. Mais Emma avait sa fierté bien à elle. Elle se sentait un peu trop obligé à son goût de parler d’Allan, vu qu’elle se refusait de laisser William prendre des risques. Lui en parler était, apparemment, la meilleure solution pour tenter de le protéger. N’empêche qu’elle se sentait obliger d’agir de cette manière, et quand elle avait l’impression qu’on lui forçait la main, elle avait une fâcheuse tendance à ne pas y mettre les formes. Elle serait sûrement désolée pour William à un moment où à un autre, mais pas à cet instant précis. Personne n’a dit qu’elle avait le caractère le plus facile à vivre. Son ton n’était pas désagréable, cela dit on pouvait facilement sentir qu’elle ne donnait pas ses informations avec une réelle volonté.

    « Tu veux savoir quoi d’autre pour ne pas avoir l’impression de te sentir « en dehors du jeu » ? »

    Pour les derniers mots elle avait miné des parenthèses, montrant qu’elle reprenait les propres mots de William un peu plus tôt. Le caractère de la damnée pouvait paraître peu encourageant, mais difficile de se changer après 400 ans d’existence !
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 12 Jan - 0:28

C’était bien un sourire qu’il avait vu naître sur le visage d’Emma lorsqu’il lui avait demandé si elle avait pensé qu’il allait s’enfuir. Mais celui-ci s’effaça lorsqu’il reparla d’Allan. Il s’était bien dit que ce n’était certainement pas la meilleure chose à faire, mais c’était nécessaire tout comme l’était le fait d’aborder sa relation avec les damnés. William avait un peu l’impression de nager en eau trouble… mais tout ce qui lui importait était d’être auprès d’elle. Pour le reste, il espérait que les questions qu’il se posait trouveraient réponses en leurs temps, du moins s’il ne finissait pas par l’exaspérer avec son ignorance. Comment avait-il pu vivre aussi coupé des réalités de ce monde pendant tant de temps ? Il se promit intérieurement de remédier à cela dès que possible, et cela commencerait par une sérieuse rétrospective des activités de ce groupe qui se faisait appeler « damnés »… suivie de près par les dernières actualités politiques.

En attendant il ne pouvait guère faire mieux que ce qu’il avait fait, à savoir avouer qu’il ne savait pas grand-chose et tenter de la persuader néanmoins de l’intérêt que cela soulevait chez lui… du moins d’un certain point de vue. Car si le devenir des mutants ne le laissait bien entendu pas indifférent, ce problème ne figurait pas dans ses priorités… de la même façon que ne lui paraissait pas de la plus haute importance sa propre subsistance. Mais depuis qu’Emma était entrée dans sa vie la donne avait été singulièrement modifiée, et l’existence d’au moins une mutante lui importait maintenant plus que tout.

Alors puisqu’elle lui avait demandé d’être plus direct il s’y était essayé, tentant à la fois d’appréhender un peu plus les tenants et les aboutissants de ce qu’il venait d’apprendre au cours de cette soirée et de montrer à Emma qu’il prenait en compte ce qu’elle lui disait… ou en tout cas qu’il y mettait toute la bonne volonté qu’il avait. A force de refuser les contacts directs avec son entourage, il avait pris la mauvaise habitude de ne pas s’exprimer simplement. Etait-ce destiné à repousser les gens ? Ou bien peut-être n’avait-il jamais réellement su le faire ! C’était sans doute cette dernière possibilité qui était la plus probable. Mettre sur le dos de son isolement la plupart de ses défauts n’était pas le meilleur moyen d’y remédier, et il devait bien avouer que même avant qu’il ne se sache mutant il n’était déjà pas très à l’aise avec ses semblables. Ce fut donc avec difficulté qu’il lui avait demandé si elle cautionnait tous les actes que l’on prêtait aux damnés, avant de revenir à Allan. Ses questions semblaient l’avoir laissée un instant pensive, mais elle se redressa rapidement pour lui répondre.

« Très bien. Tu veux qu’on parle d’Allan, on va parler de lui. Mais, avant, laisse moi répondre à tout le reste, car le sujet risque d’être un peu long. »

La tournure employée ne laissait pas forcément présager une réponse agréable, et donnait l’impression qu’il la forçait à aborder à nouveau le sujet d’Allan. Mais comme il le lui avait dit, il ne pouvait ignorer ce qui s’était passé. Laisser planer cette menace, sans rien faire, au dessus de celle qu’il aimait, était au dessus de ses forces. Si sa présence devait constituer une gêne pour elle, il s’effacerait… Mais pas sans en savoir un minimum sur la réalité du danger. Un peu nerveux à présent, il s’efforça de rester impassible, attendant la suite.

« Tu n’as rien à te faire pardonné pour ce que tu as dis… Ce que tu ressens. Ne m’en veux pas de ne pas y répondre comme il le faudrait. Le côté direct n’est pas dérangeant, mais l’idée en elle-même à quelque chose de perturbant pour moi. Sans entrer dans les détails, disons que c’est quelque chose d’assez nouveau pour moi, et j’ai du mal à comprendre comment tu peux penser ce genre de chose avec tout ce que je peux t’apprendre, alors qu’il y en a tant d’autre que je te cache. »

Au moins il était rassuré sur le fait de ne pas l’avoir gênée avec sa déclaration maladroite. Il n’en revenait toujours pas d’avoir pu articuler ces quelques mots pourtant si simples. Il aurait juré avoir toutes les peines du monde à y arriver la première fois… car c’était bien de cela qu’il s’agissait. Et pourtant ils étaient venus ces petits mots… certes pas forcément au moment adéquat. Et curieusement, c’était elle qui semblait se refuser à les prononcer. Elle qui avait vécu tant d’années… qui devait avoir déjà été dans cette situation d’autres fois auparavant ? C’était ce qui intriguait le plus William. Pas le fait qu’elle ne lui réponde pas « comme il le faudrait » pour reprendre ses propres termes. Il avait pour une fois réussi à laisser son cœur s’exprimer, sans attendre forcément de réponse en retour. Non… ce qui le laissait perplexe était ailleurs. Juste… qu’est-ce qui était donc si nouveau pour elle ? A nouveau il se rendit compte à quel point il la connaissait peu… à quel point il ne savait rien de son passé… et à quel point ce qu’il pouvait dire pouvait peut-être prendre un tout autre aspect sous l’éclairage de tant d’années d’existence. Il se devait d’être d’autant plus prudent, car il ne souhaitait pour rien au monde la blesser !

Ce qui était rassurant dans les propos d’Emma, était la sincérité avec laquelle elle admettait lui cacher encore tant de choses. Elle ne l’avait en outre pas dit en donnant l’impression de le lui apprendre, ce qui laissait penser qu’elle ne le croyait pas suffisamment naïf pour croire le contraire. Et cela aussi était réconfortant ! Ainsi elle avait des difficultés à comprendre qu’il tienne toujours à elle malgré le peu qu’il savait déjà à son sujet. Mais justement… il avait la conviction de ne rien savoir, mis à part quelques faits. Et derrière les faits, il y a des motivations… pas toujours en adéquation d’ailleurs, ce en quoi il était bien placé pour le savoir. Et à nouveau, derrière les motivations il y a… la personne… son histoire, son caractère, ce qu’elle est ou a été à un instant donné. De tout cela il ne savait rien, ou presque. Alors en déduire quoi que ce soit serait une pitoyable erreur, et il en avait assez commis jusque là ! La seule chose dont il était certain était de tenir à elle, et pour le moment rien n’avait ébranlé ce sentiment là.

« Tu voulais savoir si je cautionnais, ou cautionnerais, l’ensemble des actes que peuvent faire les damnés. La réponse la plus juste est, probablement, oui. Il y a sûrement des points qui peuvent me déplaire, des façons de faire que je verrais d’un mauvais œil au début, mais au final, je cautionnerai toujours parce que la violence n’a rien de gratuit mais véhicule quelque chose, une idée que je soutiendrais. »

Là aussi… honnête… et tout en nuances ! A nouveau il avait cette impression de complexité sous jacente à la réponse d’Emma. Quoi qu’il en soit elle affirmait soutenir les actions en question au nom d’une idée. Mais la fin justifiait-elle toujours les moyens, surtout quand les moyens en question faisaient des victimes ! Elle avait beau sembler se limiter à la violence non gratuite… c’était un petit peu perturbant quand même ! Il avait toutefois toujours le même problème : sa propre ignorance crasse de ce qui se passait, ce dont il de sentait de plus en plus honteux ! Du coup… quelle idée exactement défendaient-ils ? Défendait-elle…

Que pensait-il de tout cela ? Pouvait-il admettre que l’on utilise des moyens aussi draconiens pour défendre une idée quelle qu’elle soit ? Question intéressante… qu’il ne s’était jamais vraiment posée jusqu’à présent. Il était si simple de se donner bonne conscience en affirmant que non. Mais répondre sans avoir toutes les données du problème n’était pas dans ses habitudes… du moins tant qu’on ne l’y obligeait pas. Et là il avait vraiment l’impression de ne pas avoir tous les éléments du puzzle. D’autant plus qu’il ne savait toujours pas non plus quels étaient les actes réels des damnés et ceux qu’on pouvait éventuellement leur mettre sur le dos. Du coup il débouchait sur une impasse, ce qui d’une certaine façon l’arrangeait bien… car peut-être n’avait-il tout simplement pas envie de découvrir une raison de s’éloigner d’Emma. Elle prit une gorgée de son verre… il l’accompagna.

« Pour ce qui est d’Allan… Je ne suis pas pour le fait de te donner des informations, parce que je refuse de te voir d’impliquer, ou te fourrer dans quoique ce soit qui puisse le concerné. Mais comme j’ai le choix entre ne rien dire, ce qui impliquera que tu te débrouilleras tout seul, et le fait de t’en parler et ainsi éviter que tu t’attires des ennuis… Talbot, c’est son nom de famille. Ca fait cinq ans que je le connais et on a vécu pratiquement deux ans ensemble… Voilà pour l’histoire. »

Au moins semblait-elle avoir renoncé à lui faire oublier cette soirée ! Pour le reste… Ainsi donc ils se connaissaient fort bien. Deux ans ! Cet homme avait eu la chance de passer tout ce temps avec elle… Et visiblement il n’avait pas l’intention d’en rester là. Mais ses méthodes laissaient pour le moins à désirer ! William était prêt à beaucoup de choses pour rester auprès d’Emma, mais certainement pas contre sa volonté. Si ce monsieur Talbot représentait une menace sérieuse pour elle, et bien… William n’hésiterait pas à se mettre en travers de sa route. Il n’était pas assez stupide pour jouer inutilement les kamikazes, mais s’il le fallait ce n’était pas mettre sa vie en jeu qui le ferait reculer.

Aux dires d’Emma, elle ne souhaitait pas le voir se mêler de cette histoire pour lui éviter de s’attirer des ennuis. Nonobstant le fait qu’il avait le don de s’en attirer de toute façon, il était hors de question de laisser cet homme œuvrer tranquillement ! A moins bien entendu qu’elle n’arrive à le convaincre que cela augmenterait les risques pour elle… mais il faudrait qu’elle soit très persuasive ! Quoi qu’il en soit elle ne lui avait visiblement pas raconté tout cela de bon gré, à en croire son attitude qui déstabilisa William. Il n’avait pas voulu l’irriter, mais autant habituellement il évitait de consciemment la mettre mal à l’aise, autant cette fois-ci il ne pouvait faire autrement. Il se sentait néanmoins de plus en plus perturbé, et ce n’est pas le geste que fit Emma en poursuivant qui améliora les choses.

« Tu veux savoir quoi d’autre pour ne pas avoir l’impression de te sentir « en dehors du jeu » ? »

William prit une inspiration qu’il espéra discrète pour tenter de se calmer un peu. Avait-il poussé le bouchon trop loin ? Elle lui avait demandé d’être plus direct… peut-être l’avait-il trop été cette fois-ci ! Néanmoins elle lui avait répondu, ce qui pouvait signifier qu’elle ne lui en voulait pas plus que cela. Mais devait-il poursuivre ? Bon sang qu’il n’aimait pas ce genre de situation ! Non seulement il n’était pas doué pour s’exprimer, mais en plus il ne savait même pas s’il devait le faire ! Pourtant tant de questions tourbillonnaient dans sa tête ! Décidant qu’il était de toute façon allé trop loin pour reculer, il prit la parole le plus calmement qu’il le pouvait.

« Et bien… Que crois-tu… qu’il soit capable de faire ? Et… que puis-je faire… pour t’aider ? »

* Ah oui ! Avec ça c’est sûr qu’elle va se sentir soutenue ! *
* Mais… mes pensées s’embrouillent ! J’ai essayé de simplifier ! *
* Ah ça ! Dans une cour de primaire on pourrait sans doute entendre ce genre de trucs, peut-être même dits avec plus de conviction ! *
* Elle ne veut pas que je m’en mêle de toute façon. *
* Elle veut te protéger abruti ! Et tu le sais très bien ! *
* Et que puis-je faire ? Je n’ai pas l’habitude de ce genre de situation… *
* Et alors ? Du coup tu vas attendre gentiment qu’il remette ça ? *


Il était vrai qu’il ne savait pas gérer une situation pareille, et elle avait sans doute raison sur le fait qu’il s’attirerait certainement des ennuis s’il agissait de lui-même. Et ce qu’il redoutait le plus était de lui en attirer à elle par son ignorance ou par maladresse. Mais plus il pensait à ce qui pourrait arriver à Emma, plus il sentait son sang se glacer.

« Je ferai ce que tu me demanderas. » Sans qu’il en ait conscience, son regard se fit plus dur qu’il ne l’avait sans doute jamais été, et sa voix se fit déterminée. « Mais si il te touche encore... ce sera sa dernière erreur. »

Il n’y avait aucune prétention dans les propos de William. Jamais il ne s’était senti aussi certain de ce qu’il disait. Il réalisa soudain que ces propos lui apportaient sans doute un élément de réponse concernant les activités des damnés… la fin et les moyens. Mais il rejeta pour le moment cette question, étonné de ce qu’il ressentait. Pour une fois, son cerveau et son cœur semblaient en accord. Pourquoi fallait-il que ce soit sur un sujet pareil ! Bien évidemment cela ne dura pas, et ses pensées recommencèrent rapidement à s’affoler. Il était un peu perturbé par ce qu'il se sentait prêt à accomplir pour elle... effrayé même. Il avait l'impression de découvrir un aspect de lui-même qu'il ne connaissait pas, et il ne savait pas si cela devait lui plaire. Ceci dit, entre ses intentions et ce qu'il serait réellement capable de faire, il y avait certainement un fossé difficile à franchir. Raisonnablement. Et pourtant... Il ne savait plus quoi penser de tout cela. Ni de lui-même.

Cette soirée avait décidément pris une bien curieuse tournure, mais après tout elle était loin d'être terminée. Il était temps de rectifier le tir ! Il chercherait des réponses à ses nombreuses questions concernant Allan et les damnés à un autre moment. Un petit sourire naquit sur ses lèvres alors qu'il reprenait.

« Je serais très intéressé... par une petite explication des motivations de ces fameux damnés. Mais si tu le veux bien... laissons les pour le moment de côté ainsi que ce Talbot. Ni lui ni les autres n'occupent mes pensées ce soir. Peut-être pourrions-nous... improviser un petit diner. Ou aller ailleurs si tu le souhaites. »

Il essaya tant bien que mal de cacher la peur que faisait germer en lui l'idée de retrouver au milieu d'autres personnes. Mais en compagnie d'Emma il était certain d'arriver à se contrôler. Presque certain. Enfin... il y arriverait sans doute. Si tout se passait bien. En fait ce n'était pas du tout une bonne idée. Mais pour elle il était prêt à essayer. Surtout s'ils trouvaient un endroit pas trop peuplé.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 19 Jan - 19:24

    Emma n’avait pas été des plus agréable, que ce soit dans ses façons d’agir, que dans ses manières de dire les choses. Les divers sujets abordés ne lui convenaient pas, elle aurait préféré que tout cela ne soit pas mit sur le tapis. Elle aurait préférer que William reste dans l’ignorance de ses activités, de son appartenance au club des damnés. Elle aurait aimé qu’il n’assiste pas à la scène avec Allan, qu’il ne s’encombre pas d’inquiétude pour elle. Parce que, qu’avait-elle à craindre d’Allan ? Rien, il ne lèverait pas la main sur elle, du moins pas sans raison. Si William était resté dans l’ignorance de tout cela, les choses auraient été tellement simplifier. Elle aurait été la seule à s’inquiéter des répercussions, William n’aurait qu’à se concentrer sur sa petite bulle qu’il quittait doucement. Mais il avait fallu que William vienne au mauvais moment. Non, en réalité, c’était Allan qui était arrivé au mauvais moment, qui avait sortie des phrases qui n’auraient jamais du arriver aux oreilles d’une personne extérieure. Encore moins aux oreilles de William. Il avait fallu d’un mauvais timing de quelques minutes pour que tout ce qu’elle avait voulu garder secret éclate au grand jour, sans qu’elle puisse avoir le moindre contrôle dessus.

    Du moins elle avait toujours été persuadée qu’elle voulait garder ses informations secrètes, notamment en ce qui concerne les damnés. Alors pourquoi ses actions prouvaient le contraire ? Si elle tenait vraiment à ce secret pourquoi dire à William de se faire plus directe dans ses questions ? Pourquoi est ce qu’elle se coupait elle-même la possibilité de s’en sortir par des pirouettes verbales ? Elle savait parfaitement qu’elle ne donnerait pas d’information qui puisse nuire au club des damnés et, si vraiment ça venait à être le cas et que cela soit réellement un danger pour le club, elle n’hésitera pas à rattraper ses erreur. En clair, effacer la mémoire de William ne lui poserait pas de soucis si c’était pour garder l’anonymat de ce groupe de personne influente. Et si elle n’aurait aucun problème à le faire c’était parce que, si il devenait un danger pour le groupe à cause de ce qu’il savait, l’effacement de ses pensées étaient plutôt doux comparer à ce qu’elle pouvait faire d’habitude, ou aux actions que d’autres pouvaient faire pour se protéger.

    En y réfléchissant bien, ça lui allait qu’il comprenne qu’elle est un lien avec les damnés. De cette manière, elle avait juste espéré qu’il en soit assez déçu pour renoncer à la voir. De cette manière, tous les problèmes se réglerait en même temps, elle s’effacerait de sa mémoire, resterait loin de lui et, comme ça, lui retrouverait sa vie sans une menace du nom d’Allan sur les épaules, ou une menace représenter par un club très secret et monstrueusement influent. Elle le perdait mais… Le perdre et le savoir en sécurité n’était-ce pas une bonne chose, plutôt que de le savoir là avec une sorte d’épée de Damoclès au dessus de la tête ? Emma était horriblement égoïste de vouloir sortir le pire d’elle pour qu’il prenne la décision de lui-même de partir, plutôt que de prendre cette décision elle-même. Après tout elle n’avait qu’à lui dire de partir, elle serait inventer les arguments pour le convaincre qu’elle à vraiment envie de le voir loin d’elle, pour que tout cela cesse, pour qu’il retrouve l’intégralité de sa vie sans la moindre menace qu’elle pouvait lui apporter. Elle n’avait que quelques mots à dire mais, au lieu de cela, parce qu’elle en était incapable, elle trouvait bien de laisser comprendre qu’elle n’avait rien d’un ange pour qu’il décide, de lui-même, de partir loin d’elle.

    Une façon de fonctionner aussi stupide qu’inutile. William ne réagissait pas comme tout le monde, il était loin d’avoir les réaction que n’importe qui aurait eu. Il ne partait pas, il ne semblait même pas choqué plus que cela, pas le moindre signe de déception, de dégoût. Juste des interrogations et un cerveau qui semblait tourner à une cadence incroyable pour digérer ce qu’elle pouvait lui dire. Un esprit dans lequel elle ne rentra pas, parce qu’elle estimait que les pensées des gens devaient rester leur propriété. Ses intrusions étant souvent accidentelles ou nécessaire pour vérifier un point très important. C’était énervant d’être à la fois heureuse de ce genre de réaction, tout en étant déçue que ce soit ainsi. La déception entrant en ligne de compte juste parce qu’elle était incapable de le faire partir par elle-même. Ce qu’elle pouvait être égoïste.

    Même si elle avait l’impression que ces deux sujets, compliqués pour elle, étaient une bonne solution pour que William est une image assez négative d’elle, cela ne rendait pas les choses plus facile quand il s’agissait d’en parler. Malheureusement, pour William, cela se traduisait par une façon un peu trop sèche de répondre. Ce n’était, bien sur, pas diriger contre William, vu que c’était Emma qui lui avait demandé d’être plus direct dans ses questions. Mais cela n’empêchait pas que le sujet était compliqué à aborder et puis elle n’avait aucune envie d’en parler avec une joie certaine. Elle s’accordait, pourtant, à dire qu’elle pourrait répondre de manière un peu plus avenante au moins pour encourager William à réponde à la demande qu’elle lui avait faite concernant sa façon de poser les questions. Cela aurait été la moindre des choses, mais elle n’y arriva pas, enchainant les réponses qu’elle lui faisait avec un entrain frisant le zéro pointé et allant, même, jusqu’à lâcher en guise de dernière phrase, une question franchement amère qu’elle regretta aussi vite qu’elle fut prononcée.

    William avait, cependant, bien plus de volonté qu’il ne voulait bien laisser paraitre quand il s’agissait de poser des questions. Parce que malgré cette dernière phrase qu’elle lui avait lâcher sans trop de ménagement, il reprit. Plus hésitant, mais continuant quand même sa série de question.

    « Et bien… Que crois-tu… qu’il soit capable de faire ? Et… que puis-je faire… pour t’aider ? »

    Rester en dehors de tout ça. Oublier ce qu’il avait vu, ce qu’il avait entendu. Ca paraissait être une bonne manière de l’aider mais, cette demande était hors de propos parce qu’elle ne serait jamais accepter. Elle, si les rôles étaient inversés, elle ne l’accepterai pas. Comment pouvait-elle être en droit de lui demander la même chose ? Honnêtement elle ne savait pas ce qu’il pouvait faire, Emma n’avait pas pour habitude d’avoir de l’aide. Du moins, elle en avait souvent mais elle s’arrangeait toujours pour manipuler suffisamment les gens pour que l’aide qu’on lui fournisse ne soit pas réellement volontaire – dans le sens stricte du terme – ou spontanée. Ca avait toujours l’air de l’être pour les personnes qui l’aidaient alors qu’en réalité il n’étaient que des sortes d’objets qu’elle manipulait. C’était une seconde nature chez elle et ce qui l’inquiéta dans le fait que William lui demande ce qu’il pouvait faire pour l’aider, s’était le fait qu’elle n’était pas certaine d’avoir chercher cette aide, comme elle pouvait le faire d’habitude. Est-ce qu’il lui proposait son aide de son propre chef ou est ce qui lui proposait juste sous le coup de sentiments qu’elle n’était même pas certaine d’être réellement ressentis ?

    Pour ce qui était de ses premières questions, c’était plus compliqué en réalité. Allan avait toujours eu ce côté exclusif. Ce qu’il voulait, il l’avait, reculer devant n’importe quel moyen pour y arriver n’avait jamais été dans sa philosophie. En fait, en y réfléchissant, les choses n’avaient rien de réellement compliquée. Allan pouvait aller jusqu’à se débarrasser de William pour qu’il ne soit pas une menace. Et la seule chose qui pouvait faire qu’Allan s’en prenne à Emma serait dans le cas ou il penserait que toute chance de l’avoir est perdue à jamais, auquel cas, il estimerait que personne d’autre n’aurait cette possibilité non plus. Maintenant, est-ce qu’il était réellement judicieux d’expliquer cela à William ? Elle n’en était pas certaine.

    Elle se mise à réfléchir à ce qu’elle devait dire, ou ce qu’elle devait garder pour elle. L’avantage c’est que sa réflexion ne semblait pas poser trop de soucis vu que William semblait, de son côté, réfléchir pas mal. Un discours se forma dans l’esprit de l’homme auquel elle ne prit pas part, trop concentré sur ses propres pensées. Ces dernières furent perturbé quand William reprit la parole et qu’elle se concentra sur ce qu’il disait plutôt qu’à ce qu’elle devait dire elle-même.

    « Je ferai ce que tu me demanderas. Mais si il te touche encore... ce sera sa dernière erreur. »

    Plus que les paroles qu’il prononça, ce fut le regard qu’il avait qui était le plus perturbant. On en était donc là, lui étant près à faire ce qu’elle voulait et muni d’une certaine détermination si Allan venait à s’en prendre à Emma. Combien de fois, Emma, avait-elle assister à ce genre de scène ? Combien de fois avait-elle manipuler, laisser croire à des sentiments juste parce qu’elle avait besoin de manœuvre ? Combien de fois avait-elle fait tout cela pour en arriver aux même mots que William était en train de prononcer ? Forcément elle se demanda si c’était elle qui avait provoquer tout cela, de manière parfaitement involontaire. Est-ce qu’elle avait tellement jouer à ce petit jeu pour pouvoir le reproduire tout le temps, sans même s’en rendre compte ?

    Contre toute attente ce fut un voile de tristesse qui passa sur son visage, bien qu’elle l’effaça assez rapidement. Mais pas assez pour quelqu’un qui l’aurait regarder à ce moment précis. Tristesse parce qu’elle en revenait toujours au même : a ce que les gens étaient prêt à faire pour elle sans qu’elle n’est rien à demander. C’était encore pire parce qu’elle n’avait pas eu l’impression de chercher à en venir là et de le voir prêt à faire ce qu’elle voulait alors que lui n’avait rien à voir dans cette histoire, c’était… Triste, en quelque sorte. Mais refusant de laisser paraitre cela, elle avait bien chercher à faire fuir cette expression sur son visage, ce qui ne l’empêchait pas de le ressentir comme tel.

    « Je serais très intéressé... par une petite explication des motivations de ces fameux damnés. Mais si tu le veux bien... laissons les pour le moment de côté ainsi que ce Talbot. Ni lui ni les autres n'occupent mes pensées ce soir. Peut-être pourrions-nous... improviser un petit diner. Ou aller ailleurs si tu le souhaites. »

    Elle se tenta dans un sourire. Sourire qui était à la fois sincère et forcé. Compliqué. Voilà comment était la situation. Emma se rendait compte de plein de chose et elle avait franchement besoin d’y réfléchir. Ce qui faisait qu’elle n’avait pas vraiment envie de sourire. Mais cette proposition aussi inattendu et surprenante que cela puisse être était la bienvenue parce qu’elle permettait de clore un sujet, lui permettre de réfléchir un peu plus à certaine chose. Voilà qui lui suffisait à sourire de manière sincère. Elle ne savait vraiment pas comment William arrivait à faire ce genre de chose. Ne plus chercher à poser de question, juste pour un temps, juste penser à autre chose et ne pas forcément avoir à penser à de choses désagréables. Il n’était pas la peine de se demander pourquoi est ce qu’elle s’intéressait à lui, ça semblait tellement évident…

    « Plus de Damnés, plus d’Allan pour ce soir ! »

    Elle hocha la tête de manière convaincu avec un sourire plus franc sur les lèvres. Cette résolution lui évitant d’avoir à répondre aux précédentes questions auxquelles elle ne s’était toujours pas décidé sur la réponse. Ce qui, donc, l’arrangeait bien. Elle arriva même à sourire en repensant au fait que William était prêt à tester un endroit où, potentiellement, il pourrait y avoir du monde, juste histoire d’égayer un peu cette soirée. Ce qui, bien évidement, elle ne lui imposerait pas pour ce soir, pas après les informations qu’il venait de se prendre en pleine figure.

    Alors qu’elle se demanda dans quel endroit ils pourraient aller, toutes la conversation qu’il venait d’avoir revint par petits morceaux. Les quelques mots qu’il avait pu lui dire, la manière qu’elle avait eu de ne pas avoir la moindre réaction à ces mots. La demande qu’elle lui avait faite pour être plus directe dans ses questions, et la façon dont elle avait répondu à ses dernières. En clair, la manière dont elle s’y prenait – sans le vouloir réellement – pour ne rien montrer de ce qu’elle avait peur de ressentir. Finalement, l’endroit où ils pouvaient aller lui sembla être une forme d’évidence.

    « Improviser un diner ici semble compliqué, on donne pas vraiment dans la cuisine. Par contre, si tu veux, je dois avoir des trucs qui trainent dans mon frigo. »

    Lui proposer d’aller chez elle n’avait aucune arrière pensée hormis celle de lui prouver – a défaut d’avoir eu les bonnes réactions, au bon moment – qu’elle lui portait un certain intérêt contrairement à ce qu’elle pouvait laisser paraitre. Cela dit ça restait une proposition et non pas une obligation. Elle reprit dans un sourire semi amusé.

    « Ce qui implique de prendre ma voiture par contre, et comme les médicaments que tu as prit avant de venir ne font plus effet, tu préfères peut être qu’on fasse livrer un truc ici ? »

    Le sourire demi amusé était surtout parce qu’elle venait de dire quelque chose dont elle n’aurait pas du être au courant. Mais fallait bien s’habituer au fait d’être au côté d’une télépathe. Cela dit le but de sa phrase n’était fait pour montrer qu’elle pouvait être au courant de certaine chose, elle lui servait juste une excuse pour pouvoir refuser l’invitation qu’elle venait de lui proposer, afin d’être certaine qu’il ne se sente pas obliger d’accepter.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Lun 24 Jan - 18:21

William n’était pas très doué à ce jeu subtile qui consistait à deviner ce à quoi pensait une personne rien qu’en la regardant. Peut-être également était-il trop perturbé par ce qu’il ressentait en lui-même pour être capable de déterminer exactement ce qui vint voiler le regard d’Emma après qu’il lui eut annoncé son avertissement concernant Allan. Ce fut plus que furtif... il ne savait pas ce que c’était, mais par contre il donnerait beaucoup pour ne plus jamais le revoir ! Ce qui était cependant quasi certain, était que cela faisait suite à ce qu'il venait de dire. Etait-ce le fait qu'il avait indirectement menacé Allan qui avait provoqué cela chez elle ? S'inquiétait-elle encore de ce qu'il était capable de faire ? Non, ce n'était pas de l'inquiétude qu'il avait aperçu dans son regard. Alors... tenait-elle en fait encore à cet homme ? William n'y croyait pas... ou refusait de le croire. Quoi qu'il en soit, il aurait encore une fois mieux fait de se taire.

Heureusement elle avait semblé retrouver le sourire après qu'il lui eut proposé de laisser de côté leurs préoccupations du moment pour revenir à ce qu'aurait dû être cette soirée, à savoir un agréable moment passé ensemble. Et diner n'était sans doute pas la plus mauvaise façon de procéder. En tout cas c'était celle qui lui était venue à l'idée.

« Plus de Damnés, plus d’Allan pour ce soir ! »

William essaya de masquer son soulagement de voir le visage d'Emma s'éclairer un peu. Cette proposition avait l'air de lui convenir, et du coup il en oublia presque le fait que se retrouver au milieu d'autres personnes dans un restaurant ou assimilé était tout sauf une bonne idée ! Rien que d'y songer, cela aurait dû le tétaniser sur place ! Mais elle avait réussi à lui faire affronter la masse des visiteurs de la statue de la liberté, alors il pourrait certainement réitérer l'exercice dans une salle de restaurant non ? Sauf que là bas... elle lui avait masqué la foule. Tandis que cette fois-ci, il serait parfaitement conscient de la situation et des risques associés. Il savait pourtant qu’il n’était pas prêt pour ça, alors pourquoi diantre était-il allé lui proposer une chose pareille ! Par bravade ?

Non, il était presque certain que ce n’était pas pour cette raison. En y repensant, c’était beaucoup plus simple que cela. Elle avait simplement le don de lui faire par moment oublier ses craintes, comme si le fait qu’elle soit là, par sa seule présence, rien de néfaste ne pouvait arriver. Il n’arrivait pas à définir cette sensation étrange qui était née en lui depuis qu’il l’avait rencontrée, le sentiment de ne plus être lui-même… ou plutôt d’être redevenu lui-même… celui qu’il était il y a si longtemps, avant que tout ne tourne au cauchemar. Un William ancienne version en quelque sorte, mais plus mûr, plus… meurtri. Mais également tellement plus libre que ce qu’il était devenu, et qu’il redevenait chaque fois qu’elle s’éloignait de lui. Ce qu’il ressentait envers elle pouvait-il réellement produire pareil revirement ? Est-ce que cela pouvait réellement lui donner le courage de surmonter ses peurs ? Ce… sentiment… était-il aussi puissant que cela ?

Oh bien sûr il ne s’agissait ici que de l’accompagner diner, ce qui pour la plupart des gens n’était qu’un rituel social parmi d’autres, très éloigné d’un haut fait nécessitant bravoure et intrépidité ! Mais pour lui et ses psychoses, cela prenait un tout autre sens. Alors qu’est-ce qui l’avait poussé à lancer pareille invitation ? Le simple espoir de voir refleurir un sourire sur son doux visage ? C’était de l’inconscience… mais il n’arrivait pas à le regretter. Il ne pouvait plus qu’espérer qu’elle ne choisisse pas l’endroit à la mode du moment ! Mais elle le connaissait, et ne ferait sûrement pas une chose pareille. Quoi que… après la dernière fois ! Mais bon… il était confiant… il avait confiance.

« Improviser un diner ici semble compliqué, on donne pas vraiment dans la cuisine. »

Emma confirmait ce qu’il avait cru deviner, à savoir que son établissement n’était pas spécialement prévu pour les repas. Accessoirement il faudrait quand même qu’il essaye de venir, un jour, aux heures d’ouvertures. Un jour… En attendant, restait à savoir si elle allait maintenant songer à un endroit particulier ou il serait possible qu’ils se rendent, ou si elle allait tout simplement décliner sa proposition.

« Par contre, si tu veux, je dois avoir des trucs qui trainent dans mon frigo. »

* Dans son frigo ? Quel frigo ? SON frigo ??? *

Rester calme ! Surtout rester calme ! William aurait volontiers pris une bonne inspiration histoire de faire redescendre son niveau d’adrénaline si seulement ses poumons voulaient bien se remettre à fonctionner normalement.

Alors là ! Dire qu’il avait été à cent lieues d’imaginer qu’elle puisse l’inviter à se rendre chez elle serait un doux euphémisme. Dans ses rêves les plus fous il s’était bien dit qu’un jour, lointain, il oserait peut-être lui proposer de venir diner chez lui. Un jour… Quand il aurait achevé de déballer les cartons qui s’entassaient toujours… Quand il aurait remplacé celui qui lui servait de table par un meuble plus adapté à cet usage. Il n’était même par certain d’avoir deux assiettes ! Depuis qu’il avait rencontré Emma, il avait pris conscience du laisser aller dans lequel il s’était lentement enfoncé. Il avait commencé à y mettre bon ordre, et le costume qu’il portait aujourd’hui en était un signe flagrant pour qui le connaissait un peu. Mais ce jour qui la verrait venir chez lui restait pour William si lointain, si… irréel ! Quant à songer à se rendre chez elle ! Existait-il quelque chose au-delà de la notion d’inimaginable ? Si oui, c’était cela. Sinon, William tenait un nouveau concept !

Essayant tant bien que mal de remettre ses pensées en ordre de marche, il n’arrivait pour le moment qu’à la regarder sans réussir à articuler le moindre mot. Pourquoi n’avait-elle pas choisi la solution du restaurant ? Craignait-elle de tomber à nouveau sur une de ses connaissances, auquel cas sa présence serait à nouveau une source de problèmes ? Ou qu’il ne soit pas capable de se contrôler, ce dont lui-même doutait après tout ! Mais dans les yeux d’Emma il ne lisait pas d’inquiétude, quelle qu’elle soit. Alors peut-être était-ce tout simplement la meilleure réponse qu’elle avait trouvée au problème qu’il lui avait posé. Il l’avait laissée choisir leur destination en lui faisait confiance sur le fait qu’elle ne le mettrait pas en porte à faux en choisissant un endroit trop fréquenté. Elle lui donnait raison. C’était… si gentil !

« Ce qui implique de prendre ma voiture par contre, et comme les médicaments que tu as prit avant de venir ne font plus effet, tu préfères peut être qu’on fasse livrer un truc ici ? »

Elle avait repris bien avant qu’il ne soit en état de répondre, et le sourire particulier qu’elle affichait l’incita à sortir un peu de sa léthargie. Après tout elle ne lui imposait rien elle non plus, et il avait tout le loisir de refuser s’il le souhaitait. Toute son éducation un tantinet vieux jeu lui disait que ce n’était pas convenable, et qu’il ferait mieux d’accepter la proposition d’Emma de se faire livrer sur place. De plus, comme elle le signalait, le fait de se rendre chez elle nécessitait un nouveau trajet en voiture, ce qui était toujours une difficulté pour William. Mais pouvait-elle deviner qu’en l’occurrence ce n’était pas ce qui le retenait, tout comme elle avait deviné pour les médicaments ? Heu… deviné ? Ah… voilà ce qui était sans doute à l’origine de l’amusement qu’il avait cru distinguer chez elle à l’instant, car il ne se souvenait pas de lui avoir jamais parlé des cachets qu’il prenait quand il devait se déplacer. Cette faculté de lire dans les pensées était impressionnante… et amusante aussi. Partant du principe qu’il n’avait rien à lui cacher cela ne le dérangeait pas plus que cela. Il fallait juste qu’il apprenne à en tenir compte, et cela ce n’était pas forcément évident.

A ce propos… avait-elle du coup perçu l’origine réelle de son hésitation ? Il n’en savait rien, et devait faire avec. De toute façon, le plus simple restait de le lui dire. Mais avant il devait se décider. La voiture… par deux fois déjà elle l’avait conduit, et elle savait donc tout autant que lui que c’était un faux problème, une échappatoire qu’elle lui fournissait gentiment mais dont il ne profiterait pas. Il ne restait donc que la question toute simple d’accepter ou pas son invitation.

Il lui avait demandé de quoi Allan était capable. Elle ne lui avait pas répondu, et ce n’était pas important. Pas pour le moment. Ce qui se passait là lui démontrait que de toute façon il n’aurait pas su quoi faire de la réponse. A quoi cela aurait-il servi de le savoir, étant donné qu’il ne savait pas à quoi s’en tenir à son propre sujet. De quoi était-il lui-même capable, telle était la question. Lui était-il seulement possible de se comporter normalement ? Au moins un peu ? De n’être pour un soir qu’un agréable compagnon de vidage de frigo, sans tout compliquer avec des craintes maladives ou des considérations hors du temps ? Si cette simple chose était hors de sa portée, alors qu’en était-il du reste ? Il le fallait. Il ne pouvait pas en être autrement. Il ne le voulait pas. Il plongea son regard dans celui d’Emma, et tenta de répondre le plus calmement possible.

« Ce n’est pas… dans mes habitudes… enfin cela ne le serait pas si… on ne peut pas parler d’habitudes… enfin… »

Il s’enfonçait. C’en devenait risible. Autant abréger !

« C’est avec… joie… que je t’accompagnerai piller ton frigo. Nous aurons bien une autre occasion… de tester les pizzas du Hell’s ! Quant aux cachets… je dois pouvoir faire sans. »

L’intonation de la dernière phrase montrait qu’il avait saisi l’allusion d’Emma, et le sourire associé signifiait clairement qu’il ne s’en formalisait pas. Cette soirée qui avait si mal commencé apparaissait maintenant sous de nouveaux augures. Il était assailli par une allégresse qu’il ne tempérait qu’avec beaucoup de difficultés, et ne se rassurait qu’en se persuadant que si tout le voisinage devait ressentir ses émotions, et bien cela ferait des gens heureux.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Jeu 17 Fév - 13:15

    Par respect, et parce qu’elle n’était pas du genre à s’amuser de ce genre de chose, Emma retient le rire qu’elle avait eu envie de lâcher de manière spontanée quand elle avait parlé de son frigo. La réaction de William avait quelque chose de parfaitement attendrissante, dans le blocage qu’il était en train de faire en prenant conscience de ce qu’elle était en train de lui dire. Une réaction qui s’était traduit par un William complètement figé dans l’espace temps, incapable de sortir un mot. Si elle avait réussi à retenir un rire, elle ne pu s’empêcher de largement sourire. Un Sourire qui ne montrait aucune moquerie dans la réaction qu’il venait d’avoir. Non, en réalité, le sourire d’Emma avait même quelque chose de particulièrement attendrissant. Sentiment qu’elle ressentait face à William à ce moment bien précis.

    Et puis ce qui était mignon dans sa façon de réagir c’est que si il semblait si surpris, c’est qu’il n’avait pas envisagé cette hypothèse. En ça, il était différent des personnes qu’elle avait pu rencontré, parce que ça passait forcément à l’esprit à un moment où à un autre. Mais à en croire la réaction de William, il avait été à des années lumières de s’imaginer ce genre de réponse. Imaginait-il réellement qu’elle allait lui proposer le restaurant à la mode ? Elle lui avait déjà joué le tour de la statut de la liberté, elle n’allait tout de même pas lui faire un coup dans le même genre en si peu de temps d’intervalle. Et puis, de manière parfaitement égoïste, elle n’avait pas spécialement envie de se mettre en alerte pour le reste de la soirée en cas de débordement de pouvoir de la part de William. Les nouvelles de la journée avaient étés suffisamment éprouvant, les évènements de la veille aussi, pour pas qu’elle est, en plus, à devoir se parer à toute éventualité en balançant William en pleine foule.

    Elle restait pleinement consciente, cependant, que cette proposition pouvait être refuser. Et, dans ce cas, elle avait préférez lui fournir une excuse toute trouvée, plutôt que de risquer de le mettre mal à l’aise. Bien sur que la voiture était une fausse excuse, d’ailleurs elle aurait pu en trouver une meilleure, moins évidente, étant donné qu’ils avaient déjà voyagés ensemble dans la voiture d’Emma. Mais, disons qu’elle voulait juste lui donner cette possibilité de refuser, sans avoir à se justifier, sans avoir à être mal à l’aise ou de s’en vouloir parce qu’il ne préféra pas accepter. Dans sa phrase, elle ne pu s’empêcher de laisser glisser quelques mots pour rappeler qu’elle pouvait lire dans les pensées. Une façon pour elle d’être certaine qu’il avait bien comprit ce que tout cela pouvait impliqué. Bien sur, elle ne le pensait pas stupide, incapable de comprendre en quoi consistait la télépathie mais certaines personnes avaient tendance à tout minimiser et ne pas se rendre compte de tout ce que cela pouvait apporter. Par cette phrase, elle voulait juste lui rappeler qu’elle pouvait tout, absolument tout, savoir. Une notion qu’il ne devait pas oublier.

    Emma n’était pas du genre à faire usage de sa télépathie à tout bout de champs. Elle avait découvert ses pouvoirs depuis bien longtemps et avait eu une assez longue période pour trouver ça « cool » et en abuser de toutes les manières possibles. Finalement tout perdait de son défi quand on peut avoir accès à la tête des gens. Petit à petit, elle avait banni la télépathie ne s’en servant que pour des choses importantes, ou encore lors de dérapages parce que, après tout, cette particularité de son pouvoir n’était pas ce qu’elle avait préféré développer et elle ne pouvait pas parler de maîtrise parfaite. Mais tout cela, elle ne voyait pas l’intérêt de l’expliquer à William, préférant qu’il pense qu’elle était capable de s’en servir tout le temps de manière à ce qu’il prenne bien en considération tout ce que cela pouvait impliqué. Et voilà, qu’à cette référence au médicament William ne semblait vraiment pas s’en formalisé. Bien au contraire. A croire que ce fait ne changerait pas de ci tôt. C’était assez surprenant, la télépathie avait toujours eu une tendance à faire fuir les gens qui ont toujours une montagne de chose à cacher. Pourtant, bien souvent, insignifiantes comme choses. Mais voilà, dans le cas de William, il acceptait et ça avait quelque chose de franchement appréciable. Elle sourit à cette pensée, pendant qu’elle le laissait reprendre ses esprits pour reprendre la parole.

    « Ce n’est pas… dans mes habitudes… enfin cela ne le serait pas si… on ne peut pas parler d’habitudes… enfin… »

    La première réaction d’Emma fut involontaire : sans même s’en rendre compte, elle fronça légère les sourcils cherchant à comprendre ce qu’il voulait dire. Ou ce qu’il ne voulait pas dire. Parce qu’en réalité c’était un peu compliqué de positionner cette phrase dans une catégorie. Est-ce qu’on pouvait vraiment parler de phrase ? Et puis, d’un froncement de sourcil, elle fit par laisser échapper un léger rire. Toujours rien de moqueur, ce rire était à l’image du sourire attendrissant qu’elle avait pu avoir plus tôt. N’empêche qu’elle avait toujours du mal à comprendre l’idée qu’il avait cherché à exprimer. Bon, elle arriva déduire qu’il essayait sûrement d’expliquer que, même sans son pouvoir, il n’avait pas pour habitude d’aller vider le frigo de quelqu’un. Enfin, c’est ce qu’elle cru comprendre.

    « C’est avec… joie… que je t’accompagnerai piller ton frigo. Nous aurons bien une autre occasion… de tester les pizzas du Hell’s ! Quant aux cachets… je dois pouvoir faire sans. »

    Au moins, c’était déjà plus clair. Et puis il y avait une réponse à la proposition qu’elle lui avait faite. Une réponse positive, un sourire s’élargit un peu plus sur les lèvres de la mutante. Il avait accepté alors que ce n’était pas une habitude. Est-ce qu’elle avait le droit de considérer cela comme une sorte de mini victoire ? Elle songea qu’elle aurait tort de ce privé de ce ravissement et se mise à sourire un peu plus. William prouva, par sa dernière phrase, qu’il avait parfaitement prit conscience du fait qu’elle était télépathe. Toujours pas la moindre trace d’agacement. Ca avait quelque chose de particulièrement rassurant, et qui la rendait particulièrement heureuse. En fait, elle était vraiment heureuse et, un court instant elle ferma les yeux. Une fraction de seconde. Pas vraiment certaine que ce qu’elle ressentait était qu’à elle. Trop nouveau pour en être certaine. Mais elle chassa bien vite cette interrogation de son esprit. Combien même les sentiments de William se mêleraient aux siens, ça avait un côté grisant et bien trop appréciable pour chercher à le faire sortir. Par contre elle avait vraiment l’impression de commencer à sourire de manière un peu trop niaise pour elle, alors qu’en réalité il n’y avait rien de niais. Elle était juste bien. Contente de l’entendre accepté. Elle plissa, cependant, légèrement les yeux.

    « Tu devrais faire attention à ce que tu dis. J’ai, généralement, une bonne mémoire et je serais te rappeler cette histoire de Pizza »

    un grand sourire ponctua sa phrase avant de se lever, en annonçant qu’ils devraient peut être y aller. Il était déjà tard, ce n’était peut être pas utile de traîner d’avantage ici, surtout que ça n’allait pas les aider à se nourrir. Emma prit soins de ranger la bouteille et les verres qu’elle avait sortis, et de remettre les chaises en place avant de prendre ses affaires, d’éteindre la musique qu’elle avait complètement oubliée en fond sonore et, avant de partir, elle pensa à prendre les fleurs de William. Largement piétinée par Allan, mais peu importe, l’intention comptait et il était hors de question qu’elle laisse ce bouquet complètement à l’abandon sur une table.

    Se dirigeant vers l’entrée, accompagnée de William, elle finit par éteindre toutes les lumières, mettre l’alarme et refermer derrière elle. Une fois que tout ça fut fait, elle se dirigea vers sa voiture qui n’était pas garé bien loin. Voiture qui, quand elle avait commencé à travailler dans ce quartier, avait subi de nombreux dommages – enfin, pas cette voiture en particulier vu qu’elle avait changé depuis – mais, étrangement, ça faisait bien longtemps que plus personne ne s’y attaquait. Du coup, c’est une voiture en parfait état qui s’offrait à eux, alors qu’elle appuyait sur le bip de ses clés pour déverrouiller les portes et invités William à prendre place. Elle fut doublement prudente sur la route, d’une part à cause de la route en elle-même et de ses dangers et, d’autre part, elle était particulièrement attentive à William histoire de pouvoir parer à quoique ce soit en cas de problème.

    Il ne fut pas compliqué de voir qu’elle prenait la direction de la cinquième avenue, ce fut encore moins un secret quand elle fini par y trouver une place près de l’immeuble qui contenait son appartement. Il y avait un truc qu’elle avait fait, en arrivant : jouer de son pouvoir. On pouvait voir du monde sur cette grande avenue, ne pouvant faire comme si personne n’était là, ce qui ne serait pas crédible. Cependant, elle avait fait en sorte que pas mal soient bloqué de la vision de William. Ca ne marchait à proprement parler comme ça, disons juste qu’elle avait un tour dans la tête de William pour faire en sorte qu’il voit deux fois moins de monde que ce qu’il y avait.

    « J’habite juste là »

    Du bout du doigt elle avait désigné le grand immeuble à quelques pas de là. Et, dans un sourire rassurant, elle descendit de la voiture pour aller sur le trottoir et se mettre à la hauteur de William. Allez savoir pourquoi, peut être pour le rassurer ou quelque chose dans le genre, le premier réflexe qu’elle eut –une fois William dehors et la voiture fermée – fut de lui attraper la main pour traverser ce trottoir, quand même, rempli de monde même si c’était moins pire que la réalité. Une vingtaine de pas plus tard, elle ouvrait la porte d’entrée à l’aide d’un pass spécial. L’endroit étant plutôt bien coté, il y avait un certain système de sécurité pour ce genre d’immeuble à la fois ancien et tellement classe. Une prise d’ascenseur plus tard, ils arrivèrent au dernier étage où se situait le loft qu’elle habitait. Elle ouvrit la porte et invita William à entrer.

    L’endroit était immense, plein de grand espace avec une décoration à la fois sobre et classe, sans pour autant que ce soit bien trop charger. En on pouvait franchement voir qu’elle avait des moyens, juste en regardant son appartement, pourtant ça ne donnait pas l’impression d’être un endroit « m’as-tu vu », ou une genre de galerie géante avec des tas de tableau horrible, juste affiché pour la renommé du peintre. Non, rien de tout ça. Sobre, classe. Elle s’y sentait bien, le reste elle s’en fichait pas mal. La pièce principale, la première servait de salon et on pouvait voir pas mal de petite étagère en verre. Dessus un tas de petits bibelots entreposés, des choses gardé au fil de ses 400 ans. D’ailleurs si William y regardait, il n’aurait pas de mal à voir cette petite statuette de la statut de la liberté. Cette statuette dont elle lui avait parler sur le monument comme si elle avait raconté une simple histoire, alors qu’en réalité c’était du vécu.

    « Fait comme chez toi. Le frigo est là bas. Elle désigna la cuisine de la main. Tu fouilles, tu vois, bref, tu fais comme chez toi. Où tu peux aussi juste t’installer. Je vais juste me changer. »

    Elle lui servit un sourire et s’éclipsa parce que –on se demande pourquoi – elle n’avait aucune envie de garder une tenue sur laquelle Allan avait pu poser ses mains. Et puis de toute façon, elle avait pour habitude de se changer en rentrant. S’effaçant dans sa chambre, dont la salle de bain était mitoyenne, elle jeta un œil dans sa penderie avant de porter son choix sur une robe, toujours blanche, tout ce qu’il y avait de plus simple en réalité. L’équivalent d’un vêtement décontracter pour Emma. Elle posa son regard sur son reflet quelques minutes, juste le temps pour elle de mettre quelques pensées de côté, comme tout ce qui avait pu se passer avant que William arrive dans le bar, et les minutes qui avaient suivit son arrivée. Elle avait dit qu’elle était d’accord pour ne pas penser à ce genre de chose, alors il fallait qu’elle s’y tienne. C’est les cheveux détachés, les pieds nues et enfilé dans cette robe qu’elle retourna dans la pièce à vivre.



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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Lun 28 Fév - 21:12

Pour ce qui était de s’être embrouillé, il s’était embrouillé ! D’ailleurs ce n’était pas passé inaperçu s’il en croyait le petit froncement de sourcils d’Emma, qui a son plus grand soulagement ne dura pas et céda la place à ce rire qu’il aimait tant. Il ne lui restait plus qu’à espérer que cette fois-ci la télépathie ne lui ait pas permis de déterminer l’origine exacte de son embarras, somme toute relativement ridicule. Il n’en avait pas moins réussi à articuler ensuite une réponse intelligible, acceptant avec la plus grande joie l’invitation qu’elle lui avait lancée.

Le sourire d’Emma se fit plus intense. Elle semblait sincèrement heureuse de sa réponse, et William se demanda un instant si elle avait douté qu’il accepte. Elle lui avait proposé une porte de sortie, et il en avait été parfaitement conscient. En toute logique, il aurait dû en profiter. Cette soirée n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices, et là il faisait tout pour que cela s’aggrave. Mais en sa compagnie, il avait l’impression que la raison ne primait plus. C’était une sensation inédite, et un peu troublante. Le regard posé sur elle, il la vit fermer un bref instant les yeux. A quoi songeait-elle donc ? Il aurait donné à ce moment précis tout l’or du monde pour posséder le don d’Emma, pour pouvoir ne serait-ce que quelques secondes entrevoir ses pensées et, peut-être, comprendre quelle raison étrange l’incitait à rester avec lui. Car pour William c’était là sans doute le plus grand des mystères.

« Tu devrais faire attention à ce que tu dis. J’ai, généralement, une bonne mémoire et je serais te rappeler cette histoire de Pizza »

Faire attention à ce qu’il disait… il avait beau essayer, il avait toujours l’impression d’être maladroit. Mais en tout cas s’il y avait une chose qui ne l’inquiétait plus maintenant c’était bien de se faire livrer une pizza, surtout en aussi charmante compagnie. Toutefois, quitte à se faire livrer… ils pouvaient sans doute trouver un endroit plus calme que le Hell’s non ? Il chassa immédiatement cette pensée en se maudissant de ne savoir réagir autrement qu’en se souciant de son entourage ! Un peu perdu dans ses pensées il mit quelques instants à réagir à la répartie d’Emma, qui s’était déjà levée en proposant qu’ils se mettent en route.

Planté comme un piquet, ne sachant que faire, il la regarda mettre de l’ordre dans la pièce. A force de toujours chercher l’isolement, les rares fois où il se trouvait en communauté il avait l’impression de ne pas être à sa place, et également de gêner du fait de ses attitudes prudentes qui lui donnaient des manières un peu gauches. Hésitant, désireux de se montrer utile mais retenu par des années de névroses et, il fallait bien l’avouer, un manque de confiance en lui qu’il n’avait jamais trouvé aussi pesant, ce n’est qu’une fois qu’Emma eut pratiquement terminé qu’il réussit à sortir de son hébétude et honteusement pousser sa chaise sous la table. Il se sentait ridicule… et impuissant à y remédier. Emma ne semblait pas en faire un quelconque cas, et avait même pris la peine de récupérer ce qui restait du bouquet qu’il lui avait apporté. Etant donné ce qui s’était passé il préféra garder le silence, mais ce geste raviva au fond de lui une chaleur dont il avait à cet instant bien besoin.

Ils quittèrent l’établissement et se dirigèrent vers la voiture d’Emma. L’heure tardive était propice au calme, même si dans ce quartier tout était susceptible de se produire. William fut à d’ailleurs un peu surpris de constater qu’Emma n’hésitait pas à y stationner sans précaution. Il aurait plutôt imaginé qu’elle utilisait un parking… comme quoi la méfiance dont il faisait preuve le menait sans doute à avoir des préjugés injustes concernant le Hell’s. D’ailleurs, tandis qu’ils marchaient côte à côte, elle ne semblait pas redouter quoi que ce soit. Et curieusement, lui-même ne ressentait pas son appréhension habituelle. Oh il était bien entendu nerveux, et les regards qu’il jetait inconsciemment autour de lui en témoignaient indubitablement. Mais habituellement, dans la rue et pratiquement n’importe quel espace publique d’ailleurs, il ne marchait pas. Il s’enfuyait, cherchant à atteindre sa destination le plus rapidement possible. Or à cet instant ce n’était pas le cas. Il percevait les bruits nocturnes de la ville comme s’ils faisaient partie d’un autre monde, comme s’ils appartenaient à un univers différent. Plus rien ne pouvait l’atteindre. C’était une illusion, il en était parfaitement conscient, et c’est ce qui rendait cette sensation d’autant plus curieuse. Seule Emma semblait faire partie de ce petit espace privilégié. Etait-ce elle qui le protégeait encore une fois ? William n’en avait pas l’impression, et il savait d’expérience qu’il ne pouvait pas le savoir. Il était toutefois certain d’une chose : d’une façon ou d’une autre, que ce soit par l’entremise de son pouvoir ou simplement par sa présence, Emma était la source de cette fragile bulle d’espace serein, qui éclaterait impitoyablement sitôt qu’elle ne serait plus là. Mais en attendant, il réussissait à marcher à côté d’elle sans avoir envie d’accélérer la cadence et ça, c’était tout à fait nouveau.

Arrivés à la voiture d’Emma, William y prit place ce qui lui fit constater instantanément que la nouvelle assurance dont il avait fait preuve dans la rue avait ses limites. Il résista à l’envie de se précipiter sur son tube de calmants, mais indépendamment du fait que de toute façon leur effet serait bien trop tardif, il n’avait pas envie de se servir de cet artifice. Pas maintenant. Plus maintenant. Emma était à l’abri de ce qu’il pouvait lui faire. S’il se répétait cela suffisamment il devait bien arriver à s’en persuader ! Et comme le trafic devait être limité à cette heure, il ne pouvait pas arriver grand-chose. Statistiquement, le danger était minime. Essayant tant bien que mal de ne pas estimer la probabilité de ce qui était arrivé avec Myriam, il se concentra sur Emma. Il la savait consciente des craintes qu’il éprouvait, et même si elle ne le montrait pas il percevait l’attention redoublée qu’elle portait sur la route. Alors le moins qu’il pouvait faire était de ne pas se dégommer les neurones à grands coups de petits cachets. Il tenta durant tout le trajet de se montrer agréable, mais sa mâchoire était trop crispée pour espérer donner le change.

Sa connaissance de la ville se résumait à des informations glanées de-ci de-là, et à un plan qu’il avait dû consulter plusieurs centaines de fois en préparation du jour où il réussirait enfin à mettre les pieds plus loin que le campus universitaire. Cependant, il ne pouvait pas ne pas reconnaître la rue dans laquelle Emma finit par s’engager. Il n’avait jamais osé se lancer dans la cinquième avenue et ne s’en était approché, sans l’atteindre, que lors de la petite expédition lors de laquelle il avait rencontré Emma. L’espoir que ce ne soit qu’une étape du trajet s’évanouit lorsque cette dernière entreprit d’y garer sa voiture. Dans ce quartier, il y avait quand même du monde. Mais était-ce le fait de pouvoir enfin sortir du véhicule qui l’incitait à minimiser l’épreuve du trottoir, ou bien s’était-il imaginé cet endroit beaucoup plus fréquenté même à cette heure tardive… en tout cas il aurait pensé que la foule des passants serait plus dense.

« J’habite juste là »

L’imposant immeuble qu’Emma lui indiquait était à la hauteur de la jeune femme, et tellement éloigné de celui qui abritait son propre appartement que cela lui rappela un bref instant à quel point ils vivaient dans deux mondes différents. Il ne se plaignait pas de ses conditions de vie – il y avait tellement de gens plus à plaindre qui lui – mais c’était un fait, il était matériellement à cent lieues de l’univers d’Emma. Elle le savait et cela ne semblait pas la gêner, ce qui pour William était un élément de plus à mettre à son crédit. En réalité le plus gêné des deux, c’était lui. Sur tous les aspects, intellectuels, matériels, spirituels… et même sur le plan de leurs pouvoirs respectifs, il avait l’impression d’être à la traine. Ce n’était pas qu’elle le dépassait en tout qui le dérangeait. Il avait de nombreux défaut mais ne pensait pas être prétentieux. Non… c’était simplement que cela le ramenait toujours à une même question : que pouvait-elle bien trouver chez lui ? La réponse à cette question l’obsédait ; peut-être parce que depuis qu’elle était venue le chercher à l’université et qu’elle lui avait demandé si cela aurait changé quelque chose si elle avait été une simple employée de bureau, il s’était lui-même posé beaucoup de questions. Il savait que ce qu’il lui avait répondu à ce moment là était toujours vrai. Il n’était pas attiré par le fait qu’elle soit à la tête d’une des entreprises majeures du pays. Que sa beauté scintille comme les étoiles d’une nuit sans lune lui faisait tourner la tête, mais pas au point d’en renier les principes sur lesquels il s’était appuyé ces dernières années. Au final il savait que ce qui l’attirait chez elle était bien plus profond, plus complexe que ces simples considérations, mais il était bien en peine de le formuler clairement. Il était obligé d’admettre alors qu’il voulait comprendre, et cela le perturbait énormément. Alors peut-être était-ce là la vraie raison qui le poussait à chercher ce qu’elle pouvait trouver chez lui. Avait-elle une réponse ?

En attendant il était là, dans sa voiture, à quelques mètres de chez elle. Et même s’il s’était attendu à ce qu’il y ait plus de monde, il ne s’était toujours pas décidé à ouvrir la portière. Il le fallait bien pourtant ! Il n’allait pas rester planté là comme un imbécile ! Ce n’est qu’une fois sorti qu’il s’aperçut qu’elle était venue le rejoindre et lui avait pris la main. Le sentiment qu’il étouffa dans l’œuf par pur réflexe était curieux. Un mélange de surprise, de reconnaissance et également un peu de honte. Surprise, car il aurait dû bondir à ce contact inattendu. Or, mis à part une légère crispation, il n’en fit rien et se laissa aller une fraction de seconde plus tard dans la douceur des doigts d’Emma. Reconnaissance, car il était conscient qu’elle connaissait ses craintes, et même s’il espérait que cela ne soit pas la seule motivation de son geste ce contact allait lui être d’une aide précieuse. En constatant une affluence inférieure à celle qu’il attendait il s’était demandé, comme à la sortie du Coyote Ugly, si Emma ne lui masquait pas la réalité. Mais pourquoi dans ce cas ne pas le faire totalement comme elle l’avait fait à la statue de la liberté ? Elle avait visiblement fait un autre choix, préférant le laisser gérer la situation tout en lui apportant son soutien. Il était touché de cette marque de confiance, mais il ne pouvait s’empêcher de se sentir honteux de ne pouvoir exécuter simplement quelque chose d’aussi facile que de traverser un trottoir !

Emma le conduisit jusqu’à la porte de son appartement, et durant le trajet il ne put se retenir de remarquer le système de sécurité qui protégeait l’immeuble, en se demandant combien de temps il lui faudrait pour trouver une faille dans un système comme celui-là. Question purement théorique bien entendu, puisqu’il n’avait absolument pas l’intention de s’introduire ici en douce. Et puis de toute façon, ces systèmes étant conçus par des humains, il y avait de grandes chances de tomber sur une vilaine faille de conception de base que sur un vrai casse-tête. Une fois, cela remontait à fort longtemps… son ancienne vie, on lui avait demandé de travailler sur la protection du signal qui devait transiter de l’alarme à la centrale de surveillance. Il avait bossé avec l’équipe qui mettait en place l’alarme, et avait pu jeter un coup d’œil sur l’organisation globale du système. Il n’avait pas mis longtemps à s’apercevoir que si quelqu’un voulait entrer tranquillement il n’avait vraiment pas à se soucier de pirater le signal ! Etant donné l’emplacement des détecteurs, il y avait un chemin tout tracé qui permettait de passer bêtement au travers. Un simple problème de géométrie. Il le leur avait signalé, mais ils n’avaient pas semblé vraiment prendre en compte sa remarque. Le plus curieux restait que quelques semaines plus tard une protection de ce type avait été contournée exactement de la façon qu’il avait évoqué. Comme quoi ils auraient mieux fait de l’écouter ! Il aurait bien aimé en discuter avec eux mais il ne les avait plus jamais revus. Et de toute façon ce n’était pas son problème.

William marqua un léger temps d’hésitation en franchissant le seuil de l’appartement d’Emma. Il n’était plus entré chez quelqu’un depuis, quoi… six ans ! Il ne s’était pas demandé à quoi pouvait bien ressembler l’endroit où elle habitait, peut-être tout simplement parce qu’il ne lui était pas venu à l’idée qu’il le saurait un jour. Pourtant il n’était pas surpris. La pièce qui s’ouvrait à lui donnait une impression de profondeur feutrée, et la sensation que l’on ne pouvait connaitre ce qu’elle renfermait d’un simple coup d’œil superficiel. Il fallait se donner la peine de creuser sous la surface pour en déceler les richesses. Non… il n’était vraiment pas surpris.

« Fait comme chez toi. Le frigo est là bas. Elle désigna la cuisine de la main. Tu fouilles, tu vois, bref, tu fais comme chez toi. Où tu peux aussi juste t’installer. Je vais juste me changer. »

William tenta de répondre au sourire d’Emma. Vainement. Il ne put que la regarder s’éloigner en direction de ce qu’il supposait être sa chambre, tétanisé. Il se retrouvait seul. Et cela n’allait plus du tout ! Il ne s’était plus senti aussi proche de quelqu’un depuis… ah il ne s’était jamais senti aussi proche de quelqu’un ! Et la dernière fois que cela en avait pris le chemin, il avait causé sa perte ! Cela s’était produit au premier moment d’intimité, toute relative certes, mais quand même ! Et il était en train de reproduire le passé ! Il ne le fallait pas ! Il ne pouvait le laisser faire !

La pièce s’était mise à tournoyer. Il était ivre… ivre de remords… ivre de douleur… ivre de peur. L’idée de causer le moindre mal à Emma le rendait malade. Et cela ne pouvait qu’arriver. C’était ainsi que cela devait se passer. Pourquoi en serait-il autrement ? Il devait partir ! Fuir tant qu’il était encore temps ! Il n’avait pas le droit de prendre ce risque !

Titubant, il prit la direction de la porte. Il avait espéré que cette décision simplifie les choses, mais les murs semblaient en avoir décidé autrement et s’étaient engagés dans une valse folle. Pourquoi ? Pourquoi ne le laissait-on pas s’en aller ? Tout serait fini ! Qu’est-ce qui, en lui, s’adjugeait le droit de jouer avec la vie d’Emma ! Ce n’était pas la porte qu’il aurait dû choisir, mais la fenêtre ! Du dernier étage, le problème aurait été vite réglé.

Tombant à genoux, il se prit la tête entre les mains. Toute son énergie passait à essayer de contrôler la panique qui commençait à le submerger. S’il n’arrivait pas à reprendre le dessus, pour autant qu’il le sache c’est tout l’immeuble qui risquait de virer à l’affolement général, et personne ne savait ce que cela pouvait produire ! En voulant éviter une catastrophe il était exactement en train de la provoquer ! Il fallait qu’il se calme, et vite !

Les rares fois où il s’était retrouvé à ne pas pouvoir gérer son stress rapidement, quelque chose l’avait toujours aidé. Une sorte de mantra issu d’un livre qu’il avait lu plus jeune, et qu’il avait repris à son compte sans forcément en comprendre tout le sens. Mais peu importait. Cela le forçait en général à focaliser sa mémoire dessus et à oublier un instant la source de sa terreur. Si seulement cela pouvait fonctionner une fois de plus ! Rien qu’une fois !

* Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi. *

Inlassablement, il répéta cette litanie, jusqu’à ce que son cœur revienne à un rythme acceptable et qu’il arrive enfin à reprendre sa respiration. Rien ne pouvait lui assurer que son pouvoir ne se soit pas déclenché, mais au moins il avait repris le contrôle. Il était épuisé et la sueur s’écoulait de son front. Se remettre debout était au dessus de ses moyens, mais il arriva tout de même à relever la tête. Son regard tomba sur l’un des objets posés sur une étagère en verre. Il mit quelques instants à réaliser ce qu’il voyait. Emma lui avait parlé des miniatures offertes le jour de l’inauguration de la statue de la liberté. Rien n’assurait William que celle qu’il voyait ici en faisait partie, mais rien n’était impossible avec Emma. L’important n’était d’ailleurs pas de savoir si c’était le cas ou pas. Cette petite statue lui rappela simplement la révélation qu’Emma lui avait faite sur son passé. Elle avait dû affronter tant de choses, passer par tant d’épreuves. Et elle était toujours là. Elle lui avait assuré être consciente des risques qu’elle prenait avec lui. Cela ne donnait toujours pas à William le droit de les lui faire courir, mais pas davantage le droit de l’ignorer.

Lentement, il se releva. Ce n’était pas brillant, mais il arrivait à tenir debout et sentait ses forces revenir peu à peu. A l’aide de son mouchoir il tenta de se redonner un visage à peu près potable. Il savait pertinemment qu’il ne ferait pas illusion deux secondes face à Emma, mais de toute façon il n’était pas dans ses intentions de lui cacher des craintes qu’elle connaissait déjà de toute façon. Cette fois-ci la crise avait été un poil plus rude, et s’il arrivait simplement à éviter qu’elle s’inquiète ce serait déjà bien.

Indépendamment du fait qu’il ne se sentait pas encore l’énergie de réfléchir à ce qu’ils pourraient se préparer à manger, il ne se voyait de toute façon pas aller explorer la cuisine d’Emma sans elle, même si elle le lui avait proposé. Là aussi, c’était peut-être un reste d’éducation vieux-jeu, mais chercher à revenir là-dessus ce soir n’était pas envisageable. Cela aurait fait un peu beaucoup pour une même soirée.

William se dirigea vers une fenêtre et contempla la vue magnifique que l’on avait d’ici sur la ville. Toutes ces lumières… ces vies qui s’agitaient sans but apparent. Qu’est-ce qui décidait de leur sort ? Etaient-elles réellement libres de leurs choix ? Etait-il, lui, libre de ses choix ?

Un léger bruit lui indiqua qu’Emma revenait. Il se retourna et la vue sur la ville qu’il venait de délaisser lui sembla tout à coup bien pâle. Si la tenue qu’elle arborait était sa version de la décontraction, comme le laissait entendre le fait qu’elle ait abandonné ses chaussures, il allait falloir qu’il revoie singulièrement sa propre conception de la chose. Elle était… belle. Ce qualificatif prenait tout son sens avec elle. Ses cheveux défaits encadraient délicatement son visage, et faisaient ressortir les deux lacs bleus de ses yeux.

Subjugué, faire en sorte de ne pas prendre un air béat lui demanda un certain effort. Il s’avança dans sa direction, mais s’arrêta à quelques pas d’elle. Il avait parfaitement conscience de lui avoir promis d’essayer d’écarter ses craintes, et le mieux qu’il avait pu faire ce soir était de ne pas s’être enfui lamentablement. Mais certaines choses étaient décidément bien difficiles à mettre de côté, et ses nerfs mis à rude épreuve demandaient quelques instants de répit. Détournant les yeux, il désigna vaguement la cuisine.

« Je n’ai pas… hem… je t’attendais. Il y a une vue superbe d’ici… de la fenêtre ! »

* Abruti. *

William prit une courte inspiration, et son regard se posa de nouveau sur Emma. Le sourire qui éclaira son visage était inhabituel chez lui, du moins pour ceux qui le connaissaient ici. C’était celui qu’il aurait pu afficher s’ils s’étaient connus bien des années plus tôt. Celui d’un homme peu sûr de lui, mais ignorant du mal qu’il pouvait causer. Celui d’un homme qu’il n’avait plus été depuis longtemps.

« En fait… je ne sais pas quoi dire. Tu es… »

* Et toi tu es un crétin ! Allez ! *

Il n'avait jamais su exprimer ce qu'il ressentait. Ironie du sort étant donné le pouvoir que la nature lui avait attribué. Essayant tant bien que mal de ne pas tourner pivoine, il se tourna vers la cuisine.

« Voyons ce que nous pouvons trouver ici ! »



[Nota Bene (Gesserit) :
Tout le monde aura bien entendu reconnu la litanie contre la peur, tirée du roman "Dune" de Franck Herbert.]
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Dim 1 Mai - 17:44

    Le fait que William ne trouve pas quoi faire pendant qu'elle mettait un peu d'ordre dans le bar ne la dérangea absolument pas. Elle n'arriva même pas à le considérer comme un "piquet". En réalité elle partait du principe que c'était à être de mettre de l'ordre et ne s'offusqua en aucune manière du manque d'aide. Qu’aurait-il fait ne connaissant pas les lieux ? Ne sachant pas où se rangeait telle ou telle choses ? Elle préféra même qu'il reste sur place plutôt que d'avoir l'impression de donner des directives sur la marche à suivre pour remettre le bar en état. Surtout qu'il n'y avait pas grand-chose à faire, le plus gros du travail ayant été fait bien avant qu'Allan ne rentre dans l'endroit. Tout fut boucler rapidement et, William, s'anima de nouveau en repoussant sa chaise pour la suivre à quitter l'endroit.

    Une fois dehors, Emma, s'en vraiment s'en rendre compte, fut plus attentive à William sans que cela crève les yeux. Ils étaient dehors et elle avait bien cru saisir que cela pouvait poser problème à la personne marchant à ces côtés. Le quartier n'était pas des plus propices, en plus, il fallait bien l'avouer. Emma ne percevait sûrement pas le danger de cet endroit comme les autres personnes. Le contrôle mental était une chose fabuleuse qui rendait difficile toute agression envers sa personne, la rendant implicitement beaucoup moins inquiète. Elle ne se sentait pas à l’abri de tout... Quoique... Dans le fond, réussir à vivre si longtemps, échapper à un tas de choses en sachant qu'elle n'avait pas toujours eu cette faculté de transformer sa peau en diamant donnait, quelque part, une sorte de sentiment de supériorité qui lui faisait penser qu'elle ne craignait rien. Que craindre d'un type armé d'un couteau pour voler quelques billets quand on a survécu à des guerres ? Elle n'avait sûrement pas le meilleur mode de pensés mais personne n'a dit qu'elle était parfaite.

    L'important n'était, cependant, pas vraiment à son mode de raisonnement et sa vision de la peur dans ce quartier. Elle cherchait à s'assurer que tout allait bien pour William, peu à l'aise dehors. Pourtant, même si il ne cessait de regarder de tous les côtés, il ne semblait pas particulièrement pressé dans sa façon de marcher. L'absence de personne devait aider, du moins c'est ce qu'elle s'imagina ne pensant pas, une seule seconde, que ça présence pouvait avoir un effet sur toute une façon de vivre de vivre depuis quelques temps. Ignorer ce fait était, d’ailleurs, une bonne chose. Ne pas savoir qu'elle pouvait avoir un effet sur lui, ou un effet de plus, était une bonne chose pour cette femme qui restait, et resterait, manipulatrice même sans réellement chercher à l'être. Savoir qu'elle pouvait être à l'origine d'une chose ou d'une autre pouvait, un jour, être un élément dont elle pourrait se servir. Ce qui, aujourd'hui, n'était pas quelque chose qu'elle souhaitait. Malheureusement, elle ne se connaissait que trop bien.

    Malgré le fait qu'elle cherchait à faire bien plus attention que d'habitude en conduisant, elle ne tint pas rigueur à William pour la crispation dont il semblait faire preuve durant le trajet en voiture. Elle ne sut, cependant, quoi dire pour pouvoir l'aider, imaginant que si elle se mettait à parler il pourrait l'imaginer moins vigilante et s'inquiéter davantage. Peut-être qu'elle se triturait un peu trop l'esprit sur ce qu'elle devait faire ou non mais, heureusement, le peu de trafic à l'heure qu'il était permit de ne pas perdre un temps considérable dans la voiture. Montrant l'immeuble qui abritait son logement, elle entreprit de se garer afin de lâcher son véhicule.

    Réduire le nombre de personne n'était peut-être pas la meilleure des idées qu'elle avait pu avoir. Et s’il pensait cet endroit fréquenté de manière raisonnable pour la cinquième avenue ? Et s’il lui prenait l'envie de re-tester l'expérience seul ? Est ce qu'elle ne risquait pas de provoquer quelque chose qu'il pourrait regretter en laissant penser qu'il n'y avait pas tant de monde que cela ? Le mieux serait peut-être de lui dire ce qu'elle avait fait mais, là encore, elle ne trouvait pas que ce soit une bonne idée. Son caractère, à elle, ferait qu'elle prendrait assez mal qu'on lui dise ce qu'on fait pour elle, elle aurait la fâcheuse impression de se faire materner et cela lui déplairait fortement allant jusqu'à en vouloir à la personne qui avait pris cette initiative. Moralité, elle n'avait pas envie d'être une personne détesté par William alors, autant garder pour soi le fait qu'elle est pu réduire un peu le nombre de personnes présentes.

    Quand elle lui prit la main, elle ne s'inquiéta pas de la légère crispation dont il avait fait preuve car, au final, il n'avait pas retiré sa main. Et vu les réticences qu'il pouvait avoir avec un contact physique, elle trouvait que cela était plutôt encourageant. Une fois dans l'immeuble et n'étant pas spécialement branché sur les pensées de William elle ne fut pas mise au courant de toute la réflexion concernant le système de sécurité et la manière dont il était possible de le contourner. Dommage, elle aurait sûrement trouvé ça intéressant. De toute façon, il ne fallait pas rêver le secteur d'activité qu'occupait William, l'intéressait. Ce n'était pas la raison qui la poussait à le voir mais elle ne pouvait pas nier le fait qu'elle était loin de s'y désintéresser complètement.

    L'hésitation de William en arrivant devant l'appartement intrigua Emma qui, pourtant, ne posa aucune question pour ne pas risquer de le mettre plus mal à l'aise. Elle le laissa, donc, y aller à son rythme avant de dire qu'elle allait le laisser quelques minutes. Peut-être qu'elle n'aurait pas due. Perdu dans ses pensées, dans son reflet dans le miroir elle ne fut pas en mesure de garder un coin de son esprit focalisé sur celui de William. Pas assez soucieuse des autres ? Probablement, ça avait toujours été le cas hormis une poignée de personne. Pourtant elle aurait pu savoir qu'il risquait d'avoir un problème, le sourire qu'il avait fait en réponse à son annonce de changement avait été un signe assez évident qu'elle n'avait, pourtant, pas pris en considération.

    Elle eut un instant de panique durant ses propres réflexions et, encore une fois, elle refusa de voir que cela pouvait provenir de William. Elle mit cela, le plus naturellement possible, sur le retour d'Allan, sur ses derniers évènements qu'elle avait promis de laisser de côté. Si seulement elle avait été plus attentive, elle aurait pu réagir plus vite, faire quelque chose, sans même savoir ce qu'il était possible de faire ou non. Mais non, elle ne voyait pas plus loin que son nombril et ne songea pas au fait que ce moment de panique pouvait venir d'ailleurs, que d'elle. Là encore s'était sûrement due au fait qu'elle était bien trop sûre d'elle et qu'elle n'imaginait même pas que William puisse se servir de son pouvoir -inconsciemment - sur elle, sans qu'elle puisse s'en rendre compte. Comme quoi l'âge ne rimait pas toujours avec la logique.

    Emma avait donc retrouvé le chemin du salon, trouvant William devant la fenêtre, même si il avait délaissé la vue qu'elle offrait pour se tourner vers Emma. Rapidement, elle fronça légèrement les sourcils, quelque chose clochait mais elle était incapable de mettre le doigt dessus et c'était particulièrement frustrant. La seule chose qu'elle comprit fut que quelque chose n'allait pas avec William. Un peu perdu de ses couleurs, la tenue sur ses jambes semblait plus compliquée... Et encore, elle n'en était même pas certaine. Se faisait-elle des idées ? Qu'avait-elle loupée ? Imaginer qu'elle se faisait des idées était aussi une manière de ne pas se remettre en question, de ne pas s'en vouloir d'avoir loupé un truc. C’était probablement plus facile de cette manière.

    « Je n’ai pas… hem… je t’attendais. Il y a une vue superbe d’ici… de la fenêtre ! »

    D'un regard elle laissa entendre que cela n'avait pas réellement d'importance qu'il est, ou non, fouiller dans le frigo. Puis elle dirigea son regard vers la fenêtre, une vue dont elle ne profitait pas souvent vu le peu de temps qu'elle passait ici. Et, même quand elle était là, elle avait cessé depuis longtemps de s'émerveiller devant la vue. Sûrement un tort. Difficile pour elle de savoir s’il avait réellement eu un problème avec William ou non étant donné le sourire qu'il était en train de lui servir. Sourire qu'elle n'avait encore jamais vu avec une telle intensité jusqu'à présent et qui lui laissait penser que, finalement, tout allait bien, qu'elle avait cru voir des détails qui n'était pas réellement là. Peut-être trop inquiète de ce qu'il pouvait ressentir en s'imaginant des choses. Après tout, elle n'avait pas la science infuse non plus.

    « En fait… je ne sais pas quoi dire. Tu es… »

    En réalité elle ne voyait pas vraiment ce qu'il pouvait avoir à dire non plus. Elle ne se sentait pas exceptionnelle sur le coup, vu la tenue qu'elle avait mise ou elle ne voyait rien de particulier. Et en même temps, elle attendait une suite à ce début de phrase, sans savoir sur quoi ça allait dériver. La suite arriva bien plus vite qu'elle ne pouvait l'imaginer.

    « Voyons ce que nous pouvons trouver ici ! »

    En réalité elle attendait une suite à son autre phrase et pas un changement radicale de conversation ce qui, dans le fond, la fit légèrement rire. Qu'est-ce qu'il y avait à dire. "Tu es.... Pieds nus..." Franchement pas grand-chose de plus à dire mais la façon dont il avait de passer carrément à un autre sujet, cherchant à ne pas rougir avait quelque chose de franchement mignon. Comment ne pas en sourire ? Elle finit par hocher doucement la tête.

    « Ou bien, voir ce que je n’ai pas. Ça serait plus juste dans ce sens. »

    Parler de son frigo et ne pas parler du pressentiment qu’elle avait eu. Ne même pas chercher à savoir s’il y avait vraiment quelque chose qui clochait et ne pas se remettre en question. C’était stupide, pouvait-elle réellement faire cela. La réponse était oui parce qu’elle se fichait pas mal des gens en règle général. Rares étaient les exceptions… Et là il avait bien fallu qu’elle se rende compte qu’il en était une… D’exception. Si ce n’était pas le cas, jamais il n’aurait pu voir la vue qu’offrait son appartement… La vue, oui c’était peut-être bien ça. Elle n’avait même pas songé à lui demander s’il avait le vertige. Il était bien monter sur la statut de la liberté mais, là non plus, elle ne lui avait pas posé la question. Stupide. Elle n’était même pas fichue de penser aux choses qui pouvaient être parfaitement évidente. Du coup, alors qu’elle allait s’apprêter à aller vers la cuisine, rompre cette courte distance qu’il avait mis entre eux deux, sans qu’elle sache réellement ce qu’elle devait en faire, elle s’arrêta net pour poser son regard sur William.

    « Ca va bien ? Enfin, tu sais, quand je suis revenu tu n’avais pas l’air de… Enfin, je me fais surement des idées et, heu… Ça devenait compliqué à la limite du ridicule. Surtout pour elle. Dans un sourire et reprenant une certaine assurance avant de finir complètement pathétique, elle reprit. Tu n’as pas le vertige au moins parce que si c’est le cas, je peux baisser les stores ou on peut aller ailleurs. »

    Ça avait quelque chose d’assez flippant de se dire qu’elle était en train de s’inquiéter pour lui. S’inquiéter pour des gens ne lui avait jamais, jamais, mais alors JAMAIS réussi. C’était son défaut, sa faiblesse, ce sur quoi on pouvait jouer. Quelque chose qu’elle détestait, elle refusait de s’attacher parce qu’à chaque fois ça finissait mal et là… Qu’est-ce qu’elle faisait ? Exactement tout ce qu’elle s’était toujours interdit. Toutes ses craintes remontaient d’un coup, puis le fait qu’Alan soit revenu n’aidait franchement pas les choses. Et, là, tout d’un coup, elle ne trouvait pas que de l’avoir amené ici soit une bonne idée parce que ça impliquait lui faire confiance. C’était une forme d’attachement. Elle s’inquiétait, ce qui était aussi une forme d’attachement et…

    « Ce n’était peut-être pas une bonne idée… »

    La phrase lui avait échappé dans un murmure, malheureusement, audible.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Ven 6 Mai - 22:57

Il tenait debout sur ses jambes. C’était déjà cela de pris, et il sentait le reste de son corps se remettre progressivement en ordre de marche. Par contre, psychologiquement, ce n’était pas la grande forme. Une immense lassitude l’avait envahi. Il avait l’habitude de ses conflits intérieurs, mais cette fois-ci cela avait été particulièrement violent. Si cela devait se reproduire souvent, il allait vraiment finir par devenir cinglé.

Mais le retour d’Emma dans la pièce avait jeté un voile de lumière sur son esprit fatigué. Subitement son abattement s’évanouit, emportant ses craintes avec lui. Pendant un instant la vie reprit un cours qu’elle n’aurait jamais dû quitter, et il resta ébahi devant celle qui était à l’origine de cet ilot de calme dans l’océan de son existence tourmentée. Il ne savait pas quoi dire… ou plutôt il ne trouvait pas les mots adéquats. Depuis leur première rencontre, il avait pu constater qu’elle savait se mettre en valeur. A présent, en la voyant dans la tenue toute simple qu’elle venait de passer, il avait la confirmation de ce qu’il avait déjà pressenti bien avant : Elle n’avait pas besoin de cela. En aucune façon.

Lui par contre avait urgemment besoin de se sortir de son hébétude, sous peine de passer pour un abruti. Mais il fut incapable de finir sa phrase, et se rabattit donc sur la solution de facilité qui consistait à changer de sujet. Cela ne sembla pas perturber Emma plus que cela, s’il se fiait au petit rire qu’il perçut. Lui proposer d’explorer le contenu de son réfrigérateur n’était pas d’une extrême originalité, mais cela présentait l’avantage indéniable de le ramener dans un univers qu’il connaissait plutôt bien : celui de la cuisine. Avec la danse, c’était ce qui avait constitué ce que l’on pouvait appeler ses hobbies, du moins avant qu’il ne devienne terrorisé à l’idée de toucher quelqu’un. Exit la danse. Les casseroles ne risquaient pas grand chose, mais il fallait bien avouer qu’elles avaient des capacités relationnelles un tantinet limitées… et encore moins de conversation.

Emma sembla approuver l’idée s’il en jugeait par la façon dont elle hocha la tête.

« Ou bien, voir ce que je n’ai pas. Ça serait plus juste dans ce sens. »

Ah. Cela risquait donc de s’avérer plus compliqué que prévu. Mais ils aviseraient bien une fois le recensement de ses richesses culinaires effectué. On pouvait faire des miracles avec pas grand-chose, à condition d’avoir de l’imagination… et pas beaucoup d’appétit. De toute façon, si vraiment ils ne trouvaient rien, ils pourraient toujours se rabattre sur la solution de la pizza. Mais la remarque d’Emma réveilla sa curiosité. Il la savait fort occupée. Entre la gestion de sa compagnie et celle du Coyote Ugly, son temps libre devait être relativement limité. D’autant plus que… elle avait d’autres activités à côté. Mais il ne savait pas vraiment en quoi elles consistaient, et comme il ne jugeait pas opportun de revenir sur le sujet des damnés ou de ce club dont il ne savait toujours pas grand chose, il rangea consciencieusement ce point là dans un recoin de son cerveau. Pas assez d’informations pour le traiter. Plus tard, il faudrait qu’il se renseigne, discrètement. Cela, il savait le faire, et il en avait les moyens dans une certaine mesure. Mais pour le moment, il ne se souciait que de celle qui était en face de lui. Il la vit esquisser un mouvement en direction de la cuisine et s’apprêtait à la suivre, quand elle stoppa brusquement.

« Ca va bien ? Enfin, tu sais, quand je suis revenu tu n’avais pas l’air de… Enfin, je me fais surement des idées et, heu… »

Oh oh. Il s’était bien dit qu’il aurait du mal à masquer totalement ce qui s’était passé, mais comme elle n’avait rien dit à son retour de la chambre, il avait vaguement espéré au final y être parvenu. Non pas qu’il souhaita lui cacher quoi que ce soit… simplement ne pas l’inquiéter avec ses histoires. Ne pas arriver à se comporter normalement commençait à lui peser. Elle ne le lui avait jamais rien reproché… du moins rien qui ait un rapport avec son pouvoir. Elle l’avait remis en place quand il s’était comporté comme un imbécile, mais cette fois là cela avait été dû à son tempérament naturel qui le poussait de toute façon à ne pas avoir confiance en lui.

S’il avait été dans son état normal, il aurait sans doute vu le froncement de sourcils qui avait assombrit le doux visage d’Emma quand elle l’avait rejoint. Quoi qu’il en soit, maintenant il ne pouvait plus ignorer que d’une façon ou d’une autre elle s’était aperçu que quelque chose n’allait pas chez lui. Le seul élément rassurant était que son pouvoir ne s’était sans doute pas déclenché lors de la crise, sinon avec une telle intensité de panique elle aurait immédiatement compris ce qui se passait. Ou alors… d’autres options restaient possibles.

L’une était qu’elle soit effectivement capable de se protéger, mais dans ce cas elle n’aurait certainement pas eu de doutes sur le fait qu’il n’allait pas bien. Alors soit elle en était en fait parfaitement consciente et ne voulait pas se monter intrusive, soit pour une raison ou une autre il ne l’avait pas atteinte. Pouvait-elle se protéger sans s’en rendre compte ? Ou bien son pouvoir à lui agissait-il différemment en fonction des personnes ? Ses petites expériences dans le parc près de chez lui avaient été volontairement réduites autant qu’il le pouvait. Déjà qu’il n’aurait jamais dû se livrer à ce genre de chose ! Mais s’il voulait comprendre ce qui lui arrivait, et tenter de le contrôler, il n’avait pas le choix. Cependant, cela ne lui avait pas permis justement de tester ce qui se passait en montant en intensité. Là, il était dans le flou total. Un champ d’expérimentation s’ouvrait devant lui.

* Non mais ça va pas bien dans ta tête ? *
* Quoi ! Je ne peux pas continuer à ne pas savoir ce dont je suis capable ! *
* Tu le sais très bien. Tu n’as pas besoin d’en connaître plus. *
* Je ne sais rien. Même pas ce qui s’est passé ce soir. *
* Il ne s’est rien passé. Point. Pourquoi cherches-tu une explication compliquée ? Ton pouvoir est moisi, et tu devrais plutôt être content qu’il se soit tenu tranquille. *


Oui. C’était évident. Il était temps qu’il revienne à la réalité. Emma, qu’il avait cru sentir un instant perturbée quand elle l’avait regardé, lui souriait à présent.

« Tu n’as pas le vertige au moins parce que si c’est le cas, je peux baisser les stores ou on peut aller ailleurs. »

On aurait pu s’attendre à ce que quelqu’un doté des capacités d’Emma n’hésite pas à s’en servir. Elle aurait pu sans problème avoir la réponse à sa question sans même qu’il s’en aperçoive, et il en était parfaitement conscient. Pourtant elle ne s’en servait guère, préférant le laisser libre de lui apporter l’explication qu’il souhaitait. Ceci dit, c’était peut-être aussi pour savoir s’il allait lui dire la vérité. Prêcher le faux pour savoir le vrai était une méthode aussi vieille que le monde, mais à ce moment précis il n’y croyait pas. Il ne voyait pas pourquoi elle ferait une chose pareille. Et de toute façon, ce n’était pas cela qui le faisait hésiter à répondre.

Il mentait rarement. Encore moins à ceux qu’il aimait… et encore moins à Emma. Pas par crainte. Par principe. En revanche, il lui arrivait souvent d’omettre certains détails, et la frontière entre les deux concepts était parfois bien mince. En l’occurrence, s’il n’allait certainement pas affirmer que tout allait pour le mieux, il avait la possibilité de rester évasif. Mais il craignait fort que cela ait l’effet inverse de ce qu’il recherchait, à savoir ne pas inquiéter la jeune femme. Il avait encore du mal à se faire à l’attention qu’elle lui portait. Pourquoi s’embêtait-elle avec un type comme lui ? Elle lui avait tellement donné, alors qu’il n’avait rien à lui offrir en retour. Alors oui, effectivement il avait le vertige. Mais les stores ne pouvaient lutter contre celui-là, pas plus que ne serait efficace le fait de se rendre à un autre endroit. Il passait son temps à vaciller, de peur de chuter dans un abime de sentiments qu’il ne voulait plus éprouver, car il savait ce qui l’attendait au fond. Or c’était un gouffre dans lequel on ne tombait pas seul.

« Ce n’était peut-être pas une bonne idée… »

Le murmure d’Emma lui était parvenu malgré le brouillard de réflexions dans lequel il pataugeait, et lui fit l’effet d’un coup de fouet. D’une façon ou d’une autre elle avait perçu qu’il n’allait pas bien, et s’était méprise sur l’origine de ce trouble. Mais cette dernière phrase… elle n’avait rien à voir avec tout cela. La tournure… l’intonation… elle ne pouvait faire allusion qu’à leur venue ici, à cette soirée. Quelque chose au fond de lui jubila.

* Enfin ! Elle se rend compte de son erreur ! Tu avais raison, elle est plus intelligente que toi ! *

Tétanisé, il ne savait comment réagir. Si elle doutait… c’était sans doute le moment idéal. Ses vieux démons le poussaient à saisir l’occasion de corriger les égarements dans lesquels il s’était laissé aller. Tout serait fini si vite. C’était la meilleur chose à faire. C’était si…

* Egoïste ? *
* Pardon ? *
* Cesse de t’abriter derrière ce que tu crois être le mieux pour elle. T’arroger le droit de décider à sa place est d’une insolence abjecte. *
* Et donc ? Je regarde sans rien faire ? *
* Commence déjà par l’écouter. Elle t’a donné bien des réponses que tu refuses de prendre en compte. Et laisse-là se décider à partir de ce qu’elle connait de toi. L’estimes-tu trop stupide pour en être capable ? *
* Non ! Je… *
* Alors commence par savoir ce que toi, tu veux vraiment. *
* Je sais ce que je veux. *
* Non. Sinon tu ne serais pas en train de te parler à toi-même. *


Que voulait-il vraiment ? Il pensait effectivement le savoir, mais en fait il était en train de réaliser qu’il s’était contenté de vivre un rêve éveillé, se laissant ballotter un gré des événements. En un sens, il avait effectivement menti à Emma. Mais pas avec des mots. L’image qu’il donnait de lui-même n’était pas la réalité. Oh ce n’en n’était pas très éloigné non plus, mais il savait au fond de lui qu’il était différent de l’individu craintif en permanence qu’il donnait l’impression d’être. Il l’était devenu, par nécessité. Il avait bien d’autres défauts. Il manquait de confiance en lui, et avait tendance à ignorer ce qu’était l’instinct. Mais peureux ?

Trêve de balivernes, oui il avait peur. Prétendre le contraire aurait été absurde. Emma lui avait demandé s’il pouvait passer outre certaines chose. Alors il avait tenté d’ignorer ses craintes, et il pensait avoir réussi. Ce qui s’était passé ce soir lui démontrait qu’il s’était gravement trompé. William réalisa qu’il n’avait pas écouté ce que lui avait dit Emma de la bonne façon. Elle lui avait donné la clé, mais elle ne pouvait lui donner la façon de s’en servir. Lui seul pouvait la trouver.

Quand on avait le vertige, il était recommandé de ne pas regarde en bas. C’était ce qu’il avait fait, en essayant d’occulter le danger qu’il représentait pour Emma… en tenant de ne pas penser à ce à quoi leur relation pouvait mener. Comment avait-il pu se méconnaître à ce point là ? En cherchant à ne pas voir le fond du gouffre, il ne faisait que laisser son imagination faire le travail. Il n’avait pas compris son erreur. Maintenant si. Du moins il l’espérait. Il s’assit au bord de l’abime… et regarda en bas.

Il pensait savoir ce qu’il allait y voir, mais en réalité il ne contempla que le vide. Aucune confirmation de la fin inexorable qu’il imaginait ne lui surgit à la figure. Il ne pouvait savoir ce qui l’attendait à l’arrivée, s’il se décidait à s’y jeter. Maintenant, il devait prendre une décision, et laisser Emma prendre la sienne.

Il posa son regard sur elle. Etrangement, il était calme. Il contempla ses cheveux défaits, et ses yeux dans lesquels il s’était plus d’une fois perdu. Depuis que sa vie avait basculé, il pensait chercher des réponses. Qu’était-il ? Pourquoi cette espèce de fatalité lui était-elle tombée dessus ? Qu’allait-il bien pouvoir faire maintenant ? Mais il était en train de réaliser qu’en fait tout cela revenait à chercher quelle était sa place dans cette nouvelle vie. Emma lui en avait offert une auprès d’elle. Il l’avait acceptée, mais il ne voyait que maintenant ce que cela impliquait réellement.

Il n’avait aucune idée de ce que pourrait être l’avenir, mais Emma avait donné un sens à tout ce qu’il avait fait ces dernières années. Il savait maintenant qu’il était à nouveau capable de faire la seule chose qui importait vraiment. Il l’aimait. Et si elle voulait toujours de lui, si il voulait se montrer à la hauteur, il ne devait plus chercher à ignorer ses craintes… il devait vivre avec, et les assumer. Emma pouvait l’y aider, pas le faire à sa place.

Elle pouvait le rejeter. Aujourd’hui… plus tard… il ne savait pas ce qu’il ferait si cela devait arriver, mais en tout cas il allait tout faire pour que cela ne se produise pas. Et il ne laisserait personne, y compris lui-même, se mettre entre eux.

William eut l’impression de se réveiller. Tant de choses s’étaient éclaircies. Oh il restait de nombreux points obscurs cachés dans les coins de son esprit, et bien des questions qui ressurgiraient inlassablement. Mais cette nouvelle vision des choses changeait un peu la donne. Il ne savait pas bien ce que cela allait donner. Lui qui était tellement habitué à essayer de tout contrôler !

Il s’approcha doucement d’Emma, et ses mains prirent celles de la jeune femme. Un sourire timide naquit sur son visage.

« Je crois au contraire que c’en était une merveilleuse. »

Sa main droite relâcha son étreinte, et remonta en direction de la tempe d’Emma. Ses doigts fléchis glissèrent délicatement le long de sa joue, et finirent leur course dans un frôlement de sa nuque. Il était assailli d’émotions intenses, et l’angoisse en faisait partie. Mais au lieu de la repousser, il la laissa filer en lui et se focalisa sur toutes les autres. Lentement, son visage se rapprocha de celui de la jeune femme. Il pouvait sentir son souffle… l’entendre dans le silence feutré de la pièce. Enfin leurs lèvres se touchèrent, en un baiser qui lui sembla électriser l’ensemble de ses sens. L’étreinte était légère, et elle pouvait la rompre à tout moment. Il se laissa envahir par une sensation de chaleur intense, et le temps sembla s’arrêter. Quand enfin il se fit suffisamment violence pour réussir à briser l’enchantement, il se redressa et laissa sa main glisser le long de l’épaule d’Emma avant de se résoudre à s’écarter d’elle.

Il était stupéfait de son audace. Elle ne l’avait pas repoussé, mais après les doutes qui avaient semblés envahir la jeune femme un peu plus tôt et dont il ne savait pas en réalité exactement la teneur, il restait tendu. Il aurait voulu lui dire qu’il l’aimait plus que tout… que même s’il devait y laisser son esprit, ou même son âme, rien ne la séparerait d’elle. Mais comme d’habitude, les mots ne venaient pas. Il se contenta de la regarder.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Jeu 9 Juin - 19:54

    Le fait de ne pas passer son temps à lire dans l’esprit des gens était, souvent, prit comme quelque chose de bien. Comme si elle faisait ça pour les gens, pour préserver leurs pensées. Après tout, le concept même des pensées étaient de rester à la disposition des personnes, et non venir à la connaissance des autres. Pourtant le but premier de cette décision est de chasser l’ennui. Son pouvoir elle s’en était servi, elle l’avait usé en de nombreuses reprise – très utile dans le métier de psy, qu’elle avait effectué pendant un temps – et si elle avait cessé c’est parce qu’il n’y avait plus aucun défis à tout savoir, à tout entendre, à tout comprendre. Alors, pouvait-on vraiment considérer son non utilisation de pouvoir comme une action bienveillante ? Pas vraiment, même si elle était d’accord pour dire que tout le monde avait le droit à son « intimité ».

    Il y a des fois où elle dérogerait bien à cette règle. Comprendre les gens sans avoir accès à leurs pensées pouvait se montrer compliqué à faire. En général, en termes d’homme, ce n’était pas bien compliqué. Ils étaient un peu tous calqué sur le même modèle et elle avait eu des années pour apprendre à les comprendre, à savoir ce qu’ils voulaient. Mais les choses étaient différentes à ce moment précis. Elles étaient différentes depuis qu’elle avait rencontré William. Il était difficile de le saisir, de le comprendre, de savoir… Elle avait été douée dans son rôle de psy, mais elle mettait ça sur le compte de sa télépathie. Maintenant, sans cette aide, elle ne savait pas.

    D’abord elle avait pensé qu’il y avait un problème quand elle était revenue dans la pièce, puis il avait eu ce sourire qui laissait entendre qu’elle avait juste imaginé un malaise inexistant. Elle avait décidé de lui poser la question, stupide question sur cette histoire de vertige. Comment avait-elle fait pour ne pas s’interroger avant sur ce fait ? C’était à elle d’être pris de doute, n’avait-elle pas tout fait à l’envers ? Tellement sûre d’elle qu’elle ne s’était pas imaginer que l’expérience sur la statut de la liberté puisse poser problème, pourtant est ce que c’était vraiment sans risque avec le peu qu’elle savait de lui à ce moment, ou ce qu’elle pensait savoir de lui ? Tellement sûre d’elle qu’elle refusait de voir qu’elle pouvait aussi causer des problèmes aux autres, pensant pouvoir palier à toutes les possibilités. Et voilà qu’elle ne s’était même pas interroger sur un potentiel problème de vertige. Lamentable.

    De ces pensées venait s’ajouter l’inquiétude qu’elle avait vis-à-vis du fait qu’elle s’inquiétait pour quelqu’un. Chose qui était mauvais. Très mauvais. Elle avait fini de parler, avait lâché un murmure sans même sans rendre compte et, comme un écho, les pensées de William arrivèrent. Ce n’était pas voulu, mais trop d’interrogation trop de doute, et son pouvoir pouvait encore en faire qu’à sa tête, surtout quand il s’agissait de la télépathie.

    * Enfin ! Elle se rend compte de son erreur ! Tu avais raison, elle est plus intelligente que toi ! *

    Alors voilà où ils en étaient rendus ? Tous les deux d’accord sur le fait que c’était une erreur, même si les raisons n’étaient pas les même. Après tout, tous les deux avaient beaucoup de choses à laisser de côté s’ils voulaient que ça fonctionne. Alors c’était peut-être le moment où chacun réalisait que, finalement, ce n’était pas possible. Mais peut être tirait-elle des conclusions trop vite. De toute façon elle n’eut même pas le temps de s’interroger davantage qu’un flot de pensées arrivèrent à son esprit, ce qui la fit légèrement froncer les sourcils.

    * Egoïste ? *
    * Pardon ? *
    * Cesse de t’abriter derrière ce que tu crois être le mieux pour elle. T’arroger le droit de décider à sa place est d’une insolence abjecte. *
    * Et donc ? Je regarde sans rien faire ? *
    * Commence déjà par l’écouter. Elle t’a donné bien des réponses que tu refuses de prendre en compte. Et laisse-là se décider à partir de ce qu’elle connait de toi. L’estimes-tu trop stupide pour en être capable ? *
    * Non ! Je… *
    * Alors commence par savoir ce que toi, tu veux vraiment. *
    * Je sais ce que je veux. *
    * Non. Sinon tu ne serais pas en train de te parler à toi-même. *


    Tout était plus compliqué ce qu’elle avait imaginé, finalement. Elle savait qu’il craignait ce qu’il pouvait faire de ces pouvoirs mais elle ne pensait pas que cela pouvait créer autant de dilemme, elle avait sous-évalué les choses. Stupide. Vraiment trop stupide. Tout ça ne serait pas arrivé si elle n’avait pas cette foutue politique de la non utilisation de sa télépathie. Mais, dans le fond, le problème restait le même. Il voulait la protéger, et d’une certaine façon, elle voulait faire la même chose.

    Qu’est-ce qu’il voulait ? Et, elle, qu’est-ce qu’elle voulait dans le fond ? S’inquiéter d’une personne était quelque chose qu’elle ne devait pas faire, avoir une personne de trop proche était une cible potentielle et facilement accessible. Surtout en vue des derniers évènements. Continuer était prendre un risque. Un risque qui serait connu mais imprévisible. Même les plus doués ne pouvaient protéger les personnes qui lui étaient proches, il suffisait de voir Sélène qui en avait fait les frais en perdant Mathias. Et pourtant, Sélène, en avait de la ressource, des possibilités, et des pouvoirs. Ca n’avait pas suffi. Emma pouvait-elle vraiment être aussi prétentieuse pour imaginer pouvoir faire mieux que son ainée ? Non, pas à ce point.

    L’avantage d’avoir entendu les pensées de William c’est que cela la mettait face à une réalité : est ce qu’elle le pensait assez stupide pour ne pas savoir prendre de décision ? Ce n’était pas à elle de prendre la décision pour lui, elle ne pouvait que l’avertir de ce qui était possible et le laisser choisir. Le mettre en garde sur ce qui l’attendait, dans quoi il mettait les pieds, et lui laisser faire le reste. A la lumière de ce raisonnement, elle prit une inspiration, soulagée, calme et releva les yeux vers William.

    Le regard qu’il renvoyait à ce même instant, était le même que celui d’Emma et, rien que pour ça, un poids s’enfuit sans trop savoir pourquoi, ni ce qu’il représentait. Ce qui était drôle c’est que ce fut elle qui eut un très léger sursaut quand il prit ses mains. Pas à cause d’une quelconque crainte de son pouvoir mais parce qu’elle savait que pour lui ce n’était pas la chose la plus évidente à faire. Mais avec le regard qu’il pouvait avoir, comment craindre quoique ce soit ? Elle s’y perdit.

    « Je crois au contraire que c’en était une merveilleuse. »

    Et voilà qu’elle se mettait à sourire. Sans trop savoir pourquoi, ni comment, elle en était convaincue. Est-ce qu’elle l’était parce qu’il y avait un contact avec William ? Aucune idée, en réalité, elle n’y songea même pas. Cette sensation lui plaisait bien et elle comptait bien la garder le temps que cela lui était permit. Elle ferma doucement les yeux quand la main de William passa sur son visage et fut prise de sensations nouvelles quand leurs lèvres se rencontrèrent. Le temps lui échappa. La notion même de temps ne comptait plus pour elle. Elle ne reprit conscience de cela que quand l’étreinte prit fin, un rappel à la réalité. Doux rappel si on pouvait en croire au sourire qu’elle avait, et le regard qu’elle pouvait avoir sur William.

    Surprise. Dans le bon sens du terme. Surprise c’est ce qui ressortait le plus de son expression. Elle pensait en savoir un peu sur William, elle s’était plantée parce que jamais elle n’aurait imaginé qu’il puisse prendre une telle initiative. Elle l’avait pourtant trouvé surprenant dans bien des occasions et il continuait encore à le faire. Elle prit un air sérieux et officiel, tout en gardant un léger sourire.

    « Monsieur Baley, quand commencerez-vous à devenir prévisible ? »

    Une façon de dire qu’il ne l’était pas, et que cela lui convenait parfaitement. Elle avait eu des doutes, des interrogations, mais tout cela avait cessé… Pour le moment, cela serait sûrement revenir en temps voulu. Mais ce temps n’était pas encore arrivé, alors autant en profiter. 2largissant son sourire

    « Si tu continues à me regarder comme ça, je crois que je vais virer au rouge en moins de deux minutes et ça serait extrêmement gênant, tu sais ? »

    Ce n’était sûrement pas ce qui convenait de dire, quelque chose de plus personnel aurait sûrement été de mise. Mais elle n’en était pas capable, trop peu doué dans ce domaine. Les sentiments, dans le fond, ce n’était pas vraiment son truc. Elle avait beau avoir fréquenté un tas de personne, fait croire à des sentiments, du moment que rien n’est réel tout est facile. Mais quand ça devient plus concret, tout se complique de manière à la rendre incapable de savoir comment s’y prendre. Que fallait-il dire ? Elle se rendit compte du ridicule qu’elle devait avoir à rester là, sans savoir quoi dire et la réaction ne tarda pas à arriver. Elle se mise à rire légèrement, en détournant les yeux vers le sol, un peu gêner, mais finalement amusé par sa non expérience dans le domaine avant de relever les yeux vers William.

    « Je suis désolée mais je suis vraiment pas doué dans ce domaine. Les sentiments, tout ce genre de truc, ça me dépasse totalement en fait. Et je me retrouve là, à ne même pas savoir quoi dire. Merci. Tu crois que ça se dit : merci ? Parce que vraiment c’était… Euh… Wahou… »

    Une corde et un tabouret, serait peut-être plus approprié, cela dit…
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Lun 20 Juin - 19:22

Obnubilé par son conflit intérieur, William ne s’était pas rendu compte que l’expression d’Emma s’était alors assombrie. En aurait-il de toute façon déduit qu’elle avait eu accès à ses pensées ? Sans doute pas. Tout ceci était encore relativement nouveau pour lui, et comme de toute façon qu’elle en soit capable ne l’inquiétait pas étant donné qu’il pensait n’avoir rien à lui cacher, il n’avait pas le réflexe d’imaginer cette possibilité.

Ce fut donc dans l’ignorance totale du fait qu’Emma avait entendu son dialogue intérieur qu’il avait pris sa décision. C’était sans doute une bonne chose d’ailleurs. Savoir qu’elle avait suivi ses pensées aurait peut-être mis un grain de sable malencontreux dans les rouages fragiles de son raisonnement. Il n'aurait pas pu passer outre, et se serait immanquablement fourvoyé dans une impasse. Le cap qu'il avait eu à franchir devait être passé seul. Il l'avait fait... et il n'en revenait pas !

Habituellement chacune de ses actions était l'objet d'un conflit intérieur, surtout lorsque cela avait trait aux relations humaines qu’il avait tenté pendant des années d’éviter comme la peste. Il appréciait d'autant moins avoir à gérer toute situation nouvelle, qui ne lui permettait pas de se comporter d'une façon réfléchie par avance. Et pourtant là, alors qu'il avait agi comme jamais il ne l'avait fait auparavant, et même comme il n’avait jamais envisagé de le faire, il s'était senti merveilleusement bien. Il n’avait même pas eu d’hésitation lorsqu’il avait pris les mains d’Emma dans les siennes. Et aucune non plus pour ce qui avait suivi.

Les inquiétudes n’étaient revenues qu’après. Pendant un instant, il s’était demandé s’il n’était pas allé trop loin. Son éducation un peu vieux jeu lui avait enseigné que ce n’était pas sensé aller aussi vite. Ils ne se connaissaient que depuis quelques jours après tout. Et puis… il ne voulait pas s’imposer à elle.

* T’imposer à elle ? C’est la meilleure de l’année celle-là ! Heureusement que le ridicule ne tue pas ! *
* Tu vois très bien ce que je veux dire. *
* Je vois surtout que tu es un nigaud qui ne se rend même pas compte qu’il n’a pas les moyens de ses craintes. C’est à mourir de rire ! *


Effectivement. Si Emma trouvait qu’il dépassait les bornes, elle était assez grande pour le lui faire savoir. Mais d’un sourire et d’un regard, elle balaya ses craintes. Il n’arrivait pas à prononcer un mot. Il ne pouvait que la contempler, immobile, perdu dans un monde de sentiments qui lui étaient inconnus. Emma prit un air un peu grave heureusement contrebalancé par un petit sourire toujours présent.

« Monsieur Baley, quand commencerez-vous à devenir prévisible ? »

Il aurait bien répondu qu’il faisait son possible pour l’être ! Curieusement, la question d’Emma ne sonnait pas comme un reproche. Pour William, c’était presque perturbant. Il avait fait de la routine un rempart contre son inaptitude à gérer son pouvoir. Etre imprévisible était quasiment un échec de son point de vue, alors il avait un peu de mal à envisager que cela puisse être une bonne chose. Mais peu importait. Pour le moment, il ne devait pas se poser ces questions là. Surtout pas. Cela ne ferait que relancer ses doutes et ses conflits, et il n’en avait absolument pas envie d’autant plus que le sourire d’Emma se faisait plus intense.

« Si tu continues à me regarder comme ça, je crois que je vais virer au rouge en moins de deux minutes et ça serait extrêmement gênant, tu sais ? »

Ah ? Cela aussi c’était tout nouveau. Il n’aurait jamais cru provoquer cela un jour chez qui que ce soit, et encore moins chez Emma. Naïvement, il aurait pensé qu’après toutes ces années d’existence elle serait peut-être… blasée ? … de ce genre de chose. Ou bien que pour pouvoir l’atteindre il faudrait un peu plus que ce qu’il était capable de lui donner. Il y avait quelque chose qu’il n’arrivait pas à comprendre. Il avait depuis longtemps saisi que chercher à la classer dans un stéréotype quel qu’il soit serait une erreur grossière. Mais il comprit soudain que cela allait bien au-delà. Elle était plus complexe que toutes les personnes qu’il avait eu l’occasion de rencontrer, et il n’arriverait sans doute jamais à la cerner complètement. Pour lui qui s’était réfugié dans la froide logique des machines pour éviter les émotions humaines, c’était effrayant. Cela aurait dû l’être. Cela l’aurait certainement été s’il avait pu détacher son regard d’elle. Mais au risque de voir ce qu’elle avait prédit se réaliser, il n’y arrivait pas. Ce ne fut que quand il entendit son rire léger qu’il réussit à sortir de son rêve éveillé.

« Je suis désolée mais je suis vraiment pas doué dans ce domaine. Les sentiments, tout ce genre de truc, ça me dépasse totalement en fait. Et je me retrouve là, à ne même pas savoir quoi dire. Merci. Tu crois que ça se dit : merci ? Parce que vraiment c’était… Euh… Wahou… »

Wahou ? Hé ! C’est lui qui aurait dû dire cela ! Il aurait dû dire tant de choses d’ailleurs. Mais il était trop coincé pour ça ! Toutes les phrases qu’il commençait à imaginer se retrouvaient bloquées dans un coin de son cerveau avant d’avoir eu une chance de trouver le chemin de la sortie ! C’était stupide. Sous prétexte qu’il n’arrivait pas à exprimer parfaitement ce qu’il ressentait, il ne disait rien ! Et ce n’était même pas voulu. Au contraire, il avait toutes les peines du monde à lutter contre ce choix inconscient. Ce soir ne dérogeait pas à la règle. Pourtant, il fallait absolument qu’il dise quelque chose ! Il ne pouvait pas rester là, planté comme un piquet.

Mais ce que venait d’avouer Emma l’intriguait, et son esprit n’arrivait pas à s’en détacher. Les sentiments la dépassaient ? D’une certaine façon cela les unissait, car il ne s’était jamais considéré lui non plus très doué dans ce domaine. Même avant que sa mutation vienne tout compliquer, il était difficile pour lui de gérer ses sentiments. Cela expliquait sans doute pourquoi les paroles d’Emma le touchèrent profondément. Réussissant enfin à retrouver l’usage de la parole, ce fut d’une voix posée qu’il s’adressa à elle, tandis que son sourire se faisait plus doux qu’éclatant.

« Oui. Je crois que cela peut se dire. C’est sans doute même le terme idéal… Merci. »

Ce simple mot pouvait receler tellement de choses ! Il n’avait pas les moyens de connaître ce qu’elle-même mettait réellement derrière. Il ne pouvait que savoir ce que cela signifiait pour lui. Elle avait changé le cours de son existence. Quoi qu’il advienne maintenant, rien ne serait plus pareil. Sa vision du monde, de lui-même, de ce qu’il pouvait réaliser, tout cela avait été transformé. Alors effectivement il ne savait pas ce que ce terme signifiait pour elle, mais cela n’avait pas d’importance. La seule chose qui comptait pour lui était qu’elle l’avait prononcé et qu’il la croyait sincère.

Doucement, il se recula. L’instant quasi magique durant lequel ils s’étaient terriblement rapprochés était terminé, et William se savait incapable de le prolonger. Pendant un moment il avait réussi à refouler aux tréfonds de lui-même ses craintes habituelles, mais il sentait que s’il continuait à tirer sur la corde son esprit risquait de céder à nouveau. Mais ce n’était pas vraiment la seule raison. Son manque total de confiance en lui le poussait à temporiser. Tant qu’il n’aurait pas progressé dans ce domaine, il lui fallait trouver comme tout à l’heure le moyen de donner libre cours à son instinct. Et ce n’était pas gagné !

Toujours souriant, même si indéniablement il paraissait maintenant un peu plus hésitant, il décida de se raccrocher à ce pour quoi ils étaient venus ici à la base et désigna de la main la cuisine.

« Il était bien question de faire une descente dans ton réfrigérateur non ? »

C’était un tantinet pitoyable comme proposition. Tant pis. C’était cela ou risquer de voir son esprit vagabonder de nouveau dans une direction qu’il souhait éviter par-dessus tout. Et puis cela lui permettrait peut-être de masquer le fait qu’il ne savait pas du tout comment gérer la situation ! Il se dirigea donc de l’air le plus alerte qu’il le pouvait vers la cuisine. Emma lui avait dit à leur arrivée qu’il pouvait farfouiller à loisirs, et bien que cela le gênait un peu il ne pouvait maintenant plus reculer. Un rapide coup d’œil dans le frigo l’inquiéta un peu. Emma ne devait pas souvent diner ici. Mais les éléments de première nécessité étaient présents, et foi de William il allait bien trouver une idée ! La cuisine était un de ses passe temps, avec la danse. En tout cas cela en avait été un à une certaine époque. Depuis qu’il était arrivé à New-York, il n’avait eu ni l’occasion ni la volonté de s’y remettre. Il lui restait à espérer qu’il en soit de la cuisine comme du vélo et que cela ne s’oublie pas !

Le moins que l’on pouvait dire était que l’équipement ne manquait pas. Tout ce qui se conservait longtemps, non plus. Par contre pour ce qui était des produits frais… quelques carottes, trois oranges et des œufs ! Un instant désemparé, il esquissa un mouvement de la main vers son terminal de poche, en ayant dans l’idée de trouver sur le réseau une inspiration quelconque. Mais il interrompit son geste. Se montrer dépendant de son smartphone le gênait un peu, mais sans plus, car ce petit appareil était pour lui plus qu’un instrument de travail et Emma le découvrirait de toute façon un jour ou l’autre. Mais ce soir elle avait fait ressurgir une part de lui qui avait disparu depuis longtemps. Il voulait savoir s’il pouvait aller plus loin, trouver des ressources en lui pour ne plus être seulement celui qui pianotait sur un clavier depuis six ans. L’exercice qu’il s’imposait était peut-être un peu ridicule, mais avait pour lui une signification réelle.

Quoi qu’il en soit, il devait faire vite. Le but n’était pas de mettre une heure à tout préparer ! Son cerveau tournait à plein régime, tentant de rassembler dans sa mémoire ce qui pouvait bien rester sur le sujet. Ce moment lui sembla durer une éternité… bien trop longtemps… mais au final une ébauche de solution commença à apparaitre. Il s’extirpa donc de la contemplation du contenu du frigo après en réalité n’être resté figé devant qu’une quinzaine de secondes, et posa sur le plan de travail les quelques produits qu’il y avait trouvés. Vinrent les rejoindre du chocolat sous diverses formes, beurre, crème, sucre, miel, amandes, huile, vinaigre et cannelle. William, occupé maintenant à trouver dans la cuisine les ustensiles qui lui seraient nécessaires, était trop affairé pour savoir si Emma s’inquiétait ou non de ses préparatifs.

Chocolat, beurre et crème se fondirent rapidement en une ganache, pendant qu’il mixait amandes et sucre et montait des blancs en neige. C’était l’avantage des robots ménagers : on pouvait faire plusieurs choses en même temps. La difficulté restait de tout coordonner pour perdre le moins de temps possible. William était étonné de retrouver des gestes qu’il n’avait plus fait depuis longtemps. Il n’avait pas la prétention d’avoir jamais été un chef, mais visiblement il n’avait pas trop perdu le peu qu’il avait connu. Maintenant les jeux étaient faits. Il n’avait plus qu’à espérer arriver au bout et que le résultat soit acceptable. Souriant, il porta son regard vers Emma et s’adressa à elle d’un ton léger.

« J’ai une question qui me turlupine. Sans vouloir être indiscret, pourquoi avoir pris la direction du Coyote Ugly ? »

Emma lui avait demandé d’être direct dans ses questions. Sincèrement, il ne pensait pas être trop curieux en lui demandant cela. Mais on ne savait jamais. Il s’était rendu compte que la vie de la jeune femme était tout sauf un long fleuve tranquille, et espérait ne pas avoir maladroitement mis le doigt sur un sujet fâcheux.

La poudre d’amandes, une fois tamisée, alla rejoindre les blancs montés et l’ensemble finit en petits dômes sur une plaque de cuisson qu’il laissa attendre pendant que le four finissait de chauffer. Les carottes un fois râpées furent mêlées à des quartiers d’oranges pelées rapidement à vif dans un saladier qu’il avait trouvé dans un des placards. Le four émit un bip, et William mit donc les macarons à cuire. Ils n’avaient pas du tout attendus le temps qu’il fallait, mais tant pis. Si un jour Emma se remettait de ce qu’il allait lui proposer ce soir et le laissait à nouveau cuisiner, il s’arrangerait pour avoir un peu plus de temps !

« En tout cas, avec ta compagnie, cela fait deux secteurs d’activités fort opposés ! »

Cannelle, miel, huile d’olive, vinaigre, sel et poivre… une sauce qu’il espérait adéquate. Il la versa dans le saladier et mélangea le tout. Le temps de ranger un peu le bazar qu’il avait mis et le four signalait déjà que les macarons étaient prêts. Façon de parler étant donné le manque de rigueur dans leur préparation. Il en assembla rapidement une dizaine à l’aide de la ganache et les disposa dans une assiette. Contemplant sa salade étrange et ses biscuits mal formés d’un air un peu dépité, il préféra prendre le parti d’en sourire.

« J’espère que tu aimes la cuisine avant-gardiste ! Sinon on peut toujours se rabattre sur une pizza. »

Certes en vingt minutes chronomètre en main il aurait pu faire nettement pire. Mais il n’avait vraiment pas de quoi fanfaronner. En tout cas, maintenant, il pouvait à nouveau porter toute son attention sur elle. Quelle femme étonnante ! Et encore, il était persuadé de ne connaître que fort peu de chose à son sujet. Elle devait avoir eu une vie tellement riche ! Comment avait-elle fait pour masquer son pouvoir pendant si longtemps ? Un instant, il baissa sa garde et ses interrogations habituelles tentèrent de refaire surface.

« Crois-tu vraiment que je pourrai… » Il s’interrompit, réalisant que ce n’était pas le moment idéal pour aborder un tel sujet. Mais c’était un peu tard. Bien entendu il pouvait tenter de réorienter sa phrase sur un autre sujet, mais il avait le sentiment que cela aurait un certain côté… malhonnête. Il termina donc, mais le fait qu’il se poussait à parler était parfaitement visible. « … arriver à contrôler… mon pouvoir… un jour ? Désolé. Ce n’est pas le moment. »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Sam 2 Juil - 2:53

    Oui elle avait accès à ses pensées, pas qu’elle le souhaitait réellement mais le contrôle là-dessus était assez relatif, surtout quand les émotions venaient jouer les troubles fêtes. Cependant avoir accès aux pensées de William ne devait pas signifier qu’elle devait le dire, ou lui faire savoir. Elle s’en gardait bien, comme pour cet échange mental concernant le fait de s’imposer à elle, ou non. Elle aurait bien sourit sur ce fait, le rassuré en lui disant, qu’effectivement, elle était une grande fille et qu’elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Ce qui n’était vraiment vrai étant donné qu’elle était un peu en conflit à ce niveau-là. Mais à partir du moment où elle ne voudrait plus le voir, il était clair qu’elle saurait le dire de manière assez explicite pour ne pas laisser de doute sur ce qu’elle désire. Ce qui, aujourd’hui, n’était pas le cas. Aucune idée du temps que cela durerait et elle avait décidé de ne pas s’en soucier pour le moment.

    Décidant de ne pas s’aider de son pouvoir elle avait préféré jouer sur une sorte de franchise. La possibilité de la voir rougir et, surtout, le fait de ne pas vraiment être douée dans tout ce qui touchait aux sentiments. Elle ne savait même pas ce qu’il convenait de dire ou non et s’en trouvait un peu gênée mais William eut ce genre de sourire doux qui n’avait rien de moqueur pour lui dire que « merci » ça se disait. Enfin, il pensait que ça se disait. En fait il ne devait pas être plus doué qu’elle dans ce domaine. Ce qui était assez étrange c’est qu’ils étaient tous les deux aussi peu doués niveau sentiment mais pour des raisons qui étaient totalement différente. Si Emma avait dû voler une paire de chaussure à chaque fois qu’elle s’était mise avec quelqu’un, elle aurait eu de quoi ouvrir un magasin. Les nombreuses années derrière elle aidait à ce compte, sans parler de ce « jeu » instauré avec sélène qui avait bien aider à augmenter le nombre de potentielle chaussure. Mais il n’avait jamais été question de sentiment. Enfin si, mais tellement rarement que ça elle pouvait le compter sur les doigts d’une seule main. Et ça remontait tellement qu’elle ne pouvait pas s’estimer s’y connaitre en terme de sentiment. Et puis dans la mesure où cela n’avait jamais fonctionné, c’est que ça prouvait largement qu’elle n’était pas douée pour ça.

    Ce que représentait William, pour elle, n’était même pas clair dans son esprit tellement elle n’y était pas habitué. Bien sûr elle pensait sincèrement son « merci », c’était peut-être ça le plus perturbant pour elle. Emma avait toujours su quoi dire aux hommes pour les laisser croire à une passion totale pour eux, rien n’avait jamais été sincère. Pour une fois ça l’était et elle ne savait quoi en penser. Elle tenait à cet homme qui était face à elle, ça ne faisait pas un pli. Mais elle était aussi prise de doute parce qu’elle se connaissait et que… Est-ce que les personnes pouvaient réellement changer à l’arrivée d’une autre ? Pire encore, est-ce qu’il y avait seulement un avenir entre eux dans le mesure ou lui allait vieillir et qu’elle, elle ne prendrait pas une ride. Ses pouvoirs ne pouvaient pas bloquer le cycle de la vie de quelqu’un et ça rendait les choses encore plus compliquées pour elle. Si elle s’était protégée des sentiments c’était en grande partie pour ce genre de problème. Sa faculté à ne pas vieillir ne s’arrêterait pas sous le simple prétexte que William était arrivé dans sa vie. Y croire serait débile et illusoire. Alors, dans le fond, elle savait certainement ce que représentait William pour elle et ce qu’elle pouvait ressentir. L’admettre plus clairement était un peu plus compliqué parce que les choses le seraient forcément si c’était le cas.

    Malgré ses pensées elle n’avait pas cessé de sourire. Ca, elle maitrisait parfaitement. Ne pas se poser de question, ne pas se laisser envahir par le doute et les problèmes que pouvaient engendrer une alliance pareille. C’est la conduite qu’elle s’était promis de suivre, au moins pour lui, qui faisait tellement d’effort sur lui-même. Elle lui devait bien ça. Son sourire se fit un peu plus tendre quand elle le vit s’éloigner un peu, laissant l’hésitation reprendre un peu plus le dessus. D’accord, définitivement, ils étaient aussi peu doués l’un et l’autre dans le domaine des sentiments.

    « Il était bien question de faire une descente dans ton réfrigérateur non ? »

    Hochement de tête positif dans un sourire de la part d’Emma, malgré tout un peu inquiète du peu de chose qui pouvait se trouver dans son frigo. Si il arrivait à faire quelque chose, elle voulait bien admettre qu’il était doué dans la cuisine parce que si elle avait été toute seule, elle aurait surtout pris son téléphone pour commander chinois, ou quelque chose dans ce goût-là. Emma lui avait autorisé l’accès à la cuisine, alors elle le laissa faire sans s’inquiéter du fait qu’il puisse fouiller partout pour trouver des trucs. D’une elle ne cachait rien dans les placards de sa cuisine. De deux, l’avantage de ne jamais être chez elle, c’est qu’on pouvait difficile créer un équivalent de Tchernobyl dans sa cuisine. Tout était consciencieusement ranger jusqu’à ce que les ustensiles sorte doucement de leur place pour servir William. Pendant qu’il sortait ce dont il avait besoin, elle en profita pour prendre quelques carrés de chocolat rapidement et s’installa sur le plan de travail un peu plus loin, pieds pendant dans le vide, pour ne pas le déranger dans ces mouvements. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y avait de la place dans cette cuisine.

    Franchement elle ne comprenait rien de ce qu’il faisait, mais elle regardait de temps en temps… quoique que son regard se portait plus sur William que sur ce qu’il faisait. Elle avait même vu ce geste, un peu plus tôt, qui consistait à commencer à mettre la main dans sa poche, pour se raviser. Chose qu’elle ne comprit pas mais elle se voyait mal lui demander pourquoi il avait fait ça. Du coup, s’est assise sur le plan de travail qu’elle mangeait lentement ses carrés de chocolat.

    « J’ai une question qui me turlupine. Sans vouloir être indiscret, pourquoi avoir pris la direction du Coyote Ugly ? »

    Elle posa son regard sur lui, un carré de chocolat se stoppant devant sa bouche. Pourquoi le Coyote ? Les raisons étaient assez diverses en réalité et le temps qu’elle ordonne tout dans sa tête il avait fini par ajouter que cela faisait deux secteurs assez différent avec son entreprise. Ce qui la fit rire. Elle voulait bien lui concéder le fait que les deux n’avaient rien en commun. Elle reposa le chocolat à côté d’elle, allez savoir pourquoi elle estimait avoir besoin de ses deux mains de libre pour s’exprimer… Sûrement pour ne pas être tenté d’en manger pendant son discours.

    « Hmmm… Elle finissait de réfléchir à comment dire les choses sans que ce soit trop ennuyeux à écouter, pour reprendre. En fait le truc quand on vit longtemps c’est qu’on a vite tendance à s’ennuyer. Alors le Coyote s’était une façon de changer un peu et de s’essayer à un nouveau truc. Puis j’ai une amie avec qui je suis souvent en compétition amicale qui a repris un bar aussi, alors je suppose que ça à jouer dans la balance. »

    Sélène était, effectivement, gérante d’un autre bar alors ça avait aidé Emma à se décider quand le Coyote s’était présenter à elle comme une opportunité. Cela dit leur compétition, tout ce qu’on peut faire de plus amical, ne s’arrêtait pas franchement à l’occupation d’un bar. Mais était-ce vraiment utile de le dire ? Elle n’en était pas certaine. C’est finissant sa phrase qu’elle finit par se dire que ça pouvait paraitre franchement puéril. Un peu comme la lubie des gens qui ont plein d’argent et qui, parce qu’ils s’ennuient, décide de s’acheter un bar. Du coup elle s’était mise à sourire d’un léger haussement d’épaule un peu désolée de cette vérité. Pas de grande conviction dans son geste, ou de grands projets, juste l’envie de passer à autre chose, de casser une routine. Et, le jour, où elle en aurait marre, elle le revendrait. Voilà, c’était aussi simple que ça.

    Rapidement il lui fut présenter une salade ou un tas de chose se trouvait dedans et des gâteaux qu’elle identifia comme des macarons. D’accord ce n’était peut-être pas parfait niveau aspect mais ça elle ne pouvait lui en tenir rigueur. Elle était même assez impressionner parce qu’il avait réussi à faire parce qu’elle ne pensait pas qu’il soit possible d’élaborer ce qui avait fait avec les ingrédients de sa cuisine. Elle resta sur son plan de travail mais pencha un peu la tête vers ce qu’il avait fait, alors qu’il proposait de se rabattre sur la pizza. Et là, elle eut un énorme sourire.

    « Tu veux rire, j’ai toujours aimé vivre dangereusement. Alors va pour la cuisine avant-gardiste. »

    Son sourire ne laissa pas de doute sur le ton amusé de ce qu’elle venait de dire. Elle en profita pour descendre de son plan de travail et, une fois que ses pieds furent sur le sol, elle dut se mettre sur la pointe des pieds pour attraper des assiettes dans un des placards. Un des problèmes ne pas être très grande. La prochaine fois faudrait qu’elle pense à une cuisine sur mesure. Enfin, pour le temps qu’elle y passait, ce n’était peut-être pas utile. Les assiettes en main, elle les posa sur le plan de travail quand elle s’interrompit par les paroles de William. Oubliant ce qu’elle était en train de faire, elle se tourna vers lui pour lui accorder toute son attention.

    « Crois-tu vraiment que je pourrai… … arriver à contrôler… mon pouvoir… un jour ? Désolé. Ce n’est pas le moment. »
    « Pourquoi ça ne serait pas le moment. Large sourire sur les lèvres, elle s’était approcher de lui, stratagème ingénieux pour en fait piquer un truc dans le saladier histoire de goûter avant l’heure. Cuisine avant-gardiste ne doit pas rimer avec discussion sur les pouvoirs. Elle porta à ses lèvres le peu qu’elle avait piqué pour le manger, et reprit son sourire pour signifier qu’elle ne s’était pas empoissonner avec. Pour ta question, y a pas de raison de ne pas y arriver. Suffit juste de s’entrainer. Elle leva les yeux légèrement comme pour réfléchir avec une légère moue, avant de reprendre un air plus normal. Surtout de trouver la meilleure façon de s’entrainer parce que si on ne trouve pas cette façon et que tu as peur d’utiliser ton pouvoir, ça ne va pas être très probant, à mon avis. »

    Plutôt logique dans le fond. Mais il y avait deux choses importantes dans ce qu’elle venait de dire : la première qu’il n’ait pas peur d’utiliser son pouvoir en situation d’entrainement. La deuxième était le « on » qu’elle avait employé pour signifier que si il le voulait toujours, elle n’avait pas changé d’avis sur le fait de l’aider sur ce point. Elle s’éloigna un peu pour atteindre un autre placard – pourquoi est-ce qu’ils devaient tous se trouver en hauteur et qu’elle n’avait pas de talons aux pieds – afin d’attraper des verres. Et là ce fut une succession de chose qui enclencha la suite des évènements :

    Un placard trop haut et des verres qu’elle avait attrapé un peu à la va-vite ce qui avait créer un déséquilibre. Deux verres décidèrent de perdre leur équilibre et commencèrent une chute droit vers le visage d’Emma. Cette dernière contrôlait ses pouvoirs, bien plus que la moyenne, à ne pas en douter. Mais elle était chez elle, en sécurité et en compagnie de William dont elle avait abandonné l’idée de se méfier de lui. Dans d’autre circonstance, elle se serait pris les verres sur le coin de la figure mais elle n’était pas en mode « faire attention à ne pas le déclencher » à cause des raisons déjà exposés. Ce qui fait que dans un instinct de conservation – surtout qu’elle avait encore un pansement à l’arcade qui attestait qu’elle avait refusé que son pouvoir se déclenche la nuit dernière – son pouvoir se déclencha. Et l’espace de quelques secondes, son corps fut entièrement recouvert de diamant. Pouvoir qui ne dura que quelques secondes, à peine, le temps de laisser le verre éclater avant de retombé au sol parce que son instinct de conservation disait aussi qu’il y avait quelqu’un d’autre dans la pièce et que, par conséquence, montrer sa mutation était pas la meilleure chose à faire. Sans bouger de sa position elle tourna son regard vers William avec cet air d’enfant prit sur le fait d’une énorme connerie.

    « Euh… Bon en fait quand je parle de contrôle y a toujours des louper quand on est un peu trop en confiance. La preuve… »

    Il la savait télépathe et c’était déjà pas mal. Maintenant il avait une autre facette et, elle ne savait pas pourquoi, mais elle trouvait que c’était un peu gênant. Probablement la culpabilité de ne pas lui avoir tout dit sur ce qu’elle pouvait faire. Sauf qu’elle ne se voyait pas lui dire un truc du genre : Ouais bon alors, je lis dans les pensées, je peux créer des illusions, contrôler les gens, avoir une peau en diamant – parce que c’est classe - éventuellement avoir des projections astrales, et si vraiment le cœur m’en dit créer des objets ectoplasmiques… Ca risquait de faire un peu beaucoup à digérer d’un coup, non ? Et, en plus, dans l’immédiat il y avait un autre problème qui se posait à elle. Une moue un peu navré sur le visage elle regarda William.

    « Je suis pieds nues. »

    Si sa transformation éphémère lui avait permis de ne pas se couper le temps que le verre se brise et s’étale sur le sol, elle ne pouvait pas faire un tas sans risquer de se couper, cette fois. Une des raisons qui avait fait qu’elle n’avait pas bougé ses pieds pour tenter de ramasser ou quelque chose dans ce goût-là. Pour ça, il faudrait qu’elle puisse marcher tranquillement et c’était un peu compliquer de le faire. En fait, sans qu’elle y songe vraiment il y avait deux solutions : soit il lui apporte des chaussures, soit c’est lui qui allait devoir l’amener hors de la cuisine.

    « Désolée. »

    Pour la situation engendrée aussi bien que pour le fait qu’il voit par lui-même qu’elle était capable de faire autre chose que de lui faire croire qu’il n’y avait personne dans un lieux touristique.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 27 Juil - 21:42

Emma avait approuvé l’objectif de faire une descente dans son frigo, et William s’était en quelque sorte précipité dessus. C’était une façon d’éviter d’avoir à gérer une situation nouvelle pour lui, d’autant plus qu’il doutait d’en être capable. Ce soir, il était déjà allé beaucoup trop loin. Il avait pour habitude de ne pas agir sans avoir murement réfléchi, or ce qui venait de se passer allait totalement à contrecourant de ce précepte. Et il ne pouvait pas se retrancher derrière le fait de s’être laissé entrainer. Pas ce soir. Sans doute pour la première fois de sa vie il avait pris une initiative. Non… c’était la deuxième fois en réalité. Mais mieux valait qu’il oublie ce qui s’était passé la première fois. Si seulement il le pouvait.

Et puis dans le repli vers la cuisine il n’y avait pas non plus que la volonté de remettre un peu de distance entre elle et lui. Depuis qu’il l’avait rencontrée, il avait l’impression de découvrir une partie du monde qu’il lui était totalement étrangère. Certes, il était mutant. Mais il s’était tellement tenu à l’écart de ses semblables, et des humains aussi d’ailleurs, que sa vision des choses en avait été réduite à des fragments éparses et sans réelle signification. Petit à petit, tout commençait à s’assembler, mais se retrouver derrière les fourneaux lui donnait l’impression de revenir totalement dans un univers connu, même s’il reconnaissait bien volontiers ne pas être un expert dans ce domaine. Et puis… et bien c’était sans doute un peu bête, mais enfin réussir quelque chose en la présence de la jeune femme avait de l’importance pour lui. Elle s’en moquait sans doute, mais lui avait toujours cette impression d’être un peu à la traine derrière elle. Alors inconsciemment, il avait envie de prouver, à elle et probablement à lui-même, qu’il pouvait réaliser quelque chose même si c’était relativement insignifiant.

Il s’était donc concentré au maximum sur ce qu’il était en train de faire, mais cela ne l’avait bien entendu pas empêché de voir Emma s’assoir un peu plus loin sur le grand plan de travail. Avec un petit sourire discret, il nota dans un coin de sa tête que visiblement, elle aimait le chocolat. A la voir ainsi, bien malin celui qui pouvait imaginer ce dont elle était capable. Et en l’occurrence, à ce moment précis, William s’en moquait éperdument. La question avait été quelque fois évoquée, et pour une fois il était certain de la réponse : il ne s’intéressait pas à Emma en raison de ses capacités ou de ses relations professionnelles. Bien entendu, le fait qu’elle lui ait assuré être en mesure de se protéger de son pouvoir avait joué un rôle considérable, mais cela ne lui avait donné qu’une excuse de plus pour contrevenir à toutes les règles qu’il s’était fixé. En réalité elle le fascinait au-delà de l’imaginable. C’était la seule façon qu’il avait trouvé pour décrire ce qu’il ressentait.

Elle l’intriguait, aussi. Souvent. Pratiquement tout le temps en fait. Et d’ailleurs cela l’avait amené à l’interroger sur ce qui l’avait incitée à prendre la direction du Coyote, question qui sembla l’amuser.

« Hmmm… En fait le truc quand on vit longtemps c’est qu’on a vite tendance à s’ennuyer. Alors le Coyote s’était une façon de changer un peu et de s’essayer à un nouveau truc. Puis j’ai une amie avec qui je suis souvent en compétition amicale qui a repris un bar aussi, alors je suppose que ça à jouer dans la balance. »

William continuait à s’affairer, et s’il pouvait donner l’impression de n’écouter que d’une oreille distraite la réponse d’Emma ce n’était pourtant absolument pas le cas. Ces quelques phrases recelaient bien des informations qui élargissaient la vision qu’il se faisait d’elle. Certaines personnes pouvaient rester éternellement enfermées, affairées à des activités autarciques… visiblement ce n’était pas son cas. Il s’en doutait bien un peu, mais il était du genre à attendre de nombreuses confirmations avant de considérer quelque chose comme acquis, surtout si la chose en question était une déduction de sa part et que le sujet était un être humain. Ainsi donc elle appréciait la nouveauté, et s’il l’en croyait, également une certaine forme de compétition. Ce dernier point n’était pas très surprenant, étant donné que l’on ne pouvait sans doute pas être à la tête d’une entreprise comme la sienne sans aimer se confronter à de la concurrence. Par contre, se lancer dans des petites compétitions entre amis, cela n’était pas forcément au goût de tout le monde et nécessitait du point de vue de William une profonde entente pour que cela ne risque pas de dégénérer en confrontation réelle. En tout cas cela lui donnait quelques petits détails supplémentaires concernant la personnalité d’Emma et il en était enchanté.

En ayant terminé avec ses préparatifs culinaires, mais au final peu convaincus par ceux-ci, William avait tenté de s’en sortir avec humour, ce à quoi Emma avait répondu dans le même ton.

« Tu veux rire, j’ai toujours aimé vivre dangereusement. Alors va pour la cuisine avant-gardiste. »

Après l’épisode du Coyote, il espérait sincèrement que les aspects dangereux de la vie d’Emma se limitaient à consommer des salades étranges. Mais étant donné qu’elle l’avait informé de ses liens avec les damnés, il ne pouvait s’empêcher d’avoir des doutes à ce sujet. De là à savoir si effectivement elle aimait cela ou bien si ce n’était qu’une boutade, il y avait un fossé qu’il se refusait à franchir, du moins pour le moment. De toute façon il n’eut pas l’occasion d’y réfléchir plus avant, car la jeune femme était descendue du plan de travail et s’était mise à farfouiller dans un des placards de la cuisine. William la suivit du regard, et comme à chaque fois qu’il lui était donné de la regarder, il se perdit dans sa contemplation. Quelques secondes seulement, le temps qu’il réalise qu’il se tenait stupidement immobile et la laissait s’échiner à attraper des assiettes situées bien haut pour elle. Mais il eut beau se traiter mentalement de crétin, il était trop tard à présent pour lui proposer son aide et il se contenta de finir de disposer les mets qu’il avait préparés et même temps que son esprit se mettait à dériver à nouveau sur le sujet du contrôle des pouvoirs, et notamment du sien. La question qu’il posa, et qui lui sembla immédiatement inadaptée à la situation, parut toutefois capter l’intérêt d’Emma qui ne tarda pas à lui répondre.

« Pourquoi ça ne serait pas le moment. Cuisine avant-gardiste ne doit pas rimer avec discussion sur les pouvoirs. Pour ta question, y a pas de raison de ne pas y arriver. Suffit juste de s’entrainer. Surtout de trouver la meilleure façon de s’entrainer parce que si on ne trouve pas cette façon et que tu as peur d’utiliser ton pouvoir, ça ne va pas être très probant, à mon avis. »

Progressivement, elle était passée d’un ton amusé à une attitude plus posée ce qui laissait penser, tout comme le fait qu’elle ait prit un instant pour réfléchir, que le sujet ne la rebutait pas. Cela rassura quelque peu William qui craignait de s’être montré maladroit, tout comme la voir sourire après avoir goûté en douce dans le saladier le tranquillisait concernant la comestibilité de la chose. S’il était satisfait du dernier point, la réponse d’Emma lui importait davantage.

Pour elle, parler des pouvoirs semblait aller de soi. Lui-même n’avait pas encore complètement intégré ce concept. Cette chose étrange dont il était capable, n’avait toujours été pour lui qu’une tare qu’il lui fallait absolument museler. Bien entendu, il était conscient que peut-être il pouvait apprendre à s’en servir, et il avait tenté sans grands succès de progresser sur ce plan. Mais comme tous ses agissements étaient dictés par l’obligation suprême de ne jamais perdre le contrôle de ce qu’il faisait, cela ne l’avait jamais mené bien loin, et ce d’autant plus qu’il ne voyait aucun but à cela. Si son seul objectif était de contrôler son pouvoir pour ne plus causer de catastrophe, il y avait un moyen plus simple et plus… radical. Mais il n’en avait jamais eu le courage, ou du moins c’était comme cela qu’il le voyait. Alors il s’était vaguement dit que cela pourrait lui permettre de réaliser au moins une chose de bien dans sa vie… histoire de peut-être racheter le mal qu’il avait causé. Mais il savait pertinemment que c’était une chimère. Il y avait des choses qui ne se rachetaient pas. Alors quoi ? Du coup, sans but et sans se donner de moyens, il n’avait aucune chance d’arriver à quoi que ce soit. Et il le savait.

Mais depuis quelques jours, la donne n’était plus tout à fait la même. Il avait eu beau se répéter que cela n’aurait pas dû être le cas, c’était ainsi. Il avait croisé la route d’Emma, et à présent il ne voulait pas la perdre. Pour cela, il était allé bien au-delà de tout ce qu’il s’était toujours interdit. Il avait remis en cause ce qui lui avait permis de tenir ces dernières années. Mais il n’arrivait toujours pas à considérer son pouvoir comme un outil avec lequel il suffirait de s’exercer pour en améliorer la maîtrise. En cela, la réponse d’Emma l’inquiétait un peu. Visiblement, elle en était consciente aussi, étant donnée qu’elle lui signifiait que le plus difficile serait de trouver comment faire. Elle avait une façon de résumer la chose terriblement efficace. Lui-même s’abritait derrière des raisonnements tortueux sur les risques qu’il pouvait faire courir aux autres… mais tout se résumait en effet en ces quelques mots : il avait peur d’utiliser son pouvoir.

Quelque chose d’autre l’avait interpelé dans les propos d’Emma, mais il n’eut pas le temps d’y songer. Elle s’était éloignée sitôt sa réponse achevée pour tenter de prendre des verres dans un autre des placards de la cuisine. Cette fois-ci, William eut bien l’intention de lui proposer son aide, mais le temps qu’il se décide il était trop tard. Encore une fois.

Il vit les verres chuter vers la jeune femme. De là où il était, il ne pouvait rien y faire. De surcroit, ses mauvaises habitudes lui jouèrent encore un tour et l’excès d’adrénaline provoqué par la situation fut immédiatement bloqué en une paralysie destinée à contenir une éventuelle activation involontaire de son pouvoir. Le cri d’avertissement qu’il tenta néanmoins de lancer resta également coincé dans sa gorge. Normalement, il aurait passé un temps notable à se reprocher son comportement, mais cette fois-ci la stupéfaction prit le dessus. Quelque chose venait de se passer, sous ses yeux, qu’il ne comprenait pas vraiment. Dans une explosion de verre brisé, la peau d’Emma avait pris des reflets éclatants sous la lumière pourtant diffuse qui baignait la pièce. Pendant quelques secondes, il avait eu l’impression d’avoir devant lui une reproduction cristalline de la jeune femme, vêtue de la même robe blanche, mais qu’aucune main humaine n’aurait pu façonner. L’instant d’après, cette vision avait disparu et William aurait presque pu croire avoir rêvé. Mais il savait que ce n’était pas le cas… et pour autant qu’il le savait, en temps normal personne ne brisait des verres en vol avec sa tête ! Si seulement il était capable d’interpréter le regard d’Emma. Il lui semblait qu’elle se reprochait quelque chose, mais cela pouvait tout aussi bien être sa maladresse. Immobile, elle reprit la parole.

« Euh… Bon en fait quand je parle de contrôle y a toujours des louper quand on est un peu trop en confiance. La preuve… »

Sur ce point là il ne pouvait qu’être d’accord avec elle. Ce qui n’était pas vraiment rassurant, en fait. Mais pour le moment, il était bien trop occupé à essayer de rassembler ses idées pour s’inquiéter de cet aspect là des choses. Il n’y avait qu’une seule conclusion logique pour expliquer ce qui s’était passé : Emma était capable de se protéger en se recouvrant avec… quelque chose… de plus solide que le verre en tout cas. Intéressant. Et nouveau ! William eut un petit sourire et sembla sortir de sa léthargie. Elle n’avait jamais affirmé lui avoir tout dit sur ses capacités. Il se demandait juste ce qu’elle avait encore dans sa manche ! Décidément elle le surprenait jour après jour, et si il avait cru comprendre qu’elle appréciait rompre la monotonie, il avait bien l’impression qu’il valait mieux qu’il s’y fasse aussi de son côté ! Ceci dit, les derniers propos de la jeune femme laissait entendre qu’elle n’avait pas prévu qu’il apprenne ce nouveau détail à son sujet. C’était donc cela qu’elle se reprochait ? S’être dévoilée devant lui ? Il aurait bien voulu pouvoir prétendre deviner le raisonnement d’Emma, comprendre quelle importance elle accordait à ce qui semblait être une erreur de sa part, mais cela aurait été bien présomptueux. Il était parfaitement conscient qu’il n’en savait rien, et cela le perturbait d’autant plus que du coup il ne savait pas s’il devait passer discrètement ou au contraire aborder directement le sujet. Ce qu’il savait par contre, c’est que si vraiment le fait qu’il soit au courant était gênant… et bien il aurait rapidement un trou de mémoire ! Impossible de dire si c’était rassurant ou pas. En tout cas cela ne l’aidait pas franchement à mettre de l’ordre dans ses pensées, et encore moins à trouver quoi dire. Alors qu’il réussissait enfin à vaguement bouger, ce fut Emma qui reprit la parole dans une attitude désolée.

« Je suis pieds nues. Désolée. »

Stoppé net dans ses velléités de mouvement, William mit une seconde à réaliser la signification de cette constatation. Puis, avec un « Oh » bref qui aurait fait pâlir de jalousie les dialoguistes les plus réputés, il fit un pas vers elle… avant de s’arrêter net.

* Stop ! Hého ! Tu fais quoi là ? *
* D’après toi ? *
* Une ânerie. Ca c’est certain, mais c’est savoir laquelle qui est important ! *
* Ca va ! je vais juste l’aider à traverser le verre brisé sans se blesser. Je devrais arriver à gérer ! *
* Tu as vu combien il y en a ? Tu comptes faire ça en lui tenant la main ? *
* Et bien… *
* N’y pense même pas. Tu cherches un balais, un aspirateur, n’importe quoi, voir même tu vas explorer son dressing pour lui rapporter des chaussures, mais en tout cas tu arrêtes tes niaiseries stupides. *


Effectivement, les débris s’étalaient sur une surface bien trop importante pour la franchir d’un pas. Et même s’il l’avait déjà touchée, même si les émotions qui avaient découlé de certains de ces contacts avaient été intenses, il ne savait pas s’il arriverait à gérer à nouveau une proximité physique plus forte ce soir. Il était plus prudent de trouver une autre solution. Indubitablement. Ce fut à son tour d’avoir un petit sourire désolé, tandis qu’il regardait Emma.

« Je vais… heu… je reviens. »

Il se retourna en direction de… il ne savait pas quoi en fait. Il n’avait aucune idée de l’endroit où il pourrait trouver de quoi dégager un passage, et il n’imaginait même pas une seconde en réalité aller fouiller dans ses affaires pour dénicher des chaussures ! Et puis… William serra le poing sans s’en rendre compte. Il était ridicule, mais ce n’était pas cela qui le gênait. Il en avait l’habitude, quoi qu’il devait bien avouer qu’en présence d’Emma cela n’était plus aussi simple de passer outre. Mais cela n’aurait été que cela, il aurait quand même fait avec. Non, il y avait autre chose, qu’il n’aurait là aussi jamais laissé prendre prise sur lui dans d’autres circonstances. Il se retourna à nouveau vers Emma.

* Et allez ! Le retour de Zorro. Donne-moi une seule bonne raison de faire une bêtise pareille et je me tais ! *
* PARCE QUE J’EN AI ENVIE ! *


Il se dirigea vers Emma, d’un pas assuré ce qui n’était pas fréquent chez lui, écartant au passage les éclats tranchants qui jonchaient le sol. Ce ne fut qu’arrivé près d’elle qu’il eut une brève hésitation, qui n’avait pas pour origine ses craintes habituelles, mais simplement sa timidité naturelle. Tendant son bras droit pour qu’elle puisse y prendre appui, il articula difficilement un « Si tu me permets… » avant de se retrouver à court de verve. Elle lui permit, et il la prit ainsi dans ses bras. La situation lui sembla tout à coup totalement irréelle, mais si c’était le cas, et bien la réalité n’avait qu’à aller se faire voir ailleurs. Si tout cela ne devait ressembler qu’à une issue de compte de fée, ainsi soit-il ! En ce qui le concernait, cela en était bien un.

C’était étrange. Ce qu’il ressentait à cet instant était différent, mais aussi fort que lorsqu’ils s’étaient embrassés. Il n’aurait jamais cru que la tenir ainsi contre lui pouvait être quelque chose d’aussi fort et, surpris, se laissa aller dans ce flot de sensations. Jusqu’à ce qu’il réalise que si quelqu’un pouvait les recevoir par accident, Emma était en première ligne ! Et il ne le voulait pas, non pas qu’il souhaita lui cacher ce qu’il ressentait, loin de là, mais il savait ce que cela faisait que d’avoir ses sens perturbés. Il ne savait pas comment elle avait vécu ce moment, mais il ne voulait pas l’influencer. Surtout pas !

Quelques pas avaient suffi à les sortir de la cuisine, et doucement il déposa Emma près du canapé du salon. Instinctivement, il chercha des yeux sur son front une éventuelle trace résiduelle de la chute des verres, même s’il savait qu’il n’en trouverait aucune. Il ne pouvait s’empêcher de vérifier, l’inquiétude étant plus forte que la raison. Mais comme il s’y attendait, il ne vit rien. Et il était un peu perdu. Si elle était capable de se protéger ainsi, pourquoi ne l’avait-elle pas fait lorsque Allan l’avait agressée ? N’était-il pas au courant de cette aspect là de la mutation d’Emma ? Pourtant… ils avaient vécu ensemble. Etait-elle secrète à ce point ? Ou alors elle n’avait pas pu se servir de son pouvoir à ce moment là ? Mais pourquoi ?

Tant de questions se bousculaient dans sa tête, et il n’arrivait à en poser aucune. Peut-être tout simplement parce que pour le moment aucune n’avait réellement d’importance. Pour le moment. Plus tard, peut-être… s’il laissait à nouveau libre parole à la petite voix en lui qui lui disait que quelque chose clochait dans le tableau idyllique qui se peignait jour après jour, cette même petite voix qui lui susurrait qu’Emma n’avait aucune raison de s’éprendre de lui. Mais ce soir, cette voix était muette. Quand Emma lui avait répondu plus tôt concernant l’apprentissage de son pouvoir, elle ne lui avait pas dit qu’il pourrait y arriver en s’entrainant. Elle avait dit qu’ils le pourraient. Ensemble. Et c’était tout ce qu’il demandait. Rien ne remettait en cause la confiance qu’il avait en elle. Mais il n’était pas stupide pour autant : elle lui avait caché des choses, elle lui en cachait encore. Et alors ? Elle n’avait jamais dit le contraire. Et il n’avait jamais dit qu’il n’était pas curieux. Elle-même l’avait déjà poussé à exprimer clairement ses interrogations, et de toute façon il ne voyait pas vraiment comment passer sous silence ce qui s’était produit. Souriant, il désigna la cuisine d’un vague geste de la main et prit la parole d’un ton qui se voulait léger.

« Impressionnant… et esthétique, ce qui ne gâche rien, bien que j’avoue… avoir une nette préférence pour la version originale. Qu’est-ce que c’est ? Une sorte de cristal ? »

La mémoire de William n’était pas exceptionnelle, mais un détail lui revint tout à coup en tête. Une question plutôt, qui lui avait parue curieuse sur le moment, lorsque Emma la lui avait posée alors qu’ils visitaient la statue de la liberté. Il pouvait presque réentendre ses paroles : « Vous croyez que si on jette un diamant de cette hauteur, il se casse en arrivant au sol ? ». Se pouvait-il que ?

« Ou alors… du diamant ? En tout cas, c’est efficace. C’est sans doute idiot de ma part, mais je n’avais jamais vraiment réalisé que l’on pouvait avoir plusieurs mutations. »

Etant donné ce qu’il avait déjà fait avec une seule, il préférait ne pas imaginer quels ravages il aurait bien pu causer s’il en avait eu d’autres ! Rejetant aussitôt cette hypothèse effrayante, William prit un air plus sérieux.

« Je ne connais pas les raisons qui te poussent à utiliser ou non tes pouvoirs, ou même à en parler. Mais tu as raison sur un point : j’ai peur d’utiliser le mien, ou plutôt j’ai peur d’en perdre le contrôle mais cela revient à peu près au même. Et cela ne va effectivement pas faciliter les choses. »

S’abstenant de faire des promesses qu’il n’était pas certain d’arriver à tenir, il préféra changer de sujet et prit un ton plus enjoué.

« En attendant, à moins que tu ne caches un autre pouvoir capable de garnir les assiettes, je m’en vais aller quérir ce que nous avons laissé à la cuisine. Maintenant que je sais où sont les verres, je vais en attraper deux autres en essayant de ne pas aggraver les dégâts ! Par contre, la reine du domaine est chargée de trouver de quoi les remplir. »

Ce n’est qu’après avoir employé le surnom de « reine » qu’il réalisa qu’elle pouvait croire qu’il faisait allusion à l’histoire des pièces d’échec qu’elle lui avait raconté. Il n’en était rien… mais il reconnaissait volontiers qu’elle portait à merveille un pseudonyme pareil.

Après avoir dressé - un peu à la va vite - la table dans le salon, il réalisa qu’il faisait un peu comme chez lui. Mais c’était cela ou bien rester à attendre les bras ballants. Il réalisa également qu’il avait parlé un peu vite en proposant à Emma de trouver de quoi remplir les verres. Il n’était pas vraiment sûr que ce soit une bonne idée après ce début de soirée plus que mouvementé. Mais après tout, ce n’était pas comme si il ne tenait pas l’alcool. Il lui suffirait de se montrer prudent sur la quantité, et tout devrait bien se passer. Sûrement.

Mais comment être sûr de quoi que ce soit après une soirée pareille !
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Jeu 18 Aoû - 22:53

    Même si William semblait concentré sur ce qu’il faisait, pendant qu’elle répondait à sa question concernant le coyote, Emma ne douta pas un instant sur le fait qu’il écoutait sa réponse. Après tout, il n’y avait pas besoin de regarder les gens pour écouter. Et puis, elle n’en doutait parce que William avait une tendance à noter tout ce qui pouvait être dit dans un coin de sa tête, capable de ressortir des choses à un moment où on n’y attend pas spécialement. Il n’était pas vraiment le genre à réagir de suite à ce qui pouvait être dire, à croire qu’il prenait tout, malaxait et repassait les choses en boucle pour en sortir le plus d’information possible. Une façon de faire appréciable mais à ne pas prendre à la légère. Il était bien trop capable de faire la parallèle entre deux phrases, a priori, anodines dites à deux moments bien différents pour se forger des interrogations. Une façon d’agir dont elle aurait dû se méfier mais, de sa propre initiative, elle avait décidé de s’ouvrir un peu et de partager un peu plus sans avoir à réfléchir à toutes ses réponses. Une chose qu’elle ne se serait peut-être pas permise si elle ne possédait pas les pouvoirs qu’elle avait en stock. Un trou de mémoire était si vite arrivé qu’elle ne voyait pas d’intérêt à s’inquiéter. Et, sans parler de son pouvoir elle avait envie de lui faire confiance. D’accord elle ne balancerait pas tout ce qu’elle a envie de dire, toute son histoire, ou toutes ses activités mais elle pouvait se montrer bien plus sincère que ce qu’elle pouvait être avec la plus part des gens.

    C’était un risque à prendre, elle en était parfaitement consciente. Mais, là où il ne fallait pas se méprendre, c’est que le risque qu’elle prenait n’était pas totalement irréfléchi. Elle avait beaucoup de portes de sortie, pas très éthique pour certaines. Cependant, pour le moment, elle avait envie de laisser les choses suivre leurs cours sans avoir à se poser de questions et sans chercher à élaborer des plans pour se sortir d’un mauvais pas si ça venait à mal tourner. C’est sur cette envie de se dévoiler, de laisser les choses se faire, qu’elle n’avait pas hésité à répondre sur la question de William concernant le Coyote. Elle n’avait même pas cherché un mensonge dans sa réponse, c’était la pure vérité : défi – que ce soit avec Sélène, ou personnel – et envie de changement. Bon après, qu’elle embauche des damnés était une toute autre chose et n’avait pas lieu de venir dans la discussion puisque, à la base, elle n’avait pas pris cet endroit pour embaucher des gens qui se trouvaient du côté de Magneto.

    Pour le moment la discussion n’allait pas plus loin, William ayant fini de faire à manger. Il ne semblait pas vraiment sûr de lui et s’en sortait en usant d’humour. Ce qui ne manqua pas de la faire sourire alors qu’elle avait répondu sur le même ton. Elle ne s’offusqua aucunement du fait qu’elle avait sorti les assiettes toute seule, d’ailleurs, elle ne lui avait pas demandé d’aide pour cette tâche. Il avait fait à manger, elle trouvait normal de s’occuper de mettre le couvert. En fait, vu qu’il s’occupait de disposer la nourriture, elle ne se rendit même pas compte qu’il avait eu dans l’intention de l’aider sans pour autant en avoir le temps. Comme quoi, elle ne captait pas toujours tout. Ce qui, en toute franchise, était une bonne chose des fois. C’est d’un fatiguant et tellement peu réjouissant, de tout savoir avant même qu’une phrase soit prononcée. Elle profita d’être pas loin, pour chiper dans ce qu’il venait de faire et de répondre à la question qu’il avait posé sur les pouvoirs.

    400 ans à vivre avec ses pouvoirs, sans compter les idées qu’elle avait selon la place des mutants. Parler pouvoir était forcément quelque chose de parfaitement naturel pour elle. Ce qui ne l’empêchait pas, pour autant, de cacher certaines choses, comme l’intégralité de ses capacités. En tout cas, William semblait vraiment prendre en considération ce qu’elle venait de dire. Ce dont elle n’avait pas douté, de toute façon. Bien sûr elle avait glissé dans sa réponse que l’utilisation et la maitrise passait par le fait de ne pas avoir peur de son pouvoir. Une phrase qu’elle n’avait pas choisie au hasard. Laissant William cogiter sur ce qu’elle avait dit, elle s’était décidée à prendre les verres qu’ils manquaient… La prochaine fois elle ferait attention parce que, maintenant, elle dépendait un peu trop de l’aide de William. Elle aurait été capable de reprendre sa forme de diamant, de traverser la cuisine mais elle se sentait un peu trop coupable de cette bourde qu’elle n’y songea même pas. Le seul truc qu’elle arriva à faire fut de s’excuser parce qu’elle était pied-nus. Super !

    Une réalité qui stoppa William de manière parfaitement visible pendant qu’une exclamation s’échappait de sa bouche au moment où il comprit ce que signifiait, implicitement, ce qu’elle venait de dire. Il semblait même assez décidé à l’aider si elle en jugeait par le pas en avant qu’il venait de faire. Elle ne comprenait, cependant, pas vraiment pourquoi il s’arrêta en route. Un court instant, elle plissa les yeux en se disant que cette action allait peut être lui permettre de comprendre pourquoi il venait de s’arrêter et pourquoi il semblait être prit dans un dilemme. Quand elle comprit, elle étouffa une légère exclamation. En plus d’avoir été maladroite, d’avoir bourder avec son pouvoir, elle le mettait dans une situation délicate. Bravo Emma. Décidément, elle avait foirée sur toute la ligne. Et dire que c’est lui qui s’excusait par un sourire, alors qu’elle aurait dû réfléchir avant de le mettre dans cette situation.

    « Je vais… heu… je reviens. »

    Elle hocha la tête, parce qu’elle comprenait. Le problème c’est qu’elle passait tellement de temps à s’en vouloir et se critiquer elle-même qu’elle réalisa un peu tard qu’il avait peut-être besoin d’indication pour savoir où trouver quelque chose pour l’aider sans avoir à créer de contact. Il avait déjà commencer à s’éloigner quand elle ouvrit la bouche pour lui dire où trouver une paire de chaussure quand, soudain, l’air parfaitement décidé, elle le vit se retourner et avancé dans sa direction après qu’un « Parce que j’en ai envie » lui est transpercer les tympans… Enfin, façon de parler vu que tout cela n’avait été que télépathie, et pensé de manière assez déterminer pour qu’elle ne puisse pas bloquer ce genre de pensée. Un sourire venait d’atterrir sur ses lèvres en le voyant arrivé. Ce n’était pas la perspective qu’il la porte pour la sortir de là qui lui procurait ce sourire mais cette assurance dont il faisait preuve de manière si soudaine. Elle ne savait pas d’où lui venait cette vision du prince charmant, venant délivrer sa princesse – la situation était bien loin des donjons et des dragons qui les gardaient – mais c’est ceux à quoi ça lui faisait penser en le voyant approcher de cette manière. Le sourire qu’elle avait sur les lèvres ne fit que s’élargir quand, de manière timide, il finit par lui présenter son bras en lui demandant si elle lui permettait. Ce qu’elle fit avec tous les encouragements qu’il était possible de faire passer dans un sourire et dans un regard.

    Bien vite ses pieds quittèrent le sol dans une proximité avec William qui avait quelque chose d’agréable. Emma savait parfaitement se défendre, elle se mettait même un point d’honneur à vouloir venir à bout de quelque chose par ses propres moyens. Mais le fait que ce soit lui qui lui vienne en aide – aussi futile que cela pouvait paraitre – avait quelque chose de parfaitement agréable qui venait s’ajouter à cette sensation d’être contre lui. Un flot de sensation qu’elle trouvait intense avant que les choses semblent diminuer en intensité. D’accord, cette sensation qu’elle avait ressentie n’était pas que la sienne, elle en prenait conscience. Sauf qu’elle trouvait que ce partage de sensation, quand elles étaient partagées, ne faisait qu’accentuer un sentiment qui prenait une toute autre dimension. Et, franchement, même si les sensations n’étaient pas entièrement les siennes, elle ne pouvait pas nier que cela avait quelque chose de fantastique. Une façon d’intensifier les choses, comme une autre. Dommage qu’il est peur de son pouvoir, bien utilisé elle était persuadée que cela pouvait donner des choses fabuleuses.

    Ses pieds touchèrent à nouveau le sol, en sécurité près de son canapé. Rapidement elle vit le regard de William chercher une trace de blessure. Elle lui aurait bien qu’elle allait bien, qu’il n’y avait pas à s’inquiéter et qu’elle n’avait rien mais elle préféra se taire, estimant qu’il préférait avoir la preuve par lui-même. Elle le laissa regarder, jusqu’à ce qu’il se rende compte que la seule trace sur son visage était ce petit pansement barrant son arcades sourcilière qui datait de la veille, et donc, qui n’avait rien à voir avec la chute des verres. Elle aurait aimé savoir ce qu’il pensait à ce moment, toutes les questions qu’il pouvait se poser mais elle s’efforça de lui laisser son intimité, sa possibilité de garder pour lui ses pensées en restant en dehors de sa tête. Ce n’était pourtant pas l’envie qui lui manquait.

    « Impressionnant… et esthétique, ce qui ne gâche rien, bien que j’avoue… avoir une nette préférence pour la version originale. Qu’est-ce que c’est ? Une sorte de cristal ? »

    Elle se mise à sourire tout en baissant légèrement la tête un peu gêner que les choses soient apprissent de cette manière. Une gêne qui se mélangeait à celle de recevoir un compliment venant de lui quand il annonça une préférence pour la version original. Les questions qu’il posait, elle avait bien l’intention de lui répondre, lui dire que ce n’était pas du cristal mais, elle n’avait eu que le temps de relever les yeux vers lui qu’il reprenait déjà.

    « Ou alors… du diamant ? En tout cas, c’est efficace. C’est sans doute idiot de ma part, mais je n’avais jamais vraiment réalisé que l’on pouvait avoir plusieurs mutations. »

    Elle hocha la tête, oui, c’était bien du diamant. Elle en avait déjà fait référence, dans une phrase qui, pourtant, n’avait rien à voir avec un quelconque pouvoir. Et elle ne doutait pas que sa réponse avait à voir avec ce qu’elle avait pu dire sur la statut de la liberté. Il retenait tout, c’était incroyable. Et tout venait s’emboiter dans une sorte de raisonnement logique, à un moment ou à un autre. Elle lui aurait bien fait une sorte de discours un peu détaillé sur les différents pouvoirs, sur la manière dont ça fonctionnait mais elle garda ça pour plus tard car, rapidement, il semblait prendre un air sérieux. Ne souhaitant pas le couper dans son élan, elle resta muette afin de le laisser continuer.

    « Je ne connais pas les raisons qui te poussent à utiliser ou non tes pouvoirs, ou même à en parler. Mais tu as raison sur un point : j’ai peur d’utiliser le mien, ou plutôt j’ai peur d’en perdre le contrôle mais cela revient à peu près au même. Et cela ne va effectivement pas faciliter les choses. »

    La première partie de sa phrase était compliquée à expliquer, et elle se promit de le faire quand elle le pourrait. Elle lui lança un sourire encourageant en ce qui le concernait. Sa peur d’utiliser son pouvoir était forcément un handicap dans son apprentissage mais rien n’était figé et elle avait bien l’intention de faire en sorte que cette peur s’évanouisse. Au moins pendant les temps d’entrainement, jusqu’à ce qu’il prenne assez confiance en lui pour pouvoir en avoir moins peur pendant d’autre moment. N’avait-elle pas sous-entendu aimer les défis ?

    « En attendant, à moins que tu ne caches un autre pouvoir capable de garnir les assiettes, je m’en vais aller quérir ce que nous avons laissé à la cuisine. Maintenant que je sais où sont les verres, je vais en attraper deux autres en essayant de ne pas aggraver les dégâts ! Par contre, la reine du domaine est chargée de trouver de quoi les remplir. »

    Emma tiqua un court instant sur le surnom qu’il lui avait donné, en se demandant si elle devait voir là une référence à ce qu’il avait appris un peu plus tôt dans la soirée. Secouant la tête pour effacer cette question, elle laissa passer un sourire en hochant la tête pour qu’il fasse ce qu’il avait prévu pendant qu’elle disparaissait dans une autre pièce. Bien quoi ? Personne n’a de cellier personnel dans son appartement ? Parce que, ça lui semblait assez normal, et c’est dans cette pièce qu’elle se sauva, analysant les bouteilles qu’elle avait pour finalement en attraper une qu’elle estimait bien se marier avec ce que William avait préparé. L’avantage quand on vit depuis longtemps, c’est qu’on a le temps de se construire une collection de bouteille de vin avec les meilleures années. Pas besoin de débourser une fortune pour les avoir, il avait juste suffit de les acheter l’année en question et d’attendre de voir si l’année était prometteuse ou non.

    Elle retourna dans le salon, attrapant au passage une bouteille de Whisky. En arrivant elle eut tout le loisir de s’apercevoir que William avait mis la table. Bref, il ne restait plus qu’à se mettre les pieds sous la table, ce qui avait vraiment quelque chose d’agréable et de peu commun pour elle. Elle présenta les bouteilles.

    « Je ne sais pas ce que tu préfères. Enfin, si t’aime pas le vin, j’ai ça. Sinon, je dois avoir d’autre truc qui traine… Enfin, je crois. »

    Pas certaine, elle ne jurait que par le whisky. Le bon. Et le vin à table. Enfin elle n’avait pas vraiment de préférence quand il s’agissait de verre d’alcool prit dans un bar, sans saveur. Mais quand elle était chez elle, elle préférait ce genre de choses. Et là, elle se sentait un peu stupide parce qu’elle ne savait même pas ce qu’aimait William. Incapable d’invoquer une bouteille d’alcool qui soit réelle, elle déposa les deux sur la table avant de prendre place en face de William. Et maintenant que tout était disposé, elle trouvait que c’était le bon moment pour répondre à ce qu’il avait pu dire avant de vouloir mette la table.

    « Pour tout à l’heure, je suis désolée parce que, je pense que j’aurais préféré d’apprendre cette facette de mon pouvoir, plutôt que de le dévoiler parce que je n’ai pas fait gaffe. Quoiqu’il en soit, oui, c’est bien du diamant. »

    C’était un peu étrange, elle était vraiment désolée pour les raisons qu’elle évoquait mais, en même temps, elle n’en profita pas pour sortir toute la panoplie de chose dont elle était capable. Ce n’était peut-être pas jouer de franchise à 100% mais, au moins, elle ne lui mentait pas. Inconsciemment elle était même prête à laisser des indices laissant penser qu’elle pouvait avoir d’autre capacité, afin de le laisser, éventuellement, poser la question. Si elle s’interdisait de lui mentir, une réponse aussi ciblée ne lui laisserait pas beaucoup de marge de manœuvre. Emma était cependant consciente que tout ne tournait pas autour de son pouvoir, mais de la peur que William avait quand il s’agissait d’utiliser le sien. Pourtant elle se souvenait de l’avoir entendu dire qu’il ignorait les raisons qui la poussaient à utiliser ses pouvoirs et à en parler. Et avant de parler des pouvoirs à William, elle décida de faire un résumé de ce qui la poussait à agir comme ça.

    « Les pouvoirs ne sont pas si récent que ça. On n’en parlait pas avant mais, ça existait quand même. Comme, un peu près tous les mutants, j’ai découvert les miens à l’adolescence. Autant dire que ça date, franchement. La vie n’était pas la même qu’aujourd’hui et, dans mes pouvoirs, j’ai vu la possibilité de sortir d’une case sociale qui se situait en bas de l’échelle. En fait, à cette période je n’avais rien de franchement morale et mes pouvoirs étaient ce qui me manquait. J’ai jamais hésité à m’en servir, parce que j’ai jamais jugé bon de m’inquiéter des répercussions que cela pouvait avoir du moment que je grimpais dans l’échelle sociale. »

    Ca n’avait rien de franchement glorieux ou de très moral mais c’était ainsi. Elle avait bien regretté ses actes à certains moments, avait mal vécu une mort d’un homme. Mais dans le fond, tout ce qui l’intéressait à ce moment c’était d’être regardé, adulée. Et son pouvoir l’aidait bien à ce niveau-là. Le but n’était pas forcément de faire fuir William mais juste de lui expliquer qu’elle avait maitrisé son pouvoir parce qu’elle n’en avait pas eu peur.

    « Je ne dis pas qu’il faut être comme ça pour maitriser son pouvoir mais, tu peux avoir la possibilité de t’entrainer sans risquer quoique ce soit, parce que je saurais me défendre contre ton pouvoir. Puis passé un certain niveau, les choses deviennent plus simple. Ah oui, en fait, j’aurais peut-être dû commencer par là. La maitrise des pouvoirs est calculée sur 5 niveaux différents. Le dernier étant celui qui apporte le plus de maitrise mais que personne n’atteint, à part une poignée de personne. Et il est possible que des personnes est deux, voir plus, de capacités différentes. Il semblerait que le temps aide à développer d’autres capacités. »

    Oui, décidément, elle avait vraiment décidé de manière parfaitement inconsciente de laisser sous-entendre qu’elle pouvait avoir d’autres capacités que celles qui avaient déjà été montrées.

    « Enfin, quoiqu’il en soit, j’ai utilisé mes pouvoirs à mauvais escient. Mais un pouvoir peut aussi apporter de bonne chose et ne sert pas qu’à semer mort et destruction sur son passage. Je n’ai pas seulement manipulé les gens pour mes propres intérêts, j’crois avoir aussi fait des choses biens avec, comme m’en servir pour conseiller des gens quand j’ai été psy. Ce que j’essaye de dire c’est que si tu as peur d’utiliser tes pouvoirs pour ce que ça peut provoquer, par vécu, faut que tu sache que ce n’est pas forcément mauvais, ça peut devenir une bonne chose. Le partage d’émotion quand, deux personnes ressentent, la même chose peut avoir quelque chose de particulièrement agréable, tu sais ? D’ailleurs, j’ai une question, tu ne fais que partager les émotions, ou tu peux recevoir celles des autres ? »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Lun 28 Nov - 16:53

Plus il passait de temps avec Emma, et plus il prenait de risques, en tout cas s’il se référait aux critères qu’il s’était fixé depuis plusieurs années. Et le plus terrible dans tout cela, c’était que ce n’était pas lui qui risquait quoi que ce soit, du moins de son point de vue. Bien que commençant sérieusement à entrevoir l’étendue des possibilités de la mutante, il n’arrivait pas à reconsidérer son avis sur la question. Aux yeux de beaucoup, cela pouvait paraître du plus haut comique. Mais l’esprit torturé de William n’arrivait pas à admettre un certain nombre de choses. Certains réagissaient face à leurs problèmes en déniant leur part de responsabilité, lui au contraire l’amplifiait jusqu’à la démesure. Les raisons qui le poussaient à se comporter ainsi étaient complexes… remords, incompréhension… en tout cas il s’était juré de ne plus laisser la vie l’embarquer dans quelque chose qu’il ne contrôlait pas. Et bien c’était manqué. De très, très loin.

Assez loin pour qu’il en vienne à se comporter comme jamais il ne se le serait permis ces dernières années… et comme jamais il ne l’avait fait auparavant, mais pas pour les mêmes raisons. Il avait toujours été timide en société, et encore plus avec les femmes. Il lui avait fallu un temps interminable pour approcher celle qu’il avait finalement menée à sa perte. Il s’était juré de ne jamais recommencer… et c’est alors qu’Emma était entrée dans sa vie. Maintenant… maintenant il ne savait plus.

Il aurait dû prendre le temps. Analyser. Mais il savait ce vers quoi cela l’aurait conduit, et il le rejetait. Prendre le temps… c’était si simple à dire. Et si simple à faire ! Il en avait tellement pris l’habitude que c’était devenu une seconde nature chez lui, repoussant ses instincts au plus profond de lui-même pour n’en conserver qu’un seul : celui de ne rien faire. Jamais. La vie l’avait mené à cela. Et à présent elle le poussait en sens inverse. S’il voulait rester aux côtés d’Emma, il n’avait pas le choix. Non seulement il devait avancer, mais de surcroît il devait le faire vite.

Il pouvait donner l’impression de ne pas tout comprendre, et par certains côtés c’était certainement vrai. Mais s’il y avait une chose dont il était certain, c’était que même s’il avait la chance de pouvoir cheminer avec elle un moment, ce temps-là serait bref. Bien trop bref. Et quoi qu’il arrive, plus bref qu’avec toute autre femme. Car elle ne vieillirait pas en même temps que lui. Elle le lui avait dit. Il la croyait. Il serait illusoire de penser que cette histoire pouvait s’éterniser. S’il venait rajouter par-dessus cela les avertissements qu’elle lui avait envoyés à son sujet, cela n’arrangeait pas vraiment la situation. Mais contre ce dernier point, il pouvait lutter. Il savait à présent qu’il le ferait, maladroitement peut-être, mais autant qu’il le pourrait. Alors que contre le temps, il ne pouvait strictement rien. Il ne lui restait qu’à ne pas gâcher ce dont il disposait en tergiversations stériles, et cela allait être une lutte contre lui-même.

Curieusement, il avait le sentiment d’avoir remporté certaines batailles de cette guerre intestine. Il ne serait plus ici, dans l’appartement d’Emma, si ce n’avait pas été le cas. Mais il n’était pas dupe, et avait parfaitement conscience que la présence d’Emma avait été cruciale, d’une façon ou d’une autre, à chaque fois. Qu’adviendrait-il s’il se retrouvait seul quand les difficultés surgiraient ? Oh oui, la guerre était loin d’être finie.

Même si elle lui proposait son aide, et il savait qu’il en aurait besoin, il lui fallait trouver le moyen d’avancer également par lui-même. Elle lui avait ouvert les yeux, peut-être involontairement parfois, sur le monde dans lequel ils vivaient. Il était très loin d’avoir tout saisi, mais il avait bien compris qu’à force de s’être retranché dans sa petite existence cloisonnée il avait manqué un certain nombre de choses. S’il voulait continuer avec Emma, il lui faudrait forcément sortir de son petit univers limité. Or il manquait cruellement de deux choses. Premièrement, des informations. Avancer à l’aveuglette était quelque chose qu’il détestait. Pour cela il avait les moyens. Peu de gens avaient idée du temps passé à ne rien faire par les machine de l’université. Bien programmées, et couplées à la formidable source de données qu’était l’Internet, il y avait déjà moyen de faire des choses. S’il fallait aller plus loin, et bien il aviserait en temps utile. En attendant, il n’avait plus qu’à s’y mettre.

La deuxième chose qui lui manquait était nettement plus compliquée à obtenir. Visiblement, s’il en jugeait par la désagréable expérience de la rencontre avec Allan, fréquenter Emma n’allait pas être de tout repos. Du peu qu’il en savait, certains mutants étaient dotés de capacités permettant de se défendre, mais hélas ce n’était pas son cas. Non, lui n’était nuisible que pour ceux qu’il appréciait, ce qui à la fois était désespérant et ne servait à rien. Bref… Il s’était engagé vis-à-vis d’Emma à rester au maximum hors du coup pour Allan. Cela ne l’empêchait pas de réfléchir à un moyen de dissuasion… et si cela ne suffisait pas, à envisager la coercition. Avoir quelques coups d’avance n’était pas une mauvaise chose non ? Seul problème, il n’avait strictement aucune idée de la façon de procéder. Mais chaque chose en son temps… les informations d’abord.

De toute façon, ce soir il n’avait pas envie de penser à tout cela. Seul comptait pour lui l’intense présence de la jeune femme qui occupait ces lieux. Il avait du mal à réaliser quel concours de circonstances l’avait amené à la prendre dans ses bras, et à vrai dire il s’en moquait royalement, se laissant aller dans cette proximité fugace. Bien entendu il avait perçu les encouragements muets de la jeune femme, et cela l’avait indubitablement aidé. Mais il était tout de même étonné de l’évolution de ce qu’il ressentait à son contact. De moins en moins de craintes, et de plus en plus… d’autre chose… qui semblait lui ouvrir des chemins jusque- là inexplorés.

Il ne savait pas si elle avait perçu quoi que ce soit de ce que lui-même avait ressenti, son pouvoir n’en faisant un peu qu’à sa tête dans ce genre de situation. Il espérait que non, souhaitant par dessus tout ne pas interférer dans les sensations d’Emma. Il savait pertinemment qu’elle ne lui en tiendrait pas rigueur étant donné qu’elle connaissait le peu de contrôle qu’il avait, mais ce n’était pas pour lui une raison valable de se laisser aller. Peut-être un jour maîtrisera-t-il suffisamment cette capacité pour la considérer comme un moyen d’expression comme un autre. Peut-être même qu’à ce moment-là, il pourra la trouver utile, étant donné son inaptitude à communiquer normalement. Mais pour le moment, c’était plus un fardeau qu’autre chose. Et puis, inconsciemment, il continuait à craindre que je pire se produise.

Ayant reposé Emma au sol, à l’abri des débris de verre, il ne pouvait ni ne voulait éviter l’inévitable question concernant la capacité surprenante qu’elle avait mise en œuvre pour se protéger. Mais ce ne fut qu’après s’être assuré - bien inutilement mais c’était plus fort que lui - qu’elle n’était pas blessée qu’il se décida à prendre la parole. Il ne savait pas vraiment pourquoi l’idée du diamant lui était revenue en tête à ce moment-là, mais voyant Emma acquiescer à cette suggestion il comprit avoir vu juste. C’était totalement ahurissant ! Elle pouvait donc se protéger de la sorte. Avait-elle le choix du minéral ? Pouvait-elle utiliser autre chose ? Est-ce que… tout son corps se transformait, ou bien n’était-ce qu’une sorte de carapace ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête ! Il les poserait… le moment venu. Quant à savoir si elle accepterait d’y répondre, c’était une autre histoire.

Il ne savait donc pas si l’utilisation du diamant était un choix ou une obligation, mais il trouvait en tout cas l’analogie avec la jeune femme particulièrement intéressante. La plupart des gens étaient éblouis par l’éclat de ces joyaux, et majoritairement se contentaient de les faire miroiter sous les rayons d’une lumière éblouissante. Or il était facile de rendre brillante n’importe quelle pierre dans ces conditions-là. Par contre, à la simple lueur d’une chandelle, seule une pierre parfaitement taillée pouvait resplendir. Et c’était d’autant plus vrai avec le diamant qui n’avait pas la teinte chaude d’un rubis pour masquer ses défauts. Sa froide transparence ne pouvait exprimer sa richesse que si deux conditions étaient réunies : une taille parfaite et un cœur sans défauts. La première était artificielle. Le deuxième était nettement plus difficile à modifier. Ainsi étaient faites les pierres… ainsi étaient faits les humains, et les mutants. William ne savait pas ce qui avait façonné la jeune femme. Le peu qu’elle lui avait révélé de son passé ne pouvait que lui laisser penser que cela ne s’était pas fait dans la facilité. Quant à son cœur… si seulement il était possible d’analyser les hommes comme on inspectait une gemme. Un bon microscope et le tour était joué ! Mais le seul instrument dont on pouvait réellement se servir était son propre cœur, et c’était un outil bien incertain. Quant à Emma, pour William même dans le noir elle étincelait, et il ne pouvait nier que cela avait de l’effet sur lui ! Mais au-delà de cela, il était certain qu’elle recelait une richesse qu’il n’avait que commencé à entrevoir. A lui de continuer à s’accrocher à ce qu’il ressentait, malgré les mises en garde répétées de la jeune femme. A lui de croire en ce qui se cachait derrière l’aspect glacé du diamant.

Revenant à des considérations plus immédiates, William réalisa que ce pouvoir venait s’ajouter chez Emma à celui qu’il connaissait déjà, à savoir la télépathie. Depuis qu’il avait compris qu’il était un mutant et qu’il essayait de vivre avec, il ne s’était pas vraiment posé la question de savoir s’il était possible d’avoir plusieurs capacités. Malgré tout, il avait maintenant la réponse. Pourquoi ne lui en avait-elle pas parlé auparavant ? Avait-elle voulu le lui cacher ? Dans ce cas cela pouvait expliquer l’embarras qu’il avait cru déceler dans son attitude, étant donné que le mystère était à présent éventé. William n’allait pas essayer de deviner pourquoi elle avait souhaité lui cacher ceci, étant donné la multiplicité des raisons possibles. Et d’une, il lui manquait trop d’informations. Et de deux, si Emma n’avait pas désiré en parler avant, il se refusait à lui forcer la main d’une quelconque façon. Par contre, il ne pouvait que constater qu’elle n’hésitait pas à se servir de ses pouvoir quand le besoin se faisait sentir, et cela lui remit en mémoire ce qu’elle lui avait dit un peu plus tôt au sujet de la peur que lui-même éprouvait à ce sujet. Reprenant la parole, il lui confirma ce point. Voyant un sourire naître sur le visage de la jeune femme, il choisit de revenir à un sujet plus léger qui d’ailleurs à la base les avait incités à venir ici.

Il proposa donc à Emma de trouver de quoi accompagner leur repas, tandis qu’il allait récupérer ce dernier dans la cuisine. Evidemment, l’idée de consommer de l’alcool n’était pas forcément judicieuse. Elle ne l’était pas du tout en fait. C’était même une fort mauvaise suggestion. La seule façon qu’il avait d’empêcher son pouvoir de se déclencher était de s’astreindre à exercer sur ses émotions un contrôle de tous les instants. Or le vin n’y aidait pas vraiment. Mais la présence d’Emma avait sur lui un effet particulier. La confiance qu’il avait en elle, en ce qu’elle lui disait, faisait qu’il commençait vaguement à croire en lui. Quelque chose dans sa tête continuait tout de même à signaler que c’était risqué, mais pour l’instant cette voix était réduite à l’état de murmure. C’était d’autant plus facile que, en ce qui concernait Emma, avoir constaté ce dont elle était capable confirmait fortement l’assurance qu’elle lui avait donné qu’il ne pouvait l’atteindre. Bien évidemment, ce n’était pas le cas des personnes alentours, et dans cet immeuble il devait y en avoir. S’il avait mieux connu ses propres capacités, il aurait su que ses craintes étaient infondées. Mais ce n’était pas le cas et normalement cela aurait dû le perturber. Or il préféra ignorer purement et simplement le problème, comme si… et bien comme si cela n’avait plus la même importance. Jamais ces dernières années il n’avait fait sciemment passer ses désirs personnels avant les risques qu’il pensait faire courir aux autres, ou du moins pas de façon aussi réfléchie. C’était nouveau. Mais bah ! Peut-être à un autre moment, plus tard, il y réfléchirait plus en détails. Peut-être. Mais pour l’instant il était plus embêté par sa maladresse oratoire qui lui avait fait donner à Emma le qualificatif de « reine du domaine ». Il craignit un instant qu’elle y voit une allusion au surnom de « reine blanche ». Ce n’était pas volontaire. Cependant peut-être y avait-il en effet un lien étant donné qu’elle portait ce pseudonyme à merveille. Mais à nouveau un sourire le rassura, et il la regarda s’éloigner après qu’elle lui ait donné un assentiment muet à sa proposition. Ce ne fut que lorsqu’elle eut quitté la pièce qu’il se décida à bouger. Il ne savait pas où il allait, rien n’était sous contrôle… mais il ne se souvenait pas d’avoir jamais été aussi heureux. Cela aussi, c’était nouveau. Il sourit.

Alors qu’il finissait de dresser la table, William vit Emma revenir avec deux bouteilles. Il ne savait pas où elle avait été chercher celle de vin. Sans doute dans un rangement réservé à cet effet, ce qui était de la plus élémentaire logique. Il n’osait pas imaginer ce que cela aurait donné s’il avait eu à faire de même chez lui. Etant donné qu’il ne recevait jamais personne, s’il avait du vin caché quelque part, ce ne pouvait être que dans un des cartons qu’il n’avait pas encore déballés. Cependant il en doutait sincèrement. Il allait vraiment falloir qu’il fasse quelque chose pour son appartement, et notamment acheter quelques meubles !

« Je ne sais pas ce que tu préfères. Enfin, si t’aime pas le vin, j’ai ça. Sinon, je dois avoir d’autre truc qui traine… Enfin, je crois. »

Tandis qu’elle prenait place à table, il en fit de même. Etant donné qu’il appréciait le vin tout comme le whisky, avec une préférence pour ce dernier mais pas à table, Emma pouvait difficilement mieux choisir. Il sourit toutefois devant l’attention qu’elle portait à lui offrir le choix, notant au passage l’incertitude quant à ce qu’elle possédait réellement. En voyant le contenu du réfrigérateur de la jeune femme, il s’était dit qu’elle ne devait pas souvent dîner chez elle. Visiblement, y boire non plus. Il était d’autant plus touché qu’elle lui ait proposé de venir ici.

« Je pense faire honneur à ton vin. Mais ne laisse pas ce whisky s’éloigner. Sait-on jamais ? Nous en aurons peut-être besoin pour nous remettre des macarons ! »

Sur ce coup-là, il ne savait pas vraiment s'il faisait de l'humour ou s'il anticipait une catastrophe culinaire. Peut-être un peu des deux. Cela n’avait guère d’importance en fait. Son seul objectif était de réponde sans avoir l’air trop stupide. Il n’avait jamais été doué pour parler. Les mots peinaient toujours à venir, et n’exprimaient jamais parfaitement sa pensée. Pourtant, il était étonné de constater que, ce soir, il était au moins capable d’articuler une phrase sans s’interrompre. C’était sans doute une raison de plus qui l’incitait à prendre des risques oratoires. Mais certainement valait-il mieux ne pas jouer trop avec le feu. Il préféra donc attendre de voir si Emma allait reprendre la parole.

« Pour tout à l’heure, je suis désolée parce que, je pense que j’aurais préféré d’apprendre cette facette de mon pouvoir, plutôt que de le dévoiler parce que je n’ai pas fait gaffe. Quoiqu’il en soit, oui, c’est bien du diamant. »

Ah. Une partie des interrogations de William venaient d’obtenir une réponse. Ainsi ce n’était pas le fait qu’il soit au courant qui la perturbait, mais la façon dont il l’avait appris. Mais dans ce cas, pourquoi ne lui en avait-elle pas parlé auparavant ? En y réfléchissant deux secondes, il pouvait trouver de nombreuses explications, la première étant qu’elle n’avait eu aucune raison de le faire. Et à vrai dire, qu’elle lui cache certaines informations ne le dérangeait pas. La seule chose qui l’aurait chagriné serait qu’elle lui annonce être gênée par le fait qu’il soit au courant. Heureux que cela ne soit pas le cas William aurait bien voulu le lui dire mais, incapable d’exprimer sa pensée, il se contenta de sourire en plongeant son regard dans celui de la jeune femme, espérant par ce biais lui faire comprendre qu’elle n’avait pas à être désolée.

La confirmation de l’hypothèse du diamant fit un instant jubiler William. Il était tombé juste ! Cela ne lui arrivait pas si souvent, et un brin d’autosatisfaction vint égayer son esprit… avant qu’il ne se rappelle exactement la phrase utilisée par Emma sur la Statue. Il ne savait pas comment l’idée de se demander si un diamant résisterait à une telle chute était venue à la jeune femme, mais il nota intérieurement de prendre quelques renseignements complémentaires à ce sujet, histoire de ne pas être pris au dépourvu ! Mais en attendant, il se remit à écouter attentivement Emma.

« Les pouvoirs ne sont pas si récent que ça. On n’en parlait pas avant mais, ça existait quand même. Comme, un peu près tous les mutants, j’ai découvert les miens à l’adolescence. Autant dire que ça date, franchement. La vie n’était pas la même qu’aujourd’hui et, dans mes pouvoirs, j’ai vu la possibilité de sortir d’une case sociale qui se situait en bas de l’échelle. En fait, à cette période je n’avais rien de franchement morale et mes pouvoirs étaient ce qui me manquait. J’ai jamais hésité à m’en servir, parce que j’ai jamais jugé bon de m’inquiéter des répercussions que cela pouvait avoir du moment que je grimpais dans l’échelle sociale. »

Mot après mot, il essayait de saisir le sens de ce qui lui racontait la jeune femme. Si les mutants découvraient leurs pouvoirs à l’adolescence, il faisait partie des retardataires. Cela ne l’étonnait guère. Et puis, après tout, cela avait été sans doute préférable. Il avait déjà du mal à gérer ça adulte ! Cependant, s’il avait eu conscience du problème plus tôt, peut-être que… certainement en fait… Myriam ne serait pas morte. Un instant déstabilisé par l’hypothèse qu’il avait peut-être, par le passé, ignoré des avertissements qui auraient pu changer le cours des choses, il tenta de rejeter ce problème à plus tard et se raccrocha aux paroles d’Emma, mais son sourire s’effaça en partie.

S’il comprenait bien, dès le début elle avait vu comment ses pouvoirs pouvaient lui servir. Il en était sincèrement surpris. Cela démontrait une capacité d’adaptation certaine. Il n’était pas certain de bien comprendre ce qu’elle sous-entendait en mettant en doute les aspects moraux de ses actes, mais par contre il avait bien saisi le fait qu’elle s’était servi de ses capacités hors du commun sans hésitation. Le fossé qui séparait leurs deux visions de leurs mutations était monumental. Apparemment, elle y avait vu un moyen d’améliorer sa vie. Lui n’y avait vu qu’un facteur catastrophique. Mais il y avait autre chose dans les paroles d’Emma. S’il l’en croyait, elle s’était peu souciée des conséquences sur les autres. Vraiment ? A nouveau il essaya de lire dans ses yeux, mais avec cette fois-ci une incompréhension visible. Ce qu’elle lui racontait était pourtant en cohérence avec les avertissements qu’elle lui avait donnés. C’était même parfaitement en phase avec quelqu’un qui reconnaissait être proche de ceux qu’on appelait les damnés.

« Je ne dis pas qu’il faut être comme ça pour maitriser son pouvoir mais, tu peux avoir la possibilité de t’entrainer sans risquer quoique ce soit, parce que je saurais me défendre contre ton pouvoir. Puis passé un certain niveau, les choses deviennent plus simple. Ah oui, en fait, j’aurais peut-être dû commencer par là. La maitrise des pouvoirs est calculée sur 5 niveaux différents. Le dernier étant celui qui apporte le plus de maitrise mais que personne n’atteint, à part une poignée de personne. Et il est possible que des personnes est deux, voir plus, de capacités différentes. Il semblerait que le temps aide à développer d’autres capacités. »

Le cerveau de William travaillait à deux vitesses. D’un côté, il engrangeait les précisions apportées par Emma concernant les mutations. Cinq niveaux, en fonction de la maîtrise… évolution en fonction du temps… développement de plusieurs capacités… plusieurs ? Plus de deux ? Cela relançait naturellement la question de savoir combien elle-même pouvait posséder de capacités différentes ! Oh sacrebleu. C’était fort intéressant ! Si seulement… si seulement l’esprit de William n’était pas à moitié accaparé par l’autre considération… celle de savoir quelle utilisation faire de ce don. Elle avait clairement exprimé qu’elle-même en avait fait un usage pas forcément reluisant. Mais surtout, dans quelle mesure pouvait-on accepter de s’en servir en passant pertinemment outre le mal que l’on pouvait causer ? Son esprit recommençait à tourner en boucle, et cela n’augurait jamais rien de bon.

« Enfin, quoiqu’il en soit, j’ai utilisé mes pouvoirs à mauvais escient. Mais un pouvoir peut aussi apporter de bonne chose et ne sert pas qu’à semer mort et destruction sur son passage. Je n’ai pas seulement manipulé les gens pour mes propres intérêts, j’crois avoir aussi fait des choses biens avec, comme m’en servir pour conseiller des gens quand j’ai été psy. Ce que j’essaye de dire c’est que si tu as peur d’utiliser tes pouvoirs pour ce que ça peut provoquer, par vécu, faut que tu sache que ce n’est pas forcément mauvais, ça peut devenir une bonne chose. Le partage d’émotion quand, deux personnes ressentent, la même chose peut avoir quelque chose de particulièrement agréable, tu sais ? D’ailleurs, j’ai une question, tu ne fais que partager les émotions, ou tu peux recevoir celles des autres ? »

Mort et destruction ? Oh, misère ! William sentait que quelque chose au fond de lui jubilait en le voyant mis face à une des conséquences possibles de ces pouvoirs mutants, lui rappelant qu’il connaissait pertinemment le danger et qu’il s’était engagé sur une voie sans issue en toute connaissance de cause. Curieusement, il arrivait à bloquer cette voix malsaine dans un recoin de son cerveau. Malsaine ? Depuis quand la jugeait-il ainsi, elle qui l’avait soutenu pendant des années, qui l’avait aidé à se bâtir cette carapace qui avait peu ou prou maintenu sa santé mentale ? Et pourtant, aujourd’hui il n’avait plus envie de l’écouter. Il avait quelque chose d’autre sur lequel s’appuyer, ou plus exactement quelqu’un. Quelqu’un en qui il avait placé sa confiance. Quelqu’un qu’il avait envie de croire, de suivre, même si cette personne reconnaissait ne pas être un parangon de vertu. Chacun avait ses mauvais côtés. Il était si facile de porter un jugement sur les autres, alors qu’on ignorait en fait tout d’eux. Et puis elle avouait elle-même avoir également œuvré dans le bon sens bien des fois. William se remit à sourire, et dans ses yeux clairs ne se lisait plus qu’un espoir réel que tout ce que racontait Emma soit vrai. Qu’un jour ce qu’il jugeait encore comme une calamité devienne un don.

Il ne savait pas qu’elle avait été psy. La seule chose qu’elle lui avait racontée était qu’elle s’était occupé un moment d’une école pour mutant. Encore une nouvelle facette de cette femme surprenante ! Il voyait bien qu’elle essayait de lui expliquer que la crainte qu’il ressentait à utiliser son pouvoir l’empêchait également de réaliser quoi que ce soit de bon avec. Jusque-là il avait pensé qu’il valait mieux ne rien faire que de mal faire. Mais il commençait à entrevoir dans quelle impasse cela l’avait mené. Emma le poussait d’ailleurs à envisager sa capacité à transmettre les émotions comme une bonne chose… en prenant un exemple qui ne pouvait que lui parler ! Il se demanda soudain si son pouvoir n’avait pas fait des siennes plus qu’il ne le pensait ! Il n’avait pas voulu imposer à Emma la présence de ses émotions ! Mais visiblement, si cela avait été le cas elle ne semblait pas s’en plaindre. Et puis elle lui avait suffisamment répété qu’elle avait les moyens de se prémunir de son pouvoir. Devait-il comprendre qu’elle l’avait sciemment laissé l’atteindre ? Mais alors… elle avait perçu ce que lui-même ressentait ! Instantanément, ses joues prirent une belle teinte pivoine et il se mit à bafouiller en tentant de répondre à la question d’Emma.

« Non… oui… enfin… cela fonctionne dans les deux sens. Pas en même temps. Enfin… je ne crois pas. C’est un peu… compliqué. »

* Respire, abruti, tu vas nous faire une attaque ! *

William tenta de mettre de l’ordre dans ses idées dans le but désespéré de sortir une phrase à peu près compréhensible. En fait il ne savait pas vraiment pourquoi l’idée qu’Emma ait pu percevoir ses émotions le perturbait ainsi. Elle savait ce qu’il ressentait envers elle. Certes il ne désirait pas s’imposer dans ses sensations, mais elle savait que ce n’était pas volontaire et surtout, si cela s’était réellement passé, elle l’avait laissé faire. Alors pourquoi était-il aussi gêné ? Sans doute sa timidité maladive y était-elle pour une bonne part. Et indubitablement il ne trouvait pas cela… naturel… comme façon de communiquer. Mais au fond de lui, il craignait probablement d’être aussi maladroit avec ses sentiments qu’avec ses paroles. Et cela, ce serait une tare à laquelle il serait nettement plus difficile de pallier. William inspira longuement avant de poursuivre.

« Je ne sais que peu de choses en fait. La plupart du temps cela se produit de façon incontrôlée, mais depuis quelques temps j’arrive à le déclencher si… si je touche la personne. Envoyer une sensation est relativement facile, mais cela me fatigue terriblement. Du moins quand c’est moi qui le décide. Parce que j’ai l’impression que quand cela se déclenche tout seul, c’est à peine si je m’en rends compte. Dans l’autre sens, c’est… plus facile de savoir. Enfin je crois. Quand je reçois les émotions de quelqu’un, je… bloque. »

William était à nouveau à la peine. Evoquer cet effet secondaire de son pouvoir, qui le plaçait en une sorte d’état catatonique l’espace de quelques secondes, le mettait mal à l’aise. Ce n’était pas de mal contrôler son pouvoir qui le perturbait, mais plutôt les conséquences que cela pouvait avoir. C’est cela qui lui avait fait perdre le contrôle de la voiture, le jour de l’accident, et cela lui rappelait sans cesse qu’il ne pouvait imaginer toutes les implications que ce manque de maitrise pouvait avoir.

« Cela ne dure que… quelques secondes. Je n’ai jamais vraiment pu mesurer. Je n’ai plus conscience de ce qui se passe, juste… des émotions… des miennes… des autres… tout se mélange. Je n’arrive pas à distinguer mes sensations de celles de l’autre personne. Quoi que… »

Depuis un certain temps, il avait l’impression de parfois ressentir certaines sensations comme étrangères. Cela se produisait de façon erratique, quand il croisait quelqu’un. Mais il n’avait jamais pu réellement extraire une règle du bazar qui lui tenait lieu de pouvoir.

« J’ai l’impression que cela évolue. Mais cela reste hors de mon contrôle. Désolé, tout cela est très anarchique. J’ai bien tenté d’y voir un peu plus clair, d’améliorer la façon dont je le maitrise, mais c’est difficile de le faire sans risques. »

Une des dernières phrases d’Emma lui revint à l’esprit. A nouveau elle lui proposait de s’entrainer avec elle, lui assurant ne rien craindre de lui. C’était possible. Probable même. La tentation était forte, d’autant plus qu’elle lui avait laissé entendre qu’elle n’était vraiment pas contre le principe de cet échange d’émotions. Il lui suffisait simplement de franchir le pas, d’accepter de se laisser aller à activer son pouvoir en laissant de côté tout ce qui pouvait le retenir.

William attrapa la bouteille de vin et l’ouvrit. Après en avoir proposé à Emma, il en versa un peu dans son propre verre et alors qu’il approchait sa main de ce dernier pour s’en saisir, il s’arrêta. A force de se morfondre sur lui-même, il était passé à côté d’une chose importante. Il ne savait pas ce que coutait à Emma le fait de revenir sur son passé, sur ce qu’elle avait dû faire pour gravir les échelons. Il ne savait pas pourquoi elle s’était embarquée avec lui, qui devait ressembler à ces jeunes élèves qu’elle avait guidé à une époque, sans pour autant avoir l’excuse de la jeunesse. Il ne savait qu’une seule chose. Il était là, avec elle, et il avait la ferme intention de tout faire pour que cela continue. Il allait apprendre, tout ce qu’il faudrait. Puisqu’elle lui disait que de bonnes choses pouvaient en ressortir, il fallait qu’il se focalise là-dessus et passe outre les risques potentiels. Dont acte. Achevant son geste, il s’empara de son verre et le leva, souriant calmement, ses yeux plongés ceux d’Emma. A chaque fois qu’il s’immergeait ainsi dans le regard bleu de la mutante, il avait l’impression de ne plus être le même, de se retrouver, de pouvoir donner un sens à son existence.

« Alors tu penses que le partage d’émotions peut avoir du bon ? Mais attention, difficile de cacher des choses dans ces conditions ! »

Le ton était celui de l’humour, et même s’il se laissait aller à un brin d’ironie en indiquant qu’il était conscient qu’elle devait encore lui cacher beaucoup de choses, il n’y avait aucune arrière-pensée. Au contraire, il pensait ainsi lui faire comprendre qu’il ne lui en tenait pas rigueur. Par contre… en parlant de cacher… cela lui fit réaliser qu’il y avait quelque chose qu’il n’avait jamais tenté. Cela ne lui était en fait jamais venu à l’esprit, mais pouvait-il, lui, choisir les émotions qu’il envoyait ? Décider de ce qu’il voulait faire ressentir ? Un problème… intéressant. Il n’avait jamais envisagé son pouvoir de cette façon-là. Mais étant donné que pour le moment cela n’avait aucune espèce d’importance, il rejeta ce point là à plus tard et but une gorgée de vin. Malgré la question d’Emma, il se demanda s’il était opportun de lui montrer ce dont il était capable. Lui faire volontairement parvenir une émotion, il l’avait déjà fait, lors de la visite de la tour. Restait la réception… mais il n’osait pas. Il était hors de question qu’il le fasse de son propre chef. Et lui demander de s’ouvrir à lui… accéder à ce qu’elle ressentait… cette idée le perturbait profondément. Peut-être parce qu’il n’arrivait toujours pas, au fond de lui, à se persuader que ce qu’il éprouvait puisse être réciproque. Ou peut-être parce qu’au contraire il avait peur que ce soit vrai. Ou alors parce que la dernière fois qu’il avait lu en une personne qui lui était chère, il l’avait tuée. Il piocha dans la salade et aiguilla la conversation dans une autre direction.

« Je suppose que masquer tes pouvoirs n’a pas toujours été simple. Quand je vois le mal que j’ai à contenir le mien alors que je fais tout pour ne pas m’en servir, comment as-tu fait pour ne pas te faire prendre en l’utilisant comme tu le dis ? Je suppose qu’avec plus de maîtrise que je n’en ai, c’est un peu plus simple, mais tout de même. Ou alors… – il n’avait pas oublié qu’Emma l’avait menacé, un peu plus tôt, de lui faire oublier certains détails de la soirée – il y a des gens qui ont subitement eu quelques trous de mémoire ? »

Cet aspect-là du pouvoir d’Emma avait indubitablement quelque chose de pratique, et William aurait donné beaucoup pour pouvoir faire oublier à certaines personnes quelques détails plus ou moins importants, et voir même faire disparaitre certaines parties de sa propre mémoire. Mais concernant ce second point, il ne savait pas si Emma était capable d’appliquer ce traitement sur elle-même. S’il se fiait au peu de ce qu’elle lui avait raconté sur son passé, soit elle n’était pas capable d’occulter volontairement des pans de sa propre mémoire, soit elle était suffisamment courageuse pour faire le choix de continuer à les affronter. A une époque, il avait failli renoncer à vivre avec ses démons. Il s’était raccroché au fait que s’il renonçait à comprendre ce qui s’était passé, ce qu’il était, la mort de Myriam n’aurait servi à rien, tandis que s’il arrivait à contrôler cette chose qui était en lui il aurait peut-être une chance de réaliser au moins une chose bien, qui ne changerait hélas rien à ce qui s’était passé mais au moins justifierait son existence. Cependant, il n’avait jamais réussi à mesurer la part de lâcheté dans ce raisonnement.

« Il n’empêche que cela n’a pas dû être simple, d’autant plus que tu es maintenant une personnalité en vue. »

William sourit en repensant à la tête qu’il avait dû faire quand il l’avait reconnue lors de leur première rencontre. Jamais il ne s’était attendu à se retrouver devant elle ce jour là. Il ne lui était même pas venu à l’idée qu’une telle chose puisse être possible. Il s’était contenté de planifier une petite sortie inhabituelle… et cela avait changé le cours des choses. Alors que ces dernières années il avait envisagé chaque lendemain comme une épreuve à passer, à présent il se surprenait parfois à imaginer son avenir à un horizon plus lointain. Oh pas grand-chose… mais le simple fait de se demander comment aborder les prochaines semaines constituait une sorte de révolution personnelle. Le calme posé avec lequel il reprit la parole contrastait avec l’intensité du regard qu’il posa sur Emma.

« Je veux te croire quand tu dis que mon pouvoir peut déboucher sur de bonnes choses. Au fond, je pense que c’est ce que j’ai toujours espéré. Si j’ai bien compris, je vais devoir apprendre à l’intégrer naturellement dans ma façon d’être. Tu as presque réussi à me persuader que je peux y arriver, ce qui est un tour de force tout à fait remarquable. J’ai sans doute passé l’âge de dire que je vais essayer. Je vais juste… attendre que tu aies gouté aux macarons et ensuite je lirai en toi pour savoir réellement à quel point ils sont ratés ! »

Une tentative d’humour pour masquer qu’il était désemparé par son incapacité à communiquer ses sentiments. Il aurait tant voulu lui dire que s’il avait l’envie de contrôler son pouvoir, ce n’était qu’un corollaire à son désir de rester avec elle. Plus le temps passait, et plus il se rendait compte que c’était là sa seule aspiration.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Lun 26 Déc - 16:34

    Tous les deux avaient, finalement, des choses en commun. Probablement plus que l’un et l’autre pouvait imaginer. Emma n’était pas spécialement une femme d’action dans le sens stricte du terme, elle ne faisait rien qui soit irréfléchie et, le plus souvent, elle ne faisait rien soit même. Emma, au même titre que William, récoltait des informations et les travaillait. Ce n’est qu’après qu’elle se servait de ce qu’elle savait pour mettre un plan en place en déplaçant doucement ses pions, parfois sans même qu’ils puissent s’en apercevoir. Le problème majeur chez Emma, c’est qu’elle était tellement habituée à faire cela qu’elle était capable de le faire de manière parfaitement inconsciente avec tous les gens qui l’approchaient. Pourtant elle ne pouvait s’empêcher de se demander si elle n’agissait pas de cette manière avec lui...

    William évoluait à une vitesse impressionnante, elle estimait que c’était une bonne chose parce qu’il avait le droit à une vie un peu près normal. Mais n’était-ce pas là son avis à elle ? Finalement est-ce que ce n’était pas une forme de manipulation ? Parce qu’elle, elle, pensait que la mutation était quelque chose de bien, fallait-il qu’elle entraine William sur les voix de cette croyance ? Elle se demandait si, dans un certain sens, elle ne le privait pas de ses propres envies et de sa liberté de penser. Elle ne le menaçait aucunement pour l’amener à changer son point de vue sur certaine chose, elle menaçait que très rarement finalement mais elle savait parfaitement que ses paroles avaient un certain impact sur William, de part ce qu’il ressent pour elle, ce qui en fait une sorte de manipulation.

    Plus elle y réfléchissait et plus elle en venait à se dire que ça avait commencé comme cela avec Allan. Il aurait été près à tout pour elle et elle y avait vu là un nouveau jouet qu’elle pouvait former et modeler à sa guise. Un jouet dont elle s’était lassée et qui maintenant revenait faire surface. William n’était pas un jouet mais est-ce que sa rendait la situation si différente que cela ? Passer son temps à manipuler les gens apportait un problème majeur : Emma était incapable de faire la différence entre manipulation et conseil. Très vite elle balança ces pensées loin d’elle, ne voulant plus se demander ce qu’elle faisait. Elle devait juste essayer de se montrer attentive pour comprendre ce qu’il n’avait vraiment pas envie de faire et ce qu’il avait envie de faire mais qu’il craignait. Enfin, elle ne savait pas trop, elle ne s’était jamais interrogée de la sorte sur ce qu’il convenait de faire ou non.

    Ce qui était certain, c’est qu’elle n’avait rien contre le pouvoir de William. Elle avait réellement envie qu’il sache que ce n’était pas une malédiction et que ça pouvait être utile et bien. D’accord il interférait dans ce qu’elle ressentait mais ce n’était pas si mauvais que cela, si vraiment elle avait envie de le bloquer, elle avait les moyens de le faire. C’était une forme de manipulation de la part de William d’interférer dans les ressentis des autres et c’est sûrement pour cette raison qu’Emma avait le pouvoir qu’il avait, ça ouvrait tellement de perspective. Là encore elle se trouvait bien intéressée, elle ne jugeait que sur la capacité que cela pouvait engendrer, s’en était presque affligeant. Mais, elle ne pouvait s’en empêcher, c’était horrible.

    Elle avait laissé ses questions et ses incertitudes de côtés pour revenir vers la table avec une bouteille de vin et une autre de whisky, ne sachant pas vraiment ce que William aimait. Un tour dans sa tête et le tour aurait été joué mais elle avait cette envie de faire les choses normalement, laissant paraitre une parfaite incertitude quant à ce qu’elle possédait chez elle. Les gens invités à venir ici étaient très peu nombreux, et elle s’accordait sur le fait que son appartement était censé avoir ce qu’elle aimait.

    « Je pense faire honneur à ton vin. Mais ne laisse pas ce whisky s’éloigner. Sait-on jamais ? Nous en aurons peut-être besoin pour nous remettre des macarons ! »

    Elle se mise à sourire, s’installant à table l’esprit un peu plus léger. Au moins elle n’avait pas à chercher dans les entrailles de son appartement pour trouver quelque chose d’autre. Et elle aurait encore moins à donner l’illusion qu’il sirote sa boisson favorite alors, qu’en réalité, il avalait un verre d’eau. Elle posa la bouteille de whisky sur le coin de la table et laissa la bouteille de vin près de William. Pas qu’elle ne voulait pas l’ouvrir elle-même, mais elle était spécialisé dans le bouchon tombant dans la bouteille. En tout cas, c’était souvent le cas quand elle retirait le bouchant sans user du moindre pouvoir. Elle avait décidé de s’abstenir de ce genre de chose et, pour plus de sureté, laisser la bouteille aux bons soins de William. Une chose était certaine, elle était bien plus confiante que lui en ce qui concerne les macarons. Si il l’avait laissé faire la cuisine, en plus de mettre le feu à la maison, elle aurait fait quelque chose de parfaitement catastrophique et immangeable. D’accord elle avait eu de très longues années pour apprendre à faire à manger mais c’était le genre d’activité qui ne l’avait jamais branchée et cela ne changerait probablement jamais.

    Laissant toute histoire culinaire prendre le devant, elle avait fini par reprendre la parole concernant les pouvoirs. William semblait même heureux d’apprendre qu’il avait vu juste avec le diamant, un sourire assez communicatif pour qu’elle fasse de même. Si elle était gênée qu’il ait appris cette facette de son pouvoir de cette manière, William, de manière parfaitement muette, la fit rapidement sortir de cette gêne. Après tout, des bourdes ça pouvait arriver, non ? C’est sûrement pour cette raison qu’elle se laissa porter par d’autre explication plus personnelle, comme le but qu’ont joué ses pouvoirs dans sa vie, quand celle-ci était tout de même assez différente de celle que l’on connait aujourd’hui.

    Mais très vite elle regretta ce qu’elle était en train de dire en voyant le sourire de William s’estomper. A quoi elle s’attendait, en même temps ? Qu’il saute de joie à l’idée qu’elle puisse n’avoir aucune morale sur l’utilisation de ses pouvoirs ? Un instant elle s’imagina même la petite morale verbale. Bien qu’en réalité, s’était son esprit seul qui imaginait qu’il puisse y avoir ce genre de chose. La perte partielle du sourire de William était comme si elle venait de dégringoler de manière vertigineuse dans son estime. Pourquoi est-ce que cela lui faisait de la peine ? Pourquoi cette douleur muette ? Elle l’avait prévenu, il n’en prenait conscience que maintenant. Il n’y avait de raison qu’elle soit peinée de le voir réagir de cette manière. Après tout c’est elle qui avait voulu le mettre en garde, il fallait bien que ça arrive, qu’il prenne conscience des choses et qu’il la voit autrement... Cette perte de sourire était pour une autre raison mais elle n’entrait pas dans l’esprit des gens alors comment pouvait-elle le deviner ?

    Et voilà qu’elle essayait de se justifier, de rectifier le tir en disant qu’il n’était pas obligatoire d’être comme elle pour maîtriser ses pouvoirs. Elle se serait bien baffé mentalement en se demandant ce qu’elle cherchait à prouver : qu’elle n’était si mauvaise ? A qui est-ce qu’elle allait le faire croire ? C’était là où elle s’estimait manipulatrice parce qu’elle était persuadée qu’il la voyait différemment, ce qui l’entraina à rappeler qu’ELLE, elle, pouvait l’aider à maitriser son pouvoir, qu’il ne pouvait pas partir si il voulait de l’aide. A croire qu’elle balançait ça comme une bouée de secours pour être certaine de ne pas le voir partir en courant. Mon dieu, s’en était presque pathétique. Ça allait jusqu’au fait qu’elle en était à dire qu’elle avait fait, aussi, des choses bien. Comme un besoin étrange de se justifier, de hurler qu’elle n’était pas si mauvaise que ça alors qu’elle avait passé tant de temps à tenter de lui faire comprendre le contraire. Pourquoi est-ce qu’il fallait qu’elle est la sensation qu’il ait enfin comprit qu’elle n’était pas si bien pour se dire qu’en fait, elle n’avait pas envie qu’il puisse la voir comme quelqu’un de mauvais. Finalement, c’était à se demander si elle avait vraiment eu un diplôme en psychologie un jour dans sa vie !

    Il souriait à nouveau, avec cette lueur d’espoir, et Emma prit conscience qu’elle avait retenu sa respiration plus longtemps que prévu à en croire par l’inspiration profonde qu’elle venait de prendre à l’instant. Dans un sens, elle se sentait faible et ça lui faisait peur. Elle ne voulait pas s’emballer. Depuis ce qui s’était passé avec les Hélions elle mettait un point d’honneur à ne pas s’investir plus que nécessaire, la perte faisait mal quand on se sentait investit et proche de quelqu’un ou d’une cause. Il en aurait peut-être rit si elle avait exprimé cela à voix haute mais, d’une certaine manière, William lui faisait peur. Elle avait peur de lui parce qu’il suffisait qu’elle le voit prendre cette couleur rouge pour se mettre à sourire un peu bêtement. Elle n’était pas moqueuse, elle trouvait que c’était presque... Attendrissant... Ce mot sonnait assez étrangement à ses oreilles mais elle n’en avait pas de meilleur pour décrire ce qu’elle ressentait en le voyant comme ça, au moment où il semblait comprendre que si elle avait laissé son pouvoir filtrer c’est que, oui, elle avait forcément reçu un peu de ses sensations à lui. Et c’est avec cet air-là, qu’il se raccrocha à la dernière question qu’elle lui avait posé.

    « Non… oui… enfin… cela fonctionne dans les deux sens. Pas en même temps. Enfin… je ne crois pas. C’est un peu… compliqué. »

    Compliqué... C’est drôle de voir comme ce mot, venant de William, pouvait la faire sourire gentiment, comme un deuxième prénom qu’il porterait. Il n’était pas très sûr du fonctionnement mais s’accordait sur le fait que ça pouvait fonctionner dans les deux sens. Une information intéressante, ça ouvrait d’autre possibilité. Il ne faisait que transmettre mais il pouvait, aussi, capter ce que les autres pouvaient ressentir. Ça aurait pu être inquiétant, finalement, de se dire que quelqu’un pouvait être au courant de ce que vous ressentiez mais, Emma était confiante vis à vis de son propre pouvoir pour ne pas craindre de laisser filtrer ce dont elle n’avait pas envie. Peut-être qu’elle se trompait mais elle ne le pensait pas... pas pour l’instant.

    « Je ne sais que peu de choses en fait. La plupart du temps cela se produit de façon incontrôlée, mais depuis quelques temps j’arrive à le déclencher si… si je touche la personne. Envoyer une sensation est relativement facile, mais cela me fatigue terriblement. Du moins quand c’est moi qui le décide. Parce que j’ai l’impression que quand cela se déclenche tout seul, c’est à peine si je m’en rends compte. Dans l’autre sens, c’est… plus facile de savoir. Enfin je crois. Quand je reçois les émotions de quelqu’un, je… bloque. »

    Elle n’était pas une spécialiste des niveaux de contrôle et ne possédait pas le pouvoir de deviner ou se situait les autres. Mais, par expérience, elle aurait une tendance à situer William vers le niveau 2, celui où, parfois, on arrive à contrôler et à déclencher son pouvoir quand on le veut même si la plus part du temps, c’est le pouvoir qui décide de se déclencher tout seul. Elle nota dans un coin de sa tête le fait qu’il « bloquait » lors de la réception des sentiments des autres. Une info importante qui pouvait lui apprendre quand cela serait le cas. Elle essaya, également, d’imaginer cette contrepartie qui pouvait être désagréable si elle survenait à un moment peu propice. Mais ne voulant pas jouer sur le point négatif des choses, elle cessa rapidement de réfléchir sur ce point le laissant continuer.

    « Cela ne dure que… quelques secondes. Je n’ai jamais vraiment pu mesurer. Je n’ai plus conscience de ce qui se passe, juste… des émotions… des miennes… des autres… tout se mélange. Je n’arrive pas à distinguer mes sensations de celles de l’autre personne. Quoi que… J’ai l’impression que cela évolue. Mais cela reste hors de mon contrôle. Désolé, tout cela est très anarchique. J’ai bien tenté d’y voir un peu plus clair, d’améliorer la façon dont je le maitrise, mais c’est difficile de le faire sans risques. »

    Là elle ne pouvait que comprendre. Elle était télépathe, les choses étaient un chouia différentes mais l’idée était la même. Au début il était impossible pour Emma de savoir qui parlait dans sa tête et qu’elles étaient ses propres pensées. Elle n’avait qu’un amas de voix qu’elle était incapable de séparer lui créant juste une sorte de sourdine horrible dans le crâne. Ce point avait fini par s’arranger mais la télépathie ne restait pas son pouvoir le plus développé et il arrivait encore d’en perdre le contrôle. Mais c’était bon signe, si William avait l’impression que son pouvoir évoluait c’est qu’il commençait doucement à le comprendre et à l’écouter pour noter les différences qu’il pouvait y avoir. Ca paraissait dérisoire mais c’était déjà encourageant s’il voulait aller plus loin dans la maitrise de son pouvoir.

    Quand il proposa du vin, après avoir ouvert la bouteille, elle hocha la tête pour accepter. Son verre fut rempli et William allait se servir quand, sans prévenir, il arrêta son geste. Elle ne sut ce qui se passa dans sa tête à son moment précis, ce qu’il put se dire ou penser. Mais dans les secondes suivantes il s’était servi avec une certaine conviction tout en levant son verre. Action qui la fit sourire sans même connaitre la résolution qu’il pouvait bien avoir prise. Elle leva son verre à son tour pour laisser son regard se perdre dans celui de William.

    « Alors tu penses que le partage d’émotions peut avoir du bon ? Mais attention, difficile de cacher des choses dans ces conditions ! »
    « Ca ne sera qu’un juste retour des choses »

    La phrase avait été lancée, son verre levé, sur le même ton que William comme pour lui dire que ça ne l’inquiétait pas plus que ça. Il pouvait difficilement lui cacher quoique ce soit si elle décida de se balader dans sa tête, alors elle n’allait pas lui reprocher sa capacité à savoir ce qu’elle ressentait. Il n’empêche qu’elle avait bien envie de savoir si elle était capable d’apporter un autre sentiment que celui qu’elle ressentait vraiment. Pouvait-elle court-circuiter le pouvoir de William avec le sien ? Elle n’avait pas de réponse à cette question mais le sourire qu’elle avait, e qui pouvait difficilement être comprit sans avoir accès à ses pensées, laissait comprendre qu’elle était bien décidé à essayer à un moment où à un autre. De préférence sans prévenir.

    « Je suppose que masquer tes pouvoirs n’a pas toujours été simple. Quand je vois le mal que j’ai à contenir le mien alors que je fais tout pour ne pas m’en servir, comment as-tu fait pour ne pas te faire prendre en l’utilisant comme tu le dis ? Je suppose qu’avec plus de maîtrise que je n’en ai, c’est un peu plus simple, mais tout de même. Ou alors… il y a des gens qui ont subitement eu quelques trous de mémoire ? »

    Elle aimait que William sorte une réponse à cette question, ça lui permettrait de n’avoir qu’à acquiescer à sa question en temps voulu. Mais effacer la mémoire des gens n’a pas toujours été une chose possible et, beaucoup de fois, ce n’est pas son pouvoir qui à permit de garder des gens sous le silence. Il y avait tellement de forme d’intimidation qu’effacer la mémoire est presque une victoire sans le moindre intérêt. Et quand vraiment l’intimidation ne fonctionnait pas et que l’oubli était impossible, il y avait des méthodes plus définitive et, dans un certain sens, beaucoup plus sûres. Mais quel intérêt de raconter tout ça, puisqu’il fournissait la réponse tout seul, laissant presque croire que c’est ce qu’il avait envie d’entendre, comme si c’était l’action la plus affreuses parmi toutes les solutions possibles dont elle pouvait être capable. Elle ne se voyait pas le décevoir en lui donnant d’autre exemple pour forcer une personne au silence.

    « Il n’empêche que cela n’a pas dû être simple, d’autant plus que tu es maintenant une personnalité en vue. »

    Ca avait surement été plus simple que ce qu’il imaginait mais, elle ne répondit rien. Portant le verre à ses lèvres dans un léger sourire elle essayait de passer en revue les problèmes que lui avait causés son pouvoir. Ca datait tellement que les souvenir s’estompait, sauf les actes qu’elle regrettait vraiment. Cacher son pouvoir... Elle n’était pas certaine qu’elle l’avait vraiment fait à ses débuts, elle n’avait pas offert la possibilité à une personne d’en parler, c’est tout. Bon c’était un peu plus compliqué que ça en réalité mais cela avait-il une réelle importance ?

    « Je veux te croire quand tu dis que mon pouvoir peut déboucher sur de bonnes choses. Au fond, je pense que c’est ce que j’ai toujours espéré. Si j’ai bien compris, je vais devoir apprendre à l’intégrer naturellement dans ma façon d’être. Tu as presque réussi à me persuader que je peux y arriver, ce qui est un tour de force tout à fait remarquable. J’ai sans doute passé l’âge de dire que je vais essayer. Je vais juste… attendre que tu aies gouté aux macarons et ensuite je lirai en toi pour savoir réellement à quel point ils sont ratés ! »

    Il avait l’air d’avoir pris sa décision, une nouvelle résolution avec une conviction qui ne faisait que peu de doute quand on voyait son regard. Mais ce qu’il était en train de dire laissa Emma s’interroger sur ses craintes qu’elle s’était exprimée à elle-même un peu plus tôt. Elle l’avait presque réussi à le persuader, c’était un tour de force remarquable... Est-ce qu’on devait faire entrer cela dans la manipulation ? Elle avait tendance à se dire que oui mais, en même temps, il disait que c’est ce qu’il avait espéré au fond de lui. Du coup, ce n’était plus vraiment de la manipulation. Le trait d’humour de William balaya cette pensée, en se disant qu’elle ne devait pas réfléchir à ce genre de chose. Elle afficha un grand sourire.

    « Tu fais des progrès très rapidement. Tu vois, tu en es déjà au point où tu trouves une utilité à ton pouvoir. Vais-je vraiment aimer ou pas... »

    On pouvait penser que ce n’était rien mais en fait c’était déjà un bon pas en avant. Se servir de son pouvoir pour savoir quelque chose était une utilité en soit. Et puis, petit à petit, découlerait plein d’autre idée pour une autre utilisation de son pouvoir. Mais elle savait aussi que l’encourager à essayer c’était forcément lui laisser accès à ce qu’elle pouvait ressentir. Elle ne pouvait pas l’encourager, pour bloquer toutes sensations et le laisser essayer en vain. Après tout ce n’était que des macarons et si vraiment ils étaient mauvais, elle prendrait sur elle le fait qu’il le sache... S’il voulait vraiment le savoir.

    « Et puis, tu sais, pour ce que tu as dit. Je crois qu’être une personne « en vue » aide un peu plus que ce que l’on pourrait croire. Les mutants ont tellement tendance à chercher à se faire discret qu’on soupçonne toujours un peu moins celle que l’on connait un peu. »

    Bon c’est clair que si elle faisait une conférence de presse et qu’elle se mettait une peau de diamant sur le corps, ce qu’elle venait de dire ne tenait plus vraiment debout. La mutation qu’elle pouvait avoir n’était pas le plus compliqué à cacher. Par contre, le fait qu’elle ne vieillissait pas était déjà un sujet plus houleux et plus délicat à cacher aux yeux des gens, elle afficha un léger sourire sur les lèvres.

    « Mais cacher le fait que je ne prends pas une ride, c’est déjà un peu plus compliqué. A une certaine époque c’était plus facile, il n’y avait pas tous les médias que l’on trouve aujourd’hui, moins de photos, moins de vidéos, ça aidait pas mal. Elle haussa légèrement les épaules. Je suppose qu’il arrivera un moment où faudra que je passe le relais à quelqu’un d’autre, du moins, médiatiquement. La chirurgie esthétique a beau faire des progrès, y a un moment où les gens verront bien que je ne vieillis pas tant que ça. »

    Pour le moment elle ne se souciait pas trop de se détails, elle était dans l’âge où elle pouvait garder son apparence le plus longtemps. Puis elle pourrait jouer sur les couches de maquillages, qu’elle n’aura pas en réalité, sur le botox qu’elle n’utilisera pas pour donner l’illusion encore quelque temps. Mais il ne fallait pas se leurrer, à un moment où à un autre, il faudrait qu’elle disparaisse de la scène médiatique. Enfin, cela dit, elle n’était pas non plus reconnue à tous les coins de rue, son business restait assez ciblé pour qu’une petite partie des gens s’intéresse à ce qu’elle fait.

    « Puis, toi et moi, on a de la chance d’avoir un pouvoir qui ne soit pas trop visible. Si on oublie le fait que je peux me mettre à scintillée dans la nuit. Mais ce pouvoir est arrivé bien plus tard que le reste, j’avais déjà une certaine expérience de la mutation et ça a été plus facile de le maitriser et, donc, de le cacher. »

    Elle ne voyait pas l’intérêt de revenir sur la manière qu’elle avait de faire taire certaine personne. Après tout l’idée que certaines puissent avoir des trous de mémoire était bien plus agréable à entendre que la vérité qui se cachait derrière. Ce n’était pas la peine d’expliquer ce genre de chose. Du coup elle laissa bien vite les questions qui tournaient autour de sa propre mutation pour en revenir à celle de William.

    « En ce qui te concerne c’est déjà une bonne chose de voir que ton pouvoir évolue et que tu puisses le déclencher par toi-même de temps en temps. En fait, si ce qui te fais le plus peur c’est d’utiliser ton pouvoir, je pense que la première chose à faire est surtout de travailler sur le fait qu’il puisse se déclencher sans que tu l’ais voulu. Et… Elle sembla désolée un court instant. Si vraiment tu veux que je t’aide, faut savoir que je ne vais pas forcément la jouer fairplay à chaque fois. »

    Si les pouvoirs se déclenchaient sur une émotion trop forte, et si ils travailleraient dessus, il y a forcément un moment où elle tapera là où ça ne fait pas spécialement plaisir. Ce qu’elle entendait par là c’est qu’elle était tout à fait capable de prendre l’apparence de quelqu’un – au hasard : Myriam, en cherchant bien dans la petite tête de William – pour le déstabiliser. Elle n’avait jamais dit qu’un apprentissage se passerait en douceur, elle préférait juste l’avertir une dernière fois pour qu’il sache, un peu près, où il mettait les pieds. Définitivement, elle n’était pas faite pour enseigner à l’institut Xavier !

    « Par contre, je peux faire quelque chose pour te rassurer sur le fait que je peux parfaitement me défendre sur tes pouvoirs. Ne bouge pas. »

    Elle se leva, toujours pieds nus, pour aller chercher une feuille et un stylo dans un tiroir d’un des meubles dans le salon. Puis, rapidement, elle se remise à table et, à l’abri du regard de William elle nota quelque chose sur la feuille de papier qu’elle replia pour laisser secret ce qu’elle avait écrit. Dans un sourire, elle releva les yeux vers William et tendis son bras sur la table pour présenter sa main à William.

    « Tu peux me dire ce que je ressens ? »

    Si il y avait bien un sentiment qu’elle ne ressentait pas c’était la tristesse, pourtant c’est ce qu’elle avait écrit sur le bout de papier. Le but de la manœuvre était d’attendre de sentir William chercher ce qu’elle ressentait et, à ce moment-là, elle chercherait à lui faire ressentir toute la tristesse qu’elle pouvait être capable, sans même avoir à le ressentir. Une fois que ça serait fait, elle lui passerait le papier en lui expliquant que c’est ce qu’elle avait prévu de lui faire passer. Une façon comme une autre de prouver qu’elle pouvait avoir un contrôle sur le pouvoir de William. Peut-être que si il comprenait qu’elle pouvait se protéger de son pouvoir, il pourrait avoir moins de réticence et moins de peur à l’utiliser en sa présence. Elle trouvait que c’était une expérience à tester. Bien sûr, elle ne lui forçait pas la main et il était tout à fait en droit de refuser. Si c’était le cas, elle attendrait simplement qu’il soit prêt à se lancer dans ce genre d’expérience.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mar 3 Avr - 10:54

William avait essayé, dans la mesure de sa maigre expérience, de décrire les effets de sa mutation. Le résultat avait été un peu laborieux. Il n’avait jamais vraiment cherché à exposer précisément les effets, ce qui pouvait le déclencher, et du coup avait du mal à trouver les termes appropriés. Il avait compensé ce manque en tâchant de relater avec le plus de précision possible les effets de tout cela sur lui-même, car c’était ce qu’il connaissait le mieux. Et de toute façon, il avait l’impression que cela en faisait intrinsèquement partie.

Emma l’avait écouté, silencieuse, consciente sans doute de ses difficultés et du fait qu’il valait mieux le laisser parler que de chercher à l’interroger, au moins pour le moment. Il en avait fini par revenir sur ce qu’elle lui avait dit plus tôt concernant le partages des émotions, sur les bons côtés que cela pouvait avoir, et sur la difficulté de masquer ses pensées dans de telles conditions. La réponse d’Emma le surprit un peu. Elle estimait que cela ne serait qu’un juste retour. Il supposait qu’elle faisait allusion à son don de télépathe, et donc à sa capacité à lire en lui si elle le souhaitait. Il s’était habitué à cet état de fait. Elle ne s’en cachait pas, même s’il avait l’impression qu’elle ne le faisait pas souvent. De toute façon il avait décidé qu’il n’avait rien à lui cacher, et donc que cela ne pouvait pas être une gêne. Tout au plus, parfois, il était embarrassé par le fait qu’elle ait pu percevoir certaines pensées instinctives qu’il aurait souhaitées plus… mesurées. C’était aggravé par le fait que ces derniers temps il avait tendance à relâcher le contrôle qu’il exerçait habituellement sur lui-même, et d’autant plus en présence de la jeune femme. Il essayait, avec elle, d’être lui-même, chose loin d’être évidente après toutes ces années passées à se forger une muraille d’attitudes préétablies.

Mais ce que le surprenait en fait, dans la réponse d’Emma, était qu’elle laissait entendre que son pouvoir pourrait bien être effectif sur elle. Or elle lui avait toujours assuré pouvoir s’en prémunir. Cela avait joué sans aucun doute un rôle considérable dans le changement de comportement de William avec elle… et avait permis un rapprochement impensable dans d’autres conditions, bien qu’il ait également dû composer avec le fait qu’il savait pertinemment que les effets les plus dévastateurs d’un pouvoir n’étaient pas forcément les plus directs. Donc il ne voyait que deux conclusions possible à ce que venait de dire Emma. Soit elle n’était pas certaine de pouvoir réellement le bloquer, soit elle choisissait sciemment de le laisser passer. Dans un cas comme dans l’autre, il avait tendance à penser que c’était un jeu risqué. Et dans tous les cas de figures, il craignait de plus en plus que le phénomène se soit déjà produit. Comme pour la télépathie d’Emma, il n’estimait pas avoir quoi que ce soit à cacher. Ils étaient conscients de l’évolution de leur relation… ou du moins lui en était conscient et aurait donné tout ce qu’il avait pour être certain qu’elle éprouvait la même chose que lui. C’était juste qu’il n’était pas habitué à exprimer cela, d’une façon ou d’une autre, et ne pouvait s’empêcher de se sentir un peu gêné d’avoir potentiellement exposé ainsi des sentiments de cet ordre-là.

En tout cas, cela n’avait pas l’air de la perturber. Levant son verre, elle avait répliqué sur le même ton que lui, donnant à cet échange un petit air de défi. Bien entendu, William ne pouvait deviner qu’Emma se posait une toute autre question. Si quelqu’un avait pu connaitre leurs deux pensées, il aurait pu s’amuser de la similitude de certaines de leurs interrogations. Emma se demandait si elle pouvait décider ce que William capterait, tandis que lui réalisait soudain qu’il lui était peut-être possible de transmettre une émotion choisie.

Préférant s’éloigner pour le moment du sujet de son propre pouvoir, William s’était intéressé à Emma et aux difficultés qu’elle avait dû avoir à gérer le sien. Là aussi, elle l’avait laissé parler, ne réagissant que par quelques mouvements de tête, ou par son sourire contre lequel il devait luter pour ne pas se mettre à bafouiller bêtement. Il essaya vainement de lire dans les réactions d’Emma. La seule véritable confirmation qu’il réussit à obtenir, était qu’indubitablement certaines personnes avaient perdu subitement quelques uns de leurs souvenirs. Indéniablement pratique, pour autant qu’il pouvait en juger avec le peu de recul qu’il avait sur le sujet, et qui le confortait dans l’idée qu’il n’était qu’un nourrisson découvrant le monde mutant. Tout ce qu’il avait appris, toutes ses certitudes, devaient être repensées à l’aune de toutes ces possibilités nouvelles, et pour la plupart encore inconnues de lui.

Il s’était engagé dans la voie de l’apprentissage de son pouvoir, avec l’aide d’Emma. Il ne pouvait plus reculer… ou ne le voulait plus. Peu importait, en fait, à cet instant précis. Dans une sorte de petit défi, lancé à Emma mais également à lui-même, il avait proposé de lire en elle les sensations qui lui procureraient le goût des macarons. Cette espèce de fuite en avant, apportant une nouvelle preuve indiscutable qu’il était en train de renverser ses propres barrières, avait également pour but de masquer son trouble face à son incapacité à communiquer ses sentiments. C’était un comble, étant donnée sa mutation. Mais il n’eut pas le loisir de s’étendre sur ce sujet, car Emma reprit la parole.

« Tu fais des progrès très rapidement. Tu vois, tu en es déjà au point où tu trouves une utilité à ton pouvoir. Vais-je vraiment aimer ou pas... »

Il n’avait pas pensé à cet aspect là de la chose. Un usage pourtant tout simple. La réponse à la plus classique des interrogations de tout cuisinier en herbe. Or il n’y avait jamais songé. Il avait lancé l’idée comme une plaisanterie, et non pas avec l’objectif d’apprendre quoi que ce soit. Sur le moment cela le surprit, puis il réalisa très vite qu’en réalité, en s’interdisant toute utilisation de son pouvoir, il s’était naturellement empêché de penser à l’exploitation qu’il pourrait en faire. Logique. Et un peu dérangeant. Il se trouvait subitement stupide, et ses vieux démons intérieurs cherchèrent à nouveau à ressurgir. Tiraillé entre l’évidence que la meilleure façon de ne pas être tenté d’utiliser son pouvoir était de l’ignorer, et l’idée de n’avoir même pas tenté l’exercice intellectuel de savoir ce qu’il aurait pu en faire, il finit par envoyer les deux petites voix intérieures voir plus loin s’il y était, et se concentra sur les propos d’Emma.

Elle avait laissé sa phrase en suspend, et il attendit une suite qui ne vint jamais car, comme il l’avait fait précédemment, elle changea de sujet et prit le parti de répondre aux questions qu’il lui avait posées.

« Et puis, tu sais, pour ce que tu as dit. Je crois qu’être une personne « en vue » aide un peu plus que ce que l’on pourrait croire. Les mutants ont tellement tendance à chercher à se faire discret qu’on soupçonne toujours un peu moins celle que l’on connait un peu. »

Cela se tenait. C’était certes risqué, car une erreur ne pardonnerait pas, mais au moins le jeu était dans sa main. Tant qu’elle ne se trahissait pas, elle n’en retirait sans doute que des avantages. Cette dernière constatation fit soudain comprendre à William l’importance de ce qu’elle lui révélait. Alors qu’elle s’était étonnée plusieurs fois de la confiance qu’il avait en elle, se rendait-elle bien compte de celle qu’elle mettait en lui ? Il ne pouvait même pas imaginer que non. Par contre, lui n’avait pas vraiment, jusqu’à présent, réalisé l’étendue de ce qu’elle lui offrait. Lui-même ne risquait pas grand-chose. Il n’avait rien à perdre. Enfin… il n’avait rien eu à perdre jusqu’à présent. Ce n’était pas la même chose pour elle. Certes, à tout moment elle pouvait faire en sorte qu’il ne soit plus une menace. Elle-même le lui avait fait remarquer, un peu plus tôt dans la soirée. Mais tant que ce n’était pas le cas, il représentait un véritable danger pour elle. Tenait-elle donc suffisamment à lui pour cela ? Il avait toujours eu du mal à admettre qu’elle s’intéressait réellement à lui… mais là… il était devant une évidence qu’il ne pouvait réfuter. Une fraction de seconde, ce fut comme s’il était pris d’un vertige. Il se raccrocha à la voix d’Emma.

« Mais cacher le fait que je ne prends pas une ride, c’est déjà un peu plus compliqué. A une certaine époque c’était plus facile, il n’y avait pas tous les médias que l’on trouve aujourd’hui, moins de photos, moins de vidéos, ça aidait pas mal. Elle haussa légèrement les épaules. Je suppose qu’il arrivera un moment où faudra que je passe le relais à quelqu’un d’autre, du moins, médiatiquement. La chirurgie esthétique a beau faire des progrès, y a un moment où les gens verront bien que je ne vieillis pas tant que ça. »

Il avait réussi à se reprendre, suffisamment même pour discerner le petit sourire qu’elle avait affiché en évoquant ce sujet. Même avec les raisons qu’elle évoquait, il trouvait fantastique qu’elle ait réussi à traverser dans d’années sans que personne ne remarque rien.

« Puis, toi et moi, on a de la chance d’avoir un pouvoir qui ne soit pas trop visible. Si on oublie le fait que je peux me mettre à scintillée dans la nuit. Mais ce pouvoir est arrivé bien plus tard que le reste, j’avais déjà une certaine expérience de la mutation et ça a été plus facile de le maitriser et, donc, de le cacher. »

Il avait effectivement entendu parler de certains mutants dont l’apparence était modifiée. Etant donné que lui-même sortait très peu, et que ces derniers ne devaient pas non plus chercher à se faire trop remarquer vue l’ambiance actuelle, il n’en avait jamais croisés. Focalisé sur lui-même, il ne s’était jamais demandé comment eux arrivaient à s’en sortir. Plus exactement, il s’en était soucié comme d’une guigne. Maintenant… il ne savait plus. Il avait découvert tant de choses ! Il y avait tant de questions sans réponses ! Plus tard… il cherchera plus tard. Il le faudra. Mais pas maintenant. Pour l’instant il ne retenait qu’une chose : les mutations pouvaient évoluer. Et même si Emma, de part son expérience, avait pu contrôler mieux qu’un autre sa nouvelle capacité naissante, ce qui s’était passé un peu plus tôt dans la cuisine montrait que rien n’était jamais joué.

« En ce qui te concerne c’est déjà une bonne chose de voir que ton pouvoir évolue et que tu puisses le déclencher par toi-même de temps en temps. En fait, si ce qui te fais le plus peur c’est d’utiliser ton pouvoir, je pense que la première chose à faire est surtout de travailler sur le fait qu’il puisse se déclencher sans que tu l’ais voulu. Et… Si vraiment tu veux que je t’aide, faut savoir que je ne vais pas forcément la jouer fairplay à chaque fois. »

Ah. La conversation revenait donc vers lui. Il ne savait pas si les maigres constatations qu’il avait pu faire concernant son pouvoir étaient une bonne chose, et encore moins si l’évolution en question en était réellement une. Il voulait croire Emma, d’autant plus qu’elle avait parfaitement raison sur le second point : si déjà il parvenait à éliminer les déclenchements anarchiques, cela pourrait révolutionner complètement sa façon de voir les chose. Après tout… c’était ce qui avait coûté la vie à Myriam. Peut-être ensuite pourrait-il envisager différemment les activations volontaires. Peut-être.

Au moment où Emma marqua une hésitation, il croisa son regard et eut du mal à interpréter ce qu’il y vit. Mais elle reprenait déjà, et la suite aida William à comprendre. En quelque sorte, des excuses par avance pour les méthodes qu’elle pourrait employer. Le coup de la statue avait déjà été très fort. Ce qui l’inquiétait le plus était le terme « fairplay », qui ne laissait rien augurer de bon. Mais à partir du moment où il était certain qu’elle ne se jouerait pas inutilement de lui, il ne craignait qu’une chose : sa propre réaction, sur le moment. Mais peut-être était-ce justement là le but, puisqu’ils étaient en train d’évoquer les déclenchements intempestifs de son pouvoir. Par contre il n’avait pas idée de ce qu’elle avait réellement en tête. Il ne pouvait que lui donner un blanc-seing. Et ce choix-là, il l’avait fait depuis longtemps.

« Par contre, je peux faire quelque chose pour te rassurer sur le fait que je peux parfaitement me défendre sur tes pouvoirs. Ne bouge pas. »

Un peu perdu dans ses pensées, William n’avait jusque-là pas réagi aux propos d’Emma. A présent, il la suivait curieusement du regard, se demandant ce qu’elle était en train d’imaginer. En fait, alors qu’elle lui proposait de lui prouver ce qu’elle lui avait toujours assuré, et que cela aurait dû le réconforter, l’effet à cet instant était plutôt contraire. Et si, quoi qu’elle ait en tête, cela ne fonctionnait pas ? Si à l’inverse de ce qui était prévu, cela infirmait ce qu’il considérait comme une hypothèse de base ? Valait-il mieux continuer à ne pas savoir, ou bien avoir à affronter ce qu’il redoutait le plus ? En bref, si jamais ce que mijotait Emma ne le rassurait pas du tout, il ne savait absolument pas s’il allait être capable de le gérer. Et cela le perturbait quelque peu.

Revenue armée avec de quoi écrire, ce qui laissait William perplexe, elle griffonna quelque chose qu’il ne put distinguer. Puis, masquant le morceau de papier, elle tendit sa main vers lui.

« Tu peux me dire ce que je ressens ? »

C’était donc cela. Mais qu’est-ce que ce papier venait faire là-dedans ? William avait une fâcheuse tendance à vouloir toujours trouver une réponse à tout, quelle que soient les questions qui se posaient à lui. Savoir. Connaître. Il redoutait être dans l’incertitude. Instinctivement, il cherchait à résoudre l’énigme qui se présentait à lui. Pourtant, il avait l’impression qu’il ne le fallait pas. Que ce ne serait pas… du jeu ? Que quelque part, s’il se laissait aller à cela, rien de bon n’en ressortirait. En quelque sorte, s’il essayait de deviner quoi que ce soit, qu’il se trompe ou pas n’aurait aucune importance, le résultat en serait faussé. Curieux. Il s’était habitué à toujours essayer d’anticiper ce qui pouvait arriver. Il découvrait à présent une nuance qu’il n’avait pas envisagée. Autant il était profitable d’avoir un coup d’avance sur un adversaire, autant ce n’était pas forcément bon quand il s’agissait d’une… amie… alliée… davantage…

William étouffa ainsi en lui toute velléité de recherche de réponse. Il saurait, au moment adéquat. Cela devait lui suffire. En attendant, il lui fallait répondre à la question d’Emma. Mais le pouvait-il ? Cela paraissait si simple ! Il savait qu’il pouvait le faire. Il avait réussi déjà, quelques fois, à déclencher sur commande la captation des émotions d’une autre personne. Mais il avait alors posé lui-même, lentement, patiemment, les conditions de l’expérience, s’assurant jusqu’à l’absurde que rien ne pouvait dégénérer. Dans ces situations-là, il y était arrivé. Bien évidemment, la bonne question était : comment ? Il avait voulu le faire. Cela s’était produit. Voilà tout. Pas de petit bouton mental. Pas de formule magique. Il avait effleuré la personne, et cela avait fonctionné… ou pas. Il n’avait pas cherché plus loin. Ce soir, là, sans préparation, il avait peur d’échouer, et ce d’autant plus que la situation était particulière.

Logiquement, rien ne l’empêchait d’essayer. Il s’était à plusieurs reprises engagé à la suivre dans l’apprentissage de son pouvoir. Mais ce n’était pas si simple. Combien de fois ces dernières années avait-il regretté de ne pas avoir l’esprit froid et méthodique d’une machine, jouant son rôle sans se poser de questions, ne tenant compte dans son algorithme que des entrées nécessaires et suffisantes au traitement qu’on lui avait demandé. Et si des données manquaient ou au contraire surabondaient – pour autant que cela pouvait avoir de sens – au mieux elle s’en moquait, et au pire recrachait le tout avec un joli message d’erreur, façon courtoise de signaler à l’être humain qu’elle n’en avait rien à faire de ses âneries et qu’elle ferait son travail quand on daignerait le lui demander de la bonne façon. Oh combien il regrettait parfois de ne pouvoir fonctionner comme cela ! Et ce soir, alors qu’il n’avait qu’un simple geste à faire, il sentait son esprit menacer de s’effondrer à nouveau sous un flot de souvenirs, d’hypothèses et de raisonnements qui finiraient inexorablement par le faire partir en vrille. Tout cela parce que ce geste, si anodin, lui en rappelait un autre. Comme la première fois, en face de lui, celle qui comptait plus que sa propre existence. Et il lui fallait volontairement reproduire le phénomène qu’il abhorrait depuis ce jour-là.

Il savait ce qu’il devait faire. Il savait qu’il le pouvait. Il ne voyait rien, n’imaginait rien qui puisse clocher ici, dans l’appartement d’Emma. Pas plus qu’il n’avait imaginé, ce jour maudit, qu’il puisse perdre le contrôle de la voiture. Une goutte de sueur perla lentement sur sa tempe, tandis qu’il essayait tant bien que mal de masquer sa détresse derrière un sourire crispé. William avança à son tour sa main en direction de celle d’Emma, la laissant glisser sur la table de façon à, il l’espérait, atténuer un tremblement parfaitement perceptible. Il fallait qu’il se calme ! Impérativement. De toute façon son choix était fait. Il n’avait pas à craindre que son pouvoir s’active, puisque de toute façon c’était le but recherché. Seules les conséquences l’inquiétaient. Comme il le faisait à chaque fois qu’il voulait reprendre le contrôle, il se mit à inspirer profondément. Peu à peu, ses doigts ne refirent qu’un avec sa paume et, lentement, son mouvement l’amena au contact de la peau fraiche d’Emma. Et… rien ne se produisit.

Curieusement, il ne fut pas surpris. Avec ce fichu pouvoir qui n’en faisait qu’à sa tête en se déclenchant quand il ne le fallait pas, il ne pouvait espérer que cela fonctionne au moment voulu, et ce d’autant plus qu’il devait bien reconnaître qu’il n’y avait pas mis énormément de conviction. William inspira à nouveau. Après tout, le plus difficile était fait. Fermant les yeux, il essaya d’activer sa mutation. Sans plus de succès. Perdu, il sentait sa tension augmenter à nouveau seconde après seconde. Nouvel essai. Nouvel échec. Quelque chose n’allait pas, mais il n’avait aucune idée de ce que cela pouvait être. Quoi que… si. Peut-être. Il était évident que par rapport aux rares occasions où il avait réussi, il était beaucoup plus nerveux. Trop nerveux. Il essaya de se calmer, de trouver quelque part, au fond de lui, un peu de sérénité. Rien n’y fit.

William ouvrit alors les yeux, prêt à avouer son inaptitude, et son regard se posa sur celui d’Emma. Soudain, il sut où trouver cet ilot de paix dont il avait besoin. Où chercher la réponse… Il oublia tout, repoussa tout, sauf ce regard. L’univers bascula. Bleu. Un plongeon interminable dans un océan merveilleux. Il se laissa entrainer, passif et fasciné. Autour de lui, des voiles colorés s’étaient mis à danser, certains plus intenses que d’autres, Il avait déjà vécu cela. Souvent, dans ce monde irréel et transitoire généré par son pouvoir ou par son imagination sous l’effet de celui-ci – il n’en savait rien à vrai dire – les émotions se matérialisaient ainsi. Il savait également qu’il ne pouvait soulever qu’un seul de ces voiles, le plus vif, qui venait toujours virevolter près de lui. Peut-être, plus tard, s’il parvenait à maîtriser son don, parviendrait-il à atteindre les autres. Cela faisait partie des questions sans réponses. Il tendit la main vers le tourbillon orangé qui s’était mis à le narguer. Ce petit jeu faisait partie du rituel, mais invariablement le voile finissait par l’envelopper, lui révélant son secret et mettant fin à la magie. William sortait alors de sa torpeur, imprégné de l’émotion ou du sentiment le plus fort de la personne. Cette fois-ci ne semblait pas déroger à la règle. Le nuage papillonna gentiment, puis s’approcha, s’enroulant autour de la main tendue. C’était… doux.

Mais avant que William n’ait pu en connaître réellement la teneur, le voile orange lui fut brutalement arraché, au point qu’il en ressentit presque de la douleur. Une brume grisâtre, dense, s’était soudain abattue et se dressait entre eux. Un instant, plus rien ne bougea. C’était la première fois qu’un tel phénomène se produisait. Puis, comme si elle avait suffisamment attendu, la brume se jeta sur lui.

Emma. Là, devant lui. Il était calme. Si calme. Et pourtant… une larme coula le long de sa joue. Il ne savait pas pourquoi. Il ne savait jamais, pourquoi. Il n’avait pas la possibilité de connaître l’origine des émotions. Il les ressentait, seulement, au plus profond de lui. Depuis quelques temps, il arrivait à savoir que ce n’était pas les réellement les siennes, et déjà cela lui permettait un peu de relativiser les choses. Mais même ainsi, il les prenait toujours de plein fouet, surtout quand elles étaient intenses. Et là… il avait du mal à s’en remettre, d’autant plus qu’il ne comprenait pas. Une immense surprise devait se lire dans ses yeux. Pourquoi ? Pourquoi Emma ressentait-elle cela ?

S’il avait pu se souvenir de ce qu’il avait commencé à percevoir dans le premier voile, il aurait sûrement imaginé l’état d’esprit de la jeune femme plus proche de cela. Mais cette sensation-là s’était perdue à jamais, et de toute façon cela l’aurait sans doute perturbé encore plus. Seule lui restait l’unique émotion, la plus forte… une immense tristesse.

Pour Emma, deux secondes s’étaient écoulées, durant lesquelles William s’était comme figé. Pas rigide, mais plutôt inerte. Il ne s’écroulait pas. Il restait simplement immobile. Pour lui, cela semblait toujours avoir duré beaucoup plus longtemps. Il lui avait fallu, les premières fois où il avait chronométré le phénomène, revérifier le bon fonctionnement de sa montre pour se persuader de son erreur.

Sa main toujours posée sur celle d’Emma, il regardait la jeune femme comme si quelque chose lui avait échappé. Il n’arrivait toujours pas à comprendre comment il avait pu passer à côté de ça. Il avait conscience qu’il n’était pas très doué pour tout ce qui touchait aux relations humaines, mais qu’elle ait pu lui cacher une peine pareille le dépassait. Il bataillait pour essayer d’évacuer cette émotion de son esprit. Il savait qu’elle n’était pas sienne, mais les effets sur le moment étaient les mêmes. Le seul avantage était que, en général, une fois débarrassé de l’émotion parasite, elle ne revenait pas. Seulement, cette fois-ci, cela l’avait touché plus que d’habitude. Touché profondément. Il n’arrivait pas à la chasser comme si de rien n’était.

Déjà fort peu doué pour communiquer en temps normal, il dut faire un effort considérable pour se décider à parler. Le résultat ne fut pas brillant. Un amalgame balbutiant de mots énoncés d’une voix cassée.

« Je… ne comprends pas. Qu’est-ce qui… Pourquoi ? »

Son esprit se raccrochait tant bien que mal à l’idée qu’au moins aucune catastrophe ne s’était produite. Rien d’irréversible en tout cas. Mais William avait bien du mal, à l’aune de son cœur retourné par ce qu’il avait perçu, à considérer ce qui s’était passé comme un résultat positif.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Jeu 5 Avr - 12:23

C’était peut-être prétentieux mais Emma ne se sentait pas en danger vis-à-vis du pouvoir de William. Qu’est-ce qu’il pouvait bien lui faire ? Dans le pire des cas elle aurait des ressentis qui n’était pas à elle mais cela ne durerait pas, un moment où à un autre elle comprendrait que ce qu’elle ressent n’est pas vraiment réel. Et, à ce moment-là, elle n’aurait plus qu’à reprendre le dessus. Elle ne savait pas si William avait plus peur d’utiliser son pouvoir pour ce qu’il était capable de faire, ou pour les conséquences que pouvait avoir une légère absence selon la situation dans laquelle il se trouvait. Dans le deuxième cas, ne suffisait-il pas de s’exercer dans un endroit et à un moment où personne ne risquait rien d’autre que de recevoir ou donner ses sentiments à l’autre ?

Il y avait des choses dont elle se souvenait très bien durant son apprentissage mais l’essentiel était déjà tellement loin qu’elle n’en avait que de vague souvenir. C’est toujours les mauvais moments que l’on garde en mémoire mais, en fouillant bien, même durant son apprentissage elle avait bien du avoir des situations qu’elle avait trouvées bien sur le moment. Les choses ne venaient malheureusement pas de manière innée et si elle était certaine d’une chose c’est que la crainte d’un pouvoir ne pouvait s’arranger que de deux façon : la première consistait à s’entraîner pour une meilleure maîtrise. La seconde, était d’aller régulièrement faire une demande d’anti-mutation. Chose que, bien évidemment, elle était la première à dénigrer et à ne pas conseiller. Frost n’était pas chez les damnés pour rien, elle partait d’un principe qu’ils étaient l’évolution et qu’aller à l’encontre de cette mutation n’était vraiment pas la bonne solution.

Elle en arriva à se poser une question : est-ce que William était au courant qu’il existait un soi-disant « remède » ? Il avait l’air de se tenir assez informer d’un tas de chose et, en même temps, il était tellement reculer de la réalité qu’elle n’était pas certaine qu’il puisse avoir été au courant de ce « vaccin ». S’il était au courant alors elle admirait le fait qu’il puisse détester son pouvoir, en avoir peur et, pourtant, ne pas chercher à s’en débarrasser. Bien des gens auraient passé l’éponge en choisissant ce soit disant remède miracle. Et si il n’était pas au courant de son existence c’est que, quelque part, il n’avait pas poussé de grandes recherche pour essayer de se débarrasser de son pouvoir. Ah moins qu’il ait gardé son pouvoir, qu’il considérait comme une malédiction, comme une sorte de punition à s’infliger à lui-même pour ce qu’il avait fait malgré lui. Une dernière option qui, finalement, lui semblait possible.

Après tout qui n’était pas passé par cette phase obligatoire chez les mutants – comme il est obligatoire de passer par la crise d’adolescent - où l’on estime que son propre pouvoir est une malédiction ? Elle y était passée… Il y fort longtemps, cela dit. Elle n’était pas certaine, non plus, que le fait que le statut de mutant soit connu de tous était une chance pour les générations qui venaient. Elle s’était découverte mutante alors que cela n’existait pas dans l’esprit des gens. Bien sûr elle devait le cacher mais un écart n’amenait pas les gens à la traiter de mutante directement, ça ne pouvait même pas leur traverser l’esprit à cette époque. Au pire, elle était une sorcière – ce qui n’était pas forcément bien vu, non plus – mais pas plus. Aujourd’hui, une porte qui se ferme à cause du vent dans une salle de court et plus de trois quart des élèves penseront qu’un mutant télépathe est parmi eux. Vraiment, en y réfléchissant, c’était sûrement plus facile à son époque. Enfin c’était tellement différent que c’est difficilement comparable.
Bien que William possède son pouvoir depuis un petit moment, il n’en restait qu’au début de son apprentissage. Comme si il s’était toujours forcer à garder cette partie de lui hors de sa vie. Alors, naturellement, Emma essayait, par de petites phrases de lui expliquer ce qu’il pouvait faire de son pouvoir. Après tout, ça pouvait avoir une utilisation parfaitement anodine. Avec un pouvoir comme le sien, lui aussi aurait pu faire un très bon psy, savoir ce que ressentent les gens pouvait être plus qu’utile dans cette branche de métier. Et, pour le coup, elle savait de quoi elle parlait. Mais sans aller dans cet extrême, elle se contenta de lui donner des exemples plus simples – et anodins – à son pouvoir, comme cette histoire concernant les macarons.

Par contre elle fut loin d’imaginer l’impact qu’elle avait pu avoir en lui parlant de sa propre mutation ou des problèmes éventuels qu’elle pouvait rencontrer. En fait, elle ne se rendait même pas compte, elle-même, de l’importance de ce qu’elle lui disait. A aucun moment elle ne pensa qu’il était dangereux de lui dire telle ou telle chose, qu’il était capable de sortir de cet appartement et de divulguer ces informations au premier journaliste venu. Elle aura dû y songer, bien évidemment mais elle en avait été incapable. Impossible pour elle de comprendre, à ce moment-là, la confiance qu’elle lui accordait. Les choses se faisaient de manière naturelles, c’était probablement le plus dangereux. Cesser d’être sur ses gardes ne lui avait pas toujours réussi. Mais cette réflexion lui viendrait peut-être plus tard, quand elle serait seule pour réfléchir à ce qu’elle avait pu dire, sans être capable d’imaginer la réaction qu’elle pourrait avoir en se rendant compte de son imprudence.

Et c’est sûrement par cette confiance qu’elle mettait en lui qu’elle avait voulu jouer franc-jeu en lui disant que si elle devait l’entraîner, elle ne serait pas forcément fair-play. Ce n’était pas une menace mais elle n’avait jamais eu tendance à faire les choses en arrondissant les angles. Ce n’est pas de cette manière qu’elle avait appris et, du coup, elle pensait qu’arrondir les angles n’était pas la meilleure façon de faire. Une raison de plus qui lui avait fait trouver le chemin de la sortie quand elle était prof à l’institut Xavier. Bien sûr elle ne pouvait pas lui dire les différents plans d’attaque qu’elle pouvait avoir étant donné qu’en plus de gâcher l’effet de surprise, il pourrait revenir sur sa décision.

Si il lui paraissait perdu dans ses pensées, elle ne put s’empêcher de sourire au moment où elle annonça qu’elle pouvait faire quelque chose. C’était trop mignon cette façon dont il avait de la regarder de manière assez curieuse, semblant se demander ce qu’elle pouvait bien lui préparer. En même temps il n’était pas dans sa tête et elle voulait bien comprendre que cela pouvait être paraitre curieux de la voir revenir avec, seulement, un bout de papier pour prouver ses dires. Pourtant, dans son esprit, ce qu’elle avait prévu lui paraissait parfaitement limpide. Elle avait fini par lui tendre la main qui ne trouva pas celle de William tout de suite. Elle s’y attendait. Il avait toujours été méfiant vis-à-vis de son pouvoir – pas forcément d’elle – et elle l’imaginait parfaitement en train de chercher tout ce qui allait, potentiellement, pouvoir créer un problème. Mais qu’est-ce qui pouvait arriver ? Ils étaient tous les deux, assis sur une chaise, au milieu d’un salon sans rien d’autre autour.

Elle laissa sa main vers lui, sans l’enlever, sans montrer le moindre signe d’impatience. Le temps, elle l’avait. Elle ne voulait pas le forcer, elle ne lui demandait même pas de réussir quoique ce soit. C’était un test, juste un test sans la moindre épreuve éliminatoire. Il n’avait pas l’air à son aise, elle aurait pu retirer sa main, ne pas vouloir le brusquer mais elle n’en fit rien. Certes elle ne voulait pas le forcer à quoique ce soit mais si il refusait d’essayer elle voulait juste qu’il le dise. Elle n’avait jamais caché qu’elle ne serait pas la prof arrangeante et compatissante qui annonce qu’on peut reporter un exercice. Si il ne voulait pas, il n’avait que quelques mots à dire et elle comprendrait mais temps que ces mots n’arrivaient pas, elle n’avait pas de raison de le faire pour lui en retirant sa main. Avec quelqu’un d’autre, elle aurait peut-être employé un air de défi qui en stimulait plus d’un à faire le pas. Mais pas avec William, la seule chose qu’elle se permit de faire fut un regard encourageant en essayant de faire comprendre qu’il pouvait reculer à tout moment. Un contact s’en suivit.

Elle n’eut aucune sensation d’« attaque mentale » mais fut surprise de voir Will chercher une nouvelle fois à déclencher son pouvoir. Agréablement surprise. En fait fallait juste qu’il se lance, après il s’accrochait. Elle réprima son envie de sourire pour se concentrer sur lui, de manière à parer une tentative d’approche et pouvoir faire passer ce qu’elle envie et non pas ce qu’elle ressentait réellement. Emma eut une légère pression de la main sur celle de Will, juste de manière à l’encourager de manière muette. Il pouvait le faire, elle n’avait pas de doute là-dessus. Et il n’abandonna pas jusqu’à ce qu’il réussisse.

Il était difficile d’expliquer la sensation qu’elle eut à ce moment-là. Elle n’était même pas certaine qu’il y ait des mots pour expliquer ce qu’elle ressentait mais, elle savait. Elle savait que son pouvoir s’était déclenché, comme une sensation inexplicable qu’on farfouillait dans son esprit, ce qu’elle ressentait. Peut-être que cette sensation aurait été moins présente si elle ne s’y était pas préparer mais vu qu’elle s’y attendait, elle avait cette nette impression qu’il usait de son pouvoir. Ce fut donc à son tour de fermer les yeux et de se concentrer sur cette sensation pour envoyer ce qu’elle avait envie. Elle imaginait déjà que ça serait un jeu d’enfant. Trop confiante en son pouvoir, beaucoup plus de maitrise que William, il n’y avait pas de raison qu’elle puisse échouée.

L’excès de confiance était un problème. Un véritable problème parce qu’elle n’arriva pas à envoyer l’émotion qu’elle voulait. Elle ferma les yeux un peu plus fort se débattant pour effacer ce qu’elle ressentait en envoyer ce qu’elle voulait. Un problème dans le timing, un excès de confiance qui avait laisser à Will le temps d’apercevoir vaguement autre chose avant qu’elle n’ancre réellement cette sensation de tristesse qu’elle voulait faire ressentir. Ce qui la dérangeait le plus c’est qu’elle n’aurait jamais dû avoir ce bug, tout aurait dû fonctionner comme sur des roulettes la ramenant inexorablement au fait qu’elle devait être plus heureuse que ce qu’elle imaginait pour ne pas avoir su effacer ce sentiment afin de faire apparaitre son contraire.

Elle avait fait un mauvais calcul, ne se protégeant pas comme elle aurait dû contre William mais, heureusement, elle avait rattrapé le coup en se raccrochant à l’idée que si elle foirait le test qu’elle-même avait mis en place, comment William pourrait avoir confiance dans sa capacité à se protéger ? Elle ne savait pas si son erreur du début avait été perçue, du coup, elle ouvrit de nouveau les yeux pour poser son regard sur William. Son cœur se stoppa. Hurla. Puis se remit à battre dans un sentiment profond de culpabilité.

Quelques secondes avaient suffis à la faire passer d’un état où elle était fière d’avoir rattraper le coup, d’avoir pu parer le pouvoir de William en lui prouvant ainsi qu’elle était capable de se protéger, à la sensation d’avoir échouée. Elle avait mal calculé son coup, n’avait pas réfléchie aux conséquences de son action et le visage de William lui renvoyait cet échec à une vitesse fulgurante. Non seulement elle avait échouée mais en plus de ça elle lui faisait du mal sans avoir pu le prédire. Peut-être qu’elle aurait dû choisir un autre sentiment en vue de la tête que faisait William. Elle se mordit légèrement la lèvre inférieure. Désolée. Elle était désolée.

« Je… ne comprends pas. Qu’est-ce qui… Pourquoi ? »

Le regard d’Emma était navré, vraiment, elle s’en voulait. Elle n’avait pas pensé à la proportion que pouvait prendre les choses. Elle allait ouvrir la bouche, dire un truc mais n’y arriva même pas. Sans même s’en rendre réellement compte elle se trouva un peu désarmé face à ce William qui ne comprenait pas. PAPIER. Cette pensée lui traversa l’esprit comme une réponse pouvant aider les choses. Elle secoua la tête dans le but de se réveillé, laissant ses doigts s’échapper de ceux de William pour attraper le papier qu’elle avait pris un peu plus tôt. Le dépliant, elle le déposa de manière à ce que William puisse lire le mot « tristesse » dessus. C’est seulement là qu’elle retrouva l’usage de la parole pour donner des explications.

« Je… Euh… Je suis désolée, c’était le seule sentiment que j’étais certaine de ne pas ressentir. J’ai pensé que c’était un bon test pour te montrer que je pouvais te faire voir autre chose mais… »

Mais quoi ? Elle n’avait pas pensé qu’il pouvait être assez attaché pour réagir de cette manière ? La réponse était non, elle n’avait pas été si loin dans son raisonnement. Ca la dépassait complètement, c’était nouveau, elle n’allait jamais aussi loin dans le raisonnement que peut suivre une autre personne. Il n’y en avait, de toute façon, toujours eut que pour elle et rien qu’elle. Emma ne s’était jamais amusée à se soucier des autres, pas depuis qu’elle avait appris que cela pouvait provoquer une douleur que plus jamais elle ne voulait voir apparaitre de nouveau. Plus jamais elle ne voulait vivre ça, elle se l’était promis, jurer. La douleur que procurait l’attachement à des personnes qui finissaient pas disparaitre était insupportable alors elle n’avait toujours vu que par elle pour s’épargner de revivre ça un jour. Ne pas s’attarder sur ce que peuvent penser les gens, ne pas réfléchir plus loin lui permettait un certain détachement alors, non, elle n’avait pas réfléchie aux conséquences que cela aurait pu avoir sur William.

En réalité, elle s’était juste imaginé qu’il sentirait sa tristesse, qu’il lui demanderait peut-être ce qu’il y avait et qu’elle lui aurait sortie un sourire victorieux en lui annonçant qu’elle l’avait bien eut. Parce que, dans le fond, elle avait pensé que c’était sans conséquence. Après tout c’était juste une sensation, un sentiment, il n’y avait pas de raison de le prendre d’une autre manière qu’un simple test. Mais là, elle comprenait l’ampleur de ce qu’elle pouvait représenter pour William comme si c’était lui qui s’en voulait de ne pas avoir compris qu’elle était triste, comme si c’est lui qui avait loupé quelque chose. Face à William et à la tête qu’il faisait, elle n’arriva pas à se sentir victorieuse, d’aucune manière que soit. Au contraire, elle n'avait pas réfléchie, pas assez et…

« … Je suis désolée. »

Emma qui, d’une certaine manière calculait tout, envisageait la meilleure option pour être vu de la meilleure façon qu’il soit aurait pu passer un tas d’idée en revue pour rattraper le coup. Un tas de possibilités auraient pu s’offrir à elle en réfléchissant un peu mais son cerveau se stoppa refusant de réfléchir à la moindre option. De toute façon elle était incapable de raisonner jusqu’au bout. Honnêtement elle ne sut pas vraiment ce qui lui passa par la tête pour la suite des évènements.

Elle sentit son corps se lever de la chaise, de luis même comme si il avait décidé de ne répondre à aucune ordre qu’elle aurait pu lui imposer. La seconde d’après elle avait rejoint William de son côté de la table pour l’inviter à se relever en lui tendant la main. Rien n’était préparer, elle n’avait aucune idée derrière la tête, agissant avec cette impression de ne plus être maitresse de ses gestes, peut-être que parce que, pour une fois, elle ne réfléchissait pas avant d’agir. Elle ne se posait pas cinquante questions en se demandant si c’était mieux de faire d’une manière ou d’une autre. C’était étrange comme sensation mais elle n’avait pas vraiment le temps de s’en préoccuper que déjà, elle avait amener ses lèvres près de l’oreille à William.

« Promis, je ne triche plus. »

Quelques mots, à peine murmurer avant qu’elle ne mène ses lèvres jusqu’à celles de William pour l’embrasser. Geste irréfléchi, imprévu et étrangement naturel en s’interdisant tout blocage ou toutes pensées parasites. Elle ne trichait plus, se rendant d’une certaine façon plus vulnérable qu’elle n’aurait voulu. Il n’y avait que lui, qu’elle et les pensées et ressentis qui allait avec. Jamais Emma n’aurait pu faire plus sincère. Seul comptait dans ses ressentis, ce moment présent qu’elle partageait avec lui. Plus aucune trace de tristesse, plus rien de négatif. Juste ce moment où toutes ses craintes s’étaient envolées et où il ne restait que cette plénitude et cette joie qu’elle ne pouvait nommer par des mots. Peut-être que ce moment était amplifié. Peut-être pas. Elle s’en fichait parce que amplifié ou non c’était ce qu’elle ressentait, qu’est-ce qui pouvait avoir plus d’importance.

En tout temps, tout lieu, chaque embrassade qu’elle avait pu donner ou recevoir avait été scrupuleusement réfléchie, sans même en donner l’impression. Chaque fois ça avait eu un but, qu’il soit important ou juste pour flatter son égo et lui prouver qu’elle pouvait avoir qui elle voulait, quand elle le voulait. Jamais cette action, même si elle en avait l’air, n’avait été spontanée et même quand ça venait d’une autre personne, c’est parce qu’il y avait eu manipulations – aussi diverses que variées – pour en arriver à ce moment-là. Ne jamais embrasser sur un coup de tête, sur une envie ou pour quelques raisons qui soient qui ne soient pas réfléchie avant. Un mode de vie qui lui assurait de toujours avoir le contrôle. Parce qu’il s’agissait toujours de ça avec Emma, de contrôle et de pouvoir.

Un mode de vie qui s’étalait sur plusieurs décennies, plusieurs centaines d’année. Un mode de vie qui n’avait eu besoin que d’une fraction de seconde pour s’écrouler comme un château de cartes. Premier acte irréfléchi et spontanée qu’elle ne se serait jamais permit, son corps n’aurait jamais eu le droit de franchir ce cap car son esprit aurait déjà fait blocus. William avait ce pouvoir insoupçonné de baisser toutes ses défenses, toutes ses barrières qu’elle avait bâties au fil du temps. En avait-il seulement conscience ?

Elle s’abandonna sans avoir aucune idée du temps que ça dura. Une seconde. Une éternité. Peu importe le temps n’avait pas voix au chapitre. Mais elle finit par se reculer légèrement, un sourire encore jamais vu sur les lèvres, sans vraiment être certaine qu’elle avait déjà été aussi bien dans sa vie bien remplie.

« Je suis loin d’être triste. Vraiment. »

Ce n’est que là que son esprit daigna lui expliquer ce qu’elle venait de faire, lui donnant l’impression de n’avoir jamais vécue avant ça dans le sens où tout ce qu’elle s’était construit avait pu être balayé d’une manière surprenante. Elle avait beau chercher à se rassurer en se disant que cette action n’était pas de sa seule faute, qu’elle y avait été poussée à l’aide du pouvoir de William mais, elle devait bien se rendre à l’évidence : le pouvoir de William n’avait rien à voir dans cette histoire. C’était elle et juste elle. Enfin, ce n’était pas tout à fait vrai, William avait sa part de responsabilité. Il était coupable d’être ce qu’il était, d’être lui. Mais, malheureusement, ce seul crime n’était pas condamnable, bien au comprendre.

Elle pouvait se donner toutes les excuses du monde, des plus logiques aux plus improbables, mais le fait était qu’elle tenait à lui d’une manière qu’elle n’avait pas mesurée. Qu’elle avait tendance à fuir ce genre de situation ne rentrait même plus en ligne de compte à ce moment précis parce qu’elle n’avait pas la moindre envie – ni la volonté – de le fuir. A une époque, elle n’avait pas comprise Sélène et son idylle avec Mathias. Les choses devenaient bien plus claires maintenant. Finalement, les choses ne se décidaient pas, ne se fuyaient pas, elles se vivaient sans être raisonnable, sans penser aux conséquences néfastes que cela pouvait avoir.

S’était son tour, sans vraiment comprendre ce qu’elle avait pu faire pour mériter quelqu’un comme lui, sans comprendre comment elle en était arrivée là. Emma avait cette sensation étrange que tout venait de changer sans vraiment pouvoir l’expliquer comme si c’était elle qui s’ouvrait de manière à voir les choses différemment. On pourrait penser que quand les gens se ferment à quelque chose pendant longtemps – et dans son cas à elle, on parle de vraiment longtemps – et s’ouvrent tout d’un coup, ils regretteraient de ne pas l’avoir fait plus tôt parce que, finalement, ce n’est pas mauvais de s’ouvrir un peu. Mais aucun regret ne fit son apparition comme si, quoiqu’il arrive, il n’y avait pu avoir que William pour qu’elle décide enfin d’abaisser ses barrières.

Un éclat de rire s’échappa de sa bouche, et elle en fut la première étonnée si bien qu’elle mit rapidement une main devant sa bouche, pendant que ses joues viraient légèrement au rouge alors que ses yeux étaient presque ronds sous le coup de la surprise. Réagir de manière spontanée lui était tellement nouveau qu’elle était la première à s’en étonnée ce qui se traduisait par cette légère gène qui, finalement, n’était pas vraiment dérangeante.

« Bon, d’accord. A la limite tu peux considérer que je suis folle de rire sans raison apparente mais je t’interdis de penser que je suis triste. »

Les raisons de ce rire n’étaient peut-être pas apparentes mais elles n’étaient pas non plus inexistante. Et, un instant elle se demanda si ce n’était pas ça d’être heureuse. Enfin, vraiment heureuse, sans avoir besoin de le simuler !
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 16 Mai - 22:15

Si William avait été télépathe, peut-être aurait-il pu percevoir l’interrogation d’Emma au sujet du produit démutant. Mais non. Son pouvoir ne le lui permettait pas. Il n’avait pas accès au pourquoi des choses, à leurs origines, à ce qui motivait les sentiments. Il ne pouvait que ressentir, puis essayer de comprendre. Donc il ne savait rien de ce qu’avait pensé Emma. Rien des différentes options auxquelles elle avait songé. Pourtant elle n’était pas tombée loin. Il était effectivement au courant de l’existence de ce produit, de ce « vaccin » puisque beaucoup l’appelaient ainsi. Quant à savoir pourquoi il n’y avait pas fait appel… les raisons s’entremêlaient sans que lui-même n’arrive vraiment à savoir laquelle était la principale.

A moins d’être stupide, il était évident qu’aller se faire démuter revenait à se coller une étiquette « je suis un mutant » sur le front. Et cela, il n’y tenait pas vraiment. Sa vie était déjà suffisamment compliquée comme cela, sans que les autorités y mettent leur nez. Il tenait à son petit anonymat. Il ne connaissait personne, personne ne le connaissait vraiment, et il n’était pas utile que le passé remonte à la surface par l’entremise d’un fonctionnaire un peu trop zélé qui aurait été tenté de faire le lien entre son pouvoir et l’accident qui avait coûté la vie à Myriam. Oui, la peur était une des raisons.

Et puis quelque chose clochait avec ce produit. Ou plutôt, avec son principe. William avait beau considérer sa mutation comme une malédiction, il n’arrivait pas à la voir comme une maladie. S’il était à sa portée de tout donner pour quelque chose, ce serait pour remonter le temps… pour contrôler son pouvoir… pas pour en être débarrassé, ou « guéri ». Après tout, cette possibilité qu’il avait en lui n’était pas néfaste en elle-même. C’était lui qui ne savait pas la contrôler. Il avait l’impression que si mère nature – que pourtant il ne portait pas vraiment en son cœur – avait décidé de faire « évoluer l’espèce » comme se plaisaient à l’affirmer les pro-mutants les plus acharnés, chercher à aller à son encontre n’était pas la meilleure solution. Mais chaque fois qu’il repensait à cela, il ne savait jamais si ce n’était pas de la lâcheté. Et de toute façon, en ce qui le concernait, il s’en moquait un peu. Car pour lui, c’était trop tard. Trop tard pour être débarrassé de son pouvoir. Car il savait pertinemment que pendant ces dernières années c’était la seule chose qui l’avait forcé à vivre.

Car pour lui, il n’y avait que deux possibilités. Soit sa mutation avait un sens, soit elle n’en avait pas. Dans le premier cas, ce qui s’était passé sur cette funèbre autoroute ne s’expliquait que par son manque de prudence, de connaissance de lui-même, et pour que cela ne se soit pas produit en vain il devait poursuivre sa quête de compréhension pour pouvoir un jour, pour autant que cela pouvait avoir de sens, se rattraper et se pardonner un peu à lui-même car personne d’autre ne pouvait le faire. Le second cas… il y avait pensé régulièrement… il ne pouvait l’écarter… seulement le noyer dans le whisky quand il n’était plus certain de pouvoir y faire face. Car si sa mutation n’était que le résultat d’une loterie inhumaine, qu’elle ne justifiait pas son existence et le mal qu’il avait fait avec autrement que par un simple jeu de chromosomes, alors rien n’avait de sens. Et rien ne l’aurait plus empêché de mettre fin à cette histoire absurde.

Il ne pouvait donc pas vraiment se vanter d’avoir lutté contre l’envie de faire appel au fameux vaccin. En fait, y faire appel l’aurait certainement conduit plus sûrement que tout autre chose à se jeter par la première fenêtre venue. Du moins jusqu’à cette escapade devant les bureaux de la Frost International. A partir de ce moment là, nombre de ses repères s’étaient évanouis dans une nébuleuse blanche qui n’avait eu de cesse de faire s’écrouler tous les beaux raisonnements qui fondaient son existence. Mais si William remettait en question beaucoup de choses, envisager de se faire démuter n’en faisait pas partie. Sinon, il n’aurait pas été là, ce soir, à tenter d’activer son pouvoir comme le lui avait suggéré Emma.

Elle lui avait laissé le temps. Tout le temps qu’il lui avait fallu. Il avait craint pendant un moment de ne pas y arriver. William était très loin de maitriser son pouvoir. Il avait certes fait de progrès lors de ses petits entrainements solitaires, mais les conditions n’étaient pas les mêmes. Absolument pas. La crainte de voir le passé se répéter le paralysait. Emma lui avait assuré pouvoir se protéger de lui, et ce petit jeu qu’elle lui avait proposé était sensé le lui prouver. Il ne savait pas à quoi elle voulait en venir, mais il avait accepté de s’y prêter. Reculer n’aurait pas eu de sens. Et puis de toute façon, il devait bien reconnaitre qu’à la demande d’Emma il accepterait d’aller bien au-delà du raisonnable. C’était… étrange. Il se sentait capable d’outrepasser pour elle toutes les limites qu’il s’était fixées, de s’engager dans des voies qu’il avait jugées jusqu’à présent interdites. Il savait qu’à un moment où à un autre il allait perdre le contrôle de la situation. Il l’acceptait. Pas aveuglément, ce qui aurait pourtant tout expliqué. Dans ce cas, il n’aurait plus dû ressentir ses éternelles craintes tapies au fond de son esprit, prêtes à ressurgir à la moindre occasion. Si avait été animé uniquement par ce qu’il ressentait pour elle, alors la folie l’aurait emporté sur le reste. Or il savait qu’il avait le choix, il le sentait. Etrange. S’il acceptait de la suivre, c’était parce que cette relation qui se tissait lentement entre eux semblait réciproque… parce qu’Emma ne ferait rien, ne lui demanderait rien qui pourrait lui nuire… parce qu’elle l’aimait. Oui, étrange.

Alors il avait essayé, échoué, essayé à nouveau. Elle l’avait attendu, soutenu silencieusement. Il avait failli renoncer, avant de trouver dans le regard d’Emma l’assurance qui lui faisait défaut. En un sens, il avait réussi. Excepté qu’à présent il ne comprenait plus rien. Il savait que ce qu’il ressentait ne venait pas de lui, car il avait appris à distinguer à peu près ses propres émotions et celles qu’il captait. Pourtant il aurait préféré ne pas savoir, croire que son esprit faisait remonter à la surface de vieux souvenirs qui auraient pu être la cause de cette immense tristesse. Cela n’aurait pas été la première fois. Mais il était parfaitement conscient que ce n’était pas le cas, et cela ne faisait que renforcer la douleur que ce sentiment faisait germer en lui.

Pourtant, s’il avait été capable de réfléchir un peu, il aurait eu une chance de deviner que ce n’était sans doute que le résultat du petit test qu’avait proposé Emma. Mais la crainte que ce qu’il venait de percevoir soit réellement ce qu’elle ressentait au cours de cette soirée obscurcissait son jugement. Perdu, il cherchait désespérément à trouver une explication à ce qu’il croyait être l’état d’esprit de la jeune femme, et surtout à comprendre comment il avait pu ne pas s’en rendre compte avant, naturellement, comme toute personne se pensant proche d’elle aurait dû le faire.

Ne réussissant qu’à balbutier quelques mots illustrant son incompréhension, William ne la quittait pas du regard, tentant de percevoir dans la moindre des attitudes d’Emma une bribe d’explication. Mais tout ce qu’il voyait ne lui apportait aucune réponse. Elle paraissait tellement navrée ! Cela ne fit que conforter en lui l’idée fausse qu’il avait touché juste. Il ne savait plus comment réagir… que dire… que faire… que penser. Ce fut elle qui brisa le contact de leurs mains, et il ne broncha pas, incapable de sortir de cette stupeur qui l’avait envahi. Emma déplia devant lui le papier sur lequel elle avait écrit quelques instants auparavant. Il s’en moquait de ce fichu papier ! Quel rapport pouvait-il avoir avec tout cela ? Il n’arrivait toujours pas à décrocher son regard d’elle, obsédé comme le serait quelqu’un qui chercherait à distinguer quelque chose à travers le brouillard et craignant de le manquer dès qu’il détournerait les yeux.

« Je… Euh… Je suis désolée, c’était le seule sentiment que j’étais certaine de ne pas ressentir. J’ai pensé que c’était un bon test pour te montrer que je pouvais te faire voir autre chose mais… »

Le regard de William se voila un instant, comme si la voix d’Emma le ramenait à la réalité. Il l’avait entendue, mais ses mots ne l’avaient pas atteint. Pas encore. Pendant une seconde, il se demanda de quoi elle parlait, puis il arriva enfin à détourner les yeux et lu l’unique mot inscrit sur le papier. Tristesse. C’était bien cela. Exactement cela. Quelques lettres, simples traces sur une vulgaire feuille… mais qu’elles prenaient de sens à ce moment là !

« … Je suis désolée. »

Que disait-elle ? L’esprit chamboulé de William commençait à s’apaiser, et les paroles d’Emma lui revenaient comme si quelque chose en lui voulait lui signaler qu’il n’avait pas compris quelque chose, encore une fois. Il la vit se lever, venir vers lui, tendre la main… Mécaniquement, il se leva et s’approcha d’elle, répondant instinctivement à son invitation. Dans le même temps des concepts s’assemblaient dans sa tête. Un test ? Le seul sentiment qu’elle était certaine de ne pas ressentir ? Un morceau de papier ? Quel avait été le but de tout cela, à la base ? Lui prouver qu’elle ne risquait rien de lui, qu’il ne pouvait l’atteindre ? Un murmure…

« Promis, je ne triche plus. »

Tricher ? Jamais elle ne l’avait fait. Peu à peu ses pensées s’éclaircissaient, ou du moins revenaient à une certaine réalité. Comment avait-il pu ne pas deviner sur quel principe elle avait bâti ce petit jeu ? A posteriori, c’était tellement évident ! Elle lui avait donné toutes les cartes, et il n’avait rien compris. Il aurait dû être soulagé de savoir que ce qu’il avait ressenti n’était qu’une illusion, mais quelque chose en lui refusait de l’admettre.

* Elle se moque de toi. C’est facile de prétendre qu’elle t’a leurré, vu que tu n’as aucun moyen de le savoir ! *
* C’est absurde ! *
* Tu as senti. C’était bien réel, pas du cinéma. Trop fort pour être juste simulé. *
* Pourtant elle l’avait prévu. Par écrit ! *
* Crétin. Elle est bien placée pour savoir ce qu’elle ressent ! *
* Mais… pourquoi alors ? *
* Je n’en sais rien ! Peut-être juste pour te faire croire qu’elle ne craint rien de toi. En tout cas c’est du pipeau ! *


Finalement, avait-elle bien triché ? Cette tristesse était-elle réellement tapie en elle ? Elle venait de lui dire que non, qu’elle ressentait tout sauf cela. Il devait la croire. Il voulait la croire. Mais il n’arrivait pas à chasser définitivement de son esprit ce qu’il avait perçu. Il sentait Emma, si proche de lui. Il suffirait d’un à William geste pour réitérer l’expérience. Pénétrer à nouveau l’esprit de la jeune femme, et y trouver la réponse qu’il cherchait ! Il pouvait le refaire, là, maintenant. Le savait-elle ? Il ne se souvenait plus s’il le lui avait dit. Enchainer les activations de son pouvoir le fatiguait, mais il y arrivait. La tentation était si forte !

* Cela ne prouvera rien. *
* Je saurais ! *
* Rien du tout. Quoi que tu trouves, tu ne pourras pas être certain que ce soit la réalité. *
* Elle m’a promis de ne plus tricher. *
* Et tu la crois ? Dans ce cas, tu n’as pas besoin de ça. Elle t’a dit que c’était faux. *
* J’ai besoin d’être sûr. *
* Tu ne le seras pas. Jamais de cette manière. *


Il ne bougea pas. Elle oui. Il savait ce qu’elle allait faire, et pour la première fois de sa vie il attendait cet instant, sans appréhensions. Il en ressentait le besoin, d’une façon qu’il n’arrivait pas à s’expliquer. Au moment où elle posa ses lèvres sur les siennes, toute idée de profiter d’un contact quelconque pour explorer l’esprit d’Emma avait disparu. Il avait sa réponse. Il ne savait pas comment, ni pourquoi. C’était juste… une évidence. Il y avait quelque chose de différent. Peut-être dans l’attitude d’Emma. Peut-être en lui-même. Cela n’avait pas d’importance. Seul comptait le fait qu’il était certain de ne pas se tromper.

Il avait confiance en Emma, depuis qu’il l’avait rencontrée. Il savait qu’elle lui cachait bien des choses. Cela ne le gênait pas. Au début, il aurait même peut-être été prêt à affirmer que cela contribuait à cette sorte de fascination qu’il éprouvait envers elle. Mais plus il apprenait à la connaitre, plus il se rendait compte que c’était totalement faux. Il était attiré par elle, pas par le mystère qui l’entourait. Il profita du temps que dura ce baiser, de la façon dont il troublait ses sens et son esprit. Il profita de la proximité d’Emma, de sa présence. Il profita de tout. Insatiablement.

Au moment où elle s’écarta de lui, William sembla reprendre conscience de la réalité. Il voyait son visage, il la regardait sourire comme il ne l’avait jamais vue auparavant.

« Je suis loin d’être triste. Vraiment. »

Il avait envie de lui dire qu’il savait, qu’elle n’avait plus à se soucier de cela. Mais comme à chaque fois qu’il avait quelque chose d’important à dire, les mots ne venaient pas. Il fut surpris par l’éclat de rire d’Emma, et s’il en jugeait par l’expression de la jeune femme, il ne fut pas le seul. Ordinairement il aurait relevé ce détail, se demandant s’il était si inhabituel pour elle de se laisser aller ainsi à ce genre de réactions qu’elle en soit amenée à en rougir. Or, étrangement, ce ne fut pas ce qui lui vint à l’esprit. Il se demanda, simplement, combien de personnes l’avaient vu rire ainsi. La question était bête, et il ne cherchait même pas vraiment à y apporter une réponse. C’était surtout une façon qu’il avait de se dire à quel point il était chanceux de faire partie de celles-ci, aussi nombreuses qu’elles soient… ou avaient été.

« Bon, d’accord. A la limite tu peux considérer que je suis folle de rire sans raison apparente mais je t’interdis de penser que je suis triste. »

William sourit, calmement. Les dernières traces de la tristesse qui l’avait assailli s’étaient évanouies. Il se sentait stupide, d’avoir réagi ainsi, de n’avoir pas compris, d’avoir laissé l’incompréhension et le doute l’envahir. Emma avait eut l’air de s’en vouloir terriblement, comme si c’était elle qui avait commis une erreur. Pour William il n’en était évidemment rien. Touché par sa réaction, il se rappela ce qu’elle lui avait dit plus tôt concernant le fait qu’elle risquait de ne pas toujours employer des moyens très « fair play ». Elle avait voulu le mettre en garde, mais il se demanda soudain si au final ces moyens-là ne risquaient pas de lui faire plus de mal à elle qu’à lui. Les relations humaines étaient décidément fort compliquées. William tirait une leçon de ce « test », mais ce n’était peut-être pas celle à laquelle Emma avait voulu en venir.

Elle avait voulu lui montrer qu’elle pouvait se protéger de son pouvoir. C’était bien le cas puisqu’il ne l’avait pas atteinte. Mais une seconde conclusion s’imposait à lui. Il connaissait déjà le côté incontrôlable de son pouvoir, et il venait de découvrir qu’en plus de cela il ne pouvait pas se fier à lui, pas davantage qu’à ses propres sens. D’accord, Emma n’était pas n’importe qui, mais ce nouvel aspect du problème devait être pris en ligne de compte. Cette constatation aurait habituellement conduit William à considérer sa mutation comme encore plus moisie qu’il ne le pensait, et sans doute cela se produirait-il plus tard, quand il aurait l’occasion de repenser à tout cela, seul. Mais pour le moment il n’était plus capable de tenir ce genre de raisonnement. La fatigue le harassait. Pas physiquement. Son système nerveux, guère habitué à gérer une suite de situations comme celles qui s’étaient déroulées depuis qu’il avait passé la porte du Coyote Ugly, commençait à demander grâce. Contre cela il ne pouvait rien. Il se sentait comme un enfant épuisé par tout ce qu’il découvrait. Il prenait conscience, peu à peu, qu’il était passé au travers de la vie pendant longtemps. Il ne le regrettait pas. Il ne le pouvait pas. Il lui suffisait de se dire que si cela n’avait pas été le cas, s’il s’était comporté différemment, il n’aurait sans doute jamais croisé la route d’Emma. Maintenant, il lui fallait simplement rattraper le temps perdu. Or il savait que, avec Emma, le temps était ce qui allait cruellement lui manquer.

Sa main remonta vers le visage d’Emma et, doucement, du bout des doigts, il frôla sa tempe avant de redescendre vers son cou puis de rester en suspend. Son pouce caressa légèrement la joue de la jeune femme, tandis qu’il noyait ses yeux dans l’azur de son regard.

« J’aime ton rire, j’aime te voir rire… je t’aime. »

Il avait marqué une légère hésitation, involontaire. Pas parce qu’il n’était pas sûr de ses sentiments. Simplement parce qu’il n’avait pas l’habitude de les exprimer. Et ces mots là, il ne les avait jamais prononcés. A personne. Mais s’il avait buté sur les mots, sa voix, elle, n’avait pas tremblé. Il n’avait pas eu son élocution hésitante habituelle. Il ne s’en rendit même pas compte. Laissant retomber lentement sa main, il reprit la parole.

« Pour ce qui s’est passé, tu n’as pas à être désolée. Je sais… je sais que ce j’ai perçu était faux. J’aurais dû m’en rendre compte. »

Il ne jugea pas nécessaire de préciser comment il « savait ». De toute façon, il n’en aurait pas été capable. La seule chose évidente - Emma avait bien dû s’en rendre compte puisqu’il n’avait pas sombré dans les quelques secondes de catatonie symptomatiques de l’activation de son pouvoir - était qu’il n’avait pas capté ses pensées.

« La soirée a été… riche en émotions. Je crois que j’ai eu un peu de mal à les gérer. »

La nuit était déjà bien avancée, et William songea qu’il était peut-être temps de laisser Emma profiter des quelques heures qui restaient. En ce qui le concernait, il y avait peu de chances qu’il dorme, à moins qu’il ne s’assomme à coups de somnifères. Il savait que sitôt chez lui, tout allait se mettre à se bousculer dans sa tête. Pour le moment, il s’en moquait. Chaque chose en son temps. Il ne venait même pas à l’esprit de William que la soirée aurait pu se terminer autrement que par une chaste séparation. Etre invité à passer la soirée chez Emma avait déjà été tout à fait imprévu.

« J’ai passé une soirée merveilleuse. Crois-tu que demain… »

Il se remettait à bafouiller. Il ne voulait pas se montrer trop pressant, mais en même temps il n’aspirait qu’à la revoir !

« … ou un autre jour. Enfin… dès que poss… tu le pourras… »

Bon, autant arrêter les frais, il s’était suffisamment pris les pieds dans le tapis pour qu’elle ait compris où il voulait en venir.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Mer 30 Mai - 11:40

Elle avait été désolée parce qu’elle n’avait pas pris en compte l’impact que pouvait avoir le choix de sentiment qu’elle avait décidé de transmettre à William. Un très mauvais choix quand on regardait les effets que cela avait pu avoir sur lui. Elle avait pourtant cherché à lui expliquer, à lui dévoiler le contenu du papier, à lui expliquer que ce n’était pas réel mais toutes ses tentatives semblaient échouées les unes après les autres. Le regard de William était toujours dans le vague comme si il ne percutait pas vraiment ce qu’elle disait. Elle avait un million de possibilités à porter de main pour le faire sortir de cet était qui allait du choc psychique jusqu’au fait de lui faire oublier cette expérience pour recommencer, une autre fois, quand elle aurait pris le temps de mieux réfléchir. Un million de possibilité que lui offrait son pouvoir pour lui faire comprendre, même artificiellement, qu’elle ne se sentait pas triste. Elle aurait pu le forcer à s’en persuader et, pourtant, aucun de ces solutions n’atteignirent son esprit. Elle en avait une autre, plus réelle, plus spontanée.

Elle ignora tout de son conflit intérieur, des doutes qu’il pouvait avoir sur cette « vérité » qu’elle lui avait annoncée. S’amuser à lire ses pensées, à le rassurer sur ce qu’il pensait exactement n’aidait pas à une quelconque confiance. Si elle voulait qu’il ait confiance en elle, elle ne pouvait pas jouer avec ses pouvoirs pour avoir des indices sur la façon de s’y prendre. Tout devait étrangement rester réel et presque normal. C’était nouveau, un peu effrayant parce qu’elle avait l’impression de se lancer dans un truc sans le moindre filet et c’était forcément inquiétant. Mais peu importe, elle devait juste profiter de ce qu’on lui offrait, peu importe le temps que cela pouvait durer. Ne pas avoir de regret pour la suite et prendre ce qu’elle pouvait sur le moment sans se prendre la tête avec des questions.

Ca ne lui traversa même pas l’esprit que William puisse penser qu’elle était vraiment triste et cherchait à lui faire croire le contraire parce que, vraiment, elle n’était pas triste. Même pas un peu. Elle pouvait l’être pour un tas de raison passées, éventuellement, même elle était dans l’incapacité d’y penser alors qu’il était là. Il était comme un bouclier anti-tristesse, tous sentiments néfastes ne pouvaient atteindre Emma tant que William serait là. Non, vraiment, elle ne pouvait pas avoir la moindre idée de ce discours intérieur avec lui-même et heureusement parce qu’elle aurait été capable de s’en sentir vexée. Elle jouait tellement franc jeux que le moindre doute aurait été pris de travers. Vraiment de travers, en réalité. Il y avait certaine chose que, finalement, il valait mieux éviter de savoir.

Elle l’avait embrassé, sans que la moindre tension ne se sente de la part de William. Ça pouvait paraitre stupide pour tout le monde mais c’était une avancée à ne pas négliger pourtant. Ca l’aida, sans trop savoir comment, à être encore plus elle-même par la suite, découvrant quelque chose d’elle qu’elle avait oubliée depuis longtemps. Etre sincère, spontanée et intense dans ce qu’elle vivait, elle avait connue dans les premières années de sa vie. Ce n’était qu’après qu’elle s’était forgée différemment pour être ce qu’elle était aujourd’hui. Mais elle avait été « normale » sans avoir à tout calculer à longueur de temps. Le problème c’est que les premières années de sa vie remontaient à tellement loin qu’elle avait oublié ce que ça pouvait faire, les réactions que ça entrainaient et le bien être que l’on pouvait ressentir par la suite. Tous ces oublis étaient en train de lui revenir en pleine tête, c’était étrange mais tellement agréable.

Les personnes à l’avoir vu réagir ainsi se comptait sur les doigts d’une seule main, et aucune n’étaient encore en vie aujourd’hui tellement ça remontait loin. Elle s’en croyait presque folle à se laisser rire de cette manière, à rougir comme une adolescente de quinze ans. Mais elle apprécia le fait de ne pas se sentir juger, William ne faisait que sourire ce qui accéléra le processus des joues d’Emma visant à retrouver leurs couleurs d’origines. Elle aurait voulu le rassurer sur ce qu’il pensait de ce test, lui expliquer que les mutants avec un certains niveaux étaient rare et, qu’en plus de ça, ils faudrait qu’ils aient un contrôlent sur l’esprit pour y implanter une idée. Mais loin de savoir la conclusion que William en avait tiré, elle ne put lui servir ce genre de discours. Et puis, franchement, elle était tellement loin de cette histoire de test.

La main de William remonta sur son visage et elle s’étonna d’autant de contact en si peu de temps, bien que cela mena un sourire tendre sur ses lèvres.

« J’aime ton rire, j’aime te voir rire… je t’aime. »

Le sourire d’Emma se figea un quart de seconde parce qu’elle ne savait pas quoi penser de ces mots-là. Elle les avait entendus, encore et encore, elle avait même tout fait pour les entendre parce que ça la confortait dans son propre égo. Cette fois elle ne les avait pas cherchés et elle n’était pas certaine que, de les avoir si vite, étaient une bonne chose. On aimait vite, mais généralement, on déchantait tout aussi rapidement.

« Pour ce qui s’est passé, tu n’as pas à être désolée. Je sais… je sais que ce j’ai perçu était faux. J’aurais dû m’en rendre compte. »

S’en rendre compte ? Elle ne comprenait pas dans quel sens elle devait prendre cette phrase. Elle croyait vraiment en ses capacités et ne pensait pas qu’il aurait pu se rendre compte qu’elle est travestit ses sentiments lors de ce test. En même temps, il y avait eu une première phase où elle avait été surprise et avait manqué de prendre le dessus pour laisser croire ce qu’elle voulait. Est-ce qu’il aurait dû s’en rendre compte après le test ? Oui, c’était une évidence, du moins pour elle ça l’était. Mais elle supposait que son explication avait dû suffire à le convaincre, ignorant encore toutes les interrogations et les doutes qu’il avait pu avoir avec lui-même. Et puis dans le fond, ce n’est pas qu’elle s’en fichait, bien au contraire, mais elle se sentait tellement ailleurs pour l’instant qu’elle n’avait pas vraiment envie de réfléchir à ce genre de chose, pas maintenant.

« La soirée a été… riche en émotions. Je crois que j’ai eu un peu de mal à les gérer. »

Un sourire encourageant passa sur ses lèvres. C’était un début et il s’en était bien sortit dans la mesure où il avait réussi à activer son pouvoir et que rien de malheureux n’était arrivé. Un début, d’accord, mais ça restait tout de même encourageant. Enfin, en tout cas c’est ce qu’elle pensait. Maintenant, elle comprenait, pour être passé par là, que cela pouvait être grandement fatiguant. La gestion viendrait, avec le temps, de l’entrainement et de la patience. Mais il avait fait un bon pas en avant et elle n’avait pas envie de lui dire que la route serait longue.

« J’ai passé une soirée merveilleuse. Crois-tu que demain… »

C’était la bonne nouvelle qui lui fit avoir un sourire plus franc, alors qu’il se remettait à bafouiller légèrement. Elle avait décidé de prendre ce début de phrase comme une envie de la revoir, et non pas une envie qui consistait à s’entraîner ses pouvoirs. La première option était bien plus intéressante à prendre, et c’est ce qu’elle avait envie.

« … ou un autre jour. Enfin… dès que poss… tu le pourras… »

Oui son sourire était plus franc parce que ça le rendait mignon avec cette façon de chercher ses mots, ses tournures de phrase pour, finalement, parler de quelque chose de simple. L’agenda d’Emma était chargée, il l’avait toujours été depuis quelques de nombreuses années maintenant mais, prendre un peu sur son temps de sommeil, sur les quelques pauses qu’elle s’accordait permettraient de passer un peu de temps avec lui, et ça ne lui semblait même pas être un effort ou même une corvée. Elle ne saurait être aussi disponible qu’elle le voudrait mais il fallait bien qu’elle continue de gérer tout ce qu’elle avait. Elle avait beau envie de croire que William était important à ce moment très précis, ça ne justifiait pas pour autant de faire foirer tout ce qu’elle avait bâti en de nombreuses années. Ce n’était pas contre lui, bien sûr, mais elle tenait à ce qu’elle avait pu mettre en place au fil du temps.

« Pas demain, désolée. J’ai une réunion qui n’est absolument pas dans le coin, je pars le matin et je ne sais pas encore quand je vais rentrer, sûrement tard et faudra que je passe au Coyote. »

Elle prenait, effectivement, l’avion tôt demain matin pour aller à une réunion pour la Frost. Elle en passa les détails étant donné que ça n’avait pas lieu d’intéresser William. C’est, du moins, ce qu’elle supposait. Quoiqu’il en soit ce genre de réunion durait toujours des lustres, et elle ne pensait pas revenir avant tard dans la soirée. Une fin de soirée qui serait occupée au Coyote où elle devra en faire les comptes. Mais très vite un sourire apparu de nouveau sur ses lèvres.

« Mais, après demain, enfin, si tu veux. Je finis vers 15h et je n’ai rien à faire du reste de la journée. »

Après tout elle n’avait pas besoin de se rendre tous les soirs au coyote, elle avait des employés pour lui éviter ce genre de chose. Le lendemain était une obligation puisqu’elle devait vérifier les stocks qui arriveraient dans la journée. Mais après demain, rien ne la forçait à y aller et, la Frost pourrait bien se passer d’elle une après-midi. Bref, si William était disponible à ce moment-là, ça serait parfait.

« Et… Tu sais ? Je trouve ça très encourageant pour tes pouvoirs. Vraiment. »

Ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle comprit réellement qu’il était en train d’annoncer son départ. Juste comme ça. Enfin, disons qu’elle n’était pas habituée à ce qu’on passe une soirée avec elle aussi… Aussi chaste. Et aussi étrange que ça puisse lui paraitre, ça lui faisait plaisir. Parce que ça ne donnait pas l’impression d’être venu pour une seule chose, parce que ça ne faisait pas pressant, parce que… Parce que c’était bien loin de ce qu’elle avait pu connaitre et que ça rendait les choses encore un peu plus touchante. Elle ne put s’empêcher de se dire que c’était parce que lui avait besoin de temps. Ce qu’elle comprenait. Elle avait déjà vu une réelle évolution chez William entre ce moment-là et celui où elle l’avait vu pour la première fois. Une évolution assez remarquable pour qu’elle ne cherche pas à le pousser encore plus. Alors, la seule question qui lui vint à l’esprit fut celle-là :

« Est-ce que ça va aller pour rentrer ? »

Si elle devait le raccompagner, étant donné qu’ils étaient venus avec sa voiture, ça ne lui posait pas le moindre souci. Dans tous les cas, elle n’insisterait pas afin de lui laisser le choix et ne pas donner l’impression de vouloir l’assister. Quel que soit sa décision elle savait qu’elle se coucherait avec un tas de questions à l’esprit. Des questions sur ce que tout cela pourrait donner, comme quelqu’un qui se poserait des questions sur l’avenir, ce qui serait assez nouveau et dérangeant pour elle. Elle tournera en boucle toutes ses questions avant de se décider à fermer les yeux en se disant qu’elle verrait bien, qu’elle devait, pour une fois, se contenter de vivre.

Cette relation soulèvera forcément un tas de question, ne serait-ce que par le caractère changeant d’Emma. Pour une question de temps qui passe sans que cela puisse se voir sur Emma contrairement à William. Et tout se compliquait largement avec l’arrivée imprévue d’Allan, à croire qu’il avait parfaitement choisi son moment. Mais, cette nuit, elle s’interdira de penser à toutes ses questions. Le sommeil sera difficile à trouver et elle finira par s’accorder seulement quelques heures de sommeil avant de se lever et de se préparer pour aller prendre son avion. La fatigue se fera peut-être sentir, mais elle en gardera son sourire en se disant que, de toute façon, ça avait valu le coup.

« Merci… »

Elle s’étonna elle-même de ce simple mot qui était sorti tout seul. Sincère. Mais elle était en train de se dire que ça ne devait pas avoir de grande signification dit comme ça. Pour elle il était clair qu’elle parlait de cette soirée qu’elle venait de passer. De la confiance qu’il pouvait lui accorder. De l’évolution qu’il était en train de mettre en route. Dans le fond, elle avait juste envie de le remercier d’être lui mais ça risquait encore de ne pas être parfaitement clair, alors elle ajouta simplement :

« … Pour cette soirée. »

le sourire qu’elle avait sur les lèvres suffisait à exprimer tout le reste. Même si ce n’était pas évident de comprendre pourquoi elle le remerciait, son sourire suffisait à faire comprendre qu’elle était vraiment sincère et qu’il y avait un tas de raison de le remercier. Mais, exprimer ce qu’elle ressentait n’était pas franchement son truc et il allait devoir se contenter de ça pour le moment, comme le fait qu’elle ne lui reverrait pas « je t’aime » qu’elle trouvait trop superficiel pour le moment, sans pour autant critiquer le sien. Juste, elle n’était pas comme ça, ce qui était loin de la rendre parfaitement insensible.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Rien ne se passe comme prévu [ Will ]    Jeu 6 Sep - 14:02

Déception n’était pas le terme exact. Impatience serait plus juste. La vérité se situait entre les deux. Comme d’habitude, tout se mélangeait chez William en un amalgame d’émotions dont il se dépêtrait difficilement. Il s’attacha simplement à ne pas trop les laisser transparaitre alors qu’Emma annonçait qu’elle serait indisponible le lendemain. Après tout, cela n’était guère surprenant. Quand William songeait à ce qu’il connaissait des activités d’Emma, et qu’il tentait d’extrapoler à ce qu’il ignorait, il en avait le tournis. Il pouvait donc parfaitement comprendre qu’elle ne puisse pas se libérer. La seule crainte qu’il eut à ce moment-là, est que cela soit le cas également pour les jours suivants ! Mais il osait espérer, en voyant un sourire se dessiner sur le visage de la jeune femme, que l’occasion de la revoir ne tarderait pas.

« Mais, après demain, enfin, si tu veux. Je finis vers 15h et je n’ai rien à faire du reste de la journée. »

Après-demain ? William tâcha de se rappeler s’il y avait quoi que ce soit qui pouvait contrevenir à cette proposition. Bien évidemment, rien ne lui vint à l’esprit, mais il faisait rarement confiance à sa mémoire et fut un instant tenté, comme il en avait l’habitude, de faire appel à son agenda. Mais cette fois-ci, ce geste pourtant instinctif fut interrompu avant même d’avoir commencé. En fait, il n’avait aucun besoin de connaître son emploi du temps. A 15h00 le surlendemain, il devrait normalement être à l’université. Mais rien ni personne ne l’empêcherait de se libérer. C’était… hors de question. Rien n’était urgent à ce point-là. Absolument rien. Après tout, ses collègues pouvaient bien se débrouiller sans lui. Contrairement à Emma, il n’était pas indispensable. Et si jamais quelqu’un estimait le contraire, il se faisait fort de l’en dissuader. Evidemment, ce ne serait pas l’argument idéal pour gravir les échelons dans la hiérarchie du service, mais étant donné que William n’en avait absolument pas l’intention cela ne le perturbait aucunement. Il s’arrangeait simplement pour rendre suffisamment de petits services pour qu’on ne songe pas à le renvoyer. En fait, sa situation présentait plusieurs avantages. Chercher à prendre du galon l’aurait éloigné de ses chères machines, et de plus lui aurait attiré l’animosité de ses collègues qui, pour certains, avaient les dents tellement longues qu’elle raclaient le plancher. Au contraire, ces même collègues s’étaient affairés à conserver auprès d’eux le collaborateur efficace et dénué d’ambition qu’ils voyaient en lui. Et pendant qu’ils se cherchaient des poux, lui vaquait à ses petites affaires. C’était absolument parfait.

Ce fut donc avec un grand sourire – et un engouement également fort visible – qu’il répondit à la proposition d’Emma.

« D’accord pour après-demain. »

Bref et concis. Ce n’était pourtant pas les choses à dire qui lui manquaient ! Qu’il avait hâte d’y être, qu’il n’y aurait aucun problème, que le temps allait lui sembler si long… Toutes ces phrases qu’il ne savait comment tourner, qui s’agitaient follement dans sa tête, et qui y restaient bloquées.

« Et… Tu sais ? Je trouve ça très encourageant pour tes pouvoirs. Vraiment. »

Là il ne savait plus du tout quoi répondre. De son point de vue, il n’avait démontré que son inaptitude à tout d’abord contrôler son pouvoir, et ensuite à en exploiter les effets. William avait donc bien du mal à y voir quoi que ce soit s’encourageant. Il ne lui vint pas à l’esprit qu’Emma aurait pu dire cela uniquement pour chercher à le rassurer, sans le penser. Au contraire il la croyait, et cela le rendait d’autant plus perplexe. Il supposa qu’il n’était plus en état d’analyser objectivement ce qui s’était passé, et songea qu’il aurait tout le temps d’y repenser le lendemain. Et puis de toute façon, sur ce sujet là particulièrement, il avait fait le choix de lui faire confiance, de se laisser guider. Alors si lui-même ne parvenait pas à se persuader de la réalité de ce qu’elle venait de dire, cela n’avait pas énormément d’importance. Ce qui comptait réellement était qu’elle lui affirme que c’était le cas.

« C’est grâce à toi. »

Sa voix était calme et posée. Il ne faisait qu’énoncer ce qui était pour lui une évidence. Il savait que, seul, il n’aurait jamais pu aller plus avant dans l’exploration de son pouvoir. Sans même préjuger de sa capacité à progresser, il n’aurait pas eu le courage d’outrepasser les barrières qu’il avait lui-même érigées. Il avait parfaitement conscience que ces dernières s’étaient étendues à son existence entière, l’enfermant dans une boucle sans fin car à chaque fois qu’il pensait entrevoir une façon d’affronter l’une de ses craintes, une autre la rendait inexploitable. Sa rencontre avec Emma l’obligeait à les affronter toutes simultanément. C’était une solution tellement simple… et tellement risquée. Soit il réussissait, soit il y perdait définitivement la raison. Cette pensée, qui l’aurait terrifié auparavant, le fit simplement sourire un peu plus car il ne pouvait plus revenir en arrière. Quoi qu’il puisse arriver, il s’était engagé dans un chemin dont la destination lui était inconnue. Personne ne l’y avait contraint, pas même Emma. Par sa façon d’être, la jeune femme ouvrait des portes qu’il restait libre de franchir. Jamais elle ne l’avait poussé à le faire, et l’avait même clairement averti des risques qu’il prenait. William ne savait donc pas quel avenir lui était réservé, mais il était persuadé que sans Emma il n’en aurait eu aucun. Alors oui, si dans ce qu’il avait pu réaliser ce soir il y avait quoi que ce soit d’encourageant, c’était en effet grâce à elle.

« Est-ce que ça va aller pour rentrer ? »

William revint à la réalité. Il savait ce qui était sous-entendu derrière cette question pourtant anodine. Emma connaissait ses craintes, et il était touché qu’elle s’en inquiète ainsi. La demande était sensée. Mais il était à présent fort tard – ou tôt selon le point de vue – et la cinquième avenue devait avoir pris son rythme nocturne qui, s’il n’était pas nul, devait être suffisamment ralenti pour que William puisse gérer lui-même la situation. Du moins l’espérait-il. Sans doute que, s’il l’avait demandé, Emma l’aurait raccompagné. Mais l’obliger à ressortir pour palier à ses peurs ne convenait pas à William. C’était hors de question. Tâchant de conserver un air confiant, il répondit.

« Oui. Je pense que oui. Ne t’en fais pas. Je maîtrise l’art d’esquiver les passants, et le quartier de l’université n’est pas très éloigné. Et puis, j’ai déjà parcouru presque le même chemin une fois, il n’y a pas si longtemps. »

William avait en tête leur première rencontre. Bien entendu, si les locaux de la Frost International avaient été dans la cinquième avenue, jamais il ne les aurait atteints. Il n’aurait même pas envisagé la possibilité de s’y rendre. Mais ils étaient situés plus à l’écart dans Central Park, et il avait alors jugé que c’était à sa portée. Une pure folie a posteriori, mais qu’il ne regrettait absolument pas.

Ses propos indiquaient sans ambigüité qu’il rentrerait à pieds. Il aurait pu appeler un taxi, mais il ne se sentait pas capable de gérer un trajet en voiture. Et puis un peu d’exercice lui ferait du bien.

« Merci… Pour cette soirée. »

Sans savoir vraiment pourquoi, ce qu’il lisait sur le visage d’Emma, dans son sourire, l’emplissait d’une douce allégresse. Elle ne semblait pas vouloir en dire plus, et William songea qu’au final ces quelques mots suffisaient amplement. Il s’était passé tant de choses au cours de cette soirée, certaines fort agréables, d’autres plus… inattendues, pour le moins. Son unique souhait était qu’Emma ait pu apprécier ce moment autant que lui. Cela paraissait être le cas. Il en était heureux et n’attendait rien de plus. Parfois, rarement, la vie était simple. En guise de réponse, il lui rendit son sourire.

*************************************************************************

Débout dans la rue, abrité par le porche de l’immeuble d’Emma, William jeta un regard autour de lui. Comme il l’avait espéré, les quelques personnes en vue ne devraient pas constituer un réel obstacle.

Il ne savait plus vraiment comment il était descendu, comment ils s’étaient séparés. Il avait occulté les détails futiles, et ne se souvenait réellement que de la silhouette d’Emma sur le pas de la porte, de son sourire, et de son regard.

William s’avança et pris la direction de l’université. Il veillait à conserver une bonne distance entre lui et les autres usagers du trottoir mais, la fatigue atténuant sa vigilance, il se laissa surprendre à un coin de rue par un groupe de jeunes chahutant joyeusement. Rien de méchant, mais instinctivement il se plaqua contre le mur pour les laisser passer, absurdement tétanisé. Il se retrouvait seul, et ses craintes reprenaient le dessus. Une minute s’écoula avant qu’il réussisse à se décoller de la paroi. Ayant recouvré son calme, dépité, sa main plongea dans la poche de sa veste et en sortit un tube de calmant. L’idée était tentante. Se réfugier dans les brumes chimiques l’aiderait indubitablement à contrôler son stress. Le zombi pourrait rentrer chez lui.

William ferma les yeux quelques secondes. Non. Il avait à présent autre chose à quoi se raccrocher. Autre chose en quoi puiser la conviction qu’il pouvait y arriver lui-même. Un visage… une présence.

Ouvrant les yeux, il contempla le tube qu’il tenait dans la main, avant de le jeter dans le caniveau d’un geste qui se voulait assuré. Un petit sourire nerveux apparu sur son visage. Puis il repris sa route, tendu mais étonnamment confiant. S’il avait écouté la petite voix qui habituellement lui rappelait sans cesse ses inepties, il l’aurait entendu affirmer que le second tube de calmants, caché dans l’autre poche de sa veste, y était sûrement pour quelque chose. Inconsciemment, c’était peut-être vrai, mais à cet instant William l’avait oublié. Une seule chose occupait son esprit. Une seule personne.
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Rien ne se passe comme prévu [ Will ]

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