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 La fin du silence

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Charles Bernier
Mutant de niveau 1

Nombre de messages : 93
Date d'inscription : 31/12/2009
Localisation : Dans un trou.
Clan : neutre
Age du personnage : 27
Pouvoirs : Métamorphisme en loup
Profession : Concierge chez une compagnie de déménagement
Points de rp : 81

MessageSujet: La fin du silence   Jeu 12 Aoû - 16:24

S'en était trop. La pression de rester prêt d'elle, même si ça n'avait qu'été que pour une vingtaine de minutes, était trop lourde à supporter pour Charles. Ils avaient été trop longtemps séparés et Delinda ne pourrait jamais lui pardonner. Il ne pourrait jamais se le pardonner. Charles avait laissé tomber la personne qu'il aimait le plus au monde pour une histoire de ''meurtre et mystère''. Les vrais hommes ne faisaient pas ça. En plus, il avait essayé de se racheter en se pointant chez elle avec une histoire à la con et un bouquet de fleurs horribles. C'était fini maintenant...

Sa ruelle. Un endroit qui s'était presque effacé de sa mémoire au fil du temps. Un des seuls lieux qu'il trouvait accueillant à New York, pour une raison inconnue. Même s'il l'avait quasiment oublié, il se rappelait toujours de son odeur, de l'âme qu'il dégageait. Il avait passé tellement de temps ici et fait tellement de rencontres inusitées. Sa ruelle, c'était le seul refuge que Charles trouva après le drame familiale. Une fois de plus, sa ruelle devint le seul endroit qui accepterait d'accueillir un homme comme lui.

Quand Charles y pénétra, il était toujours sous sa forme de canidé qui passait inaperçue dans la température grise et l'obscurité de la ville. Un pas après l'autre, il renifla instinctivement chaque centimètres de l'endroit, s'assurant que tout était bien dans l'ordre. Rien n'avait changé. Tout était exactement comme il l'avait laissé. Son conteneur à déchet, toujours bien accoté sur le mur. Les escaliers du bâtiment, toujours aussi sales et en piètre état. Sans oublier la porte amochée du vieil appartement condamné. La bête canine s'avança encore un peu plus pour enfin atteindre le petit rond de ciment sec si familier...Charles eut un pincement au cœur...

'' Je ne vais plus ennuyer personne ici''
, pensa Charles.

Toujours dans sa forme canine, le jeune homme s'assagit sur sa vieille ''couchette''. Charles se sentait si faible, si ennuyant et ennuyé. Il ne trouvait pas la force nécessaire pour revenir sous l'apparence du jeune garçon qu'il était vraiment. Peut-être qu'il se sentait mieux comme ça finalement... Personne ne le reconnaîtrait, personne ne saurait comment il avait été irresponsable. Le Cabot pensait rester allongé ici, pour le reste de sa misérable vie. À quoi bon se lever? Qui irait-il voir aujourd'hui ou...demain? Qui voudrait le voir? Il aurait dû savoir que des excuses ne suffiraient pas à soulager le mal qu'il avait causé. Il avait essayé au moins, peut-être un jour il verrait en ce geste un consolation mineure. Dans un soupir long comme sept mois, Charles s'endormit doucement au son de la douce sérénade de la pluie qui tombait dans la rue... Plus rien...
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MessageSujet: Re: La fin du silence   Ven 13 Aoû - 12:25


Delinda était sortie de son appartement avec en tête de retrouver Charles. Et elle était déterminée. Elle l'avait sincèrement blessé en refusant ses excuses et ses explications et s'en voulait à présent de ne pas avoir été plus tolérante. Avec le recul, elle comprenait lentement mais sûrement qu'il avait souffert autant qu'elle de leur séparation. La seule erreur dont il se rendait coupable, c'était d'avoir déserté en laissant la jeune femme seule et sans nouvelles de lui. Peut-être était-ce parce que Charles était parti dans la précipitation ? Peut-être qu'il n'avait pas eu l'occasion d'entrer en contact avec elle finalement... et que lorsqu'il avait voulu écrire, il n'avait pas osé poster ses lettres dans la peur de contrarier Delinda ? Les lettres étaient bien là, dans son appartement, sur la table du salon, il avait donc bien pensé à elle pendant ses semaines d'absences. La jeune femme aurait dû en tenir compte plutôt que de s'obstiner à la rejeter. A présent elle s'en voulait énormément, surtout après l'avoir vu se métamorphoser pour s'enfuir dans la rue. Il était le seul homme qu'elle avait jamais sincèrement aimé et elle tentait bien de croire que c'était réciproque.

A présent elle marchait dans les rues de Soho, trempée jusqu'aux os. La nuit commençait à tomber et la jeune femme pataugeait littéralement dans les flaques d'eau qui s'étaient formées. C'était vraiment un... temps de chien. C'est lorsque le premier orage éclata et la fit sursauter au passage, tellement il lui semblait près, que Delinda commença vraiment à s'inquiéter. Pour elle, comme pour Charles. Pour elle parce qu'elle était loin de connaître les ruelles de Soho par cœur et qu'instinctivement, elle sentait qu'elle se rapprochait de celle où elle s'était fait agresser et donc de Charles... Seulement il n'était peut-être même pas retourné à son ancien squatte, et en cas de pépin, elle ne pouvait joindre personne puisque son portable était resté à l'appartement. Tout ça sans compter sa peur du noir, et les ruelles de Soho n'étaient pas spécialement éclairées. Avancer dans l'obscurité n'était vraiment pas rassurant et la mutante devait prendre son courage à deux mains pour continuer dans cette direction. Elle n'était même pas sûre de l'endroit où elle se trouvait.

La jeune femme tremblotait encore, les bras serrés contre sa poitrine, lorsqu'elle se retrouva dans une ruelle qui lui semblait familière. Et bien sûr qu'elle la reconnaissait, car comment l'oublier ? Elle se mit alors à appeler Charles en chuchotant -et elle se sentit terriblement bête- tandis que de la buée se formait devant ses lèvres. Elle n'avait même pas réfléchit à ce qu'elle lui dirait en le voyant, elle espérait que son cœur parlerait pour elle, du moins s'il ne s'était pas figé en pierre.

Delinda avança lentement dans la ruelle, se retenant de détaler en courant pour se mettre à l'abri à chaque coup de tonnerre. Fatiguée moralement et physiquement, elle était au bord des larmes. Il n'y avait rien de plus déprimant que de se retrouver à la rue sous une pluie battante. Les caniveaux commençaient même à déborder. Carrément inquiétant ! New York n'avait plus connu un temps pareil depuis... depuis quand ? Et Charles qui avait dû subir ce genre de chose pendant plusieurs années... D'ailleurs la jeune femme commença à distinguer une forme à même le sol, protégée de la pluie. En plissant les yeux, elle reconnut le loup gris et laissa échapper un soupire de soulagement. Mais pourquoi est-ce que Charles était resté sous sa forme canine ? Un loup en plein cœur de Soho, la bonne blague. Delinda s'approcha et se rendit compte à la respiration du loup qu'il dormait profondément.

La jeune femme finit par se mettre à l'abri puis observa Charles pendant un long moment. Après un temps d'hésitation, Delinda se décida à s'assoir auprès du loup et posa très lentement sa main sur l'encolure de la bête. C'était une expérience extrêmement étrange, mais tellement belle. La mutante se recroquevilla près du loup dont la fourrure finit bientôt par réchauffer Delinda. Et elle se sentit alors extrêmement reposée. Reposée au point... de fermer les yeux à son tour.
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Charles Bernier
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MessageSujet: Re: La fin du silence   Ven 13 Aoû - 14:56

Tout était tellement noir. Les choses autour de Charles étaient floues et leurs traits très faiblement contrastés. Les objets qui se tenaient autour de lui, lui apparaissaient au rythme de ses respirations lentes et profondes. On aurait dit que les bruits ambiants étaient tous mis en sourdine pour bon moment. Charles gisait entre le monde des rêves et la réalité, mais il ne tentait pas de se défaire de cet état d'esprit, si simple et si agréable. Par conséquent, il pouvait ignorer tout ce qui passait dans sa vie et surtout, dans sa tête. Se réveiller s'avérait être une erreur, Charles ne voulait pas revoir la lumière du monde maintenant qu'il était séparé de ceux qu'il aimait.

Malheureusement, le jeune homme fut contraint de se réveiller lorsqu'il remarqua une présence près lui. Étrangement, Charles ne l'avait pas senti venir et n'avait pas tenté de la repousser. C'était une personne qu'il connaissait bien, sans aucun doute, sinon la bête aurait émis un grognement. Le mutant ne comprenait plus rien de ce qui se passait autour de lui. Néanmoins, il se rappela d'avoir senti une légère pression sur son encolure et peut-être était-ce ce qui l'avait forcé à quitter le monde où il s'était réfugié. Charles n'osait pas lever le museau pour voir qui était bel et bien recroquevillé près de lui, dans son antre. Personne n'avait osé faire ça auparavant, personne ne s'était déjà allongé à ses côtés. Sauf une seule...

Ébranlé, Charles émit une sorte de pleurs animal, puis reprit progressivement sa forme humaine, se libérant doucement de ses émotions les plus nocives. Le jeune homme était étendu dans la même position qu'il adoptait quelques minutes plutôt sous son apparence animale, avec beaucoup de vêtements en moins. Sa tête déposée sur le sol froid et étonnamment sec de son refuge, il ressentait les pulsions cardiaques de l'ombre qui s'était invité chez lui. Charles savait pertinemment qui était cette personne, seulement, il était paralysée par un sentiment trop puissant pour qu'il puisse avoir la force de faire quoi que ce soit. Il se contenta donc de grelotter et de lever les yeux vers cette personne.

Dans un mouvement soudain et mal orchestré, le corps de Charles se redressa pour s'adosser lui aussi au mur derrière lui, sans aucune raison apparente. Il ne posa toujours aucun regard sur celle qui partageait son abri, mais il s'en rapprocha, pour finalement sentir son linge sur sa peau nue. Du coton mouillé et aussi un parfum de lessive qu'il reconnaissait sans aucune difficulté. Instinctivement et parce qu'il portait toujours en son coeur de l'amour, Charles passa sa main dans les cheveux de la femme qui semblait toujours dormir près de lui. Il se rappelait aussi de cette couleur, de cette texture et du reste. Les yeux du jeune homme devaient briller d'un vert presque fluorescent cette nuit-là. Ils étaient tellement reluisants que Charles avaient l'impression de les sentir. Il aurait vraiment aimé que les gens et surtout cette femme en particulier voient en ces pupilles toute la sincérité qu'elles renfermaient...

Charles passa son bras autour de la jeune femme qu'il n'avait jamais cessé d'aimer. Dans un mouvement plus que naturel , le jeune homme déposa la tête de cette dernière sur son épaule qu'il croyait plus confortable que le mur de briques rouges. Et puis, Charles avait vraiment besoin de cette présence, de cette odeur. Finalement, si on aurait annoncé à Charles qu'il devait mourir ici et à ce moment même, il aurait sourit car il n'aurait pas pu demander une plus belle mort, aux côtés de celle qu'il aimait plus que tout, plus que la vie...
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MessageSujet: Re: La fin du silence   Ven 27 Aoû - 20:31


Delinda ne mit pas longtemps à sortir de son sommeil. Elle ne s'était qu'assoupie, par conséquent elle avait sentie Charles l'entourer de ses bras sans vraiment s'en rendre compte et l'avait laissé reposé sa tête sur son épaule. Elle passa quelques minutes à savourer la sensation de bien-être qui la submergeait malgré le temps environnant. Pendant quelques instants, elle espéra qu'elle rêvait. Qu'elle avait rêvé ses longues nuits de solitudes, qu'elle avait rêvé les larmes brûlantes sur ses joues, qu'elle avait rêvé ses placards vides, ses trous noirs, ses soirées déprimantes au Coyote Ugly, le départ de Charles également. Mais ses tremblements la ramenèrent très vite à la réalité. Elle se trouvait dans une ruelle sans âme de Soho parce qu'elle avait voulu le retrouver. Pour s'excuser. Pour l'excuser lui.

Malgré la présence de Charles tout contre elle, Delinda ne pouvait s'empêcher de trembloter et elle s'agrippa un peu plus à lui, tout en ouvrant les yeux. Elle ne voulait pas rompre le silence de suite. Il aurait fallut qu'elle trouve ses mots pourtant elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait bien lui dire. De toute façon, maintenant que Charles était revenu, ils avaient tout le temps devant eux... Enfin pas tellement, car ils risqueraient très vite d'attraper la crève, notamment Charles qui après avoir reprit sa forme humaine était loin d'être habillé.

C'est en chuchotant et en claquant des dents que la mutante rompit le silence.

- Je te demande pardon...

La jeune femme redressa la tête afin de pouvoir scruter le visage de Charles.

- Il faut qu'on rentre maintenant...

Elle ne voulait pas lui laisser le temps de parler, ne voulait pas entendre de sa bouche un quelconque refus. Peut-être qu'elle l'avait trop longtemps repoussé lorsqu'il était venu s'excuser en se rendant à sa porte, peut-être qu'il était trop tard. Mais elle ne voulait pas le savoir. Ne voulait pas l'admettre. S'il l'avait serré contre elle quelques minutes plus tôt, c'était peut-être seulement car il n'avait pas perdu ses habitudes protectrices. Et son côté protecteur lui avait terriblement manqué...
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Charles Bernier
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MessageSujet: Re: La fin du silence   Dim 24 Oct - 14:03

L'air était glacial. Charles avait du mal à bouger et même à respirer car tout autour de lui semblait exercer une pression terrible. Ses muscles étaient frigorifiés et sa peau commençait déjà à adopter une teinte bleutée. Pourtant, il savait que tout était fini au même endroit où tout avait commencé quelques mois auparavant. C’est à ce moment que le jeune homme revint à lui.

- Il faut qu'on rentre maintenant...

Oui. Enfin, mais qu’allait-il advenir d’eux si tout deux se levaient et décidaient d’aller ailleurs. Allaient-ils encore se séparer? Qu’allait-il arriver à Delinda? Est-ce que Charles serait à la hauteur ou échouerait-il une fois de plus? Charles savait que s’il restait ici, avec elle, il aurait la certitude qu’il pourrait la protéger contre tout, qu’il ne la perdrait pas pour une deuxième fois…
Puis, vint les solutions plus logiques. Si le jeune couple restait ici une heure de plus, un des deux tomberait en hypothermie avancée. Certainement pas Delinda, pensa Charles. Non, plus rien ne lui arriverait, il en avait fait la promesse et ce, au dépend de sa propre vie. Le jeune homme serra Delinda dans ses bras, subitement et instinctivement, dissimulant son nez gelé dans la chevelure brune-rousse de la femme, grelottante. Il prit une de ses mains et tenta désespérément de se lever. Avant qu’il ne perde pied, Charles s’appuya sur le gros conteneur à déchets et le ‘’salua’’ pour une dernière fois. Il aida Delinda à se relever, puis l’étreignit.

‘’ Je t’aime ‘’

Charles tomba en sanglots, même s’il avait un sourire jusqu’aux oreilles. Son bonheur était incomparable. Jamais il n’aurait cru que son corps pourrait assimiler tant d’émotions au même moment et sans craquer. Tout ça était possible grâce à l’ange qui se tenait devant lui. ‘’ Putain Charles, mais à quoi t’as pensé en la quittant ‘’, ce fut la voix qui résonna dans sa tête. Ensuite, une larme qui coulait sur sa joue parvint à ses lèvres et il porta une de ses mains sur le visage de Delinda. Cette sensation lui avait tellement manqué…
Soudain, glacé par ce froid intolérable et frappé par ce torrent d’émotions, Charles sentit son corps s’emporter à nouveau, mais cette fois dans le plus grand des calmes et sans la moindre douleur. Doucement, son être se détacha de celui de la femme et ce-dernier reprit la forme quadrupède. Ce fut incontrôlable, malheureusement, et c’était une réaction de survie que son métabolisme avait adopté, un peu comme il le faisait avec l’hypothermie.

Assis aux pieds de son trésor, la bête releva les yeux vers ceux de Delinda. Il était temps rentrer, enfin…
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