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 Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']

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October S. Parvin
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MessageSujet: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Sam 7 Aoû - 2:10

    « Hmurfff… ? »

    Ce fut un peu près le son qui sortit des lèvres d’October, qui avait la moitié d’une tartine de Nutella dans la bouche. Sa mère avait bien prononcé quelques mots, une forme interrogative qui appelait à une réponse, mais la jeune bassiste fut incapable de comprendre ce qu’elle avait dit. Pour sa défense, il était quelque chose comme neuf heures du matin et elle était rentrée il y a un peu cinq heure chez elle. Autant dire que la nuit avait été courte, alors son cerveau n’arrivait pas encore à se connecter avec la réalité. Elle était emmitouflée dans un t-shirt qui lui retombait au niveau des cuisses –qu’elle avait voler à Nathan, un jour- le cheveux en bataille –plus que d’habitude- et les yeux tellement plissé qu’elle avait du mal à voir ce qui se passait devant elle. Ce qui expliquait peut être que le lait qu’elle avait versé dans sa tasse s’était retrouver sur le plan de travail. Elle s’était quand même appliquer à hausser un sourcil pour faire comprendre à sa mère qu’elle n’avait strictement rien entraver à la question qu’elle venait de lui poser. Une mère qui du s’armer de patience –et d’un soupir prononcé- avant de reprendre sa question.

    « Ca va aller ? »
    « Heu… »

    Redoublant d’effort elle ouvrit un peu plus les yeux, regarda autour d’elle. Son café –sans trop de lait- était devant elle, ses tartine à côté, la cafetière pleine… Pourquoi ça n’irait pas ? Ca irait sûrement mieux si elle avait dormi quelques heures de plus, mais pour une raison qui lui échappait totalement elle avait mit un réveil la veille. Quand elle faisait ce genre de chose, c’est qu’il y avait toujours une bonne raison. Malheureusement, elle oubliait toujours ses raisons, mais elle imaginait que cela allait lui revenir quand son esprit déciderait de se réveiller un peu… En y repensant, ce nouveau cocktail était quand même super bon… Mais fallait qu’elle pense à ne pas en abuser la prochaine fois.

    « Mouais… Pourquoi ça irait pas ? »
    « October, tu sais quel jour on est ? »
    « Heu… »

    Fallait pas lui en vouloir, elle avait le réveil difficile. Mais passant une main dans ses cheveux et s’efforçant à avaler la tartine qu’elle avait dans la bouche, elle prit sur elle de réfléchir à la question. Le jour… Lundi… Mardi… Un truc dans le genre. Bin, elle pouvait toujours tester une réponse, après tout, elle avait une chance sur sept, non ? Allez au pif.

    « Jeudi ! »
    « Mercredi. »
    « Ouais, c’est ce que je voulais dire. Mercredi, mais c’est traite les jour de la semaine, ça se finit toujours de la même manière. Sauf le dimanche. Mais si on était dimanche, je m’en souviendrai. C’est cool le dimanche, parce que c’est le lendemain de sam… »
    « October ! »
    « Mouais, désolée. Bon y a quoi aujourd’hui ? »
    « On pars pour la semaine… »
    « Ah mais non, c’est pas possible, parce que tu vois… »
    « … Avec seulement ton père. »
    « Ah… Ouais, heu… Anniversaire de mariage, c’est ça ? »

    Finalement son esprit commençait doucement à se connecter à la réalité. Il s’agissait bien de cela, une week end, juste sa mère et son père, dans elle ne savait plus quel coin paumé des États-Unis. Pourtant elle aurait du s’en souvenir. Une semaine sans ses parents, c’était juste carrément mortelle comme truc. Elle allait éviter les repas du soir ou ça s’égueulait tout le temps, les divergences d’opinion, et elle en passait de meilleure. Ne serait que ce semblant de discussion qu’elle était en train d’échanger était quelque chose de rarissime. October et ses parents avaient perdus tout dialogue le jours ou ils avaient prit la décision de se désintéresser complètement de ce qu’elle faisait, le jour ou ils avaient décrétait qu’October ne remplirait jamais les conditions que EUX avaient fixé pour elle. Le jour ou elle avait cessé de vouloir d’être la petite fille modèle dont ils avaient rêvés. Incompréhension la plus totale. Ignorance parfaite. Ses parents ne voulaient rien savoir de ce qu’elle faisait, ne s’interrogeaient jamais sur ses sorties, ni sur le moment où elle allait renter. Une fois elle s’était même absenté pendant cinq jours, même pas ils ne s’en étaient inquiéter, voir rendu compte.

    « C’est ça. On s’en va. »
    « Ouais, heu… Amusez vous bien. »

    Sa mère avait déjà tourner les talons pour finir de préparer son sac et, elle s’était diriger vers la porte ou son mari l’attendait. Même pas un au revoir, ils avaient simplement franchi la porte, pris la voiture et étaient partis. October était donc seule dans la cuisine avec sa tasse et sa tartine de Nutella à moitié finie, haussant les épaules et lâchant un « Ouais, à la semaine prochaine, pas la peine de se faire de soucis, je m’en sortirais très bien. », un peu amère comme réflexion. Et personne pour lui répondre ou pour l’entendre. Elle n’avait jamais demandé à ce que ses parents comprennent son choix de carrière, mais elle aurait apprécier être autre chose qu’une ombre qui passe de temps en temps. Enfin, elle n’allait pas se plaindre, au moins elle avait des parents. Ce n’était pas le cas de Nathan, par exemple. L’entende était carrément nulle, mais au moins elle les avaient. Un jour, il faudrait quand même qu’elle leur dise que, malgré tout, ce sont ses parents et que même si elle ne répondait pas à ce qu’ils souhaitaient, elle les aimaient quand même. C’est juste qu’elle ne savait pas comment leur montrer sans faire une croix sur tout ce qui lui plait. Bin, elle avait le temps pour leur dire, et pour trouver la façon de le dire. En attendant… Elle avait une semaine pour elle toute seule dans la maison… Une semaine sans parents.

    Quand cette idée fut bien ancré dans sa petite tête, elle se leva soudainement, renversant le tabouret haut sur lequel elle était assise, et levant les mains en l’air, elle lâcha un cri de victoire. Un bout de tartine toujours en main, elle couru pour faire le tour du plan de travail, traversa la cuisine et monta à l’étage. Dans sa chambre, elle sauta sur son lit pour atteindre son téléphone portable. L’action valu une tâche de Nutella sur la couverture, mais pas grave. Elle nettoierai plus tard. Le téléphone dans les mains, elle se rendit à son répertoire et se stoppa au nom de Jérémy, histoire de lui envoyer un texto.


    Texto d'October a écrit:
    Café servit, quand tu veux tu débarques !

    Pas la peine d’envoyer ce genre de texto à Gabriel ou à Nathan, à cette heure-ci, ils devaient encore dormir profondément. Même pas ils entendraient si c’était la fin du monde. Mais avec Jérémy, il y avait une petite chance qu’il puisse avoir le message, après à savoir si il passerait, elle n’en savait rien. Et, dans le fond, ça lui convenait parfaitement de l’inviter juste lui. Depuis combien de temps ils ne s’étaient pas croiser, juste tous les deux. Trop longtemps à son goût. Elle appréciait vraiment tous les membres du groupe. Nathan, son cousin, était vraiment une personne dont elle ne pouvait pas se passer. Il était extra, et puis ils avaient pratiquement grandis ensemble, c’était lui qui lui avait fait découvrir la musique, alors elle était pas vraiment capable de définir sa relation avec lui, mais elle avait vraiment besoin de lui dans sa vie. Gabriel, béguin de jeunesse, qui ne s’était jamais vraiment estompé. Elle n’avait juste jamais prit le temps de lui dire, et puis c’était trop bizarre de sortir avec une personne du groupe, trop peur des tensions que cela pouvaient apporter. Et puis il y avait Jérémy, qu’elle avait toujours vu comme une sorte de grand frère. Toujours derrière elle, toujours là en cas de besoin… Toujours là, tout court. Sauf qu’elle cessait de le voir comme un grand frère. Ils grandissaient, et ses sentiments pour lui avaient évolués avec. En fait, elle avait beau croire que Gabriel était une personne en qui elle avait des sentiments plus profond, avec le temps et, surtout depuis qu’il se shootait, elle commençait doucement à se dire qu’il n’était pas la fiabilité dont elle avait besoin… Contrairement à Jérémy. C’était ce genre de pensée qui la perturbait de temps en temps.

    Si on lui donnait le choix, si on lui disait qu’elle pouvait avoir le type qu’elle voulait, qu’elle n’avait qu’à choisir. Au jour d’aujourd’hui, elle se savait incapable de le faire. Un cœur balançant entre deux personnes. Deux personnes différents sur plusieurs points, l’un représentant un amour de jeunesse mais évoluant de manière étrange, et l’autre apportant ce dont elle pouvait avoir besoin. Ce genre de situation avait vraiment quelque chose de parfaitement horrible en réalité. Les deux étaient des amis plus que proches, comment est ce qu’elle pouvait choisir ? Était-ce réellement raisonnable ? Non, le mieux était encore de ne rien faire, de rester la petite cadette qu’on protège et puis c’est tout. De toute façon, c’est ce qu’elle devait être à leurs yeux. Ils l’avait connu tellement jeune, que jamais il ne l’a verrait autrement que la petite dernière. Oui, voilà, se focaliser la dessus, oubliez tout le reste et… Mince le ménage !

    C’était malin. Elle proposait un café, et elle n’avait même pas été foutu de passer un coup de balai dans la maison. Enfournant sa tartine entre ses dents, elle se redressa et couru au rez de chaussé pour attrapé le balai, allumé la chaine à un niveau sonore indécent pour écouter une musique et commencer à passer un coup de balai. Dans l’intervalle elle avait quand même déposer son bout de tartine sur le plan de travail de la cuisine, à côté de sa tasse de café dont le lait qui devait être dedans était répandu à côté. Sauf que voilà, October et le ménage c’était quelque chose d’assez laborieux. Du moins, elle pouvait vraiment le faire quand il n’y avait rien pour la détourner de sa tâche, mais une musique qu’elle appréciait particulièrement se mise à passer à travers les enceintes. Du coup, sans savoir comment, elle était maintenant debout sur le canapé du salon, le balais entre les mains comme si c’était un micro et, voilà qu’elle se mettait à chanter à tut tête.

    Heureusement qu’elle était bassiste, et pas chanteuse. En fait, ça ne ressemblait pas vraiment à du chant. Quand elle s’appliquait elle pouvait sortir quelques notes sympa, mais là, le but était limite de couvrir le son de la musique. Du coup, ça ressemblait plus à des hurlements de paroles, qu’un chant. Après tout, elle n’était pas Gabriel. Elle en oublia complètement que Jérémy pouvait débarquer d’une minutes à l’autre, elle était rester avec son t-shirt trop long, ses cheveux en bataille, et un peu de Nutella sur le coin des lèvres. En même temps, elle était on ne peut plus elle, à ce moment précis. Complètement hors du temps, oubliant tout à partir du moment ou quelque chose avait accrocher son attention. La bonne nouvelle –ou mauvaise, selon le point de vue- c’est que la porte d’entrée n’était pas verrouiller, qu’elle n’entendrait pas si Jérémy venait à sonner. Et vu le texto qu’elle lui avait envoyé, il y avait peu de chance pour qu’il reste devant la porte, surtout que la musique devant s’entendre de dehors –voir son chant catastrophique- et que, du coup, il finirait bien par poussé la porte par lui-même. Mais pour l’heure, elle continuait de hurler les paroles des chansons qui passaient, et de danser comme une folle sur son canapé.


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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mer 11 Aoû - 21:51

Une belle journée. Oui. Pas trop chaud, pas trop froid. Idéale pour sortir un peu le nez dehors. De toute façon la seule chose dont j’avais envie était de réussir à enfin me faire rentrer dans les baguettes ce fichu passage sur lequel j’accrochais dans la chanson qu’on travaillait en ce moment. C’était obsédant, à tel point que cela m’avait sorti du lit ! Mais comme mes parents étaient curieusement réticents à m’entendre répéter de bon matin, autant aller faire un tour pour me changer les idées. Faudrait quand même que je songe sérieusement à me trouver un appart.

Sorti sans but précis, je me retrouvais donc comme une andouille au guidon de ma moto à rouler juste pour le plaisir. J’aurais bien continué comme ça un bout de temps, mais en ce moment on ne pouvait pas dire que le prix du plein m’incitait à des dépenses inconsidérées. Je décidais donc de me rabattre vers Central Park. Là au moins j’étais certain de ne rien pouvoir acheter !

La circulation était encore fluide, et rien ne me pressait. Ne rien avoir à faire était quelque chose qui me perturbait à chaque fois. J’aimais bien me détendre de temps en temps, mais c’était généralement en sachant ce que j’allais faire ensuite. Bah. Je trouverai toujours de quoi m’occuper. Dans le cas contraire, ma batterie se rappellerait à mon bon souvenir de toute façon.

A peine avais-je atteint le niveau de Murray Hill que je sentais mon téléphone vibrer. Quand je serai riche et célèbre, je m’achèterai un kit main libre ! Bon ceci dit, l’avantage à moto, c’est que l’on peu assez rapidement se garer. Mais s’arrêter, virer le casque et décrocher avant que l’appel tombe sur la messagerie restait un petit exploit. Bon… je m’étais pressé pour rien, étant donné que c’était un sms.

Tiens… October. Je ne pus m’empêcher de sourire, tout en me demandant ce qu’il se passait. Ce n’était pas le fait de recevoir un message de sa part. Non ça c’était relativement courant. C’était plutôt l’heure qui était surprenante. Elle n’était pas particulièrement matinale d’habitude la petite. Par contre elle était directe, et aujourd’hui elle ne dérogeait pas à cette règle. Son message était on ne peut plus concis.

Je rangeais lentement mon téléphone dans ma poche, le temps de faire le point. Passer prendre le café chez October n’était pas pour me déplaire, et la formulation du message laissait penser que j’étais le seul destinataire. Cela faisait un petit moment que je ne m’étais pas retrouvé seul avec elle… sans Gabriel et Nathan. Loin de moi l’idée de regretter le temps passé tous ensemble. Non… Au contraire, depuis que j’avais décroché mon diplôme, je ne demandais que ça maintenant que j’avais le temps de me consacrer uniquement au groupe. Et puis nous nous entendions bien, à quelques détails près.

Mais je devais avouer que l’envie de me retrouver seul avec October me passait de plus en plus souvent par la tête. C’est qu’elle avait bien changé. Dès le début, quand elle nous a rejoint, je l’ai toujours bien aimée. Mais à l’époque, c’était sur un registre très amical, sans arrières pensées. Elle était un peu la petite sœur que je n’avais jamais eue. Impossible de s’ennuyer avec elle. Et nous étions trois à la couver. Bon sang, quand est-ce que ça avait changé ? A partir de quand me suis-je mis à penser à elle dès qu’elle n’était plus là ? Le pire c’est que je vois bien que depuis toujours elle s’intéresse à Gabriel. Ah ! Il vaut mieux que je pense à autre chose. D’autant plus que je suis peut-être en train de me faire un film complet et que si ça se trouve Gabriel et Nathan sont déjà en route eux aussi. Je verrai bien en arrivant. Re casque, et demi tour vers Greenwich. La circulation me semblait tout à coup nettement plus lente que tout à l’heure.

J’étais déjà allé quelques fois chez les parents d’October. Des gens charmants, bien que ne comprenant strictement rien à la passion de leur fille, ce qui affectait pas mal leurs relations. Ceci dit, je pouvais parler moi… C’était pas franchement la joie chez moi non plus. La maison qu’ils habitaient était située dans un quartier relativement calme, et je fus d’autant plus surpris d’entendre de la musique en arrivant tournant dans leur rue. Il devait y avoir une fête quelque part !

Ce n’est qu’une fois garé devant leur maison que je réalisais que la musique en question venait précisément de chez eux. Vu le niveau sonore, soit ses parents étaient devenus sourds, soit October avait la maison pour elle ! J’ouvris mon blouson pour y ranger mes clés, et le laissai ouvert étant donnée la température ambiante. Jean, tee-shirt, blouson, baskets. Pas très original, mais je n’avais pas pour habitude d’être extravagant. Mon casque à la main, je tentais tout de même un coup de sonnette à leur porte bien que ce serait très étonnant que quiconque puisse l’entendre à l’intérieur.

Ah mais c’est qu’il n’y avait pas que de la musique ! Il me semblait bien entendre quelqu’un chanter… ou tenter quelque chose d’approchant en tout cas. Mais là, ce n’était plus du chant, c’était un massacre. Et à la voix, c’était October qui commettait une chose pareille. Hé bé… elle avait du coffre quand elle voulait. En tout cas cela me confortait dans l’idée que personne ne pouvait m’entendre sonner là dedans. Plus qu’à espérer que la porte soit ouverte. Je n’aimais pas vraiment ça, mais pas d’autre solution à moins de frapper à une fenêtre ce qui n’était pas franchement mieux. Et puis il devenait carrément improbable que ses parents soient ici. Pas avec un bruit pareil !

Je tournai donc la poignée et entrai dans la maison. Personne dans l’entrée, et le volume sonore devenait maintenant franchement décapant, du moins pour un endroit où une famille était censée habiter. Je laissai échapper un petit rire. Elle était incroyable ! Si elle continuait de la sorte, je ne donnais pas cher de son larynx. Après m’être quand même annoncé d’un superbe « Hého ? Il y a quelqu’un ? » bien inutile, je posai mon casque dans l’entrée et me dirigeai vers le salon.

Incroyable… le mot était faible. Pourtant j’aurais dû être habitué depuis le temps. Mais elle arrivait toujours à me surprendre. Ce petit bout de femme était en train de hurler dans un balai en sautant frénétiquement sur son canapé. Et dans une tenue… ben pas forcément adéquate pour recevoir du monde. M’étonnerais beaucoup que ce tee-shirt soit à elle, ce qui me fit tiquer un bref instant. Mais le spectacle était trop fascinant pour que je me m’attache à ce… petit détail. Comment pouvait-on être aussi mal peignée et aussi jolie. Je doutais que le maquillage au chocolat y soit pour quelque chose.

C’était curieux. Tout indiquait qu’elle ne s’attendait pas à ce que quelqu’un arrive. Aucun doute pourtant sur le fait qu’elle m’avait invité à passer. J’avais lu et relu son message suffisamment de fois pour en être certain. Peut-être qu’elle ne s’attendait pas à me voir débarquer si rapidement. Mais maintenant j’étais là, et m’éclipser sur la pointe des pieds serait un poil ridicule.

Elle n’avait toujours pas remarqué mon arrivée. Les autres auraient été là, la situation aurait certainement dégénéré d’une façon ou d’une autre vers un délire général. Mais il n’y avait qu’elle et moi. Et du coup je ne savais plus comment réagir. Il y a peu de temps, je l’aurais trouvée tordante… aujourd’hui je la trouvai charmante. Et ça me perturbait. Je ne savais pas si elle se rendait bien compte de ce que j’éprouvais pour elle, et j’avais bien du mal à deviner ce qu’elle pensait de moi. Mais ce n’était pas franchement le moment d’y penser.

Bras croisés, je m’appuyai de l’épaule contre le montant de la porte, un sourire amusé aux lèvres. Elle était tellement partie dans son délire que je crois bien que j’aurais pu attendre là jusqu’au repas de midi. Heureusement la fin du morceau sonna le moment de mon entrée sur scène.

« Ton balai n’est pas branché tu sais. Mais j’admire quand même la performance. Si si ! »

La chambrer gentiment avait été trop tentant. Et puis ça me permettait de masquer mon trouble.

« Il me semble que tu avais parlé d’un café non ? »
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 12 Aoû - 1:21

    On touchait – comme de nombreuses fois – le problème d’October : Son esprit. A croire qu’elle avait un deuxième pouvoir, qui n’était vraiment pas fait pour l’aider. La jeune femme avait cette particularité, bien à elle, de laisser son esprit s’intéresser à tout et à rien, tout en occultant le reste. C’était elle qui avait envoyé un message. Elle qui avait demandé à Jérémy de passer. Encore elle qui avait prit la décision de faire le ménage pour l’accueillir. Tout ce qu’elle avait entreprit avait une raison : son arrivée à lui. Et là, par un miracle que seul son cerveau savait faire, elle avait tout oublier. Son esprit avait semblé plus important de se sauter sur le canapé, de hurler des paroles et, de prendre son balai pour le pied de micro dernier cri qui venait de sortir. Tout le reste, tout ce qui l’avait mené à cette situation, avait été occulté de la manière la plus simple qu’il soit. Ziouuu disparut !

    Et tout semblait vouloir jouer contre elle. La musique trop forte l’empêchait d’entendre la sonnerie. Ses cris, qui se voulaient être un chant, masquèrent l’appel qui venait de l’entrée. Sa danse sautillante sur le canapé, lui empêcha de voir que quelqu’un se tenait là, dans l’encadrement de la porte, appuyé dessus. Tout était là pour l’empêcher de voir qu’elle se donnait en spectacle… Devant lui, en plus. Bon, ce n’était pas vraiment comme si c’était une nouveauté. October avait le don pour se mettre dans des situations impossibles. Oui, presque un second pouvoir tellement ça pouvait paraître normal chez elle. N’empêche que…

    La musique s’arrêta, et October était déjà prête à se baiser légèrement pour faire une courbette à un public imaginaire. Elle n’en n’eue pas le temps…


    « Ton balai n’est pas branché tu sais. Mais j’admire quand même la performance. Si si ! Il me semble que tu avais parlé d’un café non ? »

    Le problème quand on à véritablement un pouvoir, c’est que ce dernier à une tendance à se déclencher à la moindre émotion un peu trop forte. Surtout quand son contrôle n’est pas une chose acquise. Au premier son d’une autre voix que la sienne, le balai s’échappa de ses mains pour tomber au sol. Oh ce n’était pas elle qui l’avait laisser tombée volontairement, ou dans un sursaut. Il était bien question de sursaut mais, là ou les gens normaux faisaient des bonds, October, elle, elle se dématérialisait. Plus rien de tangible ne tenait le balai, alors il avait logiquement fini sur le sol. Et dans le même instant, October s’enfonça à travers le canapé jusqu’au genoux pour finir bloquer dedans. Parce qu’une fois l’effet de surprise passé, son cerveau comprit parfaitement ce qui venait de se passer, et elle n’avait pas lieu d’avoir peur. La voix, ce n’était que celle de Jérémy.

    A moitié dans le canapé, elle croisa les bras, tourna la tête vers lui dans une moue faussement accusatrice. Comme si cette situation était de sa faute, alors qu’il n’y était pour rien. Il n’était pas fautif de son non contrôle de pouvoir. Il était encore moins coupable de l’avoir surpris alors que s’était elle qui l’avait invité. Et, en aucun cas, il n’était à considérer comme blâmable pour la gêne qu’elle pouvait ressentir à se retrouver dans cette situation devant lui… Quoique, pour ce dernier point, peut être qu’elle pouvait lui en vouloir. Il ne serait pas lui, qu’elle n’aurait peut être pas ses joues qui s’empourpraient légèrement. Mais hors de question de faire savoir ce dernier point, alors elle utilisa la seule arme qu’elle avait à sa disposition : le chambrer à son tour.


    « T’es même pas au courant que ce nouveau modèle de micro ne se branche pas ? Faut vraiment tout t’apprendre à toi ! »

    Petit mouvement de tête signifiant un « Nah ! » enfantin, puis elle ferma un instant les yeux en faisant un pas en avant et se sortir du canapé. Ce n’était pas en restant dedans qu’elle allait pouvoir lui offrir le café qu’elle avait promis dans le message qu’elle lui avait envoyé. Oui, parce qu’il convenait de penser au café et surtout pas à la tenue qu’elle portait devant lui. Sinon, elle s’assurait de virer au rouge tomate. Une réaction qu’elle avait du mal à comprendre. Ils avaient, tous ensemble, passé assez de temps ensemble pour ne pas qu’elle se sente gênée d’avoir un t-shirt lui tombant à mi-cuisse. Après tout, tous l’avaient déjà vu en jupe, ou en maillot de bain lors de soirée, de vacances, de sorties, de n’importe quoi. Un t-shirt, ce n’était pas super habillé, elle voulait bien le concevoir, mais ça n’avait rien de gênant devant une personne qu’elle connaissait depuis ses treize ans, si ?

    « Et merci pour la performance, je compte m’inscrire à cette émission télé réalité à la recherche de nouveau talent. Je suis certaine de faire fureur ! »

    Le sourire qu’elle avait sur le coin des lèvres montrait parfaitement qu’elle n’avait rien de sérieuse. De toute façon, il suffisait de la connaître pour savoir qu’elle était la première à ne pas comprendre ce genre d’émission. Alors si vraiment elle venait à y mettre les pieds c’est qu’un mutant se serait emparer de son esprit, et la contrôlerait à distance. Hey peut être même qu’il pouvait faire cela à partir d’une sorte de télécommande, qu’elle serait prisonnière de son corps et qu’elle assisterait à ses actions, complètement impuissante… Et voilà, elle commençait encore à divaguer. Secouant légèrement la tête pour remettre ses idées en place, elle alla éteindre la radio et regarda à nouveau Jérémy, comprenant enfin et parfaitement qu’il était vraiment là.

    Il était là, appuyé au battant de la porte, dans ses vêtements si simples mais qui lui allait parfaitement, les bras croisés, son casque et… Et ce sourire sur le bord des lèvres. C’était vraiment injuste de créer des personnes de ce genre, juste fait pour faire sentir si petite face à lui. Ce que, si elle n’avait pas un minimum de retenu et de dignité, elle serait capable d’être comme toutes ses groupies, fondant littéralement sur place devant un sourire et un regard de cette trempe. Le monde était vraiment injuste de lui faire côtoyer, ce qu’elle mettait presque au rang de la perfection à longueur de journée. Non mais c’était obligé, on cherchait vraiment à la mettre à l’épreuve, elle n’avait pas d’autre explication possible.

    Et devant cette vision, elle ne pu que prendre complètement conscience de la situation qu’elle avait créer. Elle dansant et hurlant dans un t-shirt avec un balai à la main. Mon Dieu, il avait vraiment assisté à cela ?


    « Ca fait longtemps que t’es là ? »

    La question était faite à voix haute, suivant le fil de ses pensées. Mais à peine venait-elle de la prononcé qu’elle réalisa qu’elle ne voulait pas la réponse. Et si il était là depuis assez longtemps pour avoir eu l’occasion de la voir se ridicule totalement ? Et pourquoi est ce que cela l’inquiétait tellement. Après tout ça faisait partie de sa personnalité. Ce n’est pas comme si c’était nouveau. Et… Argh… Pourquoi tout commençait à s’embrouiller dangereusement dans un coin de sa tête. D’un geste de la main, pour l’empêcher de répondre quoique ce soit, elle reprit.

    « Non, laisses tomber, je ne veux pas savoir. Je crois que… Je crois que je vais te donner ton café et m’enfermer dans ma chambre pour les 10 ans à venir. Ca parait être la meilleure des solutions. »

    Ses bras était tombés le long de son corps, les épaules affaissées, complètement débité… Bon s’était un genre qu’elle se donnait. Parce qu’en réalité, elle vivait très bien la situation. Bon, d’accord, elle aurait préféré de ne pas oublier qu’elle l’avait invité, être dans une tenue un peu plus décente, et ne pas se donner en spectacle comme elle l’avait fait. Mais les choses étaient ce qu’elles étaient, et October était bien incapable de montrer un signe de lassitude ou de mauvaise humeur. Alors, elle devait bien faire semblant, même si elle était peu crédible dans ce rôle. Le nombre de fois ou on l’avait vu de mauvaise humeur, ou triste, devant se compter sur les doigts d’une seule main. Incapable de tenir le rôle qu’elle se donnait, elle releva bien vite la tête dans un sourire, et en passant à côté de Jérémy, elle lui décrocha un mini coup de poing dans l’épaule.

    « Allez viens, sinon le café va être froid ! »

    Une chance pour elle qu’elle ne sache pas qu’il était flagrant qu’elle ait mangé du Nutella, sinon elle aurait trouver le moyen de rougir un peu plus. Ce qui aurait vraiment été beaucoup trop, en si peu de temps et, surtout, devant lui. En quelques pas elle était dans la cuisine, et servait une tasse de café, alors que sur le plan de travail trônait encore sa tartine largement entamée. Pour ce qui était de se changer, elle fera cela après, de toute façon elle n’était plus à quelques minutes prêt dans cette tenue. Au moins, elle n’était plus en train de remuée comme une folle avec un balai. Un bon point pour elle. Déposant la tasse de café devant Jérémy, elle en prit une pour elle et se posa sur un tabouret haut, avant de lui exposer la situation, et les raisons de cette invitation aussi tôt le matin… Ce qui allait poser problème étant donné qu’elle n’avait aucune raison à exposer. Cela lui était juste apparu comme quelque chose de normal. D’instinctif.

    « Mes parents sont partis pour la semaine. Anniversaire de mariage, si j’ai bien tout suivit. Alors je me suis dit qu’il fallait fêter le fait que la maison serait vide pendant tout ce temps. Du coup bin je t’ai envoyé le message. Je l’ai envoyé qu’à toi parce que les autres sont forcément en train de dormir à cette heure ci. Toute façon ils dorment tout le temps, des vraies marmottes… »

    Elle avait toujours tendance à se lâcher en taux de paroles. Encore plus quand elle se sentait obligée de se justifier sur un fait. Et là, elle se croyait obliger de justifier le fait qu’elle ne l’avait inviter que lui. Quand on la connaissait il était facile de comprendre quand elle était dans ce cas de figure, vu qu’elle avait tendance à sortir des tirade qui prenait fin, seulement quand elle manqua d’air, comme s’était le cas à ce moment précis. Les mots s’étaient enchaînés, sans qu’elle prenne le temps de respirer. Et une fois que ce fut fait, elle s’empressa de boire une gorgée de café en espérant que ce fait allait passer inaperçu. Elle avait bien le droit d’y croire, non ? Ou la deuxième méthode, pour s’assurer que cela passerait inaperçu était encore de faire en changement de sujet… Ce qu’elle appliqua sans réfléchir davantage.

    « Comment ça se fait que t’es levé si tôt ? »

    Question quelque peu stupide. Si elle se justifiait de l’appeler lui, et pas les autres, en disant qu’elle pensait qu’il serait le seul à être réveillé, pourquoi elle se qu’elle s’étonnerait d’un réveil si matinal ? Y a des fois ou fallait vraiment qu’elle prenne le temps de réfléchir avant d’ouvrir la bouche… Tient c’est drôle, c’est ce que ses parents ne cessaient de lui répéter à longueur de journée.


Dernière édition par October S. Parvin le Jeu 19 Aoû - 14:18, édité 1 fois
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mer 18 Aoû - 15:20

Visiblement mon entrée inattendue, qui n’aurait pas dû l’être tant que ça, avait produit son petit effet. Pas tout à fait celui que j’attendais ! Voir une amie passer à travers un canapé à toujours quelque chose de surprenant. Je crois que je ne m’y ferai jamais ! Chez quelqu’un d’autre ça m’aurait certainement agacé. Mais elle… et la moue qu’elle fit ! Adorable. Mon sourire s’en élargit d’autant plus que je me doutais qu’elle me jouait la comédie. C’était bien dans son style. Je fus un peu plus surpris par la teinte rosée que prirent ses joues. Etant donné la situation un peu rocambolesque ça pouvait se comprendre. Mais d’habitude elle se souciait assez peu de ce genre de chose.

« T’es même pas au courant que ce nouveau modèle de micro ne se branche pas ? Faut vraiment tout t’apprendre à toi ! »

Ah ok. Au moins ça ne lui avait pas fait perdre son sens de la répartie.

« Que veux-tu, je n’ai plus le temps de me tenir au courant. Heureusement que je peux compter sur toi pour me montrer les nouveautés ! »

Elle s’extirpa du canapé comme si c’était la chose la plus naturelle. Sans doute que ça le devenait avec le temps. De toute façon elle n’allait pas y rester plantée jusqu’à ce soir. La voir dans cette tenue pour le moins décontractée me faisait un drôle d’effet. J’avais ces derniers temps de plus en plus de mal à me forcer à ne la voir que comme une amie. A me comporter comme si elle n’était rien de plus pour moi.

A moins qu’elle soit aveugle, il était plus que probable qu’elle l’ait bien compris. Tout comme moi je voyais bien que depuis des années elle admirait Gabriel. Si seulement j’étais certain qu’elle ne ressentait rien pour moi, au moins je serais fixé. Mais j’avais du mal à savoir ce qu’elle pensait. Parfois j’avais l’impression qu’elle aussi ne me regardait plus exactement comme avant. Et tant qu’il existait le moindre doute, hors de question de renoncer. Le plus simple serait que je me lance et aborde directement avec elle le sujet. Mais c’était risqué. Si je me plantais, je ne n’étais pas certain d’arriver à rester dans le groupe. Et puis surtout je n’avais pas franchement envie de lui forcer la main. C’était à elle de choisir, et j’attendrai le temps qu’il faudra. Je ne pouvais qu’essayer de lui montrer que de mon côté je n’attendais que ça, en évitant de la mettre mal à l’aise pour autant. Bon sang que c’était compliqué.

« Et merci pour la performance, je compte m’inscrire à cette émission télé réalité à la recherche de nouveau talent. Je suis certaine de faire fureur ! »

Elle avait le don de pouvoir plaisanter dans toutes les situations. Le sourire qu’elle affichait montrait pertinemment le peu de cas qu’elle faisait de ce type d’émissions, ce qui n’était pas nécessaire vu que je la connaissais suffisamment de temps pour le savoir. Je répondis sur le même ton de plaisanterie.

« Oh mais je suis certain que tu ferais un malheur ! Tu pourrais même en profiter pour lancer une nouvelle mode. C’est très seyant comme tenue. »

Je n’étais pas certain que ce soit une très bonne idée de faire allusion à la façon dont elle était habillée. Mais au moins ça faisait partir le sujet vers la plaisanterie, ce qui me paraissait finalement mieux que de faire comme si de rien n’était.

« Ca fait longtemps que t’es là ? Non, laisses tomber, je ne veux pas savoir. Je crois que… Je crois que je vais te donner ton café et m’enfermer dans ma chambre pour les 10 ans à venir. Ca parait être la meilleure des solutions. »

October sembla s’effondrer en disant cela. J’aurais pu m’y faire prendre… je dois bien avouer que j’ai même hésité un bref instant. Mais c’était tellement loin de son tempérament que le doute n’était pas permis. D’ailleurs elle-même ne fut pas capable de jouer cette comédie plus de quelques secondes, et afficha à nouveau son éternel sourire en se dirigeant vers la cuisine. En passant elle me donna un petit coup dans l’épaule, qui me fit surtout sourire pendant que je m’écartai du passage.

« Rassure-toi je viens d’arriver. Par contre je vais pas tenir dix ans à chanter sous ta fenêtre avec juste un café. Donc ta solution n’est pas envisageable, désolé ! Et puis dix ans de pluie, personne ne s’en remettrait ! »

Histoire d’alléger ce que mon propos sous-entendait, j’avais terminé en plaisantant sur ma misérable façon de chanter. J’en profitai également pour quitter mon blouson et le poser sur le dossier d’une chaise du salon, ce qui fit que je l’avais perdue de vue un instant. Mais ça ne m’empêcha pas de l’entendre.

« Allez viens, sinon le café va être froid ! »

Je la rejoignis dans la cuisine, alors qu’elle était déjà en train de verser du café dans une tasse. Je pris place sur un des tabourets et remarquai la tartine entamée qui gisait sur le plan de travail. Je venais sans doute de trouver l’origine du maquillage surprenant d’October, qu’elle-même ne semblait pas avoir remarqué. Elle posa la tasse devant moi et retourna s’en servir une autre avant de se percher elle aussi sur un des sièges.

« Merci mam’selle. »

« Mes parents sont partis pour la semaine. Anniversaire de mariage, si j’ai bien tout suivit. Alors je me suis dit qu’il fallait fêter le fait que la maison serait vide pendant tout ce temps. Du coup bin je t’ai envoyé le message. Je l’ai envoyé qu’à toi parce que les autres sont forcément en train de dormir à cette heure ci. Toute façon ils dorment tout le temps, des vraies marmottes… »

Voilà donc pourquoi j’étais le seul destinataire du message. Heureusement que j’avais évité de me faire des idées, mon ego en aurait pris un coup. Bon ok, il en prenait un quand même. Mais je n’allais pas me plaindre, les occasions de me retrouver seul avec elle étaient trop rares. Beaucoup trop. Par contre depuis le temps j’avais appris à reconnaître, à sa façon de parler jusqu’à en perdre haleine, les moments où elle cherchait à justifier son comportement. Et là c’était visiblement le cas. C’était curieux. Après tout, si elle pensait que j’étais le seul à être réveillé, tout était logique. Cela n’exigeait pas une telle explication précipitée.

« Comment ça se fait que t’es levé si tôt ? »

Là par contre ce n’était plus logique du tout. Je pris une gorgée de café, souris et posai mon regard dans le sien, comme si cela pouvait m’aider à comprendre ce qui se passait dans sa jolie tête.

« Tu sais, parfois j’ai du mal à te suivre. Je me suis réveillé tôt à cause de cette satanée chanson. Il y a un pont particulier, après le deuxième couplet, qui me pose problème. Mais ça va bien finir par me rentrer dans les baguettes ! J’aurais bien voulu travailler un peu ce passage mais curieusement mes parents ne m’ont pas paru très enchantés à cette idée. Je suis donc sorti faire un tour pour me changer les idées. J’ai eu ton message sur le trajet. »

Je n’avais pas pu m’empêcher de lui faire comprendre que j’avais remarqué la contradiction flagrante entre son explication et sa question. Mais ce n’était pas la peine d’en rajouter non plus. Chercher à savoir ce qu’elle avait en tête était une chose, mais la mettre mal à l’aise n’était pas mon but. Une nouvelle gorgée de café et je repris sur un ton moqueur.

« Donc la maison est à toi pour la semaine. Je ne pensais pas tes parents si inconscients ! »

Mais qu’entendait-elle par fêter ? Je ne voyais que deux options pour la suite de la journée.

« Alors comment la reine de la fête envisage-t-elle la suite des opérations ? Tu veux qu’on refasse le monde en attendant que Gabriel et Nathan daignent ouvrir un œil ? »

Cette option était la plus adaptée à la notion de fête. Mais là, à cet instant, ce n’était pas du tout celle qui me tentait le plus. La journée serait certainement très agréable, comme à chaque fois que nous étions tous réunis. Et que Gabriel n’avait pas touché à sa cochonnerie, mais ça c’était un autre problème. Mais si pour une fois je pouvais avoir l’occasion de passer du temps avec elle, je devais au moins tenter ma chance.

« Sinon on peut aller balader quelque part au gré du vent sur mon fidèle destrier. Il y a certainement plusieurs endroits où on pourrait envisager de fêter dignement cette occasion. »

Bon ce serait surtout au gré du plein de carburant qu’il faudrait certainement que je complète si je ne voulais pas lui faire le coup de la panne. J’essayais d’avoir l’air le plus naturel possible. J’avais lancé l’idée et j’attendais maintenant de voir si elle allait la saisir. Je regardais la tasse vide dans ma main, en faisant tourner une petite goutte restante dans le fond bombé. Je me sentais un peu ridicule à attendre une réponse qui n’aurait peut-être pas du tout la même signification pour elle que pour moi. Qu’est ce qui empêchait deux amis de se balader ensemble ? Absolument rien sans doute.
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 19 Aoû - 14:13

    Il serait difficile de définir October sans parler des nombreuses mimiques qu’elle avait. A croire qu’elle les inventait sur le tas, selon la situation, se sentant obligé de réagir à tout. A sa manière. La preuve si fit, une fois de plus, quand Jérémy lui annonça, sur le ton de la plaisanterie, qu’il pouvait compter sur elle pour se tenir au courant des nouveautés. Oh, elle n’avait rien répondu, du moins, pas sous forme de mot. A la place, elle avait fait un clin d’œil complice, ajouter à petit claquement de langue et d’un pouce relevée. Comme pour dire, de manière amusé et ironiquement suffisante, qu’elle était à la pointe de ce genre d’info et qu’elle ne manquerait pas de le tenir à la page. Comme si il avait besoin d’elle pour ce genre de chose. Voilà, elle avait des réponses, bien plus expressives, à tout juste par des mimiques de ce genre. Un court instant plus tard, elle avait même répondu en tirant la langue, toujours aussi amusée, quand il avait dit être certain qu’elle pourrait faire fureur dans une émission de télé-réalité. Comment répondre autrement, alors qu’il connaissait parfaitement son aversion pour ce genre d’émission. Bien que l’apparition du bout de sa langue avait, surtout, été une réponse à la réflexion sur sa tenue. Une façon pour elle de ne pas se mettre à rougir, une fois de plus, pour être dans un t-shirt alors qu’il était là. Juste une manière de prendre les choses à la légère plutôt que de vouloir admettre qu’elle se souciait de son apparence quand elle était face à lui.

    October avait la prodigieuse capacité de se voiler la face. Si elle devait répondre le plus sincèrement possible, elle était bien obliger d’avouer qu’elle avait compris certain regards que Jérémy pouvait lui lancé. Elle ne faisait que se mentir quand elle s’assurait, à elle-même, qu’elle se faisait des films. Jérem’ savait être expressif, elle ne serait qu’une parfaite aveugle si elle n’admettait pas ce point. Et tout aurait pu être tellement plus simple si elle n’avait pas cette même impression avec Gabriel. C’était moins flagrant, mais elle pensait également que les choses n’étaient pas impossible avec lui. Elle se trompait peut être, se berçait d’illusion sur ce béguin d’adolescente qui n’était jamais réellement partit. Elle n’en savait rien, mais ça rendait tout un peu plus compliqué que ce que ce n’était. Et le fait d’être un groupe d’ami, de musique, qui se côtoie depuis des années ne faisait qu’ajouter en complexité. October n’avait pas envie de choisir, ni arrivait pas, parce qu’elle était incapable de perdre l’un ou l’autre. Incapable de savoir lequel des deux était son réel choix. Impossible de ne pas être insensible au charme et au caractère de Jérémy. Impossible de faire une croix sur les sentiments qu’elle avait pu avoir - qu’elle avait ? – pour Gabriel. Bien que sa façon de se shooter en permanence avait une sérieuse tendance à faire basculer la balance du côté de Jérem’ qui avait la constance qu’elle recherchait et que Gabriel était incapable d’avoir… Pour le moment…

    Alors oui, elle préférait tout prendre sur le ton de la franche camaraderie, plutôt que de songer à sa tenue devant une personne qui lui procurait tant de questionnement. De fois, elle regrettait seulement de ne pas avoir une personne avec qui en parler, capable de l’aiguiller et de lui donner conseil. Et il était important d’éviter ce sujet avec son cousin qui, avec son tempérament protecteur, finirait par faire une syncope ou l’enfermer dans un couvent jusqu’à la fin de ses jours. N’empêche qu’elle n’avait pas pu s’empêcher de s’inquiéter sur la durée de la période qui avait permit à Jérem’ de la voir s’agiter sur le canapé. Une demande qu’elle regretta bien vite en assurant qu’elle préférait aller s’enfermer dans sa chambre, histoire de ne pas avoir à vivre avec tout cela.


    « Rassure-toi je viens d’arriver. Par contre je vais pas tenir dix ans à chanter sous ta fenêtre avec juste un café. Donc ta solution n’est pas envisageable, désolé ! Et puis dix ans de pluie, personne ne s’en remettrait ! »

    Rassurée, elle l’était. C’était toujours ça de gagner. Cependant, l’espace d’une courte seconde son corps sembla se figer dans le temps. Juste une seconde, le temps qu’une information monte à son petit cerveau. Dix ans sous sa fenêtre. Pourquoi est ce qu’il ferait cela ? Question beaucoup trop stupide, elle s’en mettrait des claques elle-même. Le sujet n’était, simplement, pas envisageable pour un tas de raisons déjà évoquées. Heureusement, il mit le tout sur le ton de l’humour en précisant que tout cela n’apporterai que de la pluie pour les dix prochaines années. Pas de réponse verbale, pas de mimique, juste un sourire un peu forcé pour souligner le trait d’humour qu’il avait fait avant de se diriger vers la cuisine pour lui préparer le café qu’elle avait promis. C’était la meilleure chose à faire. Oui, la meilleure chose…

    Ils finirent, donc, tous les deux dans la cuisine avec une tasse de café à la main. October se justifiait sur le fait de n’avoir lancé l’invitation qu’à Jérémy et pas aux autres, ce qui était probablement une erreur monumentale de sa part. Mais c’était plus fort qu’elle, impossible de ce contrôler sur ce point. S’en était presque affligeant, surtout quand on s’adresse à une personne supposé vous connaitre. La première image qui lui venait à l’esprit était celle de l’elfe de maison, dans Happy Potter, en train de se frapper la tête contre tout et n’importe quoi pour avoir fait une connerie. Elle aurait bien aimer faire la même chose, pour ne pas savoir se retenir, pour pouvoir être comprise un peu trop facilement. Mais avoir ce genre d’attitude aurait vite fait de la cataloguer comme « folle ». Cela dit, qu’est ce qui pouvait encore étonner venant de sa part ? Alors, rapidement, elle avait enchainé avec une question encore plus débile que sa précédente réaction… Mais ou était donc la lampe de chevet contre laquelle elle aurait pu se frapper ??? Et puis, avait-il besoin de la regarder de cette manière, comme si il cherchait à la comprendre ? Rah, les choses étaient d’un compliquées des fois !


    « Tu sais, parfois j’ai du mal à te suivre… » Là, ce fut le moment ou elle haussa les épaules, dans un sourire, comme pour lui faire comprendre qu’elle était ainsi, qu’on allait pas la changer maintenant. Et puis, ça serait beaucoup moins drôle si ce n’était pas comme ça. En bref, elle noyait le poisson dans une mimique à la noix, avant de boire une longue gorgée de son café. « … Je me suis réveillé tôt à cause de cette satanée chanson. Il y a un pont particulier, après le deuxième couplet, qui me pose problème. Mais ça va bien finir par me rentrer dans les baguettes ! J’aurais bien voulu travailler un peu ce passage mais curieusement mes parents ne m’ont pas paru très enchantés à cette idée. Je suis donc sorti faire un tour pour me changer les idées. J’ai eu ton message sur le trajet. »
    « Oh vraiment ? Les parents son parfois difficile à comprendre ! » Lança-t-elle sur un ton amusé.

    October comprenait tout à fait que des parents n’acceptent pas ce genre de chose. Ne serait-ce chez elle, si elle avait le malheur de mettre la basse sur l’ampli, elle pouvait être certaine de passer sous un torrent de reproche. Elle s’en passait bien, les choses étaient déjà assez difficile à vivre, sans avoir besoin de trouver des raisons de plus à de nouvelles engueulade. La musique était bruyante, alors cela avait toujours tendance à poser problème. Il n’y avait eu que les parents de Nathan qui avaient su être compréhensifs sur ce point, acceptant même un studio de répétition dans le sous sol de leur maison. Sous sol qui comportait encore les nombreuses phrases qu’October avait pu écrire sur les murs, selon ses humeurs. Une sale manie chez elle, qu’elle avait même réussi à retranscrire sur ses t-shirt et haut divers. Hey, au moins, personne ne risquait d’avoir le même qu’elle. En tout cas, pour ce qui était des raison qui l’avait poussé à se lever tôt, elle était tout à fait apte à le comprendre. October était même capable d’inventer des nouveaux morceaux dans son sommeil, et de s’arracher les cheveux en essayant de les retrouver au réveil. Dépitant. Une chose était sûre, elle ne préféra pas s’expliquer sur le fait qu’elle était difficile à suivre. Il y a des choses qu’il vaut mieux passer sous silence. Et puis Jérémy revint bien vite à la maison vide, sur un ton moqueur.


    « Donc la maison est à toi pour la semaine. Je ne pensais pas tes parents si inconscients ! »
    « Hey attends, des années à les torturer avec ma musique, en gaffe diverse et cassage de vase involontaire pour qu’ils se décident enfin à prendre le large quelques jours. Tu n’imagines même pas les efforts que ce genre de chose demande ! »

    Évidemment tout avait été dit sur le ton de l’humour. Elle avait vraiment fait tout cela, mais la plus part du temps c’est parce qu’elle était, simplement, poisseuse. C’était comme le fait de se foulé le poignée avant chaque concert, October devait être suivit par la mauvaise étoile charger de porter la poisse aux personnes. Ce qui était bizarre avec elle, c’est qu’elle prenait toujours le sujet de ses parents sur le ton de l’humour. Jamais elle n’avait trouver à se plaindre d’eux, pourtant, ce n’était pas un secret, l’entente n’était plus de mise depuis des années… Depuis le jour ou ses parents avaient décidé de ne plus s’intéresser à ce qu’elle faisait, ou ce qu’elle devenait, le jour ou ils avaient baisser les bras à cause des choix de carrière qu’elle avait choisie et qui ne leur convenait pas. Après le naturel de la jeune femme faisait qu’elle n’arrivait pas à se plaindre, ou à voir les choses de la mauvaise façon. Alors pas la peine de faire partager son quotidien.

    « Alors comment la reine de la fête envisage-t-elle la suite des opérations ? Tu veux qu’on refasse le monde en attendant que Gabriel et Nathan daignent ouvrir un œil ? »
    « Non ! » La réponse était beaucoup trop rapide, et elle s’en rendit compte un peu trop tard. « Enfin je veux dire, on peut les appeler si tu veux, ça me dérange pas. »

    Elle ne savait pas vraiment comment rattraper les choses, mais c’est Jérémy qui sauva la mise en proposant assez rapidement une ballade sur sa moto, qualifier de fidèle destrier –appellation qui ne manqua pas de la faire sourire-, afin de fêter ça ailleurs, dans un endroit plus approprié. La lèvre inférieure callé sur ses dents supérieure, October sembla réfléchir à la question, et sur les endroits envisageables. Finalement, un large sourire se dessina sur ses lèvres alors qu’elle callait son menton dans la paume de sa main droite et que son coude s’appuyait sur ce qui servait de table.

    « Ouais, trop bonne idée. On prend la moto et on va aussi loin qu’on peut. Genre fuite de ce monde, juste toi et moi et une bouteille de Vodka. »

    Elle n’avait rien de sérieux en disant cela, c’était juste une réponse faisant partie de sa repartie à la noix. Ce n’est qu’en prononçant ces paroles qu’elle se rendit compte de ce qu’elle venait vraiment de dire. Du coup, elle se redressa rapidement, recala sa lèvre entre ses dents, avant de reprendre plus sérieusement.

    « Non, sérieusement, la balade me tente bien. Pour l’endroit, je mise pour… Heu… Je sais pas encore, mais si tu me laisses le temps d’enfiler une tenue plus adapter, je veux bien prendre la peine de trouver un endroit ou fêter ça comme il se doit. »
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Ven 27 Aoû - 22:28

October avait ce côté agréable de toujours tout prendre du bon côté, et de pouvoir plaisanter avec à peu près tout. La pique que je lui avais envoyée sur le fait que ses parents lui confient la maison n’avait pas échappé à la règle. Elle en avait même profité pour rebondir malicieusement sur sa tendance à accumuler les gaffes et maladresses diverses. Bien qu’elle mette souvent ceci sur le compte de la malchance, j’avais tendance à penser que si elle arrivait à se concentrer un minimum sur ce qu’elle faisait tout irait nettement mieux. Mais non, il suffisait que quelque chose attire son attention et hop, elle se bloquait dessus sans plus faire attention à ce qu’elle était en train de faire. Alors parfois il y avait quelques dommages collatéraux. Par moment c’était un peu énervant, mais je devais bien avouer que ça faisait partie de son charme.

J’ai été surpris de la rapidité avec laquelle elle avait répondu quand j’avais proposé d’attendre nos deux compères. Je n’avais même pas eu le temps d’exprimer la seconde possibilité qu’elle avait déjà répondu à la première… par la négative ! Je n’en croyais pas mes oreilles. Décidément ce jour démarrait sous les meilleurs augures. Cela ne la dérangeait peut-être pas si on les appelait, mais moi j’étais plutôt partant pour qu’on ne le fasse pas. Désolé les gars ! J’offrirai l’apéro la prochaine fois.

Ma seconde idée reçu une réponse pour le moins curieuse. Du moins je ne sus pas très bien comment la prendre. C’était certainement encore une boutade à sa façon, mais un bref instant je ne pus m’empêcher d’imaginer que cela soit réel. Elle n’aurait eu qu’un mot à dire pour que cela le devienne. Elle et moi. Rien que nous deux. J’affichai un sourire de façade tout en pensant que si tout laisser tomber était le prix à payer pour être à ses côtés, je ne rechignerais pas à la dépense. Mais il valait mieux que je revienne sur terre, et vite. Ce n’était qu’une plaisanterie comme elle avait l’habitude d’en sortir, inspirée peut-être par l’appellation humoristique que j’avais donnée à ma moto. J’avais bien vu que ça l’avait faite sourire.

Quoi que… pourquoi cette petite mimique qui revenait souvent chez elle quand elle était gênée ? Ben justement, cela ne faisait sans doute que prouver que ses mots avaient sérieusement dépassés sa pensée. D’ailleurs elle répondit à nouveau, bien plus sérieusement cette fois-ci.

« Non, sérieusement, la balade me tente bien. Pour l’endroit, je mise pour… Heu… Je sais pas encore, mais si tu me laisses le temps d’enfiler une tenue plus adapter, je veux bien prendre la peine de trouver un endroit ou fêter ça comme il se doit. »

Ma seconde idée avait finalement bien l’air de la brancher. D’une façon beaucoup moins romanesque, mais nettement plus raisonnable.

« Alors banco pour la balade ! »

Le sourire que j’affichais reflétait mon état d’esprit. Heureux ! Il aurait peut être fallu que je sois un peu moins démonstratif… Mais là c’était impossible !

« Tu veux te changer ? Ben pourquoi ? Tu ferais des ravages ! Et puis je te trouve mignonne comme ça. Avec tes cheveux en bataille et le museau couvert de Nutella, tu fais très chaton tombé du panier ! »

J’avais mis tout ce que j’avais d’humour dans le ton que j’avais employé. Par précaution, je posai ma tasse sur la table car les réactions d’October étaient parfois imprévisibles. Et agitées ! J’avais encore une fois plaisanté sur sa tenue, et j’avais le sentiment de devenir peut être un peu lourd sur ce sujet. Mais je pense qu’inconsciemment je voulais l’inciter à aller se changer. La voir ainsi devait me perturber plus que je ne croyais. Je repris un air un peu plus sérieux.

Ce n’était pas souvent que j’avais l’occasion de lui servir de chauffeur. C’était même très rare. October n’était pas folle, mais il valait quand même mieux lui rappeler un petit détail.

« Par contre quand tu iras te changer, n’oublie pas que c’est en moto que nous allons balader, pas en trottinette. C’est pas que j’aie l’intention de nous envoyer dans le décor, mais on ne sait jamais. »

En ce qui concernait les casques, j’avais bien entendu le mien. Pour October, on était allés en acheter un ensemble juste après que je me sois offert ma yamaha, histoire d'aller faire un tour. Depuis il n'avait pas beaucoup servi, mais je le conservais toujours dans une des sacoches... au cas où. Aujourd'hui je ne regrettais pas de l’avoir trimballé tout ce temps !

Pour ce qui était de trouver un lieu sympa comme destination, je lui faisais confiance. Elle était beaucoup plus imaginative que moi. J’espérais juste que ce serait un endroit où l’on pourrait s’entendre parler un peu. Ce n’était pas que je n’aimais pas les endroits animés, avec le nombre de concerts auxquels nous avions assisté ce serait malheureux ! Mais là je devais avouer que pour une fois que nous étions tous les deux, nous retrouver noyés au milieu de centaines de personnes n’était pas ce qui me ferait le plus planer. Mais je n’allais pas faire le difficile un jour pareil !
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Lun 30 Aoû - 9:59

    Tout le monde possède plusieurs sourires, selon les circonstances. October n’échappait pas à cette règle… Jérémy non plus ! Alors quand sur les lèvre du jeune homme se dessina le sourire que l’on se doit de sortir, mais sans réelle conviction, au moment ou October avait donné son accord pour partir, rien qu’eux d’eux, elle comprit que ses mots avaient dépassés sa pensée. Que c’était le genre d’humour sur lequel il ne fallait pas surfer en compagnie de Jérémy. Ce n’était pas qu’elle voulait le protéger, ou éviter un humour étrange, c’est juste que… C’est juste qu’elle n’était pas si convaincue que cela que ce soit uniquement de l’humour. C’est vrai ! Pourquoi proposer une telle chose ? Elle aurait pu rebondir, avec un réel humour, avec tellement d’idée vu la manière dont il décrivait sa moto. Mais non, il avait fallu qu’elle choisisse cela, parce que c’était la première chose qui lui était venue à l’esprit, parce que ce n’était peut être pas si anodin que cela. Tout le problème résidait dans le fait que si ce n’était pas si anodin que cela avec lui, c’était la même chose pour une autre personne… Comme si elle savait faire les choses de manière simple !

    La deuxième réponse, plus sérieuse fut accepter rapidement, avec un large sourire qui n’avait plus rien à voir ave le premier. Un sourire qui fut forcément communicatif, si on en jugeait par celui qui se trouvait sur les lèvres de la bassiste qui se relevait déjà prête à aller se changer. Chose qu’elle allait faire, sans attenter à la vie de Jérémy si, ce dernier, n’avait pas trouver de quoi la chambrer un peu plus sur sa tenue.


    « Tu veux te changer ? Ben pourquoi ? Tu ferais des ravages ! Et puis je te trouve mignonne comme ça. Avec tes cheveux en bataille et le museau couvert de Nutella, tu fais très chaton tombé du panier ! »
    « Du Nutella sur… » Rapidement, elle porta ses deux mains sur le bout de son nez, tout en frottant comme une malade. Il n’y avait plus qu’une solution pour ne pas devenir rouge de honte – ce qui commençait déjà un peu – s’était de réagir vite et bien. « Hey fais gaffe parce que… » Heu… Parce que quoi ? En manque cruel d’argument à lui répondre, elle passa à côté de lui et lui décrocha un mini coup de poing dans l’épaule. Heureusement qu’il avait eu le réflexe de poser sa tasse sur la table. « Pff, t’es même pas drôle ! »

    Le plus difficile, bien évidemment, était de retenir le sourire qu’elle avait sur le coin des lèvres et qui ne demandait qu’à s’exprimer clairement. Avec le peu de dignité qui lui restait, elle commença à sortir de la cuisine, toute droite et la tête haute… Un peu exagérer, quand même. Quand la voix de Jérémy se fit à nouveau entendre.

    « Par contre quand tu iras te changer, n’oublie pas que c’est en moto que nous allons balader, pas en trottinette. C’est pas que j’aie l’intention de nous envoyer dans le décor, mais on ne sait jamais. »
    « Ouiii, papa ! »

    Le ton avait été ironique, mais amusé quand même. October et sa notion du danger : toute une histoire. Heureusement qu’il lui avait fait cette remarque, parce qu’elle aurait carrément été capable de ne pas porter une tenue adéquate, mais elle demeurait trop fière pour le dire ouvertement. Sauf que, quand on la connaissait, on savait que quand elle employait se genre de réflexion, sur ce ton, c’est qu’elle n’y aurait pas penser par elle-même. En même temps, c’est pas comme si elle s’amusait à faire un tour de moto tous les jours. Les occasions étaient plutôt rare vu qu’ils étaient, le plus souvent, au nombre de quatre.

    Elle quitta la cuisine, toujours sa façon exagérer de se tenir pour ressembler à la fille fière et, arrivée dans les escaliers, elle se mise à les monter deux à deux pour se dépêcher. C’est qu’elle n’avait pas envie de le faire attendre. D’une c’était pas très cool et, de deux, c’était du temps de perdu. Alors assez rapidement elle entra dans sa chambre, mitoyenne avec une salle de bain dont elle ouvrit la porte. Le tout étant d’aller vite, elle jeta un jean sur son lit, un t-shirt noir criblé de truc qu’elle avait écrit elle-même en rouge et une paire de converse. Voguant entre la salle de bain et le lit de sa chambre, elle faisait tout pour s’habiller rapidement. Un peu trop même. Parce qu’elle avait sa brosse a dent dans la bouche, et s’occupait en même temps de mettre son jean, tout en se rendant à la salle de bain. Moralité, ses mouvements étant réduit, elle trouva le moyen de perdre l’équilibre et de te se retrouver dans le sol. Plus de peur que de mal, mais il y avait du dentifrice par terre, le bruit sourd avait du se faire entendre dans la cuisine situé juste en dessous de sa chambre… Super, Jérémy allait encore avoir matière à la chambrer. Lâchant doucement un juron, elle se releva, arriva à finir de s’habiller, se brosser les dents, se nettoyer le visage… Il y avait vraiment du Nutella, ça craint ! et redescendre paré et prête ) partir, une petite veste en cuir dans le creux du bras.

    Arrivée, à nouveau dans la cuisine, elle se mise dans l’encadrement de la porte et leva une main. Geste qui demandait à ne pas parler tant qu’elle ne l’aurait pas fait. Le tout étant de revenir sur la chute qu’elle avait pu faire.


    « Avant toute chose, sache que le bruit que tu as entendu, ce n’est pas ce que tu crois. En aucun cas j’aurais pu perdre l’équilibre en cherchant à faire trente six truc en même temps… Pas mon genre, tu me connais. C’était juste, le lapin qui a sauter de sa cage, en la renversant avec lui dans la foulée. Mais tout va bien ! »

    Une explication qui tenait parfaitement la route, à un détail près : Elle n’avait pas de lapin vu qu’elle détestait tous les rongeurs de ce style. Puis finalement elle leva légèrement les mains en signes d’impatience.

    « Bin alors on y va… Qu’est ce que tu peux trainer quand même, quand tu t’y met… »

    L’hôpital qui se fou de la charité ? Tout à fait, mais elle l’assumait très bien. Et puis comment on pouvait lui en vouloir avec le sourire qu’elle trouvait le moyen d’afficher ? Elle allait donner l’idée qu’elle avait eu pour sortir, encore un truc débile, mais un cirque venait d’arriver en ville. Si les représentation ne commençaient que dans l’après midi, il était toujours possible d’aller croiser les différents animaux qui s’y trouvait. De toute façon, le matin, c’est pas comme si il y avait un tas d’activité possible et inamaginable. Mais avant qu’elle puisse faire sa proposition, le téléphone de la maison se mit à sonner.

    « Je paris sur le fait que ces mes parents… Ils peuvent pas se passer de moi ! »

    Même si elle avait dit cela avec humour, il allait de soit qu’elle n’en croyait pas un mot. Elle imaginait vraiment que ce soit ses parents, mais qu’ils allaient trouver le moyen de lui reprocher quelque chose, lui demander de faire telle ou telle chose, de ne pas ennuyer les voisins, enfin ils pouvaient faire preuve d’une imagination débordante pour ce genre de chose. Elle se précipita sur le téléphone qui était sur le plan de travail, pour répondre.

    « Ouiiiiii » Le genre de réponse ironique et blasée à la fois, bien que le sérieux reprenait bien vite. A priori elle avait fait une boulette en pensant que s’était ses parents, ce qui n’était pas le cas. « C’est mes parents, mais ils sont partis pour… » Finalement, ca devait pas être drôle du tout parce qu’elle ne semblait pas dans son assiette, mais ne semblait pas vouloir comprendre non plus « … Oui c’est ça, une Ford noire… Bin ils vont être sur les nerfs pour une fois qu’ils partaient ensemble… Comment ça… ou ? … J’arrive… »

    October raccrocha le téléphone, un peu ailleurs. L’information qu’elle venait de recevoir ne semblait pas vouloir se faire un chemin jusqu’à son esprit, ou alors elle refusait de mesurer la gravité de ce qu’on avait pu lui dire au téléphone… D’ailleurs on ne lui avait pas dit grand-chose. On lui demandait juste de venir, il était question de ses parents… D’accident de voiture… Elle releva les yeux vers Jérémy.

    « Ca te dérange de me déposer à l’hôpital ? C’était eux au téléphone, a priori mes parents ont eu un accident, ils veulent que je vienne mais c’est stupide parce que ça peut pas être grave, non ? »

    Tout sourire était perdu, et elle cherchait désespérément la confirmation de quelque chose qu’elle ne voulait pas admettre. Mais ne pas vouloir comprendre quelque chose, c’était aussi ne pas se mettre à fondre une durite en moins de trente secondes, non ?
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 9 Sep - 13:33

La réaction d’October ne s’était pas fait attendre après ma plaisanterie concernant sa tenue et le fait qu’elle ait des traces de Nutella sur la figure. Un de ses habituels petits coups de poing m’atteint à l’épaule, sans bien évidemment me faire le moindre mal ce qui n’était pas son but. A son attitude quand elle sortit de la cuisine on aurait pu croire que je l’avais vexée, mais je la connaissais trop bien pour m’y laisser prendre. Et puis elle en faisait un peu trop pour être crédible.

D’ailleurs le « Oui papa » ironique qu’elle lança après mon petit rappel vestimentaire n’avait rien de fâché, et me laissait penser que cette précaution n’avait pas tout à fait été inutile. A peine sortie de la cuisine, je l’entendis se précipiter dans les escaliers comme une dératée. Là aussi, cela n’avait rien de surprenant quand on la connaissait un peu. Non le plus étonnant était qu’elle ne s’était pas fracassée le pied sur une marche en le faisant.

Depuis le temps, ses réactions m’amusaient toujours autant. Comme tout à l’heure, quand elle avait réalisé avoir de la pate à tartiner sur la figure, et qu’elle s’était empressée de se frotter le nez ! Enfin, quand je dis que ça m’amuse toujours autant, je dois bien avouer que la voir faire maintenant ne me faisait pas exactement la même chose que quand elle avait quinze ans.

Un bruit de chute se fit entendre à l’étage. Pas besoin d’être devin pour imaginer la tornade qui devait sévir là haut. Je ne pus quand même m’empêcher de laisser une oreille traîner, craignant qu’elle se soit fait mal. Mais rien ne semblait l’indiquer, ce qui me rassura. De toute façon quelques petites minutes plus tard elle redescendait déjà. Avant que je n’aie pu placer un mot, elle chercha à justifier le bruit sourd de tout à l’heure.

« Avant toute chose, sache que le bruit que tu as entendu, ce n’est pas ce que tu crois. En aucun cas j’aurais pu perdre l’équilibre en cherchant à faire trente six truc en même temps… Pas mon genre, tu me connais. C’était juste, le lapin qui a sauter de sa cage, en la renversant avec lui dans la foulée. Mais tout va bien ! »

Ben voyons. J’aurais donné cher pour voir ce fameux lapin, surtout chez elle ! Mais je décidais de ne pas relever. Du moins, je ne l’aurais pas fait si elle n’avait pas reprit, feignant l’impatience.

« Bin alors on y va… Qu’est ce que tu peux trainer quand même, quand tu t’y met… »

« Le temps de virer le lapin de mon casque et je suis à toi ! »

Arf… Un autre qu’elle m’aurait asticoté de cette façon, ma répartie aurait certainement été un peu plus cinglante. Mais là, en la voyant sourire, ma causticité s’effondrait lamentablement. Bref. En tout cas elle avait mis une tenue adaptée à notre petite escapade. Toujours ses fameux tee-shirts customisés… et toujours ses fameuses converse. J’attendais qu’elle me dise enfin l’idée qu’elle se faisait du but de notre sortie. Allez savoir ce qu’elle était capable d’imaginer ! Mais avant qu’elle n’ait eu l’occasion de la faire, le téléphone sonna.

« Je paris sur le fait que ces mes parents… Ils peuvent pas se passer de moi ! »

Elle sauta sur le téléphone, avec un « Ouiiiiii » qui semblait signifier qu’elle pensait bien que ce pouvait être ses parents. Mais ce ne devait pas être le cas car son expression changea aussitôt. Je priais pour que ce ne fut pas un contretemps qui mette en péril notre sortie. C’était peut-être un peu égoïste, mais cela faisait trop longtemps que j’attendais un moment pareil ! Ne voulant pas me montrer indiscret, je m’éloignais un peu. Mais dans cette maison si silencieuse maintenant que la musique n’assourdissait plus le quartier, les bribes de la conversation me parvenaient quand même.

« C’est mes parents, mais ils sont partis pour… Oui c’est ça, une Ford noire… Bin ils vont être sur les nerfs pour une fois qu’ils partaient ensemble… Comment ça… ou ? … J’arrive… »

Et m… Manqué pour la sortie. Mais mon agacement laissa très vite la place à l’inquiétude lorsque je vis le visage d’October. Je ne me souvenais même pas de l’avoir déjà vue ainsi.

« Ca te dérange de me déposer à l’hôpital ? C’était eux au téléphone, a priori mes parents ont eu un accident, ils veulent que je vienne mais c’est stupide parce que ça peut pas être grave, non ? »

La réponse à sa première question était tellement évidente, qu’elle ne valait pas la peine d’être formulée. Par contre, je pouvais-je répondre à la deuxième ? Je ne savais même pas quelles informations elle avait eu exactement. Mais j’avais l’impression qu’ils n’avaient rien voulu lui dire au téléphone, ce qui n’augurait jamais rien de bon. Déjà, le fait que ce ne soit pas ses parents qui l’avaient appelée était un mauvais signe. Au mieux, ils étaient en train d’être soignés. Au pire… Quoi qu’il en soit, il n’y avait pas de temps à perdre.

« On y sera vite… On en saura plus là-bas. Ce n’est pas facile, mais pas la peine de te tourner la tête avant d’y être. »

Fallait-il que je me montre rassurant ? La situation ne l’était pas du tout… et October semblait un peu sonnée. Je m’approchai d’elle et mit une main sur son épaule. De l’autre, je lui relevai doucement le menton.

« Si c’était si grave que cela, ils te l’auraient certainement dit. »

J’avais essayé de prendre un air aussi sûr de moi que je le pouvais. Cette platitude était tellement énorme… Mais tout ce à quoi on pouvait se raccrocher dans ce genre de situation était bienvenue non ? Si problèmes il y avait, ils viendraient bien assez vite. L’important pour le moment était qu’elle tienne le coup jusqu’à ce que nous en sachions plus.

Je l’aidai à mettre sa veste, renfilait la mienne, puis nous sortîmes de la maison. Pendant qu’elle fermait la porte, je sortis le casque d’October de la sacoche. Cette journée qui avait si bien commencé avait prit une tout autre tournure, et je ne pouvais qu’espérer qu’elle ne se termine pas de façon tragique. C’était hallucinant la façon dont tout pouvait basculer en une seconde. A un moment nous étions assis à plaisanter autour d’un café… et l’instant d’après nous nous précipitions à l’hôpital sans trop savoir ce que nous allions y trouver.

October m’avait rejoint, et nous nous installâmes sur ma moto. La sentir derrière moi aurait dû me réjouir. Mais là je n’avais vraiment pas le cœur à ça. Malgré le fait que nous étions relativement pressés, je pris le parti de rouler plutôt calmement. La circulation était dense, et remonter les files me permettait déjà de gagner suffisamment de temps pour ne pas chercher à en rajouter. Ma passagère était déjà assez perturbée comme cela, sans lui donner plus de frayeurs que nécessaire. Je savais que sa faculté de traverser les choses pouvait s’activer en cas de stress, et je ne tenais pas vraiment à la semer en route.

Le trajet fut relativement bref. Une quinzaine de minutes nous suffirent pour rallier le parking de l’hôpital. Quelques instants plus tard, nous étions dans le hall d’accueil. L’effervescence qui y régnait devait être habituelle, mais elle était plus qu’agaçante quand vous étiez pressés. Heureusement, il n’y avait que quelques personnes devant nous et nous n’attendîmes pas longtemps. Nous n’avions pas échangé grands mots, October et moi. Je ne pouvais que me tenir à ses côtés, l’assurant de ma présence quoi qu’il puisse arriver.
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Dim 19 Sep - 13:40

    Pas la peine de se tourner la tête… C’était les propres mots de Jérémy, auxquels, October, répondit en secouant doucement la tête. Un peu absente. Non, pas la peine qu’elle se prenne le chou. Il n’y avait rien de grave. Et la seule manière qu’elle eue de ne pas s’imaginer autre chose qu’un simple accident, ce fut de se concentré sur le regard de Jérémy, sur la main qu’il avait sous le menton de la jeune bassiste, de l’autre qui lui touchait l’épaule… Sur sa voix qui assurait à October que ce n’était pas grave, sinon ils l’auraient dit au téléphone. Est-ce qu’il croyait réellement aux paroles qu’il était en train de prononcer ? Il avait l’air, oui. De toute façon, elle se foutait que ça puisse être crédible ou non, sans même en prendre pleinement conscience, elle avait juste besoin de se rattraper à quelqu’un, à quelques paroles… Tout irait bien. D’ailleurs à cette brève pensée, elle tenta de se mettre bien droite, de sourire à pleine dent, comme elle le faisait si souvent… Que ça sonnait faux, à cet instant précis.

    Elle ne prit même pas réellement conscience que Jérémy était en train de l’aider à mettre sa veste. Elle enfilait ses bras dans les manches par pur automatisme, sans vraiment se rendre compte de l’aide précieuse qu’il était en train de lui apporter. Le plus dérangeant, c’est que jamais elle ne pourrait lui dire merci pour cette aide providentielle, vu qu’elle ne lui reviendrait probablement jamais en mémoire. Ce n’était pas contre lui, elle était juste ailleurs. Enfin, physiquement, elle était bien là avec Jérémy. Mais son esprit était ailleurs, afin de se protéger et de rester tranquillement à croire, qu’elle allait juste retrouver ses parents hurlant tout ce qu’ils peuvent parce que leur séjour aura été gâché. Oui, voilà, c’est ça qui se passerait. Elle allait les entendre hurler dans tous les sens, rien de plus. Elle sentie même ses lèvres s’étirer un peu à cette idée qui lui convenait bien mieux que le pire des scénario.

    Une fois dehors, October entra mécaniquement la clé dans la serrure pour pouvoir fermée à clé, et se retrouva près de Jérémy qui avait sortie un casque de sa sacoche. Son casque, à elle ?b Décidant de ne pas s’apitoyer sur un sort qui n’était même pas certain, elle afficha un bref sourire en regardant à l’intérieur du casque.


    « Bin, c’est injuste. Y a que dans ton casque que tu caches des lapins ? »

    Une phrase qui avait un rapport avec ce qu’il avait pu dire un peu plus tôt, avant le coup de téléphone. Mais une phrase pas si chercher que ça, qui avait juste pour but de sauver les apparences. Elle avait juste envie de signifier qu’elle allait bien, et qu’elle était confiante sur ce qu’ils allaient trouver… Une phrase qui sonnait faux car, inconsciemment, elle savait que si il n’y avait rien de grave, on lui aurait dit au téléphone. Ce qui n’était pas le cas. Assise derrière Jérémy, les bras autour de sa taille, October arriva à se convaincre qu’il n’y aurait rien de grave. Une manière de ne pas trouver que son ami se traînait sur son engin, que les gens n’étaient atrocement lents sur la route aujourd’hui, et que le chemin n’était pas aussi interminable que ce qu’elle avait bien plus vouloir imaginer. Du coup, quand la moto s’arrêta devant l’hôpital, elle mit pied à terre en enlevant son casque et retrouva un semblant de sourire quand elle rendit la protection à Jérémy pour qu’il puisse la remettre dans la sacoche.

    Arrivé dans le hall, elle perdit bien vite son sourire. Et voilà qu’elle se retrouvait dans une file d’attente, Jérémy à ses côtés, à taper du pied sur le sol. Signe évident de son impatience. La chose n’était pas réellement justifiée, parce que tout passa assez rapidement, il n’y avait pas tant de monde que cela. Ce fut enfin son tour, et elle s’avança vers la personne chargée de l’accueil de l’endroit. October se présenta, pour expliquer que l’on venait de l’appeler au sujet de ses parents. Rapidement, la personne l’envoya au troisième étage de l’hôpital, au service intensif, en lui annonçant qu’elle verrait un médecin là haut pour lui expliquer la situation… Soins intensifs…

    Elle hocha la tête, souriante, souhaitant une bonne journée à cette employée. Des gens qui avaient tout d’automatique. En se retournant, elle posa son regard sur Jérémy, seul allié dans cet endroit qu’elle trouvait, soudainement, des plus hostiles. La main de la bassiste alla trouver celle de Jérémy. Ca pouvait paraître comme anodin, comme un simple contact, mais personne ne pouvait imaginer la bulle protectrice que ça pouvait représenter pour October à ce moment bien précis. Elle avait besoin de la présence de Jérémy, parce que son cerveau refusait de comprendre qu’il était en train de se passer quelque chose qu’elle ne serait pas gérée.

    Se dirigeant vers l’ascenseur, elle fut des plus silencieuse. Sa main agrippait toujours celle de Jérémy, et ses yeux étaient rivés sur le numéro qui indiquait les étages… 1… 2… 3… La porte s’ouvrit, et la bassiste prit une grande inspiration pour avancé jusqu’à une sorte de petit comptoir avec une femme, en blouse blanche, se tenant derrière. Une fois de plus, et sans lâcher Jérémy, October exposa qui elle était, le fait qu’on l’avait appelé, puis envoyé ici. La femme lui demanda d’aller s’installer en salle d’attente, un médecin viendrait l’appeler. Résignée, elle fit ce qu’on lui demanda. Mais une fois dans la salle d’attente, October lâcha la main de Jérémy pour se mettre à faire les cent pas, tournant en rond comme pas permit. Se stoppant, soudainement, elle se tourna vers Jérémy.


    « Tu sais, t’es pas obligé de rester. Enfin, si tu as des choses à faire. Ca va aller, hein… »

    Elle avait tenter un sourire, mais il sonnait tellement faux qu’on pouvait facilement comprendre qu’elle avait envie de le voir rester. Qu’elle avait besoin de lui, à ce moment bien précis. De toute façon, elle doutait franchement qu’il l’abandonne dans de telles circonstances, mais perdant confiance, elle devait sûrement avoir besoin de prouver ce fait en lui proposant d’aller faire autre chose. Mais, au même moment, un médecin arriva dans la salle d’attente qui était vide à ce moment précis. Faut croire que tout le monde ne finissait pas aux soins intensifs.

    « Mademoiselle Parvin ? »
    « Oui ? »

    Le médecin porta un regard interrogateur vers Jérémy, sembla demander si il pouvait parler devant lui, ou non. Après tout, l’hôpital conservait une certaine éthique et un secret professionnel. Mais en comprenant ce regard, October s’empressa de clarifier la situation de la manière la plus spontanée qu’il soit, et avec la première solution qui lui venait à l’esprit. Après tout, ce genre d’endroit, et d’information, était peut être réservées qu’à la famille proche et, pour elle, il était hors de question de se séparer de Jérémy. Instinctivement, October se mit à la hauteur de Jérémy, lui reprit la main, s’appuyant légèrement sur lui.

    « On est ensemble, je préfère qu’il reste. »

    La position qu’elle avait, laisser sous entendre qu’il n’était pas seulement des amis. En tout cas, dans l’esprit du médecin, il s’agissait plus d’un couple qu’autre chose. Une vision qu’elle avait voulu, pour être certaine qu’on ne mette pas Jérémy à l’écart, parce qu’elle était incapable de savoir comment elle tiendrait si il n’était pas à ses côtés.

    « Très bien. Alors… » Il jeta un rapide coup d’œil à ses notes. « La voiture de vos parents à été retrouvée un peu avant la sortie de la ville. A priori il serait rentré en collision avec une autre voiture, à une intersection. Votre père, qui conduisait, est actuellement dans le coma, depuis son arrivée. Votre mère… Je suis désolée, mais votre mère était morte à l’arrivée des secours. »

    Un trou béant sembla s’ouvrir sous les pieds d’October. Elle s’agrippa au bras de Jérémy, ne comprenant pas vraiment comment elle faisait pour rester debout, ses jambes étaient incapable de la tenir. Peut être l’aide de Jérémy. Elle n’en savait rien. Son cerveau était en train de fonctionner à mille à l’heure, répétant inlassablement ce que venait de dire le médecin.

    « Je vais vous laissez quelques instants, mais j’aurais besoin que vous veniez pour identifier le corps. Passez à l’accueil quand vous pourrez, prenez votre temps. »

    Le médecin était plein de sollicitude, mais il était obliger d’annoncer ses mauvaises nouvelles. Qu’on le veuille ou non, il n’y avait pas de bonne manière pour annoncer ce genre de chose. Il sortit de la salle, laissant les deux amis seuls. Et ce n’est qu’à ce moment qu’October se détacha de Jérémy, pour afficher un large sourire, avant de se mettre à rire de manière complètement nerveuse.

    « Tout ça n’est donc qu’une grossière erreur. Si il veut que j’identifie le corps, c’est qu’ils ne sont pas certains que ce soit elle. » En réalité ils étaient juste obligé de passé par là, au cas ou. Alors October s’était accrochée à ce petit espoir, même si il n’y en avait aucun. Elle avait toujours ce rire nerveux dans la voix. « Et puis, papa, c’est juste le choc. Il va se réveiller ? Ca peut pas se passer autrement, parce que, quoiqu’il arrive, ça reste mes parents. J’ai plus qu’eux, avec Nathan, alors ils peuvent pas abandonnée. Ce n’est pas comme si ils me détestaient à ce point là, hein ? »

    Les rires nerveux s’étaient transformés en des yeux totalement humide, luttant pour ne pas se mettre à pleurer bien que des larmes ne cessèrent de s’échapper le long de ses joues.
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 23 Sep - 11:38

La personne chargée de l’accueil nous avait envoyés aux soins intensifs. J’essayais de ne pas tirer de conclusions hâtives, mais l’inquiétude ne se commandait pas. October semblait comme dans un autre monde. Le regard qu’elle m’avait lancé avait remplacé tous les discours du monde, puis elle m’avait pris la main alors que nous nous dirigions vers l’ascenseur. Pouvait-elle trouver dans ce rapprochement le peu de réconfort que je pouvais lui apporter dans une situation pareille ? Je l’espérais… Aucun mot ne pouvait sans doute exprimer ce qui nous passait par la tête, alors nous nous étions tus.

Arrivés à l’étage, on nous fit patienter dans une salle en attendant un toubib qui devait nous en dire davantage. La patience d’October semblait commencer à atteindre ses limites. Elle me lâcha et se mit à arpenter la pièce, avant de soudain se tourner vers moi.

« Tu sais, t’es pas obligé de rester. Enfin, si tu as des choses à faire. Ca va aller, hein… »

Pensait-elle sérieusement que j’étais capable de me tailler en la laissant là ? Ou alors était-ce un moyen subtil de me demander de la laisser seule ? L’expression de son visage me persuada du contraire. Je ne sais pas si le sourire que je lui renvoyai était aussi peu convainquant que le sien, mais je n’eu pas l’occasion de lui répondre plus avant car le médecin annoncé entra dans la salle.

Il sembla hésiter à parler devant moi, sans doute car je n’étais pas de la famille. C’était normal. Il n’entrait pas dans ses attributions d’étaler devant n’importe qui les détails des soins qu’il prodiguait. Je m’apprêtais à m’éloigner un peu quand October se rapprocha de moi et me reprit la main.

« On est ensemble, je préfère qu’il reste. »

Oh que j’avais voulu entendre cette phrase un jour ! J’avais toujours pensé qu’elle me ferait bondir de joie… mais ce n’était vraiment pas le cas. Pas dans ces circonstances. Elle avait juste besoin d’une présence à ses côtés, et j’étais là. Il ne fallait pas chercher plus loin. Etait-ce mon regard inquiet qui semblait appuyer ses dires, en tout cas le docteur mordit à l’hameçon. Il reprit la parole, consultant les papiers qu’il avait dans ses mains.

« Très bien. Alors… La voiture de vos parents à été retrouvée un peu avant la sortie de la ville. A priori il serait rentré en collision avec une autre voiture, à une intersection. Votre père, qui conduisait, est actuellement dans le coma, depuis son arrivée. Votre mère… Je suis désolée, mais votre mère était morte à l’arrivée des secours. »

Ça vous est déjà arrivé d'avoir l'impression de votre esprit se met sur pause ? Ne plus savoir quoi dire, quoi faire, ni même quoi penser ? Ben c'est peu ou prou ce que je ressentais. Ce fut sans doute le fait de sentir October agripper mon bras qui me sortit de ma torpeur. Un bref instant j'en voulus à ce médecin, à sa façon d'annoncer ça comme ça... Parce que c'était lui qui était en face de nous, parce qu'il faisait du mal à October. Il était toujours tellement simple de s'en prendre au messager. Mais ce type ne faisait que son boulot, et faire des fioritures n'aurait au final rien changé.

Je sentis October vaciller et, craignant qu'elle ne lâcha prise, je posai ma main libre sur celle qu'elle avait mise sur mon bras. Elle avait l'air complètement perdue. Qui ne l'aurait pas été ! Put*** de vie qui pouvait basculer d'une minute à l'autre !

« Je vais vous laissez quelques instants, mais j’aurais besoin que vous veniez pour identifier le corps. Passez à l’accueil quand vous pourrez, prenez votre temps. »

Là par contre j'ai bien cru que j'allais lui faire bouffer son stéthoscope à celui-là ! Il ne pouvait pas attendre un peu avant de lui demander une chose pareille ? Elle n’avait même pas eu le temps de réaliser ce qui venait d’arriver ! Je ne savais même pas si elle l'avait entendu. Elle n'avait pas pour l'instant vraiment réagit à ce qu'elle venait d'apprendre. Ce n'est qu'après que le médecin nous ait laissés seuls qu'October sortit de son mutisme. Et sa réaction ne fut pas tout à fait celle à laquelle je m'attendais. Elle s'éloigna de moi et se mit à rire nerveusement.

« Tout ça n’est donc qu’une grossière erreur. Si il veut que j’identifie le corps, c’est qu’ils ne sont pas certains que ce soit elle. Et puis, papa, c’est juste le choc. Il va se réveiller ? Ca peut pas se passer autrement, parce que, quoiqu’il arrive, ça reste mes parents. J’ai plus qu’eux, avec Nathan, alors ils peuvent pas abandonnée. Ce n’est pas comme si ils me détestaient à ce point là, hein ? »

Le déni était une réaction qui parait-il était normale. Je ne sais pas… je ne suis pas très psychologue. Mais je savais une chose : retenir ses larmes ne servait à rien, et il était plus qu’évident qu’October avait terriblement besoin de relâcher la pression. Je m’approchai d’elle, doucement, et la pris dans mes bras. Il me semblait la sentir trembler, comme si ses nerfs cherchaient à évacuer le trop plein d’émotions qui venaient de survenir en elle. Nier était peut-être un mécanisme de défense, mais hélas je ne pouvais pas rentrer dans son jeu. Jouer les mauvais augures ne me plaisait absolument pas, mais si j’étais là c’était pour l’aider à affronter la réalité, pas pour la conforter dans des illusions. Enfin… il me semblait.

« Je suis désolé. »

Je cherchai quels mots pourraient la réconforter, amoindrir un peu sa peine si tant est que ce fut possible. J’en arrivais même à regretter que ce ne soit pas Gabriel qui soit présent à ma place. Non pas que je ne voulais pas être là… mais il était tellement plus doué que moi avec les mots ! Lui aurait certainement trouvé quoi dire. Moi je n’étais capable que de sortir des platitudes.

Les relations d’October avec ses parents n’avaient jamais été idéales. Elles avaient même toujours été plutôt conflictuelles. Ils avaient renoncé à la pousser vers l’avenir qu’ils avaient imaginé pour elle, et ils l’avaient laissée vivre sa vie. Peut importait les raisons qui les avaient incités à renoncer… Ils l’aimaient et ça il fallait qu’elle en soit certaine.

« Ils t’ont toujours aimée… Même s’il y a eu des moments difficiles, n’oublie jamais ça. »

Le toubib n’avait pas dit grand-chose concernant l’état de son père. Etre dans le coma… ça ne voulait rien dire en soi. Peut-être que moi aussi finalement je me raccrochais à ce que je pouvais dans l’espoir de voir la peine d’October réduite autant qu’elle pouvait l’être.

« Ton père est costaud. Il va s’en sortir. Les médecins s’occupent de lui. »

Heureusement qu’elle ne pouvait pas voir mon regard qui devait être nettement moins assuré que le ton que j’avais employé. Si jamais par malheur lui aussi venait à décéder, sa famille serait effectivement réduite à Nathan. Des parents restent irremplaçables… Mais jamais elle ne serait seule. Pas tant que je serai dans le coin en tout cas.

« Quoi qu’il arrive… tu auras toujours des gens qui t’aiment à tes côtés. Nathan, Gabriel, moi… on sera toujours là. »

Ca c’était une belle c*nnerie. Personne, Nathan et moi compris, n’était immortel. Et Gabriel avait en plus une singulière tendance à jouer avec le feu. Mais j’étais plus à ça près. Il y avait des choses qu’on avait sûrement besoin d’entendre dans des moments pareils. Posant mes mains sur ses épaules, j’essayai de capter son regard pour tenter de calmer un peu les pensées qui devaient agiter son esprit.

« Tu devrais t’asseoir un peu. Je t’apporte un café. »

Le breuvage que la machine de la salle d’attente laissa couler dans les gobelets avait la couleur du café. Mais l’odeur ne laissait rien présager de bon quand au goût que ça devait avoir. Mais il était hors de question que je laisse October toute seule pour aller jouer les justiciers torréfacteurs, alors il faudrait bien qu’on se contente de cette… chose. Après lui avoir donné le sien, je pris place sur l’une des chaises.

« Tu veux qu’on aille prendre des nouvelles de ton père ? »
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 23 Sep - 23:59

    Une erreur. Voilà ce que c’était. Une horrible erreur. Il ne pouvait en être autrement, le médecin voulait une identification, c’est qu’il n’était pas certain. Il n’y avait pas d’autre explication plus logique que cella là. Une explication qui laissait la possibilité d’une erreur, ce qui était le cas. Sa mère n’était pas morte. C’était hors de question, elle ne pouvait pas y croire. Elle refusait d’y croire. Son regard, plongé dans celui de Jérémy, cherchait inexorablement la confirmation de toutes ses pensées. Pitié, Jérémy, dis moi que c’est une erreur… Voilà ce que semblait vouloir dire les yeux de la jeune bassiste. Cette journée aurait du être parfaite, elle devait… Ca ne pouvait pas s’achever de cette manière. Pas alors qu’elle n’avait pas dit tout ce qu’elle voulait à sa mère, pas alors qu’elle l’avait pratiquement ignoré alors qu’elle partait, pas alors qu’elle ne pensait qu’à appelé des personnes en ayant la maison pour elle. Non, ça ne se finirait pas de cette manière. La vie ne pouvait pas être aussi cruelle. October n’était peut être pas la fille que ses parents avait toujours voulu, elle n’avait pas répondu à leurs attentes, mais ce n’était pas une raison suffisante pour mériter que les choses se finissent de cette manière. Dans le fond, elle n’était pas aussi méchante que cela pour mériter que les choses se produisent ainsi. Une erreur. C’était une erreur, n’est ce pas ?

    October cherchait la confirmation de sa thèse dans le regard si profond de son ami. Pourquoi est ce qu’il ne lui donnait pas raison. Elle sentie la main de Jérémy sur elle, un contact lent fait pour l’attiré vers lui, pour la prendre de ces bras. Sans même qu’elle ne le réalise réellement, elle était entouré des bras de Jérémy, légèrement sur la pointe des pieds elle avait callé sa tête contre son épaule. Un court instant elle retient sa respiration, là dans cette position, qu’est ce qu’elle se sentait bien ! Sa respiration toujours retenue, elle avait l’impression que le temps prenait fin. Peut être que si tout s’arrêtait assez longtemps, elle comprendrait qu’elle n’était que dans un rêve. Un mauvais rêve, dans l’endroit le plus sécurisant au monde : ces bras…


    « Je suis désolé. »

    Tout l’air qu’elle avait contenu s’échappa, lui procurant une douleur insoutenable qui n’avait rien de réelle. Son corps tout entier semblait vouloir tomber en miette, ses espoirs venaient de s’envoler en un battement d’ailes. Désolé. Il était désolé. October ferma les yeux le plus fort qu’elle puisse, ouvrant la bouche dans un cri muet qu’elle ne laissa pas échapper. Pourquoi. Pourquoi est ce qu’il était désolé. Ne pouvait-il pas tout simplement être d’accord avec elle. Lui laisser l’espoir qu’elle lui avait demandé, juste quelques minutes. Juste le temps pour elle de comprendre ce qui se passait, de voir sa mère de ses propres yeux. Il était désolé, ne laissant même plus place à cet espoir auquel elle avait eu envie de se rattacher. Elle lui en voulait horriblement, mais la seconde d’après elle en voulait à sa mère qui l’avait abandonné, pour ensuite s’en vouloir à elle-même de ne pas avoir été la fille qu’elle aurait du être. Elle en voulait à tout le monde, à tour de rôle, mais tout revenait toujours sur elle à la fin.

    « Ils t’ont toujours aimée… Même s’il y a eu des moments difficiles, n’oublie jamais ça. »

    Tout sonnait comme un fin. Jérémy était tellement pour elle, elle savait qu’il ne chercherait pas à lui mentir. C’était juste dur, horriblement douloureux. Elle avait dit tellement de chose sur ses parents, tellement d’atrocité. Elle les avait maudit, détester. Et maintenant ? Les choses se finissaient par un « ils t’ont toujours aimée ». Est-ce que c’était censé la rassurée ? La réconforté ? L’aidée ? Elle n’en savait strictement rien, tout ce qu’elle ressentait c’était cette douleur, ce trou béant qui venait de s’ouvrir quelque part en elle. Des moments difficiles ? Elle s’en contre foutait royalement, tout cela n’avait même plus la moindre importance à ce moment précis. S’était sa mère, ses parents. Il n’y avait que ça qui comptait. Pourquoi il fallait que ça ne compte qu’au moment ou on lui demandait d’identifier un corps ? Pour toute réponse, le corps d’Otober semblait répondre par de léger soubresaut, gestes incontrôlé des larmes qu’elle retenait dans les bras de Jérémy.

    « Ton père est costaud. Il va s’en sortir. Les médecins s’occupent de lui. »

    Imperceptiblement elle hocha la tête contre l’épaule de Jérémy. Oui, son père. Ca irait bien pour lui. Il fallait bien, parce qu’elle serait perdu sans parent. Elle était incapable de se gérer toute seule, elle serait capable de mettre le feu à la maison en voulant réchauffer des pancake au micro-onde. Elle avait besoin de quelqu’un, parce qu’elle ne prenait jamais les bonnes décisions, parce qu’elle croyait naïvement que quoiqu’il arrive la vie était belle, que tout valait la peine. Elle n’avait pas les pieds sur terre, pas assez pour qu’on l’abandonne maintenant. Alors oui, il avait intérêt à s’en sortir parce que sinon c’est elle qui ne s’en sortirait pas.

    « Quoi qu’il arrive… tu auras toujours des gens qui t’aiment à tes côtés. Nathan, Gabriel, moi… on sera toujours là. »

    Elle eu l’impression qu’on l’arrachait à son cocon, mais les mains de Jérémy sur son épaule la fit, automatiquement, levé les yeux vers ceux du batteur. Elle avait quitter ses bras mais retrouver la chaleur de ses yeux, ce qui rendait cette séparation un peu moins douloureuse. Elle hochait la tête, comprenant ce qu’il disait. Enfin, elle le voyait bien bouger les lèvres, elle captait son regard qui laissait sous entendre une promesse, mais… Mais en réalité son cerveau refusait d’imprimer quoique ce soit. Les mots qui étaient dit étaient vides de sens. Pourtant elle voulait. Elle voulait vraiment pouvoir l’écouter le comprendre, mais trop de chose était en train de se chambouler. Tout ce qu’elle arriva à imprimer c’est qu’elle devait s’asseoir, même si elle en ignorait la raison. A la manière d’un automate c’est ce qu’elle fit. Il était tellement plus facile de se déconnecté de tout plutôt que de prendre réellement conscience de ce qui était en train de se passer.

    Elle était bien incapable de dire combien de temps Jérémy était partit. Trop longtemps ? Sûrement. La notion du temps avait quelque chose d’assez particulier en réalité. C’était un peu comme si elle avait réussi à quitter son corps, qu’elle regardait le monde hospitalier s’activer dans tous les coins, pendant qu’elle, elle ne bougeait pas, qu’elle restait là, impuissante à tout ce qui était en train de se produire. L’odeur horrible d’un breuvage non identifier la ramena à la réalité. A sa réalité. D’un geste elle attrapa le gobelet qui contenait ce qui était injustement appelé du café. Mais peu importante ce que s’était, elle garda le regard rivé sur son gobelet, tête légèrement penché en avant.


    « Tu veux qu’on aille prendre des nouvelles de ton père ? »
    « Non ! »

    Elle avait redressé, vivement, la tête. Répondu peut être un peu trop vite, avec trop de conviction. Libérant une de ses mains, elle la passa sur la base de sa nuque, ravalant d’un regard vers le plafond les larmes qui ne demandaient qu’à glisser le long de ses joues. D’ailleurs, la main qui était sur sa nuque fit un rapide passage sous ses yeux, pour effacer toute traces humides. Inspirant profondément, pour s’assuré que sa voix ne tremblerait pas, elle posa son regard dans celui de Jérémy.

    « Non, pas maintenant parce que… » Elle s’arrêta, cligna des yeux pour ravaler cette émotion cherchant à s’enfuir sous forme de larme « Parce que j’ai pas envie d’apprendre qu’il n’y a aucune chance, qu’on ne sait pas comment il va, qu’on lui donne peu de chance ou quoique ce soit de ce genre… »

    Sa voix avait quelque chose de casser, mais elle se refusait de craquer. Pas maintenant, pas avec Jérémy. Son raisonnement pouvait paraître des plus étrange, mais elle n’avait pas envie d’une nouvelle mauvaise nouvelle. Pas encore, elle avait juste besoin d’un peu de temps pour comprendre ce qui était en train de se passer. Et pour bien le comprendre elle ne pouvait pas passer par cinquante mille chemins.

    « Je… C’est… Est-ce… » Elle du reprendre une inspiration profonde « Je crois que je veux voir ma mère d’abord… Enfin, quand j’aurais réussi à avaler ce truc horrible »

    La décision avait été tellement dire à prononcé à voix haute. Intérieurement elle voulait juste se confronté à cette vision pour comprendre, pour percuter, parce qu’elle ne semblait pas vraiment connecter. Mais ce choix avait quelque chose de tellement compliqué, de dur, qu’elle n’avait pu s’empêche d’un trait d’humour souligné par un rire nerveux, à la limite du sanglot, tout en désignant le gobelet qu’elle tenait d’une main.

    Mais alors qu’elle s’apprêtait à boire dans le gobelet, celui-ci lui s’envola pour aller s’écraser un peu plus loin, ne manquant pas de l’asperger un peu d’un liquide qui se voulait être du café. La raison de son ce vol plané de gobelet ? Un homme, une trentaine d’année, venait de rentrer en furie dans la salle d’attente et avait donner un grand coup de main dans celle d’October, l’obligeant ainsi à lâcher le gobelet qui avait finit sa course plus loin. L’homme en question était des plus énervé, considérant qu’il n’avait plus rien à perdre même. La femme qu’il aimait et qu’il venait de demander en mariage était morte dans un accident de voiture. Accident provoqué par les parents d’October à cause d’une foutu priorité. Qu’est ce qu’elle en savait elle ? D’ailleurs, elle mit déjà trois ans à capter qu’elle n’avait plus son verre dans la main, alors réagir face à type qui avait décidé de la rendre responsable de la mort de sa future femme…
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mer 6 Oct - 23:13

« Non ! »

La virulence de la réponse d’October me surprit. J’avais proposé de passer prendre des nouvelles de son père, pensant qu’elle se raccrocherait à cette idée. Mais visiblement ce n’était pas dans ses intentions, et j’espérais ne pas avoir aggravé sa peine avec ma suggestion maladroite. Elle me regardait, ses yeux noirs rendus brillants par les larmes qu’elle essayait de retenir.

« Non, pas maintenant parce que… Parce que j’ai pas envie d’apprendre qu’il n’y a aucune chance, qu’on ne sait pas comment il va, qu’on lui donne peu de chance ou quoique ce soit de ce genre… »

Je n’avais rien à répondre à ça, mis à part un nouveau stéréotype mais j’en avais déjà sorti plus que nécessaire. Je comprenais sa réaction. Du moins, je crois… De toute façon je n’avais pas à porter de jugement, juste être là pour elle. En tout cas elle semblait avoir fait un pas vers la réalité, et ne paraissait plus rejeter complètement la situation. Mais je ne l’avais jamais vue démolie à ce point là.

« Je… C’est… Est-ce… Je crois que je veux voir ma mère d’abord… Enfin, quand j’aurais réussi à avaler ce truc horrible »

Cette phrase avait eu du mal à sortir. Quoi qu’il en soit, elle semblait vouloir se confronter à la réalité. La petite avait un courage exemplaire. J’étais loin d’être persuadé que j’aurais été capable de montrer le même à sa place. Mais l’intonation de sa voix trahissait le fait que le semblant d’humour par lequel elle avait conclu n’était qu’un refuge.

Je me trouvais donc dos à l’entrée de la salle d’attente. Ce fut donc avec surprise que je vis le gobelet d’October s’envoler suite à l’entrée d’une main inconnue dans mon champ de vision. Et les mains inconnues ça a tendance à me stresser, surtout quand elles semblent en avoir après la puce. Instinctivement je me retrouvai entre October et le type au bord de l’hystérie qui avait visiblement l’intention de s’en prendre à elle. A l’entendre les parents d’October seraient à l’origine de l’accident, qui aurait également emporté sa fiancée. Manquait plus que ça. Fichue journée !

Et qu’est-ce qu’il voulait qu’on en fasse de son histoire ? C’était dramatique, mais on n’y pouvait rien. S’il cherchait un bouc émissaire, c’était pas ici qu’il allait en trouver un. Et puis d’abord il allait commencer par se calmer le monsieur ! Tout en tâchant de rester soigneusement entre aux deux, je m’adressai à lui d’une voix qui se voulait ferme et posée.

« Hé là ! On se calme. Si vous vous asseyiez un peu, histoire de retrouver vos esprits hein ? »

J’avais pas dû être assez ferme ce coup là. Son coup à lui par contre fut très ferme, et ma mâchoire me donna subitement l’impression de revendiquer son indépendance. Ok, pour se calmer c’était pas mal valable aussi comme méthode. Mais j’aurais quand même préféré qu’il suive mon conseil. Je me ramollissais quand même ! J’aurais dû le voir venir. Tout en me frottant le menton de la main gauche, c’était à mon tour de tenter de garder mon sang froid malgré la moutarde qui commençait gentiment à me monter au nez. Mais ce type en avait déjà eu pour son compte aujourd’hui, et lui faire avaler ses dents n’était sans doute pas la meilleure chose à faire. D’autant plus que l’altercation commençait à rameuter du monde, et que je ne tenais pas à me faire éjecter par la sécurité de l’hôpital.

De toute façon m’utiliser comme punching-ball semblait l’avoir un poil refroidi. Et il avait l’air plus paumé que méchant. Ceci dit s’il me refaisait le coup il avait intérêt à avoir un bon dentiste. Un infirmier se dirigea vers nous et demanda si tout allait bien. Ben voyons. Aucun problème ! Je levai la main en préambule à ma réponse.

« Oui oui. Une simple heu… explication. »

L’infirmier mit quelques secondes à se persuader que le calme était revenu, puis il fit demi-tour à mon grand soulagement. Mais à mon avis, au prochain mot un peu vif c’est un vigile qu’on verra débarquer. Je n’avais pas l’intention d’en venir là et October semblait complètement à la masse. Le risque ne pouvait donc venir que de l’autre excité, qui avait l’air lui aussi de ne plus trop savoir où il en était. Je pouvais le comprendre. Il me suffisait d’imaginer perdre October pour avoir un semblant d’idée de ce qu’il pouvait ressentir. Mais c’était pas une raison pour rejeter sur elle la faute de ses parents, si tant est que cela c’était passé comme il le racontait ce qui restait à confirmer.

Le gars avait un regard qui semblait indiquer que rien ne comptait plus pour lui. C’était pas bon. Pas bon du tout. Impossible de savoir comment il allait réagir quand le fait de s’être défoulé sur moi cesserait de jouer les inhibiteurs. D’ailleurs il recommençait déjà à s’agiter et n’allait sans doute pas tarder à tenir à nouveau ses propos délirants. Il fallait que je prenne les devants.

« Bon écoutez. Je sais pas ce qui s’est passé. Et la jeune femme qui est là non plus. Vous avez perdu un être cher, et croyez bien que j’en suis navré. Mais elle aussi et je vous assure que tenter de passer votre douleur sur elle n’est vraiment pas une bonne idée. »

L’œil hagard du bonhomme me laissait perplexe quand à la compréhension qu’il avait eu de mon message. Et comme il ne faisait pas mine de vouloir en rester là, je préférai mettre définitivement les points sur les i de façon à éviter si possible d’avoir à mettre les poings ailleurs.

« Donc je vous conseille gentiment de nous laisser tranquilles. Si vraiment vous voulez passer vos nerfs sur quelqu’un, on peut aller régler ça dehors tous les deux. Car soyez sûr d’une chose, vous n’approcherez plus d’elle aujourd’hui. »

Tout à l’esbroufe. Si il voulait en venir aux mains ça se ferait ici car il était hors de question que je laisse October seule. Mais je misais tout sur le fait que mes propos allaient réfréner ses ardeurs agressives, et je tâchais de les appuyer avec une attitude aussi résolue que possible. Je ne sais pas si c’est ça qui le décida, mais il sembla comme s’affaisser subitement avant de faire demi tour et de s’éloigner sans même jeter un œil vers nous. Je le regardai partir, puis me tournai vers October en essayant de capter son regard.

« Ne fais pas attention à ce qu’il a dit. »

Elle n’y était bien évidemment pour rien, mais dans l’état dans lequel elle était je ne savais pas quel impact pourraient avoir les élucubrations de ce pauvre gars. J’essayai de dédramatiser ce qui venait de se passer un rebondissant sur la pointe d’humour qu’elle avait essayé de faire tout à l’heure.

« Tu veux un autre verre de cet inoubliable café ? »
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 7 Oct - 15:02

    October n’avait même pas l’impression d’être maître de son corps, elle n’arrivait même pas à être certaine que la scène se déroulant devant elle, se réalisait vraiment. Le café, aussi infâme soit-il, avait le mérite d’être chaud. Alors oui, elle avait bien ressenti cette sensation de chaleur sur son pantalon quand le gobelet avait volé. Elle avait même sentie la main qui était venue à la rencontre de la sienne, l’obligeant à faire faire un vol plané à son gobelet. Mais, même en ressentant tout cela, elle n’arrivait pas réellement à imprimer ce qui était en train de se passer. Son cerveau refusait d’imprimer les paroles de l’homme, son histoire, ce qu’il reprochait à October. Elle n’avait même plus l’impression d’être même, alors que Jérémy, contrairement à elle, restait bien lui-même. Il n’avait pas mit beaucoup de temps à se redresser, à se mettre entre la crevette et le nouvel arrivant. Tout devait être du à l’état d’October, mais pour la première fois elle vit ce geste comme elle devait vraiment le voir. Hors de question pour elle de s’imaginer qu’il faisait cela parce qu’il la pensait incapable de se défendre – ce qui était vrai, mais elle se plaisait à contredire cette vérité à chaque fois -, ou pour prouver une quelconque supériorité. Le seul but de ce geste était de la protéger, elle, et rien d’autre. Il n’était pas question d’égo, ou de démonstration mal placée. Il ne laisserait, simplement, personne lui faire du mal. Une vérité qu’elle se mangea en pleine figure, et qui lui donnait envie de laisser place à ses larmes. Non pas que cette vérité soit triste, mais juste que ça faisait beaucoup de chose à assimiler en même temps.

    Jérémy était, à tenter de calmer le jeu, plutôt que de s’énerver en premier lieu. C’était tellement à son honneur, mais une bagarre aurait rapidement fait sortir tout le monde, lui comprit. Et si y a bien une chose dont elle n’avait pas envie, s’était de se retrouver seule maintenant. Jamais elle n’aurait imaginé pouvoir trouver sa présence si importante, si rassurante. Non, elle ne voulait pas le voir quitter les lieux. Incapable de réagir, elle n’eue comme réaction qu’un violent sursaut quand le poing de l’homme arriva sur la mâchoire de Jérémy. Un cri, resta bloquer dans un coin de sa gorge, ses gestes furent bloquée par une réaction qu’elle ne comprenait pas. Personne… Personne ne frappait Jérémy sans qu’elle ne saute sur le dos de la dite personne, usant de ses petits poings ridicules. Pourtant, là, dans cette situation précise, elle fut incapable du moindre mouvement. Elle avait juste la désagréable sensation d’encaisser la douleur de son ami et luttait encore un peu plus pour ne pas craquer, pour ne pas se mettre à hurler à tout va, à taper un scandale. Elle ne pouvait pas, ne devez pas faire cela.

    October voyait le dos de Jérémy, mais s’était suffisant pour comprendre que la douleur avait du être importante, si elle en jugeait par le mouvement de sa main sur son visage. Une sorte de rage muette était quelque part en elle, mais elle refreinait ce genre d’envie avec une force qu’elle ne soupçonnait même pas. Céder à ses envies maintenant, serait une sorte de porte ouverte vers la crise de nerfs qui menaçait de se frayer un chemin à tout instant. Si elle se laissait aller, elle ne ferait pas qu’exploser vis-à-vis de ce type, mais aussi de la situation, de ce qu’elle regrettait, de ce qu’elle craignait, de tout ce qui était en train de se chambouler dans sa vie. Il y avait beaucoup trop de chose pour qu’elle se le permette et, surtout, elle était incapable de savoir si elle serait capable de se relever par la suite. L’arrivée d’un infirmier calma rapidement le jeu, mais Jérémy refusa de dire qu’il y avait un problème, il parla de simple explication… Simple explication ?! Punaise, il venait de se manger un poing, et, lui, il parlait de simple explication…

    Dans le fond elle devait comprendre qu’il n’est pas dit qu’il y avait un problème. Ce qu’il pouvait être raisonné quand il le voulait. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle appréciait sa compagnie, Jérémy savait se montrer tellement impulsif à des moments, mais aussi beaucoup plus réfléchi quand il le fallait. Et ça avait un côté tellement rassurant. Une qualité qui n’était pas vraiment d’actualité chez une autre personne du groupe Capricorn. Cela dit, a ce moment précis, October était bien loin de ses habituels et ridicules petits tracas qui visait à différencier Jérémy et Gabriel. Elle appréciait juste que Jérèm soit là, qu’il sache se montrer aussi réfléchi, parce qu’elle en avait bougrement besoin. L’infirmier avait disparu, et October imaginait que tout se finirai de cette manière, mais très vite, Jérémy reprit la parole, ne laissant pas de doute sur ses intentions. Si il fallait que ça se finisse dehors, les choses pouvaient se faire. Ce que, bien évidemment, elle ne voulait pas. Mais dans son espèce de léthargie, October n’arrivait toujours pas à réagir. Et, heureusement, elle aurait été capable de tout foutre en l’air, alors que Jérémy avait employé un ton tellement sérieux, qu’elle y croyait elle-même.

    Finalement, Jérémy se tourna vers elle. October du faire un effort monumental pour connecter ses neurones ensembles, poser son regard sur son ami, et faire semblant d’être présente à ce moment bien précis. Pourtant elle avait la désagréable sensation à être à des années lumières de là. Un mouvement attira son attention et, elle se pencha légèrement pour voir l’homme quitter la pièce la tête basse et les épaules affaissées. Ce fut la première fois qu’elle fut désolé pour lui, pour la perte qu’il venait de subir parce qu’elle ne fut jamais mieux placé qu’à ce moment bien précis pour comprendre la douleur engendrée quand on perdait une personne qui était chère. Elle le regarda s’éloigner, alors que dans sa petite tête remontait les mots qu’avait prononcé Jérémy.

    « Ne fais pas attention à ce qu’il a dit. »

    Plus facile à dire qu’à faire. Et si ses parents étaient vraiment responsables de la mort de son amie. Comment October aurait réagit à sa place ? Après tout, c’est bien connu, il faut toujours un coupable. Parait-il que ça aidait à passer outre le douleur que l’on pouvait ressentir. Alors, si ses parents étaient vraiment responsable. A qui est ce qu’elle pouvait rejeter la faute, elle ? Horriblement la première réponse qui lui vint fut : Elle. Si elle avait été plus cool lors de leur départ, peut être qu’ils avaient été tracassés par ce qu’elle avait dit. Peut être qu’ils avaient juste été inquiet de lui laisser la maison tellement elle était une catastrophe. Si elle avait juste été un plus comment eux le voulait ? C’était sûrement idiot de raisonner de la sorte, mais c’était la seule chose qui lui venait à l’esprit.

    « Tu veux un autre verre de cet inoubliable café ? »

    Et ce pauvre Jérémy qui redoublait d’effort pour faire en sorte qu’elle soit le plus à l’aise possible. Qui faisait son possible pour être là, la soutenir du mieux qu’il le pouvait. Et dire qu’elle serait incapable de lui exprimer à quel point ça pouvait la toucher. Il avait peut être l’impression de ne pas faire grand-chose, d’être un peu gauche, mais il était juste parfait dans son rôle. Pour rien au monde elle n’échangerait de personne l’accompagnant à ce moment précis. Luttant pour revenir au moment présent, que son esprit tentait de fuir avec force, elle secoua doucement la tête.

    « Il faut prendre compte des signes, tu sais ! Si on m’a empêché de finir le premier, c’est qu’on cherche à préserver mon estomac. »

    Et là, sans même prendre le temps de réfléchir – ce dont elle n’était plus capable, de toute manière – elle encercla Jérémy pour se mettre dans ses bras. Peut être le seul moyen de lui faire comprendre à quel point elle le remerciait. Peut être parce que c’était le seul endroit ou elle se sentait protéger de ce qui lui tombait dessus à ce moment précis. Peu importe, en réalité, ça avait semblé une bonne chose sur le coup. Elle resta en place un petit moment, avant de redresser la tête, finalement inquiète pour lui.

    « Ca va toi… Je veux dire, ta mâchoire ? »

    C’était probablement stupide, mais elle se sentait atrocement responsable. C’était à cause d’elle qu’il était là, elle n’avait pas su réagir, et ainsi de suite. Incroyable le nombre de raison qu’elle pouvait trouver pour se sentir fautive, c’est qu’elle devait vraiment l’être un peu, dans le fond. Une sorte de petite moue désolée s’installa sur son visage.

    « Je suis désolée, tu sais. Enfin je ne voulais pas que tout ça arrive, j’aurais du dire quelque chose, ou même laisse l’autre passé ses nerfs… Je ne sais pas… C’est compliqué, là, tout de suite, dans ma petite tête. J’arrête pas de me dire qu’il avait juste besoin d’un coupable, peut être que ça l’aiderait parce que ne pas en avoir c’est compliqué. Enfin je crois, j’en sais rien. Parce que moi, j’ai ai une de coupable, tu vois, et… »

    Bin voilà, October dans toute sa puissance, qui culpabilisant pour ses parents, ne sachant comment gérer la situation se mettait à débiter un flot de parole sans même prendre le temps de respirer. Elle n’était même pas certaine d’être consciente de ce qu’elle disait, les mots sortaient, et puis s’était tout. La seule chose à faire dans ce genre de moment s’était de l’arrêter, sinon elle était capable de s’étouffer tellement elle était incapable de se stopper seule.

    « … Enfin, je me dis que j’aurais du être plus cool. Ou je sais pas moi, mieux répondre à leur attente. Ils seraient partis plus serein, un truc dans le genre et puis de là peut être que tout ça serait pas arriver. Tu sais, c’est… Je sais pas… j’arrête pas de me dire que c’est ma faute parce que… »
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Ven 15 Oct - 10:58

Je savais bien que je n’étais très doué question discours, mais là j’avais fait fort. Enfin… façon de parler. Ce n’était pas plus mauvais que bon, c’était juste… insipide. Comment ne pouvait-elle pas être touchée par ce que ce type avait dit ! C’était bien mal connaître le tempérament à fleur de peau d’October. Elle n’avait pas vraiment réagi à ce moment là, et j’avais bien essayé de me rattraper avec le coup du café… mais en fait c’était sans doute encore pire. Plaisanter à un moment pareil ! Quelle andouille !

La dénégation d’October ne fit qu’accroître mon malaise. Mais finalement sa réponse fut sur le même registre, ce qui semblait dire qu’au moins elle ne m’en voulait pas.

« Il faut prendre compte des signes, tu sais ! Si on m’a empêché de finir le premier, c’est qu’on cherche à préserver mon estomac. »

Avant d’avoir réalisé ce qui se passait, je me retrouvai avec October contre moi, ses bras enroulés autour de mon torse. Je ne m’étais pas attendu à cette réaction… et je mis quelques secondes à refermer lentement mes bras sur elle. C’était bête… mais d’un coup j’avais l’impression de ne pas complètement servir à rien. Je ne pouvais pas lui ôter sa peine, et je n’avais pas le début d’un commencement d’idée de ce que je pourrais bien lui dire pour ne serait-ce que l’atténuer un peu. Mais là… simplement comme ça… peut-être qu’elle pouvait trouver un peu de réconfort.

En tout cas moi je me trouvais toujours l’air un peu idiot à ne pas savoir quoi dire, et maintenant à ne plus savoir quoi faire non plus. D’habitude je n’étais pas aussi empoté ! Mais d’habitude October était heureuse… tout le temps, constamment. Et pas là. Je m’étais toujours dit que quoi qu’il puisse lui arriver je saurais lui venir en aide. Ben je me rendais compte à quel point cela avait été présomptueux.

Ce fut finalement elle qui me sortit de mon embarras, relevant sa tête vers moi d’un air inquiet.

« Ca va toi… Je veux dire, ta mâchoire ? »

Elle trouvait quand même le moyen de se soucier de moi, malgré tout ce qui venait de se passer. Je laissai échapper un petit sourire qui se voulait rassurant.

« T’inquiètes pas pour ça. Ce n’était pas si méchant que ça en avait l’air »

C’était pas complètement vrai car malgré tout, n’ayant pas vu venir le coup je n’avais pas pu amortir le choc. Mais ce gars ne savait visiblement pas frapper, ou alors il était trop perturbé. Quoi qu’il en soit il n’avait pas vraiment accompagné son mouvement, ce qui m’arrangeait bien. Bref, j’allais sans doute avoir un bel hématome mais sans plus. J’étais nettement plus embêté par la mine déconfite de la crevette.

« Je suis désolée, tu sais. Enfin je ne voulais pas que tout ça arrive, j’aurais du dire quelque chose, ou même laisse l’autre passé ses nerfs… Je ne sais pas… C’est compliqué, là, tout de suite, dans ma petite tête. J’arrête pas de me dire qu’il avait juste besoin d’un coupable, peut être que ça l’aiderait parce que ne pas en avoir c’est compliqué. Enfin je crois, j’en sais rien. Parce que moi, j’ai ai une de coupable, tu vois, et… »

Je ne voyais pas bien pourquoi elle devrait être désolée du comportement d’un type qui n’arrivait pas à se contrôler, même si je devais bien avouer qu’à la place de ce gars j’aurais sans doute pété un câble aussi. Mais peu importe, ce n’était en aucun cas la faute d’October. Et puis personne ne m’avait obligé à me mettre au milieu que je sache. D’autant plus que même si je m’en serais bien passé, je préférais que ce soit moi qui ait pris un coup plutôt qu’elle… sans hésitation.

Il n’était pas faux qu’on avait en général besoin de trouver un coupable. Mais ce type s’était gouré de cible. Ceci dit, à moins qu’il décide de remettre ça, le problème était réglé et il était hors de question que je la laisse jouer les boucs émissaires. Quand à la fin visiblement momentanée de sa tirade, elle me laissait perplexe. J’essayai vaguement de placer un mot, mais elle était lancée et elle reprit aussitôt.

« … Enfin, je me dis que j’aurais du être plus cool. Ou je sais pas moi, mieux répondre à leur attente. Ils seraient partis plus serein, un truc dans le genre et puis de là peut être que tout ça serait pas arriver. Tu sais, c’est… Je sais pas… j’arrête pas de me dire que c’est ma faute parce que… »

Allons bon ! Qu’est ce c’était que cette histoire ! Je savais bien que ça ne se passait pas pour le mieux entre elle et ses parents. Mais de là à ce qu’elle mette ce qui était arrivé sur le dos de son attitude envers eux il y avait un fossé largement infranchissable ! Ce coup ci je ne pouvais pas la laisser continuer, même si la connaissant elle allait de toute façon finir par tomber toute seule à cours d’oxygène. Ce genre de pensées était un piège dans lequel il valait mieux éviter de tomber. On pouvait finir par se reprocher tous les malheurs du monde de cette façon là !

« Hééé. Qu’est ce que tu racontes là… »

Ca avait eu le mérite de l’interrompre. Mais maintenant j’avais le choix. Soit j’utilisais la méthode douce et la persuasion, pour tenter de lui faire comprendre qu’elle avait complètement tort. Mais je prenais alors le risque de la voir s'enferrer dans son raisonnement, d'autant plus que trouver les mots pour convaincre n'était pas ma spécialité. Soit j'utilisais un procédé plus... direct. Et là il y avait un risque qu'elle le prenne mal. Mais c'était sans doute le moyen le plus sûr, en tout cas venant de moi. Et puis... ben si elle devait en vouloir à quelqu'un autant que ce soit moi plutôt qu'elle. Je pris donc un air particulièrement sérieux avant de reprendre la parole.

« C'est du grand n'importe quoi tu sais. Tu crois quoi ? Qu’ils n’étaient pas assez grands pour faire la part des choses ? Et puis tu vas remonter jusqu’où comme ça ? Parce que je suis sûr qu’à la maternelle tu as fait aussi une bêtise qui a dû les perturber aussi ! Et oh ! C’est de tes parents qu’on parle là. Ca fait vingt-trois ans qu’ils te connaissent. Et aujourd’hui tu n’as pas fait exploser la maison que je sache. »

C’était un peu sorti en vrac. Mais je crois qu’en fait je n’arrivais pas à me montrer aussi ferme que je l’aurais voulu. Pas avec elle. Je continuai, toujours sérieux mais d’un ton moins vif.

« C’est comme pour moi. Tu n’as pas à être désolée. J’ai fait ce que j’ai cru bon. Ce n’est pas à toi d’assumer mes choix. »

Ma fermeté s’écroulait lamentablement. J’espérais que m’être montré plus sérieux que compréhensif allait la faire réagir dans le bon sens. Mais elle était là, contre moi, et je n’arrivais pas à en rester là. Tentant d’attirer son regard vers le mien, ce fut d’une voix plus douce que je continuai.

« Tu es quelqu’un de bien October. N’en doute jamais. Et laisse les autres profiter à leur façon du bonheur que tu leur apportes. »

Oula, fallait que je m’arrête ou j’allais virer sentimental. Et ce n’était… et bien ce n’était ni l’heure ni l’endroit. Mais s'il y avait une chose dont je n'avais pas envie, c'était qu'elle s'éloigne de moi.
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mar 19 Oct - 23:29

    A aucun moment elle ne se demanda si elle avait franchi une limite à éviter, en se positionnant de cette manière contre Jérémy. Elle en avait juste eu envie sur le moment, sans réfléchir elle l’avait fait. Elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle avait retenu son souffle, jusqu’à ce que les bras de Jérémy se referment doucement sur elle et, qu’enfin, elle se remette à respirer normalement. Il y avait que là, dans ses bras, qu’elle se sentait protéger de tout ce qui lui tombait dessus. Et en vue de la situation, elle ne pensait même pas pouvoir ressentir un tel bien être, aussi éphémère qu’il soit, il était salvateur. Difficile d’expliquer ce qu’elle ressentait, en y réfléchissant bien : ça se passait de mot.

    Un court instant, auquel elle mit un terme pour s’enquérir de l’état de son ami, relevant un visage inquiet vers lui. Elle se mise à lui sourire doucement, bien que son regard marquait la tristesse des évènements, quand il assura que ce n’était pas si grave que ce qui paraissait. Elle ne savait pas vraiment si il disait cela pour la rassurer, ou si c’était une réalité. Elle s’en voulait un peu de ne pas chercher, plus que cela, à déterminer la vérité dans se phrase. Mais tellement chose tourbillonnait dans sa petite tête, qu’elle préféra prendre cela pour une vérité, se rassurer, avoir un problème de moins. Mon Dieu, elle faisait une bien piètre amie dans des moments comme celui là. A fleur de peau, elle aurait presque pu en pleurer, si elle n’avait pas décidé de partir dans sa longue tirade, un enchaînement de mot pour ne plus avoir à penser. Elle ne prenait même pas réellement conscience de ce qu’elle disait. Du moins, rien n’était réfléchie, une succession d »idée de penser, de crainte, de remord. Un tout un peu brouillon et fouillis qu’elle balancer à Jérémy qui, en plus d’écouter ce flot de parole, allait devoir déchiffrer ce qu’elle était en train de dire. Vraiment, on faisait mieux comme amie.

    Et elle aurait pu continué de parler pendant encore un petit moment, avant le moment fatidique du manque d’oxygène. Mais, bouche ouverte pour continuer, elle se stoppa en plein dans son élan. Du moins, elle fut stoppée par Jérémy. Ne comprenait pas cet arrêt qu’on lui imposait, elle releva les yeux, rond comme des billes, vers Jérémy, sans tout fois s’éloigner de lui. Une position qui donnait à son cou des envies de meurtres tellement il était mal mené. Un problème récurrent quand on est plus petit que la moyenne.

    « C'est du grand n'importe quoi tu sais. Tu crois quoi ? Qu’ils n’étaient pas assez grands pour faire la part des choses ? Et puis tu vas remonter jusqu’où comme ça ? Parce que je suis sûr qu’à la maternelle tu as fait aussi une bêtise qui a dû les perturber aussi ! Et oh ! C’est de tes parents qu’on parle là. Ca fait vingt-trois ans qu’ils te connaissent. Et aujourd’hui tu n’as pas fait exploser la maison que je sache. »

    Il était difficile d’avoir des yeux encore plus ronds que ce qu’elle faisait, pourtant… Pourtant, elle y arriva après cette première tirade. Le ton sérieux, la façon de dire les choses. Ca avait quelque chose d’horrible, parce qu’il avait sûrement raison. Mais, elle n’arrivait pas vraiment à encaisser ce fait. Elle avait trop de regret pour simplement ce dire que ce n’était pas de chance, que c’était le vie, le destin, le n’importe quoi pourri qui venait de lui enlever un de ses parents. Bordel, elle avait juste envie de tout envoyer valdinguer, de hurler comme jamais elle n’avait hurler et de pleurer jusqu’à ce qu’on son corps ne puisse plus sortir une seule larme. Et au lieu de ça, elle restait là, figé comme une abrutie avec ses yeux tout ronds écoutant ce que Jérémy était en train de lui balancer.

    D’une elle décidait de remontait jusqu’ou elle voulait. De deux, non elle n’avait pas fait exploser la maison, mais sa mère était dans un sorte de pièce, voir dans un sac et attendait qu’elle l’identifie, alors que son père était dans le coma. Si elle avait envie de se sentir coupable, si ça l’aidait à aller mieux, elle était quand même en droit de le penser, non ? Elle se stoppa violemment en plein milieu de se pensées, fermant un court instant les yeux, s’étonnant elle-même de l’agressivité qu’elle pouvait mettre dans ses propres pensées. Qu’est ce qui ne tournait pas rond chez elle, jamais elle n’avait réagit de cette manière… Jamais elle ne s’était retrouvée dans cette situation, en même temps.

    « C’est comme pour moi. Tu n’as pas à être désolée. J’ai fait ce que j’ai cru bon. Ce n’est pas à toi d’assumer mes choix. »

    Elle relâcha l’étreinte, ne s’éloignant pas de lui, mais portant les mains devant son visage. Réfléchir, elle avait besoin de réfléchir. Ce n’était vraiment pas le moment de se mettre Jérémy à dos, elle n’avait aucune envie de le voir s’énerver, tourner les talons, et la laissait là en plan. En plus d’être une piètre amie, elle était vraiment des plus égoïste. Elle profita de ses mains sur son visage pour ouvrir légèrement la bouche et miner un cri, dont aucun son ne sortit. Juste une façon de se décharger, sans avoir à le montrer. Elle ne pouvait pas perdre plusieurs personnes dans la journée. Sa mère s’était déjà trop. Elle ne perdrait pas Jérémy en même temps. Hors de question. Sentant un geste de la part de Jérémy, elle enleva doucement ses mains, les larmes toujours bloquées à la limite de ses yeux qu’elle porta sur lui.

    « Tu es quelqu’un de bien October. N’en doute jamais. Et laisse les autres profiter à leur façon du bonheur que tu leur apportes. »
    « Si je suis si bien, alors pourquoi ma mère m’abandonne maintenant ? »

    Et là, elle se retrouvait avec l’expression d’une gamine qui ne comprend pas pourquoi le père noël n’existe pas. Avec une question sortie tout droit de nulle part, qui n’avait même pas prit le temps d’être réfléchie, les larmes aux bords des yeux, voulant entendre que tout cela n’étaient qu’un horrible cauchemar. Elle allait peut être se réveiller, tout rentrerai dans l’ordre, et elle ne se sentirai pas aussi démuni qu’elle pouvait l’être à ce moment bien présent. Il lui fallu un certain temps avant de comprendre que sa question n’avait pas de réponse, en tout cas, pas celle qu’elle voulait entendre. Soupirant, le regard fuyant celui de Jérémy elle fini par hausser les épaules, pour reprendre dans un bien maigre sourire.

    « On devrait y aller, si tu veux toujours bien m’accompagner. »

    Une fois sa réponse tombé, elle le prit par la main, pour se raccrocher à quelque chose de tangible et de sur dans sa vie, pour aller au secrétariat. Elle peina à dire qu’elle venait pour identifier un corps mais, heureusement, la secrétaire fut assez vive niveau compréhension et entraîna les deux jeunes gens dans la salle adéquate. Voilà comment October, accompagné de Jérémy, se retrouva dans une pièce gelée, devant une table avec un corps couvert d’un drap. Un médecin arriva, elle cru l’entendre demandé si elle était prête, elle se souvenait vaguement avoir hocher la tête, mais une fois le drap libérant le visage, tout tourna furieusement dans sa tête. Le visage froid et sans vie était bien sa mère, pas de doute. Mais au lieu de le dire comme il était demandé, elle porta une main à sa bouche, puis la deuxième vint rejoindre la première.

    « Je suis navré, j’ai besoin d’une confirmation. » Lança le médecin un peu gêné.

    Sans être capable de placer le moindre mot, de faire le moindre hochement de tête, elle tourna les talons et partit en courant. Poussant la porte à battant d’une main, elle manqua de glisser sur le carrelage au moindre virage, mais trouva quand même rapidement le lieux ou se trouvait les toilettes pour pouvoir relâcher son petit déjeuné. Sortant, elle se dirigea devant le lavabo, pour laisser un large filet d’eau s’échapper qui servit à lui asperger le visage. Puis, les deux mains sur le rebord du lavabo, elle leva son regard vers son reflet et… Ce fut de trop… Elle éclata en sanglot qu’elle ne contrôlait plus. Doucement, elle glissa au sol, pour finir le dos plaquer contre le mur froid de la pièce, les genoux remonte contre et les bras les enroulant, pour enfin appuyer sa tête sur ses genoux.
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mer 24 Nov - 15:50

J’espérais avoir fait le bon choix. La brusquer un peu était risqué, et franchement j’avais dû me botter les fesses pour y arriver. A en croire le regard qu’elle m’avait jeté, elle ne s’était franchement pas attendue à ça. Remarquez, c’était un peu le but recherché. Restait à savoir comment elle allait réagir.

Mais alors que ma fermeté faiblissait au fur et à mesure que je parlais, elle se contentait de m’écouter. A un moment elle s’était simplement cachée derrière ses mains, tout en restant près de moi. Je ne savais plus comment me comporter. Qu’est-ce que j’étais en train de faire ? De l’aider ou de la déstabiliser encore plus qu’elle ne l’était déjà ? Bon sang, s’il y avait quelque part un manuel du parfait ami en toute circonstance, il faudrait que je m’en fasse expédier un exemplaire !

Ce fut seulement quand je lui affirmai qu’elle était quelqu’un de bien qu’elle prit enfin la parole… et ce qu’elle dit me souffla.

« Si je suis si bien, alors pourquoi ma mère m’abandonne maintenant ? »

Que répondre à ça ? Je craignais fortement que tout ce que je pourrais lui dire de plus ne serve pas à grand-chose. Non seulement elle persistait à se croire fautive, mais si en plus elle vivait cela comme un abandon… ah ! Prétendre comprendre ce qu’elle ressentait serait une absurdité totale. Maintenant, seul le temps pouvait l’aider à remettre les choses dans l’ordre. En attendant, je ferais sans doute mieux de la fermer et d’arrêter de donner des conseils fumeux. Puis soudain elle parut comme résignée, mais ses yeux se détournèrent de moi.

« On devrait y aller, si tu veux toujours bien m’accompagner. »

Y aller ? Je supposais qu’elle parlait de l’identification de sa mère. On n’avait beau voir ça dans les films, on se demandait rarement comment on se comporterait dans la même situation. En tout cas, moi je ne m’étais jamais posé la question. Si seulement je pouvais éviter à October d’avoir à faire ça ! Mais ils ne se contenteraient pas de quelqu’un qui n’était pas un proche. Sans vraiment y penser, ma main se rapprocha de sa joue et l'effleura doucement dans ce qui se voulait sans doute un geste rassurant.

« Je reste avec toi. »

Nous nous rendîmes au secrétariat. October m’avait pris par la main, et j’essayais à travers ce contact de lui communiquer un calme que j’avais pourtant bien du mal à ressentir moi-même. La personne qui nous dirigea vers le bon endroit avait heureusement compris rapidement le but de notre visite. La salle était tout à fait conforme à ce que l’on pouvait s’attendre : froide et impersonnelle. Seul un corps toujours masqué par un drap rappelait implacablement la sinistre tâche qui attendait October. Le docteur qui entra à son tour lui demanda si elle se sentait prête. Il en avait de bonnes lui ! Comment pouvait-on être prêt à ça ? Enfin… il faisait son boulot. Elle se contenta d’approuver brièvement de la tête. Je me tenais comme je le pouvais aussi près d’elle que possible, mais hélas il n’était pas dans mes possibilités d’atténuer ce qui allait venir maintenant. Juste rester là... avec une impression désespérante d’inutilité.

Le drap à peine relevé nous apporta l’impitoyable confirmation. Nous avions beau savoir qu’il y avait vraiment peu de chances pour qu’il en soit autrement, je crois qu’on espérait toujours un miracle quelconque. Et October l’avait sans doute espéré cent fois plus que moi, mais à présent elle ne pouvait plus s’y raccrocher. Masquant sa bouche de ses mains en une sorte de cri muet, elle ne semblait pas en mesure de dire quoi que ce soit alors que le médecin continuait avec sa procédure toute faite en demandant une confirmation. Il ne pouvait pas attendre deux minutes celui-là !

Je devais bien avouer que j’avais également pris un coup sur le crâne. Avant que je ne réussisse à bouger pour tenter de l’aider à surmonter cette épreuve, October s’était précipité en dehors de la pièce. Me lançant à sa suite, je perdis quelques secondes à répondre au toubib.

« Au cas où ça ne vous suffirait pas comme confirmation, je peux vous affirmer qu’il s’agit bien de sa mère. »

Il allait falloir qu’il se contente de ça pour le moment, parce que j’avais plus important à faire que tailler la causette avec lui. Ces quelques secondes avaient suffi à me la faire perdre de vue. Où avait-elle bien pu filer ? Mais heureusement il suffisait de regarder l’air ahuri des quelques personnes présentes dans le couloir pour comprendre quel chemin elle avait suivi. J’arrivai devant une porte qui, réflexe conditionné, me stoppa : Toilettes des dames. Soit j’attendais qu’elle en sorte, soit j’allais devoir passer outre les convenances.

Hésitant, je n’arrivai à me décider qu’en entendant un sanglot qui me déchira le cœur. Je poussai la porte et la vis assise par terre, recroquevillée contre le mur. Son visage était mouillé, d’eau mais surtout de larmes. Et maintenant ? Qu’est-ce que le grand nigaud que j’étais pouvait bien faire ?

Je me dirigeai lentement vers October, puis pris place à côté d’elle. Nous restâmes quelques instants ainsi, sans bouger, sans parler. Je ne savais de doute façon ni quoi faire ni quoi dire. Peut-être que simplement la laisser évacuer sa douleur restait la meilleure solution… et lui montrer qu’elle n’était pas seule. Lentement je passai mon bras derrière elle pour poser ma main sur son épaule, l’invitant doucement à venir contre moi.

« Tu… tu peux pleurer tu sais. »

Bons sang que cette phrase était nulle ! Il valait encore mieux que je me taise. Elle devait trouver son chemin dans sa peine, et je ne l’aiderais pas en sortant des poncifs de ce genre. Elle avait le temps… on avait le temps.
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mar 28 Déc - 0:13

    October se retrouvait assise, sur le carrelage des toilettes pour femmes, les bras entourant ses genoux en tentant, désespéramment, de ne pas pleurer. Une fraction de seconde avait suffit à rendre tout cela réel, il n’avait fallu qu’un lapse de temps ridiculement court pour que le médecin soulève un bout de drap et que le visage de sa mère lui apparaisse. Un visage qui ne trouvera plus jamais la moindre expression, October en venait à penser que même quand sa mère l’ignorait royalement elle avait, quand même, un semblant d’expression sur le visage… Elle ne le verrait plus jamais. Jamais. Parce qu’il avait fallu de cette fraction de seconde pour qu’elle comprenne qu’il n’y avait pas eu la moindre erreur, qu’il s’agissait bien de sa mère. C’était horrible de souhaiter que le corps inerte soit celui d’une autre personne, de préférer que tout cela arrive à une autre, plutôt qu’à elle. Comment pouvait-on en arriver à vouloir de telles choses ? Est-ce qu’elle devait se sentir fautive d’avoir de telles pensées ?

    C’était bien trop fort, trop douloureux pour qu’elle taise un sanglot. Elle chercha à se rattraper sur des choses positives, qui puissent la ramener vers autre chose que le visage de sa mère qu’elle avait en dessous d’un drap. Son esprit s’accrocha au geste de Jérémy, quand il avait passé sa main en effleurant à peine sa joue pendant qu’il lui disait qu’il resterait avec elle. A sa main qu’elle tenait durant le trajet pour l’identification, qui lui promettait muettement qu’il était là, qu’il ne la laisserait pas, qu’elle pourrait peut être se reposer sur lui. Et plus le fil de ses images défilait plus elle avait envie de hurler d’avoir fuit de cette manière parce qu’elle n’avait envie que d’une chose, à ce moment bien précis : être avec lui. C’était la pensée la plus égoïste qu’elle pouvait avoir, parce qu’elle n’était sûrement pas de la meilleure compagnie qu’elle soit mais… Elle devait bien l’admettre, elle avait besoin de lui parce que, seule, elle ne se sentait pas le courage d’y arriver.

    Impossible de dire par quel miracle la porte s’ouvrit, laissant Jérémy lui apparaître dans l’encadrement de la porte. De manière stupide elle se mise à sourire légèrement, pensant qu’elle avait tellement envie de le voir à ses côtés qu’elle en avait, carrément, des hallucinations. Elle l’avait laisser dans la salle, avec le corps de sa mère et le médecin, elle avait fui sans penser qu’elle avait tant besoin de lui. Et voilà que son esprit lui laissait entrevoir Jérémy mais, était-il vraiment là ? C’était horrible de voir à quel point tout se mélangeait dans son esprit, il y avait tellement de choses qu’elle ne voulait pas mais qui arrivait quand même. Tellement de choses qu’elle avait envie de prendre comme un très mauvais cauchemar que, finalement, elle ne savait plus vraiment ce qui était réel ou pas. Pouvait-elle seulement se réveiller dans son lit, maintenant ! Se rendre compte qu’elle avait rêver tout cela, serrer ses parents, même si ils ne comprendraient pas son geste. Est-ce qu’elle pouvait vraiment faire ça ? Après tout si il lui suffisait de penser qu’elle voulait être avec Jérémy pour le voir arriver, dans les toilettes pour femmes – ce qui avait un côté improbable – c’est que ce n’était qu’un rêve. Tout n’était jamais aussi synchronisé dans la réalité.

    Jérémy avait pourtant l’air bien réel, un peu plus quand il prit place à côté d’elle. Mais October fut incapable d’ouvrir la bouche, espérant qu’il ne soit pas vraiment là, juste pour prouver que rien n’était réel. Combien de temps s’écoula ? Elle n’en avait aucune idée, la seule chose importante était qu’elle puisse se réveiller. Enfin et définitivement. Elle sentit le bras de Jérémy passer autour de ses épaules, bien réel. Trop réel. Cette vérité qu’elle comprit lui fit fermer les yeux, le plus fortement qu’elle était capable pour s’empêcher de verser la moindre larme. Jérémy était bien là, ce n’était pas une vision, encore moins un cauchemar. Tout était réel. Beaucoup trop.

    « Tu… tu peux pleurer tu sais. »

    Ces quelques mots ne firent que lui rappeler le drame qui se jouait à ce moment précis dans sa vie. Mais sans qu’elle puisse le commander, les larmes se mirent à couler. A croire qu’il suffisait qu’il le demande pour qu’elle l’écoute, pour que les « vannes » s’ouvrent et qu’elle laisse échapper une partie de se qu’elle avait sur le cœur. Dans son action elle s’était laisser aller contre Jérémy, la tête sur le coin de son épaule, ramenant sa main sur le torse de son ami, incapable de cesser de pleurer. C’est ce jour là qu’October pu apprendre qu’on ne pouvait pas pleurer éternellement. A un moment, un long moment, les pleures cessèrent. Elle avait toujours envie de pleurer, elle ne se sentait pas mieux, mais c’était juste physiquement impossible. Elle ne pouvait plus.

    Elle redressa légèrement la tête, restant toujours dans une certaine proximité avec Jérémy, et passa un revers de main rapide sur ses joues. Un geste bien trop imprécis pour enlever toutes les traces que ses larmes avaient pu laisser. Posant son regard sur Jérémy, elle semblait à la fois désolée et étonnée. Désolé de lui imposer cela, elle supposait qu’il comprendrait cet air qu’elle pouvait avoir. Par contre, il pourrait peut être moins comprendre le pourquoi de son étonnement, du coup elle imagina devoir quelques explications.

    « Je, heu… D’un doigt elle désigna ses yeux… J’y arrive plus »

    A pleurer, ce qu’elle avait tenter de faire comprendre par son geste. Et oui ça l’étonnait parce qu’elle était toujours aussi triste, parce qu’elle avait mal aux yeux de les sentir aussi sec maintenant qu’ils étaient incapable de continuer de déverser des flots de larmes. Elle secoua la tête, trouvant soudainement débile de faire une fixette sur le fait qu’elle n’arrivait plus à pleurer. Et puis, une autre pensée avait traversé son esprit : son père. Toujours dans le coma. Il fallait qu’elle se raccroche au fait qu’il allait s’en sortir. Peut être qu’il fallait qu’elle soit présente auprès de lui. Peut être…. Peut être… En fait elle ne savait rien du tout. Puis, sans prévenir, toujours en restant assise, elle se redressa pour s’écarter de Jérémy.

    « Tu as ton téléphone ? J’ai oublié le mien en partant. Faut prévenir Nathan, puis Gabriel. Puis… Je crois que j’ai envie d’une bouteille d’eau, il y avait un distributeur à côté de la machine à pseudo café ? Hein, dit ? Je crois que je viens de passer à un corps constitué de 80% d’eau à 50%... »

    Allez savoir, elle avait sûrement besoin de se raccrocher à quelque chose d’autre que l’image de sa mère, de l’idée qu’elle avait de son père dans le coma pour se focaliser sur des trucs moins important comme boire de l’eau. Nathan, c’était important de le prévenir parce que les parents d’October, et elle, restaient sa dernière famille. Gabriel, parce que… Parce que c’était Gabriel et qu’elle avait besoin qu’il soit là, aussi.



    (je te laisse répondre, puis Gabriel devrait débarquer par la suite. Désolée pour le retard et la médiocrité du post. Mais si tu veux je dois avoir un bâton qui traîne pour me frapper ?)
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 13 Jan - 22:57

[Beuh il est très bien ton post ! Te frapper ??? Rhooo franchement, en voilà une idée saugrenue ! Et je ne veux pas savoir pourquoi tu gardes des bâtons sous la main ]


Alors que je me reprochais encore la nullité de ce que je venais de sortir, le moins que l’on pouvait dire était que ça avait eu l’effet escompté. Quant à savoir si c’était une bonne chose… On m’a toujours dit que quand on avait quelque chose sur le cœur, ça allait mieux en laissant ses sentiments s’évacuer. Mais est-ce que c’était applicable dans un cas aussi tragique ? J’étais mal placé pour le savoir, n’ayant jamais vécu une chose pareille. Moi et mes conseils à la noix.

Quoi qu’il en soit, maintenant October pleurait. Beaucoup… En silence. Elle était venue contre moi, et je ne pouvais que rester là, près d’elle, incapable de réagir. Peut-être que de toute façon il n’y avait rien à faire. Mais je ne pouvais m’empêcher de chercher… quelque chose… un mot… un geste… n’importe quoi ! Et je me maudissais de ne rien trouver. Je suis incapable de dire combien de temps nous sommes restés ainsi. Tout semblait s’être figé. Jusqu’à ce que ses sanglots cessent, juste avant qu’elle ne se redresse et cherche maladroitement à sécher ses larmes. Ses yeux posés sur moi avaient une expression particulière, comme si elle voulait s’excuser… et quelque chose d’autre, une sorte de surprise dont je ne voyais pas l’origine.

« Je, heu… J’y arrive plus »

A en croire son geste, elle parlait de ses pleurs. Etait-il possible d’arriver à cours de larmes ? Ou alors est-ce qu’une partie de sa tension nerveuse était finalement retombée ? Peu importait en fait. Son chagrin ne devait pas s’en être amenuisé pour autant, dans un cas comme dans l’autre. Avant que je n’aie pu répondre, si tant est que j’eusse trouvé quelque chose de sensé à dire, elle s’était écartée de moi et avait repris.

« Tu as ton téléphone ? J’ai oublié le mien en partant. Faut prévenir Nathan, puis Gabriel. Puis… Je crois que j’ai envie d’une bouteille d’eau, il y avait un distributeur à côté de la machine à pseudo café ? Hein, dit ? Je crois que je viens de passer à un corps constitué de 80% d’eau à 50%... »

Elle avait raison. Il fallait prévenir Nathan. Ca allait lui faire un choc à lui aussi, qui n’avait plus qu’October et ses parents comme famille. Prévenir Gabriel également. October avait besoin du soutien de tous ceux qu’elle connaissait. Je répondis cette fois avec sans doute un peu trop de spontanéité, peut-être pour cacher le fait que j’aurais dû y penser moi-même plus tôt !

« Oui, je l’ai avec moi. Je vais les appeler. Une fois qu’on t’aura trouvé quelque chose à boire ! »

Ce qui était bien, c’est qu’elle semblait avoir retrouvé un peu de bagout. Ca ne voulait pas dire grand-chose, mais c’était quand même un mieux. Après m’être relevé, je lui proposais ma main pour l’aider à en faire de même. Puis nous sortîmes des toilettes sous le regard curieux de deux ou trois personnes. Mais celui que je leur renvoyai en retour dut les dissuader de s’intéresser à nous plus longtemps. Lentement, nous regagnâmes la salle d’attente où effectivement trônait un distributeur de boissons fraîches. Je sélectionnai une bouteille d’eau et la tendis à October.

« Tiens. On ne peut pas appeler d’ici. Tu n’as qu’à t’assoire un peu… j’en ai pour deux minutes. »

Les panneaux indiquant l’interdiction d’utiliser les portables à l’intérieur de l’hôpital étaient sans appel. Heureusement, de la salle où nous étions partait une sorte de passerelle extérieure qui reliait deux ailes du bâtiment, et je n’eus qu’à pousser la porte vitrée pour me retrouver à l’air libre. L’avantage était que je pouvais garder un œil sur October… au cas où par exemple il viendrait à l’idée de l’excité de tout à l’heure de repasser par là.

J’appelai en premier Gabriel. La logique aurait sans doute voulu que je commence par Nathan, mais peut-être que je repoussais inconsciemment le fait de devoir lui apprendre ces tristes nouvelles. Et peut être aussi avais-je hâte que Gabriel nous rejoigne. Sans doute serait-il plus à même que moi de soutenir October. Je composai son numéro et attendis… de tomber sur sa messagerie. Arf ! Je ne savais jamais quoi dire à ces trucs là !

« Salut Gabriel. Je… Je suis avec October, à l’hôpital. Pas pour elle, hein ! Ses parents. Ils ont eu un accident et… sa mère est décédée. Je t’en dirai plus tout à l’heure. Si tu peux venir... »

Je terminai en précisant l’adresse et le service où il pourrait nous trouver, et raccrochait en espérant qu’il consulte ses messages rapidement. Et qu’il soit assez clair pour venir jusqu’ici. Puis vint le tour de Nathan. Ce fut le souffle court que j’entendis les sonneries résonner dans le vide avant d’entendre sa voix me demander de parler après le bip. Je raccrochai. Je ne me voyais pas lui annoncer que quelqu’un de sa famille était mort par messagerie interposée.

Je regagnai la salle d’attente. Le distributeur proposait également des sodas, et j’en pris un avant de me poser sur un siège près d’October et de lui annoncer le maigre fruit de mes appels.

« J’ai laissé un message à Gabriel. Pour Nathan… je retenterai plus tard. »

Je ne savais pas trop quoi dire, ce qui était un peu mon lot depuis que nous étions arrivés ici. Quand je lui avais proposé plus tôt d’aller au chevet de son père, elle avait refusé vivement. Alors même si maintenant cela semblait la chose la plus logique à faire, je n’osais plus recommencer de crainte de la brusquer. Rien ne nous pressait, alors autant la laisser assimiler les choses à son rythme.
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Sam 22 Jan - 15:35

    La veille au soir, Gabriel avait tenté de résister à l’appel de sa Fée Blanche en compensant avec sa Fée Verte. Le résultat n’avait pas été le même, ou du moins pas tout à fait aussi catastrophique, mais le réveil avait été véritablement difficile et le tube d’aspirine avait passé un sale quart d’heure. Enfin pas autant que la tête de Gabriel… Une douche avait arrangé les choses de manière partielle, de même qu’une plâtrée de pâtes et un baquet de crème au chocolat ; la diététique était une chose qui échappait complètement à Gabriel les lendemains de cuite ou de défonce trop prononcée.

    Gabriel n’avait au final rien fait de particulier de sa journée en dehors de s’occuper presque obsessionnellement de sa guitare lorsqu’on sonna à la porte. Enfilant un tee-shirt, il s’était dépêché d’aller ouvrir et avait eu droit à un speech assez assommant concernant un certain groupuscule religieux. Tellement blasé par le speech d’enrôlement trop parfait pour être spontané, Gabriel n’avait pas entendu son portable sonner, et c’est avec une certaine exaspération qu’il constata qu’un message avait été laissé sur son répondeur du fait de son indisponibilité au moment de l’appel. Il avait mis 10 minutes avant de parvenir à faire dégager ces missionnaires d’un genre particulièrement collant, et lorsqu’il prit connaissance du contenu du message, le peu de bonne humeur que le mutant conservait s’évapora en une fraction de secondes : October avait perdu sa mère, Jeremy avait besoin de lui – visiblement – et la jeune fille avait sans doute encore plus que d’habitude besoin d’être entourée de ses proches.

    Les pensées de Gabriel s’entrechoquèrent dans son esprit et rebondirent à l’intérieur de sa tête, et il traversa son appartement en courant à de nombreuses reprises avant de parvenir à mettre la main sur un paquet de gâteaux qu’il coinça dans la poche arrière de son jean, et sur ses clés de voiture. Se ruant dans le couloir après avoir fermé la porte, Gabriel manqua une marche dans sa précipitation mais parvint sans trop de dommages à rétablir la situation à son avantage, profitant de la vitesse acquise pour descendre les marches trois par trois.
    Arrivant sur le parking, il ralentit l’allure et envoya un assez bref sms à Jeremy pour le prévenir qu’il ne tarderait pas à arriver puisqu’il connaissait la localisation de cet hôpital et que pour une fois il n’était pas complètement défoncé. A l’heure qu’il était, la circulation n’était généralement pas très dense, et même si les circonstances n’étaient guère joyeuses, ce point de détail était parfait.

    Gabriel s’installa au volant de sa Chevrolet Impala – merci à son grand-père, au passage – et démarra assez nerveusement, quittant le parking à une allure dépassant de loin la vitesse autorisée à proximité d’une zone résidentielle. Une contravention plus tard sur la voie rapide, le moteur s’ébranla et décida de s’arrêter, arrachant un certain nombre de jurons à Gabriel. Garant comme il le pouvait la voiture sur le bas-côté, il en jaillit avec un certain énervement et se rua vers le capot de la voiture d’où s’échappait une légère fumée. L’ouverture manuelle du capot lui valut de se brûler les doigts très superficiellement, et l’asphyxie fut frôlée de peu lorsque la fumé lui sauta littéralement au visage pour s’échapper à l’air libre. Gabriel toussa pendant un long moment avant de se ruer vers le coffre d’où il sortit une boîte à outils qui avait sans doute connu la guerre tant elle était cabossée. Au point même qu’il peina à l’ouvrir…

    Vingt bonnes minutes d’énervement plus tard, le jeune homme était couvert de tâches d’huile de moteur et balançait avec rage la caisse à outils dans le coffre. Sa voiture refusait de démarrer, et à cet instant précis lui revint en mémoire ce rendez-vous qu’il avait pris pour résoudre ce même problème qui l’immobilisait à cet instant précis, mais auquel il avait tout bonnement omis de se rendre en pensant naïvement que la voiture continuerait de rouler. Le moteur l’avait lâché, et il faudrait sans doute des siècles avant qu’il ne puisse le faire réparer en comptant sur les maigres économies qu’il avait… Gabriel essuya ses mains graisseuses sur son tee-shirt, achevant de se donner un look à faire peur, et verrouilla sa voiture avant de commencer à marcher le long de la route, pouce tendu, avec l’espoir que quelqu’un s’arrêterait pour le prendre en stop…

    Ses vêtements salis semblèrent rebuter la plupart des newyorkais avant qu’un routier ne finisse par s’arrêter en lui demandant s’il pouvait l’aider et le déposer quelque part. Gabriel accepta l’offre et monta avec l’homme dans la cabine. Dix minutes plus tard, il se faisait déposer devant l’entrée des urgences sous le regard ahuri des passants, parce qu’utiliser un 38 tonnes comme taxi n’était visiblement pas quelque chose qu’ils pouvaient concevoir. Gabriel et son allure désastreuse pénétrèrent dans le hall sous l’œil désapprobateur des employés, et il chercha longuement son chemin sur les panneaux indicateurs avant de finalement demander son chemin à la première infirmière qui passa près de lui. Sourire charmant à l’appui, elle lui indiqua le service où l’attendaient ses amis, et Gabriel se dépêcha de se rendre sur place, marchant avec hâte en espérant qu’il n’avait pas été trop long à cause de ses problèmes de moteur.

    Il ne tarda pas à apercevoir Jeremy, et son regard glissa finalement sur October qui avait – même de très loin – l’air anéantie. Les pas de Gabriel ralentirent subitement, parce que s’il s’était dépêché pour pouvoir soutenir son amie, il n’avait strictement aucune idée de ce qu’il convenait de dire pour produire le bon effet sur quelqu’un qui venait de perdre un proche. Et puis même si Gabriel avait l’air de bien manier les mots, il n’était pas vraiment habitué à ce genre de situations – qui l’était ? – et avait même plutôt tendance à les fuir lorsqu’il le pouvait. Mais là c’était différent, parce qu’il s’agissait d’October et qu’elle ne pouvait pas rester dans cet état sans que quelqu’un cherche à faire quelque chose pour elle. Jeremy avait sans doute fait beaucoup à l’heure actuelle, et Gabriel espérait qu’il ne provoquerait pas une crise de larmes par sa maladresse…

    J’ai fait aussi vite que j’ai pu, et euh…

    Un long silence s’installa avant que Gabriel ne rejoigne ses amis près du banc où October était installée et très clairement anéantie. Planté comme un idiot au milieu de la salle d’attente, Gabriel semblait comme paralysé. Et si c’était bien la première fois qu’il était incapable de gérer une situation en étant « clean », c’était vraiment le pire moment pour lui faire expérimenter ce genre de choses ! Peut-être que ça aurait été plus facile avec un peu de coke… non ? Gabriel déracina ses pieds du sol et s’approcha, posant une main sur l’épaule de Jeremy pour le remercier silencieusement de l’avoir prévenu, et s’installant ensuite près d’October. Il ne fallut guère plus de quelques secondes avant qu’il ne referme ses bras autour d’elle, sans pour autant la forcer à s’approcher ou à quoi que ce soit.

    Je suis désolé pour ta mère… - Que pouvait-il dire de vraiment réconfortant en sachant qu’il avait tellement été laissé de côté par ses parents, qu’il avait préféré se tirer peu avant sa majorité ? – On va s’occuper de toi…

    Sa manière d’essayer de réconforter October n’était sans doute pas très performante, mais il était assez difficile de trouver les mots justes lorsqu’on avait soi-même un énorme contentieux avec ses propres parents.
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 10 Fév - 0:32

    « Oui, je l’ai avec moi. Je vais les appeler. Une fois qu’on t’aura trouvé quelque chose à boire ! »

    October ne remarqua même pas qu’il avait répondu avec un peu trop d’entrain, ce qui fait qu’elle n’eue même pas besoin de se demander pourquoi il avait pu répondre de manière aussi spontanée. Elle savait juste qu’il fallait prévenir Nathan, qu’elle voulait que Gabriel soit là aussi, pour une raison qu’elle n’était même pas capable de comprendre. Si elle était en mesure de réfléchir un peu plus, elle aurait peut être chercher à mettre un peu plus de forme dans sa demande. Mais non, dans pour le moment, elle n’arrivait pas à réfléchir, les choses sortaient juste comme elles venaient. Elle serait très bien s’en vouloir plus tard mais pas pour le moment. Surtout pas pour le moment alors qu’un tas de chose lui encombraient l’esprit.

    Se relevant avec l’aide de la main de Jérémy, elle se demanda pourquoi les gens les regardaient, un court instant, de manière assez étrange, alors qu’ils sortaient des toilettes. Bon, suffisait de mettre son cerveau en marche pour comprendre que ça pouvait étonner de voir un garçon et une fille sortir des toilettes pour femmes. Mais ça, même en temps normal, elle ne l’aurait certaine pas capter. Les choses qui passaient bien ou mal selon des mœurs bien ancrées dans l’esprit des gens avaient une fâcheuse tendance à ne pas vraiment fonctionner de la même manière chez la bassiste.

    Une fois dans la salle d’attente, elle hocha la tête tout en récupérant la bouteille que lui tendait Jérémy. C’était hallucinant de voir à quel point on pouvait oublier la politesse élémentaire d’un simple merci quand on vient d’identifier le cadavre de sa propre mère. Là encore, elle trouverait bien le temps de s’excuser et de le remercier à un autre moment. Dans un automatisme, juste parce que son ami lui avait dit, elle prit place sur une chaise sans même en avoir réellement conscience. Ses yeux s’attardèrent sur Jérémy qui quittait la pièce pour, bientôt, ne plus être en vu. Et là, elle fut prise de panique, ayant l’impression que tous les murs se jetaient sur elle pour l’engloutir. Pourquoi est ce qu’elle lui avait dit de téléphoner ? Pourquoi était-ce elle qui lui avait demander de partir en la laissant seule ? Elle ferma très fort les yeux, s’efforçant de respirer calmement. Pas vraiment au point comme technique. La main tremblante, elle arriva à ouvrir sa bouteille d’eau pour en avaler une grande gorgée et ouvrir les yeux à nouveau. Les murs avaient retrouvés leurs place et elle en lâcha un soupir de soulagement.

    Le pire dans tout ça, c’est qu’elle était persuader d’avoir perdu Jérémy de vue, alors qu’il était simplement derrière les portes vitrées, et qu’elle aurait pu garder un œil sur lui. Lamentable. Elle ferma à nouveau les yeux, pour ne pas voir le temps passé ou, à défaut, subir une nouvelle attaque de mur étouffant.

    « J’ai laissé un message à Gabriel. Pour Nathan… je retenterai plus tard. »

    La voix de Jérémy, présente, proche, rassurante. Dans un très léger sourire elle ouvrit les yeux sur son ami, avant de laisser son cerveau comprendre ce qu’il venait de dire. Messagerie pour les deux, et pas de message laisser pour Nathan. Elle hocha la tête.

    « Merci. Tu as bien fait de ne pas laisser de message, je crois qu’on a pas envie d’apprendre ce genre de chose par messagerie interposée. »

    Pour Gabriel c’était une autre chose vu qu’il n’était pas directement de la famille. Il pouvait l’apprendre à travers un message, après tout. L’essentiel était juste qu’il est le message et qu’il puisse venir rapidement. Elle l’espérait. October fini par désigner la chaise à côté d’elle pour que Jérémy puisse prendre le place. Puis, une fois que ce fut fait, elle s’enferma dans un mutisme, la tête appuyer contre l’épaule de Jérémy pour un rapprochement qui lui procurait une certaine sécurité dont elle avait besoin.

    Une fois de plus le temps lui échappa. Inconsciemment, elle avait juste envie de retarder l’échéance qui consistait à aller voir son père, savoir comment il allait. Parce que si il n’y avait plus que lui, elle ne voulait pas entendre la moindre mauvaise nouvelle. Et vu qu’elle semblait être abonnée aux nouvelles pourries pour aujourd’hui, ce n’était pas la peine de jouer avec le destin et risquer la vie de son père. Comme si ce genre de chose avait réellement un impact quelconque sur les soins qu’il était en train de subir. Mais, c’était bien connu, les pieds d’October étaient à de nombreux endroits, mais certainement pas sur terre.

    « J’ai fait aussi vite que j’ai pu, et euh… »

    Cette voix, elle aurait pu la reconnaitre entre mille. Elle ouvrit les yeux, décolla sa tête de l’épaule de Jérémy pour se redresser tout en restant assise. Elle était partager entre l’envie de sourire parce qu’il était là, l’envie de pleurer parce que le fait qu’il soit là la ramenait à la triste vérité. Du coup, sous ce mélange improbable, elle resta figé sur place, les yeux brillants de larme, et un léger sourire sur le coin des lèvres. Elle le laissa volontiers aller dans ses bras pendant qu’il lui disait qu’il était désolé et qu’ils s’occuperaient d’elle. S’occuper d’elle ? Cette idée avait quelque chose de tellement dérangeant pour elle. Quand est ce qu’elle avait demandé de l’aide ? October allait toujours bien, même quand ce n’était pas le cas, elle n’avait jamais rien fait savoir parce qu’elle estimait que tout le monde avait assez de soucis pour ne pas avoir à s’occuper des siens. Et voilà qu’elle était là, passer de bras en bras parce que ça n’allait pas. Est-ce qu’elle les ennuyait ? N’avait-il pas un programme plus intéressant pour la journée ?

    Elle se redressa, s’écartant des bras de Gabriel, en proie à une véritable culpabilité.

    « Je suis désolée. C’était stupide. Je heu… Vous avez sûrement mieux à faire tous les deux que de rester là. C’est… »
    « Mademoiselle Parvin ? » Un médecin était arrivé, l’empêchant de finir ce qu’elle n’arrivait pas à dire.
    « Oui ? »
    « Je pourrais vous parlez en privé, s’il vous plait. »

    En privé… Ces deux petits mots trouvèrent écho dans la voix d’October qui le répéta sans même sans rendre compte. Elle tourna la tête vers Jérémy et Gabriel, le poids du monde s’effondrant sur ses épaules. Ses lèvres formèrent les mots « je reviens », et elle se tourna vers le médecin pour le suivre. L’entretien qui s’en suit dura un bon quart d’heure, avant qu’elle ne soit relâcher pour retourner dans la salle d’attente, larme aux yeux, pour s’asseoir près de ses amis.

    « Le médecin dit qu’ils ont tout essayer mais l’état était trop critique. Que… Heu… C’est juste la machine que le maintient en vie mais qu’il ne se réveillera pas. Que cérébralement c’est fini. Et heu… Je dois voir une autre personne, parce que si je décide de le débrancher, ils voudraient. Finalement, elle craqua. Non mais franchement est ce qu’on a idée de venir me parler de le découper en morceau pour la distribuer comme des smarties ?! »
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mer 16 Fév - 23:16

C’était plus fort que moi, il fallait que je trouve un moyen de me rendre utile. Mais en l’occurrence, rien ne me venait à l’esprit, si ce n’était rester auprès d’October. Elle avait besoin d’être entourée, et j’espérai vivement que Gabriel reçoive mon message le plus rapidement possible. October leva les yeux vers moi et un mince sourire égaya un instant son visage.

« Merci. Tu as bien fait de ne pas laisser de message, je crois qu’on a pas envie d’apprendre ce genre de chose par messagerie interposée. »

Elle posa sa tête contre mon épaule et nous restâmes ainsi un long moment, silencieux. En un sens, respecter le mutisme de mon amie m’arrangeait, car tout ce que j’aurais pu dire à ce moment là ne lui aurait rien apporté de plus. Après un petit moment de cette attente silencieuse, je faillis sursauter en sentant mon téléphone vibrer dans ma poche. Doucement, pour ne pas mettre fin à cette espèce de répit dont bénéficiait October en cette atroce journée, je sortis mon portable et pris connaissance du message qui venait d’arriver.

sms de Gabriel a écrit:
Je suis en chemin. J'arrive le plus vite possible !

Bien. Gabriel n’allait pas tarder à nous rejoindre. Le connaissant, même complètement défoncé il trouverait le moyen de venir ici. Ceci dit, j’espérais tout de même qu’il soit un minimum clair, pour October mais surtout pour lui. Si seulement il pouvait mettre un frein à ses… disons mauvaises habitudes. J’éteignis mon portable. Quel abruti je faisais. Ca ne servait à rien de sortir pour téléphoner si j’oubliais de couper l’appareil en revenant ! Enfin bon, au moins j’avais eu le message de Gabriel, et dans cette pièce en retrait des salles de soins cela ne devait pas non plus être critique. J’hésitai à annoncer la nouvelle à October. Je ne savais de toute façon pas exactement quand notre ami serait là, alors autant la laisser souffler.

L’attente se prolongea. Incapable de laisser mon esprit divaguer, celui-ci tournait au contraire à plein régime mais de façon totalement anarchique. J’étais inquiet. Je savais October pleine de ressources, mais affronter une épreuve pareille pouvait vous marquer profondément. Alors que j’en arrivais pour la énième fois à la conclusion qu’il faudrait particulièrement être près d’elle durant les jours à venir, je vis Gabriel approcher. A en juger par l’allure de ses vêtements, le trajet n’avait pas dû être de tout repos. Je ne savais pas si c’était son Impala qui l’avait lâché ou s’il avait fait connaissance d’un peu trop près avec un pot de cambouis, mais en tout cas il était là et c’était l’essentiel. D’autant plus qu’il avait l’air clean.

J’ai fait aussi vite que j’ai pu, et euh…

Je n’osais pas bouger, préférant laisser October reprendre elle-même ses esprits. Elle ne tarda d’ailleurs pas à se détacher de moi, et durant cet instant nous nous regardâmes tous les trois en silence, sans doute aussi incapables les uns que les autres de savoir comment nous comporter. Puis Gabriel se dirigea vers moi et posa sa main sur mon épaule, en une sorte de remerciement muet auquel je répondis d’un simple regard, avant de s’assoir lui aussi à côté d’October et de la prendre dans ses bras.

Je suis désolé pour ta mère… On va s’occuper de toi…

Je ne pouvais qu’approuver intérieurement ce que venait d’annoncer Gabriel. Pourtant October eut une réaction un peu curieuse, comme si elle avait réalisé tout à coup quelque chose.

« Je suis désolée. C’était stupide. Je heu… Vous avez sûrement mieux à faire tous les deux que de rester là. C’est… »

C’était donc ça. Ben voyons. C’est évident qu’on avait vachement mieux à faire que de réconforter celle qui était plus proche de nous que nos propres familles ! Même si j’aurais tout donné pour revenir en arrière et pouvoir empêcher ce qui s’était produit, il faudrait une sacrée bonne raison pour me faire partir d’ici maintenant. Avant d’avoir eu l’occasion d’assurer October de cet état de fait, un docteur s’était approché d’elle et avait demandé à s’entretenir seul avec elle. Au regard qu’elle posa sur nous, il était facile de percevoir sa détresse. Si elle nous fit comprendre qu’elle allait revenir, j’espérais qu’il était évident pour elle que de toute façon il était hors de question que nous partions.

Nous nous retrouvâmes donc, Gabriel et moi, seuls pour un moment et j’en profitai pour finir de le mettre au courant.

« Merci d’être venu si vite, et désolé pour mon message pas très clair. Ses parents ont eu un accident de voiture ce matin… une histoire de priorité… j’en sais trop rien en fait. Sa mère est morte avant d’arriver ici. Son père… il est dans le coma. C’est tout ce qu’on sait. Pour l’instant… elle a l’air de tenir à peu près le choc. Ca a été dur. Surtout… quand ils lui ont demandé d’identifier le corps de sa mère. »

J’avais parlé d’une voix un peu éteinte. Difficile de discuter de ça comme si on parlait de la pluie et du beau temps. J’aurais peut-être pu éviter de rentrer dans les détails, mais nous avions tellement l’habitude de tout partager… et puis j’avais l’impression qu’il était nécessaire que Gabriel soit au courant de tout pour qu’il puisse l’aider. Je passais tout de même sous silence l’accrochage qui s’était produit plus tôt avec le fiancé de la jeune femme décédée également dans l’accident. En soit, ce n’était pas important. Ce qui l’était plus en revanche…

« Je crois… elle se sent coupable, d’un tas de chose… et ça dérive sur ce qui s’est passé aujourd’hui. »

Cette fois-ci je pensais avoir tout dit. Du coup mon attention se porta davantage sur Gabriel, et notamment sur son T-shirt qui semblait avoir connu des jours meilleurs.

« Ca va toi ? C’est moi ou tu as eu des petits soucis en venant ? »

L’attente du retour d’October me parut une éternité. J’en profitais pour dire également à Gabriel que je n’avais pas encore pu avertir Nathan de ce qui s’était passé. Puis enfin, October revint vers nous et un simple regard suffisait pour comprendre que ce n’était pas avec de bonnes nouvelles.

« Le médecin dit qu’ils ont tout essayer mais l’état était trop critique. Que… Heu… C’est juste la machine que le maintient en vie mais qu’il ne se réveillera pas. Que cérébralement c’est fini. Et heu… Je dois voir une autre personne, parce que si je décide de le débrancher, ils voudraient. Non mais franchement est ce qu’on a idée de venir me parler de le découper en morceau pour la distribuer comme des smarties ?! »

Et merde. Là ça tournait vraiment au cauchemar. Le sort et les toubibs semblaient s’être donnés le mot pour s’acharner sur elle. Je lui pris doucement la main. Si je comprenais bien, ils lui avaient demandé s’ils pouvaient prélever des organes sur son père si elle décidait de ne pas le maintenir en vie. Ca ne pouvait vraiment pas attendre un peu ? Elle n’avait même pas eu le temps d’assimiler ce qui s’était passé qu’ils lui sautaient dessus ! Débrancher son père… tu parles d’une décision facile à prendre ! Quant au don d’organes… ça non plus ce n’était pas simple. C’est le genre de question à laquelle il valait mieux répondre soi-même avant, mais si peu de personnes pensaient à le faire… moi le premier.

Lui dire à nouveau que j’étais navré de ce qui lui arrivait ne servirait à rien. Ce n’était pas non plus à moi de l’orienter dans un sens ou dans l’autre. Ce serait sans doute plus facile, mais c’était un choix qu’elle devait hélas faire elle-même, sous peine de le regretter ensuite. On m’avait toujours dit qu’il valait mieux avoir des remords que des regrets… je ne savais pas vraiment si ça s’appliquait à ce cas précis. En tout cas les médecins étaient certains qu’il n’y avait plus rien faire. Elle pouvait au moins s’appuyer sur ça.

« Tu sais… il est parti. Quoi que tu choisisses, maintenant ta mère et lui resteront en ceux qui les aimaient et qu’ils aimaient. Toi… Nathan. C’est ça qui compte à présent. Et quoi que tu choisisses, on sera avec toi. »
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Dim 6 Mar - 15:54

    October s’était légèrement redressée lorsque la voix de Gabriel avait résonnée dans la salle d’attente. Son visage avait également longtemps oscillé entre deux expressions que le mutant avait été incapable d’identifier jusqu’à ce qu’il prenne place près d’elle et l’attire dans ses bras. Elle avait mal, retenait difficilement ses larmes, mais était contente qu’il soit là. Et probablement, qu’il soit vraiment là, et non à moitié défoncé comme cela lui arrivait régulièrement. Gabriel avait donc remercié silencieusement Jeremy de l’avoir prévenu et avait promis à October qu’ils s’occuperaient d’elle. « Ils » incluant Jeremy, parce que bien évidemment ses deux amis n’étaient pas du genre à la laisser se débrouiller face à une telle situation en lançant seulement un « bon écoute, on se revoit dans 2 semaines quand tu iras mieux… ça te va ? Tchao à plus ! ». Non, ce n’était définitivement pas leur genre, et cela n’était pas près de l’être parce que October aussi minuscule pouvait-elle être comptait énormément peur les deux jeunes hommes…

    Elle finit par se dégager de l’étreinte de Gabriel et s’excusa assez piteusement, déclarant quelque chose « stupide » avant de laisser entendre qu’elle gâchait plus que probablement leurs journées respectives en les retenant auprès d’elle de cette manière. Gabriel se retint de lever les yeux au ciel et trouva plus constructif de dégager les mèches de cheveux collées au visage de la jeune femme à cause de ses larmes.

    Ce qui importe pour Jeremy et moi, c’est que tu ne sois pas seule pour traverser cette épreuve… Le reste on s’en fout pour le moment. Aussi longtemps que ça n’ira pas mieux pour toi… D’accord ?

    Gabriel n’était pas très doué pour réconforter les gens, mais il faisait un gros effort pour faire ça bien parce qu’il s’agissait de son amie. Un docteur avait fini par s’approcher et October s’était redressée avant de se lever pour le suivre un peu plus loin, laissant les deux jeunes hommes seuls. Jeremy remercia Gabriel d’avoir fait aussi vite et s’excusa de ne pas avoir été des plus limpides en lui laissant un message vocal. Gabriel avait haussé les épaules pour détendre un peu l’atmosphère, tant pour lui que pour Jeremy qui n’avait pas l’air des plus à l’aise dans cet endroit. En même temps, qui pouvait se sentir dans son élément dans un hôpital et dans de pareilles circonstances ?
    Jeremy donna plus de détails et Gabriel fut peiné d’apprendre que la mère d’October était morte avant même d’avoir une chance d’être soignée. Le père de leur amie était dans le coma. Gabriel secoua la tête de dépit, et finit par poser un regard quelque peu incrédule sur Jeremy lorsqu’il précisa qu’October avait du identifier le cops de sa mère :

    Attends… Ils lui ont demandé d’identifier sa mère qui venait à peine de mourir ? Putain, mais sérieusement ? – Gabriel passa une main tremblante devant son visage, espérant remettre de l’ordre dans ses pensées. – Putain… Pas étonnant qu’elle soit perturbée au point de s’excuser auprès de nous d’avoir perdu sa mère !

    Gabriel était tout bonnement scandalisé qu’un tel traitement ait été infligé à son amie quelques minutes à peine après qu’elle ait perdu sa mère. Jeremy reprit la parole quelques minutes plus tard, expliquant qu’October se sentait coupable de certaines choses et qu’elle transférait ça sur ce qu’il s’était passé aujourd’hui. Gabriel baissa un instant les yeux sur le sol immaculé.

    Ca explique effectivement certaines choses… - Gabriel fixa de nouveau son ami, une expression de profonde inquiétude peinte sur son visage. – Elle se sent coupable à ce point ? Tu penses qu’on peut faire quelque chose pour la déculpabiliser ? Non parce que… si on la laisse s’accuser de tous les mots de la terre, October risque de finir par perdre l’esprit, et… On ne veut pas qu’il lui arrive quoi que ce soit… - Gabriel passa de nouveau ses mains sur son visage, peinant visiblement à organiser ses idées. – Nathan est en chemin ? Sa tante et son oncle sont au courant ?

    Gabriel avait beau essayer de rester calme, la situation dépassait de loin ses compétences. Jeremy l’avait observé pendant quelques secondes avant de finalement lui demander comment il allait, faisant explicitement référence à son état désastreux :

    Un petit souci de moteur sur le trajet, mais heureusement les routiers sont sympas…

    October finit par revenir vers eux après une durée qui sembla interminable – le temps passait nettement moins vite dans un hôpital – et sa mine décomposée et les larmes qui emplissaient ses yeux furent suffisants pour que Gabriel comprenne qu’on lui avait appris une très mauvaise nouvelle… Son père était dans un état critique et était maintenu en vie par une machine. Du coup, les médecins proposaient de le débrancher et de récupérer les organes qui pouvaient servir à d’autres. Ils étaient sérieux ?! Gabriel manqua de s’étouffer sur le coup et caressa très légèrement l’épaule d’October pour la réconforter de la manière la plus efficace dont il était encore capable : les mots étaient son domaine, c’était indiscutable, mais cette situation lui faisait pratiquement perdre cette faculté. Fort heureusement, une autre faculté lui permettait d’annihiler le pouvoir d’October pour lui éviter d’en perdre le contrôle sous le coup du chagrin ou du désespoir.

    Que pouvait dire Gabriel après les paroles justes prononcées par Jeremy ? Le mutant tenta piteusement d’apporter du réconfort à son amie, posant sa tête contre son épaule un peu à la manière d’un gosse. Le but était clairement affiché : lui apporter un peu de chaleur et lui éviter de se sentir seule, ce qui faisait un bon écho aux paroles de Jeremy.

    C’est pas évident comme situation, October. On sera tous là pour t’aider. Pas pour décider de ce que tu devras faire selon notre avis, mais pour t’aider à trouver la solution qui te sera la plus supportable tout en respectant ce que tes parents auraient voulu… - Gabriel n’était pas très au fait des convictions religieuses des parents de son amie, donc il ne s’avança pas trop sur ce point. – On sera là à chacun de tes pas, pour dissiper tes doutes et te soutenir dans tes choix… Jamais seule, Crevette. On sera là pour toi, quoi que tu décides…
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Dim 12 Juin - 21:20


    Oui elle s’en était voulu de ce qu’elle leur infligeait. Ce n’était pas le truc le plus évident pour elle, mais de l’extérieur ça devait l’être encore moins. A leur place, elle ne serait même pas quoi dire ou quoi faire, alors leur imposer ce genre de truc au nom de l’amitié, c’était pas la meilleure chose à faire. Dans le fond elle savait qu’ils resteraient, parce qu’elle aurait fait de même. Mais, elle avait juste envie de leur donné une sortie de secours, leur dire qu’elle ne leur en voudrait pas si ils décidaient de partir. Et, aussi, dire qu’elle était vraiment désolée parce qu’elle se sentait assez mal de devenir le centre d’intérêt. Elle passait tellement de temps à hurler à tout va que tout allait bien même quand ce n’était pas le cas, que la situation la gênait un peu alors que… Qu’on le veuille ou non, la présence de Jérémy et de Gabriel était un réel secours. En fait c’était horrible d’être en prise avec des envies et des sentiments contradictoires.

    Avant que le médecin n’appel October, seul Gabriel eut le temps de répondre quelque chose, sur le fait qu’il n’y avait pas à douter de fait qu’ils resteraient là, jusqu’à ce que cela aille mieux. Sourire, bref et léger mais, sourire quand même, sur le coin de ses lèvres avec un hochement de tête. Merci, c’est ce qu’elle avait eu envie de dire mais l’appel du médecin avait serré un boule si profonde dans sa gorge et son estomac que ce n’était même pas la peine d’essayer de parler. Ses craintes face à cet appel auront été justifiées. Ce qui dû se voir quand elle remit les pieds dans la pièce ou se trouvaient les deux autres, le visage un peu déconfit. En même temps, elle était censé avoir quoi comme réaction quand on venait de lui demander si elle avait envie qu’on charcute son père ? Sauter de joie ? Hurler que c’est trop cool, que son père va enfin servir à quelque chose en sauvant des vies ? Elle se passerait bien de ce genre de réaction, à défaut, elle expliqua ce qui venait de se passer.

    Il ne fallut pas beaucoup de temps pour sentir la main de Jérémy sur la sienne, pendant qu’il apportait son soutien sans dire ce qu’il convenait de faire. Ce qui était une bonne chose parce que, dans le fond, cette décision lui revenait et si elle devait la regretter un jour, elle ne voulait avoir qu’en s’en prendre à elle-même. De sa main libre, elle essuya ses larmes pendant que Gabriel avait une main, puis la tête sur son épaule. Tout aussi réconfortant, et heureusement qu’il était là parce que jamais elle n’aurait pensé à son pouvoir. La dernière chose dont elle avait besoin s’était de se retrouver à l’étage en dessous, voir plus bas pour, avec sa chance, se retrouver à la morgue. Gabriel parlait de ce qu’aurait voulu les parents d’October. Ce fut horrible parce qu’elle était en train de se rendre compte qu’elle n’en savait rien du tout. Strictement rien. Ca faisait longtemps que le clan Parvin ne se parlait plus. Qu’est-ce qu’ils voulaient ? Et voilà qu’il l’appela Crevette, et là, la réaction fut un éclat de rire. Très bref, pendant qu’elle essuyait ses larmes. Punaise, sérieux, qu’est-ce qu’elle pouvait les aimer tous les deux !

    Elle ne savait pas pourquoi, ni d’où elle tenait cette envie de se ressaisir mais c’est ce qu’elle fit. D’une parce qu’elle avait envie d’en finir. De deux parce qu’elle ne voulait pas imposer une situation où personne ne pouvait réellement l’aider. Et de trois, parce que de cette manière, elle pourrait rentrer chez elle à un moment ou à un autre et craquer sans se sentir coupable de le faire devant eux deux.

    « Vous savez quoi ? En fait c’est stupide de ne pas savoir ce que je veux faire. Choix simple : Bouffer par les asticots, ou éventuellement sauver des vies. »

    C’était cynique, elle en convenait très bien. Mais d’un point de vue objectif c’est ce qu’elle aurait pensé s’il ne s’était pas agi de ses parents. De toute façon personne ne pouvait prendre la décision pour elle, après tous ses parents étaient les derniers adultes de la famille. Nathan était tout ce qui lui restait aujourd’hui, mais elle savait qu’il n’irait pas contre son choix. Alors pourquoi s’infliger du temps et de la souffrance ? Elle déglutit un peu difficilement, se forçant à ne pas craquer et en prenant la décision de le faire une fois qu’elle serait seule. Tête haute – autant qu’elle le pouvait vu sa taille – elle posa son regard sur les deux.

    « Je vais y aller amis, euh, après… Il me faudra une montagne de chocolat. »

    Elle tenta un sourire. En fait ce qu’elle aurait voulu après, c’est rentrée chez elle, s’allonger et se laisser aller. Mais elle avait peur qu’en demandant ça, ils se mettent à culpabiliser de la laisser seule rapidement. Et puis, en fait, elle savait pas vraiment encore si elle avait envie de se retrouver toute seule dans cette immense maison qui allait être bien vide… Elle se dégagea de leurs étreintes et commença à prendre la direction de la salle où elle avait été un peu avant. Mais cette nouvelle attitude n’était pas aussi rodé qu’elle le voulait et elle se senti un peu défaillir. C’est là qu’elle songea pour la première fois à ses pouvoirs. Se stoppant net, elle fit demi-tour pour rejoindre les deux garçons le plus rapidement possible. Et sans prévenir elle prit la main de Gabriel.

    « En fait, je crois que je vais avoir besoin que vous veniez avec moi. »

    Et dire que beaucoup de mutant pouvait détester le pouvoir de Gabriel. Alors que, franchement, il était vraiment très pratique. Et là, tout de suite, elle avait envie de pouvoir prendre un stylo pour signer sans que celui-ci lui passe au travers – ou plutôt que ce soit elle qui passe au travers. Et, de là, il n’y avait qu’une solution : Le pouvoir de Gabriel.


    (je vous envoie un message à tous les deux)
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Jeremy Voight
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Mar 21 Juin - 12:18

Gabriel avait paru autant halluciner que moi en apprenant les épreuves qu’October avait dû affronter en si peu de temps. Puis il avait réagi à mes explications concernant le sentiment de culpabilité de la petite. Oh ça non, on ne voulait pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Mais…

« Ce qu’on peut faire ? J’en sais sacrément rien… »

Rester auprès d’elle comme nous le faisions déjà, être à son écoute… tout ça je n’avais pas besoin de le dire tellement c’était une évidence pour nous deux. Mais je n’avais pas la moindre idée de ce que nous pouvions faire de plus, et Gabriel semblait aussi perdu que moi. Je n’avais pas réussi à joindre Nathan et pas pensé à prévenir les parents de ce dernier, ce que j’avouai à Gabriel tout en maudissant le peu de présence d’esprit que j’avais eu jusqu’à présent. Jamais je n’avais eu autant l’impression d’avoir de la purée à la place du cerveau !

Le retour d’October apporta son nouveau lot de mauvaises nouvelles. Gabriel et moi tentâmes de lui apporter tout le soutien que nous pouvions, mais lui aussi sembla de l’avis qu’elle seule pouvait faire le choix qui se présentait à elle. J’avais vraiment l’impression que nous étions totalement inutiles sur le coup. Gabriel la prit contre lui, et lui exprima cent fois mieux que je n’avais pu le faire que nous serions toujours là pour la soutenir.

L’avait-elle entendu plus que moi ? Au fond, je m’en fichais un peu, l’essentiel étant que soudainement elle sembla sortir un peu de son abattement.

« Vous savez quoi ? En fait c’est stupide de ne pas savoir ce que je veux faire. Choix simple : Bouffer par les asticots, ou éventuellement sauver des vies. »

Ah bah oui, vu comme ça… cela pouvait simplifier les choses. Pouvait. Mais là aussi, le plus important était que cela l’aide à prendre sa difficile décision. Elle se redressa et nous regarda. Je n’arrivais pas à déterminer dans son regard si réellement elle allait un peu mieux ou si cette attitude n’était qu’une sorte de défi qu’elle se lançait.

« Je vais y aller amis, euh, après… Il me faudra une montagne de chocolat. »

Son sourire me fit le même effet que son regard. J’aurais bien aimé me persuader que c’était bon signe… mais je ne pouvais m’empêcher de craindre que ce ne soit qu’une façade. En tout cas, si elle souhaitait ensuite du chocolat, elle pouvait compter sur nous deux pour lui en fournir en quantité industrielle. Ceci dit, rien que le fait de la voir réagir dans le bon sens m’aida à lui sourire en retour. C’était ma façon semi-inconsciente de l’inciter à poursuivre dans cette voie.

Elle s’éloigna de nous et se dirigea vers le bureau qu’elle venait de quitter. Je ne savais pas combien de temps il lui faudrait pour remplir les différentes formalités, mais j’attendais avec impatience de la sortir de cet endroit où il lui serait difficile de commencer son deuil. A ma grande surprise, elle s’arrêta brusquement et revint vers nous. Enfin… surtout vers Gabriel, et lui prit la main. Une seconde, j’oubliai où nous étions et ce qui s’était passé pour ne retenir que le fait que c’était vers lui qu’elle s’était tournée. L’instant d’après je me serais giflé ! Je n’étais vraiment qu’un abruti qui ne pensait qu’à lui !

Bien évidemment, le fait qu’elle craignait de voir son pouvoir s’activer et s’appuyait sur celui de Gabriel pour s’en prémunir ne me vint pas à l’esprit. Ces histoires de mutations avaient tendance à m’agacer un peu, et du coup ce n’était pas forcément naturel chez moi d’y songer. Est-ce que cela aurait changé quelque chose à ma première réaction si je l’avais fait ? Pour être honnête, pas vraiment. Mais peu importait : dans un cas comme dans l’autre, c’était totalement stupide de ma part.

« En fait, je crois que je vais avoir besoin que vous veniez avec moi. »

L’assurance dont October avait fait preuve s’était un peu fissurée. Je ne savais même pas comment elle arrivait à tenir le coup, et je n’étais pas certain qu’à sa place j’en aurais été capable. Même si elle demandait notre soutien, elle gérait la gamine !

Gabriel et elle s’avancèrent en direction du bureau et je leur emboitai le pas. J’espérais que cela allait se terminer vite, pour que nous puissions partir d’ici. Les jours à venir allaient être difficiles pour October. Mais si je n’étais certain que d’une seule chose, c’était que je n’allais pas la laisser les vivre seule. Ah non… j’étais certain d’autre chose aussi : Gabriel et Nathan non plus.
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Ven 24 Juin - 13:35

    Le médecin avait pris October à part, sans doute pour évoquer un sujet qui ne regardait aucune des personnes qui l’accompagnaient. Gabriel l’avait laissée s’éloigner sans tenter de l’accompagner, préférant échanger quelques mots avec Jeremy pour obtenir le détail de ce qui s’était passé en son absence afin d’éviter toutes les maladresses que l’on prononçait sans même s’en rendre compte dans ce genre de situations… En tête venait toutes les phrases du style « c’est mortel », ou « à boire comme un trou, ce mec va finir à l’hosto »… Choses que Gabriel avait pour habitude de dire dans les circonstances appropriées.

    La question posée à Jeremy avait été très simple, mais lui non plus n’avait sans doute jamais été confronté à ce genre de situation… Du coup, il ne su trop quoi proposer. Tout comme Gabriel, d’ailleurs. Ce qui était certain, c’est que lui aussi serait là pour faciliter les choses à leur cadette…

    Avant qu’elle ne les quitte, Gabriel avait trouvé quelques mots bien modestes pour signifier à October que Jeremy et lui seraient là pour elle jusqu’à ce qu’elle aille mieux. C’était assez médiocre pour quelqu’un qui composait des chansons, mais ça avait le mérite d’avoir plus de sincérité et de spontanéité que de style, même si les mots et les notes étaient le domaine de Gabriel. Un faible sourire presque imperceptible lui avait été adressé en guise de réponse, puis October s’était éloignée, laissant ses deux amis seuls dans la salle d’attente… Lorsqu’elle revint, ils semblèrent tous deux s’accrocher à elle à leur manière pour qu’elle ne se sente pas seule et désarmée face à la situation. Bien sûr, elle était désarmée comme n’importe qui le serait en perdant ses parents, mais elle n’était pas seule et c’était déjà un bon début.

    Davantage préoccupé par l’état de son amie que par d’éventuelles considérations de mutation, Gabriel n’avait pas songé une seule seconde que le chagrin pourrait tout à fait faire perdre tout contrôle à October sur son pouvoir. S’il y avait songé, il se serait sans doute rapproché encore davantage, autant pour lui apporter son soutien que pour être certain que tout ne déraperait pas en une seconde… Toujours aussi tactile, Gabriel avait pris son amie dans ses bras pour lui donner un peu de sa chaleur, et probablement un peu de force également.

    Lorsqu’il fut question de trancher sur ce qui devait être fait des organes encore viables de son père, October resta longuement silencieuse, entourée de ses deux amis qui faisaient leur possible pour l’empêcher de s’effondrer. Et soudain, elle se ressaisit d’une manière complètement inattendue, répondant avec cynisme qu’elle préférait que son père « sauve des vies » plutôt que d’être laissé en décrépitude dans un cercueil six pieds sous terre… Elle avait raison. C’était sans doute dépourvu de toute délicatesse, mais October était parvenue à faire un choix lucide concernant le dernier survivant.

    Elle décida de suivre le médecin pour le verdict final, et laissa entendre qu’il lui faudrait une montagne de chocolat après ça. Gabriel acquiesça en souriant très légèrement, faisant déjà l’inventaire de tout ce qui pouvait être à base de chocolat chez lui pour le ramener à son amie. Il repensa brièvement au paquet de gâteaux coincé dans la poche arrière de son jean et sans doute dans un état d’écrasement avancé à l’heure actuelle, mais ça ferait l’affaire jusqu’à ce qu’ils trouvent un supermarché où larguer toutes leurs économies dans du chocolat pour October…

    Finalement, October sembla flancher de nouveau et lui prit la main de manière inattendue juste avant de leur demander de venir avec elle. Gabriel ne bougea pas et attendit qu’October se mette en route avant de commencer à marcher à ses côtés, ne souhaitant pas lui donner l’impression qu’il la trainait de force pour suivre le médecin. Il marchait à son rythme et serrait sa main dans la sienne, s’assurant que Jeremy les suivait également, parce qu’ils ne seraient pas trop de deux pour soutenir la jeune femme…

    A présent qu’elle n’avait plus personne, il leur faudrait prendre soin d’elle. Ca ne serait pas une corvée puisque Gabriel éprouvait une affection certaine pour celle qu’ils surnommaient tous « Crevette ». Ils suivirent le médecin le long du couloir, jusqu’au petit guichet où on donnerait à October les papiers officiels à signer.

    Pas une seconde, Gabriel ne lâcha sa main tremblante…
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October S. Parvin
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   Jeu 30 Juin - 21:51

    (Juste histoire de clôturer)

    Pendant qu’ils marchaient dans le couloir, à suivre ce médecin qu’elle détestait sans même le connaitre, October tendis sa main de libre en arrière pour que Jérémy la prenne. Le but de la manœuvre n’était d’en laisser un derrière, elle avait besoin d’eux deux. Le contact de Gabriel était plus important dans la mesure où il pouvait bloquer le pouvoir de la mutante. Mais niveau présence, ils étaient aussi important l’un que l’autre. Leur présence fut d’autant plus appréciable quand elle se trouva assise à une table, un tas de papiers administratifs devant elle où elle devait apposer un tas de signature. Sans parler du fait que le médecin trouvait toujours le moyen de lui demander si il y avait moyen de prélever un truc en plus. Bizarre leur administration : prélèvement d’organe n’englobait pas tous les organes, du coup, il y avait des trucs spécifique ou il fallait aussi donner son accord. Elle hochait la tête, signait les papiers. D’ailleurs on aurait pu lui faire signer n’importe quoi tellement elle ne comprenait rien à ce qui se passait et qu’elle lisait les papiers de manière tellement mécanique qu’elle n’était même pas capable de se souvenir de ce qu’il y avait écrit. Mais elle n’était pas seule, et les personnes qui l’accompagnaient semblaient vérifier qu’elle signait bien pour l’accord qu’elle avait donné oralement.

    Tout fut fini après ce qui lui semblait être une éternité. Elle eut une montagne de chocolat et avait fini par rentrer chez elle. Sur les jours qui avaient suivi elle fut rarement seule chez ses parents ; enfin, chez elle, maintenant. Elle ne se faisait pas vraiment à cette idée d’ailleurs. Il avait fallu que deux jours pour qu’elle créer une catastrophe alors qu’elle était seule. Un incendie qui avait nécessité l’intervention des pompiers. Elle se souviendra surtout de cet homme : Donovan, un pompier qui l’avait accompagné à l’hôpital et qui s’était montrer plus qu’agréable et prévenant. Son métier l’ayant appelé ailleurs, il finit tout de même par partir. Finalement, ce fut, une fois de plus, Gabriel et Jérémy qui allèrent la chercher une fois qu’elle fut passée devant un psy. Après tout, ses médecins étaient en droit de se demander si l’incendie n’était pas volontaire vu le perte qu’elle avait vécu deux jours plus tôt.

    C’est sur ce même trajet de retour qu’une idée lui passa par la tête. Elle avait une maison, bien trop grande pour elle, et les deux refusaient de la laisser seule. Et, dans le fond, elle n’avait pas vraiment envie d’y rester seule. Alors ça lui semblait logique. D’une logique imparable. Pourquoi est-ce qu’ils n’habiteraient pas tous ensemble ? ça ferait des sérieuses économie et la demeure familiale restait assez grande pour que chacun est son espace vital. Bien sûr à ce moment-là, elle n’avait même pas réfléchie que l’idée n’était pas si intelligente que ça, fut le triangle un peu particulier qu’ils formaient. Mais c’était une toute autre histoire…

    (mdr, c'est vraiment ridicule)
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MessageSujet: Re: Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']   

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Ne jamais attendre, pour dire les choses [Jérem']

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