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 Chapelle des murmures, autel des folies (

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Camille Valmont
Mutante de niveau 1

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MessageSujet: Chapelle des murmures, autel des folies (   Mer 30 Juin - 18:49

Les églises étaient d'ordinaire des lieux plutôt lumineux, où régnait une sorte de ferveur étrange, de dévotion, sans doutes inspirée par la crainte de l'inconnu, et du néant.
D'ordinaire, elle détestait ce genre de lieux, trop emprunt d'hypocrisie, et surtout de lâcheté: ces gens ordinaires à qui elle espérait ne jamais avoir à ressembler, Camille ne les comprenait pas. Elle n'avait pas peur du néant car le sien était habité, la peur de l'enfer ne l'affectait nullement, au contraire, elle se sentait porteuse d'enfers.

Ce dimanche là, elle avait décidé de errer dans les recoins de la ville qu'elle ne connaissait pas, et, curieuse, elle avait décidé de venir voir cette fameuse église dont on lui avait tant de fois parler.
Une sorte de légende urbaine traînait dans les rangs des élèves à l'approche de l'halloween.
Arrivée à destination, elle put se rendre compte d'une chose: le lieu était attirant par le simple fait d'être abandonné, chose assez rare dans une ville aussi peuplée, mais surtout:

*Ba voilà, maintenant, il ne te reste plus qu'à t'habiller en noir, et tu seras trop ténèbres ma fille.... *

Pensa-t-elle ironiquement en se rendant compte qu'elle agissait parfois en parfaite adolescente gothique-personne-peut-me-comprendre-c'est-trop-ténèbres. Son visage marqua à ce moment là le dégoût profond, mais aussi une certaine forme de déception. Décidément, ces derniers temps elle tombait bien bas.
Sans doutes la pression familiale devenait-elle trop pesante dernièrement, car elle avait ce sentiment étrange et pénible qu'on la surveillait, chacun de ses gestes, comme si elle avait put se casser subitement... non vraiment, elle n'était pas faite de porcelaine....

"Ca manque pas de charme finalement... " conclut-elle en parcourant des yeux le lieux.
Il y eut une sorte de bruit gluant.
"Un peu d'optimisme, je sais... "

Trop occupée à regarder son nouveau pied à terre (na elle) , la jeune fille ne se rendit pas compte qu'il y avait du monde qui rôdait.

"C'est un fait, c'est à nous."
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Phenemore Bradshaw
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MessageSujet: Re: Chapelle des murmures, autel des folies (   Ven 9 Juil - 13:34

    Phenemore était sorti de St Christoph depuis une petite semaine, et avait pu se trouver un appartement dans ses moyens pour y installer ses affaires restées placées pendant près d’un an dans un garde meuble au frais de l’Etat. Le jeune homme avait donc repris progressivement un semblant de vie et avait retrouvé les joies des hypermarchés bondés aux heures de pointe, la presque agressivité de sa conseillère clientèle lorsqu’il s’était présenté à sa banque pour contester le prélèvement des frais de tenue de compte alors qu’il n’y avait en principe rien à tenir puisqu’il était enfermé dans un asile sans carte bancaire ou chéquier… Ca, et d’autres choses. Le tout mis bout à bout avait contraint Phenemore à regagner au plus vite son appartement pour avaler son impressionnante quantité de médicaments, et la chaleur étouffante de l’été avait achevé de l’assommer…

    De longues heures s’étaient écoulées avant que le jeune homme ne parvienne à émerger de son quasi-coma. Trempé de sueur à cause de la chaleur, Phenemore se débarrassa de ses vêtements pour se plonger sous une douche presque glacée et ainsi remettre ses idées au clair. Les médicaments avaient cette fâcheuse tendance à le laisser complètement mou pendant quelques heures avant d’être assimilés par son organisme et de produire leur plein effet tranquillisant… Le jeune homme quitta la douche, une serviette enroulée autour de ses reins, et se dirigea vers les cartons contenant ses vêtements qu’il n’avait pas encore eu le temps de vider. Trouver quelque chose de correct ne fut pas chose facile parce que le jeune homme fut contraint de fouiller trois cartons pour enfin mettre la main sur un tee-shirt et un jean susceptible de s’harmoniser entre eux…

    Une fois vêtu, Phenemore s’installa près de la fenêtre et à même le sol avec son matériel de dessin pour pouvoir observer la circulation peu dense à ce moment de la journée, et son regard clair erra longuement sur le paysage qui s’offrait à lui alors qu’un fusain tournoyait presque inconsciemment entre son pouce et son index. Impossible. Le spectacle était trop morne pour lui inspirer quoi que ce soit… Phenemore se leva assez rapidement et attrapa une besace dans laquelle il fourra son étui métallique contenant ses craies grasses, quelques fusains qui lui tombèrent sous la main, un flacon d’encre noire – encrer ses créations, c’est toujours plus propre et plus soigné au niveau du rendu – et il quitta son appartement en ajoutant à cette panoplie le flacon de neuroleptiques qui ne le quittait jamais depuis sa sortie de St Christoph.

    Phenemore évita soigneusement les rues piétonnes pour ne pas se retrouver à péter les plombs au milieu d’une marée humaine, et emprunta les petites ruelles jusqu’à arriver au cœur de SoHo. Les gens étaient installés aux terrasses des cafés pour profiter de la chaleur, et Phenemore changea vivement de trottoir pour ne pas entrer en contact avec eux et risquer de perdre la tête. Ils riaient et sirotaient des boissons en même temps, et le jeune homme songea qu’il lui faudrait probablement des tonnes de cachets avant de parvenir à ce résultat en termes de sociabilité…

    Deux rues plus loin, Phenemore passait devant une librairie et contemplait la vitrine d’un air distrait. A l’honneur cette semaine, un numéro spécial de Batman avec une Catwoman escaladant un vieux mur de pierre à l’aide de ses griffes pour échapper à l’ombre du justicier… Est-ce qu’ils n’avaient pas fini par coucher ensemble ? Phenemore secoua la tête, comprenant qu’il avait également manqué pas mal de comics durant son internement, et se remit en route vers dieu-seul-savait-où.
    C’est un tintement métallique qui attira son attention et le sortit de ses pensées. Phenemore regarda autour de lui – une ruelle déserte – et finit par baisser les yeux sur le sol pour repérer à environ un mètre devant lui une pièce de monnaie passablement rouillée. Un sourire étira ses lèvres, et il se baissa pour la ramasser en songeant que c’était certes maigre, mais que ça lui permettrait de s’acheter quelque chose s’il venait à en trouver environ 10 autres de la même valeur…

    Phenemore leva les yeux vers le ciel bleu et remarqua la vieille église en ruine devant laquelle il s’était arrêté. Il n’y avait encore jamais mis les pieds, et beaucoup de gens en ville avaient parlé de cette église comme le refuge de mutants dissidents, par le passé. Les Damnés, ou un truc du genre… Une lueur malicieuse prit place dans le regard du mutant : une chasse au trésor. Ouiii, il allait être le premier à trouver cette cachette mythique, à la manière d’Indiana Jones. Mais en plus jeune. Et en plus fou, également. Phenemore poussa la lourde porte à moitié délabrée et pénétra à l’intérieur à pas feutrés, tâtonnant l’intérieur de sa besace pour y trouver une lampe de poche dont les piles avaient sans doute du se décharger avec le temps. La première tentative projeta un rayon sur les pierres usées par les siècles avant de s’éteindre, et la seconde permit de projeter un rayon plus modeste, mais qui permettrait au jeune homme de voir où il mettait les pieds. Inutile de songer à éclairer le plafond pour apercevoir les voûtes ou les peintures qui devaient s’y trouver, parce que la lampe n’éclairait pas à plus de deux mètres devant lui…

    Phenemore fit un petit tour dans l’entrée, sérieusement décidé à trouver une pièce secrète pour satisfaire sa curiosité, mais ne remarqua pas tout de suite la présence de quelqu’un d’autre. Ce n’est que lorsqu’il entendit une voix de femme conclure que quelque chose était « à nous » (donc à elle et à quelqu’un d’autre) qu’il sursauta et que sa lampe lui échappa. Le choc contre les dalles de pierre résonna dans tout l’édifice, et Phenemore fut incapable de la ramasser parce qu’en plus de s’éteindre, elle avait roulé complètement hors de portée. Un cachet bleu, il lui fallait un cachet bleu !

    Phenemore se saisit d’un flacon de cachets et en glissa un de chaque sorte entre ses lèvres, les avalant sans eau tant il s’était habitué à avaler toute sorte de cochonneries à St Christoph. Le jeune homme attrapa le carnet qui lui servait à s’exprimer, parce que même une situation de ce genre ne pouvait l’inciter à briser ce vœu de silence qu’il appliquait face aux inconnus et aux personnes qui ne lui inspiraient rien de bon sur bien des plans. Griffonnant rapidement dessus, Phenemore brandit le carnet devant lui en continuant d’avancer vers l’autel avec hésitation. Si cet inconnu possédait une bonne vue, il pourrait y lire le message suivant :

    « Il y a quelqu’un ? »
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Camille Valmont
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MessageSujet: Re: Chapelle des murmures, autel des folies (   Ven 9 Juil - 16:00

  • Le temps lui semblait comme suspendu en ces lieux. Outre la fraîcheur relative qu'elle y trouvait, le charme des endroits abandonnés, emprunt d'un certains romantisme de fond de tiroir, lui donnait ce sentiment qu'elle était seule au monde. Et elle l'était bel et bien, comme si instinctivement, la foule grouillante de New York évitait précautionneusement l'église.
    C'était donc le lieu de retraite idéal pour cette étrangère qui ne semblait pas très encline à se mélanger avec la populace humaine. De plus, l'endroit semblait avoir une histoire, qu'elle comptait bien découvrir, tôt ou tard.

    Un bruit métallique retentit, en un écho étrange, tirant la demoiselle aux mains de sang de ses rêverie.
    Elle sembla étonnée, se retourna vivement et posa ses yeux à la pupille fendue sur l'intrus.
    Un bruit gluant, légèrement ragoûtant, et un léger grognement provenant d'une de ses poches accueillit cette arrivée.

    L'étranger sembla quant à lui présenter des signes d'angoisses, de trouble presque, car il chercha tel un naufragé ne sachant nager chercherait sa bouée, un petit récipient qu'il porta à sa bouche.
    Enfin, il griffonna quelque chose sur un carnet, obligeant Camille à se déplacer pour mieux voir.

    Arrivée à environs 2 m de distance du jeune homme, elle put lire enfin le message adressé, et eut un soupire léger.

    "Tout doux Bijoux, t'as pas à avoir peur d'une gamine comme moi quand même... "

    Camille ponctua sa phrase d'un sourire. Non certes, vue la situation, ce serait à elle d'avoir peur: se retrouver seule dans une église abandonnée avec un homme plus âgé qui semble prendre des cachets à tire la rigot, c'était loin d'être rassurant.
    De plus, avec son handicap, se battre à mains nues était hors de question, surtout vue la stature du bonhomme en face, qui, loin d'être un colosse, était déjà plus imposant qu'elle.

    "Ba euh... "finit-elle par dire d'une voix candide "Il y a moi ici!"

    Il y eut un autre bruit étrange provenant de sa poche, mais très rapidement, il disparut, comme si ce n'était qu'une illusion lointaine.
    La jeune fille retira sa main de sa poche, et remit son gant tranquillement, tout en toisant le nouveau venu avec des yeux curieux, et non sans pencher la tête sur le côté, comme l'aurait fait un chaton découvrant le monde.

    Encore un silence qui sembla s'étirer un long moment, alors que Camille portait un index ganté sur son visage pour se gratter la joue, signe qu'elle réfléchissait.

    "Salut Petit Prince! aujourd'hui, on va inverser les rôles! "
    Son visage s'illumina d'un sourire.

    "Je suis la renarde et je vais t'apprivoiser! "
    Et elle s'accroupit gardant son regard marron posé sur Phenemore, prit la lampe de poche tombée à terre, qu'elle dépoussiéra, avant de s'avancer doucement et de la lui tendre simplement, avec une expression de candeur figé sur son visage de porcelaine.

    "Je m'appelle Camille, et toi, Petit Prince? "

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Phenemore Bradshaw
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MessageSujet: Re: Chapelle des murmures, autel des folies (   Lun 12 Juil - 22:14

    Tendant devant lui son carnet de notes, Phenemore s’était avancé vers l’endroit où il lui avait semblé entendre une voix. Il n’était à vrai dire pas sûr de grand-chose concernant ses perceptions, parce que l’ensemble des neuroleptiques qu’il ingurgitait avait la fâcheuse manie de tout embrouiller dans son esprit encore davantage qu’en temps normal… Peut-être n’y avait-il tout simplement personne. Ou peut-être que ce n’était qu’une élucubration de son esprit malade. Quoi qu’il en soit, Phenemore avait avalé un cachet avec empressement peu après que sa lampe torche au faisceau faiblard lui ait échappé en s’éteignant. C’était vraiment pas de chance…

    Et finalement, une jeune femme était apparue dans l’allée devant lui, émergeant des ombres accompagnée par un bruit gluant. Ses cheveux semblaient flamboyer dans la pénombre grâce aux rares rayons de soleil qui perçaient à travers la nef aux voûtes délabrées par le temps, et Phenemore ne pu s’empêcher de remarquer sa pâleur et crut un instant qu’une Dryade s’était dressée devant lui pour le mettre à l’épreuve ou lui jouer un mauvais tour. Un grognement fut clairement audible alors que le jeune homme fixait le visage étonné de son interlocutrice peu avant qu’elle ne s’efforce de déchiffrer les pattes de mouche griffonnées par Phenemore quelques secondes plus tôt. Un soupir lui échappa, et elle finit par conclure qu’il n’avait pas à craindre une « gamine comme elle », l’appelant au passage Bijoux. Le mutant s’interrogea pendant quelques secondes sur ce sobriquet qu’elle venait de lui donner et finit par conclure que comme il n’avait rien de véritablement étincelant en dehors de son talent pour le dessin, elle avait sans doute dit ça pour la rime…

    La question suivante était simple : devait-il ou non avoir peur d’elle ? Elle était seule dans une église déserte et pouvait être ou une paumée, ou une camée. Ses pupilles paraissaient étranges, mais la distance ne permettait pas au mutant de tirer de conclusions sans risquer de se méprendre… Au final, il était sans doute aussi camé qu’un junkie à la différence près que lui possédait une prescription médicale remplie recto-verso pour économiser un peu de papier. Qu’importait ce qu’elle pouvait s’injecter ou fumer seule dans cette Eglise tant qu’elle n’impliquait pas Phenemore ou ne cherchait pas à lui prendre ses cachets. Il en avait besoin. BESOIN. C’était vital pour qu’il conserve suffisamment de calme en présence des gens ; ces mêmes gens qui lui pourrissaient la vie alors même que lui ne leur demandait rien d’autre que de pouvoir respirer en paix !

    « Faut jamais se fier aux apparences. »

    Il ne savait pas s’il devait la craindre ou non, et la neutralité sembla donc la meilleure chose à observer dans ce cas précis. La jolie Dryade lui dédia un sourire auquel Phenemore ne pu s’empêcher de répondre avec maladresse. Nouveau griffonnement sur le carnet après qu’elle ait conclu être là:

    « Et moi également. Je pensais que cette église était abandonnée. »

    Ce n’était pas vraiment un reproche, mais plutôt une contrariété passagère pour Phenemore simplement parce qu’il s’était imaginé pouvoir venir ici et crayonner tranquillement sans être interrompu ou tomber nez à nez avec qui que ce soit… Le jeune homme baissa les yeux vers les poches de Camille d’où lui avait semblé provenir un autre bruit bizarre, mais secoua la tête en n’apercevant rien qui justifie un tel raffut. Elle ôta la main de sa poche pour remettre un gant alors qu’elle l’observait toujours avec curiosité… attitude également imitée par Phenemore puisque son pouvoir ne permettait rien d’autre au niveau des sentiments de ceux qui lui faisaient face. Elle pencha alors la tête sur le côté, probablement indécise quant au sort qu’elle lui réserverait… Elle allait sans doute le mener au bord d’un chemin et le pousser du haut d’un précipice. Les Dryades faisaient tout le temps ça aux voyageurs qui ne les inspiraient pas. Phenemore ne l’inspirait pas… Elle allait le pousser, c’était certain !

    Camille parut réfléchir un instant et conclut finalement qu’ils inverseraient les rôles avant de baptiser Phenemore d’une nouvelle manière : il serait le Petit Prince, et elle serait la Renarde. Le mutant n’avait que de vagues souvenirs de ce livre qu’il avait lu étant petit, mais ce passage lui revint en tête par bribes, étirant de ce fait un sourire amusé sur ses lèvres. Son étonnement fut de nouveau visible lorsque Camille s’accroupit, et il ne comprit que tardivement qu’elle avait réussi à trouver sa lampe dans la pénombre ambiante et qu’elle souhaitait simplement la lui rendre… La dépoussiérant, elle lui tendit ensuite l’objet tout en se présentant. Camille, cette Dryade s’appelait Camille. Elle connaissait la littérature des humains et était capable d’y faire référence de manière amusante… Mais elle avait le pouvoir de l’égarer, comme n’importe quel voyageur. Ces mythes n’étaient pas avérés puisque les Dryades étaient réputées comme étant des créatures pacifiques mais non moins malicieuses, ce qui les poussait quelques fois à égarer les voyageurs qu’elles trouvaient amusants…

    « Phenemore. » - Nouveau griffonnement frénétique – « Merci, je ne la retrouvais plus. »

    Phenemore tendit la main pour attrapper sa lampe, ne quittant pas la jeune fille du regard. Réussirait-elle à l’apprivoiser suffisamment pour qu’il n’avale pas le quart de son flacon de neuroleptiques ? Les paris étaient ouverts !
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Camille Valmont
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MessageSujet: Re: Chapelle des murmures, autel des folies (   Mer 14 Juil - 23:04

    Les yeux bruns de la jeune fille restèrent posés sur Phenemore. Elle le détaillait toujours, comme piquée de curiosité vis-à-vis de cette apparition étrange, si haute en couleur. Mais jamais elle ne semblait montrer de mouvement d'humeur, de répulsion, ni même de peur.
    Il était vrai qu'elle ne devait pas être une apparition trop rassurante, une jeune fille rousse seule, dans une église déserte... que pourrait-elle faire de plus à cet homme? quel danger pouvait-elle constituer pour lui? la folie le consumait sans doutes déjà suffisamment vue les médicaments qu'il prenait, et son attitude générale.
    Un sourire s'afficha sur les lèvres fines de la demoiselle, un sourire doux, alors que ses yeux se plissèrent, accompagnant ainsi le mouvement de sa bouche.

    "Jamais se fier aux apparences. " conclut-elle après avoir lut les quelques mots du jeune homme. Il avait raison à la finale, elle n'était pas aussi innocente qu'elle semblait le montrer, et son pouvoir terrifiant et affreux contrastait tant avec son visage de porcelaine et ses allures fragiles.
    Cet homme ressemblait vraiment à un petit Prince, trop vite grandit. De grands yeux clairs, emprunts d'une certaine candeur, des cheveux mal coiffés, un visage bien façonné, et une allure générale dégingandée qui cachait une sorte de fragilité, étrangement, elle eut l'image d'une poupée fissurée, qui tentait de recoller certains morceaux tant bien que mal. Camille se félicita intérieurement de ce surnom tombé à pic.

    "C'est un drôle de prénom, mais j'aime bien comment il sonne. On dirait un ronronnement de chat " Elle le voyait habillé dans une combinaison de chat, la regardant avec ses grands yeux brillants, et décida de chasser très rapidement cette image mentale un peu grotesque.

    "Je cherchais un peu de calme" commença-t-elle d'une vois légèrement murmurée. " J'ai l'impression que tout va trop vite dehors, que je n'arrive pas à respirer convenablement, étouffée par la masse de personnes autour de moi. " Elle recula doucement, pour aller s'asseoir sur un des bancs, avec une sorte de grâce silencieuse, comme si elle prenait garde de ne faire aucun geste brusque, aucun bruit, tout en gardant ses yeux toujours posés sur Phenemore.

    "Lorsque je regarde leurs yeux, je vois l'image qu'ils ont de moi: décalée, folle... ils me jugent tout comme ils jugent les personnes différentes, qui ont refusé leur moule. Certains ont même de la pitié... Et moi, je les vois comme des fous d'avoir accepté toutes ces contraintes, d'avoir accepté de se perdre dans la normalité. "
    Camille marqua un temps de silence, fronça légèrement les sourcils. Elle avait prit le partit de parler de ce qu'elle ressentait, sans vraiment de détour, sans mensonges.
    "Tu crois que je suis folle?" la question était soudaine, spontanée.

    Camille ne fit pas plus de geste, de peur d'effrayer son petit Prince. Elle avait le sentiment profond qu'il était constamment prêt à partir en courant, ce qu'elle ne souhaitait pas vraiment, elle le trouvait presque attachant, et son comportement différent de la masse populaire, avait piqué sa curiosité.
    Enfin, après plusieurs secondes à l'observer, elle finit par mettre de nouveau sa main dans sa poche, lentement, et en sortit un paquet de bonbons qu'elle ouvrit avec cette même lenteur.

    "Tes yeux... je suis jalouse, ils ont une couleur très jolie" dit-elle soudainement, comme pour faire oublier sa question qui lui paraissait alors bien maladroite. Elle prit un bonbon qu'elle mangea, avant de tendre le paquet dans la direction de son interlocuteur, l'invitant par ce geste à se servir s'il en avait envie.







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Phenemore Bradshaw
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MessageSujet: Re: Chapelle des murmures, autel des folies (   Mer 21 Juil - 13:17

    Phenemore se sentait curieusement observé par la Dryade qui lui faisait face. C’était décidé, elle était une Dryade. Elle en avait tous les attributs et paraissait réellement amusée à ce moment précis là où d’autres se seraient montrées méfiantes dans la même situation… Il était admis de manière commune que trainer dans un endroit désert, sombre et à l’abri des regards lorsqu’on était une femme était une chose à éviter. Il était admis également que trainer dans ces endroits alors qu’un homme s’y trouvait était encore plus inconscient… Etait-ce suffisant pour justifier la présence de cette lueur maligne que Phenemore était presque certain de percevoir dans son regard ? Le cachet avalé quelques secondes plus tôt l’aiderait peut-être à y voir plus clair ; du moins c’était à espérer.

    La jeune femme lut ensuite la conclusion de Phenemore relative aux apparences auxquelles il ne valait mieux jamais se fier, et un sourire tranquillisant étira ses lèvres. Elle le scruta une nouvelle fois dans la pénombre alors que le jeune homme haussait un sourcil avec perplexité, ne comprenant que difficilement ce qu’il pouvait posséder qui puisse autant attirer l’attention d’une étrangère. Sa folie ne se lisait pourtant pas sur son visage, et rien ne justifiait – de son point de vue assez dérangé – la nécessité d’un tel examen. Il aurait pu lui dire par écrit qu’il n’avait rien d’un serial killer, mais cela ne l’aurait probablement que davantage poussée à être sur ses gardes… Et Phenemore préférait largement qu’elle reste dans cet état d’esprit joueur plutôt que de la voir le fuir en hurlant comme une hystérique. Le jeune homme ne supportait pas que l’on se montre trop expressif ou trop peu calme en sa présence, et tout débordement de la part d’une personne qui se trouvait dans son entourage se traduisait inévitablement par un pétage de plombs généralisé chez Phenemore. C’était presque obligatoire, et il fallait une certaine dose de médicaments pour réussir à écarter cette certitude comportementale… Et sans doute pas mal de séances de psychanalyse.

    La Dryade conclut que Phenemore était un drôle de prénom mais qu’elle aimait sa sonorité, qu’elle compara ensuite à un ronronnement de chat. Les lèvres du jeune homme s’étirèrent en un sourire à demi amusé, alors que Phenemore se tranquillisait légèrement. Son calmant n’avait sans doute pas encore agi, mais cette jeune femme n’avait pas l’air aussi dangereuse que ce qu’elle laissait croire… Elle finit par avouer avoir cherché le calme avant de finalement être arrivée ici, et Phenemore orienta de nouveau son carnet vers elle pour lui laisser entrevoir un « Moi aussi » bref mais honnête. Camille expliqua également avoir du mal à se faire au fourmillement ambiant qui régnait en ville, et Phenemore souligna sa phrase précédente pour ne pas avoir à la réécrire et donc à se répéter. Lui non plus n’était pas particulièrement à l’aise au sein d’une foule ou sur un trottoir où il était contraint de s’écarter tant le flot de passants était dense. Généralement, un vertige s’emparait de lui simultanément à une désagréable sensation d’oppression, et le mutant perdait son calme de manière généralement très brusque, jusqu’à ce que tout le monde autour de lui ne prenne la fuite en le pensant – à juste titre – complètement frappadingue.

    Camille recula finalement après avoir rendu sa lampe torche à Phenemore, et le jeune homme l’éteignit puis la rangea dans sa besace avant de fixer de nouveau l’inconnue aux cheveux flamboyants. Elle s’était installée sur l’un des bancs dans un silence assez surnaturel qui collait autant à l’ambiance qu’au lieu dans lequel ils se trouvaient, et elle le fixait encore. Phenemore hésita à s’approcher et préféra la laisser parler encore un peu avant de se décider à approcher… Camille évoqua une image de démente que les gens lui collaient sans doute un peu trop rapidement lorsqu’ils la voyaient. Elle évoqua également un « moule » dans lequel elle n’avait pas souhaité entrer et qui lui valait visiblement un certain nombre de critiques de la part des gens en règle générale. N’avait-elle pas eu la chance de rencontrer une belle âme qui ait été capable de l’apprécier malgré sa différence ? Phenemore n’avait qu’Hella. Sans elle, il aurait sans doute été un fou solitaire et malheureux. Elle était sa cadette d’un paquet d’années mais semblait la plupart du temps faire preuve de plus de maturité que lui-même si cela ne l’empêchait que rarement de ne pas entrer dans les délires éveillés du jeune homme. Phenemore ne connaissait pas vraiment Camille, mais il ne pu s’empêcher d’hésiter à répondre lorsqu’elle l’interrogea sur sa possible folie. Que fallait-il penser d’elle en effet, après qu’elle se soit confessée à un parfait inconnu qui aurait tout aussi bien pu être un violeur ou un psychopathe ? Peut-être était-elle à ce point incomprise qu’elle ne trouvait aucune personne désireuse d’être suffisamment proche d’elle pour lui permettre de se dévoiler ou de confier ses tourments…

    « Je serais un très mauvais juge… »

    Un sourire un peu timide avait étiré les lèvres de Phenemore avant qu’il ne prenne place sur le banc avec elle, mettant tout de même un petit mètre de distance entre eux juste au cas où. S’il perdait le contrôle, il ne tenait surtout pas à lui faire de mal parce qu’elle avait l’air d’avoir déjà suffisamment de sources de tracas pour qu’il n’y ajoute pas quelques ecchymoses… Cependant, malgré cette proximité nouvelle, Phenemore conservait cette hésitation mêlée de méfiance, ne sachant trop à quoi s’en tenir avec la Dryade égarée dans cette église. Ne devrait-elle pas plutôt se trouver à déambuler au cœur d’une forêt ? Phenemore sursauta malgré la lenteur qu’avait mis Camille à sortir son paquet de bonbons, et elle finit par se déclarer jalouse des yeux du jeune homme. Un sourire un peu enfantin étira les lèvres de Phenemore, qui griffonna de nouveau sur son carnet :

    « J’aime tes cheveux roux, Renarde. »

    Elle ferait sans aucun doute un modèle particulièrement intéressant, et Phenemore se l’imaginait déjà croquée en Dryade blottie entre les racines d’un chêne centenaire, sa chevelure de feu cascadant sur ses épaules et sur le bois à la manière d’un doux duvet…
    Camille glissa un bonbon entre ses lèvres et tendit le paquet à Phenemore. Cela surprit le fou au point qu’il loucha pendant un instant sur le paquet sans même oser y glisser les doigts… La douceur n’était pas le comportement qu’il suscitait le plus facilement.
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