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 Baby-sitting... [fini]

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Sélène Gallio
Mutante de niveau Oméga
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MessageSujet: Baby-sitting... [PV]   Mer 16 Juin - 15:37

    Dire que la situation s’était barrée en sucette dès qu’elle avait rencontré John Smith aurait été un euphémisme. Sélène avait fait le déplacement pour s’entretenir avec lui suite à son arrestation et à la garde à vue de 4 jours qui avait suivi, et le mutant s’était retrouvé à se barricader dans sa chambre avec autant de crainte que si la jeune femme avait envoyé un homme de main pour le lui ramener en le trainant par les pieds… Elle était pourtant restée tout ce qu’il y avait de plus aimable et s’était montrée patiente jusqu’à finalement le menacer lorsque la coupe avait été remplie. Résultat ? Smith avait perdu quelques pensées que Sélène avait dévorées en le traversant. Et contre toute attente compte tenu de la faible puissance de l’attaque, le mutant s’était évanoui…

    Après l’avoir traité de tous les noms, Sélène avait songé à le réveiller avec un bon seau d’eau, mais un contact avec la peau du mutant lui avait permis de réaliser à quel point elle avait mis sa tête à rude épreuve… Plus l’évanouissement et sa tête heurtant le parquet, il était impossible de nier que John Smith avait sévèrement dégusté ces 5 derniers jours.

    Sélène avait fait les cent pas pendant quelques minutes avant de se décider à s’agenouiller près de lui. Elle fut surprise de la chaleur que trouva sa main en prenant le pouls du mutant, et finit par se diriger vers la porte pour la rouvrir. La clé tourna, et Sélène fut satisfaite que la pièce ne soit plus close ; elle ne supportait que difficilement les espaces qui se voulaient hermétiquement clos. L’idée d’ouvrir la fenêtre pour faire entrer un peu d’air frais ravit la mutante, et Sélène s’approcha de la fenêtre. Sa main se posa sur la poignée mais s’immobilisa lorsque ses yeux tombèrent sur une camionnette de pizzas stationnée dans la rue et dotée de vitres fumées… Les flics étaient vraiment des abrutis finis, c’était à peine croyable !

    La jeune femme ferma les persiennes et fit volte-face pour observer de nouveau John qui n’avait pas bougé d’un pouce. Elle ne devait pas être vue à proximité de cet immeuble pour ne pas éveiller de soupçons. Et des flics planquaient en bas de l’immeuble. Cela signifiait donc qu’il lui faudrait attendre qu’ils s’en aillent pour retrouver sa voiture et partir d’ici. Et donc elle était en quelque sorte prisonnière de cet appartement… Bon, il fallait qu’elle trouve quelque chose pour s’occuper.

    Sélène quitta la chambre et entama l’exploration de l’appartement. C’était peut-être déplacé, mais le maître des lieux ne s’en formaliserait pas s’il ne le savait pas… La cuisine fut sa première étape, et la jeune femme se servit un verre d’eau fraîche avant de poursuivre son exploration. Le bureau fut sa destination suivante, et Sélène s’y installa, posant ses coudes sur le plateau alors qu’elle laissait son regard errer un peu partout sans rien toucher toutefois. John Smith était un homme qui possédait une méthode de rangement qui lui était propre, et Sélène éprouva quelques difficultés à comprendre comment il pouvait retrouver ses affaires dans les immenses piles de papiers qui s’entassaient sur chacun des meubles de cette pièce…

    La mutante s’était absorbée dans la contemplation de ce joyeux bordel pendant plusieurs minutes, et cela l’avait étrangement apaisée. La faim la poussa à quitter la pièce pour de nouveau se rendre dans la cuisine et inspecter le contenu du frigo… Trouver de la nourriture et du pain de mie ne fut pas vraiment compliqué, mais localiser dans cette immense cuisine le tiroir contenant les couverts fut une autre paire de manches. Quelques feuilles de salades et un peu de poulet au curry trouvèrent leur place entre deux tranches de pain, et Sélène posa le tout sur une assiette avant de retourner dans la chambre. Elle ne fut pas surprise de voir le mutant toujours avachi sur le sol, et songea qu’elle aurait quand même pu prendre la peine de rendre son inconscience moins douloureuse puisqu’elle l’avait effrayé jusqu’à lui faire péter les plombs…

    Sélène posa son assiette sur la commode et entreprit de soulever Smith. Elle pu constater que même s’il avait l’air relativement chétif et qu’il ne pouvait se débattre, le mutant restait tout de même incroyablement lourd, et il fallut près de 10 minutes à la jeune femme pour le hisser sur le lit. A bout de forces, elle s’effondra contre lui en réalisant après coup que son assiette était trop loin pour qu’elle puisse l’attraper et que son verre était probablement resté dans le bureau…

    Fais chier…

    Sélène attendit de retrouver une respiration normale avant de se pencher vers Smith. Elle l’observa pendant quelques secondes avant de se lever pour aller récupérer son sac posé dans l’un des canapés du salon, son verre, puis l’assiette laissée à l’entrée de la chambre. La mutante sortir de son sac à main son portable et constata qu’elle avait reçu un mail. Un sourire amusé étira ses lèvres lorsqu’elle identifia son destinataire, et elle se dirigea de nouveau vers la fenêtre pour jeter un œil au-dehors, et plus précisément à la camionnette qui n’avait pas bougé d’un pouce depuis tout à l’heure. Sélène composa rapidement une réponse pour son ami, un peu contrariée à l’idée de passer la soirée à attendre que Smith se réveille enfin au lieu de sortir en compagnie de Virgil…

    L’attente devint interminable, et Sélène soupçonna Smith d’avoir repris ses esprits puis de s’être endormi à peu près deux heures après que la nuit soit tombée. Elle avait laissé son sandwich de côté et avait attrapé Hamlet dans la bibliothèque pour s’occuper un peu en attendant qu’il daigne rouvrir les yeux. Allongée près du mutant, Sélène avait pris l’un des coussins du salon pour appuyer sa tête contre le montant du lit. Ses jambes étaient légèrement repliées et son bassin légèrement pivoté sur le côté, donnant l’impression qu’elle était allongée comme n’importe laquelle des petites amies attentionnées.

    En réalité dès qu’il ouvrirait les yeux, elle se ferait une joie de trouver ce qu’elle cherchait dans son esprit en y allant aussi brutalement que possible. Sélène avait la vengeance tenace, et le coup du calfeutrage de porte n’était toujours pas digéré…

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John Smith
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Jeu 17 Juin - 15:50

    Son évanouissement avait eu d’appréciable le fait qu’il avait pu se reposer un peu. En principe, on ne dormait pas à poings fermés lorsqu’on perdait connaissance, et le mutant s’était plus que probablement ressaisi avant de sombrer dans un profond sommeil… Tout n’avait alors semblé être qu’une immense blague, et John s’était enfoncé dans les bras de Morphée. Une Morphée particulièrement accueillante et à des lieues de toutes ces femmes qui passaient leur temps à crier sur ce pauvre John dès lors qu’il ouvrait les yeux. Quelques scènes lui revinrent en mémoire à propos justement de celle qui lui avait valu de s’évanouir, et son subconscient se barra en sucette de manière assez affolante, et John se fantasma complètement accablé de reproches par cette Sélène venue lui apporter la mort. Les serpents semblaient onduler autour d’elle au gré de sa volonté, lui donnant un air encore plus dangereux qu’en temps normal, alors que John, incompréhensiblement nu essayait de fuir cette femme de mauvaise augure… Lorsqu’elle le rattrapa enfin, les serpents plantèrent leurs crochets acérés dans sa peau alors que son bourreau tout de cuir vêtue approchait son visage au sourire pervers pour lui arracher en un baiser son dernier souffle…

    John ouvrit finalement les yeux. Le plafond était familier, et il comprit qu’il se trouvait toujours dans sa chambre. Le moelleux de son matelas soutenait son dos encore douloureux suite à sa chute, et un marteau-piqueur semblait essayer de lui perforer la tête un peu comme cela pouvait se produire un lendemain de cuite… sauf que John ne consommait jamais autant d’alcool. Sa tête pivota légèrement, et la première chose qu’il aperçut le mit mal à l’aise : quelqu’un était allongé près de lui, et de ce qu’il pouvait voir, il s’agissait d’une femme.

    John cligna des yeux à plusieurs reprises avant de basculer sa tête afin d’apercevoir le visage qui allait avec ce corps. Le choc fut suffisamment violent pour que les particules du mutant pétaradent avant même d’avoir atteint une taille suffisamment importante pour exploser, et le mutant roula pour se relever au plus vite en omettant le fait qu’il se trouvait sur un lit : sa chute fut bruyante, et il mit quelques secondes à se relever après s’être aplati comme une crèpe en tombait sur son bras gauche. Maladroit, John ne parvint pas à se relever et se retourna pour conserver Sélène dans son champ de vision…

    Vous ?! Est-ce que vous allez me laisser tranquille un jour !

    S’il était encore en vie et qu’elle était encore là, c’est sûrement parce qu’il y avait quelque chose qui lui échappait, mais le mutant ne parvenait pas à mettre le doigt dessus pour le moment…

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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Dim 20 Juin - 19:45

    Sélène était absorbée par sa lecture au point de ne pas remarquer tout de suite que Smith était en train de reprendre ses esprits. C’est ce qui expliqua principalement le fait que lorsqu’il s’exclama à voix haute en gesticulant comme un fou, la jeune femme ne pu que sursauter et manque de chuter de son côté du lit sous l’effet de la surprise due au bruit de pétard mouillé qu’avait produit le mutant… C’était quand même incroyable d’être aussi trouillard, quand même !

    Smith s’éclata comme une grosse crêpe sur le sol, et Sélène se redressa, marchant sur le lit pour s’avancer vers lui sans être forcée de le contourner et de lui laisser ainsi la possibilité de s’enfuir de nouveau dans le couloir. Que faire, à présent ? L’assommer avec une onde mentale pour le forcer à se calmer ? Lui coller des baffes jusqu’à ce qu’il demande grâce et se calme ? L’explosion de ce corps que ses amants aimaient tant n’était pas tout à fait une partie du programme qui lui convenait pour la fin de soirée, et Sélène prit quelques secondes pour pousser sa réflexion plus en avant… Que fallait-il faire dans un premier temps pour l’obliger à l’écouter ? L’empêcher de fuit encore une fois. Oui, c’était déjà un bon début.

    Sélène se laissa tomber sur ses deux pieds et attrapa le devant du tee-shirt du mutant pour s’assurer ainsi une bonne prise sur lui. Elle ne le soulèverait pas parce qu’elle n’avait pas vraiment la carrure pour agir sur le corps d’un homme, mais rien ne l’empêchait de se mettre à son niveau à sa manière à elle… Smith lui faisait face comme s’il craignait qu’elle lui ôte la vie en un battement de cil, et Sélène du compter sur sa rapidité pour pouvoir l’immobiliser. Perchée sur le mutant, Sélène lui immobilisa les bras pour éviter qu’il ne soit tenté de la frapper, mais elle se doutait pertinemment qu’elle ne pourrait le retenir s’il se mettait en tête de lui résister avec énergie.

    La situation pourrait paraître cocasse à toute personne qui choisirait de débarquer dans la pièce à ce moment précis, et un sourire malicieux étira les lèvres de Sélène à cette pensée, alors qu’elle s’installait un peu plus confortablement sur Smith.

    Si vous vouliez bien… vous calmer un peu !

    La frayeur suivie de ce presque affrontement l’avait laissée un peu à bout de souffle, et sa poitrine se soulevait de manière chaotique à chaque inspiration. Sélène était pourtant en excellente forme physique, mais l’habitude voulait qu’elle explose la tête et l’entrejambe de ses ennemis avant de poser les questions… sauf que Smith n’était – pour le moment – pas un ennemi, ce qui excluait un tas de mauvais traitements figurant sur la liste des sévices corporels que la jeune femme adorait dispenser.

    Si vous consentiez enfin à vous calmer, vous pourriez constater que je peux être une femme tout à fait charmante… et terriblement conciliante. – Son sourire s’étira avec davantage de malice alors qu’elle relâchait les poignets du mutant en gage de bonne volonté, posant ses mains sur son torse en achevant de donner à cette posture une connotation toute particulière – C’est beaucoup mieux ainsi, n’est-ce pas ? Une discussion civilisée, comprenant deux personnes civilisées… Vous serez en paix dès que j’aurais obtenu les réponses que je suis venue chercher ; ça, je peux vous le promettre…

    Ses promesses ne valaient ordinairement pas grand-chose, surtout lorsqu’elles étaient faites à des individus que Sélène ne connaissait que superficiellement. Ses proches pouvaient se fier à ses paroles, mais les inconnus étaient bien avisés de se méfier de chaque mot qu’elle prononçait… Seulement, rares étaient ceux qui parvenaient à soupçonner la vilenie dont pouvait être capable ce petit bout de femme…

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John Smith
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Dim 20 Juin - 23:05

    John ne fut pas le seul à prendre peur, car son réveil en sursaut semblait avoir surpris Sélène. La jeune femme sembla craindre les multiples pétaradements occasionnés par l’explosion des particules à peine formées autour du mutant. John chuta lourdement du lit et se retourna de manière à conserver cette femme donneuse de mort dans son champ de vision au cas où elle décide encore de se transformer en courant d’air pour le malmener jusqu’à ce qu’il perde connaissance dans la douleur. D’ailleurs maintenant qu’il y repensait, le mal de crane qu’avait provoqué sa rencontre avec le nuage sombre persistait encore malgré le somme qu’il avait fait.

    John la vit se redresser, debout sur son propre lit pour le surplomber d’une manière qui terrifia le mutant. Qu’allait-elle faire présent ? Lui sauter dessus et lui taper une prise de soumission pour lui faire avouer quelque chose qui lui échappait toujours ? John recula avec difficulté et la vit finalement descendre du lit et s’approcher dangereusement de lui. Il n’eut pas le temps de réfléchir à ce qu’il pouvait faire pour l’éviter ou la repousser, parce qu’elle finit par saisir avec une certaine autorité le devant de son tee-shirt avant de s’installer à califourchon sur lui d’une manière qu’il trouva assez déstabilisante… John envisagea de la faire déguerpir de là avec toute la fermeté dont il se crut capable les 5 secondes qui précédèrent l’emprisonnement de ses poignets au-dessus de sa tête par ces deux mains glacées. Le mutant scintilla de nouveau avec nervosité et renonça à bouger pour le moment, se contentant d’observer le visage de la Veuve Noire qu’on lui avait envoyée.

    Les contacts de ce type avec les femmes n’avaient pas fait partie de la vie du jeune homme depuis sa sortie de l’hôpital parce que sans savoir s’il avait aimé dans sa précédente vie, il s’était refusé à trahir une éventuelle promesse d’amour qu’il aurait pu être amené à faire à une personne qui lui était chère. Même si elle la terrifiait littéralement, voir Sélène ainsi perchée lui rappelait le fait qu’il était un homme même s’il s’en cachait très souvent, et même s’il tâchait d’éviter de se retrouver dans ce genre de situations dont l’issue ne pouvait être qu’une paire de baffes reçue à cause de sa maladresse, John ne pouvait que contempler son bourreau aux boucles brunes et aux traits fins soudain beaucoup plus avenants…

    Elle haletait et John pouvait sentir son souffle sur lui à chaque fois que sa poitrine s’abaissait et se soulevait au rythme de ses inspirations. Il lui avait donné du fil à retordre et à présent il était en train de l’observer comme un adolescent observant sa première conquête nue un peu avant de passer à l’acte et perdre son pucelage de concert… Un sourire un peu stone étira ses lèvres à cette pensée peu avant que Sélène n’évoque le fait qu’elle pouvait être de charmante compagnie en plus d’être conciliante pour peu que l’on reste calme face à elle. C’était facile à dire !

    Ses mains glacées glissèrent finalement de manière à libérer ses poignets, et John redescendit ses bras à un niveau normal, laissant ses bras repliés et mains en l'air sans savoir quoi en faire pour le moment. Sélène lui adressa un sourire plus large – et terriblement intimidant pour le mutant – avant de laisser glisser ses mains sur son torse… John pu presque sentir cette caresse glacée au travers de ses vêtements, et c’est sans réellement réfléchir qu’il attrapa ses hanches avec l’intention de la faire bouger pour se libérer de cette emprise qui le mettait clairement mal à l’aise.

    Sélène reprit la parole au moment où le mutant s’était décidé à agir, et les efforts de John furent réduits à néant lorsque son regard resta comme aimanté à celui de la jeune femme… Elle évoquait à présent des réponses qu’elle souhaitait obtenir de lui, et le jeune homme se remémora ce qu’elle avait dit lorsqu’il l’avait bousculée. Elle avait toujours dit vouloir des réponses, et il ne l’avait jamais laissée poser ses questions ; ou alors s’il l’avait laissée faire, il n’avait jamais daigné écouter ou même répondre.

    Son regard affolé glissa de nouveau sur Sélène, qu’il ne parvenait à pas se décider à dégager de sur lui, comme si quelque part son cerveau refusait de lui obéir correctement lorsqu’elle se trouvait dans la même pièce que lui.

    S’il vous plaît… - sa voix était toujours aussi tremblante à cause des émotions contradictoires qu'elle suscitait en lui et de la peur de trouver la mort prématurément - … est-ce que vous pourriez… bouger.

    La fin de phrase était arrivée un peu maladroitement, et John se sentit obligé de reprendre la parole en bafouillant toujours autant :

    Non pas que… mais… enfin… Vous êtes trop… euh… !

    C’était probablement la seule chose qu’elle tirerait de lui si elle ne se relevait pas avant que son cerveau ne finisse par faire une combustion spontanée. Peut-être aurait-il fallu lui envoyer quelqu’un de moins impressionnant pour cet interrogatoire, au final…

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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Mar 22 Juin - 13:29

    Debout sur le lit comme s’il s’était agi de quelque chose de normal, Sélène avait toisé John pendant quelques secondes avant de se laisser tomber au sol et de finalement lui grimper dessus pour lui retirer la majeure partie des possibilités de fuite. Il s’était donc naturellement remis à scintiller avec anxiété tout en restant immobile en songeant le plus sérieusement du monde que la jeune femme le tuerait s’il bougeait le moindre membre… Sélène avait à présent vue sur ses pensées, et le moins que l’on pouvait dire était qu’elle avait été à des lieues de soupçonner qu’elle pouvait terroriser un homme à ce point. John Smith semblait être son « premier » dans la catégorie des hommes trop nerveux pour penser correctement, et malgré les efforts et la douceur dont elle pouvait faire preuve – de manière certes étrange, mais elle ne lui avait pas trop fait de mal pour le moment – il semblait persister à croire qu’elle finirait de toute façon par le tuer juste par plaisir.

    C’est donc avec un sourire amusé qu’elle avait immobilisé les mains tremblantes du mutant de part et d’autre de sa tête, les maintenant dans cet étau glacé que formaient ses mains fines même si elle ne cherchait absolument pas à lui faire de mal à cet instant précis. Trouvant une position plus confortable sur son perchoir humain, Sélène se pencha légèrement en avant pour conserver le visage affichant un air peu rassuré que Smith semblait ne pas vouloir quitter… Pourtant, aussi loin que la jeune femme puisse remonter, aucun homme n’avait jamais réellement eu à se plaindre lorsqu’elle décidait d’adopter ce genre de position. Sans doute faudrait-il davantage de temps à Smith pour se faire à l’idée qu’elle pouvait faire être utile à bien des choses qui n’impliquaient pas nécessairement de le tuer.

    Sa volonté de repousser la jeune femme subsista en tout et pour tout moins d’une dizaine de secondes, et le sourire de Sélène se teinta d’une satisfaction qu’elle ne chercha pas à dissimuler. Enfin, il se décidait à faire les choses à sa manière à elle… Le regard de John glissa sur Sélène avec cette appréhension qui lui allait si bien, un peu comme s’il craignait en permanence que le monde entier attente à sa vie – meubles compris. Sélène se prêta bien volontiers au jeu, soutenant le regard du mutant tout en procédant de la même manière de manière un brin plus discrète. Elle ne prêtait pas réellement attention aux pensées de Smith, mais elle ne pu s’empêcher d’en surprendre une particulièrement amusante qui établissait un parallèle entre la scène qui se déroulait présentement, comprenant sa personne et une Sélène qu’il trouvait à la fois particulièrement belle mais terriblement dangereuse, et la première fois de deux adolescents timides. Smith esquissa un sourire particulièrement étrange, alors que la mutante murmurait à son intention pour l’inciter encore un peu plus au calme :

    Je n’en suis malheureusement pas à mon coup d’essai, M. Smith…

    La jeune femme trouvait la situation particulièrement amusante, mais il y avait fort à parier que cela ne serait probablement pas au goût du mutant sur lequel elle avait établi son perchoir, l’empêchant de fuir vers quelque pièce qui soit de la manière la plus inattendue. N’importe quel assassin missionné pour l’abattre aurait en effet préféré l’immobiliser avec une balle dans un membre moteur, ou l’attacher, mais Sélène avait préféré joindre l’utile… à l’agréable.

    Peu à peu, Sélène avait retrouvé une respiration normale. Les avances à peine déguisées qu’elle lui avait faîtes pour tester ce qui le motivait réellement dans la vie n’avait réussi qu’à lui faire encore un peu plus peur ; un phénomène qu’elle ne s’expliquait pas véritablement parce qu’elle ne venait pas de proposer de lui arracher la peau du dos à coups de fouet, mais bien d’expliquer qu’elle pouvait se montrer conciliante en plus d’être de charmante compagnie pour peu qu’il consente à se tenir tranquille… Un homme vraiment bizarre, il n’y avait rien d’autre à dire de John Smith en dehors du fait qu’il devait probablement avoir peur de son ombre.

    En gage de bonne volonté, Sélène libéra ses poignets et laissa glisser ses mains jusqu’au torse de Smith, profitant de la manœuvre pour s’installer de manière plus confortable. Il sembla hésiter longuement, et eût un tas de pensées contradictoires relatives au contact des mains glacées de Sélène ressenti jusqu’au travers de son tee-shirt : d’abord intimidé, il sembla ensuite apprécier avant de revenir à cette peur panique qui ne l’avait pas laissé en paix depuis le début de leur « conversation ». La jeune femme fut en revanche assez surprise lorsqu’il agrippa assez fermement ses hanches, avant qu’il ne soit comme subjugué par l’intensité du regard de la jeune femme…

    Donc en fait, l’air paniqué était du bluff… Vous êtes du genre rapide…

    Ses mains formaient un étau dont Sélène n’aurait probablement pas pu se libérer si elle avait décidé de se lever à ce moment précis. Parfaitement consciente du fait qu’elle avait fait avorter sa tentative de repoussement, la mutante avait préféré opter pour un trait d’humour en espérant une nouvelle fois qu’il se calmerait. Smith semblait en proie à un doute intérieur relatif aux raisons justifiant la présence de Sélène, et la jeune femme ne comprenait que trop bien sa méfiance au regard des récents évènements dont il avait été victime…

    Lorsqu’il reprit la parole pour presque la supplier, avant de lui demander de bouger. Est-ce qu’il était sérieux ?! De mémoire d’Externelle, jamais aucun homme n’avait osé discuter la moindre position qu’avait pu adopter Sélène, et tous avaient étrangement eu tendance à en redemander. En plus d’être un trouillard de la pire espèce, Smith laissait entendre à voix haute que ce contact avec elle l’indisposait… Pourrait-il expliquer les bribes d’idées qui lui traversaient l’esprit à ce moment précis ?

    C’est sans doute ce qui l’incita à bafouiller de manière véritablement piteuse qu’elle était probablement « trop », sans toutefois daigner terminer sa phrase. Sélène conserva son sourire et se pencha un peu plus vers Smith jusqu’à pouvoir murmurer au creux de son oreille ; une manœuvre qui l’obligea à prendre légèrement appui avec sa main gauche près de la tête du mutant alors que la seconde errait en une caresse glacée contre sa joue droite.

    Vous devriez vous détendre… Je n’ai que quelques questions à poser, et je n’ai aucunement l’intention de partir avant d’obtenir les réponses que je suis venue chercher. Vous semblez me connaître, et de ce fait vous n’ignorez pas ce talent particulier dont j’ai été dotée… Certains appellent ça torture mentale mais je préfère parler de persuasion, c’est nettement plus raffiné. – Par une contorsion maîtrisée depuis des centaines d’années, Sélène parvint à faire onduler brièvement son bassin malgré les mains de Smith tout en se penchant encore d’avantage sur lui. Son souffle chaud effleura davantage la peau du mutant alors qu’elle reprenait la parole – Il y a mille et une manière de bouger, M. Smith… Laquelle vous paraît la plus envisageable à ce moment précis ?

    Le mettre au supplice. L’obliger à coopérer pour qu’elle se retire ensuite et le laisse en paix. C’était assez inhabituel comme schéma, mais Sélène trouvait cela tout aussi amusant que de lui promettre une folle partie de jambes en l’air s’il lui donnait les renseignements qu’elle désirait…

    Je n’aurais besoin que de quelques réponses, que je recouperais avec vos souvenirs ; considérez ça comme une sorte de détecteur de mensonge, si vous préférez.

    Sélène tendit légèrement le bras qui lui servait d’appui, ramenant son visage face à celui de Smith. Ses yeux sombres vrillèrent ceux du mutant avec une intensité qu’elle ne chercha pas à atténuer, alors que ses lèvres s’étirait de nouveau avec cette malice caractéristique…

    C’est qu’il était vraiment attendrissant à trembler comme ça.

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John Smith
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Mar 22 Juin - 16:12

    John avait beau retourner la chose dans tous les sens, il ne voyait absolument pas comment il pourrait se débarrasser de son bourreau sans susciter sa colère ou risquer sa vie, même si en regardant bien les deux options étaient plus ou moins liées, pour le plus grand désespoir du mutant.

    Elle avait donc immobilisé ses mains en affichant un sourire visiblement amusé par la situation, pendant que John ne cessait de s’imaginer que d’ici 5 secondes, elle finirait par le tuer. Malgré cette appréhension qui ne faisait que se renouveler de manière régulière, John n’avait pu s’empêcher de constater la beauté de son bourreau et l’impression un peu « sauvage » qui se dégageait d’elle, un peu comme les rien ne pouvait freiner ses désirs, qu’il s’agisse de la loi, des convenances ou de la volonté du mutant. Ainsi perchée, elle allait déjà à l’encontre de ce que le mutant pensait pouvoir supporter de par sa volonté de se tenir éloigné de ces femmes qui ne faisaient que lui crier dessus à chaque faux-pas. Il y avait aussi cette volonté de ne pas trahir l’éventuelle personne qu’il aurait pu aimer avant son accident, mais ses pensées prenaient malgré tout une tournure assez curieuse compte-tenu de la frayeur qu’elle lui inspirait. Etait-il normal de trouver que son bourreau était séduisant et véritablement plaisant à regarder malgré ce qu’il symbolisait ? Pourquoi avait-il dont fallu qu’elle le confonde avec une chaise !

    Le regard de John ne parvenait cependant qu’à l’observer avec une appréhension qu’il ne parvenait pas à dissimuler malgré les pensées chaotiques et les sentiments confus qui se heurtaient dans son corps à ce moment précis. Sélène soutint ce regard en paraissant véritablement amusée, avant de finalement lui expliquer en un murmure que John ne pu s’empêcher de trouver apaisant qu’elle n’en était pas à son coup d’essai dans ce domaine. Quel domaine ? John passa en revue ses actes des 30 dernières secondes et ne trouva rien qu’il ait pu faire obtenir une telle réponse, et comme il n’avait rien dit, cela réduisait le champ de ses recherches… C’est à ce moment qu’il se remémora l’épisode du couloir, où quelques heures plus tôt la jeune femme lui avait passé un savon sur la base de quelque chose qu’il n’avait jamais formulé à voix haute. Télépathe. Comment avait-il pu ne pas y penser !

    Le contraire m’aurait étonné…

    Le mutant ferma les yeux avec dépit en se rendant compte que même s’il pouvait s’empêcher de dire des sottises, il ne pouvait en revanche s’empêcher de les penser… Les battements du cœur de John s’emballèrent avec appréhension en raison de ce qu’elle avait sans nul doute entendu. Il était même probable qu’elle tenterait quelque chose pour lui faire regretter ce manque de respect alors qu’il était dans une position de soumission pourtant incontestable – John l’admettrait sans aucun problème.

    Le sous-entendu qu’elle avait glissé dans la conversation n’avait eu pour principal effet que de rendre son expression encore un peu plus paniquée, même si dans son esprit continuaient de se bousculer un tas de choses. Elle finit par relâcher les poignets de John, et celui-ci hésita un instant avant d’attraper les hanches de Sélène avec une certaine autorité… sans toutefois trouver le courage d’aller plus loin. Il n’avait souhaité que la faire bouger pour pouvoir fuir, mais à présent que ses mains étaient posées sur elle, le mutant semblait avoir perdu toute volonté. La surprise de Sélène était bien perceptible sur son visage, et chacun des gestes que pouvait avoir le mutant semblait avoir le don de l’amuser... ce que le mutant constata lorsqu’elle reprit la parole avec un petit air mutin, alors qu’elle identifiait ce geste irréfléchi à une incitation à poursuivre. Elle le qualifia de « rapide », et John sembla trembler encore plus, incapable de scintiller tant ses nerfs avaient été mis à mal…

    Non, ce n’est pas…

    John n’avait une fois de plus pas terminé sa phrase et se surprit à sentir ses doigts glisser légèrement sur les hanches de la jeune femme. Cette Méduse était décidément bien envoûtante, au point même de lui faire oublier sa phobie des femmes… C’est à peu près à ce moment-là que John lui demanda de le laisser et de bouger, sans toutefois terminer sa phrase pour rendre sa demande clairement compréhensible. Sélène resta silencieuse alors que John sentait ses pensées s’emballer à un rythme affolant, alors qu’il bafouillait quelque chose dont lui-même ne saisit pas le sens exact…

    Et puis soudain, elle décréta que cette posture de chevauchement n’était pas une position qui lui permettait d’être suffisamment proche de lui, et Sélène se pencha davantage en souriant, prenant appui un peu à gauche de sa tête. Elle finit par lui conseiller une nouvelle fois de se détendre, murmurant de sa voix de velours qu’elle souhaitait juste obtenir des réponses et que – conformément à ce que l’on disait d’elle – elle les lui arracherait même par la torture s’il le fallait. Le plus inquiétant était probablement cette sensualité qu’elle employait alors même qu’elle le menaçait de le torturer s’il ne collaborait pas… John frissonna probablement autant à cause du contraste de ses caresses glacées et de son souffle chaud que de la menace à peine déguisée. John ne trouva rien à répondre tant ses pensées s’entrechoquaient entre elles, et déglutit avec anxiété lorsque Sélène se pencha davantage au point que sa poitrine repose à présent en contact étroit avec son torse. Le cœur du mutant rata un battement lorsqu’elle eût ce mouvement de bassin aussi entêtant qu’inattendu, et par un habile jeu de mot elle trouva une nouvelle fois le moyen de le mettre en boîte…

    Sa peur des femmes avait contribué à faire de lui un amnésique célibataire depuis près de 2 ans, et cette peur semblait s’évaporer pour laisser place à quelque chose qui inquiétait bien plus le mutant que le simple fait de la savoir installée sur lui et amatrice des sous-entendus les plus équivoques. Il n’était qu’un homme après tout, et ses efforts de résistance avaient été anéantis de la manière la plus troublante qui soit : la peur avait été évincée au profit de la surprise, et avait apporté avec elle un désir que le mutant n’avait jamais éprouvé dans cette vie… Ainsi installée, Sélène semblait décupler quelque chose que John peinait à réellement contrôler, et la suite risquait d’être sacrément compliquée.

    John peinait à présent à respirer de manière normale et régulière, et il ne se rendit probablement pas compte du fait que ses mains avaient glissé sur la peau glacée de la jeune femme dévoilée très légèrement par la position qu’elle avait adoptée. Plus surprenant encore, il lui sembla que ses mains étaient à présent dotées de leur propre volonté, parce que malgré tous ses efforts elles ne cessaient de glisser un peu plus sur les reins de la jeune femme, dénudés au fur et à mesure de sa progression sous son débardeur. Le regard de John recelait une certaine surprise alors même que ses gestes indiquaient qu’il était parfaitement conscient de ce qu’il faisait… Méduse était en train de prendre à son piège un papillon attiré par ses lumières, et peut-être même qu’elle lui brûlerait les ailes…

    Sélène évoqua son besoin de réponses en faisant référence à une méthode bien particulière. John découvrait sa peau douce et incroyablement glacée en oubliant presque la conversation… L’étonnement avait disparu de son visage et seul un sourire un peu stone étirait ses lèvres et que son regard soutenait celui de Sélène avec une certaine insolence dont le mutant ne se savait probablement pas capable…

    Une idée un peu folle lui traversa l’esprit alors qu’il louchait sur ses lèvres pleines et incroyablement attirantes à ce moment précis. John trembla de plus belle : que se passerait-il s’il l’embrassait ? Quelques secondes suffirent pour que John se redresse légèrement avec l'idée de goûter les lèvres de Méduse...

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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Mar 22 Juin - 18:55

    Sélène était joueuse. Très joueuse, même. Probablement un peu trop joueuse compte-tenu de l’homme sur lequel elle s’était perchée depuis de longues minutes. Plus amusée que jamais, elle n’avait donc pas hésité à mettre John dans une situation qui engendrerait probablement une perte momentanée de ses facultés mentales, et le résultat avait été des plus satisfaisant…

    Son appréhension était absolument touchante, mais quand même légèrement exagérée parce que la mutante n’avait rien d’un assassin ou d’un sociopathe en puissance. Elle n’avait jamais tué que par nécessité ou pour se défendre, et en dehors de vengeances ou de chagrins épisodiques, la mutante n’avait jamais ôté la vie de qui que ce soit par pu plaisir, mais ce petit homme tremblant – bien que largement plus grand qu’elle >< - n’avait effectivement aucun moyen de le savoir… Suite au murmure qu’elle lui avait adressé, John se contenta d’une unique pensée que Sélène préféra ignorer, parce que répondre à une insinuation de ce type à sa manière à elle impliquerait de le terroriser une nouvelle fois. Et dans la mesure où elle venait à peine d’endormir sa méfiance, il était absolument hors de question de perdre encore de longues minutes à parlementer face à un mur scintillant…

    John ferma finalement les yeux, visiblement en proie à un trouble passager relatif au fait qu’il était difficile de ne pas froisser une télépathe lorsque comme lui, on possédait un cerveau qui carburait à 200 à l’heure mais pas toujours pour des choses audibles de tous. Il ne restait qu’à espérer que l’absence de réaction de Sélène ne le perturberait pas autant que si elle lui avait fait salement regretter la semi-insulte qui lui avait traversé l’esprit…

    Faisant référence à la prise qu’il exerçait sur ses hanches, Sélène l’identifia à un homme rapide avec humour, ce que malheureusement le mutant ne comprit pas puisqu’il tenta de se justifier sans malgré tout parvenir à achever sa réponse. Ses doigts glissèrent de manière étrange sur ses hanches, et Sélène ne pu s’empêcher de le regarder faire pendant une dizaine de secondes, avant de poser de nouveau son regard sombre sur lui pour déterminer ce qui pouvait bien lui passer par la tête. Le phénomène était assez étrange au final, parce qu’il donnait clairement l’impression d’hésiter entre la relâcher et raffermir sa prise de manière plus certaine… ce que les hommes choisissaient généralement au contact de la mutante. Ses pensées s’entrechoquèrent d’une manière particulièrement saisissante alors que la mutante faisait évoluer la conversation vers ce qui l’intéressait réellement, à savoir les réponses qu’elle était venue chercher. John trembla légèrement au contact de la main glacée de la jeune femme contre sa joue, et sembla ensuite particulièrement mal à l’aise lorsque Sélène changea de position justement pour provoquer ce malaise et l’inciter à coopérer docilement…

    Un mouvement de bassin plus tard, elle avait obtenu la confirmation que le plan consistait à charmer Smith produirait l’effet inverse normalement observable chez tout homme un tant soit peu « normal ». A présent qu’elle avait dépassé de très loin ce qu’il était réellement capable de supporter – en toute objectivité, un simple regard malicieux semblait déjà lui liquéfier le cerveau – Sélène était surprise de constater la passivité du mutant, comme si quelque part quelque chose en lui lui déconseillait de bouger le moindre cil avant qu’elle ne lui en donne la permission. Tout était une histoire de permission avec Sélène, et nombreux étaient ceux qu’elle avait dévorés ou malmené télépathiquement pour avoir posé leurs mains avides sur elle sans qu’elle ne le leur ait explicitement permis… Inlassablement les pensées du mutant s’emballaient, et cet emballement semblait n’avoir aucune limite compréhensible. D’abord anxieux, puis empli d’un désir qu’il ne s’expliquait pas lui-même, puis de nouveau anxieux, le mutant semblait particulièrement indécis alors qu’il se remémorait un passé très récent se limitant aux deux dernières années, et au désert sentimental dans lequel il se trouvait encore à l’heure actuelle… Ah oui, il avait eu un accident et était amnésique. N’empêche que 2 ans d’abstinence, c’était quelque chose de suffisamment difficile à concevoir pour la jeune femme que cela se passait de tout commentaire. Et puis les hommes étaient assez à cran sur le sujet du sexe, alors mieux valait éviter de le froisser…

    La respiration du mutant devint chaotique à l’instant où Sélène sentait ses mains quitter brièvement leur place sur ses reins pour la reprendre quelques secondes plus tard exactement au même endroit, mais sous son débardeur. La sensation était agréable, mais aussi étonnante que ce qu’elle pouvait lire dans le regard de Smith : n’était-il pas sensé être handicapé sur ce plan-là et craindre tout contact de plus de 3 secondes avec une femme ? Visiblement, il rattrapait son retard avec une vitesse incroyable !

    Les mains du mutant semblaient brûlantes sur la peau de Sélène et la jeune femme s’étonna elle-même en ne lui retournant pas une onde mentale en guise de punition pour avoir osé poser ses mains sur elle sans autorisation. Lui prendre les hanches était une chose, et ce genre d’attitude en était une autre… La mutante remarqua pour la seconde fois ce sourire un peu barré qui étirait les traits de John alors qu’il soutenait pour la première fois depuis quelques minutes le regard de Sélène, donnant l’impression d’être sûr de ce qu’il faisait malgré ses tremblements hiératiques. La jeune femme sentit qu’il tenterait davantage à son égard bien avant qu’il ne se redresse de quelques centimètres pour chercher ses lèvres. Il y avait pensé de manière brève, un peu comme on pouvait avoir une lubie passagère qui ne dure que le temps d’une seconde avant de s’évaporer… sauf qu’à cet instant précis, ces mêmes pensées indiquaient que cet acte n’avait rien d’une lubie passagère…

    Leurs lèvres se joignirent de manière chaotique et Sélène agrippa le tee-shirt de John, le redressant davantage alors que son autre main glissait à l’arrière de sa tête pour approfondir la chose. Cet évènement avait quelque chose de curieusement grisant compte-tenu des circonstances et du comportement qu’avait eu John jusqu’à présent, mais la mutante conservait son but principal à l’esprit : elle n’était pas là pour s’envoyer en l’air avec lui par pur amour des défis – et John constituait un défi de bonne taille pour la succube centenaire qu’était Sélène – mais bel et bien pour s’assurer que le Réseau n’avait pas été mis en danger de manière stupide. Rien ne l’empêchait en revanche de profiter de ce baiser…

    Lorsqu’elle décida d’y mettre un terme, Sélène écarta simplement son visage pour ne conserver que ses yeux aux pupilles curieusement agrandies dans ceux du mutant. Relâchant son tee-shirt, la mutante laissa sa main courir contre le torse de John avant de simplement la poser contre sa propre cuisse, ébouriffant ses cheveux avec une douceur peu commune avec son autre main… Son murmure finit par s’élever de nouveau dans la chambre, comme pour ne pas rompre trop brutalement ce moment et ce qui aurait pu se produire si Sélène avait été une sentimentale ou un bisounours :

    Avec tout ce que j’ai entendu sur vous, je suis agréablement surprise… Vous êtes certes impressionnable, mais de ce dont je peux juger de là où je suis, vous n’êtes ni frigide ni gay… - son sourire s’étira avec une certaine malice alors qu’elle attrapait en douceur les poignets du mutant pour l’inciter à enlever ses mains de sous son débardeur – Et en d’autres circonstances, cela aurait pu être véritablement amusant…

    Comment expliquer depuis quelques la perte de contrôle de ces hommes qui après un regard se transformaient en amants fougueux ? Ce n’était pas véritablement déplaisant, mais cela commençait à devenir assez gênant à la longue… Il faudrait en parler à Eric à l’occasion ; ses pouvoirs étaient sans doute en train d’évoluer une nouvelle fois, et il faudrait éviter de transformer par mégarde le QG en harem duquel elle serait l’unique souveraine… A cette pensée, un sourire amusé étira ses lèvres avant qu’elle ne reprenne la parole :

    Je souhaitais revenir sur ce fiasco de la réserve fédérale, John… J’aimerais que vous repensiez à ce que vous avez vécu entre votre enlèvement et votre sortie du commissariat. – Ses lèvres agacèrent celles du mutant, comme pour l’encourage à demeurer coopératif – Vous avez pu constater que je n’avais rien de commun à ce monstre mythologique que certains vous ont probablement décrit pour vous effrayer: je ne sème pas délibérément la mort sur mon passage ; seuls les traîtres et les menteurs périssent de ma main… Mais vous ne me mentiriez pas, n’est-ce pas ?

    Dire qu’elle le manipulait pour parvenir à ses fins aurait été un doux euphémisme. Sélène affichait toujours cet air aimable, les yeux toujours étrangement brillants alors qu’elle appuyait son front contre celui de John pour pouvoir utiliser son pouvoir de manière satisfaisante en fouillant les pensées et souvenirs qui l’intéressaient tant…

    Ca risque probablement d’être légèrement douloureux au départ…

    Elle n’espérait pas qu’il la croit sur parole. Cela serait très douloureux, et le lui dire avant de commencer quoi que ce soit l’aurait tout simplement conduit à se défiler comme le gros trouillard qu’il restait… La parole de Sélène n’avait que peu de valeur lorsqu’elle était donnée à des inconnus.

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John Smith
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Mer 23 Juin - 11:22

    Ces dernières heures, John était passé par chacune des émotions d’un éventail varié. Il ne le devait qu’à cette femme, qui s’était d’abord introduite chez lui, lui avait fait peur, l’avait fait paniquer, avant de littéralement le terroriser… A présent Sélène produisait un effet tout à fait inédit sur ce pauvre John, et le mutant avait longuement hésité entre la perspective de la repousser pour fuir et celle qui consistait à rester tranquille pour ne pas déchaîner sa fureur. Elle ne s’était probablement installée à califourchon sur lui que pour l’empêcher de fuir, et John avait enchaîné les pensées confuses avant de finalement placer ses mains sur chacune des hanches de la jeune femme, bien décidé à la faire bouger. Seulement, elle lui avait ôté toute volonté en un regard, et John s’était révélé incapable de la faire bouger, et encore plus incapable de manifester son mécontentement teinté de trouble de manière cohérente… Sélène ? Ca l’avait visiblement amusée, et le mutant s’était perdu dans la contemplation de Méduse en en oubliant presque le fait que la posture qui était partie pour être tenue pendant de longues minutes l’avait gêné à un moment donné ; elle le gênait toujours, d’ailleurs, mais c’était sans doute moins flagrant du fait de l’entrechoquement de pensées et de sentiments qu’elle suscitait en lui…

    Contre toute attente, Sélène avait choisi de ne pas lui faire regretter la pensée déplacée qu’il n’avait pu s’empêcher d’avoir. C’était un soulagement pour John, qui n’aurait probablement pas supporté de se faire de nouveau traverser par un nuage brumeux et de perdre connaissance une seconde fois en moins d’une journée… Après ses baffouillements incompréhensible, John ne trouva rien de mieux à faire que de laisser glisser ses doigts sur les hanches de la mutante qui l’empêchait de bouger d’une manière qu’il ne pu s’empêcher de trouver délicieuse. Elle sembla intriguée par ce geste et observa donc l’une des mains du mutant avant de le fixer de nouveau en donnant l’impression qu’elle pouvait apercevoir jusqu’à son âme… John frissonna.

    Si on le lui avait demandé, John n’aurait sans doute pas été capable d’expliquer si les frissons qui suivirent la caresse glacée de Sélène étaient le fait de l’appréhension ou du désir, mais ce dont il pouvait témoigner de manière certaine, c’était qu’il appréciait ce phénomène qu’elle provoquait en lui, sorte de maelstrom mêlant pensées, sensations et un désir qu’il n’avait probablement jamais ressenti de cette manière de toute sa vie. Même sans avoir de souvenir de son autre vie, tout son être semblait s’électriser au contact de la jeune femme. Sa respiration s’emballa ensuite alors qu’il faufilait ses mains sous le débardeur de Sélène, les plaçant sur ses hanches avec toujours cette hésitation quant à savoir s’il fallait qu’elle se pousse ou au contraire qu’elle reste exactement à cet endroit et continue de l’envoûter jusqu’à ce qu’il finisse par en perdre l’esprit.

    Sélène ne s’en formalisa pas, et les pensées de John s’embrouillèrent d’avantage, jusqu’à lui faire perdre tout sens des réalités. Son expression d’hésitation se mua en un sourire complètement stone, et le mutant se redressa pour chercher les lèvres de Sélène… Il y avait fort à parier pour que la partie rationnelle de son cerveau ait été endormie par les charmes de la mutante, et à ce moment précis les inhibitions de John semblaient comme mises en sommeil elles aussi.

    Sélène ne le repoussa pas plus qu’elle ne le punit de cette audace, et leur lèvres se joignirent avec un empressement dont John ne se serait pas cru capable. Ses mains se firent plus pressantes sur sa peau glacée, et le mutant se laissa prendre au jeu, approfondissant le baiser qu’elle lui accordait – parce qu’il était clair qu’il n’avait pas suffisamment de poids pour lui prendre quoi que ce soit qu’elle ne daigne lui accorder – en y mettant une fougue dont il n’aurait probablement pas été capable en d’autres circonstances… Ses lèvres étaient douces mais semblaient brûler d’un désir auquel John n’était pas habitué, mais cela ne l’empêcha pas de s’y accrocher avec la force d’un naufragé suspendu à une bouée. Sa prise se raffermit autour de sa taille, et John fut contraint de se redresser davantage lorsque Sélène agrippa son tee-shirt : plusieurs sensations agréables furent ressenties dans son bas-ventre alors qu’il la pressait contre lui comme un adolescent inexpérimenté pourrait le faire.

    Quelque chose sembla hurler en lui lorsque Sélène décida de mettre fin à ce baiser qu’ils échangeaient, et John se contenta de la fixer, le regard légèrement hagard mais recelant un désir qu’il serait probablement surpris de lire dans ses propres yeux. Elle relâcha son tee-shirt et laissa glisser l’une de ses mains glacées contre lui, alors que l’autre lui ébouriffait les cheveux avec une douceur qui lui était étrangère tant il avait passé ces deux dernières années à fuir tout contact avec les femmes… John ferma les yeux pour prendre le temps d’apprécier cette douce caresse qui se voulait sans doute suffisamment apaisante pour éteindre le feu qu’elle avait fait naitre en lui sans qu’il ne comprenne encore comment. Le murmure de la jeune femme troubla le silence après quelques minutes, et elle s’avoua agréablement surprise concernant le mutant qu’on lui avait présenté comme un trouillard frigide et probablement gay… John esquissa un sourire amusé, rouvrant finalement les yeux pour pouvoir observer son visage mutin alors qu’elle venait de prononcer ce qui aurait pu passer pour une insulte auprès de 45% de la population masculine. Frigide ? Est-ce que la renonciation à ce genre de contacts par conviction faisait de lui un homme frigide ? Gay ? Là, c’était encore plus difficilement concevable, même avec l’impressionnante imagination dont un auteur pouvait faire preuve…

    Sélène laissa entendre qu’en d’autres circonstances, une suite amusant à ce baiser aurait probablement été envisageable, et John effleura le visage de sa douce Méduse, frottant doucement sa joue contre la sienne… Sélène finit par plonger ses yeux dans ceux du mutant et John se sentit partir une nouvelle fois, comme s’il suffisait d’un seul regard ou d’un contact avec sa peau pour qu’il laisse de côté toutes ces frayeurs qui faisaient de lui le John Smith que l’on connaissait… Elle exprima le souhait de revenir sur tout ce qui avait pu se passer entre son enlèvement et sa sortie du commissariat, et l’espace de quelques secondes, ses lèvres agacèrent celles de John avec une certaine fièvre. Il n’eût guère le temps de l’embrasser une seconde fois que déjà, elle avait repris la parole pour lui expliquer qu’elle n’était pas ce monstre que les anciens s’amusaient à décrire aux nouveaux arrivants juste par plaisir de voir la frayeur se peindre sur leurs visages chaque fois qu’ils croiseraient Sélène… Elle lui demanda également s’il lui mentirait, et John reprit la parole :

    La plus belle des trois… Dangereuse et envoûtante… Méduse…

    Le mutant avait également murmuré cette phrase décousue alors que ses mains continuaient de parcourir la peau glacée de Sélène. Il était assez étonnant qu’il puisse faire preuve d’un tel comportement quand on connaissait sa peur panique des femmes et de tout ce qu’elles pouvaient lui faire subir – en cris, principalement – mais quelque chose avait probablement court-circuité l’esprit de John de manière suffisamment forte pour qu’il en oublie son appréhension et se décide pour une fois à écouter son instinct…

    Je ne vous mentirais pas… Je ferais de mon mieux pour me souvenir…

    Son regard accaparait toute l’attention de John, et lorsqu’il paraissait sur le point d’oublier de respirer, il reprenait une inspiration et c’est sur les lèvres de la mutante qu’il se mettait à loucher avec envie, parce qu’à présent qu’il les savait douces et sucrées, il était d’autant plus difficile d’y résister… Malgré ce qui engourdissait l’esprit et le bas-ventre de John, il ne pu s’empêcher de retrouver un semblant de lucidité lorsque Sélène mentionna le mot « douleur », un peu comme si sa trouille légendaire était capable de lui refaire prendre contact avec la réalité malgré l’utilisation sur lui d’un pouvoir trop puissant.

    Douloureux comment… ?

    John ferma les yeux lorsque Sélène appuya son front contre le sien, provoquant un léger picotement pas réellement désagréable, mais quelque peu gênant. Quelque chose de plus puissant que cette fièvre qu’il éprouvait pour elle le submergea comme une puissante déferlante, et John ne pu retenir une légère protestation de douleur alors que ses mains se crispaient autour des hanches de Sélène : ses souvenirs étaient en train de se mélanger à une vitesse folle, semblant pour le coup étrangement décousus et sans lien logique susceptible de les lier. John se vit ainsi capturer par ce type bizarre qui s’en était pris à Mélanie, et la seconde d’après il se revit sur son lit d’hôpital à la sortie de son long coma. Les scènes se mélangèrent ainsi sans aucune cohérence, tirant au mutant quelques gémissements de douleur alors même qu’il lui semblait ne pas réussir à se souvenir de ce qui intéressait réellement Sélène. Le flot de souvenirs se mêla à celui des pensées et un horrible mal de crane commença à voir le jour, comme autant de couteaux qu’on lui enfonçait dans la tête avec cruauté…

    Lorsqu’enfin tout s’arrêta, John fut incapable de reprendre tout de suite son souffle pour poser la question qui restait coincée dans sa gorge à cause de la douleur.

    Pourquoi ?

    Elle avait pourtant promis qu’il n’aurait que légèrement mal au départ, et tout était allé crescendo jusqu’à le laisser dans cet état, avec une atroce migraine et le souffle cours… Quelques larmes de douleur étaient montées aux yeux du mutant, alors que les étoiles qui obscurcissaient son champ de vision se dissipaient à peine pour lui permettre d’entrevoir le visage de Sélène.

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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Mer 23 Juin - 18:45

    Le baiser qu’ils avaient échangé avait suffisamment bouleversé John pour que ses instincts d’homme reprennent le dessus. D’abord effrayé puis timide, le mutant s’était mué en un amant débutant relativement entreprenant, à la grande surprise de Sélène. Il fallait dire que même sans prêter attention aux ragots que les jaloux avaient répandus lorsque John avait obtenu le statut de chef du Réseau – les jaloux et les incompétents ne savait décidément jamais quoi inventer - John n’avait que peu de choses à voir avec les hommes sur lesquels la jeune femme avait l’habitude de jeter son dévolu. Outre sa grande taille et la vitesse à laquelle il pouvait réfléchir, il n’y avait aucune comparaison à établir entre ceux que Sélène incitait à graviter autour d’elle et cette électron libre qui semblait s’être trouvé attiré vers elle par pur hasard…

    Mu par un désir sans doute trop puissant pour être totalement du à Sélène – elle-même pensait d’ailleurs que son pouvoir ne devait pas être étranger à ce phénomène même si ses capacités n’étaient absolument pas à remettre en question – John s’était montré entreprenant avec malgré tout cette timidité mêlée de réserve qui semblait lui coller à la peau. L’Art de la séduction avait parfois ceci de surprenant qu’il permettait de faire basculer une situation de manière complètement attendue, et lorsque la proie était ferrée, il était souvent rare qu’elle parvienne à surprendre la mutante. John Smith, avec son poltronisme irritant, avait pourtant eu suffisamment de courage pour cesser de trembler et poser ses mains sur elle avec chaleur et l’embrasser sans même attendre la moindre réaction de sa part. Il y avait fort à parier sur une explosion de tête à coup d’ondes mentales dans n’importe quelles autres circonstances, mais Sélène avait souhaité l’enivrer suffisamment pour le forcer à coopérer. C’était vil, d’autant plus qu’il était absolument adorable, mais Sélène ne s’attardait pas à ce genre de détails. Elle avait passé l’âge de s’émerveiller devant un homme, le regard plein d’étincelles de mièvrerie, la bouche en cœur maquillée de rose, et les jambes écartées comme la première catin venue… Si dans sa tendre jeunesse elle s’était livrée à ce genre de stupidités pendant quelques mois, le ridicule de ce type de comportements lui était vite apparu et elle s’était forgé cette personnalité intraitable sur bien des plans, capable des pires tours de force pour parvenir à ses fins. Et si elle pouvait s’amuser un peu en obtenant ce qu’elle voulait d’une personne, elle ne s’en privait jamais…

    C’est ainsi qu’elle en était venue à apprécier le baiser que lui avait donné John et cette manière brûlante mais non moins respectueuse de laisser glisser ses mains sur elle. Elle n’avait jamais toléré le moindre manque de respect à son égard et avait puni bien des hommes qui s’étaient crus suffisamment intelligents pour espérer la soumettre… Lorsqu’elle interrompit le baiser, Sélène crut presque que le mutant protesterait pour manifester sa frustration. Son regard laissait entendre qu’elle avait produit l’effet voulu – et bien plus – sur lui, et la jeune femme tenta de se débarrasser de ses mains exploratrices avant de reprendre la parole pour souligner le côté inédit de cette situation compte-tenu de ce qu’elle savait de lui. Serrée contre lui sans espoir que même la plus fine brindille ait la moindre de chance de se faufiler entre eux, Sélène ne fut guère surprise de sentir les deux mains brûlantes retrouver leur place sur sa peau alors qu’il paraissait amusé par ses paroles. Elle n’avait pas imaginé une seule seconde qu’il se serait vexé, parce que même sans lui avoir engourdi l’esprit comme elle l’avait fait, John aurait probablement réfléchi à deux fois avant de s’énerver face à elle après ce qu’elle lui avait fait subir il y avait quelques heures de cela…

    Faisant preuve d’une infinie douceur, Sélène lui avait ébouriffé les cheveux à plusieurs reprises pour l’aider à se calmer, même s’il était peu probable que l’ouragan qu’elle avait insufflé à l’intérieur de l’esprit de ce pauvre homme se dissipe avec une simple caresse et en quelques secondes. La mutante le vit fermer les yeux en ayant l’air d’apprécier cette autre sensation qu’elle lui permettait de ressentir. John ne tarda pas à trouver amusante la perspective que Sélène avait évoquée, et la jeune femme ne pu s’empêcher d’imaginer ce qu’aurait pu donner la suite de la soirée avec cet homme décidément très éloigné de cette réputation que quelques mauvaises langues relayaient dans tout le QG… Aurait-il pu la distraire et la combler suffisamment pour qu’elle ne le dévore pas au petit matin ?

    Une sensation sortit Sélène de ses pensées lorsque John et sa barbe naissante de quelques jours se frottèrent contre sa joue avec une douceur particulière. La sensation fut suffisamment agréable pour que la jeune femme laisse de nouveau sa main glisser pour effleurer en une caresse glacée la nuque du mutant, ses yeux plongés dans les siens avec cette intensité sans doute un peu trop poussée… Ses pensées s’emballèrent une nouvelle fois, et Sélène formula clairement ce qu’elle attendait de lui, ponctuant ses paroles par l’agacement des lèvres de John particulièrement vil compte-tenu de l’état dans lequel il se trouvait déjà : l’idée de l’embrasser de nouveau fit jour de manière très claire dans l’esprit du jeune homme, et Sélène lui demanda s’il pourrait envisager de leur mentir à présent qu’il savait de quoi elle pouvait être capable. Contre toute attente, les seuls mots qu’il prononça furent totalement décousus mais tirèrent un sourire malicieux à Sélène. « Méduse », il avait fini par le formuler à voix haute devant elle, et l’avait accompagné de trois compliments qui ne pouvaient qu’être sincères compte-tenu de l’état dans lequel elle avait mis son esprit à force de manipulation. Les doigts de la mutante glissèrent contre la peau brûlante de John alors qu’elle murmurait de nouveau au creux de son oreille :

    Ce surnom ne m’avait encore jamais été attribué… - Un mordillement du lobe de l’oreille droite du mutant ponctua sa phrase alors qu'elle laissait errer ses doigts à la limite du col du tee-shirt du mutant, effleurant sa peau brulante par intermittences. – … je dois dire que c’est plutôt bien trouvé…

    Même s’ils n’étaient pas dissimulés dans ses cheveux, Sélène avait une passion un peu étrange pour les serpents en possédait d’ailleurs un python jaune récupéré à une rivale Externelle à laquelle elle avait ôté la vie par pur esprit de vengeance… John promit de faire de son mieux pour se souvenir de tout, et se laissa faire avec une docilité étonnante jusqu’à ce que Sélène le prévienne qu’il pourrait ressentir une légère douleur. Sans lui fournir de réponse pour ne pas l’affoler de nouveau, la mutante appuya son front contre celui de John, utilisant son pouvoir pour fouiller l’intégralité de son esprit…

    Elle ne rencontra aucune barrière sérieuse et pu prendre connaissance d’à peu près tout ce qui lui traversa l’esprit à ce moment précis, ainsi que de quelques souvenirs que la jeune femme n’aurait sans doute jamais du voir. L’essentiel demeura pourtant accessible, et elle pu ainsi quasiment revivre l’intégralité du casse en version accélérée, le fiasco et l’intervention de la S.W.A.T, et l’arrestation de John. Son interrogatoire n’avait été l’occasion d’aucune révélation fâcheuse ou compromettante, et même si elle ne l’avait jamais soupçonné d’avoir trahi la cause, les doutes de Sélène s’évaporèrent à cet instant précis lorsqu’elle pu constater de manière irréfutable que John avait tenu sa langue pendant l’interrogatoire auquel on l’avait soumis…

    Ressortir de ce tourbillon sans fin sans dévorer ce pauvre homme se révéla relativement compliqué, parce que si cette facette du pouvoir de la jeune femme lui permettait de fouiller les esprits en profondeur, elle engendrait également de violentes douleurs à ceux sur lesquels elle exerçait… John commença d’ailleurs à en souffrir, comme en témoignèrent les gémissements de douleur qui lui échappaient de manière de moins en moins espacée. Sélène décolla son front du sien sans doute un peu trop brusquement parce qu’elle ne souhaitait pas lui faire plus de mal que ce qu’elle lui avait déjà infligé jusqu’à maintenant, et le mutant se révéla incapable de prononcer le moindre mot, se contentant de la questionner en une seule pensée, son regard embué de larmes à cause de la douleur braqué sur elle d’une manière particulièrement accusatrice.

    Encore une fois, si elle avait été suffisamment guimauve pour pouvoir s’en vouloir, Sélène aurait probablement fondu en larmes par culpabilité pour l’avoir manipulé et lui avoir infligé cette douleur difficilement descriptible. Elle n’était pas une guimauve, mais cela ne l’empêcha pas d’avoir une pensée compatissante pour lui.

    Je peux arranger ça… Restez tranquille.

    Toujours cette façon de murmurer pour l’apaiser, même s’il était normal qu’il ne souhaite probablement pas qu’elle le touche de nouveau maintenant qu’une migraine de cette puissance lui vrillait le crane. Le charmerait-elle une seconde fois en muselant sa peur ? Sélène prit le visage du mutant entre ses mains fines et glacées, chassant du pouce une larme probablement due à la douleur qui roulait sur la joue gauche de John. Elle approcha de nouveau son visage pour déposer un baiser sur son front moîte, libérant une onde mentale qui n’avait que peu de choses à voir avec les attaques qu’elle lançait habituellement, et qui elle seule était capable d’apaiser ce que Sélène avait déclenché… Son front se posa de nouveau contre celui du mutant ; contact glacé qui contribuerait probablement à l’apaiser d’une manière nettement plus conventionelle.

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John Smith
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Jeu 24 Juin - 16:56

    Complètement à l’ouest tant il était absorbé dans sa contemplation, John bouillonnait néanmoins de l’intérieur parce que Sélène avait éveillé en lui une fièvre à laquelle il ne pouvait ni résister ni succomber totalement, comme en avait témoigné la manière qu’elle avait eue de mettre un terme au baiser qu’ils avaient échangé. Le mutant avait d’abord cru qu’une ultime barrière s’était brisée en lui lorsque ce contact délicieux avait été interrompu, et plutôt que de protester il avait tout naturellement opté un effleurement particulièrement doux de la joue de Sélène avec la sienne, comme un adolescent transi d’amour… sauf que c’était un désir impossible à éteindre qui l’animait à ce moment précis. Les mains glacée de l’impitoyable Méduse glissèrent le long de la nuque de John, lui arrachant un frisson de plaisir qu’il ne chercha pas à dissimuler parce que trop occupé à soutenir son regard surnaturellement sombre à cet instant précis.

    John bafouilla quelques mots que Sélène sembla saisir, et elle lui confia que personne ne l’avait encore surnommée ainsi. Son visage quitta le champ de vision de John et le mutant la sentit très distinctement mordiller le lobe de son oreille alors qu’une sensation semblable à une décharge électrique le traversait de part en part alors que ses doigts erraient toujours dans le cou du mutant avec à la fois douceur et malice… Sélène avoua que son nouveau surnom était plutôt bien trouvé, mais le mutant ne repensa guère aux serpents qui l’avaient pourtant perturbé dès lors qu’il lui avait donné ce surnom, trop absorbé par cette sensation qu’elle ne cessait d’attiser en lui. Son visage s’éloigna légèrement et John regretta instantanément de n’avoir rien tenté pour l’embrasser de nouveau.

    S’il avait évité sans problème les femmes pendant 2 ans, il y avait réellement de quoi se demander si une confrontation avec une femme telle que Sélène était réellement ce qui lui permettrait de transcender sa peur… La jeune femme n’avait pour le moment fait que l’enivrer au point de lui faire perdre tout sens de la retenue, et c’est sans même une pensée cohérente en tête que le mutant promit de se souvenir des évènements qui intéressaient tout particulièrement la jeune femme. S’il avait su à quoi s’attendre et avait été capable de penser – et de paniquer – de manière cohérente, il se serait probablement abstenu, parce que ce qui suivit fut encore pire que les douleurs causées par son accident de voiture deux ans et demi plus tôt…

    La douleur monta crescendo sans que le mutant ne puisse s’y attendre, et le plus éprouvant résida sans doute dans le fait que rien de tout cela ne se ressentait physiquement, mais qu’en revanche tout se passait véritablement à l’intérieur de son crane où Méduse qu’il avait crue douce était en train de semer une pagaille sans nom… Des lames chauffées à blanc semblaient se frayer un chemin à l’intérieur même de son cerveau, et le mutant aurait presque pu jurer qu’il s’en tirerait avec une perte de facultés tant la douleur parut difficilement compatible avec l’idée d’un retour à la normale. Les yeux de John se clorent avec une crispation évidente alors que ses mains se crispaient sur les hanches de Sélène et que l’idée de la repousser faisait son chemin à l’intérieur de son esprit meurtri. L’estomac de John sembla se contracter douloureusement sous l’effet d’une douleur qu’il ne supportait plus et qui rendait ses mouvements impossibles d’une manière assez étrange… Se pouvait-il qu’elle l’ait paralysé ?

    Le sang du mutant se mit à battre avec violence à ses tempes et la tête lui tourna – il ressentit cette sensation malgré ses yeux clos, ce qui témoignait de la violence du phénomène. Sélène finit par trouver son supplice suffisant, et décolla son front de celui du mutant. L’envie de lui reprocher cette douleur qu’elle lui avait infligée traversa l’esprit endolori de John, mais le mutant fut incapable de prononcer le moindre mot. Une larme de douleur roula sur sa joue alors qu’il essayait d’apercevoir le visage de Sélène qui n’avait pas bougé, et c’est avec surprise autant qu’avec plaisir qu’il sentit ses mains glacées encercler son visage avec douceur. Elle promit d’arranger « ça », et John ne pu retenir un gémissement de douleur cette fois, parce que subir un tel traitement ne faisait pas partie de ce à quoi il était habitué.

    Sélène lui demanda de rester tranquille en un murmure que John peina à entendre tant il était mal en point à ce moment précis. Son regard accrocha difficilement celui de Sélène peu avant qu’une sensation particulière ne l’envahisse de nouveau, mais sans rien avoir à voir avec ce désir qui l’étreignait encore par intermittences malgré la douleur qui lui laminait l’esprit… Cela ne ressemblait à rien de connu en réalité, et John comprit qu’elle en était à l’origine lorsque cette sensation se fit plus perceptible après qu’elle ait appuyé son front glacé contre celui du mutant. Relâchant les hanches de Sélène, John utilisa simplement sa main droite pour effleurer le visage de la jeune femme avec une certaine fascination… Avait-elle provoqué ça sciemment ? Son cerveau de nouveau engourdi par ce regard sombre que John soutenait ne lui permit pas de l’envisager. Tout ce qui était envisageable à ce moment précis consistait à la garder contre lui, et – avec un peu de chance – espérer qu’elle lui accorde un second baiser. Après une douleur pareille, elle lui devait au moins ça… Non, il ne pouvait pas en vouloir à la douce Méduse…

    Ses doigts effleurèrent la peau glacée de Sélène, et même le bruit de la sonnette ne sortit pas John de cette torpeur dans laquelle elle l’avait si profondément enfoncé.

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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Lun 5 Juil - 13:21

    La situation avait quelque chose de très amusant, et Sélène n’aurait su dire si cela était du à l’incongruité de cette situation, ou au revirement complet de Smith. D’abord effrayé, il était à présent animé par un désir dont elle ne l’aurait probablement pas cru capable face à une autre femme – autant dire ce qui était, Sélène avait certains atouts que d’autres femmes ne possédaient pas. Faisant preuve de cette maladresse qui semblait lui coller à la peau, John avait formulé ce qui ressemblait à s’y méprendre au compliment d’un amant transi, et la mutante s’était contentée d’effleurer sa nuque du bout de ses doigts glacés, lui arrachant ainsi un frisson qu’elle ne pu ignorer.

    Personne n’aurait pu dire à ce moment précis si Sélène l’encourageait à se montrer plus entreprenant ou si elle se contentait simplement d’être elle-même, à savoir cette femme aux milles vies qui avait su charmer et manipuler chaque homme sur lequel elle avait posé son regard sombre. Un mordillement d’oreille s’en était suivi, provoquant de nouveaux tourments aux tréfonds de ce pauvre homme, et Sélène avait fini par fixer John de nouveau alors que ses doigts erraient contre sa peau brûlante. Elle perçut très clairement le regret du mutant lorsqu’elle se décolla légèrement de lui pour pouvoir fouiller son esprit…

    Cet épisode se révéla particulièrement douloureux pour John, et lorsque Sélène relâcha son emprise sur lui elle pu constater sans aucun problème à quel point elle avait pu lui faire mal… Elle ne figurait pas au nombre de ces potiches sentimentalistes, mais blesser sciemment une personne qui ne lui avait rien fait de mal ne figurait pas dans ses habitudes malgré cette manière bien à elle de se faire obéir et respecter. En y réfléchissant bien, il y avait peut-être eu quelques vestiges de cette colère qu’elle avait ressentie lorsque John avait voulu lui boucher le passage sous la porte, mettant ainsi la vie de la mutante en danger sans même en avoir idée… Oui, ça expliquait sans doute le fait qu’il ait à présent l’air d’avoir subi en plus de cette fouille mentale une onde particulièrement destructrice. Sélène en avait justement pris conscience en voyant une larme rouler sur l’une de ses joues, et c’est sans vraiment réfléchir qu’elle avait décidé de l’essuyer du bout de son pouce avant de lui promettre qu’elle arrangerait ce qu’elle avait provoqué.

    Cette fois, c’est un gémissement de douleur qui échappa à Smith, et elle soutint son regard encore embué de larmes. Son front entra de nouveau en contact avec celui du mutant, et Sélène fit résonner à l’intérieur de son esprit une onde mentale plus douce qui apaiserait cette douleur lancinante qu’elle lui avait infligée en consultant ce qui l’avait attirée ici. Au final il n’avait rien avoué de fâcheux, et s’était même révélé plus intéressant que ce qu’il pouvait laisser imaginer en un simple regard, même si sans avoir pu engager une conversation « normale » avec lui – donc ne comprenant aucune fuite ou supplique – Sélène ne pouvait se faire une idée précise de son potentiel. On le lui avait décrit comme un homme brillant, et la jeune femme en avait obtenu la preuve en fouillant son esprit : il avait résisté à un interrogatoire auquel n’importe quel individu faible se serait effondré. Certains Damnés le lui avaient décrit comme un gros trouillard, mais il se pouvait que John Smith soit un homme capable de plus de maîtrise que la plupart des personnes incapables dont la jeune femme avait été contrainte de se débarrasser.

    Ses mains avaient quitté les hanches de la mutante, et Sélène sentit ses doigts brûlants effleurer sa joue avec toujours cette douceur mêlée d’hésitation. Elle lui avait probablement grillé quelques neurones, ou si ce n’était pas le cas elle exerçait probablement une trop forte emprise sur lui à ce moment précis… La jeune femme esquissa un sourire malicieux, approchant légèrement son visage pour agacer de nouveau les lèvres de John puisqu’il ne semblait rien demander d’autre qu’un contact de plus avec elle pour oublier cette mésaventure avec la lecture de ses souvenirs.

    Le coup de sonnette incita Sélène à interrompre ce petit jeu, et elle se releva lentement avec cette souplesse caractéristique, incitant Smith à faire de même par un simple effleurement de main contre sa joue droite. Lorsqu’il fut également debout, la jeune femme plongea son regard dans celui du mutant pour retenir son attention de manière certaine et reprit ensuite la parole :

    Il faudrait aller répondre. Je resterais ici jusqu’à ce que ce visiteur s’en aille parce que je n’en ai pas encore tout à fait terminé avec vous… – un sourire étira ses lèvres, et l’une de ses mains glissa contre le torse du mutant avec cette absence de température propre à Sélène – N’oubliez pas que je ne suis pas sensée être ici…

    Elle le savait suffisamment intelligent pour saisir la mise en garde qu’elle venait de lui adresser, et il savait également qu’elle n’était pas là pour le tuer. Restait à déterminer qui pouvait débarquer à une heure aussi tardive… Sélène recula de quelques pas et se dématérialisa en cet épais nuage noir qui avait tant effrayé Smith un peu plus tôt. L’absence de forte luminosité lui permit de se fondre à la perfection dans les nappes d’ombres projetées dans la pièce par la faible lumière de la lampe de chevet.

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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Lun 19 Juil - 13:19

    Serrant toujours Sélène contre lui malgré la douleur qui faisait s’entrechoquer ses neurones, John fixait la jeune femme avec un air transi qu’il serait probablement surpris de voir sur son visage. A cet instant précis, il n’y avait plus que Méduse qui importait… Ses yeux embués de larmes peinaient à discerner sa peau laiteuse et ses yeux sombres en rendant le tout complètement flou à la manière d’une toile abstraite. Lorsque les premières larmes coulèrent, Sélène les chassa du bout de ses doigts glacés en promettant qu’elle arrangerait « ça ». Un gémissement de douleur sembla lui faire comprendre à quel point il avait mal à cet instant précis, et John la vit approcher son visage de nouveau jusqu’à ce qu’elle appuie son front contre celui du mutant. John ressentit d’abord une certaine gêne avant de sentir quelque chose d’incroyable résonner à l’intérieur même de son esprit, et le mutant se laissa porter par cette douce mélodie tout le temps qu’elle la laissa résonner en lui, et chaque fibre de son être sembla libérée de la douleur qui s’y était instillée depuis quelques minutes…

    Les mains de John avaient délaissé les hanches de Sélène pour attraper son visage avec une douceur toute particulière, et le mutant avait frôlé l’arrêt cardiaque une seconde fois lorsqu’elle avait de nouveau agacé ses lèvres avec cette manière si particulière. Le mutant essaya de joindre ses lèvres à celles de Méduse, et ne parvint à obtenir qu’un bref baiser bien vite interrompu par un coup de sonnette qu’il n’avait d’abord pas entendu… Sélène se releva en quelques secondes avec une souplesse étonnante, et l’une de ses mains effleura la joue de John en une caresse glacée destinée sans doute à l’inciter à se relever également. Les genoux du mutant semblèrent claque lorsqu’il se redressa, et il y éprouva une légère difficulté compte-tenu de la position dans laquelle il avait conservé Sélène contre lui ; il n’était qu’un homme après tout, et un contact de ce type avec une femme aussi envoûtante ne pouvait le laisser de marbre…

    Une fois redressé, le papillon ébloui qu’était John ne pu rester éloigné bien longtemps de Sélène et il cessa tout mouvement lorsqu’elle plongea ses yeux dans les siens, en oubliant probablement de respirer. Elle lui expliqua qu’il fallait qu’il aille répondre pour faire partir ce visiteur parce qu’elle n’en avait pas encore terminé avec lui. Sourire malicieux à l’appui, elle congela le cerveau de John peu avant de laisser glisser une main contre son torse comme pour le conserver encore sous son emprise pendant quelques secondes. John laissa sa main droite errer contre le visage de Méduse et se risqua à effleurer ses lèvres si attirantes avec son pouce… Il s’éloigna ensuite, une expression de profond déchirement peinte sur ses traits.

    Chaque pas paraissait lui coûter, et pas seulement à cause de la gêne bien présente au niveau de son bas-ventre. Sélène avait sans doute suffisamment laissé sa marque dans son esprit pour que ce feu ne s’éteigne jamais, et John peinait à présent à concevoir qu’il puisse survire éloigné d’elle… Il passa le seuil de la chambre et sentit ce sentiment d’oppression se dissiper pour ne plus laisser place qu’à une fatigue qui ne l’avait probablement jamais quitté depuis son arrivée. John traversa le couloir menant à l’entrée avec un peu plus de légèreté et finit par ouvrir la porte pour découvrir… sa voisine, Mme Delgado.

    Mr. Smith ! – son visage trahissait son exaspération d’avoir tant attendu pour qu’on lui ouvre – Je ne sais pas où vous avez disparu ces dernières semaines, mais j’ai pris la peine de récupérer votre courrier !
    Euh… merci, je…
    Ne me remerciez pas. Ou plutôt si, remerciez-moi en faisant moins de bruit : j’ai mes petits-enfants à la maison, et le plus jeune est encore à la sieste !
    C’est promis, Mme Delgado. Merci encore, et…

    La vieille femme s’éloigna en claudiquant, ses charentaises frottant contre la moquette du couloir au rythme de ses pas. John se retrouvait avec une montagne de courrier dans les bras. Le mutant referma la porte et déposa le tout sur le guéridon le plus proche. Il lui fallut sans doute quelques secondes pour se rappeler de l’endroit où il était, parce que Sélène lui avait sérieusement mis les neurones en ébullition ces dernières heures. Ses pas le menèrent jusqu’à la cuisine où le mutant se servit un grand verre de lait et prépara un sandwich bacon-fromage qui lui resterait probablement sur l’estomac mais dont il avait besoin pour reprendre des forces.

    Regagnant la chambre, John ne pouvait s’empêcher de se demander si son « invitée » était toujours là. Peut-être avait-elle pris la poudre d’escampette finalement… Inconsciemment, le mutant ne pouvait se décider concernant ce qu’il devait éprouver à ce moment précis : était-ce mieux qu’elle le laisse en paix ou préférait-il secrètement qu’elle reste pour le mettre au supplice ? La seule chose sensée qu’il éprouva à ce moment-là fut une impression assez étrange qui s’accompagna d’un frisson. John scruta la chambre, n’y trouvant aucune place de la jeune femme…

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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Mer 21 Juil - 10:23

    Une fois la douleur apaisée, John trouva le moyen d’attirer une nouvelle fois Sélène contre lui de manière encore un peu plus prononcée. Elle ne fut guère surprise de l’envie qu’elle vit naître dans son esprit à mesure que l’onde mentale de la jeune femme s’estompait, et bien vite le mutant avait encerclé entre ses mains le visage de celle qu’il avait baptisée Méduse. Les larmes brillaient toujours dans ses yeux noisette, mais Sélène avait chassé celles qui s’en étaient échappées quelques minutes plus tôt. Il pouvait être étonnant de voir Sélène faire preuve d’autant de douceur de manière générale, parce qu’elle ne prenait que rarement le temps de s’attacher réellement aux gens. Elle avait suffisamment perdu d’êtres chers pour ne pas désirer se lier aux premières personnes qui croiseraient sa route, et de ce fait il était assez rare qu’elle dispense tendresse et bons sentiments sur son passage, leur préférant la manipulation et le jeu de très loin…

    Tout trouillard qu’il était, John Smith avait quelque chose de véritablement curieux qui se dégageait de lui. Il n’avait que peu à voir avec la femmelette qu’on lui avait décrite et avait réussi à conserver les informations qu’il détenait sur le Réseau et les Damnés face à deux menaces de taille ; la dernière étant sans doute la pire qui puisse se présenter à lui puisque étant télépathe, Sélène avait pu tout de suite mettre le doigt sur ce qui était susceptible de l’intimider pour qu’il crache le morceau. Il avait résisté assez piteusement mais il avait tenu le coup au final, et ça méritait d’être souligné de manière officielle parce que Sélène ne connaissait que peu de personnes capables de lui résister de manière intelligente – intelligente n’impliquant ni l’utilisation de sédatifs ou d’armes à feu, cela s’entend. Bien sûr il s’était laissé prendre au piège par le charme de Sélène, et son changement d’attitude avait été tout à fait surprenant : d’abord frigide, il s’était ensuite mué en un homme empressé qui n’aurait probablement demandé qu’à la renverser sur le premier meuble qui se présenterait, mais là encore il s’était révélé suffisamment atypique pour conserver une infime pointe d’hésitation malgré les signaux que lui transmettait Sélène de manière toujours trop puissante et très contradictoire.

    Lorsque la sonnette avait retenti, la jeune femme s’était levée assez rapidement et avait incité Smith à faire de même d’une caresse glacée de la main contre sa joue toujours aussi brûlante. Lorsqu’il s’était exécuté avec une gêne clairement perceptible – c’est qu’il n’était pas fait de bois, surtout face à une femme comme Sélène – il fut incapable de rester ainsi éloigné d’elle plus de quelques secondes et effleura du bout de son pouce les lèvres de la jeune femme. Son sourire s’étira légèrement avant qu’elle ne la laisse s’éloigner, observant ce quasi déchirement qui se peignait sur ses traits à mesure qu’il progressait vers la porte de la chambre…

    Outre le fait que Sélène parvienne à capter de manière perpétuelle l’attention des hommes, elle ne pouvait s’empêcher de constater à quel point Smith semblait engourdi par son pouvoir. Fasciné, le mutant en oubliait presque sa volonté propre et n’avait plus en tête que Sélène. Et c’était suffisamment étrange pour que Sélène en vienne à se douter que ses pouvoirs étaient une nouvelle fois en train d’évoluer de manière encore inattendue… Elle devrait donc faire attention à ne pas trop le subjuguer, parce que la perspective de rendre ce grand gaillard empli de désir au point qu’il tentera quelque chose de fâcheux ne l’enchantait pas des masses. C’est qu’il avait quand même une tête et demie de plus et sans doute une force plus conséquente que celle de Sélène… Elle avait donc choisi de se dématérialiser et de flotter de manière presque invisible dans l’un des coins sombres de la chambre en attendant que Smith revienne. Mieux valait une dématérialisation inutile que d’être trouvée ici par une personne qui forcerait l’entrée de cet appartement – les flics, notamment – pour vérifier si Smith ne faisait rien d’illégal après sa sortie de garde à vue. Plusieurs minutes passèrent sans que Sélène ne ressente de gêne particulière ; ces deux années passées à se dématérialiser dans les situations les plus diverses lui avaient permis de voir ses limites de manière très claire, et elle mettait toujours un soin tout particulier à ne pas les dépasser…

    Lorsque l’aura de Smith devint suffisamment perceptible, Sélène reprit forme humaine en une multitude de volutes d’ombre. Certaines se faufilèrent à la suite de leur maîtresse, formant une sorte de traine derrière elle et accentuant la théâtralité de cette rematérialisation. Il y avait fort à parier pour que cela impressionne Smith, et Sélène haussa les épaules avec une innocence feinte, lui adressant un sourire malicieux avant de s’installer sur le lit. Allongée sur le flanc, un bras replié soutenait sa tête de laquelle cascadaient ses boucles brunes, alors que l’autre bras s’était de nouveau saisi d’Hamlet, commencé un peu plus tôt dans la soirée. Sélène retrouva la page où elle s’était arrêtée avant que Smith ne s’éveille en sursaut, et leva les yeux vers lui avec un amusement non dissimulé :

    J’envisage de m’absorber dans la lecture jusqu’à ce que le flic qui campe sous vos fenêtres soit parti. Si vous avez quelque chose de plus divertissant à me proposer, n’hésitez surtout pas…

    Elle aurait pu lui proposer un tas d’activités toutes plus débauchées les unes que les autres, mais quelque chose lui disait que cela ne ferait que l’effaroucher de nouveau. Possédait-il un jeu d’échecs ? Si oui, Sélène serait tout à fait ravie de faire une partie avec lui. En attendant de trouver une distraction, le voir ainsi planté avec son sandwich lui donnait faim…

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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Mer 18 Aoû - 17:41

    John était resté planté à l’entrée de sa chambre pour avoir une meilleure vue d’ensemble sur la pièce et ainsi repérer l’endroit où Sélène s’était dissimulée. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’une ombre ne finisse par attirer son attention alors même qu’elle se déplaçait dans sa direction. Les ombres étant traditionnellement rattachées à des objets ou à des gens, il y avait fort à parier pour qu’il s’agisse de sa si singulière invitée. Le phénomène auquel John assista ensuite le laissa bouche bée et yeux incroyablement exorbités, alors que le nuage d’ombre semblait se densifier pour laisser jaillir la jeune femme du néant, à la manière d’une apparition qui était probablement tout sauf angélique… Oubliant même de respirer, John était resté immobile encore quelques secondes après que Sélène se soit alanguie sur son lit – ce lit d’ascète où aucune femme ne s’était allongée depuis qu’il l’avait acheté – et ses yeux fous avaient suivi le moindre de ses mouvements.

    Sa douce voix tira le mutant de sa contemplation, et il remarqua qu’elle avait repris Hamlet. Elle expliqua que ses projets pour la soirée consistaient en une longue séance de lecture qui ne prendrait fin que lorsque un certain flic aurait disparu de sous ses fenêtres, lui laissant ainsi le loisir de décamper aussi incognito qu’elle était venue. Son amusement bien visible et quelque peu enfantin avait quelque chose d’incroyablement attendrissant, au point que John réussit à douter qu’il s’agisse là de cette Reine Noire capable de tuer sans scrupules ou presque qui faisait trembler les apprenti-Damnés au QG et intimidait probablement les Damnés d’âge plus avancé. Malgré la frayeur et la douleur infligées en début de soirée, John parvenait encore à en douter. Sous ses airs de femme fragile se cachait une redoutable adversaire qui ne tolérait pas que l’on contrecarre ses plans, comme elle l’avait prouvé en visitant celui qui avait eu le plus de chances de foutre toute la clandestinité du Réseau et des Damnés en l’air en une seule minute de garde à vue…

    Elle venait de lui suggérer de proposer une occupation pour la fin de soirée même s’il était clair que le livre qu’elle parcourait avec intérêt lui suffirait probablement. John s’installa timidement au bord de son propre lit, déposant l’assiette près de la jeune femme comme d’autres feraient une offrande à une divinité descendue sur Terre.

    Vous devez probablement avoir faim…

    Sa maladresse avait quelque chose d’inédit et pour la première fois depuis deux ans, John avait une excellente raison d’avoir peur de la jeune femme qui lui faisait face. Plusieurs excellentes raisons, en vérité… Son regard chercha à croiser celui de la mutante, et John finit par passer une main dans ses cheveux indisciplinés, souriant de manière assez maladroite : que pouvait-il lui proposer de faire qu’elle ne trouve ni stupide, ni barbant dès la cinquième minute ? S’il possédait bien un jeu de cartes, John ne savait jouer qu’à ceux qui nécessitaient au moins trois participants, ce qui les rendait donc inutiles à ce moment précis.

    Au-delà de l’absence d’équipements permettant de se divertir qui ne soit pas un livre dans son appartement, John avait sans doute été suffisamment chamboulé ces dernières semaines pour être capable de s’endormir en position assise et son verre de lait à la main. C’était même probablement pour cela que Sélène avait posé la question de ce qu’il pourrait lui proposer sans réellement montrer qu’elle souhaitait faire autre chose que simplement terminer son livre…

    Je suis désolé, mais je ne pense pas être suffisamment en état pour… Vous avez achevé de me presser comme un citron, et je crains de ne rien pouvoir faire d’autre que dormir, même si j’aurais sans doute apprécié vos propositions d’une manière ou d’une autre… - Le mutant s’interrompit en songeant qu’il avait probablement tendu une perche qui n’aurait pas du l’être – Ce n’est pas exactement ce que je voulais dire… En fait, je…

    A présent qu’il s’était de nouveau approché d’elle, John subissait de nouveau les effets du pouvoir de la jeune femme, et son verre fut bien vite déposé sur la table de nuit avant qu’il ne trouve le moyen de se blottir contre Sélène en écrasant à moitié le livre qu’elle lisait, laissant reposer son visage contre le ventre de la jeune femme. A ce moment précis, plus rien d’autre n’importait réellement que cette sensation de chaleur tentée de froid – le froid de sa peau blanche comme de la porcelaine – et l’envie de dormir pour oublier cette dernière semaine atroce… A aucun moment la perspective d'une douloureuse réprimande ne traversa son esprit trop engourdi par la fatigue.

    (je te laisse clôturer, très chère )

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Sélène Gallio
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MessageSujet: Re: Baby-sitting... [fini]   Dim 22 Aoû - 13:06

    La rematérialisation de Sélène semblait avoir produit un curieux effet sur Smith, et le sourire de la mutante se fit plus malicieux. Repérer le nuage dans la pénombre s’était avéré probablement compliqué jusqu’à ce que la jeune femme choisisse de bouger, révélant ainsi sa position. A présent alanguie sur le lit avec son livre, Sélène sentait le regard du jeune homme sur elle pendant qu’il donnait l’impression de chercher à reprendre ses esprits. Il était clair qu’il n’avait pas du assister à ce genre de phénomènes très souvent dans sa vie – et en plus il était amnésique, ce qui réduisait la probabilité qu’il puisse garder ce genre de chose en mémoire de manière durable…

    Son regard avait quelque chose de complètement fou, mais il restait pourtant immobile à l’observer. Si Sélène l’avait voulu, elle aurait pu s’amuser avec lui et voir ce qu’elle pourrait tirer de lui… Pour l’heure, elle n’aspirait qu’à rentrer chez elle pour se glisser dans un bain plein de mousse. Et dans la mesure où elle n’était venue ni pour coucher avec Smith, ni pour le tuer mais bien pour vérifier qu’il n’avait commis aucun impair durant sa garde à vue, la jeune femme n’avait donc plus aucune raison de rester ici. Enfin ça, c’était dans l’hypothèse où aucun type n’était en planque sous les fenêtres de l’appartement avec une boîte de beignets ; les flics étaient décidément encore plus repérables qu’un milliardaire perdu dans le quartier du Bronx…

    Les yeux rivés sur les pages du livre, Sélène savourait le texte de Shakespeare. Hamlet se pensait surveillé, et Ophélie devenait complètement folle… Sa lecture fut interrompue lorsque John s’approcha avec une certaine hésitation du lit qui était pourtant le sien et s’installa près de la mutante, déposant près d’elle une assiette de nourriture en laissant entendre qu’elle avait peut-être faim. Le regard de la jeune femme se posa sur lui, prunelles noires inquisitrices et amusées à la fois : il se dégageait de lui quelque chose s’approchant de la dévotion, et Sélène trouva la chose quelque peu attendrissante. Lui, parfait inconnu, semblait avoir compris assez rapidement que la jeune femme allongée sur son lit aspirait à un respect maximal de sa personne, et notamment de la part des hommes. Il lui déposait à manger comme on déposait une offrande à une idole, et ça avait quelque chose d’à la fois curieux et agréable. Mais bien évidemment, Smith suintait la peur. Dans le cas contraire, Sélène aurait sans doute imaginé qu’on eut enlevé l’original pour le remplacer par un clone plus téméraire. Elle l’intimidait autant qu’elle l’impressionnait, et il faudrait qu’il s’endurcisse un peu plus pour l’avenir, parce que si elle avait contribué à le placer à ce poste, c’était pour avoir un allié aux épaules solides et capable de la contredire dans le cas où elle vienne à se méprendre sur quelque chose… comme les deux précédents leaders, justement.

    John passa une main dans ses cheveux en affichant un sourire maladroit tout aussi attendrissant que le reste de son attitude, et Sélène finit par lui répondre concernant ce repas qui lui atterrissait sous le nez.

    La faim se faisait effectivement ressentir, merci beaucoup.

    Sa phrase avait été ponctuée par un sourire, comme pour l’encourager à se décrisper un peu en plus du remerciement pour cette attention. Sélène ne toucha pas tout de suite au sandwich mais se saisit de l’assiette sans geste brusque – mieux valait éviter de l’intimider davantage – lorsque quelques minutes se furent écoulées. La question de leur occupation pour la fin de soirée resta un moment sans réponse, puis John finit par s’excuser de ne pas être en état pour quoi que ce soit même s’il aurait sans doute apprécié les propositions qu’aurait pu lui faire la jeune femme. Un sourire amusé étira les lèvres de la jeune femme alors qu’il s’interrompait et déclarait ne pas avoir voulu dire ce qu’il venait de sous-entendre à demi-mot.

    Bien entendu. Les hommes finissent toujours par accepter mes propositions, John…

    Elle l’avait nommé pour la première fois depuis le début de cette folle soirée, et son regard pétillait de malice. Le sourire de Sélène s’effaça quelque peu alors qu’elle constatait un changement dans le regard de son interlocuteur. Le verre de lait fut expédié sur la table de nuit et elle vit le mutant s’approcher en une fraction de seconde sans réellement avoir le temps d’anticiper ou de réagir d’une quelconque manière. Lorsque la tête de John se posa contre son ventre et qu’il se blottit contre elle, Sélène se tranquillisa en comprenait qu’il ne souhaitait qu’un peu de chaleur pour enfin s’endormir. La mutante ne bougea pas pendant ce qui lui parut être de longues minutes, assez étonnée qu’un homme placé sous son emprise et calmé à de nombreuses reprises par son pouvoir ait l’audace de l’approcher de cette manière et le désir de simplement s’endormir contre elle. Sélène finit par écarter l’assiette et la déposa sur le sol par une contorsion de son gauche, dégagea le livre de sous Smith et tenta pendant de longues minutes de trouver une position qui lui permettrait de continuer à lire malgré la couverture humaine qui la recouvrait et l’empêchait de bouger. En constatant que cela serait vain à moins de risquer un torticolis, Sélène déposa le livre sur le sol et resta un moment étendue sur le dos à écouter la respiration sereine et profonde de Smith qui indiquait son endormissement incroyablement rapide. L’une de ses mains se glissa négligemment dans les cheveux du mutant en une douce caresse, et Sélène ferma également les yeux.

    Etre coincée dans une chambre avec un homme et ne pas chercher à tenter les acrobaties les plus folles était quelque chose d’assez nouveau depuis le décès de Mathias. Et le plus étonnant dans tout cela, était qu’elle partageait une étreinte avec celui qui était réputé pour être le plus grand trouillard du pays…


    (Done, hihihi ^^)

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