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 Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]

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ex_Zane Panabaker


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MessageSujet: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Mar 15 Juin - 18:46

    Alice. Il était devant chez elle. Un immeuble de Soho, un immeuble comme les autres. Sauf qu'Elle habitait là. Il eut un frisson qui n'était pas du seulement au froid ambiant. Il resserra la redingote noire qu'il portait ; vêtu comme un romantique des siècles passés, un haut-de-forme vissé sur la tête et une canne entre les doigts - la main qui la tenait était libre, l'autre étant gantée et semblait bizarrement tordue. Il soupira. Il jeta un rapide coup d'oeil et s'approcha de la porte. Une simple serrure. Il eut un sourire goguenard : elle était policière. Elle devait donc avoir un système d'alarme. Grand bien lui fasse.

    Une main sur la poignée, l'autre sortant le matériel spécifique qu'un voleur à la tire aurait eu pour forcer les portes, il arrêta tout simplement le temps ; un homme derrière se figea puis tous les autres. Simple, un vrai jeu d'enfant. Retirant son chapeau, il ne lui fallut que quelques minutes pour ouvrir la porte et la refermer derrière lui. Alors qu'elle claquait, le temps reprenait son cours normal. Personne n'avait rien remarqué de la disparition étrange d'un homme sur un perron. Sa silhouette était passée inaperçue.

    « Bien. » comment-a t-il simplement, en regardant autour de lui.

    La décoration devait être jolie. Du moins si on arrivait à l'atteindre : cet appartement était le summum du bazar. Même lui qui n'était pas particulièrement méticuleux - bon d'accord, il était très manique, en vérité - il était étonné par tant de désordre. Des livres traînaient sur une table basse ; l'évier débordait de vaisselle sale. Il n'osa pas faire un pas, debout et immobile dans le hall comme si on l'avait foudroyé.

    Il avança dans le salon. Il marcha sur ce qu'il pensait être un bout de tissu, caché par une veste jetée par terre. Hélas, la veste se mit vite en rogne et se révéla être un chat, noir, au pelage lustré et au regard de braise qui semblait très mécontent de voir cet inconnu sur son territoire.

    Le sursaut de Zane passa inaperçu encore une fois : il n'y avait personne. Fort heureusement, il n'aurait su expliquer l'air de terreur mêlée à la surprise qui était passé sur son visage. Il s'accroupit, sa canne collée contre son aisselle à la manière d'une épée, et il frotta son pouce et son index, en murmurant tout bas :

    « Minou minou ? »

    Le regard du chat se posa sur lui, serein. Il lui tourna le dos et retourna à sa sieste, préférant ignorer superbement cet homme. Zane haussa un sourcil, éclata de rire - les oreilles du félin bougèrent, Zane préféra redevenir aussi discret qu'auparavant. Il fit le tour des pièces, sans pour autant oser entrer dans la chambre - il avait quand même ses limites, dans sa folie curieuse.

    Il s'arrêta de nouveau dans le salon, et apprécia de voir, posée sur une commode, sa carte de visite et sa carte de tarot. Il sourit, et les reprit entre ses doigts, appréciant le contact avec le carton des deux papiers. Il s'assit dans un fauteuil et le tourna de façon à être à moitié dans la pénombre de l'appartement et en face de la porte. Il allait l'attendre - serait-elle si de le voir ? Est-ce qu'elle l'attendait ? Avait-elle espéré qu'ils se revoient ? Il avait tellement eu envie de la revoir ... Il soupira, essayant de chasser cette sensation si agréable qu'il avait eu lors de leur dernière rencontre. Quand il avait été blessé. Quand elle s'était inquiétée pour lui. Il secoua la tête : allons bon, Némésis aussi se serait inquiétée pour lui ! Il avait des gens sur qui compter, des gens qui l'appréciaient. Alice n'était pas la seule à avoir peur que cette main ne finisse par lui coûter la vie, et plus, elle n'était qu'une humaine !

    Il regretta immédiatement cette pensée. Elle était humaine, mais en même temps ...

    Mieux valait cesser maintenant avant de tomer dans les prémices d'un discours intérieur sentimentale et philosophique. Il n'était pas un homme de sentiments. Il était un homme tout court. Croisant les jambes, le chapeau haut de forme formant sur son visage une tâche sombre, il attendit, lentement. Il avait tout ... Le Temps ...
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Alice Drake
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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Mer 16 Juin - 12:26

    Journée éreintante, journée sans surprise. Alice quittait le commissariat alors que le soleil déclinait lentement à l’horizon. En jetant un regard à sa montre, elle se rendit assez vite compte qu’elle avait passé plus d’une heure à débattre sur l’avancée des missions en cours. Son père pouvait être sacrément bavard quand il le souhaitait.
    Arrivée devant la porte de son appartement, la jeune femme fouilla un instant dans son sac pour y trouver ses clés. Elle s’apprêtait à glisser la concernée dans la serrure mais la porte s’entrebâilla légèrement – arrachant un grincement sinistre au bois abîmé. Sourcils froncés, Alice pensa brièvement qu’elle se rappelait avoir fermé derrière elle, ce qui fit naître sur ses traits une méfiance indubitable. Elle poussa la porte, sa main se glissant à sa ceinture pour en sortir l’arme qui la défendrait peut-être face aux cambrioleurs – si c’était bien de cela dont il s’agissait. Le lieutenant ne se serait pas étonné de se retrouver face à face avec un meurtrier qu’elle aurait coffré quelques années plus tôt. Il fallait dire que la vie de flic n’était pas de tout repos.

    Tout l’appartement semblé plongé dans une semi obscurité inquiétante et Alice se glissa contre le mur pour avancer à pas de loups, arme en main. Elle tentait de garder le contrôle de sa respiration tandis que ses sens aux aguets tentaient de percevoir la moindre présence dans son appartement silencieux. Elle crut déceler une silhouette humaine, assise dans un siège qui n’était pas dans cette position lorsqu’elle était partie. Elle s’arrêta, trouva rapidement l’interrupteur de la lumière du salon qu’elle activa sans plus attendre. Arme pointée en direction de la mystérieuse silhouette, le voile de lumière eut vite fait de changer l’inquiétante obscurité en mauvais souvenir. Et quelle surprise, que de voir là qu’aucun cambrioleur n’était à l’action.

    « Zane ?! » Lâcha Alice, effarouchée.

    Ses yeux mutins devinrent alors plus doux, tandis qu’elle baissait son arme, laissant un soupir clôturer sa surprise. Il fallait dire qu’elle ne s’attendait pas à le retrouver dans son appartement – pourquoi fallait-il qu’il joue au mystérieux visiteur à chaque fois qu’il lui rendait visite ?
    Alice balaya quelques mèches de cheveux qui entravaient son regard,

    « Est-ce que je peux savoir ce que vous faites dans mon salon ? » Demanda-t-elle agacée. Son cœur qui s’était accéléré durant quelques secondes retrouva son rythme régulier et rassurant. « Un peu plus et j’aurais pu vous tuer. Frapper à la porte pour rendre visite aux gens vous épargnerez bien des soucis. »

    Alice lâcha un soupir avant de glisser les doigts dans ses cheveux, dans une tentative exaspérée de se ressaisir. Après quelques secondes, elle déposa son sac sur la commode et alla fermer la porte d’entrée. Zane avait pour habitude de faire une entrée théâtrale – elle aurait du se douter qu’il n’était pas du genre à frapper aux portes. Et il fallait dire qu’il lui avait fait le même coup au commissariat. Elle avait beaucoup songé après sa visite – après avoir vu cette marque sur sa main brûlée.

    Perplexe, la jeune femme observa un instant l’homme aux allures d’aristocrate, assis dans le fauteuil qui lui faisait face. Toujours autant d’excentricité dans ce sourire qu’il lui adressait. Elle dissipa sa méfiance et fit quelques pas dans son salon avant de reprendre la parole.

    « Comment allez-vous Zane ? Comment va votre main ? » Lui demanda-t-elle, réellement inquiète de son état en vue des derniers évènements.
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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Mer 16 Juin - 18:34

    Les paupières fermées, il essayait de ne pas penser. C'était donc le meilleur moyen pour ne pas avoir l'esprit vide : tenter de refouler des pensées ne font que les faire éclore plus vite à la surface de la conscience. Il ouvrit un oeil quand il entendit distinctement un bruit de pas, et se retint de se lever d'un bond, tendu. Il se souvint d'où il était, et bien que sa main valide se crispa un peu sur le bras du fauteuil, l'autre posée sur ses cuisses avec la canne semblait prête à s'en emparer comme d'une arme. Il vit une silhouette dans le coin de son regard mais ne bougea pas.

    Une voix s'éleva, comme un reproche. Il n'eut pour réponse que ce sourire de fou qu'il arborait face à Alice. Un peu comme une signature. Son regard étincelait. Il avait l'air à la fois plus jeune et plus vieux qu'à leur dernière rencontre. Il se leva lentement - mine de rien, il fit claquer élégamment sa canne sur le sol et s'y appuya discrètement. Il posa son regard brillant sur la jeune femme qui baissait son arme - elle l'avait donc prit pour un vulgaire voleur ? N'avait-elle pas senti sa présence, comme il sentait la sienne ? Il ne répondit rien à ses interrogations et la laissa se rassurer et fermer la porte - bien qu'il sut qu'une porte n'avait jamais arrêtée grand monde.

    Immobile, on aurait dit une représentation grandeur nature d'un portrait d'un anglais du siècle dernier - il avait son haut de forme contre le coeur, tenu par sa main gantée. L'autre s'appuyait négligemment contre la canne. La question qu'elle lui posa le toucha - elle aurait pu s'enquérir du bijou, de ses expériences, mais non, elle lui demandait comment il se portait. Il fit mine de ne pas être touché, son visage demeura impassible, avec ce sourire un peu fou. Ses traits semblaient moins tendus, ses yeux brillaient d'une lueur folle - une lueur éternellement jeune, qui contrastait avec son corps qui vieillissait. Sa blessure à la main n'allant pas mieux, voire même empirant, il maudissait sa mortalité.

    En un geste il fut près de Alice. Leurs corps se touchaient presque, il la frôla même un instant, penché sur elle, une boucle noisette, ornant son visage, effleura le front de la demoiselle. Il paraissait danser sans bouger. Cette proximité aurait pu paraître perverse chez un autre, intéressée ; chez lui on aurait dit une chorégraphie répétée, innocente, simple. Une danse qu'il fallait danser, qu'il fallait suivre. En un geste, sa main blessée fut libre de son étreinte de cuir noir, et en se reculant, il la leva entre eux, comme une barrière, rompant leur contact presque physique.

    « Comme vous pouvez le voir, je n'ai pas trouvé de remède miracle » déclara t-il calmement en relevant un peu sa manche : à la manière d'une bête dévorée de l'intérieur, sa main était restée noire et à présent, son bras semblait se noircir lui aussi. Sa peau se consumait lentement. La marque étincelante et blanche était toujours gravée dans sa chair - la Clef. Il était habitué à sa douleur, à présent, et elle était devenue sa compagne.

    « Mais je ne suis pas venu pour vous parler de cela. »

    Il était soudainement passé du ton amusé au ton grave. Il n'était pas venu parlementer de sa guérison probable ou non. Une lueur malicieuse passa dans ses yeux sombres - une sensation électrique parcourut son échine, agréablement.

    « Je vous ai promis de vous inclure dans mes projets. C'est ce que je fais : voudriez-vous assister à une de mes expériences ? »

    C'était risqué, extrêmement risqué - pour lui. Pas pour elle. Quoi que, si elle devait venir au QG, il n'osait imaginer ce qu'ils risquaient. Mais n'étaient-ils pas deux fous qui voulaient jouer ? Et puis, il avait déjà amené avec lui de quoi tester quelque chose. Un mouvement du bras fit tinter quelque chose dans la poche intérieure de sa redingote. Il n'attendait que le bon moment pour sortir le lapin du chapeau : comme un magicien, il sortit trois éprouvettes de son manteau noir, ainsi que le bijou qu'il avait dérobé.

    Comme si elle allait dire non à sa demande ! Elle pouvait avoir un doute, mais il commençait à la connaître - il aimait ce côté fou de sa personnalité. Le fou aimait les fous ! Chose étonnante, il retira son par-dessus, révélant une chemise grise simple et un pantalon des plus courants. Il aurait presque eut l'air normal, sans sa canne aux allures d'armes, sans son gilet sans manches très XIXé siècle. Il retira également son monocle et le rangea dans sa poche près de son coeur. Il déposa les éprouvettes sur un coin de table dégagé de tout bazar.

    Sa main valide n'avait pas quitté le bijou. Sa main blessée, apparente, tremblait légèrement, mais il préférait l'ignorer. Les médicaments humains n'avaient rien donné, ni les pouvoirs de ceux qui auraient pu le guérir. Il s'était résolu à vivre avec, et sa détermination n'en était que plus ancrée, lui donnant quelque chose de passionnel, qui semblait flamber en lui, fou et dangereux, lui donnant cet air d'adolescent entiché. Il se tourna vers Alice, avec sur le visage une expression calme, quasi suppliante. Il voulait qu'elle accepte.

    Elle avait déjà accepté leur jeu ; comme une danse, ils virevoltaient chacun de leur côté, et se retrouvaient parfois dans les bras l'un de l'autre. Ce moment en était un : Zane n'allait pas la laisser fuir, cette fois. Bien que ce fut lui qui eut fui à chaque fois, songea t-il en étouffant un début de rire. Il posa un regard sur elle, impassible, essayant de ne pas paraître trop doux, trop tendre. Il était trop vieux pour de pareilles inepties. Il n'était pas sans nier que la demoiselle l'amusait énormément. Mais il ne tenait pas à tomber dans autre chose qu'un simple jeu. Il était un savant, le Chapelier Fou, Tempo ! La science avant tout, le savoir avant tout - au delà de sa vie, même, il l'avait déjà prouvé maintes fois.

    « Joue avec moi. »

    C'était une demande, simple, enfantine. Il aurait pu sembler timide, ce ne fut pas le cas. Il y avait dans ce ton une intimité étonnante vis à vis de leur situation. Un simple murmure, calme, caressant. Il pencha la tête sur le côté, avec un visage moins fou - une bouclette tomba lentement sur son épaule, à la manière d'une boucle d'oreille, et il fit un sourire involontairement charmeur, encourageant. Il la voulait. Il la voulait pour lui. Pour jouer. Il la voulait - l'idée germa dans son esprit, éclata comme une bulle de savon trop mûr. Il ne sût si il devait en avoir peur ou s'en ravir. L'amour n'avait rien à voir avec la possession ; il préféra chasser cette émotion, la ranger à double tour et s'en détourner. Ses yeux n'avaient pas lâchés Alice, continuant de l'inviter dans sa danse effrénée.
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Alice Drake
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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Jeu 17 Juin - 13:09

    Alice tenta de chasser la confusion qui marquait son visage – Zane n’avait pas l’air effrayé ou empressé, ce qui la rassura d’une certaine manière. Elle n’aurait nullement apprécié de le voir mourant sur le seuil de sa porte. Il était immobile dans le siège qu’il occupait avec prestance et la jeune femme l’interrogea du regard, curieuse de savoir ce qu’il pourrait lui apprendre de nouveau sur l’affaire de l’Atlantide. Dans un clignement de paupières, il se retrouva planté devant elle et Alice ne put réprimer un sursaut. Ses yeux se plantèrent dans les siens tandis qu’elle restait figée dans cette proximité soudaine. Son visage n’était qu’à quelques centimètres du sien et elle se contenta de l’observer, interdite. Il jouait avec le temps, encore et toujours, et c’était le genre de chose qui ne pouvait que le rendre imprévisible. Elle retint sa respiration, cherchant dans les yeux clairs de son invité, les raisons de sa venue. Elle y voyait l’excitation comme un enfant face à son cadeau de Noël – elle y voyait cette excentricité qui lui était propre et envoutante.
    Il se recula brusquement, ôtant avec vivacité le gant qui dissimulait sa main blessée. La marque s’était dangereusement propagée et dévorait maintenant son poignet, courant sur son avant bras comme un serpent.

    « Comme vous pouvez le voir, je n'ai pas trouvé de remède miracle »

    Inquiète, Alice fronça les sourcils, n’osant pas pour autant observer avec plus d’insistance le fruit de l’évènement paranormal qu’elle avait vécu une semaine plus tôt.

    « Mais je ne suis pas venu pour vous parler de cela. »

    Mains sur les hanches, scrutant les iris brillants de son interlocuteur, Alice restait silencieuse. Elle haussa brièvement les sourcils pour inviter Zane à poursuivre. Il avait toujours eu le don de maintenir un suspense certain dans le but de ses visites, ce qui ne pouvait qu’amuser Alice d’une manière ou d’une autre.

    « Je vous ai promis de vous inclure dans mes projets. C'est ce que je fais : voudriez-vous assister à une de mes expériences ? »

    A l’entente de cette demande, les traits perplexes du lieutenant laissèrent place à une certaine impatience. Elle plissa les yeux, malicieuse et offrit un sourire à son interlocuteur.

    « Une expérience… De quel genre ? » Demanda-t-elle, prenant un malin plaisir à ne pas donner une réponse définitive. Son ton était calme et suave, comme si elle tentait de ne pas montrer un intérêt trop rapide pour ce que lui réservait Zane.

    Alice le considéra d’un œil curieux lorsqu’il se débarrassa de son veston et qu’il sortit des éprouvettes qu’il posa sur la table. La jeune femme pouvait difficilement cacher l’intérêt que cela suscitait en elle. Elle restait plantée derrière lui, tout en surveillant par-dessus son épaule ce qu’il était en train de faire. Il se tourna finalement en sa direction et l’observa patiemment.

    « Joue avec moi. » Murmura-t-il à son égard.

    La jeune femme semblait le dévisager – comme si elle ne saisissait guère la sincère volonté de son interlocuteur. Elle ne put que remarquer l’emploi soudain du tutoiement, chose qui avait quelque chose de terriblement rassurant. Jouer ? Tout n’était-il qu’un jeu pour lui ? Ne craignait-il pas que le jeu soit dangereux ?
    Lèvres closes, Alice se plongea durant quelques secondes dans ses yeux aux nuances d’océan avant de se décider à prendre la parole.

    « Jouons. » Souffla-t-elle, peu certaine que ce soit la meilleure chose à faire.

    N’était-elle pas sensée être la plus lucide des deux ? Elle ferma les paupières un instant, offrant un sourire à Zane qui attendait d’elle qu’elle le suive dans le terrier du lapin blanc puis elle finit par secouer la tête, faussement désespérée.

    « Vous êtes aussi mystérieux que cette histoire d’Atlantide Zane… » Lui lâcha-t-elle en quittant son immobilisme pour se rendre vers le bar qui séparait la cuisine du salon. « Voudriez-vous du thé ? »

    A vrai dire, ce dont elle avait besoin à ce moment même, c’était un bon verre de whisky pour se remettre les idées en place. Le mot « expérience » la mettait instinctivement mal à l’aise – elle avait l’impression de jouer avec des forces dont elle ne saisissait pas encore l’importance. Elle saisit la théière, pensive, et mit de l’eau à chauffer.

    « Etes-vous sûr que ce n’est pas risqué ? Loin de moi l’envie que vous soyez calciné dans mon salon. » Lâcha-t-elle sur le ton de la plaisanterie.

    Son sourire se dissipa et elle plongea ses sombres prunelles dans le regard suspendu de son interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Jeu 17 Juin - 13:48

    Il n'avait pas répondu à la question. Elle avait su pertinemment que sa question resterait sans réponse ; qu'il jouerait avec elle et le mystère qui l'entourait jusqu'au bout. Il avait prononcé les paroles comme une prière, douce, tendre. Le soudain arrêt du vouvoiement n'avait été pris que sur un coup de tête, un gentleman ne tutoie pas les femmes, mais en cet instant, cela avait semblé une manière plus intime de les lier, plus profonde que leurs regards accrochés l'un à l'autre comme deux noyés à une bouée. Il attendait, calme, sûr de lui.

    Et elle accepta. Il resta un instant impassible puis, comme lors de leur rencontre dans les égouts, il eut un sourire amusé, plein d'une victoire arrogante. Il était fier, non pas vaniteux, et même si il avait été sûr de gagner, la voir céder à la curiosité qu'il animait en elle était toujours un plaisir. Un plaisir partagé, peut-être, vu la façon dont elle semblait affecté par cette soudaine expérience. Quoi que, il aurait fallu être fou pour accepter sans penser aux conséquences. Fou comme lui, qui ne songeait qu'à la science et à sa propre curiosité. Sa perception était tissée au présent, sans jamais vraiment penser au futur ou au passé.

    Il redressa la tête comme un animal dont on aurait sifflé le nom en entendant le mot thé.

    « Du thé ! Du thé ! Quelle charmante idée ! » s'exclama t-il en chantant presque, appuyant son accent anglais, en prenant sans le vouloir une consonance de voix proche d'un certain fou qui chantait les non-anniversaires. Il hocha donc la tête et, laissant ses éprouvettes dans son dos, il passa une main sur son veston en observant Alice. Il eut un début de sourire qui creusa des fossettes à son menton, lors de la répartie ironique de la jeune femme.

    « Rien ne nous arriveras, je vous le promets. »

    Du moins, il ne lui arriverait rien à elle. Il se le promettait. Peu importe si lui était de nouveau blessé. Il se retourna de nouveau vers la table et haussa un sourcil critique en observant le barda qu'il y avait sur la table. Ses trois petites éprouvettes et le collier avaient bien du mal à trouver un endroit où se poser.

    « Loin de moi l'idée de vous critiquer, mais je n'aurai jamais songé que vous soyez aussi peu encline à l'ordre. Moi-même suis assez peu ordonné. »

    Il était totalement maniaque, mais il n'avait pas menti volontairement ; pour lui, il n'était pas maniaque. Cependant, pour un regard extérieur, imaginer que Zane, cet anglais à l'allure impeccable, soit bordélique avait quelque chose de cocasse. En deux temps trois mouvements, la table était dégagée de tout ce qui l'avait encombrée, et il avait placé devant lui les trois éprouvettes et le bijou. Il sortit sa main de son gant et la posa près du bijou qui émit un scintillement durant quelques secondes avant de redevenir, d'apparence, normal.

    « N'ayez pas peur » intima Zane avec un sourire amusé, en prenant la tasse de thé qu'Alice lui offrait et en buvant une gorgée du liquide brûlant. Cela lui fit du bien, et il eut un sourire sincère face à ce breuvage anglais. Sa main réagissait au bijou, et elle le lançait douloureusement mais il n'en laissa rien paraître.

    « Voyez vous, ce bijou est Atalante. Ma main réagit - douloureusement - à sa présence, car elle a emmagasiné de sa puissance. Mais il ne reste encore. Néanmoins, je suis là pour voir à quel point le matériau de ce bijou peut être résistant, et jusqu'à quel point sa puissance peut être contenue. »

    Dit comme cela, ça semblait simple. Mais Zane allait seulement essayer d'abîmer le bijou, pour voir si la puissance allait de nouveau se dégager.

    « Il est important que vous sachiez que ce que vous allez voir doit être gardé secret. Il est évident que tout ce que je vous ai dit nous mets en danger tout les deux. Mais après tout, le danger n'est-il pas un jeu d'une autre sorte ? » finit-il en terminant sur une autre gorgée de thé, avec ce regard de fou.

    Il hésitait, cependant : et si la puissance dévastait la maison, et eux avec ? N'auraient-ils pas du aller dans un laboratoire capable de les protéger ? Il grimaça, devant l'amertume du fond de sa tasse et posa son regard souverain sur Alice. Il savait ce qu'elle aimait chez lui : sa façon de jouer. Il fût peiné un instant d'imaginer que si il n'y avait pas l'Atlantide et les jeux pour les réunir, elle se serait fichue de son existence. Il posa son regard sur ses éprouvettes, et joue avec le liquide bleuâtre dans l'une d'elle, attendant qu'Alice donne un signal de départ, un signe d'impatience.
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Alice Drake
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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Jeu 17 Juin - 18:26

    « Du thé ! Du thé ! Quelle charmante idée ! »

    Alice se mordit sauvagement la lèvre inférieure, amusée par l’excentricité de son visiteur. Toujours à la hauteur de son charisme d’anglais, Zane était le genre d’hommes qu’Alice croisait bien peu dans sa vie. La jeune femme fit trempée le sachet de thé dans la théière et resta plantée là à l’observer d’un œil amusé.

    « Rien ne nous arriveras, je vous le promets. »

    Pour un fou dont on remettrait en cause la lucidité, Alice trouvait qu’il avait un aspect rassurant indéfinissable. Peut-être était-ce parce qu’il donnait l’impression de parfaitement savoir ce qu’il faisait ? Zane était loin d’être quelqu’un de réservé – il avait cette personnalité bien à lui qui lui donnait néanmoins toute la crédibilité nécessaire. Pensive, elle l’observait en silence, songeant à cette manie qu’il avait de jouer le charmeur britannique et flegmatique. Tandis que celui-ci reportait son attention sur la table, qui –il fallait l’avouer – était surmonté d’un bazar en tout genre, Alice sentit la remarque à ce sujet venir et se mordit la langue comme si la gamine qu’elle pouvait être avait fait une bêtise.

    « Loin de moi l'idée de vous critiquer, mais je n'aurai jamais songé que vous soyez aussi peu encline à l'ordre. Moi-même suis assez peu ordonné. »

    Elle lui jeta un regard faussement réprobateur, ses lèvres ne pouvant trahir l’amusement que cela suscitait en elle. Cet air paternaliste lui allait à ravir à vrai dire !

    « Navrée de vous décevoir Zane… Mais si seulement vous m’avez prévenu de votre visite, j’aurais eu le temps de faire un peu de rangement. » Murmura-t-elle en le rejoignant rapidement pour dégager ce qui envahissait la table.

    Quelques bouquins, des brochures, des dossiers – rien de bien palpitant. Elle retourna rapidement vers la cuisine pour leur servir deux tasses de thé, puis ne se fit pas prier pour en offrir une à son convive. Elle était tout prés de lui maintenant et observait ses gestes parcimonieux. Lorsque l’anglais rapprocha sa main blessée du bijou, un éclat curieux anima l’objet inanimé. Alice fronça les sourcils, rongée par la curiosité et l’étonnement. Zane lui disait de ne pas avoir peur, cependant la jeune femme se sentait happée par l’impression sincère de perdre la tête ou d’avoir des hallucinations. Elle but une gorgée de thé, légèrement crispée puis observa le faciès assuré de son interlocuteur.

    « Voyez vous, ce bijou est Atalante. Ma main réagit - douloureusement - à sa présence, car elle a emmagasiné de sa puissance. Mais il ne reste encore. Néanmoins, je suis là pour voir à quel point le matériau de ce bijou peut être résistant, et jusqu'à quel point sa puissance peut être contenue. »

    Alice resta interdite et immobile, ses prunelles caressant le bijou magique ou le fruit de cette illusion qui la laissait désespérément confuse. La jeune femme reposa la tasse sur la table et glissa une main dans ses cheveux, les ébouriffant sans le vouloir.

    « Il est important que vous sachiez que ce que vous allez voir doit être gardé secret. Il est évident que tout ce que je vous ai dit nous mets en danger tout les deux. Mais après tout, le danger n'est-il pas un jeu d'une autre sorte ? »

    « Êtes-vous sûr que… » Commença-t-elle, hésitante. « Avez-vous réussi à déchiffrer les inscriptions du journal Atalante ? »

    Elle semblait inquiète et tenta de dissiper cette expression de son visage. Elle posa sa main sur l’avant bras de Zane pour attirer son attention avec sérieux. Elle était la plus responsable des deux et il fallait bien qu’elle joue ce rôle avec un minimum de crédibilité.

    « Je vous fais confiance Zane. Je garderais ça pour moi, je vous le promets. Mais rendez vous compte que ce qui peut être un jeu pour nous ne l’est pas forcément pour les habitants de cet immeuble. »

    Elle jeta un œil à l’éprouvette curieuse qui contenait un liquide bleu puis après ces quelques recommandations, elle se décida à se laisser happer par la curiosité.

    « Qu’est ce qu’il y a à l’intérieur ? » Lui demanda-t-elle en désignant ladite matière. « En quoi consiste l’expérience ? »
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Pouvoirs : Maîtrise du temps.
Profession : Il est le maître d'une grande chaîne qui vends des antiquités.
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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Dim 29 Aoû - 12:25

    La pièce était un vrai capharnaüm. Même ses laboratoires, où son ordre quasi maniaque était plus léger, et où il se laissait volontiers aller à garder quelques feuilles découvertes, non rangées dans des dossiers eux-mêmes rangés soigneusement dans des pochettes - même ses places de travail ne ressemblaient pas à cela. Il ne s'était pas imaginé une Alice désordonnée - ce point divergent entre eux l'amusa, et il remarqua l'air amusé d'Alice suite à sa remarque. Sans le vouloir, il avait légèrement froncé les sourcils ce qui lui donnait involontairement un air de vieil homme - un de ces vieux qui réprimandent tout et n'importe quoi. Il songea un instant qu'il était assez mal placé pour taquiner ainsi son hôtesse - il était entré, après tout, par effraction chez elle, non ? Mais comme un oiseau, cette pensée s'envola loin - il n'était pas du genre à s'ennuyer avec ce genre de simagrées. Il était là pour une raison précise, et peu importait les manières, ce qui comptait était le résultat.

    Alors qu'il se mettait à déblayer la table, à coup de gestes tendres et posés - il ne souhaitait pas casser quelque chose - Alice se trouva une excuse, ce qui le fit sourire. Une excuse pour pardonner son manque de soin.

    « Navrée de vous décevoir Zane… Mais si seulement vous m’avez prévenu de votre visite, j’aurais eu le temps de faire un peu de rangement. »

    Il se contenta de hocher la tête, le coin de ses lèvres relevé en un sourire amusé - tout son être semblait dire « Mais bien sûr » ; cependant, nul moquerie ne franchit ses lèvres. Il préféra se concentrer sur l'espace à faire, et il finit enfin de ranger la table pour y poser ce dont il avait besoin pour leur petit affaire. Il joua avec ses éprouvettes, tout en évitant le regard d'Alice, et lui expliqua tacitement les règles du jeu.

    De façon très conventionnelle. Il n'aurait pas agi différemment si il avait été face à une assemblée de scientifiques. Il songea à nouveau à sa main, à la puissance qui avait déferlée du bijou - il était certain que ce n'était qu'une infime partie de ce que recelait l'objet. Que la charge d'énergie qu'il possédait pouvait être emmagasinée, à la façon de la chaleur sur des panneaux solaires. Cette énergie, ils pouvaient l'utiliser à bon escient. Restait à savoir où il allait l'emmagasiner. La réponse était simple - sa main avait déjà subit des dégâts, pourquoi ne pas tenter d'y renfermer la puissance ? Il secoua la tête pour lui, et leva enfin ses yeux noisettes vers Alice, quémandant une réaction qui ne se fit pas prier.

    « Êtes-vous sûr que… Avez-vous réussi à déchiffrer les inscriptions du journal Atalante ? »

    Tiens, elle se souvenait de cela. Il avait tenté vainement de voir si les écritures avaient des points communs avec les autres ; il avait tout testé, de l'écriture grecque à celle égyptienne, en passant par toutes celles qu'il connaissait. Hélas elle semblait authentique et unique en son genre. Néanmoins, il fallait avouer que le sens des choses semblait lui venir. Peut-être était-ce son imagination qui lui jouait des tours, aussi se contenta t-il de secouer la tête négativement. Sa main valide faisait tourner une éprouvette avec dextérité, l'autre était à plat, lamentable, noire, sur la table. Inanimée, on aurait dit qu'elle n'appartenait plus à Zane. La tâche noire le rongeait petit à petit, et il espérait voir dans cette expérience un moyen d'arrêter ce qui semblait le mener à une mort certaine. Si il arrivait à contrôler la puissance que le bijou contenait, arriverait-il à effacer sa blessure ? Quel effet cela aurait-il sur ses pouvoirs ? Autant de questions sans réponse ; le savoir le titillait comme un insecte agaçant, et en sentant la main d'Alice sur son bras valide, il croisa son regard - ses pupilles étaient dilatées, et il avait de nouveau cet air un peu fou, avec un sourire peu rassurant ; malgré tout, les rides creusées sur son visage fatigué lui donnait un air inoffensif.

    « Je vous fais confiance Zane. Je garderais ça pour moi, je vous le promets. Mais rendez vous compte que ce qui peut être un jeu pour nous ne l’est pas forcément pour les habitants de cet immeuble. »

    Il ne répondit pas - non pas qu'il n'ait rien à faire des vies qui pouvaient être sacrifiées en un clin d'oeil par cette expérience totalement puérile et dont les conséquences lui échappait ; il n'avait juste rien à répondre. Il baissa les yeux vers le tube de verre clos par un bouchon de liège. Le liquide, ayant suivi les mouvement, moussait légèrement à la surface. Si le silence avait été total, on aurait pu entendre une sorte de chuintement.

    « Qu’est ce qu’il y a à l’intérieur ? En quoi consiste l’expérience ? »

    Zane sourit, de façon plus taquine, comme un petit garçon fier de répondre à la question de sa maîtresse - un petit garçon qui connaîtrait sa leçon sur le bout des doigts.

    « Ceci est un produit qui est censé ronger les matériaux faits avec du métal. Il rongerait le cuivre, le fer avec une rapidité époustouflante ; néanmoins vous pouvez remarquer que le verre et le liège ne subissent aucun dégâts. Sur ce ... »

    Non pas qu'il souhaitait aire de cachotteries, mais si il avait donné le ton à Alice sur le danger qu'il courrait, lui, en tentant ce qu'il allait faire, elle l'aurait empêché. Aussi, au lieu de lui mentir, il repoussa la question par un simple sourire, et s'avança vers le bijou qu'il avait posé sur la table. S'asseyant lourdement sur une chaise, il sortit une pince, un mouchoir, et disposa tout ce qu'il fallait pour son expérience - en le voyant sortir ces choses de sa poche, l'air de rien, on aurait pu l'imaginer en un magicien faisant sortir de son chapeau un lapin. Il regarda Alice, puis son sourire s'effaça.

    « Encore une chose. Si je vous dis de sortir, vous sortez. Ne jouez pas à faire la forte tête, surtout en cet instant. S'il vous plaît. Promettez moi de m'obéir durant le laps de temps où cette expérience durera. »

    Son ton, habituellement si taquin, si charmant et plein d'amusement, s'était fait grave - plus encore que quand il lui avait fait promettre de ne pas parler de tout cela. Il ne voulait pas que quelque chose arrive à Alice. La mettre dans la confidence, c'était un jeu, mais sa vie ne l'était pas. Il se promit intérieurement que si quelqu'un devait être blessé, se serait lui. Puis, dévissant le bouchon rapidement, avant qu'elle ait pu objecter quoique ce soit, il versa une goutte du produit bleu sur le bijou Atalante - la goutte produisit un sifflement, avant de se poser que le collier. Rien ne se passa, tout d'abord - Zane comprit que le bijou était fait d'un matériau inconnu, et que ce n'était pas du métal. Ou bien c'était un métal si résistant que ... Il n'eut pas le temps de continuer à penser. Une sorte de gigantesque flash rayonna, aveuglant tout dans la pièce. Le flash était formé de vagues de puissances, qui résonnaient dans son ventre comme l'avait fait celui qui l'avait blessé. Craignant qu'Alice ne soit blessé, il posa sa main noircie sur le bijou. Durant un quart de seconde, la pièce redevint normale. Il ne ressentait plus de douleur. Puis, comme par instinct, il se mit à crier :

    « Baissez-vous ! »

    Espérant qu'elle l'aurait fait, il baissa les yeux. Aucun danger ne venait d'en haut, mais il avait voulu le protéger. Une odeur de brûlé empli la pièce, tandis qu'il eut l'impression que sa main se désagrégeait. Un nouveau flash les aveugla de nouveau. Il serra les dents en sentant une sorte de venin brûlant remonter de sa main. Le choc le surprit et le laissa pantois. Quand il rouvrit les yeux, une fumée opaque avait empli la pièce ; elle se dissipa rapidement - il baissa les yeux vers sa main. Nulle trace de ce qui avait été brûlé autrefois. Intact, lisse, on aurait dit la main d'un autre - si ce n'était ces signes, toujours apparent sur sa peau, traces pâles. Il se redressa en chancelant, puis, essayant de garder toute la dignité historique du moment, il s'écria, en riant à moitié :

    « Euréka ! »
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Alice Drake
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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Sam 15 Jan - 22:28

    Zane avait toujours le don de la surprendre – mais il était assez imprévisible pour qu'elle ne sache si c'était en mal ou en bien. Il avait l'air de prendre tout ceci à la rigolade, comme si cette histoire était aux portes d'un roman. Curieuse, Alice ne loupait rien aux agissements du mutant. Cela l'intriguait comme cela l'inquiétait.

    « Ceci est un produit qui est censé ronger les matériaux faits avec du métal. Il rongerait le cuivre, le fer avec une rapidité époustouflante ; néanmoins vous pouvez remarquer que le verre et le liège ne subissent aucun dégâts. Sur ce ... » – ronger ?! Alice ouvrit de grands yeux ronds, se contentant de ramener ça à une sorte d'acide qui ferait fondre l'immeuble.

    Zane se mit alors à sortir des objets de sa poche et Alice le regarda faire d'un air circonspect. Elle sentait l'appréhension lui glacer le sang et pourtant il y avait aussi cette excitation d'en découvrir un peu plus sur ce mystérieux objet. L'air grave qui s'éprit du faciès du mutant l'extirpa de ses pensées.

    « Encore une chose. Si je vous dis de sortir, vous sortez. Ne jouez pas à faire la forte tête, surtout en cet instant. S'il vous plaît. Promettez moi de m'obéir durant le laps de temps où cette expérience durera. »

    Cette remarque finit d'inquiéter la jeune femme. Alice fronça les sourcils en guise de réponse, la frustration de ne pas savoir ce qui allait se passer s'éprenant d'elle. Elle n'eut pas le temps de répondre quoi que ce soit que Zane avait déjà débouché le flacon pour laisser couler quelques gouttes « d'acide » sur le bijou. Alice sentit ses membres se crisper d'appréhension, ses yeux braqués sur le bijou en signe d'attente. Rien.

    A peine elle se détendit qu'une lumière aveuglante remplit son salon, la stupéfiant de plus belle. Les choses se déroulèrent à une vitesse fulgurante. La mâchoire d'Alice eut le temps de se décrocher avant que Zane l'interpelle, chassant la lumière durant un court instant.

    « Baissez-vous ! »

     « Oh mon dieu ! » Eut-t-elle le temps de lâcher avant de s'accroupir, amenant ses avant bras devant son visage de peur d'être touchée par une mystérieuse radiation.

    Sur le moment, Alice pensa brièvement qu'ils allaient brûler tous les deux pour cette avide curiosité. Elle interpella Zane à plusieurs reprises, sentant cette odeur de brûlé lui agresser les narines. Il allait vraiment y passer.
    Après quelques secondes, elle osa dégager ses bras et regarder le mutant. La lumière s'était dissipée et seule la fumée occupait son salon. Interdite, ses yeux se posèrent sur la main de Zane puis sur ses yeux et son expression d'illuminé.

    « Euréka ! »

    Alice sentait son cœur battre la chamade et elle aurait voulu se l'arracher tellement elle avait eu peur. Le soulagement se mêlait à sa crainte succincte et elle serra les poings, se redressant brusquement pour s'adresser à Zane.

     « Vous êtes dingue Zane, laissez-moi vous le dire. » Glissa-t-elle comme pour vider son angoisse. « Mais bon sang, qu'est ce qu'il s'est passé ? Votre main... Elle est intacte. »

    Pour accompagner le geste à la parole, la jeune femme saisit la main de son interlocuteur pour la regarder.

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ex_Zane Panabaker


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MessageSujet: Re: Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]   Dim 16 Jan - 12:19

    Tout s'était passé très vite. Il était un scientifique acharné, fou sur les bords, et qui fonctionnait à l'instinct autant qu'avec la raison. Tout ceci n'aurait pas eu lieu d'être, habituellement ; mais ce qui était, était. Son esprit se mit à vaciller tandis qu'il regardait sa main intacte, l'expression d'un chat ravi sur son visage ; son cerveau fonctionnait à mille à l'heure, tournant dans son crâne pour comprendre ce qui s'était passé. Cette vague de puissance ! Il en avait encore un frisson dans tout le corps ! Et cette main, de nouveau intacte ! Il délaissa le bijou pour faire jouer un instant ses doigts neufs - rêvait-il, ou sa peau semblait plus lisse, comme si son bras était celui d'un jeune homme ? Peut-être n'était-ce que le contraste avec son ancienne main, noircie.

    Il n'entendit pas ce qu'Alice prononça, trop excité encore par l'émulsion de chaleur et de lumière que le bijou avait formée - Alice avait du voir la lumière aveuglante, et il fut satisfait de remarquer qu'elle s'était baissée. Mais elle n'avait pas pu sentir la chaleur, cette sensation étrange qui s'était propagé en lui quand il avait touché le bijou au summum de son pouvoir.

    Le contact de la main d'Alice sur la sienne le tira de ses rêveries et il posa son regard sur elle ; pupilles dilatées, il avait l'air d'un drogué en manque, mais il y avait aussi une lueur d'étonnement, de ravissement purement enfantin dans tout son être. Il ne retira pas sa main - aucune douleur dans ce simple contact. Il se sentait mieux que jamais, à vrai dire ! Et sentir la proximité de la jeune femme n'était pas désagréable non plus, songea t-il avec une esquisse de sourire narquois.

    « De toute évidence, la puissance que le bijou avait expulsé s'était engagé dans ma main, comme dans un réceptacle, brûlant mon corps - enfin je suppose qu'il l'aurait brûlé de l'intérieur, un corps humain normal ne pouvant supporte une si grande puissance. Ce bijou a du la reprendre au moment où j'ai touché l'origine de la lumière. J'avais donc raison sur une de mes théories : cet objet est extrêmement puissant. Je suppose que les Atalantes étaient des mutants de niveau oméga, voire plus ! Ils sont sûrement les premiers pères de la mutation génétique ... Imaginez un peu : un simple bijou, une pacotille, remplie d'une puissance pareille ? Que devait donc être leur pouvoir au maximum, si leurs objets quotidiens sont façonnés ainsi ? Mais je me demande pourquoi l'objet a réagi aussi énergiquement à l'acide. Il a presque rejeté le liquide. Comme si il avait voulu enrayer une quelconque attaque ... Je me demande si quoi que ce soit de notre époque puisse ne serait-ce qu'égratigner ce bijou ... »

    Il s'était mi à penser à voix haute, de sa voix grave, de celles qui captivent les auditeurs et les publics. Son visage s'était un peu refermé et ses yeux plissés observaient Alice sans la voir. Il réalisa finalement où il était et secoua la tête comme un chien mouillé ; il lança un regard rassasié sur sa main et eut un sourire carnassier.

    « Je pense m'atteler à présent sur la signification de ces signes gravés sur ma peau, et à la détection du lieu de l'Atlantide.»

    Les recherches allaient aller bon train ! Il espérait juste que les fuites - car forcément il y en aurait - ne seraient pas trop nombreuses. Il couva un instant Alice du regard, admiratif devant les nerfs d'acier de la policière. Il baissa la tête et une de ses boucles noisette effleura le front de la jeune femme, tandis que son regard, quasi hypnotique à la façon des serpents la toisait, imperturbable. Son parfum capiteux s'exhuma, comme réveillé par les pulsations vibrantes de son coeur.

    « Serez-vous de la partie ? Dans ce jeu, il y a beaucoup à gagner, mais beaucoup à perdre aussi. Personnellement, je détestes rester sur une défaite. Je vous laisse le temps d'y réfléchir. Mais j'avoue que votre présence serait ... très encourageante. »

    Il avait susurré ce mot en sifflant - c'était impossible, vu qu'il n'y avait aucun "s" à siffler, mais c'était ainsi, il avait littéralement prononcé ce mot à la façon d'un serpent. Tout en remettant son couvre-chef et sa veste, il rangea son matériel et fit jouer encore sa nouvelle main, à la façon d'un enfant ravi devant un nouveau jouet. Il sentait encore une trace de cette puissance - ses doigts étaient plus forts, plus agiles. Il finit par se redresser - et mis à part sa présence et le rangement rapide de la table, il suffisait qu'il disparaisse pour ne laisser aucune trace, comme un rêve qu'on aurait imaginé. Il s'inclina un instant, avec un sourire bienveillant - bien qu'une lueur joueuse brilla dans ses yeux moqueurs. Le temps d'un clin d'oeil ...

    Et il avait disparu, laissant Alice seule dans son appartement. Seule réalité tangible de sa présence - une carte d'un jeu de carte, un tarot, l'Etoile ; montrant une jeune femme nue près d'une rivière ; symbolisant l'espoir et la protection. Car de toute évidence, il s'était donné le titre de protecteur. Et malgré toutes les protestations qu'Alice pourrait émettre, il garderait ce rôle.
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Un lapin sorti du chapeau [ Alice ]

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