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 Toujours forcer le destin [PV William][fini]

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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mer 8 Sep - 16:17

Les propos qu’il avait tenus étaient un peu décousus. Que de possibilités... d'alternatives dont il ne savait évaluer les probabilités. Et si... et si... Toujours ce besoin de tout analyser. Il ne savait plus quoi penser, et s'était réfugié dans un exposé aussi exhaustif qu'il le pouvait des suites possibles à cette situation. Tout cela pour ne pas arriver à grand chose, si ce n'est se montrer sans doute encore une fois sous un jour peu flatteur. Mais il était quand même satisfait d'une chose. Il pensait cette fois ci avoir été compréhensible. Il avait essayé de laisser de côté ses tournures de phrases alambiquées et ses hésitations pour que son unique message puisse passer : Quoi qu’il arrive maintenant, il ne pourrait pas l’oublier. Le résultat avait été loin d'être parfait, mais il pensait que le but était atteint. Maintenant... elle seule pouvait lui apporter les réponses qu'il attendait. Il avait tellement l'impression d'avoir passé la journée à se méprendre sur les intentions d'Emma qu'il n'osait plus espérer quoi que ce soit.

Il la regardait, attendant sa réaction. Il profitait de ce qui risquait d'être la dernière fois qu'il pourrait le faire pour admirer son visage qui, malgré la froideur dont elle faisait preuve depuis quelques instants, continuait à attiser au fond de lui un feu qui ne voulait pas s'éteindre. Perdus au milieu de cette aire superbe et glacée, deux ilots bleus continuaient de receler tant de mystères... Il n'aurait sans doute jamais la chance de pouvoir les explorer.

Comme si elle avait perçu l'attention dont elle faisait l'objet, elle ferma les yeux dans un mouvement de tête qui laissait supposer à William que tout était bien fini. Le rêve n’aurait donc duré qu’un instant... Un beau rêve... qui au moins n'aurait pas l'occasion de tourner au cauchemar.

« Je ne peux pas le faire. Je pourrais, mais je ne veux pas parce que je suis incapable de pouvoir me faire la même chose. »

William mit quelques secondes à assimiler la réponse d'Emma. Que pouvait-elle faire qu'elle ne voulait pas ? Puis il réalisa que le seul point de ce qu'il avait dit qui pouvait correspondre à cette réponse était sa dernière phrase, où il lui disait que la seule chose qui pourrait faire en sorte qu'il arrive à l'oublier serait qu'elle même lui altère la mémoire. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Se pourrait-il qu’elle aussi puisse avoir du mal à l'oublier ? Cette révélation était tout à fait surprenante... et fort perturbante étant donnés toutes les remarques de la jeune femme pour le pousser à aller chercher assistance ailleurs. De crainte de se fourvoyer encore une fois, il préféra ne pas accorder trop d'importance à cette réponse, et attendit la suite qui semblait se profiler. Mais c'était plus fort que lui... une lueur d'espoir s'alluma dans son regard, qui croisa celui qu'Emma posa sur lui à cet instant.

« Je ne crains pas que tes sentiments soient biaisés, c'est les miens que je crains, William. Je ne suis pas le genre de personne fiable dans ce domaine. Je... J'ai su créer ce que tu penses ressentir chez un tas de personne, sans pouvoir, mais ça n'a toujours été qu'un jeu. Un simple jeu auquel je joue depuis des centaines d'années. Oh il y a eu des exceptions, que l'on pourrai compter juste les doigts d'une main, mais ça se finit toujours de la même manière. Ils vieillissent, ils meurent, je ne change pas. Et encore, ça ne va que plus rarement jusque là, la plus part du temps je ne fais que me réveiller, un matin, et je me souviens de ce que je suis, de ce que j'ai toujours fait. Et là, c'est moi qui fuit. »

Il n’osait y croire. Il serait possible qu’elle ressente également quelque chose pour lui ? Voilà qui changeait énormément les choses ! Il avait bien entendu ce que disait Emma. Qu’elle avouait avoir beaucoup… joué. Mais comment pourrait-il prétendre comprendre comment quelqu’un qui avait vécu plusieurs centaines d’années pouvait aborder ce genre de relation. Certainement pas en tout cas de la même façon que le commun des mortels. Il ne se préoccupa donc pas de ce point. Il ne retenait que le fait qu’il y avait eu quelques exceptions qui avaient réellement compté. Et cela, c’était nettement plus… intéressant.

La suite l’inquiétait un peu plus. Quoi qu’il se passe… ils ne vieilliraient jamais ensemble. C’était un fait. Soit il rejetait cette idée, et cela mettait immédiatement un terme à cette histoire… soit il l’acceptait de son côté, rejetant le problème vers Emma. Il aurait été si simple de choisir la deuxième solution, de la laisser gérer seule cet aspect du problème. Mais visiblement cela ne la laissait pas indifférente, et il ne pouvait purement et simplement pas décider d’ignorer un point qui pouvait la blesser.

Quand aux dernières phrases, elles cachaient bien plus de choses qu’elles n’en révélaient. Qu’était-elle, qu’avait-elle toujours fait pour que cela la hante de cette façon ? Mais à ces questions il n’avait aucun début de réponse. Il avait bien cru comprendre, à travers plusieurs phrases d’Emma, qu’elle se reprochait tout un tas de choses dont il n’avait pas la moindre idée. Et il était bien placé pour savoir que le passé pouvait vous poursuivre inlassablement. Et s’il avait compris cela, lui qui n’avait que trente misérables années d’existence, alors elle…

« Ce n'est pas à toi de t'excuser de la manière dont tu peux t'y prendre. C'est moi qui ne sait pas réagir parce que je suis incapable de savoir ce que je veux. Enfin, si, je sais ce que je veux. Mais je sais aussi ce que je ne veux pas et, dans cette catégorie, il y a tout ce que je pourrais te faire subir si je faisait ce que je voulais »

S’il comprenait bien ce qu’elle voulait dire, ce qui restait à vérifier étant données les piètres aptitudes qu’il avait montré jusque là à ce jeu, elle craignait d’aller plus loin de peur de lui faire du mal. Les paroles d’Emma le touchèrent profondément. Elles résumaient tellement ce qui lui ressentait ! Sur ce point là au moins, ils étaient donc si proches ? Oh il savait bien qu’au-delà des mots, les choses devaient différer. Il n’avait aucune idée de ce qu’elle entendait par « faire subir », mais là n’était pas ce qui importait. Le principe restait le même.

A ce moment là il commença à entrevoir à quel point ce raisonnement était absurde et ne pouvait conduire nulle part. Il savait qu’il était prêt à tout pour rester auprès d’elle. Peut importaient les risques que cela lui ferait courir, il n’en avait cure, et rien de ce que pourrait dire Emma ne pourrait le faire changer d’avis. La seule chose qui comptait était le mal qu’il pouvait lui faire. Mais si elle tenait exactement le même raisonnement vis-à-vis de lui, la situation devenait inextricable.

William eut un instant d’hésitation. Il n’avait jamais été dans une situation pareille. Il sentait qu’il ne pouvait plus se contenter de réagir. Le problème tel qu’il le posait jusqu’à présent n’avait qu’une seule solution, et elle ne lui convenait pas. Donc il devait changer la donne. Il réfléchissait aussi vite qu’il le pouvait. En fait, en y regardant sous le bon angle, leur situation n’était absolument pas symétrique. Certes il ne la connaissait pas, et était donc incapable de déterminer ce qu’elle craignait de lui faire subir. Cela il ne pouvait donc rien y changer. Par contre, à l’inverse, elle l’avait assuré qu’elle était capable de se protéger de son pouvoir. Cela éliminait déjà une bonne partie des problèmes qu’il pouvait lui poser, ne laissant que les aspects purement … humains. Et là il devait bien avouer qu’il ne s’était jamais posé la question sous cet angle. La seule chose dont il était certain à ce sujet, était que pour lui ce n’était pas un jeu, pour reprendre là aussi les propres termes d’Emma. Il n’avait aucune expérience dans ce domaine, sa seule relation passée s’étant interrompue à peine débutée. Pourtant il était persuadé que ce qu’il ressentait venait du plus profond de lui.

La situation, sous ce nouvel éclairage, était toute différente. En se persuadant que de son côté il ne faisait pas courir de risques à Emma, William se donnait la liberté de s’accrocher à son espoir un peu fou. Il ne lui restait qu’à convaincre Emma. Et là, il n’avait pas la moindre idée de la façon de procéder. Il se savait parfaitement maladroit dans ses manières. Mais il n’avait pas le choix…

Il regarda Emma, et lui sourit. Un sourire tout simple… William pouvait se montrer calculateur dans certains cas, mais user de charme n’était vraiment pas le genre de chose qui pouvait lui venir à l’esprit. Depuis quelques minutes il se sentait relativement calme. Peut-être était-ce dû au fait que cela faisait longtemps que son cœur et son cerveau n’avaient pas réussi à être autant en phase. Il ne savait pas combien de temps cela allait durer !

« A moins que je ne me trompe lourdement… il me semble que nous voulons la même chose. J’ai bien conscience… de l’aspect un peu précipité… de cette situation. J’en suis le premier surpris. Il n’en reste pas moins que… je n’ai jamais ressenti ce que je ressens aujourd’hui. »

Et c’était vrai. L’admettre le perturbait profondément. Il avait l’impression de trahir celle qui lui avait montré le chemin, qu’il avait suivie, et qui avait payé le prix fort. Mais il n’y pouvait rien. Ce qu’il éprouvait pour Emma était différent… plus… intense. Dans l’immédiat il devait mettre cela de côté et se concentrer sur ce qu’il avait à dire… minimiser certains obstacles… montrer que les autres étaient surmontables. Il n’en revenait toujours pas ! Lui qui avait passé ces dernières années à mettre des obstacles un peu partout autour de lui !

« J’ai certainement énormément de choses à apprendre à ton sujet… bien plus que tu n’en as à apprendre sur moi. Comme moi, tu sembles hantée par le passé. Mais j’ai appris une chose grâce à toi. Dans certains cas, on peut peut-être éviter… qu’il se reproduise. »

Il ne savait pas ce qu’Emma avait bien pu faire pendant ses siècles d’existence. Elle semblait si sombre quand elle abordait ce sujet. William doutait toutefois que ce puisse être aussi terrible qu’elle cherchait à le laisser entendre. Et puis le fait qu’elle paraissait marquée par les mauvais côtés de son passé laissait penser qu’au fond elle était quelqu’un de bien. C’était même rassurant dans le fond.

Restait un problème qu’avec la meilleure volonté du monde il ne pouvait résoudre. Elle paraissait déjà plus jeune que lui, et cela n’allait pas s’arranger. Quoi qu’il arrive, leur relation était vouée à ne pas durer longtemps. Il serait ridicule de penser le contraire. Il partirait, ou elle le ferait. Il devait bien avouer que cet aspect là du problème l’avait un peu déboussolé. Il s’était même demandé si ce n’était pas rédhibitoire. Mais il réalisait maintenant à quel point il avait raisonné égoïstement en se posant cette question. Avait-il pensé que les personnes capables de vivre aussi longtemps courraient les rues ? C’était plus qu’improbable. Alors, à travers son petit raisonnement mesquin, il la condamnait implicitement à rester seule ! C’était absurde ! Elle n’y pouvait pas plus que lui changer quoi que ce soit à cette situation. Du peu qu’elle avait dit, lors de ses relations précédentes elle semblait en avoir souffert. Cela non plus il ne pouvait rien y faire. Seulement s’efforcer de lui apporter plus que ce qu’elle y perdrait. Donc… et bien il ferait avec. Il avait le choix d’accepter de se voir vieillir en sachant que chaque année l’éloignerait d’elle plus rapidement que la normale. Dire qu’il était certain de tenir la route serait bien présomptueux… mais au moins il avait écarté pour l’instant cet obstacle de son propre chemin. Restait… que seule Emma pouvait faire de même sur le sien.

« Je ne suis pas capable… de faire de belles promesses. D’enrober mes sentiments dans de beaux discours enjôleurs. Je t’avoue que je ne suis plus sûr que d’une seule chose… j’ai envie de rester auprès de toi… le plus longtemps qu’il sera possible. »

Son cœur battait à nouveau à tout rompre. Il fallait qu’il termine rapidement ce qu’il avait à dire, sous peine de ne plus y arriver. Il ne pouvait s’empêcher de penser que bien des hommes auraient tués pour se retrouver assis ici, avec elle. Lui qui aurait au final été bien incapable de dire comment il s’était retrouvé à cette place, était prêt à tout donner pour qu’elle lui accorde le bonheur d’y rester. Il se pencha vers elle, rapprochant ses mains de celles d’Emma, sans aller jusqu’au contact. C’était elle qui, plus tôt, avait semblé lui refuser cette possibilité. Il ne souhaitait pas s’imposer. Plongeant son regard dans celui d’Emma, il essaya de montrer toute la sincérité qui l’animait. Pourquoi fallait-il qu'il ait autant de mal à s'exprimer !

« Il y a peu… tu m’as convaincu de passer outre les risques que je pense te faire courir… pour te laisser m’aider. C’est allé… un peu plus loin. Peux-tu mettre toi aussi de côté… ce que tu crains… pour me laisser… t’aimer ? »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mar 14 Sep - 12:51

    Elle ne pouvait altérer la mémoire de William, par pour une raison de technique ou de pratique dans son pouvoir. Elle en avait la capacité, elle l’avait depuis bien longtemps maintenant. Son incapacité était donc parfaitement égoïste. Emma refusait s’effacer de la mémoire de William, une réponse qui eu le don de raviver un certain espoir chez cet homme qu’elle regardait. Son visage, son expression, semblait se battre dans un duel qui opposait une partie de lui qui voulait feindre de ne pas comprendre, alors qu’une autre partie ne pouvait que comprendre ce qu’Emma avait bien voulu dire. Mais elle avait décidé d’aller plus loin, d’expliquer ce qu’elle pouvait être à demi mot, ce qu’elle pouvait impliquée. Elle n’était pas fiable, elle aurait voulu affirmer le contraire, pense que cette fois était différente, que les choses changeaient mais… Mais cela impliquerait un mensonge. A chaque fois elle avait envie d’y croire, dès qu’elle croyait ressentir quelque chose elle était persuadée qu’elle arrêterait ses jeux. Et, à chaque fois, elle se lassait très vite, trouvait plus intéressant une autre personne, passait à autre chose aussi vite qu’elle avait pu s’attacher à la première. Elle était ainsi, qu’elle le veuille ou non. Et les rares fois ou s’était effectivement différent, alors les conséquences avaient toujours quelques choses de désastreuses. Emma se devait de lui dire, au moins avec ses mots à elle. Quoiqu’il arrive, elle l’aurait prévenu. Peut être pas de la meilleure manière qu’il soit, peut être pas clairement mais, elle aurait essayé de le prévenir.

    Et même en lui exposant ce point, William ne trouva pas le moyen d’afficher un air déçu. La seule chose sur laquelle il semblait tiqué un peu, était l’âge qu’elle prenait sans jamais réellement vieillir. Mais pour le fait qu’elle n’ai vu les relations que comme un jeu ? Rien de bien spécifique à remarquer sur le visage de William, à croire qu’il pouvait bien comprendre, qu’il ne jugeait pas. Nul doute, il était différent. Elle avait déjà été prête à le parier bien avant, mais là elle ne pouvait plus avoir le moindre doute. Il raisonnait, peut être trop en certain point mais, cette faculté semblait l’empêcher de s’arrêter à un détail. Il allait plus loin, creusait, cherchait à comprendre pour, finalement, ne pas juger comme l’aurait fait la première personne venue. William ne pouvait imaginer à quel point, à ce moment précis et derrière le visage qu’Emma affichait, elle avait envie de le remercier. Tout simplement. Le remercier pour ne pas émettre le moindre jugement sur une façon de faire qu’elle avait pu adopter sur un nombre d’année qui défiait les lois de la nature sur un corps humain.

    Finalement, Emma gardait quelques points communs avec n’importe quelle femme. Elle était compliquée. Atrocement compliquée. Bien sur qu’elle avait envie de rester aux côtés de William, mais c’est à cause de cette envie qu’elle estimait ne pas devoir le faire. Elle ne se connaissait que trop bien, elle savait sa façon de faire, de réagir. Pour une raison qu’elle ne comprenait pas, elle n’avait pas envie de le faire souffrir. Et si elle ne voulait pas de cela, elle savait qu’il était dangereux d’accepter sa première envie qui était de rester à ses côtés. Une pensée complexe qu’elle avait tournée à sa manière pour lui expliquer. Ce n’est qu’à ces mots qu’elle sentie un moment de flottement, d’hésitation, chez William. Le cœur d’Emma loupa un battement, pendant lequel elle se demanda si cette hésitation marquait la fin. Si elle avait réussi à définitivement lui faire lâcher prise en comprenant qu’elle n’était pas la meilleure des personnes. Une dualité s’enclencha dans son esprit, lui procurant une violente douleur, qui n’était que psychologique. Qu’il comprenne, qu’il s’éloigne serait une bonne chose pour lui… Sûrement pas pour elle, quoique cela simplifierait bien des aspects. Mais, d’un autre côté, elle n’avait aucune envie de le voir s’éloigner. Qu’est ce qu’elle pouvait maudire cette incapacité de tomber d’accord avec elle-même… Il aurait été tellement plus facile d’en vouloir à William pour créer autant de problème dans son propre esprit, et sans pouvoir… Elle en était tout aussi incapable.

    Le regard de William se posa sur Emma, alors qu’elle voyait un sourire traverser ce visage qu’elle avait envie d’admirer encore un bon moment. Ce sourire avait beau être des plus simple, il était aussi des plus agréables, des plus charmants. Elle aurait pu plonger dans ce regard, avec ce sourire en fond, pendant des heures sans même se lasser, y trouvant même quelque chose de captivant. Il n’y avait pas le moindre signe de nervosité sur ce visage, ce qui avait de quoi être étonnant si Emma se basait sur ce qu’elle avait pu voir, ou entendre. Sans même sans rendre compte, elle s’était mise à sourire à son tour, pas pour répondre à celui de William mais juste parce que le sien lui donnait envie de le faire.


    « A moins que je ne me trompe lourdement… il me semble que nous voulons la même chose. J’ai bien conscience… de l’aspect un peu précipité… de cette situation. J’en suis le premier surpris. Il n’en reste pas moins que… je n’ai jamais ressenti ce que je ressens aujourd’hui. »

    Le sourire d’Emma se perdit un peu, mais c’était juste pour se montrer plus sérieuse dans le hochement de tête positive qu’elle lui servie. Oui, il semblait bien qu’ils voulaient la même chose, qu’il en avait tous les deux les mêmes craintes. Enfin, peut être pas les exactement les même, mais peu importait. Ils avaient leurs peurs qui leurs étaient propres. Mais son hochement de tête n’englobait pas la dernière partie de sa phrase. Dire qu’elle n’avait jamais ressentie cela serait un peu précipité. Elle avait 400 ans derrière elle, les relations n’étaient pas comparable, mais dire qu’elle n’avait jamais ressentie cela… Elle était incapable de l’affirmer, ses souvenirs lui faisaient atrocement faux bond. Qu’avait-elle ressentie lors de la première relation amoureuse qu’elle avait eue ? Pouvait-elle seulement être certaine qu’il s’agissait vraiment d’amour ? Après tout, elle n’avait même pas la majorité comme on l’entend à ce jour, quand elle avait aimer la première fois. Elle aurait pu faire un geste pour signifier que pour elle aussi c’était une grande première, mais elle se sentait incapable de mentir sur ce sujet. Elle n’en savait rien et, du coup, préféra s’abstenir de tous gestes en ce qui concernait cette dernière phrase.

    Involontairement une partie d’elle-même fut ravie qu’elle était la seule, la première capable de lui faire ressentir une telle chose. Une partie d’elle-même qui fut d’autant plus fière étant donné que la première relation de William avait trouvé un destin funeste. Cette partie égoïste et narcissique d’Emma avait ce côté fière de pouvoir passer au dessus de souvenirs concernant les ressenti que William avait pu avoir pour une autre femme. Un sentiment qui aurait été beaucoup moins fort si Myriam n’avait pas trouvé la mort parce que, dans le cas présent, Emma se battait avec un souvenir, un regret, une plaie ouverte que William trimballait. Cette partie d’elle, qu’Emma chercha à faire taire, se sentait fière parce que le défi ne pouvait en être que plus grand, plus difficile. Elle se maudissait parfois de pouvoir penser d’une telle manière, après tout il en avait souffert de ce qui était arrivé. Mais elle, quelque part au fond d’elle, elle arrivait à penser qu’elle ne pouvait en avoir que plus de mérite.

    Est-ce qu’elle était en droit de faire subir ce qu’elle pouvait vraiment être à quelqu’un comme William qu’elle avait tendance à placer sur un piédestal, qu’elle imaginait assez mal pouvoir faire du mal à une mouche ? Après tout, elle devait être foncièrement méchante comme personne. Oh elle avait bien ses quelques regrets de temps en temps, mais plus ça allait et plus elle imaginait que ses regrets étaient pour se donner bon genre Plus les années passaient et moins elle pensait pouvoir avoir un bon fond. William, elle s’imaginait que c’était tout le contraire. Le mal qu’il avait pu faire était involontaire, pourtant il s’en voulait énormément. C’était quelqu’un de bien. Difficile d’en douter.

    Alors oui ils voulaient probablement la même chose. Mais pourquoi est ce qu’elle le voulait, elle ? Est-ce que c’était encore cette partie d’elle-même qui voulait se donner un nouveau défi, voir si elle était capable de pervertir quelqu’un qui semblait aussi droit que William ? Est-ce qu’elle en avait envie pour le salut de son âme ou une connerie dans le genre, imaginant que la présence de William l’aiderait à être un peu moins mauvaise ? Est-ce qu’elle avait juste besoin de se prouver quelque chose ? De passer le temps ? Est-ce que c’était réellement différent cette fois ? …


    « J’ai certainement énormément de choses à apprendre à ton sujet… bien plus que tu n’en as à apprendre sur moi. Comme moi, tu sembles hantée par le passé. Mais j’ai appris une chose grâce à toi. Dans certains cas, on peut peut-être éviter… qu’il se reproduise. »

    Éviter que certaines choses ne se reproduisent, oui, c’était possible. Changer ce que l’on est depuis des décennies, c’est une autre histoire. Emma répondit par un sourire, peut être pas aussi convainquant que ce qu’elle aurait voulu pour lui répondre muettement, sur l’instant. Pendant une courte seconde elle plissa légèrement les yeux, en fronçant les sourcils. Elle ne savait pas bien pourquoi mais elle trouvait assez déplaisant que quelqu’un, qu’elle connaissait depuis peu, puisse affirmer qu’elle avait un passé qui la hantait. Elle s’imaginait vulnérable, trop facilement déchiffrable et, qu’elle le veuille ou non, cela lui faisait peur, l’inquiétait. Dans le fond, elle n’avait peut être pas envie qu’on puisse la comprendre si facilement, parce qu’elle n’avait pas envie qu’on puisse lui trouver des excuses pour certaines choses qu’elle aurait pu faire. Son passé la hantait peut être, enfin certain point, mais cela devait rester sa propriété, son fardeau à porter. Personne ne pouvait y intervenir parce qu’elle voulait être la seule à décider de la sentence qu’elle devrait s’appliquer à elle-même pour ses fautes…

    « Je ne suis pas capable… de faire de belles promesses. D’enrober mes sentiments dans de beaux discours enjôleurs. Je t’avoue que je ne suis plus sûr que d’une seule chose… j’ai envie de rester auprès de toi… le plus longtemps qu’il sera possible. »

    Il comprenait et réagissait vite à ce qui pouvait être dit, mettant rapidement le doigt sur un point important : le temps. Parce qu’il paraissait évident, pour Emma, que quand il parlait d’une durée possible, cela impliquait pas réellement le temps que pouvait durer des sentiments –questions que toutes personnes normalement constituées se poseraient- mais sur le temps qui pourrait leur être accordé en vue de sa particularité à elle. Emma ne vieillissait pas. Elle avait beau avoir des centaines d’années de plus que lui, elle semblait déjà plus jeune. D’accord la science, la chirurgie, ou ce que l’on voulait, pouvait donner le change. Les gens, pourvus qu’ils aient les moyens, pouvaient donner l’impression d’être plus jeunes que leur âge. La « jeunesse éternelle » était même un marché en pleine croissance. Mais ça avait ses limites Combien de temps cela pouvait durer ? Même si elle était optimiste, même si elle parlait en terme de dizaines d’années, tout cela lui paraissait bien ridicule par rapport à sa vie déjà passée et à celle qui s’annonçait.

    Il en était conscient, et semblait vouloir accepter ce fait le temps que cela serait possible. L’espace d’un instant, Emma marqua sa surprise face à cette décision. Cela aurait suffit à en arrêter plus d’un, lui voulait bien se contenter de ce qu’il pouvait avoir, même si ça ne durerait pas autant qu’il semblait le vouloir. Pourquoi ? Elle était incapable de répondre à cette question. Changeant de position, William se penche légèrement dans sa direction, ses mains s’avançant sans pour autant aller chercher celle d’Emma, alors qu’il plongea son regard dans le sien. Le temps semblait s’étirer, alors qu’il finissait sur sa dernière question.


    « Il y a peu… tu m’as convaincu de passer outre les risques que je pense te faire courir… pour te laisser m’aider. C’est allé… un peu plus loin. Peux-tu mettre toi aussi de côté… ce que tu crains… pour me laisser… t’aimer ? »

    « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » fut la première réflexion qui vint à l’esprit de la damnée. Oui elle avait dit que c’est ce qu’il fallait faire. Mieux, elle avait réussi à le convaincre. Est-ce qu’elle avait réellement l’envie, le courage d’en faire autant. Elle n’était même pas certaine d’avoir songer à tout ce que cela pouvait engendrer. Bien sur il y avait la peur de l’échec, de trop s’accrocher, et de voir les choses se finir mal. Ajoutons à cela la peur de le faire souffrir, ce qu’elle était persuader de faire, vu que c’est ce qu’elle faisait toujours. Et puis il y avait aussi sa place au sein des damnés, la crédibilité qu’elle était capable de perdre si elle s’entichait d’un homme. Les membres du club verraient cela comme une faiblesse, et elle serait prête à parier que cela donnerait l’envie à certain de la détrôner, de prendre sa place, de la describiliser. Elle se tirait une balle dans le pied toute seule, en acceptant de passer au dessus de ce qu’elle pouvait craindre. Ses yeux se posèrent sur les mains de William, qui s’étaient avancées, en se demandant encore si elle devait ramener les siennes –ce qui vaudrait accepter ce qu’il vient de demander – ou si elle devait s’accorder le temps de la réflexion.

    Mais plus que de passer outre ses craintes, c’était de le laisser l’aimer qui fallait réellement prendre en considération. Est-ce qu’elle avait vraiment le droit de lui autoriser cela en sachant ce qu’elle était. Est-ce qu’elle était en droit de lui imposer cette possibilité quand elle savait le nombre de mort qu’elle avait sur la conscience, le nombre de plan qu’elle avait pu monter juste pour nuire ou pour s’élever dans l’échelle sociale. Est-ce qu’elle pouvait lui autoriser cela en sachant qu’elle était parfaitement capable de se réveiller un matin et de partir sans même un mot, juste par lassitude. Est-ce qu’elle avait vraiment le droit de prendre la décision de le faire souffrir comme elle était capable de le faire ? C’est pourtant ce qui lui demandait, alors qu’elle l’avait avertit, qu’elle l’avait prévenu du risque potentiel que cela engendrerait. L’avait-il seulement prise au sérieux, ou s’imaginait-il qui minimisait ce qu’elle avait pu dire ? Au même titre qu’elle avait tendance à le voir comme le bien personnifier, aveuglé par ce qu’elle pouvait ressentir, est ce que lui ne faisait pas la même chose ?

    Emma glissa ses doigts fins entre ceux de William, acceptant ainsi positivement la dernière question qu’il avait prononcée. Mais elle releva les yeux dans ceux de William, pour y mettre, à son tour, toute la sincérité dont elle pouvait faire preuve.


    « Crois moi quand je te dis que je suis désolée, et que je m’excuse de tout ce que cela peut impliqué »

    C’était étrange d’accepter une relation, une possibilité d’histoire, en commençant par des excuses pour ce qui pouvait se produire plus tard. Mais Emma savait que si elle venait à le faire souffrir, elle serait incapable de présenter ses excuses à ce moment là. Pour l’instant elle était sincère, mais combien de temps est ce que ça allait durer, chez elle qui n’avait jamais su faire autrement que de changer de partenaire du jour au lendemain ? De toute façon elle était peu fiable dans un tas de domaine, même les plus anodins.

    « Je ne sais absolument pas ou cela va mener, mais je crois je veux bien essayer de passer outre certaine chose. Mais William, il reste une chose que tu dois savoir sur moi : Je reste définitivement pas le genre de personne à qui il faut se fier »

    Pas terrible pour aspirer une quelconque confiance, mais c’était tellement vrai. Comme pour prouver ses dires, une douleur sourde lui vrilla quelque peu le crâne, et elle jeta un coup d’œil à une horloge sur un mur. Encore une dizaine de minute… reportant son attention sur William elle se décida à lui donner un exemple ce qu’elle était parfaitement capable de faire, sans attendre le consentement de qui que ce soit.

    « Il va falloir que l’on sorte d’ici, William. Sur toute la ligne, j’ai mentit sur un point : il n’y absolument pas de travaux en ce moment. Et il est encore moins fermé au public aujourd’hui. »

    D’accord c’est ce qu’elle avait dit, c’est même ce dont elle s’était persuadé mentalement, s’imaginant jusqu’à la somme qu’elle avait du déboursé pour louer l’endroit afin de bouger William dans des endroits qu’il s’interdirait. Tout cela était une gymnastique cérébrale importante, toute une persuasion qu’elle devait garder en tête pour maintenir l’illusion… Cella qui impliquait de se croire seule alors qu’un tas de touristes gravitaient autour d’eux. L’horloge indiquait qu’Emma avait encore quelques dizaines de minutes pour maintenir le tout, pourtant la douleur sourde au niveau de sa tête semblait indiquer le contraire. Un trop plein d’émotion, peut être ? Il n’empêche que l’endroit retrouverait rapidement sa vraie nature et, elle n’imaginait pas lâcher William, soudainement, au milieu d’un tas de touristes.

    A la base de tout, il n’était pas au programme que William soit au courant de ce mensonge. Les choses avaient changées entre le moment où elle avait prit cette décision et ce moment bien précis. Elle avait eu juste envie de lui faire partager un endroit qu’elle appréciait. Maintenant, elle avait juste envie de signifier qu’il était apte à sortir, que les seules barrières qu’il se créait étaient problématiques que pour lui. Si il n’avait pas lieu de s’imaginer une catastrophe toutes les deux secondes, les choses se passaient plutôt bien. En aucun cas il avait été dit qu’Emma avait des méthodes simples. Une fois de plus une douleur sourde se fit entendre, un court instant pendant lequel elle ferma fort les yeux avant de reporter son attention sur William, avec un large sourire sur le coin des lèvres.


    « Et quand je dis qu’il va falloir que l’on sorte, ça veux dire maintenant ! »

    Toujours ce large sourire sur les lèvres, sûrement du au danger que cela pouvait représenter, elle serra un peu plus une des mains de William et se releva pour l’entraîner dans une course folle ou ils dévalèrent les marches de la statut de la liberté et ou elle continua de courir du haut de ses talons pour entraîner William sur le parking. Ce n’est qu’en s’arrêtant que tout retrouva, d’un coup, sa réalité. La masse de touristes au pied de la statut de la liberté, les flashs crépitant des appareils photos, le tas de voitures près de celle d’Emma. Et cette dernière qui ne perdit pas son sourire.

    « Et bin… Il s’en est fallu de peu ! »

    Un fait qui l’amusait, mais qui ne serait peut être pas au goût de William, sur qui elle reporta son attention.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Dim 19 Sep - 21:26

Emma ne l’avait pas interrompu, n’avait rien dit. Durant tout le temps durant lequel il avait parlé, essayant d’exprimer ses pensées, elle s’était contentée de l’écouter. Seules quelques expressions changeantes trahissaient l’attention qu’elle portait aux paroles de William. Mais surtout, un hochement de tête qui semblait confirmer qu’elle désirait au final la même chose que lui. Il n’arrivait toujours pas à y croire. Il avait l’impression de vivre un rêve et craignait de se réveiller pour s’apercevoir que tout ceci n’était que chimère. Rien de tout cela n’aurait dû arriver et pourtant ils étaient là, assis face à face, semblant chercher l’un et l’autre comment gérer une situation que visiblement aucun n’avait prévue.

Cent fois il aurait dû fuir… cent fois il ne l’avait pas fait. Il s’était trouvé toutes sortes de raisons, mais à présent il savait qu’elles étaient essentiellement des excuses. Il avait passé six ans à s’isoler pour ne plus risquer de provoquer une catastrophe, et une petite semaine avec suffit à tout chambouler. Une semaine… et une femme étonnante ! C’était ahurissant. Il remettait en cause avec Emma tout ce sur quoi il avait reconstruit sa vie, il n’avait strictement aucune idée de ce vers quoi il allait… et il était heureux ! Complètement absurde !

Emma mêla ses doigts aux siens et le regarda. Un simple geste… tellement éloquent ! William ne réalisa qu’après coup qu’aucune crispation instinctive n’était venue entacher ce moment. Quelques jours seulement auparavant, une telle chose était inenvisageable. Mais là, à ce moment précis, avec elle, la crainte de voir son pouvoir s’activer s’était estompée. Il n’y avait personne d’autre qu’eux, et elle était capable de se protéger. Le seul risque était qu’il se fige quelques secondes... la question ne se posait même pas !

« Crois moi quand je te dis que je suis désolée, et que je m’excuse de tout ce que cela peut impliqué »

Autant il avait espéré une réponse positive qu’elle lui avait donnée sans rien dire, autant les premiers mots d’Emma le surprirent… et le touchèrent. Ses relations précédentes n’avaient vraiment pas dues être simples ! Il en était d’autant plus surpris qu’elle accepte de tenter l’aventure avec lui. Il ne savait quoi répondre. Sourire aurait pu laisser penser qu’il n’accordait pas d’importance à ce qu’elle venait de dire. Il se contenta donc de raffermir ses mains autour de celles d’Emma, dans un geste qu’il voulu rassurant. Les risques qu’il pouvait imaginer, il les acceptait. S’il y en avait qu’il ignorait… et bien tant pis. Aux moins ceux-là ne l’effrayaient pas ! Cela ne fit au bout du compte que renforcer le désir qu’il avait d’apprendre à mieux la connaître.

« Je ne sais absolument pas ou cela va mener, mais je crois je veux bien essayer de passer outre certaine chose. Mais William, il reste une chose que tu dois savoir sur moi : Je reste définitivement pas le genre de personne à qui il faut se fier »

Et bien ils étaient donc deux à ignorer vers quoi ils se dirigeaient ! Comme quoi avoir vécu plus longtemps de semblait pas être d’une grande aide sur ce sujet là. D’une certaine façon, c’était rassurant. La fin de la phrase le laissait un poil plus perplexe. Ce n’était pas le fait qu’elle dise « essayer »… il aurait sans doute été inquiet si elle s’était montrée certaine d’y arriver, de la même façon que lui-même n’était pas persuadé d’arriver à toujours surmonter ses propres craintes. C’était plus le fait qu’elle semblait n’accepter de le faire que pour « certaines choses ». Elle était décidément bien complexe… ou alors il se posait trop de questions… ou peut-être était-ce les deux ! Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pour le moment rien y faire.

Par contre, qu’elle lui assure que l’on ne pouvait pas se fier à elle posait un léger problème. Il rejetait en bloc cette affirmation, tout simplement parce qu’il n’avait pas le choix. Ses défenses avaient commencé à se fissurer à partir du moment où il avait accepté de lui faire confiance, quand elle avait proposé de l’aider à apprendre à contrôler son pouvoir. En quelque sorte, même si le chemin avait été beaucoup plus complexe par la suite, tout était parti de là. La confiance qu’il lui avait accordée s’était étendue… pour laisser la place à autre chose qui, pour lui, impliquait forcément d’avoir foi en elle. Alors il entendit bien ce qu’elle disait… mais il ne l’accepta pas. Cela lui était impossible.

Alors qu’il cherchait une réponse adéquate, Emma reprit la parole d’une façon encore plus surprenante.

« Il va falloir que l’on sorte d’ici, William. Sur toute la ligne, j’ai mentit sur un point : il n’y absolument pas de travaux en ce moment. Et il est encore moins fermé au public aujourd’hui. »

William mit quelques secondes à focaliser son esprit sur ce qu’elle venait de dire, après ce changement de sujet un peu abrupt. Depuis qu’ils étaient arrivés ici il avait trouvé un peu surprenant de ne pas voir ces fameux travaux qui étaient censés avoir impliqué une fermeture au public. Mais indéniablement il n’y avait personne, et il n’avait pas jugé opportun de se poser plus de questions. Interprétant mal les paroles d’Emma, il cru comprendre que cette fermeture n’était en fait que temporaire et que la foule n’allait plus tarder à investir le bâtiment. Il était tout de même curieux dans ce cas de ne pas déjà commencer à entendre le brouhaha habituel des touristes piaffant d’impatience. Emma avait dû prévoir de la marge. Quand à savoir les raisons qui avaient pu la pousser à inventer cette histoire de travaux plutôt que de lui donner la vraie raison de la fermeture temporaire… cela ne l’intéressait pas. Les choses avaient tellement évoluées depuis !

La marge prévue par Emma devait commencer à s’épuiser, car elle regardait de plus en plus souvent une horloge murale. Malgré sa présence à ses côtés, William ne se sentait pas vraiment prêt à affronter une foule de visiteurs frénétiques. Pas du tout prêt même ! Il essaya néanmoins de garder son calme… tout était encore sous contrôle.

Emma lui fit un large sourire, ce qui l’aida fortement étant donné qu’il lui fit oublier quelques secondes la situation. Que ne donnerait-il pas pour que cette expression ne quitte jamais son visage ! Elle était tellement belle !

« Et quand je dis qu’il va falloir que l’on sorte, ça veux dire maintenant ! »

Elle était vraiment si juste que cela cette marge alors ? Emma le prit par la main et l’emporta dans une course effrénée en direction du parking. William ne comprenait pas pourquoi elle semblait si pressée, étant donnée qu’il n’y avait toujours personne en vue. Mais cela faisait longtemps qu’il n’avait pas couru comme cela. Il n’avait jamais couru comme cela en réalité ! Jamais main dans la main avec une femme qu’il rêvait de tenir dans ses bras. Elle semblait voler à ses côtés avec une grâce qui le laissait rêveur. Il tenait un ange par la main… Jamais il n’aurait cru cela possible.

Leur course ne s’arrêta qu’une fois arrivés près de la voiture d’Emma. Prenant appui sur celle garée à côté, il regarda Emma qui souriait toujours.

« Et bin… Il s’en est fallu de peu ! »

Le bruit failli l’empêcher de comprendre ce qu’elle disait. Pourquoi fallait-il que les gens parlent toujours aussi fort en public ? Emma exagérait un poil la situation. Ils n’avaient encore croisé personne.

Le bruit ? Que… William fit un bon et contempla la voiture sur laquelle il s’était appuyé. Puis regarda d’un air absent le parking soudain rempli de véhicules en tout genre et de touristes bariolés. Il se figea, complètement perdu. Près du piédestal qu’ils venaient à peine de laisser derrière eux fourmillait maintenant une foule énorme. C’était… impossible !

* Ne soit pas stupide. Si c’était impossible ce ne serait pas le cas. Ces gens ne sont pas arrivés ici par miracle. Il y a forcément une explication logique. *

* Mais ils n’étaient pas là il y a une minute ! Je les aurais vu tout de même ! Je suis un peu zinzin mais en général j’ai plutôt tendance à trouver qu’il y a du monde là où il n’y en a pas que l’inverse ! Je n’ai pas pu occulter une foule pareille ! *

* Toi non… *

* Oh… *

* Pendant que tu médites là-dessus, on va en profiter pour évacuer un peu de tension nerveuse si tu veux bien ! *


William se sentit vaciller et s’appuya des deux mains sur la voiture, la tête inclinée en avant. Il ferma les yeux, essayant d’ignorer les rares personnes qui passaient à portée. Il devait rester calme. Calme. Retrouver ses esprits le plus rapidement possible.

Emma… C’était la seule explication logique. Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui avait pu la pousser à faire une chose pareille ? Quand elle lui avait proposé de venir ici, elle n’était pas encore au courant pour sa mutation. Elle savait juste que… qu’il n’aimait pas les lieux fréquentés. Elle aurait fait une chose pareille rien que pour le persuader de l’accompagner ici ? C’était tout bonnement incroyable. En tout cas ses capacités étaient hallucinantes. Si lui avait peur d’utiliser son pouvoir, ce n’était visiblement pas son cas ! Rester calme… Analyser… Agir en conséquence.

C’était facile à dire, moins facile à faire ! Elle l’avait bien eu sur ce coup. Il ne s’était rendu compte de rien. Elle l’avait carrément trompé depuis le début ! Mais même en admettant que cette manipulation soit aisée pour elle, il trouvait que c’était quand même une méthode rudement compliquée si son but n’avait été que de le faire venir ici. Et qu’avait-elle espéré ? Pouvoir donner le change jusqu’à ce qu’ils s’en aillent ?

* Tu continues à raisonner comme si c’était toi qui avais été à sa place. C’est ridicule ! Non seulement elle est sans doute habituée à utiliser ses capacités beaucoup plus naturellement que toi, mais en plus des siècles d’existence l’ont certainement poussée à raisonner de façon fort différente. Et puis je te signale que si elle avait voulu, elle aurait pu te laisser revenir à la réalité au restaurant ! *

* Et alors ? Je dois renoncer à comprendre ? *

* Si tu tiens à savoir, demande ! N’essaye pas de deviner ! En plus tu es nul à ce jeu ! Tu arrives toujours à des conclusions totalement nazes et après c’est encore plus compliqué ! *

* Après ce qui vient d’arriver, comment saurais-je si elle me dit la vérité ? *

* Tu n’en sauras rien. Tu lui fais confiance ou pas ? *

* Je… Ah bien sûr ! *

* Alors cesse de faire l’andouille ! *


Ses jambes le portaient de nouveau. Il ouvrit les yeux mais resta un instant plongé dans ses pensées. D’accord, il ne savait pas pourquoi elle avait fait cela. La seule chose dont il était persuadé était que ce n’était pas pour lui nuire. Le reste… et bien elle le lui dirait si elle en avait envie. Les doigts de sa main droite se mirent à pianoter sur la carrosserie. Tout cela était bien beau, mais ce n’était pas une raison pour admettre qu’elle joue de cette façon avec lui ! Se redressant en souriant, il plongea son regard dans celui d’Emma.

« Impressionnant. Je ne sais pas exactement pourquoi… tu as fait cela. Et… tu n’es pas obligée de me le dire. »

Puis il reprit avec plus de sérieux.

« Par contre, même si cela fait partie de tes… méthodes pédagogiques… je préférerais être au courant la prochaine fois ! Parce que je ne suis pas non plus complètement abruti. Je peux comprendre qu’il soit… »

Il n’eut pas l’occasion de finir son propos. Avant qu’il n’ait pu esquisser un mouvement, concentré sur la recherche de ses mots qui avait toujours du mal à sortir, Emma l’avait interrompu… en l’embrassant.

Pendant une fraction de seconde il fut terrorisé. Des souvenirs cherchaient à remonter à la surface, et il les tentait de les repousser de toute son énergie. La seule fois où il avait eu un contact avec une jeune femme… à son initiative à elle cette fois aussi… elle était morte. Il n’avait rien pu faire. Il avait totalement perdu le contrôle. Cela ne devait pas se reproduire ! Il fallait qu’il fasse quelque chose ! Il ne supporterait pas de perdre Emma !

Il avait à l’époque perdu conscience car son pouvoir s’était activé en réception. A présent, il était capable de déclencher son pouvoir quand il touchait le destinataire, et jamais la communication ne s’était établie dans les deux sens simultanément. Une fraction de seconde… c’est tout ce qu’il avait pour tenter d’exorciser le passé. Paniqué, il fit donc la seule chose qui lui parut pouvoir changer le déroulement des choses : Il activa son pouvoir en direction d’Emma.

Le monde n’existait plus. Pendant un instant, l’univers s’était réduit à celle qui venait de poser ses lèvres sur les siennes. Incapable de bouger, il se laissa aller dans cette douce chaleur qui l’envahissait. Il n’avait jamais connu cette sensation. Il pouvait sentir son parfum, la douceur de sa peau. Emma venait de lui faire un cadeau dont elle ne soupçonnait peut-être pas l’importance. Elle venait de lui offrir son premier baiser. Et il ne pourrait jamais l’oublier.

Il restait paralysé, n’osant pas la toucher. C’était un peu idiot… mais il avait peur de briser cet instant magique. Puis ce fut fini. Un sentiment de séparation, mais qui se perdait dans l’espoir de voir cet instant renouvelé à l’infini. Il aurait tant voulu être capable de réagir comme les héros des films hollywoodiens… toujours sûrs d’eux dans de telles situations. Mais il n’était capable que de rester planté là comme un abruti. Son cœur tambourinait comme un sauvage, mais son cerveau s’était mis aux abonnés absents. Il ne lui restait plus qu’à espérer qu’Emma apprécie les prétendants timides, parce que sinon il leur histoire allait connaître une fin prématurée. Il commençait à peine à réaliser vraiment ce qui venait de se passer. Il regarda Emma, tentant de masquer la rougeur de ses joues, mais laissant transparaître le bonheur qui l’habitait.

« Cela par contre… tu peux recommencer quand tu le souhaites ! »

Il réalisa tout à coup ce qu’il avait fait. L’activation de son pouvoir n’avait été qu’un reflex désespéré. Il ne savait pas si Emma avait pu le bloquer. Il espérait qu’elle pourrait comprendre pourquoi il avait fait cela dans un moment pareil ! Son sourire s’effaça quelque peu et il se remit à bafouiller.

« Je suis désolé d’avoir… heu… Ce n’était pas voulu. Enfin si, mais… c’était pour… changer les choses. Navré. Une réaction stupide. »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 20 Sep - 19:14

    Les choses n’étaient pas censées prendre la tournure que cela avait prit, ce qu’elle ne regrettait pas. Elle aurait du être en mesure de tenir l’illusion encore quelques temps, mais tous les signes étaient présents pour prouver que cela ne durerait pas aussi longtemps qu’elle l’avait prévu. Alors, il avait fallu improviser, s’organiser d’une autre manière. Quitter l’endroit au plus vite était la meilleure des choses à faire et, Emma n’avait pas hésiter à prendre la main de William pour s’enfuir de ce lieu en courant. Une course effrénée, malgré les talons qu’elle avait aux pieds. Mais sa main lié à celle de William, semblait amplement suffire à lui procurer des ailes. L’illusion prit fin quand ils arrivèrent sur le parking, quand William prit appui sur une voiture pour reprendre son souffle pendant qu’Emma ne pouvait retirer le sourire qu’elle avait sur les lèvres. Avoir quatre cent ans, et garder le sourire d’une éternelle adolescence face à un danger tout juste éviter, en très bonne compagnie. Comment pouvait-elle ne pas sourire de cette manière ?

    Il y eu, tout de même, un petit battement entre le moment ou Emma avait relâcher son illusion, et le moment ou William s’en rendit réellement compte. D’ailleurs, il se figea un instant, semblant en proie à un discours intérieur concernant les évènements. Honnêtement, Emma n’alla même pas faire un tour dans la tête de William, sous peine de se voir avec un mal de tête impossible. Etre de niveau quatre était grandement à un tas de chose, mais tout conservait certaine limite. Occulté un tas de touriste, sur un lieu comme la statut de la liberté, avait franchement eu de quoi utiliser pas mal de ses capacités pour la journée. Cette nuit serait reposante pour ses dons, à ne pas en douter.

    N’empêche qu’elle était plutôt fière de ce qu’elle avait réussi à faire. Un point de vue qui ne devait pas être partager, si elle en jugeait par l’attitude de William qui venait de poser ses deux mains sur le capot d’une voiture, pour se reprendre. Oups, d’accord, Emma voulait bien l’admettre… Elle y avait peut être été un peu fort sur ce coup là, surtout pour une première sortie. Avec beaucoup de contradiction elle était contente de ce qu’elle avait fait et, en même temps, elle n’aurait pas aimé se retrouver à la place de William. Mais bon, on peut avoir 400 ans et ne pas être raisonnable. D’ailleurs, ce genre de chose allait souvent ensemble, puisque le but était de tout le temps se dépasser. Ce qui n’était pas forcément du goût de tout le monde. Un regard légèrement désolé, la lèvre inférieur coincée entre ses dents supérieures, Emma regarda William. Se demandant à quel moment il allait se mettre à hurler sur le fait que ce n’était pas des manières.

    N’empêche que si elle refusait d’entrer dans sa tête, elle se tenait quand même prête à pouvoir faire quelque chose si le pouvoir de William venait à faire des siennes. Il était tellement peu confiant dans ses capacités, qu’elle pensait que la situation de stress qu’elle venait de créer pouvait engendrer une situation déplaisante. Mais, en réalité, elle n’avait même pas besoin d’intervenir. William, appuyé sur la voiture, semblait pouvoir faire le point tout seul, se concentrer, se retenir de toute démonstration de pouvoir. Il était bien plus doué que ce qu’il voulait bien admettre. En avait-elle seulement doutée, à un moment donné ?

    L’attente sembla se prolonger pendant une éternité. Une éternité à se demander si il allait hurler, exploser d’une certaine colère, tourner les talons et partir, demander des explications… En fait, elle était prête à entendre n’importe quoi, du moment qu’il ne restait pas là à ne rien dire. Les doigts de William se mirent bientôt en mouvement sur la voiture et, peu de temps après, elle pu revoir son regard, un sourire flottant sur le visage qu’elle prenait plaisir à regarder.


    « Impressionnant. Je ne sais pas exactement pourquoi… tu as fait cela. Et… tu n’es pas obligée de me le dire. »

    Elle aurait été capable de lui donner un tas de raison, sans être certaine que ce soit vraiment une raison valable à ses yeux à lui. L’espace d’un instant elle eu l’impression d’être une enfant qu’on venait de prendre en faute, demandant à ce qu’elle se justifie. Depuis combien de temps n’avait-elle pas estimer devoir des explications à qui que ce soit ? La première réponse, d’auto défense, qui lui venait à l’esprit sans qu’elle puisse le contrôle, était de se braquer. De ne pas donner la moindre réponse. Hors de question de penser qu’elle pouvait être en tort. Mais cette première réflexion laissa bien vite place à une réflexion plus raisonnée. Enfin, disons que le fait qu’il ne l’oblige pas à répondre avait calmer ses première pensée. Assez pour qu’elle ait envie de s’expliquer. Mais, de toute façon, elle n’eu rien le temps de dire, que William reprit déjà de manière bien plus sérieuse.

    « Par contre, même si cela fait partie de tes… méthodes pédagogiques… je préférerais être au courant la prochaine fois ! Parce que je ne suis pas non plus complètement abruti. Je peux comprendre qu’il soit… »

    C’était légitime, elle comprenait parfaitement qu’il puisse vouloir mettre au clair certaine chose. Elle lui avait dit, elle s’excusait par avance de tout ce qu’elle pouvait faire. Ses méthodes restaient les siennes, elle se voyait assez mal les changer. Puis, si elle lui avait dit, si il avait été au courant, il aurait été plus facilement stressé par la situation. Les choses s’étaient bien déroulées, il n’y avait pas d’accident à déplorer. Alors, dès qu’il avait commencé son explication sérieuse, Emma avait commencé à sourire. Un sourire qui ne faisait que s’élargir au fur et à mesure que les paroles avançaient. Elle n’aurait su dire pourquoi, peut être la course effrénée, ce qu’elle avait été capable de faire, ou tout simplement parce que c’était lui… Mais là, alors qu’il voulait clarifier certains points, elle le trouvait particulièrement craquant. Sa lèvre inférieure se trouva, une fois de plus, coincée sous sa lèvre supérieure alors qu’elle se plongeait dans le regard de William. Puis cédant à ses propres envies, elle prit le partit d’interrompre les explications de William en l’embrassant…

    Une fraction de seconde, le pouvoir qu’elle avait, qu’elle gardait à porter au cas ou, lui permit de se rendre dans le crâne de William. Un esprit où se menait un combat incroyable pour chasser toutes les pensées qu’il pouvait avoir à l’encontre de ce qu’elle venait de faire. Un simple baiser, cela suffisait à lui faire repenser à cette femme. Une fraction de seconde, où elle se mise à penser que ce n’était peut être pas une bonne idée. Mais tout bascula d’un coup…

    Elle n’avait plus accès à ce qu’il pouvait penser. Du moins, si, c’était toujours le cas. Mais il y avait quelque chose de différent. Emma connaissait assez son pouvoir pour savoir quand ce n’était pas le sien qui était en action. Cette faculté était bien utile vue que ce fut le cas à ce moment bien précis. Les émotions qu’elle pouvait recevoir n’étaient pas les siennes. Il y avait des similitudes, les grandes lignes étaient les même. Sensation agréable, abandon d’elle-même pour profiter de ces lèvres contre les siennes, de se baiser qui aurait pu durer 30 secondes, comme 10 minutes, sans qu’elle ne puisse faire la différence. Le moment était des plus agréable, et elle ne comprit même pas comment elle en était arrivé à ce demander si ça pouvait être une mauvaise idée. Comment ce genre de manifestation pouvait être néfaste ?

    Mais il n’y avait pas que ses propres sensations dans ce qu’elle ressentait, il y avait celle de William. Et l’activation de son pouvoir à lui était encore mieux que la faculté qu’elle pouvait avoir à lire dans les pensées des gens, dans de tels circonstances. On ne pouvait pas tricher sur ce que l’on ressentait. Alors quand ses sensations étaient à ce point positifs, qu’on les renvoyait à l’autre personne… Comment ne pas se sentir, soudainement, submerger dans un nouveau monde, ou tout était parfait. L’accumulation de ce qu’elle ressentait, plus de pouvoir de William – qu’elle refusait de bloquer – rendait l’expérience inédite, unique, appréciable… Magique.

    Se reculant légèrement, mais gardant les yeux clos une petite seconde, Emma chercha à capturer dans un coin de son esprit les sensations qui avaient pu l’envahir. Ce n’est qu’après qu’elle ouvrit les yeux, souriante comme jamais, vers William. Les joues de l’homme était légèrement rouges, son sourire ne laissait pas de toute sur ce qu’il pouvait ressentir… Pas besoin de pouvoir. Et le visage qu’il offrait ne fit qu’agrandir le sourire d’Emma, alors qu’elle imaginait déjà être à son maximum.


    « Cela par contre… tu peux recommencer quand tu le souhaites ! »

    La seule et unique réponse spontanée qu’elle fut capable de faire, à ce moment bien précis, fut un bref éclat de rire. Le plus sincère qu’elle puisse faire, incapable de faire autrement dans une telle situation. Le regard qu’elle lança par la suite, dans un léger haussement de sourcil, laissait comprendre qu’elle prenait bonne note de cette demande. Qu’elle ne se priverait pas, si l’envie se faisait sentir… Pourquoi refuser une telle chose ?!

    Mais son sourire, le visage qu’elle lui offrait se transforma petit à petit, pour devenir interrogateur. Les changements s’opérant en même temps que ceux du visage de William, qui perdait un peu de son sourire, comme cherchant à exprimer une crainte. Un tas de scénarios possibles passèrent dans l’esprit de la damnée, qui préféra entendre ce qu’il avait à dire avant de risquer de méprendre sur ce qu’il pouvait être en train de penser.


    « Je suis désolé d’avoir… heu… Ce n’était pas voulu. Enfin si, mais… c’était pour… changer les choses. Navré. Une réaction stupide. »

    Le regard d’Emma se fit un peu plus interrogateur, ne comprenant pas de quoi il était en train de parler. Il s’était remit à bafouiller, et les choses n’avaient rien de vraiment clair dans son discours. Il était désolé. Oui, mais de quoi ? Emma mit quelques secondes à émettre plein d’hypothèse avant de se caller sur cette histoire de pouvoir. Alors c’était de cela qu’il était désolé. C’était cela qu’il trouvait stupide. Comment lui dire que la seule chose de stupide, était de croire que cela l’avait dérangée ? Le visage d’Emma s’illumina à nouveau, retrouvant son sourire radieux sur le bord de ses lèvres, pour le rassurer sur un point.

    « Une réaction, surtout, très agréable. Si tu veux mon avis. » Fronçant légèrement le bout de son nez, signe de réflexion chez elle, elle tenta d’expliquer cette réponse. « Tu vois, il y a ce que tu as ressentit, tes sensations, tes émotions, d’une part. Et les miennes de l’autre. Avoir mes propres sensations et les tiennes dans le même moment, c’est juste une sorte d’explosion de ressentit…. Et vu les raisons, difficile de penser qu’une telle chose est stupide. »

    Il était difficile pour Emma d’expliquer clairement ce qu’elle voulait exprimer. Difficile, également, de pouvoir faire une démonstration. Tout ce qu’elle pouvait faire, était de laisser son sourire flotter sur ses lèvres, prouvant qu’elle n’avait pas trouver l’expérience désagréable, que rien n’avait été fâcheux, que… Qu’elle n’allait pas s’enfuir en courant, maintenant. Enfin c’était bien beau de le couper dans l’élan qu’il avait eu, pour exprimer un point de vue. Il avait été facile pour elle, de franchir ce pas, de l’embrasser, mais elle lui devait, tout de même, des explications. Des excuses ? Peut être pas… Qui à dit qu’elle avait un caractère facile ? Reprenant un semblant de sérieux, mais ne pouvant effacer le bonheur qui se lisait sur son visage, elle décida de reprendre.

    « Tu sais, pour ce que j’ai fait, il n’y a rien de vraiment impressionnant. J’ai assez d’année d’expérience pour avoir un semblant de maîtrise dans mes capacités. Et pour les raisons qui m’ont poussé à agir de cette façon… » Une légère moue se dessina sur ses lèvres, pendant qu’elle haussait doucement les épaules, un peu gênée. « Je crois que j’avait juste envie de t’emmener ici, et comme tu ne semblais pas vraiment apprécier le monde… C’était le plus simple à faire. »

    Pourquoi elle avait montrer un léger signe de gène ? Parce que dire qu’elle avait eu envie de le mener dans cet endroit était une grande chose pour elle. La statut de la liberté était un lieu qu’elle appréciait particulièrement, pour de nombreuses raisons. Alors oui, elle avait eu envie de lui faire partager cet endroit, sans avoir imaginer que cela finirait de cette manière… Finirait ? Les choses semblaient, plutôt, commencer…

    « Mes méthodes peuvent paraître étranges ou dangereuses. Mais je ne peux pas d’avertir avant de ce genre de chose, le simple fait que tu admettes qu’il y ait du monde, même si tu ne le vois pas, pourrait de bloquer d’une manière ou d’une autre. »

    D’accord ce n’était pas très réglo comme façon d’agir. Mais elle avait évité, ainsi, qu’il se braque en imaginant des personnes. Parce que si il se mettait à paniquer, elle aurait, probablement, eu plus de mal à maintenir une illusion et à tenir son pouvoir a lui en même temps. Si Emma se remettait à faire quelque chose de ce genre, si elle venait à lui dire avant… Au moins, maintenant, il saurait qu’il l’avait fait une fois et que les choses ne s’étaient pas si mal passées cela.

    « Tu sais, le but n’a jamais été de mettre qui que ce soit en danger. Je te demande juste de me faire confiance, sur ce plan là. Parce que, dans le fond, la seule chose à démontrer c’est qu’il y a un tas de chose qui peuvent t’être accessible sous certaine condition. Que tu contrôles ton pouvoir, un peu plus que ce que tu veux bien l’imaginer. »

    Après tout il avait volontairement faire une démonstration de ses capacités. Quand elle l’avait embrassé, il avait volontairement dirigé son pouvoir vers elle, dans le sens des émissions. Bien évidement, elle était loin de penser qu’il était capable d’une parfaite maîtrise en toute circonstance. Le croire serait stupide et franchement dangereux. Mais prendre conscience d’un début de maîtrise, savoir que dans certaines situations on est capable de telles ou telles choses, est ce que ce n’était pas une avancée vers la compréhension et la maîtrise de son pouvoir ? Ces méthodes étaient peut être dures, elles pouvaient sembler dangereuses. Mais une chose était certaine…

    « Jamais je ne te mettrait volontairement face à une situation ingérable, William. J’pourrais pas… »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Jeu 30 Sep - 12:55

Lui dire qu’elle pouvait recommencer quand elle le voulait… voilà tout ce qu’il avait trouvé. S’il l’avait pu il se serait mis des claques histoire de se réveiller un peu ! Mais le rire d’Emma n’avait rien eu de moqueur, et le regard qu’elle lui avait lancé semblait exprimer le fait qu’elle n’hésiterait pas à renouveler l’expérience. Si cela devait se reproduire, et en son for intérieur il priait pour que cela soit le cas, il espérait juste arriver à esquisser un mouvement !

La façon de rire d’Emma avait eu quelque chose de magique. Simple, libre, comme provenant du fond du cœur. William était surpris de voir à quel point une chose aussi élémentaire pouvait le toucher. La voir sourire était un bonheur dont il aurait dorénavant bien du mal à se passer. Et pourtant sa propre attitude l’avait incitée à amoindrir celui qu’elle affichait à ce moment là, quand il avait soudain réalisé ce qu’il avait fait. Activer son pouvoir n’avait été qu’un réflexe stupide… une façon de chercher à conjurer le sort. Et il le lui avait dit, d’une façon totalement embrouillée comme il en avait hélas l’habitude.

Un court instant il se demanda s’il n’avait pas été totalement obscur, mais quoi qu’il en soit le visage d’Emma ne tarda pas à afficher à nouveau un sourire resplendissant.

« Une réaction, surtout, très agréable. Si tu veux mon avis. Tu vois, il y a ce que tu as ressentit, tes sensations, tes émotions, d’une part. Et les miennes de l’autre. Avoir mes propres sensations et les tiennes dans le même moment, c’est juste une sorte d’explosion de ressentit…. Et vu les raisons, difficile de penser qu’une telle chose est stupide. »

La poitrine de William sembla être tout à coup libérée d’un poids qui l’empêchait de respirer depuis quelques secondes et il retrouva lui aussi un sourire qui, s’il n’était peut-être pas aussi démonstratif que celui de la jeune femme, n’en signifiait pas moins la joie qu’il ressentait. Et si elle devait en douter, le regard du mutant n’aurait laissé planer aucun doute. Attentif à la réaction d’Emma, il n’avait pas laissé échapper le petit froncement qui avait animé son nez. Ce n’était pas la première mimique qu’il remarquait chez elle, et il trouvait cela adorable.

Non seulement elle ne semblait donc pas fâchée par ce qu’il avait fait, mais elle semblait même avoir apprécié ce qu’elle avait ressenti. Pour William c’était quelque chose de totalement nouveau. Il s’était toujours dit que personne n’apprécierait cela. Eprouver des émotions qui n’étaient pas les siennes devait quand même déstabiliser quelque peu, surtout quand comme Emma on était capable de s’en rendre compte. Bien entendu, tout ceci n’était que des suppositions car il n’avait jamais pu demander à quiconque l’effet que cela faisait.

Ce qui le surprenait également était qu’elle ne l’avait pas instantanément bloqué. Elle avait pris, sciemment, le risque de subir les effets de son pouvoir. Soit elle aimait vivre dangereusement, ce qui n’était pas forcément compatible avec quelqu’un qui avait vécu aussi longtemps qu’elle. Soit elle était certaine que cela ne pouvait pas lui faire de mal… ou qu’elle pouvait toujours le bloquer si jamais cela tournait mal. Peu importaient en réalité les raisons qui l’avaient animée, le fait était qu’elle l’avait laissé faire. Certes il lui avait déjà fait une démonstration auparavant et à ce moment là aussi elle avait joué le jeu. Mais ce n’était pas du tout avec la même intensité ! Il aurait beau tourner cette question dans tous les sens, elle seule était en mesure de lui répondre.

« Tu sais, pour ce que j’ai fait, il n’y a rien de vraiment impressionnant. J’ai assez d’année d’expérience pour avoir un semblant de maîtrise dans mes capacités. Et pour les raisons qui m’ont poussé à agir de cette façon… Je crois que j’avait juste envie de t’emmener ici, et comme tu ne semblais pas vraiment apprécier le monde… C’était le plus simple à faire. »

Semblant vouloir répondre aux premières interrogations de William concernant l’illusion qu’elle avait utilisée sur lui, le ton qu’elle venait d’employer était sensiblement plus sérieux. William ne put s’empêcher de tiquer. Rien de vraiment impressionnant ? Et bien il ne souhaitait pas faire l’expérience de ce que pouvait être quelque chose qu’elle qualifierait ainsi ! Ce n’était pas un petit tour d’amateur qu’elle lui avait servi ! Il était bien entendu loin d’être un expert de ce qui touchait à la télépathie, mais ce qu’elle avait réalisé lui semblait quand même relativement ahurissant. Ou alors il était vraiment très manipulable… ce qui n’aurait pas été plus surprenant que cela.

Il faudrait vraiment qu’il trouve des informations sur les pouvoirs psychiques. Jusqu’ici il s’était essentiellement focalisé sur le problème que lui posait le contrôle de son pouvoir, et ne s’était pas réellement intéressé aux différents types de pouvoirs et à leurs effets. Ce serait bien le diable s’il n’arrivait pas à trouver des informations à ce sujet !

* Tu peux aussi tout simplement demander à Emma de te renseigner. Elle a l’air de bien maîtriser la question non ? *
* Ah… oui. C’est assez nouveau pour moi. Avoir quelqu’un avec qui parler de tout cela. Mais… *
* Mais ? *
* Je ne voudrais pas… qu’elle se méprenne à nouveau sur mes intentions. *
* … *
* Quoi ? *
* Tu veux une baffe ? *


Ses réflexions, perturbées également par le mal de tête qui suivait toute activation volontaire de son pouvoir, n’avaient pas empêché William de remarquer le petit changement d’attitude d’Emma lorsqu’elle avait dit avoir eu envie de le faire venir ici. Mais il était bien en peine d’en deviner la raison. Quand ils étaient arrivés, il avait bien vu qu’elle accordait une certaine importance à cet endroit. Son comportement, l’allégresse qu’elle avait montrée, indiquaient qu’elle s’y sentait bien. Peut-être un jour lui en dirait-elle plus. Quoi qu’il en soit, ils seraient maintenant deux pour lesquels cette statue représenterait quelque chose.

Quant à savoir si la solution qu’avait choisie Emma était la plus simple… William aurait bien voulu pouvoir lui affirmer qu’elle se trompait. Mais hélas, il y avait de grandes chances que si elle ne lui avait pas dit qu’il n’y aurait personne, jamais il n’aurait accepté de la suivre. Pas au moment où elle était venue le chercher à l’université en tout cas. Maintenant… et bien il ne savait plus. Tant de choses avaient changé !

« Mes méthodes peuvent paraître étranges ou dangereuses. Mais je ne peux pas d’avertir avant de ce genre de chose, le simple fait que tu admettes qu’il y ait du monde, même si tu ne le vois pas, pourrait de bloquer d’une manière ou d’une autre. »

Le sourire de William se fit plus mélancolique. Il était donc si transparent que cela ? Ce que venait de dire Emma était parfaitement juste. S’il avait eu la moindre idée de l’irréalité de la situation, ils n’auraient sans doute même pas atteint le piédestal !

Cela avait semblé tellement réel ! William n’arrivait toujours pas à réaliser qu’il n’avait rien senti de ce qui se passait réellement autour de lui. La petite expérience d’Emma n’était pas un problème en tant que telle. Le souci était que maintenant, il ne saurait jamais vraiment si ce qu’il vivait était réel ou s’il s’agissait d’une nouvelle illusion. Quand il aurait l’impression de ne rien risquer, serait-ce parce que c’était réellement le cas ou bien simplement Emma qui l’en persuaderait ? Maintenant il était fort probable qu’il aurait toujours un doute. Il avait de quoi devenir complètement cinglé s’il commençait à partir dans ce genre de conflit, mais quelle était la solution ? Il avait pour le moment un peu de mal à penser à cet aspect des choses. Les élancements qui lui parcouraient le crâne n’aidaient franchement pas à se concentrer !

« Tu sais, le but n’a jamais été de mettre qui que ce soit en danger. Je te demande juste de me faire confiance, sur ce plan là. Parce que, dans le fond, la seule chose à démontrer c’est qu’il y a un tas de chose qui peuvent t’être accessible sous certaine condition. Que tu contrôles ton pouvoir, un peu plus que ce que tu veux bien l’imaginer. »

William regarda Emma. S’il y avait une chose dont il était certain, c’était de la confiance qu’il avait en elle. Qu’elle n’ait jamais eu l’intention de mettre quiconque en danger, il n’en doutait pas le moins du monde. S’il y avait une personne en qui il n’avait pas confiance, c’était lui-même. Elle semblait penser qu’il contrôlait plus ses capacités qu’il ne le croyait, et il avait du mal à la suivre sur ce chemin là. Il était bien vaguement capable de déclencher son pouvoir dans certains cas, mais ce qui l’inquiétait davantage était d’arriver à empêcher les activations involontaires. Et sur ce point, ce n’était pas vraiment brillant.

Le fait était que depuis qu’ils étaient arrivés ici il n’avait reçu aucune émotion extérieure. C’était bien d’ailleurs une des raisons qui avaient fait qu’il ne s’était aperçu de rien. Par contre, il était incapable de savoir s’il avait émis quoi que ce soit involontairement. Il n’avait pas l’impression de l’avoir fait, c’est tout ce qu’il pouvait dire. Mais quand elle l’avait embrassé, que ce serait-il passé s’il n’avait pas pris les devants décidant d’activer lui-même son pouvoir ? Enfin, « décider » était une façon bien gentille de dire les choses ! Il avait surtout paniqué et agi par réflexe.

Quoi qu’il en soit, là, dans ce parking, il était plus serein qu’il ne l’avait jamais été. Oh il ne faudrait pas que quelqu’un approche de trop près… surtout en voiture. Mais il ne ressentait pas pour le moment ce sentiment de panique qui l’assaillait habituellement. Mais qu’en serait-il s’il était seul ?

« Jamais je ne te mettrait volontairement face à une situation ingérable, William. J’pourrais pas… »

Cette ultime phrase fit renaître pleinement le sourire sur le visage de William. Les derniers propos d’Emma avaient été très… pédagogiques. Il en avait cruellement besoin, il en était parfaitement conscient et il lui reconnaissait sans problème ce rôle. Mais même si elle avait semblé en douter un moment, ce n’était pas celui qu’il souhait lui voir tenir en priorité ! Et il devait avouer que l’entendre conclure son explication de cette façon là berçait son coeur comme la plus douce des mélodies.

« Tu peux imaginer… à quel point tout ceci est nouveau pour moi. J’ai entendu bien des histoires à propos de personnes dotées de capacités fantastiques… ou terrifiantes en fonction de qui en parlait… mais il est souvent difficile de faire la part des choses entre ce que l’on entend et la réalité. »

William lança à Emma un regard amusé.

« Maintenant en plus il faudra que j’apprenne à également me méfier de ce que je vois ! »

Le ton employé montrait clairement que la méfiance n’était pas au programme. Après tout, elle avait utilisé le moyen qu’elle avait jugé opportun, et ne lui avait au final pas caché l’usage qu’elle en avait fait. Elle aurait sans aucun doute pu le faire en évitant d’attendre d’être apparemment à la limite de ses capacités, et dans ce cas il n’aurait jamais rien su. Il reprit plus sérieusement.

« Je serais de toute façon mal placé pour critiquer tes méthodes. D’autant plus que… sans elles… »

Sans elles son petit monde serait toujours debout, porté par ses certitudes protectrices. Mais sans elles, ce petit monde aurait continué à ne rimer à rien, tournant sans cesse dans une boucle sans fin. La première fois que son existence avait basculé, c’était dans l’horreur la plus totale. Il s’était reconstruit comme il l’avait pu. Et à nouveau tout s’écroulait, mais cette fois-ci pour son plus grand bonheur. La vie avait vraiment un drôle d’humour.

Un vent de mer s’était levé, jouant avec les cheveux d’Emma. William s’approcha d’elle, et sa main vint doucement chasser quelques mèches voletantes, effleurant au passage la tempe de la jeune femme.

« … sans elles rien de ce qui s’est passé aujourd’hui n’aurait sans doute pu se produire, et je n’aurais pas eu la chance de découvrir… à quel point tu es merveilleuse. »

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Ils avaient pris le chemin du retour, nettement moins mouvementé cette fois-ci. Emma avait conduit de la même façon prudente et William, dans un magnifique élan de confiance nouvellement acquise, avait presque réussi à ne pas rester tétanisé pendant tout le trajet. Comme à l’aller il l’avait regardée une bonne partie du parcours, à la différence qu’il était maintenant conscient de ce qu’il éprouvait envers elle.

Elle l’avait déposé à l’entrée principale. Ils avaient échangés leurs numéros de téléphones, et une promesse muette de se revoir aussi rapidement que possible. Il avait regardé le cabriolet s’éloigner, ne se décidant à bouger que bien après que celui-ci ait disparu.

Il retrouvait son univers habituel, et ses angoisses revenaient au galop. Slalomant dans les couloirs en utilisant ses astuces habituelles pour éviter les zones trop fréquentées, il retourna dans son bureau s’acquitter des tâches qui lui incombaient. Il devait impérativement avoir fini avant de partir, car il était hors de question qu’il travaille chez lui ce soir. Il avait trop de choses à y faire. Beaucoup trop… et trop peu de temps.
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Toujours forcer le destin [PV William][fini]

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