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 Toujours forcer le destin [PV William][fini]

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Emma Frost
Mutante de niveau 4

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Date d'inscription : 08/05/2010
Localisation : du côté des damnés. NY.
Age du personnage : dans les environ de 400 ans. En paraît 25
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Profession : PDG de la Frost International et Patronne du Coyote Ugly
Points de rp : 127

MessageSujet: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 14 Juin - 14:38

    Quatre jours s’étaient écoulées depuis qu’Emma avait renversée son café sur William, depuis qu’ils avaient bu un café –enfin, lui avait prit un déca- ensemble, pour finalement qu’elle s’en aille de manière très protocolaire. Un résumé assez simple de cette brève rencontre. Beaucoup trop simple. En réalité, elle aurait été capable de dire beaucoup de chose sur ce peu de temps qu’elle avait passé avec lui. Si Emma avait été ce genre de fille, à se retrouver une fois par semaine avec ses « grandes » copines devant un pot de glace et un film à l’eau de rose, alors oui, elle aurait eu beaucoup à dire sur l’homme qu’elle avait pu rencontré. Tout aurait commencé avec des yeux émerveillés pour expliquer cette façon un peu gauche dont il avait de faire les choses. Elle aurait du ses différents intérieur qu’il avait pu avoir avec son esprit, mais qui pourtant lui ajoutait un côté attendrissant. Elle les auraient faites tournées vertes de jalousie en leur expliquant la façon dont il s’y était prit pour l’inviter à s’asseoir à la terrasse du café, la façon dont il proposait son aide même si cela ne semblait pas être dans ses habitudes. Elle aurait…

    Elle aurait eu plein de chose à dire. Mais, d’une, elle n’avait pas d’amie de ce genre et cela lui convenait parfaitement bien. De deux, si vraiment elle avait eu ce genre d’amies, elles se seraient empressées de lui dire qu’elle avait un béguin. Ce n’était pas le cas. Ca ne serait pas le cas. Ca ne pouvait l’être. Elles n’auraient jamais compris, la manière dont Emma pouvait agir et réagir, quand il s’agissait des hommes. Peut être qu’elles auraient été dans le vrai, mais il était clair qu’Emma l’aurait nier, tout comme elle se disait à elle-même : il est juste charmant. Rien de plus. Rien de moins. Juste charmant…

    Le plus étrange, dans toute cette affaire, c’est de passer trois heures dans sa penderie –alors qu’on vient de passer près des trois quarts d’heure sous la douche- à se demander ce que l’on devrait porter. Cette robe ? Non, beaucoup trop décolleté. Ce haut avec ce pantalon ? Beaucoup trop strict. Cet ensemble ? Beaucoup trop bleu. Tout semblait y passer, rien ne lui plaisait. Pourtant la pièce entière était remplie de vêtement qui lui plaisait, en temps normal, mais qui, cette fois, semblaient tous posséder un défaut majeur. Balançant tout ce qu’elle rejetait dans un coin de la pièce, elle se retrouva devant de moins en moins de choix, et soupira longuement. Est-ce qu’on a idée de se prendre la tête à ce point pour quelqu’un de « juste charmant » ? Trois heures dans sa penderie, n’était qu’une expression, en réalité elle y passa une heure. Une heure pour que ses yeux se posent sur une petite robe blanche. La robe était cintrée à la taille, et retombait un peu au dessus des genoux, son décolleté était tout à fait convenable bien qu’il la mettait en valeur, les bretelles fines s’entrecroisaient dans le dos dans un motif esthétique. Cette robe avait quelque chose d’atrocement simple, tout en gardant une certaine classe. Tournant, devant son miroir, Emma fut, enfin, satisfaite de sa trouvaille. Finalement ça lui donnait un côté de « madame tout le monde » tout en lui laissant son côté « Reine blanche ». Un mélange qui lui convenait.

    Pour le reste, elle décida de laisser ses cheveux blonds lâchés, ils formaient de larges boucles qui lui tombaient jusque dans le milieu du dos. Ses yeux, comme à leurs habitudes, étaient légèrement cernés de noirs de manière à rester discret tout en laissant le bleu ressortir plus qu’à leur naturel. Un peu de rose léger sur les lèvres, le tour était joué. Elle opta pour des chaussures ouvertes blanches et à talons, qui s’attachaient avec un système de lanière remontant légèrement sur les chevilles. A sa dernière rencontre, les talons n’avaient pas été un avantage, mais cela ne pouvait pas lui arriver deux fois de suite, les statistiques ne pouvaient pas être contre elle à ce point. Son sac en main, elle quitta l’appartement qu’elle occupait, direction l’université.

    Le destin était une chose à laquelle Emma ne croyait pas. Les choses devaient toujours être forcées. Il y avait, à partir de se principe, deux techniques différentes : Traîner dans les lieux que fréquentaient la personne que l’on désire croiser, et feindre l’étonnement un fois que c’est le cas. Ou alors, éviter de feindre, et tenter une approche plus directe. Emma n’avait aucune raison de se trouver dans la première situation, la deuxième lui semblait bien plus intéressante et, surtout, plus sûre. En tout cas, c’était sa façon de voir les choses. Mais Emma n’était pas connue pour une certaine timidité, après tout. S’engouffrant dans sa voiture, une coupée cabriolet d’une marque qui ferait pâlir n’importe qui, elle s’élança dans les rues de New York. Sa voiture n’était pas là pour prouver une certaine fortune, elle était là, parce qu’elle aimait ce modèle, sa coupe, son moteur. Après tout, il y avait des modèles bien plus spécialisé dans la « frime ». Cependant, l’esthétique était tout de même un argument pour le choix, il serait mentir de dire qu’Emma ne possède pas de côté superficiel. Bien au contraire.

    Frost arriva bien vite à l’université, sans avoir eu la moindre difficulté à trouver. L’endroit était suffisamment réputé, sans parler du fait qu’elle vivait ici depuis assez longtemps pour connaître les lieux. C’est sur le parking des élèves qu’elle gara sa voiture, pour se diriger directement à l’entrée du bâtiment principal, celui qui lui permettrait de se renseigner à l’accueil. C’est une dame, d’un certain âge, qui se trouvait derrière le comptoir de l’accueil, avisant Emma d’un regard méfiant. En toute honnêteté, il va de soit qu’Emma aurait préféré que ce soit un homme qui se trouve à cette place, plus facile à embobiner pour avoir une information. Mais, ne se laissant pas démonter, Emma s’avança d’un part sur, pour poser les avants bras sur le comptoir, tout sourire.


    « Bonjour Madame. Je cherche William Baley, il travail ici. Vous pourriez me dire ou le trouver, s’il vous plaît. »
    « Je n’ai pas le droit de vous donner ce genre d’information ! » Le ton semblait sans appel.
    « Oh, s’il vous plait, c’est vraiment important » La voix suppliante, élargissant son sourire.
    « Hors de question ! »

    Emma fronça les sourcils en soupirant. Il y a des fois ou il était clair que les informations ne viendraient pas, même en y mettant toute la bonne volonté du monde. Et, Emma, n’avait aucune envie d’y mettre cette volonté. « Très bien » Lança t-elle pour elle-même. La seconde d’après, elle fixait la vieille femme et, un instant plus tard, elle était dans sa tête. La première chose que voulu savoir Emma s’était la raison du refus de la femme. Elle eu rapidement la réponse : La vieille femme, Amy –de son prénom-, pensait qu’Emma était une étudiante sûrement prête à toute pour réussir ses exams, quitte à séduire la personne qui s’occupe du parc informatique et qui pouvait, peut être avoir les sujets d’examen en avance. Elle n’était pas certaine que ce soit cela, mais une chose était certaine, jamais personne n’était venu pour William, et elle trouvait étrange qu’une personne comme Emma puisse seulement avoir envie de s’y intéresser. Pour une raison inconnue, cette dernière pensée énerva franchement la jeune femme, qui décida de durcir sa prise sur l’esprit d’Amy.

    « Auriez vous l’obligeance de me dire ou je peux trouver William Baley. S’il vous plait. » Les derniers mots étaient appuyés, tout comme elle appuyait sur la volonté de la vieille femme pour la faire plier à sa volonté. Ce qui ne demanda pas tant d’effort que cela.
    « Bien évidemment… » La réponse était faite à la manière d’un automatisme, Amy lui fournit des explications détaillées sur la manière de rejoindre le lieux de travail principal de William, si toute fois, il n’était pas sortie ailleurs pour voir un ordinateur dans une salle de cours ou un bureau. « Vous voulez un plan ? »
    « Non, ça ira, je vous remercie bien. » Elle allait détacher son regard, quand elle se ravisa « Oh, Madame, vous devriez sourire plus souvent. »

    Vu de l’extérieur ça pouvait sembler être un conseil, mais Emma venait de faire une utilisation de son pouvoir, ce qui lui avait permit d’avoir des informations, mais aussi de voir la vieille dame sourire à tout bout de champ. Ce qui en étonnerait plus d’un. Enfin, cela ne serait pas éternel, mais allait durer un petit bout de temps, avec un peu de chance elle restera même coincé avec ce sourire, ce qui ne lui ferait pas de mal. Bon, a priori, elle n’avait rien de méchant, elle faisait juste parfaitement bien son travail. Emma n’avait juste, pas envie d’essuyer un refus, et pas envie de perdre de temps, ce qui avait expliqué cette utilisation de pouvoir.

    Avant de prendre la direction donnée, Emma passa par la cafétéria, ou elle commanda un café et un déca à emporter. Et, c’est avec sa commande dans chaque main, qu’elle gagna le lieu que le lui avait donné la dame de l’accueil. Toquant, du mieux qu’elle pu à la porte, quelqu’un lui ouvrit, mais ce n’était certainement pas William. Sûrement un employé de l’école, qui s’étonna de voir la jeune femme à la porte avec ses cafés. D’ailleurs, il ne manqua pas de lui demander, cherchant sûrement un de ses numéros de charme, si un des cafés lui était destiné. C’est avec un sourire charmant qu’Emma du lui expliquer que non, qu’il était pour William Baley, qu’elle cherchait. Mais que, bien évidemment, si elle avait su qu’il y avait une personne ici, elle aurait prit un café de plus. C’est comme ça qu’elle gagna son entrée dans la grande salle. Posant ses gobelets sur une table, elle s’assit sur le bout de celle-ci, ses pieds se balançant dans le vide, pendant qu’elle discutait avec l’homme qui l’avait fait entrer.


    « Il ne devrait pas tarder. Il a du aller chercher quelque chose. D’ailleurs, j’étais venu lui expliquer que trois ordinateurs ne fonctionnaient plus dans la salle 401, et… » Elle décrocha à un moment, pendant qu’il continuait. A croire que la nervosité déliait les langues de manières spectaculaires. « … Et vous êtes de la famille de William, je suppose ? »
    « Comment en venez vous à cette supposition ? » Demanda Emma d’un air amusé.
    « Et bien, vous. Enfin… Vous savez, les gens le trouvent un peu étrange ici. Alors lui, avec vous, c’est carrément impossible, d’où le fait que vous êtes forcément de sa famille. Je n’ai pas raison… »

    Pendant une courte seconde Emma se demanda quoi répondre, mentir ne lui posait pas franchement de problème, si ça pouvait éviter les rumeurs sur le compte de William. Mais elle n’eu pas le temps de prendre une décision que la porte se poussa à nouveau.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 14 Juin - 23:13

Plus William avait repensé à cette journée là, plus il se rendait compte qu’il s’en était sorti de justesse. Il savait que les mutants étaient traqués, et même s’il ne l’admettait pas vraiment, c’était une des raisons qui l’incitaient à se montrer prudent. Mais il y a quatre jours, tout avait dérapé. Il avait accumulé bourdes sur bourdes et si personne ne l’avait remarqué cela n’était dû qu’à une chance insolente. Peut-être aussi au fait que son pouvoir était dans la plupart des cas absolument anodin.

En fait, ce n’était que quand il recevait les émotions des autres que les problèmes arrivaient. Dans ces cas là il perdait pied, et cela pouvait avoir des conséquences qu’il voulait par-dessus tout éviter. Emettre des émotions n’avait jamais provoqué de catastrophe jusqu’à présent. Mais il savait qu’il ne pouvait imaginer tout ce qui pouvait arriver. Il n’aurait jamais imaginé ce qui s’était produit avec Myriam.

Il s’était dit qu’il ferait tout ce qui était nécessaire pour que cela ne se reproduise pas. Et pourtant, voilà peu il s’était retrouvé à gambader au milieu de la foule et à jouer les chevaliers servants. Bon, d’accord, la rue était en fait quasiment vide. Mais rien ne pouvait excuser sa conduite. Il aurait dû prévoir. Il aurait surtout dû rester chez lui !

Tout était au final rentré dans l’ordre. Il était retourné à sa petite vie tranquille, Emma avait repris la sienne et nul doute qu’elle l’avait oublié aussitôt. Il fallait juste qu’il se montre plus prudent à l’avenir.

Emma… Quelle femme surprenante ! Il s’était retrouvé avec elle à la terrasse d’un café, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Que ne donnerait-il pas pour revivre ce moment ! Il ne savait pas par quoi il avait été le plus intimidé. Par la personnalité publique de la jeune femme ? Rencontrer Emma Frost n’était pas rien tout de même ! Ou bien par ce qu’elle semblait vouloir dissimuler derrière ? Il n’était même plus sûr de ce qu’il avait cru discerner… Par autre chose ? Mais quoi ? Qu’est-ce qui avait pu le pousser à se montrer aussi imprudent ?

*Arrête de penser des âneries et concentre-toi sur ton travail. Cela n’aurait pas dû arriver et ça n’arrivera plus.*

C’était d’une matinée de repos que tout était parti, et également d’une idée saugrenue de sa part. Du coup il n’avait jamais été aussi ponctuel à son poste que ces derniers jours. Dans son bureau, environnement qu’il maîtrisait, il était certain que rien ne pouvait aller de travers. Ce n’est que quand il sortait de d’ici qu’il devait faire attention. Il s’était donc contenté de la palpitante existence qui consistait à sortir de chez lui, aller directement à l’université, y rester consciencieusement, puis prendre le chemin du retour en fin de journée. Et le fait était qu’il ne s’était plus rien produit d’anormal depuis. Routine, routine chérie…

C’était donc relativement confiant qu’il avait entamé la présente journée. Et celle-ci s’était montrée à la hauteur de ses attentes. Mis à part un serveur qui après quelques requêtes en trop avait décidé de se réfugier dans un mutisme absolu, rien n’était venu perturber leur petite équipe. Cher serveur défaillant ! Tombée pile au moment du café, la panne lui avait évité cette fastidieuse corvée consistant à écouter les derniers racontars autour du distributeur. Il évitait au maximum cette épreuve, non pas que les ragots lui fissent un effet quelconque. Mais le moment était alors propice aux montées d’adrénalines, et celle-ci à taux élevé ne lui était pas bénéfique, même chez les autres.

Il avait donc sauté sur cette occasion qui lui était offerte de prendre un peu l’air. La machine récalcitrante était située au sous-sol, ce qui enchantait William. Peu de monde aimait se retrouver dans une pièce sans fenêtre, et cela lui garantissait de n’y trouver quasiment personne. De ce côté-là son souhait fut exaucé. Mais hélas, la panne en question s’avéra de piètre consistance. Il aurait eu bien du mal à trouver une bonne raison de s’attarder à cet endroit.

Il prit donc à regret le chemin inverse qui l’amena devant la porte du hall qui desservait leurs bureaux. Il s’arrêta le temps de présenter son badge magnétique. Quelques bribes de conversation lui parvinrent à travers la porte.

« Il ne devrait pas tarder. Il a du aller chercher quelque chose. D’ailleurs, j’étais venu lui expliquer que trois ordinateurs ne fonctionnaient plus dans la salle 401, et… ». La suite lui échappa. Mais il avait saisi l’essentiel. La salle 401 était sous sa responsabilité. C’était donc de lui dont il était question.

*Allons bon ! Ce crétin prétentieux de Jason ! Quand comprendra-t-il qu’il n’a pas besoin de venir me voir en personne à chaque problème. On a le téléphone bon sang ! Et la messagerie ! Mais ça il faudrait déjà qu’il sache s’en servir…*

*Hé ! Zen ! Tu le connais bien maintenant… Ça ne devrait plus te surprendre.*

*Je suis surtout surpris qu’il ait pu trouver encore quelqu’un qui ne soit pas au courant de son incommensurable bêtise !*


Le badge fit son office, et la serrure s’ouvrit sèchement. William poussa la porte tout en réalisant qu’il n’avait pas interprété ce qu’il avait entendu dans son ensemble. Visiblement quelqu’un le cherchait. Et bien ! Si le début de la journée avait été calme, cela ne semblait pas vouloir continuer. Dommage…

William entra dans le hall.

« Oui Jason, salle 401, je sais ! Je m’en occupe dès que possible. »

La jeune femme avec qui Jason discutait lui tournait le dos. Fichtre qui cela pouvait-il être ? Les étudiants n’étaient en aucun cas autorisés à rentrer ici, et même cette andouille congénitale de Jason le savait. Un professeur ? Peu probable. Ils ne venaient pas les déloger ici. Cela ne présageait rien de bon. Il se dirigea vers elle.

« Mademoiselle vous me cherchiez ? Que puis-je faire pour vous ? »

Elle se retourna vers lui. Et il cru que son cœur cessait de battre. C’était surréaliste !

*C’est… Mais… Comment…*

*Allo ? Il y a des neurones là dedans ?*


Il aurait dû la reconnaître avant. Sa présence à elle seule emplissait la pièce. Mais il avait été à mille lieues d’avoir envisagé une telle possibilité.

*MAIS QUE FAIT-ELLE ICI ???*

*Quelque chose me dit qu’elle n’est pas venue postuler dans le service… Devine, abruti !*

*Mais c’est impossible ! Impossible ! Il n’y a aucune raison logique à ça !*

*Etant donné que visiblement elle a demandé à te voir, je ne vois plus ce que la logique pourrait bien y faire maintenant.*


Heureusement que le hall était vaste. Personne n’avait dû se retrouver à portée de ses capacités. Car si là il n’avait rien émis, il n’enverrait jamais plus rien !

Gelé. Son cerveau était gelé. Comment allait-il se sortir de là ? Il ne savait même pas ce qu’elle était venue chercher ! Quelle bêtise avait-il encore fait ? Et cet ignare de Jason qui ne semblait même pas l’avoir reconnue ! Il ne vint même pas à l’esprit de William qu’il aurait été sans doute plus adroit d’éviter les présentations. Il fallait dire quelque chose, et c’était la seule phrase qui lui venait.

« B… Bonjour E… mademoiselle Frost. »

*Tu as failli l’appeler Emma ! Il n’aurait plus manqué que ça.*

*Ben tu m’excuseras mais c’est par son prénom que j’ai pensé à elle ces derniers jours ! Et je n’avais pas prévu de la revoir !*


Son cœur se remit à battre. La stupéfaction passée, il chercha désespérément une position de repli. Un endroit sûr. Son bureau, il fallait qu’ils aillent dans son bureau !

*Tu n’as rien de mieux à lui proposer ?*

*Non ! J’ai déjà du mal à rester debout, alors je fais au mieux !*


Il respira profondément et essaya de sourire. Il se dirigea vers la porte de la petite pièce qui lui était attribuée, l’ouvrit, et de la main invita la jeune femme à l’y précéder.

« Si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer… ».

Il voyait bien que Jason aurait souhaité connaître le fin mot de l’histoire. Tans pis pour lui. Durant les prochains jours, son collègue n’allait certainement pas le lâcher avant d’avoir une explication, mais il considérerait ce problème plus tard. Chaque chose en son temps.

Certes, son bureau était petit mais fonctionnel. Trop fonctionnel. William ne voulait laisser de prise à personne, et cet espace le reflétait. Pas de décoration... Rien de personnel... De l'efficace. Mais il s'y sentait bien. La fenêtre donnait sur un espace vert et la lumière entrait aisément. Très fonctionnel donc, à un détail près dont il ne prit conscience qu’après avoir refermé la porte derrière eux. Son fauteuil de bureau était la seule assise disponible. D’habitude cela l’arrangeait, car ainsi les visiteurs ne s’attardaient pas. Mais aujourd’hui c’était différent. Très différent.

« Ah, oui ! Une seconde… ». Il fit rouler le fauteuil d’un côté à l’autre du bureau et le proposa à son invitée surprise. Lui-même, ne sachant plus où se mettre, s’appuya aussi nonchalamment qu’il le put sur l’une des armoires basses.

Ce n’est qu’alors qu’il prit quelques instants pour faire le point. Elle était ravissante, comme la dernière fois. Comment ne pouvait-elle pas l’être ! Dans un style différent cependant. Elle avait troqué son tailleur gris contre une robe blanche qui lui allait à ravir. Et malgré sa mésaventure de l’autre jour, elle n’avait pas renoncé à ses hauts talons. Il ne savait pourquoi mais il n’était pas surpris. Ainsi elle avait abandonné la panoplie de la femme d’affaire… Il ne chercha même pas à savoir si cela pouvait signifier quoi que ce soit. La gent féminine était un mystère pour lui et il en était parfaitement conscient.

Il réalisa soudain qu'elle tenait deux tasses fermées. Elle avait pris des boissons ? Elle avait pris cette peine avant de venir le voir lui ? Tout cela le laissait de plus en plus perplexe... Il déplaça vers elle le caisson à roulettes qui complétait son bureau. Cela ferait une desserte tout à fait honorable.

« C'est très aimable à vous ! Puis-je vous débarrasser ? ».

La même question revenait sans cesse : Que faisait-elle ici ? Elle avait forcément une raison

*Et si tu le lui demandais, tout simplement ?*

« Que me vaut la j... l’honneur de vous revoir ? »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mar 15 Juin - 9:43

    « Mademoiselle vous me cherchiez ? Que puis-je faire pour vous ? »

    Dos à lui, et toujours perchée sur un coin de table, elle descendit pour faire face au nouvel arrivant qui n’était autre que la personne qu’elle était venue voir. Elle ne doutait pas réellement qu’il ne puisse la reconnaître, une fois qu’elle se tournerait. Rien à voir avec une prétention quelconque, c’était juste une logique imparable. Après tout ne l’avait-elle pas rencontré alors qu’il surveillait la Frost ? Il y avait donc, très peu de chance, pour qu’il ne puisse reconnaître la personne qui était venue le voir, le tout était de se montrer de face. Ca aidait toujours à reconnaître une personne. Elle n’avait rien répondu, mais elle ne pu s’empêcher de sourire en voyant la réaction. Il avait franchement l’air surprit, ce qui ne pouvait que la ravir.

    * MAIS QUE FAIT-ELLE ICI ??? *

    Emma n’était pas en pleine utilisation de son pouvoir, elle ne l’utilisait pas du tout, même. Cependant la télépathie était une chose un peu compliquée. Elle devait surtout se concentrer pour ne rien avoir à entendre, alors comment passer à côté de ce genre de pensée, si nette, si précise, si « forte » ? A peine avait-il prononcé cette question, intérieurement, qu’Emma avait marquée une certaine surprise, avant de se remettre à sourire par la situation. D’accord, elle avait eu envie de voir une réaction d’étonnement, ça avait toujours quelque chose de particulièrement flatteur, non ? Alors les réactions qu’il pouvait avoir, ses questionnements intérieurs, étaient particulièrement flatteur. A aucun moment elle ne prit ses réactions comme le fait qu’il puisse être mécontent de la voir ici. Là encore, il ne fallait pas y voir une prétention particulière, mais elle avait 400 ans derrière elle, et un peu moins pour savoir les différentes réactions qu’elle pouvaient provoquer et comment les reconnaître. Peut être pour cela qu’elle paraissait parfaitement sur d’elle. Là, où des gens aurait pu hésiter et se confondre d’excuse en estimant qu’ils n’étaient pas les bienvenus, Emma était certaine que ce n’était pas le cas actuellement. William était surprit. Il ne comprenait pas. Mais il y avait peu de chance qu’il ne soit pas, ne serait-ce qu’un peu, content de la voir. Après, elle n’avait pas la science infuse, l’erreur était possible.

    « B… Bonjour E… mademoiselle Frost. »
    « Bonjour William »

    Grand sourire sur le visage, les mains jointes devant elle, avec cet air parfaitement innocent qu’elle savait si bien faire. La phrase, cette salutation pouvait paraître complètement anodine, pourtant le choix de donner son prénom était parfaitement voulu. Il avait manqué de l’appelé, elle-même, par Emma, avant de se rattraper. Le fait de ne montrer aucune hésitation à le nommer autrement que par son nom, était sûrement fait pour un côté déstabilisant. D’accord, elle cherchait peut être, un peu –mais pas tant que ça, quoique…- à le mettre mal à l’aise. Mais ce n’était pas vraiment dans un fond méchant, bien au contraire. Il avait ce côté tellement attendrissant quand il hésitait, reformulait, ratait une phrase pour la reprendre.

    Et pendant ce temps l’homme, du nom de Jason –si elle avait tout bien suivit-, se retrouvait en retrait, semblant observer le manège qui se passait devant lui, sans vraiment en comprendre quoique ce soit. Emma lui lança un rapide regard, pendant que William se dirigeait vers une porte, et il aurait été mentir de dire qu’elle ne songea pas à faire office de ses pouvoirs sur lui. Le forcer à dire quelque chose, à faire quelque chose. Elle ne savait pas encore quoi, mais il y avait tellement de possibilité : le rendre plus ridicule que ce qu’il pouvait être ? Idée tentante. Mais un peu dangereuse avec William dans les parages. Si Jason semblait avoir un sérieux souci sur un point de vue cérébral, il y avait trop peu de chance que ce soit le cas de William, qui devait probablement cogiter très vite malgré ses gaucheries attendrissantes.


    « Si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer… ».
    « Volontiers »

    Toujours ce large sourire sur les lèvres. Elle attrapa les cafés qu’elle avait posés sur un coin de table, pour se tourner légèrement vers Jason, afin de le saluer d’un mouvement de tête et une petite courbette, très légère, qui était plus ironique qu’autre chose. William n’avait pas fait les présentations et, Emma, ne vit pas réellement l’intérêt de les demander. L’homme se retrouva seul dans son coin pendant qu’Emma entrait dans l’endroit que William lui indiquait. La pièce ne possédait pas la moindre décoration. Regardant les murs elle fut un peu vexée de ne pas pouvoir trouver quelques photos ou quoique ce soit qui le renseigne un peu plus sur William. Mais la deuxième impression fut que, finalement, cela la renseigner peut être que trop bien. N’avait-il pas dit ne pas connaître grand monde ici, être partit pour des raisons personnelles de France. Et si finalement, cette absence de décoration, de photos, de quoique ce soit, était parfaitement significatif de la vie qu’il menait ? Même pas un deuxième fauteuil, ou une chaise en plus. Il ne devait pas avoir trop de visite dans son bureau.

    « Ah, oui ! Une seconde… ».
    « Merci »

    Le mot fut lâcher quand elle eu le droit au fauteuil. Elle aurait bien annoncé qu’il pouvait le garder, qu’elle pouvait parfaitement tenir sur ses jambes. Après tout c’était elle qui était arrivée à l’improviste, ce qui donnait à William le droit de garder son fauteuil. Mais, elle était d’avis de dire que faire cela ne serait pas une bonne idée. Elle avait souvenir de sa galanterie en diverses situation, et refuser le fauteuil serait une sorte d’offense. Un truc dans le genre. Enfin, cela ne servait à rien de le refuser. Elle avait toujours ses cafés en main pendant que William prenait place contre une armoire. Elle allait même signifier ses cafés, ou du moins lui en proposer un, quand il se remit rapidement en mouvement. Et voilà quand peu de temps, elle se retrouva avec un caisson à roulette devant elle.

    « C'est très aimable à vous ! Puis-je vous débarrasser ? ».
    « Oui, merci. Heu.. je vous aie prit un déca. Enfin, c’est ce que vous avez prit la dernière fois, alors j’ai pas oser me risquer dans le café »

    Bon, elle espérait que cela irait. Ca se trouve le déca qu’il avait prit était juste une envie passagère, et elle se serait complètement planter dans son choix d’aujourd’hui. En même temps, ce n’est pas comme si elle pouvait deviner les goûts des personnes après avoir bu un café avec eux. Elle posa les deux tasses sur le caisson, laissant le déca plus en avant à l’intention de William.

    « Que me vaut la j... l’honneur de vous revoir ? »

    Un sourire traversa le visage de la jeune femme –enfin, pas si jeune que cela, en réalité- pendant qu’elle s’installa plus confortablement dans le fauteuil, croisant les jambes dans un geste précis et des plus automatiques. Ses dents du haut pincèrent légèrement sa lèvre inférieure alors qu’elle cherchait une réponse des plus adéquate à répondre à William. Juste envie de vous revoir ? C’était parfaitement dans ses cordes de répondre ce genre de chose, mais William ne semblait pas être la personne à qui répondre se genre de chose, à moins d’avoir envie de le voir se confondre. L’idée était tentante, mais elle décida de ne pas la mettre à exécution. Bien évidemment, elle n’était pas venue sans le moindre plan en tête, sans avoir quoique ce soit à proposer. Cela l’aurait mit dans une situation bien inconfortable face à une telle question. Ce qui n’était, définitivement, pas le cas.

    « Et bien en réalité j’ai repensé à ce que vous avez dit sur le fait que vous ne connaissiez pas vraiment la ville. Comme je suis installé ici depuis un paquet d’année –ce qui était le cas de la dire dans le cas d’Emma- je me suis dit que je pourrai vous montrer quelques endroits. »

    Depuis combien de temps habitait-elle New York ? Ca devait remonter avant la naissance de William. Détail qu’il n’était, bien évidemment, pas nécessaire de lui dire, sans que cela implique certaine question. Pour ce qui était de sa proposition, il allait de soit, qu’elle ne comptait pas le kidnapper alors qu’il avait sûrement du travail à faire. Après tout, Jason n’avait pas parlé de la salle 401 ? Le moment n’était peut être pas le meilleur, de ce fait, elle continua rapidement.

    « Bien sur cette proposition est valable dans le temps. Elle n’est pas faite pour que vous acceptiez dans la seconde. Je veux dire, par là, que vous avez probablement encore des choses à faire, un nombre d’heures à respecter. D’ailleurs, j’aurais peut être du prévenir de ma visite. Peut être que je vous importune et que je pourrai revenir à un moment plus propice. »

    Pure politesse de sa part, et elle comprendrait parfaitement si il acceptait qu’elle revienne plus tard. Mais, hormis cela, il y avait peu de chance pour qu’elle ait pu prévenir de sa visite. Ne pas voir cet air surprit qu’il avait eu, méritait de se déplacer pour repartir aussi vite pour cause de travail excessif.

    « Car il va de soi, que mon but n’était absolument de vous déranger ou de créer quelques ennuis que ce soit avec vos collègues »

    Elle faisait référence à Jason, ne souhaitant pas que celui-ci chercher trop à avoir des réponses ou s’amuse à parler à tout le monde de la visite qu’avait eu William. Elle ne travaillait pas ici, cela ne pouvait pas lui poser de problème, mais elle s’en voudrai que William puisse être réduit à devoir répondre à de véritable interrogatoire. Finalement, un petit tour dans la tête de Jason pouvait être une bonne chose… A méditer.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mar 15 Juin - 16:43

« Et bien en réalité j’ai repensé à ce que vous avez dit sur le fait que vous ne connaissiez pas vraiment la ville. Comme je suis installé ici depuis un paquet d’année je me suis dit que je pourrai vous montrer quelques endroits. »

Il est resta bouche bée. S’il pensait qu’elle ne pouvait plus le surprendre, elle visiblement cherchait à pulvériser son record. Sa proposition avait été formulée avec un naturel ahurissant, comme s’il était dans l’ordre des choses qu’une des femmes les plus influentes de la ville se propose de lui servir de guide alors qu’elle le connaissait à peine. Tout cela n’annonçait rien de bon. Il y avait forcément un piège quelque part. Mais il était bien en peine d’en deviner la substance.

« Bien sur cette proposition est valable dans le temps. Elle n’est pas faite pour que vous acceptiez dans la seconde. Je veux dire, par là, que vous avez probablement encore des choses à faire, un nombre d’heures à respecter. D’ailleurs, j’aurais peut être du prévenir de ma visite. Peut être que je vous importune et que je pourrai revenir à un moment plus propice. »

Pouvoir se libérer un peu quand il le voulait faisait partie de ses petites prérogatives. Son chef avait appris à apprécier son travail, et lui accordait quelques libertés. De plus celui-ci savait pertinemment que s’il demandait à William de se conformer aux horaires administratifs, cela reviendrait à lui demander de travailler moins étant donné le nombre d’heures supplémentaires non comptabilisées effectuées de chez lui. S’absenter était donc le cadet de ses soucis.

Par contre le prévenir aurait effectivement été une bonne idée. Enfin, cela dépendait de quel point de vue on se plaçait. De celui de William, cela lui aurait certainement permis d’esquiver. Visiblement elle n’avait pas voulu lui laisser cette marge de manœuvre.

Et là il y avait un problème. Soit elle le croyait suffisamment stupide pour ne pas se rendre compte que le surprendre était précisément ce qu’elle voulait, et dans ce cas là il ne voyait pas bien ce qu’elle venait faire ici. Soit elle savait pertinemment qu’il le comprendrait, et… Et bien là non plus il ne voyait pas ce qu’elle venait faire ici. Mis à part jouer avec lui. C’était l’explication qui cadrait le plus avec toute cette histoire.

« Car il va de soi, que mon but n’était absolument de vous déranger ou de créer quelques ennuis que ce soit avec vos collègues »

Ah oui… Jason. Il fallait qu’il s’occupe de celui-là avant que cette histoire n’ait fait le tour des bureaux. Qu’elle n’ait pas voulu lui créer des ennuis, il voulait bien le croire. Mais alors que cherchait-elle ? Elle jouait avec lui ! Il ne pouvait en être autrement ! Une douleur sourde lui vrilla l’estomac. Il ferma les yeux une seconde, et quand il les rouvrit on pouvait y lire une détermination aussi soudaine que totalement inhabituelle chez lui. Si elle voulait jouer il allait lui en donner pour son argent.

« Si vous voulez bien m’accorder une seconde... »

Il sortit du bureau et se dirigea vers Jason qui, comme il s’y attendait, guettait leur sortie.

« Tu peux me rendre un service ? Les machines de la 401, simplement aller les redémarrer. Je jetterai un coup d’œil plus approfondi ce soir. Et au fait… Tu seras très gentil de garder cette petite visite pour toi. Il serait dommage qu’il me prenne l’envie d’aller vérifier les logs du serveur de calcul pour voir qui jouait avec quand tout s’est planté la semaine dernière. ». Bon, d’accord, ses relations avec Jason n’allaient pas s’améliorer. Mais au moins il était tranquille de ce côté-là.

*Le chantage maintenant ? Tu joues à quoi toi aussi ?*

*Je fais avec ce que j’ai. Lâche-moi.*


Il se sentait laminé. Pourquoi jouait-elle ce jeu ? Elle n’avait rien à gagner avec lui. Etait-ce une petite vengeance pour la dernière fois ? Il n’y croyait pas lui-même. Pas elle. Elle jouait à un autre niveau.

Il retourna dans son bureau, et ce ne fut qu’après avoir refermé la porte qu’il osa à nouveau la regarder. Et comme il s’y attendait sa détermination fondit aussitôt. Tout ceci était absurde. Quelles que soient les raisons qui avaient pu pousser Emma à revenir le voir, il ne pouvait pas entrer dans son jeu. La partie était finie pour lui, avant même d’avoir commencée.

Elle l’avait appelé par son prénom. Forcément il l’avait remarqué. Il ne pouvait se résoudre à en faire de même.

« C’est très aimable à vous mademoiselle Frost de vous être déplacée jusqu’ici. Je suis très flatté de l’attention que vous me portez. Mais… »

Quelle explication lui donner ? D’ailleurs pourquoi cherchait-il à s’expliquer ? Il ne lui devait rien ! Mais au fond de lui il savait qu’il lui était bien redevable de quelque chose. Toute cette histoire l’avait secoué, mais elle avait réveillé en lui des choses enfouies. Certes cela faisait mal… Mais avoir mal prouvait qu’on était vivant. Alors le maximum de vérité, et beaucoup d’omissions. Il espéra que le regard qu’il posa sur elle lui montrerait sa sincérité.

« Il me serait très difficile de vous accompagner. Voyez-vous… Je… J’ai… Un problème. Il n’est pas recommandé que je… me rende dans des lieux fréquentés. »

Il était quand même le roi des imbéciles. Le rêve de tout homme normalement constitué se tenait devant lui et lui proposait sa compagnie, et il ne trouvait rien de mieux à faire que de rejeter sa proposition.

*Tu as eu raison. Cette histoire n’a pas d’avenir.*

*Alors je n’en aurai jamais non plus…*

*Un jour viendra où tu te maîtriseras. A ce moment là seulement tu cesseras d’être un danger.*

*Oui… Peut-être… Ou peut-être pas.*

*Ne fais pas de bêtise !*


Mais il y avait certainement des endroits calmes où se rendre ! Si elle connaissait la ville aussi bien qu’elle le prétendait… Il n’avait plus rien à perdre. Sans trop y croire il reprit :

« Mais… Vous connaissez peut-être… Quelques lieux tranquilles… »

*Là ça donne l’impression que tu veux carrément te retrouver seul avec elle !*

*C’est bien l’idée oui…*

*Mais elle pourrait se méprendre sur la véritable raison !*

*Je viens de le lui expliquer...*


Il refusait de s’avouer que l’espoir de se trouver seul en la compagnie de la jeune femme n’était pas porté que par la crainte des activations spontanées de ses capacités. Il essaya de deviner ce qu’elle pouvait bien penser après sa pitoyable tirade. Il n’avait pu que finir de la persuader qu’il était définitivement cinglé. Mais il ne pouvait s'empêcher d'attendre le verdict, le cœur battant.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mar 15 Juin - 18:52

    « Si vous voulez bien m’accorder une seconde... »

    En vue du regard surprenant, il faut avouer, qu’il avait fait, Emma ne pu qu’hocher la tête de manière positive, se demandant tout de même comment il allait occuper ce laps de temps qu’il demandait. Étonnant de voir la détermination qu’il avait pu avoir dans ce regard, jusqu’à présent, elle avait été privé de cette vision ce qui rendait l’action d’autant plus surprenante. William sortie du bureau et, il serait mentir de dire qu’Emma ne chercha pas à écouter se qui se passait dans la pièce d’à côté. Heureusement pour elle, William ne partit pas bien loin. Jason n’avait pas quitté sa place derrière la porte. Bien curieux ce petit employé de l’université. Les mots restaient tout de même estompé, mais elle pu en saisir suffisamment de bride pour comprendre le message général. Elle ne pu s’empêcher de sourire sous le chantage qu’il faisait à son collègue, juste pour que celui-ci ne vienne pas ébruiter la visite que William avait reçu.

    Finalement l’homme était surprenant, elle ne l’aurait pas imaginé en venir à ce genre de chose. Jusqu’à présent, elle le voyait comme une personne d’assez effacer ou, du moins, cherchant à éviter les ennuis et surtout les gens qui pouvaient l’entouré. Et voilà qu’il se mettait à profaner des sortes de menaces, sous forme de chantage pour ne pas faire savoir certain fait. C’est, en tout cas, ce qui la marqua le plus dans le bref échange qu’il venait d’y avoir. Souriante, elle s’adossa au fauteuil, attendant sagement le retour de William qui ne tarda pas, une fois sa phrase donnée à Jason.

    La porte se referma sur William et, Emma, leva les yeux sur lui pour voir cette étincelle disparaître aussi vite qu’elle était venue. Avait-elle le pouvoir d’enlever toute volonté sur des personnes ? Mauvaise question. Peut importe… Peut être y avait-elle été un peu fort. Sûrement même. Cependant, elle n’allait pas se refaire du jour au lendemain. Et encore, elle s’était trouver plutôt cool par rapport à certaine situation. Emma n’était pas du genre à tourner autour du pot pendant des lustres, quand elle cherchait à séduire elle savait, également, se faire plus qu’équivoque. Chose qu’elle n’avait absolument pas tenté sur William. Les choses auraient franchement pu être bien pire. Mais passons. William reprit, elle lui accorda son attention.


    « C’est très aimable à vous mademoiselle Frost de vous être déplacée jusqu’ici. Je suis très flatté de l’attention que vous me portez. Mais… »

    Le « mademoiselle Frost », alors qu’elle l’avait délibérément appelé par son prénom un peu plus tôt, signait une très mauvaise suite à sa phrase. Plissant légèrement les yeux, elle chercha à déterminer ce qui allait suivre. Un refus, ça ne faisait pas vraiment de doute. Le tout était d’en connaître les raisons. Plusieurs choses lui trottaient dans la tête, en réalité. Est-ce qu’il pensait réellement qu’elle n’avait pas songer au statut qu’elle avait comparer au sien à lui ? Elle serait dans sa situation qu’elle se poserait forcément des questions. Logique. Parfaitement logique. Mais tellement idiot.

    Se retrouver dans ce genre de situation n’était pas une première. Elle était déjà tomber sur des hommes, plus loquace et plus direct que William, qui s’était tout de suite interroger sur les raisons qui poussait Emma à s’intéresser à quelqu’un « comme eux ». Le débat, dans ce genre de situation, avait une légère tendance à l’irriter. D’accord, la plus part du temps –voir tout le temps, sauf rare occasion- il n’était question que de tableau de chasse, de défi, et de chose en tout genre. Et même si c’était le cas en ce moment –ce qu’elle s’évertuait à vouloir croire- pourquoi est ce qu’elle ne pourrait s’intéresser à quelqu’un comme lui ? Après tout, est ce que parce qu’il avait un boulot dans une université, il n’avait pas lieu d’être intéressant ? Les gens avaient une fâcheuse tendance à faire une fixette sur un idéal, trop de fois on entend ce fameux « elle est trop bien pour moi » ou « Ca cache quelque chose ». Les hommes étaient donc si peu sur d’eux pour penser que personne ne peut s’intéresser à eux pour peu que cette personne soit à la tête d’une entreprise ? Refoulant ce genre de penser, elle resta fixée sur William, pour voir ce qu’il allait annoncer.


    « Il me serait très difficile de vous accompagner. Voyez-vous… Je… J’ai… Un problème. Il n’est pas recommandé que je… me rende dans des lieux fréquentés. »

    Doucement et brièvement, elle émit un léger rire. Rien de moqueur, mais elle pensait lui avoir fait comprendre –lors du café- qu’elle avait parfaitement saisi le fait qu’il n’aimait pas les foules. En aucun cas elle avait pensé le mener dans le magasin le plus branché de New York le premier jour des soldes. Cela aurait été complètement stupide. Mais finalement, il devait la trouver, peut être, un peu trop blonde pour qu’elle puisse comprendre qu’il n’était pas fait pour les foules. Emma se releva du fauteuil qu’il lui avait passé, gardant un sourire de façade tout en se demandant, encore, comment elle allait bien pouvoir lui répondre. Mais elle n’eu le temps de réfléchir davantage, que William avait déjà commencé à compléter sa phrase.

    « Mais… Vous connaissez peut-être… Quelques lieux tranquilles… »

    Aucun doute sur le fait que la surprise devait se lire sur son visage, alors qu’elle était debout face à lui. D’ailleurs cette fin de phrase l’avait complètement rendu stoïque pendant une courte seconde, ou elle cherchait à être sur de ce qu’elle avait entendu. Il essuyait un refus, ou une difficulté à l’accompagner pour finalement lui demander si elle connaissait des lieux tranquilles. Elle pouvait, effectivement, prendre cette phrase dans une toute autre façon qu’elle ne fut pensée et dite. Mais, il avait dit ne pas aimer les lieux fréquentés, alors il était franchement compliqué de comprendre de travers. A la limite, elle pouvait seulement faire semblant d’avoir comprit tout autre chose, histoire d’accentuer un certain malaise. Mais était-ce bien raisonnable ? Elle ne le pensait pas réellement..

    « J’ai quelques adresses, mais vous les voulez peut être, histoire d’être certain de vous y rendre seul, Monsieur Baley ? »

    La question avait été posée avec un peu trop de froideur, sans doute. Emma avait l’ego un peu tatilleux, en réalité, et le fait qu’il puisse penser qu’elle n’avait pas songer à un endroit tranquille était une sorte d’atteinte à cet ego. Qui a dit qu’elle était parfaite ? Mais les mots furent prononcés et, très rapidement, regretté. Elle lâcha un léger soupir, montrant parfaitement le fait qu’elle savait qu’elle avait eu une réaction un peu trop excessive. Après tout si il avait vraiment peur de se rendre dans un lieu un peu trop peuplé, il était logique qu’il s’assure que l’endroit serait calme. Il y a des craintes qu’on ne contrôle pas vraiment. Même si elle ignorait les raisons de cette peur qu’il avait. Levant son visage pour planter ses yeux dans ceux de William, elle prit partie de mettre certaine chose au clair. On ne pouvait pas lui reprocher de laisser les choses se tasser.

    « Désolée la remarque était complètement hors de propos. Mais j’ai une question. Est-ce que si j’avais été une employé de n’importe quel bureau de cette ville, vous vous montriez aussi réservé et aussi… » Dans une légère moue pensive, elle chercha son mot « …Méfiant, oui, je pense que méfiant est le mot ? »

    En fait, il était assez étonnant qu’elle pose cette question. En temps normal, elle se serait contenter de laisser planer un doute sur les raisons de son intéressement, jusqu’à endormir complètement ce doute. Et là, elle avait comme besoin de savoir si ce qu’elle était posait le moindre problème, prête à se justifier si c’était le cas. Chose qui ne lui ressemblait pas réellement. Si ça question pouvait avoir quelque chose de perturbant pour la personne qui la recevait, elle l’était tout autant pour celle qui la posait. Dans un léger nouveau soupir, elle ferma un instant les yeux en se pinçant le haut de son arrête du nez, une mimique idiote qui lui donnait l’impression de mieux pouvoir réfléchir. Comme si un simple geste amener les neurones à se connecter entre eux. Débile. Mais les habitudes ont la vie dures. Rouvrant les yeux et laissant sa main retomber le long de son corps, elle décida de reprendre.

    « Franchement rien ne vous oblige à accepter, j’ai juste apprécier le café qu’on à partager et c’est tout. Maintenant, je peux tout aussi bien repartir, comme je suis venue, et ça s’arrête là. »

    Quelque peu anxieuse, sa lèvre inférieur se retrouva légèrement coincé sous ses dents supérieures. On ne pouvait faire plus clair comme mise au point. Le sujet qu’elle abordait n’avait pas été exprimé ouvertement, mais elle y allait de son expérience pour deviner ce genre de chose. Sûrement un peu de son pouvoir, surtout lors de leur première rencontre ou elle l’avait que trop utilisé. Un climat de méfiance ou de questionnement à longueur de temps était complètement stupide. Ce qui était étonnant vu sa manière d’agir en temps normal. Mais ce n’était pas le moment de se questionner sur sa façon d’agir. Elle aurait tout le temps pour cela, plus tard.

    « Finalement, apporter un café n’était peut être pas une si bonne idée. »

    La phrase était basse, dite presque à regret. Approche trop directe ? Probablement, elle avait foiré quelque chose à un moment donné. Le plus étrange c’est qu’elle s’en formalise et qu’elle puisse être à la limite de le regretter. Avec un peu de chance, elle arriverait même à se convaincre, elle-même, qu’elle avait eu une très mauvaise idée. Aussi bien pour William que pour elle. Quelque chose ne tournait pas rond dans sa tête, il faut croire. Un regard sur la porte de sortie lui suggéra de la prendre assez rapidement, de laisser tomber cette histoire. Mais autre chose la laissait, juste, planté là à attendre une réponse a ce qu’elle venait de dire avec un certain enchaînement. Un peu plus et elle avait l’impression de remonter 400 ans en arrière, quand elle s’était retrouver face à son premier béguin.

    Quand tu veux tu te secoue un peu, Emma !
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mer 16 Juin - 0:37

« J’ai quelques adresses, mais vous les voulez peut être, histoire d’être certain de vous y rendre seul, Monsieur Baley ? »

Et voilà… Il s’était encore une fois embrouillé dans des semblants d’explications fumeuses qui avaient rendu la situation encore plus compliquée qu’elle ne l’était déjà. Il était certain qu’elle avait compris le sens de sa phrase. Mais il devait l’avoir blessée, et elle réagissait en conséquence. Le retour au « monsieur Baley » ne le soulignait que trop l’intonation froide avec laquelle sa réponse avait été exprimée.

Il réalisa, en la voyant debout devant lui, qu’il craignait tellement de lui faire du mal avec son pouvoir qu’il avait réussi à lui en faire sans. Pathétique…

« Désolée la remarque était complètement hors de propos. Mais j’ai une question. Est-ce que si j’avais été une employé de n’importe quel bureau de cette ville, vous vous montriez aussi réservé et aussi… Méfiant, oui, je pense que méfiant est le mot ? »

Elle semblait regretter son mouvement d’humeur. Sa remarque était pourtant parfaitement dans le contexte au contraire. Et sa question était… pertinente. Il sentait toutefois qu’elle n’avait pas fini d’exprimer ce qu’elle avait sur le cœur et préféra la laisser continuer avant de chercher ce qu’il pourrait bien lui répondre.

Debout tous les deux, il la dominait largement. Mais il se sentait comme un gamin que l’on réprimande. Il n’avait jamais voulu la blesser, mais il était trop tard. Chaque mot qu’elle prononçait le lui faisait sentir au plus profond de lui. Elle semblait elle aussi chercher ses mots.

« Franchement rien ne vous oblige à accepter, j’ai juste apprécier le café qu’on à partager et c’est tout. Maintenant, je peux tout aussi bien repartir, comme je suis venue, et ça s’arrête là. »

Tout simplement. Elle était directe, elle. Franche. Avec son esprit tortueux et paranoïaque, cette simple explication ne lui était même pas venue à l’idée. Et pourtant il avait pu déjà se rendre compte de son tempérament. Qu’avait-il été imaginer !

Elle semblait maintenant elle aussi agitée de réflexions intérieures. Quoi de plus normal. A ses yeux son comportement avait dû paraître incompréhensible. Elle devait se demander d’où pouvait bien sortir un rustre pareil.

Elle lui avait dit ce qu’elle pensait. Elle devait maintenant attendre qu’il réagisse. Mais avant qu’il ait pris la parole à son tour, une dernière phrase qu’il n’aurait peut-être pas entendue hors du silence pesant qui s’était installé lui fit l’effet d’un électrochoc.

« Finalement, apporter un café n’était peut être pas une si bonne idée. »

Ce questionnement tout simple en disait plus que tout le reste. Il lui avait prêté des intentions qu’elle n’avait jamais eues. C’était le monde à l’envers. La première fois qu’il l’avait rencontré, il avait agit de telle sorte qu’elle avait pu légitimement avoir des doutes envers lui. Et elle lui avait fait confiance. Et aujourd’hui, alors que rien dans le comportement de la jeune femme ne pouvait prêter à méfiance, c’est lui qui avait douté de sa sincérité. Quel ingrat ! Elle méritait bien mieux que cela.

« Je suis désolé ! J’ai été… maladroit… stupide. Accordez-moi juste un instant de plus… S’il vous plait. »

D’un geste un peu précipité il lui désigna à nouveau le fauteuil. Il savait que s’il voulait réussir à aligner trois mots, il devait éviter son regard. Il se dirigea lentement vers la fenêtre. La nature avait souvent été son refuge ces derniers temps. Peut-être que les quelques arbres qu’il pouvait apercevoir l’aideraient un peu. Les mains à hauteur d’épaule, il s’appuya sur le dormant. Il devait saisir cette dernière chance ! Eviter de se conduire à nouveau comme un imbécile. Mais jusqu’ici il avait toujours échoué à cette tâche. Ne pas réfléchir, ne plus penser…

« Votre idée d’apporter des cafés était très gentille. Et me proposer de me guider dans la ville m’a certainement touché plus que vous le pensez. En tout cas plus que je ne l’ai laissé paraître. J’ai perdu l’habitude que l’on se comporte ainsi avec moi. Et j’en suis entièrement responsable. Cela fait des années que je fuis les contacts humains. Je ne puis vous en donner la raison, mais simplement vous demander de m’accorder votre confiance sur ce point, bien que je ne vous aie guère incitée à le faire depuis que je vous ai rencontrée. »

Une entrée en matière laborieuse, mais il n’avait pu faire mieux. Il soupira légèrement et continua son monologue.

« Vous avez tout à l’heure posé une question cruciale. Si vous le voulez bien, je vais la formuler un peu différemment. Si vous aviez été n’importe qui d’autre, quel qu’aurait été votre statut social, me serais-je montré aussi méfiant ? Hélas… Oui. Certainement. Vous pouvez penser qu’être mademoiselle Frost a influencé mon comportement. Sans doute par moment. Sur qui donc cela n’aurait-il pas d’effets ? Mais dans le fond qui que vous auriez été j’aurais trouvé des raisons d’être sur la défensive. »

Le plus dur restait à venir. S’il devait être sincère une fois dans sa vie c’était maintenant. Ne pas essayer de deviner ce qu’elle pensait… Dire les choses le plus simplement possible.

« Mais si vous aviez été n’importe qui d’autre, me serais-je comporté totalement de la même façon ? Je dois répondre non. Mais je ne parle plus de mademoiselle Frost… Si ce n’avait pas été vous, Emma, il y a quatre jours, j’aurais certainement fuis comme je l’avais toujours fait auparavant. Et cela vous aurait évité cette déconvenue. »

« Je ne puis vous dire tout ce que vous m’avez apporté. Je sais par contre qu’en ce qui me concerne je n’ai jamais attiré que des… problèmes… à mon entourage. »

Il avait hésité… Des problèmes ? Quel euphémisme ! Mais préciser était au dessus de ses forces.

« Maintenant, je ne puis que vous assurer que je n’ai jamais eu l’intention de vous blesser. Je ne suis qu’un pauvre imbécile qui ne sait plus très bien où il en est. Et je comprendrais que vous ne souhaitiez pas vous encombrer d’un fardeau pareil. »

« Je ne vous ferai pas l’affront de décider à votre place. Je ne puis que vous assurer que vous pouvez vous en aller sans que je vous en tienne rigueur de quelque façon. Mais si vous souhaitez rester, j'en serais très heureux. »

Il n’avait plus parlé comme cela depuis… En fait il n’avait jamais parlé comme cela ! Quoi qu’il se passe maintenant il était certain d’avoir épuisé ses ressources oratoires pour au moins une semaine.

Il n’osait pas se retourner. Il faillit attendre ce qu’il pensait inéluctable, à savoir un claquement de porte. Mais si elle décidait de partir il voulait la regarder une dernière fois. La regarder comme il aurait dû le faire dès qu’elle était arrivée. Graver son image dans sa mémoire.

Il se retourna lentement et s’adossa au mur à côté de la fenêtre, bras croisés, posant son regard sur elle le plus doucement qu’il le put.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mer 16 Juin - 14:27

    « Je suis désolé ! J’ai été… maladroit… stupide. Accordez-moi juste un instant de plus… S’il vous plait. »

    La femme qu’elle était, son arrogance dissimulée et son ego plus gros qu’une pastèque, lui avait donné envie de soigner sa sortie. Dire les choses, tourner les talons, claquer la porte. Ce qui était franchement stupide, car ça n’aurait rien eu de sensationnel, ça aurait juste donné l’idée qu’elle agissait comme une adolescente de quinze ans à qui on refusait une sortie dont elle avait envie. N’empêche que sur le coup, ça lui était apparu comme une évidence. Et, dans n’importe quelle autre situation similaire, elle l’aurait fait. Alors… Alors pourquoi se sentait-elle obligée de restée planté là, comme une plante, alors qu’elle aurait pu joindre les gestes à ses paroles et partir. Qu’est ce que ce cela aurait bien pu lui coûter ? Mais non, il avait fallu qu’elle reste, cependant, elle demeurait encore hésitante. En tout, cas jusqu’à ce qu’il prononce cette phrase, et voilà qu’elle perdait toute envie de claquer cette maudite porte. Voilà qu’elle avait simplement envie de lui laisser cet instant, de l’écouter, de comprendre.

    Toute fois, par fierté, elle secoua la tête légèrement quand il désigna le fauteuil. Elle ne comptait pas s’asseoir. Inconsciemment, rester debout lui donnait l’illusion qu’elle pouvait franchir la porte quand bon lui semblait. Pure illusion, il était peut être temps de s’en rendre compte. Mais, fière, elle campa sur sa position de rester debout et droite. Même si elle était bien plus petite que William, il était hors de question de se laisser démonter, ou de donner l’impression qu’elle était incapable de franchir la porte. Mais lui, se dirigea vers la fenêtre, prenant soin d’éviter le regard d’Emma. D’ailleurs pendant qu’il ne la regardait pas, Emma simula un cri contre elle-même, qui ne fournit aucun son, qui ne se fait pas remarquer, mais qui lui faisait un bien fou, juste pour le plaisir d’extérioriser. Mais ce geste fut fait, en étant parfaitement certaine qu’il ne le verra pas.


    Allez, Emma, cesse de jouer les enfants…

    Elle dissimula un soupir des plus silencieux, de manière à retrouver toute sa contenance, pour finalement se mettre à l’écouter avec le plus grand calme et, en prenant la peine de se sortir toutes ses interrogations de sa petite tête qui divaguait complètement.

    « Votre idée d’apporter des cafés était très gentille. Et me proposer de me guider dans la ville m’a certainement touché plus que vous le pensez. En tout cas plus que je ne l’ai laissé paraître. J’ai perdu l’habitude que l’on se comporte ainsi avec moi. Et j’en suis entièrement responsable. Cela fait des années que je fuis les contacts humains. Je ne puis vous en donner la raison, mais simplement vous demander de m’accorder votre confiance sur ce point, bien que je ne vous aie guère incitée à le faire depuis que je vous ai rencontrée. »

    Si il ne donnait pas la raison, elle n’avait aucune raison de lui demander. Bien qu’il était, plus qu’évident, qu’elle désirait cette information. Vilaine curiosité. Non, pas de pouvoir. Elle s’en sortirait comme une grande. Les mots étaient passés dans sa tête, qui se mettait déjà à analyser le tout. Il avait perdu l’habitude des attentions qu’elle lui avait portées. C’est qu’il en avait eu, à un moment ou à un autre. Jusque là, cela ne pouvait pas réellement l’étonner. Il serait mentir de dire qu’il était des plus désagréable à regarder. Bien au contraire. Vous avez des hommes, beaux, mais de cette beauté froide sans la moindre importance. Et vous avez les hommes, moins beaux mais avec ce charme qui leur donne beaucoup plus d’attrait que la première catégorie. Et il y a les chanceux, ceux qui ont la beauté et le charme. Il faisait partit de cette classe plutôt restreinte, mais des plus agréable à côtoyer.

    Quoiqu’il en soit, niveau caractère, il n’avait pas toujours été ainsi. Il n’avait pas toujours fui les contacts humains. Et Emma se demandait ce que cela aurait pu donné de le voir à cette époque. Mais le plus perturbant était le fait qu’il lui demandait sa confiance. L’emploi de ce terme avait quelque chose de déstabilisant, parce qu’automatiquement elle se sentait prise dans une sorte de pacte. Accordé sa confiance sur ce point, cela revenait à accepter de ne jamais lui poser de question à ce sujet. Pourtant, il était clair qu’elle voulait des réponses… De toute façon, elle n’avait pas de réponse à fournir à ce sujet, il n’avait pas fini de parler, elle avait encore le temps d’y réfléchir.


    « Vous avez tout à l’heure posé une question cruciale. Si vous le voulez bien, je vais la formuler un peu différemment. Si vous aviez été n’importe qui d’autre, quel qu’aurait été votre statut social, me serais-je montré aussi méfiant ? Hélas… Oui. Certainement. Vous pouvez penser qu’être mademoiselle Frost a influencé mon comportement. Sans doute par moment. Sur qui donc cela n’aurait-il pas d’effets ? Mais dans le fond qui que vous auriez été j’aurais trouvé des raisons d’être sur la défensive. »

    Voilà au moins une chose qu’il était intéressant d’apprendre. Qui elle était n’était pas le problème. Le problème c’est qu’elle était une personne, et que cela semblait forcément impliquer qu’il se mette sur la défensive. Forcément ça la rendait curieuse. Qu’est ce qu’il avait fait, ou, que lui avait-on fait, pour qu’il se sente obliger de se protéger de n’importe qui ? Cet homme était une véritable énigme sur de nombreux points. Points, qu’elle avait vraiment envie de comprendre parce que, c’est bien connu, le mystère attire. Maintenant, en sachant cela, est ce que cela voulait signifier qu’il serait toujours sur la défensive ? Qu’il trouverait toujours une raison pour l’être ? Ou devait-elle prendre cet aveux comme une confession, mais également comme une mise en garde ? Est-ce que ça signifiait qu’il serait souvent comme ça, mais que maintenant qu’elle le savait, elle devait en faire abstraction, ou du moins essayer d’en faire abstraction ? Difficile à dire… A ta de probabilité et de possibilité se bousculaient dans son cerveau.

    « Mais si vous aviez été n’importe qui d’autre, me serais-je comporté totalement de la même façon ? Je dois répondre non. Mais je ne parle plus de mademoiselle Frost… Si ce n’avait pas été vous, Emma, il y a quatre jours, j’aurais certainement fuis comme je l’avais toujours fait auparavant. Et cela vous aurait évité cette déconvenue. »

    Heureusement qu’il ne la regardait toujours pas, parce qu’il était difficile de ne pas sourire –dans l’espoir de cacher de légère rougeurs- à ce qu’il venait de dire. D’accord, les paroles ne prêtaient pas à la plus grande des joies, surtout en vue de son contenu et des actions qu’il aurait, logiquement, du avoir. Mais le fond était, tout de même, plaisant. Il serait stupide de dire le contraire et, très peu, sincère. Le prénom de Frost était sortit de la bouche de William, et cela avait vraiment quelque chose de particulier, il faut avouer. Une chose était, maintenant, certaine : il n’avait pas fui parce que c’était elle, et non pas pour ce qu’elle faisait. Il n’avait pas fui, alors que cela semblait –selon ses dires- être dans ces habitudes. Elle peinait vraiment à retenir un sourire qui se voulait encore bien plus large.

    « Je ne puis vous dire tout ce que vous m’avez apporté. Je sais par contre qu’en ce qui me concerne je n’ai jamais attiré que des… problèmes… à mon entourage. »

    Alors ce n’était pas les gens qui lui avaient causé des soucis, mais lui qui avait quelque chose à son entourage. Voilà qui augmentait encore un peu plus la curiosité de Miss Frost, qui du se mordre légèrement la lèvre inférieure pour retenir une question aussi débile que : qu’est ce qui s’est passé. Elle avait, finalement, prit le partit de ne pas poser de question, estimant que c’était à lui de s’expliquer quand il le voudrait. Si il le faisait un jour. Si elle serait là pour l’écouter à ce moment là et, si lui n’avait pas prit la décision de finalement fuir. Bref, rien ne lui assurait des réponses. Mais peu importe, elle était prête à tenter de faire avec ses questions. Tout comme le fait qu’elle était intriguée par ce qu’elle avait pu lui apporter. Elle n’avait fait que salir un de ses vêtements avec du café, et apporter un déca qui était resté sur le caisson à roulette. Quoiqu’elle n’avait pas besoin de réfléchir bien loin pour comprendre que ce genre de discours ne lui était pas habituel, et qu’elle y était probablement pour quelque chose. Mais non, elle ne pouvait mesurer ce qu’il voulait vraiment dire par là.

    « Maintenant, je ne puis que vous assurer que je n’ai jamais eu l’intention de vous blesser. Je ne suis qu’un pauvre imbécile qui ne sait plus très bien où il en est. Et je comprendrais que vous ne souhaitiez pas vous encombrer d’un fardeau pareil. Je ne vous ferai pas l’affront de décider à votre place. Je ne puis que vous assurer que vous pouvez vous en aller sans que je vous en tienne rigueur de quelque façon. Mais si vous souhaitez rester, j'en serais très heureux. »

    Il pouvait dire ce qu’il voulait de lui, de ce qu’il était, de la façon dont il se voyait, ça restait encore à elle de décider de la manière dont elle avait envie de le juger. Et le terme « imbécile » n’était absolument pas celui qui lui venait à l’esprit en songeant à lui. Maladroit dans sa façon de dire les choses, sûrement un peu torturé par un passé qu’elle ne connaissait pas, et un tas d’autre chose. Mais, imbécile, sûrement pas. Et voilà que c’était finalement à elle que revenait le choix de franchir la porte, ou de rester. Lentement, il se tourna, attendant probablement sa réponse. Réfléchissant à toute allure, elle releva les yeux vers ceux de William, appréciant le fait qu’il la regarde, même si c’était pour la voir partir.

    Un instant elle resta silencieuse, parce qu’il allait de soit qu’elle ne s’était pas attendu à un tel discours en cherchant à s’expliquer sur certains points. Elle arrivait presque à s’en vouloir d’avoir aborder cela, et lui avoir imposer tout ce discours qui ne semblait pas lui être habituel. Tout ça parce qu’elle avait cette fâcheuse habitude de mettre les deux pieds dans le plat de manière franchement trop directe, parfois. C’est elle qui l’avait dans cette posture, qui l’avait presque –indirectement- obligé à ce genre de révélation. Alors partir lui semblait être la chose la plus horrible qu’elle pouvait faire. Si elle souhaitait s’encombrer de ce qu’il considérait comme un fardeau, alors c’était à elle d’en prendre la responsabilité.

    Une chose était certaine, elle partait avec une nouvelle base : il avait fait quelque chose –volontairement ou non, elle ne pouvait le savoir- à ses proches qui lui pesait, et qui avait changer sa façon de se comporter avec les gens. Cette donné prise en compte, il y avait sûrement plus de chose qu’elle était capable de comprendre dans sa façon d’agir et de réagir. A elle de voir, si elle serait d’accord pour prendre cela en compte, sans pour autant poser des questions dont elle mourrait d’envie d’avoir les réponses. Emma jeta un regard à la porte, mais la quitta aussi vite. La passé, seule en tout cas, n’était absolument pas dans son programme des cinq prochaines minutes. Il convenait, donc, de commencer par dire ce qu’elle comptait faire ou ne pas faire
    .

    « Je crois que, puisque j’ai le choix, je vais choisir l’option qui implique de m’encombrer d’un fardeau. »

    Un sourire sur les lèvres, un ton qui n’avait rien d’une critique, le voix calme et douce, elle avait délibérément prit le partit de prendre le terme qu’il avait employé. Peut être une envie de détendre un peu l’atmosphère, tout en expliquant avec un certain sérieux, qu’elle prenait l’option qui consistait à rester. Peu importe qu’il considère être un fardeau, elle ne le voyait pas ainsi. Peut être que son passé rendait ses relations sociales compliquées, mais de là à ce que ce soit une galère sans nom…

    « Je suis désolée de vous avoir mener à ces explications, le but n’était pas de vous mettre dans une situation de ce genre, ou de vous forcer à quelques révélations que ce soit. J’essayerai, du mieux que je peux, de ne pas en venir à des questions qui n’auraient leurs places ici. Si c’est le cas, je m’en excuse par avance. »

    Un tas de questions lui brûlaient les lèvres et même si elle savait réfléchir avant de parler, il lui arrivait aussi d’avoir des réactions un peu trop spontanées. Une question pouvait donc s’échapper, bien qu’il lui est demandé de ne pas demander les raisons qui l’on pousser à éviter les contacts humains. Elle ne pouvait lui promettre que jamais elle ne le ferait, mais elle pouvait lui dire qu’elle essayerait. Et puis, ne sachant pas de quoi il pouvait s’agir, elle était dans la possibilité de poser une mauvaise question, sans en avoir l’attention.

    Elle avait envie de lui dire, que si qui avait pu se passer ne l’intéressait guère, que ce n’était pas son problème, qu’elle serait parfaitement s’en accommodé. Mais en plus d’être prématuré, et inconvenant, dire cela n’aurait pas été sincère sans savoir de quoi il retourne réellement. Ne pouvant s’avancer davantage dans un sujet qu’il ne semblait pas aborder, il ne lui restait que cette sortie proposée à proposer de nouveau. Il n’empêche que, même si elle ne cherchait pas trop à réagir sur tout ce qu’il avait dit, les traits de son visage, son sourire, et le timbre de sa voix prouvait largement qu’elle était contente d’avoir entendu ce qu’il avait à dire. Une façon de ne pas émettre de mauvaise théorie, de savoir un peu où elle marche, même si le tout semblait atrocement flou.


    « Cependant, la perspective de m’en aller est toujours d’actualité… Du moins, si vous pouvez toujours vous libérez facilement, sans que cela ne puisse poser de problème. »

    N’étant pas sensé écouter aux portes, elle ne pouvait pas être en possession de l’info qu’elle avait sur le fait qu’il avait fait du chantage à Jason, quelques minutes plus tôt, de manière à se libérer de la salle 401. Contournant le bureau, elle s’approcha de la fenêtre, mais resta à une distance raisonnable de William. Les mains jointes devant elle, Emma se décida à livrer l’endroit qu’elle avait pensé pouvoir l’emmener.

    « En fait, l’endroit que je voulais vous proposer de visiter était un symbole de cette ville : la statut de la liberté… » Oui, elle savait que les lieux public n’étaient pas des plus recommander, c’est pour ça qu’elle repris sur un des tons les plus innocents et enjoué à la fois « L’endroit est miraculeusement fermé au public aujourd’hui, donc pas le moindre touriste dans les parages, pas la moindre foule. »

    Combien ça lui avait coûté ? Une certaine somme en réalité, mais qui était loin d’amputer son budget. Fallait-il qu’il y ai des avantages à s’appeler Emma Frost. Elle avait payé deux fois, les recettes moyennes par jour, pour pouvoir faire interdire l’endroit au touriste. Ce genre de chose pouvait se faire en manière occasionnel, les monuments, les parcs d’attractions, le tout était d’avoir les moyens de le faire. Elle s’était imaginé que ça pouvait être une bonne idée, le lieu était remarquable, c’était dommage de passer à côté par non envie de croiser des foules. Cependant, elle ne souhaitait en aucun le forcé ou qu’il puisse se sentir gêné de cette proposition, un mensonge ne pouvait donc pas faire de mal.

    « Sérieusement, ils sont en travaux de rénovation et pour éviter quelques accidents, ils ont fermés au public. Mais il suffit d’avoir un nom un peu connu pour avoir le droit à quelques fleurs. Et à cette heure-ci, je pense qu’on ne croisera pas grand monde. C’est comme vous voulez. »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mer 16 Juin - 18:07

Elle était restée debout. Et elle l’avait écouté et rien que pour cela il lui en était reconnaissant. Maintenant il attendait patiemment sa réponse, ne cherchant pas à deviner quelle allait être sa réaction. Depuis qu’il l’avait rencontrée, il avait perdu à chaque fois qu’il avait voulu jouer à ce jeu. Il essaya juste de profiter au maximum de ce qui pourrait être son dernier moment avec elle.

Un sourire ? C’était un sourire qu’il voyait se dessiner sur le visage de la jeune femme. Il n’osait pas encore espérer…

« Je crois que, puisque j’ai le choix, je vais choisir l’option qui implique de m’encombrer d’un fardeau. »

Elle lui pardonnait. Même mieux, elle acceptait de tirer un trait sur son comportement immature et de s’embarquer avec lui dans…

*Dans quoi exactement ? Y as-tu seulement songé ?*

*Ah tu ne vas pas recommencer !*


« Je suis désolée de vous avoir mener à ces explications, le but n’était pas de vous mettre dans une situation de ce genre, ou de vous forcer à quelques révélations que ce soit. J’essayerai, du mieux que je peux, de ne pas en venir à des questions qui n’auraient leurs places ici. Si c’est le cas, je m’en excuse par avance. »

Il ne su comment prendre cette partie de la réponse d’Emma. Il était maintenant très loin de penser qu’elle ait cherché d’une quelconque façon à le mettre mal à l’aise. Mais elle semblait avouer qu’elle avait bien l’intention d’en savoir plus à son sujet. Qu’elle l’assure essayer de ne pas aborder volontairement certains sujets ne le rassurait qu’à moitié. Depuis qu’il avait pris pour habitude de repousser tout contact, il s’était fait à l’idée que personne ne chercherait à en savoir plus sur lui. Il ne pouvait à présent se réfugier que dans la confiance nouvelle qu’il avait décidé de lui accorder. C‘était nouveau… C’était terrifiant.

« Cependant, la perspective de m’en aller est toujours d’actualité… Du moins, si vous pouvez toujours vous libérez facilement, sans que cela ne puisse poser de problème. »

A la première partie de la phrase il avait cru sentir son coeur sortir de sa poitrine. A la deuxième il le senti faire des bonds. Elle maintenait donc sa proposition. Là… Maintenant… Se libérer n’était pas la question. Il avait déjà réglé ce problème. Mais instinctivement ses peurs resurgirent. Où donc allait-elle l’emmener ? Il ne pouvait pas sortir. Elle le savait bien pourtant. Il venait de le lui dire !

A nouveau il se rattrapa comme il le put aux branches de la confiance qu’il mettait en elle. Mais celles-ci étaient encore bien frêles, et il ne pouvait s’empêcher de craindre la chute. Elle s’approcha de lui, mais s’arrêta bientôt, semblant respecter l’habitude qu’il avait exprimée d’éviter les contacts. Le temps semblait s’être arrêté.

« En fait, l’endroit que je voulais vous proposer de visiter était un symbole de cette ville : la statut de la liberté… ».

Il cru un instant défaillir. Un des endroits les plus visités de la ville ! C’était purement et simplement impossible !

« L’endroit est miraculeusement fermé au public aujourd’hui, donc pas le moindre touriste dans les parages, pas la moindre foule. Sérieusement, ils sont en travaux de rénovation et pour éviter quelques accidents, ils ont fermés au public. Mais il suffit d’avoir un nom un peu connu pour avoir le droit à quelques fleurs. Et à cette heure-ci, je pense qu’on ne croisera pas grand monde. C’est comme vous voulez. »

Des rénovations sur ce monument ? Il n’en avait pas entendu parler. Il fallait dire aussi qu’il ne s’y était guère intéressé, étant donné qu’il n’avait pas compté pas s’y rendre de sitôt. Dans son état normal, cela lui aurait quand même paru curieux et il aurait vérifié plutôt dix fois qu’une avant de prendre le risque de s’y aventurer. Mais pour l’instant il buvait littéralement les paroles de la jeune femme.

La statue de la liberté ! Il ignorait complètement ce que cela impliquerait. Il était maintenant certain qu’elle avait compris quel était son problème, et il s’en remettait à elle.

Il réalisa qu’elle ne pouvait en fait avoir appréhendé toutes les difficultés. Ce qu’il lui avait expliqué n’était que la partie émergée de l’iceberg. Mais cela devrait suffire. Si ce qu’elle lui avait dit était juste et qu’ils se retrouvaient seuls là bas, alors il devait pouvoir assumer le reste. Il devrait toutefois se montrer très prudent.

« Ce sera avec joie que je vous y accompagnerai… Emma. »

Il espérait que l’avoir à nouveau appelée par son prénom la persuaderait définitivement que sa notoriété publique n’entrait pas en ligne de compte. Il l’espérait sincèrement, car ce n’était pas du tout naturel chez lui de procéder ainsi avec une personne qu’il connaissait à peine. Mais il aurait été ridicule de lui demander maintenant la permission… Il avait déjà pris la liberté de l’appeler ainsi tout à l’heure, et elle ne s’en était pas formalisée.
Il préféra ne pas revenir sur le fait qu’il avait pu se libérer de ses obligations professionnelles. Il n’avait ainsi pas d’explications à fournir. Il était mauvais avec les explications ! D’autant plus qu’il n’était pas forcément très fier du moyen qu’il avait utilisé. Il nota dans un coin de sa tête d’essayer de rattraper un peu le coup avec Jason. Ce gars devait sans doute gagner à être connu…

Comment procéder maintenant ? Il se savait maladroit. Donc autant faire simple.

Il se dirigea vers la porte du bureau et l’ouvrit, incitant d’un petit geste de la main la jeune femme à le précéder après qu’elle eu récupéré son sac. Lui-même n’en avait pas, réussissant habituellement à caser son attirail dans ses poches.

Quand lui-même quittait son travail, il utilisait généralement les passages les moins fréquentés, les petits couloirs sombres. Mais à cette heure ci ses collègues travaillaient et les étudiants étaient en cours. Même Jason semblait avoir misé sur un repli stratégique. Et il n’avait aucune envie de faire connaître à Emma les entrailles de l’université ! Il la guida donc vers l’extérieur par les couloirs centraux, larges et lumineux.

Elle était resplendissante. Ses cheveux ondulaient au rythme de son pas. Il n’osait rien dire de peur de briser ce premier moment passé avec elle par une de ses maladresses oratoires. En fait, sa gorge était totalement nouée. Une des choses qui le rassurait était que s’ils croisaient quelqu’un il était peu probable que ce soit lui qui attire l’attention !

Ce n’est qu’en sortant du bâtiment qu’il réalisa qu’elle n’était certainement pas venue ni à pieds, ni en transports en communs ! Elle avait donc une voiture. La logique voulait qu’elle se soit garée sur le parking principal.

Une voiture… Il aurait dû y penser avant. Lui-même n’avait plus conduit depuis l’accident. Bien évidemment il avait été contraint de prendre des taxis. Mais c’était à chaque fois une expérience pénible, pour lui et certainement pour le chauffeur qui devait le prendre pour un malade mental. Dans ses moments là le Tranxene était son allié, dernier reste de son épisode médical consécutif à l’accident. Mais aujourd’hui il n’avait pas prévu de monter dans une voiture. Il était démuni. Il n’avait pas le choix. Il se rassura comme il le put en se répétant que ce n’était pas lui qui allait conduire. Il fit un vague geste en direction du parking central et essaya de garder un air enjoué.

« Je suis désolé… Je n’ai pas de véhicule… Si cela ne vous dérange pas de conduire... Hem... Je suppose que vous êtes garée par ici ? »

Pour cela aussi il préféra ne pas se perdre en explications oiseuses.

Ils atteignirent la voiture de la jeune femme en quelques instants. En tenant la portière le temps qu’Emma prenne place au volant il se demanda si c’était bien lui qui la tenait ouverte ou si c’était elle qui le tenait debout. La jeune femme s’installa dans le coupé avec sa grâce habituelle.

*Essaye au moins de ne pas lui refermer la portière sur les jambes…*

*Très spirituel !*


Il prit place à son tour dans la voiture. Il avait parfaitement conscience de ne pas s’être montré loquace depuis qu’ils avaient quitté son bureau. Il n’était pas sûr que cela allait s’arranger durant le trajet. Il espérait au moins ne pas être tétanisé pendant tout le parcours !
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Jeu 17 Juin - 15:46

    « Ce sera avec joie que je vous y accompagnerai… Emma. »

    L’appellation par le prénom semblait être acquise, ou de mise, en tout cas. Ce qui ne manqua pas de la faire sourire légèrement. Le très standard « Mademoiselle Frost » lui donnait l’impression que c’était un de ses employés ou collaborateur qui s’adressait à elle, ou une personne dont elle se fichait comme de sa première chemise, à quelques rares exceptions près. Pourtant, elle ne le connaissait pas vraiment, et le « mademoiselle Frost » n’aurait pas du la déranger tant que ça. En y réfléchissant bien, cela ne l’avait pas vraiment déranger, c’est juste qu’elle était des plus ravie de voir qu’il était capable de l’appeler par son prénom. Là, était le fait le plus étrange quand on y réfléchissait bien. Enfin, ça prouvait au moins qu’il s’adressait à elle en tant que personne, et non pas en temps que ce qu’elle était dans sa vie professionnelle. C’était plutôt un bon point.

    La deuxième chose remarquable dans cette phrase aussi courte, c’est qu’il acceptait de la suivre. Quelques minutes avant, il se sentait obliger de préciser qu’il n’était pas très bien dans les lieux rempli de personne, semblant –par cette occasion- douter du fait qu’elle est pu le comprendre d’elle-même. Et voilà qu’elle lui proposait le lieu plus touristique, assurant qu’il n’y avait personne, et il était près à la croire sur parole, malgré les doutes implicites qu’il avait émit plus tôt, selon elle. Comment ne pas noter cette nette amélioration et cette confiance qu’il mettait entre les mains d’une personne qu’il ne connaissait pas. Impressionnant. Surprenant.

    Rapidement, elle attrapa son sac –impossible de casser quoique ce soit dans des poches inexistantes sur une telle robe- pour sortir de la pièce, sous l’invitation par un geste de la main de William. Une fois dehors, plus de trace de Jason. Dommage, pour une raison qui ne lui appartenait qu’à elle, Emma aurait bien voulu le croiser. Peut être aurait-elle feint d’oublier quelque chose, ou simplement feint de vouloir lui dire au revoir pour lui glisser quelques mots à l’oreille. Des mots qui auraient eu cette sonorité qu’elle seule pouvait mettre, celle qui vous entrait dans la tête et vous forçait de faire ce qu’elle demandait. Mais, intérieurement, elle remerciait le destin d’avoir enlever Jason de son chemin, la tentation aurait été trop grande et cela n’aurait pas été des plus raisonnable.

    Traversant les couloirs, ils passèrent dans le hall d’entrée pour rejoindre la direction du parking principal. Emma ne manqua pas de jeter un œil à la vieille femme chargé de l’accueil qui offrait toujours des sourires à tout le monde. Attitude qui ne manqua pas de marquer légèrement les lèvres de Miss Frost par un sourire amusé, un peu comme une gamine trop contente de voir que son piège –blague ?- à fonctionner à merveille. Ca n’allait pas durer indéfiniment, mais durant ce temps chaque élève pourrait enfin se vanter d’avoir vue la vieille dame sourire à tout bout de champs, un exploit, non ?


    « Je suis désolé… Je n’ai pas de véhicule… Si cela ne vous dérange pas de conduire... Hem... Je suppose que vous êtes garée par ici ? »

    Elle affirma sa question par un hochement de tête, remarquant sa façon –tellement à lui- de buter dans ses phrases. Est-ce qu’il était gêné de ne pas avoir de voiture ? Franchement, il y avait un grand nombre de New Yorkais qui ne se trimballait pas en voiture à longueur de journée : d’une c’était compliqué car pas assez de place pour l’ensemble des habitants et de ceux qui venaient juste travailler. De deux, ce n’était pas pratique, surtout en heure de pointe, ce qui rendait souvent les transports plus rapides. Bref, elle n’allait pas risquer de se formaliser parce qu’il n’avait pas de voiture. Elle aurait pu faire le lien avec la peur ressentie au moment de traverser la route, lors de leur première rencontre. Mais dans l’immédiat, cela ne lui traversa pas l’esprit, presque persuader que tout ce qui le dérangeait c’était de ne pas avoir de moyen de locomotion.

    Une fois de plus, William semblait venir d’une autre époque. Il lui tenait la portière, de sa propre voiture à elle, alors qu’elle s’installait côté conducteur. Plutôt inattendu comme attention. Aussi loin que pouvait remonter ses souvenirs, elle ne se souvenait pas s’être retrouver dans cette situation. Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir un certain vécu derrière elle.


    « Merci. »

    Un sourire franc et spontané avait accompagné ce mot, alors qu’elle s’installait convenablement. William trouva bientôt sa place côté passager, pendant qu’Emma enfonçait la clé dans le contact. Le moteur en route, elle prit soin de mettre sa ceinture, réflexe qu’elle avait du apprendre au fil des ans. C’est qu’à sa première voiture, ce genre de chose n’existait pas. Enclenchant la marche arrière pour sortir de sa place et se diriger vers la sortie du parking, elle décida de réagir sur les manières de William, qui avait ce petit quelque chose de forcément agréable.

    « Et moi qui croyait que la galanterie s’était perdu depuis au moins un siècle. Vous avez quelque chose de surprenant. A croire que vous n’êtes pas né à la bonne époque. »

    Ca lui allait bien de dire cela, elle qui trimballait 400 ans de vie derrière elle. Elle qui avait connu le terme « voiture » alors que ce n’était que des calèches tirer par des chevaux. Qui avait vu naître les premiers moteurs, de ces voiture horrible à manipulé. L’avantage, c’est qu’on ne pouvait pas convenir que sa conduite d’aujourd’hui était dangereuse. Du moins, elle faisait un effort pour ne pas jouer de vitesse, en respectant les limitations. Le reste de sa conduite n’avait pas grand-chose de critiquable, mais c’est surtout parce qu’elle avait des années de conduite derrière elle.

    Et si elle évitait les trop grande vitesse, c’est surtout parce qu’elle ne voulait pas s’amuser à effrayer William dès la première sortie. Disons que la conduite sportive avait certain attrait qu’elle affectionnait particulièrement, d’ailleurs il faudrait qu’elle songe à téléphoner à Sélène, lui proposer une de ses courses de nuit dans les rues de New York. Mais là n’était pas la question. Emma restait concentré sur la route, si elle arrivait à maîtriser sa conduite ce n’était pas vraiment le cas de tous les conducteurs New Yorkais. Le pire étant, probablement, les taxis. Ils ont cette fâcheuse tendance à se croire tout permis, sans compter sur leurs clients qui avaient l’horrible habitude de les presser plus qu’il ne faudrait.

    Ca ne faisait pas 10 minutes qu’ils roulaient qu’une voiture déboula sur la droite d’Emma, grillant un feu rouge. Une voiture qui n’aurait jamais du se trouver là, et qui fonça sur le coupé de Miss Frost. De manière à l’éviter, Emma accéléra un bon coup, mais du braquer à gauche pour éviter la voiture devant elle. Les coups de Klaxonne fusèrent. Tout s’était déroulé en quelques secondes, même pas, et rien n’était à déplorer. N’empêche qu’Emma maudissait ses personnes qui se croyaient tout permis sur les routes.


    « Il y a des gens qui ne devraient pas avoir le droit de conduire ! »

    Elle n’avait toujours pas eu le temps de se recaler correctement sur la file qu’elle occupait avant, mais cela n’avait pas d’importance. Elle restait dans le bon sens de circulation, et n’était un danger pour personne. Avant d’entamer toute manœuvre, son premier réflexe fut de porter un regard sur William.

    « Ca va ? »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Ven 18 Juin - 2:05

Elle avait mis sa ceinture de sécurité. Il n’avait pas pu s’empêcher de le vérifier. Lui-même avait bouclé la sienne sitôt assis. Il essaya de se détendre. Mais qu’était-il en train de faire ! Pourquoi s’était-il laissé entraîner dans cette situation. Cela le dépassait. Il fallait qu’il arrête immédiatement ! Mais la jeune femme commençait déjà à manœuvrer, et son conflit intérieur le paralysait.

*Hé ! Du calme. Ce n’est pas comme si tu n’étais jamais remonté en voiture !*
*J’avais pris des calmants ! Et ce n’était pas Emma qui était au volant !*
*Elle conduit certainement très bien.*
*Comme c’est spirituel !*


Il avait beau ne rien avoir contre les chauffeurs de taxis, il ne s’était jamais senti obligé d’être aimable avec eux. A vrai dire il les ignorait royalement, pour se plonger dans un mutisme salvateur. Et puis… cela n’avait rien à voir. Il essaya de trouver une posture détendue, sans succès. Il trouva quand même une petite victoire dans le fait d’arriver à lâcher la poignée de la portière avant d’avoir fini d’y incruster ses doigts.

« Et moi qui croyait que la galanterie s’était perdu depuis au moins un siècle. Vous avez quelque chose de surprenant. A croire que vous n’êtes pas né à la bonne époque. »

De quoi donc parlait-elle ? Il revécut mentalement les instants précédents, et se dit qu’elle devait faire allusion au fait qu’il lui avait tenu la porte de la voiture. Un geste bien anodin. Il n’avait pas grand-chose à dire à ce propos mais cela lui donnait un sujet sur lequel se focaliser.

« Cela n’a rien de remarquable. Hem… Mon père m’a toujours appris à… Me montrer courtois. C’est certainement d’un autre temps en effet. »

Aurait-il été plus à sa place à une autre époque ? Il n’en savait bigrement rien. La seule chose dont il était certain était qu’il avait bien du mal à trouver sa place dans celle-ci.

Avoir réussi à sortir quelques mots, même laborieusement, l’avait un peu détendu. Il en arrivait presque à croire que finalement tout allait bien se passer. Certes il faudrait qu’elle soit aveugle pour ne pas remarquer qu’il était tétanisé sur son siège. Mais sommes toutes il trouvait qu’il ne s’en sortait pas si mal. Cependant jusqu’à présent il n’était pas arrivé à décrocher le regard de la route.

Lentement il tourna la tête vers Emma qui conduisait tranquillement. Pourrait-elle l’aider à oublier que tout pouvait tourner à la catastrophe en une fraction de seconde ? Pour l’instant il n’arrivait pas à s’ôter cette idée de la tête. Et il était terrorisé à l’idée qu’il pourrait en être à nouveau la cause.

Elle était bien jolie. Les boucles de ses cheveux blonds jouaient sur ses épaules que sa robe laissait découvertes. Il se fit la remarque qu’il découvrait son profil pour la première fois. Dans d’autres circonstances il aurait sourit, mais là c’était trop demander à son système nerveux. Il était tout juste capable de la regarder. Et en ce qui le concernait cela suffisait à… quoi ? Le rendre heureux ?

*Tu te rends compte que c’est avec sa vie que tu joues ?*
*Cela n’a jamais été mon intention.*
*Tu n’as jamais l’intention de rien. Tu es passif, tout le temps. Mais cela n’excuse rien et tu le sais très bien.*


Le temps passait, rassurant William sur le fait qu’il avait finalement eu raison de la suivre. Mais le destin avait décidé de s’incarner aujourd’hui en un conducteur mal embouché. Et si Emma le vit venir, ce ne fut pas le cas de William, focalisé dans la contemplation de sa charmante compagne. Ce fut en fait un changement dans l’expression du visage d’Emma qui l’avertit que quelque chose n’allait pas.

Il ne vit pas réellement la suite. Il sentit… Les mouvements de la voiture… Il entendit… Les crissements de pneus, les cris stridents des avertisseurs… Cela se produisait à nouveau ! La voiture devenait folle, partait en tonneaux ! Pourquoi ne faisait-il rien ? Pourquoi n’arrivait-il pas à bouger ! Et Myriam criait alors que lui nageait dans le bonheur ! Il savait quelle était la suite. Le sang, partout. Et elle ne serait plus là, à nouveau il allait la perdre… Myriam… Emma ? Quelque part dans l’esprit défaillant de William une voix hurlait…

*GARDE LE CONTROLE ! TU NE RISQUES RIEN ! Ce n’est pas toi qui conduis ! Mais si tu lui balances ça dans le cerveau ça ne va certainement pas l’aider !*

Il devait empêcher ça, empêcher son pouvoir de s’activer… Il ne savait pas comment. Jamais il n’avait réussit à se contrôler dans une situation pareille. En désespoir de cause, il porta sa main à sa bouche, laissant le bord intérieur en amont du pouce s’insérer entre ses dents. Il ferma les yeux. Et il serra, fort. Le plus qu’il le put. Et il pria…

C’était fini ? Il n’en savait rien. Il tremblait de tout son corps. Il n’osait pas regarder.

« Ca va ? »

La voix d’Emma ? Elle était vivante ! Que...

*Allo ? Le petit William est demandé ! Allez, réagit mon garçon… Quoi qu’il se soit passé cela à l’air d’être terminé.*

Il se décida enfin à ouvrir les yeux. Elle le regardait. Que lui répondre ? Que s’était-il réellement passé ? Lui avait-il fait ressentir ce qu’il avait vécu ? Mais les beaux yeux bleus d’Emma étaient aussi brillants que d’habitude, semblant indiquer qu'il avait réussi à conserver cette horreur pour lui.

C’est quand il réalisa qu’un liquide chaud s’écoulait sur son menton que sa main se rappela elle aussi à son bon souvenir. Il n’y était pas allé de main morte, si toutefois cette expression était adaptée. De sa main gauche intacte il sortit aussi discrètement qu’il le put un mouchoir de sa poche, s’essuya le menton et s’en servit de compresse sur la morsure. Il était illusoire d’espérer qu’Emma n’ait rien vu de son manège.

Ils roulaient toujours. Ses tremblements s’atténuaient peu à peu, et il s’essaya à un sourire forcé

« Ca va aller… »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Ven 18 Juin - 10:33

    « Cela n’a rien de remarquable. Hem… Mon père m’a toujours appris à… Me montrer courtois. C’est certainement d’un autre temps en effet. »
    « C’est certain »

    Les mots n’avaient été qu’un murmure, bien qu’il avait été possible de les entendre, et étaient dit comme si elle n’en doutait pas une seule seconde. Elle ne perdait rien à dire ce genre de chose de toute façon, qui irait penser qu’elle avait vécu plusieurs siècles ? C’était vraiment le genre de chose qui ne venait pas à l’esprit des gens. Autant, la moindre bizarrerie était, automatiquement, associé à un quelconque pouvoir mutant, vu tout le tapage que l’on faisait à leur propos. Mais les mutants vieux de plusieurs siècles étaient tellement rares et tellement discret, que c’était le genre de chose qui ne pouvait traverser l’esprit des gens. Combien même se netterrait-elle à parler comme quelqu’un qui à traverser les âge, qu’on la prendrait probablement plus pour une excentrique fanatique d’un temps ancien, plutôt que pour une fille qui a vécu environ 400 ans.

    Au moment ou l’autre voiture avait déboulée sans prévenir, c’est la télépathie d’Emma qui fit des siennes. Se concentrant sur la route, et sa manœuvre pour éviter la chauffard, elle en baissa ses barrière télépathique. Pouvoir qu’elle n’avait pas autant développer que le contrôle mental. Il faut dire qu’elle devait quand même déployer une petite attention pour ne pas avoir à être submerger par les pensées de toutes les personnes qui l’environnait, protection qu’elle n’eu plus l’espace de quelques instants. Mais, elle n’aurait rien entendu si les pensées de William n’avait pas été aussi claires et si prompt à une certaine crainte.


    *GARDE LE CONTROLE ! TU NE RISQUES RIEN ! Ce n’est pas toi qui conduis ! Mais si tu lui balances ça dans le cerveau ça ne va certainement pas l’aider !*

    Les mots n’avaient pas été que pensés, ils avaient carrément été hurler mentalement. Difficile, donc, pour Emma de passer à côté de ce genre de chose qui eu pour réaction de la faire légèrement sursauté. Une petite secousse dans la voiture montra se fait, mais elle se reprit assez rapidement. Il y avait quelque chose de foncièrement intriguant dans la pensée qu’il venait d’émettre, mais elle ne pu y réfléchir sur l’instant. Le plus important était de se remettre correctement sur la route et de s’inquiéter de son passager. C’est comme ça qu’elle en vint à lui demander si tout allait bien.

    Son regard se porta sur William et, avant même qu’il ne réponde, elle n’avait pas de doute sur le fait que ça n’allait pas si bien que cela. Tremblant, il s’était mordu assez profondément pour qu’un peu de sang coule le long de son menton. Comment aurait-elle pu passer à côté de ce genre de détail. Sa main, son pouce, semblait être la partie responsable de cette perte de sang. Il était donc possible de se mordre assez fort soit même, pour en saigner. Pas de doute à avoir sur le fait qu’il n’avait rien d’une personne rassurée dans une voiture. Pourquoi ne pas lui avoir dit plus tôt ? Elle aurait probablement tenté de trouver une autre solution. Quoique cela aurait été bien compliqué. Enfin, au pire, elle aurait proposé une sortie qui soit à porté de pied.

    Inquiète pour le passager qu’elle transportait, il s’évertua à sortir un mouchoir, de manière aussi discrète qu’il lui était possible. Mais, elle avait déjà remarquer la blessure qu’il s’était infligée, alors elle ne passa pas à côté de se détail. Il lui fallait quand même attendre la réponse de William, avant qu’elle ne dise quoique ce soit d’autre, reportant son attention sur la route, tout en se risquant à quelques regards à William, elle semblait assez anxieuse. Ou, disons, qu’elle se sentait assez responsable de ce qui venait de se passer.

    C’est là que les mots qu’il avait prononcés mentalement lui revinrent en mémoire à une vitesse hallucinante. Tout le début de sa phrase n’avait laissé aucun doute sur la peur qu’il pouvait avoir en voiture. Mais pourquoi garder le contrôle ? Pourquoi craindre de balancer quoique ce soit dans le cerveau de Frost ? La conductrice plissa légèrement les yeux, prise d’une interrogation soudaine face à tout cela, alors qu’elle tentait de rester concentré sur la route. Rien dans ce qu’il avait pu penser n’expliquait les raisons de sa peur, mais il y avait bien d’autre chose qui laissait place à pas mal de supposition. Elle avait vraiment envie de mener ses réflexions plus loin, mais ne pu le faire, interrompu par la voix de William.


    « Ca va aller… »

    Au moins on ne pouvait pas lui enlever une certaine franchise. Là où beaucoup aurait fait les fiers en disant que tout allait bien, lui assurait, juste, que ça allait aller. Ce qui impliquait que, pour le moment, ce n’était pas spécialement le cas. Et tout ça à cause d’un abruti incapable de respecter un feu rouge ! Dire qu’elle était désolée semblait complètement hors de propos, elle avait fait ce qu’elle avait pu au niveau de sa conduite. La seule chose qu’elle aurait éventuellement pu se mettre sur le dos était le fait d’avoir emmener William en voiture. Mais pour s’en vouloir, sur ce point, il aurait fallu qu’elle soit au courant de son aversion pour ce genre de transport.

    Par chance, ils étaient bientôt arrivés. Quelques minutes plus tard, elle se garait sur le parking vide réservé aux gens voulant visiter ce monument typique de New York. Arrêtant le moteur, et enlevant sa ceinture, elle pivota de manière à pouvoir poser son regard sur William.


    « Je dois avoir des pansements dans la boite à gant. Attendez. »

    Le réflexe, après avoir dit ce genre de chose, était encore de se pencher légèrement pour atteindre la boite à gant. Mais à peine avait-elle commencé à le faire, qu’elle remarqua qu’elle était bien trop proche de William. L’espace d’un instant, elle ne bougea pas, un peu comme si le temps venait de s’arrêter. Mais, rapidement, elle se rendit compte de cette proximité qui ne devait pas lui être des plus agréable. Du coup, elle se redressa vivement, et désigna la boite à gant du bout des doigts.

    « Vous êtes mieux placé pour les prendre, allez y. »

    De toute façon, elle pouvait le laisser fouiller dedans, il n’y avait pas grand-chose dans cette boite à gant. Les pansements, en question, quelques boite de CD et… Ok, il y avait aussi un flyers sur le Coyote Ugly pour faire la promotion d’une soirée réservées exclusivement au homme. Il suffisait de voir l’illustration de la femme trop peu vêtue dessus, pour comprendre tout de suite de quel bar elle s’occupait. Chose qu’elle ne capta absolument pas étant donné que ce truc datait du mois derniers et, qu’entre temps, elle avait complètement oublié qu’il se trouvait là.

    « Sauf si ça demande plus qu’un simple pansement et que vous vouliez autre chose pour vous en occuper ? »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Dim 20 Juin - 3:03

Curieusement, la douleur lancinante dans sa main le rassurait. Il se raccrochait à l’idée que cet acte idiot lui avait permis de garder ses émotions pour lui. Non pas qu’il craignait d’être découvert en tant que mutant. Certes il ne tenait pas à passer entre les mains des autorités, mais ce n’était pas ce qui importait le plus. Il avait surtout voulu éviter de projeter vers Emma quoi que ce soit de ce qu’il avait ressenti.

Bien qu’il soit évident qu’elle avait vu ce qu’il s’était infligé, elle ne disait rien. D’aucun se seraient étonnés, l’auraient questionné. Et il avait déjà eu un avant goût de la curiosité de la jeune femme. Mais alors qu’il s’était comporté à nouveau de façon ahurissante, pas un mot. Soit elle venait définitivement d’admettre qu’il était cinglé, soit… Et bien il ne voyait pas très bien qu’elle pouvait être l’autre possibilité.

*Tu as décidé de lui faire confiance. Elle a peut-être décidé de faire la même chose à ton sujet ?*
*Ca n’a rien à voir. J’ai bien voulu reconnaître qu’une jeune femme aussi bien qu’elle pouvait sincèrement me porter de l’attention. Mais là elle admet sans sourciller que je me démolisse la main à coups de dents !*
*Peut-être commence-t-elle simplement à te cerner de mieux en mieux…*


Ils arrivaient à destination. Il allait enfin pouvoir sortir de cet engin de malheur ! La voiture arrêtée, il se détendit quelques peu. Ce qui lui permit de se rendre compte qu’à présent Emma était tournée vers lui et le regardait. Que pensait-elle ? Et lui, à quoi avait-il pensé quand il était monté dans cette voiture ! Il n’avait rien dit, comme si de rien n’était… A y être, il aurait aussi pu sauter dans le cabriolet par-dessus la portière !

« Je dois avoir des pansements dans la boite à gant. Attendez. »

La voix d’Emma le ramena à la réalité. Des pansements ? Oui, cela pourrait aider. Cela faisait longtemps que quelqu’un ne s’était pas préoccupé de panser ses blessures. Ou qu’il n’avait laissé quelqu’un s’en préoccuper ?

*Elle a bien dit « dans la boite à gants » ?*
*Oui, et alors ?*
*D’après toi, pour atteindre la boite à gants dans un coupé en étant assis à la place du conducteur, on fait comment ?*


Il réalisa soudain ce que cela impliquait. Mais il était déjà trop tard et la jeune femme s’était déjà inclinée vers le rangement situé devant lui. Sentir la jeune femme si près de lui était… Dérangeant ? Non… Curieusement non. D’habitude il n’appréciait pas du tout qu’on l’approche de si près, ce qui se traduisait chez lui par un mélange d’énervement et de peur. Mais à cet instant seule la peur se faisait sentir. Peur de la toucher, peur qu’elle le touche. Peur qu’un involontaire contact provoque encore une fois une catastrophe. Il y avait bien autre chose, qui accompagnait cette peur. Une émotion qu’instinctivement il refoula.

Mais soudainement elle interrompit son mouvement et se redressa.

« Vous êtes mieux placé pour les prendre, allez y. Sauf si ça demande plus qu’un simple pansement et que vous vouliez autre chose pour vous en occuper ? »

*Hé ? Quelle mouche l’a donc piquée ?*
*Je te signale à toutes fins utiles qu’entre ton petit discours de tout à l’heure et le fait que tu manques de tourner de l’œil quand on te tend la main, elle a bien dû deviner que se pencher sur tes genoux allait quelques peu te perturber… Mais peu importe ! Ça t’arrange non ?*
*Oui bien sûr ! Bien sûr…*


« Ah… Merci… C’est très gentil. Un pansement fera l’affaire je pense. »

Ainsi elle lui proposait de se servir lui-même. Cela au moins il devrait y arriver. Il ouvrit le rangement et aperçut la boite de pansements derrière quelques CD. Il prit la liberté de décaler ces derniers qui l’empêchaient d’accéder à la boite. Sous les disques un prospectus coloré vantait les mérites d’une soirée organisée au profit d’un public essentiellement masculin qui, si on se basait sur la demoiselle fort peu habillée ornant la majeure partie du document, n’y viendrait certainement pas discuter philosophie.

Il n’y aurait certainement pas prêté une attention plus poussée s’il n’avait reconnu le nom de l’établissement qu’Emma lui avait dit posséder. Le Coyote Ugly était donc un établissement de ce style. Amusant. Pourquoi n’avait-elle rien dit à ce sujet quand elle lui avait révélé en être la propriétaire ? En y repensant, il se souvint qu’elle s’était montrée gênée. Si ce qui se faisait dans cet endroit la contrariait, pourquoi le conserver ? Il refusait de croire que ses raisons étaient financières… Pas avec la Frost International à côté. Décidément la jeune femme l’intriguait.
Il essaya de s’imaginer se rendre dans un pareil endroit. Lui qui trouvait l’ambiance autour de la machine à café du bureau trop animée, doutait d’apprécier celle du Coyote. Mais son jugement hâtif n’était basé que sur un malheureux flyer. C’était peut-être un endroit très sympathique après tout.

Ayant décidé d’accorder à Emma la même discrétion qu’elle-même lui avait assuré, il se contenta simplement de saisir la boite de pansements, d’en extraire un de celle-ci et de la remettre à sa place. Tout ceci avec cet air naturel qu’il savait si bien simuler. Autrement dit, seul quelqu’un en dehors de l’habitacle pouvait ignorer qu’il avait vu le prospectus.

Quelques instants plus tard, doté d’un bandage tout neuf, il se tourna vers la jeune femme. Un petit sourire désolé s’afficha sur son visage. Mais seule la désolation transparaissait dans ses yeux.

« Je… J’ai encore… Je me suis encore comporté… singulièrement. Je voudrais tellement… »

*« pouvoir vous expliquer. »*
*Ben voyons ! Vas-y, explique-lui ! Tu es un mutant. Tu es un meurtrier. C’est certain, ça va la rassurer sur ton compte !*


Prendre une profonde inspiration. Afficher un air enjoué. La méthode avait fait ses preuves. Etre sincère autant qu’il le pouvait, cela aussi semblait être la meilleure méthode.

« Merci encore de m’avoir proposé de me servir de guide. Ce monument est tout un symbole. Je ne pensais pas pouvoir le visiter un jour. Le faire en votre compagnie est tout simplement un rêve qui se réalise. »

*Hého, méfie-toi de tes tournures de phrases.*
*J’énonce des faits.*
*Tu joues avec les mots.*


Il sortit de la voiture, peut-être un peu trop précipitamment. Elle allait sans doute mettre cela sur le compte de son aversion affichée pour cet engin. Cela valait sans doute mieux. Il contourna le véhicule et ce n’est qu’après avoir ouvert la portière d’Emma qu’il se souvint de la remarque qu’elle lui avait gentiment faite à ce sujet. Il avait également entendu la petite phrase qu’elle avait murmurée au final, semblant confirmer le fait qu’elle trouvait ce comportement archaïque. Mais de toute façon c’était trop tard. Et puis cela n'avait pas l'air de la gêner plus que cela. Elle semblait même d'une certaine façon y être habituée. Mais cela n'avait pas vraiment d'importance dans le fond.

Ils étaient là, sur ce parking dépeuplé. Il était là, avec elle. Il l’avait suivie beaucoup plus loin qu’il ne l’aurait fallu. Il allait encore la suivre.

*Tu commences sérieusement à m’inquiéter mon garçon !*
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Dim 20 Juin - 20:58

    Les raisons de son silence, sur la blessure, de William avaient été tellement diverses. Il s’était déjà tellement excuser pour une conduite qu’il jugeait stupide, ou peut importe le terme qu’il avait pu employé. Le fait est, que de mettre en évidence, par une parole, cette blessure qu’il s’était infligé risquait de l’affliger un peu plus. Ce n’était pas ce qu’elle souhaitait. Et si d’autre raison pouvait entrer en ligne de compte, celle-ci fut la seule et unique qui eu assez de valeur à ses yeux pour taire tout commentaire sur cet épisode. Seule chose qui pouvait l’inquiéter, qu’il se soit fait vraiment mal. Ca devait forcément être le cas, vu que la nécessité d’un pansement s’imposait, mais elle espérait que la douleur ne soit pas des plus aiguë.

    S’étant finalement redressée pour pouvoir lui laisser chercher les pansements tout seul, elle l’entendit la remercier pour cette proposition. Et alors qu’il jeta un œil dans la boite à gant, elle regarda d’un œil afin de s’assurer qu’il puisse trouver la boite en question. C’est cette vision qui l’informa sur le contenu du rangement, sur le fait que le flyer s’y trouvait. Elle s’en voulait intérieurement d’avoir pu oublier ce détail et pu comprendre, dans le même instant, que William s’y attarda quelque peu. Pas longtemps, mais suffisamment pour qu’elle imagine qu’il avait retenu le nom de l’établissement qu’elle lui avait donné. Pourtant, il ne fit aucun commentaire. Finalement, peut être qu’il n’avait pas retenu ce qu’elle lui avait dit, peut être que ce deuxième emploi lui était sortit de la tête. Du coup, elle n’avait pas besoin de lui expliquer, ou de chercher à se justifier de quoique ce soit. Et puis, de quoi aurait-elle besoin de se justifier ? Elle aimait son emploi, tant pis si cela ne plaisait pas.


    « Je… J’ai encore… Je me suis encore comporté… singulièrement. Je voudrais tellement… »

    N’empêche qu’elle s’était trompée sur un point. Si elle avait joué de discrétion pour ne pas le voir s’accabler d’avantage, William ne pu s’en empêcher. Elle le regardait, semblant attendre une suite à cette phrase qu’il avait laissé en suspend. Il voulait tellement quoi ? Mais voilà qu’il se mettait à afficher un air enjoué pour reprendre dans un tout autre registre.

    « Merci encore de m’avoir proposé de me servir de guide. Ce monument est tout un symbole. Je ne pensais pas pouvoir le visiter un jour. Le faire en votre compagnie est tout simplement un rêve qui se réalise. »

    Incapable de dire quoique ce soit elle resta sur un sentiment de petite déception de ne pas avoir eu la suite de la phrase qu’il avait prononcée. Tout en étant amusée et étonnée par la dernière phrase qu’il venait de dire. Mais avant qu’elle ne se décide à réagir sur l’un ou l’autre, voilà qu’il était sortit de la voiture pour faire le tour et lui ouvrir la portière. Chose qu’elle appréciait parce que c’était un comportement qui s’était perdu avec le temps et qu’elle avait toujours su apprécier. Sortant de la voiture, elle lui lança un sourire remerciant et, une fois la portière close, elle pu verrouiller sa voiture à l’aide de cette petite commande électronique attaché à ses clés de véhicule. Mais, elle n’en n’oublia pas pour autant ce qui avait été dit plu tôt, du coup, c’est assez vite qu’elle se décida de réagir à ces propos.

    « Le seul comportement que je trouve « singulier », pour reprendre vos termes, c’est d’avoir rêver de pouvoir venir ici en ma compagnie… »

    Le ton qu’elle avait employé, amusé, laissait sous entendre qu’elle ne croyait absolument pas que c’est ce qu’il avait voulu dire. Ce qu’elle avait comprit c’est, qu’à la limite, il avait rêver de venir visiter la statut de la liberté, que ce soit avec elle, ou avec une autre, voir avec personne, n’avait pas la moindre importance. Et c’est en ayant comprit les choses de cette manière qu’elle avait employé ce ton, à la fois amusé et taquin, tout en faisant référence à la phrase qu’il n’avait pas voulu finir. Et voilà comment elle s’y prenait pour régir sur deux choses, en ne prononçant qu’une seule phrase. Un large sourire se dessina sur ses lèvres, laissant comprendre que sa phrase n’attendait pas forcément de réponse.

    Mais en décortiquant un peu plus ce qu’il avait pu dire, elle nota le fait qu’il avait penser ne jamais pouvoir visiter cet endroit. Est-ce que cela impliquait qu’il allait fuir les gens toute sa vie ? Elle avait encore en tête les mots qu’il avait hurler dans la voiture, au moment ou elle avait du manœuvrer brusquement pour éviter l’autre véhicule. Par les temps qui court, elle était forcée de penser à la mutation, encore plus en vue de son pouvoir à elle. Combien de fois, durant son apprentissage, elle avait souhaiter ne pas manipuler les gens par mégarde. Trop de fois les personne faisait ce qu’elle voulait qu’il fasse, sous le contrôle de son pouvoir, alors qu’elle n’avait pas voulu que ça se passe ainsi. Combien de pensées avait-elle entendu sans vraiment le vouloir ? Il y avait des pouvoirs, plus que d’autre, qui imposait –comme il l’avait penser si fortement- de « garder le contrôle », encore plus quand s’était associé à quelque chose qui implique de « balancer dans le cerveau ». Elle était incapable de donner la nature de son pouvoir, si vraiment il en avait un comme elle le soupçonnait, et si elle devait émettre une hypothèse elle se tromperait sûrement.

    Le problème c’est, qu’en plus d’être intriguant, elle avait juste envie de lui dire que les choses s’arrangeaient. Que les choses se contrôlaient avec le temps. Mais balancer ce genre de chose, aussi niaiseuses qu’inutile, serait totalement hors de propos. Et encore moins, quand elle n’est pas censé avoir de doute sur une mutation éventuelle. Ce qui impliquerait forcément se dévoiler elle-même. Une personne de la police était déjà au courant, et elle craignait que cette information monte plus haut, se n’était donc pas pour informer toutes les personnes qui pouvaient croiser son chemin. Sans même s’en rendre compte elle avait un léger sourire un peu triste, comme un peu impuissante face à ce qu’elle pensait savoir. Mais rapidement, elle s’en rendu compte et effaça rapidement cela de son visage. Finalement, tous deux avaient quelque chose en commun : sauver les apparences. Même si ce n’était absolument pas pour les mêmes raisons.


    « Prêt ? »

    D’un mouvement de tête, elle l’invita à la suivre vers le monument. Bon son excuse concernant les travaux ne devaient plus vraiment tenir la route, car il n’y avait pas le moindre ouvrier et encore moins de personnes semblant faire des travaux. Les lieux n’étaient, non plus, totalement vides, il y avait un minimum de personnel. Au moins pour faire fonctionner le tout, comme les restaurant. Mais, en les comptant tous, il ne devait pas y avoir plus d’une dizaine de personne. Avoir l’endroit pour soit seul était une chose complètement impossible, mais il pouvait y avoir si peu de personne que ça en donnait l’impression.

    Arrivé au pied du monument, Emma ne pu s’empêcher de lever les yeux au ciel pour tenter d’en voir le sommet, se couvrant les yeux avec une main en visière pour ne pas avoir à se brûler les rétines contre le soleil qui montrait le bout de son nez. Et dire qu’elle avait connu New York sans cette statut, cela la fit doucement et rapidement sourire à ce souvenir. L’inauguration avait eu lieu en 1886, elle y avait été, ne pouvant se résoudre à louper un tel évènement. Rebaissant la tête, elle porta son attention sur William.


    « Vous saviez que le jour de l’inauguration, l’entreprise Gaget Gauthier, avait distribué des miniatures aux gens d’influence et personnalité, qui étaient présente ? »

    Cette question avait suivit le fil de ses pensées, et elle l’avait prononcé sans vraiment s’en rendre compte, avec un large sourire sur le bord des lèvres. Une miniature qui devait trôner quelque part dans son appartement, qu’elle avait officiellement acheté à des enchères. Officieusement, elle se l’était procurée le jour même de l’inauguration, pour avoir accompagné un homme d’une certaine fortune. Cependant, elle aurait peut être pu réfléchir avant de donner ce genre d’information. Elle pouvait facilement passer pour une personne qui était juste instruite sur certaine chose. Mais des petites choses plus des petites choses, risquait de devenir gênant.

    « Mais peu importe, je ne voudrais vous ennuyer avec des telles choses. J’ai une question à vous poser : Vous avez le vertige, ou pas ? Parce que la vue est magnifique d’en haut »

    Attendant la réponse, elle devait avoir l’air d’une gamine de 15 ans, le soir de noël, alors qu’elle vient de voir le cadeau de ses rêves. Il y a des choses comme cette statut, qui lui rappelait une époque, et qui lui procurait une sorte de bonheur assez difficile à expliquer. Sûrement une sorte de Nostalgie. Il était visible qu’elle retenait son sourire, bien que présent, il semblait vraiment vouloir s’agrandir rien qu’à la perspective de se retrouver dans cet endroit. D’ailleurs elle fini par se pincé la lèvre inférieur entre ses dents, pour tenter de refouler ce large sourire. Histoire de ne pas se montrer avec un comportement trop « gamin » devant ce monument.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Ven 25 Juin - 22:46

« Le seul comportement que je trouve « singulier », pour reprendre vos termes, c’est d’avoir rêver de pouvoir venir ici en ma compagnie… »

Elle se moquait gentiment de lui, et visiblement ne croyait pas une seconde que la phrase maladroite de William ait pu avoir ce sens là. En un sens elle avait raison. Il était enchanté de pouvoir venir ici, chose qu’il avait bien pensé ne jamais plus pouvoir faire. Mais ce dont il rêvait avait un côté plus… humain. Emma continuait à l’étonner par son désintérêt, au moins en apparence, envers son comportement. La reprise du terme qu’il avait lui-même employé montrait qu’elle avait bien entendu ce qu’il avait dit et qu’il n’avait pas conclu. Mais elle avait décidé de l’ignorer. Soit elle s’en moquait réellement, soit elle attendait qu’il se décide de lui-même à lui fournir plus d’explications. Il n’en savait rien et ne se hasarderait pas à essayer de deviner. Faire cela aboutirait à agir en conséquence, et comme il était certain de se tromper cela ne ferait sûrement qu’empirer les choses. Elle devait avoir comme tout le monde ses propres interrogations, ce que le subreptice vacillement de son sourire confirma.

« Prêt ? »

« Je vous suis. »

Elle l’incitait à la suivre, ce qu’il fit sans hésitation. Craindre Emma n’avait plus aucun sens, et il n’y avait quasiment personne d’autre, du moins à distance raisonnable. C’était curieux. Il ne voyait rien qui puisse justifier une fermeture au public. Mais le fait était que le monument était bel et bien fermé. Et pourquoi lui aurait-elle menti à ce sujet ? Elle avait dit avoir fait jouer de son influence pour obtenir qu’on les laisse entrer, pas pour réserver l’endroit à eux seuls ! Imaginer cette idée l’amusa profondément. Indépendamment du fait que c’était certainement impossible, il ne voyait aucune qui aurait pu pousser la jeune femme à faire une chose pareille. Et personne n’agissait sans raison. Non, les travaux en questions devaient se dérouler sur des parties du monument hors de sa vue, telle était l’explication la plus simple et donc la plus plausible.

Ils s’arrêtèrent un instant au pied de la statue. Emma leva les yeux vers son sommet, en s’abritant les yeux du soleil de sa main fine. Elle semblait profondément fascinée par l’ouvrage. Il l’imita, tentant de focaliser son attention sur le monument.

« Vous saviez que le jour de l’inauguration, l’entreprise Gaget Gauthier, avait distribué des miniatures aux gens d’influence et personnalité, qui étaient présente ? »

Non, il ne le savait pas. Ou s’il l’avait su un jour il l’avait oublié. Ses connaissances étaient en général limitées aux aspects techniques. Il aurait pu lui donner les caractéristiques majeures de chaque partie de l’ouvrage, mais il était à peine capable de se souvenir de l’année de son inauguration. Cela ne devait pas être le cas d’Emma qui visiblement avait une culture qui dépassait la sienne de très loin.

« Ah ? C’est… amusant ! »

*Quelle répartie ! Eblouissant !*

Il tourna la tête vers elle et vit qu’elle le regardait. Pris de court, il sourit légèrement. Il fallait qu’il dise quelque chose ! Heureusement pour lui, elle reprit sans attendre.

« Mais peu importe, je ne voudrais vous ennuyer avec des telles choses. J’ai une question à vous poser : Vous avez le vertige, ou pas ? Parce que la vue est magnifique d’en haut »

Le vertige ? Il avait déjà tellement peur de tout qu’il n’aurait plus manqué que cela ! Il ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire.

« Non, rassurez-vous le vertige ne fait pas partie de la liste de mes phobies. »

Il réalisa que sa réaction pouvait avoir blessé la jeune femme, et reprit avec un simple sourire.

« Vous êtes très gentille de vous en inquiéter. Je vous assure que de ce côté-là il n’y a rien à craindre. »

Elle avait l’air tellement heureuse ! Aimait-elle ce monument à ce point ? Beaucoup de gens ont des lieux qui les ont marqués. Peut-être des souvenirs d’enfance ? Si c’était le cas, l’avoir amené à un tel endroit était charmant. Ses propres bons souvenirs étaient lointains… Dans tous les sens du terme. Il doutait de pouvoir un jour en faire profiter quelqu’un.

Il regarda Emma. A nouveau elle affichait cette petite mimique qu’il l’avait déjà aperçu chez elle à quelques reprises. Cette façon de se pincer la lèvre avec les dents. C’était si… Attendrissant. Décidément chacune des attitudes de la jeune femme le fascinait. Et il n’arrivait toujours pas à cerner sa personnalité.

Il s’était laissé embarquer dans cette histoire de façon tout à fait égoïste, sachant pertinemment que c’était dangereux pour lui et surtout pour elle. Il était donc incapable de tirer les leçons du passé ! C’était incompréhensible. Jusque là il ne s’était pas montré un compagnon très agréable. Il fallait qu’il se déride un peu, il lui devait au moins cela. Il devait bien avoir quelque chose d’intelligent à dire ! Ah oui, peut-être… S’il ne se trompait pas !

« Ce que vous avez dit au sujet des miniatures… C’était très intéressant ! Il doit y avoir beaucoup à apprendre à propos de cet endroit. Et hem… Justement je crois qu’il y a… Un poème gravé. Sur le piédestal. »

Tout content de s’être souvenu de ce détail, et surtout de pouvoir montrer à Emma que son esprit ne se résumait pas à un ensemble de névroses, il sortit instinctivement son terminal de sa poche et activa le réseau.

« Si vous voulez bien m’accorder une petite minute je dois bien pouvoir le retrouver ! »

Il ne mit que deux secondes… A réaliser que s’ils voulaient trouver ce poème ils n’avaient que quelques pas à faire. Il rangea l’appareil aussi rapidement qu’il l’avait pris. Comme démonstration d’équilibre intellectuel, c’était certainement un peu limite.

« Oui… Enfin… Nous pouvons passer le voir si vous le souhaitez. Mais en fait vous le connaissez certainement déjà ! »

Evidemment, une personne qui connaissait le genre de détail qu’elle avait évoqué devait déjà être au courant pour ce poème. Il fallait absolument qu’il réfléchisse avant de parler ! L’impression d’être passé pour un abruti fini le fit tourner pivoine. Il ferait mieux de suivre sans rien dire la jeune femme plutôt que d’essayer de se montrer sous un jour plus intéressant qu’il ne l’était en réalité.

Une rage sourde fit flamboyer son regard durant une fraction de seconde. Mais ces dernières années lui avaient appris à instantanément canaliser ce genre de chose, et seul un grand vide subsista.

« Et puis vous avez raison, nous devrions monter profiter de la vue. »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Sam 26 Juin - 21:25

    « Ah ? C’est… amusant ! »

    A sa façon de répondre, Emma avait prit le partit d'en déduire que ce genre de chose ne l'intéressait guère. Pouvait-elle seulement lui en vouloir ? Tout le monde se fichait de ce genre de petits détails qui lui étaient chers à ses yeux, mais seulement parce qu'elle avait vécu ce moment là, juste parce qu'elle avait eu le droit à cette statuette. C'est pourquoi elle avait très vite reprit en le questionnant sur un éventuel vertige, qu'il pourrait avoir. Rien ne servait de lui demander de monter tout là haut, si il avait une peur du vide. Le but n'était absolument pas là.

    « Non, rassurez-vous le vertige ne fait pas partie de la liste de mes phobies... Vous êtes très gentille de vous en inquiéter. Je vous assure que de ce côté-là il n’y a rien à craindre. »

    Elle ne comprit pas vraiment les raisons qui l'avait poussé à donner une suite à sa première phrase, qu'elle n'avait absolument pas mal prise. Bien au contraire, elle avait même sourie par le fait qu'il y avait, dans cette première phrase, une certaine forme d'auto dérision en parlant de "liste" de phobies. En tout cas elle fut ravie d'apprendre que le vide ne lui posait pas de problème, bien qu'il était plus judicieux de parler de hauteur plutôt que de vide. Rien que de savoir qu'elle allait monter lui procurait une certaine joie, de celle qu'on ne peut pas réellement expliquer. Et c'était ainsi avec de nombreux endroits qui avait pu marquer l'histoire d'une manière ou d'une autre, et où elle avait pu être présente. Tentant, du mieux qu'elle pouvait, de cacher le fait qu'elle trépignait d'impatience et de joie devant cette statut qui était tout un symbole, elle l'écouta reprendre.

    « Ce que vous avez dit au sujet des miniatures… C’était très intéressant ! Il doit y avoir beaucoup à apprendre à propos de cet endroit. Et hem… Justement je crois qu’il y a… Un poème gravé. Sur le piédestal. »

    Ce qui fut le plus amusant dans toute cette histoire, c'est qu'il lui demanda, très vite, un court instant afin de pouvoir retrouver les vers écris sur le socle, à l'aide d'un appareil. La technologie avait quelque chose de formidable mais quelque inquiétante, de temps en temps. Avoir le réflexe de se renseigner par un réseau à distance était sûrement une bonne chose, mais devenait amusante quand on pouvait avoir la réponse en faisant le tour de l'endroit ou l'on se trouve.

    Amusée, comme le disait son large sourire, elle ne chercha même pas à lui dire que les mots étaient écrit sur l'autre face du socle de cette statut, et que quelques pas les mèneraient à la réponse qu'il cherchait. Peut être qu'elle avait envie de voir combien de temps il mettrait à se rendre compte que la réponse qu'il cherchait pouvait se trouver devant ses yeux de manière bien plus réelle qu'à travers un écran. Une chose est sûr, il comprit très vite, quelques secondes, que son geste n'était peut être pas des plus utile. Mais fortement amusant, bien que ce ne soit pas dans le mauvais sens du terme. Au contraire.


    « Oui… Enfin… Nous pouvons passer le voir si vous le souhaitez. Mais en fait vous le connaissez certainement déjà ! »

    Il s'empourprait, ce qui ne manqua pas de faire sourire Emma, de manière gentille et rassurante, comme pour lui prouver qu'il n'y avait pas le moindre soucis. Elle cru même décelée une certaine lueur dans le regard de l'homme, mais ce fut tellement furtif qu'elle en arriva à se demander si elle ne l'avait pas, simplement, imaginé. Pour ce qui était du poème, il était d'Emma Lazarus. Mais en réalité, il ne s'agissait que des derniers vers de l'intégralité de ce qu'elle avait écrit. Elle aurait été capable de citer les mots de tête, mais elle ne vit franchement pas l'intérêt de le faire. Il n'y avait aucun mérite dans le fait de connaitre des détail d'un évènement qu'elle avait vécu. Sauf qu'elle ne se voyait pas expliquer à William les raisons de son savoir sur cet endroit. Pour lui, cela s'apparenterait à une culture générale plus ou moins importante. Elle n'était absolument pas venue dans l'optique d'étaler une science qui ne relevait pas d'un véritable mérite.

    « Et puis vous avez raison, nous devrions monter profiter de la vue. »

    Elle porta un regard interrogateur sur l'homme qui lui faisait face, et qui finissait par capituler en annonçant qu'il valait peut être mieux monter. Mais de ce regard interrogateur naquit un léger sourire attendrissant sur le bord de ses lèvres, avec une idée qui traversa sous forme de lueur dans la prunelle de ses yeux.

    " Même si j'ai connaissance de ce poème, je pourrais parier que vous ne l'avez jamais vu en vrai. Alors, notre montée peut attendre quelques minutes de plus. Parce que, si on pars du principe qu'on ne peut voir ce que j'ai déjà vu, la vue de la haut ne sert plus à rien non plus, William. "

    Le ton qu'elle y mettait semblait prouver qu'elle n'était pas venue pour elle. Nier qu'elle ignore l'existence de ces quelques vers étaient complètement stupide, et serait que trop peu crédible. Mais elle n'était pas vraiment ici pour elle. Cela dit, elle ne voulait pas vraiment faire savoir ce dernier point, alors dans un visage enjouée elle reprit dans un haussement d'épaule joyeux.

    " Et puis, ça fait des années que je ne l'ai vu. "

    Ce qui était le cas de le dire. D'un signe de tête, elle l'invita à le suivre, marchant d'un pas léger qui trahissait le bonheur qu'elle avait d'être ici, se replongeant des années et des années en arrière. Bien qu'en réalité, la plaque de bronze, contenant le poème, n'avait pas été présent le jour de l'inauguration. Il était plus vieux, 1903 si ses souvenirs étaient encore intacts. Contournant la première face du socle, ils arrivèrent devant la plaque de bronze qui contenait le bout de poème en question.

    Citation :
    Give me your tired, your poor,
    Your huddled masses yearning to breathe free,
    The wretched refuse of your teeming shore.
    Send these, the homeless, tempest-tossed, to me,
    I lift my lamp beside the golden door !

    Pendant que ses yeux étaient posés sur la plaque de bronze, sur ces mots qui délivraient un véritable message, Emma ne pu s'empêcher de reprendre, vis à vis de ce qui avait pu se passer un peu plus tôt.

    " Je trouve tout à fait étonnant que vous puissiez être au courant de ce poème. En général, les gens qui ne sont jamais venu ici, l'ignore. Tout ce qui reste dans l'esprit des gens c'est l'allure générale de cette statut et qu'elle a été offerte par la France "

    Il y avait une certaine vérité dans ce qu'elle disait, mais le but était surtout de le rassuré sur ce qu'il pouvait savoir. Encore une fois, même si elle ne pouvait lui dire, elle n'avait aucun mérite à savoir certaine anecdote sur cet endroit.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mer 30 Juin - 0:26

William avait du mal à reprendre le contrôle de ses idées. La rage qui avait commencé à se manifester il y a quelques instants était inhabituelle. Il l’avait immédiatement canalisée comme il avait appris à le faire depuis qu’il avait compris la nature de son pouvoir. Il procédait ainsi chaque fois qu’il sentait monter en lui une émotion suffisamment forte pour que cela présente un risque. Le danger résidait maintenant dans les émotions qu’il ne sentait pas arriver, ou qui se révélaient trop intenses pour qu’il arrive à les contrôler. Les précautions dont il s’entourait limitaient ces situations.

Pourquoi avait-il failli s’emporter ainsi ? Il avait pourtant l’habitude de ne pas passer pour une flèche, hormis peut-être dans son travail. Jamais cela ne l’avait mis dans cet état. Il y avait décidément quelque chose qui clochait. Mais l’heure n’était pas aux introspections. D’autant plus que l’attitude d’Emma laissait penser qu’elle passait une fois encore sur ses pitreries.

" Même si j'ai connaissance de ce poème, je pourrais parier que vous ne l'avez jamais vu en vrai. Alors, notre montée peut attendre quelques minutes de plus. Parce que, si on pars du principe qu'on ne peut voir ce que j'ai déjà vu, la vue de la haut ne sert plus à rien non plus, William. Et puis, ça fait des années que je ne l'ai vu. "

Qu’elle ait deviné qu’il n’avait jamais vu réellement la plaque où était gravé le texte en question n’était pas surprenant. Qu’elle accorde de l’intérêt à la pauvre référence culturelle qu’il avait réussi à extirper des méandres de sa mémoire l’était un peu plus. Ceci dit il se rendait bien compte qu’avec la connaissance qu’elle avait de cet endroit, et même si elle semblait y être particulièrement attachée, ce n’était pas principalement pour elle qu’ils étaient ici. Elle pouvait venir quand elle le voulait et n’avait pas besoin de s’encombrer d’un boulet de son genre. Cela lui fit repenser que décidément cette fermeture exceptionnelle au public était tombée bien à point.

Elle donnait l’impression d’être l’hôtesse de ces lieux. On pouvait apprécier un endroit, mais il avait l’étrange impression que dans le cas d’Emma c’était plus profond que cela. Cependant il n’avait aucun moyen de le savoir, et il ne la connaissait pas assez pour l’interroger à ce sujet. Elle semblait particulièrement heureuse d’être ici et il ne put s’empêcher de sourire à cette vue. Le bonheur de la jeune femme devait être contagieux car même s’il était très loin d’être détendu, c’est toutefois avec une insouciance prudente dont il n’était pas coutumier qu’il la suivit jusqu’à la plaque de bronze comme elle l’incitait à le faire.

Il relu le texte du poème qui ne lui était pas revenu en mémoire. Vivre, respirer librement… Le symbole d’une terre d’accueil pour les être fatigués de chercher asile. Quelle ironie ! Le message n’avait pas été écrit pour eux, mais il ne put s’empêcher de se demander combien de mutants étaient comme lui en quête de cette liberté, avec le sens que chacun pouvait lui donner. S’il existait une porte d’or, il ne l’avait pas trouvée.

" Je trouve tout à fait étonnant que vous puissiez être au courant de ce poème. En général, les gens qui ne sont jamais venu ici, l'ignore. Tout ce qui reste dans l'esprit des gens c'est l'allure générale de cette statut et qu'elle a été offerte par la France "

Il était le premier surpris de s’en être souvenu. Etait-ce parce que l’auteur portait le même prénom de son charmant guide… Ce serait amusant ! En vérité il n’en savait bigrement rien. Qu’il ait eu connaissance un jour que ce poème existait le surprenait moins.

« Vous savez, mes connaissances sont très théoriques. Je n’ai pas eu l’occasion de visiter énormément d’endroits, du moins physiquement. Mais j’ai eu par contre beaucoup de temps pour me renseigner, à travers les guides officiels et les récits de particuliers. Cela explique sans doute que j’ai eu connaissance de l’existence de ce texte alors que je ne me rendais même pas compte de l’aspect grandiose du lieu. »

Il était surpris de la facilité avec laquelle il était arrivé à dire cela. Lui qui d’habitude bafouillait lamentablement pour aligner trois mots ! C’était… grisant ! Il se tourna vers Emma et eut un sourire amusé.

« Mais pour être tout à fait honnête, d’habitude je ne me souviens pas de ces informations là. Je retiens plus facilement les aspects techniques. Vous devez m’inspirer ! »

Une pointe d’humour ? Il se surprenait lui-même.

*Hé, fait gaffe quand même… N’oublie pas que tu es une catastrophe ambulante.*
*Qu’est-ce qui peut bien arriver ? Il n’y a personne en vue et Emma sait parfaitement à quoi s’en tenir.*
*Elle ne sait rien du tout et tu en es parfaitement conscient. Cesse de te raconter des histoires ! Tu seras le seul responsable s’il se produit un malheur.*
*Et flute !*


Effectivement, il ne devait pas se laisser emporter. Les risques étaient minimes mais pas nuls. D’un ton un peu plus posé il reprit.

« Merci de m’avoir permis de voir ce texte. Je m’en remets à vous pour la suite de la visite ! »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Jeu 1 Juil - 17:48

    William avait suivit Emma jusqu’à la plaque de bronze… Mieux encore, il l’avait suivit avec un certain sourire qui ne fit que réconforter un peu Frost. Après tout, elle ne savait pas grand-chose de lui, elle aurait pu se planter complètement en l’emmenant dans un endroit comme celui, même si elle avait fait en sorte que ce ne soit ouvert au public. Elle s’était, même, persuadée, qu’elle avait choisi cet endroit parce que c’était un monument incontournable dans cette ville. Mais il y avait tellement de souvenir ici, elle avait une telle joie à revenir dans ces lieux, qu’elle commençait sérieusement à se demander si elle n’avait pas choisi la statut de la liberté un peu pour elle également. Ou l’avait-elle choisi parce qu’elle avait envie de partager cet endroit avec lui ? Non, cette idée était complètement stupide. Elle l’a chassa de son esprit bien rapidement, préférant expliquer qu’elle appréciait qu’il puisse avoir connaissance de cette plaque de bronze.

    « Vous savez, mes connaissances sont très théoriques. Je n’ai pas eu l’occasion de visiter énormément d’endroits, du moins physiquement. Mais j’ai eu par contre beaucoup de temps pour me renseigner, à travers les guides officiels et les récits de particuliers. Cela explique sans doute que j’ai eu connaissance de l’existence de ce texte alors que je ne me rendais même pas compte de l’aspect grandiose du lieu. »

    Le visage d’Emma était légèrement relevé, afin de pouvoir regarder son interlocuteur pendant qu’il expliquait qu’il n’avait qu’une connaissance théorique de chose. Ce qui était surprenant, c’est qu’il avouait facilement se renseigner sur les lieux qu’il n’avait pas visités de manière physique. Alors, il y avait réellement un problème avec la foule. Si il prenait le temps de se renseigner, de connaître un endroit à travers des mots, cela prouvait bien qu’il s’y intéressait. Emma en eu un léger sourire. Elle avait du mal à concevoir qu’on puisse avoir peur de la foule. Elle le comprenait, mais c’était une notion assez étrange pour elle. Ce qui l’intriguait c’était les raisons qui pouvaient le pousser à s’enfermer de la sorte alors, qu’a priori, l’envie de visiter des endroits ne lui était pas totalement déplaisante. Emma imaginait que cela devait avoir un côté frustrant. Se cantonner à de la théorie ne pouvait être aussi impressionnant que de se retrouver sur le lieu en question

    Mais ce qui ne manqua pas de la faire sourire, ravie, c’est la manière dont il s’était exprimé. Cela devait être sa tirade la plus longue, sans avoir d’hésitation, de coupure. Cette attitude continuait de la rassurer un peu, et elle pensait qu’elle avait vraiment du halluciner en ayant cru voir, il y avait peu de temps, un regard plutôt sombre. Oui, cela avait tellement été furtif, qu’elle l’avait sûrement imaginé, ou très mal interpréter. D’ailleurs, tournant son visage vers elle, Emma pu voir le sourire amusé qui parcourait les lèvres de l’homme. Plutôt une belle récompense, non ?


    « Mais pour être tout à fait honnête, d’habitude je ne me souviens pas de ces informations là. Je retiens plus facilement les aspects techniques. Vous devez m’inspirer ! »

    « Merci de m’avoir permis de voir ce texte. Je m’en remets à vous pour la suite de la visite ! »

    Il y avait de l’humour, il semblait même amusé –par le sourire qu’il avait pu faire- pourtant, c’est très vite qu’il reprit un ton plus posé. Emma avait comme l’impression qu’il cherchait toujours à rester le plus neutre possible, ne pas chercher à être heureux, ou triste. Cette lueur furtive d’une sorte de colère sourde lui revenait en mémoire, comme ce sourire amusé qui avait laisser place à un ton plus contenu. Aucune idée sur les raisons de cette attitude était à sa portée. Elle aurait pu aller chercher la réponse, mais cela ne serait pas la manière la plus raisonnable. L’utilisation de ses pouvoirs serait un peu contre ses principes. Mais elle devait avouer qu’il était franchement difficile de savoir à quoi s’attendre, ou sur quel pied dansé –comme le disait une expression- vis-à-vis de cet homme. Temporairement résignée, elle lâcha un bref sourire.

    « Direction la couronne, alors. »

    Son pas avait quelque chose de beaucoup moins enjoué, tellement elle tentait de réfléchir, de comprendre. En fait, elle se sentait prise de certains doutes, elle n’arrivait même plus à savoir la marche à suivre avec lui. Elle avait songer à étaler certaines histoires sur l’endroits, des anecdotes. Mais, finalement, elle avisa que ce n’était pas forcément une bonne idée. Elle avait l’impression que d’étaler une connaissance, qui n’avait rien de spectaculaire quand on connaît son vécu, ne ferait que conforter William dans le fait qu’il ne possède que des connaissances techniques. Franchement, elle trouvait agréable de voir que quelqu’un pouvait s’arrêter sur des détails techniques, elle ne pouvait qu’apprécier étant donné son métier. Mais elle ne savait comment si prendre, elle ne savait que dire.

    A l’intérieur, les marches avaient quelque chose de salutaire. Nombreuses, pour monter en haut, elles ne favorisaient pas franchement une longue discussion si ils voulaient être capable de pouvoir atteindre le sommet sans se mettre à chercher leurs souffles toutes les deux secondes. La perspective de voir la vue d’en haut avait une tendance à la rendre joyeuse, mais celle de ne pas savoir encore comment s’y prendre, avait la fâcheuse tendance à réduire un peu cette joie. Au moins, elle eu un peu de temps pour réfléchir à la manière de s’y prendre, à ce qu’il fallait dire, ce qu’il fallait éviter. Mais arrivée en haut, ses interrogations ne lui avaient pas apporté la moindre réponse.

    Pourtant… Tout s’envola de son esprit en une fraction de seconde. Le fait de se trouver à une telle hauteur, de pouvoir avoir à porter de main une vie magnifique, lui fit retrouver ce sourire carrément heureux qu’elle pouvait avoir dans un tel lieu. L’espace de quelques instants, elle retrouvait ses airs de gamine de quinze, complètement heureuse parce qu’elle vient enfin d’avoir ce qu’elle voulait depuis longtemps. Un visage et une réaction qu’elle n’avait pas souvent, ou qu’elle cherchait à réprimer de par son statut. Elle ne mit d’ailleurs pas longtemps à s’approcher de plus qu’elle le pouvait, pour avoir la meilleure vue. Pendant un instant, elle resta là à s’émerveiller de cette hauteur, des immeubles que l’on pouvoir, d’une grande partie de la ville qui semblait impressionnante –d’une autre manière- vu d’ici.


    « Vous croyez que si on jette un diamant de cette hauteur, il se casse en arrivant au sol ? »

    Elle n’arrivait même pas à croire que les mots avaient franchis ses lèvres. Bon, il la prendrait probablement pour une folle, à ne pas en douter. Qui irai jeter un diamant de cette hauteur ? Qui jetterai un diamant, tout court d’ailleurs ? Cela dit, pour elle, alors qu’elle était capable de devenir un diamant ambulant, avec sa solidité, la question prenait une toute autre tournure. Mais cette réflexion aurait du rester interne parce qu’elle l’avait à peine énoncer qu’elle trouvait l’idée complètement stupide. Combien même elle avait une chance de survie, elle n’était pas assez folle –ou assez suicidaire- pour tenter de ce genre d’expérience. Du coup, elle chercha à rattraper le coup. Il faut dire que sans savoir sa mutation –ou une partie de sa mutation- on pouvait aisément penser qu’elle avait des goûts de luxe. Pourquoi jeter un caillou quand on peut jeter un diamant. Alors que ce n’était vraiment pas ce qu’elle avait voulu dire dans sa question. Souriant, un peu gênée.

    « D’accord cette question peut paraître complètement absurde, alors on va faire comme si rien n’avait été dit, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. »

    Et, dans sa précipitation, pour changer de sujet, elle parla bien trop vite. Beaucoup trop vite, en oubliant même de réfléchir à ce qu’elle était en train de dire. Il faut avouer qu’avec toutes les questions qu’elle s’était poser en montant ses marches, sur sa façon de s’y prendre avec lui, un tas d’interrogation trottait dans sa tête. Elle s’était sentie stupide avec cette histoire de diamant, qui pouvait être mal interpréter, alors elle avait tenter de changer de sujet en sortant le premier truc qui lui venait par la tête.

    « Pourquoi vous avez peur de perdre le contrôle ? »

    Cette question étant en référence aux pensées qu’il avait pu avoir dans la voiture. Voilà, elle n’avait vraiment pas réfléchie. C’était stupide… Mais tenter de rattraper les choses serait encore plus suspicieux, non ? Cela dit, elle ignorait que, déjà, durant leur première rencontre, William s’était plus ou moins étonner qu’elle puisse parler de biafine alors qu’il y avait penser, ou qu’elle propose un café alors qu’il y avait penser aussi… Y a des jours ou il était plus intéressant de rester couchée !
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 5 Juil - 23:24

« Direction la couronne, alors. »

Allons bon. Quelque chose avait changé dans le comportement d’Emma. Depuis qu’ils étaient arrivés ici elle avait affiché un air enjoué, mais soudainement alors qu’ils se dirigeaient vers l’escalier elle semblait hésitante. Avait-il dit ou fait quelque chose qu’il ne fallait pas. Cela n’aurait rien de surprenant, mais d’habitude il s’en rendait compte. William essaya de se remémorer les derniers instants, et décidément il ne voyait pas ce qu’il avait pu faire. Si cela ne venait pas de lui, alors à quoi pouvait-elle bien songer ? Elle semblait pourtant tout à l’heure si contente à l’idée de pouvoir profiter de la vue de là haut. C’est elle-même qui avait proposé d’y monter.

De crainte d’aggraver la situation, il n’osait plus rien dire. D’ailleurs Emma non plus ne disait plus rien. Ceci dit grimper les centaines de marches menant à la couronne n’incitait pas à la conversation. Il était bien content de ne pas avoir abandonné ses petits footings d’entretien !

C’était à n’y rien comprendre. Dès qu’ils furent arrivés à destination, la jeune femme redevint aussi réjouie qu’elle l’était auparavant. Etait-ce la vue qui avait détourné ses pensées de ce qui l’avait soudainement préoccupée ? Sans doute, car si les fenêtres n’avaient pas été fermées par des vitrages elle aurait certainement déjà basculé par-dessus bord tellement elle semblait désirer regarder à l’extérieur ! L’essentiel était qu’elle semblait à nouveau heureuse.

Emma avait raison. La vue était magnifique. La ville s’étendait en arrière plan, comme animée d’une vie propre. Mais le plus surprenant restait le manège des bateaux, de toutes tailles, dont pour la plupart on ne pouvait que deviner la provenance et la destination. Chacun suivait son chemin, tranquillement, sans que rien ne semble pouvoir troubler cette paisible organisation.

« Vous croyez que si on jette un diamant de cette hauteur, il se casse en arrivant au sol ? »

William se tourna vers Emma. Même si le diamant était le plus dur des minerais, il avait ses limites. Mais comment donc cette question était-elle venue à l’esprit de la jeune femme ? Il était dans la nature humaine de vouloir, dés que l’on se trouvait au dessus d’un vide quelconque, y jeter quelque chose. Le plus souvent une pierre fort heureusement. Et le diamant était la pierre la plus solide. Donc même si cette question pouvait paraître surprenante, elle avait un certain intérêt théorique. William n’eut cependant pas l’occasion de pouvoir répondre, car Emma reprit aussitôt en semblant un peu mal à l’aise.

« D’accord cette question peut paraître complètement absurde, alors on va faire comme si rien n’avait été dit, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. »

Absurde ? Surprenante tout au plus. C’était bien la première fois qu’il la voyait douter de la pertinence de ses propos. Et puis surtout, pourquoi se reprendre pour un sujet aussi anodin. Même en supposant que la question était curieuse, la réaction logique aurait été d’en rire. Alors que là elle lui demandait de l’ignorer, comme si elle avait abordé un sujet gênant. Décidément il avait du mal à la cerner. Mais il était mal placé pour juger, lui qui n’avait cessé de se comporter singulièrement depuis leur rencontre. A nouveau elle reprit précipitamment la parole.

« Pourquoi vous avez peur de perdre le contrôle ? »

Sur le moment il ne comprit pas la question. Il regarda Emma d’un air surpris. Quel contrôle ? A quoi pouvait-elle bien faire elle allusion ? Il ne voyait pas ce qu’il avait pu faire qui ait pu inciter une telle interrogation. Au contraire, il était sans doute plus sûr de lui qu’il ne l’avait jamais été jusqu’à présent !

Soudain l’évidence lui apparut. Elle faisait bien sûr allusion à son comportement dans la voiture ! Mais pourquoi formuler la question ainsi ? Elle aurait dû l’interroger sur son comportement ! Sa crainte de perdre le contrôle de son pouvoir était donc si évidente ?

Il devint livide. Qu’avait-elle deviné ? Que savait-elle ? Les termes qu’elle avait employés frappaient anormalement juste. Plus il y repensait et plus il était persuadé que même si son comportement pouvait susciter des interrogations, il n’avait rien fait qui puisse aiguiller la jeune femme en ce sens. Comment était-elle tombée si juste ? Cela ne pouvait être dû au hasard !

Les pensées de William s’embrouillaient. Une seule explication lui venait à l’esprit. Elle savait tout depuis le début ! Il fit un pas en arrière, s’éloignant instinctivement d’Emma. Comment avait-il pu être stupide à ce point ! Il s’était demandé plusieurs fois pourquoi une femme comme elle pouvait s’intéresser à lui… Il venait d’en trouver la raison ! Elle avait joué avec lui ! Cela expliquait tout… Pourquoi elle semblait faire fi de son comportement, pourquoi elle prenait soin de ne pas l’approcher… Pourquoi elle était revenue…

Une étrange mélange émotionnel naissait au fond de lui. La colère, franche, montait en première ligne. Mais elle était suivie d’autre chose de bien plus complexe. Il avait mis une sorte d’espoir fou dans cette rencontre avec Emma. Pouvoir mener un semblant de vie normale, ne serait-ce qu’un bref instant. Tout s’écroulait.

*Et bien si elle veut en savoir plus, donne lui ce qu’elle veut ! Montre-lui ! Elle veut savoir ce que tu ne veux pas revivre ? Fais-le lui comprendre ! Il te suffit de la toucher !*

*NON !*


Un autre pas en arrière. Il trébucha et s’affala lamentablement sur le sol métallique. Etait-ce cette chute… En tout cas William sembla se reprendre un minimum. C’était absurde. Si elle savait tout sur lui depuis le début, elle n’avait aucun besoin de jouer toute cette comédie. Il était toujours complètement perdu, mais sa colère retombait. Par contre il restait persuadé qu’elle lui cachait quelque chose.

Il se releva lentement. Ne réussissant à la regarder, il se tourna vers l’une des fenêtres et s’appuya des deux mains sur les montants. Les bateaux continuaient leur danse, imperturbables. Il devait y avoir une logique dans tout cela. Il devait réfléchir. Vite.

Elle était tombée juste sur le sujet de son obsession à vouloir se contrôler. Il réalisa que ce n’était pas la première fois. A deux reprises déjà elle lui avait donné l’impression de savoir ce qu’il avait en tête. La biafine, le café… Une idée folle lui venait en tête. C’était hautement improbable, mais ce qu’il était lui même capable de faire l’était tout autant. Il devait en avoir le cœur net.

Il se tourna vers Emma. D’une façon ou d’une autre il allait falloir qu’il lui réponde. Tout allait dépendre de la façon dont allait réagir la jeune femme dans quelques secondes. Il noya son regard dans le sien, essayant de se donner le courage de ce qu’il s’apprêtait à faire. Il fit le vide dans son esprit, se concentrant uniquement sur ce qu’il voulait exprimer.

*Emma, si j’ai raison vous pouvez m’entendre. Dans ce cas sachez que moi aussi je possède certaines capacités. Maintenant à vous de décider. Je fais le choix de vous faire confiance. Si vous en faites de même, je vous raconterai une partie de l’histoire. Ce serait vous mentir que de vous promettre de tout vous dire. Mais vous en saurez plus que quiconque. Vous avez le choix. Si vous acceptez, il vous suffit de tendre votre main.*

Les jeux étaient faits. Si elle ne réagissait pas il ne serait pas plus avancé. Il ne pourrait savoir s’il s’était trompé, si elle ne voulait pas se dévoiler ou tout simplement si à cet instant précis elle ne cherchait pas à connaître ses pensées. Mais dans le cas contraire ils pourraient jouer un jeu plus franc. Quelques secondes d’attente… Un temps interminable.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mar 6 Juil - 9:36

    Même si elle avait voulu, elle n’aurait pas pu faire un plus mauvais choix de réaction. Parler de jeter un diamant, pour se rétracter aussi vite, tout en cherchant absolument à changer de sujet, était la réaction typique de quelqu’un qui avait quelque chose à cacher. Avec le recul, plus tard, elle aurait tout le temps de penser à ce qu’elle venait de faire. Et ce ne sera qu’à ce moment là qu’elle comprendra que la meilleure réaction aurait, encore, été de ne rien dire. De ne pas relever, de laisser les choses se faire par elle-même. Mais là, sur le coup, elle avait réagit dans la précipitation. Mauvaise, très mauvaise, initiative.

    Et pour ne pas changer, elle avait dévié le sujet de conversation vers quelque chose qui n’était censée être à sa portée. Mais encore une fois, sur le coup, elle n’y avait pas prit garde. Les mots étaient sortis sans qu’elle puisse réellement le vouloir, c’était la question qui lui était passé par la tête, alors que tant d’autres s’y étaient bousculées quelques instants plutôt. De toute façon, elle avait à peine posé sa question qu’elle avait comprit l’erreur qu’elle venait de faire, même si elle avait prit le partit de ne pas se rétracter à nouveau. Un peu trop optimiste, elle espérait que la question ne serait pas comprise de la même manière qu’elle l’entendait.

    Toujours aussi optimiste, elle fut ravie –intérieurement- de voir le regard surpris, d’incompréhension, que lui lançait William. Elle allait pouvoir se rattraper, trouver quelque chose de cohérent, qui lui empêcherait de penser qu’elle puisse avoir accès à ses pensées, ou quelque chose dans ce goût là. Le tout était de trouver une alternative et vite. Mais c’était déjà trop tard. Le visage de William vira au blanc et Emma ouvrit la bouche pour sortir une excuse, n’importe quoi, dire qu’elle était désolée, qu’elle avait parler trop vite, qu’elle… Elle était stupide de penser qu’il ne comprendrait pas, de penser qu’il ne ferait pas le lien à un moment ou à un autre. Elle avait laissé beaucoup trop d’indice, en partie parce qu’elle se trouvait assez démuni dans ses réactions face à William. Mais ce n’était pas le moment de chercher à comprendre le pourquoi du comment elle avait pu faire autant de bourdes.

    Elle avait refermer la bouche parce qu’il avait déjà fait un pas en arrière, et voilà qu’elle baissa les yeux sur le sol. Stupide. Elle avait vraiment été stupide. C’était bien pour ce genre de raison qu’elle n’aimait pas vraiment se servir de son pouvoir, encore moins en parler. Avoir accès aux pensées des gens était une chose qu’ils appréciaient moyennement en général. Et sur le coup, c’est ce à quoi elle pensait. Elle se voyait comme une sorte de paria, un danger pour quiconque cherche à protéger ses pensées. Ah moins, qu’il est cette réaction pour une autre raison ? Mais elle avait du mal à la comprendre, dans ce cas. Il était évident qu’elle n’allait pas lui donner la nature de son pouvoir dès les premières paroles, d’ailleurs les choses n’auraient jamais du arriver jusque là.

    Ne pas vouloir utiliser son pouvoir pour arriver à ses fins était une chose, mais quand il s’agissait de s’assurer du secret de sa mutation, s’en était une autre. Elle estimait ne pas avoir d’autre choix que d’ouvrir son esprit vers celui de William, parce qu’elle devait savoir si il allait le crier sur les toits à la première occasion venue, ou si il garderait cela pour lui. Elle n’en n’avait aucune envie, mais dans le premier cas, il y avait de forte chance pour qu’elle chercher à lui faire oublier ce qu’il savait. Fallait bien qu’elle se protège d’une manière ou d’une autre. Et l’oublie d’une donnée était quand même bien plus abordable que de le balancer du haut de la couronne. Surtout qu’elle n’avait aucune envie d’en venir à cette dernière option.

    William semblait réellement lui en vouloir et, dans le fond, elle ne pouvait pas s’en vouloir de ne rien lui avoir dit. Elle était franchement désolée que les choses se passe de cette manière, ce n’était vraiment pas ce qu’elle avait voulu. William entama un nouveau pas en arrière, ce qui lui valu une chute. Emma allait s’apprêter à faire un pas en avant, en lui demandant si il allait bien, mais elle arrêta son geste très rapidement. Vu les circonstances, ce n’était peut être pas la meilleure chose à faire, pourtant l’envie ne lui manquait pas. Mais William se releva, refusant de croiser le regard de Frost. Ce geste la peina quelque peu, ou plus qu’elle ne voulait bien l’admettre, et son regard retomba sur le sol.

    L’homme semblait méditer dans son coin et, le regard d’Emma, se posa sur la sortie. Prendre la fuite avait quelque chose de tellement facile. Elle finirait par oublier toute cette histoire qui avait quelque chose d’absurde depuis le début. William n’avait rien du type d’homme qu’elle cherchait à séduire par habitude. Alors finalement pourquoi était-elle venue pour l’emmener ici ? Et pourquoi est ce qu’elle perdait de son assurance face à lui ? Ouais, le plus simple était encore de faire une crois la dessus, profiter qu’il médite sur quelques points pour qu’elle puisse partir. Mais si son regard était fixé sur cette sortie, son corps demeurait dans l’incapacité de bouger.


    Allez Emma, agit normalement pour une fois…

    Elle détourna son regard de la porte. Agir normalement n’impliquait pas de prendre la fuite. Hors de question pour elle d’en venir à ce point. Prenant une inspiration elle décida qu’il était temps de faire quelque chose contre cette situation. Son regard se posa sur William, parce qu’elle avait un tas de chose à lui dire. Mais à peine se mettait-elle à le regarder que lui avait fait la même chose. Il avait volt face et elle se retrouva embarqué dans son regard, sans être capable d’émettre la moindre parole, sans être capable de bouger.

    *Emma, si j’ai raison vous pouvez m’entendre. Dans ce cas sachez que moi aussi je possède certaines capacités. Maintenant à vous de décider. Je fais le choix de vous faire confiance. Si vous en faites de même, je vous raconterai une partie de l’histoire. Ce serait vous mentir que de vous promettre de tout vous dire. Mais vous en saurez plus que quiconque. Vous avez le choix. Si vous acceptez, il vous suffit de tendre votre main.*

    Par habitude, au moment ou il avait commencer à parler, Emma avait afficher un air des plus neutre. C’était une sorte de réflexe pour ne jamais avoir à se trahir dans ce genre de moment. Alors les choses en étaient là, il savait, il cherchait la confirmation. Bien sûr il disait avoir certaines capacités lui aussi, ce dont elle avait fini par se douter, sans pour autant en être certaine ou comprendre ce qu’il pouvait faire. Il se mettait à parler de confiance, de celle qu’il avait mise en elle. Ce qu’il demandait, c’est qu’elle fasse de même pour qu’elle puisse avoir une partie des réponses qu’elle se posait, bien qu’il en garderait pour lui, ce qui était tout à fait logique.

    Mais c’est là où les choses posaient problème. Faire confiance…

    La confiance avait une fâcheuse tendance à la rendre un peu trop « chamallow », et c’est cette attitude qui lui avait causée bien des torts dans le passé. Elle se connaissait assez forte, mais ne pouvait pas nier que la confiance la rendait fragile sur de nombreux points. Il lui laissait le choix, tendre la main, ou rester là à ne pas réagir en faisant comme si elle n’avait rien entendu. Une véritable interrogation se livrait dans sa petite tête blonde. Peur de ne pas faire le bon choix. Peur de le prendre quand même et de le regretter par la suite. Si y a une chose qu’elle n’aimait pas c’était bien de ne pas savoir ou elle mettait les pieds. Et tendre cette foutue main, l’entraînait sur ce chemin.

    C’était si simple de ne pas réagir, de camper sur ses positions, de ne pas lui apporter la confirmation de ce qu’il pouvait penser. Si elle ne réagissait pas, il pourrait douter de ce qu’il pense, tout rentrerai dans l’ordre et elle s’effacerai. Tout n’était qu’une question de choix. Tendre la main ou non. Elle ferma les yeux, un court instant, prenant une profonde inspiration. La réponse, sa réaction, elle la connaissait depuis le moment ou il avait demandé à ce qu’elle tende cette maudite main. Mais elle craignait de ce que pouvait engendrer cette réaction.

    Qu’était la vie sans aucune prise de risque…

    Ouvrant les yeux, qu’elle posa directement sur William, elle enclencha un pas en avant et, doucement, c’est sa main qu’elle tendit dans sa direction. Aucun mot ne fut prononcé de sa part, même pas une réponse télépathique. Il y a des gestes qui sont bien plus éloquent. Il était prêt à donner des réponses, elle écouterai, verrait une partie de son histoire. Mais elle savait aussi que tendre cette main impliquerait répondre à certaines questions à son tour, alors ce simple geste montrait qu’elle s’y engageait dans une certaine mesure. Mieux, ce geste montrait qu’elle acceptait de lui accorder une certaine confiance. Et venant d’elle, c’était un point à ne pas négliger. Emma se savait sur une pente glissante, les risques étaient bien présents, mais elle avait envie d’essayer, de voir ce que cela pouvait donner. A moins qu’elle n’avait fait ce geste juste par ce que c’était lui.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Ven 9 Juil - 9:55

Un temps interminable. Effectivement. Après son petit discours mental William n’avait plus bougé. Il attendait. Mais les secondes s’égrenaient et Emma ne semblait pas réagir de quelque façon que ce soit. Imperturbable, elle lui rendait son regard. Il était maintenant persuadé de s’être trompé. Certes les mutants étaient maintenant nombreux, mais rencontrer une télépathe n’était certainement pas un évènement fort probable. Il s’était monté toute une histoire à partir de quelques coïncidences, voilà tout.

Mais quand même, pourquoi cette question sur sa peur de perdre le contrôle. Comment avait-elle deviné cela ? Il trouverait bien une explication un jour. Il faudrait tout de même qu’il redouble de prudence à l’avenir. En tout cas il ne pouvait pas faire durer cet instant plus longtemps. Elle devait se demander ce qu’il attendait.

Alors qu’il cherchait une réponse adéquate à la question d’Emma elle s’avança, sa fine main tendue vers lui. Il cru défaillir. Ainsi il avait vu juste. C’était… Fantastique ! Maintenant il lui fallait tenir ses engagements. Par ce geste elle lui signifiait sa confiance. Il devait en être à la hauteur.
Rapidement il essaya de faire le point. Ce qui était certain maintenant était qu’elle avait, au moins partiellement, eu accès à ses pensées. L’idée de lui en vouloir pour cela ne lui vint même pas. Il était bien placé pour savoir que l’on vivait avec son pouvoir, et qu’il valait mieux éviter de juger précipitamment l’utilisation que l’on en faisait.

Visiblement elle n’avait pas tout vu, car dans le cas contraire elle n’aurait pas eu besoin de poser cette fameuse question. Du coup il n’avait aucune idée de ce qu’elle savait de lui. Dans le fond, cela importait peu. Il n’avait pas l’intention de lui mentir. Il omettrait bien sûr certaines choses et ne pouvait qu’espérer qu’elle n’aille pas elle-même les chercher, si elle ne les connaissait pas déjà. Sur ce point il ne pouvait que s’en remettre à elle.
Il s’avança vers Emma et lui prit la main. Si son geste restait timide et léger, une différence majeure le distinguait des fois précédentes. Aucune hésitation ne transparaissait. Il savait ce qu’il allait faire et sentait que, jusqu’à un certain point, il contrôlait la situation. Il était calme, ce qui ne lui arrivait pas souvent. Il ne savait combien de temps cela allait durer et il fallait donc procéder au plus vite. Il se plongea à nouveau dans le bleu de son regard.

« Merci Emma. Je ne sais pas très bien par où commencer. Vous semblez avoir… Je ne sais quel terme employer… Perçu ? Que j’étais obsédé par le fait de conserver un certain contrôle. Je vous ai déjà avoué avoir certaines… capacités particulières. Je ne sais pas très bien comment les décrire. Il semblerait que je puisse ressentir les émotions de personnes proches de moi. Cela semble fonctionner dans les deux sens, et il m’est possible d’influencer dans une certaine mesure les sensations des autres. »

Entrée en matière laborieuse, mais il faisait de son mieux. Il n’avait jamais essayé de décrire son pouvoir. C’était la première fois qu’il tentait de le faire, et il avait du mal à trouver les bons termes.

« Le problème est que je ne contrôle pas parfaitement l’activation de ce phénomène. Quand je suis déstabilisé ou en présence d’une sensation particulièrement forte, j’ai tendance à l’activer involontairement. Je crains que vous n’en ayez fait les frais lors de notre précédente rencontre. J’en suis vraiment désolé. Mais quand je le contrôle, ce pouvoir peut paraître… Sympathique. »

Une démonstration valait souvent mieux qu’un long discours. De plus cela permettrait à la jeune femme de mieux comprendre ce qu’elle avait pu ressentir à certains moments de leur première rencontre. Il ne se serait jamais permis une intrusion abusive. Il devait choisir quelque chose d’agréable. A la recherche d’une sensation adéquate, il fut surpris d’en trouver en lui qu’il n’avait plus ressenties depuis longtemps. Mais il n’avait pas le temps pour le moment d’identifier leur origine. Il lui fallait trouver une émotion simple dont il maîtrisait la nature. La sensation de la main d’Emma dans la sienne. Un peu de douceur.

Juste une petite poussée. Un rien. Il se concentra pour être certain de ne transmettre que cette sensation de douceur.

Il chancela. Pendant quelques secondes tout sembla tourner autour de lui. C’était prévisible et il avait pris la précaution de s’appuyer de sa main libre sur la paroi proche avant d’activer son pouvoir. Le pire était que maintenant il avait l’impression d’avoir un marteau pilon dans la tête. Mais si elle voulait réellement comprendre ce dont il était capable cette petite démonstration était selon lui nécessaire. Il espérait ne pas s’être trompé. En tout cas, pour lui cela n’avait rien eu d’agréable. Il retrouvait peu à peu son équilibre.

« Désolé… Juste un effet secondaire passager. J’ai essayé de vous montrer… Avez-vous ressenti quelque chose ? »

Jusque là cela avait été facile. La partie la plus délicate arrivait, et il ne savait encore pas exactement ce qu’il allait raconter. Il craignait de plus que le fait de décrire la partie non contrôlée de son pouvoir ne le déstabilise plus que de raison. Il valait mieux minimiser les risques… A regrets, il lâcha la main d’Emma.

« Hélas, comme je vous l’ai dit, il y a de nombreuses situations dans lesquelles ce transfert risque de s’activer involontairement. Cela reste rare, mais cela à tendance à toujours se produire… au mauvais moment. »

Devait-il, pouvait-il en dire plus ? S’il s’arrêtait là elle ne saurait toujours pas pourquoi il avait si peur. Avait-elle réellement besoin de le savoir… Mais avoir raconté tout cela pour s’arrêter maintenant n’avait aucun sens.

« En fait, quand je reçois involontairement les émotions des autres je perds momentanément… conscience… de ce qui m’entoure. »

Son regard se brouilla. Non, il n’y arriverait pas. Il ne pouvait pas. Expliquer ce qui c’était produit ce jour là était au dessus de ses forces. Et puis… Il était bel et bien responsable de ce qui s’était passé. Certes il ne l’avait jamais voulu, mais s’il n’avait pas été là Myriam vivrait toujours ! Cette pensée le hantait, jours après jours. Ce fardeau était le sien, et il ne pouvait lui demander de l’aider à le porter. Mais il devait bien s’avouer qu’une crainte beaucoup plus égoïste pesait dans la balance. Il ignorait comment elle réagirait à cette histoire, et il avait peur… de la perdre.

Il n’irait donc pas plus loin. Restait à mettre un peu d’ordre dans tout cela, malgré ce mal de tête qui persistait ! Il la regarda et tenta un petit sourire.

« Cela à l’air bien ridicule. Ce n’est pas comme si je pouvais détruire le monde d’un geste de la main ! Mais ce pouvoir que je ne contrôle pas peut inciter, moi ou quelqu’un d’autre, à réagir ou au contraire ne pas réagir comme il l’aurait fallu. Et je vous assure que dans certaines situations cela peut être… Catastrophique. »

Elle allait devoir se contenter de cela. Il l’avait prévenue qu’il ne dirait certainement pas tout. Malgré tout il ne pouvait s’empêcher de se sentir déçu de lui-même. Embrouillé et pusillanime. Piètre prestation.

« Pour éviter que cela ne se reproduise, j’évite les situations où une distraction même passagère serait néfaste. Et de façon générale, je réduis les contacts humains au strict nécessaire. C’est la seule façon que j’ai trouvée de… Ne pas être nuisible. J’essaye de comprendre ce que je suis et comment je me suis retrouvé avec ce pouvoir que ne sert à rien si ce n’est à créer des problèmes. »

Trop occupé à conclure, William ne se rendit même pas compte que sa première phrase entérinait le fait qu’il s’était déjà produit un évènement dramatique.

« Je vous ai dit que vous alliez en savoir plus que quiconque. En fait je n’ai jamais raconté ce que je viens de vous dire. Vous êtes la seule à être au courant. »

Le fait de dire cela lui fit réaliser à quel point cette décision de s’en remettre à Emma pouvait se révéler imprudente. Il ne la connaissait pas. Mais quelque chose en lui l’avait poussé à le faire. Et elle-même avait accepté de lui révéler qu’elle était différente.

Au fond de lui, il était certain d’avoir fait le bon choix. Mais il était bien incapable de deviner où cela allait le mener. Les mener ?
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Ven 9 Juil - 14:48

    Emma n’eu pas la moindre mesure du temps qui était en train de s’écouler entre le moment où elle avait tendu sa main, et le moment ou William se déciderait à lui prendre. Dans sa tête, une effervescence de pensée, de solutions à envisagées, de possibilités. Elle avait l’impression de se revoir, en simple spectatrice, avancer une main vers un homme qu’elle connaissait à peine, qu’elle n’avait vu que deux fois. Elle se voyait s’avancer, tendre une main en signe de confiance alors que tout cela aurait du lui être interdit. Pourquoi prendre ce risque, pourquoi tenter le diable ? Faire confiance… C’était tellement ridicule, comment pouvait-elle accorder cette confiance ? Tout allait lui retomber dessus, à un moment ou bien à un autre. Elle en était persuadée. Alors pourquoi avoir prit ce foutu risque ? A quoi est ce qu’elle était en train de jouer ?

    Oui, elle avait l’impression de se revoir faire ce geste. Spectatrice extérieure qui avait envie de hurler de revenir en arrière, agresser par un tas de réflexion intérieure qui ne lui permettait que t’imaginer la pire des finalités face à ce don de confiance complètement aveugle. Pourtant tout cessa, plus aucune interrogation, plus de pessimisme, elle revenait à sa place… Le calme absolument, la sensation d’avoir bien fait. Un revirement de situation inattendu qui venait d’arriver au moment même ou ses doigts se retrouvèrent dans la main de William. Un simple contact, qu’elle n’aurait su décrire. Un simple contact, qui lui permettait de savoir qu’elle avait fait le bon choix.

    D’un battement de cil, involontaire, son regard bleu se déposa dans celui de William. Son geste, sa main, avait l’air tellement légère qu’il aurait été facile de penser qu’il avait un certain a priori à avoir ce simple contact. Mais son regard, son air, tout semblait l’annoncer comme un homme confiant. Adjectif qu’elle n’aurait pas employé si on lui avait demandé de décrire William, pourtant à ce moment précis, il semblait réellement savoir ce qu’il faisait. Une chose est certaine, si un regard pouvait encouragé à la parole, c’est sûrement celui là qu’Emma avait à ce moment là.


    « Merci Emma. Je ne sais pas très bien par où commencer. Vous semblez avoir… Je ne sais quel terme employer… Perçu ? Que j’étais obsédé par le fait de conserver un certain contrôle. Je vous ai déjà avoué avoir certaines… capacités particulières. Je ne sais pas très bien comment les décrire. Il semblerait que je puisse ressentir les émotions de personnes proches de moi. Cela semble fonctionner dans les deux sens, et il m’est possible d’influencer dans une certaine mesure les sensations des autres. »

    A son « merci », Emma avait montré une légère lueur d’incrédulité dans le regard, comme si elle ne comprenait pas elle-même ce qui l’avait poussée à agir de la sorte, ce qui l’avait entraîner à accepter. On pouvait facilement penser à la curiosité, à l’envie de savoir, mais ce n’était absolument pas le cas. Elle n’aurait pas prit ce genre de risque juste pour de la curiosité alors que, si vraiment elle avait voulu, elle aurait pu avoir les réponses à ses questions. Mais cette interrogation, ce doute et cette non compréhension, fut réellement en sentiment furtif qu’elle balaya bien vite.

    William s’interrogea ensuite sur le terme qu’il convenait d’employé pour décrire le pouvoir d’Emma, mais elle n’entreprit pas de réponse, préférant le laisser poursuivre. Elle lui donnerait probablement des éléments de réponses plus tard, pour le moment c’était lui qui était sur la pente des révélations. Elle ne voulait pas l’interrompre, surtout pas maintenant. Pas alors qu’il était en train de lui dire qu’il avait le pouvoir de pouvoir ressentir les émotions des gens. Bien malgré elle, pendant une fraction de seconde, Emma sentit sa main défaillir. Ressentir les émotions des autres. Il avait la main d’Emma entre la sienne, avec un pouvoir comme le sien, sa réaction avait été de craindre qu’il puisse « lire » en elle.

    Si elle était capable de conserver un visage impassible, en de nombreuse circonstance, elle n’avait pas le pouvoir de faire taire ses émotions. Elle pouvait paraître joyeuse, tout en étant en colère. William et son pouvoir… C’était une sorte de danger pour elle, une personne capable de savoir –potentiellement- ce qu’elle ressentait réellement. Alors sur le coup, c’est un sentiment de crainte qui l’avait envahie. Une petite seconde, peut être bien, et ce sentiment avait finit par la fuir. Ses émotions ne pouvaient pas avoir quelque chose de compromettant. Elle avait choisi de lui faire confiance, alors elle finit par s’apaiser et de suivre la suite.

    William pouvait influencer les sensations des autres, et dans un flash évident, Emma repassa en mémoire la peur qu’elle avait cru ressentir à l’idée de traverser la route. Un sentiment qui n’avait pas pu être le sien, bien qu’elle avait été obliger de le voir de cette manière sur le coup. Elle avait pensé à une sorte de panique passagère, à cause du danger de ne pas avoir de talon, à cause de la conjoncture des choses. Mais elle avait maintenant la confirmation que tout cela ne venait pas d’elle, mais de lui. C’était William qui avait eu peur de traverser, tout comme il avait eu peur en voiture… Suite d’information qu’elle laissa dans un coin de sa tête.

    S’en suit le problème inhérent à tous les mutants : le contrôle de son pouvoir. Mais il finissait à peine sa phrase, qu’Emma pu sentir cette douceur, plus prononcé que ce qu’elle avait pu ressentir. Ses yeux s’agrandir un petit instant, alors qu’un sourire pointait sur le bout de ses lèvres. Elle n’avait pas besoin d’être devin ou extralucide pour comprendre ce qui était en train de se passer : William faisait une démonstration. Sur le coup, pendant une fraction de seconde, elle avait songer à luter. Pas habituer à ressentir quelque chose qu’on lui insuffle d’une manière ou d’une autre. Mais cela n’avait fait que passer très brièvement. Il y avait quelque chose de parfaitement inquiétant dans le fait de ressentir quelque chose que l’on vous apportait, un sentiment pas vraiment réel dans le fond, qui donnait l’impression de ne pas être maître de soi. Mais elle avait prit le parti de lui faire confiance, alors elle laissa cette douce sensation l’envahir.

    Une sensation de douceur qui fut bientôt ponctuer par une inquiétude, bien à elle cette émotion, face à William qui se trouva chancelant. Emma regarda cette main appuyée sur un point fixe, précaution qu’il avait prise bien avant de se décider à faire cette démonstration. Inquiète, son regard sembla interroger l’homme sur ce qui était en train de se passer. Elle allait même ouvrir la bouche, pour que sa question se fasse plus limpide, mais n’eu pas le temps. Il expliqua de lui-même.


    « Désolé… Juste un effet secondaire passager. J’ai essayé de vous montrer… Avez-vous ressenti quelque chose ? »

    Un effet secondaire. Les pouvoirs donnaient la vie dure parfois… Souvent… trop souvent. Un peu rassurer sur le fait que cela ne soit que passager, du moins elle le supposait, elle entreprit de lui répondre. En fait aucun mot ne passa la barrière de ses lèvres souriantes. Un hochement de tête, un sourire. La réponse était des plus éloquente. Oui, elle avait ressentie quelque chose. Elle laissa la main de William lui échapper, pensant qu’il devait rompre tout contact pour éviter que son pouvoir puisse se manifester à nouveau, et ainsi lui éviter une légère perte d’équilibre. Elle avait tellement de chose à lui dire, sur ce qu’il venait de faire, sur ce qu’elle avait ressentie. Tellement de chose qu’elle ne savait même pas par où elle devait commencer, essayant tant bien que mal de faire le tri dans sa tête pour sortir quelque chose de cohérent. Mais déjà la voix de William résonnait, et le premier mot qui passait ses lèvres n’annonçait pas une suite joyeuse.

    « Hélas, comme je vous l’ai dit, il y a de nombreuses situations dans lesquelles ce transfert risque de s’activer involontairement. Cela reste rare, mais cela à tendance à toujours se produire… au mauvais moment. En fait, quand je reçois involontairement les émotions des autres je perds momentanément… conscience… de ce qui m’entoure. »

    Le regard de William avait quelque chose de vague, comme si cette révélation le renvoyait à des pensées plus sinistre. Emma ferma instantanément les yeux, se coupant de toutes les pensées qu’il pouvait avoir à ce moment précis. Avoir des réponses de cette façon était bien trop facile. Non, ce n’était pas la facilité qui la dérangeait. Ce qui la gênait s’était de s’introduire ainsi dans des pensées qu’il n’avait apparemment pas envie de livrer. En fait, elle avait simplement envie d’apprendre les chose par lui, parce qu’il se sentirai prêt à le dire, parce que… Parce que ça serait à elle qu’il aurait envie de se confier. Elle ne pouvait pas. Ne voulais pas s’introduire dans sa tête pourtant, elle avait vraiment envie de savoir.

    Il prit un instant avant de dire que son pouvoir pouvait apporter des situations franchement catastrophiques. Elle ne pouvait que se douter qu’il y avait un rapport avec la voiture, la route, mais cela laissait un tas de possibilité. Emma avait beau ne pas être stupide, face à tant de possibilité, elle était bien incapable de deviner ce qui avait réellement pu lui arriver. Et pour « éviter que ça ne se reproduise », il préférait s’en tenir au minimum de contact avec les personnes. Finalement, cela expliquait un tas de chose.


    « Je vous ai dit que vous alliez en savoir plus que quiconque. En fait je n’ai jamais raconté ce que je viens de vous dire. Vous êtes la seule à être au courant. »
    « Je… heu… » Un léger rire, un brin nerveux passa pendant qu’elle regardait le sol une courte seconde. « Merci »

    Ce dernier mot avait été prononcé, les yeux revenus sur William pour prouver sa sincérité. Elle ne savait pas comment prendre le fait qu’elle puisse être en possession d’information qu’il ne voulait pas dire. Elle était forcément contente, du moins, cela la touchait. Mais pourquoi elle ? Là, elle séchait totalement. William aurait été un autre homme, elle se serait imaginer que c’était normal d’en arriver là, parce qu’elle était loin de douter de sa séduction. Mais avec lui, c’était différent. Elle avait l’impression d’avoir tout fait de travers, de ne jamais avoir su quoi dire au bon moment, d’avoir fait un tas de gaffe. Et elle se retrouvait, tout de même, face à des révélations. Ca avait quelque chose de perturbant dans le fond, mais de grisant. Bien que ce qu’il avouait n’avait rien de joyeux, le fait que ce soit elle qui soit désigner comme une oreille capable d’écouter un bout de son histoire, lui apportait un certain sentiment de joie. Plutôt étrange comme sensation.

    Il fallait qu’il lui accord un peu de temps. Quelques secondes, le temps pour elle de faire le point sur tout ce qu’elle venait d’apprendre, sur tout ce qu’il venait de dire. Elle était très soucieuse des mots qu’elle pourrait lui renvoyer, elle avait envie de viser juste… De prouver, en quelque sorte, qu’il ne devait regretter ce qu’il lui avait dit. C’est là que ses mots concernant le fait qu’il cherchait à ne pas être nuisible, lui revint en mémoire, son envie de comprendre sans créer de problème. Affichant un sourire rassurant, bien que son regard soit légèrement dans le vague, Emma entama sa réponse.


    « Aussi étrange que ça puisse paraître, je ne pense pas qu’éviter tous contacts puissent vraiment aider. Je veux dire, tout mutant est confronter à son pouvoir, à se qu’il peut faire. Certain pouvoir son plus compliqué que d’autre, plus néfaste quand ils ne sont pas contrôlés. Mais, paradoxalement, leurs contrôles ne se fait qu’avec la pratique. Je… »

    S’interrompant, elle chercha à définir si elle devait continuer dans cette voix. Expliquer quelque chose était une chose, donner des exemples avec ses propres pouvoirs en était une autre. En fait, la véritable question était de savoir si elle était capable de lui faire confiance, assez en tout cas, pour lui dire qu’elle n’était pas seulement capable de lire dans ses pensées. Bien évidemment, elle ne ferait pas l’inventaire de ses capacités, trop nombreuses, et surtout, trop secrètes. Mais donner des conseils, sans dire qu’elle savait de quoi elle parlait, n’avait plus vraiment d’intérêt. Devait-elle parler, avouer, pour le contrôle qu’elle était capable de faire subir ?

    « Je… D’accord, je peux lire dans les pensées, ce qui n’est plus vraiment un secret, mais je peux aussi prendre le contrôle sur une personne et, … En fait, ce que j’essaye de dire c’est que j’ai fait faire des choses à des personnes que je n’aurais jamais du. J’en avais envie, c’était juste une idée passagère sur le moment, parce qu’on m’avait énervé ou pour n’importe quelle raison. Et les gens le faisaient, alors que dans le fond je n’avais pas envie qu’ils le fassent réellement. Mon pouvoir se déclenchait un peu au hasard, un peu quand il voulait et honnêtement, William, j’ai causé bien plus de tort à des personnes plus ou moins proches, que vous ne pourrez jamais en causer sur toute votre vie. »

    Le but n’était franchement pas de passer pour un monstre, ou de s’attribuer le plus de mort « accidentelle » au cours d’une vie. Elle ne cherchait même pas à minimiser ce que lui avait pu faire. Mais elle était totalement sérieuse dans ce qu’elle disait, elle n’avait même pas besoin de savoir à combien de personne il avait pu avoir fait de tort. Emma avait juste beaucoup plus d’année d’existence que lui. Beaucoup plus. Et son pouvoir de contrôle avait été une vraie galère pendant de très longues années. En plus de cela, Emma avait toujours été quelqu’un de caractérielle, il suffisait qu’on lui refuse qu’elle chose, qu’on la vexe pour un rien pour qu’elle s’imagine la personne en train de traverser pour se faire renversé, en train de sauter du haut d’une maison… Et les choses se passaient.

    « Je n’essaye pas de vous dire que tout se passera bien et que la vie va être super belle. Mais les choses s’améliorent, vous n’oublierez pas, quoiqu’il a pu se passer, mais vous apprendrez à vivre avec. Par expérience, je dirais que c’est souvent en cherchant à éviter quelque chose, que les chose se produise de manière encore plus catastrophique »

    Ca pouvait carrément paraître étrange qu’une fille, qui semblait à peine atteindre 25 ans, se mette à parler d’expérience et de vécu à un homme qui avait passé la trentaine. Un point qui, cependant, ne semblait absolument pas la déranger outre mesure, elle n’y prit même pas garde pour être honnête. Ce qui l’intriguait le plus c’est de chercher à rassurer, ou informer –elle ne savait pas trop- un homme qu’elle connaissait à peine. Elle lui parlait de chose qu’elle ne cherchait même pas à aborder avec des personnes de confiance, des personnes qui l’entourait depuis un petit moment. D’ailleurs, il ne devait avoir qu’une femme sur cette planète, à qui Emma est peut être –elle n’en n’était même pas certaine- parler de la culpabilité qu’elle avait pu avoir à l’idée d’avoir user son pouvoir sur des personnes qui n’avaient rien demandé. Bien que ce temps remontait déjà à bien loin.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Ven 16 Juil - 10:58

Elle avait bien ressenti la sensation qu’il lui avait envoyée. Elle n’avait pas dit un mot, mais l’expression de son visage avait changée juste avant qu’elle le lui fasse de toute façon clairement comprendre. Il s’était demandé si étant donnée qu’elle était télépathe elle serait réceptive à son pouvoir. Visiblement, soit elle n’avait pas les capacités de le bloquer, soit elle avait accepté de se laisser manipuler. Cette deuxième possibilité était… perturbante. Mais il n’avait aucun moyen de le savoir. Il s’était dit a posteriori qu’il aurait dû la prévenir avant sa petite démonstration, et non pas la placer devant le fait accompli. Mais il ne pouvait plus revenir en arrière, et malgré son attitude un peu cavalière elle ne semblait pas fâchée.

Elle n’avait rien dit. Il s’était attendu à une réaction plus vive, mais elle l’avait simplement laissé continuer. C’était sans doute une bonne chose car il aurait eu sans doute du mal à reprendre le fil de son discours si elle l’avait interrompu. Mais il était quand même un peu étonné de l’aisance avec laquelle la jeune femme semblait vivre tout cela.

Lui-même avait perdu de son assurance au fur et à mesure de l’avancement de son discours. La fin avait carrément été laborieuse. Mais c’était fait et maintenant il attendait la réaction d’Emma. Il de demandait toujours ce qui l’avait poussé à se confier à elle. Certes elle semblait avoir compris certaines choses par elle-même, mais il aurait très bien pu éluder ses questions et tout stopper. Quels auraient été les risques ? Difficile à dire, mais se dévoiler à ce point n’avait fait que les augmenter puisque maintenant quelqu’un était au courant de sa mutation. Si elle œuvrait pour ceux qui pourchassent les mutants, elle n’aurait pas eu besoin de toute cette mise en scène. Il y avait donc de grandes chances que s’il était parti tout se soit arrêté là.

Alors quoi ? Le besoin de se confier ? Il vivait avec ce fardeau depuis des années. Trouver quelqu’un à qui en parler était certainement une bonne chose, mais si c’était pour tout raconter à une personne qui malgré tout restait une inconnue il aurait pu le faire bien plus tôt. Le fait qu’elle ait admis sans le dire qu’elle était mutante elle aussi avait certainement pesé dans la balance, mais décidément non, ce n’était pas la raison qui l’avait animé.

Au fond de lui, une explication toute simple ne demandait qu’à être acceptée. Juste le fait qu’il avait eu envie de tout sauf de s’en aller… que cela s’arrête ici. Mais inconsciemment il rejetait cette explication qui l’aurait poussé à se poser d’autres questions ravivant des émotions refoulées depuis longtemps.

Emma semblait troublée par ce qu’il venait de lui dire. Sa première réaction fut même hésitante, ce qui n’était pas habituelle chez elle. Elle le remercia. Il craignait fortement que si elle prenait comme une faveur le fait qu’il se soit confié à elle, elle ne réalise rapidement qu’il ne pouvait lui apporter que des ennuis. Mais dans l’immédiat, le sourire de la jeune femme lui faisait oublier ses craintes.

« Aussi étrange que ça puisse paraître, je ne pense pas qu’éviter tous contacts puissent vraiment aider. Je veux dire, tout mutant est confronter à son pouvoir, à se qu’il peut faire. Certain pouvoir son plus compliqué que d’autre, plus néfaste quand ils ne sont pas contrôlés. Mais, paradoxalement, leurs contrôles ne se fait qu’avec la pratique. Je… »

Rester isolé ne l’avait effectivement jamais aidé à mieux comprendre ce qu’il était. Mais il restait persuadé qu’il n’avait pas eu d’autres choix, qu’agir autrement l’aurait mené de Charybde en Scylla en lui permettant peut-être de progresser plus vite mais à un prix qu’il n’était pas prêt à payer.

Il voulait bien la croire quand elle disait que certains pouvoirs étaient plus complexes que d’autres. Mais plus néfastes ? Comment classait-on la capacité de nuisance d’un pouvoir ? Au nombre de morts ? Un seul était déjà de trop. S’il en avait eu le courage il se serait rendu aux autorités. Mais voilà, il était bien trop pleutre pour ça, et se réfugiait derrière l’excuse que ce qui s’était produit était accidentel et qu’il pouvait faire en sorte que cela ne se renouvelle jamais. Il savait pourtant au fond de lui que c’était illusoire.

Peut-être que, comme le disait Emma, il pourrait mieux contrôler ses capacités en s’entraînant. Il avait bien essayé, discrètement, avec toutes les précautions nécessaires pour qu’il soit certain de ne blesser personne. Mais s’il avait un peu progressé sur ce qui touchait à l’utilisation volontaire de son pouvoir, cela n’avait rien changé pour le reste. Il était toujours un danger ambulant. Il ne pouvait quand même pas se balader au milieu de la foule pour le plaisir de voir combien de personne il pouvait affecter en même temps ! C’était… impensable.

« Je… D’accord, je peux lire dans les pensées, ce qui n’est plus vraiment un secret, mais je peux aussi prendre le contrôle sur une personne et, … En fait, ce que j’essaye de dire c’est que j’ai fait faire des choses à des personnes que je n’aurais jamais du. J’en avais envie, c’était juste une idée passagère sur le moment, parce qu’on m’avait énervé ou pour n’importe quelle raison. Et les gens le faisaient, alors que dans le fond je n’avais pas envie qu’ils le fassent réellement. Mon pouvoir se déclenchait un peu au hasard, un peu quand il voulait et honnêtement, William, j’ai causé bien plus de tort à des personnes plus ou moins proches, que vous ne pourrez jamais en causer sur toute votre vie.»

Il avait effectivement déjà deviné qu’elle était télépathe. Mais pour lui cela n’avait impliqué que la « lecture des pensées » s’il pouvait décrire cela ainsi. Il était pourtant bien placé pour savoir qu’un pouvoir était successible de fonctionner dans les deux sens. Ainsi elle pouvait contrôler les pensées des autres ! C‘était impressionnant !

Il ne put s’empêcher de repenser au temps qu’il avait passé avec elle. L’avait-elle « contrôlé » à un moment ou à un autre ? Même s’il doutait de toute façon de pouvoir le savoir, il était toutefois certain que ce n’était pas le cas. Il n’avait cessé de se comporter comme un imbécile, ce qui était somme toute sa façon d’être habituelle. Amusé, il pensa que si par contre il se mettait à agir intelligemment, là il faudrait qu’il se méfie !

Ainsi elle aussi disait avoir causé involontairement du tort à d’autres personnes du fait de son pouvoir. Tout le problème résidait dans le niveau du tort en question. Avait-elle déjà provoqué le décès de quelqu’un ? Elle ne le disait pas et ce n’était pas lui qui allait le lui demander. D’une part cela reviendrait à reconnaître que lui l’avait fait. D’autre part il ne s’imaginait pas poser cette question à qui que ce soit !

Il était troublé par la similitude de leurs pouvoirs. Ils étaient tous deux capables de percevoir et d’influencer le comportement des autres. Ceci dit la comparaison s’arrêtait là. Ce qu’elle était capable de faire semblait dépasser de loin ce que lui pouvait réaliser. De plus, elle parlait clairement au passé de la période durant laquelle elle n’avait pas eu le contrôle de ses capacités.

Plus étonnant, elle semblait certaine qu’il ne pourrait jamais causer plus de préjudices qu’elle-même ne l’avait fait. Comment pouvait-elle affirmer une chose pareille ? Il était visiblement plus âgé qu’elle, et de plus elle semblait maintenant parfaitement maîtriser son pouvoir alors que lui réussissait à peine à vivre avec !

« Je n’essaye pas de vous dire que tout se passera bien et que la vie va être super belle. Mais les choses s’améliorent, vous n’oublierez pas, quoiqu’il a pu se passer, mais vous apprendrez à vivre avec. Par expérience, je dirais que c’est souvent en cherchant à éviter quelque chose, que les chose se produise de manière encore plus catastrophique »

Apprendre à vivre avec. Il n’avait pas vraiment le choix. C’était soit cela, soit… Et s’il avait dû en arriver à cette extrémité ce serait déjà fait. Oh bien sûr qu’il y avait des moyens d’oublier ! Tous menaient plus ou moins rapidement à une déchéance certaine et ce n’était pas cela qui le retenait. Mais s’il y avait une once de courage en lui il la consacrerait justement à ne pas oublier. Il pouvait au moins faire ça pour Myriam. Il ne pouvait plus rien faire d’autre pour elle. William secoua légèrement la tête. Il ne devait pas laisser son esprit dériver de la sorte. Cela le menait systématiquement à des émotions trop intenses qu’il craignait de ne pas pouvoir bloquer.

Emma avait certainement raison quand elle disait qu’en cherchant à éviter un problème on se dirigeait souvent vers quelque chose de pire. Il s’était lui-même souvent fait cette même remarque. Mais que pouvait-il faire ? Sa marge de manœuvre était extrêmement limitée.

« Vous avez raison sur ce dernier point. C’est pour cela que je cherche à minimiser les occasions où un tel choix se présente. Si je n’approche personne, alors je ne mets personne en danger. Je sais à quel point ce raisonnement est bancal, mais je n’ai pas trouvé d’autre solution… acceptable. »

La douleur qui lui avait vrillé le cerveau après qu’il eut activé son pouvoir s’était muée en des élancements qui lui donnaient l’impression que sa tête cherchait à doubler de volume. Il ferma les yeux quelques secondes et se massa les tempes du bout des doigts. Il dû bien admettre qu’il était fatigué. Fatigué de tout cela ! Qu’avait-il fait pour avoir à vivre comme ça ?

Etait-il possible que la jeune femme puisse l’aider ? Elle semblait avoir appris à maîtriser ses capacités, il devait donc être envisageable qu’il puisse en faire de même. Il regarda Emma, essayant de ne pas trop laisser transparaître l’espoir qu’il mettait dans la question qu’il s’apprêtait à lui poser.

« Pensez-vous… qu’il serait possible… enfin, que… heu… j’arrive un jour à contrôler mon pouvoir ? Pouvez-vous… »

Ses pensées se bousculaient dans sa tête. Qu’elle accepte de l’aider serait fantastique ! Mais avait-il le droit de lui demander une chose pareille. Elle devait avoir bien d’autres choses à faire que de s’occuper de lui ! Et de plus ce n’était pas parce qu’elle était elle-même mutante qu’elle était à l’abri du danger qu’il continuait de représenter. Et s’il y avait une personne à qui il ne souhaitait par-dessus tout pas nuire c’était bien elle.

Il n’arrivait pas à continuer sa phrase. Il ne voulait pas s‘imposer à elle et pourtant la seule chose qu’il souhaitait était de rester à ses côtés. Pour qu’elle lui montre comment contrôler son pouvoir bien entendu. Bien entendu…

« … me conseiller ? »

*Pffffff ! Dégonflé !*
*Je sais, je sais… Et flûte ! Je ne pouvais quand même pas lui dire qu’elle me…*
*Quoi ?*
*Rien !*


« Vous semblez maîtriser vos capacités maintenant. Cela vous a-t-il pris du temps pour y arriver ? »

Il avait repris rapidement pour essayer de contrebalancer ses hésitations précédentes. Il ne pouvait se douter que cette question tout simple risquait de mettre la jeune femme mal à l’aise.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mer 21 Juil - 8:51

    Emma avait avoué le fait qu’elle n’était pas, seulement, télépathe. Qu’un autre pouvoir entrait en ligne de compte, celui qu’elle avait développé le plus : le contrôle mental. En réalité, il était assez étrange de pouvoir lui dire ce genre de chose. Elle estimait déjà que la télépathie avait une fâcheuse tendance à faire fuir les gens. Personne n’aimait savoir qu’on pouvait avoir accès à leurs pensées. Mais avouer, qu’en plus de cela, elle était capable de faire faire ce qu’elle voulait à une personne… Personne ne restait bien longtemps à ses côtés, en ayant ce genre d’information. Surtout en la connaissant depuis si peu de temps.

    Si Emma avait décidé de lui faire confiance, de tendre la main qu’il lui avait demandé quelques minutes plus tôt, elle s’étonnait de la confiance qu’il lui accordait à elle. La vraie question était de savoir si c’était une forme de confiance, ou d’inconscience. Elle avouait être une mutante capable de lui faire faire n’importe quoi, mais il ne s’en inquiétait point. Non, il restait là, à l’écouter, à méditer sur ce qu’elle disait, à se poser certaines questions. Mais en aucun cas, il ne prenait le parti de chercher une excuse quelconque pour pouvoir se mettre à fuir, pour éviter ce qu’elle était capable de faire. Des impressions contradictoires découlaient de tout cela. Emma était contente de ne pas le voir fuir, pour une raison qu’elle ne voulait pas comprendre. Et d’un autre côté…

    D’un autre côté, elle craignait de le voir rester car cela impliquait qu’elle ne lui faisait pas peur, qu’il était prêt à courir le risque de rester à proximité de ce qu’elle pouvait faire. Emma n’avait aucune crainte sur ce qu’elle pouvait lui faire, pensant avoir assez de contrôle pour ne pas lui demander de sauter du haut de la statut de la liberté, par inadvertance. Non, ce qui lui faisait peur c’est que son pouvoir avait toujours créé une défense parfaite. Dites à un homme que vous pouvez lui faire faire n’importe quoi, que vous pouvez lire en lui aussi facilement que si c’était un quotidien quelconque, et il partait. Dès que les choses avaient une tendance à prendre une ampleur plus ou moins importante, elle les faisait fuir de cette manière. Ou d’autre, selon les circonstances. Et voilà que là, face à lui, elle perdait son arme principale juste en restant devant elle sans chercher une excuse pour partir.

    Honnêtement, cette réaction la perturbait un peu. Elle ne comprenait pas pourquoi il avait prit le parti de lui parler, à elle. Pourquoi il ne semblait pas inquiéter par les pouvoirs qu’elle pouvait avoir. Dans le fond tout aurait été beaucoup plus simple, si tout cela l’avait dérangé. Tout aurait été beaucoup plus simple si, stupidement, elle n’était pas venue le voir pour tenter de mieux le comprendre, de mieux le déchiffrer. Oui, tout aurait été beaucoup plus simple, mais pourtant elle était bien incapable de regretter ce qu’elle avait fait. Elle n’avait pas la moindre envie de laisser les choses ainsi, de les voir, chacun, partir dans leur direction. Emma avait décidé de mettre ces réactions sur son envie de le connaître, parce qu’il l’intriguait. Rien de plus. De la simple curiosité… Il ne fallait pas qu’il puisse y avoir quoique ce soit d’autre. Oui, c’était bien cela : de la curiosité.

    Quoi qu’il en soit, elle avait continué à débiter ses paroles. Apprendre à comprendre ses pouvoirs n’avaient rien de simple, mais c’était encore la meilleure solution –selon elle- pour apprendre à les contrôler. Pour éviter quoique ce soit de non voulu. Dans ce qu’elle avait dit, elle n’avait pas donner le sors qu’elle avait pu réserver involontairement à certaine personne. Pourquoi avouer avoir tuer, quand ce n’était pas voulu. Emma n’était sûrement pas une enfant de chœur, loin de là, il n’empêche qu’il y a des mots qu’elle regrettait d’avoir causé. D’autres non. Mais pour ces premières, elle ne souhaitait pas vraiment l’avouer, en discuter, ou quoique ce soit qui soit dans ce goût là. D’ailleurs, elle ne pouvait qu’apprécier le silence, l’absence de question, qu’employait William à cet égard. Il était vraiment singulier. Différent de tout ceux qu’elle avait pu connaître et, il aurait été mentir de dire que cela n’avait pas quelque chose d’agréable.

    Finissant de parler, elle se demanda –une dernière fois- si c’était ce moment là qu’il allait choisir pour partir, pour chercher une excuse et s’éclipser. Elle avait peut être parue parler beaucoup, mais se stopper était lui donné l’occasion de s’en aller. Ce n’était pas vraiment ce qu’elle souhaitait, bien qu’une petite voix dans sa tête lui criait que c’était ce qu’il fallait. Il était plus simple de fuir, que d’accepter de comprendre certaine chose qu’elle n’était pas apte à prendre en considération. Aucune fuite. Aucune excuse. William réagissait sur ce qu’elle avait pu lui dire, marquant sûrement un bref demi sourire qu’elle avait tenté de dissimuler mais qui était apparu une fraction de seconde.


    « Vous avez raison sur ce dernier point. C’est pour cela que je cherche à minimiser les occasions où un tel choix se présente. Si je n’approche personne, alors je ne mets personne en danger. Je sais à quel point ce raisonnement est bancal, mais je n’ai pas trouvé d’autre solution… acceptable. »

    Il n’y avait pas de doute à avoir sur ce qu’il avait pu faire. Du moins, elle ne pouvait en connaître les détails et les circonstances, mais pouvait comprendre que cela n’avait rien de joyeux. Tout, chez lui, semblait être fait pour éviter les gens, pour éviter les répercussions de son pouvoir. Pourtant, maître de lui, il semblait ne pas spécialement être réfractaire à l’utiliser, puisqu’il avait été capable de lui montrer ce qu’il pouvait faire. Là encore, elle ne comprenait pas pourquoi il avait prit ce qu’il semblait considérer comme un risque avec elle. Quelque soit la raison qui l’avait poussé à prendre ce risque, elle ne s’imaginait pas que cela puisse provenir de quelque chose de négatif. Et d’une manière parfaitement étrange, elle se mettait déjà à songer à ce qu’elle pourrait faire pour l’aider.

    L’aider… L’idée était vraiment perturbante. Elle le connaissait à peine, pourquoi avoir une telle envie. Emma avait toujours été le genre de fille à s’approcher des gens par intérêt. Parce qu’ils avaient quelque chose à lui apporter. Parce qu’ils pourraient la servir d’une manière ou d’une autre. Elle ne déployait rarement des idées « d’aide » pour une personne qui, a priori, n’avait pas une situation financière intéressante, n’avait pas un statut social qui puisse servir, et ainsi de suite. William avait réellement quelque chose d’intéressant dans sa façon d’être, dans un tas de petite de chose en réalité. Mais, à première vue, il n’avait rien de ce qu’elle pouvait chercher par intérêt. Pourquoi cette envie de l’aider ? Et comme si il était capable de pouvoir lire dans ses pensées, il reprenait la parole dans ce sens.


    « Pensez-vous… qu’il serait possible… enfin, que… heu… j’arrive un jour à contrôler mon pouvoir ? Pouvez-vous… »

    Le regard de l’homme était sur elle, alors que les yeux d’Emma laissaient passer un certain étonnement. Elle croyait déceler dans le regard de William un certain espoir et, elle avait l’impression d’être prise au dépourvu alors qu’elle avait été en train de songer à l’aider. Cela n’aurait donc pas du l’étonner plus que cela. C’était une sorte de suite logique. Tout comme le fait qu’elle aurait du être capable d’accepter rapidement sa demande qui n’avait pas encore de fin. Elle en était incapable, justement à cause de cet espoir qu’elle croyait décelé chez lui. Dans le fond, elle devait seulement avoir peur de pouvoir le décevoir, de ne pas savoir l’aider.

    Aider une personne à contrôler ses pouvoirs lui rappelait douloureusement les Hellions. Ces enfants mutants de l’école qu’elle avait monté. Morts. Et si elle n’était pas douée dans ce domaine ? Et si, dans le fond, elle était incapable de donner les bons conseils, les bonnes méthodes ? Ce n’était pas ce qu’elle voulait… Pas pour lui. Prise d’un doute, et sans savoir la fin de sa phrase, les derniers mots de William venaient de retentir dans un coin de son cerveau. Le conseiller. Pas l’aider. Juste le conseiller. Puis tout s’enchaîna très vite. Son discours intérieur, se traitant de dégonfler, ne souhaitant pas avouer qu’elle lui… Qu’elle lui quoi ? Aucune idée. Il avait rompu ce discours, la laissant sans réponse, alors que son regard avait brièvement briller d’une lueur prouvant son envie de connaître la suite. Rien. Secouant la tête, un cours instant, elle chercha à se concentrer sur ce qu’il avait pu dire. Sur sa demande.

    Emma semblait chercher ses mots et, William, était désireux de changer de sujet. C’est pour cette raison que, très vite, il en vint à lui demander combien de temps cela avait prit à Emma pour maîtriser ses pouvoirs. Vu qu’il estimait qu’elle devait les maîtriser en vue de son discours. La question la figea l’espace d’une fraction de seconde. Elle avait, en stock, des tas de réponses à donner pour répondre à ce genre de chose : « un certain temps » ; « Un bon moment » ; « Très longtemps » ; … Mais elle ne pouvait pas lui servir ce genre de réponse approximative. Elle pouvait encore moins lui mentir sur la durée que cela lui avait prit. Mais elle ne voyait pas comment lui annoncer les choses. Avait-elle seulement envie de lui dire depuis combien de temps elle traînait sur la planète terre. Emma en avait déjà dit beaucoup, est ce que cela valait le coup d’aller plus loin ? Ou était-il préférable de se stopper maintenant.

    Pourquoi… Pourquoi devait-il la faire autant perdre ses moyens ? Pourquoi s’acharnait-il à lui donner l’impression de douter de tout ce qu’elle devait dire ? Pourquoi est ce que tout devenait si compliquer en sa présence ? Elle avait cette fâcheuse envie de se mettre des claques, au moins mentale, reprendre un peu de cette assurance trop prononcée qui faisait ce qu’elle était. Arrêter d’avoir cette attitude de gamine de quinze ans qu’elle n’était plus depuis bien longtemps, qui ne sait comment réagir face à un homme. Comment un simple homme, aussi mutant qu’il puisse être, pouvait avoir un effet aussi désastreux sur elle ? Et pourquoi était-elle incapable de lui en vouloir… Incapable de prendre la tangente ?

    Désireuse de reprendre le contrôle. Un minimum, en tout cas. Elle posa son regard dans celui de William, préférant aborder sa première demande, le temps de réfléchir à ce qu’elle allait pouvoir répondre concernant sa dernière question.


    « Conseiller est possible, cependant les conseils ne valent pas la pratique. Et je pense, que c’est de pratique dont vous avez besoin. Voyez cela comme mon premier conseil » Lança t-elle dans un sourire qui la représentait bien. « Tout ce qu’il faut c’est un cobaye, une personne sur qui s’entraîner et un endroit isolé de tout risque pour ne pas appelé à une catastrophe quelque soit. »

    Elle paraissait vraiment sur d’elle en prononçant ses mots. Son idée lui semblait être une bonne chose. Dans un lieu isolé de tous risque, il aurait peut être moins de crainte à voir son pouvoir déraper, et de ce fait, l’entraînement serait probablement une bonne chose. Pour ce qui était du choix du cobaye, elle ne pouvait pas s’imposer. Après tout, il avait peut être une personne toute dévouée à ce genre de chose, quelqu’un en qui il avait confiance, même si il semblait avoir une tendance solitaire. Intérieurement, elle n’avait pas franchement envie de laisser cette place à quelqu’un d’autre. Elle chercha à se persuader que cette non envie était du à un côté pratique. Rien de plus. En tout cas, elle se refusait de laisser passer cette occasion. Emma restait Emma, dans le fond.

    « Si vous n’avez pas de cobaye, je pourrai peut être –si vous le voulez- avoir ce rôle. » Sans le contrôler ses joues prirent une légère tinte rosé « Enfin je veux dire que, je suis passé par là et que… Disons que la maîtrise que je peux avoir, peut franchement aider à parer votre pouvoir en cas de réellement nécessité. »

    Emma avait cherché à se justifier pour une raison stupide. Le début de sa phrase ne donnait pas du tout l’impression qu’elle se proposait pour passer plus de temps avec lui. Mais, le sachant parfaitement, elle croyait injustement que cela devait être évident. Ce qui devait le devenir par son besoin stupide de se justifier. Cela dit, il y avait une grande part de vérité dans ce qu’elle disait. Elle ne connaissait pas le niveau de William, mais il y avait peu de chance pour qu’il dépasse le niveau 2, ce qui dans le meilleur des cas, laissait encore deux niveaux de différence. Elle serait sûrement capable de contrôler les choses si les choses venaient à déraper. Aucune idée du comment, mais Emma n’était pas vraiment du genre à douter de ce qu’elle pouvait faire. Cela dit, il était grand temps pour elle d’en venir à la dernière question de William.

    Elle avait parlé avec une certaine expérience, sans trop vraiment prendre la mesure de ce qu’elle avait dit. William, de ce qu’elle avait pu en voir, n’avait rien de stupide. Bien au contraire. C’était assez naturel qu’il en vienne à penser qu’Emma contrôlait ses pouvoirs. Et c’était tout aussi normal qu’il puisse s’interroger sur la durée que cela lui avait prit. Hors, cela la mettait dans une situation assez inconfortable. D’une son âge avait quelque chose de particulier. De deux, donné la durée de son existence pouvait parfaitement le démoralisé. Cela dit, si elle avait mit beaucoup de temps à maîtriser son pouvoir, c’était surtout parce qu’elle avait choisi de développer une autre facette de ce qu’elle était capable de faire. Emma n’était donc pas une référence dans la durée de l’apprentissage de ses pouvoirs. Après tout, il existait bien des mutants oméga, qui l’était devenu sans avoir besoin de vivre des centaines années.

    Quoiqu’il en soit, son regard se posa à nouveau sur le bout de ses chaussures à talon, ne sachant toujours pas si elle se devait d’être sincère ou non. Elle n’avait pas envie de mentir, mais ne se voyait pas être vague. Le choix était difficile. Le pire c’est qu’elle était pratiquement sûre que si elle venait à esquiver ouvertement la question, William saurait ne pas se montrer insistant. Mais il avait prit le risque de lui montrer son pouvoir, de lui dire certaine chose, de lui demander des conseils. Ne pas répondre ne serait pas lui rendre justice. Se balançant légèrement d’un pied sur un autre, marquant un certain malaise à la question de William.


    « Je crois que… » Elle releva doucement son regard sur William. « … On devrait peut être descendre jusqu’au restaurant, histoire de s’asseoir et de prendre un café. Après, je vous dirais le temps que cela m’a prit »

    Plusieurs raisons à sa proposition. La première était due au fait que William avait prit un petit temps à se masser les tempes et, elle imaginait que le fait de s’asseoir ne serait pas une mauvaise chose pour lui. Elle avait eu dans l’idée de lui proposer cela au moment même ou elle l’avait vu faire ce geste, mais elle avait préféré s’abstenir afin de ne le mettre mal à l’aise d’une manière ou d’une autre. La deuxième raison résidait dans le fait, qu’elle préférait se voir assise à une table, avec lui, pour lui donner le temps qu’elle avait mit pour contrôler son pouvoir. Une chose était certaine, sa demande impliquait qu’elle ne puisse pas revenir en arrière. Elle se devait une certaine sincérité, pour une raison qu’elle refusait, ou qu’elle cachait derrière un tas d’autre raison.

    « Ca vous convient, de cette manière ? »

    La question avait quelque chose de douloureux. Lui donner le choix était une chose normale, mais elle lui donnait la possibilité de refuser. Une fois plus, elle lui offrait la possibilité de partir… Ce dont elle n’avait pas envie.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 26 Juil - 22:02

William était perplexe. Quand il avait demandé à Emma si elle pouvait le conseiller concernant l’apprentissage de la maîtrise de son pouvoir, il avait cru discerner chez elle une réaction qu’il n’arrivait pas à bien identifier. Un peu comme de la surprise. Est-ce que ce serait si étonnant qu’une personne qui cherche des explications demande de l’aide à quelqu’un qui semble avoir des réponses ? De l’aide… Il ne l’avait pas formulé comme cela d’ailleurs. Il n’avait pas voulu paraître trop s’imposer. Mais il lui semblait bien qu’elle avait paru intéressée par ce qu’il disait. Ou bien était-ce par ce qu’il pensait ?

Il ne pu s’empêcher d’essayer de se rappeler ce qui lui était passé par la tête à ce moment là. Avait-il pensé à quelque chose qu’il souhaiterait cacher ? Il ne savait plus… Trop de choses se bousculaient dans son esprit. Si Emma était intéressée à fouiller là dedans, il lui souhaitait bien du courage ! Il supposait sans trop savoir pourquoi qu’un télépathe ne pouvait discerner que les pensées clairement exprimées. Un peu comme les magiciens qu’il allait voir quand il était petit le faisaient. Dans ce cas la faculté d’Emma ne pouvait que l’arranger. Il avait tellement de mal à exprimer par des mots ce qu’il pensait.

Quoi qu’il en soit, il valait encore mieux qu’il cesse d’essayer de deviner ce qu’Emma avait pensé de sa demande et qu’il attende sa réponse. Il savait parfaitement qu’en ce qui le concernait il avait bien du mal à comprendre ce que les gens ressentaient. Comme c’était paradoxal, sachant qu’il était doté d’un pouvoir lui permettant de ressentir les émotions des autres ! La vie avait décidément un sens de l’humour bien particulier, et elle ne se lassait pas d’en jouer. Alors qu’il avait fallu à William deux mois pour comprendre que Myriam s’intéressait à lui, presque autant pour qu’il admette que c’était réciproque, c’était quand il s’était enfin décidé à franchir le pas que son pouvoir s’était clairement révélé… et avait tout détruit. Un sens de l’humour vraiment particulier en effet.

Etait-ce justement parce qu’il avait eu peur de la réponse qu’Emma pourrait lui donner qu’il avait changé de sujet aussi vite ? C’était stupide. Il ne risquait rien à le lui demander. Au pire elle refuserait et ils en resteraient là. Ou alors c’était précisément parce qu’il craignait que tout s’arrête là ? Il devait bien se l’avouer, il ne désirait pas le moins du monde qu’il en soit ainsi. Que lui arrivait-il ? Il aurait pourtant dû savoir que rester avec elle était absolument la dernière chose à souhaiter.

Avant qu’il puisse pousser plus loin ses réflexions, Emma le regarda et prit la parole en souriant.

« Conseiller est possible, cependant les conseils ne valent pas la pratique. Et je pense, que c’est de pratique dont vous avez besoin. Voyez cela comme mon premier conseil »

Elle acceptait de le conseiller ! Si ce n’était l’habitude prise de contrôler ses réactions émotionnelles, il en aurait bondi de joie. Ceci étant dit, ce premier conseil serait bien difficile à suivre. Comment pourrait-il s’entraîner plus qu’il ne le faisait déjà sans faire courir de risques à ceux qui seraient présents. Ce n’était pas comme s’il avait la capacité de faire voler les objets. Son pouvoir nécessitant la présence d’autres personnes, pouvait-elle penser que pratiquer était une chose aussi simple que cela ?

« Tout ce qu’il faut c’est un cobaye, une personne sur qui s’entraîner et un endroit isolé de tout risque pour ne pas appelé à une catastrophe quelque soit. »

Ah. Il se senti subitement complètement stupide. Elle avait visiblement songé cet aspect du problème. Elle avait même apparemment songé à tous les aspects. Un endroit isolé pour que personne ne puisse être blessé ? Pourquoi pas. Il avait déjà songé de son côté à une solution de ce genre, mais il était toujours resté coincé sur ce qu’elle avait évoqué en premier : Trouver une personne pour servir de cobaye. Il n’aimait pas ce terme. Cela amplifiait dans son esprit l’impression que la personne en question ne serait pas pleinement consciente des dangers qu’elle allait courir. Mais quel que soit le terme employé, cela reviendrait au même. Il ne pouvait demander cela à personne. Point final.

« Si vous n’avez pas de cobaye, je pourrai peut être –si vous le voulez- avoir ce rôle. »

Etait-il possible d’entendre le bruit que faisait un cerveau en pleine décomposition ? William espérait que non. Enfin, il était bien incapable à ce moment précis d’espérer quoi que ce soit. Il essayait juste de retenir sa conscience qui avait décidé que ce moment était propice à prendre des vacances bien méritées. Apparemment celle-ci se laissa convaincre, ce qui lui permit d’entendre Emma qui poursuivait.

« Enfin je veux dire que, je suis passé par là et que… Disons que la maîtrise que je peux avoir, peut franchement aider à parer votre pouvoir en cas de réellement nécessité. »

Il dut se repasser mentalement la phrase d’Emma plusieurs fois pour être certain de ce qu’il avait entendu. Elle lui proposait d’expérimenter son pouvoir avec elle ? Sur elle ? Certes elle lui disait être capable de se protéger si cela dérapait, mais quand même ! Il n’arrivait plus à réfléchir. S’il l’avait pu il aurait peut être remarqué la légère teinte qu’avaient prise subitement les joues d’Emma. Mais trop de choses se produisaient d’un coup. Son petit univers organisé était en train de voler en éclat et il commençait à se dire qu’il se pourrait bien qu’il n’ait pas envie de l’en empêcher.

Stupéfait, il était incapable de réagir. Il ne pouvait que la regarder en espérant que son silence ne serait pas mal interprété. Emma paraissait tout à coup nettement moins sûr d’elle à présent. Elle avait baissé le regard et son attitude trahissait le fait que quelque chose l’avais soudain mise mal à l’aise. Etait-ce le fait qu’il ne lui répondait pas ? Pas à ce point là quand même ! Et puis si cela la gênait tant que cela elle lui aurait simplement demandé de répondre.

« Je crois que… On devrait peut être descendre jusqu’au restaurant, histoire de s’asseoir et de prendre un café. Après, je vous dirais le temps que cela m’a prit »

A son tour elle s’était montrée hésitante en disant cela. Etait-il possible que ce soit la question qu’il lui avait posée sur le temps qu’elle avait mis à arriver à contrôler ses facultés qui l’avait perturbée ? Il avait pourtant jugé cette question bien innocente. Décidément il n’arriverait donc jamais à aligner trois mots sans dire une ânerie ! Toutefois Emma ne semblait pas fâchée mais plutôt fort embarrassée.

Le fait qu’elle conclut en lui demandant si ça proposition lui convenait finissait de donner à cette conversation un air surréaliste. Elle lui demandait s’il pouvait patienter jusqu’à ce qu’ils soient redescendus avant qu’elle lui ne lui réponde ? Mais même s’il prenait le temps de faire dix fois l’aller-retour d’ici à en bas sur les mains en chantant l’hymne national il n’aurait toujours pas assimilé ce qui lui était arrivé jusqu’à présent ! Alors oui il pouvait bien attendre un peu avant qu’elle lui en dise davantage. Il répondit donc :

« Cela me convient… parfaitement… Emma. »

Toujours aussi loquace… Il avait besoin de réfléchir. Comme lors de la montée, la descente ne serait pas propice à la discussion et il espérait mettre à profit ce temps pour faire le point. Il lui sourit puis détourna son regard de la jeune femme avant de la précéder dans l’escalier.

Il ne disposait que de quelques minutes pour décider de la réponse qu’il allait apporter à la proposition d’Emma. Toute sa raison lui dictait de refuser. Il ne pouvait que au mieux lui apporter des ennuis, au pire lui faire du mal. De plus s’il voulait qu’elle puisse l’aider il faudrait qu’elle comprenne ce dont il avait peur. Et cela passait par le fait de devoir lui raconter dans le détail ce qui s’était passé. Elle avait beau lui avoir dit qu’elle-même regrettait certaines choses qu’elle avait pu faire dans le passé, il doutait que ce soit comparable.

De plus s’il ne lui racontait pas tout elle ne serait pas non plus en mesure de bien cerner ce qui pouvait arriver. Il devait paraître bien ridicule en prétendant dangereux à ce point un pouvoir qui si on le considérait de prime abord ne paraissait pas si terrible. Il avait entendu dire que certains mutants pouvaient vous tuer d’un seul regard. Il ne savait pas ce qu’il y avait de vrai là dedans, mais Emma elle-même lui avait avoué posséder le pouvoir de contrôler l’esprit, ce qui était autrement plus puissant que le sien. En fait lui n’était dangereux que par accident, ce qui était risible mais finalement peut-être plus compliqué à éviter. Le moment venu il allait donc devoir tout lui dire.

Il se rendait bien compte que de fil en aiguille il s’était mis à raisonner en ayant implicitement accepté la proposition d’Emma. Après ce qu’elle lui avait dit, il n’avait plus que des arguments de principes à lui opposer. Renoncer reviendrait à accepter le fait que jamais il n’accepterait qu’on l’aide à progresser. Et sans aide il savait déjà qu’il n’arriverait à rien.

Le dernier pas dans sa réflexion était le plus difficile à franchir. Cela faisait plusieurs fois qu’il se faisait la remarque qu’il avait envie de rester avec elle. Qu’il avait envie de croire qu’avec elle tout serait possible. La dernière fois qu’il avait ressenti cela… cela avait tourné à la catastrophe. Au fond de lui quelque chose lui hurlait d’admettre enfin la vérité. Mais ce que cela impliquait était sans doute ce qui le terrorisait le plus. Que le passé se répète… en tous points.

Ils avaient atteint le bas de l’escalier et se dirigeaient vers le restaurant. Il n’arrivait toujours pas à sortir un mot. Amusé, il réalisa que le fait que l’endroit soit ouvert alors que le monument était censé être fermé au public était vraiment très curieux. Mais il avait pour le moment une question plus importante à laquelle il devait apporter une réponse.

Ils s’installèrent à une table. La dernière fois qu’ils s’étaient retrouvés ainsi la situation était très différente. Mais sommes toutes il devait être tout aussi tendu maintenant qu’à ce moment là ! Il regarda Emma, et la voir ainsi assise en face de lui acheva de le faire basculer. Il essaya de se calmer au maximum pour être certain que ses émotions ne précèdent pas ses mots. Réalisant que comme à son habitude il s’était assis très en arrière sur sa chaise, réflexe qui lui permettait de minimiser les contacts accidentels, il rectifia sa position en se rapprochant de la table.

« Emma… avant toute chose je tiens à vous remercier. Vous m’avez persuadé… qu’avec vous il pourrait être possible… enfin… si vous voulez bien m’aider je me… je vous ferai confiance. Mais quitte à vous paraître… ridicule… je vous supplie d’être prudente. Oh je ne crains pas pour moi ! En fait… je ne supporterais pas de… vous faire du mal. »

Pourquoi était-ce si compliqué de dire les choses comme elles étaient ! Il était désolé qu’Emma soit amenée à devoir décoder ce charabia. Il détourna les yeux. Après tout ce qui avait été dit, il aurait dû se sentir libéré ! Et pourtant il craignait que s’il continuait à la regarder il ne puisse plus contenir la tension nerveuse qu’il sentait monter en lui.
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Jeu 29 Juil - 11:35

    « Cela me convient… parfaitement… Emma. »

    Les mots toujours entrecoupés d’une certaine hésitation, William accepta tout de même la proposition qui consistait à descendre, à aller s’asseoir afin qu’Emma puisse répondre à la question qu’il avait pu lui poser. Elle ne manqua pas de répondre à son sourire, bien que ce fût surtout un automatisme plus qu’une réelle envie, son esprit était trop préoccuper sur la réponse qu’elle allait devoir lui donner. Et sans attendre davantage, son pas la mena dans les escaliers où, toujours perchée sur ses hauts talons, elle descendit avec une facilité surprenante.

    Il était parfaitement arrangeant que William est de quoi s’occuper l’esprit durant cette descente car, comme à aller, Emma avait besoin de réfléchir. Elle savait, qu’une fois en bas, elle devrait répondre avec une notion de temps qui n’avait rien de commune. La plus part des personnes raisonnaient en année, voir en dizaine d’année, rarement plus. Si elle devait lui répondre de manière sincère, sa notion du temps, à elle, s’exprimerait en centaines d’années. Il n’était pas vraiment aisé d’expliquer à une personne que son existence sur terre se compte sur 4 fois cent ans, sur des centaines d’années, sur 400 ans. Emma essayait de trouver la tournure de phrase la moins impressionnante, si toute fois il pouvait y en avoir une moins surprenante que l’autre. Chaque fois qu’elle tentait une expression plus qu’une autre dans son esprit, elle ne cessait de la rejeter. Peut être qu’elle pouvait juste dire que cela lui avait prit beaucoup de temps, qu’elle était plus vieille que ce qu’elle ne paraissait. Mais cela ne serait pas être totalement honnête et si vraiment elle avait envie de l’aider alors, la sincérité avait peut être un certain rôle à jouer.

    En entrant dans le restaurant, ouvert mais désert, Emma ne se pencha même pas sur le fait qu’il pouvait paraître étrange que l’endroit soit ouvert. Elle avait, même, complètement oublié cette histoire de monument fermé au public pour cause de travaux. Son esprit occupé à des pensées totalement différentes, son mensonge sur cet endroit était à des années lumière de l’interpeller. La seule chose qui allait pouvoir être, éventuellement, gênante était qu’aucun(e)s serveur(euse)s ne seraient disponibles pour prendre une commande. Cela dit, quand la situation s’en ferait sentir, Emma était parfaitement capable de se servir d’une machine à café ou de quoique ce soit que l’on puisse trouver derrière un bar. Après tout, c’était un peu son deuxième métier.

    Très vite, elle prit la direction d’une table un peu au hasard, peu important l’endroit où ils prendraient place, vu que personne ne viendrait. S’installant, elle ne manqua pas de voir que William avait fait la même chose, reprenant la posture qu’il tenait lors de leur premier café ensemble. Il était reculé, le plus possible, sur son siège. Une position dont elle ne lui tenait absolument pas rigueur. Dans le fond, elle était capable de comprendre qu’il pouvait être réfractaire à tout contact, en vue de son pouvoir. Dire qu’elle comprenait parfaitement serait un peu exagéré. Elle pouvait parfaitement comprendre Malicia qui, dans un contact, était capable de tuer une personne. Mais William, ne faisait-il pas « que » transmettre des émotions ? Cela n’avait jamais tué personne, si ?

    C’est à ce moment là, très vite après sa première position, que William semblait vouloir rectifier la chose. Il s’était rapproché de la table, obligeant Emma à sourire légèrement. En réalité elle fut bien incapable de contrôler ce semblant de sourire qui prouvait à quel point elle était capable d’apprécier et de comprendre l’effort qu’il venait de faire. Si ce n’était pas dans sa nature première, rien que le fait d’y songer avait quelque chose de bien. C’était bien au-delà, en fait. Emma aurait été incapable de dire ce que représentait ce geste qui pouvait paraître des plus anodins, tout ce qu’elle comprenait c’était que c’était une très bonne chose, et qu’elle ne pouvait que le prendre de manière positif.

    Vu ce geste, se rapprochement, elle commençait à se dire qu’elle n’avait rien à craindre. Qu’elle pouvait répondre à cette question. Dans le fond, elle lui devait bien cela. Emma allait se lancer, cherchant encore comment formuler sa phrase de la manière la moins étrange possible, mais c’est William qui la prise de court. Le son de sa voix se fit entendre et, un peu étonnée, Emma posa son regard dans celui de l’homme qui lui faisait face.


    « Emma… avant toute chose je tiens à vous remercier. Vous m’avez persuadé… qu’avec vous il pourrait être possible… enfin… si vous voulez bien m’aider je me… je vous ferai confiance. Mais quitte à vous paraître… ridicule… je vous supplie d’être prudente. Oh je ne crains pas pour moi ! En fait… je ne supporterais pas de… vous faire du mal. »

    L’espace d’un instant, Emma resta sans réaction. Incapable de répondre. Incapable de sourire. Son cerveau fonctionnait à une vitesse ahurissante, cherchant à bien comprendre tout ce qui venait de se dire. Comment ne pas comprendre ? Ses phrases étaient tellement entrecoupées, qu’elle avait tout le loisir de bien comprendre chaque mot. Elle l’avait persuadé… Peu important de quoi il pouvait bien s’agir. Persuader quelqu’un n’avait rien de réellement surprenant, c’est ce qu’elle faisait de mieux, dans un tas de domaine confondu. Ce qu’elle avait du mal à assimiler c’est qu’elle est pu le persuader lui, alors qu’elle n’était même pas convaincue de s’y prendre correctement avec lui. Jamais elle n’avait autant douté d’elle, de ses capacités, devant un homme. Mais William sortait tellement du lot qu’il lui était compliqué de savoir la marche à suivre. Pourtant… Pourtant elle l’avait persuadé.

    William était prêt à lui faire confiance. A elle ? L’espace d’un court instant, elle se demanda si il n’avait pas des tendances suicidaires. Elle se connaissait, mais lui ? Rien ne pouvait l’entraîner à savoir qui elle était réellement. C’est toujours à ce moment, quand une personne lui donnait sa confiance, qu’Emma avait cette sensation jubilatoire de victoire. La confiance était un sentiment inventé juste pour pouvoir faire souffrir les gens, pour jouer plus facilement avec eux, pour détruire de manière plus importante. Pourquoi est ce qu’elle n’avait pas cette sensation maintenant ? Pourquoi est ce qu’elle n’était heureuse de savoir qu’il lui donnait cette confiance ? Avait-il seulement conscience du pouvoir psychologique qu’il donnait à Emma sur lui ? Et pourquoi, bordel, n’était pas capable d’avoir ce sentiment de victoire ?!

    Peut être que cette absence de réaction, qu’elle était censée avoir, venait de la suite de son discours. Sa crainte à lui, le fait de ne pas supporter l’idée de pouvoir faire le moindre mal à Emma, alors qu’il ne craignait rien pour lui. Le monde de la télépathe tournait autour des apparences, des rapprochements sociaux par besoin. Il était difficile, pour elle, de concevoir que quelqu’un puisse ne pas penser à lui en premier lieu, qu’il puisse être capable de prendre en risque mais se retrouve hésitant par peur de blesser une tierce personne. Ce genre de raisonnement n’était pas celui d’Emma. William était la victime par excellence, la personne très crédule qu’on pouvait probablement détruire, psychologiquement, en peu de temps. Emma était une femme qui aimait avoir des gens à ses pieds, d’une manière ou d’une autre. C’était comme ça, elle n’y pouvait rien. Elle se complaisait dans le fait de pouvoir être un fantasme, une figure importante, peu importe le sentiment qu’elle laissait chez les gens, elle avait ce besoin presque vitale d’en laisser un. William aurait pu être parfait, si il était prêt à lui accorder à sa confiance, alors elle avait de grande chance de pouvoir se servir elle-même à travers lui. Pourquoi n’en avait-elle pas la moindre envie ? Là résidait tout le mystère.

    William avait détourné les yeux, ce qui était probablement une bonne chose vue le manque de réaction d’Emma, dont le regard était perdu sur une micro tache présente sur la table qu’ils occupaient. Elle avait l’impression de s’être perdue quelque part en route, ne comprenant pas pourquoi elle ne réagissait pas comme elle aurait du, pourquoi les choses avaient quelque chose de différent. Le tout était de savoir si elle voulait approfondir ce désaccord qu’elle pouvait avoir en elle, entre ce qu’elle aurait du faire et ce qu’elle faisait d’habitude. Ou est ce qu’elle devait baisser les bras maintenant, retirer tout ce qu’elle avait dit, prendre la fuite et oublier toute cette histoire…

    La fuite avait quelque chose de tellement facile… Tellement rassurant…


    « William ? »

    Elle avait posé, à nouveau, son regard sur lui. La chose qu’elle cherchait à faire, à ce moment précis était de pouvoir attirer son attention. Hors de question qu’il puisse détourner le regard pour ce qu’elle avait à lui dire. Allez savoir, elle avait peut être envie qu’il la sache sincère dans ce qu’elle allait dire. Ce n’est qu’une fois son attention gagnée, prenant le temps que cela devait prendre, que les bouts des doigts d’Emma glissèrent sur les bouts de doigts de William. Si il y avait un moment ou il devait ressentir ce qu’elle pouvait ressentir, c’était le moment parfait. Parce que malgré le petit sentiment de crainte et d’appréhension qu’elle ressentait, elle avait ce côté sur d’elle qui était bien plus présent. Emma restait Emma, même si pas mal de chose ne se passait pas comme cela aurait du se passer si elle avait eu à faire à quelqu’un d’autre que lui. Elle ne pouvait douter de ce qu’elle pensait pouvoir faire, l’expérience jouant un grand rôle dans cette façon d’être. C’était sûrement ce qu’elle voulait qu’il comprenne par ce geste qu’elle avait eu. Bien évidemment, elle ne lui agrippait pas les mains, il était tout à fait en droit de les retirer, elle était capable de comprendre. Quoiqu’il en soit, elle se lança.

    « Je crois que c’est mon tour, de jouer sur une certaine franchise. Si je semble si sûre de moi, sur ma capacité à maîtriser mes pouvoirs c’est parce que j’ai eu des années pour apprendre à vivre avec. Et quand je dis des années, je ne parle pas d’une ou deux dizaines d’années. Je ne sais même plus en quelle année je suis née, exactement : 1601, 1603, c’était dans ces environs là. La notion du temps me fait un peu défaut, et y a des choses qu’on est plus aptes à oublier »

    Elle laissa un certain temps passé, le temps de comprendre ce qu’elle venait de dire, le temps de calculer l’âge que cela pouvait lui faire, le temps de comprendre à nouveau ce que cela pouvait impliquer, les choses que cela pouvaient expliquer par un tas de petites situations qu’elle avait pu exprimer. Mais elle se décida à reprendre tout de même.

    « Une chose est certaine, je serais incapable de vous aider, si je ne sais pas de quoi vous avez peur exactement. »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mar 3 Aoû - 22:27

Rien. Pas un mot. Le temps qu’avait duré la descente, le temps qu’ils s’installent à une table. Ni l’un ni l’autre n’avait dit quoi que ce soit. William savait que pour sa part il avait été occupé à trouver quelle réponse il allait apporter à la proposition d’Emma. Mais elle ? Qu’avait-elle eu en tête pendant tout ce temps ? Il connaissait les questions qui lui-même se posait. Mais Emma, que pensait-elle ? De lui, de ce qu’il lui avait dit. Elle semblait elle aussi un peu déstabilisée par ce qui s’était passé durant cette journée. Et ce n’était pas fini. Elle lui avait proposé de lui expliquer le temps qu’il lui avait fallu pour apprendre à contrôler son pouvoir. Mais elle avait voulu attendre qu’ils soient descendus. C’est seulement une fois assis à cette table qu’il réalisait que de cette façon Emma avait peut être désiré le ménager.

En tout cas il ne pouvait plus reculer. Il venait d’accepter la proposition d’Emma de lui venir en aide. Il espérait qu’elle n’avait pas pris sa supplique d’être prudente comme de la prétention. Lui savait à quoi s’en tenir concernant l’aspect pernicieux de son pouvoir. Mais il n’était pas certain qu’elle puisse comprendre la peur qui se terrait en lui. Pas tant qu’il ne lui aurait pas raconté ce qui s’était passé quelques années plus tôt, quand ce cauchemar avait commencé. Elle n’avait pas bougé, pas esquissé la moindre réaction, quand il lui avait signifié la confiance qu’il mettait en elle. Elle trouvait peut être cela un peu ridicule. Un peu mélodramatique. Mais elle ne pouvait savoir que pour lui le pas qu’il venait de franchir était énorme, à un point que peut-être même lui n’en mesurait pas l’importance. Car ce qui couvait derrière pouvait soit le conduire vers une vie nouvelle, soit le détruire.

Incapable de continuer à la regarder, il avait détourné les yeux. Mais la douce voix d’Emma, l’appelant par son prénom, l’incita à la regarder de nouveau. Mais il était toujours aussi tendu, et espérait arriver à garder suffisamment le contrôle de lui-même pour éviter d’activer son pouvoir involontairement. Etrangement, se plonger dans le regard de la jeune femme l’apaisa. Ce n’était pas la première fois que le bleu profond de ses yeux avait sur lui cet effet. Mais les habitudes étaient difficiles à perdre, et la méfiance défensive qu’il s’était habitué à avoir depuis des années lui signala aussitôt les mouvements des mains d’Emma. Il sentit ses muscles se contracter, dans un geste de recul qu’il stoppa aussitôt. C’était stupide ! Il avait lui-même proposé un tel contact alors qu’ils étaient dans la couronne. Emma lui avait alors fait confiance. Mais justement c’était lui qui avait alors pris l’initiative, et il avait eu le temps de se préparer ! Mais Emma semblait parfaitement consciente du temps qu’il fallait lui laisser, faisant en sorte que ses doigts se rapprochent le plus lentement possible des siens.

Que cherchait-elle en faisant cela ? Etait-ce simplement un geste amical ? Elle connaissait ses appréhensions, et ne jouerait pas avec simplement pour cela. Alors voulait-elle lui faire comprendre quelque chose ? Elle savait qu’en faisant cela elle prenait le risque qu’il capte ses émotions, ou qu’elle reçoive les siennes. Dans son état actuel, il était bien incapable d’analyser ce que cela impliquait, en prenant également en compte les capacités particulières de la jeune femme qui pouvaient certainement bloquer ces échanges. Tout se bousculait dans sa tête, et il ne pouvait que tenter de maintenir un semblant de maîtrise de soi.

Leurs doigts de touchèrent. William ne put d’empêcher de fermer les yeux un bref instant, comme si cela pouvait changer quoi que ce soit. Mais au moins cela masquerai un minimum les craintes qui le tenaillaient. Il attendit... Il ne savait pas s’il Emma avait perçu quelque chose, mais il était certain que ce n’était pas son cas. Quand il rouvrit les yeux, l’expression d’Emma était toujours la même. Un peu rassuré, il commença à se détendre un peu. Il avait toujours du mal à assimiler ce qu’il venait de se passer. Mais le contact léger des mains d’Emma avait quelque chose de magique. Ce n’est que quand Emma prit la parole qu’il sortit de cet état de rêve éveillé.

« Je crois que c’est mon tour, de jouer sur une certaine franchise. Si je semble si sûre de moi, sur ma capacité à maîtriser mes pouvoirs c’est parce que j’ai eu des années pour apprendre à vivre avec. Et quand je dis des années, je ne parle pas d’une ou deux dizaines d’années. Je ne sais même plus en quelle année je suis née, exactement : 1601, 1603, c’était dans ces environs là. La notion du temps me fait un peu défaut, et y a des choses qu’on est plus aptes à oublier »

Sur le moment il ne réalisa pas vraiment ce que la jeune femme venait de lui annoncer. Puis un bref instant il se demanda si elle ne se moquait pas de lui. Mais son regard, son attitude… tout en elle semblait afficher une sincérité indubitable. Il ne lui restait plus qu’à se réfugier dans un ahurissement de bon aloi, mais en fait son cerveau commençait peu à peu à entrevoir les conséquences de cette… révélation.

Ce qu’elle venait de lui apprendre était tout simplement incroyable. Il avait déjà entendu parler de mutants aux pouvoirs exceptionnels. Mais là… Alors la jeune femme qu’il avait devant lui, qu’il avait jugé jusqu’à présent plus jeune que lui, avait plus de 400 ans ? Effectivement elle avait eu le temps d’apprendre à maîtriser son pouvoir ! Même si cela confortait l’idée qu’elle pouvait effectivement l’aider à faire de même, il n’avait pas ce temps là devant lui. Mais au fond de lui, ce n’était pas ce qui le perturbait le plus. Il avait décidé de lui faire confiance quand elle lui avait proposé de l’aider, et avec une telle… expérience… elle devait bien savoir ce qu’elle disait. Ce qu’elle venait de lui annoncer ne pouvait que le conforter dans cette confiance qu’il lui avait accordée.

Non, ce n’était décidément pas cela qui le tourmentait. Il était bien plus étonné du risque qu’avait pris Emma. Il serait étonnant qu’elle aille raconter cela à n’importe qui. Or elle venait de le lui dire, à lui qu’elle connaissait à peine en réalité. Oh effectivement sur le registre des révélations il avait lui aussi avoué être mutant, mais dans une toute autre mesure et de plus il n’avait pas grand-chose à perdre. Mais elle ! C’était… ahurissant.

Il avait également beaucoup de mal à comprendre les motivations de la jeune femme. Il n’avait pas bien compris ce qui avait poussé Emma à lui proposer son aide. Et maintenant il le comprenait d’autant moins. Au cours d’une vie aussi longue, elle avait dû rencontrer bien d’autres personnes beaucoup plus intéressantes que lui. Mais après tout, peut-être pouvait-elle se permettre ce genre de petit divertissement, étant donné qu’elle n’aurait à lui consacrer qu’une fraction de son existence ! Ah quand elle avait parlé de ses manières d’un « autre temps » elle devait effectivement savoir de quoi elle parlait !

Il se sentait devenir parfaitement injuste envers Emma. Mais réaliser que leurs vies ne pourraient jamais vraiment se rejoindre le bouleversait beaucoup plus que cela n’aurait dû. Ce fut même peut-être cela qui lui fit réaliser soudain ce que cherchait à lui faire comprendre cette petite voix qui hurlait au fond de lui depuis qu’ils s’étaient revus aujourd’hui. Il tenait à Emma d’une façon bien différente que ce qu’il avait bien voulu admettre. Comment avait-il pu être aussi aveugle. Ce qu’il ressentait au fond de lui, il l’avait déjà vécu une fois. Une seule fois. Il aurait dû comprendre. Pourquoi fallait-il qu’il ne l’admette que maintenant, alors que ce qu’elle venait de lui dire ne pouvait que signifier l’aspect irréaliste de cette idée.

Mais ce n’était pas le moment. A nouveau il devait refouler ce sentiment pour se concentrer sur l’instant présent. Mais hélas, maintenant qu’il avait réussi à percer, le moins que l’on pouvait dire était qu’il faisait de la résistance. William respira lentement et détourna le regard. Il n’arrivait pas à dire un mot. Tout ce qui lui venait à l’esprit sonnait terriblement creux. Pendant un instant il songea à rompre l’effleurement de leurs doigts. Mais perdu comme il l’était, il se raccrochait à ce contact comme un naufragé à une bouée.

A nouveau ce fut la voix d’Emma qui tira son esprit du bourbier dans lequel il s’enlisait.

« Une chose est certaine, je serais incapable de vous aider, si je ne sais pas de quoi vous avez peur exactement. »

Depuis qu’elle lui avait proposé de le guider, il redoutait le moment où il devrait aborder le dernier point sur lequel il n’avait jamais donné d’explication. Sans cet aspect du problème, ses peurs pouvaient paraître bien démesurées par rapport aux maigres capacités de son pouvoir. Il avait jusque là évité d’aborder ce sujet. Mais elle avait raison et puisqu’il avait accepté son aide, il fallait qu’elle soit au courant. Et puis… elle-même s’était montrée d’une franchise étonnante. Terriblement.

Il n’avait jamais raconté cela à personne. Et il ne savait pas comment lui-même allait réagir. La seule chose dont il était certain était que les émotions que cela allait faire remonter à la surface seraient tout sauf agréables. Et il ne souhaitait pas faire ressentir cela… surtout pas à Emma. Il recula lentement ses mains pour les rapprocher de lui. Il espérait juste qu’Emma ne se méprendrait pas sur la signification de ce geste. Le plus calmement qu’il le put, il prit la parole.

« Il y a quelques années… six ans… je n’étais pas, enfin mon pouvoir ne s’était pas encore vraiment révélé. Déjà à cette époque, je n’étais pas particulièrement à l’aise avec mon entourage. Mais cela n’avait rien à voir avec… maintenant. En tout cas j’étais seul. Mais il y avait une collègue… Elle était jolie, intelligente… Elle me faisait rire. J’ai mis longtemps à comprendre que… je lui plaisais. Et encore pas mal de temps à… admettre que c’était… réciproque. »

Ne pas réfléchir. Surtout pas. Il fallait qu’il y arrive. Mais qu’est-ce que Emma allait penser de ce qu’il avait fait ?

« Mais finalement j’ai osé… l’inviter. A m’accompagner lors d’un déplacement. Histoire de… peut-être commencer à mieux se connaître. Et qui sait, oser enfin franchir le pas. Il y avait beaucoup de route à faire. C’est moi qui… conduisais. Tout se passait bien. Elle semblait heureuse d’être avec moi. Et j’étais heureux d’être avec elle. Mais je n’arrivais pas à… lui dire ce que je ressentais pour elle. Je crois qu’elle a voulu… m’aider un peu. »

Les souvenirs remontaient violemment à la surface. Il sentait son cœur battre à se rompre, et il avait peine à empêcher ses mains de trembler.

« Elle a voulu poser sa main… sur la mienne. Et j’ai perdu conscience. Je ressentais ce qu’elle éprouvait pour moi. C’était… merveilleux. Quelques secondes magnifiques ! Quelques secondes durant lesquelles je n’ai pas… j’ai perdu le contrôle. De moi. De la voiture. Un accident… terrible. »

La tension accumulée retomba d’un coup, le laissant complètement vidé.

« Myriam. Elle s’appelait Myriam. Elle est morte à cause de moi. »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Jeu 5 Aoû - 15:40

    Impossible de ne pas voir. De ne pas imaginer les efforts qu’il pouvait faire… A peine avait-elle commencé à approcher ses mains, qu’il commençait déjà à reculer les siennes. Un mouvement de réflexe, du moins c’est ce qu’elle imaginait vu qu’il stoppa ce recul. Pas la peine de le brusquer, de ne pas lui laisser le moindre choix de ce contact, ou non. Emma continua d’avancer le bout de ses doigts, lentement. Il n’aurait pas cesser son mouvement de recul qu’elle n’aurait pas insister. Mais il l’avait fait, elle devait donc continuer. Elle s’apprêtait déjà à lui imposer une vérité qu’il pouvait être dur d’encaisser, alors elle ne s’autorisait pas le droit de lui imposer, en plus, en contact qui aurait pu ne pas vouloir.

    Le bout de ses doigts étaient maintenant en contact avec ceux de William, et elle savait parfaitement ce que cela pouvait impliquer. Elle savait que lui pouvait craindre ce genre de chose, sans en avoir la raison. Pas encore du moins. Et, jamais, elle ne se serait permit un tel geste si, il n’avait pas été le premier à le faire sur la couronne. En réalité, son geste avait été fait pour qu’il puisse comprendre l’appréhension qu’elle avait à dire ce qu’elle avait à lui avouer. Qu’il la sache sincère et non pas en train de se jouer de lui. Mais, en y réfléchissant bien, ce geste ne lui servait-il pas, aussi, à savoir ce que lui ressentait ? Il lui avait avouer la nature de son pouvoir, alors elle savait ce qu’il était capable de transmettre. Ce contact allait, probablement, l’aider à savoir ce qu’il ressentirait au moment ou elle lui annoncerait ce qu’elle avait à dire. Sans parler du fait qu’un contact était aidant pour son propre pouvoir à elle, plus facile de savoir ce qui se passe dans la tête de quelqu’un quand on a un contact avec la dite personne.

    Si elle l’avait sentit un peu crispé, sur le début, cet état semblait vouloir s’arranger un peu. Probablement le temps de s’habituer à ce contact. Ce n’est qu’au moment où elle nota ce léger changement qu’elle prit une grande inspiration pour pouvoir s’expliquer, pour lui répondre –en quelque sorte- à la question qu’il avait pu lui poser. En réalité, elle en dirait bien davantage. Les mots tombèrent, sans grande hésitation, mais avec une pointe d’appréhension. Son âge était un sujet assez compliqué. A la voir, elle avait à peine 25 ans. Le tout était de savoir depuis combien d’année elle donnait l’impression d’avoir 25 ans. Les choses avaient pourtant bien commencées. Elle était née et avait grandit normalement, puis un jour, elle avait cesser de changer. Sur le coup, elle imaginait qu’on gardait quelques années la même tête. Les gens n’évolue pas beaucoup dans la tranche d’âge allant des 25 au 30 ans. Elle avait même vu cela comme une chance, car elle gardait ce visage jeune. Un visage qui, il faut l’avouer, lui avait apporter que de bonne chose pour peu qu’on sache s’entourer des bonnes personnes.

    Quand est ce qu’elle avait bien voulu prendre conscience de sa différence ? Avec la jalousie d’autres femmes qui ne la voyait pas prendre une ride ? En voyant son entourage changer sans qu’elle ne change elle-même ? Ou alors, c’est quand tout ceux qu’elle connaissait commençaient à mourir de vieillesse et qu’elle, elle ressemblait toujours à cette femme de 25 ans. En tout cas, ça faisait un peu moins de 400 ans que les choses étaient ainsi. Que les seuls détails à avoir changés furent sa façon de s’habiller, les coupes de cheveux qu’elle avait pu se faire… La façon de se maquiller aussi. Fini les pot de peinture, et le teint blanc si en vogue à une certaine époque. Ce qui, selon elle, n’était vraiment pas un mal. En tout cas, les choses étaient dites. Elle n’avait même pas été capable de donné la véritable année de sa naissance, incapable de s’en souvenir avec exactitude. Elle en avait donné tellement de différentes que le temps avait jouer contre elle, qu’elle avait du mal à se rappeler avec exactitude son année de naissance. Cela dit, quand on a plus de 400 ans, était-on réellement à deux ans près ?

    Le contact de ses doigts avec ceux de William, son pouvoir à elle activé –refusant de prendre le moindre risque d’erreur de jugement avec ce genre de révélation-, tout était fait pour qu’elle puisse comprendre, savoir ce qu’il pouvait penser. L’ahurissement arriva en première position, l’espace d’un court instant. Réaction tout à fait normal quand on annonce à quelqu’un quelque chose qui ne devrait pas être possible. Il faut avouer que les mutants âgés de plusieurs centaines d’années savaient se faire petits. Il y a des choses que les personnes ne devaient pas savoir, encore moins quand il s’agissait de mutant présent depuis plusieurs siècles. Mais cette phase d’interrogation, de surprise, ne dura pas bien longtemps. Rien chez Emma ne semblait vouloir montrer qu’elle se moquait de lui d’une manière ou d’une autre. Quel intérêt aurait-elle eu à faire cela ?

    C’est après qu’elle perdit le fil des pensées de William, de se qu’il ressentait. Beaucoup trop complexe pour elle, en réalité. La télépathie n’était pas son pouvoir de prédilection. Trop de chose semblait vouloir se bousculer dans la tête de l’homme qui lui faisait face. Ce qui se traduisait, pour elle et son pouvoir, par un amalgame de sensation toutes plus contradictoire les unes que les autres, sans pouvoir être capable d’en isolé une et de la comprendre mieux. Ce n’est qu’après un moment qu’elle cru décelée une déception, sans pour autant en comprendre les motivations. La seule chose qu’elle pouvait faire c’était de s’imaginer les raisons de cette déception. Elle n’était même pas convaincue que ce soit réellement cela qui soit ressentie, comment aurait pu le savoir dans cet amas de pensées et de ressentie. Mais si c’était vraiment le cas, pourquoi est ce qu’il pourrait bien lui en vouloir ?

    Honnêtement, elle n’avait pas choisi ses pouvoirs. Ils étaient là et s’était ainsi. Bien sur elle les avaient regretter, à de nombreuses reprises. Surtout à une époque, ou incapable de comprendre réellement qu’elle allait vivre aussi longtemps, elle avait trouver le moyen de s’accrocher à une personne. Puis à une autre. Les années s’étaient répétées pendant un temps. A chaque fois elle perdait les personnes qui lui étaient proches, qu’elle avait apprécié, voir aimé. Donc oui, elle l’avait regretter. Mais aujourd’hui, elle avait apprit à vivre avec. Et il y avait que peu de chance pour qu’elle regrette un tel pouvoir. Du moins plus aucune situation ne s’était présenté à elle pour lui permettre de regretter quoique ce soit. Du moins, elle avait une fâcheuse tendance à faire en sorte que ce genre de chose ne se présente jamais. Elle avait toujours poser cette image de femme forte, influente et sur d’elle. Mais l’intérieur avait quelque chose de tellement différent, elle possédait des blessures que jamais elle ne voulait voir s’ouvrir à nouveau et que, d’une certaine manière, elle évitait. Même inconsciemment. Peut être que si elle était capable de se lasser facilement de quelqu’un, ce n’était qu’une réaction inconsciente d’elle-même qui la poussait à partir pour ne pas avoir à souffrir de quoique ce soit. Jamais elle ne s’était poser réellement la question et, elle ne voulait sûrement pas en avoir la réponse.

    Incapable de comprendre avec exactitude ce qui pouvait se passer dans la tête de William, Emma prit la décision de lui demander clairement ce qui clochait. La raison qui le poussait à avoir peur de son pouvoir, de cette crainte qu’il pouvait avoir envers les autres personnes. Quand elle disait qu’elle ne pouvait l’aider sans savoir, il y avait une grande part de vérité. Les pouvoirs agissaient beaucoup avec un état d’esprit. On apprenait aux jeunes à se contrôler d’abord eux même, pour pouvoirs contrôler ses pouvoirs. Quand ils se dépassaient s’étaient souvent dans une situation de stress ou de peur. Quand ils devaient faire cesser leurs pouvoirs, on leurs demandaient de respirer et de se calmer. Tout étaient donc étrangement lié avec ce que l’on pouvait ressentir. Si William partait déjà avec une réelle peur d’utilisation de pouvoir, les choses allaient être compliquées à gérer. Et elle serait dans l’incapacité de l’aider, si elle ne pouvait savoir d’où venait cette crainte.

    Le but n’était vraiment pas de la replonger dans quelque chose qu’il n’avait pas envie. Si la solution aurait pu être autre, elle aurait volontiers éviter ce genre de question, ne souhaitant absolument pas lui faire songer a quelque chose qui aurait pu le faire souffrir. C’était même carrément étrange comme façon de penser. Jamais elle ne s’était imposer un tel cas de conscience. Elle devait travailler sur William et ses pouvoirs, sa question était donc tout à fait légitime. Mais il y avait une autre donnée qui entrait en ligne de compte : William. Et lui seul. Ou alors ce qu’elle pouvait voir en lui… Cette non envie de le brusquer, de le faire replonger dans des souvenirs douloureux. Pourtant, elle avait été prof, elle avait eu des pouvoirs à maitriser, elle savait parfaitement que cela devait aussi passé par quelque chose de psychologiquement douloureux, une sorte de dépassement de craintes. Rien ne se faisait facilement.

    Cette pensée en entraînant une autre, elle se demanda forcément si elle était vraiment qualifier pour pouvoir l’aider. Comment aider une personne, si on avait envie de la préserver en même temps ? Si elle voulait lui apprendre à maîtriser ses pouvoirs, elle lui demanderait sûrement des faire des choses qu’il ne voudrait pas, qui le dérangerait. Et, à ce moment, comment serait-elle capable de le pousser en avant, si elle refuse de le brusquer ? Ce qui était le plus perturbant, c’était le fait qu’elle se soucis de ce genre de chose. Jamais elle n’avait réellement douter de quoique ce soit, bien trop sur d’elle pour se permettre ce genre de doute. Penser à William en d’autre terme qu’une personne à aider pour maitriser ses pouvoirs était perturbant. Très perturbant, en réalité.

    Alors qu’elle songeait à tout cela, qu’elle le ressentait, elle comprit que ses mains étaient toujours en contact avec celles de William. Jamais elle n’aurait prit l’initiative de les enlever d’elle-même, cela aurait été bien trop étrange alors que c’est elle qui était venu vers lui. Mais il aurait été mentir de dire qu’elle ne se sentit pas un peu soulager quand c’est lui qui vint à se reculer. Du coup, impossible pour elle de prendre mal son geste. Elle comprenait seulement les danger qu’il pouvait avoir à être avec une personne capable de savoir les ressenties qu’elle pouvait éprouver. Elle qui avait basé sa vie sur une image qu’elle renvoyait, sans réellement être totalement ce qu’elle voulait bien laisser croire. Ce qu’elle ressentait vraiment était quelque chose de très important pour elle, assez important pour que cela lui appartienne. Elle se voulait capable de partir loin d’une personne, être capable de lui dire les pires horreurs, alors que ses sentiments étaient des plus différents. William était un frein à cela. Et… Elle se promis de se frapper mentalement plus tard… Pourquoi donc en était-elle à penser à ce genre de chose.

    Se reculant afin de pouvoir s’asseoir sur le fond de sa chaise, elle se concentra sur les paroles de William, sur les explications qu’elle lui avait demandé. Une manière de ne plus penser à des choses qu’elle ne voulait pas envisager… Si seulement tout était aussi simple…


    « Il y a quelques années… six ans… je n’étais pas, enfin mon pouvoir ne s’était pas encore vraiment révélé. Déjà à cette époque, je n’étais pas particulièrement à l’aise avec mon entourage. Mais cela n’avait rien à voir avec… maintenant. En tout cas j’étais seul. Mais il y avait une collègue… Elle était jolie, intelligente… Elle me faisait rire. J’ai mis longtemps à comprendre que… je lui plaisais. Et encore pas mal de temps à… admettre que c’était… réciproque. »

    Apprendre qu’il n’avait jamais été spécialement à l’aise avec les gens, n’était pas franchement une surprise. Même si c’était différent, voir pire, maintenant il avait quand même l’attitude de quelqu’un qui avait un peu de mal avec les relations sociales. Contre toute attente, et surtout contre sa volonté, le fait d’apprendre qu’il y avait une fille… Capable de le faire rire… Non… Elle chassa tout ressentit de sa tête pour se concentrer sur ce qu’il était en train de lui dire. C’était stupide de buter sur ce genre de détail. Cela ne devait rien avoir de dérangeant, n’est ce pas ?

    « Mais finalement j’ai osé… l’inviter. A m’accompagner lors d’un déplacement. Histoire de… peut-être commencer à mieux se connaître. Et qui sait, oser enfin franchir le pas. Il y avait beaucoup de route à faire. C’est moi qui… conduisais. Tout se passait bien. Elle semblait heureuse d’être avec moi. Et j’étais heureux d’être avec elle. Mais je n’arrivais pas à… lui dire ce que je ressentais pour elle. Je crois qu’elle a voulu… m’aider un peu. »

    Les mains de William tremblaient, son souvenir semblait être des plus douloureux. En même temps, avait-il besoin de dire la suite pour connaitre la finalité de cette histoire ? Emma ne faisait que lutter contre son envie de tout arrêter, de lui dire qu’elle avait comprit, qu’il n’avait pas besoin d’aller plus loin. Elle luttait contre le fait de lui dire d’arrêter parce qu’elle savait qu’il fallait que ça sorte. Peut être que ce n’était pas un bien pour lui, mais ça le serait forcément pour ce qui est de l’apprentissage de ses pouvoirs. Et c’était de cette manière qu’elle devait penser. Pourtant, c’était vraiment difficile, parce qu’elle n’avait aucune envie de lui imposer cette fin.

    « Elle a voulu poser sa main… sur la mienne. Et j’ai perdu conscience. Je ressentais ce qu’elle éprouvait pour moi. C’était… merveilleux. Quelques secondes magnifiques ! Quelques secondes durant lesquelles je n’ai pas… j’ai perdu le contrôle. De moi. De la voiture. Un accident… terrible. »

    « Myriam. Elle s’appelait Myriam. Elle est morte à cause de moi. »

    Emma laissa passer un temps de silence, le temps de mettre en place ce qu’elle devait répondre. Lui dire qu’elle était désolée ? Impossible, ce n’était pas le cas. Cela reviendrait à sortir quelques chose d’aussi bateau que « sincères condoléances » à un enterrement. Navrée ? Ca oui, elle pouvait le dire. Parce qu’elle l’était d’une certaine manière. Les choses pouvaient se passer bien, mais pour certain ce n’était pas le cas. Elle était réellement navré que cela ai pu lui arriver… A lui…

    Son histoire avait vraiment quelque chose d’horrible, cet instant de bonheur décrit, pour le mener à la finalité des choses. En tout cas ça expliquait beaucoup de chose, sa peur en voiture, sa peur pour traverser une route. Sans le vouloir, elle l’avait vraiment mener dans des situations qui pouvaient avoir tout de compliqué pour lui. Pourtant il les avait accepté. A chaque fois. Baissant les yeux sur la table, regardant une tâche parfaitement imaginaire, elle chercha les mots pour lui répondre. Elle comprenait ce qu’il avait pu vivre. Elle comprenait bien mieux qu’elle ne l’aurait voulu, en réalité.


    « Il y a longtemps, il y avait cet homme : Arthur. On était très proche, en réalité. Mais pour une raison stupide je me suis sentie offensée par une de ses paroles. Je sais pas pourquoi, j’ai juste voulu qu’il regrette ce qu’il avait dit, qu’il le regrette réellement. J’avais pas conscience de mon pouvoir à ce moment là et, il l’a vraiment regretter. Assez pour se jeter sous la première calèche venue. Heu… » Emma regardait ses doigts qui s’entremêlaient entre eux, se démêlaient à nouveau « Il est mort d’une blessure à la tête, trois jours plus tard. Je... »

    Laissant échapper un soupir, elle releva les yeux vers William, prenant encore un instant avant de parler à nouveau.

    « Tout ça pour dire que je comprends. Que je suis vraiment navrée pour ce qui vous êtes arrivé, parce que ce n’est pas le genre de chose qu’on souhaite aux personnes. Le plus ironique dans tout ça, c’est que pour éviter les choses ne se reproduise, il faut pouvoir se maitriser. Et que cela passe forcément par l’utilisation de ses pouvoirs. »

    Pas très réjouissant comme perspective. Ce qu’elle n’ajouta pas, c’est qu’elle avait tout apprit par elle-même, sur de très longues années. A cette époque on ne croisait pas vraiment des mutants à tous les coins de rue. Arthur avait été une victime qu’elle déplorait réellement. Mais il n’était pas le seul. Dans le fond, elle aurait vraiment aimer avoir une personne pour l’aider dans ces moments là…

    « Je peux, dans une certaine réserve, me bloquer de vos pouvoirs. Je ne sais pas vraiment si c’est ce qu’on appel être rassurant, mais je crois que j’aurais aimer pouvoir entendre ces mots au moment ou j’ai décider d’apprendre à utiliser mes pouvoirs pour éviter certaines situations. »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 9 Aoû - 22:41

William n’arrivait pas à réaliser ce qu’il venait de faire. Depuis des années il cachait cette histoire. Qui aurait pu comprendre ce qui s’était passé ? Qui aurait pu comprendre la douleur qu’il avait ressenti, après avoir réalisé qu’il était la cause de l’accident ? Qui aurait pu lui pardonner… et le regarder encore comme avant.

En venant ici il s’était bien entendu donné comme objectifs de trouver des explications. Mais inutile de se voiler la face, avant toute chose il avait fuit pour ne pas avoir à en donner. Les six années qui étaient passées ne lui avaient appris qu’une seule chose : on pouvait échapper au regard des autres, mais pas à son propre regard. Rien d’autre n’était venu éclairer sa lanterne. Il avait tellement peu progressé que s’en était à pleurer. La seule chose qui l’avait fait tenir était qu’il n’avait plus été à l’origine d’une catastrophe quelconque. Mais l’espoir d’arriver à enfin sortir de ce piège s’amenuisait de jour en jour. Dire qu’il avait renoncé serait exagéré. Mais il n’en était certainement pas loin. Il s’était ankylosé dans une routine d’isolement, sans la moindre piste pour s’en sortir.

Et puis, ces derniers temps, tout était parti en vrille. Il s’était mis à commettre des imprudences impardonnables. Cette petite expédition autour des bureaux de la Frost en était le parfait exemple. Et voilà qu’aujourd’hui il dévoilait ce qu’il avait fait… à une inconnue. Il fallait bien dire ce qu’il en était, ils ne se connaissaient pas. Il n’avait aucune idée de ce qu’elle pensait. Elle lui avait proposé son aide, et il lui avait semblé qu’elle était effectivement en mesure de l’aider. Pour pouvoir le faire efficacement, elle devait savoir ce qui le hantait. Raisonnement parfaitement logique, imparable. Cela pouvait-il être aussi simple que cela ? Oui, cela pouvait l’être… s’il acceptait de continuer à se mentir à lui-même comme il l’avait fait depuis qu’il l’avait rencontrée.

Les révélations d’Emma concernant sa longévité lui avaient fait l’effet d’un électrochoc. Les émotions qu’il enfouissait de peur de voir le passé se reproduire ne demandaient qu’à refaire surface, et maintenant il en était parfaitement conscient. Il ne pouvait plus se mentir à ce sujet. Alors si ce qu’il avait à raconter détruisait tout, autant que cela se passe maintenant.

Ainsi poussé par une logique bancale et des émotions contradictoires, il lui avait donc tout raconté. Du mieux qu’il l’avait pu. Cela l’avait… vidé. Etrangement, pendant un instant il s’était senti libéré. Un très court instant. Car maintenant toutes ses craintes revenaient en force. Il n’osait pas bouger. Emma ne disait rien. Le temps semblait s’être arrêté. Il essayait de ne plus penser à rien. Non pas qu’il craignait qu’Emma puisse lire ce qu’il aurait eu en tête… il n’avait plus rien à lui cacher. Enfin… rien qu’il ne souhaitait lui cacher. Mais il sentait qu’il n’était pour le moment plus capable de raisonner correctement. Alors il attendit. Elle détourna le regard, et il senti le désespoir monter en lui.

Puis elle lui raconta... une histoire tragique. Quelque chose qui aurait pu anéantir n’importe qui. Il n’avait pas idée de l’âge qu’elle avait quand ceci s’était produit, mais entre la calèche et le fait qu’elle ne maîtrisait pas encore ses pouvoirs à l’époque… Le temps aidait-il à oublier ce genre de chose ? A voir comment elle le racontait… pas totalement en tout cas. Visiblement cela l’avait marquée. Quel impact cela avait-il pu avoir sur elle ? Comment avait-elle vécu avec cela ? Chercher à comparer ce qui leur était arrivés serait non seulement inutile, mais également absurde. Ils n’étaient pas à un concours. Ce que venait de lui raconter Emma lui fit l’effet d’une douche froide, le sortant de la torpeur dans laquelle son propre récit l’avait plongé.

Elle lui prouvait, une fois encore, qu’elle savait de quoi elle parlait. Il ne pouvait s’empêcher de se sentir un peu ridicule. Elle avait surmonté ce genre d’épreuves, et lui s’appesantissait dessus. Mais n’avait-elle jamais eu peur que cela se reproduise ? Comment avait-elle fait ? Il la regarda. Elle devait avoir en elle une force qu’il n’était pas certain de posséder. Elle soupira et le regarda à son tour, semblant vouloir revenir à des considérations plus actuelles.

« Tout ça pour dire que je comprends. Que je suis vraiment navrée pour ce qui vous êtes arrivé, parce que ce n’est pas le genre de chose qu’on souhaite aux personnes. Le plus ironique dans tout ça, c’est que pour éviter les choses ne se reproduise, il faut pouvoir se maitriser. Et que cela passe forcément par l’utilisation de ses pouvoirs. »

Oui… elle pouvait effectivement le comprendre. Comment au milieu de cette ville immense avait-il pu rencontrer précisément celle qui était en mesure de le faire, tout en pouvant l’aider à progresser ? C’était complètement incroyable. Mais pourquoi fallait-il en plus qu’elle le perturbe à un niveau plus personnel ! La vie avait vraiment un humour particulier.

Emma mettait le doigt sur un point particulièrement sensible. Pour éviter d’être à nouveau à l’origine d’une catastrophe, il avait choisi une solution de contournement. Mais celle-ci le plaçait continuellement sur une corde raide. Elle avait certainement raison en disant qu’ironiquement la seule façon d’apprendre à ne pas utiliser ses pouvoirs de travers était de s’en servir. Mais entre le dire et le faire… Il commençait à peine à envisager le fait que cela puisse devenir possible.

« Je peux, dans une certaine réserve, me bloquer de vos pouvoirs. Je ne sais pas vraiment si c’est ce qu’on appel être rassurant, mais je crois que j’aurais aimer pouvoir entendre ces mots au moment ou j’ai décider d’apprendre à utiliser mes pouvoirs pour éviter certaines situations. »

Non ce n’était pas rassurant. Loin de là. Mais la dernière phrase d’Emma le toucha. Il n’avait toujours pas idée de la façon dont elle s’y était prise pour apprendre, mais il avait le sentiment que cela ne s’était pas passé en douceur. Devait-il comprendre qu’elle s’y était aventurée seule ? C’était une bataille où il était certain que l’on pouvait perdre son âme. Une bataille qu’il n’avait renoncé à mener, de peur des dommages que cela pouvait entraîner. Pouvait-il, alors qu’on lui proposait de l’aide et l’assurance de pouvoir minimiser les risques, refuser de tenter ce qu’elle avait réussi à accomplir ?

Si cela s’était résumé à accepter la jeune femme en tant que « professeur », cela n’aurait certainement pas été facile, mais sans aucun doute plus simple. Car là, avec ce qu’il ressentait au fond de lui… il n’arrivait pas à la considérer uniquement comme un guide. Ce n’était…simplement plus possible. Et prendre le risque qu’il lui arrive quoi que ce soit… cela le terrorisait.

Il tournait en rond. Il aurait pu ressasser ces mêmes raisonnements éternellement, cela n’aurait rien changé. Il devait prendre une décision sans savoir où cela allait le conduire… et ce n’était vraiment pas son fort. Encore une fois, ce qui contribua à faire pencher la balance était une pensée contradictoire. Emma ne l’assurait pas absolument d’être capable de se protéger. Elle aurait pu lui mentir à ce sujet, il n’aurait pas eu les moyens de le savoir. Etrangement, cela le rassura sur le fait qu’elle saurait se montrer prudente. Ca et le fait qu’une personne imprudente n’aurait certainement pas vécu 400 ans.

« Emma… je suis soulagé… que tu puisses comprendre. Et très touché… de ce que tu m’as dit. »

Son incapacité à parler sans hésiter commençait à l’irriter sérieusement. Ce n’était pas très agréable habituellement, mais à ce moment précis il aurait bien voulu se montrer plus assuré. Il essaya de faire le vide, technique qui parfois portait ses fruits.

« Si je pouvais être certain que tout allait bien se passer, ce serait tellement plus simple. Mais je suis terrifié à l’idée que je pourrais te faire du mal, même si cette éventualité peut paraître absurde étant données nos facultés respectives. Je m’en remets cependant à toi. Je ne puis que prier ne pas à nouveau détruire une personne que … »

* Halte-là ! Alors le vide tu arrêtes, ça ne te réussit pas. Certes tu fais des phrases mais celles-ci vont un peu trop loin ! *
* C’était limite effectivement. J’ai failli lui dire que je… *
* Halte-là ! Elle est télépathe aussi ! *
* C’est compliqué quand même ! *


« … que j’apprécie beaucoup. »

Il regarda Emma, essayant de deviner s’il s’était trahi. Ce n’est pas qu’il voulait le lui cacher. Enfin si. C'était juste que ce n’était pas le moment. Bon sang que tout cela était embrouillé !
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Jeu 12 Aoû - 2:30

    Il était difficile d’expliquer les raisons qui avaient poussé Emma à raconter une infime partie de son histoire. Infime, mais douloureuse partie. Elle ne le connaissait pas, elle devait se montrer méfiante surtout si on remettait les choses dans leur contexte. Elle l’avait rencontré alors qu’il surveillait la Frost… Un simple détail. LE détail. Elle aurait du garder tout cela en tête, ne pas chercher davantage. Tout se compliquait d’une manière qu’elle n’expliquait pas, elle avait eu cette envie d’en savoir plus sur lui, de mieux le comprendre. Il était si différent des hommes qu’elle avait pu rencontrer. Tout cela ne devait être qu’une nouvelle forme de défi. Il était si réservé, si peu sur de lui. Elle aurait juste du vouloir jouer, savoir si elle était capable de relever le défi qu’il pouvait représenter. Tout cela n’aurait jamais du aller plus loin.

    Jamais elle n’aurait du se retrouver assise à cette table, à raconter un pan de son histoire qui ne regardait qu’elle. Qui n’était qu’une faiblesse, parmi d’autre, que l’on pouvait exploiter contre elle. Elle se mettait dans une mauvaise position. Sale posture. Elle lui donnait, à lui, la possibilité d’avoir une arme à utiliser contre elle. La possibilité d’exploiter une faiblesse. Depuis quand s’amusait-elle à commettre ce genre d’erreur. Depuis quand cette méthode faisait partie de sa façon de relever les défis… Depuis quand il n’était plus défini comme un défi ? Emma jouait sur une pente beaucoup trop dangereuse. Son arrogance en prenait un méchant coup. Elle qui voulait renvoyé une image de personne sur d’elle, que rien ne pouvait atteindre elle lui donnait, à lui, la preuve qu’elle n’était pas infaillible. Pourquoi ? Pourquoi tant de risques ? Ce n’était pas stupide, ça allait bien au-delà de ça. La mutante se trahissait elle-même et, toute seule. Elle offrait une sorte de pouvoir sur elle et ça, elle était persuadée qu’elle finirait par s’en mordre les doigts.

    Emma passait sa vie à asseoir sa position, à construire toute une image autour d’elle. Pour les personnes avec qui elle travaillait, mais surtout pour les damnés qui avaient bien su fermer les yeux sur son passage à l’institut. Elle avait passé sous silence le fait qu’elle avait cru en cette place qu’elle occupait à l’école. A son envie de changer les choses d’une autre manière. A son envie de se racheter pour les jeunes morts alors qu’ils étaient sous sa garde, qu’elle assurait leur éducation… Qu’elle avait mené à leur perte, indirectement. Elle cherchait à cacher tellement de chose de ce qu’elle était, de ce qui pouvait être perçue comme une faiblesse. Et voilà que lui arrivait. Un homme, parmi tout ceux qu’elle avait pu connaître. Différent. Elle avait cette envie de l’aider, pour une raison qu’elle ne voulait pas comprendre, et que pour cela, elle se livrait à des confidences qui n’auraient jamais du traverser ses lèvres. S’était comme si elle se tirait une balle dans le pied toute seule. Comme une grande.

    Oui, elle le regrettera. Elle le savait. C’était toujours comme cela. Elle le regrettera, mais cette heure n’était pas encore arrivée. Sur le coup tout cela lui était apparu comme une évidence. Elle lui devait cela. En réalité, elle savait qu’elle ne lui devait absolument rien. Mais il s’était livré d’une histoire dont elle était la seule à posséder à ce jour, qu’elle était la seule à avoir entendu de ses lèvres à lui. Alors peut être que si, peut être bien qu’elle s’était sentie redevable. Mais le but de sa révélation à elle, était surtout de lui dire qu’il n’était pas seul. Que ce genre d’accident n’était pas isolé. Et, encore plus, qu’elle pouvait le comprendre. Qu’elle voulait l’aider…

    L’aider ? La bonne blague. Comment pourrait-elle y parvenir en cherchant à la préserver, à le protéger de tout et de rien. C’était de cette manière que l’institut agissait. Ils enseignaient à des élèves dont ils étaient proches, dont ils se reprochaient chaque blessures, chaque échecs. Tout cela les menant à les préserver, plus qu’à les aider. Et après ils les lâchaient dans la nature, avec une vision faussée des autres, avec une tolérance que personne d’autre n’avait et qui finirait par les mener à leurs pertes. Est-ce que c’est le schéma qu’elle s’apprêtait à suivre avec William ? Elle en avait bien peur. Elle cherchait bien à se dire que non, qu’elle serait capable d’être impartial. Mais un regard sur William, croiser son regard à lui, et elle savait qu’elle se leurrait. Qu’elle se mentait. Et si elle n’était pas la personne adéquate pour l’aider ? Et si tout ce qu’elle allait entreprendre, n’allait avoir pour finalité que le contraire de ce qu’elle voulait ? Est-ce qu’elle s’en relèverait, cette fois ?

    C’est la voix de William qui la sortie de ses pensées…


    « Emma… je suis soulagé… que tu puisses comprendre. Et très touché… de ce que tu m’as dit. »

    Sur le coup, et sans que cela soit contrôlé, Emma avait légèrement hausser un sourcil. Ce n’était pas le contenu de sa phrase hachurée qui l’avait étonnée, mais le tutoiement dont il faisait preuve. Il avait déjà eu du mal à comprendre qu’un simple « Emma » était suffisant. A aucun moment elle n’avait cherché le tutoiement, de peur de le braquer d’une façon ou d’une autre. Mais il y était venu, seul. Comme si le fait de partager une chose commune à leur histoire, avait créer un quelconque rapprochement. Elle aurait du en être contente, en sourire. Se dire que c’était une bonne chose mais… Mais ça lui fit peur. Ce n’était pas lui qui l’inquiétait, mais la tournure que prenait les choses. C’est ce qu’elle cherchait toujours chez les hommes qu’elle rencontrait. Mais elle savait qu’elle était capable de partir en un claquement de doigts. Alors passer au tutoiement était une forme de petite victoire sur le but final. Mais tout était différent maintenant. Avec lui. Ca n’avait rien d’une victoire, mais ça l’éloignait de ce qu’elle était elle.

    Comment des pensées étaient capables d’être aussi contradictoire. Il était soulagé de sa compréhension. Il était touché. Tout cela était fait pour lui faire plaisir à elle. Elle aurait du en être flattée. Elle l’était, en réalité. Mais il avait ce quelque chose de tellement différent qu’elle ne pouvait qu’avoir peur de la pente qu’elle était en train de prendre. Un terrain beaucoup trop glissant pour elle. Elle tombera, à un moment ou à un autre. Elle le regrettera. C’était toujours comme ça. 400 ans, que les choses n’évaluaient pas dans ce domaine. On était toujours trahis, trompée, abandonnée… Déçue. A croire que cela faisait partie de la nature humaine. Elle le savait alors pourquoi… Pourquoi est ce qu’une parcelle d’elle avait envie de croire à une différence. Emma s’en voulait parce qu’elle se sentait partir dans une faiblesse qu’elle cherchait à faire disparaître depuis des siècles. Pourquoi est ce que le destin avait mit William sur sa route ? Ce n’était qu’un mauvais tour. Un tour de très mauvais goût, parce qu’elle allait se brûler les ailes avec la fragilité dont elle pouvait faire preuve dans certains domaines. Est-ce qu’il avait seulement conscience de cela ?

    Elle avait bien entendu ce qu’il avait dit, mais pendant qu’il prenait une inspiration pour se lancer dans une nouvelle phrase, Emma évalua les possibilités qui s’offraient à elle. Une seule décision devait être prise. Et elle devait être prise sur le moment, agir tout de suite. Elle devait mettre fin à cette discussion, retirer son offre, se lever quitte à partir en courant. Cela ne lui ressemblerait pas, mais au moins les choses retrouveraient le courant de normalité qu’elle tentait de maintenir. Elle ne mettrait pas sa place en jeu. Elle ne laisserait pas quelqu’un avoir une quelconque emprise sur elle. Faire une croix sur tout cela maintenant. Se lever et partir. Ce n’était pas si compliqué que ça. Ses mains étaient déjà sur la table, prêt à servir d’appuie pour qu’elle puisse se redresser. C’était stupide d’avoir voulu le revoir, d’avoir voulu venir ici, de l’avoir écouter, d’avoir parler. Tout cela était absurde tellement elle était en train de se compromettre. Allez, se lever. Partir…

    Elle en était incapable…


    « Si je pouvais être certain que tout allait bien se passer, ce serait tellement plus simple. Mais je suis terrifié à l’idée que je pourrais te faire du mal, même si cette éventualité peut paraître absurde étant données nos facultés respectives. Je m’en remets cependant à toi. Je ne puis que prier ne pas à nouveau détruire une personne que … »

    Combien de fois elle avait prier pour en arriver là. Ce moment ou la personne lui dévoilait un quelconque sentiment. Moment ou elle en serait la détentrice et aurait un pouvoir sur la personne qu’elle convoitait. Combien de fois cela s’était produit ? Même si elle passait son temps à y réfléchir, elle serait incapable de donner un nombre exact. Il était impressionnant, le concours qu’elle avait avec Sélène y était pour quelque chose. Elle avait un nombre de nom hallucinant sur un tableau de chasse, qu’elle comparait souvent avec celui de Sélène. 4 siècles d’existence vouée à augmenter ce nombre. La sensation grisante quand ces mots tombaient pour savoir qu’elle avait gagnée. Qu’à partir de ce moment elle pouvait faire ce qu’elle voulait de la personne qu’elle avait en ce fameux pouvoir. Un jeu. Cela n’avait toujours été qu’un jeu. Sauf en de rare occasion. Quoiqu’il en soit, elle avait toujours cette sensation agréable de gain quand elle en arrivait à ce point, elle aimait quand les mots suivant tombaient… Elle avait toujours aimé cela…

    Pas cette fois…

    Intérieurement elle hurlait, juste pour qu’il n’aille pas plus loin. Elle était incapable de savoir si c’était une prière assez forte pour que cela se stop à ce moment précis. Elle ne voulait pas que la discours aille au-delà de ces quelques mots. Elles ne le voulait pas, parce qu’elle en tirerait aucune satisfaction. Aucun sentiment grisant. Aucune sensation de gain de quoique ce soit. Elle refusait d’avoir une quelconque emprise sur lui. Refusait tout bonnement de croire que c’était possible parce qu’elle ne souhaitait pas. Ne voulait pas être la cause de quoique ce soit pouvant lui arriver. Elle paniquait tellement, intérieurement, à ce que ses paroles aillent plus loin, que sa télépathie ne lui épargna pas les mots qui se bousculaient dans l’esprit de William. Ce discours avec lui-même dont elle aurait préférée ne pas être témoin.


    * Halte-là ! Alors le vide tu arrêtes, ça ne te réussit pas. Certes tu fais des phrases mais celles-ci vont un peu trop loin ! *
    * C’était limite effectivement. J’ai failli lui dire que je… *


    A ce moment bien précis, elle estima qu’il était tant de dire stop, de le faire entendre. De la transmettre par télépathie. Mais elle n’eu pas besoin de le faire. William se bridait tout seul. Et jamais il ne saura à quel point elle pouvait le remercier à ce moment bien précis. Jamais elle ne lui dirait la peur qu’elle pouvait avoir à entendre d’une manière direct ou non, ce qui aurait pu suivre. Jamais elle ne voudrai qu’il comprenne que si elle ne veut pas l’entendre, c’est parce qu’elle était incapable de supporter de pouvoir lui faire du mal à cause d’une quelconque influence sur lui… A cause de ce qu’il pouvait ressentir. Jamais elle ne dirai que si elle en vient à penser de cette manière c’est qu’il n’est pas qu’un simple nom sur une liste débile, qu’il n’est pas un numéro, une fierté qu’elle échangerait avec Sélène…

    * Halte-là ! Elle est télépathe aussi ! *
    * C’est compliqué quand même ! *


    « … que j’apprécie beaucoup. »
    « Merci. »

    C’était tombé de manière spontanée. Elle avait un tas de chose sur lesquelles elle voulait répondre. Mais le « merci » était comme un soulagement. Bien évidement cela pouvait être prit de manière bien différente, si on n’avait pas fait un tour dans sa tête. Vu de l’extérieur, elle semblait le remercier sur le fait qu’il puisse l’apprécier, qu’il puisse lui accorder sa confiance. On pouvait croire qu’elle le remerciait simplement sur tout ce qu’il venait de dire. Pourtant, ce n’était pas vraiment le cas, c’était surtout un soulagement pour elle. Emma n’avait pas entendu ce qu’elle refusait d’entendre. Il l’appréciait, rien de plus. Au fond d’elle, quelque part, elle devait savoir que ce n’était pas seulement ça. Après tout, c’était une télépathe. Mais elle ne voulait pas l’entendre, pas le croire. Pas maintenant. Beaucoup trop tôt. Beaucoup trop flippant pour elle et ce qu’elle s’acharnait à construire. Alors il était probablement bon qu’il pense qu’elle le remercie pour ce qu’il avait dit, sans rien d’autre. S’était maintenant à elle de donner le change.

    « Merci pour la confiance qui m’est accordée. Je ne sais pas vraiment comment les choses en arrivent là, mais je peux te promettre de faire suffisamment attention à moi pour que les choses se passent bien. »

    Parlait-elle réellement de cette histoire d’apprentissage. Elle n’en n’était même plus certaine elle-même. Chassant intérieurement cette idée de sa tête, elle se décida à reprendre. Se concentrer sur cette histoire d’apprentissage, et sur rien d’autre.

    « William, il y a des choses dont je suis capable et qui me donne la possibilité d’être immunisé à un tas de chose. A pratiquement tout, en réalité. »

    Sans entrer dans les détails, une facette de son pouvoir lui avait échapper et refaisait surface à ce moment précis. Sa forme de diamant, celle qui lui permettait de résister à tellement de choses. Si vraiment son pouvoir à lui venait à engendrer une situation vraiment dangereuse, elle n’avait qu’à se transformer, devenir cet énorme diamant. Et il y avait bien d’autre chose qu’elle pouvait faire. Prenant un temps pour mettre ses idées en place, elle reprit.

    « La peur est le plus mauvais facteur qu’il puisse exister dans l’utilisation de tes pouvoirs. Elle engendre une perte de contrôle qui est rarement souhaitable. Un sentiment que je peux faire disparaître pendant un temps, avant de me protéger moi. Je suis parfaitement consciente que les choses ne sont pas évidente, surtout en vue de ce qui à pu se produire et à la crainte de voir les choses se reproduises. Mais les choses évoluent aussi, de nouveaux facteurs sont à prendre en considération pour que, justement, l’histoire ne se répète pas. La seule chose qui m’inquiète, réellement, c’est de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir t’aider par un manque d’objectivité te concernant. »

    Emma se devait d’être sincère, même si cela passait par un aveux dissimulé.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 16 Aoû - 13:00

Comment avait-il pu se permettre une chose pareille ! Il fallait qu’il soit sacrément secoué ! Ce n’était qu’après avoir terminé de parler, après même le remerciement bref d’Emma, qu’il avait prit conscience de ce qu’il avait fait. La tutoyer, elle, comme s’ils se connaissaient de longue date ! Et sans qu’elle le lui ait permis ! Il n’en revenait pas. Il avait perdu la tête… c’était la seule explication plausible. Et le pire était que c’était sans doute assez proche de la vérité.

Il devait absolument se reprendre. Il avait déjà failli aller beaucoup trop loin dans ses paroles, et ce tutoiement impromptu n’arrangeait rien. D’une certaine façon, la réponse brève d’Emma l’y aida. Sa concision, et il ne savait quoi dans la façon dont elle l’avait prononcée, le surprenait. Comme si elle avait cherché à masquer quelque chose. Comme si cela ne venait pas vraiment en réponse à ce qu’il avait dit. Mais cette impression était tellement ténue, qu’il se dit au final qu’il devait se faire des idées.

« Merci pour la confiance qui m’est accordée. Je ne sais pas vraiment comment les choses en arrivent là, mais je peux te promettre de faire suffisamment attention à moi pour que les choses se passent bien. »

Son cœur fit un bon. Cette phrase recélait tellement de choses. En tout premier, et ce qui le surprenait le plus… elle était également passée au tutoiement sans coup férir. Trop occupé à chercher ses mots, il n’avait pas remarqué alors le petit froncement de sourcils d’Emma quand il avait employé ce mode pour la première fois. Et heureusement car s’il avait à un moment quelconque fait le lien entre les deux il aurait été terriblement embarrassé. Mais il n’avait rien vu et maintenant il était persuadé qu’elle l’avait suivi sans que cela ne la gêne. Le soulagement que cela lui procura devait se sentir à des kilomètres !

Ensuite… la promesse qu’elle lui faisait était tout ce qu’il pouvait lui demander. Elle aurait pu simplement lui promettre que tout allait bien se passer. Il préférait nettement qu’elle lui assure faire attention à elle. Cela lui laissait supposer qu’elle n’allait pas se reposer aveuglément sur ses pouvoirs.

« William, il y a des choses dont je suis capable et qui me donne la possibilité d’être immunisé à un tas de chose. A pratiquement tout, en réalité. »

Il la regarda, essayant de masquer le fait qu’il ne comprenait pas très bien ce qu’elle entendait par là. Elle lui avait expliqué ce qu’elle était capable de faire… lui avait dévoilé sa longévité. Le fait qu’elle puisse lire les pensées et les contrôler la laissait tout de même vulnérable à un certain nombre de choses. Il essaya de se souvenir de tout ce qu’elle lui avait dit. Rien ne lui revenait en tête qui ne soit en cohérence avec ce qu’il savait d’elle à présent. Le fait d’y repenser lui fit réaliser que son engouement pour la statue de la liberté trouvait un tout nouvel éclairage, quand on savait qu’elle avait dû assister à sa construction. Il avait décidément dû paraître bien bête avec sa malheureuse allusion à cette plaque qu’elle devait connaître par cœur. Mais inutile de revenir là-dessus. Le seul point qui restait un peu curieux était la question qu’elle lui avait posée alors qu’ils étaient dans la couronne. Il ne se souvenait plus vraiment des mots exacts qu’elle avait employés. Une histoire de diamant… qui se briserait ou pas si on le jetait. Mais il ne voyait aucun rapport avec ce que venait de dire Emma. Comment pouvait-elle prétendre être immunisée, pour reprendre ses mots, à ce point ? Et puis la tournure de sa phrase était curieuse. Elle avait dit « il y a des choses » comme s’il ne les connaissait pas. Et c’était là sans doute l’explication la plus logique. Elle ne lui avait pas tout raconté… et c’était parfaitement son droit. Quelque chose lui disait qu’elle n’avait pas fini de le surprendre.

Il en aurait presque souri, si quelque chose d’autre ne le perturbait pas. Il ne savait pas dire à quel moment exactement cela s’était produit. Mais depuis quelques instants elle semblait comme… un peu plus froide, distante. C’était subtil… mais pourtant il en était certain. Avait-il fait, ou dit, quelque chose qu’il ne fallait pas ? Etait-ce cette histoire de tutoiement qui finalement l’avait irritée ? Mais alors pourquoi avait-elle fait de même ? Pour une fois il ne voyait pas ce qu’il avait pu faire de travers… et il en était d’autant plus malheureux. Ou alors ? Etait-ce ce qu’il avait failli maladroitement laisser échapper ? Mais pourtant il était certain de s’être rattrapé assez vite… en parole et en pensée ! Il n’avait pas d’autres solutions que d’attendre, voir ce qu’il allait advenir par la suite.

« La peur est le plus mauvais facteur qu’il puisse exister dans l’utilisation de tes pouvoirs. Elle engendre une perte de contrôle qui est rarement souhaitable. »

C’était certainement vrai. Que la peur soit le plus mauvais facteur, il devait la croire sur parole car il n’avait pas assez d’expérience pour en juger. Qu’elle engendre un perte de contrôle, cela il en était certain. Il avait senti plusieurs fois son pouvoir s’activer tout seul dans des situations de stress. Mais c’était également la peur qui lui donnait la motivation nécessaire pour sans cesse se surveiller, et ainsi éviter de se mettre dans des situations à risque.

« Un sentiment que je peux faire disparaître pendant un temps, avant de me protéger moi. Je suis parfaitement consciente que les choses ne sont pas évidente, surtout en vue de ce qui à pu se produire et à la crainte de voir les choses se reproduises. Mais les choses évoluent aussi, de nouveaux facteurs sont à prendre en considération pour que, justement, l’histoire ne se répète pas. »

Il regarda Emma, avec un sentiment de terreur qu’il sentait grandir irrémédiablement. Cette peur… il vivait avec elle depuis des années. Elle le protégeait. Elle protégeait les autres. Il ne doutait pas une seconde qu’Emma puisse faire ce qu’elle lui proposait. Mais tout à coup c’est de lui-même qu’il se mettait à douter. Oh il n’était jamais très sûr de lui, mais s’il y avait une chose dont il avait jusqu’à présent été certain, c’était de sa volonté de faire ce qu’il lui paraîtrait nécessaire pour soit apprendre à contrôler son pouvoir, soit faire en sorte qu’il ne se manifeste plus. Il avait échoué pour la première possibilité, et s’était toujours rabattu sur la seconde. Et tout au long de ce combat qu’il avait mené contre lui-même, la peur avait été sa seule alliée, indéfectible, toujours présente, le rappelant à l’ordre à la moindre alerte.

Emma lui proposait aujourd’hui de briser cette alliance. Le simple fait d’y songer lui donnait l’impression de trahir celle qui l’avait aidé à tenir ces dernières années. Et elle semblait vouloir se défendre, se montrant plus séduisante que jamais… il avait peur. Peur de ne plus avoir peur… Quelle ironie.

Qu’il était tentant d’écouter cette amie fidèle, de répondre à Emma que finalement chercher à contrôler son pouvoir n’était pas une bonne idée, que c’était trop dangereux pour elle, pour lui, pour les autres. Ecouter cette voix rassurante qui l’incitait à revenir vers la sécurité relative de son isolement. Après tout, il ne s’en était pas si mal sorti. Pourquoi ne pas continuer ainsi ? N’était-il pas absurde de tout remettre en question en se basant sur les dires d’une femme qu’il ne connaissait pas ? Quel crédit pouvait-il lui accorder ? Avait-elle fait quoi que ce soit pour lui jusqu’à présent ? Alors que la peur l’avait toujours protégé !

Il avait tant attendu cet instant qu’il s’était persuadé qu’il n’arriverait jamais. Il croyait avoir franchi le pas, en ayant accepté l’aide qu’Emma lui proposait. Il le lui avait dit, et l’avait pensé avec la plus complète sincérité. Or maintenant que cela commençait à devenir concret, il sentait sa volonté fléchir sous les coups de boutoir de ses craintes. Mais un dernier reste d’orgueil tenait encore bon. Etait-il donc si pleutre pour envisager de reculer de cette façon alors que certainement il n’y aurait jamais de conditions plus idéales ? Tout ce temps à attendre n’aurait donc servi à rien ! La disparition de Myriam n’en serait que plus absurde. Pourrait-il encore se regarder dans une glace, en sachant que quoi qu’il arrive il serait trop lâche pour tenter de changer les choses. Et puis… Emma… qu’allait-elle penser de lui ?

Il avait l’impression soudaine de devenir fou. Il devait se reprendre, impérativement. Mais son esprit s’y refusait, emporté dans un dilemme qu’il n’arrivait pas à trancher. Il ferma les yeux un bref instant, comme pour se persuader que tout ceci n’était qu’un rêve et qu’il allait se réveiller… seul, comme d’habitude. Quand il les rouvrit Emma était toujours là, et il était toujours aussi perdu.

« La seule chose qui m’inquiète, réellement, c’est de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir t’aider par un manque d’objectivité te concernant. »

La dernière phrase d’Emma mit quelques secondes à se frayer un chemin dans le cerveau embrumé de William. Il n’arrivait pas à comprendre ce qu’elle voulait dire. La première partie pouvait laisser penser qu’elle doutait de ses capacités à le guider. Ce n’était pas lui qui pourrait le lui reprocher. Au contraire, si elle se montrait complètement sûre d’elle cela le rendrait sans doute méfiant. Mais pourquoi par manque d’objectivité ?

Il lui avait tout raconté, mis à part ses petits essais prudents dans le parc à côté de chez lui, mais il doutait que cela lui apporte plus de lumière le concernant. Elle disposait donc de toutes les informations qu’il pouvait lui donner. Enfin… presque toutes… mais ce qu’il taisait n’avait rien à voir. Cela le perturberait certainement lui, mais il tâcherait d’en faire son affaire. Si cela rendait quelqu’un moins objectif, ce serait lui et pas elle, non ? A moins que…

William eut l’impression de sentir le sol basculer. Ce ne pouvait pas être cela. Comment cela se pourrait-il ? Comment lui, si maladroit et si peu confiant, pouvait-il imaginer une seule seconde une telle chose ! Elle avait dû croiser le chemin de tellement de personnes qu’il devait faire bien pâle figure. Non, l’intérêt qu’elle lui portait ne pouvait être que d’ordre strictement… et bien en fait il n’arrivait toujours pas à comprendre pourquoi elle était prête à faire tout cela pour lui. Mais ce n’était certainement pas pour ce qui venait de lui passer par la tête à l’instant !

Il finirait bien par comprendre ce qu’elle avait voulu dire en parlant de manque d’objectivité. En attendant il devait lui répondre. Le tourbillon dans sa tête continuait sa course folle. Il ferma les yeux à nouveau, tentant de faire le vide, espérant par ce moyen entrevoir la route à suivre. Il ne vit qu’un visage…

William rouvrit les yeux, les plongeant dans ceux d’Emma, et sourit aussi franchement que ses inquiétudes latentes le lui permettaient. Mais c’est d’une voix qui, elle, ne pouvait cacher ses tensions, qu’il répondit.

« Faire disparaître ma peur… Si v… tu penses… que ça peut m’aider… je suis… prêt à essayer. »

Dans une certaine mesure, cette réponse apaisa un peu sa tension intérieure. Il espérait juste que le moment vraiment venu, il ne reculerait pas. Tant de questions lui venaient à l’esprit, qu’il aurait aimé lui poser. Avait-elle déjà aidé d’autres mutants ? Comment faisait-elle pour masquer sa longévité aux personnes que forcément elle était obligée de côtoyer ? Sa curiosité naturelle avait tendance à ressurgir tout à coup, mais toutes ces questions seraient aussi indiscrètes que mal venues étant donné qu’il savait déjà que le passé d’Emma recelait des passages plus que douloureux. Si elle voulait un jour lui en dire plus, et bien elle le ferait de sa propre initiative.

S’il ne pouvait en savoir plus sur elle sans risquer de se montrer maladroit, il lui était quand même possible de lui dire une partie de ce que lui-même ressentait… en étant vigilant cette fois-ci à ne pas aller trop loin. Est-ce que pour une fois il arriverait à s’exprimer clairement…

« Je dois t’avouer que je suis un peu… perdu. Des années j’ai cherché comment faire. Avec qui en parler. Quelqu’un qui pourrait à la fois… me comprendre et m’aider… sans risquer que cela tourne à nouveau à la catastrophe. Je pense… que je n’y croyais plus. Et voilà que… tu apparais. J’ai du mal à réaliser que tout ceci n’est pas… un rêve. »

Pas si mal. Il avait fait même fait nettement pire. Et il avait même réussi à passer complètement sous silence qu’il y avait autre chose qu’il pensait ne plus revivre, et qu’elle avait également remis en question.

« Tu n’as pas à être inquiète. Tout ce que tu pourras m’apprendre… je tâcherai d’en profiter au mieux. Nous verrons bien… ce à quoi cela nous mènera. »

Il ne réalisa qu’après coup ce que sa dernière phrase avait d’ambiguë. Mais heureusement, il était certainement le seul à le comprendre.


Dernière édition par William Baley le Ven 20 Aoû - 14:18, édité 1 fois
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 16 Aoû - 16:05

    Elle aurait pu promettre que tout se passerait bien, que les choses évoluerons de la meilleure manière que ce soit, qu’il trouverait la bonne façon de se servir de ses pouvoirs et de les contrôler. Oui, elle aurait pu promettre un tas de chose mais cela n’aurait été fait que dans l’espoir de le rassurer. Elle en était incapable. Les choses ne se présentaient pas toujours sous leur meilleur jour, rien n’était inscrit et, encore moins, quand il s’agit de mutation. Elle était bien incapable de mentir, d’assurer quelque chose qui comportait bien trop de facteur dont elle n’était pas maître. Emma était loin de douter de ses capacités, de ses pouvoirs. Mais elle ne pouvait s’empêcher de douter d’elle-même, de ses jugements qui n’étaient pas des plus objectifs quand il s’agissait de William. Cette situation était perturbante, elle la cacha en mettant, sans vraiment le vouloir, une nouvelle distance entre eux deux. En tout cas, inconsciemment, c’est ce qu’elle essayait de faire. Mais même son esprit ne semblait pas tomber d’accord sur la marche à suivre. Elle aurait du le vouvoyer, pour être certaine de faire comprendre cette distance les séparant pourtant… Pourtant c’est naturellement qu’elle en était, également, venue au tutoiement.

    Même ses phrases avaient quelque chose d’ambiguë. Dire qu’elle craignait de manquer d’objectivité le concernant ? Quelle idée lui avait traversé la tête pour dire une chose pareille ? Certes il y avait un goût de vérité dans cette phrase, mais avait-elle réellement besoin de l’exprimer… A lui… C’était, finalement, une bonne chose que William manque quelque peu de confiance en lui. A en voir son visage, la phrase qu’elle venait de dire semblait faire son petit bout de chemin dans son esprit. Il n’y avait qu’une façon de prendre ce qu’elle venait de dire, mais il semblait en douter fortement. Quelque part elle était contente qu’il ne veuille pas prendre en considération ce qu’elle venait de dire de la manière qu’il convenait. Simple. C’était beaucoup plus simple de cette manière. A elle, maintenant, de prendre garde à ses paroles, de faire attention aux mots qui pouvaient la devancer. Emma se devait de rester maitre de ses mots et de ses pensées, ne pas s’enfoncer davantage dans quelque chose qui détruirait la position qu’elle tenait dans la vie. Elle ne pouvait se le permettre, pas après le passé qui lui collait à la peau.

    C’était comme le fait de lui dire qu’elle pouvait s’immuniser contre beaucoup de chose, elle avait été tellement vague qu’il ne semblait pas comprendre ce qu’elle avait chercher à dire. Comment aurait-il pu, en même temps. Elle avait déjà donné pas mal de ses capacités, difficile d’en imaginer plus. Et puis, se transformer en diamant, ce n’était pas vraiment une chose que l’on croisait à tous les coins de rues en allant chercher sa baguette de pain. Elle ne voyait pas vraiment comment expliquer cette capacité, cela donnerait surement encore plus de difficulté. Si elle glissait sur cette pente, autant tout lui dire, sa capacité de se projeter astralement, d’envoyer des sortes de décharges d’esprit à esprits, … Non, ça faisait beaucoup de chose à digérer et, elle se devait de garder une part de secret. D’un certain côté, cela la rassurait, lui donnait l’impression d’être encore parfaitement maître de ce qu’elle décidait de divulguer ou non. Emma avait déjà prit beaucoup trop de risque, autant en rester là, même si elle connaissait sa capacité à retirer certaines informations qu’elle aurait pu dévoiler, dans l’esprit de William. Ce qu’elle ne ferait pas, à moins d’y être obligée. Elle avait décidé de lui faire confiance… C’était probablement la chose la plus stupide qu’elle était capable de faire.

    La damnée avait peut être était un peu trop rapide en lui disant qu’elle était capable de faire disparaitre la peur qu’il pouvait avoir, même si elle avait précisé que c’était pour un temps donné. William semblait s’en inquiéter. Une réaction qui poussa Emma à s’interroger sur les raisons d’un tel raisonnement. Mais elle n’eu pas besoin de réfléchir bien longtemps, c’était normal de réagir de cette manière. La peur avait un côté dangereux pour ceux qui ne contrôlait pas leur pouvoir, mais c’était aussi cette peur qui permettait de se protéger de certaine situation, ou du moins : de les éviter. Si William avait une tendance à se couper des gens qui l’entoure, c’était à cause de cette peur de voir une chose se reproduire. Alors, dans un raisonnement complètement tordu et contradictoire, la peur empêchait des situations catastrophiques. Emma aurait sûrement du amener cela plus en douceur, et dire qu’elle avait fait des années d’études en psychologie pour apprendre à ne pas brusquer les gens. A croire que son enseignement se perdait au fil des années…

    Alors que William ferma les yeux, un court instant, Emma du prendre sur elle pour ne pas sonder son esprit. Quel raisonnement se passait dans sa tête à lui ? Quelle solution entrevoyait-il ? Comment il envisageait les choses ? Qu’est ce qu’il se disait ? Elle avait tellement envie de comprendre le cheminement de ses pensées, juste pour savoir quoi dire, comprendre la manière de s’y prendre avec lui, éviter les phrases qui pourrait le brusquer. Elle voulait juste faire les choses de la manière la plus convenable pour lui, la moins brutale… Pourtant elle se retint de toute intrusion, ce n’était pas de cette manière qu’elle devait s’y prendre. Pendant longtemps, alors qu’elle était psy, elle se servait de sa télépathie pour comprendre les méandres de l’esprit du patient, pour mieux l’aider. Mais William était un tas de chose, mais sûrement pas un patient. Elle n’arrivait pas à l’envisager de cette manière, même si cela aurait facilité de nombreuses choses. Il n’était pas un patient. Il n’était pas un élève. Il était… Elle se refusait d’y penser.

    William ouvrit à nouveau les yeux, directement dirigé vers ceux d’Emma. Comment ne pas se perdre dans un regard comme celui de William ? Un sourire traversait ses lèvres et la voix qu’il employa laissait comprendre les inquiétudes qu’il pouvait avoir. Elle n’en n’expliquait pas la nature, mais laissait comprendre qu’il n’était pas des plus rassuré. Qui aurait pu la blâmer. L’espace d’un instant, elle tenta de se mettre à sa place, avec le caractère qu’elle connaissait ou imaginait de lui. Un court instant qui lui laissa penser, qu’à sa place à lui, elle aurait sûrement l’impression que le monde s’émiettait autour d’elle. Emma était en train de détruire, doucement, toutes les choses qu’il avait mit en place pour se protéger, les certitudes qu’il avait finit par concevoir… Elle déboulait là dedans, et chamboulait tout. Et, elle en était désolée.


    « Faire disparaître ma peur… Si v… tu penses… que ça peut m’aider… je suis… prêt à essayer. »

    L’espace d’un instant elle fut presque persuader qu’il allait à nouveau la vouvoyer… Et, aussi étrange que ça puisse paraitre, elle s’en inquiéta. C’est lui qui avait prit le parti de la tutoyer en premier, cela lui était venu naturellement, sans même qu’il songe à se reprendre. Le fait qu’il commence à le faire, était comme une sorte de régression, un truc dans le genre. Elle l’avait également suivit sur cette voix mais, pour lui, les choses ne semblaient plus aussi naturelles. Sans grand cheminement elle mettait ça sur sa faute, à son besoin de mettre une certaine distance sans vraiment y parvenir. Cela avait du se sentir, du moins c’est ce qu’elle imaginait, pour qu’il en vienne à naturellement vouvoyer avant de se reprendre. C’est elle qui avait voulu prendre de la distance, de manière hasardeuse, alors pourquoi se sentait-elle peinée que ça ai pu fonctionner ? Elle aurait, pourtant, du s’en sentir soulagée, non ?

    Mais plus important : sa réponse. Il était prêt à essayer. Il était prêt à faire une croix sur quelque chose qui avait pu l’aider durant des années, à ce qu’elle imaginait, juste parce qu’elle pensait que ça pouvait l’aider. Cette confiance qu’il pouvait lui accorder, le crédit qu’il donnait à ses paroles, avait de quoi lui faire peur. Elle avait toujours aimer ce moment avec qui que ce soit, mais avoir un tel pouvoir entre ses mains l’inquiéta. Peur de lui faire plus de mal qu’autre chose. Peur de rater quelque chose et de lui nuire. Parce que ce n’était pas ce qu’elle voulait. Loin de là. Et, en même temps, une petite voix dans sa tête était heureuse de savoir qu’il pouvait lui accorder tant de confiance. Rien à voir avec ce qu’elle avait pu ressentir avec divers hommes qui étaient passé dans sa vie. Dans le fond, elle en était heureuse, parce qu’elle avait envie qu’il lui accorde cette confiance. Elle devait bien admettre, que quelque part en elle, elle avait envie d’être importante à ses yeux à lui. C’était perturbant parce que cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arriver pour une autre raison que l’agrandissement de son tableau de chasse.


    « Je dois t’avouer que je suis un peu… perdu. Des années j’ai cherché comment faire. Avec qui en parler. Quelqu’un qui pourrait à la fois… me comprendre et m’aider… sans risquer que cela tourne à nouveau à la catastrophe. Je pense… que je n’y croyais plus. Et voilà que… tu apparais. J’ai du mal à réaliser que tout ceci n’est pas… un rêve. »

    Le raisonnement eu le don de la faire redescendre sur terre à une vitesse hallucinante. Une sorte de claque mentale monumentale la percuta de plein fouet, suivit d’un raisonnement qui lui laissait comprendre qu’elle s’était mit le doigt dans l’œil assez profondément pour avoir tout compris de travers. Elle avait peut être en semblant de confiance de sa part, mais ce n’était pas pour les raisons qu’elle avait envie de croire. Elle avait tellement voulu croire à quelque chose, qu’elle avait faussé tout son raisonnement. Il ne lui accordait du crédit et de la confiance, juste parce qu’elle correspondait à l’aide qu’il avait toujours chercher… Rien de plus. Elle n’était qu’un instrument pouvant lui permettre de passer à autre chose, de contrôler ses pouvoirs, de s’ouvrir à nouveau à un monde qu’il évitait prodigieusement. Elle était un maillon manquant entre l’isolement qu’il s’était créer et une nouvelle vie qui pouvait s’annoncer à lui. Rien que cela.

    Emma tenta de cacher la déception de l’illusion qu’elle avait pu avoir, les yeux baisser vers la table, elle s’enfonça un peu plus dans son siège en allant s’appuyer contre le dossier de son siège. Ses mains quittèrent la table pour finir dessous. Rapidement, elle du faire le point. Déçue, oui, elle l’était. Mais elle devait refaire surface, prendre le bon côté des choses. Cela faciliterait bien des situations. Elle était la seule à le voir d’une certaine manière. Lui ne l’a voyait que comme une aide providentielle. C’était sûrement mieux ainsi. Pourquoi n’arrivait-elle pas à s’en persuader ?


    « Tu n’as pas à être inquiète. Tout ce que tu pourras m’apprendre… je tâcherai d’en profiter au mieux. Nous verrons bien… ce à quoi cela nous mènera. »

    Sûrement pas là, ou elle avait envisager les choses. Elle ne s’en n’était même pas forcément rendu compte, mais de comprendre qu’elle ne serait qu’une sorte de prof lui avait prouvée qu’elle avait probablement espérée plus. Espérance qui ne servait plus à rien maintenant, de toute façon. C’était même étrange qu’elle en vienne à baisser les bras aussi rapidement, surtout quand il s’agissait d’un homme. Vraiment pas son genre. Mais voilà, William avait ce petit quelque chose de différent qui ne la faisait pas réagir de manière logique et normal, pour elle. Sa petite voix intérieur ne cessait de lui rappeler que c’était mieux ainsi, pour sa position au sein des damnés, pour l’image qu’elle voulait laisser paraitre, pour un tas de chose. Alors, si c’était mieux ainsi, pourquoi chercherait-elle à lutter ? Emma releva son regard vers William, sachant pertinemment que c’était à son tour de répondre. C’était, avec cette déception, le moment de dire qu’elle retirait son offre. Après tout, qu’est ce qu’elle y gagnerait ? Mais, une fois de plus, elle en fut incapable. Elle demeurait envieuse de l’aider, tant pis pour ses illusions.

    « Il existe un tas de personne capable d’aider les mutants à maîtriser leurs pouvoirs » Son regard se perdit un peu sur un point invisible « J’avais une école spécialisé dans ce domaine… » Le souvenir était douloureux, alors elle cligna des yeux et reporta son regard sur William « Et il en existe encore »

    Depuis les attentats à New York, l’institut Xavier était connu pour ne plus être une école pour surdoué mais, bel et bien, une école pour mutants. Autant lui en parler, après tout, si il ne voyait en elle qu’une possibilité de contrôler son pouvoir, autant lui donner assez de cartes en main pour aller apprendre cela ailleurs, si il le désirait. Pourtant elle fut incapable de dire exactement le nom de cette école, ou même sa localisation. Elle était trouvable par soit même, mais elle ne voulait pas lui offrir la facilité pour aller voir ailleurs. C’était un peu trop lui demandé.

    « Pour ce qui est de t’enlever ta peur, cela n’aura rien de temporaire. Disons, juste, que si je venais à t’apprendre certaine chose, cela évitera des situation à risque si tu ne crains pas de faire du mal à une tierce personne »

    Voilà qu’elle ne faisait qu’émettre des hypothèses, qu’elle ne disait plus qu’il pouvait craindre de lui faire du mal à elle… Comprenant, injustement, qu’elle n’avait rien de particulier à ses yeux, que cela aurait été la même chose si il s’agissait de n’importe qui d’autre. Le ton était probablement plus distant que ce qu’elle avait voulu, plus lointain, ayant percuter qu’elle s’était fait trop de film. Du moins, c’est ce qu’elle avait cru comprendre. Emma restait quelqu’un de parfaitement égocentrique, et cette vérité qu’elle croyait avait le don de la blesser dans l‘orgueil démesuré qu’elle possédait. Un fait qui lui donnait envie de sortir, de hurler, de taper du pied, comme une gamine qui n’aurait pas eu ce qu’elle voulait. Une envie qu’elle dissimula derrière un sourire qui avait tout du sourire de façade, pour sauver les apparences.

    « Mais peut être était-il plus judicieux de te laisser choisir, réfléchir à tout cela et de voir ce qui est le mieux pour toi, selon ce que tu veux. Je ne suis pas la seule à être capable de le faire, après tout, quelqu’un d’autre te conviendrai peut être davantage. »

    Paroles peut être un peu trop amère, mais elle n’y pouvait rien. Quand on a tendance à touché à son orgueil, elle a tendance à se refermer rapidement. Du moins elle pourrait chercher à se battre pour avoir ce qu’elle voulait. Mais, voilà, elle ne voulait pas lui imposer cela. Elle en était incapable. La vie était vraiment pleine de surprise des fois. Surprise et désillusions dont on se passerait bien. Le pire c’est qu’elle était incapable de se rendre compte qu’elle avait mal saisi les choses, à croire que quand il s’agissait de William, elle avait tendance à ne plus être aussi sur d’elle.
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Lun 23 Aoû - 15:29

« Il existe un tas de personne capable d’aider les mutants à maîtriser leurs pouvoirs. J’avais une école spécialisé dans ce domaine… Et il en existe encore »

Qu’il exista de nombreuses personnes susceptibles de l’aider étonna quelque peu William. Il avait déjà du mal à croire que ce soit techniquement possible, mais il doutait encore plus du nombre de personnes capables de réellement comprendre ce qu’il avait vécu. Cependant Emma devait bien savoir de quoi elle parlait puisqu’elle baignait dans ce monde depuis fort longtemps. Il se demandait quand même pourquoi elle lui disait cela, étant donné qu’il avait accepté l’aide qu’elle lui proposait. Les raisons exactes qui l’avaient poussé à le faire étaient encore un peu floues, mais s’il était certain d’une chose c’était qu’une autre personne qu’elle aurait eut beaucoup plus de difficultés à le convaincre.

Il ne savait pas si elle avait lu dans ses pensées, mais en tout cas elle avait répondu partiellement à l’un des interrogations muettes qu’il s’était posé à son sujet. Puisqu’elle avait eu une école spécialisée dans l’aide aux mutants, elle devait avoir l’expérience de ce genre de chose. Il comprenait d’autant moins pourquoi elle avait dit douter d’être à la hauteur, sans parler de cette histoire d’objectivité. Par contre elle avait employé le passé, ce qui ne pouvait que signifier que l’école en question n’existait plus. Etait-ce à cause de cela qu’elle semblait douter d’elle ? D’autant plus qu’il lui avait semblé la voir tiquer quand elle avait abordé ce sujet. Il lui était impossible de le savoir, et tout tendait à penser qu’il serait maladroit de lui poser la question.

Qu’il existât encore des établissements spécialisés dans l’aide aux mutants, il le savait déjà. Du moins il avait entendu parler d’un institut qui jouait ce rôle. Il avait à une époque envisagé de s’y rendre. Mais là aussi, il avait eu peur d’y provoquer plus de catastrophes qu’en restant sagement isolé. Au début il s’était dit qu’il n’était pas prêt à prendre le risque de se retrouver au milieu de groupes d’étudiants, ce à quoi on pouvait s’attendre dans une école. Plus tard peut-être… Et il ne s’était jamais senti prêt. De moins en moins prêt en fait.

Ce qu’il ne comprenait pas, c’était pourquoi Emma prenait la peine de lui dire qu’une telle école était toujours en activité. Etait-ce ce qu’elle avait en tête depuis le début ? Le convaincre de se rendre dans un tel endroit ? Dans ce cas il était vraiment passé à côté. Pourtant elle avait proposé de lui servir elle-même de « cobaye », pour reprendre ses propres termes. Trouver un fil conducteur à tout ceci commençait à devenir compliqué, et si en plus il avait mal interprété certains des propos d’Emma, jusqu’où s’était-il fourvoyé ?

« Pour ce qui est de t’enlever ta peur, cela n’aura rien de temporaire. Disons, juste, que si je venais à t’apprendre certaine chose, cela évitera des situation à risque si tu ne crains pas de faire du mal à une tierce personne »

William commençait à se sentir vraiment perdu. Depuis quelques instants il avait l’impression de ne plus du tout arriver à suivre Emma. A nouveau elle parlait de lui enseigner elle-même. Mais pourquoi avait-il cette impression qui le glaçait, de la sentir de plus en plus distante avec lui ? Elle souriait, mais aucune chaleur n’en s’en dégageait plus. Et si elle croyait qu’il ne l’avait pas vu se reculer dans sa chaise, qu’il n’avait pas remarqué qu’elle avait retiré ses mains hors de sa portée, c’est qu’elle avait oublié que c’était exactement ce que lui aurait fait en d’autres circonstances. Ce moyen de couper les ponts il le connaissait par cœur. Etait-ce pour cette raison que cela lui faisait aussi mal ? Le doute était devenu une certitude : quelque chose n’allait pas. De là à savoir quoi, il y avait un fossé qu’il n’arrivait pas à franchir.

William essaya de se concentrer sur les propos d’Emma. Il ne voyait pas à quoi elle voulait en venir. Lui retirer sa peur le terrorisait, mais il avait accepté de tenter l’expérience et le lui avait dit. Elle connaissait tout de lui à présent, et savait ce qu’il craignait… qu’il était paralysé par l’idée de faire à nouveau du mal à quelqu’un. A quiconque. Et surtout à elle. Elle lui avait assuré qu’elle ferait son maximum pour que cela n’arrive pas.

« Mais peut être était-il plus judicieux de te laisser choisir, réfléchir à tout cela et de voir ce qui est le mieux pour toi, selon ce que tu veux. Je ne suis pas la seule à être capable de le faire, après tout, quelqu’un d’autre te conviendrai peut être davantage. »

Il regarda Emma, et son regard devait montrer toute l’étendue de son incompréhension. Le laisser choisir ? Il avait été plusieurs fois à la limite de stopper toute cette histoire, de demander du temps pour réfléchir et se décider. Il serait sans doute beaucoup plus simple qu’ils se séparent ici, et qu’il lui promette de lui donner une réponse rapidement, comme dans les mauvais films. Mais il savait pertinemment que procéder ainsi reviendrait à refuser poliment. Une fois revenu chez lui, plus rien n’empêcherait ses peurs de reprendre le dessus, finissant par le convaincre de renoncer sous les éternels même prétextes. Avoir l’occasion de réfléchir à tout cela redonnerait les pleins pouvoirs à un cerveau en piteux état, qui ne savait plus raisonner qu’en termes de solitude et d’isolement. Or depuis quelques jours une autre partie de lui, endormie depuis longtemps, s’était réveillée et revendiquait sa part d’existence. Son cœur s’était remis à battre... et c’était lui qui réagissait violemment à la dernière phrase d’Emma.

La raison le poussait à croire qu’effectivement elle n’était sûrement pas là seule à pouvoir l’aider, et qu’il valait mieux réfléchir avant de prendre une décision qu’il allait certainement regretter. Son coeur lui criait que personne d’autre qu’elle ne lui conviendrait davantage. Depuis toujours William avait eu tendance à se laisser guider par son cerveau. Il raisonnait, ne laissant pratiquement jamais ses instincts prendre le dessus. La seule fois qu’il avait laissé son cœur prendre l’ascendant, cela avait plus que mal fini. Il s’était juré de ne plus refaire la même erreur et depuis la raison avait repris le dessus, plus que jamais. Jusqu’à aujourd’hui où ce conflit intérieur reprenait avec une intensité inédite.

Qu’avait donc Emma pour le mettre dans un état pareil ? Un bref instant il se demanda si elle jouait avec lui, usant de son pouvoir pour le perturber. Mais c’était ridicule. Il ne serait en train de tourner en rond à se poser toutes ces questions. Et de plus, pourquoi dans ce cas aurait-elle l’air si… distante ? De toute façon il ne la croyait pas capable de faire une chose pareille. Alors comment se faisait-il qu’elle lui fasse perdre ainsi la tête ?

* Et le fait qu’elle soit intelligente, cultivée, belle à tomber à la renverse et d’une allure incroyable n’y est pour rien n’est-ce pas ? *
* Si ! Bien sûr ! Mais il y a autre chose… Quelque chose de plus… complexe, que je n’arrive pas à déterminer. *
* Tu recommences à raisonner ! Ce n’est pas… *


William se figea. Il avait perdu de vue un instant les capacités particulières d’Emma, et avait laissé aller son esprit à des pensées beaucoup trop précises. Il ne put s’empêcher de rougir un peu, tout en espérant qu’elle ne lisait pas en lui à ce moment précis. Son cœur rugit de dépit… Et pourquoi pas ! Que risquait-il à lui avouer ce qu’il ressentait ? Qu’elle se moque de lui et s’en aille ? Et alors ? Cela il pouvait bien s’en remettre non ? Il retournerait à sa vie d’avant, et tâcherait de l’oublier. Il était tellement doué pour cela.

Quelle était l’alternative ? Faire comme si de rien n’était, et dans le meilleur des cas passer du temps à ses côtés à apprendre à maîtriser son pouvoir sans rien dire ? Et bien il faudrait qu’il apprenne sacrément à le contrôler son pouvoir, parce qu’il était en prise directe avec ce qu’il chercherait à cacher ! Ou alors renoncer définitivement à la revoir. On en revenait toujours là. C’était ce qu’il y avait de plus sûr pour tout le monde. Il ne pouvait rien lui apporter à part des problèmes.

Il était toujours aussi désemparé. La situation lui avait complètement échappé, pour autant qu’il l’ait eu à un quelconque moment sous son contrôle. La seule chose qui avait changé était qu’au lieu d’avoir uniquement le cerveau en ébullition, son cœur était rentré dans la partie. Emma pourrait-elle se douter un jour de l’impact de sa dernière phrase !

Il recommençait à se sentir terriblement nerveux. Tout ceci était ridicule. Lui, était ridicule. Il avait accepté l’aide d’Emma ce qui rendait absurdes ses états d’âmes sur les ennuis qu’il pouvait lui apporter. Qu’il lui avoue ou pas ce qu’il ressentait n’y changerait rien. Donc soit il revenait en arrière et abandonnait tout, soit… En aurait-il eu les moyens qu’il se serait giflé, histoire de voir si cela le réveillerait un peu. Et bien tant pis ! Quitte à être ridicule, autant l’être jusqu’au bout !

Il aurait tant voulu avoir l’esprit et l’éloquence qui lui permettrait de tourner tout cela dans de belles phrases sibyllines qui lui permettraient d’exprimer ses sentiments tout en évitant de mettre violemment les pieds dans le plat. Car en général c’était la seule chose qu’il arrivait à faire… quand il ne se débrouillait pas pour carrément dire les choses tellement mal que la personne en face comprenait tout de travers !

Il devait impérativement se reprendre, car sinon il était certain que tout ce qu’il avait en tête allait finir par sortir dans une bouillie d’émotions qui, si elle atteignait Emma, n’arrangerait certainement rien à la situation. Une petite idée germa dans son esprit. Il se demanda si, puisqu’il était si mauvais avec les mots, il pourrait se servir de son propre pouvoir pour exprimer ce qu’il ressentait ? Immédiatement il su que ce n’était pas une bonne idée. Le moment n’était vraiment pas idéal pour ce genre de chose, pas alors qu’elle se montrait si distante. D’ailleurs elle avait éloigné ses mains, lui coupant de toute façon cette option. Et puis avec la chance qu’il avait, elle pourrait croire qu’il cherchait à l’influencer ! Il ne manquerait plus qu’il soit aussi maladroit avec son pouvoir qu’avec les mots !

De toute façon il n’était pas certain d’arriver à transmettre volontairement quelque chose d’aussi subtile. Il ne s’était entraîné qu’avec des émotions basiques, jamais avec des sentiments évolués comme… ce qu’il ressentait à présent. Et le reliquat de douleur qui sourdait dans ses tempes lui rappelait qu’il avait déjà exploité ses capacités pour sa petite démonstration dans la couronne, et qu’il lui serait impossible de le refaire si vite. Il allait donc devoir s’en sortir avec des phrases, comme tout le monde.

Que cet endroit était froid. Ce restaurant vide, qui aurait dû l’aider à se sentir à l’aise, ne faisait à cet instant que renforcer dans l’esprit de William le regret de ne jamais pouvoir faire les choses comme il le souhaiterait. Il aurait préféré un endroit certes calme, mais pas de cette façon. Il n’avait plus le choix. S’il devait la perdre, ce serait maintenant.

Emma le regardait depuis qu’elle avait repris la parole. William plongea son regard dans le sien, essayant d’y trouver le soutien dont-il avait cruellement besoin à cet instant précis. Il ne savait pas quelle réponse elle attendait, mais les yeux d’Emma le laissaient seul.

« Je ne sais pas ce qui est le mieux… et ce que je veux me terrifie. Mais tu sais très bien… que mon choix est fait. »

* Arrête de raisonner... *

« Peut-être que quelqu’un d’autre pourrait… être mon… professeur. »

* Laisse ton cœur prendre le dessus… *

« Mais personne ne peut… prendre ta place… dans mon cœur. »

Pourquoi était-ce si compliqué ! Il aurait pensé que cet aveu maladroit calmerait la tempête qui agitait son esprit, mais il n’en fut rien. Bien au contraire, ses sentiments refusèrent de se voir restreints à ce message timide, et semblèrent se liguer en une seule et même émotion furieuse de se voir ainsi contenue. Elle fusa à travers son esprit avec une telle violence qu’il se demanda après coup si la terre entière ne l’avait pas entendu.

Mais pour le moment une seule personne lui importait, et il n’avait aucun moyen de savoir ce qu’elle avait perçu. Fichu pouvoir… Il ne pouvait qu’attendre, étrangement calme maintenant, de voir comment elle allait réagir et s’il n’avait pas tout gâché comme d’habitude. Il détourna les yeux.

Mais quoi qu’il puisse arriver maintenant, lui au moins était parfaitement conscient d’une chose : il était amoureux d’Emma, et tous les raisonnements du monde ne pouvaient plus rien y changer.


Dernière édition par William Baley le Sam 28 Aoû - 21:31, édité 1 fois
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mer 25 Aoû - 5:25

    Emma avait fait une erreur en précisant qu’elle avait une école spécialisée, l’emploi du temps était un signe. Bien sur, si il venait à poser la question, elle pouvait mentir, expliquer qu’elle n’en n’était simplement plus responsable. Que c’était du passé, et ne pas entrer dans les détails. Le sujet était encore une sorte de blessure ouverte, un pan de son passé qu’elle n’aimait pas aborder pour diverses raisons. Alors oui, elle était en mesure de mentir, de cacher ce qu’elle avait à ce sujet, ne plus y penser. Mais elle en était incapable. Il ne lui restait plus qu’à espérer qu’il ne poserait pas de question sur le moment, qu’il oublierait ce temps qu’elle avait employé. Mais dans le fond, elle était capable de savoir qu’elle se berçait d’illusions. Elle aurait pu sortir un tas de qualificatif concernant William, la stupidité et la non observation, n’en faisait pas partie. Du moins, il ne lui semblait pas que ce soit le cas.

    La damnée enchainait les erreurs tactiques avec lui alors si elle avait mal comprit ce qu’il avait pu dire, c’était peut être parce qu’elle avait, simplement, envie de comprendre de travers. Sa susceptibilité en prenait un coup, son égo aussi, ce n’était pas rien de le dire. Mais si il la voyait simplement comme une mutante capable de l’aider, les choses n’en seraient que plus simplifié. Elle pouvait le diriger vers une autre personne, oublier sa rencontre avec lui, oublier qu’elle ne le voyait pas comme un nom de plus à accrocher à un tableau de chasse. Oublier et passer à autre chose. C’était la meilleure de solution, celle qui lui causerait le moins de tort, celle qui éviterait qu’elle s’enferme dans quelque chose dont elle ne serait se sortir. Une souffrance future à éviter. Se fermer, mettre des barrières. Voilà ce qu’il convenait de faire. Alors oui, prendre les choses de travers étaient, finalement, une bonne chose… En quelque sorte, en tout cas.

    Mais comme toute solution, qui n’était pas la plus adéquate, elle avait du mal à rester sur sa voix. Elle laissait sous entendre d’autres personnes pour l’aider, revenait sur le fait qu’elle pouvait temporairement lui faire perdre la peur qu’il avait. Même elle, elle avait du mal à se suivre. Qu’est ce qu’elle voulait ? L’aider, passer du temps avec lui… C’était indéniable. Est-ce que cela était une bonne chose ? Elle n’en était, en revanche, pas certaine. Les choses n’en seraient que compliqué ne serait ce que par son statut au sein du club des damnés. Elle avait tellement fait d’effort pour regagner une confiance qu’elle avait perdue avec son passage à l’institut. Emma n’était pas prête de voir tout ses efforts anéantit à cause d’une homme… Oui, mais voilà, c’était William. Il arrivait d’on ne sait ou, et il se permettait de chambouler tout son petit monde. Pourquoi est ce qu’elle ne pouvait pas simplement le voir, comme elle verrait un autre homme. 400 ans qu’elle fonctionnait de cette manière, à quelques exceptions prêts, pourquoi est ce qu’il avait fallu que ça ne fonctionne pas pareil ?! Elle aurait du le détester, rien que pour cela. Elle avait envie de lui trouver tous les torts du monde, juste pour ne pas se mettre en danger elle-même. Elle en restait incapable.

    S’enfoncer dans le fond de sa chaise n’était que la manifestation de son égo froissé, de la mauvaise volonté qu’elle avait mit à comprendre ses paroles, préférant le prendre dans le mauvais sens des choses. Mais ça lui coutait tellement de mettre de telles distance entre eux deux. Ca lui coutait de voir le regard de William qui ne semblait plus comprendre, de le voir s’interroger de la sorte. Elle savait parfaitement que cette distance qu’elle mettait serait visible, peut être pas autant qu’elle voulait bien l’imaginer, mais elle le savait tout de même. S’en était même devenue une évidence rien qu’en croisant le regard de William. Et, elle en rajouta une couche en lui disant qu’elle devait le laisser choisir. Une simple phrase, mais tout le monde savait ce que cela pouvait signifier… Elle, savait ce que cela pouvait impliquer. Le changement d’avis, la fin de tout cela. S’était frustrant, énervant, de désirer cette fin, sans la vouloir vraiment. La complexité d’une femme, probablement. Elle lui en voudrait si il venait à accepter cette proposition et, en même temps, avec le recul cela serait sûrement la meilleure des choses à faire.

    Emma était juste en train de lui donner une occasion en or, celle de tout refuser, de retourner à la vie qu’il menait, de retrouver ses peurs et de reprendre les habitudes qui consistait à se couper de tout le monde. S’était jouer sur un terrain dangereux, parce qu’elle savait que cette proposition pouvait avoir certain attraits, elle avait déjà chambouler pas mal de chose. Il pouvait mettre un terme à tout cela. La seule chose qu’il avait à faire était de répondre positivement. De dire que, oui, il avait besoin de réfléchir. Tous les deux comprendraient ce qui se cache derrière cette réponse. Et le pire, c’est qu’elle était incapable de savoir ce qu’elle voulait vraiment entendre. En tant que Psy, si elle pouvait s’avoir comme patiente, elle dirais que c’est une façon inconsciente de le laisser prendre une décision qu’elle était incapable de faire. De voir si lui était prêt à prendre autant de risque qu’elle pouvait en prendre si il refusait l’aide d’une autre personne. Et de se rassurer du fait que tout se finisse là, si il venait à accepter une autre personne, parce que cela n’en valait pas réellement la peine. Encore que, elle n’était pas convaincue que rien ne vaille la peine avec lui.


    * Et le fait qu’elle soit intelligente, cultivée, belle à tomber à la renverse et d’une allure incroyable n’y est pour rien n’est-ce pas ? *

    Emma ferma les yeux cherchant, ainsi, à se fermer à l’esprit de William. Les choses seraient plus simple si ça fonctionnait de cette manière. Mais la nervosité qu’elle arrivait à cacher à l’homme qui lui faisait face, lui faisait perdre une bonne maitrise de sa faculté à se couper aux pensées des personnes. Encore heureux qu’il n’y avait qu’eux, sinon, elle serait déjà en train de se plaindre d’un mal de tête sans nom. Ses yeux se fermèrent avec un peu plus de volonté, se plissant légèrement, elle devait absolument sortir de sa tête. Les paroles qu’il prononçait intérieurement était parfaitement ce qu’elle aimait entendre. Mais ça compliquaient tellement les choses. Comment continuer à croire qu’il ne la voyait que comme une aide, alors qu’il avait ce genre de qualificatif à son égard. En aucun cas elle ne voulait entendre de réponse, ou un raisonnement plus poussé. Elle ne voulait pas que la façon dont elle prenait les choses puissent voler en éclat. Pas maintenant. Pas alors qu’elle nageait en pleine incertitude. Ses efforts étaient vain.

    * Si ! Bien sûr ! Mais il y a autre chose… Quelque chose de plus… complexe, que je n’arrive pas à déterminer. *
    * Tu recommences à raisonner ! Ce n’est pas… *


    Ses pensées concrètes se stoppèrent si soudainement qu’elle ne pu s’empêcher de les yeux vers lui, pour le voir se figer un instant. Au moins il ne perdait pas de vue ce qu’elle avait pu lui dire sur les capacités dont elle était capable. Un tas d’autres interrogations défilèrent dans son esprit, mais elle avait tellement tenter de s’en fermer, qu’elle n’avait qu’une sorte de mélange tellement confus qu’il était difficile d’en tirer quelque chose. Les joues de William suffisaient à lui apprendre une certaine gène, mais en aucun cas elle ne sentit un désagrément. Pourtant c’était le cas de tellement de personne, supportant assez mal qu’on puisse avoir accès à leurs pensées. Était-il, en plus, obliger de ne pas réagir comme tout le monde sur ce sujet. Si au moins ça avait le don de l’énerver, de le déranger, peut être qu’il irait plus facilement prendre la décision d’aller chercher de l’aide ailleurs. Mais non, même sur ce point il n’était pas foutu de réagir comme la plus part de ses congénères. Et elle était incapable de savoir si ce point l’énervait plus qu’il ne lui faisait plaisir.

    Et puis il y eu ce regard. Celui qu’il était en train de lui lancé pour chercher un soutient quelconque. Si sont cœur avait pu littéralement le faire, il se serait sûrement fendu, parce qu’elle ne répondit absolument pas à se regard, le laissant parfaitement seul. Le regard qu’elle lui lançait était celui qu’elle pouvait avoir pour n’importe qui, dans n’importe quelle situation. Pourtant c’était loin d’être n’importe qui, et d’être la situation la plus banale qu’on puisse trouver. Elle se devait de redoubler d’effort pour rester si éloignée. Ne pas influer sur la réponse qu’il pouvait donner, ou du moins, faire en sorte qu’il accepte l’aide d’une autre personne. Inconsciemment, si elle cherchait à s’analyser, elle dirait encore que tout cela n’est fait que dans le but de le tester. D’être sur. Sur de quoi, elle n’était pas certaine de vouloir vraiment se l’avouer.


    « Je ne sais pas ce qui est le mieux… et ce que je veux me terrifie. Mais tu sais très bien… que mon choix est fait. »

    Oui peut être bien qu’elle le sait. Mais entre le savoir et l’entendre, il y a une différence qui n’est pas négligeable. Tant que rien n’était dit, elle avait tout le loisir de pouvoir comprendre les choses de travers, de s’imaginer qu’elle n’était qu’une sorte d’objet pouvant lui permettre de remédier à son problème. Peut être bien qu’elle n’avait pas envie de laisser sa place à quelqu’un d’autre. C’était même une certitude. Mais cela entrainait tellement de chose, qu’elle en était prête à croire le contraire. A l’entendre, même, si il fallait. La douleur serait fulgurante sur le coup, mais elle partirait sûrement plus vite que d’avoir voulu croire à quelque chose. Le pire s’était que dans sa phrase, elle comprenait pleinement le fait qu’elle n’était pas la seule à être terrifiée, à ne pas savoir ce qui était le mieux.

    « Peut-être que quelqu’un d’autre pourrait… être mon… professeur. »

    Alors elle ne s’était peut être pas trompée tant que ça. Il admettait bien que quelqu’un d’autre pouvait prendre le rôle qu’elle voulait. Son regard se fit fuyant une courte seconde, le temps de ravaler ce qu’il venait de dire. Après tout, elle l’avait chercher, non ? Les choses étaient plus claires. Ce n’était pas ce qu’elle avait voulu entendre, mais c’était le mieux. Elle devait se faire une raison. La meilleure chose qui pouvait lui arriver, c’était ce genre de réponse, non ? Pourquoi est ce qu’elle ne pouvait s’en persuader. Reportant son attention sur William, elle s’essaya à un pauvre sourire qui n’eu aucune conviction quelque soit. Ce qu’elle n’avait pas prit en compte, c’est qu’il n’avait pas fini d’exposer son point de vue, et dans un ultime encouragement qu’il se lança mentalement, la suite tomba.

    « Mais personne ne peut… prendre ta place… dans mon cœur. »

    Se fut à son tour de se figer, passant pas un tas d’expression différente. Elle s’était mise à sourire, pour finalement le ravaler et froncer légèrement les sourcils. Pour finalement, laisser sa tête retomber légèrement en avant dans un léger soupir qui ressemblait plus à un discret rire nerveux. C’était horrible comme situation. Partager entre ce qu’elle avait envie d’entendre, eu fond d’elle, mais qu’elle ne voulait surtout pas entendre pour tout ce que cela impliquait. Comment est ce que les choses pouvaient se montrer aussi compliquées ? La vraie question à se poser était de savoir si elle était prête à le laisser aller dans cette voix. Emma se connaissait, elle et ses doutes. Elle et sa façon de gérer ses aventures. Elle pouvait tomber amoureuse, et se défaire de se sentiment tellement rapidement. Elle était capable de faire souffrir à un point qu’on n’imaginait pas. Ses activités n’avaient rien du tableau tout rose qu’on pouvait imaginer. Elle n’avait rien de la bonne fréquentation, rien de la fille qui apporte plus de choses bien que de mal. Est-ce qu’elle était seulement prête à laisser William courir ce risque ? Accepter qu’il puisse dire une telle chose était accepter de lui faire courir des risques qu’il ne pouvait pas imaginer. Ce qu’elle ne voulait pas.

    Son raisonnement venait de changer totalement. Là ou elle était inquiète de l’impact qu’il pouvait avoir sur elle, sur ses activités, sur sa place qu’elle occupait dans le club des damnés. Elle voyait, maintenant, les choses sous un angles différents. La souffrance qu’elle pouvait lui apporter à lui. Et rien que ça, servait à la dissuader de répondre positivement à ce qu’il pouvait venir de dire, même si ce n’était pas l’envie qui lui manquait… Oh non…

    Alors prenant toute la volonté dont elle pouvait faire preuve, elle redressa la tête. Posa ses mains, en appui, sur la table, comme pour montrer que tout ce qui allait suivre était le plus sérieux au monde. Une attitude qu’elle avait employé des milliers de fois, et dont l’entrainement qu’elle avait fait preuve à cet exercice en avait trompé plus d’un. Bien qu’elle ne l’avait jamais employé pour ce qu’elle allait faire. Tuer les espoirs de quelqu’un était dans ses cordes. Le faire alors qu’elle n’en n’avait pas envie, était plus compliqué. Mais le faire pour éviter des souffrances à quelqu’un comme William, était une raison suffisante pour lui donner la prestance et la sincérité qui devait suffire. La seule chose à espérer c’est que les pouvoirs qu’il possédait ne fonctionnait que par contact, sinon tout cela ne servirait à rien, tellement elle ressentait les choses de manière totalement différente.


    « N’importe qui peut prendre une place qui n’est pas légitime, William. Si il suffit de te proposer de l’aide, ou d’exposer certaine connaissance qui ne sont dues qu’au fait que j’ai vécu les choses, pour gagner cette place. Alors, oui, tout le monde peut y prétende. »

    Le ton n’avait rien d’agressif, mais il était froid. C’était d’ailleurs surement pire, parce qu’il n’exprimait rien de particulier, juste une froideur comme si ce qu’il venait de dire n’avait pas le moindre intérêt pour elle. Ca lu coutait bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé, mais il convenait de le faire. Ne serait-ce que pour le protéger lui. Rien que pour cela, d’ailleurs.

    « Crois moi, je suis loin d’être le genre de personne à avoir une place dans le cœur de quelqu’un. Encore moins dans le tient. Je suis loin d’avoir passer mes 400 ans, en distribuant simplement des sourires, et en regardant simplement le temps passé. Tu ne sais absolument rien de moi, et rien que sur ce principe, dire avoir une place quelconque c’est en aucun cas faire preuve de logique. »

    L’espace d’un court instant, el regard qu’elle voulait sévère, s’était transformer mué en quelque chose de triste. Bien qu’elle rectifia bien vite le tire. Parce qu’il fallait être honnête, elle aurait eu envie de ne pas sous entendre qu’elle n’était pas pour lui. Peut être qu’à tort elle l’imaginait comme la bonté incarné, un truc comme ça. Mais en aucun cas quelqu’un qui soit compatible et qui puisse accepter le passé dont elle pouvait faire preuve, sa façon d’agir ou de voir les choses. SI tout avait été plus simple, si il n’avait été qu’un nom de plus à accrocher sur un tableau, elle n’aurait pas eu cette envie de le préserver et ne serait certainement pas en train de faire taire son cœur et son fort intérieur qui hurlait à chaque mots qu’elle était en train de prononcer.

    Mais ces plaintes intérieures étaient bien trop importante pour qu’elle arrive à en faire abstraction. Ses sourcils ne furent plus froncé, elle perdait son air sans vraiment arriver à le contrôler. Baissant les yeux sur la table, elle émit un bref soupir, à peine audible, avant de laisser échapper quelques mots à voix basses, mais que l’on pouvait parfaitement entendre, tout de même.


    « Pourquoi est ce que tu ne pouvais pas tout simplement accepter l’aide d’une autre personne, évitant ainsi de compliquer les choses ? »
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William Baley
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Mar 31 Aoû - 1:49

William devait bien s’avouer surpris par la réaction d’Emma. Sourire, froncements de sourcils, tout cela entremêlé avant de la voir finalement se figer dans une pose austère et glaciale. Il ne savait pas très bien à quoi il s’était attendu, mais certainement pas à cela. Et il redoutait maintenant la réponse qui ne manquerait pas d’être associée à cette attitude.

« N’importe qui peut prendre une place qui n’est pas légitime, William. Si il suffit de te proposer de l’aide, ou d’exposer certaine connaissance qui ne sont dues qu’au fait que j’ai vécu les choses, pour gagner cette place. Alors, oui, tout le monde peut y prétende. »

Anéanti. C’était à peu de choses près la façon dont il se sentait. Nonobstant ce que sa réponse sous entendait au sujet de sa piètre déclaration, elle lui faisait surtout sentir qu’il venait de se comporter comme un adolescent attardé. Ainsi elle pensait que c’était parce qu’elle lui avait proposé de l’aider qu’il se serait amouraché d’elle. C’était parfait. Absolument parfait. Il avait comme d’habitude tout fait de travers.

Si Emma se montrait froide, lui était pétrifié. Comment en était-il arrivé là ! Si son cerveau avait eu une vie propre il aurait été mort de rire, lui rappelant qu’il l’avait bien prévenu que laisser son cœur dicter sa conduite l’avait déjà mené une fois à la catastrophe. Au moins cette fois-ci les dommages étaient limités, et tout allait s’arrêter avant que cela ne puisse empirer.

William sembla s’avachir légèrement sur sa chaise. Etait-il possible qu’elle ait raison ? Que trouver quelqu’un qui le persuade qu’il avait une chance d’enfin pouvoir contrôler un minimum son pouvoir l’ait perturbé au point d’en perdre la raison ? Possible. Probable même. Sinon comment aurait-il pu s’imaginer un instant qu’une personne comme elle puisse s’intéresser à lui de cette façon là. Il avait perdu la tête. C’était la seule explication plausible.

Emma semblait vouloir enfoncer le clou plus profondément car elle reprenait la parole, toujours sur le même ton froid. Mais cette fois-ci il doutait de pouvoir tomber plus bas.

« Crois moi, je suis loin d’être le genre de personne à avoir une place dans le cœur de quelqu’un. Encore moins dans le tient. Je suis loin d’avoir passer mes 400 ans, en distribuant simplement des sourires, et en regardant simplement le temps passé. Tu ne sais absolument rien de moi, et rien que sur ce principe, dire avoir une place quelconque c’est en aucun cas faire preuve de logique. »

Oh non cela n’avait rien eu de logique. Il en était parfaitement conscient. Cela lui avait pris des mois avant qu’il arrive à se décider à aller plus loin avec Myriam. Et là, en quelques jours, il avait cru aimer à nouveau. Il n’était qu’un idiot patenté. Que s’était-il imaginé ? Que c’était le coup de foudre, comme dans les films ou les romans de gare ? Cela n’existait pas dans la vie réelle !

Logique… Rien n’avait été logique depuis le début. Même ce qui l’avait poussé à se rendre aux alentours des bâtiments de la Frost n’avait pas été raisonnable. Tout ce qu’il avait fait ce jour là avait été absurde, et avait mis en péril l’équilibre de ce qu’il avait passé six ans à consolider. Et qu’y avait-il également de logique dans le fait qu’elle soit revenue le débusquer jusqu’à l’université ? Ils n’en seraient pas là si elle n’était pas revenue le trouver aujourd’hui.

Il aurait été tellement plus confortable de pouvoir rejeter une partie de la responsabilité de ce naufrage sur Emma. Mais ce n’était pas possible. Il s’était comporté de façon aberrante et tout était de sa faute. Elle n’y était absolument pour rien. Elle lui avait simplement proposé de l’aider, et lui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de tout compliquer. Comme d’habitude.

Comme elle l’avait souligné, il ne savait rien d’elle. Ils avaient échangé quelques brefs instants de leur vie passée, mais cela ne suffisait pas à connaître quelqu’un. Elle n’en savait pas davantage à son sujet, mais elle au moins n’avait pas prétendu l’aimer ! Il se sentait terriblement stupide de s’être laissé aller à de tels errements. Cela lui ressemblait tellement peu !

Il ne savait pas quoi dire. Quoi faire. Il était impossible de rattraper la situation au point où elle en était arrivée. Toute tentative en ce sens serait aussi pitoyable qu’inutile. Il avait passé la ligne, et devait assumer ses erreurs. Mais il n’y arrivait pas. Chaque début de phrase qu’il tentait de formuler dans sa tête n’aboutissait qu’à des propos maladroits et peu cohérents. Mais peut-être était-ce tout ce qu’il était capable de faire, quelle que soit la situation.

Puis curieusement l’attitude d’Emma sembla changer. Son regard s’abaissa et son air sévère s’adoucit quelque peu.

« Pourquoi est ce que tu ne pouvais pas tout simplement accepter l’aide d’une autre personne, évitant ainsi de compliquer les choses ? »

Même le ton de sa voix avait changé. Mais William n’osait plus essayer de déduire quoi que soit de choses aussi subtiles. Il venait déjà de se ridiculiser, ce n’était pas le moment de se remettre à rêver.

Pourtant ce que venait de dire Emma, d’un ton moins ferme que celui qu’elle avait employé jusque là, était surprenant. Il n’arrivait à en conclure qu’une seule chose : que les propos qu’elle avait tenus depuis quelques instants avaient eu pour but de l’inciter à chercher assistance auprès de quelqu’un d’autre qu’elle. C’était donc pour cela qu’elle lui avait parlé des écoles pour mutants, du fait que d’autres seraient capables de lui venir en aide tout aussi bien qu’elle. Mais si elle ne souhaitait plus l’aider il aurait suffit qu’elle le lui dise. Il aurait compris. Pourquoi toutes ces circonvolutions ? Avait-elle eu peur de le blesser en revenant sur sa proposition ?

En tout cas, si effectivement c’était ce qu’elle souhaitait, il avait sacrément compliqué les choses en lui parlant comme il l’avait fait. Il se serait donc aveuglé à ce point là. Et maintenant il avait l’air d’un imbécile. Après tout… il l’avait sans doute cherché. Depuis le début il avait tout fait de travers. La meilleure chose à faire maintenant était de trouver une porte de sortie. S’excuser de la façon dont il s’était comporté, et prendre congé… Oublier tout ceci le plus rapidement possible. Oublier cette histoire rocambolesque. Oublier Emma…

Et là il y avait un problème. Certes il s’était ridiculisé au plus haut point. Certes il s’était visiblement monté une histoire de toutes pièces. Mais maintenant il se retrouvait à devoir répondre à une simple question : Etait-il possible de faire comme si rien ne s’était passé ? Revenir une semaine en arrière et reprendre le cours normal des choses. Il ne savait pas ce qu’il en serait pour Emma, et il se refusait à essayer de le deviner vu ce qui venait de se passer. Mais au moins devrait-il être en mesure de répondre pour lui-même.

Logiquement, ce devrait être possible. Il lui était déjà arrivé bien des fois de se ridiculiser, et il ne s’en était jamais porté plus mal. Enfin… pas énormément. En tout cas son amour propre en avait vu bien d’autres. Là n’était vraiment pas le problème. Depuis des années il craignait ce qu’il était capable de faire, au point d’en être arrivé à chasser de sa vie toute personne susceptible d’y tenir une place. Il avait sincèrement pensé que rien au monde ne pourrait lui faire plus peur. Et là… maintenant… assis à cette table… l’idée de ne plus revoir Emma le bouleversait. C’était illogique, aberrant, irrationnel… mais c’était ainsi.

Alors que tout ceci aurait dû le mettre dans tous ses états, il était étrangement calme. Il venait de trouver des réponses à quelques-unes de ses questions. Est-ce que, comme elle l’avait laissé entendre, tout cela n’était dû qu’à la proposition qu’elle lui avait faite de lui venir en aide. Il était maintenant certain que non. Il était prêt à aller voir qui elle voudrait, à s’inscrire dans n’importe quel institut… si elle le lui demandait. Est-ce que quelqu’un d’autre qu’elle aurait pu prétendre à la « place » qu’il lui proposait ? Là, c’était plus compliqué.

Après ce qu’il avait fait, il lui devait d’être honnête. Ce qu’il adviendrait ensuite... et bien ce ne pouvait être pire. Il regarda Emma, et prit une profonde inspiration.

« Je suis navré. Il n’est pas dans mes habitudes… de me comporter ainsi. Si je t’ai mise mal à l’aise, d’une quelconque façon… je te prie de me pardonner. J’ai toujours été très… maladroit… dès qu’il s’agissait de relations humaines. Mais cette fois-ci j’ai… dépassé les bornes. Je voudrais toutefois… si tu me le permets... clarifier quelques points. »

Il essaya d’adopter un ton neutre, aussi bien en tant qu’aide pour garder son sang froid, que pour montrer à Emma qu’il n’était pas sous le coup d’un quelconque émoi sentimental bien qu’il se doutait pertinemment qu’elle avait les moyens de s’en assurer par elle-même si elle le souhaitait.

« Si tu penses que n’importe qui aurait pu prendre… cette place… tu te trompes. Je mentirais en disant que tes… capacités… n’y sont pour rien. Le fait que tu sois capable de… te protéger de moi… y est pour beaucoup. Sans cela, je n’aurais certainement jamais imaginé que quelque chose fut possible. Mais ce n’est pas… absolument pas… ce qui me fascine... m'attire... chez toi. »

Comme d’habitude, les mots ne venaient pas. Il n’arrivait pas à exprimer ce qu’il ressentait. Ses termes étaient froids, sans âme, malgré ses efforts pour mettre tout son cœur dans ses propos.

« Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je n’ai jamais… réagis de cette façon. Tout ce que je sais… c’est que je ne supporterais pas… de te causer le moindre tort. Alors si tu le souhaites… je partirai. Si tu crains que mes sentiments soient biaisés… je trouverai quelqu’un d’autre pour m’aider. J’y passerai le temps qu’il faudra… et je reviendrai. Si par contre tu penses que quelque chose soit possible… Tu as dit que je ne te connaissais pas... et tu as raison. Alors accorde-moi… la chance de te connaître davantage. »

Tout à coup il se sentait vidé. Si elle l’avait trouvé ridicule la première fois, il n’osait imaginer ce que cela pouvait donner maintenant. Mais il se serait au moins montré franc. Il espérait qu’elle lui reconnaitrait au minimum cela.

« Mais si tu souhaites que je t’oublie… alors il vaut mieux que ton pouvoir soit à la hauteur. Car de moi même, cela me sera impossible. »
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Emma Frost
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MessageSujet: Re: Toujours forcer le destin [PV William][fini]   Jeu 2 Sep - 14:11

    La vie était quelque chose de parfaitement étrange, de difficile à comprendre. Emma aurait pu citer un tas d'exemple pour appuyer cette observation, elle en avait encore l'exemple flagrant sous les yeux. Elle était là, avec son air distant et froid, cette façon d'être qui se devait de tuer tout espoir que William pouvait avoir vis à vis d'elle. Et tout ça pourquoi ? Parce qu'elle ne voulait pas le faire souffrir ? La bonne blague ! Il suffisait de voir la tête qu'il faisait, les postures qu'il avait, les expressions qui passaient sur son visage, pour comprendre que c'était exactement ce qu'elle était en train de faire. Elle en était désolée, vraiment. Mais elle ne pouvait le montrer, elle devait se montrer forte, en quelque sorte. C'était ce qu'on appelait un mal pour un bien. Les choses ne seraient pas évidentes à entendre, peut être même qu'il en souffrirait, mais ça ne durera qu'un temps. Beaucoup moins longtemps que si elle se laissait aller à ce qu'elle ressentait de son côté... Un mal pour un bien. C'était sûrement la notion la plus ridicule qu'elle n'ai jamais entendu de sa vie...

    Chaque mots qu'elle prononçait, la conviction qu'elle mettait dedans, le regard qu'elle assurait, ... Chaque petite chose qu'elle laissait paraitre était fait pour ne pas laisser comprendre ce qu'elle pouvait ressentir. Tout était fait dans l'espoir de le faire lâcher prise, de lui dire que tout cela ne rimait à rien. Que c'était ridicule. Il ne pouvait pas, ne devait pas penser ressentir quoique ce soit. Emma était la première à savoir que ce genre de chose ne se commandait pas. Comment ignorer ce fait quand elle l'avait en face de lui ? Mais elle devait tout faire pour lui faire comprendre que ce n'était pas raisonner. Encore que, si elle le voulait réellement, elle n'avait cas entrer dans un coin de sa tête, lui faire oublier jusqu'à leur rencontre. le problème aurait été réglé depuis longtemps, elle ne serait pas obliger de se torturer mentalement pour tenir le discours qu'elle lui servait, avec son air si disant alors que son corps entier hurlait pour la faire taire. Oui, le recours au pouvoir était une bonne idée mais... Mais, elle n'y arrivait pas, ne pouvait s'y résoudre. Dans le fond, elle avait peut être, simplement, envie de le voir s'accrocher, de ne pas lâcher prise aussi facilement. Simplement envie qu'on ne prenne pas pour acquis tout ce qu'elle était en train de dire, qu'on puisse être assez attentif pour comprendre qu'elle était, juste, énormément compliquée et flipper de ce que tout cela pourrait donner.

    Mais elle ne pouvait pas espérer quelque chose sans se montrer sincère. A sa manière, en tout cas. Il fallait probablement lire entre les lignes, comprendre le message qu'elle laissait passer en disant qu'il ne la connaissait pas. En donnant des exemples de ce qu'elle n'avait pas fait pour rester si longtemps sur cette terre. Il fallait qu'il lise entre ses lignes, qu'il comprenne qu'elle n'avait rien de ce qu'on qualifiait comme une "fille bien". Emma était beaucoup de chose, mais sûrement pas ça. Pas avec le passé qu'elle se trainait, pas avec les erreurs qu'elle avait commises. Encore moins avec les morts qu'elle avait sur la conscience. Rien que la place qu'elle occupait dans le Club des damnés était un exemple flagrant. Un Club dont les membres n'étaient que des gens influant, qui n'étaient attirés que par le pouvoir, l'argent, et tout ce genre de truc que les bonnes mœurs qualifieraient de pêchés. Chaque personne créant des alliances dans ce groupe ne le faisait que par intérêt - sauf, peut être, de rares exceptions. Tous étaient des pourris, pourquoi est ce qu'elle échapperait à cette généralité. Tout n'était que calculs, alliances stratégiques. Rien d'autres que de malhonnêtes placements stratégiques. Emma était parfaite dans ce rôle, parfaitement calculatrice dans tout ce qu'elle faisait...

    Mais peut être pas si parfaite que cela. William était le calcul qu'elle n'avait pas fait, qu'elle n'avait même pas envisagé une seule seconde. Pourquoi fallait-il qu'il complique les choses ? Question qu'elle avait posé, les yeux baisser, laissant tomber ce masque qu'elle s'évertuait à conserver. Une grave erreur stratégique, qui lui avait échappé. Cela n'aurait jamais du se produire, encore moins après tous les efforts qu'elle avait fait pour tenter de lui faire comprendre que ce qu'il avait dit était ridicule. Elle s'en voulait et se sentait soulagée de ce laisser allé. Ressentiment contradictoire qui lui vrillait le cerveau, incapable de savoir ce qu'elle voulait. Pourquoi... pourquoi avait-il choisi ce fameux jour pour se pointer devant la Frost ? Est ce qu'il n'aurait pas pu faire comme il semblait vivre sa vie : rester dans son coin, éviter les gens, s'isoler.

    Elle releva, doucement, les yeux vers lui et croisa son regard alors qu'il prenait une inspiration. La première réaction de la damné fut un étonnement intérieur, elle le trouvait étrangement calme, ce qui n'avait pas été le cas un peu plus tôt. Alors quoi ? Il comprenait qu'elle avait raison ? Il baissait les bras, prenant conscience que tout cela était ridicule ? C'était ce qu'elle voulait, alors pourquoi est ce qu'elle se sentait aussi mal ?


    « Je suis navré. Il n’est pas dans mes habitudes… de me comporter ainsi. Si je t’ai mise mal à l’aise, d’une quelconque façon… je te prie de me pardonner. J’ai toujours été très… maladroit… dès qu’il s’agissait de relations humaines. Mais cette fois-ci j’ai… dépassé les bornes. Je voudrais toutefois… si tu me le permets... clarifier quelques points. »

    Emma avait envie de hurler, de lui dire d'arrêter de s'excuser à longueur de temps, d'arrêter de croire que c'était lui qui ne savait pas s'y prendre. Le problème c'était elle. Elle qui faisait le yoyo entre "tout va bien" et "je hurle parce que je ne veux pas que tu t'accroche". De hurler pour qu'il arrête de se reprocher la moindre chose. Ce n'était pas lui. Et en même temps... Elle avait tellement toujours été douée pour semer la zizanie dans un esprit, pour se mettre à faire douter les gens. Elle le faisait par simple plaisir du jeu. Alors est ce que cette facette d'elle même était tellement ancré en elle, pour se mettre à le faire de manière involontaire. Est ce que tout ce qu'elle avait pu faire, dire, ses changements, étaient fait pour qu'il doute encore plus, pour qu'il s'accuse d'avoir mal agit. Était-elle une personne si mauvaise que cela, pour arriver à ce genre de résultat, même sans le vouloir ?

    Mais même si elle avait envie de lui dire que ce n'était pas lui, elle préféra se taire. Emma voyait bien qu'il tentait de s'exprimer avec un ton neutre. Mais elle n'avait pas besoin d'être télépathe pour comprendre que ce n'était qu'une illusion. Quand on se veut neutre, on ne se heurte pas autant sur des mots, on entrecoupe pas autant ses phrase, on y met plus de conviction. Elle s'interdit de le couper dans sa lancé, alors que c'est ce qu'elle aurait du faire si vraiment elle avait envie de l'éloigner. Trouver des raisons pour rebondir de manière négative sur quoique ce soit c'était facile. Beaucoup plus que de ce taire en observant les dégâts que l'on pouvait faire, sans même l'avoir vraiment voulu.


    « Si tu penses que n’importe qui aurait pu prendre… cette place… tu te trompes. Je mentirais en disant que tes… capacités… n’y sont pour rien. Le fait que tu sois capable de… te protéger de moi… y est pour beaucoup. Sans cela, je n’aurais certainement jamais imaginé que quelque chose fut possible. Mais ce n’est pas… absolument pas… ce qui me fascine... m'attire... chez toi. »

    Fasciner ? C'était étrange de buter sur un verbe, alors que toute une phrase venait d'être prononcée. Ses souvenirs tentèrent de la ramener aussi loin qu'elle puisse se souvenir, sur tous les compliments qu'elle avait pu avoir avec les nombreux hommes qu'elle avait pu connaitre. Combien avait dit la trouver fascinante ? Elle ne s'en souvenait pas, pas d'une seule fois. C'est ce qui compliquait tout. On la trouvait belle, on lui trouvait une bonne place. On lui trouvait un tas de qualificatif, mais tous se basaient sur l'apparence, sur ce qu'on savait d'elle. Et ça lui convenait parfaitement, parce que, de cette manière, cela empêchait tout sentiment d'entrer en ligne de compte. On ne la trouvait pas fascinante. Et voilà qu'un type, sortit de nul part, arrivait pour dire qu'elle le fascinait. Le cerveau d'Emma s'embrouilla encore plus, ne voulant probablement penser à ce que cela pouvait avoir comme impact sur elle... Pouvoir...

    Elle devait se concentrer sur cette histoire de pouvoir, ceux qui faisaient que William rassurait. Elle pouvait se protéger de lui et c'est tout ce qui semblait l'importer. Non, ce n'était pas le seul point qui comptait, mais qu'est ce que cela pourrait être d'autre ? Elle ne comprenait pas. Qu'est ce qui lui trouvait pour pouvoir employé un verbe comme "fasciner" ?


    « Je ne sais pas ce qui m’arrive. Je n’ai jamais… réagis de cette façon. Tout ce que je sais… c’est que je ne supporterais pas… de te causer le moindre tort. Alors si tu le souhaites… je partirai. Si tu crains que mes sentiments soient biaisés… je trouverai quelqu’un d’autre pour m’aider. J’y passerai le temps qu’il faudra… et je reviendrai. Si par contre tu penses que quelque chose soit possible… Tu as dit que je ne te connaissais pas... et tu as raison. Alors accorde-moi… la chance de te connaître davantage. »

    Il n'avait suffit qu'une toute petite portion de cette tirade pour ébranler toutes les convictions qu'elle pouvait avoir. Il reviendrait... Si elle ne l'estimait pas sincère, si elle ne voulait pas de lui, alors il était prêt à apprendre ailleurs, de prendre le temps qu'il faudrait et après... Après, il reviendrait. Elle aurait pu faire un tour dans sa tête, s'assurer qu'il disait la vérité, mais elle n'en n'avait pas besoin. On pouvait difficilement faire plus sincère, ou se croire plus sincère. Rien n'assurait Emma qu'il reviendrait vraiment. Il pouvait tellement apprendre, qu'il serait aussi apte à trouver quelqu'un d'autre. En tout cas d'autres étaient susceptible de s'intéresser à lui, ça elle n'en doutait pas. Alors aujourd'hui il croyait dur comme fer qu'il reviendrait. Mais est ce que cela pouvait vraiment être le cas ? Elle n'en n'était pas certaine. Est ce qu'elle était prête à courir le risque de le perdre ? Non.

    « Mais si tu souhaites que je t’oublie… alors il vaut mieux que ton pouvoir soit à la hauteur. Car de moi même, cela me sera impossible. »

    Voilà comment il avait fini par l'achever. Emma ferma les yeux, fort, ravalant la boule qui s'était créée dans un coin de sa gorge. Tout revenait à ce simple choix : lui faire oublier leur rencontre, ou non. Les yeux clos l'empêchait de craquer de manière qu'elle ne souhaitait pas. Toujours garder un contrôle sur les choses. Chose qui lui avait suffisamment échappée pour qu'elle se permette de perdre totale ce foutu contrôle ! Lui faire tout oublié, passer à autre chose et cesser toute cette histoire. C'était tellement facile à dire, tellement facile à faire techniquement. Ca ne lui prendrait pas plus de deux minutes et les choses retrouveraient leurs ordres. Juste une petite intrusion, juste quelques détails à effacer, tout serait fini... Emma secoua légèrement la tête.

    " Je ne peux pas le faire. Je pourrais, mais je ne veux pas parce que je suis incapable de pouvoir me faire la même chose. "

    Un raisonnement complètement égoïste. Du moins, il pouvait être vu de cette manière. Mais si lui pouvait oublié, avec l'aide d'Emma. Elle, elle en était incapable. Alors l'idée pouvait être tentante mais, de son côté, combien de temps est ce qu'elle tiendrait avant de le rencontrer une nouvelle fois de manière "involontaire" ? Parce qu'elle voulait bien se voiler la face sur un tas de chose, mais sur ça elle devait être honnête... Elle ne pouvait se résoudre à le laisser s'enfuir, même si toutes les paroles qu'elle avait eu pouvait aller dans ce sens. La complexité féminine était universelle, elle n'y échappait pas. Elle posa son regard bleu dans celui de William, si une fois dans sa vie elle devait être sincère, c'était probablement maintenant.

    " Je ne crains pas que tes sentiments soient biaisés, c'est les miens que je crains, William. Je ne suis pas le genre de personne fiable dans ce domaine. Je..." Elle prit une inspiration, et repris "J'ai su créer ce que tu penses ressentir chez un tas de personne, sans pouvoir, mais ça n'a toujours été qu'un jeu. Un simple jeu auquel je joue depuis des centaines d'années. Oh il y a eu des exceptions, que l'on pourrai compter juste les doigts d'une main, mais ça se finit toujours de la même manière. Ils vieillissent, ils meurent, je ne change pas. Et encore, ça ne va que plus rarement jusque là, la plus part du temps je ne fais que me réveiller, un matin, et je me souviens de ce que je suis, de ce que j'ai toujours fait. Et là, c'est moi qui fuit. "

    Le ton était calme, mais parfaitement sincère. Les paroles qu'elle avait n'avaient rien d'engageantes, bien au contraire. Mais elle était ainsi. Chaque histoires, vraies histoires, qu'elle avait pu avoir était juste un amas de complications. Elle ne savait pas faire les choses de manières simples, elle était probablement la fille la moins fiable qu'il puisse exister sur cette planète. Même Sélène avait su tenir un bon bout de temps avec Mathias, elle, elle en avait été incapable. La dernière fois qu'elle avait eu envie d'y croire, il y avait une rousse sur son chemin, ce qui ne lui avait pas donné l'exclusivité, ce qui avait tout rendu complètement compliqué. L'avant dernière fois, elle y avait vraiment cru, mais c'était Virgil qui était partit. Et même là, avec le recul, elle trouvait que c'était une très bonne chose. Alors oui, elle avait envie de croire que William pourrait être l'exception, mais elle avait déjà eu cette envie à peu de reprise et... A chaque fois, elle partait. Est ce qu'elle avait seulement le droit de lui imposer cela ?

    " Ce n'est pas à toi de t'excuser de la manière dont tu peux t'y prendre. C'est moi qui ne sait pas réagir parce que je suis incapable de savoir ce que je veux. Enfin, si, je sais ce que je veux. Mais je sais aussi ce que je ne veux pas et, dans cette catégorie, il y a tout ce que je pourrais te faire subir si je faisait ce que je voulais "

    Dans le fond, la seule chose qu'elle avait envie de lui dire, sans jamais pouvoir s'y résoudre se résumait en quelques mot : Accroches toi... Soit fort, là ou je suis incapable de l'être...
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Toujours forcer le destin [PV William][fini]

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