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 il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]

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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Mar 1 Sep - 22:41

    23h30… Gabriel ouvre péniblement les yeux et passe une main tremblante sur son visage en sueur. Ses membres peinent à se remettre en mouvement de manière satisfaisante, si bien qu’il lui fallu près de 15 minutes rien que pour se redresser en position assise sur la moquette où il s’était écroulé…

    Des bribes de souvenirs datent d’un jour et demi lui reviennent en mémoire, mais il ne parvient cependant pas à se souvenir de ce qui l’a conduit à s’effondrer à même le sol. Enfin si, le jeune homme sait parfaitement ce qui a probablement dû se produire, et c’est sans surprise que la lumière du plafonnier lui brûle les rétines lorsqu’il tente d’ouvrir les yeux une seconde fois. La troisième tentative s’avéra la bonne, et Gabriel finit par se mettre péniblement à genou, s’appuyant d’une main au canapé qui pourtant n’était pas loin de l’endroit où il s’était écroulé… Devant la protestation générale de ses membres, le mutant finit par se soulever dans un effort presque surhumain et par se laisser tomber entre les coussins, à bout de souffle et suant abondamment.

    Gabriel n’eût aucun mal ensuite à mettre la main sur une bouteille d’eau probablement abandonnée là quelques heures plus tôt, et en avala une longue goulée, comme si cette eau était susceptible de chasser ce qui saturait encore son sang à cet instant précis… Le mutant se souvenait plus ou moins avoir subi l’une de ces violentes migraine qui ne le laissaient plus en paix depuis de longues années, et comme toujours il s’était préparé un rail de coke sur la table basse. D’ailleurs, sa carte de crédit trainait encore sur le plateau de verre, ainsi que les vestiges de son shoot…

    La vue de Gabriel se troubla et il passa de nouveau une main devant ses yeux, l’air un peu moins à côté de ses pompes que quelques minutes auparavant. Se penchant difficilement en avant, il attrapa à nouveau la bouteille d’eau toute proche, sans doute en prévision de l’état dans lequel il se trouverait à son réveil. L’eau sembla lui nettoyer l’esprit, et Gabriel fut en mesure de se lever après quelques minutes passées immobile, la tête renversée en arrière et les yeux clos. Ses pas le conduisirent directement jusqu’à la douche, et ses vêtements furent abandonnées péniblement sur le trajet, jusqu’à ce que le mutant s’enferme dans la cabine et laisse l’eau chasser la sueur et cette odeur des plus désagréable qui se dégageait de lui après chaque shoot… C’était difficile à déterminer, mais Gabriel lui-même ne la supportait pas.

    L’eau ruissela longuement sur son corps dénudé avant que Gabriel ne trouve la force de se savonner. L’opération en elle-même sembla lui prendre une éternité, et c’est près d’une heure plus tard que le mutant s’enroula dans une serviette, ses cheveux noirs mi-longs collés à son visage. Le mutant s’appuya assez lourdement sur le bord du lavabo, le fixant un instant avant d’observer son reflet dans le miroir… peu glorieux, le reflet, parce que Gabriel avait une petite mine fatiguée, mais il avait connu bien pire après plusieurs jours de défonce d’affilée. Seul point positif à noter, sa migraine s’en était allée – merci la coke.

    Le mutant attrapa un tee-shirt bleu électrique et se glissa dans un jean de la même couleur… Le noir, ça l’aidait à se fondre dans la foule des gens qui l’indifféraient, et ça reflétait également assez fidèlement son état d’esprit à propos de lui-même… Gabriel remit ses cheveux en place et se dirigea vers la cuisine de manière moins gauche que lors de son dernier déplacement. De l’eau fut mise à bouillir et une poignée de pâtes y fut balancée quelques minutes plus tard, alors que Gabriel déposait sa précieuse guitare électrique sur le canapé. L’y rejoignant lorsque son repas fut prêt, le mutant alluma le poste de télévision et s’absorba dans un documentaire sur l’Allemagne nazie… Si les choses avaient été aussi bien expliquées que dans ce documentaire lorsqu’il était à l’école, le mutant aurait sans doute choisi de poursuivre ses études à sa sortie du lycée ; cette période était sa préférée entre toutes.

    Gabriel ne bougea pas avant que le documentaire ne prenne fin, caressant machinalement la caisse blanche de sa guitare comme l’aurait fait un homme avec l’une de ses amantes… Le jeune homme ayant une vie sentimentale frôlant le zéro absolu – sauf lorsqu’il était complètement défoncé, là il prenait le risque de se laisser approcher – il lui fallait bien compenser comme il le pouvait, et l’avantage de sa guitare était qu’elle ne risquait pas de l’envoyer bouler du jour au lendemain.

    Quittant le canapé, le mutant enfila une paire de baskets à rayures noires et blanches, enfilant sa veste en cuir par-dessus son tee-shirt pour ne pas prendre froid. Gabriel passa la lanière de sa guitare en travers de son torse, laissant son précieux instrument tout contre son dos, me manche vers le bas… De toute manière cette heure, il y aurait fort à parier que les rues seraient désertes.

    Gabriel déambula longuement dans les rues et finit par pousser la porte d’un bar dans lequel il n’avait jamais tenté sa chance. Si Capricorn décrochait un petit contrat pour jouer assez régulièrement dans un bar, les gens finiraient par parler du groupe… autant se lancer, après tout… Le mutant poussa la porte du bar et fut instantanément assourdi par la musique que jouaient trois punks aux cheveux graisseux, martelant comme des bourrins les cordes de leurs instruments alors que derrière eux, un gros balèze manquait de réduire sa batterie en miettes à chaque frappe. Gabriel secoua la tête de dépit et se fraya un chemin au milieu des tables et des rares danseurs pour aller s’adresser au barman qui pourrait sans doute le renseigner sur une éventuelle possibilité d’audition…

    Le mutant se heurta quasiment à un mur, mais pu obtenir une audition pour le lendemain soir à la même heure, avec les membres de son groupe. Gabriel quitta le bar après s’être fait remarquer en commandant un simple verre d’eau, et poursuivit son périple jusqu’au prochain bar de la rue, sa guitare se balançant tranquillement au rythme de ses pas…

    Son regard ne tarda pas à être attiré par l’étrange scène qui se jouait dans une ruelle située de l’autre côté de la grande rue qu’il remontait, et Gabriel stoppa sa marche et plissa les yeux. Sa vision se brouilla encore davantage avant de retrouver une netteté plus « normale », et Gabriel traversa la rue d’un pas vif lorsqu’il entendit une jeune femme hurler, suppliant quelqu’un de la laisser tranquille… En approchant davantage, Gabriel pu saisir les grandes lignes de la conversation.

    La prochaine fois que tu la touches… j’te tue, gamin !

    La jeune femme était en pleurs – blonde, bien foutue, mais en pleurs – et à en juger par la manière dont celui qui menaçait le plus jeune garçon lui enserrait le poignet, il y avait fort à parier qu’elle n’était pas vraiment enchantée de se trouver là et dans de telles circonstances…

    Ya un problème ?

    Gabriel dans toute sa splendeur, avec son goût immodéré des entrées complètement barrées, et son ton neutre à la limite du blasé. Le gamin comme la brute se tournèrent vers lui, alors qu’il les fixait avec un peu plus d’intensité, se posant assez naturellement comme l’arbitre de la situation…

    Euh… non, ya pas de problème… on discutait, juste !

    C’était le gamin qui avait parlé, et un gémissement de douleur échappa à la jolie blonde. Celui qui paraissait être son petit-ami lui relâcha le poignet et la jeune femme fila, passant à côté de Gabriel dans un claquement de tâlons alors que son parfum lui arrivait par vagues successives. Le mutant observa une dernière fois les deux hommes et tourna ses tâlons, estimant que cette situation ne le regardait plus à présent que la jeune femme était à présent tirée d’affaire. Ce qu’il ne savait pas en revanche, c’était qu’il s’agissait d’une mise au point faîte par le mac’ de la demoiselle qui n’appréciait pas qu’elle laisse des clients fauchés lui mettre la main dessus…

    Gabriel fit volte-face et fit quelques pas pour quitter la ruelle… Un flash obscurcit sa vision et le mutant vit défiler sous ses yeux une scène au décor qui avait presque tout en commun avec la ruelle qu’il était en train de quitte, à juste un détail près : le corps du mac’ gisait à terre dans une mare de sang – il était étrange de voir à quel point la lune s’y reflétait – et le gamin se trouvait debout à côté de lui, le canon d’une arme encore fumante à la main…

    Gariel n’eût aucun mal à comprendre qu’un mutant capable d’avoir des prémonitions était dans le coin, et il stoppa ses pas lorsqu’un filet de sang s’échappa de son nez…

    Faut toujours que ça me tombe dessus ces trucs-là, j’suis pas un héros put*in !

    Son marmonnement avait à peine été audible et Gabriel fit de nouveau volte-face en soupirant, ignorant les pas qui se rapprochaient dans son dos…

    (si besoin, je peux rallonger et/ou éditer ^^)


Dernière édition par Gabriel Davenportt le Mar 31 Aoû - 23:56, édité 1 fois
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Jeu 3 Sep - 8:04

"Merci mon père, vos sermons me redonnent espoir."

Padre Alberto serra la main de Mme Whent avec un sourire chaleureux. Il avait beau être intimidant, avec ses traits burinés, sa grande taille, ses larges épaules et ses pectoraux puissants soulignés par la tension de sa soutane, son seul sourire suffisait à l'illuminer.

"Que Dieu vous bénisse, et dites à votre petit-fils Malcolm que ses fréquentations ne sont pas celles qui conviennent à qui veut rester sur le droit chemin."

"Vous devriez lui dire vous même, avant qu'il ne glisse sur la mauvaise pente. Mais je lui passerai le message, encore une fois"

Padre Alberto aimait ce moment après la messe où ses ouailles quittaient la maison de Dieu l'esprit apaisé, remplis d'espoir et de foi. Chaque mot réconfortant dispensé sur le parvis valait cent sermons, car il était personnel, et montrait que Dieu, au travers de ses humbles intermédiaires, pensait à chacun de ses fidèles.

Une fois la dernière poignée de main donnée, Padre Alberto ferma les portes à double battant, les barra, et fit le tour de l'Eglise pour éteindre les cierges et les lumières. Les bancs avait été à moitié pleins ce soir. Les Sanchez n'étaient pas venus, ce qui était mauvais signe étant donné que seul la santé de Rosita auraient pu leur faire manquer l'office. Il irait leur rendre visite dès demain matin. Raoul Cosgrove n'était pas venu non plus, alors que Padre avait mis les choses au clair avec lui. Pas de messe, pas de boxe. S'il ne venait pas d'entraîner jeudi prochain, une surveillance s'imposerait, au cas où il serait retombé dans son travers de drogué.

*Éliminez un dealer, et deux prennent sa place.*, pensa Padre avec cynisme. Ma foi, s'il fallait en éliminer encore deux, cela ne le dérangeait pas. La bataille contre le Mal serait éternelle, et il ne fallait jamais renoncer, car le renoncement était la défaite.

Quittant l'Eglise à présent verrouillée et obscure, le prêtre se dirigea vers le presbytère. Il y dina légèrement, puis descendit à la cave. La nuit serait noire ce soir, et le Mal rôderait dans les rues, se croyant caché dans les ténèbres. Mais la lumière de Dieu ne demandait qu'à briller dans les recoins les plus sombres, portée par ses fidèles serviteurs. Elle ne demandait qu'à illuminer le juste et à purifier le méchant. Ce soir, comme chaque soir, il serait la lumière de Dieu, le bras justicier du Tout Puissant.

Sa carte d'accès glissa dans le lecteur et révéla la cache qui abritait le centre de communication. Il s'équipa de sa soutane renforcée, et ceignit son glaive après l'avoir présentée à Dieu, agenouillé devant le crucifix.

"Guide moi sur le chemin de la justice, prête moi la sûreté de ton jugement et la force de ton bras. Amen"

Il s'assit ensuite devant la console et activa l'enregistrement.

"Padre Alberto Montoya, Père Chevalier de l'Ordre de Saint Lazare, en mission à New York. Sortie en mission 22h15. Objet : patrouille. Itinéraire CX 281."

Il appuya ensuite sur la touche de transmission et sortit. Son message serait transmis automatiquement s'il lui arrivait quelque chose et qu'il ne donnait pas son rapport dans les temps.

La nuit était fraîche quand il commença à arpenter les rues. Les lampadaires ne donnaient que peu de lumière, illusion de sécurité dans la jungle urbaine de New York. Certains passants lui jetaient un coup d'oeil rapide avant de l'oublier. Un prêtre déambulant de par les rues étaient moins intéressant que s'il avait été déguisé en mascotte d'une équipe quelconque de football. Parfois, un titillement agitait son esprit, mais il ne décelait rien de vraiment grave, en tout cas rien qui valait la peine d'intervenir. Il n'avait pas encore atteint les mauvais coins, cela ne le surprenait donc pas. Ce qui le surprendrait, ça serait de ne rencontrer aucune âme corrompue ce soir.

Effectivement, un peu plus tard, remontant une ruelle mal éclairée devant le ramener sur les boulevards, il vit des silhouettes se découpant à contre jour, noires contre les néons de l'avenue. L'un d'eux était vraiment mauvais. Les autres n'étaient pas mieux. Luxure, et colère. Asmodée et Satan étaient à l'œuvre.
L'homme le plus âgé avait une dégaine étrange, un espèce de cow boy urbain en veste et santiags rouges. Le jeune en train de se faire molester avait plutôt l'air d'un paumé, débraillé, avec un jean et une chemise qui avaient du connaître des jours meilleurs. La femme était manifestement une prostituée, et sinon elle n'aurait pas détoné parmi les étals de Babylone.

Progressant doucement en profitant de la pénombre, il vit l'altercation finir par la fuite de la femme, et l'homme le plus âgé se diriger vers un ... adolescent - ? - avec une guitare qui manifestement voulait plutôt s'éloigner du grabuge. Aucun des deux ne semblait avoir remarqué que le pamé avait dégainé un revolver, et qu'il le pointait en tremblant vers le dos du cow boy. Surgissant des ombres, Padre Alberto posa la main sur le révolver et bloqua le barillet. Son ombre noire et sévère se fondait presque dans les ombres, figure de justice, noire sur noir.

"Moïse descendit du Mont Sinai avec les tablettes de la loi, et Dieu lui donna pour sixième commandement "Tu ne commettras point d'assassinat". Ne rajoute pas ce péché à la longue liste qui est la tienne."

Ramenant brutalement son coude en arrière, il sentit le nez craquer et le paumé s'affaissa en criant. Le bruit fit se retourner vivement le souteneur, et Padre Alberto se concentra sur lui. Cet homme cédait à la colère et empoisonnait ses prochains en les faisant souffrir. Qu'il se rende compte de ce que subissaient ses victimes. L'homme sembla se figer un instant alors qu'Alberto l'obligeait à revoir ses crises de colère. Le prêtre en profita pour couvrir la distance le séparant du pécheur et lui asséna un violent coup de poing à l'estomac. L'homme tomba à genoux, plié en deux. Son souffle coupé, il haletait de douleur.

Se redressant, Padre Alberto se tourna vers ce qui se révéla être un jeune homme, la vingtaine, mais négligé et les traits tirés. Les néons éclairaient ses traits durs de rouge et de bleu, couleurs fantasques tranchant le noir de sa tenue.

Et lui, qui était il ? Avait il des choses à se reprocher devant Dieu et les Hommes ?
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Jeu 3 Sep - 12:53

    Gabriel revenait sur ses pas en espérant assez naïvement pouvoir empêcher cette vision qu’il avait eue mais qui ne lui appartenait pas. Pourquoi fallait-il toujours qu’il se récupère les pouvoirs les plus envahissants, ou les plus potentiellement susceptibles de le fourrer dans une m*rde pas possible ? A croire que Gabriel était un aimant à emm*rdes, ce n’était pas possible autrement…

    La lumière du néon du bar projetait des lueurs criardes, et Gabriel pu de nouveau distinguer les visages des deux hommes qui n’avaient pas terminé de se quereller. Le mutant pressa le pas en voyant une troisième silhouette qui approchait parce que si quelqu’un d’autre se mêlait de ce règlement de compte, le bain de sang serait probablement encore plus horrible… De là où il se trouvait, Gabriel ne remarqua pas tout de suite que le troisième homme était habillé à la manière des prêtres, et ce n’est que lorsqu’il dépassa la porte par laquelle la jeune femme s’était enfuie qu’il aperçut le côté assez décalé de la scène qui se déroulait sous ses yeux…

    Le « petit-ami » de la jeune femme avait tourné ses talons et était en train de s’éloigner alors que dans son dos, le jeune que Gabriel avait cru sans défense avait dégainé une arme - précisément la même arme que celle aperçue grâce au pouvoir qu’il avait parasité. Le prêtre posa sa main sur l’arme braquée sur le mac, empêchant sans doute le jeune homme de tirer… Gabriel ne distinguait pas grand-chose avec sa vue troublée par la présence du mutant auquel il avait emprunté son pouvoir, mais il aurait pu parier que cet homme savait ce qu’il faisait en plaçant sa main ainsi. L’étonnement pu se lire sur le visage de l’homme armé, et encore davantage lorsque le prêtre lui conseilla de ne pas aller à l’encontre d’un précepte religieux que Gabriel connaissait plus ou moins pour avoir dû subir le catéchisme chaque mercredi après-midi pendant sa jeunesse… Ne pas tuer, c’était ce qui était le plus à la portée des hommes mais pourtant cela ne les avait jamais empêché de multiplier les assassinats, les massacres pour des prétextes tous aussi foireux les uns que les autres.

    Un bruit assez désagréable ramena Gabriel à la réalité et il vit que le jeune homme avait lâché son arme et se tenait le nez, duquel s’échappait un filet de sang. Un cri ne tarda pas à suivre, et le mac’ fit volte-face à son tour, remarquant le prêtre auquel il n’avait pas prêté attention jusque-là. Bizarrement il ne bougea pas d’un pouce, mais en y réfléchissant bien cela n’était pas vraiment étrange : que pouvait-il avoir à craindre d’un prêtre ? Gabriel était étonné de voir ce prêtre faire preuve de violence, et apparemment le mac’ ne soupçonnait même pas ce qui était sur le point de lui arriver… Immobile et dos au mutant, l’homme restait immobile alors que le prêtre avançait et le rejoignait pour lui enfoncer son poing dans l’estomac, le faisant tomber à genoux.

    Le prêtre finit par se redresser et Gabriel sentit son regard se poser sur lui. Reculant d’un pas sans trop savoir quoi faire, le mutant se demanda si lui aussi risquait de se faire frapper… Sa vue redevint normale l’espace de quelques secondes avant de se brouiller de nouveau, quasi-simultanément à l’irruption derrière lui de trois hommes – deux armoires à glace et un gringalet dans le genre de Gabriel. Flanqué des deux types baraqués, le gringalet promena son regard dans la ruelle et remarqua le prêtre et les deux autres hommes agenouillés dans la douleur. Son regard se posa sur Gabriel, qui paraissait être le seul capable d’avoir mis au tapis deux hommes…

    L’une des deux armoires à glace passa près du prêtre sans aucune crainte et aida le mac’ à se relever alors que Gabriel reculait craintivement vers le prêtre pour ne pas rester à portée de main des deux autres… A ce moment précis, il ne savait pas de qui il devait se méfier en priorité…

    Toi, tu vas déguster…

    Le mac’ venait de se redresser péniblement et avait désigné le prêtre de manière trop imprécise : la seconde armoire à glace s’avança vers Gabriel en faisant craquer les jointures de ses doigts…

    Du calme les mecs, vous vous plantez royalement, là…

    Parce que tu t’imagines qu’on va croire que c’est le curé qui a frappé Jack ? Tu nous prendrais pas un peu pour des c* ns ?

    Euh… - Gabriel observa le prêtre un instant, se demandant s’il pourrait lutter contre trois types en même temps et reprit la parole – votre pote a glissé, et euh… enfin il s’est cogné sur la benne là-bas, et…

    C’était sans doute le pire mensonge qui ait franchi les lèvres du mutant depuis sa naissance, mais il ne pouvait quand même pas laisser un pauvre prêtre se faire mettre en pièces…

    Te fatigue pas ! Pete, fais-lui cracher ses dents au musicos !

    Un déclic se fit entendre et la lame d’un couteau fut éclairée par les néons du bar alors que Gabriel reculait d’un pas pour rejoindre le prêtre… Le gringalet resta en retrait alors que l’armoire à glace restée près de lui s’avançait dangereusement vers Gabriel et le prêtre…

    Il faudrait sans doute un miracle pour que le mutant rentre en un seul morceau chez lui avec sa guitare intacte… L’idée d’utiliser l’arme à feu abandonnée au sol quelques mètres derrière lui germa dans son esprit, mais dans la mesure où il n’avait jamais appris à tirer, il aurait probablement fait plus de dégâts qu’autre chose.

    D’avance, pardon pour le spectacle auquel vous allez assister, mon Père…

    Sécher les cours de catéchisme et manquer la messe n’avait pas fait de lui un homme méprisant la spiritualité et ses symboles… Gabriel retira la lanière de sa guitare et la posa en douceur entre une benne à ordures et un banc, espérant qu’il ne lui arriverait rien… c’était tout ce qu’il possédait, et pour ainsi dire la seule chose à laquelle il tenait réellement.

    Se plaçant de nouveau aux côtés du prêtre à la carure impressionnante, Gabriel attendit que l'armoire à glace approche suffisamment...
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Ven 4 Sep - 8:21

Apparemment, les malandrins n'étaient pas seuls. Padre Alberto resta immobile, évaluant la menace représentée par les deux gardes du corps et leur chef. Musculeux assurément, mais leur attitude ne laissait pas transparaître une grande maîtrise des techniques de corps à corps. Il sourit faiblement en écoutant Gabriel tenter un boniment auquel un enfant de 4 ans n'aurait pas cru. Petit mensonge, mais mensonge tout de même. Et Padre Alberto sourit encore plus quand Gabriel s'excusa de ce qui allait venir. Le Mal est stupide. Il évolue dans le monde caché sous les atours du mensonge, et il ne sait pas reconnaître la Justice, qui elle avance sans fard, sans artifices. Le prêtre ne se cache pas pour dispenser les dons de Dieu, le chevalier du Christ ne se cache pas pour dispenser la vengeance de Dieu.

Peut être Gabriel fut il surpris de voir le prêtre faire un pas vers l'armoire à glace en commençant à déclamer un psaume.

"Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal!
Car l'Éternel entend la voix de mes larmes"


L'armoire à glace hésita un instant. Qu'est ce qu'il voulait le curé avec ses prières ? L'empêcher de tabasser le freluquet ? Il leva un bras pour l'écarter et continuer son chemin, mais Padre Alberto l'esquiva, pliant le buste en avant à la manière d'un boxeur, et lui asséna le tranchant de la main sur le larynx. Il se redressa ensuite et continua d'avancer tout aussi calmement. La brute tomba à genoux, les mains serrées sur sa gorge, le souffle réduit à un sifflement rauque.

"L'Éternel exauce mes supplications,
L'Éternel accueille ma prière."


Se tournant vers la deuxième armoire à glace, il sembla couvrir les trois pas les séparant à une vitesse surhumaine dans la pénombre, et son pied alla percuter le menton en galoche avec un violence qui le projeta en arrière. Le mac retourna au sol, le cul par terre, les yeux levés avec ahurissement et terreur sur la haute silhouette encore figée jambe levée. Gabriel et l'autre homme purent percevoir un reflet d'acier le long de la jambe gauche d'Alberto.

"Tous mes ennemis sont confondus, saisis d'épouvante;
Ils reculent, soudain couverts de honte."


Repliant lentement la jambe droite, et reposant son pied à terre, Padre Alberto se tourna vers le gringalet, qu'il avait négligé pendant le combat.
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Dim 6 Sep - 20:12

    Le prêtre ne semblait guère intimidé de voir autant d’hommes débarquer dans la ruelle, et cela étonna d’autant plus Gabriel : prêchait-il dans un quartier difficile ? avait-il connu des évènements qui avaient fait que la violence ne lui inspirait plus aucune crainte ? La Foi chassait-elle la peur de manière définitive ?

    Gabriel ne savait que penser exactement du comportement du saint homme, mais il ne pu s’empêcher d’esquisser un sourire en l’entendant déclamer un nouveau psaume, juste avant de s’avancer au-devant de l’armoire à glace de laquelle il souhaitait le protéger… Le prêtre s’avançait toujours, et finit par dépasser Gabriel et son couteau, ce qui surprit également l’armoire à glace qui visiblement n’avait encore jamais « affronté » un prêtre dans une bagarre de rue. La brute tomba à genoux après avoir pris un coup au niveau du larynx, probablement le souffle cours à cause de la force de l’impact, et Gabriel baissa les yeux sur lui sans oser bouger…

    Voilà ce qui arrive lorsque l’on se place du mauvais côté du bâton… Oppresseur des plus faibles, instrument de la volonté de ton infect patron, te voilà à présent agenouillé dans une ruelle puant la pisse, et rousté par un prêtre…

    Gabriel ne manquait jamais de saluer dans le silence de son esprit l’ironie d’une situation au moment le moins propice. Que voyait-il à ce moment précis ? un prêtre, qui mettait à genoux chacun des malabars accompagnant le gringalet qui donnait les ordres. La situation n’avait rien de banal en réalité, et Gabriel pu apercevoir le prêtre se courber avec souplesse pour éviter la tentative de frappe de la seconde armoire à glace. Un nouveau psaume fut prononcé et le cas du mac’ fut réglé en un coup de pied porté avec une précision et une rapidité étonnante… Gabriel ouvrit tout grand ses yeux clairs et se demanda l’espace d’un instant s’il ne restait pas encore un peu de cocaïne saturant son sang, parce que là ça faisait tout de même beaucoup de choses peu communes en une seule soirée.

    Le mac retomba au sol suite à la puissance du coup, et Gabriel plissa les yeux lorsqu’il crut apercevoir quelque chose de métallique briller sous la lumière des néons le long de la jambe du prêtre. Passant une main devant ses yeux pour dissiper une probable hallucination, Gabriel aperçut de nouveau cette lueur et décida d’approcher pour vérifier ce dont il pouvait s’agir… Peu importait la confession des prêtres, aucun n’était supposé porter d’arme, enfin du moins pour ce dont Gabriel se souvenait des rares enseignements religieux auxquels il avait assisté.

    Son regard tomba net sur le gringalet qui avait profité qu’on ne lui prête pas attention pour dégainer une arme qui était à présent pointée sur le mystérieux prêtre…

    Maintenant le curé, tu vas te calmer ! Tu te crois où, là, dans ta paroisse ? Dans une mission ? Ici t’es dans la rue, mec, et la loi de dieu elle s’applique pas… T’es dans la rue, tu subis la loi de la rue…

    L’homme sembla distrait l’espace de quelques secondes, et finit par pointer son arme pendant deux secondes sur Gabriel – qui s’immobilisa près du Padre en feintant l’innocence, mains levées de part et d’autre de son visage – avant de la pointer de nouveau sur sa cible première, se massant douloureusement la tempe. Gabriel fit de même la seconde qui suivit, et un nouveau flash s’imposa à son esprit, lui montrant comment une jeune femme saoule quittait le bar par la porte de derrière et se prenait la balle destinée au prêtre… Un soupir de lassitude échappa au mutant avant que de multiples flashs ne s’enchaînent de manière confuse, mêlant promesse de débauche pour un nombre incroyable de clients du bar, promesse de pourboires juteux pour les serveuses et prostituées présentes au bar…

    Faut toujours que ça tombe sur moi…

    Gabriel jeta un regard nerveux à la porte, redoutant que cette dernière finisse par s’ouvrir sur un funeste destin pour la jeune femme qu’il avait aperçue… Le gringalet observait à présent avec un air ahuri le Padre, semblant chercher à faire quelque chose de bien particulier sans réellement y parvenir. Le demi sourire de Gabriel ne passa pas inaperçu et l’arme fut de nouveau braquée sur lui…

    Pourquoi tu te marres, toi ?

    Oh, pour rien…

    Le gringalet sembla hésiter, se massant les tempes avec plus d’insistance cette fois. Gabriel sentit un mince filet de sang s’échapper de son nez et y porta un mouchoir avec une rapidité indiquant qu’il avait l’habitude de ce genre de désagréments…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Mer 9 Sep - 9:08

Padre Alberto sentit sa mâchoire se crisper de colère et crut entendre à droite le Padre Lorenzo et à gauche le Père-Capitaine Matteo lui hurler leur mécontentement.

* Depuis quand tu laisses un ennemi sur trois libre de ses mouvements ? *
* Te voilà au bout du pistolet, gamin, et tu vas faire quoi hein ? Dieu t'a donné une vitesse angélique ? *


Ses dents grincèrent, et il darda un regard furieux sur l'homme au pistolet. Il exsudait le mal. Son châtiment serait terrible. Padre Alberto évalua la distance qui les séparait. Environ deux mètres et demi. Son bras faisait environ quatre vingt centimètres, et son épée un mètre. Un pas en avant l'amènerait donc tout juste à portée. Mais il n'aurait qu'une seule chance.

Il sentit s'approcher le jeune homme à côté de lui, et vit le pistolet osciller entre les deux cibles. Quelque chose d'étrange se passa alors. L'homme le menaçait, incarnation du péché, quand soudain il ne sentit plus rien. Il aurait pu se trouver devant un Juste, pour ce qu'il pouvait en dire. Mais manifestement il n'était pas le seul à être troublé, car les deux hommes commencèrent à se masser les tempes, puis à regarder autour d'eux d'un air ahuri.

Soupirs, yeux fuyants, menaces qui semblaient creuses tout à coup. Une magie noire était à l'oeuvre, mais quelle en était la source ? Un pécheur ne pouvait se transformer soudainement en innocent, et rien dans le comportement du gringalet ne laissait entrevoir la moindre repentance. Fourberie ! Bluff ! Mensonge ! Padre Alberto ne se laisserait pas abuser par les artifices du Malin !

Profitant de l'hésitation et du geste de l'homme armé, il fit un grand pas en avant tout en dégainant son glaive. La lame décrivit une large courbe ascendante et sa pointe alla trancher les chairs fragiles de la main tenant le pistolet. Mais pas assez vite. Une éclaboussure carmin alla maculer la porte métallique derrière l'individu, et il s'effondra à genoux, hurlant, tandis que Padre Alberto sentait une douleur cuisante fleurir à son côté gauche.

Tout en portant vivement sa main à son côté, Padre Alberto remercia en silence ses maîtres pour leur enseignement. Sa fente ne lui aviat pas permis d'éviter la balle, mais sa position associée à son armure tissée avait suffisamment déviée le petit calibre pour qu'il ne transperce pas sa peau. Il serait cela dit quitte pour une côte cassée. Après s'être approché doucement, il essuya la pointe de son épée sur la veste du pécheur, rengaina et s'accroupit. Sa perception de la nature de l'homme était également revenue. La douleur avait dû interrompre son sortilège.

"Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l'Eternel. Mon fils, ton âme est corrompue, mais Saint Luc nous dit dans son Evangile qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui persévèrent. Repens toi, et remets ta vie en ordre. Je prierai pour le salut de ton âme."

"Va te faire foutre, pédophile !"

Padre Alberto secoua la tête.

"Que ta main te rappelle chaque jour que Dieu punit les hommes malfaisants."

Poussant l'homme au sol de son pied botté, il appuya sa semelle sur sa main, déclenchant une nouvelle salve de hurlements.

"Et qu'elle te rappelle également que les Justes veillent sur leurs frères. Même la miséricorde de Dieu ne s'applique pas à ceux qui s'enferrent volontairement et avec délectation dans le péché."

Relâchant la pression et laissant l'homme sanglotant se vider de son sang sur le pavé, Padre Alberto fit volte face et se ré engagea dans la ruelle sombre sans un regard pour Gabriel. Son côté brûlait et nécessitait des soins, et sa démarche était un peu lourde.

Dans son dos, il entendit la porte metallique s'ouvrir, et une femme pousser un cri devant le massacre.
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Lun 14 Sep - 18:32

    Gabriel remarqua que son compagnon d’infortune paraissait un peu plus tendu que la dernière fois qu’il l’avait observé… Lui-même donnait l’impression de ne pas être réellement concerné par la scène qui se déroulait dans la ruelle, du moins jusqu’à ce qu’il ait une prémonition d’un genre particulièrement tragique lorsque l’autre type sortit une arme.

    Gabriel louchait avec appréhension sur la porte du bar qui finirait inlassablement par s’ouvrir, et un reflet rouge sur un élément métallique un peu à sa droite attira son attention juste à temps pour apercevoir la lame impressionnante que venait de sortir le prêtre… Bouche à demi ouverte, Gabriel jeta un regard un peu dégouté à la lame de son propre couteau et finit par le ranger de nouveau dans sa poche de blouson en marmonnant…

    Entre mecs, faut toujours que ça se résume à une question de taille…

    Le mutant n’eût pas vraiment le temps de se plaindre ou de réagir à autre chose, parce que le gringalet avait braqué son arme sur le prêtre et venait de tirer : le coup de feu incita Gabriel à s’éloigner d’un pas, et lorsque le cri du voyou déchira le silence il pu constater que le prêtre venait de lui trancher la main…

    Nom de dieu ! enfin... désolé, mais... C'est pas vraiment le genre de trucs que... - le mutant loucha de nouveau sur la main, réprimant une nausée.

    Pas vraiment le type de juron à laisser échapper en présence d’un prêtre, mais Gabriel n’avait rien vu d’aussi bizarre depuis un petit moment… ah si, il y avait eu les clips aux environs de 20h, qui grâce à la drogue avaient constitué un programme divertissant bien au-delà des espérances des programmateurs. Le gringalet replia son bras contre lui en insultant copieusement le prêtre alors que Gabriel avait les yeux rivés au revolver encore enserré dans la main tranchée…

    Le prêtre s’avança de nouveau vers le gringalet et lui expliqua que son âme était corrompue, citant par la suite un nouveau passage de la Bible. Gabriel arracha son regard de la main tranchée et réprima une envie de vomir tripes et boyaux dans le caniveau, s’approchant de nouveau du prêtre après que le voyou l’ait traité de pédophile… Il devait trop regarder les informations sans les comprendre, encore un cerveau malléable.

    Stoppant ses pas un peu à droite du prêtre et du voyou gémissant, Gabriel trouva bon d’intervenir, les mains enfoncées profondément dans ses poches de veste alors qu’Alberto essuyait sa lame dans celle du gringalet… Le laissant terminer de remettre verbalement en place avant de poser une main sur le bras du prêtre lorsqu’il commença à écraser la main déjà blessée du voyou.

    Dîtes, mon père… vous ne pensez pas qu’il a déjà suffisamment payé ?

    La violence posait en règle générale un légère problème à Gabriel, pas parce qu’il n’était pas capable d’y faire face – quand on était en possession de drogue ou en manque, il fallait parfois défendre chèrement sa peau – mais plutôt parce qu’il ne parvenait pas à comprendre la violence dont les autres faisaient preuve en règle générale. La plupart du temps, les gens se tapaient dessus, s’insultaient et se livraient à de basses manœuvres pour des motifs rarement valables… Lorsque Gabriel versait lui-même dans la violence, de manière générale c’était lorsque sa vie était en danger et que son ironique passivité ne pouvait le sortir d’un mauvais pas…

    Le prêtre secoua la tête avertit une nouvelle fois le voyou jusque à ce que ce dernier cesse de l’insulter et se mette à pleurer à cause de la douleur. Le prêtre commença à s’éloigner d’un pas pesant et Gabriel jeta un dernier regard au voyou avant de shooter dans la main tranchée pour éloigner l’arme au cas où il lui viendrait l’idée de se venger en collant une balle dans le dos du prêtre. Le mutant récupéra sa guitare et passa la bandoulière en travers de son torse, évitant de peu la porte qu’une jeune femme venait d’ouvrir… cette même jeune femme qu’il avait aperçue dans le flash qu’il avait eu quelques minutes plus tôt. Un hurlement déchira le silence alors que Gabriel rejoignait le prêtre en quelques foulées, remarquant au passage son pas lourd et assez lent…

    Mon père… ?

    Que pouvait-il lui dire qui soit objectivement à l’image de ce qu’il était et n’ait rien à voir avec l’image de musicos déglingué qu’il renvoyait en permanence ? Gabriel opta tout simplement pour son naturel, espérant qu’il ne se ferait pas lui aussi trancher une main dans la foulée.

    Vous avez l’air assez mal en point… Il y a une pharmacie à quelques pas d’ici, si des soins s’imposent…

    Jetant un regard derrière lui en quittant la ruelle, Gabriel pu apercevoir le voyou qui serrait son moignon contre lui alors que la jeune femme continuait de hurler. Le regard clair du mutant se posa de nouveau sur le prêtre alors qu’un sourire un peu indécis étirait ses lèvres…

    Dîtes, l’épée c’est pour vous défendre si on vous attaque dans une ruelle sombre ou ça fait partie de votre panoplie de… - Gabriel laissa échapper un soupir avant de reprendre la parole – Vous pensez vraiment qu’il méritait de perdre une main ?

    C’était la seule réplique qui lui était venue pour éviter de manquer de respect par mégarde au prêtre.
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Jeu 17 Sep - 7:49

Padre Alberto n'était pas content de lui. Non pas du tout. Il ne s'était pas senti aussi peu satisfait de lui depuis une bonne dizaine d'années, quand il avait perdu un de ses compagnons d'armes dans l'épuration d'un nid démoniaque à Prague. Le père-capitaine qui dirigeait la mission lui avait ordonné de tirer un trait sur ce qui était de la malchance et un piège du Démon dans lequel n'importe lequel aurait pu tomber, mais il garda un silice autour de sa cuisse pendant plusieurs semaines pour lui rappeler que le frère Jérémy avait été saigné à mort de son moignon de jambe parce qu'Alberto avait été incapable de détecter le démon caméléon embusqué dans un tunnel. Chaque pas lui rappelait son erreur et la douleur de son compagnon.

Il sentit le jeune homme le rattraper et ses dents se serrèrent. il n'avait pas besoin d'un petit merdeux incroyant lui collant aux basques sur le chemin du retour. Il ne sentait pas vraiment de mal autour de lui, mais son âme était tout de même souillée. Sans verser dans l'adoration du Démon, il avait bien trop souvent succombé à ses appels.

Il décida de faire la sourde oreille aux questions de Gabriel. La sueur coulait sur son front, et le sang le long de son torse. Il sentait à chaque pas sa respiration se faire plus laborieuse, comme les côtes hurlaient à son cerveau, que non, bouger n'était pas une bonne idée. Padre Alberto devait rejoindre sa base et se soigner, avant de s'effondrer, as aller dans une satanée pharmacie où on lui poserait des tas de questions, notamment pourquoi un prêtre portait une soutane renforcée en fil de titane, et un glaive d'argent de trois pieds de long. La troisième question le sortit toutefois de ses gonds, et il attrapa Gabriel par la gorge pour la plaquer contre le mur de la ruelle. Ses côtes lui interdirent de le soulever du sol aussi se contenta-t-il de compresser légèrement son larynx et de plaquer son avant-bras gauche sur son plexus pour limiter ses mouvements.

Les yeux injectés de sang du prêtre se rivèrent dans ceux de Gabriel.

"Moïse, trouvant le peuple élu en adoration devant les idoles et les faux dieux, les châtia avec justesse. Dieu a dit à Moïse :

Si j’aiguise l’éclair de mon épée
et si ma main saisit la justice,
je me vengerai de mes adversaires
et je punirai ceux qui me haïssent ;

Mon épée dévorera leur chair,
et j’enivrerai mes flèches de sang,
du sang des blessés et des captifs,
de la tête des chefs de l’ennemi.

Mon épée est l'épée de Dieu, et je n'agis que selon sa volonté afin de préserver le monde de la putrescence du péché."


Dégainant sa lame, il l'appliqua sur le corps de Gabriel, d'abord entre ses jambes, puis contre son poignet. La voix d'Alberto était impérieuse, dure.

"Veux tu être délivré de l'emprise d'Asmodée par la perte de tes attributs que tu fourres n'importe où ? Ou peut être que la perte de ta main ne t'amènera plus à envier et voler le bien d'autrui ? Ton âme est sale, mon fils. Tu n'es pas irrémédiablement perdu, mais la route de la rédemption ne s'ouvre que devant ceux qui la cherche."

Alberto réalisa soudain qu'il ne sentait plus les péchés de Gabriel. Exactement le même phénomène qu'avec l'escroc... Se pourrait il que ce gamin soit la source de... Fronçant les sourcils, il approcha son visage de celui de Gabriel. Leurs nez se touchaient presque et Gabriel pouvait entendre les dents d'Alberto grincer les unes sur les autres comme sa mâchoire glissait de droite et de gauche.

"Je ne sens plus rien en toi. Tu me coupes du pouvoir de Dieu. Qu'est ce que tu es, et ne me mens pas ou je te passe au fil de l'épée."
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Jeu 17 Sep - 10:44

    Gabriel avait posé quelques questions au prêtre pour essayer de mieux cerner sa blessure et le personnage de manière globale. Là où sa réaction était bizarre, c’était qu’il faisait mine de ne pas entendre les questions que posait le jeune mutant. Intérieurement en revanche, il semblait bouillir… à moins que cette crispation de ses traits ne soit due à la douleur ; Gabriel n’en était pas certain.

    Le silence perdura pendant encore de longues minutes, et Gabriel finit par apercevoir la lumière de l’enseigne de la pharmacie à environ 500 mètres devant eux, sur le trottoir d’en face. Cette pharmacie était un peu une sorte de refuge, à la fois proche de chez lui et des endroits où il trainait régulièrement lorsqu’il était complètement défoncé… Gabriel faisait de son mieux pour ne pas y mettre trop souvent les pieds, et tentait donc de se débarrasser de son addiction… et ce n’était pas chose facile !

    Gabriel finit par interroger le prêtre sur la nécessité d’avoir amputé d’une main le pauvre bougre de la ruelle, et le prêtre sembla péter littéralement un plomb en une fraction de secondes : Gabriel sentit une main puissante l’attraper à la gorge et se retrouva bien vite dos à un mur en une fraction de secondes, maintenu immobile par la seconde main du prêtre qui lui adressait un regard rendu encore plus flippant par un afflux de sang dans ses globes oculaires… Le mutant tenta de reprendre son souffle bruyamment et à plusieurs reprises, espérant ainsi que cela conduirait son assaillant à le lâcher, mais il eût droit à sermon haut en couleur qui le conduisit à conserver le silence.

    Quel était le pêché de ce type en dehors du fait qu’il vous ait manqué de respect ? Il n’a pas tué, il n’a volé personne…

    Pas vraiment au courant du pouvoir dont était doté le prêtre, le châtiment semblait d’autant plus démesuré aux yeux du jeune mutant que le gringalet en question n’avait pas commis comme plus grande faute que de manquer de respect à un serviteur de Dieu… Là encore, s’il n’avait jamais reçu d’éducation religieuse, pouvait-on vraiment lui en vouloir ?

    Gabriel s’interrompit de lui-même lorsqu’il sentit quelque chose de glacé s’appliquer contre son corps… une épée, celle-là même qui avait tranché avec une facilité écœurante la main de l’autre type. La lame s’attarda contre l’entrejambe de Gabriel, puis glissa jusqu’à son poignet droit. Le mutant ferma les yeux, ne supportant plus de croiser ce regard complètement fou que le prêtre posait sur lui, lui demandant de choisir entre perdre ses attributs ou sa main, l’accablant ensuite de la même manière que ses parents quelques années plus tôt…

    Je n’ai jamais envié ou volé qui que ce soit… J’ai peut-être bien souhaité un jour être aussi droit et intelligent que ma sœur ainée, mais pour ce dont vous m’accusez je plaide non coupable. Mon âme est sans doute sale d’autres choses – je ne m’en cache pas, malheureusement – mais qu’en est-il de la miséricorde ? Tout pêcheur que je suis, je souhaitais simplement vous aider… est-ce que vous trouvez juste que je perde un membre pour avoir voulu vous prêter main forte ?

    Si oui, je souhaiterais conserver mes deux mains… s’il vous plaît…


    Sa voix avait tremblé tout du long, et si Alberto y regardait de plus près il ne pourrait ignorer les quelques larmes qui embuaient à présent le regard du jeune mutant… Sa musique était tout ce qu’il avait pour oublier son triste quotidien, alors mieux valait renoncer aux parties de jambes en l’air qui étaient bien trop nombreuses lorsqu’il était sous l’emprise de la drogue et conserver ses deux mains ; elles seules pouvaient tenir une guitare et lui tirer ces sons que Gabriel aimait tant…

    Gabriel ferma ne nouveau les yeux lorsque le prêtre approcha son visage de lui, craignant que ce dernier ne mette à exécution une sentence qu’il ne comprenait pas : il s’était plutôt bien comporté et était resté dans la ruelle pour prêter main forte – assez inefficacement, d’accord – au prêtre qu’il ne pensait pas armé ; Gabriel aurait vraiment mieux fait de poursuivre sa tournée des bars pour trouver un endroit où jouer avec son groupe…

    Le prêtre finit par reprendre la parole et Gabriel sentit son souffle chaud effleurer sa joue gauche légèrement humidifiée par les larmes qui avaient coulé. A l’entendre, il ne paraissait pas vraiment enchanté, et Gabriel comprit bien vite ce qui clochait lorsqu’il entendit Alberto lui dire qu’il le « coupait du pouvoir de Dieu » …

    Dans tous les cas, je me prendrais un coup d’épée… à quoi bon vous répondre, hein ?

    Gabriel laissa échapper un soupir mêlé de lassitude et d’un tas d’autres choses. S’il avouait être mutant, il se ferait tailler en morceaux pour avoir « coupé le prêtre du pouvoir de dieu »… S’il n’avouait pas, il perdrait un membre et se ferait peut-être également tailler en morceaux…

    Mieux valait laisser planer le doute ; la neutralité, c’était quelque chose que Gabriel maîtrisait plutôt bien…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Lun 21 Sep - 7:41

"Tu n'as pas vu cet homme tuer, voler, corrompre, mais l'œil de Dieu voit les âmes et le tréfonds des cœurs. Tous nos actes laissent des traces, et seules la confession sincère et l'absolution du seigneur peuvent les faire disparaître. Il méritait son sort, et s'il ne se repent pas avant sa mort, qu'il s'effraie par avance de la justice de Dieu, qui sera inexorable."

Padre Alberto se sentait mal à l'aise. Comme une boussole qui ne saurait plus avec certitude où se trouve le Nord. Etait ce Dieu qui le mettait à l'épreuve en lui retirant son don ? Devait il essayer d'appliquer son propre jugement au lieu de suivre les cibles qui lui étaient désignées ? Le père Capitaine Matteo lui avait souvent répété que chaque homme devait trouver en lui la voie qu'il souhaitait suivre, et que ce n'était que volontairement, et avec incertitude, qu'on parcourait le chemin du juste. Peut être que ce jeune homme n'était pas l'instrument du démon, mais l'épreuve envoyée par Dieu.

C'est vrai que le jeune homme était resté à ses côté dans la ruelle. Il aurait pu fuir, ou même se retourner contre lui, mais il avait plutôt fait mine de l'assister, et c'est un peu grâce à lui que l'attention du maquereau avait été détournée. Il regarda Gabriel, détailla ses traits, ses yeux fermés par la peur, écouta le tremblement de sa voix. Il reconnaissait sa condition de pécheur, même s'il remettait en cause ceux qu'il lui imputait.

Relâchant sa pression, Padre Alberto laissa Gabriel reprendre son souffle et essuya la sueur qui lui coulait sur le front. Il ne pouvait pas prendre sa décision impulsivement. Il n'avait pas senti une grande aura de péché, et rien ne lui prouvait que le démon était à l'œuvre. Il s'écarta franchement et rengaina son épée, la masquant à nouveau sous sa soutane.

"Tu as raison, ton âme est sale, et tu as aussi raison de penser que j'aurais pu purifier la rue quelle que soit ta réponse. Mais je vais suspendre ma décision pour le moment, car tu as été envoyé pour me tester, et je n'ai pas encore déterminé si ton commanditaire était Dieu ou le Diable. Quittons ces lieux avant que la police ou des hommes de mains du type là bas ne nous poursuivent, et ensuite nous aurons une grande discussion."
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Lun 21 Sep - 11:35

    Toujours tremblant, les yeux clos, Gabriel espérait avoir trouvé les mots suffisants pour inciter le prêtre à le relâcher, sauver ses deux mains ainsi que ses attributs masculins. Ce dernier lui expliqua qu’il n’avait certes pas vu de ses yeux de pêcheur le gringalet tuer, voler et corrompre, mais que l’œil de Dieu l’avait vu au plus profond de son cœur… Gabriel entrouvrit les yeux pour apercevoir le visage toujours aussi peu rassurant du prêtre et les referma avant de se risquer à une réponse.

    Est-ce Dieu qui vous a indiqué ce type ? Vous a-t-il expressément demandé de lui trancher une main ?

    Gabriel trouvait cela étrange, mais pas vraiment étonnant de la part d’un prêtre. Sans véritablement tourner leur vocation au ridicule, le mutant savait que certains avaient fait pas mal de choses étranges soi-disant au nom de Dieu… Gabriel choisit de rester silencieux et de ne pas exposer à voix haute son point de vue aussi longtemps que cette épée resterait aussi proche de lui et d’un membre facile à couper.

    Le prêtre sembla ensuite hésiter, et Gabriel sentit son étreinte faiblir. Rouvrant les yeux pour comprendre ce qui avait provoqué ce changement chez son assaillant, Gabriel pu constater que ce dernier l’observait toujours mais avec nettement moins de fureur cette fois… Oui, le prêtre semblait douter : les paroles de Gabriel avaient-elles permis de semer suffisamment la confusion dans son esprit pour produire cela ? le mutant n’en était pas tout à fait sûr, mais il laissa échapper un soupir de soulagement lorsque Alberto le relâcha et rangea son épée.

    Gabriel se courba un peu le temps de reprendre son souffle, son regard clair ne quittant pas le prêtre du regard, au cas où le relâcher et faire mine de rengainer sa lame n’ait été qu’une ruse. Certes, ce genre de manœuvres n’étaient ordinairement pas exécutées par des hommes d’église, mais après tout, les hommes d’église n’étaient pas non plus sensés être armés et sortir la nuit pour trancher des mains. Gabriel reprit son souffle après quelques minutes et se redressa enfin, jetant un œil à sa guitare qui par chance n’avait pas été irrémédiablement abimée par le mur. Les doigts du mutant aux ongles peints en noir glissèrent sur l’une des rayures superficielles infligées à la caisse de sa guitare blanche, et il reporta son regard sur le prêtre, n’y mettant aucune expression particulière. Ni colère, ni envie de vengeance pour lui montrer qu’il n’appréciait pas que l’on dégrade le seul bien matériel auquel il tenait, simplement un regard curieux…

    Alberto donna raison à Gabriel sur le fait que son âme était sale, et sur le fait également qu’il aurait pu « purifier » la rue après l’une ou l’autre des réponses…

    Parce que je suis sale à ce point ?!

    Là c’était surprenant : Gabriel savait qu’il n’était pas vraiment un modèle de vertu, mais il n’aurait jamais imaginé que de trop rares coucheries et un peu (beaucoup) de drogue lui vaudraient de perdre un membre…

    Le prêtre expliqua qu’il suspendait sa décision pour le moment, laissant entendre que le jeune homme avait été envoyé pour tester sa foi. Gabriel haussa un sourcil, surpris par les paroles de son interlocuteur, et enfouit de nouveau ses mains dans les poches de sa veste en cuir. Il proposa également de quitter les lieux rapidement, au cas où des hommes de main se mettraient en tête de venger leur patron… Gabriel acquiesça lorsque le prêtre expliqua qu’ils auraient une grande discussion par la suite et se mit en route à ses côtés, jetant par sécurité un regard derrière eux, en direction de la ruelle qu’ils avaient quittée un peu plus tôt.

    Je m’appelle Gabriel, au fait…

    Autant qu’il connaisse le prénom de celui dont il trancherait un membre d’ici quelques minutes…
    Gabriel indiqua la pharmacie au prêtre d’un mouvement de tête lorsqu’ils arrivèrent à proximité, et il s’immobilisa sur le trottoir.

    Elle est encore ouverte, vous êtes un petit veinard… Là-bas ils pourront extraire cette balle sans trop poser de questions… du moins, je l’espère !

    Il ne savait pas vraiment quelle était au juste la blessure du prêtre, mais Gabriel n’avait pas envie de le laisser se vider de son sang. Il venait souvent s’acheter un peu de « matériel » pour survivre aux lendemains de défonce, et jamais personne ne l’avait questionné sur ce qu’il fabriquait avec autant d’aspirine.
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Ven 2 Oct - 16:07

Padre Alberto soupira. Avait il envie de répondre aux questions du jeune homme? Il n'avait pas l'habitude qu'on lui pose des questions. Il faisait son travail, il envoyait ses rapports. Ce qu'il faisait était juste, et répondait au Grand Dessein de son Ordre, qui était l'éradication du Mal sous toutes ses formes, à n'importe quel prix. Ce soir, c'est ce qu'il avait fait, mais il avait le sentiment qu'il s'y était mal pris. Trop voyant, trop... irréfléchi, instinctif. C'est pour cette raison et uniquement cette raison qu'il avait maintenant ce Gabriel sur le dos, et potentiellement le maquereau qu'il avait mutilé.

Jetant un regard en coin vers Gabriel, il trouva son attitude étrange. Il était trop... détaché. Pas de peur, pas de colère, même pas de l'agacement. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme lui. C'est peut être ce qui le décida à parler.

"Si tu n'as pas la foi, tu ne pourras pas comprendre ce que je vais dire, mais Dieu ne nous parle pas, il ne pointe pas une flèche vers les agents du Démon. Chacun de ses serviteurs a un don qu'il est libre d'exploiter dans le cadre de son libre arbitre. Dieu nous donne des outils, et c'est à nous de les mettre à Son service. Dieu m'a donné la capacité de lire les âmes, et je suis le bras de Sa justice"

Il observe longuement Gabriel. Il ne sentait rien, son don semblait s'être évanoui. Il ignore sa présentation et sa remarque sur la pharmacie et la dépasse sans même y prêter un regard. Il tourne à nouveau ses yeux vers l'avant et marche en silence une minute. Un parc sur la gauche attire son attention et il se dirige vers le portail défoncé pour y pénétrer.

"Il n'y a pas de balle à extraire, elle n'a fait que racler quelques côtes. Lorsque j'ai regardé ton âme, mon fils, j'y ai vu la corruption insidieuse. Ta vie n'est pas la vie d'un juste, ton âme s'entache au fur et à mesure d'actions qui t'éloignent de Dieu. Luxure... J'ai senti la luxure en toi. Tu t'abandonnes au pur plaisir charnel, tu réitères les erreurs de Sodome et Gomorrhe. Mais là, alors que tu marches juste à côté de moi, je ne ressens rien. Gabriel... connais-tu l'histoire de l'archange Gabriel ? Il est l'un des quatre archanges de Dieu. Son nom signifie Dieu est ma force. C'est lui qui a annoncé à Marie la naissance de Jésus par l'Immaculée Conception. Autant dire que tu portes le nom d'un des piliers des valeurs chrétiennes, pourtant tu n'as pas l'air de t'inspirer de ce magnifique exemple."

Une fois dans le parc, le prêtre avise un banc près de l'entrée. Sa peinture verte était maculée par des tags injurieux ou obscènes ou les deux. Ignorant les dégradations, il s'assit, quelque peu lourdement, mais de façon à soulager du mieux possible ses côtés. Son glaive tendait légèrement le pan de sa soutane le long de ses jambes allongées.

"Qui es tu, Gabriel ? Dis moi pourquoi je ne t'ai pas passé au fil de l'épée dans la ruelle ?"
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Mar 6 Oct - 14:09

    Gabriel marchait aux côtés du prêtre et le bombardait de questions qui pour lui étaient pleines de sens, mais qui n’avaient pas l’air d’intéresser l’homme d’église… C’était dommage, parce que Gabriel aurait bien aimé en apprendre plus sur cette « perception des pêchés » que cet homme semblait posséder de par la volonté de celui qu’il servait. Fichue curiosité !

    Le mutant sentit le regard du prêtre glisser sur lui et orienta son regard de manière à croiser celui du saint homme, sans doute pour y trouver une bribe de réponse à ses questions. Il finit par reprendre la parole, expliquant que si Gabriel n’avait pas la Foi, il ne comprendrait pas… Gabriel acquiesça et écouta la suite, écoutant une explication qui au fond en valait une autre : Dieu ne parlait pas, ne pointait pas les pêcheurs de son doigt ou d’une flèche... Le mutant eût le bon sens de se taire et d’attendre la suite de l’explication : c’était aux serviteurs de Dieu de faire usage de leur don de d’identification des pêcheurs selon leur libre arbitre…

    Oui, mais alors… Sans trop vouloir critiquer, le libre-arbitre c’est une très bonne chose mais… enfin vous n’ignorez sans doute pas les dérives qu’il y a pu avoir un peu partout ! Si chacun est libre d’apprécier qui pêche de manière impardonnable et qui n’est qu’un « petit joueur », ça signifie que d’un prêtre à l’autre j’ai une chance sur deux de me faire passer une lame en travers du corps... une chance sur deux, c’est pas rien quand même ! – Gabriel constata qu’ils avaient dépassé la pharmacie – Pour la balle, vous ne voulez pas… ?

    Alberto prit le chemin de la grille défoncée/entrouverte d’un parc, et Gabriel continua de marcher à ses côtés, sa guitare se balançant dans son dos au rythme de ses pas. Le prêtre expliqua qu’il n’y aurait pas de balle à extraire et que la balle n’avait sans doute dû que l’effleurer, ce qui était une très bonne chose au final.

    Si je peux me permettre une question… j’ai déjà croisé la route de quelques prêtres, et je ne crois pas en avoir déjà vus équipés d’une lame ou de ce genre d’équipements : est-ce que c’est spécifique à votre paroisse ?

    Poser les questions sans paraître insolent, c’était ce qu’on lui apprenait depuis son plus jeune âge. Gabriel avait évidemment séché autant de cours de catéchisme que de cours au lycée, mais l’essentiel ne lui était pas passé au-dessus de la tête pour autant ; il n’était pas ignorant du respect qu’il convenait de manifester envers un prêtre, un abbé ou ce genre de représentants…

    Le parc semblait désert, mais Gabriel percevait de manière assez inexplicable quelques manifestations de vie auxquelles il n’avait encore jamais été sensible… Avarice et convoitise, juste derrière un caveau en pierre, où deux personnes dealaient probablement des substances peu catholiques. D’autres perceptions plus lointaines achevèrent de troubler Gabriel, qui fit encore quelques pas sur le chemin de graviers alors qu’Alberto s’était installé sur un banc. Lorsqu’il s’en rendit compte, Gabriel revint sur ses pas et se planta devant lui un peu sur sa gauche, écoutant le récit du prêtre au sujet de son âme.

    Le prêtre expliqua avoir ressenti à quel point son âme était corrompue, et un peu plus à chaque faux-pas que commettait le mutant. Gabriel baissa les yeux sur le bout de ses baskets, semblable tout à coup à un petit enfant conscient d’avoir fait pas mal de bêtises… Le mutant fixa de nouveau le prêtre quelques secondes plus tard lorsqu’il expliqua qu’à présent qu’il marchait à ses côtés, il ne ressentait plus les salissures de son âme… Un début de réponse s’ébaucha dans l’esprit du jeune homme, qui n’avait jamais espéré un jour pouvoir bloquer un pouvoir octroyé par Dieu, mais qui en revanche était plutôt doué pour bloquer un pouvoir mutant. De deux choses l’une, soit le prêtre était mutant et se cachait derrière sa foi pour humaniser sa condition et ainsi passer inaperçu, soit il était mutant et l’ignorait…

    Un léger soupir échappa à Gabriel : ce n’était pas à lui de tirer cette histoire au clair ; peut-être même que ce prêtre n’avait pas envie que quelqu’un tire quoi que ce soit au clair le concernant…

    Ce dernier lui demanda de manière assez rhétorique s’il connaissait son homonyme Archange, avant d’enchaîner sur une explication que Gabriel avait déjà entendue partiellement étant plus jeune, mais qui une nouvelle fois paraissait aussi surprenante qu’à l’époque où il l’avait entendue pour la première fois. Alberto observa que porter un tel nom n’empêchait pourtant pas Gabriel de salir son âme, et Gabriel baissa de nouveau les yeux et renonça à fixer de nouveau son interlocuteur dans les yeux…

    Sa tactique fut toute autre, et le mutant se débarrassa de la sangle de sa guitare, déposant cette dernière avec un infini soin près d’Alberto sur le banc avant de s’agenouiller près de son flanc meurtri. C’est à ce moment précis qu’il consentit à fixer de nouveau cet homme qui l’avait suffisamment intrigué pour qu’il ne s’en retourne pas à son quotidien misérable, plongeant ses yeux bleu clair dans ceux du saint homme.

    Je crois qu’il vaudrait mieux y jeter un œil pour s’assurer que cela ne risquera pas de s’infecter.

    Les graviers lui écorchaient désagréablement les genoux à travers son jean, mais Gabriel n’en montrait aucun signe. Le prêtre lui demanda finalement pourquoi il ne lui avait pas passé sa lame en travers du corps dans la ruelle, lui demandant dans la foulée qui il était… Deux questions difficile, surtout si on considérait le fait que Gabriel n’était pas certain de la réponse à fournir à la première question, et qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il convenait de répondre à la seconde. Autant dire qu’il risquait de ramer…

    Qui je suis… J’avoue me le demander assez régulièrement. Je ne suis qu’un musicien, c’est ce qui me définit le mieux, c’est l’une des seules choses positives que je sois capable de faire. Etait-ce le sens de votre question ? – ce pauvre Gabriel ramait, c’était un fait. Il frotta ses deux mains l’une contre l’autre, chassant le froid qui tentait de les engourdir – Je ne sais pas non plus pourquoi je n’ai pas fait plus ample connaissance avec votre lame… Sans aller jusqu’à prétendre que c’était la volonté d’une puissance supérieure, je dirais que j’ai simplement dû poser une question qui vous a amené à douter de ce qu’il convenait de faire de moi et de mon âme dégoûtante…

    Est-ce que c’est mal ?


    Le mutant avait de nouveau levé les yeux vers Alberto, semblant essayer lui aussi de comprendre le sens de leur recontre…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Mar 13 Oct - 13:37

Devait il se défaire du jeune homme ? Il risquait gros, Gabriel pourrait aller raconter partout l'histoire du prêtre guerrier ayant démembré un souteneur dans une ruelle sombre. New York avait beau être une grande ville, avec un grand nombre d'églises, le retrouver prendrait au plus quelques semaines. Mais n'était il pas trop tard de toute façon ? Il ne pouvait en aucun cas l'éliminer, l'épisode de la ruelle l'avait prouvé, et son visage était largement connu.

Ecartant doucement mais fermement le jeune homme de sa blessure, il l'invita à venir s'asseoir à côté de lui.

"Le libre arbitre est le premier cadeau de Dieu, Sa loi est le second. Tout prêtre devrait savoir juger équitablement les fautes qui lui sont présentées. Mais chaque prêtre est soumis aux défauts de sa condition humaine, aux défauts de sa subjectivité. Sans compter qu'être un homme d'Eglise n'est pas être un homme de Dieu. Mais cet aspect n'est pas l'objet du débat."

Remettant en place le pan de sa soutane, Padre Alberto masqua de manière plus adéquate la lame brillant dans le clair de lune.

"Il est certaines choses dont il ne faut pas parler, mais notre civilisation oublie bien souvent que l'Eglise l'a protégée de bien des maux, et que même parfois elle a été sauvée sans qu'elle le sache. L'Eglise veille sur ses ouailles et sur tout l'Humanité. Mais ne parlons plus de cela, veux tu ?"

Pourquoi Gabriel était il agenouillé ? Padre Alberto le considéra dans la lumière chiche des lampadaires. Ce n'était pas la posture du pénitent, mais c'était certainement la posture du samaritain, prêt à aider son prochain.

"Peut être que tu sais faire bien mieux que jouer de la musique et que tu ne le sais pas encore. Regarde toi agenouillé tel le Bon Samaritain de l'Evangile de Luc. J'ai choqué tes croyances, j'ai menacé de te passer au fil de l'épée, et pourtant te voici encore avec moi, prêt à me venir en aide, à soigner ma blessure. Est ce pour cela que je ne sens plus de mal en toi ? Est ce de la repentance et non de la dissimulation ?"

Padre Alberto secoua la tête. Son incompréhension le laissait perplexe, mais il sentait un étrange sens dans les évènements de ce soir. Dieu avait pointé Son doigt et sans le savoir il avait suivi Sa direction. Etait il ici pour sauver ce jeune homme d'un péril ? D'une mauvaise route ? Saisissant Gabriel par les épaules, il plongea ses yeux dans les siens.

"Pourquoi te trouvais tu dans cette ruelle ? Cherche en toi ce que tu es, et dis moi ce que t'inspire ta vie ! Dieu a provoqué cette rencontre et nous donne la chance de réfléchir sur nous et nos existences, ne gâchons pas cette occasion ! Je suis un homme de Dieu et Sa loi est ma vie. Mon épreuve est elle de savoir si tu mérites de vivre ou de mourir, mon épreuve est elle de t'aider à surmonter tes faiblesse pour faire de toi un juste au lieu de t'éliminer ? Souhaites tu confesser tes péchés ?"
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Dim 18 Oct - 12:53

    (désolée pour le retard, j’avais surtout pas envie de te poster un truc en-dessous de tout… ^^)

    Agenouillé dans les gravillons, Gabriel essayait d’apercevoir la blessure du Padre sans toute fois oser le toucher pour approfondir son examen. Le jeune homme n’était pas médecin et n’avait pour ainsi dire jamais étudié cette discipline de près ou même de loin, mais il avait suffisamment été blessé physiquement ces deux dernières années pour être capable de prodiguer les premiers soins. Cela ne serait bien sûr jamais aussi parfait que s’ils étaient donnés par un représentant du corps médical, mais ça lui apporterait sans doute un certain soulagement s’il se laissait faire…

    Le prêtre écarta finalement Gabriel avec suffisamment de fermeté pour que ce dernier ne tente pas d’approcher de nouveau de son flanc blessé. Le jeune homme se contenta de rester immobile, tâchant d’ignorer la morsure des cailloux inégalement taillés infligée à ses genoux…

    Alberto rebondit sans trop de soucis sur les paroles de son interlocuteur, et rappela à Gabriel que le libre-arbitre était l’un des tout premiers cadeaux qui ait été fait aux Hommes. Il précisa également que même si chaque prêtre devait être capable de juger les porteurs de fautes de manière équitable, ils n’en étaient pas moins influencés par leurs propres défauts puisqu’ils étaient également humains…

    Gabriel conserva le silence dans un premier temps et acquiesça simplement lorsque le Padre fit état d’un fait que Gabriel avait pu vérifier par le passé, lorsqu’il était encore « forcé » de se rendre aux cours de catéchisme. Assurément, n’importe qui pouvait tenir le rôle d’un homme d’Eglise, et ce n’était pas le Père Dimitri – son ancien professeur – qui viendrait contredire ce fait. Menteur et voleur, il était également connu comme un fervent adepte des relations poussées avec des femmes unies à d’autres hommes… Gabriel n’avait jamais caché à quel point les sermons de cet homme incapable de respecter les Lois de celui qu’il servait lui passaient au-dessus de la tête : si même le serviteur ne respectait par Dieu, à quoi bon inciter de jeunes enfants à le respecter ? C’était à la fois mal venu et dénué de toute crédibilité, et Gabriel avait bien vite déserté ces cours qui l’ennuyaient tant.

    Cela aurait pourtant pu être un débat intéressant, mais l’endroit ne s’y prête pas de manière idéale malheureusement…

    Le parc était vraiment très glauque, et Gabriel ne se voyait pas entamer une discussion aussi sérieuse dans un lieu où n’importe qui pouvait leur tomber dessus sans prévenir… Tout le monde savait que les parcs étaient mal famés, mais pourtant cela n’avait pas empêché le Padre de s’y installer. Un éclat brillant attira l’attention de Gabriel l’espace de quelques secondes, et il vit le prêtre faire disparaître son impressionnante lame sous un pan de sa soutane, empêchant ainsi cette dernière de refléter les rayons de la lune.

    Gabriel acquiesça simplement lorsque le Padre expliqua que l’Eglise avait protégé les Hommes d’un certain nombre de maux, et parfois même à son insu. Le Saint Homme proposa ensuite de parler d’autre chose, et Gabriel acquiesça de nouveau tout en changeant de position pour soulager ses genoux meurtris, s’installant en tailleur exactement au même endroit, les coudes en appui sur ses cuisses comme un gosse prêt à écouter son grand-père lui conter une histoire. Le vent soufflant par intermittences sema le trouble dans les longs cheveux noirs du mutant avant que ces derniers ne retrouvent leur immobilisme, à l’image de leur propriétaire…

    Le regard du Padre s’attarda sur la silhouette de Gabriel, et il finit par conclure après de longues minutes qu’il devait savoir faire bien mieux que de jouer de la musique même s’il n’en était pas conscient. Le mutant haussa un sourcil, essayant de trouver ce qu’il avait pu faire d’autre qui soit aussi exemplaire que son doigté à la guitare, mais absolument rien ne lui vint à l’esprit…

    Il n’eût cependant pas le temps de protester pour dissuader le Padre de le croire exceptionnel, mais ce dernier lui fournit une image étonnante de lui-même, le décrivant comme un Samaritain qui malgré diverses atteintes à son intégrité ou à ses croyances persistait à vouloir aider un inconnu. Gabriel baissa les yeux l’espace d’un instant, semblant méditer sur les paroles du Padre : pouvait-on expliquer sa persévérance et son entêtement à aider ce prêtre par autre chose que de la naïveté ? On le lui aurait demandé quelques jours plus tôt, Gabriel aurait tout bonnement conclu que non… à présent, le Padre éclairait d’une manière un peu plus flatteuse le comportement du jeune homme, faisant de lui non pas un bon à rien naïf mais un homme de cœur.

    J’ignore ce dont il s’agit, et je suis désolé de ne pas pouvoir vous fournir une réponse pour le moment… pourtant j’y réfléchis, mais… Enfin, rares sont les gens qui prennent le temps de discuter plus de 5 minutes avec moi ordinairement, donc il me faudra sans doute un peu de temps pour trouver une réponse cohérente… - et sans doute un peu moins de cocaïne dans le sang !Je suis conscient de ne pas avoir été un modèle de vertu, cependant. J’essaie de me sortir de mes multiples travers à ma façon, et peut-être que ma tendance à aider les gens sans réellement le chercher ou même vouloir l’admettre en fait partie… Je ne sais pas…

    Le Padre secoua la tête, semblant tout aussi perplexe que Gabriel. Le jeune homme fut partiellement rassuré de voir que lui non plus n’y comprenait rien, mais le fut nettement moins lorsque le Padre le prit par les épaules et plongea son regard pénétrant dans les prunelles claires du mutant, lui demandant ce qu’il était venu faire dans cette ruelle et lui demandant de réfléchir à sa condition…

    Je… j’étais sorti pour faire la tournée des bars - pas pour boire, juste pour faire connaître mon travail en tant que musicien ! Il y avait une jeune femme aux prises avec deux hommes, et même s’il s’agissait d’une pu… prostituée, elle avait autant qu’une autre le droit d’être aidée. – Gabriel fixa de nouveau le Padre avant de reprendre la parole – Et vous, que veniez-vous faire dans cette ruelle ?

    Si une puissance supérieure avait voulu qu’ils se croisent, il n’y avait aucune place pour le hasard. Le Padre laissa entendre que déterminer si Gabriel devait vivre ou non était peut-être son épreuve ou une manière de le tester lui et sa Foi… Il enchaîna finalement en lui demandant s’il souhaitait se confesser, et Gabriel resta silencieux pendant de longues secondes.

    Si vous n’avez personne de plus important à remettre sur le droit chemin, j’aimerais bien oui… Vous avez l’air différent de vos semblables, et je crois avoir moins peur de votre jugement que de votre épée…

    Gabriel avait entendu un nombre incalculable de méchancetés à son propos durant toute sa jeunesse, et les hommes d’église à l’image du Père Dimitri n’avaient pas été les plus tendres en ce qui concernait l’adolescent…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Ven 23 Oct - 11:50

Padre Alberto aima ce qu'il vit dans les yeux de Gabriel. Ce dernier ne savait pas donner un nom à ce qu'il ressentait, mais le prêtre décelait une volonté de s'améliorer. Que manquait il à ce jeune homme pour marcher à nouveau dans le chemin des justes ?

"Tu cherches à t'améliorer, tu as une tendance à venir en aide aux gens. Ce sont des qualités précieuses. Tu n'as pas vue une prostituée dans l'âme égarée de la ruelle. Tu as vu une femme qui méritait sa chance, ou en tout cas qui ne méritait pas sa malchance. Dans un sens, nous étions dans cette ruelle pour la même raison. Je parcourais la ville, guettant le mal et prêt à l'extirper si d'aventure je le rencontrais, et mes pas m'ont guidé là. New York est une ville corrompue. Sa population d'êtres démoniaques est beaucoup plus importante qu'ailleurs et l'Eglise doit veiller à ce que la situation reste sous contrôle."

Alberto leva ensuite une main et traça une croix sur sa poitrine.

"Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, je vais à présent recevoir ta confession, résultant de ton repentir sincère. Car comme le disait Saint Paul :
Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Jésus-Christ, et qui nous a confié le ministère de la réconciliation. Car Dieu réconciliait le monde avec lui-même dans le Christ, n'imputant pas aux hommes leurs offenses, et mettant sur nos lèvres la parole de la réconciliation. C'est donc pour le Christ que nous faisons les fonctions d'ambassadeurs, Dieu lui-même exhortant par nous : nous vous en conjurons pour le Christ, réconciliez-vous avec Dieu !

Mon fils, marche en confiance sur le chemin de Dieu, et laisse moi être son oreille."


Il se redressa alors sur le banc, reposa ses mains sur ses cuisses, et attendit que Gabriel trouve ses mots. Intérieurement, il remercia Dieu d'avoir retenu son bras, et de lui avoir montré que sous la suie pouvait briller l'or.

HRP : hum c'est un peu court, mais j'ai du mal à rebondir avant d'avoir eu ta confession...
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Dim 1 Nov - 22:49

    (pas de souci, je m’étais posé la question de savoir si je t’avais donné suffisamment d’éléments lorsque j’ai relu mon post ^^)

    Gabriel faisait de son mieux pour trouver au moins une réponse valable à la question posée par le Padre, mais malheureusement rien ne semblait venir. Pourtant, ce n’était pas faute d’essayer ! Le mutant baissa les yeux l’espace de quelques instants et fixa de nouveau Alberto lorsqu’il conclut que Gabriel ne cherchait qu’à s’améliorer et à venir en aide aux gens dans la limite de ses possibilités… deux qualités que le Padre jugea précieuses, simultanément à la naissance d’un sourire un peu gêné sur les lèvres de Gabriel. Les compliments n’étaient pas vraiment une chose à laquelle il était habitué, pour ne pas dire qu’ils se faisaient aussi rare que la neige en plein mois de juin depuis bien des années…

    Alberto expliqua que Gabriel n’avait vu simplement une simple prostituée dans une ruelle sombre accompagnée de deux clients potentiels, mais une simple jeune femme qui avait besoin d’aide et qui ne méritait pas ce qui lui arrivait à ce moment précis. Le mutant acquiesça avant de reprendre la parole.

    Cela ne voulait pas dire que j’ignorais sa condition… mais la plupart de ces femmes ne demandent qu’à sortir de la boue dans laquelle elles se sont enlisées avec les années ; enfin c’est la manière dont je les vois, du moins.

    Le Padre expliqua que c’était la même chose que Gabriel qui l’avait attiré dans cette ruelle, et le mutant esquissa un sourire très léger, trouvant la coïncidence plutôt amusante dans le fond. Un prêtre n’était que très rarement accoutumé à arpenter les ruelles des quartiers affamés à la nuit tombée, contrairement à Gabriel, pour lequel il était pratiquement devenu courant de trainer dans des endroits lugubres de ce style…

    Cela veut dire que vous êtes familier des lieux comme celui dans lequel nous nous sommes rencontrés… Ne craignez-vous pas d’être un jour submergé par le mal qui y règne ? Est-ce qu’Il vous protège au point de vous épargner une mauvais coup ou – le mutant baissa les yeux, désignant le flanc du prêtre d’un mouvement de menton – d’une balle pénétrant vos chairs ?

    Le Padre expliqua ensuite que la ville de New York était loin d’être épargnée par le pêché, et qu’il était d’ailleurs bizarrement concentré par rapport à d’autres villes.

    Quelques légendes populaires – de lycéens – posent Las Vegas comme étant une ville de débauche par excellence… Est-ce qu’une autre paroisse se charge de Vegas ?

    Difficile pour Gabriel de mettre de côté sa curiosité, surtout en présence d’un personnage aussi énigmatique que pouvait l’être le prêtre qui lui faisait face. Après avoir évoqué le Mal qui sévissait en ville, Alberto leva une main et se signa, expliquant qu’il était à présent près à recevoir la confession de Gabriel. Une citation probablement tirée de la Bible ne tarda pas à suivre, et Gabriel s’émerveilla comme quelques années plus tôt lorsqu’il constata la sagesse qui se dégageait de ce qui passait pour une fable aux yeux des non-croyants… Un sourire étira les lèvres du mutant.

    Alberto se redressa finalement en une posture plus solennelle, semblant tout à coup ne plus réellement souffrir de sa blessure au flanc. Ou alors, peut-être était-il encore indisposé par cette blessure mais qu’il estimait le repentir de Gabriel plus important que de chercher à soulager sa douleur par une posture plus décontractée…

    A présent mal à l’aise et également indécis sur ce qu’il convenait de dire ou sur la manière de le faire, Gabriel baissa les yeux l’espace d’un instant, observant les gravillons insignifiants qui recouvraient la terre du sentier.

    Je ne sais pas trop par où commencer… - le mutant fixa de nouveau le Padre, l’incertitude autant que l’embarras se lisant clairement sur ses traits – J’étais un garçon plutôt sage dans ma jeunesse, mais malheureusement pas bien doué à l’école… Mes parents ne juraient que par les résultats scolaires, et assez rapidement ils m’ont laissé de côté pour ne s’intéresser qu’à ma sœur ainée. Elle le méritait, elle était réellement brillante et je crois n’avoir jamais envisagé de lui en vouloir parce qu’elle était plus intelligente que moi…

    C’était déjà un bon point pour lui : Gabriel adorait littéralement sa grande sœur et n’avait jamais nourri les pulsions destructrices qui animaient certains enfants dont la jalousie maladive devenait trop dure à contenir pour qu’ils n’essaient pas de faire du mal à leur frère/sœur en lui tirant les cheveux ou en cassant son jouet préféré.

    J’ai bien vite compris que je ne brillerais pas dans le domaine des études, j’ai décidé de laisser mes talents artistiques se développer. Musique, dessin, bref tout ce qui était plus ou moins à la portée de l’enfant attardé que tous voyaient en moi… C’est compliqué pour un jeune enfant de faire la part des choses, il paraît…

    J’ai fini par m’éloigner de mes parents pour échapper à leurs remontrances perpétuelles… Mes professeurs me prenaient pour un idiot fini, mes parents également ; seule mon ainée semblait comprendre qu’il n’y avait pas que les mathématiques et les sciences qui pouvaient m’aider à montrer ce que je valais réellement… - Gabriel baissa une nouvelle fois les yeux avant de poursuivre – J’ai quitté la maison familiale un peu après mes 16 ans, lorsqu’il était devenu trop pénible de voir ma sœur se faire blâmer pour le simple fait de prendre la défense de son raté de frère… Elle ne méritait pas ça, elle aspirait à s’épanouir tranquillement sans avoir sans cesse à se préoccuper du fardeau que j’étais pour elle. – Une ombre de sourire étira les lèvres de Gabriel alors qu’il fixait de nouveau le Padre – Si vous saviez comme elle me manque !

    Le mutant observa une pause assez longue avant d’entrer dans le vif du problème, du moins du second problème qui l’handicapait depuis quelques années…

    J’ai développé parallèlement à ça une sorte de don… ou une malédiction. De mon point de vue, cela tient davantage de la malédiction que du don. Est-ce que quelque chose est dit vis-à-vis des… mutants… ? – Gabriel avait hésité à employer ce terme, mais il ne pouvait pas se confesser et mentir sur ce point en même temps – J’interfère en permanence avec les autres mutants qui se trouvent près de moi quoi que je fasse ou que je puisse décider… Il m’arrive également de pouvoir utiliser leurs pouvoirs de manière incontrôlable… Mais je n’ai jamais blessé personne ! C’est plutôt moi qui ai été blessé par la seule possession de ce pouvoir…

    Si évoquer sa vie ou sa mutation n’était pas chose facile, évoquer sa solitude l’était encore moins…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Jeu 19 Nov - 20:04

"Le Mal est présent partout. Las Vegas ou New York, il n'y a pas de différence si ce n'est qu'il se cache plus ou moins bien. Pour répondre à ta question, Vegas est surveillée également. Et Dieu protège ses fidèles. Je te l'ai dit, il donne des outils et nous devons faire au mieux avec eux car Dieu ne saurait sauvegarder la vie d'un individu au détriment d'un autre. Un jour, peut être, une balle traversera ma soutane au lieu de la déchirer, et ce jour là je monterai vers le Seigneur le sourire au lèvres, car il m'aura rappelé auprès de lui."

Ce jeune homme avait tout d'une perle découverte au milieu d'un sable fétide. Son comportement était incertain, mais tendait toujours vers le côté lumineux de sa personnalité. Le récit de sa vie éclaira de façon très claire le processus de construction biaisée qui avait été son adolescence. Comment des parents pouvaient-ils traiter ainsi un fils ? Dieu n'aime t il pas pareillement chacun de ses enfants, leur reconnaissant à tous qualités et défauts avec équité ?

"Si seulement tu pouvais entendre ton histoire avec mes oreilles... Tu n'as pas à rougir de ton comportement, au contraire, car parfois il faut lire les intentions au delà des actes. Tu es parti pour vivre ta vie et échapper à un environnement corrompu, mais aussi pour épargner des malheurs à ta soeur, ce qui est louable."

Padre Alberto imposa ses mains sur le crâne de Gabriel et ferma les yeux.

"Je t'absous de tes péchés au Dieu et de Jésus Christ. Amen. Il ne tient qu'à toi de prendre un nouveau départ avec ton âme lavée. Les démons ont été repoussés mais ils n'arrêteront jamais de te tenter. Le Juste n'est pas celui qui n'a pas de tentation, mais celui qui y résiste. Comprends tu la différence ?"

Padre Alberto sentait beaucoup de sincérité en Gabriel, et de candeur aussi en quelque sorte. Celui ci lui avouait d'ailleurs finalement que c'était bien lui qui coupait sa connexion avec Dieu. Alberto le soupçonnait fortement, mais ne voulait pas condamner Gabriel avant d'avoir entendu sa version.

"C'est donc toi qui interfère avec le pouvoir qui m'a été confié. Tu es un mutant, mon fils ? En es tu bien sûr ? Ne serait ce pas Dieu qui t'a accordé ton pouvoir afin que tu puisses oeuvrer à son grand Dessein, au combat contre le Mal ? Moi même je me suis longtemps posé la question, mais je n'ai plus aucun doute, j'ai eu la révélation de ma foi et Dieu m'a offert la capacité de participer à son oeuvre. Chacun suit son propre chemin et même si tu es plus âgé que moi quand j'ai découvert ma foi, il n'est jamais trop tard. Et au delà de la foi, il n'est jamais trop tard pour prendre le bon chemin. Peut être est ce la raison de notre rencontre. Dieu m'a forcé à te voir et à explorer ton âme sans Son aide, avec mes seuls yeux d'homme d'Eglise."

Padre Alberto ferma les yeux et prit une grande respiration. Il avait pris une décision.

"Si tu le souhaites, je peux t'aider à t'en sortir. Viens à ma paroisse et nous expurgerons la drogue de tes veines pour qu'il ne reste en toi que ta musique, tes qualités et le don que Dieu t'a confié. Qu'en dis tu ?"


[HJ : évidemment, une réponse positive à cette question est structurante pour la personnalité et le RP futur de ton personnage donc j'espère que ça ne te dérange pas que je te fasse réfléchir à l'avenir de ton personnage comme ça ^^]
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Dim 13 Déc - 13:55

    ( aucun problème, j'aime vraiment beaucoup ce rp ^^ encore désolée pour le retard par contre --" )

    Alberto fournit à Gabriel quelques réponses à ses interrogations, principalement au sujet de Vegas et de tout ce que cette ville représentait pour le commun des mortels. Argent facile, sexe, jeux et paris, Las Vegas apparaissait pour beaucoup comme étant un El Dorado où tout était permis. Ville de tous les vices, cette dernière était apparemment sous étroite surveillance si on jugeait par ce que le Padre venait de lui laisser entendre…

    Gabriel acquiesça en silence lorsqu’Alberto expliqua que Dieu protégeait ses fidèles en leur donnant les moyens de se débrouiller par eux-mêmes s’ils le voulaient bien. Chacun était donc capable de s’en sortir pour peu qu’il le désire réellement… un moyen de laisser chacun utiliser son libre-arbitre, comme l’avait expliqué Alberto un peu plus tôt. Ce dernier expliqua que lorsqu’une balle le traverserait de part en part, il serait heureux de rejoindre celui qu’il servait… Gabriel se contenta de l’observer en silence, se demandant si dans la situation du prêtre lui-même parviendrait à considérer la mort comme un rappel bienvenu.

    La Foi rend la mort plus douce… ?

    Gabriel était aussi inattentif aux cours de catéchisme que dans les autres cours où il se sentait obligé d’aller étant plus jeune, et un certain nombre de choses lui avaient de ce fait échappé. Le mutant ne savait toujours pas quelle était l’attitude qu’il convenait d’adopter face au Padre. Il finit par reprendre la parole, laissant entendre à Gabriel qu’il n’avait pas à avoir honte de l’existence qu’il avait menée, parce qu’il fallait considérer ses intentions bien avant ses actes… Une grande première pour le mutant, à qui personne n’avait jamais pris la peine d’éclaircir ce point de détail. Alberto expliqua que Gabriel avait certes quitté le foyer familial, mais qu’il ne l’avait fait que pour échapper à un environnement « corrompu » et pour épargner son ainée…

    Je n’avais jamais considéré ma fuite de cette manière…

    Les mains du Padre s’étendirent au-dessus de la tête du jeune homme avant de s’y poser souplement, et les paroles qui suivirent semblèrent réchauffer le cœur de Gabriel : un prêtre lui pardonnait tout ce qu’il avait pu faire de mal dans ce qu’il venait de confesser… Le mutant n’avait jamais cherché à faire le mal autour de lui ou à dissimuler quoi que ce soit, et le fait d’obtenir le pardon sans même avoir eu besoin de tricher était une très bonne chose…

    Alberto conclut qu’il appartenait à présent à Gabriel de prendre un nouveau départ à présent que son âme était lavée. Il précisa également qu’il ne serait pas en paix pour autant, et qu’il devrait poursuivre ses efforts pour résister à toutes les tentations qui se présenteraient à lui, parce qu’être juste n’était pas forcément être dépourvu de tentation…

    Je comprends… Je peux espérer être juste si au lieu de chercher à m’isoler pour éviter toutes les tentations, je peux les côtoyer de près tout en leur étant indifférent… c’est bien ça ?

    Si c’était le cas, Gabriel espérait que ça l’aiderait à se libérer de la drogue qu’il consommait assez régulièrement. Gabriel finit même par avouer au Padre qu’il était mutant, et qu’il perturbait de ce fait son don de détection du pêché… ce qui ne sembla pas vraiment l’étonner, en fin de compte. Alberto lui demanda s’il était absolument sûr d’être un mutant, et Gabriel acquiesça, l’air une nouvelle fois un peu indécis…

    Je ne suis plus sûr de rien à présent… Mon don perturbe ceux des mutants qui m’entourent, mais je ne sais pas si… - Gabriel orienta de nouveau son regard vers le Padre, le fixant de ses yeux clairs – Vous pouvez lire les âmes, y déceler les pêchés… est-ce parce que l’on vous a doté de cette capacité, ou est-ce dû à une mutation ? Je ne peux pas croire que mon simple pouvoir puisse contrecarrer un don de Dieu… Est-ce que Dieu aurait pu me confier un pouvoir pour m’encourager à rester sur le bon chemin ? Si oui, pourquoi avoir choisi un homme aussi faible que moi ?

    Tout se bousculait dans la tête du mutant, parce qu’il lui paraissait surréaliste qu’on ait pu choisir un être aussi insignifiant que lui… Il ne pouvait pas être autre chose qu’un mutant.

    Le Padre expliqua que Dieu l’avait forcé à voir Gabriel et à sonder son âme, comme s’il devait être inéluctable que leurs routes se croisent à ce moment précis. C’était à la fois fascinant et inquiétant… Gabriel reprit la parole une nouvelle fois, avec une certaine hésitation.

    Que voyez-vous à cet instant précis ?

    Alberto prit une profonde inspiration et ferma les yeux un instant. Lorsqu’il les rouvrit, il proposa à Gabriel de l’aider à prendre un nouveau départ en le débarrassant de son addiction à la drogue… La proposition était tentante, parce que Gabriel désespérait que quelqu’un lui propose de l’aide un jour… Cependant, la peur de l’échec était forte, et sans doute trop forte pour les épaules du chanteur…

    Je ne suis pas certain d’y parvenir… Me détesterez-vous si une nouvelle fois je venais à échouer ? Est-ce que Dieu me détesterait également ? Malgré ma bonne volonté, je ne suis pas vraiment un élève modèle, et…

    Gabriel baissa les yeux, ne trouvant plus quoi dire. Il avait déçu tellement de gens sans le vouloir en 23 ans, que la perspective de décevoir un homme de Dieu – et Dieu lui-même – devenait étrangement angoissante…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Mer 16 Déc - 16:05

"Le dogme nous apprend que la mort n'est qu'une étape. Après notre vie sur cette terre, Dieu nous rappelle à lui. Les justes siègeront à sa droite tandis que les pêcheurs iront brûler dans les flammes du purgatoire. La mort en elle même n'est donc pas douce, mais la foi en Dieu et en l'existence du Paradis permet de ne pas la redouter. Ainsi tu le vois, la mort est comme ton départ. Ces évènements sont différents selon le point de vue duquel tu les observes."

La remarque de Gabriel après son absolution fut un baume au coeur du prêtre. Elle signifiait qu'il avait compris le principal enseignement de Dieu : nul n'échappe à la tentation, et ne pas y être soumis ne prouve pas la qualité de l'homme. L'homme qui résiste à la tentation est bien plus proche de Dieu que celui qui n'y est pas soumis, car qui connait son coeur avant de l'avoir mis à l'épreuve du feu ?

"Le Juste n'est pas un Juste à sa naissance. Il le devient en prouvant sa foi et sa force de caractère. Il sera stoïque confronté au Mal, et ne s'y soumettra pas volontairement. Combien de coeurs purs se sont vus corrompus par un excès d'orgueil ? Celui qui cherche à prouver sa qualité n'est pas sur le chemin de Dieu, seul celui qui la vit naturellement est vierge de toute déviation."

La question suivante était plus délicate. Gabriel se considérait comme un mutant, un être maléfique. Il semblait également suggérer que lui, Padre Alberto, pourrait être un mutant, et que son pouvoir pourrait ne pas provenir de Dieu. Qeulle tristesse de voir une jeune âme aussi désorientée, aussi prête à douter de la volonté du Tout Puissant.

"Je ne suis pas un mutant. Mon don m'a été confié par Dieu et je l'ai découvert lors de mon séminaire. J'ai failli emprunter le mauvais chemin et m'éloigner de Dieu, mais celui ci m'a montré ma voie et m'a fourni les moyens pour exécuter sa volonté. Tu as tort de douter de Sa volonté. S'il t'a choisi et s'il a provoqué notre rencontre, c'est qu'il a confiance en toit et en tes capacités. Ta faiblesse est pareille au cocon de la chenille. Au moment voulu, elle se déchirera et laissera se déployer les ailes de ta force. Voila ce que je vois en toi. Une chrysalide fragile perdue au milieu des immondices, inconsciente de l'être qui sommeille en elle."

Padre Alberto se leva en s'appuyant sur le banc et se dressa devant Gabriel, toujours agenouillé au milieu du chemin. Sa main droite se tendit vers le jeune homme pour le relever. Par un curieux effet de perspective, sa tête était nimbée par la lumière du lampadaire, à la manière d'une auréole.

"Viens avec moi, et donne le meilleur de toi même. Dieu ne laisse pas échouer ceux qui sont sincères dans leur coeur. Et Dieu aime chacune de ses brebis, même s'Il dépêche des gens comme moi pour en remettre certaines dans le droit chemin, ou pour les envoyer vers lui."

Gabriel ne put malheureusement pas répondre, car une voix s'éleva soudain une dizaine de mètres plus bas dans le chemin.

"Eh un prêtre et une pédale aux cheveux longs dans notre parc en pleine nuit, vous savez pas qu'il y a des hôtels pour ça ?"

Une autre voix tout aussi goguenarde répondit.

"Ou des sacristies, mais les sacristies, c'est peut être que pour les bonnes soeurs et les enfants de coeur. T'en penses quoi, Skull ?"

"J'en pense que c'est notre parc, et que si doit se passer des choses ici, ça doit nous rapporter ou ça doit virer son cul de pédé de chez nous."

Padre Alberto tourna un regard de glace vers les deux loubards vêtus de fripes et de cuir rapé. L'un était chauve, avec des piercings tout le long de la lèvre et du nez, et un tatouage en forme de crâne grimaçant sur la joue droite. L'autre avait une tignasse rousse hirsute, et deux cornes d'acier, vraisemblablement implantées sous son cuir chevelu, lui donnait un air démoniaque. Lorsqu'un sourire découvrit ses dents, Gabriel et Alberto purent constater sur ses canines étaient limées pour imiter les crocs d'un vampire.

Padre Alberto ne les avait pas sentis approcher, voilà qui était bien fâcheux. Et il ne sentait rien en eux à cause de Gabriel.
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Sam 19 Déc - 22:44

    Gabriel hocha la tête en silence lorsque le Padre expliqua que la mort n’était qu’une étape, telle que décrite par le dogme auquel il croyait. Dogme, c’était un mot qui avait tendance à sonner de manière négative aux oreilles du mutant comme bon nombre d’autres mots du même type impliquant qu’un être vivant ne pouvait faire ou dire ce qui lui passait par la tête : les musulmans ne mangeaient pas un gramme de porc parce que l’animal était jugé sale et impur, ce qui avait pu être vrai des siècles plus tôt, mais ne l’était plus nécessairement à présent que les normes sanitaires en matière d’abattage avaient évolué positivement…

    La question de la mort et de l’au-delà inquiétait Gabriel depuis quelques années, et même si son imagination était fertile, il n’avait rien trouvé qui soit susceptible d’expliquer ce qui arrivait après qu’un être humain ait rendu son dernier souffle. La sensation en elle-même ne devait pas être idéale ou même agréable ; suffoquer n’avait rien d’attrayant, et la perspective d’une nouvelle vie par-delà la mort était certes séduisante, mais personne n’avait jamais pu en apporter la preuve formelle…

    La comparaison paraîtra peut-être inexacte, mais ça me rappelle un peu la civilisation égyptienne… sans personne qui se substitue à Dieu… et avec un Dieu unique ! – Gabriel détourna le regard l’espace de quelques secondes, craignant d’avoir prononcé un blasphème et de s’attirer les foudres d’Alberto – Enfin sur le principe, tout du moins… Nous serons tous jugés, au final…

    Le sujet de la Foi n’était pas vraiment celui avec lequel Gabriel se sentait le plus à l’aise, et cela devait se voir encore plus que le nez au milieu de la figure. Alberto expliqua ensuite que celui qui était Juste ne l’était pas dès sa naissance et le devenait par ses actes autant que par son comportement ; Gabriel ne s’était pas trompé sur ce point et cela rassura le mutant.

    Donc si je comprends bien… en cherchant à tout prix à prouver sa valeur on s’éloigne du bon chemin ? – Gabriel secoua la tête, trouvant les paroles du prêtre plus logiques à présent – Donc en m’étant contenté de vivre sans chercher à hurler sur les toits que j’étais quelqu’un de bien, je me trouvais bien plus proche du bon chemin qu’une personne qui aurait cherché pendant toute une vie à se remettre dessus ?

    Le jeune homme n’osait pas le dire mais ce point lui paraissait quelque peu injuste, dans la mesure où celui qui ne faisait rien était au final mieux vu que celui qui s’escrimait à essayer d’être quelqu’un de bien… Alberto exprima son point de vue au sujet de la mutation (du don ?) de Gabriel, et ce dernier esquissa un sourire étrange lorsqu’il l’entendit le comparer lui et sa faiblesse à une chrysalide qui ne demandait qu’à s’épanouir. Gabriel revint néanmoins sur le fait qu’il possède un don et non une anomalie génétique, sa maladresse sautant probablement autant aux yeux du prêtre que son hésitation…

    Je comprends bien… seulement… Vous pensez sérieusement qu’Il m’aurait donné le pouvoir de perturber et les dons comme le vôtre et les pouvoirs mutants ? Je ne suis qu’un fétu de paille, je… je…

    Le Padre s’appuya sur le banc pour se relever et lui tendit une main pour l’aider à se relever puisqu’en effet Gabriel était resté agenouillé dans les gravillons depuis le début de leur conversation. Le mutant leva les yeux vers le prêtre et crut un instant halluciner en voyant une sorte d’auréole nimber la tête d’Alberto. Plissant les yeux, Gabriel comprit sans souci qu’il s’agissait de la lueur d’un lampadaire situé pile derrière lui… Le jeune mutant prit la main d’Alberto et se releva dans la foulée, acquiesçant à ses paroles sans pouvoir répondre de manière sensée, puisqu’une voix les interrompit, débitant deux stéréotypes comme ceux qui agaçaient tant Gabriel…

    Par sécurité, le mutant pivota et se tourna du côté où ces « intellectuels » ne tarderaient pas à approcher. Une seconde voix s’enfonça un peu plus loin dans la médiocrité en terme de clichés, et Gabriel haussa les épaules avec indifférence et fixa l’un des deux hommes en blouson de cuir tout en enfouissant les mains dans ses poches…

    Il me semble pas avoir vu un panneau avec vos noms sur la grille à l’entrée et encore moins un panneau « interdit aux p*dés »… si cela avait été le cas, vous n’auriez pas pu entrer…

    Gabriel pouvait débiter les pires provocations en faisant preuve d’un self control incroyable. C’était probablement ce qui intriguait le plus ceux qui cherchaient à se confronter à lui, parce que faire preuve d’une assurance aussi froide n’était pas donné à beaucoup de monde, ou alors à ceux qui possédaient un talent caché comme notamment la maîtrise d’une arme à feu glissée à leur ceinture, ou une psychopathie à un stade plutôt avancé. Gabriel n’avait rien de tout ça, il appartenait simplement au groupe très fermé des jeunes les plus blasés de sa génération…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Ven 1 Jan - 21:02

La comparaison de Gabriel avec des religions païennes gênait un peu Alberto, mais celui décida de faire preuve d'indulgence. Le principe œcuménique pouvait parfois se révéler fructueux sur la voix de l'illumination. Un recadrage s'imposait toutefois.

"La religion égyptienne était pleine d'idoles et de principes éloignant les Hommes de Dieu pour les garder en esclavage. Il faut faire attention à certaines références qui cachent de véritables hérésies. Mais tu as raison, nous serons tous jugés, et en un sens la légèreté de notre âme ouvrira ou fermera la route du paradis."

Gabriel entama ensuite une réflexion sur sa qualité d'humilité. Mais le point principal était à souligner.

"L'important est l'intention. Vouloir être juste est bel et bon. Le clamer et s'en enorgueillir est mauvais. Si tu as été sincère en ton cœur, tu as probablement été plus proche de Dieu que n'importe quel télévangéliste. Nous sommes tous des fétus de paille. Toi, moi, nous sommes nés devant Dieu. Ce sont nos actions qui nous différencient à la fin de notre vie. Ton pouvoir n'a pas à être comparé au mien. Il est ce qu'il est et sera ce que tu en feras."

Quel dommage ne tout cas que Gabriel n'ait pas eu le temps de répondre à sa proposition. Au lieu de ça, il le regarda répondre avec audace aux deux délinquants. Audace et provocation. Il était peu probable que ce genre d'attitude les fasse fuir. Au contraire d'ailleurs comme le prouva la suite.

"Oh, un courageux ! Et drôle avec ça ! Maintenant tu vas fermer ta gueule, et vous allez nous filer vot' blé fissa. On se pèle dans ce parc de merde, et un petit remontant avec un rail nous fera pas de mal."


La lumière crue du lampadaire fit briller les lames des crans d'arrêt tirés avec vivacité, et Alberto soupira car tout allait s'enchaîner comme cent fois déjà.

"Je vous conseille de tourner les talons et de retourner à vos minables vies avant que le jugement de Dieu ne s'abatte sur vous. J'ai plus important à faire ce soir..."


"Ah ouais ? Et tu vas faire quoi ? Nous envoyer au Paradis ?"


Alberto écarta le pan de sa soutane pour faire briller la lame d'argent de son glaive.

"Les armes de Dieu écraseront celles du démon car la Justice soutiendra le Juste, tandis que le Mal détruira le Mauvais. Partez, et ne revenez plus ici."

Le prêtre n'avait pas dégainé, mais son attitude était claire. S'il devait y avoir du sang, advienne que pourra.
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Jeu 14 Jan - 14:58

    Gabriel comprit sans trop de difficultés qu’Alberto n’avait que moyennement apprécié la comparaison établie par le jeune homme. Cependant, il répondit avec le plus grand calme, procédant toujours avec cette patience que Gabriel appréciait un peu plus à chaque minute qui passait…

    Désolé…

    Le mutant aurait voulu ne pas commettre cette bourde, même si Alberto avait plutôt bien réagi. Calme et silencieux, le mutant écoutant les explications du Padre au sujet de l’intention et de la proximité qu’avait pu avoir Gabriel avec Dieu sans s’en rendre compte ou le clamer sur les toits, là où d’autres s’en donnaient à cœur joie et s’en éloignaient dans la foulée. Le jeune homme esquissa un sourire, trouvant ce mode de fonctionnement très juste au final, surtout à la lumière du passé douloureux qu’il avait eu à cause du comportement de ses parents à son égard ou même du comportement global des gens à l’égard de ceux qui semblaient ne rentrer dans aucun moule…

    Au final, malgré nos différences physiques, intellectuelles ou même financières… nous ne sommes au final que des brindilles. Celles qui se distingueront le feront par leurs pensées et agissements bien plus que par leur fausse ferveur ou les sommes astronomiques qu’ils pourront verser à leur paroisse…

    Gabriel avait entretenu des rapports très conflictuels avec les voisins de ses parents lorsqu’il était petit. Rien de bien méchant, juste un ballon de football qui avait une légère tendance à toujours briser une vitre, ou à tâcher le linge étendu dans leur jardin… Gabriel n’avait jamais su ce que ce couple lui avait fait exactement, mais il leur avait toujours fait les 400 coups comme n’importe quel gamin de 7 ans pouvait le faire. Eux faisaient partie de ceux que Gabriel considérait comme hypocrites, mais il ne l’avait après qu’un peu avant ses 15 ans : la maison de ces charmants voisins qui se rendaient à l’église chaque dimanche et versaient de grosses sommes à la paroisse était en fait le théâtre des pires perversions chaque vendredi soir… Ce n’était pas seulement les ragots qui avaient permis à Gabriel de comprendre ce que d’autres grandes personnes avaient compris depuis belle lurette. Si leurs largesses ou leur manière de simuler la ferveur durant les sermons du dimanche matin avait dupé certains membres de la paroisse, Gabriel fut soulagé d’obtenir confirmation du fait que les apparences ne dupaient personne en dehors des êtres humains et que malgré son allure de jeune rock-star, Gabriel ne se ferait peut-être pas refouler lorsque viendrait le moment de rendre des comptes.

    Alberto expliqua ensuite qu’il ne fallait pas que Gabriel cherche à comparer leurs deux pouvoirs, parce qu’indépendamment de son apparente utilité ou puissance, la seule chose qui importait était ce qu’il choisirait d’en faire… Gabriel acquiesça et il n’eût pas vraiment le temps de répondre puisqu’une bande de voyous décida de jouer les trouble-fête.

    L’un d’eux se moqua de Gabriel et lui conseilla de s’écraser, lui conseillant plutôt de filer son blé en vitesse…

    Bah voyons…

    Alberto entendrait peut-être la remarque du jeune mutant, mais pour ce qui était des voyous, ces derniers se trouvaient trop loin pour ne serait-ce qu’apercevoir les lèvres de Gabriel bouger. Alberto leur conseilla finalement de se tirer en vitesse sauf s’ils avaient envie de connaître un destin tragique… bien entendu, le prêtre formula sa requête de manière moins agressive, mais l’essentiel était là. L’un des voyous prit sa mise en garde à la rigolade, et Gabriel perçut une nouvelle fois l’éclat de lumière qui se refléta sur l’impressionnante lame d’Alberto… Pour sûr, mieux valait que les voyous passent leur chemin en vitesse.

    Gabriel conserva son couteau dans la paume de sa main, le tenant replié et donc invisible, mais en étant toutefois prêt à s’en servir si la situation l’exigeait. Une impression bizarre s’empara de nouveau de lui, et Gabriel eût l’impression de pouvoir lire de nouveau les âmes des gens qui l’entouraient. Celle du chef de la bande transpirait un tas de choses négatives, et Gabriel promena son regard sur ses complices également pourris jusqu’à la moelle…

    Eh, le curé a une épée !

    Celui-là devait sans doute être plus éveillé que les autres. Gabriel se concentra sur lui et le trouva un peu plus « propre » que ses complices.

    Moi, j’en ai pas peur de c’curé. J’suis même sûr que c’est un bout de plastique qu’il utilise pour faire fuir les mecs sans c*uilles dans ton genre, mec !

    Le chef s’en prenait clairement à celui qui avait le plus de cervelle.

    Arrête mec, moi il me fait peur avec son épée ! J’ai pas envie de perdre un bras… Tu fais comment pour te rouler un joint avec une seule main, hein ?

    Bon, ce n’était peut-être pas celui qui avait le plus de cervelle en fin de compte.

    Moi j’dis qu’il faut lui faire la peau proportionnellement aux heures où on s’est fait chi*r au cathé quand on était jeunes… Le curé il déguste, et après on s’occupe du petit p*dé qui l’accompagne. J’vais adorer le taillader dans tous les sens et lui piquer son blouson. BALANCEZ VOTRE FRIC, BANDE DE TAPETTES !

    Gabriel n’aimait pas particulièrement le recours à la violence, mais si cette bande de voyous ne lui laissait pas le choix, il ferait bon usage de sa lame et de ses poings…
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Alberto Montoya
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Sam 23 Jan - 21:18

"Gabriel, je ne sais pas quel est ton niveau de compétence avec ce couteau, mais j'aimerais avec certitude que tu sois encore en vie après ce malheureux contre temps."

Alberto dégaina son épée et marcha d'un air résolu vers les petites frappes. Sa soutane se déloyait derrière comme les ailes d'un archange vengeur, et la lumière crue des réverbères nimbait sa lame d'une aura blafarde. Son pas était lent, mais inexorable, comme les secondes sont courtes mais pourtant inarrêtables.

"Les hommes de mal prospèrent dans le péché tant qu'ils savent se cacher du regard de Dieu, mais s'ils osent se montrer à son oeil, il déploiera son bras vengeur pour les punir de leur iniquité. Celui qui a péché, c'est lui qui mourra. Un fils ne portera pas la faute de son père ni un père la faute de son fils: au juste sera imputée sa justice, et au méchant sa méchanceté.

Aujourd'hui, vous vous êtes dévoilés et Dieu va vous punir en utilisant son instrument"


Alberto évita le premier coup de couteau d'un pas de côté, et abattit le plat de son épée sur la nuque du malandrin. Un cri, et la masse de chair inconsciente allait s'écraser sur le bitume.

"Ceci est votre dernière chance de vous repentir sincèrement et de reprendre la voie des Justes. Le prochain ne sera pas miséricordieux."

Mais la violence est sourde et aveugle. Deux autres loubards se ruaient déjà sur lui. Le premier écopa d'une entaille profonde sur son flanc droit, tandis que le second vit son oreille vola au travers de l'air froid de la nuit. Apparemment, cela fut suffisant pour disperser le reste des couards, qui s'enfoncèrent dans les ombres en hurlant de vaines imprécations.

"Nous devons partir. La police ne va pas tarder après tout ce raffut, et ils ne comprennent en général pas la justesse de notre combat."
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Gabriel Davenportt
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MessageSujet: Re: il est des rencontres qu'on attend... [ terminé ]   Ven 5 Fév - 21:45

    Les voyous semblaient décidés à rester et à détrousser Alberto et Gabriel. La soirée avait pourtant pris une tournure aussi intéressante qu’inattendue, mettant à rude épreuve les neurones encore suintant de cocaïne du mutant… C’était à la fois agréable et douloureux. Non, en fait c’était surtout agréable, parce que personne n’avait plus tenu de conversation aussi sérieuse avec Gabriel depuis un petit moment déjà…

    Alberto interrogea le jeune homme de manière détournée au sujet de ses compétences au niveau du maniement du couteau, et Gabriel du réfléchir avant de répondre avec cette honnêteté qui lui était propre.

    Je me débrouille, mais j’aime autant éviter de m’en servir lorsque j’ai le choix…

    Tuer des gens ou faire couler du sang, ce n’était pas ce que Gabriel pouvait appeler un comportement « normal » pour une personne lambda. Lui préférait utiliser des poings, parce qu’il était sûr de ne tuer personne par mégarde ou en se laissant emporter – Gabriel n’était pas vraiment taillé comme un lutteur, alors la probabilité de provoquer une rupture d’anévrisme en un coup était proche du 0, pour ne pas dire inexistante…

    Alberto fut le premier à se mettre en route pour aller à la rencontre des trois voyous, et Gabriel lui emboîta le pas. Il n’avait pas vraiment peur pour la vie du prêtre, parce qu’il avait déjà pu constater un peu plus tôt dans la ruelle derrière le bar qu’il était largement capable de se défendre tout seul. La Bible fut de nouveau citée et Alberto esquiva un premier coup de couteau tout en abatant son épée sur la tête de son assaillant. Le voyou tituba et s’écrasa au sol aux pieds de Gabriel d’une manière lamentable.

    Le mutant n’eut pas grand-chose à faire en réalité, parce que le Padre parvint à « calmer » la bande de voyous. Les deux hommes encore valides ramassèrent piteusement leur ami inconscient avant de s’enfuir en hurlant comme des déments.

    Alberto se tourna de nouveau vers Gabriel et expliqua qu’ils feraient mieux de partir pour éviter d’être inquiétés par la police. Il était vrai qu’en règle générale, les policiers cherchaient assez rarement à comprendre qui avait provoqué qui, ou qui avait réellement cherché à sauver sa peau… Gabriel acquiesça, et invita le prêtre à le suivre d’un signe de tête.

    Mieux vaut en effet filer…

    Au loin en effet, on pouvait déjà entendre les sirènes d’un véhicule de police. Gabriel ne savait pas trop vers où ils pourraient fuir, mais la perspective d’emmener Alberto chez lui ne l’enchantait pas : les vestiges de sa défonce de la veille étaient encore bien en évidence, et cela ne plairait probablement pas au Saint Homme…
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