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 on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]

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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 10 Juil - 11:03

(le topic est libre, mais j'aimerais bien qu'une personne n'ayant encore jamais rp (double-comptes compris) avec moi - Sélène/Friedrich - me rejoigne, histoire de laisser une chance aux nouveaux arrivants ^^ mâle, de préférence ^^)

    La chaleur était insoutenable, encore un peu et Narcissa aurait regretté de ne pas être une banale télépathe ou un abruti capable de déplacer des objets. Allongée sur le flanc dans l’obscurité, le corps luisant de sueur et les yeux d’un vert à la limite du fluorescent, Narcissa s’arrangeait pour bouger le moins possible en attendant que la fin arrive… L’une de ses mains effleura son front moite et en arracha un lambeau de peau : pestant à voix haute, la jeune femme l’envoya balader à quelques mètres du sol sur lequel elle s’était installée après y avoir laissé tomber ses vêtements.

    Ce geste en apparence banal lui provoqua une nouvelle bouffée de chaleur, et Narcissa laissa échapper un râle assez exagéré pour un observateur extérieur, mais traduisant plutôt bien son malaise à ce moment précis. En temps normal, elle s’arrangeait toujours pour que sa mue se produise à l’abris des regards, dans l’intimité de sa chambre d’hôtel, ou à proximité d’une source d’eau, de manière à pouvoir faire baisser sa température corporelle qui ne faisait qu’augmenter jusqu’à la fin du processus… Cette fois-ci, elle avait sans doute mal compté les jours qui la séparaient de sa prochaine mue, et au final les premiers lambeaux de peau avaient commencé à se décoller il y avait un peu moins d’une heure. Dans ces conditions, difficile de regagner son hôtel en perdant des morceaux d’elle-même un peu partout dans la rame de métro ou dans la rue…

    Par chance, cet immeuble condamné parce qu'en rénovation était désert, ce qui lui permettait de satisfaire à ce besoin naturel en toute tranquillité… ou quasi, parce qu’il y avait tout de même des rats, Narcissa sentait très distinctement leur détestable odeur, et elle songea un instant au réconfort que lui aurait apporté un peu d’alcool à ce moment précis, au moins pour faire passer cette désagréable impression que ses muscles eux-mêmes se détachaient de ses os…

    Ca ou autre chose, ça aurait pu être pire…

    Son murmure se perdit dans l’obscurité, et Narcissa tenta de se redresser pour attraper son sac à main, dans lequel se trouvait le petit cadeau fait par un client du Coyote qui avait particulièrement apprécié sa prestation… Un petit sachet blanc glissa d’entre ses doigts humides, et la jeune femme peina à le rattraper pendant quelques minutes : lorsqu’enfin elle y parvint, des bruits de pas la firent sursauter et se recroqueviller légèrement sur elle-même, dissimulant pudiquement sa poitrine avec l’un de ses bras replié contre elle…

    Qui est là ?

    Qui que ce soit, il ne pourrait que se tromper sur Narcissa, qui avait à cet instant précis tout de la junkie en manque… Passant son autre main devant son regard fiévreux, la jeune femme tenta de rendre une teinte normale à ses yeux, ce qui fut presque le cas lorsqu’elle pu distinguer une silhouette pénétrer plus avant dans le hall plongé dans la pénombre... La lumière du dehors filtrait entre les planches qui condamnaient les fenêtres, et Narcissa étrécit les yeux pour distinguer son visage…

    Avec un peu de chance, il ne s'agirait pas d'une bande de voyous...
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 10 Juil - 13:18

  • Foutue chaleur ! Non pas que la température me gêne particulièrement, j'ai même plutôt tendance à aimer le soleil sur ma peau quand j'en ai l'occasion. Seulement, lorsque le temps est radieux, tous les gens décident subitement d'aller se balader dans les rues. Un inconvénient majeur pour moi, je ne goute que très peu la foule, je ne l'apprécie que si j'en suis assez éloigné pour ne prendre aucun risque. Parce que ce n'est jamais agréable de tomber raide en plein milieu de la rue.

    Je suis prudent d'ordinaire, mais j'avoue que sur ce coup, je me suis montré plutôt léger. Je me suis rendu à pied à un rendez-vous, prendre une voiture ou un taxi aurait sans doute été plus avisé mais je voulais rester discret. Paranoïaque comme je le suis toujours, il est plus facile d'éventer une filature éventuelle lorsqu'on qu'on n'est pas coincé dans le trafic.

    Je m'étais déplacé pour rencontrer un éventuel gros client, c'est d'ailleurs pour cela que j'ai accepté la rencontre. Je ne participe aux deals de drogue que lorsqu'il s'agit d'une quantité substantielle. Il faut bien faire marcher les affaires de ce vieux Tony. Le type voulait me parler seul à seul, sans savoir bien entendu que je suis capable de lire les émotions. Ce qui est un redoutable avantage dans mon monde, au moins, j'ai pu juger sur pièces et je suis sûr qu'il n'est pas un flic sous couverture.

    L'entretien s'est déroulé en terrain neutre, dans une chambre d'hôtel louée spécialement pour l'occasion, sous de fausses identités bien entendu. Ce face-à-face préalable était nécessaire pour nos futures affaires. Nous sommes tombés d'accord sur la quantité, le prix ainsi que les modalités de l'échange.
    Je suis donc ressorti plutôt satisfait, la perspective de m'en mettre plein les poches ou disons plutôt de les remplir encore plus copieusement m'avait mis de bonne humeur.

    Sauf qu'en ressortant, je me suis bien vite aperçu que mon trajet de retour serait moins agréable. Des tas de gens dans les rues, une multitude que je sens grouiller même de loin aux portes de mon crâne, leurs émotions visqueuses tentant de s'infiltrer au plus profond de mon être.

    Par pur réflexe, j'ai emprunté des rues moins peuplés, une migraine tenace commençant à marteler mon esprit. Mon pas s'accélérait, la sueur perlait à mon front, la perspective d'une crise faisant remonter des vagues de trouille du fond de mes tripes. Il n'y a pas grand-chose qui puisse me faire peur, pour moi c'est un sentiment inutile comme tous les autres, la terreur empêche la réflexion et vous paralyse, ou vous fais agir de façon stupide et irréfléchie. Ce qui n'est pas mon cas... Jamais... Sauf quand je suis à deux doigts de perdre le contrôle de moi-même et de laisser tout le poison des émotions d'une multitude s'infiltrer en moi.

    Je reprends enfinmon calme dans une ruelle déserte, m'adossant à un mur pour réguler ma respiration. La pression dans mon crâne s'allège petit à petit, je serre les dents pour refouler cette trouille poisseuse que je déteste ressentir. Tout va bien, Swan, ils sont loin maintenant ! Ca me servira de leçon, ne jamais se relâcher, et surtout anticiper au maximum les risques. J'en ai été bien loin cette fois, mais quel abruti !

    Je continue à m'insulter mentalement mais mes muscles se décrispent, ma trouille acide n'est plus qu'une illusion et mon visage retrouve son masque habituel de sérénité. Je suis prêt à repartir, en évitant cette fois de me retrouver dans ce genre de situation merdique quand un frémissement, une ondulation soudaine d'irritation me parvient. Il y a quelqu'un dans le coin.

    Je me retourne découvrant l'entrée d'un bâtiment vétuste et certainement inhabité depuis un bail. Sauf par des clodos ou des junkies. Je m'ouvre davantage, abaissant mes barrières pour que les ressentis me parviennent librement. Et c'est ce qui me décide à céder à la curiosité,je n'ai pas senti le désespoir suintant qui habite en général la faune de ce type de squatt.

    Je pousse la porte branlante qui lâche un grincement sinistre et j'avance avec précaution, au creux de mes reins, dans leur étui reposent les deux crans qui ne me quittent jamais. On n'est jamais trop prudent.

    Le changement de luminosité est brutal et je ne vois pas grand-chose devant moi sauf des murs croupissants, l'odeur qui s'en élève n'est d'ailleurs pas très ragoutante non plus. Mes Docs font un bruit sur le sol encombré qui n'est pas des plus discrets et c'est une voix féminine qui s'élève dans le noir. Juste une petite pointe d'inquiétude et de surprise émane d'elle, et j'avance sans plus de précautions afin de la voir.

    Le spectacle est du reste plutôt agréable à l'oeil mais totalement surréaliste. Que fait une fille en tenue d'Eve dans cet endroit pourri ? Je m'appuie dans l'encadrement de la porte, mon regard se plantant directement dans le sien, c'est une jolie brune et ses prunelles m'apparaissent étrange pendant une seconde, je peine à en discerner la couleur.

    Un sourire en coin étire mes lèvres mais à aucun moment, je ne la détaille comme le mâle de base bavant devant la moindre parcelle de peau.

    Elle a quelque chose à la main que je ne distingue pas vraiment mais j'enregistre tous les détails presque inconsciemment, je le fais toujours. Sa peau me semble bizarre mais ça peut être simplement les reflets de la lumière qui filtrent par les volets condamnés.

    Je ne fais pas mine d'avancer plus, inutile de l'effrayer. J'avoue qu'elle a titillé ma curiosité, ce n'est pas tous les jours qu'on fait ce genre de rencontre.

    -Tu fais dans l'exhibitionnisme ou t'as perdu tes fringues ?


    Bien sur j'ai vu que ses vêtements étaient en boule à ses pieds, le tutoiement est volontaire, passer pour un voyou de base ou un abruti chronique m'arrange bien souvent.

    - A moins que la chaleur t'ai monté à la tête, c'est plutôt le genre de sport à éviter dans le coin. Sauf si tu veux être poursuivie par une foule d'admirateurs bavants. Mais ce ne sont pas mes affaires... Un coup de main peut-être ?

    Un autre sourire, mais aucun geste menaçant. Je me contente de la regarder dans les yeux.
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 10 Juil - 16:36

    Allongée contre le sol glacé, une main dissimulant sa poitrine et l’autre lui garantissant un bon appui au cas où elle doive déguerpir vite, Narcissa avait adopté la posture d’un animal prêt à se défendre. Elle retint le sifflement caractéristique de ses frères serpents qui cherchait à remonter le long de sa gorge et se contenta d’interpeler le nouveau venu, sans réellement avoir espoir qu’il dévoile son identité… personne ne le faisait jamais, fallait quand même être barge pour se présenter à chaque fois qu’une personne demandait qui était là…

    Narcissa songea avec irritation qu’elle aurait pu à ce moment précis être étendue sur la verte pelouse de Central Park, à lézarder en plein soleil. Autre point commun avec les serpents sans doute, parce que sa peau semblait ne jamais devoir foncer, mais était pour l’heure quelque peu jaunâtre… La lueur verdoyante de ses yeux s’éteignit un peu, et la jeune femme retrouva un regard à peu près normal qu’elle posa sur l’inconnu, dont elle aurait pu parfaitement distinguer le visage en temps normal, mais qui pour l’heure restait une tâche sombre entre elle et la porte du hall à présent entrouverte…

    L’homme s’immobilise à quelques mètres de la jeune femme et finit par prendre la parole, lui posant une question qui arracha un sourire à Narcissa malgré la douleur qui transperçait son corps de tous côtés…

    Un peu des deux… si tu savais !

    Il l’avait tutoyée, alors Narcissa ne s’encombrerait pas de formules de politesse. L’homme enchaîna ensuite sur quelques banalités qui eurent le dont d’agacer la jeune femme encore plus rapidement qu’en temps normal – oui, la fièvre la rendait irascible – et elle retint le juron qui s’était imposé à son esprit engourdi lorsqu’il lui proposa son aide…

    Dans le contexte actuel, j’crois pas vraiment que tu puisses m’aider…

    Il voulait faire quoi ? décoller les lambeaux de peau un à un ? Narcissa se mit finalement à trembler, et sa main se crispa sur le petit sachet blanc dont elle n’avait pas encore eu le temps de consommer le contenu : il fallait qu’elle se détende pour que la peau se décolle à égalité de tout son corps et qu’elle puisse quitter sa vieille enveloppe corporelle. Si elle restait trop longtemps comme ça et ne faisait rien, elle perdrait connaissance et se trouverait à la merci de cet inconnu, qui était peut-être le plus drôle des psychopathes locaux…

    En plissant de nouveau les yeux, la mutante pu distinguer un sourire sur le visage de son interlocuteur. Il n’avait vraiment pas l’air hostile, ou alors il cachait plutôt bien son jeu… La fièvre submergea encore un peu plus la jeune femme, et finit par s’étendre complètement au sol, cherchant un peu de fraîcheur sur les dalles poussiéreuses. Quelques spasmes l’agitaient de temps à autre, et elle finit par fermer les yeux, incapable de bouger davantage même pour utiliser son sachet de poudre…

    Malgré la tension et la fatigue qui envahissaient la jeune femme, la peau morte finit par se décoller suffisamment pour la soulager un peu : Narcissa gigota un peu et pu en libérer ses jambes dans un premier temps, les extirpant de leur pellicule jaunâtre pour les dévoiler longilignes, et d’une couleur à mi-chemin entre le blanc nacré et la couleur caractéristique de la porcelaine… L’opération se poursuivit par le dégagement de son bras gauche, et Narcissa s’effondra de nouveau contre les dalles glacées, le souffle court… Son visage toujours orienté vers l’inconnu, elle ne pu cette fois réfréner ses instincts et lui adressa un sifflement d’avertissement, manière typiquement reptilienne de lui conseiller de regarder ailleurs…

    Il y avait fort à parier qu’il n’avait rien dû voir d’aussi bizarre ces dernières 48 heures…
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 10 Juil - 20:05

  • Pas contente la demoiselle ! Remarque, je ne crois pas que je serai vraiment à l'aise à sa place, nu sur le sol devant un parfait inconnu dans ce bâtiment sordide.

    Elle ne peut pas se lever, c'est clair. Elle fait de son mieux pour dissimuler sa nudité, ce qui n'est pas si évident au vu de sa position. Fort heureusement pour elle, je n'ai rien d'un voyeur et si mon regard glisse sur son corps c'est surtout à cause de l'étrange couleur de sa peau. Car maintenant que mes yeux sont habitués à la pénombre ambiante, je réalise que ça n'a rien d'une illusion d'optique.

    D'autre part, ce que je n'avais pas perçu au premier abord me parvient maintenant, elle souffre. Elle serre les dents, elle se contrôle, mais je peux sentir sa douleur. La souffrance physique est intimement liée au mental, je suis bien placé pour le savoir, c'est pour cette raison que je peux en éprouver toute la lancinante acidité.

    Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est ce qui lui fait mal, elle n'a aucune blessure apparente, juste sa peau qui parait presque plissée à certains endroits.

    Mutante ? L'idée me vient à l'esprit quand elle me répond, le sourire sur ses lèvres disparaissant assez vite quand je parle à nouveau. Des vagues de colère me parviennent lorsqu' elle refuse mon aide, mais c'est surtout sa douleur qui est en train de monter en flèche. Ses yeux papillonnent, légèrement hagards et je pense une seconde qu'elle va s'évanouir mais elle ne fait que s'étendre totalement sur le sol poussiéreux.

    Je ne tente pas de me rapprocher, même en la voyant fermer les yeux, j'observe avec une certaine fascination sa peau qui parait se détacher par lambeaux. Elle convulse mais je garde cependant mes distances, je ne suis pas le bon Samaritain du quartier. Si elle est en train de crever, de toutes façons, il est un peu tard pour faire quelque chose. Et ne comptez pas sur moi pour pleurer sur son sort, chacun ses emmerdes, on se débrouille tous comme on peut !

    Le phénomène est en tout cas impressionnant, je suis du genre blasé, il n'y a pas beaucoup de choses qui peuvent vraiment m'étonner. Mais du coup, la Miss remporte le premier Prix haut la main ! On peut difficilement faire plus étonnant.

    Ses tremblements augmentent tout comme le rythme de cette étrange mue, elle est tout simplement en train de changer de peau devant moi. Je ne peux donc plus vraiment douter qu'il s'agit d'une mutante. Je suis de toutes façons incapable de détourner le regard pour le moment, un peu comme devant un accident de voiture pour lequel on éprouve une certaine fascination morbide.

    La joue sur le sol poussiéreux, les yeux mi-clos, elle me surveille pendant que ses jambes s'extirpent lentement de cette gangue de chair morte. La peau produit un chuintement étrange en se détachant, bientôt un de ses bras subit le même processus, elle souffre encore et visiblement cette " mue" lui pompe énormément d'énergie. Ce qui la rend forcément vulnérable. C'est une simple constatation, je n'ai aucun intérêt à en profiter mais après avoir assisté à ça, j'ai vraiment envie d'en savoir plus sur elle. Je me doute bien qu'elle n'avait nullement prévue de subir cette désquamation devant témoin. Ce qui pourrait me faire apparaitre comme un danger à ses yeux. Je réagirai comme ça à sa place, à l'heure actuelle, revendiquer haut et fort le statut de mutant,il faut vraiment être puissant et bien protégé pour pouvoir se le permettre.

    Un sifflement purement vipérin jaillit de ses lèvres. Il y a pas mal de gens qui auraient pris leurs jambes à leur cou dès que sa peau a commencé à tomber mais comme je l'ai dit, je ne suis pas du genre à céder à la peur. En fait, je goute toute l'ironie de la situation à mes yeux. Je me vois comme un serpent et je tombe sur une consoeur vipère par pur hasard.

    Mon sourire ne se ternit donc pas même après son avertissement, je serre juste une seconde les poings pour apaiser un peu sa colère instinctive, juste quelques bouffées de calme, la migraine n'a pas lâché mon crâne et se concentrer m'est plutôt difficile.

    Cette fois, je m'avance, lentement, sans faire aucun geste brusque et je m'arrête à à peu près un mètre d'elle, m'agenouillant pour me placer à sa hauteur.

    - Pratique le nettoyage de peau, ça t'évite les rendez-vous chez l'esthéticienne...

    Juste une vanne pourrie pour détendre un peu l'atmosphère. Ma voix est douce, apaisante et surtout d'un calme serein qui pourrait l'étonner.

    - Je crois que je peux t'aider maintenant, au moins à te relever et à sortir de là... Tu es épuisée et t'évanouir ici n'est sûrement pas des plus prudents... J'avoue que je suis curieux, on ne croise pas tous les jours une fille-serpent...

    Et puis il faut savoir saisir toutes les opportunités, elle pourrait m'être utile, je ne perds jamais mes propres intérêts de vue.

    Au moment où je lui tends la main, la porte d'entrée du taudis grince encore une fois sur ses gonds et d'un mouvement vif, je me retourne portant instinctivement la main à mes reins sans pour autant sortir mes lames. Les pas sont bruyants, hésitants et ce que je reçois du nouvel arrivant est un maelström confus d'émotions brouillées. Un poivrot sans doute. Je me colle cependant au mur alors que l'homme chancelle à l'entrée de la pièce.

    Il tient une bouteille et ses fringues poussiéreuses empestent un mélange d'urine et d'alcool à donner la nausée. Il ne m'a pas vu puisque ses yeux lui sortent presque des orbites quand il aperçoit la jeune femme à terre.

    Il éclate d'un rire gras saccadé qui se termine en toux. Fasciné, le voilà qui tend maintenant la main vers la fille, comme s'il doutait de sa réalité, ce qui vu son état d'ébriété avancée n'est pas très étonnant.

    - C'est mon jour de chance on dirait..


    Et il continue à avancer vers la jeune femme sur ses jambes flageolantes qui menacent de s'écrouler à tout instant.
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Dim 12 Juil - 13:38

    Même en essayant de ne pas y penser, Narcissa ne pouvait que sentir le regard de cet inconnu qui glissait sur elle de manière assez régulière. C’était assez différent de la manière dont on la matait lorsqu’elle s’effeuillait au Coyote Ugly, et la jeune femme devinait malgré la pénombre une certaine pointe de curiosité dans le regard de son interlocuteur… Son corps luisant de sueur s’ébranla à plusieurs reprises par la suite, alors que Narcissa faisait pourtant son possible pour rester immobile et faire chuter sa fièvre, mais rien n’y faisait. Plusieurs fois lui vint l’envie de hurler, pour évacuer sa douleur d’une autre manière qu’en se tortillant sur le sol, mais sa pudeur autant que sa fierté lui imposèrent le silence…

    La peau de la jeune femme commence à se détacher davantage, procurant un peu de soulagement à la jeune femme. Se débarrasser de ses anciennes jambes était à chaque fois la partie la plus simple du processus de mue, et Narcissa appréhendait la suite depuis sa première mue complète… Tortillant encore un peu plus, la jeune femme roula sur le flanc et entama une série de mouvements frénétiques destinés à dégager l’un de ses bras… Une fois fait, la mutante s’effondra contre le sol poussiéreux, son corps exécutant quelques mouvements hiératiques alors qu’elle conservait son attention rivée sur Swan…

    Ses yeux se fermèrent quelques secondes lorsque sa sensation d’étourdissement devint trop forte, et une nouvelle bouffée de chaleur envahit la mutante, signe indiquant qu’elle trainait peut-être un peu trop à se débarrasser de sa mue… Un sifflement est finalement adressé à l’inconnu, mais cela semble l’amuser pour une raison qui échappa à Narcissa. Alors lui, il devait vraiment manquer de sensations fortes pour rester là à observer un truc aussi dingue que la mue d’une femme qui pourrait le tuer en une morsure d’ici quelques minutes…

    Une vague de mépris envahit la jeune femme, qui s’imagine un instant être tombée sur l’un de ces humains voyeurs qui attendent parfois les danseuses à l’arrière du bar où elle se déshabille régulièrement… S’il était l’un de ces détraqués, il ne tarderait pas à goûter au venin de la mutante ; ce n’était qu’une question de minutes, parce qu’il finirait par s’approcher…

    Les poings de l’inconnu semblèrent se serrer suite au sifflement émit par Narcissa, et entre deux spasmes de douleur, la jeune femme s’interroge sur ce qui a pu entraîner ce geste, mais finit par reporter son attention sur cette peau qui refuse de se décoller complètement… L’inconnu s’avance finalement avec une lenteur presque aussi angoissante que s’il s’était tout simplement jeté sur Narcissa, et la jeune femme se décale légèrement vers le fond de la pièce, mettant un mètre supplémentaire entre elle et lui tout en continuant de dissimuler sa poitrine. Son sifflement résonna une nouvelle fois dans le hall désert, accompagné d’un renforcement de la couleur verte de ses yeux... Une menace cette fois, et non dissimulée : s’il avançait encore, il lui arriverait une bricole…

    Contre toute attente, c’est un second trait d’humour qui franchit ses lèvres, et Narcissa haussa un sourcil interrogateur tout en extirpant son deuxième bras de sa prison de peau morte en produisant au passage un bruit peu ragoûtant…

    Ouais… et puis ça évite de payer, aussi…

    Narcissa fut traversée une nouvelle fois par une vague de douleur, et son corps s’ébranla avant qu’elle ne s’immobilise dans une position probablement douloureuse, agenouillée et cambrée, à la fois en appui sur les genoux et sur le haut de son crane… L’homme s’était agenouillé à environ un mètre d’elle, et contre toute attente, il lui proposa son aide au lieu de simplement profiter de la situation de détresse de la jeune reptile… Il voulait l’aider à se lever et à quitter cet immeuble pourri jusqu’aux fondations, expliquant qu’il ne serait pas prudent pour elle de s’évanouir dans un endroit de ce style avant de conclure que le fait qu’elle soit une femme-serpent titillait sa curiosité. Un sourire un peu étrange étira les lèvres de la jeune femme avant qu’elle ne prenne à son tour la parole…

    C’est bien la première fois que je titille un truc aussi abstrait que la curiosité, et rien que pour ça, j’ai bien envie de ne pas te tuer pour être resté là à me regarder… J’imagine que je te devrais quelque chose en échange de ton aide, et je pense que tu ferais effectivement une belle affaire en me sortant de cet immeuble insalubre… Tu n’imagines même pas à quel point…

    Son discours s’était trouvé entrecoupé tant elle avait de difficultés à reprendre son souffle, et Narcissa vit finalement disparaître avec stupeur la main que l’inconnu lui tendait… Le saligaud… La fièvre engourdissant ses sens, la jeune femme n’avait pas remarqué qu’un homme était entré. Elle le repéra quelques secondes plus tard lorsque son estomac manqua de se vider après qu’elle ait senti l’odeur infecte du nouvel arrivant…

    Narcissa ferma les yeux, parfaitement consciente de ce à quoi cet être avili par l’alcool penserait en trouvant une femme nue dans son squatt… Il commença par rire comme un dément avant de manquer de recracher ses poumons, et une nouvelle fois l’estomac de Narcissa manqua de se retourner lorsque sa détestable odeur le précéda de quelques mètres…

    Eh bien ma jolie… on peut pas dire que celui qui t’a foutue ici ait fait les choses à moitié…

    Un sifflement accompagna ses paroles, et il tendit la main vers Narcissa comme pour vérifier si elle était bien réelle. Les lambeaux de peau ne semblaient pas réellement le déranger, et la jeune femme mit l’inconscience de ce type puant sur le compte de l’alcool, parce que son prédécesseur avait quand même remarqué que quelque chose n’allait pas… Narcissa sentait toujours l’odeur de Swan, mais ne parvenait pas à le distinguer parfaitement dans la pénombre. Une bouffée de frustration l’envahit, avant que tous ses sens ne se mettent en éveil suite à la trop grande proximité de l’homme saoul : sa main était en effet sur le point d’entrer en contact avec la cuisse de la mutante, et n’y tenant plus, Narcissa se redressa avec la vigueur d’un diable sortant de sa boîte.

    Ses crocs se plantèrent finalement très profondément dans l’avant-bras du clodo, et ce dernier le dégagea en jurant, ne comprenant pas très bien ce qui venait de se produire : baissant les yeux sur son avant-bras gauche, il pu remarquer avec quelques difficultés compte-tenu de son taux d’alcoolémie élevé et de la pénombre ambiante que la demoiselle lui avait fait une belle entaille, ses dents ayant transpercé ses fripes pour imprimer leur marque dans sa chair flasque.

    De son côté, Narcissa avait roulé un peu plus loin en disséminant quelques lambeaux de peau dans la manœuvre, et était à présent accroupie dans une posture indiquant qu’elle n’hésiterait pas à se défendre si le type insistait. Sa vue troublée par la fièvre autant que ses sens engourdis ne l’y aideraient sans doute pas, mais le venin dont elle était pourvue ne l’avait jamais trahie jusqu’à présent… Le sang de sa victime maculant ses lèvres et ruisselant aux commissures de ses lèvres donnait un aspect particulièrement inquiétant à la mutante, et elle finit par passer sa langue sur ses lèvres tout en affichant un sourire pervers, semblant se délecter de ce nectar couleur rubis… Cela n’arrivait en réalité que très peu souvent lorsque, poussée dans ses derniers retranchements, l’instinct sauvage de la jeune femme reprenait le dessus au mépris du bon sens…

    L’homme semblait à présent complètement étourdi, et ne comprenait pas ce qui lui arrivait soudainement. Sa vision venait de troubler légèrement, alors qu’un mal de tête d’un genre particulièrement virulent achevait de semer la confusion dans son esprit. Titubant péniblement sur quelques mètres, sa bouteille d’alcool finit par lui échapper des mains, se brisant contre le sol poussiéreux quelques secondes plus tard. L’homme tomba à genoux à quelques pas de Swan sans réellement remarquer sa présence et finit par s’écrouler face contre terre, le corps agité de spasmes de plus en plus violents alors que ses yeux se révulsaient. De l’écume ne tarda pas à se former à la commissure de ses lèvres, et son corps s’immobilisa finalement dans un ultime spasme, avant de retomber mollement…

    Ce spectacle avait en principe de quoi faire fuir n’importe quel homme sensé… Narcissa ne se pressa donc pas pour se débarrasser des derniers lambeaux de sa mue, se tortillant une nouvelle fois, mais avec davantage de facilité cette fois. Le goût du sang semblait l’avoir ragaillardie, et avait dans la foulée facilité le détachement de la peau morte au point que Narcissa s’en sépara en moins de 2 minutes, révélant sa nouvelle peau laiteuse et d’un blanc presque luminescent dans la pénombre du hall en rénovation…

    Se redressant avec une lenteur presque surnaturelle elle aussi, Narcissa étrécit les yeux pour déceler d’autres intrus éventuels dans la pénombre et prendre connaissance de détails dont sa fièvre à présent en baisse l’avait privée pendant près d’une heure… La jeune femme ramassa d’abord son gilet, avec lequel elle s’essuya intégralement pour chasser la poussière que la sueur avait collée à son corps nu, puis ramassa ensuite ses vêtements un à un et enfila de nouveau sous-vêtements et débardeur noir, avant de finalement boutonner son jean, remettant en place la boucle de sa ceinture. Narcissa écarta du bout de son pied nu les reliefs de sa mue et récupéra ses spartiates noires qu’elle attacha avant de remettre son pic à cheveux en place d’un geste expert, relevant ses longs cheveux noirs au-dessus de sa nuque…

    La mutante s’avança alors vers Swan d’un pas encore mal assuré, parce que même si elle s’efforçait de le cacher, se défendre contre un agresseur alors qu’elle était indisposée par sa mue l’avait incroyablement fatiguée… Son regard vert émeraude plongea dans celui de Swan alors qu’un demi-sourire étirait ses lèvres…

    J'espère que ta proposition d'aide tient toujours...

    Ah ça, elle faisait sa fière mais elle n'irait pas très loin dans son état...
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Lun 13 Juil - 10:48

  • Sa douleur est si intense qu'elle en submergerait presque mes barrières, ce qui me contraint à me concentrer pour éviter de la laisser filtrer. Je me demande combien de fois dans l'année elle est obligée de subir cette torture. Je ne connais pas énormément de choses aux serpents, mais elle semble en être proche physiologiquement donc ça doit s'en rapprocher. D'ailleurs, je me pose énormément de questions à son sujet, c'est ce qui m'a poussé à rester assister à cette mue totale.

    Je sens sa méfiance, ce qui n'est pas très étonnant, elle est vulnérable et on ne sait jamais quel genre de pervers on peut croiser dans le coin. De plus, je ne réagis absolument pas comme elle aurait pu s'y attendre à son sifflement agressif. Mon sourire n'a rien de moqueur pourtant, mais bien entendu, elle ne peut le savoir. Elle me prend sûrement pour un voyeur un peu obsédé, je ne peux lui en vouloir pour ça. La situation est quand même largement équivoque.

    Oh je ne sous-estime pas le danger qu'elle peut représenter surtout dans cette position, un animal acculé est toujours plus féroce. Mais la peur ne fait que limiter. Ma propre disparition ne compte pas au nombre de mes phobies. Avec la vie que je mène, je sais très bien que je ne mourrais pas tranquillement dans mon lit à 80 ans. Car malgré ma capacité à survivre, on tombe toujours un jour sur quelqu'un de plus fort ou plus déterminé. Je m'emploie à reculer le plus possible cette échéance. Et quel que soit le destin que le sort me réserve, la peur ne l'évitera pas. Alors, jolie fille serpent, le reptile que je suis au fond ne s'écroulera pas devant ta colère.

    Lorsque j'avance vers elle, c'est instinctivement qu'elle recule encore vers le mur. Un autre sifflement aigu déchire le silence avant que je ne lui lance ma stupide petite plaisanterie. Ce qui la surprend, c'est visible, mais j'essaie surtout de lui faire comprendre que je ne constitue pas un danger.

    Sa douleur ne se calme pas, je la sens griffer le moindre de ses nerfs et je ne suis pas loin de la ressentir moi-même. L'inconvénient majeur quand on éprouve les émotions des autres, être contaminé. Je resserre ma concentration pour éviter ce déferlement. Elle se tord sur le sol au rythme lancinant de la déchirure de sa peau morte. Et au départ, je ne suis pas convaincu qu'elle soit vraiment en état d'entendre ma proposition d'aide.

    Pourtant si, elle sourit même, malgré ses nerfs à vif et même si sa voix est hachée et tendue, elle finit par me répondre. Ironique, passablement cynique aussi, j'avoue que ses propos ne font qu'épanouir mon sourire. Elle a du cran et de la répartie, même dans cette situation.

    Mais je n'ai pas le temps de lui répondre, je me coule dans l'ombre à l'approche du clochard qui débarque. Les épaves de ce genre ont tendance à me dégouter, se laisser aller à ce point n'est pour moi que faiblesse. Se vautrer dans la dépendance à l'alcool pour s'oublier soi-même, je suis au moins sûr que ça ne m'arrivera jamais. J'exècre toutes les formes d'addiction, ne m'autorisant que celle à la nicotine. Car au moins, être fumeur ne vous conduit jamais à perdre tout contrôle.

    Automatiquement, j'avance vers le clochard, pourtant, je suspends mon mouvement. Elle a bien laissé entendre qu'elle pourrait me tuer, n'est-ce pas ? Alors, je me dis qu'elle saura bien se défendre seule, si ce n'est pas le cas, j'interviendrai. Mais au moins, je verrai de quoi elle est capable.

    Le sifflement reptilien de la fille se fait plus venimeux alors que le clodo avance vers elle, bredouillant des mots suintant la satisfaction perverse. C'est clair qu'il ne doit pas avoir l'occasion d'approcher beaucoup de femmes vue son odeur pestilentielle. Pour lui, c'est comme un cadeau du ciel.

    Je n'ai même pas l'impression qu'il perçoit le sifflement, ni même qu'il réalise qu'elle est en train de muer. Mais son cerveau m'a l'air vraiment embrumé. Il est maintenant tout près d'elle et il se penche, oscillant dangereusement et tendant déjà une main avide vers le corps de la jeune femme. Je sors de l'ombre, je saisis l'un de mes couteaux et la lame sort dans un cliquetis sec que le clodo ne remarque même pas. Il est bien trop focalisé sur la fille pour se retourner. Il me suffirait d'une seconde, attraper sa tignasse graisseuse pour cambrer son cou et sa gorge s'ouvrirait aussi facilement que du beurre.

    Mais elle me devance et instinctivement, je recule, ne perdant pour autant rien du spectacle. Elle se redresse vivement et elle le mord. Les mouvements de l'homme m'empêchent de tout voir avec précision mais son exclamation et son recul fébrile me renseignent assez. Il titube, une main étreignant son bras blessé.

    La jeune femme s'est reculée dans un coin, accroupie, prête visiblement à le mordre à nouveau si il s'acharne. Dans la pénombre, j'aperçois ses lèvres souillées de sang vermeil que sa langue vient recueillir avec gourmandise. Oui, je sais, je devrai crever de trouille devant un tel spectacle, mais mon cerveau froid de reptile m'en empêche. Et même si je n'ai jamais été du style à prendre mon pied dans la violence aveugle, une part de moi trouve ça excitant. Que voulez-vous, un monstre reste un monstre, non ?

    Je m'arrache au spectacle de ses lèvres sanglantes pour reporter mon attention sur le clodo. C'est pas la grande forme pour notre ami. Il tourne en rond sur des jambes flageolantes, secouant la tête comme s'il n'arrivait pas à croire ce qui lui arrive.

    " Mordu, elle m'a mordu... "

    Ses mains se tendent, comme s'il cherchait une aide qu'il ne trouvera jamais et sa précieuse bouteille finit par se fracasser à ses pieds. Je croise son regard hagard juste avant qu'il ne s'écroule devant moi mais il ne me voit pas.

    Il finit par tomber à genou, puis s'écroule totalement. Les spasmes de l'agonie secouent son corps et il redresse une dernière fois le visage, une bave blanchâtre s'écoulant de ses lèvres, les yeux étonnés et écarquillés de terreur devant sa mort inévitable. Quelques secondes plus tard, il ne bouge plus.

    Je cherche la jeune femme du regard, elle parait bien plus calme et surtout sa mue semble être plus facile désormais. D'ailleurs, elle s'achève, il ne reste plus que les morceaux d'épiderme morts sur le sol pour témoigner de cet étrange phénomène.

    Elle se redresse et cette fois, je détourne le regard pendant qu'elle se rhabille. Comme je l'ai dit, je ne suis pas un voyeur et surtout pas du genre devenir dingue devant une fille nue. Je range ma lame dans l'étui au creux de mes reins, reportant les yeux sur les lézardes passionnantes des murs pourris.

    Une fois habillée, elle s'avance vers moi, souriante, mais même si elle se contrôle très bien, son épuisement est encore très lourd. Oui, je sais, je devrai trembler après l'avoir vu tuer un homme, seulement ça aussi, ça ne m'émeut pas. Tuer lorsque c'est nécessaire ne m'a jamais posé de problèmes.

    Une lueur malicieuse flotte dans mes prunelles quand je lance :

    " Pourquoi je changerai d'avis ? "

    Un coup d'oeil sur le cadavre au sol, mon regard revient se loger dans le sien et je murmure :

    " Il l'a cherché. Et il ne manquera à personne, je pense... "


    Je me demande si elle est capable de percevoir la peur comme les animaux ou comme moi d'ailleurs, bien que d'une autre façon. Si c'est le cas, le fait que je n'en éprouve aucune doit sûrement l'intriguer. Comme ma réaction clinique après avoir assisté à la mort du clochard.

    J'ai presque l'impression de la voir tituber une seconde, pourtant, et c'est donc doucement que je prends son bras, au niveau du coude, de manière à ce qu'elle laisse reposer son poids sur moi.

    " Par contre, on devrait filer maintenant. Si c'est un squatt, il n'y habitait pas forcément seul. "

    Je n'ai quand même pas envie de me retrouver obligé de semer les cadavres. On fait mieux pour la discrétion.

    J'avance doucement, cependant, l'entrainant avec moi, je m'arrête devant la porte d'entrée, a l'affût d'une présence éventuelle. Personne.

    Je pousse la porte et nous nous retrouvons à l'air libre. Je prends d'ailleurs une bonne inspiration d'un oxygène enfin libéré des relents de pourriture de ce taudis. Mes yeux clignent un peu à cause de la forte lumière après la pénombre, mais je m'y accoutume.

    Je ne lâche pas son bras et je nous éloigne assez rapidement du bâtiment abandonné. On va s'éviter des questions éventuelles si une voiture de flics passe par là.

    " Je connais un bar pas trop loin d'ici... Où il n'y a quasiment personne à cette heure. Tu pourras manger un morceau et reprendre des forces, si tu veux. "

    Mon visage se tourne un peu vers elle, sans cesser d'avancer et en souriant toujours, je lui dis

    " Je m'appelle Swan... Et je t'assure que normalement, trainer dans les squatts n'est pas mon activité favorite. Mais je me dis que je devrai peut-être le faire plus souvent maintenant... "
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Lun 13 Juil - 21:18

    Prostrée à même le sol à force d’avoir reculé pour éviter Swan – qu’elle pensait hostile et pervers – puis pour se débarrasser de sa mue, Narcissa avait à présent le nez dans la poussière et observait d’un œil assez noir le clochard qui s’avançait en titubant vers elle… Qu’est-ce que les gens avaient à vouloir à tout prix l’approcher particulièrement à ce moment ? Est-ce que le sens du danger de la population de New York avait été détraqué par un mutant inexpérimenté en la matière ? La réponse qui venait à l’esprit de la jeune reptile était un « oui » incontestable, et cette situation l’exaspérait au plus haut point : il ne suffisait déjà pas qu’elle soit nue et à la merci de n’importe qui capable d’un peu de jugeote pour l’amadouer, il fallait en plus qu’elle éconduise un pervers bourré…

    La bouffée de frustration de la mutante sembla prendre le pas l’espace de quelques secondes sur la douleur qui tailladait son corps, quelques secondes à peine avant que la main du clodo ne s’approche de sa cuisse… Narcissa se demanda où avait pu filer son précédent interlocuteur, qui n’avait pas eu le temps de répondre à la provocation que la jeune femme avait glissée dans la conversation. Peut-être ne l’avait-il pas prise au sérieux lorsqu’elle s’était permis de conclure qu’elle le laisserait en vie de manière exceptionnelle… Rares en effet étaient les hommes capables de considérer une femme comme étant réellement dangereuse plutôt que comme un bon coup potentiel ; Narcissa le savait mieux que personne parce qu’elle travaillait dans un bar de striptease depuis quelques mois, lieu qui avait le don de faire ressortir les plus bas instincts de l’homme…

    La jeune femme resta plongée dans le doute à ce sujet, parce qu’il se pouvait qu’il s’agisse là d’un homme un peu plus subtil que la moyenne qui jouerait simplement à être l’inaccessible bon samaritain pour mieux lui sauter dessus par la suite… ça aussi, elle en avait connu dans sa jeunesse et cela n’arriverait plus aussi longtemps qu’il lui resterait une goutte de venin…

    La menace à peine dissimulée n’était parvenue qu’à faire s’agrandir le sourire de cet homme un brin bizarre – ne pas prendre la fuite devant un tel spectacle était quelque chose de bizarre aux yeux de Narcissa – qu’elle n’avait qu’entraperçu dans la pénombre sans réellement être certaine de pouvoir le reconnaître par la suite en pleine lumière. Son odeur en revanche le lui permettrait, enfin sauf si l’immonde odeur que dégageait le nouvel arrivant continuait d’anéantir les facultés olfactives et gustatives de la jeune femme… Demi-serpent, la jeune femme était capable de distinguer les aromes les plus subtiles avec son nez, et sa langue lui servait de catalyseur de manière à ce que l’un ne puisse pas parfaitement fonctionner sans l’autre…

    Justement, l’odeur que Narcissa associait à l’inconnu redevint légèrement perceptible, mélange de cuir, de caoutchouc et d’une odeur musquée difficile à ne pas remarquer… quelque chose de suffisamment entêtant – au sens purement chimique du terme – pour distraire la mutante pendant les quelques secondes qui suffirent au clodo pour poser sa main sur elle… Le retour de bâton ne se fit pas attendre, et Narcissa sembla se redresser comme une gymnaste et fondit sur sa proie, enfonçant ses crocs dans l’avant-bras de son « agresseur »…

    Celui-ci sembla dans un premier temps ne pas réaliser ce qui venait de lui arriver, et tourna longuement en rond, facilitant malheureusement pour lui la diffusion du venin mortel dans son organisme… Un sourire pervers aux lèvres alors qu’elle s’était accroupie pour bondir de nouveau, Narcissa passa avec une certaine délectation sa langue sur ses lèvres maculées de sang, y prenant un plaisir tout particulier alors qu’elle croisait de nouveau le regard de l’inconnu… Ce dernier semblait ne pas pouvoir détourner le regard dans l’immédiat, mais visiblement pas parce que ce qu’il venait de voir le choquait, loin de là : dans ses prunelles dansaient une lueur que la jeune reptile connaissait plutôt bien ; il semblait particulièrement excité par ce qu’il voyait et cela n’échappa pas à Narcissa, dont le sourire s’élargit légèrement, alors qu’étrécissant les yeux, elle leur donnait une teinte verte plus prononcée…

    Swan l’amusait, il ne réagissait à aucun moment comme un individu pris au hasard parmi le commun des mortels, et cela suffisait à la jeune femme pour ne pas vouloir le tuer… Le clodo finit par s’effondrer au sol et convulsa sous les yeux de Narcissa, qui ne semblait pas vraiment s’en trouver affectée : le regard toujours rivé à celui de l’inconnu, elle semblait attendre patiemment que sa victime clamse pour être certaine d’être tranquille par la suite…
    Perversion reptilienne, quand tu nous tiens…

    Swan détourna le regard le premier, observant cette fois le clodo qui agonisait, l’écume aux lèvres et le corps soumis à de violentes convulsions. Ce dernier tendit la main vers l’obscurité comme un ultime appel au secours et finit par rendre son dernier soupir au moment précis où Narcissa achevait sa mue. Elle avait senti son dernier instant venir, elle le sentait toujours…

    La jeune femme fut une nouvelle fois surprise de voir l’inconnu détourner le regard lorsqu’elle entreprit de se nettoyer un peu, mais prit tout de même son temps pour se débarrasser de la sueur comme de la poussière. De nouveau visible, Narcissa s’avança quelques minutes plus tard à la rencontre de Swan, qui ne semble pas vraiment choqué qu’un homme ait été tué sous ses yeux et d’une manière tout sauf naturelle… Une lueur de malice dans le regard, il demanda à la jeune femme ce qui pourrait le faire changer d’avis au sujet de sa proposition d’aide, et un sourire amusé étira de nouveau les lèvres de la jeune femme malgré la fatigue qu’elle s’efforçait de dissimuler…

    J’en sais rien… T’as pas l’air vraiment le genre de type qui part en courant au moindre truc qui leur fait peur… Peut-être même que ça serait plus ou moins le contraire, j’ai vu la manière dont tu as observé cette mise à mort… On peut pas dire que ça t’ait déplu…

    Le rentre-dedans n’était pas seulement une tactique de drague aussi ridicule que foireuse, il existait également de manière naturelle dans le comportement courant de Narcissa. Particularité de l’espèce dont elle avait emprunté certaines caractéristiques ou manifestation de son caractère bien trempé, la jeune femme en apprendrait sans doute plus sur cet homme en ne tombant pas dans les banalités affligeantes que prononçaient les femmes de son âge face à un homme qui les intriguait…

    Swan jeta un œil au cadavre de l’ex-alcoolique et déclara qu’il l’avait cherché et qu’en plus il ne manquerait à personne… Son regard plongea de nouveau dans celui de Narcissa, qui éperonna le regard de Swan en retour, jaugeant son interlocuteur d’une manière typiquement reptilienne mais également totalement insolente pour le commun des mortels. Il ne semblait pas avoir peur d’elle et semblait également dans son état normal, ce qui indiquait qu’il n’était sous l’emprise d’aucune substance susceptible d’altérer sa perception du monde extérieur et donc son jugement…

    Narcissa se stabilisa avant de vaciller de manière trop évidente, mais son regard ne lâcha pas celui de Swan une seconde… Droite – ou quasi – et immobile comme un serpent prêt à frapper si celui qui lui faisait face montrait ne serait-ce qu’un signe de faiblesse…
    L’homme fit remarquer quelque chose de plutôt logique en précisant que le clodo ne devait pas zoner ici seul, et précisa qu’ils feraient mieux de filer maintenant au cas où d’autres reviendraient pour piquer un roupillon ou cuver à l’abri de la chaleur… Swan entraîna la jeune femme vers la sortie, et contre toute attente Narcissa ne rechigna pas, ragaillardie rien qu’à l’idée de respirer un peu d’air frais…

    Swan jeta un œil au dehors et sortit le premier, entraînant la mutante derrière lui : le soleil éblouit la jeune femme alors qu’elle respire à pleins poumons l’air frais qui succède à la puanteur amenée par le clodo à l’intérieur et beaucoup trop près d’elle… Les yeux de Narcissa s’accoutument pourtant plus rapidement à la luminosité que ceux de Swan, et ses prunelles ont à présent recouvré leur couleur verte plus naturelle… L’inconnu entraîna la jeune femme sur quelques mètres et avec rapidité, mettant à l’épreuve la forme qu’elle s’efforce d’afficher. Jouer les midinettes à coups de « on fait une pause, je suis fatiguée » ne faisait pas non plus partie de ce que la jeune femme était capable de supporter d’elle-même…

    Swan proposa de l’emmener manger un morceau et reprendre des forces dans un bar qui serait désert à cette heure-ci, et Narcissa orienta son regard vers lui à peu près au moment où il fit de même en souriant. De nouveau, la jeune femme harponne le regard de l’inconnu après avoir jeté un rapide coup d’œil au piercing à sa lèvre… L’homme lui révéla son prénom et précisa que traîner dans les squats n’était pas l’une de ses passions cachées, avouant qu’il devrait peut-être le faire plus souvent… Est-ce que cela s’apparentait en langage normal à un « ravi de te rencontrer » ? sans doute…

    Narcissa… et je te rassure, j’évite également les squats…

    Cette fois, un sourire un peu moins ironique étira ses lèvres avant qu’elle ne reprenne la parole…

    Ca te pose pas de problème particulier de te balader en ville avec une mutante au bras ?

    La question avait été posée sans arrière-pensée. S’il était resté après avoir assisté à sa mue, c’était que cela ne lui posait sans doute pas de problème… mais on était jamais trop prudente…
    S'appuyant un peu plus sur lui, Narcissa continuait de serrer les dents tout en reléguant sa fatigue au second plan...
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Mer 15 Juil - 11:32

  • Mon cher ancien Patron, Tony Rand, avait une façon toute particulière de considérer les femmes. Cet espèce de complexe du macho primaire qui le poussait à la domination. Il se sentait tellement supérieur alors qu'au fond, il ne l'était bien sûr pas du tout. Son intelligence était plus que limitée et il se laissait diriger par ses plus bas instincts. Seuls les vrais faibles éprouvent un besoin chronique de domination, cette manière d'écraser les femmes qui était sa marque de fabrique m'a toujours légèrement dégouté.

    J'aime les filles et je m'en méfie sans doute bien plus que des hommes. Parce qu'elles savent très bien se servir des défauts de la gent masculine afin d'arriver à leurs fins. C'est justement pour ça que j'évite soigneusement de me laisser guider par les instincts primaires qui gouvernent la majorité des types. Comme ce clochard devant la fille-serpent. Il ne réfléchit plus, son cerveau est logé maintenant dans une partie de son anatomie qui n'est pas équipé pour ça. Mon père était pareil, devant Elle, il devenait une larve servile et je me suis juré que jamais personne ne me réduirait à cet état.

    Pour le moment, j'ai toujours réussi à m'y tenir. Tout est une affaire de volonté, et ça je n'en manque heureusement pas.

    Si la jeune femme n'avait pas mordu le clochard, je l'aurais sans doute tué. De toutes façons, même s'il n'était pas vraiment un témoin digne de foi, difficile de laisser quelqu'un en vie après avoir vu le spectacle de sa mue. Du moins, c'est comme ça que je le verrais si j'étais à sa place.

    Je me doute bien que ma réaction clinique devant l'agonie et la mort de ce type ne vont pas me faire passer pour quelqu'un de normal à ses yeux. Difficile ensuite de revêtir mon masque favori, de gentil idiot inoffensif.

    Tant pis, j'en ai assez vu pour considérer qu'avoir une fille-serpent dans mes relations n'est sûrement pas un atout à négliger. J'aurais pu simuler une horreur et une peur que je n'éprouve pas, mais si ses sens sont aussi affutés que je le crois, elle ne m'aurait pas cru.

    Et en croisant ce regard émeraude luisant dans la pénombre, je ne doute pas une seconde qu'elle pourrait me tuer, même si ce serait sans doute plus difficile qu'elle croit. C'est étrange, mais pendant une seconde, je reste fasciné par ces lèvres souriantes tachées d'écarlate. Ses émotions sont d'ailleurs tout aussi sereines que moi, elle n'éprouve aucune pitié devant l'agonie de l'homme.

    Moi non plus... Pour éprouver de la compassion, encore faudrait-il que les autres aient de l'importance pour moi. Et ce clodo sans cervelle a , selon ma philosophie personnelle, parfaitement mérité son sort. Quand on ne contrôle pas ses pulsions, on se fait bouffer, voilà tout !

    Je la laisse tranquillement reprendre son souffle et se rhabiller. Je pense qu'elle a déjà assez subi de voyeurisme pervers pour la journée. Quand elle revient vers moi, je m'autorise une petite vanne ironique qui la fait sourire.

    Je l'observe un peu mieux, du moins son visage, elle est jeune et le parfait contrôle de sa douleur n'en devient que plus impressionnant. Ce qui m'incite à penser qu'elle n'a pas du avoir une vie facile et ce pouvoir doit être très difficile à dissimuler ainsi qu'à porter quelquefois.

    Ses manières directes me plaisent bien en tout cas, elle me fait remarquer qu'elle ne peut pas penser que je suis vraiment "normal", mais qu'est-ce que la normalité après tout ? Et puis, quelque part, elle me voit sans masque pour le coup.

    Ma réponse s'avère finalement tout aussi franche que la sienne :

    " Je ne suis pas facile à effrayer, c'est vrai. Mais on a tous nos phobies...Tu as raison, ça ne m'a pas déplu... J'admire l'efficacité sous toutes ses formes, et cette mise à mort l'était redoutablement... "

    Tuer aussi facilement qu'un serpent peut le faire, ça ne peut que me plaire. Et puis, il vaut largement mieux être de son coté que son ennemi, non ? Oui, j'ai essentiellement l'esprit d'un opportuniste, mais je ne serai jamais arrivé où j'en suis sans cela.

    Le regard si vert de la jeune femme plonge sans hésiter dans le mien, devenant presque inquisiteur, elle me jauge, c'est évident. Sûrement attentive à tout ce qui peut émaner de moi grâce à ses sens que je pense surdéveloppés. Presque aussi efficace que mon don pour évaluer quelqu'un.

    Dans le turquoise de mes prunelles, aucune peur, juste ce calme serein qui énerve bien souvent mes interlocuteurs. La colère comme la peur sont des luxes que je ne me permets pas.

    Bien sûr, la fille-serpent pourrait me mordre comme elle l'a fait avec le clodo, c'est un risque à courir. Calculé cependant, je sens la curiosité que j'ai éveillé en elle, comme elle a pu sentir la mienne. Sans lâcher son regard luisant, c'est avec douceur mais fermeté que je lui saisis le bras afin de la soutenir.

    Elle ne résiste pas et c'est avec un certain soulagement que nous retrouvons l'air libre. Je ne lui laisse pas le loisir de trainer trop, nous éloigner du lieu du crime est mon premier objectif à cet instant. Il serait tout à fait stupide de se faire serrer à cause d'un clodo mort.

    Mais ma curiosité envers la jeune femme n'a pas cessé, bien au contraire, ce qu'elle a laissé filtrer de sa personnalité me plait. J'ai apprécié son ironie alors même que je sentais la souffrance vive qui déchirait ses veines. J'ai envie d'en savoir plus, sans oublier que ses talents particuliers pourraient m'être utiles. Et puis, je suis comme elle, la migraine qui a planté ses griffes acérées dans mon crâne n'a pas l'air de vouloir déposer les armes, alors un peu de répit ne me fera pas de mal.

    Je pense l'amener au Hel où il n'y a quasiment personne à cette heure. Les tables de jeu clandestines et les effeuilleuses ne sont en place que le soir. Et puis, nous pourrons parler sans crainte d'être entendu par des oreilles indiscrètes.

    Nos regards se mêlent à nouveau et je ne sais si c'est à cause de la partie reptilienne de sa personnalité, mais ses prunelles émeraudes ont un pouvoir de fascination indéniable. Un piège qui peut s'avérer mortel, j'en ai eu la preuve. Je me présente donc et elle fait de même me révélant un prénom étonnant qui lui va pourtant à ravir.

    Sa question suivante me fait lâcher un petit rire ironique. Il est clair qu'avec la folie anti-mutants qui sévit dans le monde actuel, qu'un inconnu puisse connaitre votre particularité n'est pas sans danger.

    Ma réponse fuse de mes lèvres presque naturellement, ce qui n'est vraiment pas dans mes habitudes, la spontanéité ? La franchise ? Définitivement pas mon truc. Et pourtant.

    " Si ça ne te pose pas de problèmes d'en avoir un au bras, je ne vois pas pourquoi ça me préoccuperait.. "

    Mon regard s'assombrit un peu trop visiblement et je le détourne des prunelles émeraudes. Depuis quand tu prends ce genre de risque, Swan ? Reconnaitre implicitement être un mutant ? Même en sachant ce qu'elle est, je n'aurais pas du. Toujours garder une longueur d'avance. Qu'elle me prenne pour un simple humain aurait été préférable.

    Mais puisque c'est fait, tant pis ! Je ne sais ce qui m'a poussé à lui dévoiler mais après tout, peut-être qu'elle se sentira plus en confiance avec ce détail.

    Elle a beau toujours avoir l'air normale, je sens sa fatigue dans son poids sur mon bras, je ralentis alors un peu l'allure. De toutes façons, nous ne sommes plus très loin du Hel.

    Je garde le silence pour le reste du trajet, très occupé à m'invectiver intérieurement pour mon manque élémentaire de prudence. Oui, j'ai horreur de faire preuve de légèreté, après tout, il suffit d'une fois , d'une confidence à la mauvaise personne et je ne souhaite pas que tout le monde sache ce que je suis. Opérer dans l'ombre m'est beaucoup plus naturel.

    Nous arrivons en vue du bar dont juste la première salle est ouverte le jour. L'établissement ne paie pas de mine, mais dans l'environnement glauque où il se trouve, il tranche quand même un peu. L'enseigne avec la queue fourchue dirigée vers l'intérieur est éteinte à cette heure.

    Je pousse la porte, non sans m'assurer qu'il n'y a pas trop de monde dans la salle. Pour le coup, ma compagne serait sûrement surprise si je devais m'effondrer sans prévenir.

    A l"intérieur, on pénètre dans la grande salle principale, un grand bar laqué noir, des tabourets sur lesquels quelques alcoolos typiques sont affalés. La scène des filles est vide et je dirige Narcissa vers un des box où on peut s'isoler un peu. La décoration entière est dans les tons noirs et rouges, reflet des gouts douteux de mon cher ex-patron. Mais je me suis toujours dit que finalement, ça correspondait tout à fait à l'esprit qui règne au Hel Bar. Un rappel constant pour moi de ce qu'il faut éviter. Et le soir, derrière les glaces sans tain de mon bureau, je peux observer les échantillons de ce que l'humanité peut recéler de pire. Tous ces alcooliques ou ces camés qui s'oublient dans leur addiction, tous ces pervers graveleux qui bavent devant le corps des filles, tout ce que je me suis toujours refusé d'être.

    Mais pour l'heure, à part quelques poivrots, il n'y a pas grand-monde.
    Je laisse la jeune femme s'installer dans le box et je vais glisser quelques mots au barman. Je reviens ensuite me plaçant dans le petit siège face à elle en souriant.

    " Ils n'ont pas vraiment beaucoup de choix pour la nourriture ici. C'est pas vraiment un resto... J'ai demandé deux steaks frites, j'espère que ça t'ira. Accompagné d'une bonne bouteille de vin... "

    J'ai d'ailleurs bien besoin de reprendre des forces moi aussi. Le barman vient bientôt déposer sur la table plusieurs verres ainsi que le vin et une carafe d'eau.

    Je me sers de l'eau avant d'extirper une aspirine de mes poches. J'en trimballe toujours quelques-unes sur moi au cas où l'utilisation prolongé de mon don ferai naitre ces migraines lancinantes qui m'affligent si souvent.

    Dès que le cachet est dissous, j'avale le mélange sans hâte particulière malgré la douleur de mon crâne. Je sais donner le change, tout comme elle.

    Je replonge dans ses yeux si verts, un sourire se ranimant enfin sur mes lèvres. Je l'observe quelques secondes sans rien dire avant de lancer :

    " Du coup, on est à égalité... Je suis aussi un mutant, bien que je n'ai vraiment pas l'habitude de le dire... Je pourrais presque croire que tu m'as hypnotisé, les serpents ne sont pas censés le faire avec leurs proies ? "

    C'est ironique, encore une fois, mais je ne peux jeter la pierre qu'à moi-même. Seulement maintenant qu'elle le sait, je ne vais pas faire semblant de rien.

    " J'essaie de rester discret en général. Nous ne sommes pas particulièrement populaires dans les médias. Et je suppose que tu n'avais pas prévu de faire ce petit arrêt mue dans ce squat. Alors puisqu'on en sait tous les deux un peu trop sur l'autre, on va tenter de faire un peu mieux connaissance. Au moins pour être sûr que l'autre ne deviendra pas une menace éventuelle, non ? "

    Ma voix est douce, comme toujours, j'ai rarement besoin de l'élever, même pour donner des ordres, j'ai toujours préféré ce genre de méthode à l'intimidation pure et simple. Même si je sais l'utiliser aussi.
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Narcissa S. Holbrook
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Profession : stripteaseuse au Coyote Ugly, photographe pour Mars Investigations et sculpteuse d'objets en bois flotté à ses heures perdues...
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Mer 15 Juil - 21:51

    La chose la plus amusante lorsqu’on était dotée d’un pouvoir comme celui de Narcissa – sans parler de son incroyable souplesse - c’était sans doute cette capacité à pouvoir en une inspiration savoir dans quel état se trouvait son interlocuteur… La peur, le désir ou encore le stress laissaient chacun un arôme bien particulier qui n’échappait plus à l’odorat surdéveloppé de la reptile depuis environ deux ans. Cet aspect de son pouvoir avait été l’un des plus compliqués à maîtriser, et la jeune femme avait longtemps été indisposée par les odeurs émises par les gens qui l’entouraient…

    Actuellement, la mutante prêtait autant d’attention à l’arôme de Swan qu’à ce qu’elle pouvait lire dans ses yeux. Nulle odeur acide de peur, nulle trace d’intimidation dans son regard ; pas même cette odeur caractéristique d’émettaient les hommes face à femme qui leur plaisait et qu’ils aimeraient bien mettre dans leur lit… Si le dernier point laissait la reptile complètement indifférente – dans le fond, elle n’en avait rien à f*utre qu’il ait envie ou non de lui passer dessus – les deux premiers en revanche l’étonnaient grandement. Elle avait d’abord commencé à muer sous les yeux de Swan, avait mordu et empoisonné un type qui dans le fond aurait pu vivre encore jusqu’à ce que sa cirrhose du foie le tue s’il n’avait pas essayé de tripoter la mutante, et l’avait observé agoniser tout en se pourléchant les lèvres pour ne pas perdre une goutte de sang… N’importe qui en ayant vu autant serait déjà parti en fuyant à toutes jambes, mais lui… et bien Swan n’avait pas l’air plus étonné que ça, et ces phénomènes dans le fond assez « bizarres » avaient l’air d’attiser sa curiosité… ça, ça se voyait dans son regard lorsqu’on y prêtait réellement attention ; ce que Narcissa faisait précisément en le défiant ainsi de son regard émeraude…

    Son regard bleuté resta longtemps rivé au visage de la jeune femme, et les pupilles de la jeune femme s’étrécirent à leur tour, signe indiquant que Narcissa ne s’en privait pas pour faire de même, parce qu’après tout cela ne devait pas fonctionner que dans un unique sens… L’inconnu semblait lui aussi très jeune, et Narcissa se permit un rapide coup d’œil à ses vêtements, repérant assez rapidement les éléments qui troublaient l’odeur naturelle de Swan. Pantalon de cuir, chaussures à semelles de caoutchouc ; autant d’odeurs secondaires qui venaient s’imbriquer pour créer cet arôme que la jeune femme ne pouvait ignorer depuis quelques minutes…

    Narcissa ne prit pas vraiment de gants pour lui expliquer qu’elle avait remarqué à quel point le spectacle de la mort de pauvre type lui avait plu, et Swan répondit de manière toute aussi directe, expliquant qu’il n’était pas facile à effrayer, que cette vision ne lui avait pas déplu, et qu’il admirait l’efficacité avec laquelle elle avait donné la mort… Un sourire malicieux étira les lèvres de la jeune femme, à présent vierges de toute trace de sang…

    La flatterie est sans doute le meilleur moyen de se mettre un serpent dans la poche…

    Continuant de le fixer avec cette même insolence, la jeune femme passa sa langue sur ses lèvres avec provocation… Swan n’avait pas l’air de figurer au nombre de ceux qui perdaient l’esprit et se mettaient à suer comme des bœufs dès lors qu’une femme émettait ces signaux ambigus qui les caractérisaient le mieux : il avait après tout détourné le regard lorsqu’elle s’était rhabillée, là où un pervers notoire se serait contenter de baver, de mâter et plus si affinités…

    Ne comptant cependant pas parmi les jeunes influençables, je me contenterais d’apprécier la qualité de ton sens de l’observation…

    Rares étaient en effet ceux qui admettaient autrement que sous la contrainte qu’une femme pouvait être redoutable pour autre chose qu’un passage en chambre ou un numéro de striptease… Dans le cas de Narcissa cependant, ces deux exemples étaient exacts, mais elle était encore plus dangereuse dans la peau d’une chasseuse. Ce n’était pas ce clochard qui dirait le contraire… d’ailleurs il ne dirait plus rien du tout…

    Swan soutenait le regard de la jeune femme, mais semblait également essayer de voir ce que Narcissa valait… Elle l’intéressait, et la mutante trouvait infiniment plus délectable d’intriguer un homme pour autre chose que parce qu’il en avait après sa paire de fesses… Etant stripteaseuse, c’était malheureusement son lot quotidien, et un peu de changement en la matière était le bienvenu.

    Une bouffée d’amusement submergea un instant la douleur et la fatigue qu’avait laissée la mue dans son sillage, lorsque Narcissa constata que malgré ce qu’elle représentait – à savoir une bombe à retardement capable de provoquer la mort en une simple morsure – Swan conservait son calme olympien. Son regard se fit un moment plus lointain, et Narcissa en conclut qu’il devait probablement réfléchir à quelque chose qu’elle ignorait… elle n’était pas télépathe, après tout.

    Lorsqu’il sembla de nouveau connecté à la réalité Narcissa fit varier la couleur verte de son regard. C’était une faculté qu’elle utilisait assez souvent sans même s’en rendre compte, et nombreuses étaient les personnes à rester scotchées devant les deux émeraudes luisantes que possédait la mutante…

    Les présentations suivirent ensuite, et la question de Narcissa au sujet de sa propre mutation sembla amuser Swan, qui laissa échapper un rire aussi ironique que le reste de son être… Narcissa orienta de nouveau son regard vers lui, continuant de profiter de l’appui solide qu’il lui fournissait, avant de reprendre elle aussi la parole…

    A te voir comme ça, je ne m’en serais jamais doutée…

    Réponse sérieuse ou ironique… là, ça serait à lui de le découvrir. Une nouvelle vague de douleur vint troubler l’apparent calme plat émotionnel de la mutante, perturbant sans doute la lecture que ferait Swan afin de déterminer si elle avait déjà deviné depuis un moment pour sa mutation ou si elle plaisantait simplement à sa manière…

    Son regard changea de manière assez étrange, et Swan détourna le regard en donnant l’impression de fuir celui de la mutante… La confusion s’empara de Narcissa l’espace de quelques secondes : perdre le contrôle de sa mutation était ce qui l’angoissait depuis le premier jour. En de rares occasions elle s’était déjà surprise à pister à travers les rues bondées un homme à l’arôme particulièrement intéressant pour l’ajouter à son tableau de chasse de toutes les manières possibles : le séduire d’abord, le mettre en confiance, passer un bon moment et lui ensuite prendre la vie au moment où il s’y attendrait le moins, telle une mante religieuse… Son regard lui permettait à peu près toutes les variations possibles sur ce thème, et Narcissa craignait au fur et à mesure qu’elle gagnait en aptitudes de trop céder à ses instincts et donc de devenir complètement esclave de ses sens de reptile…

    Cette fuite de la part de son interlocuteur faisait plutôt tâche dans le décors lorsqu’on la comparait avec ce qu’il avait à peine laissé entrevoir depuis son apparition dans le hall de cet immeuble pourri… Narcissa devait sans aucun doute y être pour quelque chose ; restait à savoir ce qu’il convenait de faire…

    Si t’as un souci…

    La jeune femme n’acheva pas sa phrase, se contentant d’adresser un sourire malicieux à son compagnon… Aucune moquerie dissimulée ; elle ne savait simplement pas s’y prendre pour ce qui était des rapports « normaux », d’égal à égal, puisque jusque-là Narcissa n’avait jamais cherché qu’à dominer, à être la plus dangereuse, la plus imprévue, la plus… la plus seule, également…

    Ils finirent par arriver devant un bar que Narcissa ne connaissait pas à peu près au moment où dissimuler sa douleur était devenu trop compliqué. La douleur se lisait à présent de manière assez perceptible sur son visage, mais la jeune femme prit quand même la peine d’observer l’intérieur de cet endroit où elle n’avait encore jamais mis les pieds. Ne relâchant pas le bras de Swan, la jeune reptile promena son regard émeraude sur le comptoir du bar, puis sur chacun des différents éléments du décors : tout était décidément trop glauque, trop décalé dans ce bar, mais ce n’était pas déplaisant du tout…

    Son regard glisse ensuite sur le reste du « mobilier », composé de clients complètements alcoolisés ou de rares junkies en manque qui essayaient de noyer leur frustration dans l’alcool. Un instant, l’envie de shooter dans le tabouret de l’un d’eux – gros, gras et bile bottant sur son siège – se faire ressentir, mais Narcissa préfère se tenir tranquille pour le moment, préférant d’abord se reposer un peu… la bagarre viendrait après si cela la tiraillait toujours autant…

    Swan laissa Narcissa s’installer à une table assez bien isolée dans un box, et la jeune femme se glissa sur la banquette avec cette agilité qui lui était propre, se plaçant de manière à pouvoir garder un œil sur la porte d’entrée… un vieux réflexe qui la ferait sans doute passer pour une grosse paranoïaque, mais qui lui avait permis de rester en vie jusque-là… Swan revint finalement, interrompant l’inventaire de la décoration qu’avait entrepris la mutante et le regard inquisiteur qu’elle avait jeté à l’immense vitre qui donnait sur une pièce où elle ne mettrait probablement jamais les pieds. Plissant les yeux, les pupilles de la mutante s’étrécirent alors que le vert de son regard changeait une nouvelle fois de teinte, et un sourire appréciateur finit par étirer ses lèvres…

    Ingénieux…

    Une fenêtre en hauteur pour pouvoir garder à l’œil la clientèle… peut-être pour pouvoir fuir en cas de rixe ou de règlement de compte. Une quelques lui brûlait les lèvres : le patron de cet endroit était-il aussi parano que ce qu’il laissait croire, ou n’était-ce qu’une impression ?
    De là où elle était et avec le pouvoir qui était le sien, Narcissa ne percevait pas la texture de la vitre ni le fait qu’elle soit « sans tain »… La subtilité lui échappait donc, mais cela ne l’empêchait pas d’admirer le procédé…

    Le steak-frites, ça sera parfait… Pour le côté « pas resto », c’est encore plus visible qu’un nez au milieu de la figure, mais c’est déjà bien de pouvoir manger… Merci.

    Les effusions n’étaient pas vraiment sa spécialité. Aussi, le remerciement qu’elle adressa à Swan autant pour son aide à quitter l’immeuble en chantier que pour le repas qui suivrait se perdit dans la masse de par sa brièveté. La reptile observa ensuite son interlocuteur sortir un tube d’aspirine de l’une de ses poches et la glisser dans son verre d’eau à peine servi… Un léger froncement de nez de Narcissa accompagne la dissolution du comprimé dont l’odeur l’incommode un court instant, et Swan finit par avaler le contenu de son verre comme s’il s’était agi du sirop pour la toux, sans hâte, mais sans plaisir non plus…

    Un sourire revint finalement aux lèvres du mutant alors que de nouveau son regard se fait aimanter par celui de la jeune reptile, et Narcissa s’accouda à la table pour l’observer d’un peu plus près… Son sourire se fit plus malicieux suite aux paroles de Swan, dont elle perçoit très clairement l’ironie…

    Ca arrive assez souvent ; rares sont ceux capables de s’en rendre compte, en revanche… Pour l’hypnotisme, je te garantis que si ça avait été le cas tu ne serais même plus en état de quoi que ce soit à l’heure actuelle…

    Son regard sembla étinceler alors qu’une nouvelle fois, elle passait sa langue sur ses lèvres…

    Pour notre égalité en revanche, ce n’est pas tout à fait exact : nous sommes mutants, mais je ne sais pas de quoi tu es capable… Les mutants ayant un peu trop tendance à recourir à leurs pouvoirs pour se défendre, je vais donc me risquer à quelques pronostics…

    Son sourire semblait ne jamais devoir s’effacer, et la situation l’amusait énormément : lui savait bon nombre de choses sur elle, mais Narcissa ne savait rien en retour… Restait à déterminer si son don naturel pour les devinettes allait se révéler payant…

    Un pyrokinésiste attaqué fera usage du feu, c’est instinctif, quasiment imparable et surtout c’est une sorte de réflexe… un peu comme un crabe : tu as déjà vu un crabe utiliser autre chose que ses pinces pour se défendre ?

    Une légère odeur de friture vint chatouiller les narines de la jeune reptile, et sa faim s’éveilla de nouveau, alors qu’elle poursuivait…

    Pour tout à l’heure, étant donné que tu comptais te débarrasser du clodo avec l’une de tes deux lames – elle avait parfaitement entendu les déclics caractéristiques des couteaux pliants – j’en déduis assez naturellement que tu n’as pas un pouvoir directement offensif… Pas de troisième bras, pas de boules de feu ou de jets de pierres… Tu observes énormément et est attentif aux petits détails qu’oublient en général de considérer ce type de mutants parce que leur pouvoir clinquant leur permet de s’abstenir de réfléchir plus avant… Tu es un mentaliste…

    La bombe avait été lâchée. Si Narcissa n’avait pour l’heure aucun moyen de dire de quel type de pouvoir abstrait était doté Swan, elle pouvait en revanche sans trop de difficulté identifier sa catégorie.

    Vinrent ensuite quelques mots sur la nécessité de se montrer discrets par les temps qui courraient, et Narcissa acquiesça, esquissant même un sourire légèrement amusé lorsque Swan conclut qu’ils devaient être sûrs que l’un comme l’autre ne deviendraient pas une menace potentielle…

    J’aime assez cette raison de faire connaissance… Autant partir sur de bonnes bases… non ?

    Narcissa se servit un verre d’eau et le porta à ses lèvres en laissant ses narines s’emplir de la bonne odeur de viande qui lui parvenait à présent.
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Jeu 16 Juil - 10:11

  • Je n'ai que mépris pour la grande majorité des représentants de l'espèce humaine ou mutante, de toutes manières, sur ce plan-là, il n'y a guère de différence. Parce qu'à tous les niveaux de la société, dans toutes les classes sociales, les comportements sont finalement si prévisibles. Ce qui m'écoeure le plus ? La manière dont ils se laissent diriger par leurs émotions, n'importe laquelle, haine, colère, désir, tout cela l'emporte la plupart du temps sur la réflexion logique.

    Et puis mon pouvoir m'a tellement permis de distinguer la réalité derrière leurs apparences. Ils se pensent guidés par la noblesse de leurs émotions, arborent le masque de la générosité alors qu'en vérité, ils ne sont tous qu'égoïsme. J'ai rarement perçu chez les autres, une émotion désintéressée, même ce qu'ils prennent pour le plus beau de leur sentiment n'est en fait qu'un désir de possession mêlé de la peur enfouie de finir tout seul.

    Il y a donc très longtemps que j'ai décidé de me préserver au maximum de toutes leurs faiblesses. Ma chère Mère m'aura au moins appris soigneusement que s'apitoyer sur son sort ne sert à rien. J'ai élevé un mur entre moi et les autres, parce que la vérité est toute simple, montrez une seule fois un signe de faiblesse et on vous écrase impitoyablement.

    J'ai donc décidé de devenir un masque ambulant, ne jamais laisser personne m'approcher suffisamment pour manifester ne serait-ce qu'un désir d'attachement. A quoi bon ? Tout le monde finit toujours par vous trahir, j'ai été une petite marionnette bien sage toute mon enfance mais j'ai tranché les fils pour devenir le marionnettiste. Ecraser avant d'être écrasé, voilà le seul credo qui guide mes pas, mon leitmotiv, ma religion.
    La solitude ? La plupart des gens la craignent comme la peste, moi, je l'ai apprivoisée, domestiquée. Je n'ai connu que ça, on est toujours seul, peu importe nos gesticulations fébriles ou nos envies d'absolu, au fond on reste isolé dans notre propre peau. Et puis lorsque vous ne tenez à rien ni à personne, il n'y a rien qui peut vous abattre.

    Je ne fais que me préserver, au fond, en gardant ce contrôle de fer sur la moindre faiblesse que je pourrais avoir. Je ne sais pas fonctionner autrement, c'est devenu naturel, comme mes masques le sont.

    Pourtant, devant le regard émeraude de cette fille-serpent alors que nous nous inspectons l'un l'autre comme deux animaux curieux, je ne revêts aucun masque. Parce qu'il serait tout à fait ridicule de tenter de simuler puisqu'elle a les moyens de me percer à jour. Elle me hume, ses narines frémissent légèrement et j'avoue que je serai très curieux de sentir les odeurs comme elle. Chaque être humain dégage un parfum différent et ses sens lui permettent apparemment de distinguer toutes les subtilités de l'humeur de sa cible. Il est donc tout à fait inutile de faire semblant.

    Ce qui ne signifie pas se livrer pour autant, et pourtant, c'est sûrement la première fois que je laisse entrevoir l'ombre de ma vraie personnalité à une inconnue. Mais on ne peut pas dire que cette rencontre est banale.
    Un léger rire m'échappe quand elle parle de flatterie et tout naturellement, je lui rétorque :

    " Quelque chose me dit que tu n'es pas sensible à ce genre de ruse... Reptile ou pas."

    Son regard de jade, elle sait s'en servir brillamment, ce qui est tout à fait logique, il faut toujours apprendre à utiliser ses atouts. Mes yeux bleus-verts m'ont très souvent servis à ce niveau, mais pour une fois, je suis largement battu à mon propre jeu. D'ailleurs mes prunelles ne se départissent pas de la petite lueur malicieuse qui les éclaire, surtout en voyant le bout de sa langue rose lécher ses lèvres. Comme tout-à-l'heure dans la pénombre mais sans le sang.

    Je sais apprécier ce genre de petite provocation à sa juste valeur et je me doute bien que la majorité des mâles doivent devenir sacrément excités quand elle les regarde de cette façon. Pour ma part, j'ai toujours gardé une main de fer sur les pulsions primaires qui pourraient m'affliger. Jamais je ne les laisse obscurcir mon jugement.

    Oh je me doute bien que malgré sa jeunesse, elle est bien loin d'être influençable. Elle dégage une aura de force indéniable derrière son apparence fragile et je ne réponds que par un sourire devant son compliment sur mon sens de l'observation.

    Je n'ai jamais pour habitude de sous-estimer les gens, normal, qui mieux que moi sait que personne n'est vraiment ce qu'il laisse entrevoir. Pour moi, tout le monde est un danger potentiel, peut-être encore plus les femmes que les hommes car je les estime plus intelligentes en général.

    Bien sûr, il y a des exceptions et j'en ai rencontré des évaporées sans cervelle, mais je sais d'ores et déjà que Narcissa n'est pas à classer dans cette catégorie.

    Pour ma part, je commence à me demander si je n'ai pas laissé un morceau de mon cerveau dans ce squatt pourri. Car définitivement, répondre aussi spontanément que je suis un mutant, tout comme elle, c'est le genre de légèreté que je ne me permets pas.

    Sa réponse ironique ne ranime pas mon sourire. Elle n'est pas responsable de mon changement soudain d'humeur, je suis en colère contre moi-même. Je déteste avoir des élans de spontanéité, laisser ma carapace se fendiller, ne serait-ce qu'une seconde m'est tout à fait insupportable.

    Je sens que ma réaction la trouble, après tout ça ne cadre pas vraiment avec ce qu'elle a pu voir de moi. Seulement, pour une fois, je peine à cacher mon irritation. Je me retourne vers elle quand elle me demande si j'ai un problème et étrangement, son sourire malicieux calme mon agacement. Après tout, elle aussi a des choses à cacher et même s'il m'est très difficile de me fier à qui que ce soit, il semblerait que les évènements m'y contraignent.

    Je secoue la tête pour lui indiquer qu'elle n'est pas responsable de cette irritation subite et notre arrivée au Hel me dispense de plus amples explications.

    Heureusement d'ailleurs, car je sens des vagues de douleur émaner d'elle, d'ailleurs ses traits sont tirés, ses muscles crispés et même si elle maintient un contrôle parfait, elle est au bord de l'épuisement. Pourtant, c'est tout à fait soigneusement que les prunelles émeraudes parcourent l'intérieur de l'établissement et en l'observant du coin de l'oeil, je ne peux m'empêcher de sourire. Elle enregistre tous les détails de l'environnement, exactement comme je le ferais en entrant dans un endroit inconnu.

    Décidément, cette jeune femme est de plus en plus surprenante. Je suis impitoyable avec moi-même comme avec les autres, traquant la moindre manifestation de faiblesse et ce n'est pas tous les jours que je rencontre quelqu'un qui mérite mon respect. Mais cette jeune personne parait susceptible d'en être une.

    Quand nous traversons le bar, les émotions légèrement dégoutées de Narcissa devant les déchets agrippés au comptoir ne m'échappe pas, ce qui ne fait que renforcer mon opinion favorable.

    Mon coté parano ne pouvant s'empêcher de noter qu'elle s'assoie exactement comme je le ferais à sa place, de manière à pouvoir surveiller toutes les menaces éventuelles. Pleine de surprises, la jolie fille-serpent.

    Mon humeur s'en trouve donc considérablement améliorée quand je vais commander notre repas. Quand je reviens dans le box, je suis le regard émeraude qui contemple un instant les glaces sans tain qui me permettent de voir sans être vu quand il y a foule au Hel. Je pense même une seconde qu'elle a éventé le procédé.

    Etrangement, ça me plait... Sans doute parce qu'il est extrêmement rare que je rencontre quelqu'un qui fonctionne presque exactement comme moi. La parano est mon mode de vie.

    Apparemment, le steak-frites lui convient et en me préparant mon aspirine, je réalise que je commence aussi à avoir sacrément faim. Normal, l'incident avant ma rencontre avec la jeune femme m'a couté beaucoup d'énergie, récupérer est indispensable.

    J'avale mon aspirine et je laisse ensuite le magnifique regard jade capturer de nouveau mes prunelles. D'autant que le sourire qui l'accompagne est des plus malicieux. Sa réponse sur l'hypnotisme éventuel agrandit mon sourire. Oh oui, aussi belle que mortelle, je n'en doute pas un instant. Et ça me plait. Beaucoup...

    " J'ai eu de la chance alors de ne pas m'attirer suffisamment ta colère pour ça... Mais je n'aurais peut-être pas été aussi facile à tuer que tu le crois... "

    En l'observant, je me rends mieux compte à quel point elle dégage une séduction trouble qui doit réellement affecter la plupart des gens qui l'approche. Ce regard captivant, ces lèvres qu'elle lèche souvent du bout de la langue, oui, décidément, j'ai devant moi un piège mortel à la perfection létale dont je suis parfaitement conscient. Parce que je conserve toujours ce recul froid en moi, le Serpent qui observe tout bien avant de frapper.

    Elle a raison, pour le moment, j'ai encore une longueur d'avance puisqu'elle ignore tout de mes capacités. Et je m'assoie plus confortablement dans mon siège, curieux de ses pronostics éventuels.

    Le regard toujours plongé dans l'émeraude malicieux, je l'écoute patiemment. Son premier commentaire est d'une logique imparable, on se sert de ses atouts pour se défendre, ça devient un réflexe automatique.

    Je hausse un sourcil en l'entendant déclarer qu'elle a entendu le petit cliquetis sec de mon couteau. Ca, je ne m'y attendais pas et je n'en admire que plus son sens de l'observation. Tout comme moi, rien ne lui échappe. Son coté reptile n'est pas seul en cause, à mon avis, elle a une grande aptitude à la survie en milieu hostile. Encore un point commun. Et tout naturellement, ses observations minutieuses l'ont conduit directement à deviner au moins de quel genre sont mes pouvoirs.

    " Je crois que je vais vraiment apprécier ce repas... "


    Bien sûr, il m'est toujours difficile d'admettre qu'on puisse me percer à jour, mais je ne peux qu'admirer la manière dont elle est venue à cette conclusion.

    Mon sourire s'épanouit et je débouche la bouteille de vin, nous servant un verre à tous les deux avant de reprendre la parole :

    " La majorité des gens sont tellement prévisibles dans leurs réactions... Comme ce clodo tout-à-l'heure, uniquement guidé par ses pulsions.... Il est rare que les gens que je croise arrivent à me surprendre. Ce n'est pas de la supériorité stupide, c'est juste un fait. Mais toi, tu viens de m'épater en quelque sorte. Ce n'est pas de la flatterie, ce genre d'artifice n'est utilisable que sur les filles sans cervelle, ce qui n'est vraisemblablement pas ton cas... "

    La lueur malicieuse dans mon regard ne se ternit pas, bien au contraire, rares sont les personnes a avoir gagné mon respect aussi rapidement, mais je ne peux que m'avouer que c'est tout à fait le cas.

    " Tu as raison, je suis un mentaliste... Un empathe, pour être précis. Sûrement un des pouvoirs les plus sournois chez les mutants, comme la télépathie. Nous voilà donc cette fois à égalité... "

    Oui, finalement, nous semblons partir sur de bonnes bases, bien plus franches que ce dont j'ai l'habitude, mais curieusement, je ne me sens pas mal à l'aise.

    Je lève mon verre, le cognant légèrement contre le sien en soufflant :

    " Aux coïncidences et à notre rencontre... "

    Le serveur vient ensuite déposer deux assiettes fumantes devant nous avant de me glisser quelques mots à l'oreille. Je hoche la tête avant de le congédier d'un geste un peu sec. Apparemment, il y a un type dans le coin qui pose beaucoup trop de questions, un fouineur quelconque qui est passé hier soir et revenu à l'ouverture. Voilà un détail dont il faudra que je m'occupe, mais pas pour le moment. Même si ma parano naturelle est immédiatement sollicité par ce problème.

    Je reporte mon regard sur Narcissa, avant de commencer à manger de bon appétit, attaquant ma viande avec gourmandise. Entre deux bouchées, je reprends la parole :

    " Tu sais maintenant beaucoup plus de choses sur moi que la plupart des gens que j'ai fréquenté. Mon pouvoir me permet de percevoir la vérité sous les sourires, ce que les personnes peuvent recéler de pire, je le sens s'infiltrer au creux de mes veines. Ca ne me donne pas une bonne opinion générale de l'humanité et je crois que toi aussi, tu as ce recul. Il n'est pas fréquent, la majorité des gens sont plus instinctifs que réfléchis. Pas moi, mais tu as pu t'en apercevoir. "

    Je lui souris encore en buvant un peu de vin, je suis plus détendu qu'habituellement, même si je reste sur mes gardes bien entendu, je suis bien loin de la confiance. Du reste, je ne me souviens pas avoir fait confiance à qui que ce soit. Jamais.

    " Je pense qu'à ce niveau, nous avons pas mal de points communs. Tes sens te permettent de voir au-delà des visages et tu te méfies des autres. Logiquement, je suis une menace à éliminer pour toi, la réciproque est vraie et la confiance ne m'est pas naturelle. "

    Autant de vérité dans mon discours, voilà aussi ce qui ne m'est pas naturel.

    " Seulement, je n'ai aucune envie de t'éliminer. A supposer que je le puisse, bien sûr. "

    Mon sourire redevient purement malicieux et je chasse une mèche noire de mes yeux avant de poursuivre :

    " Parce que je n'ai pas rencontré beaucoup de personnes qui ont autant éveillé ma curiosité. Dis-moi Narcissa, ton pouvoir t'a-t-il isolé autant que moi ? J'ai vu comment tu jaugeais ton environnement, ta méfiance qui me rappelle étrangement la mienne. Ce n'est pas fréquent chez quelqu'un de ton âge... "

    J'ai presque terminé mon steak et ma migraine commence à se dissiper. Et pour une fois, j'apprécie sans façons la compagnie de quelqu'un. Etre aussi franc n'est pas dans mes habitudes, mais je sais m'adapter. Et puis depuis le début, elle et moi nous voyons au-delà du masque de l'autre. Et ce n'est pas si désagréable.
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Sam 18 Juil - 16:56

    La jeunesse de Narcissa suffisait en général pour que la grosse majorité des gens qui la croisaient la croient un peu naïve et légèrement attardée. Oui, ceux que la multitude ne comprenait pas ou ne parvenait pas à cerner étaient des attardés. Ou alors des pervers. Ce fut entre autre le cas de Sigmund Freud, dont les théories parfois certes un peu légères avaient contribué à le décrédibiliser dans pas mal de cercles très fermés de psychiatres, psychanalystes ou autres « spécialistes » du même acabit… Narcissa n’avait jamais véritablement apprécié les médecins de manière générale, mais c’était encore pire pour ceux qui prétendaient analyser leurs semblables en se posant comme supérieurs. Des Dieux vivants, voilà pour quoi ils se prenaient exactement, à cataloguer les gens dans des catégories qui ne leur convenaient pas…

    Narcissa s’était concentrée sur ses pas durant toute la durée du trajet qui l’avait menée au Hel, et son visage impassible avait dissimulé comme à l’accoutumée ce qui lui trottait dans la tête. Son passé n’avait en effet pas été des plus glorieux, et bien vite sa vie avait basculée sans espoir d’amélioration ou de retour en arrière… Affectée par une maladie musculaire dès son plus jeune âge, la petite Narcissa suivit durant les six premières années de sa vie les traitements les plus lourds dans l’espoir d’améliorations qui malheureusement ne vinrent jamais. Ses parents la confièrent donc à un institut militaire dont l’un des représentants – un certain William Stryker – leur avait vanté les mérites en matière de médecine. Officiellement, Narcissa est décédée à l’âge de 8 ans, des suites de sa maladie extrêmement contraignante. Officieusement en revanche elle devint l’un des projets phares de l’époque, un projet Arme X, au même titre que Wolverine ou ses prédécesseurs…

    Entraînée depuis cette époque à divers arts martiaux et à certaines techniques de combat redoutables, la petite fille avait dans un premier temps été entièrement formatée : si elle était en vie, c’était uniquement pour servir son pays ; autrement elle aurait été hospitalisée dans un hôpital civil où on l’aurait laissée crever…

    Pendant les premières années, Narcissa se montra docile car alléchée par la promesse qu’on lui avait faite au sujet de ses parents : dès qu’elle serait totalement « guérie », elle pourrait retourner vivre avec eux. Le deal était simple et avait eu l’air honnête, alors la petite fille de 7 ans y avait cru et s’était donnée à fond. Les traitements qu’on lui administrait lui faisaient chaque jour un peu plus de mal finirent par la plonger dans une torpeur un peu étrange, et c’est à partir de ce moment que les psychiatres étaient entrés dans sa vie…

    Narcissa avait longuement refusé toute forme de communication, refusé les entraînements et frappé avec ses petits poings de gosse tous ceux qui avaient essayé de lui faire prendre son traitement. Les séances de psychiatrie n’avaient servi qu’à l’endurcir un peu plus en réalité, achevant de la conforter dans son idée selon laquelle tous n’avaient cherché qu’à la duper depuis le début. Sa paranoïa se développa à une vitesse fulgurante et elle cessa complètement de s’alimenter jusqu’à ce que la décision soit prise de lui faire suivre une toute nouvelle thérapie… Le « conditionnement, qu’ils avaient appelé ça, et de ce que disaient les autres sujets de recherche, c’était une procédure qui ne laissait aucune chance à ceux qui la suivaient…

    Imaginez un peu une chaise électrique mais en version « table », avec des sangles, des électrodes et tout le nécessaire pour conserver le sujet un minimum en vie… Narcissa avait 9 ans la première fois où on l’y avait sanglée, et c’est précisément à ce moment-là que sa mutation se déclencha. Les décharges électriques autant que les stimuli neurologiques ravageant l’organisme saturé de produits chimiques de la petite fille. Des combinaisons bizarres se produisirent sûrement, parce que depuis ce fameux jour, Narcissa développa certaines capacités qui eurent le don de terrifier le personnel de la clinique… Son mécontentement ne se manifesta plus sous forme de cris, mais de sifflements qui affolaient même ses voisins de cellule. Ses yeux prirent une teinte encore plus verte et semblaient même luire dans la pénombre de sa cellule. Pire encore : une aide-soignante venue pour lui administrer un « médicament » fit un malaise suite à une morsure de Narcissa… Diagnostic : l’enfant avait muté – ça ils le savaient déjà – mais elle était à présent dotée des gênes sans doute les plus incontrôlables qui soient… un serpent, la gosse était devenue un serpent…

    Les séances de psy recommencèrent, mais cette fois on eut le bon sens d’attacher Narcissa pour éviter tout débordement… En plus d’être obligée de se coltiner ces stupides séances, elle n’avait même pas pu se boucher les oreilles ; d’où cette aversion pour ceux qui lui avaient bourré le crane pendant si longtemps… Si elle s’était trouvée seule à ce moment précis, un reniflement de mépris aurait probablement accompagné la résurgence de ce souvenir. Pour l’heure et étant donné que Swan lui donnait le bras pour éviter qu’elle ne s’effondre, une simple vague d’exaspération troubla la fausse sérénité qu’affichait la mutante pour couvrir la douleur qui étendait sa domination sur ses membres endoloris…

    Swan continuait de la fixer, semblant happé par son regard d’un vert profond. Il semblait ne pas faire exception à la règle sur ce point, même si Narcissa le sentait encore capable de détourner le regard là où les autres auraient déjà plongé dans ces deux abîmes vertes… Une inspiration lui permit de sentir une nouvelle fois l’odeur si particulière de Swan. En soit, le cuir était une matière dont la mutante appréciait l’odeur, et son addition à l’odeur de Swan rendait le tout assez étonnant, pour ne pas dire sulfureux… Oui, la jeune femme appréciait cette odeur et Swan le remarquerait sans doute s’il prêtait attention au tourbillon de douleur dans lequel faisait surface de temps à autre cette appréciation. Rien de bien étonnant dans le fond, puisque les animaux se reniflaient mutuellement de manière continuelle ; difficile en effet de s’empêcher de respirer sous prétexte que l’on possédait la capacité de détecter jusqu’aux plus infimes arômes…

    Le regard de Swan change de manière à peine perceptible, et la mutante comprend assez rapidement qu’elle n’a sans doute pas fait preuve de suffisamment de discrétion pour le humer une seconde fois. Loin de s’excuser d’un acte qui pourtant pourrait vexer, les pupilles émeraude de Narcissa pétillèrent de malice…

    Suite aux paroles de Narcissa concernant la flatterie qui ne fonctionnait que sur les jeunes – serpents ou non, d’ailleurs – Swan laissa échapper un léger rire, avant de lui répondre que son instinct lui indiquait que ce genre de ruse ne fonctionnait pas sur elle… La jeune femme le fixa de nouveau et esquissa un sourire amusé…

    Ce « quelque chose » ne te trompe pas, visiblement…

    Rien ne semble pouvoir faire disparaître cette lueur malicieuse du regard de Swan, et dans le fond Narcissa trouve cela plutôt amusant. Un rien semble donc l’amuser, cependant cela ne signifie pas qu’elle en baisse sa garde pour autant, loin de là… Le mutant semble apprécier la manière d’être de la femme-serpent, et ne montre aucun des signes masculins habituels face à ses petites mimiques : pas de regard vitreux et/ou stupide, pas de sourire niais ni de blagues potaches, pas non plus de démonstrations d’orgueil masculin de type « je suis ce qu’il te faut, poupée »…

    Si bien que Narcissa finit par l’observer avec un peu plus d’insistance cette fois, commençant à mettre cette neutralité la concernant sur le compte d’un phénomène qui la rendrait complètement logique… Son regard détailla une nouvelle fois Swan alors qu’il semblait particulièrement renfrogné pour une raison qui échappait à la mutante, et elle finit par reprendre la parole l’air complètement détachée…

    Je te trouve bien calme, pour un homme…

    Elle avait lâché ça comme ça, sans que rien ne puisse ni avant, ni après cette déclaration éclairer son propos… C’était également l’une des mauvaises habitudes de la jeune femme, et Swan ne tarderait probablement pas à vouloir en apprendre davantage sur ce qu’elle avait voulu dire à son propos…

    Invariablement, chaque homme qu’elle avait rencontré avait fini par se noyer dans ses yeux verts et en avait pour le coup perdu toute forme de retenue… et même d’intelligence. Invariablement encore, chaque homme avait fini par lui faire des avances plus ou moins évidentes – ça, ça dépendait du tempérament – en vue de tout simplement pouvoir la mettre dans leur pieu… C’était cru, mais c’était l’instinct majeur auquel obéissaient ce genre d’hommes.

    Swan, lui, n’avait fait aucun cas de la nudité de la jeune femme quelques minutes plus tôt, et parvenait à soutenir correctement leur conversation sans y glisser des sous-entendus douteux… Même son regard n’était pas déplacé, et c’est dont tout naturellement que Narcissa en était quasiment arrivée à une conclusion assez loufoque qu’il ne tarderait pas à découvrir… Alors, ou il était réellement doté d’une maîtrise de lui-même hors-norme, ou alors… ou alors les femmes ne l’attiraient pas. Chassant cette hypothèse de son esprit lorsque Swan secoua la tête en réponse à son début de phrase, la jeune femme pénétra dans le Hel à la suite de son compagnon, repérant assez rapidement et comme par réflexe les sorties et lieux par lesquels d’autres pourraient arriver des trouble-fête… ou par lesquels on pourrait éventuellement l’épier, comme cette grande baie vitrée située au premier étage, qui avait une vue plongeante sur la salle…

    S’installant dans l’un des box alors que Swan se dirigeait vers le comptoir, Narcissa s’autorisa une bouffée silencieuse de soulagement lorsqu’elle pu enfin s’installer sur la banquette, ignorant que Swan la percevrait grâce à son pouvoir dont elle n’avait pas encore percé toutes les subtilités… D’ailleurs, le mutant ne tarde pas à la rejoindre et s’installe face à elle, se lançant dans la préparation d’une aspirine pour calmer une douleur dont il ne laisse pourtant rien transparaître. Narcissa ne pu que songer à l’horrible goût que donnerait cette aspirine au sang de Swan, et s’empressa de chasser cette pensée de prédatrice de son esprit, se contentant de vriller ses deux émeraudes dans le regard clair de l’homme qui lui faisait face…

    Son sourire s’agrandit suite à la réponse de la mutante sur l’hypnotisme auquel lui permettent de se livrer ses yeux, et Swan se déclare alors chanceux de ne l’avoir pas suffisamment irritée pour lui donner envie de le tuer, concluant avec une certaine provocation qu’il n’aurait sans doute pas été aussi facile à tuer que ce qu’elle pouvait croire… Que savait-il de ce qu’elle croyait à ce moment précis ?
    Devenant plus insolent, son regard sembla forer un peu plus celui de Swan…

    Qui te dit que je te crois facile à tuer ? Les serpents attendent pour voir, ils ne se livrent à aucun coup de poker… « J’essaie de le tuer et je vois après ? » trop primitif comme mode de pensée !

    A son attitude, il était aisé de voir que cette conversation commençait à l’amuser tout particulièrement. Si lui n’était pas prompt à juger un adversaire, il en était sans doute de même pour Narcissa, si ce n’était plus encore…

    La jeune femme sentit le regard de Swan la détailler davantage, et c’est en passant avec malice le bout de sa langue sur ses lèvres qu’elle sembla lui répondre à sa manière à elle. Narcissa proposa d’essayer de deviner le pouvoir dont était doté son interlocuteur et ce dernier s’adossa contre sa chaise, semblant toujours très à l’aise, et sans doute certain qu’elle ne pourrait trouver dans l’immédiat : il était vrai qu’elle n’était pas sensée disposer de beaucoup de détails pour étayer ses observations, mais Narcissa ne pu ignorer l’unique réaction qui anima le visage de Swan lorsqu’elle évoqua les lames de ses couteaux… Elle avait parfaitement entendu, et cela semblait le surprendre… Quoi de plus normal pour une mutante dans son genre de se montrer attentive à tout ce qui l’entourait ? et encore plus avec le passif qu’elle se trimballait…

    [...]
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Sam 18 Juil - 16:56

    Swan déclara qu’il allait « vraiment » apprécier le repas, et Narcissa observa son sourire s’agrandir de manière étonnamment perceptible alors qu’il débouchait la bouteille de vin amenée un peu plus tôt. Silencieuse et patiente comme le serpent qu’elle était, Narcissa attendit la réponse du mutant sans trépigner ou ne serait-ce que bouger. Swan s’expliqua finalement et évoqua les gens prévisibles qu’il n’avait pas l’air d’estimer, et s’avoua réellement épaté par les manœuvres de la jeune femme, précisant au passage qu’en toute modestie rares étaient ceux qui parvenaient à le surprendre… Le sourire de Narcissa s’étira légèrement avant que son regard ne s’oriente en direction d’un homme bedonnant et chancelant qui venait d’entrer en bousculant une chaise, semblant déjà complètement ivre en arrivant seulement dans le bar… ça promettait…

    Swan précisa qu’il ne cherchait pas à la flatterie, conscient que cela ne fonctionnait que sur les filles un peu évaporées, et que Narcissa n’en était pas une… Bon dans le fond elle le savait déjà, mais le fait que ce soit un homme qui s’en rende compte était encore plus appréciable… Aucune variation dans les émotions de la jeune femme ne pouvait à ce moment être perçue, mis à part ce profond amusement qui ne semblait plus varier depuis quelques minutes…

    La malice dansant dans le regard de Swan sembla se raviver, et il finit par dévoiler les détails de son pouvoir que Narcissa n’avait pu deviner… Un empathe, ça expliquait pas mal de choses, dont cette maîtrise de soi inratable : comment en effet agir sur les humeurs des autres sans être déjà capable de se maîtriser soi-même ? complètement impossible… Swan les déclara ensuite « à égalité », et Narcissa acquiesça en silence dans un premier temps, avant de se redresser légèrement pour pouvoir appuyer ses coudes sur le plateau de la table et ainsi observer son interlocuteur d’un peu plus près…

    L’empathie… ça explique un certain nombre de choses… L’humanité t’offre sans doute suffisamment de lecture pour jusqu’à la fin de ta vie…

    Référence assez obscure à ce que Swan avait lui-même dit un peu plus tôt au sujet des gens qui ne se maîtrisaient pas et en devenaient pour le coup incroyablement prévisibles… Être en contact permanent avec les émotions d’être faibles ne devait pas vraiment être agréable, et Narcissa se demanda l’espace de quelques secondes si Swan se maîtrisait à ce point pour justement ne pas ressembler à ces gens si prévisibles… Réussissait-il au moins à éviter de ressentir les émotions ambiantes ?

    J’imagine que tu dois pouvoir identifier assez facilement l’état d’esprit dans lequel je me trouve…

    Son amusement était aisément perceptible. Ce qui l’était moins en revanche, c’était la curiosité de la jeune femme relative à ce que son interlocuteur pouvait ou non faire… Swan leva son verre et proposa de trinquer à leur rencontre ainsi qu’aux coïncidences, et la jeune femme fit de même en lui adressant un sourire empli de malice. Les deux verres se cognèrent en produisant un léger bruit, et le regard de Narcissa dévia une nouvelle fois sur le serveur qui venait vers eux, deux assiettes à la main… Ses narines frémirent très légèrement lorsque l’odeur de viande se fit plus forte, et Narcissa reposa son verre tout en observant le serveur murmurer quelque chose à Swan, provoquant un hochement de tête de ce dernier avant que l’employé ne se fasse congédier d’une manière qui arracha un sourire à la mutante…

    Naturellement autoritaire ou propriétaire de l’endroit ?

    Même sans avoir fréquenté l’endroit auparavant, Narcissa savait reconnaître les employés qui s’écrasaient sagement devant leur supérieur : rares étaient en effet ceux qui laissaient les clients les congédier de la sorte sans broncher ou au moins avoir un reniflement méprisant, quand ce n’était pas une insulte murmurée à propos du client lorsqu’il s’éloignait… Là, Narcissa n’avait absolument rien entendu, et c’est avec un sourire plein de malice qu’elle attrapa une frite dans son assiette. Croustillante à souhait et encore brûlante, soit absolument ce qu’il fallait pour lui redonner des forces après cette mue mouvementée…

    Swan la fixa de nouveau et attaqua lui aussi son repas avec appétit. La jeune femme se saisit de ses couverts et s’attaqua à la viande qui était encore saignante et légèrement poivrée… un vrai délice, les papilles de la jeune femme en frétillaient littéralement. Swan s’interrompit en déclarant qu’elle en savait à présent bien plus que la majeure partie des gens qu’il avait pu fréquenter, et Narcissa avala sa bouchée de viande avant de répondre…

    T’as pas vraiment l’air de quelqu’un de très expansif, alors je pense que je ne paraîtrais pas trop dénuée de modestie en te répondant que je m’en doutais plus ou moins…

    Ses yeux plongés dans ceux de Swan, Narcissa l’écouta développer un peu plus au sujet de ce que son pouvoir lui permettait de faire. C’était un pouvoir des plus fascinant, auquel Narcissa ne voyait malheureusement que les pires inconvénients…

    L’aspect « détecteur de mensonge » doit être rudement pratique. Les serpents ont une capacité assez similaire mais qui n’a rien d’aussi raffinée qu’une utilisation de capacités mentales… Seulement… si là, maintenant une bande d’ado complètement hystériques entrait dans ce bar, suivie d’une équipe de football universitaire ravie d’avoir remporté un tournoi, désireuse de sauter quelques serveuses et de descendre quelques bières… tu serais dans quel état ?

    Questionner une personne méfiante sur ses éventuelles faiblesses était quelque chose qui était presque toujours perçu comme une menace potentielle, puisque en effet rien n’indiquait que Narcissa ne se servirait pas de cette information par la suite pour le mettre à mal et le tuer… Le regard de la jeune femme était rivé à celui de son interlocuteur, et hormis une simple curiosité, aucune autre motivation moins naturelle ne semblait se dissimuler derrière… Curiosité reptilienne ? sans aucun doute…

    Swan évoqua ensuite un recul qu’il était capable d’avoir en ce qui concernait ceux qui l’entouraient et d’avec lesquels il semblait se maintenir totalement en retrait… un début d’indice pour Narcissa ; il devait sans doute être capable de se tenir de l’autre côté de ce fossé pour ce qui était des émotions de la multitude, autrement il ne se placerait pas ainsi en qualité d’observateur… Narcissa acquiesça lorsque Swan laissa entendre qu’elle devait probablement avec ce même recul, l’observant porter son verre de vin et esquissa un sourire malicieux lorsqu’il en conclut qu’il était une menace pour la jeune femme, qu’elle en était également une pour lui et qu’il n’accordait pas se confiance naturellement…

    C’est effectivement le cas…

    Pour savoir ce à quoi elle répondait exactement, Swan devrait se creuser les méninges… Narcissa croisa ses jambes sous la table et porta elle aussi le verre à ses lèvres, prenant son temps pour laisser le liquide frais descendre le long de sa trachée… Lorsqu’elle le reposa sur la table son regard harponna de nouveau celui de Swan, ne laissant aucun doute sur ce qu’elle observait…

    Une sage décision que de ne pas m’accorder ta confiance trop vite… et également de me considérer comme une menace…

    Sourire malicieux à l’appui, la jeune femme se pencha un peu plus vers Swan lorsqu’il déclara qu’il n’avait pas envie de l’éliminer, dans l’hypothèse où il le pourrait…

    Tant que tu ne franchiras pas la limite, je n’aurais pas envie d’interrompre le cours de ta vie… là où ça devient ambigu par contre, c’est que moi seule sais où se situe la limite…

    Le danger à l’état pur… comment prendre garde à ses pas et ne pas commettre d’impair en ignorant exactement ce que la reptile considérait comme tel ? Les règles étaient posées en ce qui la concernait…

    Pour ce qui est de tes capacités à m’éliminer… oublie simplement tes lames, ça m’ennuierait d’être forcée de muer de nouveau…

    Toujours aussi joueuse… Ce n’était pas qu’elle ne prenait pas les paroles de Swan au sérieux, mais Narcissa avait toujours eu cette manière bien à elle de laisser entendre qu’elle était capable du pire comme… du pire. Swan écarta une mèche de ses cheveux noir corbeau avant de reprendre la parole, expliquant qu’elle figurait au nombre des rares personnes ayant réussi à éveiller à ce point sa curiosité…

    Je prends ça comme un compliment… Dans le genre peu commun, tu n’es pas mal non plus…

    Narcissa termina son steak et s’accouda de nouveau à la table, posant son bras gauche à plat devant elle et utilisant le droit pour attraper une frite qu’elle porta à sa bouche avec cette provocation qui était sienne, les yeux rivés à ceux de son interlocuteur… Lui aussi avait titillé sa curiosité, c’était indéniable…

    Je crois bien que tu dois être l’un des seuls…

    Swan l’interrogea ensuite sans détour sur son pouvoir, souhaitant apparemment savoir s’il l’avait isolée autant que lui l’avait été par le sien… Narcissa en termina avec la frite qu’elle tenait et vida sa bouche avant de répondre, elle aussi sans prendre de pincettes, comme à son habitude…

    J’étais déjà isolée avant de développer un pouvoir quelconque… mais oui, il m’a davantage isolée du reste du monde…

    Que dire de plus ? même en captivité, personne n’avait envie de côtoyer un serpent, et Narcissa elle-même n’avait rien fait pour casser cette image négative qui collait aux écailles de ses semblables rampants… Sa confiance avait été accordée aux mauvaises personnes lorsqu’elle n’était alors qu’une gamine et afin de s’éviter d’autres déconvenues, la mutante s’était enfermée dans sa forteresse de solitude. Swan évoqua ensuite la similitude entre eux pour ce qui était de leur méfiance et de cette manière particulièrement de jauger leur environnement proche… Narcissa esquissa un sourire amusé en l’entendant conclure que ce n’était pas fréquent chez quelqu’un de son âge…

    C’est donc suffisamment rare pour avoir attiré ton attention… Tu aurais pu en effet passer ton chemin et me laisser dans ce hall puant, mais pourtant tu n’en as rien fait…

    Narcissa fit disparaître une autre frite de son assiette…

    Pour simplifier, on va dire que la vie s’est chargée de me faire comprendre qu’absolument rien n’était rose et que la confiance aveugle n’était en réalité qu’un moyen sournois de se faire enchaîner… Et c’est bien souvent lorsqu’on accorde trop rapidement sa confiance que l’on finit par crever dans un caniveau…

    Une autre frite disparut de l’assiette…
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Lun 20 Juil - 8:51

  • Les masques qui me collent à la peau ne sont en définitive pas très différents de ceux que revêtent la majorité des gens. Ils sont simplement plus élaborés et plus difficiles à percer. Depuis l'enfance, je suis entrainé à faire semblant, à ne pas laisser transparaitre ma vraie nature. Je reste sur le coté, sans me mêler à leur parade, me gardant surtout d'éprouver toutes ces émotions visqueuses que je peux ressentir chez les autres.

    Et puis, de toutes façons, je sais clairement que je n'appartiens pas à leur monde, et je ne le désire pas. Un monstre, d'accord, mais pas comme eux, jamais comme eux. Le monde n'est que mensonge et pourriture, je n'ai aucune illusion, ni sur les autres, encore moins sur moi-même. Je suis une ordure, je m'efforce juste de rester fidèle à ce que j'ai choisi d'être.

    A ne pas tomber dans les pièges vaseux dans lesquels sombrent la majorité des Humains. Des exemples ? La compassion, la pitié, pleurer sur le sort des autres ne l'améliorera en aucun cas. Du reste, la plupart des Bons Samaritains qui semblent animés d'un coeur énorme et d'un désintéressement hors du commun n'agissent eux aussi que par pur égoïsme. Au fond d'eux-mêmes, ils se rengorgent de leur propre âme exceptionnelle et de ce qu'ils font pour le monde. Tout le monde n'est pas Gandhi croyez-moi ! D'ailleurs, même lui n'était sûrement pas dénué d'une couche d'égoïsme.

    L'amitié ? Laissez-moi rire ! Regardez les mômes entre eux. Il n'y a pas plus cruel que des gamins qui décident de s'en prendre au mouton noir de la bande. Il sera impitoyablement humilié et rejeté. Et puis votre ami pour la vie sera sûrement le premier à sauter dans le pieu de la fille qui vous intéresse.

    La haine ? Je crois n'avoir jamais détesté qui que ce soit, même pas Tony, pour lui je n'éprouvais qu'un mépris glacial teinté de dégout. Même ma mère je ne me suis jamais autorisé à la haïr. Après tout n'est-ce pas lui accorder bien trop d'importance ? A partir du moment où la haine pénètre le coeur, elle altère le jugement, conduit à la chute inévitable. Tout comme la colère.

    J'ai senti toutes les gammes des émotions humaines, je les ai senti s'agiter au creux de mon ventre, vouloir percer mon coeur froid de serpent. Si je n'avais pas appris à m'en protéger, je serai sûrement dans une cellule capitonnée quelconque, à tenter de me fracasser la tête contre les murs.

    Il y a une période où j'en ai été proche, quand je n'étais encore que le petit garçon bien coiffé qui attendait sagement que Cassandra lui dise de bouger. La haine qu'elle me vouait a bien failli me détruire. Jour après jour, je faisais tout pour me conformer à l'image idéale du gamin qu'elle voulait, si j'avais pu arracher mon pouvoir de mon corps à mains nues, pour elle je l'aurais sans doute fait. Parce qu'une minuscule part de moi ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'à force d'efforts, je finirai par sentir autre chose que sa haine et son dégout s'infiltrer dans mes veines. Mais ça n'est jamais arrivé, bien sûr. Et pendant une sacrée période, chaque soir, je fermais les yeux en espérant ne jamais me réveiller.

    Mais j'ai survécu et j'ai appris. L'espoir a déserté mon coeur avec le reste de mes émotions. Oh pas en un jour, il m'a fallu des trésors de patience et de volonté pour en arriver là. Mais ça j'en dispose à foison et avec de la volonté, il n'y a strictement rien qui soit impossible.

    La fille-serpent à mon bras en est un parfait exemple. Parce que la majorité des personne en proie à une telle perte d'énergie et de souffrance se laisserait tout simplement aller. Pas elle, Narcissa pèse sur mon bras le moins possible. Elle a du cran, et ça me plait.

    Il y aussi un je ne sais quoi de franchement troublant dans la façon qu'elle a de me sentir, un charisme très animal se dégage d'elle. C'est primal et je ne doute pas que beaucoup d'hommes ne perdent toute retenue en l'approchant de si près. Je devine sans peine que la curiosité si vive qu'elle éprouve à mon égard est justement due à mes réactions atypiques. Je n'ai pas eu peur et je ne cherche pas à la séduire. D'ailleurs, c'est avec une franche décontraction qu'elle commente mon calme.

    Malgré ma légère tension, un demi-sourire en coin revient sur mes lèvres et je lui lâche :

    " Nous ne sommes pas tous des mâles en rut ou des ados dopés aux hormones...Même si je t'accorde que ça peut être quelquefois difficile à croire. "

    Je la connais cette Humanité graveleuse qu'elle évoque, toutes ces pauvres larves soumises à leur désir, qui se vautrent dans leurs pulsions sans retenue, prêt à n'importe quoi pour coucher une fille dans leur pieu. Je m'en suis toujours préservé au maximum. Jamais je ne voudrais avoir quoi que ce soit de commun avec eux.

    Ce qui ne signifie pas que je n'ai aucune pulsion, mais on a toujours le choix, non ? Tout est une affaire de contrôle et de volonté.

    Mes parents m'ont déjà démontré que le sexe est surtout une question de domination et de pouvoir. Mon abruti de père perdait toute retenue dès qu'il s'agissait de Cassandra. Alors quand je suis devenu un adolescent soumis aux mêmes montées d'hormones que les autres, j'ai pourtant réagi différemment.

    J'avais quitté mon charmant foyer depuis quelques mois quand j'ai décidé de me débarrasser de ces pulsions que je sentais monter en moi à l'approche d'une fille. Je savais déjà que je ne laissais pas les femmes indifférentes et je n'ai eu aucun mal à obtenir la femme sur laquelle j'avais jeté mon dévolue. Ce n'était pas une adolescente, non, mais une strip-teaseuse d'une trentaine d'années qui bossait pour Tony. Pour me débarrasser de ses pulsions handicapantes, il fallait tout simplement apprendre à les gérer et quoi de mieux que quelqu'un d'expérience pour ça ? Avec Doris, j'ai appris tout ce qu'il me fallait savoir sur le désir, celui des hommes et celui des femmes.

    Elle n'était pas du genre sentimental et me trouvait " mignon", elle a donc été ma première expérience. Elle m'a "formé" dans un sens en m'apprenant surtout pendant les quelques mois que ça a duré, comment donner du plaisir autant qu'en recevoir. Ce qui, pour moi, signifiait surtout qu'elle m'offrait toutes les armes du monde pour retourner le jeu de la séduction contre celles qui le détiennent en général. Après Doris, j'ai multiplié le champ d'expérience, et peu à peu, j'ai appris à résister à ces pulsions primaires que je méprisais tant. De toutes façons, malgré les élans de mon corps, en moi subsistait toujours ce recul clinique qui m'a heureusement empêché de perdre la tête pour une fille. Sans compter qu'en règle générale, cette froideur est un défi pour certaines filles qui ne peuvent s'empêcher de tester leur pouvoir de séduction.

    Je suis donc bien loin des hommes que je vois s'agiter devant la scène le soir, leurs émotions répugnantes dégoulinant de leurs corps comme leur sueur acide dès qu'une fille se déshabille. Rester maitre de ce genre de pulsions ne s'est pas fait en un jour, bien entendu, ça m'a pris des années, mais y arriver a surement été une de mes plus grandes satisfactions.

    J'y pense à peine quelques secondes en revenant m'installer en face de Narcissa après notre entrée au Hel. Car j'imagine sans peine la réaction de Tony en face d'une fille comme elle. Trop belle pour un porc tel que lui alors forcément déjà jugée comme une poupée qu'on écrase. J'avoue que la pensée de mon cher ex-patron finissant sous les crocs de Narcissa comme le clodo est réjouissante, il aurait mérité d'être buté par une femme vu comment il les haïssait au fond.

    Je chasse ses pensées parasites en avalant mon aspirine, pour commencer à discuter avec la jeune femme. Son regard se fait encore plus perçant, sa répartie toute "serpentine " se faisant encore clairement sentir. Et il est clair que jauger l'adversaire avant de tenter de le tuer est conforme à ce que j'ai pu voir d'elle. Comme moi, encore une fois, ne jamais sous-estimer la proie évite pas mal de déconvenues. Et d'échecs.

    La provocation contenue dans ses paroles ne m'échappe pas, de même que le plaisir évident qu'elle prend à ce début de discussion.

    " Non, je ne pensais pas vraiment que tu le croyais. Je pense même que tu as tout comme moi, l'habitude d'être largement sous-estimée. Ce qui est un avantage certain... "

    Non contente d'être remplie de surprises, elle possède un sens de l'observation aiguisé qui lui permet de situer quel genre de mutant je suis. Je prends mon temps avant de répondre vraiment à tout ce qu'elle vient de me dire. C'est une habitude, ça aussi, qui a quelquefois tendance à agacer la personne en face. Je le fais d'ailleurs inconsciemment, car j'avoue que je me sens parfaitement détendu. Du moins, autant que je puisse l'être, vivre perpétuellement en alerte est mon mode de vie depuis si longtemps que je n'ai même plus besoin d'y penser.

    Mais aucune irritation, ni même un léger agacement chez Narcissa. Elle attend posément que je commence à parler.

    Attentive comme elle parait l'être quand son regard se détourne du mien quelques secondes, je tourne légèrement la tête afin de voir ce qui a attiré son attention. En apercevant l'ivrogne qui vient d'entrer, je repousse soigneusement tout ce qui pourrait me parvenir de lui.

    Replongeant dans le regard si fascinant de la fille-serpent, je finis par lui préciser exactement mon don. Elle continue d'ailleurs de m'observer soigneusement et son premier commentaire sur l'empathie me fait légèrement secouer la tête.

    " Lectures bien souvent sur le même modèle malheureusement. C'est pour ça que j'apprécie autant la surprise."

    Oui, car même ce que je reçois d'elle est plus rafraichissant que la plupart des filles que j'ai rencontré. Car si les hommes peuvent être stéréotypés, les femmes n'échappent pas à la règle même si elles sont plus subtiles en général. Mais devant un type qui résiste à leurs appâts, elles sortent le grand jeu et leurs émotions deviendraient presque aussi répugnantes que celles des mâles. Bien souvent, elles ne sont pas motivés par le désir mais par leur fierté et leur envie de domination. Surtout celles qui sont habituées à faire craquer les hommes.

    Il y a chez Narcissa cette séduction presque naturelle mais pas cet ego surdimensionné. Du moins je ne l'ai pas senti.

    Je réponds sans attendre à sa question sur ses ressentis :

    " Tu ne te sens pas particulièrement menacée, même si tu restes méfiante, ce qui est somme toute logique. Ta douleur s'est atténuée aussi, tout-à-l'heure, je la sentais lancinante en toi bien que tu n'en laissais rien paraitre. Et quand on est entré, les hommes au bar t'ont inspirés un dégout instinctif, sans aucune surprise, tu es habituée à ce genre de faune. Tu prends plaisir à ce début de conversation et tu es curieuse, très curieuse, depuis le squatt d'ailleurs. Parce que je ne cadre pas à ce que tu perçois des hommes en général."

    Un toast plus tard, le serveur nous amène le repas et en profite pour me donner les dernières nouvelles à l'oreille. Mon petit geste aurait pu passer inaperçu mais pas pour l'inquisiteur regard vert qui me fait face. Je relève un regard amusé vers elle, me mordillant la lèvre inférieure je lance :

    " Touché ! Cet endroit faisait partie de mon héritage. Mais je précise que la déco n'est pas de moi. "

    Aucune fierté particulière à avouer que je suis le propriétaire du Hel, contrairement à Tony qui se gobergeait sans cesse en société de ses nombreuses acquisitions. L'endroit est pratique, et il rapporte, de plus c'est une des vitrines légales de mes activités, ce qui est une couverture tout à fait acceptable pour peu qu'on soit assez discret. Le fait qu'elle le sache ne me dérange pas mais je ne lui aurais pas dit tout seul. Toujours cette tendance au secret que je cultive même sur des détails sans importance, un pur réflexe en somme.

    Nous attaquons tous les deux notre assiette avec appétit et les pétillements de plaisir gustatifs qui me parviennent de mon invitée font honneur au repas.

    Je continue pourtant la conversation, relevant les yeux vers elle lorsque je parle. Je lui en dis un peu plus sur ce que mon pouvoir me permet de percevoir des autres en général. Bien sûr, en sachant désormais en quoi consiste mon don, elle n'en est pas surprise. Elle m'explique aussi que les serpents ont grâce à leurs sens la capacité de voir au-delà des visages, mais ce qu'elle amène sur le tapis ensuite est bien plus délicat pour moi. Sa question est somme toute assez logique et je souris devant l'image qu'elle évoque.

    Je ne détourne pas une seconde le regard du sien à cet instant, je marque juste une pause sans que mes prunelles se ternissent le moins du monde.

    C'est de la simple curiosité, je le sens mais je n'ai pas l'habitude d'exposer mes faiblesses à qui que ce soit, simple question de survie, lui donner une arme contre moi, même infime n'est pas dans mon tempérament.

    " Si je laissais pénétrer toutes les émotions qui m'entourent sans aucune barrière, je serai sûrement devenu complètement dingue. Il faut filtrer, je ne sens que ce que je veux sentir, tout est une affaire de volonté et de maitrise. "
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Lun 20 Juil - 8:57

  • Ce qui n'est pas faux d'ailleurs. Je suis du genre à travailler constamment mes barrières, compte tenu de mon handicap et je reste persuadé qu'un jour ou l'autre, j'arriverai à ne plus me laisser déborder. Je ne me méfie pas plus de Narcissa qu'avant sa question, comme je le lui dit franchement, nous sommes une menace mutuelle l'un pour l'autre. Sa réponse sybilline entretient encore un plus cette aura de séduction qui l'entoure.

    Oh je n'ai aucun mal à la percevoir, y succomber est un tout autre problème. Elle prend tout son temps pour enchainer, buvant une gorgée de vin et je laisse une seconde mon regard errer sur la salle, pur automatisme d'observateur chronique. Il n'y a toujours pas assez de gens pour que ce soit risqué pour moi.

    Sans plus regarder mon assiette, je replonge dans l'émeraude perçant de son regard alors qu'elle s'amuse encore plus en approuvant que je me méfie d'elle. Provocante, elle se penche un peu plus et je capte une bouffée de l'odeur de sa peau, même si mes sens ne sont pas surdéveloppés, il y a quelque chose de diablement attirant dans ce parfum aussi. Ce qui me fait penser aux phéromonones, après tout, ce n'est pas ça qui est censé stimuler le désir chez les animaux comme chez les hommes ? Même si les humains ne le sentent pas vraiment.

    Je ne peux que saisir la balle au bond quand elle m'explique que je ne serai pas menacé tant que je ne franchirai pas les limites. A ces derniers mots, je me penche aussi vers elle, réduisant la distance qui nous sépare, assez pour qu'elle sente mon odeur comme moi la sienne.

    " Et les serpents frappent sans avertissement quand on franchit leurs limites. Je peux aussi jouer aux devinettes dans l'espoir de ne pas y laisser ma peau. "

    Non, je n'ai pas peur, mais ce genre de jeu aurait bien plus tendance à me plaire, il est si rare de rencontrer un partenaire aussi coriace pour moi.

    " Tes limites doivent être un peu semblables aux miennes, trop de curiosité tue le chat. Une menace sur ta sécurité ou sur ta vie. Et puis, un type qui se ferait vraiment trop insistant et qui te considérerait en plus comme une poupée avec laquelle s'amuser. Il y croira surement jusqu'à avoir la plus grosse surprise de sa vie. Et la dernière. "

    Restant toujours volontairement à l'éventuelle portée de ses crocs je lui murmure :

    " Autant d'écueils que je m'efforcerai d'éviter avec toi. "


    Je me recule, alors qu'elle me lance une petite plaisanterie sur ma capacité à l'éliminer et je ne peux que m'avouer que je passe un moment très agréable. Comme je le lui dis en toute franchise, je crois n'avoir que rarement rencontré quelqu'un qui éveille autant ma curiosité. Ce qu'elle prend comme un compliment, me tirant un léger rire quand elle me retourne la politesse.

    Elle a maintenant terminé son steak et c'est d'un air presque rêveur qu'elle porte une frite à ses lèvres. Toujours cette séduction innée, elle ne doit même pas le faire vraiment exprès. Pas une seule fois je ne détourne les yeux vers ses lèvres, cible du mâle de base dont l'imagination fonctionnerait alors à plein régime.

    Oui, ce n'est certes pas tous les jours que je rencontre une fille qui me donne envie de la connaitre un peu mieux. Ce que j'ai perçu d'elle me pousse à la questionner, tout comme moi, elle me parait en retrait, isolée.

    Et même si je n'ai aucun des instincts grégaires de la plupart des hommes, je connais la valeur d'une bonne alliance. Deux solitaires pouvant s'épauler en cas de problème.

    Je perçois une légère pointe de tristesse quand elle évoque son isolement, mais aucun regret en tout cas. Elle s'est forgée elle-même, tout comme moi et sans rien en savoir, je me doute que son passé n'est sûrement pas du type insouciant et léger.Et aucun apitoiement sur son propre sort, elle reste digne et ça me plait.

    Je ne fais pas mystère de ma curiosité à son égard et quand elle précise que j'aurais pu tout aussi bien ne pas m'arrêter au squatt, je me mordille légèrement la lèvre en pensant à ce qui m'a poussé à rester au départ.

    Toute l'ironie de la situation qui me plaçait devant une fille-reptile moi qui ai tendance à me voir comme un serpent. Ce n'est pas le genre de détail que je livre à haute voix, du reste, je ne crois pas l'avoir déjà dit. A qui ? Puisque les autres ne voient de moi que ce que je désire. Mais cette fois, il semblerait que les circonstances en aient décidé autrement et en quelques minutes, Narcissa en sait bien plus à mon sujet que la totalité des filles que j'ai pu approcher dans ma vie. Et j'avoue que l'ironie sous-jacente de ce fait ne me déplait pas. Pas du tout.

    Tout en continuant de picorer ses frites une par une, elle m'expose son opinion générale sur la vie et sur la confiance. Etonnant de rencontrer quelqu'un qui est presque un miroir de moi-même, dans sa façon de fonctionner au moins.

    " J'avoue qu'il est plutôt rare que j'agisse de manière totalement spontanée ou désintéressée. J'ai d'abord été surpris de trouver une fille nue mais te laisser à la merci des clochards ou des junkies ne m'aurait posé aucun problème de conscience. Une nana assez stupide pour se désaper dans un endroit pareil aurait mérité son sort. Et puis je me suis aperçu que tu n'étais pas " ordinaire ", ce qui a excité ma curiosité bien entendu. En sentant la douleur de ta mue, j'ai compris que tu n'avais pas vraiment choisi de t'écrouler là."

    Je remplis nos deux verres, détournant une seconde le regard pour observer le bar toujours plutôt tranquille même si les types parlent un peu trop fort. Mes prunelles se mêlent à nouveau aux siennes, contrairement à ce que j'aurais pu penser, je ne me sens pas tendu qu'elle puisse en savoir autant sur moi et même si nous sommes bien loin de la confiance mutuelle, je ne m'estime pas menacé. Etonnant.

    " Nous partageons semble-t-il le même genre de philosophie. La majorité des gens n'attendent qu'une occasion pour trahir la confiance qu'on peut leur accorder, se fier aux autres est pour moi aussi une aberration pure et simple. Encore plus si on est un mutant. La peur irraisonnée que ce simple petit mot suffit à déclencher quelquefois n'incite pas à s'en vanter. "

    Cette fois, c'est moi qui me penche un peu vers elle, ne déviant pas des prunelles émeraudes, je baisse encore un peu plus la voix en murmurant :

    " Je ne ferai donc pas une telle insulte à ton intelligence en te demandant de me faire confiance. Mais je me demande si nous pourrions arriver à un pacte de non-agression mutuel. Ainsi qu'un échange de service, pourquoi pas ? Et plus si affinités... "

    Je me redresse sur les derniers mots, l'oeil de nouveau malicieux, un sourire lumineux aux lèvres. Je bois de nouveau une gorgée de vin laissant planer un léger silence. Plongé dans l'émeraude éblouissant de ses prunelles, qui a du faire succomber tant d'hommes, je me demande une seconde quel gout aurait ses lèvres avec lesquelles elle sait si bien jouer. Et l'effet que ça fait lorsqu'elle plante ses crocs venimeux. Non, je n'ai rien d'un suicidaire, je suis juste curieux.

    Je m'arrache à ses yeux au pouvoir de fascination évident pour faire signe au serveur en demandant à Narcissa :

    " Un dessert ? Je crois qu'une petite glace serait la bienvenue pour ma part. "

    J'ai bien récupéré, ma migraine s'est enfin dissipée et je sens que de son coté, son état s'est grandement amélioré aussi. Et je dois m'avouer que j'apprécie sa compagnie, son intelligence acérée comme ses petites provocations. Pourquoi bouder son plaisir ? Je n'ai que très rarement l'occasion de gouter ce genre d'élan.

    " Tu sais donc que je possède ce trou, ce qui te donne encore une légère longueur d'avance sur moi puisque tu sais où me trouver. Et toi, Narcissa ? Qu'est-ce que tu fais pour gagner ta vie ? "

    Oh bien sûr, elle n'est absolument pas obligée de répondre franchement, même si je décèlerais sans doute la différence. Le serveur vient débarrasser nos assiettes et je lui commande la suite, reportant ensuite le regard sur ma troublante compagne quand il s'éloigne.

    " Je suppose qu'en général les hommes ne s'aperçoivent de ta particularité que quand il est bien trop tard pour reculer, n'est-ce pas ? La plupart doivent avoir beaucoup de mal à ne pas tout simplement se mettre à baver devant toi, déjà devant le moindre bout de peau, ils perdent toute retenue, j'imagine qu'avec toi le résultat doit être encore pire. "

    Je ne peux empêcher la pointe de mépris qui perce dans ma voix à l'évocation des mâles dont je connais trop les réactions pathétiques. J'ai assez lutté pour ne jamais leur ressembler.

    " Tu ne dois donc pas avoir une bonne opinion des hommes en général. Ce que je me demande c'est si ils ont tous tendance à finir comme le clodo du squat. Parce qu'il est clair que ce n'était pas la première fois... "

    Oui, même quelqu'un qui se contrôle aussi bien qu'elle aurait laissé percer une émotion quelconque en prenant une vie pour la première fois. Même moi, le premier type que j'ai buté, je m'en rappelle. C'est un petit jeu dangereux, j'en ai parfaitement conscience mais il est aussi très amusant.

    Je me penche à nouveau vers elle, mordillant mon piercing d'un air tout aussi provocateur en lâchant :

    " Oui, je suis curieux. Mais je ne voudrais pas qu'il m'arrive un accident mortel, même si jouer avec le feu peut être amusant, je suis d'un naturel prudent..."
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Lun 20 Juil - 21:20

    Appuyée aussi légèrement que possible sur le bras de Swan, Narcissa semblait ne pas devoir cesser de le renifler ; ce qui n’échappa pas une seconde à la vigilance du mutant. Son odeur évolua légèrement, devenant légèrement plus sucrée, et la jeune femme esquissa un demi-sourire tout en continuant de se concentrer sur ses pas pour éviter de trébucher par mégarde.

    Swan semble toujours l’observer, et Narcissa le laisse faire alors qu’elle renifle une nouvelle fois son odeur… C’était donnant-donnant en quelque sorte, une sorte de logique un peu primale si on réfléchissait bien, mais la mutante s’en accommodait parfaitement. Swan aurait empesté l’alcool ou même empesté naturellement – cela arrivait parfois avec certaines personnes que Narcissa ne pouvait pas sentir (sans mauvais jeu je mot) du fait de leur odeur corporelle des plus désagréables – cela aurait été une toute autre histoire et la jeune femme se serait chargée de lui faire détourner le regard en vitesse…

    Loin de figurer au nombre de ces femmes qui faisaient tout pour qu’on les remarque et les désire, Narcissa se révélait être d’une discrétion peu commune et n’usait de ses charmes de reptile que sur ceux qu’elle souhaitait prendre dans ses filets… Swan ne figurait pas dans cette catégorie, et la mutante avait plutôt tendance à voir en lui une autre sorte de prédateur qu’elle imaginait au moins aussi dangereux qu’elle, le venin en moins… Cette manière de l’observer, de le renifler, lui permettait à la fois de prendre la mesure de sa dangerosité et de le provoquer pour voir ce dont il serait capable en retour… Son répondant avait le don d’amuser profondément la reptile tout en attisant davantage sa curiosité : comment un être en apparence insignifiant et banal pouvait-il se révéler aussi intéressant lorsqu’on y prêtait davantage attention ?

    Narcissa laissa entendre que Swan se montrait un peu trop calme pour un homme, ce qui arracha un quasi-sourire à son interlocuteur qui précisa dans la foulée que tous les hommes n’étaient pas tels que la mutante pouvait les voir. Narcissa orienta de nouveau son regard vers Swan, semblant toujours aussi amusée…

    Admettons… Il n’existe que peu de sortes d’hommes si on regarde bien… En premier viennent ceux capables de suffisamment d’empire sur eux-même pour résister à la tentation sous toutes ses formes… Le pouvoir, l’argent, l’alcool… la drogue, également… le sexe… - son regard sembla flamboyer, plongeant un peu plus dans celui de Swan – Viennent ensuite les hésitants, qui font leur possible pour résister mais cèdent à au moins l’une des ces tentations, le regrettant ensuite amèrement avant d’y plonger de nouveau… Les faibles, eux, succombent à la moindre des tentations qui se présentent à eux…

    La mutante marqua une pause avant de reprendre la parole…

    Je n’ai pas encore trouvé de nom pour la pire des catégories… la « chienlit », les « fous » me paraissaient plutôt bien sonner, mais cela ne les définit pas entièrement… Dans les deux cas, ce ne au final que les pires choses qu’a pu donner l’humanité, esclaves de leurs vices et flanchant tantôt d’un côté, tantôt de l’autre à la moindre bourrasque de vent…

    Tu n’as effectivement pas l’air d’être l’un des ces êtres faibles…

    Spontanément, Narcissa l’aurait situé à cheval entre la 1ère et la 2ème catégorie… ni complètement désintéressé, mais certainement pas naïf au point de se laisser tenter pour autant. La jeune femme ne s’était que rarement trompée à ce petit jeu, et la suite lui en apprendrait sans doute davantage…

    Narcissa elle-même ne savait dans quelle catégorie elle devait se classer. Succomber parfois à ses instincts de reptile était quelque chose de totalement naturel, mais elle s’efforçait de demeurer aussi « normale » que possible. Sans cette retenue Swan aurait déjà fait connaissance avec ses crocs, c’était aussi certain qu’irraisonné...

    Une fois installés à l’une des tables du Hel, Narcissa posa de nouveau son regard émeraude sur Swan et la détestable aspirine qu’il s’apprêtait à avaler… quel gâchis. Confortablement installée sur la banquette, jambes croisées avec classe – ce que Swan ne pouvait pour le moment apercevoir – Narcissa achevait de régler son compte à feu le steak qui accompagnait ses frites. Faisant preuve de ce calme caractéristique, aucune pensée particulière ne venant troubler le silence qui s’était installé, la jeune femme dégustait son morceau de viande et laissait ses papilles frémir sans chercher à les en empêcher : apprécier la bonne cuisine, cela ne pouvait conduire qu’une abruti fini à sa perte ; en ce qui la concernait, elle était suffisamment attentive et emplie de venin pour résister à un empoisonnement ou à toute autre action stupide du même type… Stupide ? complètement, parce qu’empoisonner un adversaire à son insu ne fait en réalité pas jubiler l’empoisonneur. Ce qui le fait jubiler au plus profond de son être, c’est de révéler à la victime qu’il ne lui reste plus que quelques minutes à vivre… Et là où ça devient stupide, c’est qu’en général la victime trouve suffisamment de forces pour faire regretter son geste à l’empoisonneur, ce qui se termine la plupart du temps dans un double bain de sang… Lamentable.

    Swan finit par laisser entendre qu’ils avaient également en commun le fait d’être sous-estimés, et que cela constituait un avantage de taille non négligeable à ses yeux. Narcissa acquiesça avant de reprendre la parole…

    Il est certes plus facile de se méfier d’une armoire à glace que d’une femme de mon gabarit… Imagine un peu si tout le monde devait prendre garde même aux personnes les plus insignifiantes ? - un léger sifflement lui échappa pour ponctuer sa phrase – C’est bien mieux ainsi, du moins c’est ainsi que je le vois…

    Tout le monde s’attendait en effet à se faire briser quelques os en attaquant une armoire à glace dans une ruelle sombre. En fait non : on n’attaquait pas une armoire à glace en règle générale… Narcissa n’aimait pas particulièrement se faire attaquer, mais cela avait au moins deux avantages : déjà, cela lui permettait de se défouler un peu suite à une soirée complète à se faire reluquer par de gros porcs, et ensuite ça lui permettait de goûter au sang, pour lequel elle avait toujours eu un penchant certain… Le sang ne lui était pas vital, mais Narcissa appréciait les variations de goût d’un individu à l’autre. Son regard glissa de nouveau sur Swan, et elle s’imagina un instant se pendre à sa gorge : goûter le sang d’un être aussi décalé devait forcément être une expérience hors du commun…

    Patientant ensuite pour obtenir confirmation de ce qu’elle avait réussi à deviner, la jeune femme quitta Swan des yeux l’espace de quelques secondes lorsqu’un poivrot odorant tituba jusqu’au comptoir… Un frémissement de répulsion parcourut la jeune femme bien avant qu’elle ne recommence à s’amuser de la situation, alors que son interlocuteur jetait un regard en direction de ce qui avait bien pu attirer l’attention de la jeune femme avant de se faire de nouveau harponner par le regard émeraude de la jeune reptile. Secouant très légèrement la tête, Swan précisa que ce que l’humanité lui offrait comme lecture était la plupart du temps plus que redondant… ce qui expliquait pourquoi il appréciait autant la surprise..

    Le regard du mutant se fit un peu plus insistant, et Narcissa se laissa observer sans broncher, bien consciente que ce regard-là n’avait rien de commun avec ceux qui se posaient ordinairement sur elle. Narcissa s’accouda à la table et appuya son visage sur l’une de ses mains sans quitter ne serait-ce qu’une seule seconde Swan des yeux… Il semblait calme, maître de lui-même, et cela avait le don de titiller encore davantage la curiosité de la jeune femme puisqu’en effet, rares étaient les hommes à être capables de se tenir en sa présence.

    Aucune frustration ni colère de ne pas devenir en quelques secondes l’objet de son désir – Narcissa est bien au-dessus de ce genre de futilités ; un sourire malicieux étire simplement ses lèvres alors qu’elle interroge Swan sur ce qu’elle ressent présentement… Et c’est sans étonnement que la mutante le laisse faire usage de ses capacités d’empathe : s’ensuit un résumé très fidèle de ce qu’a été l’enchaînement de ses émotions depuis qu’ils se sont rencontrés, et la jeune femme sembla balayer quelque chose d’invisible d’un revers de main…

    Je dois dire que je suis assez surprise… dans le bon sens du terme, j’entends… J’ignorais que les empathes avaient le don de pouvoir remarquer autant de choses en une seule fois…

    Tu as raison également à ton sujet : les serpents sont d’un naturel très curieux de ce qui les entoure… Mais sur ce point, je pense que l’on est aussi à égalité…


    Sourire amusé à l’appui, la jeune femme attrapa son verre lorsque Swan proposa de porter un toast. Observant ensuite à ses manières assez directives qu’il était probablement le patron de ce bar, Narcissa fut scintiller ses prunelles de manière étourdissante lorsqu’elle en obtint confirmation. Elle apprit également après un mordillement de lèvre de Swan qu’il en avait hérité mais qu’il n’avait pas touché à la déco…

    C’est plutôt pas mal… un peu glauque sur les bords, mais pas mal… On s’attendrait presque à voir surgir un patron bedonnant qui irait se taper ses danseuses dans les vestiaires !

    Narcissa avala une gorgée de vin et reposa son verre, le faisant tourner entre ses doigts…

    Au mois avec toi, elles sont bien tombées… t’as pas vraiment le profil du boss pervers…

    Quelques minutes passèrent avant que Narcissa n’interroge plus précisément Swan sur son pouvoir et sur ce qu’il était ou non capable de supporter en matière d’émotions. De nouveau, le mutant laissa le silence s’installer avant de répondre d’une manière assez énigmatique, précisant qu’il ne pouvait se permettre de se laisser atteindre par autant d’émotions… Ce qui impliquait qu’il devait nécessairement filtrer le tout pour ne ressentir que les émotions qui l’intéressaient.

    Un pouvoir qui doit demander beaucoup de concentration… à moins qu’à la longue tu ne sois parvenu à « filtrer » les émotions indésirables avec davantage de facilité…

    Sa curiosité étant à ce point développée, Narcissa ne pouvait s’empêcher de s’intéresser au pouvoir de son compagnon… Si lui souhaitait obtenir des précisions, il n’aurait qu’à demander ; restait juste à espérer qu’il ne demanderait rien qui déclencherait un petit jet de venin de la part de la jeune reptile…

    Swan ne devait sans doute pas pouvoir ignorer ce qui se dégageait de Narcissa presque en permanence… Dangereuse et venimeuse, la jeune femme exerçait cette fascination étrange sur les gens qui croisaient son chemin – hommes ou femmes, d’ailleurs. Le mutant ne pouvait l’ignorer et pourtant, il semblait y résister de manière assez efficace… ce qui suffisait à attiser davantage la curiosité de la mutante, dont le regard était à présent devenu encore un peu plus vert, plus malicieux également. C’est précisément à ce moment précis que Narcissa choisit de se pencher vers Swan, vrillant un peu plus ses deux émeraudes dans le regard bleu du mutant…

    Quelque chose sembla s’y modifier, et la jeune reptile pu constater une nouvelle fois que même s’il résistait vraiment bien à ses charmes, il n’avait pu ignorer cette odeur qui se dégageait d’elle, ultime artifice reptilien destiné à charmer ses proies les plus réticentes… Etant cependant trop jeune pour en stopper complètement sa diffusion – et ainsi laisser ces pauvres mâles respirer en paix – Narcissa pouvait seulement la rendre encore plus entêtante, pour le plus grand malheur des proies passant à proximité…

    Ne souhaitant toutefois pas faire céder Swan juste par goût du challenge, la mutante se concentre un peu plus et renifle une nouvelle fois l’odeur de son interlocuteur, s’en emplissant les narines avec délice… A ce petit jeu elle finirait par se casser les dents, mais elle avait rarement croisé d’hommes avec ce type d’odeur corporelle… et mêlée à l’odeur du cuir, qui plus est.

    Dégustant ses frites sans même se rendre compte que tout dans sa manière d’être comme dans l’acte lui-même ferait péter un plomb à n’importe quel pervers de base, Narcissa s’interrompit lorsque Swan précisa que les serpents frappaient sans prendre la peine de prévenir dès lors que les limites étaient franchies… Glissant le bout de son index dans sa bouche pour le nettoyer du sel qui s’y était accumulé lorsqu’elle avait mangé ses frites, Narcissa reprit ensuite la parole, son regard toujours teinté d’amusement…
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Lun 20 Juil - 21:20

    C’est effectivement ça… Pour les devinettes n’hésite pas, je sens que ça pourrait être amusant…

    Elle-même s’était prêtée à ce petit jeu et en avait déduit de quel type de pouvoir il était doté… Les rôles s’inversaient à présent, et Narcissa avait vraiment envie de voir si Swan était aussi observateur que ce qu’elle avait pu pressentir jusque là. Swan finit par expliquer que leurs limites étaient plus ou moins semblables : qu’on menace sa vie ou sa sécurité, et Narcissa règlerait le compte de celui qui s’y risquerait, tout comme Swan le ferait… C’était simple, sur ce point il n’avait pas eu à trop se creuser la cervelle pour arriver à cette conclusion ; la mise à mort du clodo quelques minutes plus tôt en attestait, Narcissa ne laissait jamais de seconde chance à qui que ce soit…

    Le mutant évoqua ensuite le type d’hommes qui exaspérait le plus la jeune femme. Il semblait être devenu étonnamment commun de traiter une femme comme un objet d’ailleurs, et Swan mit précisément le doigt sur ce point impardonnable aux yeux de Narcissa. La mutante acquiesça d’abord en silence, constatant que son interlocuteur était lui aussi un observateur d’une très grande qualité, qui ne laissait passer aucun détail. Il était en effet aisé de comprendre à quel point les pervers agaçaient la jeune reptile, et Swan avait tout simplement enrobé de détails supplémentaires ce qu’il avait pu l’entendre dire depuis leur rencontre…

    Narcissa plongea de nouveau ses pupilles vertes dans celles de Swan, qui restait dangereusement proche d’elle dans cette position… Il expliqua vouloir s’efforcer ce genre d’écueils avec elle. Le sourire de la jeune femme devint plus malicieux encore – du moins, si c’était encore possible – et d’un mouvement rapide elle repoussa l’une des mèches sombres qui tombaient devant le regard de son interlocuteur, vrillant un peu plus profondément son regard dans le sien avant que dans un souffle, elle ne murmure à son tour…

    Mais je l’espère bien…

    Swan se recula finalement et sembla apprécier la plaisanterie de Narcissa au sujet de la manière dont il devrait s’y prendre pour la tuer si un jour l’envie lui prenait. Le mutant laissa échapper un rire très léger lorsque Narcissa le complimenta également sur l’intérêt qu’il parvenait à susciter… Parce que bien évidemment, ce n’était pas tous les jours que Narcissa trouvait un homme suffisamment intéressant pour s’abstenir de le mordre et y préférer une conversation. Swan maniait le sarcasme et l’ironie avec une habileté qui forçait l’admiration, et l’espace d’un instant elle lui trouva ce point commun avec Stryker… La comparaison était loin d’être flatteuse si on considérait la personne en question, mais ils avaient réellement cette aisance de la langue en commun…
    Swan sentait meilleur, par contre…

    Narcissa laissa entendre que Swan aurait très bien pu la laisser se débrouiller dans le squatt, et c’est avec amusement qu’elle l’entendit avouer qu’il n’agissait que très rarement de manière désintéressée ou spontanée… Au moins c’était clair et il avait le mérite de se reconnaître ça, ce qui n’était pas spécialement donné à tout le monde. Narcissa recommença à faire disparaître ses frites tout en observant Swan se mordiller la lèvre.

    Le mutant poursuivit ensuite en expliquant que découvrir une femme nue dans un tel endroit l’avait laissé perplexe, mais qu’il n’aurait pas eu de problèmes de conscience en la laissant se débrouiller seule. Loin de s’en formaliser, Narcissa étrécit simplement les yeux et s’accouda à la table alors que de son autre main elle saisissait une autre frite… Swan avoua ensuite que le fait qu’elle n’ait pas été une femme ordinaire avait « excité » sa curiosité, peu avant que les vagues de douleur émanant de la jeune femme lui apprenne qu’elle n’avait pas choisi ce trou pour muer…

    Je confirme que je n’avais pas choisi ce lieu puant… La mue ne m’est pas agréable par défaut, alors lorsqu’elle se fait sur un sol de béton froid et sous les yeux d’alcooliques, c’est encore moins supportable… L’agacement a tendance à ralentir le processus…

    Rien de bien vital dans ce qu’elle venait de lui dire, mais cela lui permettrait au moins de comprendre davantage… Swan remplit de nouveau les deux verres vides et jeta un regard circulaire à la salle et aux clients installés (avachis ?) devant leurs verres. Swan fut de nouveau happé par le regard de la reptile et reprit tranquillement la parole, expliquant qu’ils avait visiblement la même manière d’appréhender les choses. Le mutant évoqua ensuite la confiance que les gens s’évertuaient à trahir à chaque fois qu’on la leur accordait, et Narcissa acquiesça lorsque Swan conclut qu’il serait complètement aberrant pour lui d’accorder sa confiance à quelqu’un… Il évoqua ensuite le fait d’être mutant et la peur panique qui pouvait accompagner une telle révélation et la jeune reptile esquissa un demi-sourire…

    Swan se pencha de nouveau vers elle, la fixant de ses yeux clairs tout en précisant qu’il ne lui demanderait pas d’avoir confiance en lui précisément parce qu’il la savait intelligente… C’était assez rare qu’un homme s’en rende compte pour que Narcissa fasse varier la teinte de son regard, souriant toujours avec cette malice qui était lui était propre alors qu’une nouvelle bouffée de l’odeur de Swan lui parvenait… il était décidément trop proche pour qu’elle puisse l’ignorer complètement, et son appréciation dû probablement se ressentir dans l’enchaînement de ses émotions jusque-là parfaitement maîtrisées.

    Le regard de Narcissa glissa jusqu’au piercing ornant la lèvre de son interlocuteur, l’observant bouger au rythme des paroles du mutant, qui maintenant lui proposait un pacte de non-agression, concluant qu’ils pourraient éventuellement échanger quelques services… La chute de phrase tira Narcissa de sa contemplation, et elle vit Swan se redresser en affichant ce sourire si particulier, qui indiquait – du moins elle ne pouvait le jurer – à quel point la situation l’amusait. L’observant boire une nouvelle gorgée de vin, Narcissa fit une nouvelle fois tourner son propre verre entre ses mains sans quitter cet interlocuteur qui ne cessait d’attiser sa curiosité… L’espace d’un bref instant, il détourne le regard pour fixer ses lèvres avec une certaine insistance, et Narcissa s’accoude de nouveau à la table avec classe, passant le bout de sa langue sur sa lèvres inférieure avant de la mordiller très légèrement…
    S’il voulait jouer, ils seraient deux…

    Son regard fora de nouveau celui de Swan alors que par un habile mouvement de reins, elle se laissait glisser sur la banquette pour se rapprocher un peu plus. Pas suffisamment pour qu’il soit réellement en danger, mais réduisant d’un tiers l’espace qui les séparait… Narcissa croisa de nouveau ses jambes et attrapa son verre, le plaçant devant elle avant de fixer de nouveau Swan…

    Pour le pacte de non-agression, si tu ne franchis pas la limite je serais aussi douce qu’un serpent peut l’être… Si tu la franchis, pacte ou pas, je ne pourrais rien pour toi…

    La jeune femme porta le verre à ses lèvres et avala une gorgée de vin. Elle n’avait jamais réellement apprécié le vin mais celui-ci avait une saveur plutôt agréable, il fallait le reconnaître… Narcissa prit tout son temps avant de fournir sa réponse, même si elle était bien consciente que cela ne suffirait pas à faire perdre patience à Swan…

    Pour les « services », pourquoi pas. J’avoue que ça pourrait être fort distrayant ! Et pour le « plus si affinités »… là, ça ne dépendra que de toi…

    Ses pupilles s’agrandirent très légèrement alors qu’elle forait un peu plus profondément le regard clair de son interlocuteur, semblant apprécier de plus en plus ce petit jeu. Reniflant Swan une nouvelle fois, la mutante ne fut pas vraiment surprise de le voir détourner le regard sans difficulté. Ca aurait été étonnant pour le premier type qui passait, mais Swan avait l’air de tellement se maîtriser que ça en devenait quelque peu… effrayant. Oui c’est ça, c’était le mot exact.

    Swan proposa ensuite un dessert, choisissant assez rapidement une glace. Narcissa observa le serveur s’avancer de nouveau vers eux et fit tourner le vin dans le fond de son verre de manière assez distraite…

    Va pour une glace !

    Narcissa changea de position et en profita pour repousser une mèche qui s’était échappée de ce chignon négligé qu’elle appréciait tant. Être tirée à quatre épingles n’était pas ce qu’elle préférait, et chaque élément étranger à son organisme était choisi pour sa praticité. Swan reprit la parole quelques secondes plus tard, laissant entendre qu’il souhaitait également en savoir plus sur elle maintenant qu’elle savait où le trouver exactement… Aïe, pourquoi fallait-il toujours qu’on lui pose cette question ?
    Narcissa se redressa légèrement, cessant de jouer avec son verre…

    Si tu étais impressionnable, je te dirais que je suis meneuse de revue… Dans la mesure où ce n’est pas le cas, je te dirais simplement que je suis stripteaseuse…

    La jeune femme avala une nouvelle gorgée de vin avant de reporter son regard sur Swan… Pas vraiment gratifiant, mais elle gagne en une soirée ce qu’un honnête travailleur gagne en un mois, alors il n’y avait pas de quoi se plaindre… mis à part peut-être pour les porcs qui venaient la voir danser, mais dans la mesure où c’était eux qui payaient, elle ne pouvait trop rien dire…

    Le serveur embarqua les assiettes vides et Swan commanda les desserts avant de fixer de nouveau la jeune reptile. Reprenant la parole, il devina plutôt bien que les hommes devaient tellement baver devant elle qu’ils ne devaient remarquer sa différence que lorsqu’il était trop tard pour fuir. Même sans être douée d’empathie, Narcissa perçut plus que clairement le mépris qui transparaissait dans la voix de Swan lorsqu’il évoquait les hommes et leurs pulsions charnelles : deux centimètres carrés de peau dénudés, et hop, le cerveau s’effaçait au profit d’un organe nettement plus petit…
    Narcissa acquiesça lorsque Swan laissa entendre qu’elle ne devait pas vraiment avoir une bonne opinion des hommes, et prit ensuite la parole…

    Tu maîtrises parfaitement ce sujet… Imagine un peu dans quel état se trouvent ces bêtes lorsque je commence à me dévêtir. Mais le clodo était tout de même plus modéré que les clients qui défilent en général au Coyote Ugly… Pour le clodo comme pour les autres en revanche, c’est toujours la même chose…

    Narcissa plongea de nouveau son regard émeraude dans celui de Swan, après lui avoir laissé quelques minutes de répit… C’est à voix basse qu’elle reprit la parole…

    Franchis la limite et tu meurs…

    Dans ses yeux dansait cette lueur un peu sauvage qu’il avait pu apercevoir lorsque dans la pénombre, elle s’était tenue prête à bondir une nouvelle fois sur le clodo, ses lèvres ensanglantées et ses yeux semblant luire dans la pénombre… Bien sûr, elle ne s’en prendrait pas à lui, mais rien dans le pacte qui avait été rapidement évoqué ne lui interdisait de s’amuser un peu… Les serpents étaient décidément une espèce très joueuse.

    Swan laissa entendre qu’à la manière dont elle avait froidement expédié le clodo ad patres, cela ne devait pas être la première fois qu’elle se livrait à ce genre de manœuvres… Là encore, il ne savait pas à quel point il était dans le vrai ! Swan se pencha de nouveau vers elle tout en mordillant son piercing avec ce qui ressemblait fortement à de la provocation : le regard de Narcissa fixa un instant le bijou en argent avant de plonger ses yeux dans ceux de son interlocuteur…

    Très curieux, c’est un fait. Encore un peu et je me risquerais à pronostiquer une éventuelle parenté avec les serpents… Nous aussi, nous aimons observer le monde et décortiquer à peu près chaque action accomplie, chaque mot prononcé… et par-dessus tout, nous sommes très joueurs…

    La main glacée de Narcissa effleura celle de Swan lorsqu’elle reprit son verre…Pur hasard ? certainement pas.

    Ce n’était effectivement pas ma première victime…

    Son sourire s’étira avec une certaine malice. La mutante ne cessait de tester son interlocuteur de manière à voir ce qu’il valait réellement…
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 24 Juil - 9:31

  • Narcissa a divisé les hommes en plusieurs catégories bien précises, ce que je ne peux manquer d'apprécier, puisque finalement ça correspond très bien à ma façon de penser. Résister aux tentations sous toutes les formes, c'est ce que je me suis ingénié à faire depuis mon enfance. Pour ne pas me laisser contrôler par mes envies ou mes pulsions.

    Son petit discours ainsi que la fin où elle me fait la grâce de ne pas me ranger dans la case " faibles " ranime encore un peu mon sourire.
    Pourtant, je ne confirme en rien ses propos, me contentant de lui faire un petit clin d'oeil en soufflant :

    " Tu as raison de ne pas me coller d'étiquettes, je ne suis pas si facile à cataloguer. Du moins je l'espère... "

    Même si je ne dédaigne pas prendre du plaisir à l'occasion, mais certainement pas au détriment de mes intérêts, ni de ma vie. Ce qui vient quand même de me sauver la vie, quelque part. Car si j'étais du genre à devenir à moitié dingue en voyant une fille nue, je serais d'ores et déjà mort à la place du clodo.

    J'ai suffisamment observé ces comportements chez les autres, je ne juge jamais sans savoir mais il est souvent facile de voir à qui on a affaire en agitant la tentation sous le nez. Que ce soit du fric, de la drogue ou du sexe, leurs ficelles sont si faciles à tirer. Et ce que j'ai appris au cours de ces années passées dans le milieu où les hommes expriment bien souvent le pire d'eux-mêmes, c'est que tout le monde peut s'acheter. Rares sont ceux qui n'ont pas au moins un point faible. Il suffit de le trouver, voilà aussi pourquoi je m'obstine à éliminer en moi tout ce qui pourrait s'avérer être une faiblesse.

    C'est aussi pour ça que je passe mon temps à scruter le comportement des autres, sentir leurs émotions est un avantage bien entendu, mais je ne me repose pas seulement sur mes dons. A force de décortiquer, je perçois bien souvent leurs faiblesses, appuyer ensuite sur les bons boutons n'est plus qu'un jeu d'enfant.

    Mais Narcissa est plutôt difficile à jauger, un défi de taille pour un serpent dans mon genre. Quelqu'un d'aussi mystérieux ne peut qu'exciter ma curiosité.

    J'avoue qu'en regardant la jeune femme savourer son steak avec appétit, je ne peux m'empêcher de repenser à la mort violente du clodo. Si on s'arrête aux apparences, j'ai devant moi une très jolie fille, jeune, parfaitement normale. Sentir le danger trouble qui émane d'elle la majorité des hommes n'en serait pas capable. Car ils seraient trop occupés à la dévorer des yeux en imaginant tout ce qu'ils pourraient faire avec elle plutôt qu'essayer de savoir qui elle est.

    Personnellement, ça m'intéresse. Ce qui est du reste plutôt rare car les femmes que je rencontre d'ordinaire ne me donnent pas vraiment envie d'avoir autre chose qu'un aperçu de ce qu'elles sont. Parce qu'il est inutile de creuser quand la personne est aussi futile et creuse intérieurement qu'extérieurement.

    J'ai la faiblesse d'apprécier l'intelligence chez une femme, tout comme j'ai une sainte horreur des poupées écervelées. Particulièrement les filles qui flattent le coté protecteur des hommes, le genre de nanas qui adorent faire croire au mec qu'elles ne pourraient arriver à survivre sans lui. Je ne protège que moi-même en général ou mes employés à la limite, mais les filles qui essaient de vous faire gober que vous lui êtes indispensable alors que vous avez juste passé une nuit ensemble, ça ne marche pas avec moi. De toutes façons, mes " aventures " ont toute étés brèves, je ne laisse personne s'approcher assez de moi pour me connaitre vraiment. Je reste hors d'atteinte et si les femmes ne dédaignent pas une part de mystère, il arrive un moment où elles veulent tout savoir. L'intimité est pour moi le vrai danger. Ne jamais se fier totalement à personne m'évite au moins le coup de couteau dans le dos qui finit toujours par venir.

    Et puis de toutes façons, je n'ai jamais rencontré aucune femme qui ai pu me donner envie de changer mes habitudes. Alors, je ne cache certes pas le plaisir vif que je prends à cette petite discussion. Qu'elle ai pu deviner tant de choses sur moi devrait pourtant me refroidir mais curieusement, ça ne me gène pas tant que ça. Sans doute parce qu'elle est tout aussi curieuse, ce qui donne au final, une conversation assez étrange, deux serpents qui se jaugent mutuellement, alternant tous les deux le retrait et la provocation, le jeu avec le feu et l'impassibilité.

    Aussi patients l'un que l'autre et tout aussi joueurs, je me délecte de ses réponses finalement parce qu'elle ne cesse de me surprendre. Comme lorsqu'elle parle des apparences, son coté serpent se manifestant de temps en temps, que ce soit dans cette séduction trouble qu'elle dégage ou quand elle laisse échapper un sifflement caractéristique en parlant. Je me souviens de celui qu'elle m'avait donné en avertissement dans le squat.

    Bien sûr, elle a raison, heureusement que les gens se fient aux apparences, ça permet aux personnes comme nous d'en profiter bien entendu.

    " Je ne m'en plains pas non plus, c'est clair. J'avoue que j'aime en général cultiver mon insignifiance, faire croire à mon interlocuteur que je suis largement moins intelligent que lui. En flattant l'ego des gens , on endort souvent leur méfiance. Car il est si facile de se sentir supérieur, la plupart adorent ça. Ce n'est pas mon cas, parce que je crois qu'avant de juger les autres, il est indispensable de surtout bien se connaitre. Ses forces comme ses faiblesses. "

    De temps en temps, le regard de Narcissa sur moi devient plus incisif, perçant, après l'avoir vu tuer cet ivrogne dans le squat, je devrai sans doute me méfier plus encore ou peut-être même trembler en l'imaginant me tuer de cette façon. Pourtant, non, je continue à jouer et elle aussi, du reste si elle avait voulu me buter, elle aurait pu le faire au moment où je l'ai relevée.

    Nos regards ne se détachent l'un de l'autre que très rarement, je ne peux m'empêcher de remarquer à quel point notre calme et notre patience est semblable également. Pas d'impatience, pas de signaux contradictoires, non, un intérêt pour l'autre qui ne se dément pas.

    A sa demande, je lui en donne un aperçu de mes capacités et elle s'avoue surprise. Presque naturellement, j'enchaine :

    " J'ai eu le temps d'affiner mes perceptions, on peut parfaitement sentir sans interpréter. Mes dons se sont manifestés quand j'étais très jeune, je ne comprenais rien aux émotions des autres avant. N'ayant jamais rencontré d'autre empathe, je ne pourrais te dire si c'est pareil pour tous. Et ma manie de l'observation m'aide aussi dans l'interprétation de ce que j'éprouve à un niveau bien plus primaire que réfléchi. Le danger de ce type de pouvoir c'est justement lorsque le possesseur est un hyper-émotif... Ce qui n'est pas mon cas fort heureusement. Ce qui n'empêche pas la curiosité... "

    Du reste, je me suis surtout employé à ne surtout pas devenir un hyper-émotif, mais ça je pense qu'elle le saisira très bien toute seule. Elle est intuitive, c'est manifeste et j'avoue donc sans hésiter qu'elle a vu juste en ce qui concerne le bar. Une lueur d'un émeraude triomphant s'allume une seconde dans ses yeux et son commentaire sur l'éventuel patron me fait éclater d'un rire joyeux. Mon regard en pétille lui aussi alors que j'observe la jeune femme savourer une gorgée de vin avant d'ajouter que je ne parais pas être un Boss pervers.

    Dans un sourire ouvertement malicieux, je lui avoue :

    " Tu serais venue ici il y a quelques mois, tu aurais effectivement eu droit au patron ventripotent et pervers. Sauf qu'il évitait les vestiaires pour ramener les filles directement chez lui... Je crois qu'elles sont plutôt satisfaites du changement de direction, du moins pour le moment, j'ai pas eu de plaintes..."

    Tony était un vrai cauchemar ambulant pour les filles. D'ailleurs, le changement de personnel était plutôt fréquent à l'époque, parce qu'outre ses mains baladeuses, il fallait en plus tenter d'éviter ses colères, ce qui relevait du parcours du combattant. Aucune effeuilleuse ne restait plus de deux-trois mois, ne parlons pas de celles qui acceptaient de terminer dans le lit du Patron, elles finissaient encore plus mal.

    Pour ma part, je n'ai jamais été du genre à abuser de mon statut pour forcer les filles. Je n'ai jamais eu besoin de ça pour séduire contrairement à Tony.

    Toujours aussi curieuse en ce qui concerne mon pouvoir, Narcissa évoque donc sans le savoir mon talon d'Achille. J'ai conscience de ne pas vraiment répondre à sa question mais il est évident que je ne vais me pas livrer à ce point. Du reste, la réponse ne la satisfait pas entièrement puisqu'elle demande des précisions.

    Pendant à peine une demi-seconde, mon regard s'assombrit, parce qu'à l'évocation des émotions indésirables, c'est le visage de Cassandra qui me revient en mémoire. Elle a été mon premier entrainement, ne pas laisser sa haine me pénétrer au point de me rendre complètement dingue, c'est à ça que j'ai occupé les premières années qui ont suivies l'apparition de mon pouvoir. Je pensais la mériter puisque je n'avais rien connu d'autre, cloitré comme je l'étais avec elle, sans presque aucun contact avec d'autres gosses, je n'ai su ce qu'étaient les émotions positives que bien plus tard. Quand j'étais déjà assez blindé pour que ça ne fasse plus grande différence.

    " Il faut de la concentration bien sûr, surtout avec les émotions les plus violentes. Comme ta douleur tout à l'heure, je la lisais mais je ne la laissais pas me pénétrer totalement. Sinon, j'aurais été dans le même état que toi. Il faut que je reste en équilibre sur un fil, si tu veux, laisser les sentiments venir à moi sans en éprouver la brûlure. C'est devenu plus facile avec les années heureusement. "

    Il n'est jamais facile de traduire en mots les ressentis de mon don, d'ailleurs maintenant que j'y pense, ça doit être la première fois que je l'exprime. Tony connaissait mon pouvoir mais je n'en ai jamais vraiment parlé avec lui, ni avec quiconque du reste.

    Je pourrais m'étonner, voir même m'effrayer de l'insolente liberté de cette conversation, mais ce n'est pas le cas. Si j'écoutais ma paranoïa chronique, je me dirais que la fille-serpent m'a hypnotisé pour me faire autant parler de moi. D'ailleurs, quand elle se penche vers moi, en sentant cette odeur si particulière qui émane d'elle, je pourrais presque le croire. Habitué comme je le suis à m'auto-analyser constamment, je sais que c'est plutôt avec plaisir que je parle sans revêtir un masque.

    Sulfureuse, c'est le mot qui me vient à l'esprit quand ses émeraudes scintillantes pénètrent plus profondément mes prunelles. Il est évident que si je n'étais pas habitué à maitriser mes pulsions masculines, j'aurais du mal à les contenir devant elle. Comme tous les hommes, j'imagine. Du reste, étant sûrement plus cérébral à ce niveau, je dirai que c'est peut-être plus dangereux dans un sens car ce serait bien la première fois que je serai attiré par une fille aussi intellectuellement que physiquement.

    Même quand elle se recule, son parfum s'attarde de mon coté. Et en la regardant picorer ses frites, je commence à me demander si elle est pleinement consciente de cette séduction incandescente qui émane d'elle. Le moindre de ses gestes peut être interprété d'une façon ambigue pour un esprit pervers. Déjà que les hommes ont toujours tendance à sauter aux conclusions faciles, avec elle ils doivent devenir encore plus expéditifs.
    Quant à savoir si je suis attiré par elle, au fond je le suis sans doute mais je suis bien trop habitué à contrôler mes moindres pulsions pour y céder complètement.

    Mais j'aime jouer avec le feu et je le lui prouve sans tarder en estimant que les serpents frappent sans avertissement. Puis, je m'amuse à tenter de deviner quelles peuvent être les limites à ne pas franchir.

    Encore dangereusement proche d'elle, je lui fait part de mes observations, les prunelles de jade luisants d'un éclat insolent, son sourire toujours aussi malicieux. Elle relève l'une des mèches noires qui me retombent constamment dans les yeux comme si elle voulait s'accaparer totalement mon regard avant de me souffler sa réponse dans un murmure sensuel qui aurait fait grimper au plafond n'importe quel mâle de base.

    Je me recule mais sans hâte laissant mes yeux plongés dans les siens. Les reflets émeraudes témoignent du plaisir malicieux qu'elle prend à ce petit jeu. Mais j'ai la témérité de ne pas m'estimer menacé pour autant. Nous verrons bien après tout.

    Notre conversation, bien que légère, laisse filtrer tout un tas de détails qui en révèlent sur l'autre. Comme lorsque j'avoue que je n'agis jamais par pur désintéressement. Ce n'est certes pas le genre de choses que j'avoue sur moi habituellement mais je la pense assez intelligente pour l'avoir très bien deviné toute seule. Je n'ai rien du Bon Samaritain du quartier. Et elle ne parait pas le prendre mal, elle me confirme qu'elle n'avait pas fait exprès de s'arrêter là pour muer.

    " Il est clair que ta "mue " te coute beaucoup d'énergie, j'ai pu m'en apercevoir. J'ai comme l'impression que la chaleur extérieure avait sans doute déclenché le processus par surprise. J'imagine qu'ordinairement tu peux l'anticiper. A quelle fréquence elle se produit ? "
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Swan Black
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 24 Juil - 9:32

    Curiosité encore. Mais ce petit jeu a beau m'amuser énormément, je n'en sous-estime pour autant pas le danger qu'elle pourrait représenter pour moi. Et vice-versa. C'est pour ça que j'évoque mon manque flagrant de confiance en règle générale, enchainant ensuite sur le pacte de non-agression que je lui propose. Quand je me penche vers elle, elle me donne encore une fois la nette impression de me humer, ses yeux scintillent encore et ils se fixent sur ma lèvre inférieure, plus précisément le piercing avec lequel j'aime jouer.

    Je me redresse, moi aussi une seconde fasciné par sa bouche qui me laisse entrevoir sa langue rose juste avant qu'elle ne se mordille la lèvre. L'air de rien, elle s'est rapprochée de moi, sous la table ses jambes en se croisant frôlent mon pantalon en cuir.

    Elle répond par l'affirmative à ma proposition savourant une gorgée du vin que je lui ai servi. Mais elle précise bien sûr qu'un franchissement de limite sera sanctionné immédiatement. Elle prend tout son temps pour répondre à la suite et je ne montre bien entendu aucun signe d'impatience, mes yeux encore de nouveau dangereusement plongé dans les siens.

    Dans l'ensemble, elle est plutôt favorable à un échange de services, quant à ce que j'ai rajouté malicieusement, elle me glisse que ça ne dépend que de moi. Ce qui me fait hausser un sourcil en souriant.

    " Je n'ai pas le tempérament d'un suicidaire, je pense donc que je respecterai tes limites. Pour le reste, l'avenir nous le dira. Je ne suis pas d'un naturel expansif mais on dirait que tu arrives à me faire parler.. Etrange... "

    Je m'arrache à ces yeux si envoutants pour proposer un dessert et Narcissa semblant partante pour la glace, le serveur détale. Mon invitée en profite pour replacer une mèche rebelle dans sa chevelure sombre qu'elle avait tendue dans un chignon lâche en sortant du squatt. Plus je l'observe, plus la perfection du piège qu'elle incarne me saute au visage.
    Toujours aussi curieux, je finis par lui demander quel genre de boulot elle fait, je discerne d'ailleurs une légère pointe d'agacement furtive avant qu'elle ne réponde. Etrangement, j'avoue ne pas avoir pensé qu'elle pouvait être stripteaseuse, ce qui explique encore plus son dégout pour la faune de ce genre de bar. Je ne suis pas de ces types qui pensent qu'automatiquement, parce qu'elles font ce boulot, ces filles en deviennent plus faciles. Au contraire, à force de voir les hommes se transformer en porc puant, elles deviennent souvent plus inaccessibles. Je n'ai du reste aucun à-priori contre les effeuilleuses, c'est un boulot difficile et qui peut rendre amer au final.

    Mais mon esprit essentiellement pratique se met aussi en action :

    " Je ne doute pas que tu dois déjà avoir un poste régulier. Mais on ne sait jamais, donc si un jour tu as besoin d'un boulot, tu pourras toujours tenter le coup ici. A mon avis, tu dois sûrement écraser la concurrence. "

    Un sourire en coin et je m'interromps une seconde pour la fixer à nouveau dans les yeux en reprenant :

    " Ce que je veux dire, c'est que tu es une tentation ambulante, même moi je peux le sentir alors j'imagine sans peine l'état dans lequel se trouvent les types qui assistent à ton numéro. "

    Quant à céder à cette tentation, bien entendu, pour moi, c'est tout autre chose. Car au fond, je m'interdirai certainement cette faiblesse, en grande partie parce qu'elle me plait sans doute beaucoup trop. D'ailleurs, je ne fais pas mystère du mépris cinglant que j'éprouve pour les types qui cèdent à leurs pulsions quand j'évoque le sort qui doit les attendre.

    Et quand elle décrit les bêtes que les hommes peuvent devenir devant elle, je n'ai aucun mal à me l'imaginer. J'en vois tous les soirs des porcs de ce genre. Derrière les miroirs de mon bureau, je me satisfais de ne surtout pas leur ressembler.

    Elle suspend sa phrase, ses prunelles fascinantes revenant vriller les miennes juste avant qu'elle ne sussure cette menace provocatrice. Je ne détourne pas le regard, la lueur malicieuse dans mes yeux ne se ternit pas, s'y ajoute sûrement une lueur un peu plus brûlante, seul signe révélateur de l'intérêt qu'elle m'inspire.

    " Heureusement que je ne suis pas impressionnable, comme tu l'as dit. Sinon, je serai sûrement en train de me liquéfier sous la table. Quant aux limites à ne pas franchir, j'essaierai de me maitriser pour ne pas ressembler à une proie... "

    Ironique, bien sûr, puisqu'elle peut facilement voir que je suis bien loin du porc incapable de se contrôler. Même si la sauvagerie latente en elle me plait beaucoup plus que je ne le laisse paraitre. Un coup d'oeil sur ses lèvres alors que je les revoie tachées du sang du clochard, oui, je ne peux nier qu'elle m'attire, même si quelque part, ce genre de pulsion me met en rogne contre moi-même.

    C'est sans doute en partie pour ça que je rentre dans ce petit jeu de provocation en me penchant encore vers elle, mordillant mon piercing en étalant ma curiosité. Ses yeux sont attirés une petite seconde vers mes lèvres mais l'émeraude scintillant replonge bien vite dans mes prunelles.

    Elle me surprend encore en évoquant une éventuelle parenté reptilienne, ce qui ne peut manquer d'agrandir mon sourire et c'est en effleurant malicieusement ma main qu'elle m'avoue que le clochard n'était pas sa première victime.

    Un petit rire discret m'échappe, l'effleurement de ses doigts sur ma main avait quelque chose d'électrique. Je m'oblige pourtant à détourner le regard du sien, le plongeant dans mon verre de vin que j'observe quelques secondes avant d'en boire une gorgée. Je repose le verre et je relève mes prunelles malicieuses vers les siennes en disant :

    " Tu n'es pas si loin de la vérité. Du moins, c'est assez subjectif mais si je devais me comparer à un quelconque animal, le serpent serait sans doute le plus approprié. Je me vois comme ça, c'est aussi pour ça que te découvrir dans ce squatt m'a autant amusé. Les reptiles sont des solitaires en général, n'est-ce pas ? Mais ça n'empêche pas les rencontres agréables. "

    Le serveur vient déposer nos deux desserts devant nous, deux boules glacées arrosées de chantilly et de chocolat chaud. De quoi terminer ce repas plus que savoureusement. Quelques secondes de silence avant que je ne plonge ma cuillère dans la crème, la ramenant avec gourmandise à mes lèvres.

    Tout en dégustant mon dessert, mes yeux paraissent encore attirés vers les siens, émeraude brûlante qui a du consumer plus d'un homme.

    " Encore une fois, je pourrais me penser hypnotisé, je ne me souviens pas avoir déjà parlé autant. Parce qu'en général, inciter l'autre à parler est plus révélateur que se découvrir. Je devrais donc me sentir mal à l'aise, mais ce n'est pas le cas. Sûrement aussi à cause de ce gout du jeu que tu évoquais. Il est si rare de tomber sur un partenaire à la hauteur. "

    Ma langue vient lécher un peu de chocolat qui s'est attardé au coin de mes lèvres. Ce n'est pas un compliment, c'est juste un fait, Narcissa est une des rares personnes à avoir éveillé mon intérêt à ce point. Et j'ai de plus en plus envie d'en savoir plus, malgré le risque.

    " En général, j'apprécie plus les femmes que les hommes sans doute parce qu'elles ont moins tendance à céder à des pulsions primaires. Bien qu'elles soient plus émotives, elle sont aussi plus intelligentes. Pas toutes bien sûr. Mais ça me rappelle que tu as mentionné le Coyote Ugly. Je connais ta patronne Emma Frost. Ca remonte à pas mal de temps, mais j'ai appris qu'elle avait racheté le club. Elle doit se souvenir de moi... "

    Mon sourire devient encore plus malicieux alors que je lui chuchote :

    " Redoutable dans son genre aussi. Mais sûrement pas aussi venimeuse que tu peux l'être. "

    Je baisse les yeux pour reprendre une gorgée de vin alors que des éclats de voix proviennent du bar. Automatiquement, je me tends, tournant la tête pour regarder les deux poivrots qui sont en train de s'embrouiller. L'un a saisi l'autre par le col et le barman tente de les calmer. Je déploie mon don, m'insinuant dans les ressentis du plus agressif, sa colère avinée j'en ressens toute l'acidité. Je me concentre sur lui, une goutte de sueur perlant à mon front alors que je pousse légèrement pour apaiser sa rage et lui insuffler quelques bouffées de paix.

    Il finit par relâcher le col de l'autre type, laissant mollement retomber ses bras, l'air encore plus hébété il se retourne pour commander un autre verre.

    Je me retourne vers Narcissa, comme s'il ne s'était rien passé, replongeant dans le jade lumineux de son regard. Je me surprends à apprécier de plus en plus la manière dont elle me regarde. Elle est vraiment la tentation féminine à l'état pur. Assez armée pour faire sombrer n'importe qui. Et j'ai beau le savoir, je crois que ce danger ne la rend que plus attirante.

    " En parlant de venin, le tien est quand même remarquablement efficace. Il ne lui a fallu que quelques minutes pour expirer. Je me demandais justement si tu peux contrôler son action. Ou en d'autres termes est-ce que ta morsure est mortelle à tous les coups ? "

    Mes yeux se fixent à nouveau sur ses lèvres et j'éprouve une envie presque violente de les gouter. Bien sûr, je ne fais aucun mouvement et seule la lueur vite refoulée dans mon regard peut indiquer cette impulsion subite. Que je refoule d'ailleurs avec une certaine rage, je déteste avoir ce type d'élan. Mon regard revient donc très vite se loger dans le sien. Mon sourire ne s'est pas ternit mais je me surveille d'autant plus puisqu'il semblerait que je joue un peu trop avec le feu.
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Dim 26 Juil - 22:06

    L’un comme l’autre semblaient s’amuser de cette petite conversation au final pas piquée des hannetons. Narcissa n’avait pas eu l’occasion de faire face à un homme alignant plus de quatre mots autres que « donne moi une bière », « je vais te sauter, poupée » ou encore « j’vais gerber je crois » depuis ce qui ressemblait à une éternité… Cet échange avec Swan avait quelque chose de rafraichissant, et permettait également à la jeune reptile de constater qu’elle n’avait en rien perdu la main pour ce qui était de mettre une personne en boîte. Là en l’occurrence, c’était les hommes et leurs vices multiples qu’elle mettait en boîte, et Swan semblait partager son point de vue… plutôt étrange venant d’un représentant de la gent masculine…

    Narcissa avoua ne pas vouloir ranger Swan dans la catégorie des « faibles », et le sourire du mutant s’agrandit sous le regard attentif de la jeune reptile… Un clin d’œil ne tarda pas à lui être adressé, provoquant un nouveau pétillement de malice dans ses deux grands yeux verts, et Swan lui donna raison de ne pas procéder à un classement stupide de sa personne dans une catégorie, se décrivant comme loin d’être simple à cataloguer… C’était tout à fait exact, principalement parce que même si son apparence laissait croire qu’il n’était qu’un homme sans défense et donc aisément manipulable, Swan semblait être tout autre, et même avec son habituelle perspicacité la mutante peinait à lui coller une étiquette. Ce qui dans le fond n’était pas si important que ce que croyaient les mortels…

    Les étiquettes font désordre sur certaines personnes… M’est avis que tu en fais partie, et également que tu aurais même tendance à surfer entre deux catégories, jouant au funambule sur la limite... Cette même limite que tu t’imposes et qui m’échappe de la même manière que ma propre limite t’échappe…

    La mutante huma une nouvelle fois l’odeur de Swan avec délice, le regard étincelant de malice…

    Oui, c’est bien ça… Cela nous échappe à tous les deux…

    Le sourire de la jeune reptile s’étira davantage, et elle s’accouda de nouveau à la table tout en terminant ses frites avec cette provocation presque insouciante qui était sienne. Swan l’observait, de ça elle était bien consciente. Seulement, Narcissa n’était pas au nombre de ces femmes légères qui avaient pour habitude de se faire plus provocantes, plus vulgaires lorsqu’un homme daignait poser leur regard sur elles. Certaines changeaient leurs habitudes vestimentaires, perdaient toutes leurs inhibitions, ou s’inventaient un personnage de pseudo-femme fatale, ce qui paraissait complètement ridicule aux yeux de la mutante. Elle-même était fatale, et là était toute la différence : une morsure, un enchaînement de mouvements et il était impossible d’en réchapper…

    Sa mutation la rendait à la fois inaccessible – car venimeuse – et attirante, de par les multiples artifices et parades qui étaient communs à ceux de son espèce. La jeune femme ne comptait même plus le nombre de fois où en un seul regard elle avait anéanti la volonté d’un homme et l’avait pour le coup entraîné dans ses filets. Elle ne comptait pas non plus le nombre de fois où des voyous s’étaient imaginés pouvoir la détrousser – et pire – simplement parce qu’elle avait l’air d’une femme inoffensive… C’était la plus classique des erreurs commises à son encontre, et Narcissa s’amusait à chaque fois qu’elle obtenait confirmation de la prévisibilité autant que de la stupidité des hommes…

    A ce moment précis, Swan l’observait avec une certaine forme d’intérêt. Pas cet intérêt pervers qui écoeurait en général la mutante, là il semblait s’agir d’une curiosité toute reptilienne : fixer un rival ou un membre de son espèce passait en règle générale ou pour une provocation, ou pour une manière de s’assurer de ce qu’il valait réellement. Swan avait l’air de chercher à l’évaluer tout en la provoquant… ce à quoi Narcissa s’amusait déjà depuis le début de cette conversation… Soutenant son regard tout en nettoyant le sel collé à ses doigts, Narcissa le détailla ostensiblement du regard. Son regard alerte laissait parfaitement deviner que même s’il essayait de s’en cacher, son cerveau carburait à chaque instant tandis qu’il analysait chaque élément qui l’entourait. Une concentration de tout instant qui devait probablement lui permettre de maintenir cette distance entre lui et la multitude…

    Narcissa n’avait jamais réellement trouvé un homme digne d’intérêt selon ses propres critères. La plupart des hommes qu’elle avait laissé l’approcher avait perdu la vie suite à des ébats assez animés, et il fallait avouer qu’aucun ne l’avait intéressée au point qu’elle daigne approfondir une relation. Véritable mante religieuse dotée de venin, Narcissa ne laissait aucune chance aux amants qui lui déplaisaient. La plupart d’entre eux étaient malheureusement condamnés à l’instant où ils croisaient le regard de la jeune femme, moment où elle n’y lisait que désirs latents et vantardises futures de mâles dans le cas où ils se baladeraient un jour avec une telle femme au bras… Fantasme bizarre que celui des hommes, avoir une petite-amie suffisamment « bonne » pour qu’elle intéresse leur bande de copains… Chacun son truc, mais baser une relation uniquement sur la convoitise que pourrait susciter une femme, c’était pour Narcissa quelque chose d’aussi incompréhensible que dégradant pour celles qui acceptaient d’entrer dans cette spirale avilissante…

    Swan avoua ne pas vouloir se plaindre que les gens se fient de manière très générale aux apparences, et Narcissa esquissa un sourire amusé, acquiesçant en silence dans un premier temps lorsque Swan avoua même cultiver son insignifiance aux yeux des gens… C’était habile, et cela lui permettait d’autant plus de surprendre ces mêmes personnes lorsque jeter le masque se révélait nécessaire…

    Swan expliqua que se sentir supérieur n’était pas ce qu’il préférait, et Narcissa acquiesça une nouvelle fois, reposant son verre de vin avant de reprendre la parole…

    Sur certains en revanche, cela ne prend pas…

    Le clin d’œil du mutant lui fut retourné entre deux variations de teinte des prunelles de Narcissa, et la jeune femme fit tourner de nouveau son verre entre ses mains…

    Se croire supérieur, ce n’est au final qu’une autre manière de s’improviser Maître du Monde… Ca amuse pas mal de personnes – les hommes, principalement – de sentir les autres trembler ou faire semblant de trembler devant eux. Les femmes préfèrent étendre leur domination de la manière la moins gratifiante pour elles, en usant de leurs atouts féminins dans un premier temps, et quelques fois même en jouant les poupées fragiles…

    La différence entre se croire supérieur et être supérieur, une nuance de taille que tu saisiras sans aucun doute… Ne sont pas forcément supérieurs à la multitude ceux qui le croient, mais ceux qui ont les moyens de l’être…

    Une telle phrase dans la bouche d’une femme aussi dangereuse avait de quoi laisser perplexe. Narcissa termina les dernières frites et posa un regard plus insistant sur Swan, qui ne l’avait pas quittée du regard une seconde. Narcissa prit mentalement note des similitudes qu’ils partageaient en remarquant alternativement sa patience, son immobilisme et cette manière bien particulière de tourner les phrases de la façon la plus incisive qui soit pour les personnes concernées. Aucun des deux ne mâchait ses mots au sujet des catégories de la population – soulards, pervers… - qui les agaçaient profondément.

    Narcissa admit sans aucun problème être surprise de la finesse avec laquelle Swan pouvait percevoir les nuances des émotions ressenties autour de lui. Le mutant confirma qu’il n’était arrivé à ce résultat qu’après de longues années – ce qui était compréhensible, en somme – en s’efforçant toutefois de ne pas se laisser aller au point de devenir quelqu’un d’hyper-émotif à force d’être perpétuellement en contact avec les émotions des gens… Son état d’esprit autant que son mode de fonctionnement s’expliquaient donc ainsi, et Swan ne recourait pas systématiquement à ses dons, usant « simplement » de son sens de l’observation dans la majeure partie des cas…

    Le recours perpétuel à nos pouvoirs est quelque chose de désespérément lassant tant cela gâche les surprises…

    Une légère pointe de lassitude à ce sujet pouvait être décelée dans sa voix. Narcissa détestait plus que tout ces mutants qui étaient incapables de se défendre ou de faire quoi que ce soit sans utiliser leur pouvoir. C’était quand même un peu fou de renoncer à l’utilisation de son cerveau et de ses membres au profit d’un pouvoir qui, la plupart du temps, fonctionne correctement une fois sur trois… parce que oui, une grande part de ces mutants trop démonstratifs ne contrôlaient pour ainsi dire pas du tout leurs pouvoirs, alors l’intérêt de les utiliser revenait à dégoupiller une grenade et se la placer entre les dents en priant pour qu’elle soit défectueuse et n’explose pas.

    Swan assura que même s’il n’était pas émotif et avait une grande maîtrise de lui-même, cela ne l’empêchait pas d’être curieux… très curieux, même, si on demandait son avis à Narcissa.
    La jeune femme donna son opinion sur le Hel et laissa entendre qu’elle s’attendait presque à voir débarquer un tyran ventripotent amateur d’acrobaties clandestines avec ses employées. Swan laissa échapper un rire qui surprit la jeune reptile tout en lui arrachant un sourire amusé : la jeune femme eût droit à un tableau collant plutôt bien à son pronostic, et c’est en appuyant de nouveau l’un de ses coudes sur la table qu’elle se pencha de nouveau vers Swan, vrillant son regard dans le sien…

    Hmm, les vestiaires ne devaient sans doute pas être assez bien pour lui… Ou alors, il pensait valoir infiniment plus que ces filles sans lesquelles son affaire aurait probablement déjà coulé…

    Swan présuma que les filles en question étaient satisfaites du changement de direction parce qu’il n’avait eu aucune plainte à ce sujet. Narcissa nettoya l’un de ses doigts recouvert de sel et laissa sa langue glisser sur sa lèvre supérieure avec gourmandise avant de reprendre la parole…

    Le changement doit probablement leur permettre de ne pas avoir à longer les murs en priant pour ne pas croiser le propriétaire des lieux à leur descente de scène… Ce genre de sales types possèdent bien trop souvent des clubs de striptease où ils profitent allègrement de leurs employées sans jamais devoir rendre de comptes à qui que ce soit… De la chair fraîche, si tu préfères, et bon marché la plupart du temps…

    Les sommes importantes que gagnaient les stripteaseuses étaient en réalité constituées d’une part fixe assez dérisoire versée par leur patron. Venaient s’y ajouter les pourboires des clients et autres admirateurs dégénérés, et éventuellement l’argent récolté grâce à quelques passes occasionnelles… Narcissa se faisait largement son beurre avec les pourboires, et dépouillait à l’occasion les clients suffisamment téméraires pour espérer pouvoir la maîtriser le temps de quelques ébats… les imbéciles.

    Swan évita de répondre directement à la question de la jeune femme au sujet de son propre pouvoir, et Narcissa se contenta de faire varier très légèrement la nuance verte de ses yeux, les rendant plus sombres encore à mesure qu’elle forait littéralement le regard de son interlocuteur décidément plus qu’intéressant. Le regard de ce dernier sembla se faire plus lointain l’espace de quelques secondes mais retrouva cet éclat malicieux que la mutante se plaisait à observer depuis le début de leur conversation… Des choses devaient sans doute se tramer dans sa petite tête, et Narcissa était suffisamment intelligente pour ne pas faire sa mijaurée à grands renforts de « j’ai fait ou dit quelque chose de mal ? » et conserver le silence.

    Swan expliqua que les émotions violentes lui demandaient davantage de concentration, et cita en exemple la douleur éprouvée par la jeune reptile quelques minutes plus tôt. Le mutant avoua avoir été capable de la lire, mais pas de la ressentir parce qu’il l’avait tout simplement occultée pour ne pas se retrouver dans le même état… Il appelait ça une « brûlure », comme si entrer en contact direct avec les émotions des autres constituait une blessure à part entière…

    Toute serpentine qu’elle était, Narcissa inclina légèrement la tête sur le côté, semblant observer Swan avec un intérêt non dissimulé. Une inspiration discrète lui permit d’humer son odeur encore une fois, et les accents de musc autant que l’odeur du cuir semblèrent la ravir encore un peu plus que quelques minutes plus tôt…

    Est-ce qu’il t’est déjà arrivé que quelqu’un éprouve une émotion si violente, si acide que tu ne puisses parvenir à l’occulter complètement ?

    La question était très précise, et Narcissa se doutait bien que méfiant comme il l’était, Swan essaierait probablement de ne pas y répondre en détournant l’attention de la jeune femme d’une manière très habile, c’est-à-dire en lui livrant d’autres détails mineurs sur sa mutation, mais sans doute pas aussi importants que la réponse qu’attendait Narcissa…

    Swan sembla enfin remarquer cette odeur qui émanait de la jeune reptile, ce que cette dernière pu remarquer en voyant ses narines frémir très légèrement. Jusque-là, il n’avait pas semblé y prêter grande attention, et il semblait à présent légèrement songeur, le regard perdu dans celui de son interlocutrice… Difficile d’imaginer ce à quoi il pouvait bien penser. S’interrogeait-il sur les capacités réelles de Narcissa, ou essayait-il simplement de déterminer à quel point elle pouvait être dangereuse pour lui.

    Le sourire de la jeune femme s’étira davantage avec cette malice caractéristique, alors qu’elle portait le verre de vin à ses lèvres, en avalant une gorgée. Sa langue récupéra avec délectation les gouttes du précieux nectar qui avaient décidé de s’attarder aux commissures de ses lèvres, et son regard ne quitta pas une seconde celui de Swan durant toute l’opération. Pure provocation ? Certainement, mais elle commençait à aimer cette manière qu’il avait de fixer ses lèvres…

    Swan émit ensuite quelques pronostics sur le type de limites à ne pas franchir pour rester en vie, et Narcissa le laissa faire tout en continuant de s’amuser de la situation. Un mouvement de main lui permit de repousser une mèche noire qui occultait le regard de Swan et empêchait la jeune reptile de le fixer complètement et de prendre note de chaque variation qui survenait dans l’intensité de son regard clair. Un murmure lui fut adressé, l’informant qu’il dérapait ou commettait le moindre faux-pas elle mettrait fin à sa vie sans aucun état d’âme…

    Là où d’autres hommes se seraient emportés en hurlant à qui voulait l’entendre qu’une gonzesse n’arriverait à rien contre eux, Swan la fixa pendant encore quelques secondes avant de se reculer. Narcissa happa son regard avec cette insolence caractéristique lorsque le mutant la fixa de nouveau.

    La conversation s’orienta finalement sur sa mue, et Swan confirma qu’il avait également remarqué à quel point cela pouvait lui coûter de l’énergie. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir dissimulé sa fatigue autant que sa douleur ; on ne pouvait tromper un empathe sur ce que l’on ressentait réellement. On pouvait tout au plus fausser la donne, mais pas la changer…

    Swan pronostiqua que la chaleur avait pu perturber le processus de mue, et lui posa ensuite quelques questions toutes aussi précises que celles qu’elle-même avait pu poser au sujet de sa mutation un peu plus tôt… La jeune femme reposa son verre de vin, prenant tout son temps pour fournir une réponse…
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Dim 26 Juil - 22:16

    C’est justement à cause de cet affaiblissement que je m’arrange pour ne pas me trouver dans cette situation au beau milieu de nulle part… En général, je ne mue qu’une fois tous les deux mois, donc rien de bien contraignant, si ce n’est l’affaiblissement et les conséquences que cela entraîne. Et tu as raison, je peux anticiper le processus…

    Narcissa avala une gorgée de vin, le regard pétillant d’amusement. Sa mue était certes quelque peu contraignantes quelques heures durant, c’était tout de même moins handicapant et moins dégoûtant que les menstruations auxquelles sont soumises les femmes humaines comme mutantes… ou l’avantage d’être à moitié serpent.

    Le pacte de non-agression sembla séduire Narcissa, et Swan évoqua avec provocation qu’il pourrait y avoir « plus si affinités », ce qui eût le don d’amuser profondément la reptile. Sur ce terrain-là la jeune femme était au moins aussi dangereuse qu’en cas d’affrontement, et nombreux avaient été les amants qui avaient perdu la vie sous ses crocs acérés. Ce « plus si affinités » l’avait amusée, et c’est avec au moins autant de provocation que son interlocuteur qu’elle répliqua que cela ne dépendrait que de lui, harponnant de nouveau le regard clair de Swan après avoir fixé pendant quelques secondes ce piercing avec lequel il ne cessait de jouer…

    Swan se redressa finalement, le regard rivé aux lèvres de la jeune femme qu’elle venait d’humidifier d’un mouvement de langue aussi discret que déstabilisant pour un membre de la gent masculine. Nombreux étaient ceux qui perdaient tout sens des convenances face à Narcissa, et une fois encore Swan contrevenait à cette routine franchement lassante… Etait-il aussi délicieux qu’il était surprenant ? ça restait à déterminer…

    Le mutant se redressa légèrement et haussa un sourcil, souriant suite à ce que Narcissa avait laissé entendre pour la partie « plus si affinités » de leur collaboration… enfin, si leur pacte de non-agression pouvait être considéré ainsi. Swan expliqua qu’il n’avait pas un tempérament suicidaire et qu’il respecterait donc les limites qu’elle lui imposait, observant ensuite que la jeune femme parvenait à le faire parler, lui qui ordinairement n’était guère expansif. D’un flamboiement vert émeraude de ses prunelles, la mutante le gourmanda bien à sa manière...

    Sage décision…

    Narcissa n’avait pas la prétention d’être capable de le tuer aussi rapidement que le clochard de tout à l’heure, mais il était certain que même si elle n’y parvenait pas du premier coup, si Swan dérapait et contrevenait aux limites floues dressées par la jeune reptile, il aurait une très mauvaise surprise…

    Pour ta non-expansivité… Il faut croire que certains individus sont plus clairvoyants que d’autres…

    Les phrases courtes et interprétables dans une infinité de sens étaient la spécialité de la mutante, qui ne cessait de relancer le petit jeu qui s’était tout naturellement installé entre elle et Swan. Loin d’être complètement imbue d’elle-même, la mutante saluait simplement la faculté du mutant à comprendre que ce n’était pas simplement parce qu’elle était de bonne compagnie que Swan était aussi loquace… Effet particulier de son pouvoir ou simple résultat de sa faculté à combiner correctement les effets de son pouvoir reptilien à ses excellentes aptitudes en matière de maniement de la langue – sans mauvais jeu de mot – il était clair qu’en règle générale on ne restait jamais bien longtemps un mystère aux yeux de Narcissa…
    Enfin sauf ceux qui comme Swan étaient conscient de cet effet particulier que la mutante produisait sur ses interlocuteurs…

    Le mutant trouva ensuite un autre sujet de conversation et interrogea la jeune reptile sur son boulot. Narcissa ne prit pas de précautions particulières et lui dévoila de but en blanc qu’elle était stripteaseuse… de qui ne sembla pas particulièrement étonner Swan, d’ailleurs. Quelques minutes passèrent avant qu’il ne laisse entendre qu’en cas de besoin, elle pourrait trouver une place au Hel, où selon lui elle écraserait la concurrence sans trop de soucis… Sourire en coin à l’appui… Le mutant semblait réellement décidé à jouer, et Narcissa ne se départit pas de son sourire empli de malice, et l’écouta expliquer que même lui sentait qu’elle était une tentation ambulante, capable de mettre dans un état pas possible n’importe lequel des hommes assistant à son numéro…

    « Tentation ambulante »… c’est de loin le qualificatif le plus amusant qui m’ait été donné, je prends note !

    Narcissa étrécit les yeux, fixant Swan avec un peu plus d’intensité tout en murmurant…

    Je prends note également de l’invitation… Et d’ailleurs si tu as un peu de temps à tuer à la fin du repas, il se pourrait que je te montre ce à quoi ressemble l’un de mes numéros…

    Le souffle volontairement court, le regard étincelant, Narcissa continuait d’observer avec attention son interlocuteur. Le regard de ce dernier devint soudainement un peu plus brûlant avant qu’il ne confirme qu’il n’était pas impressionnable et que si cela avait malheureusement été le cas, il se serait déjà probablement liquéfié sous la table.

    Tu résistes plutôt bien, c’est une qualité qui se fait de plus en plus rare de nos jours… Attention cependant à ne pas devenir vexant…

    Respecter les limites d’accord. Swan ne tomberait probablement pas dans l’excès inverse – pas avec la manière dont il la regardait depuis quelques minutes – et Narcissa tenait à s’en assurer… juste au cas où. Pour le moment, le mutant avait tout d’une proie très appétissante, et cela était peut-être même encore plus dangereux pour lui que de n’être qu’une banale proie que l’on pourchasse et que l’on tue… La hiérarchie des proies selon Narcissa était une chose assez floue et incompréhensible pour un observateur extérieur ou un non-initié, mais pour elle c’était plus que simple.

    L’odeur du mutant devint plus sucrée encore, la nuance de musc plus renforcée, et lorsque Narcissa leva les yeux de son verre de vin, elle pu remarquer sans trop de difficulté que Swan louchait une nouvelle fois sur ses lèvres… De plus en plus intéressant comme petit jeu. La jeune femme laissa de nouveau sa langue passer sur ses lèvres avec cette provocation caractéristique et jeta de nouveau un coup d’œil au piercing de son interlocuteur, laissant une foule de questions pas forcément toutes très catholiques envahir son esprit… Les serpents étaient décidément des créatures très curieuses.

    Plongeant de nouveau ses deux émeraudes dans le regard clair de Swan, la jeune femme lança à haute voix l’hypothèse selon laquelle tous deux avaient une certaine parenté avec les serpents. Swan laissa échapper un rire discret alors que Narcissa lui effleurait la main du bout de ses doigts rendus brûlants par la fièvre qui ne l’avait pas quittée… A présent proche de son interlocuteur, elle avait la possibilité de forer davantage son regard et pouvait même se payer le luxe de le toucher. L’effleurement de main avait été prévu, et l’une de ses jambes effleura par mégarde l’une de celles de Swan, dissimulées par son pantalon de cuir. Narcissa pu presque sentir le crissement produit par le frottement des deux tissus, et le regard qu’elle posa sur son interlocuteur sembla plus entêtant encore…

    Swan dégagea sa main et détourna le regard pour s’intéresser à son verre de vin. Quelques secondes passèrent durant lesquelles il y trempa ses lèvres, avant de fixer de nouveau la mutante avec malice, avouant qu’il s’était toujours vu comme un serpent depuis un bon moment, et que découvrir précisément un demi-membre de cette espèce complètement par hasard n’en avait été que plus amusant. Il conclut ensuite sur le fait que bien que solitaires, les reptiles n’en faisaient pas pour autant d’agréables rencontres…

    Narcissa flaira le chocolat chaud bien avant que le serveur ne s’avance vers leur box. Certaines odeurs étaient tout particulièrement simples à repérer, et le chocolat – comme le sang, d’ailleurs – en faisaient partie. Cette délicieuse odeur se mêla à l’odeur non moins délicieuse de Swan, et le regard de la jeune reptile sembla flamboyer l’espace de quelques instants. Le serveur leur apporta les coupes de glace quelques minutes plus tard et déguerpit. Saisissant sa cuiller, la mutante la plongea dans la chantilly et la porta à ses lèvres, la nettoyant assez rapidement avec toujours cette provocation latente… « Tentation ambulante » était un qualificatif désespérément approprié à la jeune femme, et elle ne se privait pas pour en donner confirmation à son interlocuteur…

    Swan reprit la parole, les yeux plongés dans ceux de Narcissa, laissant entendre qu’il devait probablement être hypnotisé pour parler autant. La jeune reptile acquiesça tout en glissant un morceau de glace dans sa bouche lorsqu’il expliqua que selon lui, faire parler un interlocuteur était toujours plus révélateur que de monopoliser soi-même la parole… Sur ce point, ils étaient également d’accord. Le mutant expliqua ensuite que même si en principe il aurait dû se sentir mal à l’aise de tant parler – paranoïa oblige -, cela n’était absolument pas le cas parce que lui aussi aimait jouer… Swan conclut qu’il était rare de tomber sur un partenaire à la hauteur, et Narcissa se pencha légèrement vers lui, le regard quasiment incandescent…

    Ce goût du jeu que nous partageons, tout comme cette parenté plus ou moins manifeste avec les reptiles…

    Se penchant davantage, la jeune femme croisa ses jambes dans l’autre sens tout en effleurant délibérément la jambe de Swan cette fois, faisant crisser son jean avec délice contre le cuir de son pantalon. Son regard se planta dans celui du mutant qui à présent faisait disparaître le chocolat resté au coin de ses lèvres, et Narcissa susurra de nouveau…
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Dim 26 Juil - 22:17

    Les partenaires de jeu sont décidément de plus en plus durs à trouver…

    Le mutant déclara apprécier davantage les femmes que les hommes, précisant qu’elles avaient moins tendance à céder aux pulsions qui le rebutaient tant. Narcissa acquiesça et glissa une nouvelle cuillerée de glace entre ses lèvres à peine entrouvertes. La savourant avec un délice non dissimulée, elle prit son temps avant de reprendre la parole, plongeant de nouveau ses yeux dans ceux de Swan…

    Les femmes ont en général ce recul salutaire, notamment parce qu’elles réfléchissent bel et bien avec leur cerveau et non avec une partie de leur anatomie non prévue pour… Certaines en revanche sont bien plus proche des hommes que ce qu’elles devraient sur ce plan et se laissent aller à leurs pulsions dès lors que la tension sexuelle devient trop forte pour qu’elles se tiennent tranquilles… Tout devient plus oppressant, l’air est tout à coup aussi respirable qu’en plein désert, et l’homme qui leur fait face apparaît alors comme l’Amant qui leur fera oublier l’espace d’une nuit leur existence misérable…

    Un sifflement lui échappa, traduisant bien son mépris pour ce genre de femmes…

    Heureusement qu’elles sont minoritaires ! Incroyable de voir à quel point certaines tourneraient le dos au bon sens pour un malheureux coup de rein…

    Swan revint ensuite sur e Coyote Ugly où Narcissa avait dit travailler, et évoqua l’actuelle co-patronne – Emma Frost de son petit nom. Le sourire de Swan devint plus malicieux, et Narcissa haussa un sourcil avec intérêt avant que Swan ne lui chuchote qu’elle était certes redoutable, mais pas aussi venimeuse que la reptile. Loin de se laisser envahir par les bouffées de fierté habituelles comme n’importe quel être humain, Narcissa se contenta plonger ses yeux un peu plus profondément dans ceux de Swan…

    Elle a l’air capable de beaucoup de choses ; encore faudrait-il qu’elle se montre aussi redoutable que ce que sa réputation laisse présager…

    Référence implicite au petit évanouissement de sa patronne pompette il y avait quelques jours, alors que Narcissa exécutait son tout premier numéro avec tant de sensualité que l’intelligence de tous les mâles présents avait aussitôt migré sous leur ceinture… Un sourire malicieux étira les lèvres de la jeune reptile lorsqu’elle y repensa, et elle finit par orienter son regard en direction de deux hommes qui commençaient à s’énerver mutuellement près du comptoir. Quelque chose dans la composition de l’air changea, et Narcissa observa de nouveau Swan, qui semblait particulièrement concentré alors que de la sueur commençait à perler sur son front. Les deux hommes finirent par se calmer d’une manière inexpliquée, alors que Narcissa s’accoudait d’un bras à la table, glissant une nouvelle cuillérée de glace entre ses lèvres alors que Swan la fixait de nouveau…

    Plutôt pratique… je comprends un peu mieux à présent la nécessité de se contrôler soi-même avant d’espérer pouvoir contrôler les autres. Dix ans plus tôt, j’imagine que tu aurais probablement sombré, contaminé par leur colère d’ivrognes…

    C’était un pouvoir intéressant, et Narcissa se demanda l’espace d’une seconde si elle parviendrait à lui faire perdre son contrôle en laissant libre cours à ses propres instincts reptiliens… Dieu seul savait à quel point elle avait dû travailler sur elle-même pour tout dissimuler sous sa carapace de femme banale, et si Swan pouvait se douter une seconde de ce qui était susceptible de lui exploser au visage… Non, mieux valait qu’il ne sache pas…

    Swan fit ensuite une observation sur son venin, le trouvant à juste titre très efficace. Il mentionna de nouveau la rapide agonie du clodo, et Narcissa acquiesça, savourant sa glace en donnant l’impression que la conversation portait sur un tas de choses mais certainement pas sur la mort d’un homme… Swan se décida à poser clairement sa question et chercha à savoir si la jeune femme contrôlait le processus d’empoisonnement ou si elle tuait à chaque fois qu’elle mordait quelqu’un…

    La jeune reptile reposa sa cuiller et chassa d’un mouvement de langue la chantilly qui s’était attardée sur sa lèvre supérieure. L’espace la séparant de Swan fut encore réduit d’un tiers, et cette fois sa jambe croisée empiéta sur l’espace de son interlocuteur, accentuant encore un peu plus leur proximité… Son regard fora celui de Swan.

    Si j’avais dû tuer chaque personne que j’ai mordue, j’aurais fini par clairement m’ennuyer…

    Sociopathe ? sans pitié ? Être une personnalité aussi tranchée était désespérément ridicule, et Narcissa se savait bien plus subtile qu’une bête machine à tuer. C’était peut-être aussi pour ça qu’elle n’avait pas été au goût des commanditaires d’un soldat-serpent pour l’un des projets Arme X…

    Si j’ai envie de tuer la personne mordue y reste, c’est aussi simple que ça… Il ne m’arrive cependant que très rarement de mordre sans intention réelle de tuer, parce que si j’ai dans l’intention de mordre c’est que mes limites ont été transgressées par la future victime… Sur ce plan-là, aucune pitié ni retour en…

    Narcissa s’interrompit en percevant la lueur un peu folle qui dansait dans le regard de Swan alors que de nouveau il semblait obnubilé par ses lèvres… Cette lueur disparut très vite, et le sourire de la jeune reptile s’étira davantage ; sans moquerie cependant… D’un mouvement de main, elle écarta de quelques centimètres sa coupe de glace pour se pencher davantage vers son interlocuteur, puis se pencha vers lui en conservant l’un de ses coudes en appui sur la table. Sa proximité toute nouvelle lui permit de glisser un murmure au creux de l’oreille de Swan, toujours avec provocation…

    En d’autres circonstances, il arrive que le venin serve à d’autres choses bien moins désagréables qu’à faire mourir quelqu’un… Certains disent que mes morsures leur permettent d’apprécier davantage tout ce qui peut avoir trait au « plus si affinités »… Une infime dose, intermédiaire entre l’absence totale de venin dans le sang et la saturation entraînant la mort… - un sifflement ponctua sa phrase alors qu’elle humait de nouveau l’odeur de Swan, profitant de cette proximité pour s’en mettre plein les narines – C’est ce que moi j’appelle jouer à l’équilibriste sur la plus infime des limites…

    Narcissa se prenait également au jeu, n’hésitant plus à présent à approcher au risque de faire connaissance avec l’une des lames de couteaux que Swan était si prompt à attraper. Avec ce qu’elle avait vu danser dans son regard clair, il n’avait pas exactement envie de lui planter une lame dans le ventre, loin de là…

    Narcissa fit scintiller ses prunelles avec malice, laissant s’échapper l’espace de quelques secondes ce que son instinct de reptile lui suggérait au sujet de Swan… Il n’y avait aucun doute à avoir sur le fait qu’il ne passerait pas à côté de ce que la jeune femme lui laissait entrevoir par pure provocation, pas avec la précision qui était la sienne… L'attraction animale était autant que la fascination et la colère les sentiments les plus forts qui puissent exister pour certaines espèces, et les serpents n'y faisaient pas exception...

    Le petit « flash émotionnel » ne dura que quelques secondes mais cela était probablement suffisant… Narcissa n’avait aucune raison de chercher à malmener son camarade de jeu, et elle reprit le contrôle avec toutefois moins de facilité qu'en temps normal...


    (la vache... triple-post, quoi... XDD)
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 31 Juil - 14:40

  • Si je ne suis pas facile à étiqueter, je n'ai pas rencontré beaucoup de personnes dans ma vie qui échappe à ce travers. Les femmes comme les hommes ont tendance à réagir de façon prévisible et ordinaire, ce qui s'avère lassant à la longue. Même les mutants n'échappent pas tous au syndrome du cliché ambulant, remplis de haine ou convaincus d'agir pour le bien de la société, bourrés de principes dégoulinants de bon sentiments jusqu'à en donner la nausée. Le manichéisme dans lequel s'enferment certaines personnes m'a toujours surpris. Je n'ai pas franchement l'impression d'être bon ou mauvais selon leurs critères, je fais juste ce qu'il faut pour me protéger et pour survivre sans sentimentalité à la noix.

    Je ne suis pas dépourvu d'un certaine morale, mais c'est la mienne propre, pas celle que la société ou les autres m'a imposé.
    Je me suis rarement exprimé à haute voix sur le mépris que m'inspire les travers de l'humanité, mais avec Narcissa, j'ai au moins quelqu'un qui partage plus ou moins mes opinions. Je sais que ça peut paraitre très étonnant pour une femme qu'un mec dénonce aussi ouvertement les vices de ses contemporains mais c'est juste mon avis. N'ayant jamais eu d'amis même dans mon enfance, je n'ai pas acquis les cotés machos basiques de la majorité des hommes. Même pendant les années passées aux cotés de Tony et de sa bande, qui eux dans le genre cliché battaient tous les records, je ne me suis jamais mêlé à eux pour leur séance de drague stupide ou leur concours de frime. Toujours en retrait, à observer.

    D'ailleurs, au début, ils ont été prompts à en conclure que j'avais peur ou même que je n'étais tout simplement pas hétéro. Quand ils ont commencé les blagues stupides, j'ai juste remis à leur place les deux premiers, et je n'ai plus jamais été emmerdé. Je n'ai jamais éprouvé le besoin de prouver ma virilité en agissant comme un coq de basse-cour dépourvu de cervelle et c'est à ça que me font penser bien des hommes, même ceux qui se croient inexplicablement supérieurs parce qu'ils ont du fric ou du pouvoir.

    Narcissa ne me colle donc aucune étiquette définitive, elle me voit bien entre deux catégories, me débrouillant pour ne pas dépasser mes limites. Oui, intuitive, elle l'est certainement, elle a déjà bien compris que je fais tout pour ne pas leur ressembler.
    Encore une fois, ses narines frémissent, elle me hume avec un certain plaisir, les yeux pétillants d'insolence, évoquant nos limites à tous les deux. Elle ironise encore, avec une certaine subtilité, sur ce qui est en dehors de notre volonté. A-t-elle perçu que je ne suis pas si insensible que je le parais ? C'est fort possible et pas seulement à cause de ses sens surdevéloppés.

    " Flirter avec les limites sans savoir à quel moment on peut sombrer c'est encore plus amusant, non ? "

    Peut-être que toi aussi, tu joues trop avec le feu, Swan. Et alors ? Je n'ai pas peur, bien sûr qu'elle est dangereuse, autant que moi voir plus mais combien de fois ai-je seulement croisé dans ma vie, une fille qui soit aussi intéressante et intelligente que belle ? Et qui en plus partage le même genre de cynisme que moi ? En y réfléchissant, je dirais jamais.

    Notre petit jeu est un réel plaisir, deux prédateurs qui s'observent soigneusement, testant chacun les limites de l'autre, le tout arrosé d'une bonne dose d'attirance qui n'était pas vraiment prévu au programme, c'est vrai. Mais justement, ça corse encore plus les choses.

    Même si toujours en perpétuelle auto-analyse, j'essaie de savoir si cet élan est naturel ou si il est provoqué par le charisme magnétique et animal qu'elle dégage. Si je devais répondre, je dirais un peu des deux, après tout, je me contrôle mais ça ne signifie pas que je n'ai pas de désirs. Même si y céder me rend plus rageur que satisfait. Et même si je suis encore bien loin d'être envouté.

    Ses yeux d'émeraude ne cessent de me détailler et je fais la même chose de mon coté, mais je ne suis pas du style à déshabiller du regard, du reste c'est bien plus son visage et la moindre de ses expressions qui m'intéressent que son corps. Elle ne cesse de me donner envie d'en savoir plus, nos petites provocations mutuelles sont le piment de ce petit jeu. Qui à terme pourrait s'avérer dangereux. Pour qui Swan ? Pour toi ou pour elle ? Un peu des deux, mais je jugerai surtout qu'elle est dangereuse parce qu'elle éveille en moi quelque chose d'un peu trop instinctif pour que je ne tente pas de le refouler.

    Je ne suis pas spontané, j'agis après avoir pesé exactement les conséquences de mes actes. Mais depuis le début de cette conversation, j'ai sorti des tas de choses sans vraiment réfléchir. Ca ne me plait pas et en même temps, j'ai envie de m'y laisser aller. Mais une vie entière passée à se maitriser ne cède pas en cinq minutes bien entendu.

    En règle générale, je n'ai pas de relations suivies. On pourrait dire que je n'ai jamais vraiment eu de petite amie, juste des filles de passage quand ça dure un moment, ça ne veut pas dire pour autant que je me laisse aller, simplement qu'elle est un peu plus intéressante que les autres. Mais sûrement pas autant qu'elle. C'est ce qui la rend si dangereuse à mes yeux. Et si attirante aussi bien entendu.

    Je me trouve sûrement un peu trop loquace, je lui avoue que j'aime qu'on me sous-estime, que je ne m'estime pas pour autant supérieur. Les prunelles de jade ne cessent de varier d'intensité et de ton, je ne sais si c'est volontaire ou naturel mais ça ne rend son regard que plus fascinant, bien sûr.
    " Ca ne marche pas avec tout le monde c'est clair. Encore que toi, tu m'as vu au naturel, si on peut dire... Du reste l'inverse est vraie aussi. Je t'ai vue comme bien peu ont du te voir sans y laisser leur vie... "

    Oui, les masques que nous portons d'ordinaire avec les gens ne prennent pas dans ce cas, j'ai conscience de sa nature de prédateur comme elle sait que je ne suis pas un humain lambda.

    A sa réflexion sur la supériorité, je la regarde plus intensément, un demi-sourire au coin des lèvres, le danger latent chez elle la rend encore plus fascinante, tout comme cette façon aiguisée de voir les choses. Les hommes sont trop imbus d'eux-mêmes pour s'en rendre compte en général, j'en mettrai ma main à couper ou plutôt à mordre. Ils ne voient qu'une belle nana à séduire, ils ne réalisent même pas que c'est elle qui les séduit.

    " La nuance est de taille... Se penser trop supérieur, c'est déjà en soi une faiblesse. Et on finit toujours par trouver plus fort que soi... "

    Le jeu continue, de plus en plus vif et acéré semble-t-il, chaque petit mot est à double tranchant avec elle, les allusions se multiplient et pourtant, je parle avec une certaine spontanéité, comme de mes pouvoirs même si je ne lui révèle rien de primordial, j'essaie un peu d'expliquer ce que je ressens pour une fois. Mais comme je le lui dis, je n'ai pas fait qu'aiguiser mon don au cours des années. Ressentir les émotions des autres ne sert à rien si on n'est pas foutu d'interpréter correctement.

    Elle semble d'ailleurs de mon avis à ce sujet, se reposer totalement sur ses dons, c'est faire preuve de légèreté. J'ai affuté mon corps et mon esprit tout autant que mon pouvoir, il serait stupide de négliger l'un ou l'autre.

    " C'est surtout se limiter. A quoi sert d'avoir le pouvoir le plus puissant qu'on puisse imaginer si on a deux neurones en état de marche ? "

    Du reste, les mutants qui ont un pouvoir physique très puissant, tels que les pyrokinésistes ou les télékinésistes se reposent dessus encore bien plus. Ils se sentent exagérément supérieurs et négligent bien souvent une menace éventuelle. A se croire intouchable, on finit transpercé. D'ailleurs, peut-être que je devrai appliquer ce précepte à moi-même, puisqu'il semblerait que je sois moins insensible que je ne le désire.

    En pensant à mon cher ex-patron, le tableau brossé par Narcissa est si exact que je ne peux m'empêcher de lui dire à quel point elle était proche de la vérité. Je vois encore ce salopard passer les auditions des filles sur son divan.

    Je bois une gorgée de vin en hochant la tête devant son commentaire et j'ajoute :

    " Tony se pensait supérieur à tout le monde, mais avec les filles c'était encore bien pire. Elles ne restaient jamais très longtemps, elles n'avaient aucun mal à trouver mieux... "

    Et j'espère bien qu'à ce niveau elles sont satisfaites. Tony n'avait jamais vraiment compris que pour s'assurer la fidélité de ses employés, le mieux est encore de les motiver.

    Quand Narcissa parle, j'essaie de ne pas trop systématiquement la regarder, même si c'est très difficile, nos prunelles finissant toujours par se mêler l'une à l'autre. Ne pas se laisser déstabiliser par ce doigt dont elle lèche le sel et par le bout de sa langue qui pointe entre ses lèvres n'est pas le plus facile. Fort heureusement, sa conversation me plait tout autant, ce qui a le mérite de m'empêcher de la fixer avec trop d'insistance.

    Elle a d'ailleurs entièrement raison quand elle parle de l'exploitation que pratiquait Tony sur les effeuilleuses, elles lui rapportaient gros et en prime devaient se taper ses plaisanteries douteuses et ses mains baladeuses. Et quand il avait décidé d'en sauter une, il la collait comme une sangsue. Celles qui refusaient étaient bien évidemment virées sans sommation. Il est clair que l'ambiance du Hel s'est considérablement allégé depuis sa mort. Personnellement, je ne suis pas là tous les soirs mais quand j'y suis, je ne mets pas un pied dans les loges des filles. Si l'une a un problème, elle peut passer directement à mon bureau. Elles connaissent leur boulot et le font bien, je n'ai aucune raison de les emmerder.

    " J'ai augmenté leur salaire depuis sa mort parce qu'ainsi elles s'impliquent davantage et ont plus de pourboires. Les loges sont interdites même aux videurs et encore plus aux clients bien sûr."

    Ce n'est pas par bonté d'âme bien sûr, je pratique juste ce qui a échappé à Tony, la motivation. Lui c'était le baton sans la carotte, j'aurais plutôt tendance à utiliser les deux. Je demande juste du bon boulot.
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 31 Juil - 14:52

  • Quand mes pouvoirs reviennent sur le tapis, je me débrouille pour lui répondre de manière assez vague pour qu'elle ne puisse pas forcément en conclure grand-chose. Oh je ne doute pas qu'elle s'en rende compte, elle est assez intuitive pour deviner que je n'aime guère étaler mes faiblesses.

    Mais je ne m'attends pas à ce qu'elle insiste autant sur le dernier point. Mon regard se perd un peu dans le vague, même après toutes ces années, j'ai quelquefois l'impression de sentir encore toute sa haine m'envahir, j'entends sa voix murmurer à mon oreille. Je secoue la tête, retrouvant le regard pénétrant de Narcissa et je murmure :

    " Oui, ça m'est arrivé... Il y a longtemps, très longtemps... "


    Non, je ne préciserai pas quelle était cette émotion, ni rien d'autre d'ailleurs. Mais j'ai répondu sincèrement et je me doute qu'elle le sentira. Pourquoi Swan ? Je ne sais pas et je n'essaie pas vraiment d'éclaircir mes motivations à cet instant, je chasse juste le souvenir de Cassandra en me replongeant dans le regard émeraude.

    Je prends aussi conscience de ce parfum troublant et mon sourire réapparait sur mes lèvres, mes yeux s'égarent sur les siennes quand elle reprend une gorgée de vin.

    Nos visages se rapprochent lorsque Narcissa me murmure ce qui m'arriverait si je franchissais la limite, s'amusant à ôter une mèche de ma tignasse brune. Cette proximité me permet de sentir à nouveau l'odeur de sa peau avant que je me recule, mais le plus marquant reste ses prunelles malicieuses ainsi que son amusement très net qui ne cesse de me parvenir.

    Peut-être pour secouer un peu le trouble qui m'envahit ainsi, j'aborde la question de sa mue, lui expliquant comme j'avais senti sa douleur. Elle ne répond pas immédiatement et je m'enfonce un peu plus dans mon siège, sans la quitter des yeux. Swan, tu ferais peut-être mieux d'éviter de trop fixer ces prunelles-là. J'imagine sans peine combien de types ont pu se laisser prendre à ce piège. Elle répond sincèrement à mes questions un peu trop curieuses, la mue se produit une fois tous les deux mois et entraine effectivement une sacrée perte d'énergie. Mais d'ordinaire, elle peut l'anticiper, c'était un accident. Un peu comme moi qui ai été négligent au point d'oublier qu'il y aurait tant de monde dans la rue, ce qui m'a finalement conduit à ce squatt.

    Encore une fois, je suis conscient de jouer avec le feu en lui glissant ce "plus si affinités" mais peut-être est-ce aussi pour tester un peu ses fameuses limites. Ce qui ne cesse de l'amuser, la provocation marchant dans les deux sens à ce niveau. Un peu trop proche de nouveau, je me recule, fixant encore ses lèvres qu'elle humidifie très souvent du bout de la langue.

    Elle approuve lorsque je lui déclare que je ne franchirait pas ces fameuses limites, à intervalles réguliers, ses yeux distillent des lueurs encore plus éclatantes et la part logique de mon esprit ne peut que constater que, même si elle s'amuse, tout cela fait bien partie du processus de séduction naturelle qui émane d'elle. Elle ne le fait pas toujours volontairement d'ailleurs, du moins je le crois, mais il est clair qu'elle se délecte autant que moi de ce petit jeu de patience et de provocation. J'ajoute même que je me trouve étonnamment bavard et elle ne me détrompe pas vraiment quand je laisse entendre qu'il pourrait y avoir une part d'hypnotisme dans l'air. Certes, ce n'est pas aussi simple mais son charme "reptilien" n'est pas étranger à mon étrange tendance à parler plus que de raison.

    Au moins, je le réalise ce qui, manifestement, ne doit pas arriver souvent.
    Fais attention, Swan. Je m'amuse, c'est clair, mais je n'endors pas pour autant ma méfiance naturelle. De toutes façons, même si je le voulais, je crois que j'en serai incapable. Beaucoup trop d'années passées à se méfier de tout, à vivre constamment en alerte. Ma paranoïa m'a sauvé la peau bien des fois et ce n'est parce que je la trouve très intéressante que je vais baisser toutes mes barrières, tout comme elle d'ailleurs.

    Je ne sais pas où nous conduira ce petit jeu mais il reprend de plus belle quand la conversation s'oriente sur son travail et que je lui laisse entendre qu'elle pourrait bosser ici. Et je pense vraiment qu'elle doit sans doute les affoler tellement qu'il ne vaut mieux qu'une autre fille fasse son numéro en même temps. Elle se sentirait sûrement surpassée.

    Le qualificatif de "Tentation ambulante " semble lui plaire en tout cas. Le regard vert flamboyant elle me laisse entendre qu'elle pourrait me faire une démonstration de son numéro à la fin du repas. Perspective qui aurait envoyé n'importe quel mâle de base carrément en orbite, mais qui rend juste mes prunelles un peu plus brûlantes. Non, je ne commence pas à m'imaginer ce fameux numéro. Du reste, je suppose que mon odeur doit évoluer constamment pour ses sens, et qu'elle sait parfaitement que je ne suis pas aussi indifférent que je le laisse paraitre. Et lorsqu'elle me déclare que je résiste plutôt bien, ajoutant malicieusement que je ne devais pas pour autant en devenir vexant, je laisse échapper un petit rire, les yeux malicieux, je me mordille la lèvre en la fixant.

    " Tu essaies de voir où se situent mes limites ? J'avoue que même moi, je ne le sais pas dans ce cas. D'ordinaire, résister à la tentation n'est pas un problème particulier. Ne pas céder à des pulsions purement masculines me donne l'impression d'être un peu libre. Ou du moins, plus libre que la plupart d'entre eux. "

    Je désigne d'un geste du menton les poivrots accoudés au bar.

    " Mais je t'ai dit que j'essaierai de ne pas tomber dans ce genre de travers avec toi. Seulement, plus cette conversation s'approfondit et plus tu me donnes envie d'en savoir plus. Et ce n'est pas uniquement parce que tu possèdes des atouts non négligeables... "

    Mon regard ne lâche pas le sien avant que je ne murmure :

    " C'est aussi la première fois que j'ai un peu la sensation d'être une souris fascinée par son prédateur. Ca devrait être une raison de plus pour résister à la tentation mais je n'en ai jamais rencontré aucune d'aussi délicieusement dangereuse... "

    Je n'en deviens pas pour autant le genre de type à lui sauter dessus à la première occasion, mais l'idée de savoir ce que nos deux peaux en contact produiraient l'une contre l'autre flotte un peu trop dans l'air.

    Et ses lèvres ne cessent d'attirer mon regard, ce qu'elle a remarqué sans problèmes puisqu'elle ne perd pas une occasion de les rendre encore plus appétissantes du bout de la langue. Du reste, les prunelles émeraudes se posent aussi très souvent sur mon piercing avec lequel j'aime jouer.

    Quand elle se rapproche de moi, au fond je n'ai aucune envie de reculer bien au contraire surtout lorsqu'elle évoque une parenté "reptilienne" entre nous deux. Il fait nettement plus chaud lorsque ses doigts effleurent les miens, ses jambes frôlant aussi le cuir de mon pantalon. Je laisse les prunelles envoutantes percer les miennes et il me faut toute ma volonté pour détourner le regard, refoulant farouchement une bouffée de désir que ses sens devraient bien trop sentir à mon gout.
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Ven 31 Juil - 14:53

Volontairement, je me plonge dans mon verre de vin avant de finalement lui avouer que je me suis toujours vu comme un serpent. De nouveau, mon regard est attiré par le sien et involontairement, je me passe moi aussi la langue sur des lèvres devenues un peu trop sèches en la voyant se redresser, ses narines frémissants quand le serveur amène les desserts. Incroyablement magnétique, enivrante, je commence à le percevoir un peu trop n'est-ce pas ? Tout comme le gamin qui pose la glace devant elle, il a les joues toutes rouges et il déguerpit en ne cessant de lui jeter des coups d'oeil. Te marre pas, Swan, tu es dangereusement prêt de lui ressembler.

Même en entamant mon dessert, mon regard revient sur elle et ses lèvres gourmandes qui se délectent de la chantilly autour de la cuillère. Le gout de la glace rafraichit mes papilles et me permet de m'arracher à cette fascination latente.

Je reprends mes observations sur l'hypnotisme supposé qui me fait tant parler, j'en profite pour lui expliquer qu'il est rare que je parle autant, préférant laisser l'autre se révéler. Et je me surprends moi-même en ajoutant que ça ne me rend pas mal à l'aise pour autant. Oui, j'aime ce jeu et je le lui dis clairement.

Elle se rapproche encore et je me surprends à respirer l'odeur particulière qu'elle dégage avec autant de gourmandise que je savoure la glace. Dangereux, ça, Swan ! Très dangereux ! Ses jambes sous la table frôlent à nouveau les miennes et j'ai vraiment l'impression que la température augmente encore d'un cran.

J'ai beau controler mes expressions et le reste, à ses mots, je suis convaincu que mon regard laisse percer un peu trop d'électricité. A jouer comme nous le faisons, s'approcher pour jauger pour encore reculer, nous risquons tous les deux de nous brûler les doigts. Et cette perspective m'apparait de moins en moins désagréable.

Le trouble latent qu'elle a su éveiller en moi ne m'empêche pas de continuer la conversation, bien sûr, si elle peut remarquer les quelques signes révélateurs, un oeil extérieur ne le verrait pas forcément.

Et lorsque je commence à parler des femmes en général, elle prend son temps avant de me donner elle aussi son opinion. Opinion d'ailleurs tout aussi tranchée que la mienne sur les hommes. Lucide en plus puisque des femmes comme elle en décrit j'en ai rencontré pas mal de mon coté. Sa petite phrase finale me fait rire et je reprends une gorgée de vin sans cesser de la regarder.

" Tout comme certains hommes ne semblent plus avoir un cerveau en état de marche dès lors qu'une femme remue un peu trop des hanches devant eux... Mais après tout, ça prouve surtout que malgré des siècles d'évolution, nous restons des animaux, soumis à des pulsions primaires. Le tout est de se souvenir que nous disposons d'une cervelle soi-disant supérieure, ce qui n'est pas évident pour certains. "

Raison pour laquelle tu devrais commencer à calmer un peu tes ardeurs Swan. Oui, je me surveille, il y a un peu trop de tension sensuelle dans l'air.

Je continue en évoquant la patronne du Coyote Ugly, mentionnant le fait que je l'ai connue et qu'elle pouvait s'avérer redoutable, mais à mon sens, bien moins que mon interlocutrice. Narcissa précise d'ailleurs que la réputation d'Emma lui semble un peu surfaite, sans expliquer pourquoi et je lui réponds en souriant :

" Ca remonte à quelques années, les gens changent, Emma était une femme intéressante autrefois. Mais certaines personnes cèdent à la facilité, même s'ils ont des atouts au départ."

Mon attention est détournée de Narcissa par les ivrognes du comptoir que je calme du mieux que je peux, je n'ai aucune envie de voir encore une foute bagarre d'ivrognes comme il y en a déjà un peu trop souvent ici.
Bien sûr, Narcissa n'a aucun mal à comprendre que le brusque arrêt de la dispute est de mon fait et m'essuyant le front de ma serviette, je replonge dans son regard en souriant :

" Si on n'arrive pas à gérer et comprendre ses propres émotions, ou son absence d'émotions, on devient le pantin des sentiments des autres. Oui, il y a quelques années j'aurais sûrement été contaminé. Encore que leur colère et leur ivresse ne soient pas le pire des ressentis... "

Non, le pire de ce que peut dégager un être humain, j'ai vécu avec 24 sur 24 pendant mon enfance, alors même avant je doute que de simples poivrots auraient pu me faire sombrer.

Je finis par poser les questions qui m'intriguent le plus sur son venin, évoquant la mort du clodo en la regardant attentivement. Ma cuillère dans ma bouche, encore une fois, sa langue épouse la courbe de sa lèvre,ses jambes touchent les miennes un peu plus et elle s'avance un peu, ses prunelles vertes luisantes s'enfonçant dans mon regard.

Elle me déclare sans façons que si elle avait du tuer chaque personne qu'elle a mordu, elle se serait ennuyé rapidement. Elle tue lorsqu'elle le désire tout simplement, et elle insiste bien sur le fait que ses victimes ayant franchi les limites acceptables, elle ne regrette jamais leur mort.
C'est une façon de penser qui me correspond, tuer quand c'est nécessaire ne m'a jamais fait éprouver de remords ou de regrets. Je suis un pragmatique, je fais ce qu'il faut pour survivre.

Mais là je suis bien loin du pragmatisme, ce petit jeu est excitant, le nier n'est pas dans ma nature. Et plus elle me parait dangereuse, plus elle est attirante, bien sûr. Je refoule pourtant, mais quand elle pousse sa coupe de glace pour s'avancer encore, venant me murmurer à l'oreille, je ne recule pas et je réprime un léger frisson en sentant son souffle si proche.

Ce qu'elle me chuchote à propos de son venin qui à dose infime pourrait donc servir d'aphrodisiaque ne contribue pas à faire baisser la tension provocatrice. Un sifflement purement reptilien mais presque doux déversé dans mon oreille et elle termine par une ultime pirouette, reprenant l'analogie sur l'équilibriste surfant avec les limites.

Quand elle se redresse, je dois me maitriser pour ne pas tenter de la retenir, ma main s'est tendue vers sa joue mais le recul me fait juste frôler ses cheveux avant que je ne repose les doigts sur la table.
Une lueur de surprise est sûrement visible dans mon regard quand je reçois toute une série d'impressions émanant directement de Narcissa, en vrac, c'est plutôt difficile à interpréter mais j'en retiens l'essentiel. A savoir qu'elle est attirée également, je sens aussi le danger latent que suggère cette attraction-même, devenir une proie. Ce qui pourrait m'amener à lui demander si elle tue systématiquement ses amants en plus de ceux qui ont franchi la limite.

Je baisse les yeux sur ma glace, du moins ce qu'il en reste, mettant à profit ces quelques secondes pour récupérer une contenance que je détesterai perdre, j'avale le reste de la chantilly, gardant le silence avant de relever sur elle des yeux qui ne semblent pas vouloir redevenir impassible, j'en ai amèrement conscience. Surtout qu'on est tous les deux en train d'allumer un feu qu'on ne peut pas savoir forcément contrôler.

Je lèche un de mes doigts avant de repousser ma coupe terminée, mon sourire est toujours aussi malicieux et j'enchaine en disant :

" Je ne m'étais pas trompée en tout cas, une tentation ambulante doublée d'un piège mortel parfait. Est-ce qu'une proie éventuelle t'a déjà résisté au moins ? "

Mes jambes bougent sous la table, frottant légèrement le cuir contre les siennes. Sans me rapprocher cette fois, restant prudemment de mon coté de la table, je continue :

" Le parfum de ta peau, il est très spécial et si je vois les choses d'une manière purement logique, je dirai que même sans le savoir tu envoies des phéromones aux mâles qui rend ta présence encore plus magnétique qu'elle ne l'est au naturel. Comme je le disais, nous sommes tous des animaux... "

Mon regard se fait encore plus malicieux et je me lève posément, sans la quitter un instant du regard pour me glisser sur la banquette à coté d'elle. Proche, bien trop proche, sans pour autant être collé à elle, mais mon visage se fixe à quelques centimètres du sien, ma voix devient murmure et même si ma respiration s'accélère légèrement, je ne dois pas non plus lui apparaitre comme sur le point de lui sauter dessus :

" Mais connaitre le piège ne semble pas me donner d'avantage à ce niveau. Je me pensais capable de résister à la majorité des tentations qu'on peut croiser. Parce que je crois que la volonté est plus forte que même les pulsions primaires. Là, je flirte avec tes limites, comme avec les miennes, non ? "

Je me rapproche encore, fermant une seconde les yeux pour la respirer, retrouvant le regard vert scintillant avant que mes prunelles glissent sur sa bouche et que je ne murmure :

" Depuis tout-à-l'heure, je me demande quelle saveur ont tes lèvres, sucrées, acides, épicées, venimeuses. Et ce que tu m'as glissé m'a fait penser la même chose au sujet de tes crocs. Et tu sais ce qui me retient mis à part le fait que je ne suis pas suicidaire ? Juste que je ne veux pas leur ressembler, à me laisser guider par un désir bestial que je déteste éprouver. Pourtant, tu me plais sans doute bien plus que seulement physiquement. Mais si je cède à cette tentation, ce sera de ma propre volonté et pas poussé par une stupide pulsion primaire... "

Du bout de l'index, je frôle cette bouche si appétissante, la dessinant quelques secondes avant de me reculer doucement et de me rasseoir à ma place. En souriant je termine :

" C'est peut-être ça qui me sauvera la vie au final..."
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Mer 5 Aoû - 11:54

Installée sur la banquette et fixant Swan de son regard incandescent, restant à la fois proche et cruellement hors de sa porté. La jeune femme cultivait cette particularité depuis qu’elle était en âge de contrôler les signaux qu’elle envoyait à ses proies, et refusait un peu plus chaque jour qui passait de ressembler à ces greluches blondes complètement évaporées qui se mettaient à glousser comme des oies dès qu’un homme se mettait à les observer… Dans la situation actuelle, Narcissa n’avait aucun mal à imaginer quelle aurait été la réaction de la newyorkaise type : elle aurait probablement renversé sa tête en arrière pour remettre ses cheveux blond platine en place, humidifié ses lèvres avec toute la vulgarité possible, avant de se pencher en avant avec vulgarité pour laisser le loisir à Swan d’admirer l’intérieur de son décolleté façon « regarde le menu mon coco, et surtout si ça te plaît n’hésite pas » … Une bouffée de mépris perturba le calme plat des émotions de Narcissa, et elle se promit une fois de plus de ne pas tomber dans ce genre de travers ; les femmes de base étaient au moins aussi ridicules que l’étaient les hommes.

Narcissa s’abstint donc de coller une étiquette à Swan, le devinant à cheval entre deux catégories, équilibriste insensé avançant sur le fil d’un rasoir bien aiguisé. La mutante le renifla une nouvelle fois avec délice, laissant à Swan le loisir de constater à quel point son odeur la ravissait : c’était suffisamment rare pour qu’elle s’abstienne de le dissimuler, et c’était également trop tentant de lui laisser entrevoir ses pulsions de reptile tout en sous-entendant qu’elle en était maîtresse… Ce n’était pas le cas pour toutes, mais au moins elle pouvait profiter de cette odeur attirante sans pour autant lui sauter dessus façon pétasse californienne…

Son regard insolent vrilla celui de Swan alors qu’elle évoquait leurs limites vraisemblablement communes. Le mutant sembla amusé et l’interrogea sans réellement attendre de réponse sur le fait que flirter avec les limites sans savoir ce qui nous ferait sombrer était amusant… Bien entendu que c’était plus amusant lorsque c’était fait de cette manière…

L’inconnu est presque toujours plus jouissif que quelque chose prévu à l’avance… Prends un homme addict du jeu entrant dans un casino : il est excité à l’idée de jouer et s’imagine pouvoir arrêter quand bon lui semble, tout en sachant que malheureusement il finira par y laisser sa paie. Il y met les pieds en étant déjà condamné, mais il ne sait pas encore par qui et comment sa fin surviendra…

Je pense que nous avons en commun ce flirt avec les limites, constant, galvanisant c’est certain…


Son regard plongea de nouveau dans celui de Swan.

Et je pense que je ne t’apprendrais rien sur le piment que cela peut mettre dans un petit jeu comme celui-ci…

Les jambes de Narcissa se croisèrent dans l’autre sens, frôlant délibérément le cuir du pantalon de Swan alors que son regard prenait une teinte plus foncée. Il était clair que ce petit jeu, ce test qui durait depuis près d’une heure, amenait une sacrée dose de piment dans la journée de la jeune reptile, au point qu’elle n’hésitait pas à tester son interlocuteur de toutes les manières possibles…

Narcissa avait bien entendu l’habitude de susciter le désir chez les hommes – et pas seulement – quelque fois pour se distraire, ou peut-être même aussi dans le but assez caché de se trouver un partenaire de jeu à la hauteur. Ceux ne remplissant pas les critères étaient généralement abandonnés dans une chambre d’hôtel, une réserve, ou n’importe où ailleurs après une discussion qui avait volé trop haut pour ces pauvres esprits et un échange de fluides qui n’avait pas satisfait la reptile… L’attirance était un facteur clé dans la recherche d’un partenaire de jeu, mais Narcissa préférait de loin que ce dernier ait le sens de la répartie et le cynisme de Swan ; c’était bien plus intéressant sur le long terme, même si elle était loin de cracher sur un échange de fluides, cela allait de soi…

Swan semblait à ce moment précis presque indifférent, mais Narcissa avait pu avec le temps déceler certains signes qui ne trompaient pas. Depuis quelques secondes en effet, le mutant faisait son possible pour ne pas la fixer trop longtemps et de manière trop rapprochée : rencontrait-il des difficultés à se concentrer sur autre chose que ces deux émeraudes qui le fixaient ? Certainement, et l’odeur de Narcissa devint plus sucrée à cette pensée, alors qu’elle humidifiait ses lèvres du bout de la langue. La jeune femme elle-même se prend au jeu mais se montre toutefois vigilante à ne pas laisser son instinct de prédatrice prendre le dessus : Swan serait une proie intéressante dont elle pourrait ajouter la tête à son tableau de chasse, mais les morts se révélaient incapables de répliquer quoi que ce soit… hors, son sens de la répartie presque autant que son cynisme étaient ce qui retenaient l’attention de la reptile…

Et ce maudit piercing avec lequel il ne cessait de jouer avec provocation, également… Elle n’avait encore jamais eu l’occasion de pouvoir approcher suffisamment une personne portant un bijou à cet endroit précis pour savoir ce que l’on pouvait ressentir en le sentant glisser contre sa peau. C’était primal, certes, mais Narcissa ne cessait d’observer ce piercing depuis que Swan avait commencé à éveiller sa curiosité… Plusieurs flashs assez explicites vinrent embrouiller ses pensées l’espace de quelques secondes avant que Narcissa ne remette une mèche de cheveux échappée de son chignon en place, le regard rivé à celui de Swan pour ne plus loucher sur son piercing…

Swan avoua qu’il aimait être sous-estimé, mais que cela ne le rendait pas pour autant imbu de lui-même… ce que Narcissa comprit très bien, avant d’ajouter qu’une telle manœuvre ne fonctionnait pas avec tout le monde. Le mutant expliqua qu’elle l’avait plus ou moins vu au naturel, et le sourire de la reptile s’étira avec malice, ne bougeant pas d’un millimètre lorsque Swan expliqua que la réciproque était également vraie…

L’inverse est vrai, c’est un fait que je ne peux décemment pas nier… Ceux qui m’ont surprise en pleine mue se comptent sur les 3 doigts d’une main… Et ceux qui sont encore en vie se comptent sur un unique doigt… - le regard de la mutante se fit plus perçant – Quelque chose me dit que c’est plus ou moins la même chose en ce qui te concerne : le masque sert à l’humanité entière, et rares sont ceux qui ont eu la possibilité de t’apercevoir à visage découvert… ou quasi.

En clair, elle n’était pas naïve au point de croire que Swan s’était détendu au point de ne plus être sur ses gardes. Narcissa savait plus que n’importe qui d’autre qu’il ne fallait jamais baisser sa garde, qu’il s’agisse d’un inconnu à l’air placide ou d’une personne que l’on pensait avoir plus ou moins cernée : Swan était en effet loin d’être un stupide mâle prévisible, et c’était une raison suffisante pour pousser plus loin ce petit jeu…

Swan avait l’air d’apprécier lui aussi ce petit jeu où chacun y allait de sa petite phrase assassine et de son petit trait cynique à orienté vers le reste de l’humanité. C’était comme si ni l’un ni l’autre ne se considéraient comme faisant précisément partie de cette humanité ; deux êtres qui se plaçaient là en tant qu’observateurs, en quelque sorte… Swan évoqua son sens de l’observation, qui lui était tout aussi utile que son pouvoir même s’il ne servait pas tout à fait dans le même registre, et Narcissa acquiesça simplement, définitivement convaincue qu’un pouvoir ne pouvait servir à tout dans la vie d’un mutant. Swan sembla également d’accord et précisa que pour lui, se fier uniquement à son pouvoir s’était d’abord se limiter considérablement. La jeune reptile esquissa un sourire clairement amusé avant de prendre la parole, les yeux toujours plongés dans ceux de son interlocuteur…

Nombreux sont ceux qui ont deux neurones en état de marche, malheureusement…

Ah ça, elle en avait croisé des mutants à la force prodigieuse qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez, des pyromanes suicidaires et des télépathes certains que leurs dons leur permettraient de se sortir de tout… rares étaient ceux qui étaient encore en vie à l’heure actuelle, et Narcissa se félicitait de ne pas avoir été comme eux ; elle au moins était en vie.

Même sans généraliser à outrance, rares sont ceux qui sont capables d’être suffisamment rationnels pour se rendre compte que leur don constituera un handicap dans un nombre incalculable de situations…

Au sujet de l’ancien patron, Narcissa laissa entendre que les filles qui se dénudaient chaque soir devaient probablement être satisfaites du changement de direction. Swan s’en amusa et laissa échapper qu’il n’avait encore jamais eu de plaintes. La jeune femme eût droit à un rapide portrait d’un certain Tony, qui faisait fuir les filles au point qu’elles s’arrangeaient toujours pour ne pas rester longtemps. Un sourire assez ironique étira les lèvres de Narcissa, qui n’eût aucun mal à se peindre mentalement l’image de ce patron malsain… Probablement bedonnant, parce que dans sa culture l’opulence et la bonne santé passaient plus que probablement par une surcharge pondérale, particulièrement laid et arrogant, pour justifier le fait qu’il abuse des pauvres filles qui n’avaient pas trouvé de boulot de meilleur goût, et sans doute aussi légèrement voyeur, comme l’indiquaient la vitre qui avait attiré l’attention de Narcissa lorsqu’elle était entrée… un bon moyen de pouvoir apprécier le spectacle dans l’intimité d’un bureau, où il ne devait pas se passer que des choses catholiques.

Un bon gros mâle prétentieux de base, en quelque sorte… avec les vices qui vont de pair, plus que probablement.

Narcissa porta son verre de vin à ses lèvres.

Être une menace permanente pour ses employé(e)s n’a jamais été un bon moyen de les motiver… c’est un peu comme essayer d’attirer des mouches avec du vinaigre, c’est sans espoir – son regard émeraude se braqua sur Swan sans prévenir après avoir observé le vin pourpre qu’elle faisait tourner dans le fond de son verre – Elles gagnent au change toutes autant qu’elles sont…

C’est à ce moment précisément que Swan s’efforça de ne plus fixer directement la reptile, s’arrangeant pour ne soutenir son regard que lorsque cela s’avérait nécessaire. Le mutant précisa qu’il avait augmenté les salaires des employés et que depuis, les jeunes femmes s’impliquaient d’avantage dans leur travail. Une logique imparable…

Au Coyote, c’est une politique qui a l’air d’être en place depuis un moment… Le fixe est bon – du moins personnellement je ne m’en plains pas – et l’argent des pourboires pleut parce qu’aucune des effeuilleuses ne bosse sous la contrainte…

Promenant son regard autour d’elle, Narcissa laissa son regard étincelant s’attarder assez longuement sur la scène et les barres qui y étaient fixées… Un observateur aguerri aurait pu y déceler une pointe d’envie l’espace de quelques secondes, juste avant qu’elle ne fixe de nouveau son interlocuteur…

Faudra vraiment que je vienne faire un tour ici un soir, ça pourrait être vraiment intéressant…

Son regard sembla gagner en intensité durant quelques secondes, et Narcissa porta de nouveau le verre à ses lèvres, abordant de nouveau le sujet des pouvoirs de Swan… Ca aussi, ça avait le don de l’intéresser bien plus que le sort de la plupart des gens qu’elle avait pu côtoyer tout au long de sa vie. Le regard du mutant se perdit dans le vague et Narcissa en profita pour s’approcher avec toute la discrétion dont un serpent pouvait être capable, murmurant finalement au creux de l’oreille de Swan avec provocation. Ce dernier reprit contact avec la réalité et avoua que cela avait déjà été le cas il y avait très longtemps. La reptile eût beau attendre, car malgré toute la patience dont elle pouvait être capable, aucun détail supplémentaire ne lui fut donné… Bof, tant pis, ça serait pour une prochaine fois…

Swan plongea de nouveau dans les grands yeux verts de Narcissa, et cette dernière fit une nouvelle fois varier leur couleur, parfaitement consciente que c’était ce que le mutant observait avec autant d’attention. La jeune femme porta le verre de vin à ses lèvres et sentit le regard de Swan dévier vers ses lèvres alors qu’un sourire étirait les siennes d’une manière bien particulière… Fasciné mais pas trop, il semblait décidé à ne pas franchir la limite et se tenait à ce choix.

Aucune lame ne pénétra le corps de la jeune femme lorsqu’elle s’approcha suffisamment de Swan pour pouvoir murmurer quelques mots au creux de son oreille. Narcissa se sentit humée et apprécia d’autant plus la chose qu’en temps normal, c’était elle qui se livrait à ce genre de choses par pure habitude… et la réciproque était agréable, il fallait l’admettre. Swan finit par se reculer et l’amusement de la jeune reptile se fit plus présent, parce qu’assurément ce petit jeu l’amuse au plus haut point.
Dommage, cette proximité était pourtant des plus intéressantes.

Swan ne fit aucun commentaire sur l’accident qui avait conduit la jeune femme à muer dans un endroit accessible à n’importe qui, et Narcissa se demanda l’espace d’un instant ce qui avait pu l’inciter à pénétrer dans cet immeuble pourri… Son regard inquisiteur plongea de nouveau dans celui de Swan, mais aucun mot ne franchit ses lèvres. Ca aussi, c’était une fâcheuse manie de serpent, à savoir de ne pas formuler clairement les phrases comme les questions…

Narcissa humidifia de nouveau ses lèvres, jetant un coup d’œil au serveur qui les observait de loin tout en feignant d’essuyer un verre à pied depuis plus de cinq minutes. Le sourire de la mutante devint plus amusé, et elle porta le verre de vin à ses lèvres avant de reporter son attention sur Swan, le devinant plus ou moins perdu dans ses pensées… Toujours trop proche de lui, la jeune reptile ne bougeait pas et ne donnait pas l’impression de vouloir bouger dans l’immédiat, l’observant et le jaugeant du regard sans trop s’en cacher puisque c’était dans sa nature et que son interlocuteur faisait de même depuis le début.

Quant à savoir si Swan franchirait les limites avec elle, Narcissa parut satisfaite de l’entendre déclarer que non. Ce n’était pas suffisant pour crier au miracle dans la mesure où une tripotée d’hommes s’étaient vantés d’être des gentlemen mais avait malheureusement à chaque fois péri sous les crocs de la mutante pour lui avoir manqué de respect. Swan avait l’air différent, mais est-ce que cela suffirait pour qu’il reste en vie ? rien n’était moins sûr…

La conversation s’orienta ensuite vers le travail de Narcissa, et Swan redevint pensif l’espace de quelques instants avant de la baptiser « tentation ambulante » pour les clients aussi bien que pour les hommes en règle générale. La mutante apprécia ce qualificatif qui lui rendait justice – et en toute modestie bien sûr – et proposa même de donner à Swan un petit aperçu de ce dont elle pourrait être capable… Les prunelles presque aussi incandescentes que celles de la jeune femme, Swan laissa échapper un petit rire avant de se mordiller la lèvre avec malice, lui demandant si elle essayait de voir où se situaient ses limites…

Il serait dommage de ne pas essayer de les déterminer… tu ne crois pas, Swan ?

Cette lueur malicieuse dansait toujours dans ses prunelles, mêlée de provocation et d’un profond amusement. Swan avoua ne pas savoir où elles se situaient, expliquant que lorsqu’il résistait aux pulsions primaires de ses semblables, il se sentait plus libre qu’eux. « Plus libre » et non « plus fort », au moins il était réaliste et c’était un autre bon point pour lui…


Dernière édition par Narcissa S. Holbrook le Mer 5 Aoû - 11:57, édité 1 fois
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Mer 5 Aoû - 11:56

Swan désigna les poivrots agglutinés près du comptoir et Narcissa suivit son regard avant de forer de nouveau le regard de son interlocuteur avec ce malin plaisir qui était le sien. Le mutant expliqua finalement que même s’il s’efforcerait de ne pas leur ressembler, leur conversation lui donnait vraiment envie d’en apprendre davantage sur elle, et pas seulement pour des raisons de plastique… S’en suivit un murmure sans que Narcissa n’ait le temps de répliquer, et elle s’amusa une nouvelle de l’expression employée par son interlocuteur : « une souris fascinée par son prédateur », c’était aussi joliment dit que c’en était exact.
Une bouffée d’amusement émana plus que probablement de Narcissa.

Swan conclut qu’il n’avait jusque là jamais été confronté à une tentation aussi délicieusement dangereuse… Une expression savamment choisie qui aurait sans doute bouffie d’orgueil la première pouffiasse venue, mais qui n’engendra chez Narcissa qu’un changement de teinte de ses deux yeux reptiliens. Sa réponse s’éleva en un murmure que d’aucuns jugeraient probablement sensuel, mais qui pour Narcissa n’était qu’un savant mélange entre un murmure traditionnel et un sifflement…

A vivre trop prudemment, on finit généralement par s’ennuyer terriblement… ou par passer à côté de sacré bonnes occasions !

Elle-même avait fait des choses plutôt insensées malgré la prudence dont elle faisait preuve, mais être prudent 24 heures sur 24 était désespérément chiant à la longue ; on avait qu’une vie, après tout.

Si tu veux savoir, tu es une souris particulièrement appétissante, Swan…

Sa langue passa de nouveau sur sa lèvres inférieure, comme un chat se léchant les babines à la perspective d’un méfait futur. Narcissa huma une nouvelle fois l’odeur du mutant et laissa ses pupilles flamboyer de nouveau de cet éclat vert particulier… Swan loucha une nouvelle fois du côté de ses lèvres et semble essayer de faire son possible pour que cela ne se voit pas trop. Narcissa s’approcha de nouveau, effleurant la main de son interlocuteur qui détourna le regard avec difficulté après quelques secondes… pas assez rapidement pour que la jeune femme passe à côté de cette lueur aussi brève qu’intéressante.

Le mutant reporta son attention sur son verre de vin, semblant tout à coup avoir besoin de ne plus fixer Narcissa. C’est bien malgré lui que son regard fut de nouveau aimanté par celui de la jeune reptile, et cette dernière les fit étinceler de plus belle, lui laissant entrevoir à quel point ce phénomène l’amusait… La jeune femme se redressa légèrement lorsque le serveur déposait leurs deux coupes de glace avec hâte, semblant quelque peu troublé par la mutante. Narcissa laissa glisser son regard vert émeraude sur lui, observant ses joues rougir avant qu’il ne trouve assez de volonté pour déguerpir sans demander son reste, jetant des regards en direction de la reptile de temps à autre. La jeune femme s’appuya de nouveau sur la table, toujours aussi amusée, et plongea sa cuiller dans la coupe de glace posée devant elle…

Swan fit de même mais ne pu s’empêcher de l’observer de nouveau, louchant ostensiblement sur les lèvres de la reptile avant de reporter son attention sur sa propre coupe de glace. De plus en plus amusant, ce petit jeu… Narcissa s’approcha de nouveau et Swan la renifla une nouvelle fois en donnant l’air d’apprécier cette odeur particulière presque autant que cette glace salvatrice qui lui permettait de concentrer son attention sur autre chose que les prunelles vertes de son interlocutrice… Narcissa frôla de nouveau son pantalon de cuir autant par jeu que pour lui river de nouveau les pieds sur terre, et Swan plongea de nouveau dans les deux émeraudes de la jeune reptile, de manière presque inévitable. Son regard ne laissait d’ailleurs que très peu de place à l’imagination en ce qui concernait ce que la jeune femme pouvait ou non lui inspirer, mais Narcissa appréciait vraiment qu’il soit encore capable de poursuivre la conversation malgré son état… Oh bien sûr, il se contrôlait toujours et avait l’air parfaitement calme, mais ce qui dansait dans ses prunelles ne pouvait tromper personne, et surtout pas Narcissa…

Narcissa lacéra sans pitié l’image que les femmes tenaient à donner d’elles en les montrant sous leur véritable jour. Ecervelées, égoïstes et en proies aux mêmes pulsions que les hommes, ces dernières ne méritaient rien d’autre que le désintéressement complet de la reptile pour leur sort ; le mépris aurait été leur accorder encore bien trop d’importance. Swan établit de nouveau le parallèle avec les hommes qui n’étaient plus capables de rien de constructifs dès lors qu’une femme remuait un peu trop des hanches, précisant qu’au final et malgré des siècles d’évolution, nous étions tous encore plus ou moins des animaux…

Certains désespérément plus que d’autres…

Sa jambe frôla de nouveau celle de Swan alors que Narcissa se mordillait la lèvre inférieure avec ce qui ressemblait fort à de l’amusement. Faire référence à la perte de contrôle de son interlocuteur pour ce qui était de son regard était une chose qui l’amusait, même si techniquement il ne perdait pas tout à fait le contrôle puisqu’il n’était pas encore mort…

La discussion revint ensuite au Coyote Ugly. Swan expliqua que les gens changeaient, et Narcissa fut amusée de l’entendre dire qu’Emma était intéressante « autrefois »…

A t’entendre, ça remonte à une éternité… Au sujet des atouts, je n’en ai pas repéré d’autres que ce corps qu’elle n’hésite pas à engoncer dans des vêtements trop étroits ou trop courts pour qu’il soit remarqué… Pour le reste, je peux me tromper…

Pas vraiment au courant qu’Emma était une télépathe, du moins pas de manière officielle : Narcissa avait bien repéré un ou deux phénomènes bizarres qui s’étaient produits dans les environs immédiats de sa blonde patronne, elle n’avait jamais obtenu confirmation de son pressentiment…
Et puis de toute manière, ça ne la regardait pas.

Les ivrognes qui s’échauffaient au bar furent calmés par Swan, ce qui n’échappa pas à la jeune reptile. Le mutant sembla amusé et rétorqua avec un naturel déconcertant que si l’on ne se contrôlait pas soi-même, on ne pouvait pas prétendre être libre car on devenait le ridicule pantin de ceux dont on percevait les émotions… C’était vrai pour l’empathie, et ça devait l’être également pour la télépathie et tous ces pouvoirs désespérément trop complexes pour une reptile comme Narcissa.

Un pouvoir comme le tien m’aurait probablement rendue complètement folle…

Autant ne pas se la jouer « je suis surpuissante et je te règle ton compte quand tu veux avec une main attachée dans le dos », Narcissa n’aurait probablement pas survécu à la captivité et aux séances de torture avec la tête farcie des émotions de ses bourreaux.
Swan expliqua que l’ivresse et la colère n’étaient pas les pires émotions qu’il ait ressenti jusque là, et le regard de Narcissa se fit clairement inquisiteur cette fois…

L’ivresse maîtrisée peut en effet être agréable, mais pour la colère j’ai un peu de mal… La douleur ? Qu’est-ce qui peut être pire ?

Swan s’aventura ensuite sur une pente glissante en interrogeant Narcissa sur son venin. Bien entendu, la jeune femme ne se priva pas pour lui expliquer avec force détails ce qu’elle pouvait réussir à faire en une morsure, s’assurant une plus grande emprise sur le mutant en approchant davantage tout en n’hésitant pas à le toucher une nouvelle fois. Swan loucha de nouveau sur ses lèvres, sa cuiller de glace encore en bouche… La scène avait quelque chose d’extrêmement plaisant, à savoir qu’il avait beau faire son possible pour ne plus la regarder trop longuement, Narcissa semblait envahir peu à peu son espace en ne lui laissant aucune chance de détourner le regard. La jeune femme repoussa propre coupe de glace pour approcher encore un peu, son regard émeraude plongé dans celui plus qu’équivoque de Swan…

Ce qui ne fut pas équivoque en revanche, ce fut le murmure de la jeune femme au sujet d’un effet particulier d’une infime dose de son venin. L’arôme de Swan se modifia jusqu’à devenir très sucré, et la jeune femme s’en amusa une nouvelle fois, semblant prendre un malin plaisir à mettre en boîte son interlocuteur… Il résistait tellement bien qu’il aurait été cruel de le croire sur parole et de ne pas essayer au moins une fois de voir jusqu’où elle pourrait le pousser…

Narcissa délivra sa petite provocation au creux de l’oreille du mutant et se recula en fixant toujours les yeux clairs de Swan et cette petite lueur qui y dansait depuis quelques minutes. Une autre lueur fit son apparition, et le regard de la jeune reptile se modifia également en passant du vert émeraude légèrement luisant à un vert presque jaune au centre duquel ne subsistait que deux fentes noires, vestiges de ses iris : le tout n’avait même pas pris un quart de secondes et s’était fait de manière instinctive lorsque Swan avait avancé sa main en direction du visage de la jeune femme… Un serpent prêt à frapper, dans toute sa majesté et sa dangerosité.

Rares avaient été ceux et celles que Narcissa avait laissé(e)s la toucher sans autorisation préalable. Tout ou presque passait par une série de codes, d’attitudes auxquels la jeune reptile était plus que sensible. Cette réaction quasi épidermique, avait été déclenchée par un mouvement qui l’était tout autant et qu’elle avait elle-même provoqué. Il fallait bien se douter qu’en chercher à le pousser à bout, il finirait par y avoir un dérapage quelconque ; Narcissa s’était immobilisée totalement, semblant même retenir son souffle en prévision de la suite, ses lèvres découvrant à demi l’une de ses canines supérieures d’une blancheur impeccable… Aucune proéminence de ce côté-là, ses canines dépassaient simplement de 3 petits millimètres par rapport aux autres dents.

Swan effleura simplement les cheveux de la reptile avant de reposer cette main qui avait été trop prompte à se tendre sur la table. Dans ses prunelles stagnait cette lueur de surprise qui n’échappa pas à Narcissa, et la jeune femme n’eût guère besoin de le renifler une nouvelle fois pour comprendre ce qui avait failli engendrer la probable fin de vie de son interlocuteur…

Narcissa laissa Swan « profiter » de ce qu’elle-même refoulait, mais n’avait pas anticipé à quel point les émotions d’un serpent pouvaient être difficiles à interpréter. Le mutant sembla saisir la moiteur de ce que l’instinct de la jeune femme lui suggérait depuis de longues minutes… Swan s’intéressa de nouveau à sa glace pendant quelques secondes qui parurent interminables, et fixa de nouveau la reptile avec ce même regard qui n’avait de cesse de l’amuser, alors que lui s’en serait probablement passé volontiers.

Swan lécha l’un de ses doigts enduit de chantilly et repoussa finalement sa coupe tout en affichant un sourire empli de malice. Le mutant expliqua qu’il ne s’était pas trompé en la décrivant comme une « tentation ambulance doublée d’un piège mortel parfait » - un nouveau sourire amusé accompagna cette appellation – et Swan lui demanda si une proie lui avait déjà résisté…

Une question judicieuse, Swan… A ton avis ?

Son regard redevenu émeraude fora cela de Swan comme s’il n’avait jamais essayé de la toucher un peu plus tôt. Quelques secondes s’écoulèrent avant que Narcissa reprenne la parole…

Ceux qui parviennent à résister appartiennent à deux catégories… d’un côté, ceux et celles qui ne sont aucunement intéressés par les femmes ; de l’autre, ceux qui ont tout bonnement décidé qu’ils ne cèderaient pas sans contrepartie…

Les jambes de Swan effleurèrent celles de la reptile, et le crissement du cuir contre son jean fit pétiller de malice ses prunelles avant que l’une de ses sandales ne glisse au sol et que son pieds nu ne commence à remonter dangereusement le long de la jambe de Swan… Pas une seconde son regard ne quitta celui du mutant, qui poursuivait l’inventaire des atouts de son interlocutrice : son parfum qu’il comparait à des phéromones qu’elle envoyait aux mâles avec cette malice que la jeune femme ne pouvait s’empêcher d’apprécier… et puis en plus, il n’était pas si éloigné que ça de la vérité…

Je n’irais pas jusqu’à parler de phéromones, parce que s’il était agi de quelque chose d’aussi banal, toute la volonté du monde ne t’aurait pas aidé à te tenir tranquille… crois-moi…

Aucune vantardise ou fanfaronnade : dans la nature existaient un certain nombre de règles, et des animaux qui s’engageaient dans une parade amoureuse, très peu avaient les moyens de résister. Lorsque cela se produisait, c’était ou parce que la femelle était déjà pleine, ou parce qu’elle veillait sur ses petits ; dans tous les autres cas, il y avait accouplement. Narcissa trouvait l’analogie amusante, quoique incomplète…

N’étant pas un serpent à 100%, les proies ont toujours le choix. Celles qui ont suffisamment de volonté parviennent à s’interrompre au moment même où elles sont les plus proches de leur perte… Ce que tu as fait d’une manière plutôt intéressante tout à l’heure…

Narcissa porta son verre de vin à ses lèvres, souriant toujours avec malice.

Je me demande néanmoins ce qui aurait pu se produire si tu ne t’étais pas interrompu à ce moment précis…

La reptile passa de nouveau le bout de sa langue sur ses lèvres, continuant de laisser vagabonder son pied le long de la jambe de son interlocuteur…

La curiosité naturelle des reptiles…

Tout indiquait qu’elle s’amusait profondément de la situation ; les prémices de l’attaque qui aurait pu foudroyer Swan quelques minutes plus tôt étaient déjà loin… Le mutant finit par se relever pour rejoindre la jeune reptile sur sa banquette, et c’est avec un sifflement appréciateur que Narcissa accueillit Swan. Leur proximité semblait ne pas le laisser totalement indifférent malgré ce qu’il essayait de laisser entrevoir, et la jeune femme n’eût aucune difficulté à percevoir l’accélération de sa respiration alors qu’il murmurait, son visage à quelques centimètres de celui de la reptile… Swan admit que même s’il connaissait à peu près la teneur du piège, il n’en demeurait pas forcément plus avantagé par rapport à quelqu’un d’autre, ce en quoi Narcissa lui donna raison en acquiesçant simplement, s’approchant elle aussi suffisamment près pour pouvoir sentir de nouveau cet arôme sucré duquel elle se délectait depuis le début de cette conversation. Plus elle parvenait à le déstabiliser – parce qu’on ne pouvait pas encore parler de franchissement de limites même si ça avait été moins une – et plus cet arôme devenait entêtant ; ce que Narcissa ne manquait pas de provoquer…

Swan expliqua qu’il se pensait capable de résister à la majeure partie des tentations existantes justement parce qu’il croyait la volonté plus forte que les pulsions primaires… Narcissa acquiesça de nouveau, laissant son souffle chaud glisser contre la peau du mutant avant de se tenir de nouveau convenablement, le fixant avec intensité. Swan émit l’hypothèse qu’il flirtait avec les limites de la reptile presque autant qu’elle flirtait avec les siennes, et un sifflement à peine audible précéda la réponse de la jeune femme…

Ca en a tout l’air… et j’ai comme qui dirait l’impression que c’est loin de nous déplaire à l’un comme à l’autre, Swan…
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Narcissa S. Holbrook
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   Mer 5 Aoû - 11:56

Sa jambe effleura une nouvelle fois celle de son interlocuteur, de manière presque anodine, comme si Narcissa ne l’avait pas prémédité. Comme si…
Swan approcha de nouveau et la reptile soutint longuement son regard avant qu’il ne ferme les yeux et ne la renifle aussi ostensiblement que ce qu’elle-même avait pu faire un peu plus tôt dans la conversation… Décidément très intéressant, c’était bien la première fois qu’une souris acceptait le challenge sur le propre terrain de Narcissa. Swan observa de nouveau les lèvres de la jeune femme, avouant qu’il n’avait eu de cesse de s’interroger sur le goût qu’elles pouvaient avoir… C’est en étrécissant les yeux que la mutante fournit sa réponse, provocation supplémentaire à ajouter à la longue liste de celles qu’ils s’échangeaient depuis de longues minutes…

Une blondasse californienne t’aurait conseillé de les goûter pour découvrir leur goût. Je te dirais simplement de te servir de tes multiples dons pour le découvrir toi-même... et si vraiment tu ne trouves pas, il ne te restera pas d’autre solution, Swan…

Son regard sembla étinceler, et Narcissa observa de nouveau la main de son interlocuteur approcher, les pupilles légèrement étrécies en signe de défi, juste pour voir s’il oserait recommencer après ce qui avait manqué de lui arriver tout à l’heure… Swan effleura les lèvres pleines et douces de la reptile du bout de son index, précisant qu’il ne lui cèderait pas déjà parce qu’il n’était pas suicidaire – un sourire amusé étira les lèvres de Narcissa, et le bout de sa langue rose entra en contact avec l’index de Swan pendant quelques centièmes de secondes… un laps de temps durant lequel les prunelles émeraude semblèrent scintiller un peu plus.

Swan ajouta qu’il ne cèderait pas également parce qu’il ne voulait pas ressembler à ces êtres qu’il condamnait pour leur faiblesse, et la prévisibilité de leurs émotions autant que de leurs désirs. Le mutant expliqua que Narcissa lui plaisait bien au-delà de son physique – un flamboiement vert sombre accompagna cette phrase, comme si la mutante s’étonnait de ses paroles – et Swan en conclut qu’il ne lui cèderait que lorsqu’il l’aurait lui-même décidé… Son index frôlant toujours les lèvres de la jeune femme finit par se retirer, et Swan regagna sa place dans un calme qui aurait sans doute dû être déconcertant mais qui amusa simplement Narcissa. Le sourire du mutant ne lui échappa pas, et la reptile acquiesça lorsque Swan conclut que cela lui sauverait plus que probablement la vie…

Tu t’es déjà sauvé la vie une première fois ; je ne doute pas qu’il y en aura d’autres…

La reptile reprit son verre de vin abandonné un à peu à la droite de celui de Swan lorsqu’elle s’était approchée de lui quelques minutes plus tôt. Le regard rivé à celui de son interlocuteur, Narcissa le porta à ses lèvres et laissa le liquide frais et fruité la rafraîchir ; ce petit jeu n’avait pas été sans conséquences pour elle non plus…

Un sourire malicieux fut adressé à Swan alors que la reptile récupérait du bout de son index un peu de chantilly qui avait échappé à sa cuiller tout à l’heure. Glissant son doit entre ses lèvres, Narcissa reprit ensuite la parole, l’air de rien…

Concernant la suite du programme, Swan… un peu d’air frais te ferait autant de bien qu’à moi-même, mais que faire de cette démonstration de mes talents qui a eu l’air d’éveiller ta curiosité ?

Loin de nier que ce petit jeu l’avait au moins autant enflammée que Swan, Narcissa ne souhaitait toutefois pas laisser cette amusante petite souris lui échapper aussi facilement…
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MessageSujet: Re: on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]   

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on devrait toujours avoir un peu de coke sur soi... [PV]

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